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TABLEAU DES MARINES MILITAIRES DE L'EUROPE

ÉTATS

Vaisseaux de ligne.

Frégates.

Bâtimens inférieurs.

Total.

Empire d'Autriche.

Monarchie Prussienne.

MONARCHIEjHOLLANDAlSE.

Grand-Duché de Toscane.

Etat de l'Eglise ou du Pape.

Royaume des Deux-Siciles.

Mon vrghie Espagnole.

Monarchie Danoise.

Monarchie Norwégiéno-Suédoise.

Royaume de Norwège.

Empire Russe.

Royaume de Grèce.

Après avoir analysé les causes principales d'ou dérive l'étonnante disparité d'opinions émises par les géographes et les statisticiens les plus célèbres sur des points regardés comme les bases de la géographie politique, et après avoir signalé les difficultés sans nombre qu'on doit surmonter lorsqu'on veut résumer ces dernières dans un tableau dont tous les élémens soient comparables, nous allons tracer le tableau statistique de l'Europe pour compléter la description de cette partie du monde. Nous n'avons pas la prétention ridicule d'avoir évité toutes les erreurs, ni surmonté toutes les difficultés; ce que nous venons de dire prouve assez l'impossibilité d'offrir un travail parfait dans ce genre ; nous nous flattons seulement d'avoir fait mieux que nos devanciers.

Si l'on nous demandait quelle garantie nous donnons de Fexactitude de nos estimations, nous mettrons d'abord en avant l'expérience acquise pendant 25 ans consacrés à l'étude des sciences qui forment le sujet de cet ouvrage; ensuite nous ferons observer que les résultats auxquels nous nous sommes arrêté sont, ou les données officielles que l'on possède sur plusieurs états, ou celles que nous avons cru pouvoir déduire de l'examen raisonné des évaluations diverses faites par les auteurs les plus célèbres. Nous ferons remarquer que la plupart des surfaces sont le résultat des mesures que nous avons prises avec le plus grand soin sur les meilleures caries et que nous avons comparées ensuite avec les estimations adoptées dans les ouvrages les plus renommés; et que d'autres surfaces, calculées par MM. Nicollet et Brué n'ont offert presque aucune différence avec les résultats que précédemment nous avions obtenus par le calcul. Nous rappellerons encore que plusieurs de nos évaluations relatives à îa surface, à la population, aux finances et aux forces de terre et de mer, qui s'éloignaient beaucoup, soit en plus, soit en moins, des données correspondantes généralement admises dans les géographies, ont été démontrées exactes soit par des mesures précises, soit par des recensemens postérieurs, soit enfin par des documens officiels dont on n'a eu connaissance qu'après leur publication.

Nous connaissons les évaluations exagérées répétées par Ses nationaux, qui

croient rehausser l'éclat de leur pays en exagérant ses ressources et sa richesse ; nous n'ignorons pas les calculs approximatifs faits par d'autres sa vans nationaux ou étrangers sur des bases erronées ; nous savons que les uns et les autres sont prêts à accuser d'ignorance on d'inexactitude l'écrivain consciencieux qui émettra une opinion contraire à la leur, bien qu'il ait examiné tout ce qui a été écrit sur un même sujet par d'autres nationaux instruits et par des voyageurs éclairés; et d'ailleurs, combien de savans, étrangers aux connaissances variées qu'exige la statistique, habitués à regarder comme exactes les évaluations erronées dont fourmillent les géographies, les dictionnaires et les tableaux statistiques, et tant d'ouvrages qui passent pour classiques , n'hésitent pas à rejeter et même à traiter d'erreurs de nouvelles évaluations, qui sont les estimations officielles obtenues à force d'instances, ou les nombres moyens, résultat de longues et fastidieuses recherches, obtenus par quelques statisticiens ou par quelques voyageurs instruits et consciencieux? Nous pourrions aussi citer quelques-unes de nos estimations qui ont été adoptées de préférence à toute autre par M. le baron de Humboldt, si profond dans ses recherches et si difficile dans le choix des faits sur lesquels il assied ses rapprochemens ingénieux. Nous rappellerons enfin qu'un homme, dont les sciences historiques et géographiques ne sauraient assez regretter la perte, attendait que nous eussions terminé la Balance -politique du Globe, pour en insérer les résultats numériques dans les additions au Précis de la Géographie universelle , dont il se proposait même de terminer le dernier volume avec toute la partie de ce tableau qui se rapporte à l'Europe (Voy. vol. vi du Précis de Malte-Brun , page 92).

Nous croyons en avoir dit assez sur ce sujet pour n'avoir pas besoin de justifier le soin scrupuleux que nous avons mis dans nos recherches. D'ailleurs les renseignemens importans que nous devons aux savans généreux qui nous ont aidé dans cette tâche difficile , et les avantages immenses que notre séjour dans la capitale de la France nous donnait sur nos devanciers , sont le plus sûr garant de la justesse approximative de nos calculs.

Mais malgré tous ces secours et tous ces

STATISTIQUE DE L'EUROPE

avantages, il y aurait de l'injustice si l'on exigeait dans notre travail une exactitude mathématique. Notre tableau ne présente et ne saurait présenter que ce que l'on a de moins vague et de plus comparable sur les surfaces, la population, les finances et les forces des états de l'Europe à la fin de 1826.

Plusieurs savans estimables , mais étrangers à la statistique, insistaient auprès de nous pour que nous portassions au moins à Tannée 1830 tous les éiémens statistiques que nous avons publiés dans la Balance et que nous reproduisons dans cet Abrégé. Mais cet ouvrage, fruit de longs et difficiles travaux et d'une correspondance très étendue , ne peut par cela même être renouvelé annuellement; car il ne suffît pas que les choses changent, il faut encore que des documens positifs, relatifs aux changemens qui surviennent , puissent nous arriver des points les plus reculés du globe. Un intervalle de cinq années au moins entre chaque publication nous parait absolument nécessaire. En conséquence, il est inévitable de prendre toujours comme base, entre chaque publication , les faits que renferme cet ouvrage , dans lequel ils n'ont été admis qu'après un mûr examen. Nous sommes loin de vouloir déprécier les travaux de ceux qui suivent la même carrière que nous, mais nous croyons devoir prévenir le public contre les faits hasardés et contré les éiémens incohérens qu'on pourrait lui présenter sous une date postérieure à celle de la Balance politique du Globe. 11 serait mec , possible que ces ouvrages , plus exacts que le nôtre dans quelques parties isolées , parce qu'ils auraient l'avantage d'être plus récens, n'offrissent néanmoins dans leur ensemble que des choses que l'on y donnerait comme coexistantes, tandis qu'elles appartiendraient à des époques différentes; ce qui rendrait impossible toute comparaison, et par conséquent illusoire l'avantage que ces mêmes ouvrages paraîtraient avoir sur la Balance et sur les tableaux statistiques de cet Abrégé. Tout ce que nous avons pu faire c'est de rectifier , à l'aide de documens officiels, quelques estimations approximatives que , faute de renseignemens positifs, nous avions été obligé d'admettre dans la Balance ; mais nous ne nous

sommes jamais permis d'y introduire le moindre élément qui fût d'une date pos térieure à l'année 1826. Seulement, eu égard aux grands changemens politiques survenus en Europe après la publication de ce tableau, nous avons tâché de répartir les éiémens statistiques , là où il y avait eu des changemens dans les limites politiques, d'après l'état actuel.

C'est ainsi , par exemple , que nous avons séparé la Hollande de la Belgique , la Grèce et les trois principautés de Va lachie, de Moldavie ei de Servie, de Y empire Ottoman; mais tout ce qui se rapporte à la population, aux finances et aux forces de ces états se réfère à l'année 1826. En attendant que le grand procès politique entre la Belgique et la Hollande soit défînitiveoient jugé , on a provisoirement calculé tous les éiémens statistiques de ces deux royaumes, d'après les limites fixées par les protocoles des grandes puissances, d'après lesquels aussi on a partagé la dette du ci-devant royaume des Pays-Bas. Nous n'avons fait que deux seules exceptions : la pre-mière à l'égard du nouvel Etat de la Grèce, dont tous les éiémens statistiques se réfèrent à l'année 1833; la seconde , à l'égard de la flotte ottomane, dont les éiémens se réfèrent à la même année.

Dans cette dernière on a compris la belle flotte du vice -roi d'Egypte. Dans la dette de la Grèce, on a compris l'emprunt des 60 millions de francs, garanti par les trois grandes puissances, bien qu'une partie seulement ait été touchée par le gouvernement grec. Dans l'armée de ce royaume on n'a pas compris les milices, mais on a tenu compte de la division bavaroise à la solde du roi de la Grèce. Nous croyons inutile d'exposer les motifs qui nous ont engagé à agir de la sorte. Ce n'est pas à une époque où l'Europe a pu se trouver dans des circonstances extraordinaires, que le statisticien doit chercher des matériaux pour offrir le tableau comparatif de ses forces et de ses ressources ; la France peut avoir été obligée de mettre sur pied une armée double de celle qu'elle avait en 1824, la Hollande peut avoir seule aujourd'hui une armée aussi nombreuse que celle qu'avait alors le cidevant royaume des Pays-Bas ; la Suisse, qui n'avait en 1826 que quelques centaines de soldats sous les armes, peut, par suite des mesures prises par la diète ex»

EUROPE

traordinaire, avoir 100,000 hommes bien exercés et complètement équipés près à être réunis en deux fois 24 heures ; mais, nous le répétons, ce n'est pas dans des circonstances extraordinaires qu'il faut mesurer, pour les comparer, les ressources des nations. C'est à la suite de plusieurs années de paix et lorsque le pays est dans son assiette naturelle qu'on peut juger de l'étendue de ses moyens. Yoilà pourquoi ayant fait tant de recherches pour offrir dans la Balance le tableau comparatif des forces et des ressources des principaux états du globe, nous

persistons à conserver les résultats auxquels nous nous sommes arrêté. Nous avons cru indispensable d'entrer dans ces détails pour mériter la confiance du lecteur et pour que nos tableaux , fruit de longues et difficiles recherches et de la coopération généreuse de plusieurs savans très distingués et de plusieurs hommes d'état d'Europe et d'Amérique, ne soient pas confondus avec les productions imparfaites et les compilations informes qu'on lance dans le public sous les titres les plus imposans et sous les formes les plus variées.

TABLEAU STATISTIQUE DE L'EUROPE

ETATS ET TITRES

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