DÉPENDANCES POLITIQUES
Contrée Orientale Outre Souez et Qoceyr, dépendant des gouvernemens du Caire et de
Kéné, les vastes solitudes parcourues par les nomades Arabes et trogloditiques. Bérénice, ancien port; le montZabarah, etc.
Contrée Occidentale Les oasis dites de Khargeh {La Grande ou oasis de Thèbes), celles
de Dakhel, de Farafreh, La Petite oasis, et l'oasis de Syouah ; les lacs de Natron.
Nubie. , -, Derr, Ouadi-Halfa, Ebsambol, Nouveau Dongolah, Korti, Me-
raoueh, Damer, Chendy, Sennar, Khartoum, Fazogl, Mohammed-Alipolis , et autres villes et lieux situés dans les contrées décrites aux pages 855 à 858.
Kordofan Obéid, voyez à la page 855.
Abyssinie Matzoua ou Massouah décrite â la page 853.
Voici les villes et, les lieux les plus re- les marchés ; plusieurs ont des erabran-
marquables de PÉGYPTE proprement chemens en zigzag aboutissant à des im-
dite : passes innombrables. Chacune de ces ra-
Le Caire (El-Kahira), très grande ville, mifications a une entrée , que les habitans
située dans une plaine sablonneuse à 400 ferment quand il leur plaît. La description
toises de la rive droite du Nil , au pied du de cette ville par M. Jomard nous apprend
mont Moqattam. Ses rues sont étroites, que le Caire est divisé en 53 quartiers
tortueuses et non pavées; quelques-unes appelés harah, dont 16 sont les princi-
sont si étroites que souvent les balcons de paux. Plusieurs se distinguent les uns
deux maisons opposées se touchent ; plu- des autres par la population qui leur est
sieurs sont couvertes par le haut, ce qui spéciale, comme celui des Juifs, le
les garantit des rayons du soleil • cela a quartier Copte , le quartier des Grecs
lieu surtout dans les rues où se tiennent et celui des Francs ou Européens,
AFRIQUE
Quatre places se distinguent par leur étendue : celles de Qara^eydan , de Roumeyleh , de Birket-el-fil , et d'£/- Ezbekyeh; les deux dernières sont inondées pendant les hautes eaux; la quatrième est la plus grande de la ville ; on peut la comparer pour l'étendue à deux fois celle de Louis XV à Paris. Elle offre un magnifique spectacle lorsqu'un grand nombre de barques illuminées la parcourent dans tous les sens au mois de septembre, quand la crue du Nil est au maximum.
Les maisons en terre et en briques, comme toutes celles de l'Egypte en général , sont mal construites ; la plupart ont deux et jusqu'à trois étages. N'étant éclairées que par des fenêtres sur des cours intérieures, elles présentent du côté de la rue l'aspect de prisons. Les palais des beijs et des kachefs et les maisons des premiers cheikhs ou chefs de la religion, de Vagâ, de Vouait/, du cadi et des autres fonctionnaires, se distinguent, au premier abord , des maisons des simples particuliers par une construction moins vicieuse, un aspect plus orné, une plus grande étendue. Le rez-de-chaussée est en pierre de taille, et chaque assise est ordinairement peinte en rouge ou en vert. Au-dessus , et à chaque étage , on voit des balcons très saillans en grillage; ou en boiseries travaillées au tour plus ou moins artisternent. Presque toutes ont une grande salle ouverte au rez-de-chaussée, nommée mandar ou belvédère, où le maître donne ses audiences, et d'où il voit tout ce qui entre dans la cour; une autre grande pièce au rez-de-chaussée, en forme de T , pavée en marbre , ornée au centre de jets d'eau et garnie de divans ou larges sophas; des salles de bains, des jardins situés au-delà du principal corps de logis , et de vastes écuries bien entretenues. Les magasins sont simples au dehors comme au dedans, et n'attirent nullement par l'artifice des étalages; les femmes n'y ont pas d'emploi et en sont exclues. Les cafés, au nombre d'environ 1200, sont des salles simplement garnies de nattes, avec des banquettes qui régnent tout autour, où l'on ne prend guère que la liqueur dont ils tirent leur nom, et cela, selon M. Rifaut, moyennant 2 paras la portion, ce qui équivaut actuellement à 2 centimes.
Une multitude de mosquées , plus élé-
gantes les unes que les autres , couvertes d'arabesques du meilleur goût et ornées de minarets admirables de richesse et de grâce , donnent à cette capitale un aspect imposant et varié. Quatre se distinguent parmi toutes les autres par leur étendue et leur architecture : celle de Touloun , vaste édifice du ixe siècle , qu'on regarde comme le plus beau monument arabe qui reste en Egypte, quoiqueen partie ruiné ; on y admire surtout la délicatesse des sculptures et ses beaux portiques en arcades. Viennent ensuite la mosquée d'El- Hakym, également remarquable par son antiquité , son étendue et ses ornemens ; celle de El-Azhar, qui est couverte par une coupole magnifique ; ses dépendances offrent une grande quantité d'appartemens destinés à loger les pèlerins qui vont à la Mecque; mais, ce o|iii la rend surtout célèbre , c'est le collège qui y est annexé et qui est le premier du pays. C'est là qu'enseignent les plus célèbres docteurs de l'islamisme ; une bibliothèque établie dans le collège facilite les études des élèves; cette mosquée est aussi la plus fréquentée. Enfin la mosquée de Sultan- JIassunf\a. plus remarquable par la grandeur et l'élévation de sa coupole, par la hauteur de ses deux minarets, par la variété des marbres qu'on y a prodigués et par ses ornemens en arabesques travaillés en pierre dure, en bois et en bronze.
Parmi les 31 bains principaux, on remarque par leur grandeur ou leur richesse ceux ài'Hammâm-Yezbak, û'El- Soultan, (\'El-Moyed , d'El-Tanbaleh , de Margouch, de Sounqor, tfEl-Soukkarieh, etc. On doit aussi mentionner les citernes, vastes bàtimens destinés à procurer de l'eau gratuitement à tout le peuple ; les plus remarquables sont ornées de colonnes de marbre et de grilles eu bronze, artisternent travaillées. Ordinairement l'étage supérieur est occupé par une école gratuite, où l'on apprend seulement à lire, à écrire et à compter, entretenue par la même fondation que la citerne. Quelques-unes des portes de la ville ; Yaqueduc, qui conduit l'eau du Nil à la citadelle; quelques-uns des marchés; les jardins, surtout celui dit Gheyt-Qasim Bey, où se réunissaient les membres de l'institut d'Egypte ; et les vastes cimetières dans l'intérieur et au-dehors de la ville, méritent d'attirer l'attention du voyageur. Les tombeaux, particulière-
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nient ceux que l'on nomme Tourab-el- Seydeh, El-Qarafeh et Tourab-Qaydbey sont remarquables par leur étendue et par la profusion des colonnes , des marbres , des sculptures et des ornemens. A l'égard des jardins, il faut remarquer qu'ils diffèrent entièrement de ceux de nos villes ; on y cherche en vain des allées, des promenades et du gazon; ce ne sont que des bosquets touffus, des massifs d'orangers et de citronniers et des berceaux de vignes.
La citadelle est située à une des pointes du Moqatlam qui la domine et qui rend impossible sa défense , inconvénient auquel le vice-roi a remédié en faisant construire un fort sur une hauteur voisine. C'est une des résidences du vice- roi qui y a un logement magnifique. C'est dans cette partie du Caire qu'on voyait encore, il y a peu de temps, les ruines àu palais royal de Salah-Eddin (le fameux sultan Saladin) dont le salon de Joseph , orné de piliers de granit rouge, est le plus important débris. Selon M. Champollion jeune un incendie a dévoré, il y a quelques années, les toits de ce grand et beau monument, et Ton a démoli le reste. Non loin on trouve le fameux puits de Joseph, que le grand Saladin a fait creuser près de sa résidence, et dont on admire la profondeur et l'étendue.
Cette ville doit beaucoup d'embellissemens et plusieurs établissemens au viceroi Mohammed-Ali. Nous citerons entre autres les constructions nouvelles exécutées dans le château du Caire, tant pour le palais du vice-roi que pour les établissemens militaires.
Nous avons signalé ailleurs la grande importance commerciale de cette ville , dont la population , avant le choléra et la peste qui l'ont désolée, nous parait avoir dû approcher de 330, ooo âmes : il est difficile qu'elle monte actuellement au-dessus de 270,000. Ce que nous venons de dire de la population du Caire doit s'appliquer au nombre d'habitans de presque toutes les autres villes de l'Egypte que ces deux terribles fléaux ont décimées.
Dans les environs immédiats et à quelques milles de distance de la moderne capitale de l'Egypte, on trouve plusieurs lieux remarquables ; nous citerons les suivans : Boulaq et le Vieux- Caire , sur la rive droite du Nil ; on les regarde comme les deux ports du Caire. A Boulaq on remarque la douane, le bazar, les bains, Yim-
primerie arabe, persane et turque, une école ou collège, des fabriques de soieries et d'indiennes qui occupent plus de 800 ouvriers, et de très beaux jardins; on estime sa population actuelle au-delà de 18,000 habitans. Au Vieux- Caire, qui parait correspondre à l'ancienne B a bylone et qui est le Fosthal ou Masr-el AU k des Arabes , on voit les greniers dits vul gaircment de Joseph^ ce sont sept cours carrées, dont les murs en briques ont 15 pieds de hauteur; ils renferment des tas de blé d'une hauteur prodigieuse ; an croit voir, dit M. Rifaud, des montagnes recouvertes avec des nattes. L'île de Roudau , où se trouvent de beaux jardins. on y voit aussi le fameux kilomètre situe à sora ex trémilé méridionale. Choubra, petit village remarquable par la maison de plaisance que le vice-roi y a fait bâtir il y a quelques année9 ; on y voit un kiosque de 280 mètres de circonférence, dont le milieu est orné d'une superbe fontaine en marbre de Carrare, et de beauxjardins, au centre desquels est bàli un vaste harem. Mohammed-Ali y passe une partie de l'été. Une partie renferme un jardin d'expérience, où l'on essaie d'acclimater des végétaux étrangers. Adou-Zabel, lieu important par le grand hôpital où l'on soigne 1200 malades, mais qui peut en recevoir jusqu'à i8oo. Sa fameuse école de médecine et de chirurgie, organisée sur le plan des institutions analogues de l'Europe a été transférée au Caire cl réunie à l'hôpital de Casrel-Ain ; îles Egyptiens formés à Paris y professent le français et traduisent nos ouvrages de médecine.
Djyzéh on Gyzéu, sur la rive gauche du Mil, chef-lieu d'une préfecture , petite ville industrieuse, que quelques voyageurs regardent comme la plus agréable de toute l'Egypte , et que les pyramides qui portent son nom et une brillante victoire de Bonaparte ont rendue célèbre. Ce* immenses mausolées qui sont les plus grands raonumens de ce genre que les hommes aient jamais élevés et dont l'origine remonte beaucoup audelà des temps historiques , ont été depuis la mémorable expédition d'Egypte le sujet de savantes recherches de la part de M. Jomard et d'autres archéologues; elles ne laissent plus de doute sur leur destination funéraire. L'intérieur de celles de Chéops et de Chephrènes , qui sont les plus grandes, offre de vastes chambres, dont les murailles sont formées de blocs immenses , et ont un sarcophage au milieu de la pièce principale. Dans la .pyramide de Chephrènes, qu'Hérodote prétendait n'avoir aucune chambre dans son intérieur, Belzoni , qui y pénétra le premier de nos jours, retrouva dans la grande salle, qui en occupe le centre , l'inscription faite par les Arabes qui l'avaient visitée dans le moyen âge et un immense sarcophage avec des ossemens qui furent reconnus avoir appartenu à un bœuf, ^pyramide deChéops est la plus grande de toutes ; sa hauteur, quid'aprèsles calculs erronés de Gemelli aurait été de 520 pieds et de 480 selon l'estimation de Savary, n'est d'après les mesures exactes prises par la Commission d'Egypte que de 428 pieds 3 pouces 2 lignes. Un sphinx colossal, le plus grand peutêtre qu'on ait encore sculpté, puisqu'il aurait scloa
AFRIQUE
Pline, 143 pieds de long, s'élève au pied de la pyramide de Chepurènes ; pendant plusieurs siècles, presque tout recouvert (Je sable, il n'en paraissait que le couetla tête, ensemble de27 pieds de haut. M. Caviglia découvrit la partie antérieure, et lut sur le second doigt de la palle gauche de devant une inscription en vers grecs, intéressante par la signature d'Arrien. D'autres importantesinscriptions ont été découvertes, ainsi qu'un petit temple à côté du sphinx et enfoui comme lui jusqu'alors. La troisième pyramide, attribuée à Mycerinus, moins grande que les précédentes , les surpassait en beauté, lorsqu'elle était toute revêtue en beau marbre de la Thébaïde arraché depuis par les Arabes pour orner d'autres édifices. Non loin est une quatrième pyramide de si petite dimension que sa hauteur est dépassée par beaucoup d'obélisques. Ces pyramides sont construites avec d'immenses blocs de pierre; la masse de la plus grande est de C.000,000 tonneaux. Dans les environs, plusieurs tumuli ensevelis sous les sables ont été, pour la première fois, visités dans leur intérieur par M. Caviglia, qui y a trouvé de belles sculptures et des peintures d'un éclat de couleurs remarquables; M. Sait les disait à tort plus anciens que les pyra mides. Ajoutons que ces célèbres pyramides viennent enfin d'être explorées; les momies des Pharaons y ont été retrouvées; leurs noms sont inscrits sur leurs sarcophages, et ces noms lus au moyen de l'alphabet de Champollion, sont les mêmes que ceux qu'Hérodote nous a traditionnellement conservés. S a qqap, a h ou Sakkara, village à la gauche du Nil, voisin des ruines de l'ancienne Memphis, seconde résidence des Pharaons; les pyramides qui portent son nom paraissent être, d'après les calculs de Champollion, la construction la plus ancienne que l'on connaisse de tout le globe. M. Msara a découvert d'immenses galeries sous la plus grande; et le général Minutoli a pénétré en 1821 dans une autre, dansl'intérieur de laquelle il trouva deux chambres, l'une couverte de hiéroglyphes en relief et l'autre de hiéroglyphes seulement tracés en noir.
Bédréchéin , Mit-Rahineu et Memf , villages entre lesquels se trouvent les débris de l'antique Memphis, la seconde résidence des Pharaons; les découvertes faites par les savans français, pendant l'occupation de l'Egypte par leurs armées , ont résolu tous les doutes qui restaient encore sur l'emplacement de celte métropole célèbre. On doit à M. Jomard une description complète de ses ruines. Memphis était bâtie sur la rive gauche du Nil et avait selon Diodore de Sicile 150 stades de circonférence. Le palais des Pharaons s'étendait en longueur d'une extrémité de la ville à l'autre; c'était vraisemblablement un amas de différens logemens , accompagnés de chapelles, de cours, de bosquets, de jardins, etc. Cette ville renfermait plusieurs temples magnifiques : un des plus beaux était celui de Pnthah ou Vulcain; on vantait la grandeur et la beauté de ses portiques et le colosse de 75 pieds de long couché sur le dos qu'on y voyait du temps d'Hérodote. Vis-à-vis du portique méridional s'élevait un bâtiment dans lequel le bœuf Apis était nourri. Un autre temple remarouable
était celui de Sérapis; on y abordait par une avenue de sphinx d'une grandeur prodigieuse ; les sables s'amoncelèrent successivement à l'entour de ces simulacres , au pointque du temps de Strabon, les uns étaient ensevelis jusqu'à la moitié du corps, les autres jusqu'à la tête, et qu'aujourd'hui ils ont disparu. Memphis communiquait par des canaux avec le fameux lac Mœris et avec le lac , ou pour parler plus exactement, avec la lagune Maréotis. Cet avantage contribua à la rendre le centre des richesses , du commerce et des beaux-arts. L'ancienne capitale , la magnifique Thèbes fut oubliée et la gloire de Memphis subsista jusqu'au temps où sesplus beaux édifices furent détruits par le féroce Cambyse , quoique cependant elle continuât à figurer par sa population et son étendue comme la seconde ville de l'Egypte. La fondation d'Alexandrie la fit beaucoup décheoir jusqu'à la conquête des Arabes. Prise d'assaut par ces féroces conquérans en 640, elle fut détruite de fond en comble. Nous ajouterons qu'il parait très probable que c'était dans cette capitale et non pas à Tunis que résidaient les Pharaons du temps de Moïse. Le village de Maiisaraii , est à la droite du Nil, près de Torrah (Troja) ; les vastes flancs de la montagne voisine offrent les carrières d'où l'on a tiré le beau calcaire employé à bâtir Memphis et les pyramides. Ces carrières ont été exploitées sous les Pharaons, les Perses, les Lagides, les Romains et dans les temps modernes , à cause de leur voisinage des capitales successives de l'Egypte, Memphis y Fosthat et Le Caire. Memf, autre village sur la gauche du Nil , important par ses ruines qui ont appartenu à l'ancienne Memphis. M. Caviglia y a exhumé la statue colossale du grand Sésoslris, de 34 pieds et demi de haut. Dauchour (Jcanlhus) et Abousir , petits villages, sur la même rive du Nil, remarquables par leurs pyramides. Près d'Abousir se trouvent les fameuses catacombes d'oiseaux mentionnées par Niebuhr, Davison , l'expédition française, Clarke et les autres voyageurs; ce sont de vastes corridors remplis du haut en bas de petites jarres où sont déposées les momies de ces animaux.
Nous allons maintenant indiquer les autres villes et les lieux les plus remarquables en descendant le Nil , depuis l'extrême frontière de l'Egypte jusqu'aux embouchures de ce fleuve dans la Méditerranée. Nous avons écrit entre parenthèses et en italique les noms anciens des lieux correspondans aux modernes
Dansle SAID ou la HAUTE-EGYPTE on trouve : Assouan, à la droite du Nil, petite ville remarquable par son commerce , par sa position pittoresque et par les antiquités qu'on trouve dans son voisinage. Tout près , au sud , on voit encore les murailles ét autres ruines de la ville bâtie par les Arabes sur l'emplacement de l'antique Syène, ville encore populeuse et florissante pendant le moyen âge , et si renommée dans l'antiquité par
RÉGION DÏJ NIL.
Je fameux puits au fond duquel, au jour du solstice d'été , l'image du soleil se peignait tout entière. « Syène, dit un géographe célèbre, qui sous tant de maîtres divers fut le poste avancé de l'Egypte, présente plus qu'aucun autre point du globe ce mélange confusde monumens qui, jusque dans les destinées des nations les plus puissantes, rappelle la fragilité humaine. Ici les Pharaons et les Ptolémées ont élevé ces temples et ces palais à moitié cachés sous le sable mobile ; ici les Romains et les Arabes ont bàli ces forts , ces murailles ; et au-dessus des débris de toutes ces constructions, des inscriptions françaises attestent que les guerriers et les savans de l'Europe moderne sont venus placer ici leurs tentes et leurs observatoires. Mais la puissance éternelle de la nature présente un spectacle encore plus grand. Voilà ces terrasses de granit de couleur rose grisâtre , coupées à pic et à travers lesquelles le Nil roule en écumant ses flots impétueux ; voilà ces carrières d'où l'on a tiré les obélisques et les statues colossales des temples égyptiens ; un obélisque ébauché en partie, attenant à son rocher natal , atteste encore les efforts de l'art et de la patience. Sur la surface lisse de ces roches, des sculptures hiéroglyphiques représentent les divinités égyptiennes , les sacrifices et les offrandes de cette nation qui, plus qu'aucune autre, a su s'identifier avec son pays , et qui, dans le sens le plus littéral , a gravé sur ie globe les souvenirs de sa gloire. »
Dans les environs de ce lieu remarquable , dont M. .lomard a donné une description très détaillée, On trouve, à la gauche, les catacombes ou les hypogées de Syène; vis-à-vis et au sud, une suite d'iles riantes et fertiles auxquelles leur verdure et leur situation délicieuse ont mérité le nom de Jardins du Tropique. Celle que l'on nomme E l-S a g, vis-à-vis d'Assouan , est la fameuse E l ép liant i ne des anciens; on y voit les restes du nilomètre décrit par Strabon , mais on a démoli entièrement les deux temples de l'époque d'Aménophis IIIe, pour bâtir une caserne et des magasins à Syène ! Plus au sud , on trouve l'ile d'El-Heif, lieu décrit par Michel- Ange Lancret; c'est la Philœ ou Philes , célèbre par ses temples, qui y attiraient un si grand nombre de pèlerins ; une foule d'inscriptions attestent leurs visites. En avant du grand temple était dressé l'obélisque dont les inscriptions , l'une grecque l'autre hiéroglyphique, ont amené Champollion , par leur comparaison attentive, à la découverte de l'alphabet phonétique, Citons encore la cataracte qui n'est qu'un rapide de 5 à 6 pieds de chute perpendiculaire,
Koum-Ombou (Ombos) , à la droite du Nil , misérable endroit remarquable par son grand temple et par un autre beaucoup plus petit, décrits par MM. Chabrol et Jomard. Le grand , d'une très belle architecture, a été commencé par Epiphane, et continué par ses successeurs. On y a trouvé, ainsi qu'en d'autres endroits, quelques peintures qui, n'ayant pas été achevées, prouvent, selon la remarque de M. Jomard , que les Egyptiens employaient pour la construction les mêmes procédés géométriques que les modernes, c'est-àdire qu'ils se servaient de la méthode des car-
reaux. Dans les environs , et en descendant le Nil, on trouve à la droite les vastes carrières de Djebel-Selseleh (Silsilis ), décrites par M. Rozière, et dont on a tiré ces blocs immenses qui ont servi aux constructions colossales de Thèbes et pour les temples d'Edfou et d'Esné. Ces carrières sont très riches en inscriptions de la xvme dynastie , et offrent plusieurs chapelles creusées dans le roc par Aménophis-Memnon, Horus, Rhamsès-Ie- Grand ou Sésoslris, Rhamsès son fils , Rhamsès- Meïamoun et Ménéphtah IIe; elles ont aussi des inscriptions hiératiques. Leur monument le plus important est un grand spéos commencé par le roi Horus, et remarquable surtout, dit M. Champollion, par la variété des époques des bas-reliefs qui le décorent , et qui font de cette immense galerie un véritable musée historique. M. Richardson vit , sur la rive droite du fleuve , un sphinx qui n'avait pas été achevé, des pierres à peine dégrossies, et en d'autres endroits des blocs presque détachés et les éclats qui sont encore tout près, comme si l'ouvrier avait quitté le travail la veille; mais près de vingt siècles se sont déjà écoulés I Edfou (Jpollonopofis-Magna),à la gauche du Nil, petite ville d'environ 2000 habitans , dont la prinpale industrie consiste à fabriquer des vases de terre auxquels ils donnent les formes qu'on voit encore représentées sur les plus anciennes sculptures des hypogées. On y voit un des plus grands temples de l'Egypte, très bien conservé, et d'une belle architecture,el dont les chapiteaux sont d'une grande richesse. De misérables cabanes en briques sont bâties sur le toit, dans le péristyle et devant le propylon de ce magnifique édifice. Edfou renferme un autre temple beaucoup plus petit, qui ressemble à ceux de Philœ , Denderah et autres.
Esné (Latopolis) , à la gauche du Nil , chef-lieu de préfecture, ville assez commerçante: c'est le rendez-vous des caravanes du Dar-Fouret duSennaar ; on y tient un grand marché pour les chameaux, renommés dans toute l'Egypte, et on y fabrique des tissus de colon , beaucoup de poterie, et une espèce de châles appelée milayeh. Parmi les ruines de Latopolis on admire le beau portique d'un grand temple, d'assez belle architecture, mais dont les bas-reliefs sont toutenfumés ; leur superficie , avec celle des hiéroglyphes, a été estimée à 5000 mètres carrés, ou 45,ooo pieds. Ce beau monument a été changé en magasin de coton. Il est surtout important par ses sculptures mythologiques et par le Zodiaque de son plafond, dont l'interprétation a fait attribuer à ce lemple une immense antiquité. M. Champollion , fondé sur plusieurs faits , pense que c'est au contraire le plus moderne de tous ceux qui existent encore en Egypte. Le temple de Contra-Lalo } sur la rive droite, a été démoli pour renforcer le quai d'Esné , que le Nil menace et finira par emporter. M. Letronne a prouvé que le zodiaque qui s'y trouvait ne pouvait être antérieur au temps d'Adrien. On estime la population d'Esné à environ 4000 âmes. Dans ses environs, vers le sud-est, est situé El-Kab} misérable village prèsduquel on voit les hypogées si intéressans de l'ancienne Elethyia. découverts par la Commission d'Egypte, et décrits par M. Costaz. les ruines d'un temp le pér\[)lvra\ ,
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ainsi que les murailles de la ville, que le docteur Richardson trouve être trop bien conservées pour pouvoir faire remonter leur construction aux anciens Egyptiens. Les hypogées, quoique moins grands et moins décorés que ceux de Thèbes, sont de la plus haute importance pour les archéologues, à cause des nombreux bas-reliefs peints et assez bien conservés qu'on voit sur leurs murailles; ils retracent les scènes principales de la vie domestique des anciens Egyptiens , tels que les travaux de l'agriculture el de la moisson , les vendanges, les danses champêtres, les funérailles, etc. Erment (Hermonthis),à la gauche du Nil , village important par ses débris d'anciens édifices, par les restes imposans d'un grand temple construit au temps de Cléopàtre fille d'Aulète, et par le voisinage des magnifiques ruines de Thèbes.
Louqsor ( Luxor ) , Kaunak et Med-Amoud à la droite, Medynet-Abou, Gournah, et autres misérables villages à la gauche, sont situés sur l'emplacement de l'ancienne Tiiêbes (appelée Diospolis-Magna par les Grecs), dont MM. Joîlois et Devilliers ont donné une description détaillée dans le grand ouvrage sur l'Egypte. Déjà du temps de Strabon elle n'offrait que les débris de sa grandeur répandus le long du Nil sur un espace de 80 stades. L'époque de sa plus grande splendeur connue a été sous les Pharaons des xvm', xix" et xx« dynasties, que M. Champollion place entre 1822 et 1300 avant Jésus-Christ. C'est pendant ces règnes brillans qu'eurent lieu, selon ce savant, l'expulsion des rois pasteurs, la restauration de la monarchie égyptienne, les vastes conquêtes de Sésostris en Afrique et en Asie, la construction de ses plus magnifiques édifices et des temples de la Nubie , la sortie des Juifs sous la conduite de Moïse, et rétablissement des colonies dans la Grèce par Danaiïs. C'est aussi à cette époque que Thèbes .paraît avoir eu plus de 30 milles de circonférence, et que ses temples et ses palais offraient des immenses richesses en or, en argent, en ivoire et en pierres précieuses. Enlevés plus tard par Cambyse, ces trésors servirent à embellir les palais de Persépolis , de Suze et autres de la Perse. Diodore de Sicile, témoin oculaire, cite encore un temple (probablement la grande enceinte de Karnak) qui avait 13 stades de tour, et dont les murailles avaient 24 pieds d'épaisseur et 45 coudées d'élévation. Dévastée plus tard par Ptolémée-Philométor, et détruite l'an 28 avant Jésus-Christ, par Cornélius Gallus, premier préfet de l'Egypte, cette antique cité ne se releva plus, et n'offrit depuislors qu'un amas de ruines, qu'on peutregarder comme les plus magnifiques et les plus anciennes qui existent sur toutle globe. Voici un tableau rapide des principaux débris épargnés par la barbarie des conquérans et l'action inévitable du temps.
Parmi ces restes imposans , nous citerons à 'a gauche du Nil : l'immense hippodrome , qui , comme le Circus-Maximus de l'ancienne Rome, est changé en un champ livré à l'agriculture. Les ruines de Medynet-Abou, étonnante réunion d'édifices appartenant à des Pharaons, à des Ptolémées et à des empereurs romains, et au milieu desquels s'élève l'énorme et gigantesque palais de RhamsèS'Meïamoun. On y admire un grand
nombre de compositions religieuses et historiques qui sont gravées sur le pourtour de la cour : elles représentent diverses fêtes et scènes, telles qu'offrandes, sacrifices, combats, courses en chars, initiations, et elles retracent les conquêtes de l'un des plus illustres d'entre les Pharaons, Les ruines de l'immense monument connu des Grecs sous le nom de Memnonium , mais que M. Champollion dit être YJménophion des Egyptiens. Ces ruines s'étendent sur un espace d'environ 1800 pieds de longueur ; on y voit des débris de plus de 18 colosses , dont les moindres avaient 20 pieds de haut; on y admire encore , du côté du fleuve, deux colosses qui, quoique assis , n'ont pas moins de Gi pieds de haut ; celui qui est situé vers lenord jouit d'une grande célébrité, sous le nom de colosse de Memnon. C'est le portrait du troisième Aménophis de la xvur dynastie, qui régnait vers l'an 1G80 avant Jésus-Christ , el la célèbre statue de Memnon , dont les anciens racontaient que la bouche faisait entendre des sonsharmonieux aussitôt qu'elle était frappée par les premiers rayons du soleil levant ; ni les savans de l'expédition d'Egypte, ni les voyageurs modernes, n'ont été assez heureux pour entendre ce son malgré leur persévérance à se conformer aux instructions de la tradition. Plus de 70 inscriptions grecques ou latines, en vers et en prose, faites par d'anciens voyageurs grecs et romains, se lisent encore sur les jambes de ce colosse; le docteur Richardson assure y avoir reconnu celles qui ont été tracées par Julie Bomilla , Cécile Treboulla , Pulitha Balbina et autres personnages qui accompagnaient dansleur voyage l'empereur Adrien et sa femme Sabine. Toutes ces inscriptions ont été recuilliesparPococke el Saltet expliquées par M. Letronnequi, dans son ouvrage ayant pour titre Sia» tue vocale de Memnon, adonné une théorie historique du son produit par l'effet des l'ayons du soleil, phénomène singulier, qui a cessé depuis le temps de Septime Sévère. La tête colossale dite dn jeune Memnon , d'une extraordinaire beauté, et du poids de 12 tonneaux, se trouve maintenant au musée de Londres, auquel Belzoni en a fait présent. Le Rhamesseum, ainsi nommé de son fondateur Rhamsès-le-Grand , a été pris pour le tombeau d'Osymandias, qui, selon toute apparence n'a jamais existé.Parmi les parties les moins dégradées , on remarque une salle hyposlyle , dont environ 30 colonnes subsistent encore intactes, et les énormes débris de la statue colossale de Rhamsèsle-Grand , qui assis, avait encore 53 pieds de haut, non compris la base, second bloc de 33 pieds de long sur 6 de hauteur. Le petit temple d'Hatôr , remarquable par son élégance et par ses ornemens. La grande Syringe , avec ses longs corridors et ses grandes salles souterraines. Les ruines de Gournah ou Qournah, qui présentent les restes imposans du Ménéphllieum , ou du palais du Pharaon Ménéphtah Ier.
Le long de la rive droite du Nil , on trouve ; â Luxor, les restes d'un palais immense , bâti par Aménophis-Memnon (Aménophth II!) delà xvm« dynastie , et par le grand Sésostris aussi de la xvme. Il est précédé de deux obélisques de 72 et
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de75picdsde haut, chacun d'un seul bloc de granit rose, d'un travail exquis, accompagnés de quatre colosses de même matière , dont deux de 44 pieds de haut, et deux d'environ 30 pieds, mais enfouis jusqu'à la poitrine -, vient ensuite un immense pylône haut de 50 pieds et un péristyle d'environ 200 colonnes, la plupart encore debout les plus grandes ont 10 pieds de diamètre. Ces immenses édifices appartiennent, selon M.Champollion , à Rhamsès-le-Grand ; à Ménéphtah 1er , Horus , Aménophis-Memnon, et autres rois. Nous ferons remarquer que l'un de ces deux obélisques celui de droite, a été amené à Paris, où il a été transporté sur le Louqsor , bâtiment construit exprès à Toulon. M. Lebas , ingénieur de la marine, a dirigé toutes les opérations difficiles de l'abatage et du transport de cette masse pesant 250,000 kilogrammes-, le lieutenant de vaisseau, M. Verninhac commanda cette expédition , qui a donné un éclatant témoignage de la perfection à laquelle ont été portées de nos jours la mécanique et la navigation. L'autre obélisque est à Londres , où il doit être élevé au milieu d'une des places de celte capitale. A Kafr-Karnak, on voit Vallée des Sphinx, longue de 1026 toises; elle s'élend entre Luxor et Karnak ; on y a compté plus de 600 sphinx de dimensions colossales. Mais c'est à Karnak qu'apparaît loule la magnificence pharaonique. Dans les débris de ce palais merveilleux , le voyageur est étonné par le grandiose d'édifices qu'on regarde comme supérieurs à tout ce qui est sorti de la main de l'homme. II y admire surtout Xavenue des colonnes de 70 pieds de haut, presque toutes renversées ; la salle hypostyle de 318 pieds de long sur 159 de large; son toit est soutenu par 134 colonnes encore debout , dont les plus grandes ont 70 pieds de hauteur, 11 de diamètre; la circonférence de leurs chapiteaux étant de 61 pieds, cent hommes peuvent se tenir à leur aise sur chacun d'eux ; la cour, où se trouve deux obélisques hauts de 69 pieds, mais dont un seul est debout; et enfin une autre salle entièrement détruite, où s'élève encore le plus grand des obélisques exislans , haut de près de 100 pieds. Il y contemple les portraits de la plupart des vieux Pharaons , dont les grandes actions sont représentées dans des tableaux de dimension colossale : ici il voit Ménéphthah Ier combattant les peuples ennemis de l'Egypte et rentrant en triomphateur dans sa patrie ; plus loin, les campagnes de Rhamsès-le-Grand; ailleurs Sésonchis traînant aux pieds delà Trinité thébaine, Ammon , Mouth et Khons , les chefs de plus de trente nations vaincues , parmi lesquelles M. Champollion a retrouvé en toutes lettres , Ioudahamalek , le royaume des Juifs ou de Juda ; découverte de la plus haute importance sous le triple rapport archéologique, historique et religieux.
A l'ouest de l\ledynet-Abou , on trouve : les tombeaux des rois de la xvuie , xixe , et xxe dynastie. Ils sont taillés dans la roche de calcaire, et à des niveaux différens, dans l'aride vallée que les habitans actuels de l'Egypte nomment Bibanel-Molouk , sur la rive gauche du Nil. L'imagination s'égare lorsque , au milieu de ces palais
souterrains , on réfléchit à la hardiesse d'une telle entreprise , à la constance qu'elle a dû demander et aux difficultés qu'il a fallu vaincre pour l'exécuter. Après avoir passé sous une porte assez simple , on entre dans de grandes galeries ou corridors couverts de sculptures parfaitement soignées, conservant en grande partie l'éclat des plus vives couleurs, et conduisant successivement à des salles soutenues par des piliers encore plus riches de décorations, jusqu'à ce qu'on arrive enfin à la salle principale , celle que les Egyptiens nommaient la salle dorée , plus vaste que toutes les autres et au milieu de laquelle reposait la momie du roi, dans un énorme sarcophage de granit. Le plus grand et le plus magnifique de tous ces tombeaux encore existans est,, selon M. Champollion , celui du successeur de Rhamerri, Rhamsès-Méïamoun ; il est orné de sculptures du plus haut intérêt. Une de ses petites salles latérales contient, entre autres choses, la représentation des travaux de la cuisine; une autre, celle des meubles les plus riches et les. plus somptueux ; une troisième est un arsenal complet où se voient des armes de toute espèce et les insignes militaires des légions égyptiennes: ici on a sculpté les barques et les canges royales avec toutes leurs décorations. Plusieurs de ces tombes royales portent sur leurs parois le témoignage écrit qu'elles étaient, il y a bien des siècles, abandonnées et seulement visitées par beaucoup de curieux, lesquels, comme ceux de nos jours encore , croyaient s'illustrer à jamais en griffonnant leurs noms sur les peintures et les bas-reliefs qu'ils ont ainsi défigurés. Ces inscriptions sont remarquables sous le rapport paléographique , puisqu'elles appartiennent à presque tous les siècles depuis les temps des Pharaons, des Perses, des Grecs , des Romains et des Arabes , jusqu'à ceux des voyageurs du moyen âge et de nos jours..
On ne doit pas oublier la nécropole de Thèbes ou les tombeaux des grands et les cimetières de cette ancienne capitale. Ils occupent une immense étendue sur la rive gauche du Nil, et on y trouve tous les genres de tombeaux enusage chez les anciens Egyptiens. M. Jomard a donné la description de ces monumens souterrains sous le nom ^hypogées de Thèbes. 11 y en a de si considérables en longueur que, selon M. Passalacqua, les galeries qui les composent pourraient contenir, dans certains hypogées, deux à trois mille hommes avec assez d'espace pour y circuler. Leurs entrées sont ordinairement dans les flancs des montagnes . et leur niveau le plus souvent horizontal. C'est dans cette nécropole qu'on a trouvé les plus belles momies et les plus anciens papyrus qui enrichissent les musées de l'Europe, et que M. Passalacqua a découvert il y a quelques années le tombeau encore intact d'un prêtre d'Ammon, que nous avons décrit à la page 331. Le village de Gournah, dont nous avons parlé plus haut, consiste dans une partie de cette uécropolis , puisque depuis long-temps la plupart des Arabes qui l'habitent n'ont d'autre demeure que ces mêmes tombeaux. Très indisciplinés et adonnés au vol , vivant sans aucune pratique ce-
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ligieuse, ces troglodytes d'un nouveau genre, dont le nombre s'élevait, vers la fin du xvin* siècle, à environ 4000 âmes, sont maintenant réduits, selon M. Rifaud, à 400 individus. Le commerce d'antiquités, surtout depuis 1817, est l'unique métier de cette peuplade aussi féroce qu'abrutie.
Qous {Apollonopolls-Parva) , petite ville assez commerçante , sur la rive droite du Nil ; on y voit les débris d'un grand temple. Keft ou Ooft iCoplos), non loin de la rive droite du Nil, une des villes les plus florissantes de l'Egypte lorsque, du temps de Strabon , elle était le grand entrepôt du commerce de cette contrée avec l'Inde et l'Arabie par le port de Bérénice ; sa prospérité dura jusqu'au règne de Dioclétien , qui la prit et la ruina de fond en comble pour la punir de s'être révoltée contre les Romains ; on voitencore les restes du grand bassin qui lui servait de port, et d'autres antiquités. Qené ou YLtxtu(Cœnepolis ou Neapolis), près de la rive droite du Nil , chef-lieu de préfecture, ville assez florissante, entrepôt des caravanes qui par Qosseïr. vont à la Mecque et renommée dans toute l'Egypte par sa fabrique de bardaques . ce sont des vases en terre cuite , qui ont la propriété de rafraîchir l'eau ; ils ont encore les mêmes formes qu'on voit représentées sur les monumens. On estime à 10,000 âmes sa population.
Denderah (Tentyris), non loin de la rive gauche du Nil et presque vis-à-vis de Kénéh. Ce n'est maintenant qu'un village, important par ses antiquités et surtout par son grand temple, regardé comme un chef-d'œuvre d'architecture égyptienne; on admire surtout le grand propylon et le portique ; la façade méridionale est ornée de figures colossales et est remarquable par la quadruple ceinture hiéroglyphique qui l'entoure. C'est au plafond d'une des salles supérieures qu'était placé le fameux planisphère, que M. Saulnier a fait transporter en France en 1821 et qui, acheté par le roi, devrait former maintenant un des plus intéressans morceaux du magnifique musée du Louvre. C'est ce même planisphère qui a fait naître tant d'hypothèses pour expliquer la prodigieuse antiquité qu'on attribuait à ce monument, mais quia disparu devant les faits positifs dus aux savantes recherches faites par MM. Champollion jeune, Richardson, Letronne, et autres archéologues. Madfounecii (la ville enterrée), sur un canal à la gauche du Nil , misérable endroit qui remplace l'ancienne Abydos ou Abydus , que Strabon dit avoir été la seconde ville après Thèbes , quoique dès son temps réduite à n'être qu'un simple village ; M. Jomard en a donné la première description détaillée. On admire encore dans ses environs de vastes hypogées et un grand nombre de ruines, entre autres d'un palais magnifique, en grande partie enseveli dans les sables-, son intérieur, très bien conservé et couvert de hiéroglyphes très bien sculptés et de peintures dont on admire l'étonnante vivacité des couleurs, quoiqu'elles datent de plus de 22 siècles. On a cru que cet édifice était le Memnonium où, selon Strabon, résidait le grand Osvmandias oulsmende, au'on
suppose avoir régné 2276 ans avant Jésus-Christ; mais , selon M. Champollion , il appartient réellement au règne de Ménéphthahl". M. Henniker vante aussi la grandeur extraordinaire des blocs employés dans sa construction. C'est parmi ces intéressantes ruines que M. Bank.es, en 1818, trouva un bas-relief consistant en plusieurs lignes de cartouches qu'on sait aujourd'hui, d'à près l'interprétation qu'en a donnée M. Champollion dans sa deuxième lettre sur le musée de Turin , être une table chronologique des anciens Pharaons désignés par leurs noms royaux ; c'est un des morceaux historiques les plus précieux que l'on ait encore découverts. M. Drovetti , aidé du père Ledislao , fit à Madfounéh une riche collection d'antiquités égyptiennes, dont la plupart sont à présent dans le musée du Turin. Djiudjeii , sur la gauche du Nil, ville assez considérable par sa population, son commerce et son industrie. Elle était autrefois la capitale de la Haute-Egypte et est encore aujourd'hui chef-lieu d'une préfecture ; on lui accorde 7000 habitans. Dans ses environs on voit à Menchy et-el- Nédé les ruines de Plolemais } sur la rive gauche du Nil , fondée par un des premiers Ptolémées et que Strabon disait être la plus grande ville de la Thébaïde ; selon cet ancien géographe, elle ne le cédait pas même à Memphis pour l'étendue.
Akumym (Chemmis ou Panopolis), à la droite du Nil, petite ville, remarquable par sa grande fabrique de toile de coton , par les ruines d'un temple et par les catacombes de ses environs; on porte àio.ooo âmes sa population. Qaou (Antœopolis), sur la rive droite du Nil , village important par plusieurs antiquités , entre autres par les grandes colonnes de son portique, reste d'un grand temple aujourd'hui renversé et par les immenses hypogées de son voisinage, qui sont couverts d'inscriptions et de hiéroglyphes; plusieurs n'ont pas encore été ouverts ; M. Sait y trouva deux momies d'une rare conservation. Syolt ou Assyout (Lycopolis) , à la gauche dJ Nil, chel'-Iieu d'une préfecture, ville assez bien bâtie, dont le vaste bazar est construit avec les matériaux d'anciens édifices. On la regarde ac^tuellemenlcomme la capitale de la Haute-Egypte. M. Jomard estime à 12,000 le nombre de ses habitans, que M. Richardson porte à 20,000. Syout est le lieu où s'assemblent les caravanes de la Nubie et du Soudan. Ses environs offrent dans la chaîne Libyque ou occidentale de vastes catacombes couvertes de hiéroglyphes ; plusieurs ont servi long-temps de demeures aux chrétiens dans les premiers siècles du christianisme.
Dans l'OUESTANIEH ou MOYENNE-EGYPTE on trouve :
Moxfalout, sur la rive gauche du Nil, cheflieu d'une préfecture ; quoique déchue de ce qu'elle était au temps de Norden,elle est encore assez importante par son industrie. Achmouneyn, non loin de la rive gauche du Nil , gros village auquel M. Richardson assigne 10,000 habitans, nombre réduit par d'autres à 7 , à 6 et jusqu'à 4000. Parmi les restes de l'antique Heumopolis Mac.na, ou distinguait encore naguère un ma-
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gnifique portique avec une double colonnade remarquable par la grandeur des colonnes , regardées comme les plus grandes de toute l'Egypte , celles de Tbèbes seules exceptées. Ce beau reste a été détruit il y a quelques années. Dans ses environs se trouve la vaste nécropolis d'Hermopolis Magna. Cheykh Abadé {Antinoé ouJntinopolis), à la droite du Nil, vis-à-vis d'Achmouneyn, village remarquable par les magnifiques ruines de temples, de théâtres, de thermes, d'arcs de triomphe, etc. , qui ont appartenu à Antinopolis, bâtie par Adrien en l'honneur de son favori Antinous , sur les ruines de l'ancienne ville de Besa , renommée dans toute l'Egypte par son oracle. La magnificence de ses édifices la fit appeler la Rome Egyptienne, et lui valurent l'honneur d'être pendant quelque temps la métropole delà Haute-Egypte. La stupide ignorance d'un chef a détruit il y a quelques années la plus grande partie de ces restes imposans pour former une fabrique de nitre au soleil. Tout près on trouve de vastes catacombes. Beni-H\ssan (Spéos Jrtemidos), à la droite du Nil, village presque abandonné, mais remarquable par les hypogées de son voisinage. « Dans ces catacombes antiques , dit M. Jomard , où les prêtres égyptiens ont tracé une quantité innombrable de hiéroglyphes , dont le secret a péri avec les collèges de Thèbes , de Memphis et d'Héliopolis, nous trouvons des colonnes semblables à celles des plus anciens temples grecs , des temples de Thésée et de Minerve , des temples de Posidonia , de Coré et d'Agrigen-te : ce sont des colonnes cannelées , à seize cannelures creuses, hautes de sept diamètres et un cinquième, diminué d'un dixième au sommet; enfin pareilles aux colonnes de l'ordre dorique grec , au chapiteau près , qui a la forme d'un abaque ou tailloir. Ainsi voilà encore un ordre grec emprunté à l'architecture des bords du Nil, comme l'a été ensuite l'ordre corinthien , puisé dans les colonnes dactyliformes de l'Egypte. » Le célèbre archéologue qui est parvenu à lire les hiéroglyphes, M. Cbampollion , a confirmé la découverte de M. Jomard , en reconnaissant dans ces colonnes taillées vingt siècles avant Jésus-Christ, le type du vieux ordre dorique. Outre les peintures relatives à la vie civile, aux arts, aux exercices gymnastiques, aux punitions militaires, etc., déjà remarquées par ses prédécesseurs , ce voyageur y a trouvé aussi de véritables gouaches d'une grande beauté , et surtout une série de peintures du plus haut intérêt, relatives aux métiers, et ce qui est neuf, à la caste militaire . dont elle retrace l'éducation, les soldats de toute arme et de tout rang, la petite guerre , un siège , la tortue et le bélier, un champ de bataille , la fabrication des différentes armes et autres objets semblables. Minyeh, à la gauche du Nil, chef-lieu d'une préfecture, assez jolie ville, remarquable par sa grande filature de coton montée en machines européennes, et par ses bardaques ou vases de terre pour conserver l'eau, dont on fait un grand débit. Behnésé; misérable village que nous ne nommons que pour signaler l'emplacement de la ville célèbre qu'il représente, d'OxYRYNCiius,
dont les habitans, après avoir été renommés parmi les anciens Egyptiens par leur extrême dévotion pour leurs faux dieux , étaient presque tous devenus des moines dans le ive siècle du christianisme. Tous ses bàtimens publics et les temples des idoles avait été convertis en monastères ; ces derniers y étaient même plus nombreux que les maisons particulières. On n'y comptait pas moins de 20,000 religieuses et 10,000 moines. La renommée de la piété de tous ces ecclésiastiques engagea une armée de 50,000 Nubiens à venir au secours d'Oxyrynchus , lorsque les Arabes envahirent l'Egypte. Beny-Soueyf , sur la rive gauche du Nil , chef-lieu de préfecture , une des villes les plus commerçantes, les plus industrieuses et les plus peuplées de i'Egypte-Moyenne.ATFYii(^/>/irodilopolis), sur la rive droite du Nil, chef-lieu d'une préfecture, petite ville d'environ 4000 habitans, en face de laquelle on trouve des pyramides.
Medynet-el-Fayoum ( Crocodilopolis ou Arsirtoé), chef-lieu de la prélecture du Fayoum. C'est une des villes les plus peuplées et les plus florissantes de l'Egypte-Moyenne, quoique beaucoup déchue depuis qu'elle a cessé d'être le séjour de plaisance des Mamelouks-, leurs vastes maisons tombent déjà en ruines. M. Ril'aud paraît lui accorder encore de 10 à 12,000 habitans. Elle s'élève presque au milieu du fertile plateau qui forme la province de Fayoum, qu'un grand canal met en communication avec le Nil. Plusieurs antiquités rendent important ce canton de l'Egypte, entre autres le célèbre lac Moeris, dont le nom actuel est Birket-el-Keroun, qu'on prétendait avoir été entièrement creusé par les Pharaons, mais que M. Jomard a prouvé n'avoir été que modifié par de grands travaux hydrauliques; le fameux labyrinthe dont l'emplacement présumé a été indiqué par ce savant et par M. Caristie, et que M. Letronne a si bien décrit d'après le témoignage d'Hérodote, de Diodore et de Strabon-, les pyramides de Meidoun et d' Haouara construites en briques; les grottes sépulcrales de Banc his , au nord delà seconde chaîne Libyque; Y obélisque au village d' El-begig ; le temple dit de Caroun} au sud-ouest de l'extrémité du lac Moeris. Mais nous ne pouvons nous dispenser de dire quelques mots sur le labyrinthe , qui était non-seulement le plus ancien et le plus magnifique de tous les ouvrages de ce genre mention- , nés dans l'histoire, mais qui, selon Hérodote était supérieur au temple de Diane à Ephèse , à celui de Junon à Samos et même aux célèbres pyramides. Ce bâtiment contenait 12 grandes salles , qui communiquaient ensemble par un égal nombre de portes placées les unes vis-à-vis des autres ; six de ces salles regardaient le nord et six le sud. Un même mur entourait tout l'édifice , qui était à deux étages , dans lesquels on comptait en tout 3000 chambres , dont 1500 dans la partie supérieure et autant sous terre. Cellesci étaient destinées à la sépulture des douze rois qui avaient fait bâtir le labyrinthe et à celle des crocodiles objet de la vénération spéciale des habitans de Crocodilopolis. Cet historien assure que ce qu'il ayait vu dans l'étage supérieur, le
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seul ouvert aux étrangers, lui paraissait surpasser tous les ouvrages des hommes, et qu'il ne pouvait se réprésenter sans une profonde admiration , les tours et les détours qui menaient et ramenaient dans les différentes pièces. Les plafonds et les murailles étaient revêtus de marbres et ornés de superbes morceaux de sculptures. Chaque appartement était entouré de colonnes de pierres blanches bien polies. A l'angle où finissait le labyrinthe , il y avait une pyramide de 40 toises de haut, sur laquelle étaient gravées de grandes figures d'animaux et où. Ton entrait par un conduit souterrain. Strabon et Pline ajoutent d'autres particularités ; dans l'intérieur on voyait des chapelles consacrées à plusieurs divinités et des galeries où Ton montait par 80 degrés, ornées d'un grand nombre de colonnes de porphyre, d'images des dieux et de statues des rois d'Egypte, le tout de taille colossale. Le toit formait une plate-forme immense , revêtue de quartiers de marbre d'une grandeur prodigieuse. Les passages se croisaient et se multipliaient à l'infini , en sorte qu'il était impossible à un étranger de retrouver le chemin par lequel il était venu. La solidité de ce vaste édifice égalait sa magnificence ; il résista pendant plusieurs siècles aux ravages du temps et même à la fureur des habitans d'Héracléopolis, qui l'avaient, dit-on, en horreur parce qu'il renfermait les crocodiles sacrés, animaux dontl'ichneumon qu'ils adoraient, était l'ennemi mortel. Pline assure que !e labyrinthe subsistait encore de son temps. 11 paraît que sa destruction doit être attribuée aux Arabes.
Dans le BAHARI ou la BASSE-EGYPTE on trouve :
Mataryeh, sur un canal qui aboutit à la rive droite de la branche orientale du Nil , dite aussi de Damiette ; c'est un petit village, remarquable par plusieurs restes d'édifices appartenant à l'ancienne On ou Hors , nommée plus tard Heliopolis par les Grecs à cause de son magnifique temple dédié au soleil. C'était une des plus grandes villes de l'ancienne Egypte, célèbre par la beauté de ses temples et par son collège où les prêtres enseignaient les hautes sciences et spécialement la philosophie et l'astronomie ; ce fut à leur école qu'Hérodote, Platon et Eudoxe s'instruisirent dans les sciences et les mystères des Egyptiens. C'est dans le temple du soleil que Puliphar, père d'Aseneth, épouse de Joseph, était prêtre ; c'est dans cette ville que , selon Diodore , le grand Sésostris éleva deux obélisques de 120 coudées ou pieds de haut sur 8 de large à la base. C'est encore ici que la tradition populaire place le puits , le jardin et le sycomore trouvés par Joseph et Marie dans leur fuite de la Judée, auprès desquels ils se reposèrent et se désaltérèrent. Déjà du temps de Strabon cette grande viîle était presque déserte, et une foule d'objets précieux enlevés à ses magnifiques monumens par Auguste et Constantin , servirent à embellir Rome et Constanlmople. Les ruines du fameux temple du Soleil, les débris des sphinx mentionnés par Strabon et le superbe obélisque d'un seul bloc de granit de 68 pieds de haut sur $ et demi à sa base , sont tout ce qui reste de
celte cité autrefois si célèbre. Ce dernier obélisque, et le temple à l'entrée duquel on l'avait placé, ont dû être érigés à l'époque où vivait Osortasen , roi de la seizième dynastie, et contemporain d'Abraham. Belbeys, petite ville , chef-lieu de préfecture, située à la jonction de plusieurs canaux dérivés du Nil, et fortifiée par Bonaparte en 1798. A quelques milles de distance était située la ville d' Onion qui renfermait \ejemple juif de ce nom, construit sur le modèle de celui de Jérusalem par Onias, fils du grand -prêtre Onias III ; des prêtres et des lévites y faisaient le même service et y pratiquaient les mêmes cérémonies que dans le vrai temple. Ptolémée Plùlométor, protecteur d'Onias, lui avait assigné quantité deierres et de grands revenus en argent pour son entretien et pour celui de ses desservans. Après Ja prise de Jérusalem, Vespasien le dépouilla de tous ses ornemens et le fit fermer, ce qui le fit tomber en ruines par la suite des temps.
Tell-Bastah (Tell-Boustah) , sur un canal qui aboutit au Menzaleh, misérable endroit remarquable par le voisinage de l'ancienne Bubastos,, dont les nombreuses ruines ont été découvertes par feu Malus. Bubastis , nommée Phi-beseth dans la Bible, était une des plus anciennes villes de l'Egypte , et a été la résidence des rois de la xxne dynastie mentionnée parManethon, qu'on place entre 970 et 850 ans avant Jésus-Christ. On y voyait un temple magnifique dédié à Bubastis, ou Pascht, divinité correspondant à la Diane des Grecs. Cette déesse y était représentée sous fa figure d'une chatte ; la fête , qu'on y célébrait, tous les ans en son honneur, tenait le premier rang dans le calendrier égyptien ; on prétend qu'elle y attirait 700,000 étrangers. On vantait beaucoup les dimensions du temple, la richesse et la beauté de ses sculptures. Non loin de Tell- Bastah, et sur le même canal, on trouve, Hehydeh, jolie petite ville moderne, presque ignorée des géographes, quoique florissante par l'industrie de ses habitans ; ses environs sont rangés parmi les parties de l'Egypte les mieux cultivées et les plus fertiles. Nous mentionnerons aussi Bousir ou Abousyr, misérable endroit qui correspond à l'ancienne Bus iris , si renommée par son grand temple consacré àlsis, et plus encore par la grande fête que les anciens Egyptiens célébraient tous les ans en l'honneur de cette déesse. On y voyait, selon Hérodote, une multitude extraordinaire de personnes des deux sexes qui, après s'être frappées et lamentées, mangeaient les restes du bœuf qui avait été immolé à la déesse ; ce repas sacré avait été précédé d'un long jeûne.
Meiullet-el-Kebir (le Grand-Quartier), sur le canal Meïig , autrefois chef-lieu de la province El-Gharbieh, et aujourd'hui de la préfecture de son nom, assez grande ville, très déchue, mais encore importante par l'industrie et le nombre de ses habitans , qu'on porte au-delà de 17,000. Mehallet-el-Kebir correspond à l'ancienne Xo is ; selon M. Ritter, elle serait la même que Cynopolis. Tantah, située presque au milieu du Delta, et chef-lieu de préfecture. C'est une des
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villes les plus belles et les plus peuplées de la Basse- Eygpte, remarquable par sa belle mosquée, dont ou vante le dôme et la bauteur des minarets, mais surtout parle grand nombre de pèlerins qui , trois fois par an, viennent visiter le tombeau de Seyd- Jhmedel-Bedaouy, ce qui donne lieu à trois riches foires ; celle du mois d'avril est la plus considérable. M. Rifaud dit que les marchands qui la fréquentent sont beaucoup plus nombreux que ceux qui se réunissent à Beaucaire. Fouaii, sur la rive droite de la branche de Rosette, nommée anciennement Bolbitinique , assez grande ville, chef-lieu de préfecture et assez florissante par son commerce et surtout par son industrie. Dans ses environs et dans un rayon de 18 milles on trouve \Rahmany eh , petite ville importante \>av\e grand canal de Mahmoudy j que le vice-roi a fait creuser , et qui a été mentionné à la page 825. Non loin, à K ourdi, était Naucratis , sur la branche Canopique, une des villes les plus commerçantes de l'ancienne Egypte , à cause de son port qui , sous les Pharaons , était le seul du royaume où les vaisseaux marchands eussent la permission d'aborder.Les Grecsy avaientélevé un temple magnilique aux frais communs de neuf villes de l'Asie- Mineure. Sa-el-Iladj ar (Sa-de-la-Pierre) , misérable village près duquel on voit les ruines présumées de Sais , l'ancienne capitale du Delta , la mère d'Athènes et la ville qui vit naître et mourir le roi Psammétique ; son corps fut déposé dans le temple de Minerve, édifice magnifique dont le portique, suivant Hérodote, surpassait de beaucoup tous les autres bàtimens de ce genre , tant par son élévation et son étendue, que par la qualité et la grandeur des pierres qu'on y avait employées ; il était orné de statues colossales (androsphinx) , d'une hauteur prodigieuse. Tout près de son entrée principale était une chapelle monolithe ou formée d'une seule pierre, qu'Amasis avait fait transporter de Y île Elép!;antine, éloignée d'environ 600 milles de Sais; 2000 hommes furent occupés pendant trois ans à ce transport difficile. Cette chapelle avait en dehors 21 coudées de long , 14 de large et 8 de haut dans œuvre ; sa longueur était de 18 coudées sur 12 de large et 5 de haut. Ce superbe édifice et tant d'autres monumens magnifiques ont entièrement disparu. Les restes imposans des circonvallations colossales de ses trois nécropoles } visités par M. Champollion , sont tout ce qui subsiste de cette grande cité où l'on célébrait, en l'honneur de Minerve, la fameuse fête des lampes, ainsi nommée par la grande quantité de lampes qu'on allumait autour des maisons; les Egyptiens qui ne pouvaient se trouver cette nuit là à Sais, observaient chez eux la même cérémonie d'allumer des lampes. Damanhour (Rermopolis-Parva) , assez grande ville, située près du canal du même nom, chef-lieu d'une préfecture et importante surtout par ses plantations de coton. Rosette ou Rachid (Bolbitine) , située sur la rive gauche de la branche du Nil qui en prend le nom et que les anciens nommaient Bolbitinique. C'est une des plus importantes villes du Delta , à laquelle d'anciennes re-
lations accordent 40,000 habitans , nombre qu'il faut réduire à environ 15,000. On y remarque une grande mosquée dont le toit est supporté par un grand nombre de colonnes -, ses deux minarets sont remarquables par la légèreté de leur architecture et par leur élévation. Depuis l'ouverture du grand canal de Mahmoudy, le commerce de Rosette a beaucoup perdu. C'est dans celte ville que M. Bouchard a trouvé en 1799 le célèbre monument dit Pierre de Rosette, consistant en une inscription gravée en trois caractères difîérens : le sacré ou hiéroglyphique ; l'enc ho ri al ou démotique , et le grec. Ce précieux monument, ainsi que l'obélisque de Philae dont nous avons parlé , sont de la plus haute importance pour tout ce qui concerne l'explication des hiéroglyphes , science dans laquelle M. Young, mais surtout M. Champollion jeune , ont acquis justement de nos jours tant de célébrité. La pierre de Rosette est aujourd'hui conservée à Londres. Damiette {Tamialhis) , chef-lieu de préfecture, sur la rive droite et à & milles de l'embouchure de la branche du Nil qui en prend le nom. C'est une des villes les mieux bâties et les mieux situées de l'Egypte; quoique très déchue, elle fait encore un commerce assez étendu, et se distingue par son iudustrie , par la richesse de sa pèche et par sa population. Les vastes et beaux magasins du riz, construits par le vice-roi, et quelques-unes de ses mosquées sont ses édifices les plus remarquables. Sans adopter les exagérations de quelques voyageurs modernes, et sans lui accorder les 70 et même 80,000 habitans que lui assignent quelques géographes , sans doute d'après d'anciennes relations qui paraissent se rapporter au temps des croisades, nous croyons que sa population actuelle ne va pas beaucoup au-delà de 20,000 âmes. Nous ne devons pas manquer de relever une autre erreur des écrivains, qui ORt confondu la Damiette actuelle avec la Damiette du temps des croisades , et qui ont cru que la dislance considérable qui sépare aujourd'hui Damiette de la mer, provient des alluvions du Nil. M. Reinaud a fait voir qu'en 1250 le gouvernement égyptien, craignant une nouvelle invasion de croisés, fit raser l'ancienne Damiette, et que la ville actuelle s'est formée peu-à peu de maisons bâties dans l'intérieur des terres. Nous nppelleronsà ce propos, d'après la remarque judicieuse d'un observateur intelligent, que c'est par une méprise semblable que l'on a prétendu prouver l'abaissement du niveau de la Méditerranée , fondé sur l'embarquement de saint Louis a Aigues- Mortes. M. Vaysse de Villiers a prouvé, à l'aide d'argumens qui nous paraissent sans réplique , que la mer n'a jamais baigné les murs de cette ville , et que saint Louis n'a pu s'y embarquer que dans une chaloupe, comme ses successeurs pourraient le faire encore aujourd'hui. La seule différence consiste dans le peu de profondeur et dans le rétrécissement du canal qui met Aigucs- Mortes en communication avec la mer, changemens dus aux attérissemens qui se sont formés pour avoir négligé de le nettoyer. Nous pourrions citer plus d'un exemple de ce genre, ni2is nous les destinons à un autre ouvrage.
AFRIQUE
Dans un rayon de 35 milles on trouve : Me nzalehj petite ville, près de la vaste lagune à laquelle elle donne son nom; ses environs et les îles sont habités par une race abrutie qu'on pourrait appeler ichthyophage , parce qu'elle vit presque exclusivement des produits de l'abondante pêche qu'on y fait. C'est sur un de ces îlots qu'était située l'ancienne Th e une sus ou Tennis, qui dans le w* siècle floiissait par ses nombreuses manufactures , et qui ne comptait pas moins de 30,000 habitans chrétiens. Sa n , village habité par des pêcheurs , dont les cabanes s'élèvent au milieu des débris d'une ancienne ville nommée Zoan par les Juifs , et Tunis parles Grecs. C'est de cette ville qu'une des principales branches du IN il prenait le nom de Tanitique. Tanis était le siège des rois des xxie et xxiue dynasties de Manethon , et, selon quelques savans , le lieu où Moïse vint au monde , et le théâtre des prodiges opérés parce prophète pour délivrer les Juifs de l'esclavage. On y voit encore les débris de sept obélisques, de quelques monolithes, et d'autres anciens monumens. Tmay-e l- Emdy d , lieu remarquable par son beau temple monolithe de granit, décrit par M. Jomard et par lord Valenlia , et posé sur un piédestal de la même pierre. Mansourah , sur la rive droite de la branche de Damiette , dans un canton regardé comme le plus fertile et un des mieux cultivés de l'Egypte. C'est une des principales villes du Delta et le chef-lieu d'une préfecture ; M. Michaud y a encore vu le bâtiment où saint Louis fut mis en captivité après la perte de la bataille donnée dans les environs de cette ville. Koum-Zalat, misérable endroit que nous citons pour signaler l'emplacement de Butis. ou Buto, une des villes les plus remarquables de l'ancienne Egypte par son immense temple monolithe dédié à Lalone, et par son oracle qui était le plus vénéré de cette contrée; le temple avait, selon les auteurs anciens, 40 coudées de haut sur autant de long; une pierre immense, dont les rebords avaient quatre coudées , lui servait de couverture. Les habitans de ses environs et de l'espace marécageux compris entre Rosette et Damiette , parlaient anciennement le dialecte bachmourique , et se distinguaient de leurs voisins par leur rusticité ; leurs descendans paraissent être aussi sauvages que leurs ancêtres. Au sud-est de Tennis, mais hors du rayon de Damiette , on trouve Tyneh, autre lieu misérable , mais assez important par la petite forteresse turque qui défend l'entrée du canal bourbeux, autrefois nommé branche Pélusiaque du nom de Pe lusium , dont on voit encore dans le voisinage les anciennes murailles assez bien conservées. C'était une place forte que les monarques de l'Egypte regardaient comme la clef de leur royaume du côté de la Syrie ; pour mieux la défendre , ils avaient même fait construire une épaisse muraille d'environ 90 milles , qui s'étendait depuis celte forteresse jusqu'à Héliopolis. Pelusium n'est pas, comme on l'a cru, la patrie du célèbre Ptolémée, dont les ouvrages sur la géographie et l'astronomie sont les plus importans que l'antiquité nous ait légués. Plus au nord ,
et sur les bords de la Méditerranée , on voit E l- A rie h, château fort, environné de jardins potagers et de palmiers ; il correspond à l'ancienne Jihino corura , dont le nom, qui signifie nez coupé, a donné lieu à plusieurs historiens d'écrire que c'était un établissement formé par une troupe de brigands, à qui un certain roi avait fait couper le nez. Du temps des Romains, c'était un grand entrepôt pour les marchandises qui, de l'Arabie, venaient en Europe.
Alexandrie {Alexandrin) dite Iscanderiéu par les Arabes et par les Turks , place forte , située sur une langue de terre sablonneuse , fermée par la Méditerranée et le lac Mariout {Maréotis). Elle a deux ports , et on doit y distinguer deux parties entièrement différentes : la Ville-Moderne et la Ville- Ancienne. Les constructions modernes sont irrégulières et les rues qu'elles forment malpropres. Le nouveau palais, la douane, la mosquée des mille et une colonnes, et surtout les fortifications et Yarsenal de la marine sont les constructions modernes les plus importantes. Le canal de Rahmanyeh fait communiquer cette ville avec Le Caire par la branche du Nil qui débouche 5 milles au-dessous de Rosette. Alexandrie est l'entrepôt du commerce que l'Egypte fait avec Constantiuople, Livourne, Venise , Trieste et Marseille; c'est une des stations principales de la navigation à vapeur sur la Méditerranée; on y a établi, en 1842, le bureau central de communication accélérée entre Londres et Bombay, par Le Caire et Suez. Sa population a considérablement augmenté depuis le commencement de ce siècle , puisque, au lieu de 17,000 âmes qu'elle comptait alors, on lui en donne aujourd'hui 50,000.
Plusieurs ruines et quelques monumens attestent encore la magnificence et la richesse de la résidence des Ptolémées et de la capitale de l'Egypte pendantla longue domination des Romains. Cette métropole superbe, bâtie par Alexandre, qui en donna lui-même le plan et le fit exécuter parle célèbre architecte Dinocrates , avait 96 stades de circonférence , et sa population, sous le règne d'Auguste , parait avoir dépassé 700,000 âmes. Une rue droite de 100 pieds de large la traversait dans toute sa longueur ; elle formait une suite de portiques, de temples et d'autres magnifiques édifices ; une autre rue non moins belle la coupait à angles droits; leur intersection formait une vaste place carrée, du milieu de laquelle on voyait deux ports et les vaisseaux qui à pleines voiles arrivaient de la Méditerranée et du lac Maréotis. Un môle magnifique et artificiel nommé Heptastade, parce <|u'il avait 7 stades de long, réunissait file de Phare au continent, el séparait les deux ports qu'Alexandrie possédait sur la Méditerranée. A l'entrée du grand port, et sur un rocher , s'élevait la fameuse tour du Phare, au sommet de laquelle on allumait des feux toutes les nuits pour guider les vaisseaux ; on y avait pratiqué divers étages entourés de galeries soutenues par des colonnes de marbre ; sa hauteur paraît avoir dépassé 400 pieds ; on la rangeait parmi les merveilles du monde. Alexandrie était partagée en plusieurs quartiers , dont le Bruchion, nommé aussi le quartier des palais,
REGION DU ML
était le plus magnifique et le plus étendu. Outre le palais bâti par ordre d' Alexandre, on en voyait plusieurs autres construits par les Ptolémées; tous ces bâtimens communiquaient ensemble. Cïest dans ce quartier qu'était le théâtre, le stade et le gymnase. Ce dernier était orné de portiques de 600 pieds de long , soutenus par plusieurs rangs de colonnes de marbre, dont cinq subsistent encore. Dans le temple de Soma ou Sema reposait le corps d'Alexandre , que le premier des Ptolémées y avait déposé dans un cercueil d'or massif. Dans ce même quartier on voyait la fameuse bibliothèque et le musée ; la première doit être regardée comme la plus grande collection de livres qui ait été faite par les anciens; avant l'incendie, qui en réduisit en cendres la plus grande partie, du temps de Jules César, elle ne comptait pas moins de 700, <soo volumes , ou pour mieux dire rouleaux , qui contenaient beat coup moins de matière que nos volumes imprimés. Le musée était une véritable académie de savans ; elle différait cependant de nos académies , en ce que ses membres vivaient ensemble dans un magnifique édifice aux frais des rois d'Egypte et ensuite à ceux des empereurs romains. C'est à cet établissement qu'Alexandrie est redevable d'avoir été pendant tant de siècles à la tête de la civilisation des peuples anciens et du moyen âge, et d'avoir produit tant de grands hommes dans les sciences et les belles-lettres. Plus tard elle posséda une célèbre école qui pourrait être regardée comme le berceau de la théologie chrétienne ; elle donna à l'église plusieurs pères illustres par leur doctrine. Dans le quartier de Rachotis, ainsi appelé du village de ce nom qui existait avant la fondation de la ville , on voyait le vaste et magnifique temple de Sérapis, bâti en marbre , au milieu d'une immense cour environnée de galeries et d'appartemens destinés à loger ses nombreux desservans ; la statue du dieu était d'une grandeur énorme ; ce temple a été détruit par ordre de l'empereur Théodose. Les restes de la fameuse bibliothèque déposés dans un bel édifice annexé au bâtiment principal formèrent, avec la riche bibliothèque de Pergame , donnée par Marc-Antoine à Cléopàtre , et par les augmentations successives qui eurent lieu pendant la domination romaine, la seconde bibliothèque, presque aussi considérable que la première -, elle fut détruite par le fanatisme du calife Omar. C'est dans ce même quartier qu'était la superbe colonne de granit rouge , qu'on nomme communément la colonne de Pompée; sa hauteur totale est de 114 pieds; le fût , quoique d'un seul bloc , n'a pas moins de 90 pieds de long sur 9 de diamètre ; ce monument subsiste encore ; il domine la ville et sert de signal aux vaisseaux. Un canal navigable, nomme fossa Alexandrina, traversait ce quartier et mettait en communication le lac Maréotis avec le port d'Eunoste sur laMéditerrànée; il fournissait aussi l'eau aux citernes de la ville-, ces dernières étaient en si grand nombre, que presque toutes les maisons étaient bâties sur des voûtes-, ces constructions superbes, dues aux Grecs et aux Romains, subsistent encore presqu'en entier. Alexandrie avait
deux faubourgs très considérables ; l'un nommé Nécropo lis [\à ville des morts) , était remarquable par ses nombreuses grottes sépulcrales, dont plusieurs sont taillées dans le roc et excitent encore l'admiration des voyageurs qui von les visiter. Davison , en 1763, vit les murailles de quelques-unes couvertes de peintures, dont les voyageurs récens ne font pas mention. L'autre faubourg commençait à la porte de Canope; on y voit encore l'hippodrome, cirque spacieux destiné à la course des chevaux , et les deux obélisques, dits aiguilles de Cléopàtre, dont l'un est debout et a été donné au roi de France par le vice-roi Mohammed-Ali, et l'autre, qui est renversé, appartient aux Anglais, qui ne l'ont pas encore enlevé à cause des difficultés du transport ; ces deux blocs superbes sont en granit et chargés de hiéroglyphes ; ils ont environ 60 pieds de haut sur 7 de large à la base. Nous finirons par faire observer qu'Alexandrie a été pendant 60oans la première place commerçante du monde ; que c'est dans cette ville qu'environ 285 ans avant Jésus- Christ l'on a fait en grec la première traduction de la Bible, et que c'est en fouillant dans ses ruines , qui n'ont jamais été bien explorées , qu'on trouvera peut-être des monumens en deux ou îrois langues qui compléteront la mémorable découverte de l'interprétation de l'écriture hiéroglyphique.
Dans les environs d'Alexandrie on trouve : El- Kheyt, où l'on voit encore les débris de l'ancienne Marea et de son immense quai, ainsi que les restes d'une espèce de bassin où l'on conservaitles vaisseaux. Abouk ir } village avec une forteresse qui en défend le port; dans son voisinage s'élevait jadis C anop us , si célèbre par son temple de Sérapis , auquel on se rendait en foule pour assister aux fêtes qu'on y célébraitet dans lesquelles la dissolution était portée au dernier excès.