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POSSESSIONS IMMEDIATES DE L'ANGLETERRE

Ceylan (Ceylon) Colombo; Negombo; Tchhilau(Ch\]avf); Can-

dy(* Maha-neuva) ; Point de Galle; Matoura; Batlikalo ; Trinkomali; Damboulou; les petites iles Jafnapatam, où se trouve Jafnapatanij et Manaan Kondatchy.

ques ; elles ont des toits plats et des croisées très étroites. Tout un quartier de Calcutta ne renferme que des huttes de ce genre et quelques bazars à demi ruinés. En général , on peut dire que Calcutta est partagée en deux quartiers, dont l'architecture est entièrement différente : celui de la Ville Noire, mal bâti avec des rues sales et étroites : nous venons d'indiquer les misérables constructions qui le composent; et celui du Gouvernement, dit aussi le faubourg de Tchauringhy (Chowringhy). Celui-ci, où résident les Anglais et les Européens, est très bien bâti , et rappelle, dit l'évêque Heber, à s'y méprendre, l'aspect de Saint-

Dans la PRESIDENCE DE CALCUTTA on trouve : Calcutta, située dans un terrain marécageux et encore assez malsain, sur la rive gauche d'un bras du Gange, nommé Haglt ou Hougly parles Européens ; ce bras forme un port capable d'admettre des vaisseaux de 500 tonneaux. Les maisons qui bordent la route à quelques milles de Calcutta , ainsi que celles de cette métropole, sont couvertes de chaume ou de feuilles ; la plupart sont précédées de petites galeries, et presque entièrement construites avec des nattes et des bambous. Celles qui servent d'habitations aux musulmans et aux Hindous de la classe moyenne, sont en bri-

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Pélcrsbourg : les maisons y ressemblent à des palais. Les principaux bàtimens sont : le palais du gouvernement , édifice aussi remarquable par son architecture que par son étendue : c'est le plus beau de la ville ; V hôtel- de- ville,' la cour de justice ; les deux églises anglicanes, celles des presbytériens et quelques-uns des temples consacrés aux autres cultes. On peut ranger aussi parmi les principaux édifices de Calcutta ceux qui appartiennent aux établissemens publics et aux institutions philantropiques les plus importantes. Mais nous ferons observer que les temples Hindous et les mosquées sont en général petits, bas et mal situés, et que cette capitale n'offre aucun bazar qu'on puisse comparer à ceux qui font l'ornement des villes de la Perse et de l'Asie Ottomane ; cependant ce genre de bâtiment serait de la plus haute utilité dans un climat comme celui de Calcutta, où le soleil et la pluie sont très incommodes. Auprès de Calcutta est situé le Fort William, remarquable par son étendue , sa force et sa belle construction : c'est la forteresse la plus régulière et la plus importante de toute l'Inde; on vante surtout ses vastes casernes , son bel arsenal , la fonderie de canons et d'autres établissemens semblables. Quoique Calcutta soit habitée par un si grand nombre d'Hindous et d'autres nations asiatiques, elle offre presque toutes les institutions et presque tous les amusemensdes grandes villes de l'Europe.

Ses principaux établissemens scientifiques et littéraires sont : le collège du Fort William, espèce d'université, où les élèves, sortis de Haileybury, dont nous avons parlé à la page 497 , viennent achever leur éducation; peut-être cet établissement a-t-il cessé d'exister, sa suppression ayant été décrétée il y a quelques années ; le collège samscrit du gouvernement; la medressé ou le collège mahométan du gouvernement, le collège épiscopal (bishop's collège); le gymnase de Calcutta (the Calcutta grammar school) ; V académie arménienne; V école de commerce ; Y école des jeunes filles indiennes, et plusieurs autres établissemens d'instruction; la société asiatique, qui est le premier corps savant de l'Asie : elle publie des mémoires auxquels on doit des renseignemens précieux sur l'histoire, la géographie, les productions et

les antiquités de cette partie du monde; la société de médecine et dephrénologie : elle publie aussi des mémoires ; le théâtre; le jardin botanique , où l'on cultive les végétaux les plus rares de tous les climats; c'est peut-être le plus bel établissement de ce genre situé hors de l'Europe. Calcutta possède plusieurs typographies. En 1S14 on n'y publiait que la gazette du gouvernement. En 1820 on créa 5 journaux. En 1830 on comptait 33 journaux et recueils périodiques. En 1833 on publiait à Calcutta 48 journaux, 3 recueils politiques, io recueils hebdomadaires , 6 mensuels , 4 trimestriels et 6 annuaires. 14 journaux étaient rédigés en bengali , un en persan et un en bengali et en anglais. Plusieurs de ces journaux, même des journaux anglais, appartiennent à des Hindous. Cette ville, qui n'était encore qu'un village en 1717, est devenue sous la domination anglaise la capitale de toute F Inde , puisqu'elle est la résidence du gouverneur général; en moins d'un siècle elle est devenue une des métropoles les plus riches, les plus commerçantes et les plus peuplées de l'Asie. C'est parmi ses habitans asiatiques qu'on trouve des fortunes qu'on peut comparer à celles des Rotschild et des Baring de l'Europe ; le mouvement de son commerce égale celui des premières places du globe, et sa population , y compris celle de ses environs immédiats, dépasse sûrement 600,000 âmes. Beaucoup d'Arméniens et des négocians du pays ont adopté les voitures et quelques-uns des usages des Anglais, tout en conservant leurs costumes particuliers ; de manière qu'on voit souvent les bonnets pointus des uns et les turbans aplatis des autres, dans des calèches , des landaus ou des phaétons. Depuis quelques années Calcutta est le siège d'un évêché anglican, dont la juridiction s'étend presque sur toutes les églises de cette religion, établies dans les Indes-Orientales.

A quelques milles de distance on trouve : Bakrakpour, gros village, bien bâti, où logent les troupes de la province de Bengale; on y remarque la belle maison de campagne du gouverneur général, avec un vaste parc tenu à la manière européenne , dont la verdure contraste avec la végétation si différente des campagnes qui l'environnent -, on doit aussi nommer la volière et la ménagerie , les deux principaux établissemens de ce genre que possède l'Inde. S.~ RAMrou;(Scrampoor), jolie petite ville d'enviros

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13,000 âmes, bâtie presque entièrement à la manière européenne , située sur la rive droite de l'Hagli, vis-à-vis de Barrakpour. C'est la résidence du gouverneur général de la petite partie de l'Inde qui appartient au roi de Danemark. Les richesses qu'y avait accumulées le commerce que faisaient ses habitans à la laveur de son pavillon neutre pendant les premières années de la dernière guerre entre les Français et les Anglais , en avaient fait une des principales places de l'Inde. (Quoiqu'elle soit bien déchue sous ce rapport, sa situation agréable et le bas prix de tous les objets les plus nécessaires à la vie y attirent un grand nombre d'Anglais qui préfèrent son séjour à celui de Calcutta. Depuis quarante ans Sirampour est le siège principal des missionnaires Baptistes institués dans le but philantropique de convertir les Hindous. Ces missionnaires dirigent un collège où l'on élève nonseulement les chrétiens indigènes, mais même les jeunes gens qui professent encore le Bralimanisme et le Mahométisme. La traduction de la Bible dans toutes les langues de l'Inde et en plusieurs autres de l'Orient a donné une grande célébrité à la belle typographie établie dans cette ville parles Baptistes, sous la direction de l'estimable docteur Carey. Nous ajouterons que cette ville possède une société asiatique et qu'on y publie les TransacliortS de la société agi'icole et horticole de l'Inde. Plus loin, et dans ud rayon de 20 milles, on trouve : Tcuandernagor ou Chandernagore , sur la rive droite de l'Hagli, dans une position élevée fit pittoresque, assez grande ville déchue, avec des rues alignées est bien pavées, des maisons à deux étages, bâties en briques et en mortier et blanchies extérieurement, avec des toits plats, suivant la construction générale adoptée dans l'Inde. Lesnavires n'y remontent plus et ne pourraient le faire qu'avec difficulté. Tchandernagor appartient aux Français, qui se sont engagés à ne pas rétablir ses fortifications détruites par les Anglais pendant la dernière guerre. Tchinsoura (Chinsura), autre jolie petite ville , naguère appartenant aux Hollandais , qui l'ont cédée à l'Angleterre avec tout le reste de leurs possessions sur le continent Asiatique. Hougli (Hoogly), assez grande ville, très déchue en comparaison de ce qu'elle était lorsque , dans le xvie siècle, les Portugais, les Français, les Anglais, les Hollandais et les Danois y avaient établi leurs comptoirs. Plus loin encore, à 56 milles au nord-ouest de Calcutta, est située Bardwan (Burdwan), assez grande ville, dont la population s'élève à 54,000 âmes.

Dakka , sur la rive gauche du Bori- Gange ou Vieux-Gange , grande ville , mal bâtie, jadis capitale de tout le Bengale , et maintenant siège d'une cour d'appel. Ses manufactures, quoique beaucoup déchues, sont encore assez nombreuses et florissantes ; on y fabrique les plus belles mousselines de l'Inde. M. Hamilton lui accorde 200,000 habitans, nombre que

le magistrat de celte ville, M. Mastcr , portail à 300,000 et que le Missionary Register de 1828 réduisait à 150,000!

Mourchidâbâd (Moorshedabad), sur le Gange, capitale du Bengale depuis 1704 jusqu'en 1771, et maintenant sièged'une cour d'appel et de la famille du dernier nabab du Bengale pensionné par les Anglais. Cette ville est très grande et très industrieuse, mais mal bâtie ; M. Hamilton lui accorde 165,000 habitans d'après le nombre des maisons qu'elle avait en 1814. VAiua-Mahâl, où demeure actuellement le nabab pensionné , est un bel édifice construit dans le goût européen.

Dans ses environs immédiats on voit les ruines du magnifique palais bâti sur le Mouti djil (le lac des perles) par le nabab Aliverdi kban „ mort en 1756. Un peu plus loin on trouve : K\ssim-razar, ville d'environ 25,000 habitans, florissante par son commerce et par ses fabriques de coton et de soie , et regardée comme le port de Mourchidâbâd. Burhampour , une des six grande» stations militaires de l'Inde ; on loue beaucoup l'étendue et la beauté des casernes et des maisons où logent les officiers.

Plus loin, et dans un rayon de 62 milles, on trouve : Màldah , ville industrieuse d'environ 18,000 âmes, remarquable par les ruines del'fmmense ville de G our; celle dernière s'étendait le long du Gange et occupait un espace de 60 milles carrés anglais en y comprenant les faubourgs; en admettant qu'elle fût aussi peuplée que Calcutta, et n'estimant la population de cette dernière qu'à 500,000 âmes et sa surface qu'à 15 milles carrés, Gour aurait eu deux millions d'habitans; l'Ayen-Akbery, vers l'an 1598 , lui accordait 1,200,000 familles, nombre qui nous parait fort exagéré. Plusieurs villages st/nt bâtis sur 4'emplacement de cette ville ruinée, et ses débris ont servi depuis deux siècles à la construction et à l'embellissement de Mourchidâbâd , de Màldah , de Ràdjemahal et même de Dakka. On reconnaît encore les vestiges de la citadelle qui avait quatre milles de circonférence; les remparts qui subsistent encore ont 60 pieds anglais de haut. On y voit des murailles de 60 à 70 pieds, qu'on croit être celles du Palais-Royal qui parait avoir «u un quart de mille de longueur. Les autres ruines les plus remarquables sont : la grande mosquée dite d'or t bâtiment superbe, jadis recouvert de marbre enlevé depuis pour orner d'autres édifices; V obélisque , espèce de minaret à quatre étages , assez bien conservé ; le Natti mesdjid . édifice de médiocre étendue, mais remarquable par sa grande salle, sa belle et solide construction, et destiné à tout autre usage qu'à celui indiqué par sa dénomination; la porte du sud cl celle du nord, remarquables par leurs grandes arches et la solidité des murailles latérales. Râdjemahal, sur la rive droite du Gange; une longue rue composée de huttes de boue , quelques tombeaux, quelques mosquées délabrées, et les

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ruines d'un vaste palais sont, selon l'évéque Heber, tout ce qui resle de cette grande ville qui, vers le milieu du xvne siècle, était la capitale du Bengale. C'est dans ce même rayon et entre Ràdjemahal et Bardwàn que vivent les Pahârris (Puharris), dont la religion, la langue et la manière de vivre différent entièrement de celles des autres peuples qui les environnent.

Patna, sur le Gange, une des plus grandes villes de l'Inde, mais, comme la plupart des villes asiatiques, mal bâtie. En 1811 on portait sa population à 312,000 habitans. C'est la capitale du Behàr et le siège d'un tribunal d'appel ; elle possède beaucoup de manufactures de coton et plusieurs fabriques d'opium.

Dans un rayon de 62 milles on trouve : Behâr (Bahar), ville d'environ 30,000 habitans. Elle donne le nom à cette province. Tchhapra. (Chuprah), près du Gange, importante par sa population qu'on porte à 44,000 âmes et par son commerce. (Mandji Manjee) au confluent du Gogra avec le Gange , remarquable par son immense ficus religiosa ou bananier , dont la circonférence de l'ombre à midi est de 1116 pieds anglais : c'est un des plus grands végétaux qui existent sur tout le globe. Gaya , assez grande ville, renommée dans toute l'Inde par ses temples visités annuellement par plus de 100,000 pèlerins ; on estime à 40,000 le nombre de ses habitans permanens. Monchir , que les Anglais appellent le Birmingham de l'Inde , à cause de ses nombreuses fabriques d'acier, d'armes, de coutellerie, etc. , dont l'origine est très ancienne, mais qui ont pris un grand développement depuis quelques années. Ses fortifications , autrefois très importantes, tombent en ruine depuis que les Anglais ont fait d'Allahàbàd leur grande place d'armes. Sa population parait dépasser 30,000 âmes. Dans ses environs est situé Sildkand , petit endroit remarquable par ses eaux thermales. Hors du rayon , à l'est de Monghir et près du Gange, on trouve Boglipour, ville de 30,000 habitans , importante par ses fabriques de soie et de tissus de coton , les mahométans, qui forment la plus grande partie de la population, y ont un collège renommé.

Benares, sur le Gange , très grande ville qu'on peut regarder comme la métropole ecclésiastique de Vlnde ; elle est nommée justement Y Athènes où plutôt la Rome Hindoue par l'évéque Heber et par d'autres savans voyageurs, puisque depuis un temps immémorial, elle est le siège principal de la littérature brahmanique et qu'elle est réputée tellement sainte que plusieurs radjas hindous y possèdent des maisons, ou leurs vakils ou agens résident continuellement, pour faire à leur place les sacrifices et les ablutions commandés par la religion de

Brahma. Les maisons de Benaressont très hautes ; aucune n'a moins de deux étages, la plupart en ont trois, et plusieurs cinq à six. Elles sont richement décorées de verrandahs , de galeries , de fenêtres avec des balcons, de larges toits fortement inclinés et que soutiennent des tasseaux sculptés avec soin. Le nombre des temples est très considérable ; la plupart sont fort petits, disposés comme des niches dans les angles des rues et sous l'abri de quelque grande maison. Plusieurs sont entièrement couverts de fleurs , d'animaux, de branches de palmiers, sculptés avec une élégance et un fini admirables. Les habitans décorent les parties les plus en vue de leurs maisons de camaieux peints des vives couleurs de la tuile , et qui représentent des hommes , des femmes , des taureaux , des éléphans , des dieux, des déesses avec leurs formes et leurs attributs divers. Des taureaux de tous les âges, consacrés à Siva, apprivoisés et familiers comme le chien domestique, circulent librement dans les rues, tandis que des groupes de singes consacrés à Hanoumân grimpent sur les toits des maisons et des temples , ou volent impunément dans les boutiques des fruitiers ou des confiseurs. La haute renommée de sainteté dont jouit cette ville y attire annuellement de toutes les parties de l'Inde un grand nombre de pèlerins, et en fait le rendez-vous général des mendians.

Benaresest le siège d'un tribunal d'appel. Elle s'est tellement accrue sous la domination anglaise que M. Hamilton la regarde comme la ville la plus grande et la plus peuplée de toute l'Inde ; il estime sa population actuelle au-dessus de 630,000 âmes Parmi ses bàtimens les plus remarquables nous nommerons : la superbe mosquée bâtie par Avrangzeb :

c'est le plus bel édifice de la ville ; le temple de Visvicha et ^observatoire fondé par le radja Djeïsing. Benares possède un grand nombre d'écoles hindoues et plusieurs écoles mahométanes , ainsi qu'une espèce université rahmanique connue sous le nom de Vidalaya , dont les professeurs sont payés par le gouvernement anglais. Cette ville se distingue aussi par ses nombreuses fabriques d'étoffes de soie, de colon et de laine et par son commerce étendu. C'est le grand marché pour les châles du nord , les diamans du sud, les mousselines de Dakka

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et d'autres villes, et pour les marchandises anglaises qu'elle reçoit de Calcutta ; pour le commerce des diamans et autres pierres précieuses elle n'a pas de rivale dans toute l'Asie.

Dans ses environs immédiats on voit Râmuâghaê, citadelle située de l'autre côté du Gange , où dans un palais superbe réside le mahà-radja de Benares, pensionné de la Compagnie anglaise. Plus loin, et dans un rayon de 34 milles on trouve : Giiazipour, assez grande ville, où les mahométans forment la plus grande partie delà population-, cette ville est renommée dans toute l'Inde pour la bonté de l'air qu'on y respire et par la beauté et l'étendue de ses jardins de roses , dont on tire une grande quantité d'essence ; dans sa banlieue on voit le beau mausolée élevé en forme de temple grec par la Compagnie , en l'honneur du marquis Cornwallis ; celle ville possède aussi un vaste haras pour la remonte de lacavalerie de l'armée. Djinpour ou Djouanpom , remarquable par son beau pont sur le Goumly, un des plus grands de l'Inde. Tchanàrghar, assez jolie ville fortifiée, d'environ 15,ooo habitans, où l'on garde le célèbre Timbak-dji, chef des IVIaharattes, auteur principal des troubles qui ont agité le Berar , le Mâlwà et le Dekkan ; on y a établi un hôtel d'invalides pour un millier de militaires réformés par la Compagnie. Mirzapour, sur la rive droite du Gange, grande ville , très florissante, dont l'importance ne date que de l'élablissement de la puissance anglaise. L'évèque de Calcutta lui accorde plus de 200,000 habitans, engagés dans un commerce très étendu et jouissant de beaucoup d'aisance et de liberté. Elle est décorée de nouveaux bâtimens de toute espèce, dont la magnificence ne le cède qu'à ceux de Calcutta. Sa population en 1801 ne s'élevait qu'à 50,000 âmes. Hors du rayon, et à 34 milles plus loin vers l'Ouest, au confluent de la Djamna avec le Gange, s'élève Allauâbâd, chef-lieu de la province de ce nom, regardée par les Hindous comme la reine des cités saintes , et visitée annuellement par un grand nombre de pèlerins. Quoique très déchue, environnée de ruines et réduite à 20,000 habitans permanens.elle est toujours très importante par sa forte citadelle s regardée comme imprenable depuis les travaux faits par les Anglais pour augmenter ses anciennes fortifications; on peut même dire qu'Allahàbâd est maintenant sous plus d'un rapport, la principale place d'armes de l'Inde Anglaise. Un brillant avenir l'attend depuis qu'elle a été désignée pour chef-lieu de la nouvelle présidence que l'on vient de créer et qui probablement deviendra la plus importante à cause de son voisinage de la frontière du nordouest, partie la plus vulnérable des possessions anglaises dans l'Inde. La mosquée principale ou la Djemâ' mesdjid l'ancien palais du sultan Khosrou avec \cs jardins qui en dépendent, quoique très négligés, sont les objets les plus remarquables qu'AUahàbàd offre à la curiosité du voyageur. Danville et Roberlson regardaient Allahàbàd comme identique à l'ancienne Pauisothra. la vaste

et magnifique capitale des rois des Prasii ; mais les savantes recherches de M. Abel Rémusat donnent la certitude que cette dernière se trouvait près de l'emplacement de celle de Patna de nos jours.

Agra, sur la Djamna, ville très grande, très riche et très florissante lorsqu'elle était la résidence du grand-mogol Akbar, est maintenant remplie de ruines. Une seule partie de sa vaste enceinte est habitée; M. Hamilton n'y compte que 60,000 âmes, nombre qui signale l'exagération des calculs de M. Legoux de Flaix, d'après lesquels cette ville aurait encore eu il y a quelques années, 800,000 âmes ï La plupart des magnifiques bâtimens qui faisaient d'Agra une des plus belles villes de l'Asie sont détruits ou tombent en ruines. On doit cependant en excepter les suivans : le palais impérial, bâti par Akbar, en grande partie ruiné : ses restes quoique mal entretenus, rappellent encore sa magnificence ; la Moti mesdjid une des plus belles mosquées de l'Asie, construite en marbre blanc sculpté avec une grande élégance; et surtout le célèbre mausolée nommé Tâdj-Mahâl , élevé par Chàh-djihàn à son épouse favorite; on le regarde comme le plus beau monument de ce genre qui existe. C'est un carré dont les murailles, construites en marbre , ont près de 190 yards de long; il est surmonté d'un dôme aussi en marbre qui s'élève au centre et dont le diamètre est d'environ 70 pieds. Quatre minarets d'une élégante architecture et recouverts de marbre s'élèvent aux quatre coins ; les murailles, les tombeaux et les autres parties de ce superbe édifice sont couverts de fleurs et d'inscriptions en mosaïque, en jaspe , lapislazuli et autres pierres précieuses d'un travail exquis; un jardin superbe et très bien entretenu, de 300 yards de surface, environne ce monument magnifique qui a été restauré par les Anglais et dont l'entretien est à la charge du gouvernement. Depuis quelques années Agra commence à se rétablir , grâce au commerce qui y devient tous les jours plus considérable ; ou a réparé aussi les fortifications de sa citadelle. Le gouvernement anglais avait désigné cette ville ainsi que celle d'Allahâbâd pour chef-lieu de la quatrième présidence; la Compagnie a donné la préférence à cette dernière.

Dans un rayon de3S milles on trouve : Sïca»-

urâ, ville ruinée mais encore remarquable par le magnifique mausolée çl'dkbar, qui n'est inférieur qu'à celui d'Agra. L'édifice principal est une espèce de pyramide, environnée extérieurement de cloîtres, de galeries et de dômes, qui vont en diminuant à mesure qu'ils s'élèvent, et terminée en une plate forme de marbre blanc entourée d'un treillis en marbre d'un travail exquis. Le sarcophage est très simple. Non loin s'élève le tombeau d'Aboulfazel , le sage ministre de ce grand monarque. Le tout est environné d'un superbe jardin aussi bien entretenu par le gouvernement que le Tàdj-Mahàl. Fattihpour Sikra , ville ruinée où l'empereur Âkbar résidait souvent dans un palais magnifique, dont il ne reste que les débris. On y admire encorda superbe mosquée que Djihanguir, le fils de ce monarque, y fit bâtir. La place au milieu de laquelle s'élève ce temple est , de l'avis de ï'évèque Heber et d'autres voyageurs, un des plus beaux quadrangles qu'on puisse voir; on loue surtout les proportions colossales de la porte principale, les superbes arcades qui en forment l'enceinte intérieure qui est plus grande que celle de la fameuse mosquée de Delhi , et les trois belles coupoles en marbre blanc qui surmontent l'édifice principal. Bhartpour, assez grande ville, capitale de la principauté médiate de ce nom , et renommée dans toute l'Inde par sa force et parles sièges qu'elle a soutenus ; ses fortifications furent, démolies en 1826 par les Anglais , après qu'elle fut prise d'assaut. Mattrà ou Matiioura, remarquable par son antiquité, son étendue et son temple célèbre; on y voit les ruines d'un observatoire . BiNDRÂBAND Bindrabund ,* findravana), assez grande ville, célèbre dans la mythologie hindoue et remarquable par ses beaux temples dédiés à Krichna, parmi lesquels on doit citer surtout la grande pagode cruciforme, que M. Hamilton regarde comme un des monumens brahmaniques les plus remarquables par la beauté du travail, l'étendue et la masse des constructions. Bindràband est aussi un des pèlerinages indiens les plus fréquentés. Plus loin vers le Nord, dans un rayon de 50 milles on trouve Non, petite ville près de la Djamna, importantepar ses mines de sel ; et Coel qui n'est remarquable que par le voisinage A'Jlighar (Alighur), dont les formidables fortifications ont été augmentées et restaurées par les Anglais.

Delhi, sur la rive droite de la Djamna, ville encore très grande , assez riche et assez florissante quoique très déchue de ce quelle était lorsque le grand-mogol y tenait sa cour brillante. Plusieurs édifices de la Delhi moderne ou de la ville bâtie par Chàh-djihân figurent parmi les plus belles constructions de l'Asie ; nous citerons : le palais impérial, une des plus magnifiques résidences royales :

c'est un vaste assemblage de bâtimens en granit rouge , environné de hautes et fortes murailles avec un fossé profond >

d'environ un mille de circonférence.

M. Heber le trouve supérieur au fameux Kremlin de Moscou; on y admire surtout la vaste et magnifique salle d'audience; une partie de cet immense palais est occupée par l'empereur Akbar II, l'héritier et le successeur des puissans Akbar l et Avrangzeb; les Anglais lui ont assigné pour son entretien des biens domaniaux, qui en 1814 produisaient un revenu de 145.754 liv. sterl. Les fameux jardins Châlinâr , qui paraissent avoir eu un mille de circonférence et dont la construction a coûté, dit-on, 25,000,000 de fr., sont presque entièrement détruits la plus grande partie a été changée eii un vaste parc. Le Palais du sullaii Darâ - Chekoh, l'infortuné frère d'Avrangzeb; restauré par les Anglais , cet édifice sert de logement au résident anglais. La Kalemesdjid ou la MosquéeiVoire, petite mais remarquable par son antiquité et parce qu'elle est bâtie exactement sur le modèle de la célèbre mosquée de la Mecque. Enfin la Djemâ' mesdjid ou la mosquée principale , bâtie par l'empereur Châh-djihàn avec des frais énormes ; l'évêque Heber la regarde comme le plus beau temple mahométan de l'Inde ; elle s'élève sur une vaste plateforme environnée d'une belle colonnade de granit rouge marqueté de marbre y la mosquée proprement dite n'a pas moins de 261 pieds anglais de long; on loue beaucoup ses magnifiques décorations , ses coupoles, ses deux minarets dont la hauteur est de 130 pieds , et le superbe puits taillé dans le roc à une profondeur immense , afin de fournir abondamment l'eau nécessaire aux ablutions. On ne doit pas oublier le grand canal d'irrigation, qui sur une longueur de 120 milles anglais conduit l'eau de la Djamna depuis les montagnes jusqu'à Delhi ; il a été déblayé en 1820 et restauré en 1826 par le gouvernement anglais, qui entretient aussi à ses frais la Djemâ' mesdjid et autres bâtimens publics. Depuis la domination anglaise cette métropole commence à réparer les pertes immenses qu'elle a éprouvées lors de l'invasion de Nàdirchâh et pendant l'occupation des Maharattes. Nous ferons même observer qu'aucune ville peut-être n'a jamais offert à un ennemi un plus riche butin que celui que Delhi offrit au conquérant persan en 1738 ; des calculs, qui nous paraissent assez

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exacts l'évaluent à près d'un milliard de francs à cette époque ,somme qui serait bien plus forte aujourd'hui si l'on tenait compte de l'augmentation de valeur du marc d'argent. On ne connaît rien de positif sur la population actuelle de cette ville, à laquelle on s'accorde à donner 2 millions d'habitans au temps d'Avrangzeb ; nous croyons qu'elle dépasse 200,000 âmes ; le Missionnary Register la portait à 300,000 au commencement de 1828.

Delhi a un résident anglais chargé de la surveillance du grand- mogol pensionné et de sa famille; il doit en outre surveiller le ci-devant empereur de Kaboul pensionne par les Anglais et demeurant, à Làdiana 'Ludheeana); les princes seïkhs vassaux , les principautés vassales de l'Adjmir ; et ce qui est bien autrement important , il doit conduire les négociations avec la cour de Làhore, et en général s'occuper de tout ce qui regarde les affaires politiques du nord-ouest de l'Inde.

Dans les environs immédiats, on voit vers le Sud lesvastesruines de I'ancienne Delhi , bâtie parles empereurs patans sur l'emplacement de la ville indienne iNDRA-PiusT'HA(Indrapul); elles s'étendent jusqu'au village de Kattab (Cuttub) , et offrent un des plus tristes spectacles que l'on puisse voir. Quelques-unes des portes de l'ancienne ville, des caravanseraïs et des mosquées sont encore debout -, mais les objets les plus remarquables sont : les restes de l'ancien palais des empereurs patans; dans une des cours on voit encore la colonne de métal nommée le bâton de Firouz; c'est un emblème de Siva qui est situé dans un temple et à la conservation duquel la tradition oopulaire des Hindous attachait celle de la dynastie qui régnait à Indra-Prast'ha ; cette colonne est recouverte d'inscriptions arabes et persanes mêlées à d'autres plus anciennes en caractères nagri ; le tombeau d'Houmayoun, bâtiment magnifique, environné d'un vaste jardin orné de terrasses et de fontaines , qui ayant été négligées tombent en ruines ; enfin le Kattab-minâr , autre mausolée superbe éJevé à la mémoire de Kattab Salnib , saint personnage maliométan : c'est une tour ronde, s'élevant sur un polygone de 27 côtés , à 5 étages, qui vont en diminuant jusqu'à la hauteur de 242 pieds anglais -, M. Heber, qui a parcouru presque toute l'Europe, dit n'avoir jamais vu une tour plus belle.

A 27 milles de Delhi, vers le nord-est, est située Mirout (Meerut) , ou Merout , assez grande ville, très importante sous le rapport militaire , étant une des principales stations de l'armée anglaise dans les provinces septentrionales ; on loue surtout la beauté et l'étendue de ses casernes. On y a bâti la plus vaste église que le lulte anglican possède encore dans l'Inde.

la PRÉSIDENCE DE CALCUTTA offre

encore plusieurs villes importantes ; nous décrirons les plus remarquables en suivant l'ordre des anciennes provinces auxquelles elles appartiennent :

Dansla province du Bengale on trouve :

Islamabad, assez grande ville, importante par son port, son commerce et ses chantiers ; Tchilmâry, très petite ville d'environ 400 maisons, célèbre dans toute l'Inde par le banc de sable Vârani-tchar, formé par le Bhramapoutra , et visité annuellement par un grand nombre de pèlerins hindous; Dinadjpour, assez grande ville, d'environ 30,000 habitans, dont une grande partie est occupée dans ses manufactures; Parniah (Purneah), importante par sa population estimée à 40,ooo àrites.

Dans la province d' A UahâbàdontvQxwz:

Kaounpour (Caunpoor), sur le Gange, ville moderne , assez bien bâtie et commerçante , une des principales stations militaires dans l'Inde. Kallinger, naguère encore une des plus importantes forteresses de l'Inde , ressemble beaucoup à Gwalior; mais elle surpassait cette dernière en force et en étendue; les Anglais en ont fait démolir les fortifications en 1820.

Dans la province d' Agra on trouve: Kanoudj, ville presque entièrement ruinée, mais remarquable par sa grande antiquité et par l'immense population qu'elle renfermait dans le vi* siècle de notre ère ; il ne reste presque plus rien de l'ancienne ville hindoue ; mais plusieurs tombeaux, dont quelques-uns assez bien conservés, et les restes de deux mosquées rappellent la grandeur de cette ancienne métropole d'un des plus puissans royaumes de l'Inde. Farrak^bad (Furruckabad) , peu loin de la rive droite du Gange , ville florissante par son commerce ; on lui accorde G7,ooo habitans. Tout près , sur la rive droite du Gange, s'élève Faltihghar (Futtehghur), petite ville , importante par son industrie et par la station militaire que les Anglais, y ont établie.

Dans la province de Delhi on trouve : Bareily, ville assez grande et commerçante, dont la population dépasse 66,000 âmes, siège d'un tribunal d'appel, et très importante par ses fabriques d'armes, de tapis', et surtout par sa poterie, Chaiidjihanpour (Shahjehanpoor), assez grande et belle ville, à laquelleM. Hamilton accorde 50,000 âmes. Rampolr, grande ville , située dans un territoire aussi fertile que bien cultivé et chef-lieu d'une principauté rohillah. Quoique sa prospérité et sa population aient beaucoup diminué depuis la mort de Fyz-allah-khan, en 1794, Rampour est encore une ville importante , dont la population peut s'élever à 50,ooo âmes. Ahmed- Ali- khan , le prince régnant , y demeure dans une belle maison à trois étages, bâtie et meublée dans le goût anglais. Hârdwâr (Hurdwar), très petite ville située dans une position romantique, sur la rive droite du Gange, renommée dans toute l'Inde par le lieu où des centaines de milliers d'Hindous vont se baigner dans les eaux de ce fleuve, objet de leur pèlerinage; c'est à la même époque qu'on y tient une des plus riches foires

INDE

de l'Asie. M. Hamilton prétend que dans les années extraordinaires on y a compté jusqu'à un million de pèlerins; les nationaux portent ce nombre à deux millions, ce qui nous parait bien exagéré.

Dans la province du Gherwâl , si remarquable par les énormes colosses de l'Himalaya qui s'élancent au-dessus de son sol déjà très élevé, on ne trouve que de très petites villes; les suivantes sont les plus remarquables : Sirinagur, dans le Gherwàl proprement dit , ville très déchue de ce qu'elle était lorsque le radja y résidait; mais encore assez commerçante pour ce pays ; Gangotri, misérable hameau situé près de la source du Gange, à 10,073 pieds anglais au-dessus du niveau de la mer, remarquable par sa position romantique et par un petit temple, regardé comme un des pèlerinages les plus révérés de la religion de Brahma, quoiqu'il soit rarement visité. Djosimath (Josimath) , gros village sur le Dauli, une des branches du Gange, remarquable par sa position élevée, par la résidence qu'y lait pendant 6 mois le chef des Brahmanes qui desservent le temple de Bhadrinath, et par la route qui mène de Sirinagur à travers le haut passage de Maria, à Chaprang et Gotorpe. Dans ses environs s'élève au sud-est la Djaouahir (Ja~ wahir), qui lient le troisième rang parmi les plus hautes montagnes de Y Asie , et au nord BadrinÂth , misérable hameau de 30 huttes , sur la rive occidentale de l'Alacananda, à 10,294 pieds anglais au-dessus du niveau de la mer , avec un petit temple indien très révéré , très riche et visité annuellement par environ 50,ooo pèlerins. Almora, capitale du Kemaoun , assez bien bâtie et la plus considérable de toutes les villes de cette province; beaucoup d'Européens convalescens s'y font transporter pour rétablir entièrement leur santé.

Dans la province d'Adjmir on trouve:

Adjmïr (Ajmeer) , assez grande ville, autrefois très florissante lorsque l'empereur Chàh-dji'nàn y résidait ; on voit encore les restes de son palais; sur le sommet de la montagne voisine s'élève la citadelle Tàràghar, dont les profondes citernes , les casemates , les magasins immenses €t la forte position pourraient faire un nouveau Gibraltar en, y ajoutant quelques ouvrages; mais les Anglais négligent cette forteresse. Le tombeau du cheikh Moyn-ed-din y amène tous les ans un concours prodigieux de pèlerins mahométans. Dans ses environs immédiats est situé le célèbre sanctuaire indien de Pouchkhour (Pooskhur), visité par un grand nombre de pèlerins. Plus loin est Nousserâbâd , assez jolie ville , une des principales stations militaires de l'Inde- Anglaise.

Dans la province d'Orissa, située du côté opposé , le long du golfe de Bengale , on trouve: Kattâk (Cuttak), ville assez bien bâtie, sur le Màhânaddy, dont on a extraordinairement exagéré la population ; en 1821 elle ne s'élevait qu'à 40,ooo âmes. Djaggernât (Juggernaulh des Anglais, et Pouri des indigènes) , sur une brandie du Màhânaddy, ville de médiocre étendue , mais renommée dans toute l'Inde par son temple

regardé comme le plus sacré de tous -, c'est un assemblage de plusieurs édifices, ceints d'une haute muraille extérieure; le bâtiment principal est environné d'une autre enceinte ; le portail qui y mène est peut-être l'édifice le plus haut de toute l'Inde, quoique les anciennes relations en aient extraordinairement exagéré la hauteur en la portant à 344 pieds. Depuis quelques années la superstition paraît diminuer rapidement, dans les quatre années antérieures à 1820, il n'y eut que trois fanatiques seulement qui se jetèrent sur le passage de l'énorme char du dieu Djaggernât qu'on promène à l'époque à laquelle arrivent les pèlerins de tous les points de l'Inde; leur nombre aussi estconsidérablement diminué. M. Hamilton estime à 30,000 âmes la population permanente de cette ville. Balassor , assez grande ville, très déchue, maisencore importante par son port, ses chantiers et ses salines; M. Hamilton ne lui accorde plus que 10,000 habitans.

Dans la PRÉSIDENCE DE MADRAS, on trouve : Madras, bâtie le long de la côte dans une situation défavorable au commerce maritime. C'est une ville très grande et très populeuse , avec d'assez belles rues et plusieurs bàtimens remarquables par leur architecture ; nous citerons le palais du gouvernement, la douane, la cour de justice , V église de Sl-George. L'ensemble de la ville , bizarre et oriental , offre une réunion , de pagodes ou temples hindous, de minarets, de mosquées et de maisons à toits plats, entremêlées d'arbres et de jardins. Madras est divisée en deux parties distinctes, nommées la Ville-Blanche, et la Ville-Noire. Cette dernière est la demeure des Hindous, desnégocians Arméniens et Portugais, ainsi que de plusieurs Européens qui n'appartiennent point au gouvernement. Au milieu de la Ville Blanche s'élève le Fort 8t- George, qui est une des plus fortes places de l'Inde. Les principaux établissemens scientifiques de Madras sont: le collège, fondé en 1812 sur le plan de celui de Calcutta; {'observatoire, la société asiatique et le jardin botanique , qui n'a pas encore réparé les pertes immenses causées par l'ouragan de 1807. En 1825 on y publiait trois journaux anglais. Madras est la capitale de la présidence de ce nom et le siège d'une cour suprême de justice comme celle de Calcutta. Elle est aussi renommée dans toute l'Inde par l'adresse étonnante de ses jongleurs. Cette ville possède un grand nombre de fabriques de coton et fait un commerce très étendu , quoique inférieur a celui de Calcutta ei

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de Bombay. Le recensement de 1823 porte sa population à 462,000 âmes. Un canal navigable construit en 1803 joint la Ville-Noire à l'Ennore.

Dans les environs immédiats on trouve : Meliapour (Sl-Thomé des Portugais; Mailapouram des indigènes), petite ville , importante par son siège épiscopal catholique et par son industrie-, Saint-Thomas - Mount , rocher granitique isolé, au pied duquel on a établi le principal parc d'artillerie de l'armée de l'Inde-Méridionale ; on y fait des courses aux chevaux ; la plus belle route de l'Inde mène à cet endroit, renommé aussi par la bonté de l'air qu'on y respire.

Plus loin et dans un rayon de 60 milleson trouve: Sauras, jadis très florissante et un des plusimpôrtans établissemens de la Hollande ; maintenant presque déserte et couverte de ruines. Tout près est situé le village deMâhâbdlipouram (appelé vulgairement les Sept-Pagodes), remarquable par d'immenses excavations dans le granit et par d'innombrables sculptures mythologiques , semblables à celles d'EHOre. Mais ce qu'on y admire le plus , c'est le groupe de figures humaines de grandeur naturelle mêlées à d'autres figures d'éléplians , de taureaux, de lions et d'autres animaux -, le temple où se trouve la statue colossale de Ganesa , et cinq autres temples plus petits, tous remarquables par leurs sculptures et parla matière employée dans leur construction. Il paraît évident qu'une grande catastrophe a englouti une partie de la ville de Mâhâbâlipouram et a été cause de son abandon. En 1776 on voyait une pagode bâtie en briques, presque entièrement submergée, dont le sommet recouvert de cuivre doré , réfléchissait encore les rayons du soleil au milieu des eaux. Kondjeveram, assez grande ville , remarquable par ses deux superbes pagodes rangées parmi les plus belles de l'Inde-, la plus grande, dédiée à Siva, ressemble pour l'architecture et pour l'étendue à celle du.Tandjaore; l'autre, dédiée à Vichnou-Kondji, est en grande vénération et surpasse l'autre pour la beauté de ses sculptures. Arcot , sur la rive droite du Palar , grande ville , assez bien bâtie , mais qui a beaucoup perdu de son ancienne splendeur depuis qu'elle a cessé d'être la résidence du nabab du Bas-Karnatik ; sa citadelle a été rasée il y a 20 ans -, la mosquée principale est son plus bel édifice. Â quelques milles vers l'ouest on voit Vellore , importante par ses fortifications et encore plus parce qu'elle est une des principales stations de l'armée anglaise ; la plupart des membres de la famille de Tippou-Saheb y vivent pensionnés par la Compagnie Anglaise. Tripetty, regardé comme le temple indien le plus célèbre au sud du Krichna -, il est fréquenté annuellement par un grand nombre de pèlerins. Paliakatb , petite ville , très déchue en comparaison de ce qu'elle était lorsque les Hollandais y avaient transféré l'administration générale de leurs établissemens sur la côte de Coromandel.

Un grand nombre d'autres villes importantes appartiennent ù celte présidence ;

nous nous bornerons à indiquer les principales d'après les grandes provinces auxquelles elles appartiennent :

Dans le Karnatik on trouve : Trinomali , assez grande ville bien peuplée , remarquable par son immense pagode. On y admire surtout les quatre tours qui s'élèvent a une grande hauteur aux quatre angles de son enceinte : celle de Vichnou, qui sert d'entrée principale, est haute de 222 pieds anglais ; elle a 12 étages et est toute couverte de sculptures; le temple, proprement dit, qui est un des plus grands de l'Inde ; la statue colossale de Routren et un taureau furieux en marbre noir de grandeur naturelle ; enfin uni; magnifique colonnade, plafonnée de belles pierres détaille, ouverte de tous côtés eteomposée de 900 colonnes toutes d'une seule pièce, hautes de 20 pieds et couvertes de sculptures. Gingi, regardée par les Indiens comme la plus forte place du Karnatik, n'est maintenant qu'un amas de ruines -, on en voit encore les murailles, les portes , les restes du palais de son ancien radja et d'autres édifices remarquables. Kuddaloke, située entre deux blanches du Palaour, ville industrieuse, grande, populeuse et assez bien bâtie. Porto - Novo (Mahmoud-bender ou Feringyhett) , ville très déchue; elle a un port, et M. Hamilton lui accorde encore 10,000 habitans. Dans ses environs on voit Te h illamb a ram , non loin de l'embouchure du Coleroun, petite ville remarquable par ses quatre pagodes visitées annuellement par un grand nombre de pèlerins. Le temple principal, bâti sur le même plan que celui de Djaggernàt, a 3C0 toises de long sur 210 de large Sa circonvallation intérieure est ornée d'un portique à colonnes, qui lui est adossé. Dans celte enceinte sont des temples et portiques consacrés aux divinités trinitaires, et une vaste piscine ou étang destinée aux ablutions ou bains sans distinction de sexe. Quatre pyramides de 100 pieds de haut, dont 30 pieds seulement sont en pierres de taille et le reste en briques, donnent entrée dans l'enceinte de la pagode. Le plus considérable des monumens qui s'élèvent dans son intérieur est le Nerla-Chabei ou la chapelle de la Joie ou de Y Eternité ; c'est un portique de looo colonnes qui, disposées en quinconce, forment un parallélogramme, au milieu duquel esl\e naos ou sanctuaire. Les colonnes, qui ont 30 pieds d'élévation, sont en granit et revêtues de sculptures qui représentent toutes les divinités du brahmanisme ; le tout est couvert en dalles énormes qui forment des platesbandes. Cette magnifique pagode , qui passe pour un chef-d'œuvre de l'architecture indienne, parait être plus ancienne que celles de Tandjaore et de Ramisseram.

Tandjaore, non loin d'une des branches du Kavery, ville fortifiée et bien bâtie, d'environ 30,coo habitans , jadis capitale du royaume de ce nom et maintenant résidence du radja pensionné. On y admire une pagode que lord Valentia regarde comme le plus beau temple pyramidal de l'Inde ; on y voit un taureau de granit noir, de ic pieds 2 pouces de long et 12 pieds et demi de

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. haut , regardé comme le meilleur morceau de sculpture indienne; la tour principale de ce temple a presque 200 pieds de haut. Les Brahmines ont établi une typographie dans cette ville, avec laquelle ils ont fait imprimer des livres pour la défense de leur religion.

Tritchinapali , grande ville , située sur la rive droite du Kavery, remarquable par ses fortifications et parce que les Anglais y ont établi une des plus belles stations de leur armée; on y voit un célèbre temple indien; M. Harnilton lui accordait en 1820, en y comprenant ses environs immédiats. 80,000 habitans. Vis-à-vis de cette ville se développe Vile de Seringham , formée par le Kavery, et remarquable par son immense pagode, un des plus magnifiques temples de l'Inde. Il se compose de sept enceintes, dont les murs ont 25 pieds de haut et l d'épaisseur. Chaque enceinte est séparée par un intervalle de 350 pieds, et offre quatre grandes portes surmontées d'une tour et correspondant exactement aux quatre points cardinaux. L'enceinte extérieure a près de 4 milles de circonférence. Les tours, les portes et l'intérieur de cette masse d'édifices sont couverts de sculptures, et l'intérieur est rempli de petits temples, de boutiques et de maisons pour les brahmines. Selon M. Harnilton, le palanquin et le dais du temple intérieur sont en or massif émaillé de pierres précieuses. On doit ajouter que plusieurs colonnes et piliers employés dans la construction de cet édifice sont des blocs immenses de 33 pieds de long. Madoura, ville autrefois très importante par ses fortifications qui sont àpcu-près entièrement abandonnées , et encore une des plus remarquables de l'Inde par ses édifices publics , dont plusieurs donnent une idée extraordinaire des anciennes constructions en usage dans cette contrée. On doit citer surtout îe palais, dont plusieurs parties appartiennent à différentes époques de constructions, et dont on admire la belle coupole de 90 pieds anglais de diamètre ; le grand temple, avec ses vastes parvis et ses quatre portiques, dont chacun forme une pyramide à dix étages -, et le Tchoultry de Trimal Naig, espèce d'hôtellerie pour les voyageurs, orné de sculptures grossières et de colonnes. On doit aussi mentionner la magnifique esplanade , qui , au sud de la ville , offre un lieu embelli des plus belles pièces d'eau de l'Inde , avec des bassins revêtus en maçonnerie et un petit temple qui s'élève au milieu d'une île. M. Harnilton ne porte pour 1812 qu'à 20,000 âmes la population de cette ville, à laquelle il en accorde 40,000 vers 1780. Ramisseram , petite île , qui dans la basse marée tient à celle de Manaar par une chaîne d'îlots et de rochers, nommée le pont de Rama par les Indiens, et le pont d'Adam par les Arabes, dénominations qu'on lui a imposées parce qu'elle sert pour ainsi dire de passage du Continent Indien dans l'île de Ceylan , où suivant les Indous Rama séjourna , et ou suivant les Musulmans Adam fut exilé après son expulsion du paradis terrestre. Celte île est célèbre dans toute l'Inde par son temple, un des bàtimens hindous les plus remarquables, soit par son étendue, soit par l'énorme grandeur dos blocs employés dans sa

construction. Depuis plus de 150 ans sa garde et son administration sont héréditaires dans une famille , dont le chef prend le titre de Pandaram. C'est un des pèlerinages de l'Inde les plus fréquentés.

Dans les Circars du Nord on trouveMAze lipatam, sur un bras du Krichna , avec le meilleur port de la côte de Coromandel et peut-être 75,000 habitans. Cette ville est renommée par la belle couleur , la finesse et le brillant de ses toiles peintes nommées chintz, dont le débit a cependant beaucoup diminué depuis que celles d'Europe leur sont préférées. Son commerce est encore florissant et étendu. Il paraît que les fortifications de cette ville et de sa citadelle sont abandonnées par les Anglais. Koringa , ville de médiore étendue , importante par son port et ses chantiers, où l'on construit beaucoup de petits vaisseaux. Gandjam , ville beaucoup déchue , mais encore bien bâtie et assez importante.

Dans la province de Ko imb atour on trouve : Koïmbatour , ville très déchue , remarquable par son ancien temple et parce qu'elle est le chef-lieu de la province.

Dans la province de Salem on trouve :

Salem, ville de médiocre étendue, chef-lieu de cette province ; son industrie paraît être déchue. Dans le royaume vassal du Maissour les Anglais possèdent l'importante ville de Seringapatam, située dans une île du Kavery. Cette ville, si riche , si forte et si populeuse lorsqu'elle était la capitale du puissant royaume régi par Heïder et par Tippou-Saheb son fils, est maintenant très déchue. Leur vaste palais tombe en ruine; et une partie est convertie en hôpital. Les autres édifices les plus remarquables sont: la mosquée principale, le temple indien de Sri-ranga, l'arsenal qui était primitivement un temple indien , et la fonderie de canons. Dans les environs immédiats on admire le magnifique mausolée d' Heïder où l'on a enterré tous les membres de sa famille, et le beau pont construit sur une branche du Kavery. Depuis quelques années Seringapalam a perdu même l'importance qu'elle avait sous le rapport militaire; sa population, qu'on portait sous Tippou à 150,000 âmes et à 21,000 après la chute de ce monarque, était réduite au-dessous de 10,000 en 1820.

Dans le Malabar on trouve : Kotchin , ville située sur un vaste estuaire, qui est le plus grand de ceux qui s'étendent depuis Chourghaut dans le Malabar proprement dit jusqu'à Trivanderam dans le Travancore ; il offre un grand système de navigation naturelle intérieure, nommée Backwaler par les Anglais. C'est un des traits principaux de la géographie physique de l'Inde et un élément de sa future prospérité. Kotchin est fortifiée et assez bien bâtie , avec un port où l'on construit encore assez de vaisseaux, quoique moins que lorsqu'elle était sous la domination hollandaise. Bien que ravagée à diverses reprises et très déchue , elle fait encore un commerce assez actif avec les principales villes de la côte occidentale de l'Inde, avec l'Arabie, la Chine et les grandes îles de la Malaisie (Archipel Indien). C'est dans cette ville et dans ses environs

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que vivent les Juifs-Blancs, qui prétendent y être venus de Jérusalem avant l'ère vulgaire, et y avoir possédé un petit royaume régi par des princes de leur nation. Mais des recherches exactes ont réduit à leur valeur ces prétentions exagérées. Kotchin était autrefois le principal établissement des Hollandais dans l'Inde, et est encore le siège apostolique d'un évèque qui réside à Coilan ; son diocèse s'étend sur l'ile de Ceyian. A quelques milles vers le nord est située Krafnganore , petite ville, remarquable surtout par son siège archiépiscopal catholique.

Kalikat (Kalicut), ville encore assez florissante , quoique beaucoup moins que lorsqu'elle était la résidence du zamoiïn ou empereur qui dominait sur les nombreux états du Malabar. Presque entièrement détruite sous Tippou-Saheb , elle fut rebâtie par les Anglais. En 1800 elle contenait déjà environ 5000 maisons. Son port, à demi comblé, est célèbre dans les annales de la géographie-, c'est le premier de l'Inde où aborda Vasco de Gama dans sa mémorable expédition. Kalikat parait être le chef-lieu du district du Malabar Anglais. Dans ses environs est située Baypour, nommé Sullhanpatnam par Tippou-Saheb , qui , profitant de la bonté de son port et du voisinage des immenses forêts de tek , voulait en faire la première place marchande de ses états; on y construit encore beaucoup de vaisseaux. Kananore, petite ville maritime qui avec un très petit territoire est gouvernée par une reine héréditaire , regardée comme le chef des Moplays ou Arabes du Malabar-, quelques-unes des îles Lakedives paraissent dépendre encore de cette princesse, qui est tributaire des Anglais. Tellicuery, petite ville importante par son commerce , qui paraît cependant être beaucoup moins tlorissant qu'autrefois.

Dans la pro v ince de Kanara on trouve: Mancalore , assez grande ville , assez bien bâtie , importante par son port et par son commerce très florissant; on porte au-dessus de 30,000 âmes sa population. Onore , petite ville importante par son port , où Heïder avait établi les chantiers de sa marine militaire. Sounda , jadis une des plus grandes villes de cette partie de l'Inde et maintenant réduite à environ une centaine de maisons.

Dans la prov ince de Balaghât on trouve : Belkary, assez belle ville de médiore étendue , importante par sa citadelle, rangée parmi les plus fortes de cette partie de l'Inde. Kaddâpàu (Cuddapah), jadis capitale de la principauté patane de ce nom , ville de médiocre étendue , remarquable par la grande prison et la maison de travaux forcés que les Anglais y ont établies.

Dans la PRÉSIDENCE DE BOMBAY on trouve : Bombay, située sur la petite île de ce nom, grande ville défendue par une vaste citadelle , capitale de l'Inde- Occidentale ou de la présidence de son nom et siège d'une vice-amirauté. On peut dire qu'en général elle est assez bien bâtie. Parmi ses édifices les plus remarquables on doit surtout nommer V église

anglicane, le palais du gouverneur, le bazar , les casernes, les bassins ou docks et {'arsenal. On doit ajouter le magnifique temple guèbre consacré il y a quelques années en présence de plusieurs Parsi accourus de toutes lès parties de l'Inde; c'est un édifice de forme carrée ettrèsé!égant,dont la construction a coûté deux millions de francs. Depuis quelques années les Anglais ont transféré à Bombay leurs grands établissemens de marine militaire ; on y a déjà construit plusieurs de leurs meilleurs vaisseaux de ligne et de leurs meilleures frégates, outre un grand nombre de bàlimens de commerce. Nous ferons observer que le port auquel cette ville doit son nom est le meilleur et le plus sûr de toute la côte occidentale de l'Inde. Bombay est l'entrepôt général de toutes les marchandises de l'Inde, de la Malaisie (Archipel Indien), de la Perse , de l'Arabie et de l'Abyssinic. Sous le rapport du commerce, elle n'est inférieure qu'à Calcutta; mais elle dépasse même cette grande capitale pour le commerce de cabotage et pour !e nombre de vaisseaux qui appartiennent à son port. Ce dernier a été déclaré franc et une des stations pour les paquebots à vapeur destinés à entretenir une correspondance régulière enlre l'Inde et l'Angleterre à travers l'isthme de Suez. Les Parsi ou Guèbrès et après eux les Arméniens y font les plus grandes affaires. Bombay possède une société littéraire, fondée sur le plan de celles de Calcutta et de Madras , et il s'est formé , depuis plusieurs années , unesociété d'agriculture et d'horticulture, et une société de géographie qui s'est déjà mise en correspondance avec (a célèbre société royale géographique de Londres; elle se propose également de publier des mémoires qui ne peuvent manquer d'être très utiles aux progrès de la géographie de l'Asie, encore si arriérée. La Compagnie a établi aussi à Bombay un bel observatoire. En 1825 on y publiait trois journaux anglais et un dans la langue des naturels. Sa population permanente s'élevait en 1816 à 162,000 âmes , et les missionnaires évaluaient dans la même année à 60 ou 75,000 âmes la population flottante.

Dans les environs immédiats de Bombay et à quelques milles de distance on trouve : Maiiim < petite ville d'environ 15,000 àmes , importante

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par son industrie. Elephanta , îlot ainsi nommé à cause de la figure colossale d'un éléphant taillée en pierre noire près du point de débarquement -, en septembre 1814 le cou et la tête de cette statue s'en détachèrent, et depuis lors le reste du corps menace de tomber aussi. A quelque distance de là on trouve creusé dans le roc un vaste temple, dont la v oûte est soutenue par une colonnade taillée également dans le rocher. Dans le centre se trouve une trimourli on trinité hindoue de dimensions colossales. Les Portugais ont détruit une partie de ce monument curieux que le temps et le climat menacent de ruiner entièrement.

Tanna, petite ville, chef-lieu de l'île Salsette, la plus grande du groupe de Bombay. Près du village de Ke nnery on voit d'immenses excava-

ions faites dans le roc -, elles ressemblent à celles 1e Karli et d'Elora. La plus grande était un temple de Bouddah; elle a servi d'église aux Portugais, qui ont effacé en grande partie les sculptures qui ornaient l'intérieur. A l'entrée d'un autre on voit encore deux immenses statues colossales, et sur un des piliers du portique se trouve la fameuse inscription en caractères inconnus qu'aucun brahmine n'a encore pu lire. Selon M. Forbes, dans leur ensemble , ces étonnantes excavations paraissent avoir été un temple, un collège et un monastère bouddhiques, à l'époque reculée où cette religion dominait dans cette partie de l'Inde. Basseïn, petite ville sur le continent , autrefois appartenant aux Portugais et très commerçante à l'époque de leur prépondérance dans l'Inde.

Pouna, au confluent de la Mouta avec la Moula, sur un vaste plateau élevé, une des villes les mieux bâties de l'Inde , quoique n'offrant aucun édifice vraiment remarquable. Le palais du peichwa , dont les Anglais avaient fait une prison et un hôpital pour les indigènes, a été brûlé en 1828. Les rues sont larges et généralement belles ; elles offrent la singularité de porter toutes le nom d'une des divinités du panthéon hindou. Pouna a beaucoup perdu de son importance et de sa population depuis qu'en 1818 elle a cessé d'être la résidence du peichwa ou chef de la confédération des Maharattes. En 1819, M. Elphinstone estimait à 115,000 le nombre de ses habilans.

Dans l'année 1829 on y a fondé un collège pour l'instruction des indigènes.

Dans un rayon de 34 milles on trouve : Tchintchour (Chinchoor), petite ville de 5000 habitans, où réside le Tchintaman-Deo (dieu du joyau mystérieux), que les Maharattes croient être une incarnation de Gounpoutty, une de leurs divinités favorites; il demeure dans un vaste palais composé de plusieurs bàtimens. Serrour (Serroor), ville presque entièrement abandonnée depuis auVUe a cessé d'être la station principale

des troupes anglaises dans cette partie de l'Inde ; on y voit le mausolée du colonel Wallace , qui s'est fait tant aimer par les naturels , que ces derniers le regardant comme une de leurs divinités lutélaires, tiennent des lampes allumées dans certaines circonstances devant son tombeau, et les sentinelles cipayes lui présentent les armes lorsqu'elles supposent que son ombre doit passer. Kârli , petit village où l'on voit un temple taillé dans le roc , que M. Erskine croit être bouddhiste ; il est orné d'un grand nombre de sculptures; vis-à-vis de Kârli s'élève la forteresse de Loghar (Loghur) , que sa position doit faire ranger parmi les plus fortes de l'Inde.

Surate sur la rive gauche du Tapti, qui y forme un petit port. Des rues étroites et tortueuses, de hautes maisons dont la charpente est en bois et les interstices en briques, et dont les étages supérieurs avancent sur les inférieurs , telle est la construction générale de ce célèbre marché de l'Orient. Des murailles flanquées de bastions semi-circulaires l'environnent encore, quoique bien souvent il ait été question de leur destruction. La plus grande partie de son commerce lui a été enlevé par Bombay; cependant elle fait encore beaucoup d'affaires avec l'Arabie, et ses manufactures sont assez florissantes. Les Guèbres y sont très nombreux et très riches ; on prétend qu'ils possèdent la moitié des maisons de la ville. La piété indienne y a élevé un vaste hôpital pour les animaux , y compris les singes , les tortues, les punaises et autres vermines. Depuis quelques années Surate est devenue le siège de la cour suprême de justice pour toute la présidence de Bombay. En rejetant comme extraordinairement exagérée l'évaluation de M. Seton qui, en 1798 , lui accordait 800,000 âmes, nous lui en donnerons 160, 000 en prenant pour base le calcul fait par M. Romes pour l'année 1818.

Dans un rayon de 04 milles on trouve : Barotcii (Broach ouBaroche), grande ville, à moitié ruinée et déserte , située sur les bords de la Nerbuddah, avec un port. Son commerce et son industrie ont beaucoup déchu, ainsi que sa population qui probablement est au-dessous des 33,000 âmes qu'on lui accordait en 1812. A quelques milles de Barotch, sur une île de la Nerbuddah, on voit un bananier qu'on dit être vieux de 3000ans; la circonférence des pluslongues branches est de 2000 pieds anglais ; 7000 personnes peuvent, à ce qu'on dit , se mettre à l'abri sous son feuillage ; c'est sans doute un des plus grands arbres qui existent surtout le globe. Dhaboy (Dhuboy), assez grande ville , résidence d'un radja ; en iTSoon lui accordait 40.000 âmes C'est une des plus

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remarquables de l'Inde par le grand nombre de ses édifices en pierre de taille et de ses sculptures. Les murailles et les tours qui les flanquent sont bâties en grosses pierres de taille. M. Forbes regarde la porte dite du Diamant comme un des plus beaux morceaux de l'architecture indienne , soit pour l'exécution du travail, soit pour le dessin. Bhaunaggar (Bhownuggur) , ville de médiocre étendue , qui depuis quelques années est devenue une des principales places commerçantes te rindc-Occidentale , à cause de la bonté de son port; elle a été aussi pendant plusieurs années le centre d'une immense fabrication de fausse monnaie, dont l'infâme profit était partagé par le prince dont elle dépend, qui est tributaire des Anglais. Au sud de Surate est située Damaun , petite ville appartenant aux Portugais et depuis long-temps très déchue ; elle est cependant encore importante par son port et par le chantier sur lequel on construit beaucoup de vaisseaux avec le bois de tek qu'on y apporte des forêts voisines.

àhmedâbâd, sur le Sabermatty , jadis capitale de la province de Guzerate et une des plus grandes, des plus belles et des plus riches villes de l'Asie au temps du voyageur Thévenot. Quoique très déchue pendant les révolutions qui ont bouleversé l'Inde , et rendue une des plus misérables villes de cette contrée par les vexations exercées sur ses habitans pendant la domination des Maharattes, elle offre encore plusieurs édifices qui attestent son ancienne splendeur. Un doit surtout nommer : la Dje?na mesdjid , balie par l'empereur Ahmed ; c'est une des plus belles mosquées de l'Inde; on vante ses deux hauts minarets, la grande place qui l'environne et le superbe mausolée de ce monarque, qui en est tout près; la mosquée de Sadja'al-khan, moins magnifique mais plus élégante que la précédente ; la mosquée dite d'ivoire à cause de ses nombreux ornemens en cette matière, ainsi que d'autres en argent et en nacre. Ahmedàbad a beaucoup soulïert par le tremblement de terre de 1819. On croit que sa population dépasse actuellement 100,000 âmes.

Dans ses environs immédiats on trouve : le Kokaria (Kokarea), joli petit lac d'environ un mille de circonférence , bordé tout autour de pierres de taille et de grands escaliers; on y arrive par quatre entrées magnifiques; au milieu il y a une ile sur laquelle on voit un palais qui tombe en ruines, environné de jardins qu'on laisse dépérir. CnÀn Bàg (le Jardin royal), palais magnifique , bâti par l'empereur Chàh-djihàn lorsqu'il était vice-roi du Guzerate , est encore assez bien conservé, mais ses beaux jardins sont presque entièrement détruits Serkaze, remarquable

par sa grande mosquée , bâtie exactement sur le modèle de celle de la Mecque.

Plus loin et dans un rayon de 37 milles on trouve : Kaïra, jolie ville, très importante par le voisinage d'un des principaux cantonnemens de l'armée anglaise ; elle possède un beau temple djaïn avec un collège de ces sectaires. Kambaya, grande ville , très déchue, résidence d'un nabab dont l'autorité est presque nulle, et tributaire des Anglais. Des rues désertes, des mosquées qui s'écroulent , des palais qui tombent en ruines rappellent encore son ancienne splendeur et l'instabilité des choses humaines. Le darbâr ou le palais du nabab , et la Djemâ' mesdjid ou la mosquée principale , sont de beaux édifices assez bien conservés. On y voit aussi un beau temple souterrain de la secte des Djainas , remarquable surtout par le grand nombre de statues qu'il contient. La retraite de la mer et l'atterrissement de son port qui était le grand débouché d'Ahmedâbàd , ainsi que la ruine de son commerce ont tellement diminué son immense population qu'on ne l'estime plus qu'à 3o,ooo âmes.

Parmi les villes les plus remarquables qui appartiennent à la présidence de Bombay nous nommerons les suivantes :

Dans la province d' Avrangâb âd .

Ahmednagar (A hmcdnuggur) , grande ville, moderne, très déchue, jadis capitale du royaume mahométan de ce nom; sa grande et forte citadelle, ses fortifications et sa position lui donnent encore une grande importance sous le rapport militaire. Dans ses environs immédiats on voit d'un côté le vaste et massif palais des sultans d' Ahmednagar et de l'autre le mausolée de Sâlâbat Djeng , situé sur une montagne.

Dans la province de Bedj apour : Bedjapour ou Vizapour, jadis capitale du puissant royaume mahométan de ce nom et une des plus grandes et des plus belles métropoles de l'Inde, n'offre plus qu'un vaste espace parsemé de ruines au milieu desquelles , suivant l'expression de M. Mackintosh, s'élèvent encore quelques beaux bàtimens qui attestent la splendeur de la Palmyre du Dekkan. Une très petite partie de la ville seulement est habitée; le reste est désert quoiqu'il subsiste un grand nombre de bàtimens assez bien conservés pour offrir un logement commode. Les principaux édifices qui méritent d'être mentionnés sont : le Makbara ou le mausolée du sultan Mohamed-chàh ; sa construction dura 42 ans-, il est surmonté par une coupole, dont le diamètre n'est que de 10 pieds plus petit que celui de la coupole de St-Pierre à Rome ; on y remarque un écho que les Anglais disent être aussi parfait que celui produit par la galerie sonore de la coupole de St-Paul à Londres; quatre beaux minarets de forme octogone s'élèvent à 140 pieds anglais aux quatre coins de ce magnique édifice, dont la mosquée qui en dépend n'est pas une des moins belles parties. La Djemâ' mesdjid ou mosquée principale , dont le beau

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dôme a 140 pieds de haut ; enfin le mausolée du sultan Ibrahim II, que l'on peut comparer aux magnifiques bàtimens de ce genre de l'Inde Septentrionale. Toutes les faces extérieures de ce beau monument sont recouvertes d'inscriptions du Coran, sculptées avec le plus grand art, formant par leur disposition aussi belle que variée , une infinité d'ornemens ; on pourrait presque dire que cet édifice ressemble à une belle page d'un des plus beaux et des plus riches manuscrits arabes ; on prétend que tout le Coran y est sculpté. Bisnagar (Bijanagur) , une des plus grandes et des plus belles villes de l'Asie lorsque dans les xive et xve siècles elle était la capitale du puissant royaume de ce nom , qui embrassait toute la partie méridionale de la péninsule et dont dépendaient ceux de Tandjore et de Madoura ; quelquefois on l'appelait royaume de Narsinga, du nom de la dynastie régnante. La Toumbâddrâh sépare en deux parties distinctes les vastes ruines de Bisnagar ; celles qui restent au nord portent le nom d' Annagoundy ; celles qui sont situées au sud forment B isnagar proprement dit. Les restes imposans de cette ville célèbre dépassent en étendue et en grandiose ceux de toute autre ville hindoue depuis l'Himàlaya jusqu'au cap Komorin. Ce sont surtout la matière de ces édifices et les dimensions colossales des pierres employées dans leur construction , qui les distinguent de tous les autres monumens de l'Inde. Ses énormes murailles sont encore debout; les rochers le long du fleuve sont recouverts d'innombrables sculptures représentant des sujets de la mythologie brahmanique; ses rues désertes sont pavées d'immenses blocs de granit ; on en voit une de près d'un mille de long sur 100 pieds de large, toute bordée de colonnades. Parmi ses édifices les plus remarquables qui subsistent encore, on doit citer surtout le grand temple de Maliàdeva, desservi par des Brahmanes; sa face pyramidale à dix étages a 160 pieds de haut ; le grand temple de Krichna; celui plus • petit dédié à Ga/iesa, avec une statue colossale de ce Dieu ; le temple de PKama, remarquable par ses sculptures mythologiques d'un travail exquis ; et celui de Wiltoba qui les surpasse tous pour l'étendue , l'exécution et la belle conservation ; c'est un groupe magnifique composé d'un temple principal, de quatre grands tchoultris ou auberges pour les pèlerins et de plusieurs petites pagodes , le tout enfermé dans une enceinte murée de 4oo pieds de long sur 200 de large ; tous ces bàtimens sont couverts de sculptures mythologiques d'une exécution parfaite. Annagoundy offre moins de restes remarquables, mais aussi c'est la seule partie de la ville qui contienne des habitans ; elle dépend immédiatement d'un radja qui est le descendant des puissans souverains de Narsinga ; il réside ordinairement à Kamlap our , très petite ville située dans l'ancienne banlieue de cette immense métropole, à laquelle le voyageur César Frédérick donnait 24 milles de circonférence. On doit remarquer que ce prince est plutôt un grand propriétaire qu'un souverain tributaire et vassal des Anglais

ViziADROUG, très petite ville , importante par son port, regardé comme le meilleur de toute la côte occidentale après celui de Bombay.

Ce serait sortir des bornes de cet ouvrage que de vouloir décrire toutes les plus grandes villes appartenant aux étals qui sont sous la protection de la Compagnie - Anglaise. Nous nous bornerons à donner la description abrégée de celles seulement qui offrent une grande population ou un plus grand nombre de monumens remarquables, en renvoyant pour les autres aux indications données aux pages 731 et 732 dans le tableau des divisions administratives et politiques de cette partie de l'Asie.

Dans le ro y aume d' Aoudh (Oude) on trouve : Lucknow, très grande ville, située sur la rive droite du Goumty , capitale du royaume depuis 1775. Elle se compose de trois quartiers entièrement différais. La Cité proprement dite ou l'ancienne ville; elle est mal bâtie quoique très peuplée. Le Nouveau quartier, presque entièrement construit pendant le règne de Sa'adet-Ali , le dernier nabab. 11 s'étend le long du Goumty, et il offre dans ses différentes constructions une véritable ville anglaise, soit dans l'architecture extérieure des maisons , soit dans leur ameublement. C'est dans le centre de ce beau quartier qu'on trouve un magnifique marché et la résidence royale nommée Farrâboukch. L'architecture de ce bâtiment n'offre rien de remarquable ; mais il se distingue par son étendue, par ses décorations etparson beau parc. Le troisième quartier, séparé du précédent par un misérable bazar, se compose principalement de bàlimens religieux construits par le nabab Asaf-ed- Daulah et par ses prédécesseurs. Ce sont tous des édifices dans le genre moresque, parmi lesquels on distingue VImam Barrahavec sa belle mosquée, qui comprend la mosquée principale et le tombeau de son fondateur Asaf-ed-Daulah ; le palais commencé par Sa'adet-Ali et resté encore inachevé ; le Daulèt-Ka^ nahyle Hossein-Bâgh ; le Sa?igi-Dàlâm et quelques autres palais; lordValentia et l'évêque Heber regardent l'ensemble offert par les édifices de l'Imam Barrah comme le plus beau morceau d'architecture de l'Inde , soit par l'harmonie des proportions, soit par la beauté des matériaux et la finesse du travail.

Deux ponts dont un en pierre , traversent le Goutray. Lucknow possède aussi une ménagerie très bien fournie, quoique encore plus mal disposée que celle de Barrakpour. On croit que sa population dépasse 300,000 âmes. Un des traits remarquables de cette capitale est la multitude d'éléphans qu'on y voit. Une quantité prodigieuse appartient au roi ; les nobles et les gens riches en ont autant que leurs moyéns le leur permettent. Dans les cortèges royaux, dans les fêtes, dans les occasions d'apparat, ces animaux se montrent en foule , tout couverts des draperies les plus riches et les plus magnifiques. Nous rappellerons que depuis' la chute définitive de l'empire du grand-mogol, la cour de Lucknow doit être regardée comme la plus brillante et la plus magnifique de l'Inde. Le roi actuel possède une riche bibliothèque; et son père a publié à ses frais un ouvrage magnifique en plusieurs volumes in-folio, offrant le dictionnaire, la grammaire et un système complet de grammaire et de rhétorique en persan.

Dans ses environs immédiats on \o\iC ons Lancia, magnilique palais où demeurait le résident Claude Martine ; on prétend que sa construction a coûté à ce général 150,000 livres sterling. On ne doit pas oublier Feïzâbâd, ville encore très grande et très peuplée , quoiqu'elle soit bien décime depuis qu'elle a cessé d'être la capitale du royaume. On y voit les restes du palais royal et de la forteresse.

Dans le roy aume du Dekh an ou du JSidzam , on trouve : HaiderAbAd (Hyderabad), capitale du royaume et de la province de ce nom , située à la droite du Mousah (Moossy) , grande ville, dont la population est estimée au-delà de 200,000 âmes, y compris celle de ses vastes faubourgs. Le palais où réside le souverain, qui a le titre de Nidzam (Nizam) , celui qu'il a fait bâtir pour loger le résident anglais et la mosquée dite de la Mecque sont avec quelques tombeaux les bàtimens les plus remarquables.

Dans ses environs immédiats est située Golconde , jadis capitale du royaume de Tellingana ; ses fortifications ont joué un grand rôle dans l'histoire de l'Inde , et ses prétendues mines de diamant, dont nous avons parlé à la page 659 , l'ont rendue célèbre dans tout l'Orient. Depuis longtemps elle est très déchue ; elle sert de prison d'état aux personnes qui déplaisent au Nidxam.

IMus loin à la dislance de 66 milles vers le nord-

ouest on trouve : Bider (Beeder), grande ville, très déchue , jadis capitale d'un des cinq royaumes mahométansde l'Inde , remarquable par l'ensemble pittoresque qu'offrent ses superbes mausolées, ses mosquées qui tombent en ruines et ses palais délabrés. L'auteur des Sketches in India dit que le mausolée de Bereed est un des plas beaux pour ses proportions et pour la richesse de ses ornemens.

A l'extrémité nord-ouest du royaume on voit : AvrângÂ-bàd (Aurungabad) , capitale du Dekkan, avant que la résidence fut transférée à Haïderâbâd. C'est une grande ville , mais à moitié ruinée et déserte. Le superbe mausolée de Rabi'a-Dourâ?ii , fille d Avrangzeb , qui ressemble un peu au célèbre Tadj-Mahàl et les restes du palais de ce monarqiu sont , avec l'immense bazar d'environ deux milles de long, les édifices le? plus remarquables de cette ville , résidence favorite d'Avrangzeb qui s'est plu à l'agrandir et à l'embellir. M. Hamilton lui accordait 60,000 habitans vers 1825.

Dans un petit rayon de 14 milles on trouve : Davletâdàd. autrefois nommée Deoghir par les naturels, capitale d'un puissant royaume indien , v ille située autour d'un rocher isolé très escarpé et sur le sommet duquel s'élève une citadelle réputée imprenable. Cette dernière est une des plus grandes curiosités du Dekkan -, elle ressemble assez à une ruche de 500 pieds de haut, qui s'élève au milieu de la plaine ; on y voit une énorme colonne haute de 160 pieds anglais. L'empereur Mohamed fit au commencement du xive siècle , d'inutiles efforts pour transporter à Davletabàd la population de Delhi et en faire la capitale de ses vastes états. RezAii (Rowzah) , petite ville , remarquable par sa position romantique , parles nombreux tombeaux de saints personnages mahométans situés dans son voisinage, parmi lesquels celui de Bourhàn-ed-din est le plus beau, et celui (L'Jvrangzeb le plus simple, comme aussi parla salubrité de son climat-, cette dernière circonstance y attire plusieurs Anglais de Bombay, qui viennent y rétablir leur santé. Elora , petit village près duquel on voit plusieurs temples taillés dans une montagne de granit , qui surpassent en grandeur et en perfection de travail tout ce que l'Inde offre de mieux j dans ce genre; ils rivalisent même avec les étonnantes constructions des anciens Egyptiens. Selon M. Erskine , ces excavations peuvent être rangées en trois classes : celles du nord , qui paraissent devoir être attribuées à des Bouddhistes ou mieux encore à des Djaïnas; celles du milieu, parmi lesquelles on trouve le grand temple de Kaïlas, sont incontestablement brahmaniques-, les méridionales doivent être attribuées à des Bouddhistes. Les sculptures innombrables , les frises, les colonnes, les chapelles presque suspendues en l'air, tout y respire un goût très

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raffiné et atteste un travail immense. Le Kaïlas ou Kaylas surtout, quia excité l'admiration et l'étonnement de tous ceux qui l'ont visité , est un vaste temple de forme conique, de 100 pieds de haut et de 500 de circonférence , séparé des montagnes voisines par un espace de 247 pieds de long sur 150 de large , environné d'une colonnade qui soutient d'autres chambres. Toutes ces étonnantes excavations du Kaïlas, avec ses cinq chapelles , ses vastes portiques , etc. , sont supportés sur le dos d'éléphans et de tigres ou griffons sculptés alternativement. Tout l'intérieur du temple principal, ainsi que la colonnade qui l'environne et toutes les parties accessoires sont couverts d'innombrables sculptures, offrant en quelque sorte un panthéon de toutes les divinités du brahmanisme.

Dans le r oy aume de Nagpour nous nommerons : Nagpour, sur les bords du Nag, capitale du royaume maharatte de ce nom. Quoique grande, et résidence du bhoimsla (bhoonsla) depuis 1740, époque où elle n'était qu'un simple village, cette ville n'offre aucun bâtiment vraiment remarquable. Le palais royal ne se distingue que par son étendue. Ses rues sont tortueuses et étroites et ses maisons assez mal bâties. En 1825 elle comptait 1 15,000 habitans.

Dans le royaume de Baroda , qu'on pourrait aussi nommer royaume de Guzerate, parce qu'une grande partie de cette vaste province lui appartient, nous nommerons : Baroda, grande ville située au milieu d'un territoire riche et bien cultivé. C'est la capitale de tous les pays soumis à Sydji Rau , le chef actuel de la célèbre famille maharatte Guikowâr. Les objets les plus remarquables qu'offrent cette ville et ses environs sont le palais du roi , quelques pagodes et quelques hôpitaux, ainsi que \epo?it sur le Viswamitra, le seul qu'on trouve, selon M. Hamilton, dans le Guzerate, et les grandes et belles citernes. ftaroda a beaucoup souffert par le tremblement de terre de 1819. On croit que sa population dépasse 100,000 âmes.

A 20 milles au nord-est de Baroda s'élève au milieu de la plaine , une montagne d'environ 2500 pieds anglais de haut, sur le sommet de laquelle est située la forteresse de Tchampânir (Chumpaneer)ou Powànghar; elle n'est accessible que d'un seul côté fortifié par cinq rangs de murailles et est abondamment pourvue d'eau. Elle passe pour imprenable, quoique les Anglais l'aient prise en 1803. Dans sa partie la plus élevée est un ancien temple dédié à la déesse Kali, auquel on monte par 240 marches. La population environnante sr compose prinnpalementde fihîls(Bheels), peu-

plade remarquable par ses mœurs et ses usages. A l'extrémité occidentale du Guzerate, et dans le district d'Okàmandel , dont les féroces habitans depuis la plus haute antiquité ont exercé la piraterie jusqu'en 1816, époque à laquelle les Anglais détruisirent leurs repaires, on trouve: Dwaraka , très petite ville , importante par son temple visité annuellement par plus de 15,000 pèlerins : c'est au dieu Rantchor auquel il est consacré qu'appartenaient plusieurs vaisseaux aimés en course, ainsi qu'une partie du butin lait par ses forbans.

Les autres états médiats offrent tous des villes beaucoup plus petites que les capitales que nous venons de décrire ; mais quelques-unes d'entre elles sont trop importantes sous plus d'un rapport pour être passées sous silence. Voici les plus remarquables; nous les indiquons d'après les états auxquels elles appartiennent et en suivant les anciennes provinces.

Dans la vaste province de Guzerate , divisée entre plusieurs petits états tributaires ou des Anglais ou du royaume de Baroda , nous nommerons : NoANAGAu(Noanagur), assez grande ville, située non loin de la côte nord-ouest de la péninsule ; c'est la résidence du dj'am de ce nom, regardé comme le plus puissant de ces petits princes. Pocrbander (Poorbunder) , assez grande ville située vers le milieu de la côte méridionale de la péninsule , importante par son port et son commerce florissant; c'est la capitale du petit état de son nom; sa population peut s'élever à 30,000 âmes. Pattan-sojinàth (Puttansomnauth), petite ville, renommée dans toute l'Inde par son temple bâti sur l'emplacement de l'ancien, détruit par le célèbre conquérant Mahmoud ; ce temple était d'une richesse prodigieuse ; les 56 piliers qui supportaient le toit de la partie principale étaient recouverts de plaques d'or ornées de pierres précieuses-, plusieurs milliers de petites statues en or et en argent de formes et de dimensions différentes étaient disposées tout autour; au milieu s'élevait une idole gigantesque, dans l'intérieur de laquelle les prêtres avaient caché l'.ne quantité immense de pierres précieuses-, une chaîne d'or massif du poids de 40 mând (maund) , servait à faire mouvoir une cloche pour appeler les fidèles à la prière. Deux mille brahmes desservaient ce temple magnifique auquel appartenaient aussi 500 danseuses et 300 musisiens. On prétend que le butin enlevé par Mahmoud s'éleva à 20,000,000 de dinars d'or, équivalant selon Pricc au moins à 9,166,666 livres sterling ou à 251,666,650 francs. Le temple moderne, qui n'a rien de remarquable, est encore un des pélerinages\cs plus renommés de l'Inde.

Dans le Katc h (Cutch), dont les habitans sont très adonnés à la navigation et prétendent avoir enseigné aux Arabes l'art de construire et de guider les vaisseaux, on trouve Bhoudj {Booj, ou Bhooj), assez grande ville environnée de jar-

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dins, de temples et d'étangs. Plusieurs pagodes sont remarquables par leurs dimensions et par les sculptures mythologiques qui les recouvrent. On doit surtout mentionner le mausolée de Rau Laka ; l'intérieur de l'édifice principal consiste en une tour de 24 pieds de diamètre ayant quinze côtés et surmontée d'une grande coupole; a chaque angle il y a la statue d'une des femmes qui se sont brûlées avec lui ; le capitaine Macmurdo le regarde comme un des plus beaux monumens de l'Inde. Le tremblement de terre de 1819 a miné une grande partie de cette ville à laquelle en 1818 on accordait 20,000 babitans.EUe est la résidence d'un prince dont relèvent tous les petits chefs qui se partagent le sol de cette province. Les Anglais , auxquels il paie un tribut, y tiennent une garnison. Mandâvie, importante par son port et par son commerce-, c'est la ville la plus grande et la plus peuplée de tout l'état ; eu 1818 on estimait sa population à 35,oooàmes.

Dansla vaste province d' A dj mir (Ajmeer) dite aussi Radjpo u tana (Rajpootana), à cause des principautés Radjepoutes entre lesquelles elle est partagée, on trouve: Odeypour, assez grande ville, située près d'un lac; c'est la capitale de la principauté de ce nom , dont le souverain porte le titre de rana; quoique moins puissant que ceux de Djoudpour et de Djeypour, il est regardé cependant comme le premier de tous les Radjepoutes par la noblesse de la tribu dont il descend ; les palais en marbre et les jardins du prince sont remarquables par leur architecture et par leurs belles décorations. Tchitore, jadis capitale de cet état, renommée dans toute l'Inde par sa position sur une colline isolée, et par ses vastes fortifications qui en font une des plus fortes places de cette région ; on admire surtout la porte principale , ancien travail des Hindous que l'on compare aux constructions égyptiennes. Parmi ses temples , dont plusieurs sont très anciens et tous remarquables par leur construction , on doit citer surtout celui de la déesse Kali et deux autres en forme de tour dédiés à Siva; le plus grand de ces derniers , qui est le mieux conservé , a environ 115 pieds de haut et neuf étages tous recouverts de marbres et remplis de sculptures d'un beau travail. On ne doit pas oublier le vaste étang taillé dans le roc et environné de petits temples.

Djeypour , bâtie en 1725 par le radja Djeïa-Sing, si célèbre dans l'Inde par son savoir dans l'astronomie et pour les observatoires qu'il construisit, non - seulement dans cette ville, mais aussi à Mattrà, Delhi, Benares et Oudjeïn , dont la fondation est attribuée à tort à Akbar. Djeypour est, selon Heber , une des plus belles villes de l'Inde, tant par la régularité de ses rues que par la beauté de ses édifices publics et particuliers. Les maisons sont en pierre , à trois et quatre étages, et recouvertes d'un beau stuc qui imite le marbre ; plusieurs ont leurs façades peintes à fresque. Le palais du prince, qui se développe devant une vaste place, représente par son architecture la queue d'un paon ; les vitrages coloriés de ses fenêtres imitent les yeux des plumes de cet oiseau. Tout près s'élève une belle tour ou minaret d'en-

viron 200 pieds de haut. On doit citer aussi les jardins qui sont magnifiques et le tchaouk ou marché principal. L'évêque Heber accorde 60,000 habitans à cette ville qui est la capitale de l'état de Djeypour, un des plus puissans de la confédération des Radjpoutes.Dans ses environs immédiats est située Jmbir {Ambeer ou Umeer) , l'ancienne capitale de cet état, remarquable par un magnifique palais, dont les ornemens sont comparés, par Heber, à ceux du célèbre Tadj- Mahàl.

djoudpour , assez grande et belle ville , capitale de l'état de ce nom , le plus puissant de la confédération des Radjepoutes ; Djoudpour est défendue par trois forts. Dans le plus grand est le palais du prince, qu'on dit être un vaste et magnifique édifice. C'est la ville la plus grande et la plus peuplée de cet état; on porte à 60,ooole nombre de ses habitans. Les autres villes principales sont : Palli (Palleei , qui depuis 60 ans est devenue une des principales places commerçantes de l'A» sie et dont la population s'élève à 50,000 âmes. C'est le grand entrepôt du commerce entre la Perse Orientale et l'Inde Supérieure, et le débouché principal de l'opium du Maloua (Màlwà). Nagore, ville importante par ses fabriques de laiton et de fer, et par sa population qu'on estime à40,ooo âmes. Mirta (Meerta), ville très déchue, mais renommée par ses fabriques d'indienne ordinaire, et dont la population s'élève encore à 20,000 âmes. Djallore (Jallore), la plus forte place de l'état, avec 15,000 habitans. Siouannod tSeewannu) , place forte , beaucoup plus petite et de moindre importance. Tgutes les villes que nous venons de nommer sont chef-lieux des districts qui en prennent le nom.

Les villes principales des autres états Radjepoutes sont: Kotah, assez grande et belle ville, industrieuse et commerçante, capitale de l'état de ce nom, qui, de nos jours, est devenu un des plus puissans de la confédération des Radjepoutes. C'est sur le territoire de cet état qu'en 1820 on a commencé à construire sur la Barkandià, un pont d'environ 1000 pieds de long, qui sera un des plus beaux de l'Inde. Bikanîr (Beekaneer;, ville de médiocre étendue , capitale de l'état de ce nom 4 c'est une véritable oasis dans le désert de l'Adjmîr; on y voit un puits de 300 pieds de profondeur et de 20 de diamètre. Tonk , petite ville remarquable en ce qu'elle est devenue depuis quelques années la résidence d'Amir-khan ; ce turbulent chef des Pindarries s'y est établi dans un beau palais qu'il a fait bâtir ; mais on doit faire observer que la ville la plus importante de ses états est Seronge dans le Màlwâ.

Dans la province de Màlwà, on trouve:

Indour (Indore) , capitale du royaume de ce nom, un des plus puissans de la ci-devant confédération des Maharattes. Presque entièrement détruite en 1801 par Sindia, elle a été rebâtie avec une célérité extraordinaire depuis 1818 , pendant la régence du sage Tâtia Djogh. On peut la ranger parmi les plus belles villes de l'Inde, quoiqu'elle n'offre aucun bâtiment remarquable , à l'exception du palais royal bâti en granit en 1820, du mausolée de Malhàr liao Tlolkàr, le fondateur de la dynas-

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tie régnante, et celui à /iiia-Bhye. Il est probable que sa population actuelle s'élève au moins à 90,000 âmes. Parmi les villes qui appartiennent à Holkâr , nous nommerons : dans la province de Kandeicli , Wone , ville presque entièrement ruinée, mais encore importante par ses anciens temples , d'origine djaïnique ou bouddhique \ il n'en reste plus que 12 des 99 qu'elle comptait à l'é poque de sa splendeur. Ces temples sont en granit taillé , et sont remarquables par leur parfaite conservation , parles grands blocs employés dans leur construction et surtout par la richesse de leurs sculptures qui l'emportent, selon quelques auteurs, sur tous les ouvrages du même genre que l'on voit dans l'Inde.

Bopâl (Bhopaul), ville de médiocre étendue, capitale de l'état de ce nom, devenu depuis 1818 un des plus puissans parmi ceux de second ordre compris dans la confédération Anglo-Indienne; elle n'offre rien de remarquable. Seronge, grande ville très déchue ; élle joua un grand rôle dans ces derniers temps comme capitale de la terrible confédération des Pindarries dont le chef était Amir-khan , auquel elle appartient Voyez Tonk, à la page précédente.) Dhâr , grande ville , encore plus déchue que Seronge , et chef-lieu du petit état de ce nom, qui a été jadis un des principaux de cette vaste province. A quelques milles au sud, on voit les importantes ruines de Mândau (Mandowj, dont les murailles n'ont pas moins de 28 milles anglais de circonférence ; les restes les plus remarquables de cette ville immense , dont l'architecture est presque tout afghane , sont: le palais de Baz-Bahâder, le Djehâzka-Mahal, la Djemâ' mesdjid regardée comme la plus belle et la plus grande de toutes les mosquées bâties par les Afghans dans l'Inde : le collège qui en dépendait n'est plus qu'un amas de ruines ; le mausolée de Hussein Chah , grand bâtiment tout en marbre. Ces imposantes ruines ont servi, dans ces derniers temps, de repaire aux féroces Bhîls, que les Anglais ont détruits en 1817 : quelques ascétiques Hindous en sont les seuls habitans permanens.

Dans le royaume de Sâtârah, qu'on peut regarder comme le noyau de la monarchie Maharatte fondée par le célèbre Sevadji , et dont les limites ont été si resserrées par les Anglais, nous nommerons Sâtârah , petite ville, résidence du radja, qui est le descendant de Sevadji; il s'y est fait bâtir un beau palais ; la citadelle , située sur une montagne, est une des plus fortes places de l'Inde. Dans le royaume de Mais s ourlMy sore) , si puissant pendant le règne de l'usurpateur Heïder-Ali et de son fils Tippou-Saheb , et rendu par les Anglais à ses princes légitimes, mais dans des limites beaucoup plus resserrées, nous nommerons : Maïssour , assez grande ville , qui s'est beaucoup relevée depuis qu'elle est redevenue la résidence de ses rois ; leur palais , situé dans la citadelle , est vaste mais irrégulier. Il est probable que sa population dépasse 50,ooo âmes. Dans ses environs immédiats on trouve la maison du résident anglais, remarquable par sa position élevée et une immense statue représentant le taureau Nandy, de 16 pieds de haut, morceau

supérieur, pour l'exécution, aux statues semblables de Bisnagar et de Nandydroug, et la ville de Seringapatam, qui appartient aux Anglais. Dans un rayon de 30 milles on trouve : Mail ko tta , petite ville remarquable par ses deux temples célèbres, l'un dédié â Nârâsingha et l'autre à Tcltillâpulla-Râyâ, visités annuellement par un grand nombre de pèlerins, Srâv ânâ- Be Igalâ , gros village, qu'os peut regarder comme la principale station de! Djainas ; ils ont tout près leur temple principal , où l'on voit l'image de Gommald-hâyâ, qui est une des plus grandes statues qui existent. Bancalore , ville forte, la plus grande, la plus industrieuse et la plus commerçante du royaume ; dès l'année 1805, on portait sa population à 60,000 âmes ; Sera , ville très déchue , à laquelle , avant d'être prise par Heïder , les indigènes accordaient 50,000 maisons , et qui en 1800 n'en avait plus que 1500. TciiiTTELimouG , assez grande ville , à laquelle ses formidables fortifications, occupées par les Anglais , donnent une grande importance.

Dans la principauté de Kotchin, qui remplace le puissant royaume de ce nom, partagé aujourd'hui entre les Anglais, le roi deTravankore et autres princes indiens , nous ne nommerons que Tripontary, ville de médiocre étendue, résidence du radja. Dans le royaume de Tràvankore , qui est un des plus puissans états du second ordre, on trouve : Trivanderam , assez grande ville , capitale du royaume ; le palais du roi est un vaste édifice , d'une architecture élégante et orné de tableaux , de pendules et d'autres objets d'arts venus d'Europe. Trâvankore, qui est l'ancienne capitale, paraît avoir beaucoup perdu.

Pour les pays soumis à la Compagnie- Anglaise hors des limites de l'Inde, voyez l'IN DE-TR ANSGANGËTIQUE aux pages 766, 767 et 768, et l'Ile de Sainte-Hélène dans l' AFRIQUE ANGLAISE.

Nous avons déjà indiqué que PILE DE CEYLAN , si importante par sa position, par ses beaux ports, par ses productions , forme un gouvernement séparé dépendant directement du roi d'Angleterre. Ses villes principales sont : Colombo, capitale de l'Ile de Ceylan , assez grande ville, forte et assez bien bâtie, ressemblant plus à une ville européenne qu'à une ville de l'Inde. Le palais du gouvernement et Véglise de Wolfendal sont ses plus beaux édifices. Colombo est le centre du commerce extérieur de toute l'île , malgré l'imperfection de son port qui n'offre de sûreté aux vaisseaux que pendant une partie de l'année. Sa population estimée à 50,000 ames en 1804, doit sûrement aujourd'hui dépasser considérablement ce nombre ; de récens rapports la portent à 65,000.

ASIE

Dans un rayon de 56 milles on trouve : Necombo, petite ville, importante par ses pêcheries; Tchilau (Chilaw). par sa pêche de perles, qui cependant est beaucoup inférieure à celle qu'on fait dans la baie deKondatchy. Kandy, autrefois capitale du royaume de ce nom ; c'est une très petite ville, dont la population, même avant l'insurrection de 1817, arrivait à peine à 3000 âmes, malgré le nom de Maha-Nelva (grande ville) que lui donnent les Cingalais. Son principal édifice est le palais où résidait le roi , remarquable seulement par son étendue, et par un temple de Bouddah, où l'on conserve la fameuse dent de ce dieu , dont la possession confère, selon les Cingalais, le droit de gouverner le royaume. Le pic d'ADAM, nommé Ham-a-Lil par les Cingalais; c'est la plus haute montagne de l'île et un des plus célèbres pèlerinages des Bouddhistes, qui y accourent de tous les pays où domine la religion de Bouddah pour voir l'empreinte du pied de cette divinité ; on monte sur le sommet de ce cône majestueux au moyen d'escaliers taillés dans le roc. Point de galle, petite ville importante par ses forêts de cannelle , son commerce, son beau port, sa vaste citadelle, et par la salubrité de son air, préférable à celui de tout autre endroit de l'île.

Nous citerons encore : Matoura , petite ville, importante par la chasse aux éléphans qu'on fait sur son territoire , et par les pierres précieuses qu'on y trouve, ainsi que par le voisinage du célèbre temple bouddhique de Bellegam; Battikalo, par son commerce et son petit port; Trinkomali , par son port, un des plus beaux de l'Asie et le plus important de toute l'Inde par sa position qui le rend la clef de l'Océan-indien ; les Anglais viennent d'y établir des chantiers militaires et se proposent d'augmenter ses fortifications déjà très considérables; on pourrait nommer cette ville le Malte de l'Inde. A quelques milles dans l'intérieur on trouve le lac de Kandelei (Candely) , remarquable par les

immenses Ira v a ux hydrauliques et les grosses pierres employées dans leur construction ; et le village de Damboulou, renommé par ses vastes temples bouddhiques taillés dans le roc. Jafnapataw, ville de médiocre étendue , importante par son beau port, son commerce et ses fortifications ; elle est située sur 1 île de ce nom. Kondatchy, baie célèbre dans toute l'Inde par la riche pèche de perles qu'oo y fait depuis plusieurs siècles. Les ruines de Nouradjapocra ou Anouradgbourro, la capitale de l'ile dans l'antiquité , qui nous parait identique avec Anurogrammoum que Ptolomée place dans la Taprobane. Cette ville fut rebâtie avec la plus grande magnificence l'an 246 de Jésus-Christ par Voundou Kabadja l'un de ses rois. On remarque encore un grand nombre de colonnes de marbre dispersées de tous côtés, et plusieurs pyramides de très grandes dimensions érigées en l'honneur de plusieurs rois qui se sont distingués par leur piété et que les bouddhistes invoquent comme des saints. Knok, dans le xvie siècle, y avait déjà vu les débris de trois ponts de pierre. Ce lieu est encore remarquable par le serimahabod (ficus religiosa) , le plus vénéré de l'ile ; il est l'objet du principal pèlerinage des adorateurs de Bouddah, qui croient que ce dieu a souvent goûté sous son ombrage le frais et le repos. Nous ajouterons que des antiquités très remarquables viennent d'être découvertes dans les environs de Topary; il s'agit de temples circulaires de loo pieds de haut, surmontés d'obélisques et entourés de tumulus comme chez la plupart des nations antiques. On y voit une statue de plus de 50 pieds de haut, bien proportionnée et une autre en adoration devant elle , portées toutes deux sur un soubassement de rochers en talus de 30 pieds de haut, sur 80 de large. On a cru reconnaître dans la plus grande figure la divinité Bouddah. Ces deux statues et leur soubassement sont taillés dans le roc.

Royaume de Sindhia.

confins. Ce royaume si puissant et si étendu sous Doaulet-Rau au commencement du siècle actuel , est réduit maintenant dans des bornes bien étroites.

Comme il se compose d'une partie des provinces d'Agra, deMâlvàetde Kandeich, il est environné de tous les côtés par les possessions médiates ou immédiates de l'empire Anglo-Indien. Son territoire n'est pas contigu , mais il est interrompu par des districts appartenant à plusieurs princes indiens.

fleuves. Le Tamy et la Narmmadà (Nerbuddah) dans la province de Kandeich ; le Tchambal (Chumbul) et le Betwa, affluens de la Djamnâ qui porte le tribut de ses eaux au Gange , parcourent le Màlwà et l'Agra.

DIVISIONS ADMINISTRATIVES et TOPO- GRAPHIE. On ne connait pas exactement les subdivisions actuelles de cet état. Le tableau suivant offre ses villes principales rangées d'après les grandes divisions de l'Inde auxquelles elles appartiennent.

Pays. Chefs-Lieux, Villes et Lieux les plus remarquables.

Agra. . . . Gouâlior; Nàrvàr; Atlain Go had (G ohud) K\ndeich. Bourhànpour? Hindia.

MalwI. . . Oudjeïn(Oojein) ; Chadjâwalpour 'Shahjebanpoor; ; Bilsah; Tchandery; Ragou-

ghar.

INDE

Gouâlior, ville florissante et populeuse, dont la plus grande partie s'est formée depuis 1810 à côté de l'ancienne. Celle-ci est bâtie dans une vaste plaine au milieu de laquelle s'élève une colline, dont le point culminant est à 342 pieds anglais au-dessus du niveau de la plaine. C'est sur cette colline que se trouve la célèbre forteresse de Gouâlior. On ne peut y arriver qu'en montant un escalier taillé dans le roc et défendu par des bastions. En dedans des fortifications il y a des maisons , des champs , des potagers et des réservoirs d'eau pour l'entretien de la garnison. C'est dans cette forteresse que les grands mogols renfermaient les princes de leur famille qui leur donnaient de l'ombrage. Il y avait alors, pour leur amusement, une grande ménagerie remplie de lions, de tigres et autres bêtes féroces. II est probable que la population actuelle de cette capitale monte à 80,000

Oudjeïn (Oojein), sur la Serpa , une des villes les mieux bâties de l'Inde , capitale nominale du royaume de Sindhia jusqu'en 1810, et encore résidence de plusieurs membres de la famille royale. Ses principaux édifices sont : le palais habité par la veuve de Mâdhâdji-Sindhia , les temples de Mâhâ-Kâli , de Krichna et de Râmâ, et les ??iausolées\e long de la Serpa. Dans un temple dédié à Mahâdeva annexé au beau mausolée d'une des femmes de Mâdhâdji-Sindhia, on voit un grand groupe en marbre blanc représentant le taureau Mandi de Siva, avec sa bouche sur un panier de fruits posé sur un lingam et soutenu par deux mounis; M. Hamilton le regarde comme un chefd'œuvre de la sculpture indienne. Oudjeïn est célèbre dans l'Inde par ses écoles et par son observatoire ; ce dernier est inférieur, malgré sa réputation, à d'autres établissemens semblables dans le Haul-Hindoustan ; les géographes hindous y font passer leur premier méridien. On ne connaît pas la population de cette ville ; il est probable qu'elle s'élève

Roy

a urne

Depuis 1805 les Seïkhs sont partagés en Seïkhs Orientaux à la gauche du Setledje, et en Seïkhs Occidentaux à la droite de ce fleuve. Les premiers sont vassaux de l'empire Anglo-Indien ; les Seïkhs Occidentaux, qui sont les plus

à près de 100,000 âmes y compris celle de sa banlieue. Dans ces dernières années elle parait avoir diminué, ainsi que son commerce , à cause de la translation de la capitale à Gouâlior et de la prospérité croissante d'Indore.

Dans ses environs immédiats, et au nord de la ville moderne, on voit les vestiges de l'ancienne ville de ce nom , qui est I'Ozene de Ptolomée , et I'Oudjdjayini on I'Avanti des Hindous ; c'était VAlhènes de l'Inde, sous le règne du célèbre Vikrâmàdityà , dont l'avènement au trône forme la principale ère indienne. En creusant le sol à 15 ou 18 pieds , dit M. Hunter , on trouve des murailles en briques , des piliers en pierre et des morceaux de bois d'une dureté extrême; on en a tiré aussi plusieurs ustensiles et des monnaies anciennes. Entre l'emplacement de l'ancienne ville et la nouvelle, est située la prétendue caverne de Radja Bhyrtey qui n'est qu'un grand édifice ancien , bâti en briques , et les immenses constructions au-dessous du niveau actuel, qui en sont voisines, décorées de^ colonnes et ornées de sculptures. La tradition populaire prétend qu'un passage souterrain conduit de ce monument, d'un côté, jusqu'à Hardwâr, et de l'autre , jusqu'à Benares. Vient ensuite le Kdlydeh, ancien palais bâti sur une île de la Serpa , par le sultan Nazir-ed-dyn-Khildji qui monta au trône l'an 905 de l'hégire ; c'est un vaste bâtiment , remarquable par son architecture bizarre, par son étendue, par sa solidité et par les ouvrages hydrauliques entrepris pour taire tomber l'eau en mille formes différentes. Nous nommerons encore : Bâg (Baug), dans le Màlwà, ville très déchue, remarquable par ses riches mines de fer, et par les excavations situées dans son voisinage, que M. Erskine croit avoir été des temples bouddhistes. Les murailles d'une de ces excavations sont toutes recouvertes de peintures assez bien conservées et supérieures à tout ce que peuvent faire les artistes actuels de l'Inde. Bouruânpour, sur le Tapty, dans leKandeich dont elle était autrefois la capitale. C'est une des villes les mieux bâties de l'Inde-, elle est encore assez peuplée et florissante par son commerce. La mosquée principale est un des plus beaux édifices de ce genre. On doit ajouter que Bourhânpour est le siège principal d'une secte mahométane nommée Bolirah ou Ismaélites, dont le grand-prêtre y réside, selon M. Hunter, tandis que selon M. Hamilton, il résiderait à Surate et selon d'autres à Oudjeïn ; ces Bohrahs sont très adonnés au commerce et sont, dans l'Inde Centrale , ce que sont les Parsi à Bombay et à Surate

de Lâhore.

nombreux, formaient à cette époque la puissante Confédération des Seïkhs.

Depuis lors Randjit-Singh, chef de Làhore, est parvenu par sa politique et par la valeur de son armée , dont une grande partie est organisée à la manière euro-

ASIE

péenne, à rendre sujets ou tributaires les princes seïkhs qui étaient ses égaux.

Profitant de l'anarchie qui désole depuis 1803 le royaume de Kaboul, ce prince entreprenant a enlevé à ce dernier tout le Kachemir , le Moultàn et les provinces de Peichaouer, de Tchotch, de Hasareh et celles de Dera-Ismael-khan, de Leia et de Dera-Ghazi-khan. Le Peichaouer est plutôt royaume vassal que province du Làhore. La prépondérance de la famille de Singh sur les autres princes seïkhs qui lui sont soumis, a changé la confédération en monarchie. Mais s'il est vrai que leroi régnant, après avoir cédé le Kachmir et le Peichaouer aux Anglais, se serait mis sous leur protection, il faudrait ranger ce royaume parmi les possessions médiates de la Compagnie. Dans l'incertitude sur ces importans changemens, nous n'en tenons point compte dans la description du royaume de Làhore.

confins. Au nord, le royaume actuel de Kaboul, et le Petit-Tibet dans l'em-

fùre Chinois. A Yest , ce dernier pays et 'empire Anglo-Indien. Au sud, ce dernier et la principauté du Sindhy. A V ouest ,

le Beloiilchislan et le royaume de Kaboul. fleuvss. L'Lndus , qui reçoit à la gauche le P endjnad , formé par la réunion de cinq rivières qui donnent le nom au Pendjâb ; voyez-en la description donnée à la page 721.

DIVISIONS ADMINISTRATIVES et TOPO- GRAPHIE. H est inutile de donner les subdivisions d'un pays dont l'étatpolitique est encore si incertain. Cependant nous ferons observer que le Làhore, qui est le pays qui depuis long-temps appartenait à la Confédération, est partagé en Pendjâb ou B as-Lâhor e , dont la plus grande partie, depuis plusieurs années, forme avec la ville de Làhore l'état particulier de la famille Singh, et où se trouvent Amretsir , JSourpour et autres villes ; et en Kouhistan ou Làhore des M ontagnes , partagé en un grand nombre de petits états , régis immédiatement par des Seïkhs qui sont tous vassaux et tributaires du roi de Làhore. Le tableau suivant offre les grandes divisions des pays qui d'une manière quelconque, en 1832, formaient la monarchie fondée par Randjit-Singh.

Récions et Provinces. Chefs-Lieux, Vules et Lieux les plus remarquables.

LÀHORE.

Pendjab Amretsir -, Làhore ; Dadun-khan; Keorct; Miani (Mon ni) ; Ratas; Mani-

kjrala; Raouil-Pindi (Rawil-Pindec); Belur; Fulours lé Pars des Gakers (Guckcrs) , si renommés par leur turbulente bravoure, n'orne plus que des villes ruinées.

Kouhistan Radjour; Binibuv; Djdmboe et Mandi (riches mines de fer et de sel) , chefs -

lieux des principautés de ce nom ; Koumla (Koomla) ; Kangrd (Nagarkote) ; Sujanpour et R.ddone (résidence du radja) dans la principauté de Kàngrâ.

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