DIVISIONS ADMINISTRATIVES
Brabaxt-Mêridional . . Bruxelles (Brusscl) , Laken; Anderlecht; Meulebecke; Halle; Vilvorde; Louvain (Leuven); Tervueren; Diest; Tirlemont (Tlieenen), Nivelles; Waterloo; Wavre; Cambre; Braine-Lallen; Tubize; Aerschot.
Anvers Anvers (Antwerpen) ; Lîllo; Boom; Sl-Bernard; Malines (Meclielen),
Lierre ou Lier; Turnhoul; Hoogstraten; Geel; Wortel.
Flandre-Orientale.. . Gand (Gent); Waerschoot; Oudenarde; lienaix (Ronse); Grammotit (Geeraerdsbergen); Ninove ; Termonde (Dendermondc) -, hupelmonde; Alosl (Aalst); Welteren; Zele; Lokeren; Tamise; Si- Nicolas; Eccloo; Beveren; flamme.
Flandre-Occidentale.. Bruges (Bruggc); Dam ou Damme ; Blankenberghe ; Oslende ;
Thielt; Fumes (Veurne); Dixmude; Nieuport; Ypres (Yperen); Poperinghe; IVarneton; Courlray (Coi tryck) ; Comines-, JVerwick; Jioulers (Rousselaei); Menin (Meenen).
Hainaut (Henegouwcn) . Mons (Bergen); Hornu; Jemmappes; Frameries; Dour; Quaregnon;
JVasmes; Enghien; Soignies; Tourna? (Doornik) ; Lessines; Ath; Fonlenoy ; Beaumcnt ; Braine-le-Comte ; Fonlaine-l' Evèque ; Peruvelz; Charleroy; Fleur us ; Marc lue une ; Binche ; Thuin; Chimay.
Namur Namur (Namen); Andenne; Dinant; Bouvignes: Gembloux; Ro-
che fort; Boneiche; Han-sur-Lesse; Philippeville; Couvin; Marienbourg; Florennes.
Liège Liège (Luik, Ltittich) ; Herstal; Chaudfontaine; Hervé; Abbaye de
Ja vallée de St Lambert ; G loris ; Seraing ; Dalhem ; Verviers; Theux; Limbourg; Spa; Stavelot (Stablo) ; Huy.
Limdourg liasse II? Fauq ue mont (\a\kcnbur g) ; Maseyck; Tongres (Ton-
gern), St-Tron (St-Ti uyen) ; Bilsen; Looz.
Luxembourg Ar/on; Merscii; Neufcliàteau; Bastogne; Berlrix; Bouillon; Mar-
che en Famine; Si-Hubert.
Bruxelles (BrusseP, bâtie sur un terrain inégal , sur les bords de la Senne. Sa partie basse, la moins saine et la moins régulière, renferme beaucoup de maisons dans le goût gothique; mais le quartier voisin du Parc offre des rues larges, bien alignées et des maisons élégamment bâties. La place Royale , dont l'enceinte quadrangulaire présente plusieurs beaux édifices, et celle de Sl-Michel, remarquable par les bâtimens qui la décorent, sont les places principales. Plusieurs belles fontaines ornent cette ville qui possède des promenades d'une rare beauté ; celle du Parc, enrichie de magnifiques statues, est regardée comme une des plus belles de l'Europe ; V Allée Verte offre trois avenues de plus d'un mille de long, qui se prolongent jusqu'au pont de Lacken ; et les nouveaux Boulevards , construits sur l'emplacement des anciens remparts. On ne doit pas oublier Tivoli, établissement dont les plaisirs et les amusemens rappellent ceux qu'offre celui de Paris.
Bruxelles, autrefois capitale des Pays-
Bas Autrichiens , est la résidence du roi et des grands corps de l'état, chef-lieu du Brabant-Méridional, et siège d'une des deux cours suprêmes de justice. Cette ville s'est beaucoup agrandie dans ces dernières années, et plusieurs magnifiques bâtimens ont été ajoutés à ceux qui la décoraient déjà. Ses édifices les plus remarquables sont : le palais du roi, bâti dernièrement: il a une façade superbe ; celui du prince royal; le palais des Etals; la nouvelle salle de spectacle ou le théâtre royal; Y hôtel- de-ville, surmonté d'une tour gothique d'une grande élévation et couronnée par la statue colossale de St-Michel , tournant sur un pivot au moindre vent; V ancien palais du gouvernement autrichien , où l'on a établi le musée et la bibliothèque ; le magnifique palais de justice , dont le portail a été construit sur le modèle de celui du temple d'Agrippa à Rome; il a été brûlé pendant la révolution de 1830 ; la grande prison civile et militaire; les magnifiques serres du jardin d'horticulture,^ peuvent être comparées^
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tout ce qu'il y a de plus beau en ce genre; {'observatoire, qui est un des plus beaux de l'Europe; V hospice des vieillards, vaste et beau bâtiment que l'on vient d'achever; V entrepôt ; le marché aux grains ; le mont-de-piété ; le magnifique local destiné à recevoir les collections scientifiquos,d'industrie et des beauxarts. Parmi ses églises, nous citerons celles de Sl-Gudide, du Sablon, de la Chapelle de Notre-Dame et de Saint- Jean-Baptiste au béguinage. Parmi les constructions d'un autre genre on ne doit pas oublier le grand bassin du commerce , pouvant contenir 400 vaisseaux et le canal de Bruxelles à l'Escaut , approfondi et élargi de manière à pouvoir porter des navires de 300 tonneaux.
Un grand nombre d'établissemens scientifiques ajoutent à l'importance de la capitale de la Belgique ; nous nous bornerons à citer : l' académie des sciences et belles -lettres ; la société royale des beaux-arts; la société Concordia , pour la littérature nationale ; la société de botanique ou de flore ; la société de musique on de grande harmonie ; l'athénée espèce de col lège royal ; V école supérieure de commerce et d'industrie , où plusieurs professeurs sont chargés d'enseigner toutes les sciences et tous les arts nécessaires pour former des artisans et des commerçons habiles : c'est un des plus beaux élablissemens qui existent en ce genre; l'école de chant et de musique ; l'observatoire, fourni d'instrumens sortis des meilleurs ateliers français, anglais et allemands ; le jardin botanique, un des plus beaux de l'Europe ; le musée national pour V industrie et les arts, créé il y a quelques années , et comparable à ce que l'Europe a de mieux en ce genre ; des professeurs habiles y donnent des cours publics sur les différentes branches des sciences et belles-lettres; on y voit un beau cabinet de physique, avec la machine électrique une des plus grandes qui existe; un cabinet d'histoire naturelle, riche surtout en objets rares des productions de la Russie et des possessions Hollandaises dans l'Océanie; une galerie de tableaux , où l'on admire beaucoup de chefs-d'œuvre anciens et modernes; enfin la bibliothèque de la ville, récemment enrichie d'un grand nombre de volumes.
Bruxelles possède en outre une société de lecture, organisée sur le modèle de celle
d'Amsterdam , et une autre, qui, tous les deux ans , et alternativement avec Gand , soigne l'exposition des tableaux des artistes vivans; la grande bibliothèque de la ville, récemment enrichie d'un grand nombre de volumes.
Bruxelles offre tous les genres de professions qu'attirent les capitales ; elle est pour le royaume une sorte d'entrepôt des objets de goût et de luxe. Son commerce est très actif. En 1823 s'est formé la société générale des Pays-Bas pour favoriser l'industrie nationale, avec un capital de 20 millions de florins hollandais en biensfonds. Nous avons vu que cette ville est le centre d'un commerce de librairie très considérable. Sous ce rapport , ainsi que sous celui de l'activité de ses presses, elle n'a pas d'égale dans le royaume , et se place avantageusement à côté des villes principales de l'Europe. En dépit des estimations officielles et appuyé sur des faits incontestables , nous n'hésitons pas à porter au-dessus de 106,000 âmes la population de Bruxelles avant les désastres qu'elle éprouva en 1830.
Dans les environs immédiats de Bruxelles, et dans un rayon de moins de il milles , on trouve : Lacken, beau village, remarquable parle magnifique château où le roi passe la belle saison , et par les maisons de campagne des Bruxellois les plus riches. Waterloo , village célèbre parla victoire remportée parles alliés en 1815 sur Napoléon. On voit tout près le monument élevé pour conserver la mémoire de ce grand événement; c'est une colline artificielle, en forme de cône, dont la circonférence est de 2060 pieds hollandais, et la hauteur de 200 ; un double escalier en limaçon mène au sommet, sur lequel un lion colossal en fer supporte une colonne monumentale du même métal, de 60 pieds de haut. Tervuren , maison de plaisance qu'habitait le prince d'Orange. Vilvoroe , petite ville d'environ 3000 âmes, importante par sa grande maison de correction. Louvain, grande et belle ville, mais peu peuplée à proportion de son étendue , n'ayant que 20,000 habitons; on prétend que dans le xiv" siècle elle en comptait presque 200,000. Ses manufactures de drap, qui alors employaient, dit-on, 100,000 personnes dans la ville et sa banlieue, sont aujourd'hui peu considérables; mais ses brasseries ont acquis un haut degré de prospérité. Louvain est depuis long-temps célèbre par son université , qui pendant sa période la plus florissante était regardée comme la première de l'Europe. Au xvr* siècle on y compta plus de 6000 étudians; il y avait 42 collèges ou vastes bàtimens , dans lesquels des jeunes gens de toutes les nations vivaient par centaines , sous l'inspection d'un directeur. Ces collèges étaient organisés à-peu-près de la même manière que ceux qui existent aujour-
EUROPE
d'hui aux universités anglaises de Cambridge et d'Oxford. Supprimée pendant la domination française , elle fut rétablie par le roi Guillaume , et des professeurs habiles n'ont pas tardé à lui rendre une grande partie de son ancienne célébrité. Les établissemens scientifiques qui en dépendent, tels que la bibliothèque , les collections d'histoire naturelle etde minéralogie, le jardin botanique, etc., sont très importans. Déjà dès l'année 1828 elle comptait plus d'étudians que toutes les autres universités du ci-devant royaume des Pays-Bas, et elle est encore le premier corps enseignant du royaume de Belgique. On doit aussi nommerle collège et X académie de médecine. Parmi les édifices les plus remarquables de Louvain, on doit mentionner surtout : l' hôtel-de-ville , un des monumens les plus intéressans de ce genre d'architecture gothique; le bâtiment de F université ; Y église de St-Pierre , dont la tour magnifique, qui était le plus haut édifice de l'Europe moderne, s'est écroulée en 1604 ; le bâtiment dit Frascati, destiné pour les bals et les spectacles ; la grande prison , construite depuis quelques années. Malines , jolie ville de 24,ooo habitans , importante par ses nombreuses fabriques de dentelles , de chapeaux , de drap , etc. ; par sa belle cathédrale , par son séminaire archiépiscopal ; son archevêque est le primat du royaume. St- Bernard , petit lieu important par sa maison de correction y qui est la plus grande du royaume; au 31 décembre 1827 elle renfermait 1592 individus. Si l'on prolongeait le rayon jusqu'à la distance de 32 milles, on trouverait les grandes villes d'ÀNVEns et de Gand; les importantes villes de Mons et de Namur, et une foule d'autres remarquables sous plusieurs rapports et que nous décrirons plus bas.
Anvers, grande et belle ville , chef-lieu de la province de ce nom, située sur l'Escaut, par lequel les plus grands vaisseaux peuvent arriver de la mer jusqu'au quai. C'est une place forte très importante, dont les ouvrages ont été beaucoup augmentés sous la domination française et par les Hollandais. Tout le monde connaît la belle défense que sa célèbre citadelle a faite en 1832; les Belges ont presque entièrement relevé les fortifications ruinées pendant le dernier siège. Quoique très industrieuse et encore plus commerçante avant les désastres qu'elle éprouva en 1830 et en 1832, le commerce d'Anvers n'était qu'une ombre de celui qu'elle faisait au xvi* siècle, immédiatement avant la guerre qui se termina avec l'indépendance de la Hollande. Cette ville était alors le principal entrepôt de marchandises de l'Europe. Des milliers de vaisseaux et de bateaux de toutes les nations couvraient alors le port; elle comptait plus de 200,000 âmes ; on y voyait entassés les trésors de
l'univers. A peine, dit M. Schreiber , pourrait-on croire ce que l'on rapporte des richesses immenses de ses négocians , si des témoins dignes de confiance n'en faisaient foi à l'unanimité. Cinq cents vaisseaux entraient chaque jour dans le port ; environ 2500 s'y trouvaientordinairement à l'ancre, et 500 chariots chargés de marchandises y arrivaient par terre chaque jour. On évalue à 500 millions de florins la somme qu'Anvers mettait tous les ans en circulation, età deux millions de florins les impôts annuels.L'industrie et les manufactures y avaient atteint alors le plus haut degré de prospérité ; elle était surtout re^ nommée par ses velours, ses satins et son damas. Ses broderies en or et en soie étaient recherchées de toute l'Europe; elle était en même temps un des principaux foyers pour les sciences et les beaux-arts. La diminution de tant de prospérité date principalement du siège mémorable qu'elle soutint en i585contre le célèbre Alexandre de Parme. Lorsque par la paix de Westphalie , en 1648, l'Escaut fut entièrement fermé, le commerce d'Anvers fut complètement ruiné. Ce n'est que sous le gouvernement français que l'ouverture de ce fleuve ranima un peu l'activité commerciale de ses habitans, quipurent se livrer à de grandes entreprises pendant la durée du ci-devant royaume des Pays-Bas. De même que dans le xvie siècle, Amsterdam fonda sa prospérité aux dépens d'Anvers, de même cette dernière ranima de nos jours son commerce en exerçant une funeste influence sur celui de la capitale de la Hollande. L'ouverture du grand chemin en fer mentionné à la page 362, rendra sans doute une grande partie de son ancienne prospérité à cette ville, quand même la navigation de l'Escaut ne serait pas entièrement libre , ou que les navires chargés pour cette ville seraient soumis à des droits très considérables. Parmi les nombreux édifices qui ornent Anvers, on doit nommer avant tout Y église de Notre-Dame, un des plus beaux monumens de l'architecture gothique de l'Europe ; sa construction, commencée au milieu du xiii* siècle, dura 84 ans ; c'est un des plus grands temples qui existent. Des mesures exactes prises dernièrement ont démontré que sa tour pyramidale, construite en pierre de taille, dépasse de quelques pieds la cathédrale de Strasbourg, et est par conséquent le plus haut édifice de l'Europe.
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L'intérieur de ce temple est orné des plus beaux tableaux de Rubens. Viennent ensuite Y église de Saint-Jacques, remarquable par son étendue et par son architecture ; Yéglise de St-André , celle de St-Charles-Borr ornée , construite sur l'emplacement d'une autre bien plus belle détruite par la foudre en 17 18 ; Y Hôtelde-ville, dont on loue beaucoup l'architecture, les bas-reliefs en pierre et le superbe frontispice ; la Bourse, beau rectangle, orné de colonnes, rangée à côté des plus beaux bàtimens de ce genre. On doit mentionner aussi le grand Bassin , construit pendant la domination française pour y recevoir des vaisseaux de guerre ; les Chantiers; les Quais ; la grande Place nommée la Mer, près de laquelle est le Palais-Royal ; la Place-Nassau, entourée des plus beaux cafés. Anvers possède plusieurs établissemens scientiques et littéraires importans ; nous nommerons : Y Athénée ; Y Académie royale des beaux -arts avec six professeurs; c'est le plus ancien établissement de cette espèce dans les Pays- Bas. Fondée au milieu du xve siècle, elle est devenue le berceau de l'école flammande, quia produit tant de chefs-d'œuvre dans la peinture. Viennent ensuite la Société de commerce ; la Société de la littérature nationale „• la Société d'horticulture,- la Galerie de tableaux, une des plus belles et des plus curieuses, étant composée des chefs-d'œuvre de l'école flamande. Nous rappellerons que cette ville a vu naître le savant géographe Ortetius, et nous remarquerons que plusieurs établissemens publics et un grand nombre d'édifices particuliers ont réellement souffert pendant le bombardement fait par les Hollandais en octobre 1830 et pendant le siège de sa citadelle par les Français en 1832. Selon M. Botta, tous les jours des bateaux à vapeur partent pour Londres, Cologne , Rotterdam et Gand. La population d'Anvers s'élève à 79,ooo âmes.
Dans ses environs immédiats, et dans un rayon de moins de 11 milles, on trouve: Lillo, petit bourg d'un millier d'âmes, important par le fort de ce nom, qui, avec celui de Liefkenshoek, domine la navigation de l'Escaut au-dessous d'Anvers-, Beveren, autre bourg de presque 6000 habitans, qui se distinguent par leur industrie. St- Nicolas, ville de îG.ooo habitans, située comme Beveren dans le Waesland , un des cantons les mieux cultivés de la Belgique ; elle est remplie de
fabriques de coton, de rubans, d'épingles, etc., et possède une académie de dessin, d'architecture et de musique , et une société d'agriculture et de botanique. Rupelmonde , petit bourg de 2500 habitans , dont plusieurs centaines sont occupés à la fabrication des briques. Lier ( Lierre ) , ville de 13,000 âmes , située à la jonction de la Grande avec la Petite-Nèthe ; elle est renommée par ses brasseries et par ses fabriques d'instrumens de musique en cuivre. Boom , bourg de 5000 habitans , dont un grand nombre est employé dans ses chantiers et ses briqueteries.
Gand (Gent) , chef-lieu de la Flandre- Orientale et siège d'un évéché , située au confluent de la Lys avec l'Escaut qui, avec la Lieve et la Mocrc, la partagent en plusieurs lies réunies par un grand nombre de ponts. De grandes places , des quais magnifiques et plusieurs beaux édifices la placent parmi les plus belles villes des Pays-Bas, dontelle est regardée justement comme la plus grande; au temps de Charles-Quint elle surpassait Paris en superficie. La cathédrale, Yhôtel-deville, le palais de V université et la maison de correction sont ses bàtimens les plus remarquables. On doit aussi mentionner les grands travaux hydrauliques anciens et modernes qui ont tant contribué de nos jours à son accroissement et à sa prospérité ; ce sont le superbe canal qui de Gand , va à Ostende par Bruges ; le canal , peut-être plus considérable encore, qui de Gand va à Terneuse, sur l'Escaut occidental par Sas-de-Gand ; et le magnifique bassin qu'on vient de creuser au centre même de Gand ; il peut recevoir des bàtimens de 8 à 900 tonneaux venant des Indes, et en contenir plus de 400; il communique avec la mer par le canal de Terneuse qui y aboutit. On ne doit pas oublier sa citadelle, dont la construction a coûté 7 millions de fr.Outre l'wniversiléet le collège, Gand possède une académie royale de dessin, de sculpture et d'architecture, une société royale d'agriculture et de botanique ; la société royale de rhétorique; la société d'harmonie de Ste- Cécile ; la société des beaux-arts et des sciences; deux instituts des sourds-et-muets; un jardin botanique et une bibliothèque assez riche. Avant la dernière révolution, pendant laquelle cette ville a beaucoup souffert , Gand pouvait être appelée le Manchester de la Belgique tant était grande et variée l'industrie de ses habitans et de ceux de ses environs. On n'y comptaitpas
EUROPE
moins de 75 fabriques à machines à vapeur de grand modèle, et 60,000 ouvriers employés seulement dans ses fabriques de coton. Cette grande industrie était favorisée par les canaux navigables et par les fleuves qui la mettent en communication avec Terneuse , Anvers , Bruxelles, Tournay Courtray, Bruges, et Ostende.
Malgré cettegrande prospérité et son commerce florissant, elle est encore loin d'être peuplée à proportion de son étendue ; le dernier recensement ne lui accordait que 97,000 âmes; vingt ans auparavant elle en comptait à peine 55,ooo. Mais nous n'omettrons pas de signaler une particularité qui ajoute à l'importance de cette ville ; c'est que la province dont elle est le chef-lieu est le pays de l'Europe qui, sur une égale surface , offre la plus grande population relative ; cette proposition , qui au premier abord semble un paradoxe, est rigoureusement exacte lorsqu'on exclut du calcul les grandes villes qui dépassent 200,000 âmes, et dont la population excessivement concentrée rendrait illusoire toute comparaison faute d'offrir dans ses élémens des termes comparables.
Dans ses environs immédiats , et dans un rayon de 12 milles, on trouve: Deynse , petite ville de 3000 âmes; Oudenarde , de 5000; Eccloo, bourg industrieux de plus de 7000 ; et Lokeren , ville de 16,000, remplie de fabriques de coutil, de siamoises, de cotonnettes, etc.; elle est baignée par la Duwae, qui, convertie en canal, la met en communiwttion av«p l'Escaut; elle appartient au célèbre canton du JVaéHand. Si Ton prolongeait le rayon jusqu'à 40 milles, on trouverait dans les confins du royaume : Bruges, Ostende , Nieuport, Anvers, Malines, Bruxelles, Louvain, ISivei les, Mon*, âth, Leuze „Tou*nayv Courtray, Y près, Poperingue, «Aaost, et une foule d'autres lieux moins considérables. En France, on trouverait Lille, TurcoinÔ, Roubaix et autres villes; et dans le royaume- des Pays Bas ou de Hollande.
MlDDELBOURG , FlESSÎNGUE , GOES , ZlERIKZEE ,
Berg-op-Zoom et autres villes , outre toutes les places fortes de la Flandre-Hollandaise. •
Liège ( Luik et Liiltich) , grande ville , située au confluent de l'Ourthe avec la Meuse, chef-lieu de la province de ce nom, siège d'un évêché et d'une des deux cours suprêmesde justice, dont le ressort s'étend sur les provinces de Liège, Limbourg, Namuret Luxembourg. Ses inépuisables mines de charbon exploitées depuis 1178, ses nombreuses forges, sa fonderie royale de canons, ses nombreuses fabriques d'armes à feu et blanches , sa quincaillerie , ses tanneries, ses manufactures de draps ,
celles de glaces et de cristaux , ainsi que son commerce florissant, la rendent une des villes les plus importantes du royaume et une des plus industrieuses de l'Europe. V université, le collège royal, V école royale demnsique, Y académie royale de dessin, V école des mines, X institut des sourds -muets , Y école gratuite pour la classe ouvrière , Y école spéciale de commerce, d'agriculture et d'industrie, Yécole normale d'enseignement mutuel, arts et métiers, Yétablissement orthopédique, la bibliothèque publique, le jardin botanique, la société des sciences naturelles , la société d émulation , la société des beaux- arts dite mssi société de Grétry, sont ses principaux établissemens publics. La cathédrale et le nouveau théâtre, sont ses édifices les plus remarquables. On ne doit point oublier sa vaste citadelle construite depuis peu d'années sur l'emplacement de l'ancienne. Le dernier recensement, porte à 58,000 âmes la population de Liège.
Dans ses environs immédiats, et dans un rayon de 15 milles , on trouve : Herstal , gros bourg de Gooo habitans, important par les nombreux ouvrages en fer qu'on y travaille , et parce qu'il a été la résidence ordinaire de Pépin-le-Gros„ dit aussi de Herstal ou Heristal. Seraing, petite ville de 3500 babitans, avec une mine de houille et les grands établissemens de M. Cockeril ; on y fabrique un grand nombre de machines à vapeur, et une foule d'articles en fer fondu et autres objets. Ces magnifiques établissemens occupent te cl'àtcau où l'évêque souverain de Liège passait une partie de l'année; à l'époque de leur plus grande splendeur, les Anglais les regardaient comme la plus grande fonderie de fer qu'il y eut sur le continent; le roi de Hollande y avait placé 2,500,000 francs; près de 4000 ouvriers y étaient employés. On y a fondu et travaillé toutes les pièces qui entrèrent dans la construction de YAlla^, vaisseau à vapeur mentionné dans la description de Rotterdam. L'abbaye de la vallée de St-Lambert , jadis remarquable par la magnificence de ses bàtimens et la beauté de ses jardins, l'est maintenant parles grandes verreries qu'on y a établies ; on y fabrique du cristal , du demicristal, et d'autres verres pour la valeur de 550,000 francs. Glons, petit bourg de 2000 habitans ; c'est le centre de la fabrication des chapeaux de paille, qui occupe près de 6000 ouvriers des deux provinces de Liège et de Limbourg; 1,500,000 chapeaux sont fabriqués tous les ans, et leur valeur est estimée au-dessus de 2,000,000 de francs. Plus loin, mais toujours dans le rayon, on trouve : Dalhem , très petite ville de 900 habitans , avec des manufactures de drap ; Hervé , avec 3400 , est renommée pour ses fromages; Verviers, avec plus
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de 19,000 âmes, se distingue par ses nombreuses manufactures de drap et de casimirs, et par ses forges, où l'on fabrique des machines à vapeur; [ c'est à ces établissemens qu'elle doit sa prospérité I et le grand accroissement qu'a éprouvé sa popu- I lation. Theux , petit bourg de 3000 habitans , remarquable par sa célèbre fonderie et batterie de fer en barre et en tôle, et par sa carrière de marbre noir, un des plus beaux de l'Europe. Limbourg, petite ville de 2200 âmes, avec des fabriques de drap. Spa, autre petite ville de 3600 habitans permanens, dont une grande partie est employée dans ses nombreuses fabriques de toutes sortes d'ouvrages en bois, en fer-blanc, de toilette et d'ouvrages au tour. Ses eaux minérales froides, renommées dans toute l'Europe, y attij rent tous les ans 2 à 3000 étrangers. Huy , petite 1 ville, sur la Meuse, avec presque 7000 habitans I qui se distinguent par leur industrie. Dans son I voisinage on exploite des mines de houille et de I fer. Looz (Borchloeen) , très petite ville rcmar- I quable par son beau château. St-Tron, petite I ville de presque Sooo habitans, dont une grande I partie est occupée à fabriquer de la dentelle d'une 1 grande beauté et des armes. Tongres , petite ville I de plus de 4000 âmes ; elle a des eaux minérales | dans son voisinage. Bilsen , très petite ville d'en-
■ viron 3000 âmes. Dans ce même rayon , mais hors 3 des limites du royaume, on trouve l'importante i place de Maestricut , décrite à la page 360.
Voici les autres villes et lieux les plus remarquables du royaume : nous les dc- • crirons en suivant l'ordre des provinces.
PROVINCE DU BRABANT. Outre Bruxelles et
j les villes et lieux décrits dans son rayon , on doit
rl nommer : Nivelles , petite ville de plus de 7000
I habitans , dont un grand nombre est occupé à la
I fabrication de ses belles toiles. Braine-Lallen ,
■ bourg de 3000 âmes, important par ses verreries g et ses manufactures de laine. Diest, avec 6000 f| habitans ; Tirlemont , avec 8000 ; et Halle , avec I 5000 , sont trois petites villes florissantes par leur R industrie ; Halle est en outre remarquable par son [ pèlerinage très renommé dans le royaume. Tu- U bize, petit bourg de 2000 âmes ; d'importantes
I carrières sont exploitées dans son voisinage.
PROVINCE D'ANVERS. Outre Anvers et les i villes et lieux décrits dans son rayon , nous citeil rons : Turnhout , ville de 13,000 âmes , florissante | par ses papeteries et ses fabriques de coutil et de
II dentelle. Geel , petite ville de plus de 7000 habi- ! tans, remarquable par son collège et surtout par H les nombreux fous qu'on y envoie , non-seulement W de tous les points de la province , mais aussi des
provinces voisines; les habitans les tiennent en pension; ces malheureux mangent à la table de j leurs hôtes, couchent dans leurs maisons, et as- ? | sez souvent se promènent librement dans les rues ;
I cet étrange pensionnat est depuis long-temps la
I I branche principale de la richesse de cette petite ville. Hoogstraten , très petite ville de 1600 habitans, située dans le canton nommé la Campine, dont les terrains stériles sont forcés à produire par l'infatigable et intelligente activité des
Belges; on y a établi un grand dépôt de pauvres. Wortel , petit bourg, remarquable parles colonies libres de pauvres que la société de Bienfaisance y a fondées.
FLANDRE ORIENTALE. Outre Gand etleslieux décrits dans son rayon, on doit nommer: Renaix (Ronse), ville de 12,000 habitans, avec plusieurs fabriques de chapeaux. Alost , ville de 15,000 âmes, assez commerçante, avec une société royale d'éloquence. Hamme, gros bourg d'environ 9000 habitans, situé dans la plus riche partie du Waesland.
FLANDRE OCCIDENTALE. Bruges , chef-lieu de cette province , sur le beau canal qui de Gand va à Ostende en communiquant par d'autres canaux avec l'Écluse etNicuport; elle a un bassin spacieux , où les navires d'un tirant d'eau de 18 pieds arrivent àla voile par un superbe canal. Cette belle et grande ville , qui a été vers la fin du xme siècle un des plus grands entrepôts du commerce du monde, n'offre plus qu'une ombre de son ancienne splendeur; mais la halle, X église de Notre- Dame avec sa belle tour, Vhôlel-de-vil/e , le palais ci-devant épiscopal et d'autres édifices remarquables, ainsi que ses fabriques, son commerce et ses chantiers de construction , lui assignent encore un rang distingué parmi les villes les plus importantes du royaume. Vathénée ou collège royal, le jardin botanique, la bibliothèque publique, le cabinet de physique et d'histoire naturelle , Y académie royale de dessin, de sculpture et d'architecture , et la société royale de littérature et de langue nationale , sont ses principaux établissemens littéraires. Le dernier recensement lui accorde 43,000 habitans. Ostende, petite ville, place forte et commerçante, avec un port et des canaux navigables qui la mettent en communication avec Bruges , Gand , Nieupor^ansla Belgique et Dunkerque en France; elle a aussi un bel établissement de bains
e mer qui y attire tous les ans un grand nombre d'étrangers ; un bateau à vapeur va en Angleterre et en vient régulièrement; sa population s'élève à environ 12 ,000 âmes. Nieuport , très petite ville d'environ 3000 habitans , forte et assez commerçante. Poperingue , ville de 10,000 âmes, et Ypres, de 15,000 , fleurissent par leur industrie variée. MENiNet Warneton n'en comptent que 5000, et sont renommées par leurs dentelles; les fortifications de Menin doivent être rasées. Courtray, renommée par ses toileries, ses blanchisseries, ses dentelles et autres produits de son industrie , fait un commerce assez étendu et compte près de 19,000 âmes, selon le dernier recensement. Roulers, ville industrieuse d'environ 9000 habitans.
PROVINCE DE HAINAUT. Mons (Bergen), ville de 21,000 habitans, chef-lieu de cette province, située en partie sur une hauteur; un canal navi gable la met en communication avec Condé en France. Vhôtel-de-ville, la grande caserne bâtie dernièrement, les églises de Ste-Elisabeth, de St-Nicolas et de Ste-Vandrue, Y hôtel et le magnifique jardin des héritiers du comte Vuval sont ses principaux édifices. Ses fortifications , qui avec des frais énormes avaient été rétablies dans ces dernières années , doivent être
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démolies Mons se distingue par son industrie et par son commerce. Le collège, X école de médecine, la société d'encouragement pour l'agriculture et l'industrie , la société d'horticulture, la bibliothèque doivent être mentionnées, ainsi que les nombreuses et importantes mines de houille exploitées dans ses environs; dans les communes de Jem map es, de Hornu, de Wasme s , de Douretde Quagnevon, plusieurs de ces mines ligurent parmi les plus riches et les plus profondes de l'Europe. Le village de Jemmapes, peuplé d'environ 3000 âmes, estrenommé par la célèbre bataille donnée dans ses environs en 1792. Près ftHornu se trouvait l'établissement créé dernièrement par M. Degorges pour l'exploitation de la houille par le moyen des machines ; ce bel établissement , qu'on regardait comme unique dans son genre , et où l'on employait annuellement 3500 personnes, a été détruitde fond en comble pendant les troubles qui ont signalé la dernière révolution. Enghien, petite ville , assez industrieuse , avec presque 4000 habitans ; le jardin botanique du château du duc d'Aremberg mérite d'être mentionné. Ath , très commerçante avec 8000 habitans. Charlero'y, place forte, sur la Sambre, avec plus
de 6000 âmes , importante aussi par son industrie et l'exploitation de ses houillères. Tournay, regardée comme la ville la plus manufacturière de tout le royaume; parmi ses nombreuses et florissantes fabriques on doit citer surtout celles de tapis, de toile , de camelots et de porcelaine. Sa belle cathédrale , son athénée et quelques autres établissemens , ainsi que son siège épiscopal , ajoutent à son importance. Pop. 29,000 âmes.
PROVINCE DE NAMUR. Namcr, chef-lieu de celte province , ville épiscopale de 21,000 âmes, importante par ses fabriques d'armes , de coutellerie fine , par ses tanneries , sa poterie commune et plus encore par ses vastes fortifications; elle possède un athénée et un institut des sourdsmuets. Dînant, petite ville d'environ 4000 âmes, importante par ses cairières de pierre et de marbre. Piiilippeville, place forte de 1200 habitans avec des mines de fer dans son voisinage.
PROVINCE DE LIMBOURG. Hasselt, avec 7000 habitans, et des fabriques d'eau-de-vie de grains.
Arlon, ville de 3300 habitans, chef-lieu de la partie belge du GRAND-DUCHE DE LUXEM- BOURG; avec des fonderies dans ses environs. Bouillon, très petite ville fortifiée, avec environ 2600 habitans , chef-lieu du duché de ce nom.
position astronomique. Longitude orientale , entre 4° et 16°. Latitude, entre 37° et 47°. Dans ces calculs on a compris la Sicile à cause de son étendue et de son voisinage, et l'on a suivi la ligne indiquée par le partage des eaux à l'égard des montagnes.
dimensions. Plus grande longueur.
Depuis le cap Rizzuto dans la Calabre- Ultérieure 11* dans le royaume de Naples, jusqu'au Mont-Blanc dans le royaume Sarde 670 milles. Plus grande largeur.
Depuis l'embouchure de la Cecina dans le grand-duché de Toscane, jusqu'à la Ponteba dans le Frioul, province du royaume Lombard-Vénitien , 226 milles. Dans ces calculs on a exclu toutes les îles , en donnant aux lignes la direction ordinaire suivie par les autres pays.
superficie. 95,000 milles carrés. On a compris dans cette évaluation ainsi que dans celle qui est relative à la population tous les pays considérés comme appartenant à l'Italie sous le rapport géographique et ethnographique. Une partie de la surface et de la population a déjà été comptée dans les états qui ont des possessions en Italie.
confins. Au nord , la chaîne des Alpes qui la séparent de la confédération Suisse
et l'empire d'Autriche. A Vest, l'empire d'Autriche, la mer Adriatique et la mer Ionienne. Au s^djla Méditerranée. Al'owes/, cette même mer et les Alpes qui séparent l'Italie de la France et de la Savoie. pays. Nous regardons comme Italie tous les pays qui , sous le rapport géographique , peuvent être considérés comme appartenant à la péninsule qui se développe au sud et à l'est de la chaîne principale des Alpes. Cette région géographique est en même temps une région ethnographique, puisque, à quelques petites exceptions près, on y parle partout la langue ita- . lienne. Ces pays sont : tout le royaume Sarde, à l'exception de la Savoie et du comté de Nice; V Italie Suisse, ou le canton du Tessin et quelques fractions de ceux des Grisons et du Valais; Y Italie* Autrichienne , qui comprend le royaume Lombard-Vénitien , le Tyrol-Italien et la plus grande partie du gouvernement de Trieste, dans le royaume d'Illyrie; les duchés de Parme, de Modène et de Lucques; le grand- duché de Toscane; Y Etat du Pape ; le royaume des Deux- ; Siciles; la république de S t- Marin,- la , principauté de Monaco; Yltalie-Fran- , çaise, ou l'île de Corse, et Y Italie-An* \ glaise , ou le groupe de Malte.
ITALIE
montagnes. Dans les confins que nous venons de tracer, l'Italie comprend deux systèmes de montagnes : le Système Alpique, dont les points culminans sont : le Mont-Blanc, haut de 2460 toises, et le Mont- Rose, de 2371, dans la chaîne Centrale , et dans le royaume Sarde ; le Monl-Cavallo ou Como, haut de 1489 et le Mont-Vetora, de 1272, dans la chaîne de l'Apennin- C entrai , dans le royaume de Naples proprement dit ; et Y Etna en Sicile , élevé de 1700 toises dans V Apennin- Insulaire. Le Système Sardo-Corse , dont les points culminans sont le Mont-Rolundo , haut de 1418 toises, et le Mont-d'Oro, de 1361 dans l'Ile de Corse, dans l'Italie- Française. Voyez aux pages 87 et 88.
îles. L'Italie en a plusieurs qu'on peut regarder comme des dépendances géographiques de la péninsule ; les principales sont : la Sar daigne , la Sicile et la Corse, qui figurent parmi les plus grandes de l'Europe. Des mesures exactes ont récemment démontré combien certains géographes se trompent, lorsque, en répétant d'anciennes évaluations, ils regardent encore la Sicile comme beaucoup plus grande que la Sardaigne , car la surface de cette dernière n'est que de 343 milles plus pe- 1 tite que celle de* la première , au lieu des deux, trois et jusqu'à quatre mille milles auxquels on faisait et on fait encore monter cette différence. Voyez à la page 33. Viennent ensuite l'Ile A' Elbe et les petits Ilots dont elle est environnée à différentes distances et qui sont répandus sur le bras de mer entre la Corse et la Toscane ; parmi ces Ilots se distinguent ceux de Gorgona , Capraia, Pianosa et Giglio. Aux lies sus-mentionnées il faut encore ajouter : le groupe de Ponza, au sud-ouest de Gaëte; les lies Ischia et Capri, à l'entrée du golfe de Naples ; le groupe de Lipari, si remarquable par ses volcans, et celui de Malte, si important sous le rapport militaire et commercial. Toutes ces lies sont dans la mer Méditerranée. L'Italie n'a dans la mer Ionienne et dans la mer Adriatique que des Ilots; les plus considérables composent le groupe de Tremiti, au nord-ouest du Monte-Gargano , dans le royaume de Naples, et le long archipel qui met à l'abri des fureurs de la mer Adriatique les célèbres lagunes de Venise.
lacs. Les principaux sont ceux de Garda, d'Iseo et de Como dans l'Italie- Autrichienne ; le lac Majeur dans le royaume Sarde et PItalie-Autrichienne; celui de Lugano, dans PItalie-Suisse et l'Italie—Autrichienne ; ceux deBolsena, de Perouse et de Bracciano , dans l'Etat du Pape ; de Fucecchio , dans le grandduché de Toscane ; et de Celano dans le royaume de Naples proprement dit. 11 y a plusieurs autres lacs assez grands dans ce royaume, tels que ceux de Lésina, Varano , Salpi, etc. , etc. ; mais comme ils communiquent avec la mer, on doit les classer parmi les lagunes. C'est ce qu'on doit faire à l'égard du lac de Castiglione en Toscane et de celui de Cornac chio dans l'Etat du Pape. Quant aux lacs d'Agnano, ftAverno et autres si renommés , ils sont trop peu importans sous le rapport géographique pour mériter ici une mention. La Sicile offre le lac de Lentini; c'est le plus considérable de ceux des îles italiennes.
fleuves. Tous les fleuves de l'Italie peuvent se partager en trois classes, d'après les mers différentes où se trouvent leurs embouchures.
La MER ADRIATIQUE reçoit :
Le Lisonzo, le Tagliamento , la Piave , la Brenta , le Baccihglione , I'Adige dans l'Italie Autrichienne. Foyez à la page 275.
Le Pô, qui est le plus grand fleuve de l'Italie et qui reçoit un grand nombre d'affluens; il parcourt les royaumes Sarde et Lombard-Vénitien, baigne les duchés de Parme , Modène et l'extrémité septentrionale de l'Etat du Pape ; le Metauro, leTRONTodans l'Etat du Pape; la Pescara , le Candeloro, I'Ofanto, dans le royaume de Naples proprement dit. ,
La MER IONIENNE reçoit :
Le Bradano , dansla Basilicate, et la Giaretta, dansla Sicile.
La MEDITERRANEE reçoit :
Le Salso en Sicile; le Selle, le Volterno et le Garigliano dans le royaume de Naples proprement dit; le Tibre dans l'Etat du Pape ; I'Arno dans le grand-duché de Toscane; le SERcmodans ce dernier état et dans les duchés de Modène et de Lucques; la Magra dans les territoires Modenais, Toscan et Sarde; le Var sur les territoires Sarde et Français. Le Tyrso et la Flum en dos a dans l'île de Sardaigne ; le Golo dans celle de Corse.
canaux et routes. On ne doit pas s'étonner si la patrie des Léonard de Vinci, des Galilée, des Castelli et de leurs élèves, offre un grand nombre de travaux hydrauliques remarquables, parmi lesquels quel-
r.imoPE.
ques-uns sont regardés même comme les plus anciens que l'Europe possède. Le plus grand nombre de canaux et les plus importans se trouvent dans la partie de l'Italie qui est comprise dans l'empire d'Autriche; nous en avons déjà fait mention à la page 275. Les autres parties de la péninsule en ont plusieurs , surtout le royaume Sarde , le duché de Modèue et la partie septentrionale de l'Etat du Pape; mais ce sont plutôt des canaux d'irrigation que des canaux navigables. Les principaux canaux que l'on peut ranger parmi ces derniers sont : le canal dePise , qui va de cette ville à Livourne ; le canal de Cento, quimelen communication Bologne avec Ferrare; il est remarquable dans l'histoire de la science hydraulique par les longs et difficiles travaux dont il a été l'objet pendant près de deux siècles sous la direction des premiers mathématiciens de l'Italie ; le canal qui va de Ferrare au Pô de Maestro; le canal Tassoni, qui va de Moncasale au Pô, et fait communiquer Reggio avec ce fleuve; le canal qui de Modène va au Panaro.
Parmi le grand nombre de canaux d'écoulement et d'arrosement qu'offre le cidevant Piémont, nous signalerons surtout les suivans : le canal d'Ivrée, celui de Cagliano et le Rotto , qui, avec leurs branches nombreuses, forment le système d'irrigation artificielle à laquelle les provinces de Vercelli, de Biella et de Casale doivent en grande partie leur fertilité ; le naviglio di Bra, qui est le plus important dans le haut Piémont , et qui est alimenté par les eaux de la Stura de Cuneo et de la Grana ou Mellca : Emmanuel Filiberto avait le projet de le rendre navigable ; le canal de la Venaria, dérivé de la Dora ; le canal de Caluso , par lequel de vastes terrains incultes dans les environs de Chivasso ont été changés en campagnes fertiles par Charles-Emmanuel III; on admire surtout une vaste galerie qn'on a été obligé de creuser pour la conduite des eaux. Dans la Toscane on trouve le canal de la Cliiana , remarquable par son étendue et par son antiquité ; il joint le Tibre à PArno ; le canal de VOmbroi te qu'on devrait nommer de Léopold en l'honneur du jeune prince aussi philantrope qu'éclairé qui vient de le faire construire avec une étonnante rapidité, afin de redonner à la culture et de rendre habitable une grande partie
de la Maremma de Sienne; il conduit une partie des eaux de l'Ombrone dans la lagune de Castiglione.
Notre cadre ne nous permet pas de citer seulement les nombreux canaux d'irrigation qui sillonnent les plaines fertiles des duchés de Modène et de Lucques, et celles des légations de Ferrare , Ravenne et Bologne ; mais nous ne pouvons passer sous silence les nombreux et importans travaux faits à différentes époques pour assainir les marais Pontins , et ceux qu'on a commencés en 1824 dans l'Abruzze-Ultérieure II, pour ouvrir l'ancien émissaire construit par l'empereur Claude, afin d'éviter les ravages produits par les débordemens du lac Fucino appelé aujourd'hui Celano ; le roi de Naples régnant a même le projet de faire servir ce< lac comme d'un grand réservoir auquel ! aboutiraient les deux canaux navigables que l'on se propose d'ouvrir pour faire communiquer la Méditerranée avec la mer Adriatique. Nous ajouterons , comme une curiosité qui mérite d'être signalée, le petit canal de Caslel-Gatidolfo , dans l'Etat du Pape ; c'est peut-être le canal de ce genre le plus ancien connu historiquement : creusé par les Romains l'an 398 avant Jésus-Christ, .on prétend qu'il n'a jamais eu besoin de réparation ; il a 3 pieds et demi de largeur sur 6 de hauteur et 1260 toises de longueur ; il décharge les eaux du lac de Castel-Gandolfo situé près d'Albano.
C'est ici que nous croyons indispensable de faire mention des roules magnifiques qui, ouvertes à grands frais depuis le commencement du siècle, ont fait disparaître l'inconvénient qu'on reprochait à l'Italie d'être séquestrée du reste de l'Europe par des remparts à peine accessibles. Les superbes routes du Mônt-Cenis , du Simplon, et celles ouvertes plus tard par le Spliigen , le Slelvio , la Cortina, et la Ponteba , dans l'Italie Autrichienne ; la nouvelle route du Saint-Golhard dans l'Italie-Suisse ; celle ouverte entre Gênes et Livourne, dont on admire la superbe galerie entre Recco et Chiavari ; et la grande route qui, à travers la Sardaigne, réunit Cagliari à Sassari, sont justement rangées parmi les plus grands monumens que la main de l'homme ait encore produits en ce genre , par les difficultés qu'il a fallu vaincre dans leur construction, par l'immensité des travaux
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( d'arts en murs de soutènement, en ponts et en galeries souterraines. La nature et l'art i se disputent l'admiration du voyageur qui les parcourt. La nouvelle route de Calabre,qi\U sur une ligne de plus de 250 milles, 5 parcourt toute la partie méridionale du royaume de Naples, le plus souvent sur la crête des plus hautes montagnes et sur des fleuves ou des torrens indomptables tou- 1 jours funestes aux digues qu'on leur avait 5 opposées; la reconstruction de l'ancienne i voie romaine qui conduit à Brindes 5 (Brindisi), en passant par Fondi, Benevent et Bari; les grandes et belles routes qui der puis peu traversent toute la Sicile ; la nou- 5 velle route de Turin à Gênes , par un col e beaucoup plus bas quecelui de la Bochetta;
celle qui conduit de Gênes à Nice, et la sue, perbe route que le grand-duc deToscane fait I construire entre Livoume et Grossetto.
L'Italie n'a encore que trois chemins de « fer livrés à la circulation; celui de Naples h Castellamare, par Porlici, est le plus remarquable; dans peu elle en aura qui rivat Useront avec les plus belles constructions i de ce genre. Nous avons déjà nommé ceux \ de l'Italie Autrichienne. Nous citerons ici : le chemin de Florence à Livourne, par n Pise, avec un embranchement sur Lucil ■ ques déjà commencé; celui de Naples à a Rome, par Terracine, dont la construction va bientôt être entreprise; et celui de Gênes à Turin, par Alexandrie et aboufa lissant d'un côté à Arorta, sur le Lac Majeur, de l'autre à Pavie et Milan,- les traie vaux ne tarderont pas à commencer.
maremmes. Ce serait laisser une lacune v dans la description de l'Italie, que de ne e rien dire des Maremmes , nom sous lee quel on désigne toute la partie de son litil toral entre l'Arno et le Volturno. Ce vaste espace est frappé de la malaria comme la campagne de Rome. On n'explique pas ce terrible phénomène, qui dans une grande partie de sa surface ne peut être attribué aux eaux stagnantes , comme dans les marais Pontins et le bassin de l'Ombrone. Les voyageurs et les géographes s'accordent à tort depuis longtemps à regarder comme un désert inculte et stérile celte partie de l'Italie ; mais un jeune et savant voyageur qui vient de la parcourir et qui a entrepris d'en faire la description , la représente comme un pays à grande culture, où, comme chez les Hébreux, on laisse reposer les terres pendant plusieurs années. C'est
dans les maremmes, dit M. Didier, qu'il faut aller pour voir cent charrues attelées à-la-fois de deux, trois , jusqu'à qualre paire de bœufs sauvages labourant de front unchampdedeux à trois lieues. Telles semailles, telles moissons. Déchirées par de si puissans moyens, les terres saturniennes ne sont ni rebelles, ni ingrates, et leur sein fécond ne s'ouvre pas en vain. Quand vient l'heure de la récolte, les montagnards de la Sabine, de Lucques et des Abruzzes, descendent pour la faucher. Ces vastes solitudes sont tout d'un coup peuplées comme par enchantement. C'est là encore une des irrégularités de ces champs illustres, que tout y est brusque, subit, et que l'art des transitions y est pour ainsi dire inconnu. Le matin une jachère immense ; le soir un champ cultive ; aujourd'hui un champ blond d'épis ; demain encore une jachère aride. 11 enestà-peu-près de même de tous les sols à grande culture ; mais nulle part les contrastes ne sont aussi frappons ; et les steppes de l'Italie n'ont point d'émulés.
Ce qu'il y a de plus grandiose avec la moisson dans l'agriculture des maremmes, continue M. Didier, c'est le gouvernement des troupeaux. Tas plus que le moissonneur, le pâtre n'y est indigène. Descendu comme lui des montagnes dans la saison des neiges, il y remonte au printemps, et ses troupeaux avec lui. A chevalet la lance au poing, ce pâtre farouche, mais franc et hospitalier, mesure d'un œil ardent l'horizon sans bornes, et rien n'échappe à sa vigilance. Malheur au taureau rebelle, à l'étalon révolté qui jettent le désordre dans son troupeau. Le fer se teint de leur sang enflammé ; ils rentrent confus dans le rang ; et la brute indocile et vaincue , reconnaît dans l'homme son maître, et subit son joug en silence.
population. Population absolue , 21,400,000 habitans. Population relative, 225 habitans par mille carré. Voyez l'article Superficie, à la page 370.
ethnographie. L'Italie dans les confins que nous venons de lui assigner, n'est habitée que par tes Italiens qui appartiennent à la souche Greco-Latine. Une petite fraction seulement de sa population se compose de peuples qui ne parlent pas l'italien ; ce sont les Vaudois , dans les vallées de Lucerne, Angrogna et Saint- Martin dans l'intendance de Pinerolo dans le royaume Sarde ; les prétendus Grecs
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du royaume des Deux-Siciles , qui sont réellement des colons Albanais ; les véritables Grecs établis à Livourne , Trieste et Venise et dont une petite colonie existe en Corse dans les environs d'Ajaccio; les Catalans qui vivent à Alghero en Sardaigne ; ces quatres peuples appartiennent à la souche sus-mentionnée. Les Allemands des vu Communi au nord de Vicence , ceux des xm Communi dans le Véronais, ceux de la Val Sugana dans le Tyrol méridional et quelques autres milliers d'Allemands établis à Venise , dans la partie italienne du gouvernement de Trieste et dans quelques autres localités au sud des Alpes, appartiennent à la souche Germanique. Quelques milliers de Slaves habitent dans la partie italienne du gouvernement de Trieste et sont compris dans la grande famille des peuples Slaves. Enfin, les Juifs, dont on a tant exagéré le nombre , et qu'on rencontre dans toutes les grandes villes et dans les places de commerce, et les Maltais, qui habitent les campagnes du groupe de Malte , sont des peuples qui appartiennent à la grande souche Sémitique.
religion. On peut dire que tous les Italiens professent /a religion catholique , parce qu'il n'y a qu'une très petite traction de la population de l'Italie qui suive d'autres dogmes. Cette fraction est subdivisée en Vaudois (Valdesi), secte de protestans qui remonte jusqu'au xme siècle, et dont les prosélytes vivent en Piémont dans les vallées de Lucerne, Angrogna et Saint-Martin ; en Calvinistes et Luthériens établis dans les principales villes de commerce, et surtout à Venise, Trieste , Naples et Livourne ; en Grecs , qui se trouvent à Venise, Livourne, Trieste et dans le royaume des Deux-Siciles ; enfin en Juifs qui demeurent dans toutes les grandes villes et dans les places les plus commerçantes : Rome , Livourne et Venise en offrent le plus grand nombre réuni.
gouvernement. 11 est monarchique absolu dans tous les états, à l'exception de celui de St-Marin, où il est républicain. La Sardaigne a un parlement formé par les trois ordres du royaume : l'ecclésiastique est regardé comme le premier: il comprend lesévêques, les abbés et les chapitres ; le militaire ou le second , composé de nobles ; le troisième dit aussi royal, formé par les conseillers ♦les sept villes du royaume ; une junte de
députés des trois ordres accorde au gouvernement tous les trois ans plusieurs contributions sous le titre de donatii i (dons) dont le roi demande le renouvellement par des lettres circulaires. La Sicile depuis 1815 n'a plus de parlement et est gouvernée absolument comme le royaume de Naples proprement dit. Le gouvernement de l'Etat du Pape est une monarchie absolue élective , dont le chef est choisi dans le collège des cardinaux. industrie. Lorsqu'on veut être impartial il faut avouer que sous le rapport de l'industrie manufacturière, les Italiens, qui dans le moyen âge marchaient à la tête de la civilisation, sont, en général, restés en arrière des Français, des Anglais et des Allemands. Leurs villes cependant n'offrent pas le manque d'activité que plusieurs géographes étrangers se plaisent à leur supposer, et il y a même quelques parties qui, sous ce point de vue, peuvent rivaliser avec les pays les plus industrieux de l'Europe, surtout dans l'Italie-Autrichienne ; le royaume de Naples et l'Etat du Pape , pays que l'on accuse de manquer presque entièrement de manufactures, offrent, même des localités qui se distinguent par une grande industrie ; nous les avons signalées dans la description des états auxquels elles appartiennent. Ne tenant pas compte des parties de l'Italie qui dépendent d'états étrangers et dont nous avons déjà parlé en les décrivant, on peut citer parmi les principales productions de l'industrie du reste de l'Italie : les étoffes de soie de Turin , Gênes, Lucques , Naples , Palerme et Catania , d'Ancône , de Florence , de Pesaro et Bologne ; le velours ?ioirde Gênes ; les gants de fil depinnemarine de Palerme; ceux en peau de Naples, de Gênes, de Rome et Lucques ; les crêpes de Bologne ; les gazes de Chambéry et la blonde de Gênes ; les fleurs artificielles de Gênes, de Turin, de Bologne , de Rome et d'autres villes ; les tanneries de Rieti , Ancone, Rome, Gênes, Solfra, Arpino, etc. ; le papier de Lucques, Pescia, Colle et Serravezza, Gênes , Fabriano, Turin et celui des bords du Fibreno dans le royaume de Naples proprement dit ; le par 'chemin de Rome , de Fabriano et celui du Piémont; le rosolio et le chocolat de Florence ; les essences et les fr^uits candis de Florence, de Nice et de Gênes , de Naples, Reggio , Sulmona et Palerme, de Rome et d'autres
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villes de l'état du Pape ; les inslrumens d optique de Modène, faits par le célèbre Aniici, et ceux de Turin ; la bijouterie de Rome, Bologne, Florence, Turin, Naples, etc., etc. ; les ratines du Piémont ; les savons de Naples, de Livourne et de plusieurs autres villes ; le vitriol de Viterbe; ks pâtes de Naples, Bologne, Gênes et de plusieurs autres villes ; les huiles de Lucques et du royaume des Deux-Siciles qui, avec les soies de ce même royaume et celles du royaume Sarde, du duché de Lucqueset du grand-duché de Toscane , figurent parmi les principaux articles d'exportation de l'Italie; la quincaillerie d'Annecy, Turin , Gênes, Yarallo dans le royaume Sarde, de ScarperiaetPistoja en Toscane, de Campobasso dans le royaume de Naples et de plusieurs villes des états de l'Italie septentrionale et moyenne ; les fers de l'île d'Elbe, du Piémont et de laCalabre; les cristaux et la verrerie d'Alex dans le Genevois, deCrevola dans la province d'Ossola ; la porcelaine des environs de Florence, celle de Turin ; la faïence de Faenza, de Pesaro , de Pinerolo et d'autres villes ; et les ouvrages en terre cuite des environs de Florence; les ouvrages en albâtre de Volterra, de Castelvetrano en Sicile et de plusieurs autres villes ; ceux en marbre de Carrare, de Doussard dans le Genevois ; les draps de Mondovi , Savigliano , Turin , Pinerolo, Voltri, de Borzonasca et autres communes du royaume Sarde , ainsi que ceux d'Arpino, Naples et autres villes du royaume des Deux-Siciles et de l'Etat du Pape ; les bonnets de laine à l'usage des peuples du Levant , dont on fabrique encore 16 à 17,000 douzaines par an à Gènes, et plusieurs milliers à Prato, dans le grand-duclié de Toscane ; les cireries de Livourne, Florence, Rome, Naples, etc. ; les cordes de boyaux pour les instrumens de musique de Naples , Rome , etc. ; les chapeaux depaille de la Toscane , de Naples , de Gênes et de Turin ; les chapeaux en feutre de ces deux dernières villes ; les ouvrages en corail de Gênes, Livourne, Pise, Naples, Castelvetrano , Catania et autres villes du royaume des Deux-Siciles et de l'Etat du Pape ; ceux en agate et en ambre de Catania ; les perles fausses de Rome ; les ouvrages en mosaïque de cette ville et ceux enpierres dures de Florence.
L'Italie continue toujours à être le siège
des beaux-arts dont elle a été le berceau , et sans parler des nombreux artistes qui vivent dans les cités de l'Italie-Autrichienne, ceux qui habitent ces grandes villes, surtout Rome et Florence, ajoutent continuellement aux richesses qu'elle possède en ce genre. Nous n'énuméreronspas ici les nombreuses productions de ces artistes ; mais nous ferons observer que la typographie et la gravure des cartes géographiques , dans lesquelles on reproche aux Italiens d'être restés en .arrière des Français , des Anglais et des Allemands, offrent de nos jours des chefsd'œuvre pour le moins égaux à ceux de ces nations. Tout le monde connaît les admirables produits des presses de Bodoni, et ceux que l'Italie doit à un savant typographe qui marche sur ses traces, à M. Bettoni; les cartes publiées par le dépôt de la guerre de Milan, la belle carte de l'Afrique septentrionale dressée et gravée par M. Scgato à Florence et celle de la Toscane par le père Inghirami, démontrent sans réplique combien sont injustes les reproches adressés aux Italiens dans ce genre d'industrie.
commerce. Quoique le commerce de l'Italie ne soit plus aussi étendu et aussi florissant que dans les xii*, xui", xive et xve siècles, pendant lesquels les Italiens avaient pour ainsi dire la domination exclusive des mers et où chaque ville importante entretenait des relations commerciales avec des pays très éloignés , il est encore aujourd'hui très considérable. Les principales exportations consistent en soie, huile, blé , riz, sel, chanvre, fruits secs et confits, oranges, citrons, vins. Vient ensuite un grand nombre d'articles beaucoup moins importans, tels que, vinaigre, rosolio, essences, savon, fromage, laine, chevaux, corail brut et travaillé, marbre, alun, soufre, pouzzolane, perles fausses, papier, parchemin, étoffes de soie, velours, gants de peau, brocards d'or et d'argent, thériaque et autres préparations médicinales ; et une grande quantité d'articles de beaux-arts, tels que mosaïques, tableaux, sculptures, etc., etc. Les principales importations consistent en denrées coloniales, poisson salé, étoffes de soie et de coton, toiles, draps, quincaillerie, fer, vins étrangers, surtout de France, et une foule d'autres objets de manufactures étrangères, surtout de modes. Les principaux ports marchands sont;
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Gènes , Cagliari , et Nice , dans le royaume Sarde ; Livourne dans la Toscane; Civila-Vecchia, Ancône et Sinigagliaàans l'Elatdu Pape; Naples,Bari, Gallipoli, Reggio , Cotrone, Messine, Palerme et Trapani dans le royaume des Deux-Siciles. Les principales places de commerce dans l'intérieur sont : Tarin, Alexandrie, Arona , Chambéry dans le royaume Sarde ; Florence, Lacques, Modène, Reggio et Parme dans le grand-duché de toscane et les duchés de Lucques, Modène et Parme ; Bologne, Ferrare et Ponte di Lago Scuro, Perouse, Foligno et Rome dans l'Etat du Pape ; Foggia, Altamura, Lecce, AveL lino, Campo-Basso dans le royaume de Naples proprement dit. Pour les parties de l'Italie dépendant d'autres états, voyez l'empire d'Autriche, les monarchies Française et Anglaise, etc., etc.
places fortes. Les principales places fortes de l'Italie sont : Gênes , Vintimille, les forts àeBai'det de Lesseillon, Exilles, Fenestrelle , les citadelles de Turin et Alexandrie dans le royaume Sarde; la citadelle de Plaisance dans le duché de Parme ; Civita-Vecchia, Comacchio et les citadelles de Ferrare et
à? An cône, dans l'Etat du Pape ; Gaè'te, Pescara , Civitella del Tronic- , Capoue , Syracuse, Messine et Trapani dans le royaume des Deux-Siciles ; Porio- Ferrajo dans le grand-duché de Toscane.
divisions politiques. L'Italie, dans les limites que nous lui avons assignées, considérée comme région géographique , est actuellement partagée en treize parties d'une étendue très différente ; elles forment autant d'états divers, ou bien elles appartiennent à d'autres étals situés hors de ses limites. Ces treize divisions politiques sont : l' Italie- Autrichien ne ; l' Italie-Suisse ; le royaume Sarde,- la principauté de Monaco ; les duchés de Lacques, de Parme et de Modène ; le grand-duché de Toscane; la république de Saint-Marin; Y Etat du Pape,le royaume des Deux-Siciles ; V Italie- Française et l'Italie- Anglaise. Nous renvoyons à l'article pays pour les contrées différentes comprises dans chacune de ces divisions ; aux chapitres de l'Empire d'Autriche, des monarchies Française et Anglaise et de la confédération Suisse, pour la description des parties de l'Italie dépendant de chacun de ces états.
confins. Au nord , la Suisse et proprement le canton de Genève, le lac de ce nom, les cantons du Valais et du Tessin. A Vest , ce dernier canton, le gouvernement de Milan dans l'empire d'Autriche, le duché de Parme , la Lunigiane Toscane et le ci-devant duché de Massa dépendant de celui de Modène. Au sud, la Méditerranée. A Vouest, la monarchie Française et proprement les départemensdu Var, des Basses et Hautes - Alpes, de l'Isère et de l'Ain.
pays. Les anciennes possessions , qui comprennent le duché de Savoie, moins la fraction cédée au canton de Genève , la principauté de Piémont, les duchés d'Aoste, et de MotUf errât ; la seigneurie de Verceil ; les comtés de Nice et A' Asti, le marquisat de Saluée; une partie du duché de Milan, savoir les provinces d'Alexandrie, de Valence, de Val de Sesia, de Novare, de Tortone, de Vigevano, la Lomelline, partie du Pavesan et la plus grande partie du comté d'Anghiera ; les fiefs du Canavese et du territoire d'Asti, et Vile et le royaume de
Koyaume Sarde.
confédération Sar daigne. Les nouvelles possessions, qui comprennent la ci-de\aatrépublique de Gênes, qui forme le duché actuel de ce nom , avec l'Ile Capraja ; les Langhe ou les fiefs impériaux. Le roi de Sardaigne a acquis en outre le droit démettre garnison dans les places de la petite prinpauté de Monaco.
fleuves. La partie continentale de ce royaume est abondamment arrosée. Toutes ses eaux appartiennent ou à la mer Adriatique ou à la Méditerranée.
La MÉDITERRANÉE reçoit :
Le Rhône , qui vient de la Suisse et ne fait que toucher la frontière de la Savoie. Ses principaux affluens dans cette province sont tous à ?.a gauche; nous nommerons : l'Arve, qui traverse la partie septentrionale de la Savoie , passe par Cluse , Bonneville et entre dans le canton de Genève ; Vis ère qui traverse la Sayoie moyenne, passe par St-Maurice , Moutiers, Montmeillan et entre en France après avoir reçu Y Arc qui baigne St- Jean-de-Maurienne.
Le Var qui traverse la partie occidentale de l'intendance générale de Nice et , dans la partie inférieure de son cours , sépare cet état de la monarchie Française.
La Magra qui vient de la Lunigiane Toscane et
traverse le territoire de l'intendance générale de divisions administratives. La partie
Gènes, où elle baigne Sarzana ; la v ara, son continentale du royaume ou les Etats de
affluent principal passe par Brugnato. Terre-Ferme (Stati di Terra-Ferma) sont
,a^;;;l!SSS: divisés '« "t intendances générales,
sont les quatre principaux fleuves de nie de Sar- subdivisées en quarante intendances ou
daigne; leur cours, à l'exception du Tyrso, dit petites provinces. Les huit intendances
aussi fleuve d'Oristagno, est trespeu considérable, générales correspondent aussi aux huit
La MER Adriatique reçoit: divisions militaires qui composent cette
Le Pô , qui est le plus grand fleuve de l'Italie parlie du royaume de Sardaigne ; la divi-
et dont la source se trouve sur la pente du mont *. , * . . , dvrÙfàncnin
Viso. Il traverse les intendances générales de Cu- *\ °" ae benefS,f, Ie Ul e ae aucne juUCatO
neo, Turin, Alexandrie et Novare , en passant dl Genova). L lie OU le royaume de Sar-
par Villafranca , Carignano , Moncalieri , Turin, daigne depuis 1821 est partagée en dix
Casale , Valence et entre ensuite dans le royaume petites provinces OU intendances, dont six
Lombard-Vénitien. Ses principaux affluens à la forment l'intendance générale immédiate
droite sont : la Vraila; la Maira qui passe de Cagnari et les quatre autres la vice-
z Se cer, ]z^::îz: œ r^\e detSa?sari ; cr der-
drie , et reçoit à la droite la Bormida, et à la niere cependant relevé toujours en dernier
gauche YEiiero et la stura ; la Bormida baigne ressort de la première. Pour nousaecom-
Acqui, la stura passe par Cuneo et Fossano 5 la moder au cadre rétréci de cet ouvrage ,
scricia;\a staff or a qui baigne Voghera ; nous ne donnerons dans le tableau sui-
le Tidoneelte Trebbia qui passe par Bobbio ; vant qUe jes intendances générales, en
ces deux dernières ont Jeurs embouchures écrivant cependant en caractères italiques
le duché de Parme. Les principaux affluens a la . ^p^i1:^ des .)etites Drovinces 0n
çauche sont : le C lu son , qui passe non loin de l\s c/ . , peiiits piovinces OU
Pignerol; la Dora-Riparia ; vorco ; la simples intendances, afin qu'on puisse
Dora-Baitea , qui passe par Aosta etivrea; connaître les lieux et les villes les plus re-
la sesia, par Borgo di Sesia et Verceiii ; la marquables qui en dépendent. On a ajouté
Gogna ou Agogna, par Novara; le Ter- entre parenthèses le nom de la province
doppîo; etie Tes* in , qui vient du canton iorsque Sa dénomination diffère de celle
Suisse de ce nom, traverse le lac Majeur et se- , r hpfJieu • les chiffres nui suivent l*»s
pare le royaume Sarde du royaume Lombard- au cn?! 'leu ' \e* cmiIies <llu suivent les
Vénitien. noms indiquent la population respective.
Noms des Intendances générales Cuefs-Lieux, Villes et Lieux les plus remarquables. ou Divisions militaires.