POSSESSIONS MÉDIATES
Alger Les tribus des Hadjouths, des Beni-Moussa , El-Khachena,
Is séria, Flissa, Zouaoua , Beni-Soieiman , Ouled-el-Hachem, Beni-Menasser, etc.
Oran Les tribus des Hachem-Gharaba, des Gharaba, des Medja-
her, des Cherk, des Beni-Amer, des Ghosel, des Trarah, des Angad ; et dans le Désert, l'oasis d' Ain-Madhy, point commercial et stratégique très important.
Constantine Les k/ialifatsde Salie (de la Côte), de Ferdj iouah, de
Uedjanah; les tribus Kaby le s desenvirons de Bougie, agricoles et industrieuses, dont les plus nombreuses sont : les Barbacha ; les Beni-Abbas, ou se trouve El-Kala ; les Gheboula ; le vaste territoire plus ou moins dépendant du Che ik-e l-Arab , qui comprend le Djerid , qui s'étend dans le Désert (Sahara), et dont Biskarah et Tuggurt sont les lieux les plus remarquaDles.
La justice est rendue par 3 tribunaux les armes françaises, et Abd-el-Kader,
de ire instance établis à Alger, Oran et émir de Mascara, que de nombreuses dé-
Bone ; il y a en outre à Alger une cour faites n'ont point encore abattu, auquel
royale et un tribunal de commerce, plusieurs villes ont été enlevées et qui
La richesse du territoire qui longe la continue seul la guerre. Quelques tribus
Méditerranée offre une des plus utiles ex- arabes des plus puissantes forment aussi
ploitations pour les capitalistes français. De de petits états indépendans, mais peu con-
vastes édifices, des ports, des canaux, des sidérables.
ponts, des routes se construisent partout; Avant d'indiquer les villes principale?
ïe commerce élève comme par enchante- de. la régence d'Alger nous devons dire un
ment des villes nouvelles, les vieilles cités mot sur les concessions, dénomination
se redressent, 40,ooo européens y travail- employée pour désigner la partie du sol
lent incessamment sous la protection de qui depuis quatre siècles appartenait à la
l'armée. Deux puissans ennemis s'étaient France. Ce territoire s'étendait le long de
déclarés contre les Français parmi les Ara- la côte depuis Bugia (Bougie) ou Bodjéyah
bes de la régence : Achmet, bey de Constan- jusqu'à la frontière de l'état de Tunis. Il
Une qui a vu tomber sa puissance devant se composait de deux parties distinctes;
REGION DU MAGHREB.
ia Partie Orientale , depuis la frontière de Tunis jusqu'à la rivière de Seybas ou Seibouse (Rubricalus) , qui appartenait entièrement à la France, et sur laquelle s'élevaient les forteresses de Bastion de France, de La Calle et le Poste du Moulin; la Partie Occidentale , depuis le Seybas jusqu'à Bougie, sur laquelle la régence d'Alger concédait à la France, moyennant une redevance déterminée, la pêche exclusive du corail. Cette redevance, qui par le traité du Bastion de France, en 1694, avait été tixée à 17,000 livres, fut portée à 60,ooo en 1790 et à 200,000 francs par le traité de 1817. Ces établisseinens, qui dans le xvne siècle étaient encore assez considérables, se composaient, outre les trois forts déjà mentionnés, de ceux du Cap Roux , du Cap Rose et du Cap Nègre.
Déjà antérieurement à 1798, ils avaient été tellement négligés , qu'avant la dernière guerre il n'y avait plus que le Poste du Moulin et La Calle qui eussent une faible garnison régulière de 2 à 300 hommes. Malgré leur petite importance sous le rapport militaire , ces établissemens étaient bien autrement importans sous celui du commerce. En 1825 , la pèche du corail y employa 183 bâtimens du port de 1791 tonneaux et montés par 1986 hommes d'équipage ; le produit en fut de 25,985 kilogrammes , évalués sur les lieux à 1,812,450 francs, et qui, travaillés , devaient représenter ensuite une valeur très considérable. La presque totalité de ces bâtimens étaient italiens, mais tous payaient une redevance à la France. En 1827 , le Poste du Moulin et La Calle furent entièrement démolis par les troupes du dey.
Alger, que les Arabes* appellent Al- Djézayr, est bâtie en amphithéâtre sur le penchant d'une colline ; elle a un port, des rues étroites et des maisons terminées en terrasse, selon J'usage de l'Orient. Défendue d'une manière formidable du côté de la mer, celte ville est très faible du côté de terre. Le fort de l'Empereur (Sullan-Calassi) qui la dominait et la défendait, était lui-même dominé par une hauteur sur laquelle se trouve le jardin du consul des Pays-Bas. Les principaux édifices publics sont : le Serai ou palais du dey, appelé Pachali; il a deux grandes cours entourées de vastes bâtimens , avec des galeries spacieuses soutenues
de colonnes de marbre apportées de Gènes ; à son entrée étaient les instrumens de supplice, et l'on y exposait les têtes des rebelles ; le dernier dey habitait dans la Qassâbah (Al-Kassaba) ou citadelle située sur une «minence , à l'extrémité méridionale de la ville, des fortifications de laquelle elle forme en même temps une partie principale. Viennent ensuite ^arsenal ou chantier de construction : un mur élevé le sépare de la ville ; il communique avec la mer par trois portes ou ouvertures qui servent à lancer les bâtimens ; la Djami (Djouma) ou mosquée principale , et surtout celle qui a été commencée par les esclave?
chrétiens en 1790 ; les cinq qassaryah ou casernes réservées à la milice : ce sont les plus beaux bâtimens de la ville; le marbre et les fontaines les décorent partout. Les bagfies ou les cinq casernes qui étaient destinées aux esclaves, sont de grands bâtimens avec de vastes corridors auxquels on arrive par une cour sombre et sale; c'était là que, couchés sur la paille, les malheureux captifs se reposaient des rigoureux travaux qu'on leur imposait. On doit ajouter les bazars et quelques maisons des plus riches particuliers. On ne doit pas oublier la nouvelle place , ouverle par les Français en 1832, en faisant sauter , au moyen d'une mine secrètement préparée, l'une des deux grandes mosquées. Alger possède trois collèges, qui sont des espèces de séminaires destinés à l'instruction des ministres du culte , outre un grand nombre ^écoles publiques où l'on apprend à lire et à écrire aux enfans des deux sexes de cinq à six ans et au-dessus. Une école de médecine s'est déjà formée ; on doit créer un cours d'accouchemens à l'hôpital civil , ainsi qu'une bibliothèque publique dans chacune des trois villes principales de la régence. Depuis l'occupation on y publie le Moniteur algérien; il parait une fois par semaine. Alger est le siège d'un évéché suffragant d'Aix . érigé en 1838, l'entrepôt principal dû commerce de cette partie de l'Afrique et la station principale des pyroscaphes destinés à entretenir des communications fréquentes entre la France Méridionale et les principaux ports du littoral Algérien. Sa population dépassées 000 âmes.
Alger, par sa position, par ses formidables batteries , par sa flotte et par l'audace de
AFRIQUE
.ses habilans était justement considérée comme la Malte musulmane. Les Français ont augmenté ses fortifications ; son armement commence déjà à prendre l'aspect de celui des places fortes de France. On doit ajouter qu'à la prise de celte ville, on y trouva I2bâtimens de guerre, 1500 pièces de canons en bronze, les arsenaux de mer et de terre remplis d'armes et de munitions, et dans la Qassàbah un trésor d'environ 48 millions de francs en or et argent monnayé , et dont on a beaucoup exagéré la valeur en la portant à 270 et même à 400 millions. Le butin fait à Alger doit donc être rangé à côté des plus riches que les chances de la guerre aient fait tomber entre les mains d'un ennemi, victorieux.
Voici les villes et lieux les plus remarquables suivant l'ordre des divisions.
Le long de la Méditerranée et à l'OUEST D'AL- GER on trouve : Sidi-Ferruch, qui porte aussi le nom espagnol de Torre-Ciuca (Petite Tour), baie qu'a rendue célèbre le débarquement opéré en 1830 par l'armée française, une des expéditions navales les plus grandes et les plus mémorables de l'histoire moderne , par le nombre des bâtimens employés dans le transport et par le talent remarquable avec lequel ellea été conduite. Scherschêl (Sersel, Sargel) , petite mais remarquable par l'industrie de ses habitans et par les débris d'anciens édifices. Ténës , jadis capitale d'un petit royaume. Belidau (Blidah), dans une situation délicieuse à l'embouchure de trois routes qui en font un point militaire et commercial très important. Naguère couverte de ruines causées parle tremblement de terre de 1825; grâce à la fertilité de son territoire, elle compte aujourd'hui plus de mille maisons européennes , des entreprises de diligences, de beaux hôtels, un marché important et s'agrandit tous les jours. Medf.au {Medeya), jadis chef-lieu de la province de Titeri; territoire 1 rès fertile, bel aqueduc, environ 6000 âmes; quelques ruines semblent appartenir à l'ancienne Lamida. Près de là, le Col de M ouzaia qui, avec la célèbre gorge du Biban (Portes de Fer), à plusieurs milles au S.-E., est une des positions .stratégiques les plus importantes de l'Algérie. Dans l'intérieur à l'EST , au SUD et à l'OUEST D'ALGER on trouve : Oostiiantijynah (Constanl ine, Çirtha et plus tard Constantina), résidence des anciens beys ; après un assaut très meurtrier rette ville a été, en 1837, prise par les Français. Elle est située sur une presqu'île que contourne le Roumel (Rummel) ; c'est une place très forte d'environ 20,000 âmes , chef-lieu de la division de son nom. Elle paraît être encore la plusgrande ville de cette partie de l'Afrique. Le pont sur le Roumel ou Soufegmar, bâti par les Romains et encore bien conservé, les quatre portes revêtues de sculptures élégantes , X arc-de-triomphe , le bas-relief près du pont, plusieurs pierres sé-
pulcrales, et une grande quantité de ruines d'autels, de bas-reliefs, aqueducs et de collonnes rappellent les magnifiques constructions qui décoraient cette ville, autrefois une des plus importantes de l'Afrique-, elle a vu naîîre deux puissans rois de Numidie, Massinissa et Jugurtha; plus lard elle a été la capitale de la Mauritanie Césarienne. Dans la partie supérieure de la ville le Ouad-el-Kebir sort d'un souterrain et forme une grande cascade; ce point, élevé deCoo pieds au-dessus de la plaine, est l'endroit d'où l'on précipite encore comme autrefois les criminels. Bougie, remarquable par son port, par les mines de fer qu'on exploite dans ses environs, et fameuse surtout par l'invention des chandelles de cire auxquelles elle a donné son nom: composée de ruines romaines, mauresques, espagnoles et génoises, située dans une position admirable, elle a été pendant le moyen âge une des plus commerçantes villes de l'Afrique. Avant ses derniers désastres on lui accordait 1800 maisons; maintenant elle n'a pas mille habitans. Bone, ou Bounah (Beled-el-A'neb) , ville fortifiée de 5000 âmes avec un port, rendez-vous principal des navires employés à la pèche du corail qu'on fait le long de la côte jusqu'à l'île Tabarca, et centre de la colonisation commencée dans son fertile territoire. Dans ses environs on voit les ruines d'H/ppone, célèbre par l épiscopat de saint Augustin. La Calle, naguère encore principal établissement fi ançais sur cette côte, et ruinée depuis 1827. L'île Th abarqah (Tabarca) cédée en 1830 à la France par le dey de Tunis. Elle a un bon port. Sétif (fort d'Orléans), ancien fort romain, l'un des points les plus impoi tans du plateau intérieur de l'Algérie. Ou ah ram {Orari),chef-lieude division, avec une double rade. Jadis la résidence du bey de toute la partie occidentale de l'état d'Alger; elle a appartenu à l'Espagne jusqu'en 1792. Ses fortifications très endommagées par les tremblemeiis de terre et négligées par les Algériens, sont encore très importantes, surtout depuis qu'elles ont été en partie réparées par les Français. Les vastes magasins en pierre de taille construits par les Espagnols existent encore intacts. Sa population s'élève aujourd'hui à 8600 habilans. Plus loin se trouve Mers-el-Kebir, regardé par les marins comme le meilleur port de la côte après celui d'Arzeou. Mostaciianem (Mostagan), place forte, occupée en 1833 par les Français; sa population s'est beaucoup accrue dppuis que les Juifs de Mascara s'y «ont établis après la destruction de cette ville, arrivée à la fin de 1835. Mazagran, petite ville de près de 3000 habitans , au milieu d'un territoire très fertile et bien cultivé. Arzeou (Arzew), très petite ville de 500 habitans, à laquelle la pureté du ciel, la fertilité de son territoire, ses riches salines et le voisinage du meilleur port de la régence donnent une grande importance; c'est le Portus Magnus de» anciens; les restes de vastes citernes et d'un grand nombre de constructions romaines attestent son ancienne splendeur ; on croit que ces importantes ruines appartiennent à l'ancienne Arse naria. Callah , petite ville sale et mal bâtie, sur une montagne , remarquable parce qu'on y fabrique
REGION DU MAGHREB.
la plus grande partie des tapis et des étoffes de laine en. usage dans cette partie de l'Afrique; les villages qui l'environnent se livrent à la même industrie. Mascara , ville insignifiante selon quelques géographes, était naguère très importante par sa population qu'on pouvait estimer audelà de 10,000 âmes et comme résidence du célèbre Abd-cl-Kader ; prise par les Français.
à la fin de 1835 , elle lut abandonnée , après avoir été livrée aux flammes et réduite à un amas de ruines. Tlemecen (Tremécen) , remarquable par son industrie, sa population et par les débris de plusieurs anciens édifices. C'est encore la ville la plus considérable de la province d'Oran,par sa population qui peut-être dépasse 10,000 âmes.
Empire de Marok.
C'est le plus puissant état de cette région , quoique depuis long-temps bien déchu. Non-seulement depuis 1795 il a perdu l'influence qu'il conservait encore sur le royaume de Ten-Boktoue (ïombouetou) , qui pendant les règnes de Mouley-ismayl , mort en 1727 , et de Prlouley-A'bd-Allah , son successeur, était tributaire de l'empire, mais il a vu même une grande partie du royaume de Sous .s'en détacher pour former l'état indépendant de Sydy-Hescliam. Cet empire dans ses limites actuelles se compose , selon M. Grâberg, du royaume de Fez (Fês), au nord de la Morbeya; de celui de Marok , avec une partie du ci-devant royaume de Sous, au sud de ce fleuve; du royaume de Tâfilêlt , au midi de l'Atlas. L'ancien royaume de Segelmesa n'est aujourd'hui qu'un district de celui de Tàfilélt. Il y a en outre le pays de Zara'a et le district de El-Hharits , aussi au sud de l'Atlas. Les deux royaumes de Fez et de Marok sont divisés, selon M. Grâberg, en 30 provinces ou préfectures dont quelques-unes sont très grandes, tandis que quelques autres ne comprennent qu'une ville avec sa banlieue.
Les nombreuses tribus Amazirg et Chelloks sont régies par des chefs nommés par elles-mêmes, et les tribus Arabes par des cheikhs nommés par le sultan.
Nous avons déjà fait observer que de nombreuses tribus Atlantiques et Arabes conservent entièrement leur indépendance sur le territoire qu'on regarde comme dépendant de l'empereur. Selon M. Grâberg, les villes impériales de Fez, Marok et Mequinez sont alternativement la résidence de l'empereur.
Marok ou Maroc (MerdAasc/i), grande ville, une des trois résidences impériales et capitale du royaume de ce nom, située dans une vaste plaine fertile, qui est en
même temps un plateau élevé d'environ 2r>o toises au-dessus du niveau de la mer Plusieurs édifices 'décorent celte ville autrelois si populeuse, et rappellent son an-
cienne splendeur. Nous nous bornerons à nommer les suivans , en prenant pour guide principal un officier anglais très instruit, M. Washington, qui l'a visitée en 1830 : le palais impérial , immense édifice de 1500 yards de long sur 600 de large , subdivisé en plusieurs pavillons séparés par de vastes cours et de grands jardins ; la place d audience ou le Meschouâr , grand carré entouré d'un mur, où l'empereur donne audience et prononce ses jugemens; la mosquée El- Kouloubia, remarquable surtout par son immense tour carrée , haute de 220 pieds anglais et divisée en sept étages ; sa construction, qui remonte vers la fin du xnc siècle , est contemporaine de la Giralda de Séville et.de la Sma-IIassan de Rabatt, édifices qui lui sont entièrement semblables; c'est un des bàlimens arabes les plus remarquables; la mosquée El-Moazin , qui se distingue par ses grandes dimensions : c'est aussi la plus ancienne de la ville ; celle de Beni- Yousef; l'édifice nommé Bel-Abbas, qui offre réunis dans sa vaste enceinte un sanctuaire, un mausolée, une mosquée et un hôpital où l'on soigne jusqu'à 1500 malades; la Qussaryah (Al-Kaisseria)^ grand bâtiment entouré de boutiques où les négocians étalent leurs marchandises ; l'immense fabrique de maroquins où , assura-t-on à M. Washington, 1500 personnes étaient employées ; la brillante couleur jaune de ce maroquin n'a pas encore pu être imitée par les tanneurs européens. Onne doit pas oublier les vastes magasins où l'on conserve une immense quantité de blé, les grands cimetières et les ruines des aqueducs, dont quelques-uns se prolongent jusqu'à 20 milles hors des murs de la ville. Marok a beaucoup perdu depuis que les empereurs n'y font plus leur résidence ordinaire. Sans adopter les chiffres évidemment exagérés de M Jackson, ni les 30,000 habitans que lui accordait au commencement du siècle A!i- Bey, nous croyons que sa population ac-
AFRIQUE
tuelle doit flotter entre 50 à 60,000 âmes. Nous ajouterons que , dans un rayon de 28 milles au sud-sud-est de Marok , s'élève le M iltsin, le plus haut sommet mesuré de l'Atlas ; sa hauteur absolue est de 1782 toises; et que vers le sud-est, à environ 18 milles, on voit de vastes ruines nommées Tas sremout (Tassremoot) par les indigènes ; ce sont des débris de fortes et épaisses murailles en pierre de taille, de bains, de voûtes, etc., qui ont appartenu probablement à une ville romaine ou même carthaginoise ; mais ce qui est curieux, c'est de voir que la tradition populaire raconte sur la chute de cette antique cité à-peu-près les mêmes circonstances qui accompagnèrent, d'après Timmortel Homère , la ruine de Troie.
Fez ou Fês , une des trois résidences impériales , située dans le royaume de ce nom, dont elle est la capitale. Cette ville est la plus importante de l'empire , quoique moins grande que Marok ; M.Grâberg la regarde comme la véritable capitale de l'empire; elle est située sur un ruisseau affluent du Séboue , dans une espèce d'entonnoir formé par des montagnes bien boisées. Ses maisons , toutes construites avec des briques bien faites et cuites au four , ont en général un étage au-dessus du rez-de-chaussée et ne reçoivent l'air que par une cour intérieure ; une terrasse en forme le toit. Les rues sont pavées, mais étroites , tortueuses et très sales ; ce ne sont, pour ainsi dire, que de longues galeries couvertes par des treilles ou de la maçonnerie, ce qui empêche l'air de circuler. Selon M. Caillié, Fez n'offre aucun monument remarquable. On y compte cependant beaucoup de mosquées, toutes surmontées d'un minaret d'environ 100 pieds de haut ; celle de mouley- Edrys est la plus belle ; elle offre ce qu'il y a de plus beau dans la ville. Fez possède aussi des bains sulfureux et ferrugineux qui sont très fréquentés. Ali— Bey, qui l'a visitée au commencement de ce siècle, la regarde comme la plus belle ville de la Barbarie , et parle beaucoup de ses écoles renommées dans toute l'Afrique , ainsi que de sa bibliothèque qui est très considérable pour cette contrée. Quoique M. Caillié n'accorde à Fez que 20,000 habitans, nous croyons qu'on ne se tromperait pas beaucoup en portant à 80;ooo sa population actuelle; c'est le
minimum que lui assigne un juge très compétent, M. Grâberg. Les couvertures de laine , les fabriques d'armes blanches et à feu, de maroquin , de poudre à canon et d'autres articles occupent une grande partie des habitans , qui font eu outre un commerce très étendu.
Meknasah ( Méquinez ) , à quelque* milles au sud-ouest de Fez, dans un vallon fertile entouré de hauteurs et assez bien cultivé. Le palais impérial, vaste bâtiment carré et fortifié est l'édifice le plus remarquable de cette ville, à laquelle Hœst n'accorde que 10,000 habitans , tandis que M. Jackson lui en assigne 110,000. Nous dirons avec M. Grâberg que leur nombre reste sûrement au-dessous de 60,ooo.
Voici les autres villes et lieux les plus remarquables de l'empire :
Dans le ROYAUME DE FEZ on trouve : Tethouân (Tetouan) remarquable par son port sur la Méditerranée, par sa population et par son commerce. Tanceh (Tanger), sur le détroit de Gibraltar, importante par son port et par son commerce très actif; c'est la résidence des consuls européens. Larache ou El-A'rayscii, à l'emboucliure du Luccos; c'est la station ordinaire delà flotte de l'empereur; depuis 1780 son commerce a beaucoup diminué. Salé (Sla), à l'embouchure du Buregreg, autrefois repaire de corsaires très redoutables qui osaient faire même des descentes sur les côtes des pays habités par les chrétiens; depuis quelque temps elie est très déchue , quoique M. Washington lui accorde encore 10,000 âmes. Rabâth (Rabat) ou Nouveau- Salê, vis-à-vis de Salé ; c'est encore une des principales villes de l'empire , malgré l'état de décadence où elle se trouve; elle a un chantier, un petit port et peut-être 25,000 habitans. La tour carrée nommée Sma-Hassan, haute de iso pieds anglais ; le mausolée d'un sultan et celui d'Jl-Mansor, le héros de l' Afrique-Mauresque, sont les objets les plus remarquables. Al-Qassar (Al-Kazarr) , ville très déchue , mais qui compte encore 8000 âmes.
Dans le ROYAUME DE MAROK on trouve . Mâzaygan (Mazagan), qui n'offre rien de remarquable , ainsi que Asafy (Sam). Oualydiah (Voladia) , désignée comme le meilleur endroit de cette côte où l'on pourrait former un bon port; Mogador ou Soueyrah , rebâtie régulièrement en 1760, fortifiée et pourvue d'un port qui se comble de sables comme tous ceux de celte côte. C'est la place maritime la plus commerçante de l'empire-, elle nous paraît être aussi sa' meilleure forteresse. Parmi ses bàtimens la fameuse tour de Beny-Hhasan se distingue par sa grande élévation.
Agadir, jadis nommée Santa-Çruz par les Portugais qui en étaient les maîtres; elle a un port sur l'Atlantique. Dans l'intérieur nous nomme-
REGION DU MAGHREB.
ions : Taroudant, capitale de la province de Sous , ville très déchue , quoique encore importante par sou industrie et sa population, que M. Grâberg porte à 20 ou 22,000 àmes.TAGAvosT, que ce savant géographe dit être industrieuse , très commerçante et la plus grande de cette province.
Dans le ROYAUME DE TAFILELT (Tafilet) , sur le versant septentrional de l'Atlas, on voit le palais impérial Dârora'ydah. Suivant M. Caillié,
Guourland serait le lieu le plus important de cette contrée, et Ressant serait la résidence du gouvernement. Ce royaume est généralement appelé, par les sujets ne l'empire, Belàd-él-Scherfâ (le pays des schérifs) , parce que c'est des rois de Tâfilêlt que la dynastie impériale des schérits t égnans tire son origine.
Dans le PAYS DE DARA'H, M. Caillié nous fait connaître la petite ville de Mimeina.
Etat de Sydy-Hescham, 1810 par Hescham, fils du entre Ten-Boktoue (Tombouctou) et Ma
Fondé en
schérif Ahhmed-ebn-Mousay. 11 se compose d'une partie du Pays de Sous, et il s'étend quelque peu à Test et au sud de cette contrée. Habité par une population industrieuse, agricole , guerrière et marchande, cet état parait être actuellement considéré comme l'entrepôt du commerce
rok. Les marchands de cette dernière ville aiment mieux s'y arrêter que de traverser d'affreuses solitudes pour se rendre à Ten-Boktoue. Talent en est la capitale ; on y voit en outre Ilegh , où se trouve le tombeau vénéré du schérif Ahhmed père de Hescham.
Bélâd-êl-Djéryd et Ssahhrâ (Bilecîulgei id et Sahara).
LeBélàd-êl-Djéryd et surtout le Ssahhrâ, dans la partie qui n'est pas comprise dans les états que nous venons de décrire, offrent dans leurs vallons, leurs oasis et leurs affreux déserts, un grand nombre de pays qu'on peut et que l'on doit même regarder comme des états entièrement indépendans; ils sont presque tous habités par des nomades plus ou moins féroces. Nous avons déjà nommé les trois nations principales auxquelles ils appartiennent. Nous nous bornerons ici à citer, d'après la lumineuse classification de M. d'Avezac, les tribus les plus connues et les plus remarquables de chacune de ces grandes divisions de l'ouest à Test, et en commençant par celles que l'on connaît sous le nom de Maures.
Les MAURES occupent la côte de l'Atlantique , mire l'état de Sydy-Hescham et le Sénégal , et s'étendent dans l'intérieur jusqu'aux solitudes parcourues par les Touàryq (Touariks). Ces nomades sont subdivisés en un grand nombre de tribus, dont la plupart se distinguent par leur «•xtrème férocité et leur passion pour le brigandage. Rien n'est plus difficile que de se reconnaître au milieu des indications diverses données par les voyageurs et les géographes sur la dénomination de ces tribus et leur distribution dans leSâhhel : ce point de géographie était resté dans une déplorable incertitude, jusqu'à ce que les travaux de M. d'Avezac eussent porté la lumière dans l'ethnographie de cette contrée. Ses recherches ont établi que cette portion du Désert est habitée a-la-fois par des Maures de pure race arabe, soit Qahhlhânyte, soit Isma'ylyte, venus d'Orient aux premiers siècles de l'hégire ; et par
d'autres Maures de race mélangée, issus des tribus arabes les plus anciennement émigrées de l'Yémen en Afrique et entées sur les populations Berbères indigènes.
Parmi les M a u r e s mélangés on doit classer les nombreuses tribus confondues sous le patronyme commun de Ssanhâ<;ah (Zanaga, Zénagues) et formant plusieurs groupes de l'ouest à l'est, sous les noms principaux de Teràrzah ( Trarzas , Trazarts, Tarassa), Beràknali (Bracknas , Ebraguena , Brancnarts), Do uyscli (Doviches , Douiches) , etc. Dans le groupe de Terârzah sont compris les Aoulâd-él-Hhdggy Darma'ko (Darmancourts), les Aoulâd-Ahhmed Dahmàn (Ouîadahmedset Ouladamins), riverains du Sénégal ; les A'àdjounah (Azounas), brigands qui infestent la côte voisine ; les Aoulàd- Mobàrek (Oulad-Mbarrik), qui habitent l'intérieur, et nombre d'autres qabyles ou tribus. Dans le groupe de Beràknali se trouvent les ldd-J'mar(]Anïamar), dont Mungo-Park éprouva la brutale rapacité; les Gégébah (Dhiedhiebe) , parmi lesquels a vécu M. Caillié; les Tàkdnt (Tagantes) et beaucoup d'autres. Dans le groupe des D 0 u y s c h sont compris les Aoulâd Ghaysï (Oulad-Kroïsi), plus connus sous le nom de Aoulàd-Abou-Seyf (Houlas de Bouséif, Valades Bousséïfes); les Kountah (Kounts , Kontats, Oulad-sydi-Moktar) et peut-être aussi les Zaouàt qui habitent vers Araouân. Dans la même catégorie est Lamtiiah, souche des Aoulâd-NouK' (Oulet deNun, Woled-Nun), qui habitent la vallée de Noun (Ouâdy-Noun); des Masoufah , qui exploitaient jadis les mines de sel de Taghàsay, aujourd'hui abandonnées, et peut-être des Ouarqalân (Varéclan, Querquelen), qui occupaient le Désert au voisinage du Bélàd-êl-Djéryd , et qui paraissent les mêmes que ceux qu'on appelle aujourd'hui Touàt (Tawats, Tuath, Tsuats), du nom delà principale oasis qu'ils possèdent.
Quant aux tribus arabes de race pure,
AFRIQUE
files peuvent être classées en deux groupes principaux: l'un d'origine Isma'ylyte et portant le nom de HÉLÂMHilel, Héléil), l'autre d'origine Qahlitliânyte et auquel appartient le nom de Maciiylah (Mahchil, Maguilla). Parmi les tribus qui forment le groupe de Hélâl, les plus connues sont celles des Bény-A'mer (Bénihémir) et des Mos lémyn ( M usli m, Mo nsel mines, M o n slé mi n es) , qui demeurent vers le cap Bojador -, et celle d'El- Jlhar'ds , qui est probablement la même dont M. Caillié prononce le nom El-Harib, dans le voisinage du Pays de Dara'li. Peut-être faut-il annexer à ce groupe les tribus de Tiknah (Dikna), de Modjâl (Mjot, Emjot, Mujatts, Mougearts) , de Moghâferah (Mograffra) , de TadjakdntÇTajacantes) et quelques autres. Parmi celles qui sonlcomprises dans la descendance de Maghylaii, les plus célèbres sont : celle des Sébàyn ou Aoulâd-Aby-Sébd (Oulad-Besba , Villa de Bousbach, Ulled-Missebah , Ladbessebas, Bessebes et peutêtre Labôs) , et celle des Delemyn ou Aoulàd- De ley m (WadeWms, Ouletsde Line, Oulad-Elim, Oulad-Lème , Ulled-Dleim) , qui toutes deux habitent dans les environs du Cap-BIajic , et sont des monstres de cruauté. Dans le même lignage sont: la tribu d'El- Ouoddyah (Ludaya, Ludayes) , maîtresse des oasis de Ouàdan et de Oualatah , et celle de Bcirbousch ou des Berdbysch, à laquelle appartient Tyschyt. A ce groupe on peut annexer les tribus d'El-A'rousyah (Larousie, El-Arosiem), d'Arkybàt (Orgbébet) et plusieurs autres.
Les oasis les plus remarquables de cette partie d u Désert, sont: en premier lieu celle deToudl, qui est fort étendue -, la capitale est Aghdbfy; on y trouve encore la ville de A'yn-él-Ssàlah , naguère visitée par le major Laing. Ouada i (Hoden), Tyschyt, Taoudyny , Taghâzay (Tagaza), sont célèbres par leurs mines de sel gemme. Araouân offre une petite ville d'environ 3000 âmes. Enfin les deux Oualâtah (Gualata , Oualet), souvent confondues, sont deux stations distinctes, l'une sur la route du Sénégal à Marok, appartenant aux Ouodàyn, l'autre sur la route de Ten-Boktoue et paraissant occupée par les Berâbyscli ; c'est de celle-ci que l'on a fait un prétendu royaume de Byrou (Beeroo) , à cause des puits (en arabe byrou) qui s'y trouvent.
Les TOUARYQ {Touariks).Les tribus indépendantes de ce peuple nombreux et guerrier occupent toute la partie moyenne du Ssahlirà depuis les confins des pays habités par les Berbers de Marok, d'Alger et de Tunis, et les Arabes de Tripoli, jusqu'au sud de Ten-Boktoue (Tombouclou) et au nord de Djénny et du Bornou, et depuis les confins des pays parcourus par les Maures ou Arabes occidentaux du Désert jusqu'à ceux des Tybou (Tibbos). Partagés en un grand nombre de tribus jusqu'à présent peu connues, les Touàryq sont encore, depuis les Carthaginois et les Romains, les conducteurs des caravanes , les courtiers et en partie même les marchands qui font le commerce actif et régulier, qui de temps immémorial existe entre le nord et le centre
de l'Afrique. Leurs tribus les plus puissantes sont
les suivantes : celles des Hhagarâ (Haugars , Agarys) qui habitent entre Touat, et Araouàn ; Ahyrou Hayrleur appartient, et Ouallen parait être leur capitale ; ils sont renommés par leur perfidie et leur cruauté : Laing courut le risque de la vie au milieu d'eux. Celle des Sourqa (Soorkas, Sorgous) qui s'étendent depuis Mabrouk jusque vers Djénny, soumettant tous le? peuples nègres voisins à leursinsolentes exactions Au nord de Haoussah sont les Taglidma et an nord de ceux-ci les Kollouvi , auxquels appartiennent les oasis d'Azben et de Ghàt, et tout le Ssahlirà jusqu'au Fezzan. On cite encore les Matkara, les Mahinga et plusieurs autres tribus. Parmi toutes ces tribus , celles de Hhagarà et Matkara sont les moins mélangées; elles ont le teint seulement basané ; les autres offrent des nuances plus foncées à raison de leur voisinage des races nègres et des croisemens qui en sont résultés. Les principales oasis appartenant aux Touàryq sont : Ghàt , espèce de république oligarchique; dans sa capitale, qui porte le même nom, on tient tous les ans une foire fréquentée par un grand nombre de tribus du Ssahlirà. Ahir, grande et fertile , mais peu connue; Mabrouk , peu importante ; Asb en, une des plus grande?; on dit que sa capitale Agliades est aussi considérable que Tripoli ; c'est un des plus grands entrepôts du commerce du Ssahlirà.
Les TYBOU , TIBBOU ou TIBBOS ne possèdent pointexclusivementla partie orientale du Ssahlirà à laquelle le nom spécial de Désert de Lybie a été imposé par les géographes. Au nord, le pays de Barqàh, que nous avons compris dans la régence de Tripoli, est occupé par des Arabes dont les plus connus sont les Ilharàbyn et les Aouldd-A'ly ; et la série d'oasis qui en est voisine est habitée par des peuplades berbères. Au sud errent des tribus arabes, dont les principales sont celles des Beny-él-Hhasàn , de Doghanah, d'El-Assdla' ', de Salàmat. A l'est sont les repaires des races mêlées arabes-berbères de Laouàtah et de Berdaouah. La région moyenne seule appartient aux Tybou, partagés en grandes tribus dont voici les principales : les Tibbou de Bilma, entre le Fezzan et la petite oasis d'Aghaden; leur chef ou cheïkh réside à Bilma, petite ville, mais importante par les deux lacs salés de son voisinage, d'où l'on tire tous les ans une immense quantité de soi , qu'on transporte dans la Nigritie. Les Tibbou de Gonda, qui possèdent le point d'Aghaden, rendez-vous de brigands de toute espèce ; ils attaquent les caravanes qui vont du Fezzan au Bornou-, ces Tibbou, dont le chef se nomme Mina- Thar, possèdent plusieurs milliers de chameaux; depuis quelques années Us sont devenus commerçans et industrieux . changement qu'ils doivent^ leurs communications avec les marchands de Tripoli; ils paraissent être les plus nombreux de tous. Les Tibbou de Traita, vivent au sud des précédens. Viennent ensuite les Tibbou de Borgou ou Birgou, dont le chef-lieu semble être l'en. Les Tibbou de Reschadeh ou des rochers, ainsi nommés parce que plusieurs de leurs
NIGRITIE ou REGION DES NEGRES.
tribus vivent dans les cavernes des montagnes du moins leur station principale. Et les Tibbou de Tibesti. Abo paraît être leur chef lieu , ou dits d'Arna du nom de leur chef-lieu.
entre 20° occidentale et 24° orientale.
Latitude, entre 17° boréale et 18° australe.
confins. Au nord, la Région du Maghreb et proprement le Ssahhrà. A l'est , les Régions du Nil et de l'Afrique-Orientale. Au sud, la Région de l'Afrique- Australe et POcéan-Atlantique. A l'ouest, l'Océan- Atlantique.
fleuves. Cette région offre un grand nombre de fleuves , mais on ne connaît encore que très imparfaitement leur cours ; il parait qu'ils vont tous se rendre dans l'Océan-Atlantique , à l'exception de ceux qui appartiennent au grand bassin du lac Schàd ou Tchad.
L'OCÉAN ATLANTIQUE reçoit:
Le Sénégal , dit aussi Zenaga ; il prend sa source dans le Fouta-Djalo sous le nom de Ba- Fing (Fleuve-Noir), chez les Mandingos , et Baleo (Noir), chez les Péuls (Poules) -, on le nommeaussi Foura (le Fleuve), et chez les Ghiolofs ( lolol's) Dengueu. Ce grand fleuve, après avoir arrosé le Fouta-Djalo, baigne le Djalonkadou, le Bambouk le Kadjâga , le Kasson , le Fouta-Toro et le Oualo. Le Sénégal , dans la partie inférieure de son cours forme, selon les meilleures cartes, la séparation entre cette région et le Ssahhrà. Ce fleuve passe par l'ancien Fort-St-Joseph , Bakel , Podor, Dagana et St-Louis, et forme un grand nombre d'îles, parmi lesquelles se distinguent , par leur étendue, celles du Morfyl (Morphilou de l'Ivoire), de Bifesch et de Beyghio (Bequio). Le Sénégal reçoit un grand nombre d'affluens dans la partie supérieure de son cours et très peu dans la partie inférieure ; nous citerons parmi ceux de la rive droite, le Kokoro, grossi par la Ba- Oulima. Ses principaux affluens à la gauche sont : la F alémé , qui est le plus grand de tous, et le Neriko, qui établit une jonction temporaire entre le bassin du Sénégal et celui de la Gambie. Nous ajouterons aussi que le lac de Kayar (Cayor) , à la droite, dans le pays parcouru parles Maures de Teràrzah, et celui dit Panié-Foul,à la gauche, dans le Oualo, le Fouta- Toro et le Ghioîof, déchargent leurs eaux dans le Sénégal.
La Gambie prend sa source sous le nom deDiman , dans le plateau du Fouta-Toro, baigne le Tenda , le Bondou , le Iani , le Salouin , le Badi bou, le Barra, et entre dans l'Océan par plusieurs embouchures , regardées presque toutes , oar la
plupart des géographes , comme des fleuves différens avec lesquels la Gambie communique par des canaux; les plus remarquables sont : la Cassamance et la rivière de Cacheo, dite aussi Santo- Domingo. L'assertion de Labat, qui dit que la Cassamance est un bras de la Gambie, a été changée en réalité par les recherches faites dernièrement sur les lieux par le capitaine anglais Boteler, et par les savantes observations publiées par M. d'Avezac , dans le Bulletin de la Société de géographie de Paris.
La rivière de Géra ou Gesve* naît dans le Kabou , traverse le pays des Biafares et des Salantes , et par plusieurs branches se rend à l'Océan.
Le Rio-Grande, dit aussi rivière des Nalous-, il naît dans le plateau du Fouta-Djalo, baigne le Tenda-Maié, le Kabou , le pays des Landemans , et se jette dans l'Océan au sud'du Geba.
Le Rio de Nunho-Tristao, vulgairement appelé Rio-Nlnez et même Kakondy dont le cours paraît être très borné; il est important par la masse de ses eaux ; il passe par Kakondy , et traverse le pays des Sousous, et des Nalous. Tous ces fleuves appartiennent aux pays que les géographes européens nomment Sénégambie ; l«\s suivans arrosent ce qu'ils appellent la Guinée.
Le Scarcies ou Scassas naît sur le revers méridional du plateau du Fouta-Djalo, arrose le pays des Sousous . le Timani ; dans celui de Boullom , ce fleuve entre dans l'Océan. Le Rabba ou Mungo, beaucoup plus considérable que le Scarcies , est cependant regardé comme un de ses affluens-, ce dernier baigne le Kouranko, leLimba et le Timani.
La rivière de Sierra-Leone , dite Rouelle dans la partie supérieure de son cours. Sa source est voisine de celle du Djoliba (Dhioliba; ; elle traverse le Soulimana, le Kouranko, le Limba, le Timani et le Boullom ; c'est dans ce dernier qu'elle entre dans l'Océan.
Le Kamaranka (Camaranca) prend sa source un peu au sud de la Rokelle dans le Kissi , traverse le Kouranko , et , après avoir couru presque parallèlement à la rivière de Sierra-Leone, il entre dans l'Océan au sud de l'embouchure de cette dernière.
Le Mesurado. On ne connaît encore qu'une petite partie de son cours ; on croit que sa source est très éloignée de l'embouchure.
Le Sestos. On ne connaît encore que la partie inférieure de son cours ; c'estle plus grand fleuve connu delà cote dite des Graines.
Le Sueiro-da-Costa , dont le cours, d'aprèsles rapports des indigènes, serait très long; il a son embouchure près de Grand-Bassan , à l'extrémité orientale de la côte dite de l'Ivoire.
AFRIQUE
ï/Ancobra ou Seinnie , dit aussi Rio-Cobri; (Serpent), dans les anciennes relations. Il prend sa source sous le nom de Tando, au pied d'une nontagne dans le royaume d'Achanti proprement dit, traverse ce royaume, arrose le Dinkaraje Cura, l'Ouarsa , l'Amanahea dans l'empire d'Achanti , et se jette dans l'Océan.
Le Pra, Bossompra ou Rivière St-Jean, naît dans l'Achanti proprement dit , arrose le Dinkara, le Tufel, l'Ouarsa , et, sur les limites duFanti, mtre dans l'Océan. On le nomme aussi Chama. C'est au bassin de ce fleuve qu'appartient la rivière qui passe par Komassy (Coumassie).
Le Rio Volta , connu dans les divers pays qu'il arrose dansl'empire d'Achanti, sous les noms d'Aiiirrie, Amou , Asiezaw et Fando; c'est le plus grand courant d'eau connu de ce puissant état. 11 prend sa source au pied du mont Kondoungourie dans le Banda sur les frontières de l'empire, arrose le Banan (Bann), leCoranza, l'Inta, le Bouroum, le Quaou , l'Aquapim , l'Aquaml>ou et autres pays dépendant de l'Achanti, et prèsd'Adda, colonie danoise, il entre dans l'Océan.
Le Lagos, dont on ne connaît encore que la partie intérieure; on suppose que sa source est très éloignée. D'après quelques relations des indigènes le Lagos serait identique au Mory du Dagoumba. M. Adams prétend qu'il n'est que l'issue du lac Cradou et du lac près d'Ardrah qui communiquent entre eux et avec le fleuve de Bénin.
Le Djoliba, Diiioliba, Kouarra, Qlorra ou Niger. Ce fleuve mystérieux dont le cours a fait naître tant d'hypothèses, et dont l'exploration a coûté la vie à tant de voyageurs , a été presque entièrement reconnu il y a quelques années. Appelé à sa source Tembie, Bâ, Djoliba, etc., etc., il desrend du mont Loma qui s'élève entre le Soulimana et le Sangara, traverse sous le nom de Djoliba le Sangara, le Kankan, le Ouassoulo , les royaumes du Haut et du Bas-Bambarra, arrose le Banan , le Pays des Dirimans et le royaume de Tombouctou. Au-dessous de cet état, son cours a été jusqu'à ce jour livré aux hypothèses. L'opinion publiée par M. Reichard de Weimar en 1803, adoptée depuis par le célèbre Clapperton et par notre savant ami M. Brué , a été conlirmée, à quelques détails près, par l'intéressante exploration des deux frères Lander. D'après Clapperton le Djoliba au-dessous de Kabra prendrait la direction sud-est, traverserait sous le nom de Qlorra la partie occidentale de l'empire de Bello, baignerait le Borgou, le Niffé , le Yourriba, le Founda. D'après la relation abrégée du voyage des frères Lander, communiquée par le lieutenant Bêcher à la Société royale de géographie de Londres , et la savante analyse que M. Jomard a bien voulu nous communiquer, le Kouarra court droit au sud, entre les méridiens de Yaouri et de Katunga, fait ensuite un granddétour vers l'est entre Rabba et Kacunda, et , après avoir couru pendantquelques millesversle sudjusqu'au confluent avec la Tchadda , ce grand fleuve tourne brusquement au sud-ouest. Arrivé à Kirri (Kirree) liibrmc un véritable delta, qui se développe en-
tre le Vieux-Calabar et la Rivière de Bénin que l'on doit maintenant regarder comme ses deux
BRAS ORIENTAL et OCCIDENTAL ; le BRAS CENTRAI
ou principal aboutit au cap Formosoetest pai conséquent identique à la Rivière de Nun; c'esi cette branche que les frères Lander ont descend i jusqu'à son embouchure. Cinq ou six autres bran cives coulent dans les espaces intermédiaires. Un fait important, dont la connaissance est due à l'exploration de M. Caillié , c'est que le Djoliba à Sego , ou aux environs, se bifurqua pour former une très grande île et une autre beaucoup plus petite à l'extrémité de laquelle se trouve Djénny, et que plusieurs milles après la jonction des deux branches qui a lieu à Isaca , ce grand fleuve continue son cours à travers le vaste lac Djebou (Dibbi, Debo). La carte jointe à la re lation du lieutenant Bêcher représente une bifurcation semblable entre Abbazacca et Kirri. Les principales villes qui se trouvent le long du Djoliba, dans la partie reconnue ou supposée de son cours , sont : Bammakou , Yamina, Sego, San sanding, Silla, Jinné ou Djénny, Massina , Ten- Boktoue ou Tombouctou, Koubi, Yaouri, Boussa, Raca, Rabba, Egga, Kacunda, Bocqua, Abbazacca, Damouggou et Kirri ; au-dessous de cette dernière ville, on trouve Eboe sur le bras central ou la Rivière de Nun, Bénin sur le bras Occidental, Brass, sur le bras de ce nom ; Owyhere, Nouveau- Calabar, Boni et autres villes paraissent aujourd'hui devoir être placées sur des bras du Kouarra. La géographie positive de ce vaste bassin est encore trop imparfaite pour que nous puissions hasarder de nommer tous les principaux affluens du Djoliba ; nous nous bornerons à signaler les suivans comme les plus remarquables à la gauche : le C o b b i e (Cubb'ie) , qui passe par Sakkatou et Cobbie -, la Coudounia , qui apporte au Kouarra une grande masse d'eau en traversant le royaume de Niffé; la Charry ou Te had( Sharry , Chad ou Tshadda), qui passe à Funda et qu'il ne faut pas confondre avec le fleuve du même nom qui appartient au bassin du Tchad. A la droite nous ne nommerons que la Moussa (Moossa), qui passe pat la ville de ce nom et aboutit au Kouarra, dans les environs de Raca -, elle sépare le royaume de Borgou de celui de Yarriba. iNous ajouterons que le Djoliba ou Kouarra franchit la chaîne des montagnes Kong, dont on se plaisait à exagérer tant la hauteur, et que la partie inférieure de son cours oppose de grands obstacles à la navigation par les nombreux écueils dont son h" est parsemé, surtout entre Yaouri et Kirri.
Le Vieux-Calabar ou Bongo paraît descendre du plateau du pays élevé des Calbongos et déboucher dans le golfe où parait aboutir le bras oriental du vaste delta du Djoliba sous le nom de Rio de la Cruz.
Le Rio del Rey, le Rio Camarones , dont on regarde le Malemba comme un bras, le Dandjer eLleGABON ou Ouongavounga, sont encore très peu connus-, on ignore la position de leurs sources , qu'on suppose être très éloignées de leurs embouchures respectives , surtout celle du Gabon; ils traversent des contrées comprises communément
NIGRITIE ou REGION DES INEGRES.
sous le nom de pays de Biafares le long de la côte de Gabon, où ils viennent aussi tous mêler leurs eaux avec celles de l'Océan.
Les fleuves suivans appartiennent aux pays communément connus sousla dénomination de Congo; leurs sources et la plus grande partie de leurs cours offrent encore beaucoup d'incertitude. Le Congo et le Coanza étaient encore naguère plus imparfaitement connus que les autres à cause de la longueur de leur cours, qui a été et est encore le sujet de plusieurs hypothèses parmi les géo graphes. M. Douville a soulevé un coin du voile qui enveloppait leur cours; nous lui devons la rectification de cette importante partie de la géographie de l'Afrique. Voici les fleuves qui passent pour avoir le cours le plus long:
Le Couango, Congo ou Zaïre, que d'après d'anciennes relations les indigènes nomment aussi Moïenzi-Enzaddi , c'est-à-dire le fleuve qui engloutit tous les autres, et Zembere qui signifie mère des eaux. On ne connaît pas encore exactement la partie supérieure de son cours -, d'après les renseignemens donnés par les indigènes à M. Douville , qui en a exploré une grande partie , il prend sa source dans le haut plateau austral, dans le pays des Regas entre le 25e et26e de longitude orientale et le 9e et 10e de latitude australe. Il tourne d'abord vers l'ouest et traverse le royaume de Humé, le pays des Mouchingi , les royaumes des Cassanges, de Cancobella, de Holo-ho. Le Couango fait ensuite un grand détour vers le nord-ouest et après vers le sud-ouest pour aller aboutir à l'Océan-Atlantique , dans lequel il se décharge par une large et profonde embouchure. Dans ce long cours ce fleuve passe à quelque distance de Cancobella et de San-Salvador, arrose Conde-Yonga , Inga , Noki et Embomma. Ses principaux affluens à la droite sont le Hogi , que M. Douville regarde comme le plus grand ; le Rambegi , le Louimbi et le Bancora.
Parmi ceux de la gauche nous nommerons le Cassanci. Nous rappellerons que Riley, Maxwell et Mungo-Park croyaient ce fleuve identique au Djoliba; que plusieurs relations des indigènes et les observations faites sur ses débordemens donnaient une certaine probabilité à cette opinion, et qu'elle a fait entreprendre en 1816 la malheureuse expédition du capitaine Tuckey, qui nous fit connaître exactement la partie inférieure du cours de ce grand fleuve.
Le Loge ou Ambriz, confondu , selon M. Douville, par l'expédition anglaise avec le Onzo. II prend sa source dans le royaume de Ginga et traverse celui de Holo-ho.
Le Dandé prend sa source dans le royaume de Ginga et arrose les provinces portugaises d'Encogé et de Dembos.
Le Zenza , improprement nommé Bengo à son embouchure par lesPortugais.il naît à l'ouest du royaume de Ginga et traverse les provinces portugaises du Haut et Bas-Goloungo (Alto et Baxo- Golungo) et celle d'Ambaca.
Le Couenza ou Coanza, dont naguère on ne connaissait encore que la partie inférieure du ^ cours, prend sa source, selon les renseignemens ' donnés par.les indigènes à M. Douville , bien plus
au sud et plus à l'est que ne l'indiquent les caries les plus récentes, dans le plateau austral, et au pied du mont Hele dans la pays des Moumbos. Ce grand fleuve traverse du côté du sud les royaumes de Cuninga , Cutato , Haco , Libolo et Quisama, et du côté du nord , le royaume de Quiçua et les provinces portugaises de Pongo-Andongo , de Cambambe , de Massangano et de Muchima. Le Coanza entre dans l'Océan au sud de la pointe Palmeirinha; on doit le regarder comme le plus grand fleuve de cette partie de l'Afrique après le Zaïre.
Le Cuvo ou Couvo traverse les royaumes de Bihé, de Baïlundo et de Sela ; il se décharge dans l'Atlantique.
Le Catumbela, dont la source est encore inconnue, se jette dans l'Atlantique au nord de Benguela, après avoir traversé le royaume de Mano et les provinces portugaises appartenant au Benguela.
Le grand bassin intérieur du LAC TCHAD , dans la partie orientale de la Nigritie-Centrale (Soudan- Oriental), reçoit :
Le Yeou, dont on ne connaît pas encore la source, on la suppose dans les montagnes du Bocher ou Djacoba. Ce fleuve traverse le Kurry-Kurry et le Katagoum dans l'empire de Bello, le Pays des Bedes indépendans, et le Bornou proprement dit dans l'empire de ce nom. Katagoum dans l'empire de Bello , Bedkarlî , Habchary et Yeou dans i'empire de Bornou sont les villes principales arrosées par ce fleuve. Le Chachum (Shashum) paraît être son principal affluent à la gauche. On ne connaît rien de positif sur ses affluens à la droite; quelques-uns paraissent être assez considérables.
Le Chary ; on ne connaît encore qu'une petite partie de son cours inférieur. La masse de ses eaux paraît être plus considérable que celle du Yeou. Le Chary passe près de Loggoun, par Chowy et autres villes de l'empire de Bornou. Ce fleuve paraît former actuellement la ligne de séparation entre la frontière de cet état et celle du royaume de Baghermeh.
division. Depuis long-temps les géographes européens partagent cette région de l'Afrique en quatre parties très inégales qu'ils nomment Soudan , Sénégambie, Guinée et Congo. Le Soudan, selon ces géographes, s'étend entre le Sahara et la Guinée, la Sénégambie et la région du Nil ; ils donnent le nom dfi Sénégambie aux pays compris entre le Sahara-Occidental et la côte de Sierra-» Leone; ils appellent Guinée tous les pays situés entre la Sénégambie et le Congo, l'Atlantique et le Soudan; ils comprennent sous la dénomination générale de Congo ou de Guinée-Méridionale , par opposition à la Guinée proprement dite, qu'ils appellent aussi Guinée-Septentrionale .
toutes les vastes contrées situées le long de l'Océan, depuis le cap Lopez jusqu'au cap Frio et qui s'étendent bien avant dans
AFRIQUE
l'intérieur vers l'orient , subdivisant encore la Guinée-Septentrionale en plusieurs côtes, nommées de Sierra- Leone, du Poivre , des Graines ou de Malaguette, des Dents ou de V Ivoire, A'Or, des Esclaves , AeBenin, de Calabar et de Gabon,- ils subdivisent en outre la côte des Dents en côte de V Ivoire proprement dite, cote des Maies- Gens et fd/e Gtes Bonnes-Gens ou Quaquas.
Nous avons déjà vu , à la page 87S , que toutes ces divisions et leurs dénominations sont inconnues aux indigènes ; nous avons fait voir aussi que quelques-unes de ces dernières ont même une acception différente chez les Arabes , les seuls qui aient des noms généraux pour la géographie de l'Afrique. Pour ne pas ajouter, par l'introduction de nouvelles dénominations et de nouvelles divisions, aux dif— licultés sans nombre qu'offre déjà la description de cette partie de l'Afrique, nous allons choisir dans le millier d'étals qu'elle comprend, ceux qui sont aujourd'hui les plus importans. Nous les décrirons d'après les quatre divisions principales que nous venons de nommer; mais dans les ténèbres qui enveloppent encore cette partie de la géographie, nous n'oserons pas entreprendre la tâche difficile de tracer d'une manière précise la ligne de démarcation entre le Soudan de nos cartes et la Guinée, entre le Congo et les pays qui appartiennent à la Région que nous avons nommée Orientale ou du Zambeze. Si l'on voulait subdiviser cette immense région de l'Afrique d'une manière moins inexacte , il nous semble qu'on pourrait la partager en trois grandes contrées géographiques qu'on pourrait nommer Nigritie-Occidentale , correspondant à la Sénégambie ; Nigri-
tie - Centrale , qui comprendrait le Soudan et la Guinée le premier pourrait être appelé Nigritie- Intérieure ; celle-ci Nigritie- Maritime ; enfin, Nigritie-Meuidionale, qui embrasserait le Congo étendu jusqu'aux limites bien plus reculées vers l'orient, que lui assigne l'exploration de M. Douville.
Mais par les motifs que nous avons déjà exposés , nous conserverons autant que possible , dans notre description , les divisions principales en usage parmi les géographes, en les coordonnant cependant avec celles que nous venons de proposer. Nous ajouteronsque nolveNig ritie-In tèrieure correspond aux pays dont l'ensemble forme le Takrour de M. d'Avezac , dénomination que ce savant a proposée pour la substituer à celle de Beled-el-Soudan, par le motif que celle dernière appellation, pour être exacte, ne devrait s'appliquer qu'aux contrées habitées par des peuples Nègres; tandis que, dans les limites assignées au Soudan par les Européens et par les Arabes, on rencontre la race Poule , qui est rouge et qui se compte elle-même parmi les Blancs. M. d'Avezac partage le Takrour en trois grandes sections : à l'est c'est le Bornou el ses annexes ; au centre le Ilaottsâ ; à l'ouest le Mêhj. Il propose aussi de nommer Ouanq ara h la partie intérieure de notre Ni gr it ie-Mar itime. Ces dénominations nouvelles ne changeant nullement la position des pays ni l'état politique des contrées comprises dans cette partie de l'Afrique, nous avons conservé les divisions que nous avions tracées dans la première édition de l'Abrégé, nous bornant à y intercaler les faits nouveaux dont la science s'est enrichie depuis sa publication.
JSigritie
Les pays qui forment le Soudan de nos cartes et une partie de la Guinée peuvent être divisés de la manière suivante Pays qui appartiennent au bassin du Djoliba; Pays qui appartiennent au bassin du lac Tchad ; Pays qui appartiennent à tous deux.
Les principaux pays qui appartiennent au bassin du Djoliba ou Kouarra , sont :
Le Sangaran ou Sangara, vaste contrée habité* par des idolâtres régis par plusieurs chefs indépendans et souvent en guerre les uns contre les
Centrale.
autres. Le Djoliba y prend sa source et fa traverse.
Le Bouré , petit pays habité par des Djalonkés ( Dhialonkes) , régi par Boucary, chef mabométan , despote et guerrier. Ce canton montueux est très important par l'exploitation de ses riches mines d'or, dont le produit se répand dans tout le Soudan etdaus les établissemens anglais et français de la côte. Djénny, qui passait pour être le pays le plus fourni de ce précieux métal , n'a en partie que celui qu'on lui apporte de Bouré; Sansanding. Yamina etSego sont dans le même cas. Bouré , sur le Tankisso , affluent à la gauche du Djoliba , en est la capitale.
Le Kankan au nord du Sangaran. Kanhatt,.
NIGRITIE ou REGION DES NEGRES.
près du Milo, affluent de droite du Djoliba, en est la capitale ; c'est une ville aussi industrieuse que commerçante, avec environ 6,000 habitans , tous mahométans.
Le Ouassoulo ou Ouasselon au nord du Kankan , habité par desFoulalis idolâtres, pasteurs et cultivateurs, dont plusieurs se distinguent par leur industrie. Sigala, petit village, est le siège de leur chef , que M. Caillié dit être très riche en or et en esclaves.
Le Bambarra (Bambarrana) formait il y a quelques années , un vaste et puissant royaume , qui était la puissance prépondérante du Soudan-Occidental. Depuis quelque temps il est partagé en deux états différens, qu'on pourrait nommer le Haul-Bambarra et le Bas-Bambarra.
Dans le Haut-B amba rra on trouve : Sego (Seghou), sur le Djoliba, assez jolie ville avec des maisons construites en argile et blanchies , des rues assez larges, et entourée d'une muraille en terre-, c'est la capitale du royaume et le siège d'un grand commerce. Mungo-Park estimait à 30,000 âmes sa population -, peut-être en a-t-elle un tiers de moins. Les autres villes principales le long du Djoliba sont: Bammakou, importante par son commerce et par sa position qu'on a déjà signalée au gouvernement français pour l'engager à y former un établissement. Viennent ensuite Marabou, Yamina, Sami, Sansanding cl Silla.
Le Bas-Bambarra est un royaume fondé depuis quelques années par le foulah Sego-Ahmadou , qui fait depuis lors la guerre au roi de Sego. C'est actuellement la puissance prépondérante du Soudan- Occidental ; il a déjà battu les puissans Touariks qui lèvent des contributions sur Jes états du Soudan-Central, a donné le royaume de Massina à son frère, et a plusieurs fois battu les troupes du Haut-Bambarra. e'n/i^(l)/7"tttf ou Jeune) , à l'extrémité d'une petite île formée par le Djoliba, est sa capitale. M. Caillié dit que les maisons sont aussi grandes que celles des villages en Europe; la plupart ont un étage; elles sont toutes à terrasse, n'ont pas de fenêtres à l'extérieur, et les chambres ne reçoivent l'air que par une cour intérieure. 11 n'y a pas de cheminées. Djénny a une grande mosquée en terre dominée par deux tours massives mais peu élevées. Les rues ne sont point alignées, mais assez larges pour un pays ou l'on ne connaît point l'usage des voitures. Elles sont très propres et balayées tous les jours. Quoique cette ville ait perdu une grande partie de son commerce à cause de- la guerre , elle est encore très commerçante. Tous les jours il en part et il y arrive des caravanes nombreuses, et elle est le séjour de beaucoup d'étrangers, surtout de Mandingues, Foulahs, Bambarras et Maures qui s'y établissent pendant un certain temps pour y exercer le commerce. M. Caillié ne lui accorde que 8 ou 10,000 habitans, nombre qui nous paraît de beaucoup trop petit. Les autres villes principales sont: Elhhamdo-VIllah, fondée récemment, par Sego- Alimadou , afin que la jeunesse qui fréquente les écoles qu'il y a établies ne soit pas exposée aux dislractions et au bruit de Djénny. Isaca, située à la jonction des deux bras du Djoliba; elle sert
de port aux embarcations qui font le trajet de Djénny à Tombouctou.
Royaume de Massina. Massina, sur le Djoliba, résidence du roi, frère de Sego-Ahmadou roi du Bas-Bambarra.
Le Banan, situé à la droite du Djoliba. Ses habitans ressemblent aux Mandingues et sont très adonnés au commerce. On y trouve Di hio ver, gros village , habité par des Foulahs et situé sur la rive droite du lac Débo à l'endroit où le Djoliba en so-t.
Le Pays des Dirimans, situé le long de la rive droite du Djoliba depuis le lac Débo jusqu'aux environs de Dire , village dépendant du roi de Tom bouctou; il s'étend aussi plus loin à l'est. Alcodia est la résidence de leur chef.
Le Royaume de Ten-Boktoue ou Tombouctou, situé le long du Djoliba, est maintenant beaucoup resserré dans ses frontières. Dans le xiv* siècle , ce petit état était le noyau d'un vaste empire dont dépendaientles royaumes de Gualata, d'Agadez , de Melli , de Kano, de Cachena, de Zeg-Zeg et de Zamfara. Tributaire de l'empire de Marok de 1G72 à 1727, et influencé par cette puissance depuis la mort de l'empereur Muley- Ismayl, jusqu'à celle de Sidi-Mohammed, c'està-dire depuis 1727 jusqu'en 1795, le royaume de Ten-Boktoue fut depuis lors vassal, tantôt du Bambara, tantôt du Haoussa. Maintenant il parait être indépendant, quoique obligé de payer annuellement une forte contribution aux Touariks qui errent sur ses frontières, afin que ces féroces et puissans nomades n'inquiètent pas les caravanes qui , de toutes les parties de l'Afrique, se rendent dans sa capitale. Cette ville mystérieuse, qui depuis des siècles occupe les savans et sur la population de laquelle on se formait des idées si exagérées, comme sur sa civilisation et sur son commerce avec l'intérieur du Soudan, est située, selon M. Caillié, à 8 milles de distance de la rive gauche du Djoliba , dans une immense plaine de sable blanc et mouvant sur lequel il ne croît que de frêles arbrisseaux rabougris. Ten-Boktoue (Tombouctou) n'est fermé par aucune clôture-, sa circonférence peut être estimée à 3 milles. Les maisons sont grandes, peu élevées, n'ont qu'un rez-de-chaussée et sont construites en briques. Les rues sont propres et assez larges pour y laisser passer trois cavaliers de front. En dedans et en dehors, on voit beaucoup de cases de paille, de forme presque ronde, comme celles des Foulabs pasteurs; elles servent de logement aux pauvres et aux esclaves qui vendent les marchandises pour le compte de leurs maîtres. Ten-Boktoue renferme sept mosquées, dont deux grandes, surmontées chacune d'une tour en briques. Quoique le commerce de Ten-Boktoue paraisse avoir beaucoup diminué en comparaison de ce qu'il était autrefois , cette ville peut encore être regardée comme le principal entrepôt de cette partie de l'Afrique. On y dépose tout le sel provenant des mines de Toudeyni. Les Maures y restent 6 à 8 mois pour faire le commerce et .attendre un nouveau chargement pour leurs chameaux. Ses principales affaires se font avec Djénny et parla navigation
AFRIQUE
le long du Djoliba. M. Caillié ne porte qu'à 10 ou 12,000 âmes la population permanente de Ten-Boktoue. Tout en rejetant les exagérations des voyageurs qui l'ont précédé, nous croyons que ce nombre est au moins d'un tiers au-dessous du nombre réel de ses habitans. Parmi les lieux les plus remarquables du royaume , nous nommerons : Cabra, petite ville à la gauche du Djoliba, à laquelle M. Caillié n'accorde que 1000 a 1200 habitans ; c'est le port de Ten-Boktoue ; son commerce est très actif.
Le Royaume de Borgou (Borgoo) , dont la plus grande partie est située à la droite du Kouarra. Ce n'est à proprement parler qu'une confédération de plusieurs petits rois, dontceux d'Ouaoua, Je Kiama, de Niki et de Boussa, sont les plus puissans; ils sont presque tous despotiques chez eux ; ils regardent celui de Boussa comme leur suzerain , et résident dans des villes du même nom. Les villes les plus remarquables sont : Boussa , sur la rive gauche du Kouarra, résidence du chef de la confédération, nommé Mohamed, quoique idolâtre. Clapperton lui accorde de 10 à 12,000 habitans; c'est près de celte ville que Mungo-Park fit naufrage. Kiama, bâtie sur le flanc d'une chaîne de collines ; c'est la résidence du sultan Yarro ; elle parait être la ville la plus commerçante du Borgou et en même temps la plus peuplée-, on lui accorde 30,ooo âmes. Ouaoua (W'awa), une des plus jolies villes de cette contrée , avec environ 18,000 habitans.
Le Royaume de Yaouri situé entre le Haoussa et le Borgou , est actuellement une des puissances principales de la INigritie; son sultan a repoussé avec succès les attaques répétées des Fellans. Yaouri (Yaoori), située sur la rive gauche du Quorra ou Kouarra, ville grande, populeuse et fortifiée, en est la capitale. Ses habitans sont assez industrieux et adonnés au commerce; ils fabriquent une grande quantité de poudre ù fusil, qui, quoique de mauvaise qualité , trouve un grand débit dans tout l'intérieur de la ÎNigrilie.
Le Royaume de Niffé ouTappa, situé à la gauche du Kouarra est partagé entre les deux fils du dernier roi qui se font la guéri e : Mohamedel-Magia, quiestMahométan, est aussi le plus fort et est soutenu par le sultan Bcllo; Edi isi est païen. Tabra est provisoirement la capitale de la partie dépendante de Mohamed-el-Magia -, on lui accorde 18 à 20,000 âmes. Koulfa, peu éloignée à l'est de la précédente, est la ville la plus industrieuse et la plus commerçante du INiffé ; on lui assigne une population de 12 à i5,oooàmcs; la plupart de ses habitans sont mahométans. Rabba, peu éloignée de la rive gauche du Quorra, ville grande, peuplée et commerçante, obéirait selon les frères Lander à Mallam Dendo proche parent du sultan Bello ; Mallam serait le véritable dominateur du INiffé, dont le monarque n'aurait qu'un pouvoir nominal. Rabba est l'entrepôt de toutes les marchandises de fabrique indigène et étrangère ; on y amène surtout beaucoup d'esclaves. Egga, à la droite du Quorra , grande ville, très peuplée ; remarquable surtout par l'activité commerciale de ses habitans, qui possèdent un grand nombre de grosses barques, sur
lesquelles ils font le commerce en remontant et en descendant ce fleuve. Ces gros bateaux sont à proprement parler leurs habitations; ils ne les quittent jamais et ils y vivent avec leurs familles. Comme plusieurs autres villes situées sur les bords du Quorra, Egga est exposée à des débordemens, qui pendant quelque temps, la couvrent entièrement ainsi que ses envii ons.
Le Royaume de Yarriba. 11 s'étend depuis Pouka, près de Badagry sur la côte des Esclaves, jusqu'aux frontières du Borgou et à la rive droite du Kouarra vers le 10e degré de latitude. C'est une des puissances prépondérantes de la INigritie ; et Clapperton regarde son armée comme aussi forte que celle de tout autre royaume de l'Afrique. Les rois de Dahomey, d'Alladah, de Badagry et de Maha lui paient un tribut , et celui de Bénin est son allié. Malgré sa grande puissance, les Fellatah, commandés par Danfodio , ont pris il y a quelques années sa capitale et plusieurs autresplaces , qu'ils ont évacuécspar la suite. Eyeo ou Katunga , bâtie sur le penchant et autour de la base d'une petite chaîne de collines, est la capitale du royaume. Elle est environnée de murs de 20 pieds de haut et d'un fossé. Sa cir conférence est d'environ 15 milles. Les maisons sont bâties en terre et ont des toits en chaume. Des sculptures ornent les poteaux qui soutiennent les verandahs des maisons du roi et descabocirs ; elles représentent, soit un boa tenant une antilope ou un cochon, soit des troupes de guerriers accompagnés de tambours. Les autres villes principales sont: Bonou, très grande ville, jadis capitale du royaume ; Djannah; Daff'ou, à laquelle on accorde 15,ooo habitans -, Tcha-dou; Tchaki; Kouso, avec 20,000 habitans ; voyez à la page 901 pour les royaumes tributaires.
Le Royaume de Founda. Cet état, encore très imparfaitement connu , s'étend le long du Tchadda et domine sur une grande partie des pays situés à la gauchede cet affluent du Quorra ; ceux qui sont à la droite appartiennent aux Fellatah. Founda, sur la rive gauche du Tchadda , en est la capitale. C'est une des plus grandes villes de la INigritie; M. Laird dit qu'elle est aussi grande que Livcrpool, et lui accorde de 60 à 70,000 habitans. Le palais du roi consiste en un groupe de cases de forme circulaire entourées de palissades; 1500 femmes y sont entretenues par ce despote, qui observe à-la-fois les cérémonies de l'islamisme et du fétichisme, croyances qui se partagent entre elles tous les habitans. Les murailles de Founda s'élèvent à une hauteur de 25 pieds et sont défendues par des bastions d'architecture mauresque. Les habitans de Founda fabriquent de grossières étoffes de coton , savent bien préparer et travailler le cuir , brassent de bonne bière et sont d'assez bons forgerons. Nous nommerons encore Dj amahar , petite ville située sur une colline escarpée ; à l'époque de la sécheresse elle devient le port de Founda.
Le Royaume de Bénin ou Adou. C'est un des états les plus puissans de la INigritie ; on dit qu'il s'étend depuis Lagos jusqu'au Bonny et à vingt journées de marche dans l'intérieur-, en admettant ces limites, il embrasserait une grande par-
NIGRITIE ou REGION DES NEGRES.
lie du vaste delta du Niger. Cet état est allié du Yarriba et doit être rangé parmi les contrées les moins connues de la Nigritie. On a assuré aux frères Lander que le roi régnant est frère de celui de Yarriba. Bénin, dont on a tant exagéré l'importance, est la capitale du royaume; c'esl une ville qui occupe un espace assez considérable , mais dont la population ne s'élève, selon M. Adams, qu'à 15,000 âmes. Selon Palisot de Beauvois, tout près s'élève le vaste palais du roi, fermé de murailles avec de jolis appartemens et de longues galeries soutenues par des piliers de bois. Non loin de là est le puits profond ettoujours ouvert qui sert de sépulture aux souverains, et dans lequel, lorsque le roi défunt a été descendu , on voit s'élancer volontairement ses serviteurs, ses favoris, et durant trois jours y précipiter par force tous ceux que les affidés du nouveau roi rencontrent et peuvent attraper. Aussi ses sujets ignorans croient-ils qu'il a un commerce direct avec le ciel, qu'il peut vivre sans se nourrir , mais que 120 lunes ou 10 ans après sa mort il est destiné à reparaître sur la terre pour y régner de nouveau. Dans les états qu'on pourrait regarder comme tributaires de ce royaume, on trouve : Owyhere (Oware, Awerri), petite ville d'environ 5000 liabitans, capitale du royaume de ce nom, habité par les Jackéris, peuplade nègre remarquable par son industrie et par la douceur de ses mœurs, qui contraste singulièrement avec les habitudes féroces de ses voisins , les liabitans du royaume de Bénin. Palisot de Beauvois et M. Adams disent qu'ils ont conservé quelques traces du christianisme que les Portugais y introduisirent au xvnc siècle. C'est de cette ville qu'en 1786 Palisot de Beauvois partit pour son exploration dans l'intérieur des terres, dans la direction du nord-est; on dit qu'il pénétra jusqu'à 300 lieues de la côte, se frayant un chemin à travers un désert immense peuplé de lions, de panthères, de serpens monstrueux et d'autres animaux féroces. Nous avons cru devoir rappeler cette excursion à laquelle le refus des guides mit un terme, pour signaler l'existence de vastes déserts dans cette partie de l'Afrique environnée de contrées très fertiles et assez peuplées. Bonny (Banny), sur une île , à l'embouchure du Bonny , dit aussi San- Domingo, Doni ou Andour, et qu'on regarde comme une embouchure du delta du Djoliba. Bonny est le chef-lieu d'une république oligarchique tributaire du Bénin ; on lui accorde 20,000 liabitans. Bonny était naguère le plus grand marché d'esclaves de toute la Guinée ; c'est encore une de ses villes les plus commerçantes.
Le Royaume de Qua. Il s'étend entre le Saint- Antony (Andoney) et le Rio-del-Rey. Vieux - Calabar } sur le Bongo ou Calabar, en est la capitale. Ses liabitans, quoique idolâtres, se distinguent par leur civilisation.
Les relations les plus récentes ne donnent aucun moyen de déterminer les divisions politiques auxquelles appartiennent les villes suivantes siiuées sur la partie inférieure du Quorra ; mais ces villes sont trop importantes pour être passées
sous silence. Boqua, petite ville sur la rive gauche du Quorra; c'est une espèce de port libre sur un terrain neutre , où les tribus obéissant à des rois ennemis , apportent sans danger les objets d'échange. Atta , autre ville près de la rive gauche du Quorra , à laquelle les frères Lander accordent 15,000 liabitans. Damoggou, sur la rive gauche du Quorra , siège d'un roitelet qui possède une flottille. Kirri (Kirree), assez grande ville; c'esl un des grands marchés de la Nigritie. Nous rappellerons que c'est au-dessous de cette ville que commence l'immense delta du Niger. Ebboe , ville de médiocre étendue , qu'on a à tort qualifiée de grande ville ; les frères Lander ne lui accordent que 6000 liabitans ; elle est située non loin de la rive droite du Quorra. C'est un des grands marchés de la partie inférieure de ce fleuve et la capitale du royaume des Ebboe, qui paraît être beaucoup moins étendu et puissant que ne le représentaient les relations vagues recueillies par d'anciens voyageurs; MM. Lander y trouvèrent un grand nombre de grosses barques provenant de la côte.
On pourrait provisoirement regarder comme une dépendance géographique du bassin du Djoliba les états suivans, tous très peu connus, mais trop importans pour n'être pas mentionnés.
Le royaume de Kong (Congé), remarquable par l'industrie de ses liabitans, qu'on dit être mahométans. 11 parait s'étendre sur une grande partie des montagnes connues sous le nom de Kong. On représente sa capitale , nommée Kong , comme une ville aussi grande que commerçante.
Le Melli , le Mosi (Mosee) , le Fobi (Fobee), le Calanna et le Dagoumba , sont des pays peu connus, ils paraissent être importans; et, avec d'autres contrées encore plus ignorées , ils occupent l'espace qui s'étend entre les royaumes que nous avons décrits le long du Haut-Djoliba , Tombouctou, le Borgou,le Yarriba, le Dahomey, l'empire d'Achanti et le Kong. C alanna , capitale du royaume de ce nom , et Y a hndi} de celui de Dagoumba, passent pour être de grandes villes bien peuplées, industrieuses et commerçantes. Voyez l'empire des Achantis à la page
Parmi les états qui appartiennent au bassin du Djoliba et à celui du Tchad , notre cadre ne nous permet de nommer que les suivans :
L'Empire des Fellans ou Fellatah, fondé dans le Gouber (Goober) par le cheikh Othman, connu communément sous le nom de Hatman Danfodio. Ce nouveau prophète conquérant, profitant de la confiance sans bornes qu'avaient en lui les Fellans, rassembla ses compatriotes qui avaient vécu jusqu'alors épars dans les forêts de la plus grande partie du Soudan, où ils s'occupaient à élever des troupeaux ; il s'empara de la riche province de Kano ; du Gouber , dont il tua le sultan j subjugua ensuite tout le Haoussa,le Cobbi (Kubbi), le Yaouri et une partie du Niffé. Tout l'intérieur de l'orient à l'occident fut frappé de terreur. Le Bornou dans l'est, et le Yarriba dans l'ouest, furent assaillis avec succès, et, malgré
AFRIQUE
la résistance opposée par les Yarribani , Danfodio parvint à s'emparer de Raka, Elora ou Affaga, ainsi que d'un grand nombre d'autres villes, et poussa ses conquêtes jusqu'à la côte maritime. Katunga, capitale du Yarriba, fut prise et détruite en grande partie. Les triomphes de Danfodio attirèrent dans ses états un grand nombre de Fellans ou Foulah de la Sénégambie, auxquels il assigna les terres et les maisons des nègres dans plusieurs provinces, mais surtout dans le Zrg- Zeg. En 1802, ce terrible conquérant devint fou à cause de son fanatisme religieux. A sa mort, arrivée en 1816, son fils Mohammed Bello , le sultan actuel, eut pour sa part, selon Clapperton, la plus grande partie des pays conquis par son père ; mais les provinces situées à l'ouest du Haoussa tombèrent en partage à Mohammed- Pien-Abdallah, fils de son frère ; il parait cependant que tous ont été réunis par la suite sous le sceptre de Bello. A la mort de Danfodio, il se forma une confédération ou lowia parmi les peuples conquis pour recouvrer leur indépendance. Le Gouber , le Zamfra , le Guari et le Katongkora districts du Caclienah, le Yaouri, leCobbi, le Daoura et la partie méridionale du Zeg-Zcg secouèrent le joug des Fellalah ; tous ceux sur lesquels on put mettre la main furent tués. Mais la valeur et l'habileté de Bello parvinrent à reprendre presque tout le Gouber, une partie du Zamfra , du Guari et du Cobbi , ainsi que la partie méridionale du Caclienah et la plus grande partie du Niffé. Cet empire est actuellement la puissance prépondérante du Soudan ; il parait comprendre le Gouber , le Cobbi ou Kebé, Je Guari, partie du IViffé , le Zamfra , le Zcg-Zeg, leKano, le Doury , le Caclienah, le Katagoum , l'Aweïk ; le Kurry-Kurry et le vaste pays de Djacoba paraissent être aussi ses vassaux. Une partie de la population du Djacoba , quoique moins abrutie que d'autres peuples nègres , offre la singularité d'être anthropophage. Sackato u , dans la province de Tadela ou Ader, qui formait autrefois un district du Gouber, est la résidence ordinaire de Bello. Celte grande ville est située sur le sommet d'tine colline peu élevée, près d'une rivière qui va se joindre au Kouarra ou Djoliba, à quatre journées de distance. Bâtie en 1805 par Danfodio, elle a été ceinte par l'empereur régnant, d'une muraille de 24 pieds de haut et d'un fossé sec. Une bonne partie de Sackalou au-dedans des murailles pourrait être prise pour une suite de jardins mal cultivés. Les maisons , assez bien bâties , forment des rues régulières, au lieu d'être réunies en groupes comme dans les autres villes du Haoussa. Il y a deux grandes mosquées, un marché spacieux au centre de la ville, et une grande place devant la maison du sultan. Cette dernière forme une sorte de petite ville; il s'y trouve cinq cours carrées, une petite mosquée , un grand nombre de cases et un jardin. Une grande tour carrée , surmontée d'un dôme haut de 35 à 40 pieds, est l'appartement où Bello reste pendant la grande chaleur du jour. En admettant comme exactes les estimations sur la population des villes du Soudan données par MM. Clapperton et Lander , Sackalou pourrait
bien contenir jusqu'à 80,000 habitans, la plupart Fellatah ; ce serait la ville la plus peuplée de toute la Nigritie.
Les autres villes principales de l'empire dans le bassin du Kouarra sont: Cachenah, nommée il y a cent ans Sangras ; c'est le cheflieu du Cachenah. Ses murailles en terre embrassent une grande étendue de terrain-, mais comme à Kano et en d'autres villes, les maisons n'occupent pas la dixèime partie de cet espace, tout le reste est couvert de champs et de bois. Depuis la conquête des Fellatah, le commerce des environs s'est porté à Kano, et la plupart des maisons de celte grande ville , jadis si florissante par son industrie et par ses vastes relations commerciales, tombent en ruines. Kalaouaoua (Kalawawa), chef-lieu du Gouber. Z irmi, ( hef-!ieu du Zamfra. Zariya , chef-lieu du Zeg- Zeg; la vieille ville, prise en 1800 par Danfodio, est presque totalement abandonnée ; la ville nouvelle, bâtie par les Fellatah , est entièrement habitée par ce peuple. On y voit une grande mosquée, et sa population est estimée à 50,000 âmes. Magaria , dans l'Ader, jolie ville que Bello fait bâtir ; elle devient tous les jours plus considérable, les habitans de tous les villages à une grande distance à la ronde ayant reçu l'ordre de venir y demeurer.
Les villes principales de l'empire dans le bassin du Tchad sont: Kano, chef-lieu delà province de ce nom. On porte à 40,000 âmes sa population permanente. C'est actuellement le plus grand marché de V Jfrique-Cenirale. Cette ville, dont la forme est un ovale irrégulier d'environ 15 milles, est entourée d'un mur en terre de 30 pieds de haut et de deux fossés à sec. Elle a 15 portes en bois recouvertes de lames de 1er; on 1rs ouvre et ferme régulièrement, comme dans les autres villes de cette partie de l'Afrique, au lever et au coucher du soleil. Les maisons, conslruites en argile et ordinairement â deux étages, sont presque toutes carrées avee de petites fenêtres et un appartement dans le centre, dont le toit est soutenu par des troncs de palmier; il est destiné à recevoir les étrangers. Les maisons sont à un quart de mille des murailles, et, dans quelques endroits , réunies en petits groupes séparés par de larges mares d'eau stagnante ; elles n'occupent guère que le tiers du terrain compris dans l'intérieur des murs: le reste est employé en champs et en jardins. Clapperton assure que le marché de cette ville est le mieux réglé de toute l'Afrique. B aebae gie , dans la même province , avec plusieurs maisons en pierre et 20 à 25,000 habitans , dont la plupart sont des réfugiés du Bornou et du Ouadey ou leurs descendans; presque tous s'adonnent au commerce. Katoungwa; Zangaeia; Katagoum , chef-lieu de la province de ce nom, sur un affluent du Yeou ; c'est une des principales forteresses de l'empire ; on lui accorde 7 à 8000 habitans. Sansang et Bcdi gouna dans le pays des Bedes.
Les principaux élats qui apparliennen au bassin du lac Tchad sont :
NIGRITIE ou REGION DES NEGRES.
L'Empire de Bornou. Cet état, qui paraît avoir étendujadis sa domination sur tout le Soudan- Oriental et sur une grande partie du Soudan-Central, se trouve aujourd'hui très resserré dans ses frontières. Peu de temps après la conquête du Bornou parles Fellatah , le cheikh El-Kanemy , à la tête des belliqueux habitans du Kanem , réussit à les chasser et à délivrer entièrement sa patrie du joug étranger. Depuis lors ce chef , aussi brave que prudent, peut être regardé comme le souverain de fait, tandis que le véritable empereur ne l'est que de nom. Ce dernier continue à jouir de tous les honneurs attachés à sa dignité , mais il n'a presque aucune influence dans les affaires. L'empire de Bornou ressemble, à quelques égards, à la France sous les rois fainéans. Malgré ses pertes, cet état est encore la puissance prépondérante du Soudan-Oriental. Ses plus grands ennemis sont le sultan de Baghermeh et l'empereur des Fellatah. En 1827 le cheikh avait été battu par les troupes de Bello dans une invasion qu'il avait faite dans les états de ce dernier. 11 paraît quel'empire de Bornou actuel se compose du Bornou proprement dit , le long du Yeou et du bord occidental du lac Tchad; du Kanem , sur la rive septentrionale et partie delà rive orientale de ce lac ; ensuite d'une partie du Loggoun , au sud de ce même lac ; de partie du Mandara au sud du Loggoun , et d'une partie du pays des Mungas ou Mongowi, à la gauche du Yeou. Nouveau- Bornou ou B ir nie , ville murée et peu éloignée du lac Tchad , avec environ 10,000 habitans , est la capitale titulaire de l'empire et la résidence de l'empereur. Les autres villes principales sont : Koukcij ville de médiocre étendue, nouvellement bâtie par le cheikh El-Kanemy, à une petite distance du lac Tchad; c'est sa résidence ordinaire, et par conséquent la véritable capitale de l'empire. Angornou > tout près de Birnie et voisine du lac Tchad; c'est actuellement la ville la plus grande et la plus commerçante de tout l'empire; on lui accorde 30,ooo habitans , sans tenir compte du grand nombre d'étrangers qui fréquentent son marché. Digoa, grande ville murée, dont on
porte la population à 30,000 âmes. Birnie ou rieux-Bornou , sur le Yeou, ville entièrement ruinée , jadis capitale de l'empire. Le vaste espace couvert de ses ruines atteste son ancienne splendeur ; on voit encore en plusieurs endroits les restes de ses murailles en briques rouges ; elles ont de 3 à 4 pieds d'épaisseur ; on portait à 200,000 âmes sa population. Gambaro u , sur la rive droite du Yeou , grande ville qui existait encore en 1809 , mais dont il ne reste plus que les ruines; MM. Denham et Clapperton pensent que ces édifices devaient être les plus magnifiques de tout le Soudan ; Gambarou était la résidence ordinaire des sultans de Bornou. Delow , jadis capitale de Mandara ; on lui accorde 10,000 habitans. Mora, la capitale actuelle de ce royaume, qui parait être plutôt allié que tributaire de l'empire de Bornou. Mao a, chef-lieu du Kanem.
Le royaume de Baghermeh , en partie sur les rives orientale et méridionale du lac Tchad. Ce pays , dont on ne connaît pas eneore l'étendue du côté de l'est , touche à l'empire de Bornou avec lequel il est continuellementen état de guerre. Ses habitans se distinguent parleur bravoure et leur industrie parmi les autres peuples nègres de l'Afrique. Depuis quelques années le Baghermeh a secoué le joug que lui avait imposé Saboun, avantdernier sultan duOuadaï. Mesna parait en être la ville capitale.
Le royaume de Mobba , dit Dar-Szaleyh par les Arabes qui depuis long-temps s'y sont établis, Ouadaï, parles Fezzanais et les marchands du Sahara, etBERGou, parles Bornouans avec lesquels il confine et auxquels il fait souvent la guerre , comme il la fait aussi au Dar-Four. Quoiqu'il paraisse être un peu déchu de ce qu'il était sous le règne de Saboun , cet état est encore une des deux puissances prépondérantes du Soudan-Oriental. On connaît très imparfaitement les pays dont il se compose. Ou ara (Warra), qu'on dit être trois fois aussi grande que Boulaq près du Caire , en est la capitale. Une partie du territoire de ce royaume paraît ne pas appartenir au bassin du lac Tchad.
ISigritie- Occidentale.
Nous avons déjà vu que cette dénomination est synonyme de la Sénégambie de nos cartes. Cette vaste contrée partagée entre un grand nombre d'états a été de la part de notre savant ami M. d'Avezac , l'objet d'études si profondes et si complètes que nous ne pouvions mieux faire que de recourir à un guide aussi expérimenté : il a bien voulu nous communiquer un résumé de ses importans travaux sur cette partie. Il en résulte que trois nations principales se partagent la domination de toutes ces contrées, absorbant en elles quelques restes des populations précédemment maltresses de divers états indépendans ; de telle sorte
qu'à la réserve d'un très petit nombre d'exceptions insignifiantes , on ne trouve plus dans la Nigritie-Occidentale que des états Ghiolofs , des états Peuls et des états Mandings. Parmi ces nations se sont effacés les Nones plus connus sous la dénomination injurieuse de Sévères ou bandits, et la plupart des Djalonkés et des Sérakhalés , sans parler d'une foule d'autres peuplades moins considérables. Il est remarquable que les trois races dominatrices, distribuées en beaucoup d'états mutuellement indépendans , les ont presque constamment constitués sur un patron uniforme pour chacune d'elles : presque partout en effet ce sont
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des monarchies , sacerdotales et électives chez lesPeuls, héréditaires et despotiques chez les Mandings, mixtes et féodales chez les Ghiolofs.
Au milieu de tous ces états existent des villages de commerçans, que l'on peut appeler avec juste raison hanséatiques, par analogie avec la célèbre ligue des villes libres d'Allemagne. Deux hanses principales, celles des Sérakhalés (Serracolets, Serrawoollis) et celle des Ghiolas (Diolas, Julis), la première au nord, la seconde au midi, ont échelonné leurs comptoirs depuis la côte jusque fort loin dans la Nigrilie-Centrale , infatigables courtiers d'un commerce étendu et varié, dont eux seuls savent tirer profit.
Les ETATS GHIOLOFS (Jalofs) sont régis par des princes dont le titre varie d'un royaume à l'autre : la couronne y est toujours transmise héréditairement, mais en ligne collatérale, et les grands vassaux ont part à la désignation du souverain. En voici une esquisse sommaire.
Le Ouâlo (WalJo, Owal), dont le roi se qualifie Brak, est voisin de l'embouchure du Sénégal , et complètement sous l'influence des établissemens coloniaux français. N der , l'ancienne capitale, est aujourd'hui ruinée, et le Brak réside à Daghana; dans le voisinage était Nbilor, détruit en 1830 par l'artillerie française lors de l'insurrection du prétendu prophète Denba-Golokh, qui fut pris et pendu.
Le Kayor (Caïor), dont le roi prend le titre de Vamel, s'étend le long de la côte jusqu'au-delà du Cap-Vert ; c'est le plus considérable des états Ghiolofs ; ses villes principales sont Ghighis , capitale actuelle ; Ma rk hay (Makaye, Mangaï) et Nbâoul (Embaul, Amboul), autres résidences du souverain ; Mouy t , chel-lieu de la province de Gandiole ; Nghiq , chef-lieu de celle de Nghian-bour; Koky, sur la frontière orientale, compte environ 5000 habitans; Ndout est le village le plus considérable des Nones asservis. Ten-Gaghey possédait antrefois un comptoir français sous le nom de Rufisquc.
Le Baol, dont le souverain est appelé Téyn, avait autrefois pour capitale Kâba, à laquelle a succédé Lamb ay (Lembeye) ; on y trouve en outre Sâly, que les Européens ont nommé Portudal , ancien comptoir français abandonné.
Le Syn, au sud des précédens, est gouverné par un monarque titré Bour 3 qui a pour capitale G hiakhàou ; les lieux principaux sont ensuite G h ilas et G h iago l or, autres résidences du roi , et Ghioudia ou Toal , ancien comptoir français.
Le Ghiolof proprement dit, noyau considérable encore, mais aujourd'hui bien déchu, du grand empire Ghiolof , dont tous les états énumérés cidessus ne sont que des démembremens, est gouverné par un Bour, qui réside à Ouarkhogh (Warghogh, Huarkor, Ouamkrore) -, on peut citer
après cette capitale, le marché de sel de Ndounout , sur le Marigot-Ghengher, et le village de Medina, où abondentles teinturiers.
Enfin le Saloiîm, dont la population appartient à-la-fois à la souche Mandingue et à la soucbe Ghiolofe; le noyau en est Ghiolof, comme l'indique le titre de Boar, que porte le souverain. Les démembremens seuls en sont Mandingues et sont classés parmi les états de cette nation ; ces derniers grandissent de jour en jour, resserrant au nordouest le noyau Ghiolof, dont A' a Aon est la capitale-, elle est située sur la rivière de Saloum.
Les ETATS PEULS (car tel est le nom national de ces peuples appelés plus ordinairement Foulahs et Felans) étaient autrefois gouvernés par des saltiqés (siratiques) ou chefs de guerre; aujourd'hui la puissance souveraine est entre les mains d'un chef religieux qui , de même que les anciens khalifes , se décore du titre d'Emir-él- Moumenyn ou prince des fidèles, corrompu vulgairement en celui iïAlmamy ; élu, dans chaque état, par un conseil de kiernos ou princes, il est à leur merci et ne peut rien faire d'important sans leur assistance. Dans cette seconde division sont compris les royaumes suivans :
Le Fouta-Toro , qui s'étend le long de la rive gauche du Sénégal , est partagé en trois grandes provinces principales , subdivisées à leur tour en plusieurs districts : le Fouta propre au milieu , le Toro à l'ouest et le Damgaà l'est. Kiélogn (Tjilogn, Chuloigne), capitale de la première, est aussi celle de tout l'empire et la résidence de l'almamy , qui cependant séjourne fréquemment à Paidy , tout près de S al dé , où il vient recevoir les présens annuels stipulés pour la sécurité du commerce européen en ces parages ; nous citerons encore , dans cette province, l'ancienne capitale Jgnam, Ghidba (Diaba, Djaba), Boumba, Foundégandé , dans l'intérieur; et sur le Sénégal Kaheydé, Dounghel et O ualaldé. Le chef du Toro porte le titre spécial de Lam-Toro ; il réside à G hé dey y sur le bras du Sénégal vulgairement nommé Rivière-à-Morfil ; les lieux les plus notables de la province sont ensuite Podor, ancien établissement français abandonné; Gayé et Donayé où les Maures viennent faire escale ; Maou, Mokhtar - Sala m , Haleybé, sur le Sénégal, et Hayéré, dans l'intérieur. Nous nommerons encore Souyma x patrie du marabouthMobhammcd, prophète prétendu, qui, après avoir bouleversé tout le pays en 1829 et renversé l'almamy Yousef pour faire remonter sur le trône l'almamy Biram aujourd'hui régnant , s'est retiré à Podor , où il jouit paisiblement des richesses et de la considération qu'il s'est acquises. La province de Damga a pour chef-lieu Kobilo; on y remarque en outre Kanel (Canel) et Sédo, à chacun desquels M. Mollïen accorde gooo habitans ; Haourë ;Aoret, Howry), résidence du kierno Bayla, dont le major Gray fut prisonnier ; Dembakané, sur le Sénégal.
Le Bondou, au sud-est du Fouta-Toro, est aussi partagé en provinces et districts : la capitale de tout le pays et résidence de l'almamy est Bow
NIGRITIE ou REGION DES NEGRES.
lébané, petite ville entourée de murailles de glaise , et qui n'a pas plus de 1800 habitans. Cous s an est le chef-lieu de la piovinee soumise à Toumané , frère du roi, laquelle s'étend au sud-est le long de la Falémé , jusqu'au-delà de Saysandin , où les Français ont un comptoir-, F allé conda parait être le lieu principal du territoire qui est situé au-delà de cette rivière. Le Ferlo est un district frontière au sudouest.
Le Fouta-Ghialo (Fouta-Dialîon , Fouta-Jallo, Fouta-Djalo) occupe la région montagneuse élevée, qui renferme les sources du Sénégal, de la Gambie, de la Falémé, du Rio-Grande; il comprend les trois provinces deTimbou, de Laby ctdeTemby, avec leurs annexes et dépendances, qui sont fort étendues à l'ouest et à l'est. Tim bou (Teemboo) est la capiu.c de l'état et la résidence de l'almamy ; elle a environ 9000 habitans. La domination de ces Peuls se fait sentir jusqu'à la côte habitée par les Landamas, Nalous, Bagos, Sousous, vers les embouchures du Rio de Nunho et du Rio Pongo ; et du côté opposé sur les pays Ghialonkés de Firia et de Baleya.
Le Kasso (Casson) , autrefois étendu au nord du Sénégal, est aujourd'hui réduit à la seule province de Logo, sur la rive méridionale du fleuve, près des cataraetes de Félou et de Gouina ; il est gouverné par le prince Haouah-Denba , homme d'un grand courage qui cherche à étendre sa domination sur les contrées bamboukaines 1 du voisinage ; Mamier est sa résidence habituelle. Les autres points principaux de son royau- I me sont : Médina, où les Français ont un j comptoir; S a b ous i ra (Savusirie) , Ghia- I m o u (Dhiamu) , Tin qé (Tenakie) , Mousa- I karé} Ghiap éry ( Japerey , Diapérey ) , Samb ou la et Digila; ces deux dernières sur la rive orientale du Ba-Fyn.
Le Fouladou ou Fouladougov , qui comprend I les provinces de Brouko et de Gangaran, i est peu connu -, il est traversé par les rivières de Ouonda et Bâ-Oulimà, bras principaux du Ba- ! Qouy , dont la réunion avec le Ba-Fyn forme le j Sénégal. -Les points principaux paraissent être ' Bangassi , résidence du prince Sérinumma, ; et la mieux fortifiée de toutes les villes de la i Nigritie - Occidentale ; Marina et Koulikouri, dans le Fouladou propre; Gomo , \ Karakello, Koli, Tombifoura, dans ! leBrouko; Kandy , Koina, Sabousira, et Maniakorro aujourd'hui ruinée malgré j sa triple enceinte de murailles, dans le Gani garan.
Les ETATS MANDINGS (Mandingos , Mandini gues) , dont la constitution a été fort peu étudiée jusqu'ici, paraissent former des corps politiques moins homogènes que les états Ghiolofs et Peuls ; sous ce nom deMandings nous comprenons aussi lesBambarras et les Sousous, qui sont des popu- I lations de la même famille, et qui parlent le même i langage. Nous allons les parcourir sommairement.
Le Kaarta, dont l'ancien Kasso, le 6aghona et le Ghiafnou sont des annexes, est
situé au nord du Sénégal, et appartient aux Mandings-Bambarras. La capitale était autrefois Kemmo u ; ; c'est aujourd'hui Ghiok a (Joko); les autres villes principales sont Gédingouma, qui a changé son nom en celui d'Elimané, Ko un iakary , ancienne capitale du Kasso , G hiaghé (Dhyagé , Jaghee ) , capitale actuelle de cette province conquise; Kirridjou, Jarra et Baghnat , souvent dévastées par les Maures Aoulâd-A'mar ; et Ghiafnou (Jafnoo), l'une des stations de la hanse des Serakhalés.
Le Bambour , entre le Ba-Fyn ou haut Sénégal et la Falémé , est une agrégation de divers districts, tels que ceux deNiagala, INatiéga, Tambaoura, Satadou, Konkado u , C amana, Ouaradou ; les principales villes sont Farbana, capitale du Bambouk proprement dit, et N a la ko , chef-lieu du Niagala. Il existe à une assez grande distance dans l'ouest, un petit état de même nom , formé peut-être par une émigration du précédent; on y trouve Ma lé m, capitale, Kasasa et Kounghie l.
Le Dentilia, sur la rive gauche de la Haute- Falémé , et renommé pour l'industrie de ses habitans, et pour ses mines de fer; B énis ëray l (Banisérile) en est la capitale; on y remarque encore Kéro uâné (Kirwanny) et Ghio la-fondou (Juli-funda) , dont le nom trahit une station de la hanse des Ghiolas.
Le Tenda est séparé du Dentilia par le désert boisé de S a m a k a r a , qui porte aussi le nom de Tenda ; ses villes principales sont : Far banat sur la rive gauche de la Falémé, J allacotar Bady, Tambico , Badou, près de la Gambie.
Le Oulli, au sud-ouest du Bondou , dont il esi séparé par le désert boisé de S i m b a n i , a pour capitale Médynah, à laquelle on assigne 5000 habitans; on y remarque en outre Barrakonda, Kolor, Koussay etSabi.
Le Yani, appelé aussi royaume de Kataba à cause de la capitale , comprend ce que les anciens géographes appelaient les royaumes de Haut et Bas-Yani et de Walley; outre la ville de Kataba, les points les plus notables de cet état sont : Yanimarrou (Nyay-marigo), Kaay , G h ioghio bo uré (George's-fort) et Pis a nia.
Les petits états de Badibou, Sanjalli. Kolar et Barra anciennes dépendances ou annexes du royaume ghiolof de Saloum, jadis beaucoup plus important et plus étendu qu'il n'est à présent. Celui de Barra, situé à l'entrée de la Gambie est assez puissant pour avoir mis récemment en péril les établissemens anglais sur ce fleuve.
Le Kabou , dont l'intérieur est fort peu connu , s'étend depuis le Rio de Géba jusqu'à la Gambie ; les petits états de Kantor, Tomani, Jemarrou, Eropina, Yamina et Jagra (Jogery) paraissent en être des dépendances; il exerce aussi la suzeraineté sur les Biafares , les Balantes et les Papels , que la conquête mandingue a refoulés sur la côte. La capitale est Se himisa, dontBrouko elTjaconda, sur la Gambie, relèvent immédiatement.
AFRIQUE
Enfin le Fourni, qui comprend les provinces de Combo, de Jéréja, de Kaën, et qui étend sa domination sur les Feloups et les Banyons de la côte , termine cette nomenclature. Jéréja en est la capitale.
Les anciens états autochtones qui conservent encore une ombre d'existence au milieu des trois nations dominatrices , sont le pays de Galam et le Ghialonkadou,
Le Pays de Galam ou le Kayaga ( Kadjaaga , Gayaga) , qui appartient aux Sérakhalés, a perdu au nord les provinces de G h i d i m a (Gedumah) et de G h i a f n o u , et se trouve resserré au sud par les Mandings du Bambouk et par les Peuls du
ISigritie-
Nous avons vu que cette subdivision de la Nigritie - Centrale correspond à la Guinée de nos cartes, moins la partie que les récentes explorations ont démontré appartenir au bassin du Djoliba. Celte vaste contrée est divisée en un grand nombre d'états. Nous nous bornerons à décrire les suivans comme les plus importans et les plus connus , en faisant observer que l'empire des Achantis est la puissance prépondérante de toute cette partie de l'Afrique, dont elle occupe presque le milieu. Nous commencerons notre description par la côte dite de Sierra- Leone.
Le Timmanie, petite contrée traversée par le Scarcie et la Rokelle inférieure. Kamba , petite ville, en est le chef-lieu.
Le Kouranko, vaste pays à l'est du précédent, et traversé par le Kabba affluent du Scarcie, la Rokelle et la Camaranca ; il parait partagé en plusieurs états, dont celui de Kouranko proprement dit, semble être le principal. Ko lakonka, sur un affluent de la Camaranca, en est la capitale; Kamato, sur la Rokelle, est une autre petite ville de 1000 habitans, qui en dépend.
Le Royaume de Soulimana (Solima) , au nord-est du Kouranko. C'est l'état connu le plus policé de la Sierra-Leone. Fa la b a , sur un affluent delà Rokelle, est la résidence du roi ; on lui accorde 6000 liabitans. Semba, Konkodogoure et Sangouja sont les autres villes les plus importantes.
Le Royaume de Cap-Monte. Les dernières relations représentent cet état comme le plus considérable de la Guinée-Occidentale-, il s'étend depuis le Rio Gallinas jusqu'à celui du grand-Bassam, le long de la côte et à une grande distance dans l'intérieur. Couscea , près de la source du Rio Cap-Monte, en est la capitale ; on porte sa population à 15 ou 20,ooo habitans.
Le Royaume de Sanguin ; il s'étend depuis la rivière St-Jean jusqu'à la Petite-Sisters ou Sestre. Ce
Bondou ; ce n'est plus qu une lisière le long de la rive méridionale du Sénégal ; elle est partagée par la Falémé en deux provinces gouvernées chacune par un prince qui porte le titre de Tonka : le Tonka de Toudbo est le chef de la province de Gouey; le Tonka de Makana, résidant h Makadougou , est le chef de celle du Kaméra; le poste français de Bakel est établi dans la première , et l'ancien fort S t- Joseph dans la seconde.
Le Ghialonkadou (Djallonkadou) , comprenant, les provinces de K u 1 1 o et de G a d o u . est le seul refuge qui soit resté aux Ghialonkés (Jellonkas) indépendans; c'est une contrée couverte de forêts et presque déserte. Nous ne pouvons ciler parmi ces villes, que Manna et Sous i ta, dans la province de Kullo
Maritime.
royaume, autrefois un des plus puissans de ta Guinée, est depuis plusieurs années partagé eu plusieurs petits états. Une petite bourgade d'environ looo habitans , représentée sur les caries sous le nom anglais de T r a d e -to w n (Villede-commerce), parait être le lieu le plus remarquable le long de la côte.
La petite République oligarchique de Cavally , ainsi appelée du nom de son chef-lieu. Cavally est située à l'embouchure du fleuve de ce nom; on y fait un commerce assez étendu ; les relations modernes lui accordent 10,000 habitans ; c'est le siège d'un culte particulier,
L'empire d'Achanti (Ashantee). Ce puissant état a été fondé depuis un peu plus d'un siècle par Saï- Toutouqui bâtit Coumassie, et par Beitinnie, issu de la même famille ; ce dernier s'empara de Douabin, dont il fit la capitale du petit royaume de ce nom. Ces deux états constamment alliés formèrent depuis lors par leurs conquêtes l'empire actuel des Achantis, composé du royaume d'Achanti proprement dit et de plusieurs royaumes et républiques, partie incorporés à l'empire, partie seulement tributaires. Les Achantis sont très braves; et les Anglais, vaincus par eux, ont été sur le point d'abandonner tous leurs établissemens sur la Côte-d'Or. En ne comprenant que le pays seulement tributaire, l'empire d'Achanti paraît s'étendre depuis le Rio St-André jusqu'au Popo, petit état dépendant du Dahomey, et depuis l'Océan jusque près du dixième parallèle. Co umas s ie, assez grande ville, dans le royaume d'Achanti proprement dit, et dans une vallée boisée , environnée au sud et à l'est d'un marais, est la capitale de l'Achanti et de tout l'empire. Ses rues sont larges, bien alignées et très propres; chacune d'elles a un nom et est sous la surveillance d'un officier de police. Les maisons sont petites, construites en roseaux liés par un ciment de terre glaise , et couvertes de paille. Au milieu de la ville une enceinte murée renferme les palais du roi et des princes de sa famille. On y voit des chambres petites, mais décorées avec une grande profusion d'ornemens d'or, d'argent et des sculptures d'oiseaux et d'autres animaux assez bien exécutées. Coumassie possède des mollahs ou docteurs char?
NIGRITIE ou REGION DES NEGRES.
gés d'enseigner à lire et à écrire l'arabe. Cette ville est l'entrepôt d'un grand commerce qui se fait avec toutes les parties de 1 empire ,. ainsi qu'avec la côte et le Soudan , surtout avec Tombouctou et Cachenab. Bowdicli n'évalue qu'à 15,000 habitans la population permanente de cette ville, mais il tait observer que, dans les grandes fêtes, elle peut dépasser 100,000 âmes en y comptantla population flottante. Les autres villes les plus importantes de l'Achanti proprement dit sont : Douab in , capitale du petit royaume indépendant, sur lequel règne un descendant de Beitinnie, un des conquérans fondateurs de l'empire. Doumassie, petite ville , importante par l'industrie de ses habitans.
Les autres villes les plus remarquables de l'empire, dans les pays entièrement soumis et dans ceux qui n'en sont que tributaires ou vassaux , sont les suivantes; nous les indiquerons en suivant l'ordre géographique. Le long de la côte en allant de l'ouest à l'est, on trouve : Saint- André s vers le milieu de la Côte-d'Ivoire et près de l'embouchure du fleuve Saint-André ; c'est une petite ville, résidence d'un roitelet tributaire, et importante par son commerce. Cap Lahou , près de l'embouchure du fleuve de ce nom , et résidence d'un roitelet tributaire ; c'est la plus grande place de commerce de la Guinée depuis Cap-Monte jusqu'ici; on en exporte une grande quantité de poudre d'or. Grand- Bas s am, ville florissante par son commerce et par la grande quantité d'or qu'on en exporte ; c'est le chef-lieu d'un petit état tributaire , dont dépend aussi la ville de Petit-Bassam (Pequininy-Bassam). Ama~ nahea, dans le royaume de ce nom , dit aussi Bein ou Apollonia ; Boussoua , capitale du royaume d'Ahanta ou Ante ; Mankasim, capitale de la république de Fantyn ou Fantie ; Accra ou Ankran , capitale du royaume de ce nom ; M. Robertson lui accorde 12,000 habitans. Agouona (Agwoona, Acona), dans le Crépi, divisé en plusieurs petits états tributaires de l'empire. Dans les cinq derniers que nous venons de nommer, ainsi que dans celui d'Adampi ou Ningo se trouvent plusieurs établissemens européens et leurs chefslieux respectifs que nous avons décrits dans le chapitre qui les regarde.
Dans l'intérieur de l'empire on trouve : dbbradie dans le Ouarsa (Warsaw), elDankara dans le Dankara , deux royaumes tributaires , où sont situées les plus riches mines d'or de tout l'empire. Kickiouheny (Kickiwherry) . dans le royaume d' Assin , et Coranza, dans celui de ce nom; on dit que leurs habitans sont plus civilisés que les Achantis. Diabbie, capitale de l'Amina, Sallagha (Sarem), capitale du royaume d'Inta, qui s'étend à la gauche du RioVolta ou Adirrie : ses habitans en grande partie makométans se distinguent par leur industrie et leur civilisation , supérieures à celles des Achantis ; Sallagha esLun des grands entrepôts du commerce de cet empire avec le Soudan proprement dit. Yandi, capitale du grand royaume de Dagoumba, ville très commerçante, qu'on dit être plus grande que Coumassie , et résidence d'un roi mahométan tributaire de l'empire c'est le siège d'une grande industrie et d'un oracle très renommé parmi les nègres.
Le Royaume de Dahomey. Quoique sa puissance soit bien déchue depuis la moitié du xvin* siècle, et qu'on le regarde même comme tributaire ou pour le moins comme vassal du Yarriba , ce royaume n'en est pas moins toujours un des plus grands et des plus puissans de la Nigritie. Il parait s'étendre depuis la frontière orientale de l'empire d'Achanti jusqu'à la frontière du Yarriba et des petits royaumes tributaires de ce dernier ; on connaît encore moins son étendue du côté du nord; maison sait qu'elle est très considérable. A borne y j capitale du royaume d'Abomey proprement dit , ville bâtie sans ordre et entourée d'un fossé profond qu'on passe sur quatre ponts. On y tient tous les ans des foires considérables. Tous les géographes s'accordent à porter à 24,000 habitans sa population. Les autres villes les plus remarquables sont : Calmina, avec 15,000 habitans, et un vaste bâtiment où réside ordinairement le roi. Whidah ou Judah, capitale du royaume jadis indépendant de ce nom. Grigue (Gregoy), à laquelle M. Leod accorde jusqu'à 20,000 habitans. Grand-Popo (lfla),sur une île, à l'embouchure du Mousui , ville considérable par sa grande population et chef-lieu d'un petit état tributaire.
Le Royaume d'Ardrah, jadis tributaire du Dahomey ; depuis plusieurs années il paraît l'être de celui de Yarriba. A llada , nommée Ardrah par les Européens , en est la capitale. C'est une ville assez bien bâtie et commerçante , à laquelle M. Robertson accorde 20,000 habitans. Voyez à la page 894.
Le Royaume deBadagri, petit état, qu'on dit être tributaire du roi de Yarriba, et dont la capitale du même nom est le port où abordèrent de nos jours plusieurs Européens pour explorer l'Afrique-Intérieure.
Le Royaume de Lagos (Awané), petit état situé à > l'embouchure du Lagos, et depuis quelque temps tributaire du royaume de Bénin. Voyez à la page 894. Lagos (Awané), sur une île formée par le Lagos. C'était, il y a quelques années, un des plus grands marchés d'esclaves de toute la Nigritie- Maritime. M. Robertson lui accorde jusqu'à 20,000 habitans.
Le Pays des Calboncos. Il s'étend entre le Riodel -Rey et le Rio-Camarones. Partagé en plusieurs petits états , il est surtout remarquable par les hautes montagnes qui s'élèvent sur son sol.
La côte de Gabon n'offre que de petits états peu importans. Nous nous bornerons à nommer celui d'EMPOUNGA (Empoonga), où se trouve Naango, nommée G eorgetown parles Anglais; elle est située sur le Gabon, et était, lorsque Bowdich l'a visitée, le plus grand marché d'esclaves de cette côte. C'est dans cette ville que ce voyageur se procura une foule de renseignemens importans sur le cours des fleuves et sur les états de l'intérieur. Ceux-ci sont beaucoup plus considérables, mais malheureusement connus seulement par les relations vagues et contradictoires des indigènes. Il paraît cependant que I'état d'Oungoumo, dont la capitale parait être Matta'di , est un des plus puissans, et que le royaume de Kayli (Kaylees), au
AFRIQUE
sud du précédent, est habité par un peuple assez policé et industrieux , qui exploite des mines de fer qu'il sait convertir en couteaux, lames et autres
armes, qui sait faire d'assez jolies étoffes, mais qui est àntropophage ; on l'accuse de manger ses prisonniers et jusqu'à ses propres enfans..
Nigritie- Méridionale.
On a vu que sous cette dénomination nous embrassons non - seulement tous les pays qui forment le Coingo de nos cartes , mais aussi tous ceux que l'exploration de M. Douville a fait connaître vers le nord - est et l'est. Le Congo , même dans les limites que les géographes s'accordent à lui assigner , ne forme pas un seul état, comme on l'a dit ; il n'est pas non plus partagé en quatre ou cinq états seulement, comme le représentent les cartes et comme le décrivent les faiseurs d'abrégés. C'est une vaste région divisée en un grand nombre d'états indépendans , dont plusieurs se composent d'une fouie de petits territoires vassaux. Le géographe n'a encore aucun moyen de déterminer avec précision la limite orientale de cette vaste région. Fidèle à notre plan, nous omettrons tout ce qui étant très imparfaitement connu doit nécessairement être exclu de cet abrégé. Mais, aidé de l'obligeante coopération de M. Eyriès et de M. Douville , nous ajouterons d'après le plan de cet ouvrage, la description abrégée des principaux états indépendans de l'intérieur, en fixant provisoirement les limites orientales de cette grande région de l'Afrique aux sources présumées du Congo et du Coanza, bien que le puissant royaume des Molouas et quelques autres états étendent leur domination sur une partie de la section de ce continent , que nous avons nommée Région de l'Afrique- Orientale. Considérée sous le rapport politique, nous partageons toute laNigritie- Méridionale en deux parties distinctes , que nous proposons de nommer Pays Indépendans et Pays soumis aux Portugais.
Dans les PAYS INDEPENDANS on trouve ■ Le Royaume de Loango. Il parait s'étendre depuis le cap Lopez jusqu'à quelques milles au sud du Zaïre ; on ne connaît pas ses limites du côté de l'orient. Il se compose du royaume de Loango proprement dit, et des royaumes tributaires de Santa-Catharina et de Mayumba qui ont pour chefs-lieux deux petites villes de ce nom ; ensuite des royaumes de Cacongo (Macongo de Tuckey, dit aussi Malemba, Chimfooka), de Ngojo et partie de celui de Sogno. Loango , dans le I.oango proprement dit, nommée aussi Boualh
et plus communément Banza-Loango } est la capitale de tout le royaume. Elle est située dans une grande plaine très fertile, a des rues longues, étroites, mais propres , et un port peu profond, où l'on fait un commerce assez considérable. M. deGrandpré lui accorde 15,000 habitans. Les autres villes principales paraissent être : Cliinguelé{Kinguele), capitale du Cacongo; Malemba, naguère grand marché d'esclaves; Cabenda , dans le Ngojo, remarquable par la beauté de sa situation, la fertilité de ses environs et par son port; on y vendait naguère un grand nombre d'esclaves.
Le Royaume de Congo , au sud du Loango et au nord de l'Angola. Quoique affaibli par les guerres civiles et par la perte de plusieurs de ses provinces orientales , cet état parait encore être un des plus importans de toute cette partie de l'Afrique. Les renseignemens donnés par M. d'Etourville , et d'autres que nous avons recueillis à Lisbonne, semblent s'accorder à étendre l'influence politique du roi de Congo beaucoup plus à l'orient qu'on ne le suppose généralement. Bamba ou Pamba , Sundi , Pango , Batta , Pemba et une partie de Sogno {Sonho) , sont les principaux pays les moins imparfaitement connus qui en dépendent encore. On doit y ajouter, d'après M. Douville, le Pays des Mossosos , dont la capitale est Hialala , petite ville de 1200 habitans. Les Portugais exercèrent autrefois une grande influence sur ce royaume , grâces à leurs missionnaires, qui étaient parvenus à convertir au christianisme une grande partie des habitans. Mais depuis long-temps, cet état, qu'ils regardent comme leur vassal, est de fait indépendant, quoique bien des géographes le rangent encore parmi les provinces de la monarchie Portugaise. San-Salvador , nommée par les indigènes B anza-C ongo (la capitale du Congo), est la résidence du roi. Située sur une montagne , sa position est vantée comme une des plus saines de l'univers. D'anciennes descriptions nous représentent cette ville comme bien bâtie, ayant des rues larges et plusieurs belles places symétriquement plantées de palmiers. La plupart des maisons, blanchies. à l'extérieur et à l'intérieur, ne sont que des chaumières rondes , de même
que toutes celles des autres villes du Congo, à un très petit nombre d'exceptions près. Les anciennes relations portent à 24,000 âmes la population de cette ville.
Le Royaume de Bomba, qui parait être le même que celui de Mani-Emougi (Mono-Emugi, Mou- Nimigi, Mohenemugi). C'est une des puissances prépondérantes de l'intérieur de l'Afrique, et sa domination s'étend sur plusieurs petits royaumes situés vers le nord et le nord-est; nous citerons entre autres le Pays des Mouenehai et celui de Samouhenehaï. La ville de Bomba en esi la capitale; d'après les indigènes, elle serait aussi
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peuplée, mais moins étendue que Yanvo. la capitale des Molouas.
Le Royaume de Sala, dont le roi est connu sous le nom de Micoco-Sala (roi de Sala) , dénomination qui a donné lieu à beaucoup d'erreurs géographiques. En combinant ce que les anciens voyageurs ont dit sur le royaume d'Anzico et sur le titre de Makoko qu'ils lui donnent, avec les renseignemens que nous devons à M. Douville, il nous semble qu'on ne saurait révoquer en doute l'identité de ce royaume avec celui d'Anzico. Mais ses habitans paraissent avoir beaucoup perdu de la férocité dont les accusaient les anciennes relations. Missel , qui correspond au Monsol ou Mussel de nos cartes , est la résidence du roi; c'est une ville d'environ 14,000 âmes. Les autres villes principales sont : Gismo la, A mbe gi , C oucapales s a et C outotile s sa ; cette dernière contient environ 6000 habitans. Le royaume de Sala est une des puissances prépondérantes de cette partie de l'Afrique ; plusieurs princes , dont les territoires s'étendent considérablement vers le nord et vers l'est , lui paient un tribut ou en sont vassaux.
Le Royaume des Molouas , qui paraît être la première puissance prépondérante de l'Afrique- Transéquatoréale. Il s'étend au sud de celui de Bomba ; un grand nombre de pays situés vers l'est et le sud-est, et même des peuples qui habitent le long de la Côte-Orientale reconnaissent sa suzeraineté ou lui paient un tribut. Nous nommerons entre autres les royaumes de Mouchingi et de Moucangama; ce dernier a pour capitale Moucangama, ville d'environ 4000 habitans. Le royaume des Moluas offre la singularité d'avoir deux capitales distinctes: Yanvo, Où réside le roi , et Tandi-a-v oua dite aussi Aga ttou-Ya nvo (la Ville des femmes) où réside la reine. Yanvo nous parait être la plus grande ville connue de toute l'Afrique au sud de l'équateur, puisque M. Douville lui accorde 43,ooo habitans. Les maisons en général sont bâties en briques cuites au soleil. Il y a des places publiques , de grandes prisons , deux forteresses carrées construites en briques. Le palais du roi est vaste, mais n'a qu'un rez-de-chaussée. Le sérail estaussi très grand ; il contient environ 700 femmes qui partagent la couche royale. Tandi-a-v oua, a aussi des places publiques, une forteresse et un vaste palais où réside la reine , mais M. Douville ne porte sa population qu'à 16,000 âmes. Nous re marquerons avec ce voyageur, que ces deux villes sont entourées de branches de rivières qui se dirigent vers l'est; elles appartiennent par conséquent, sous le rapport purement géographique, à la Région de l' Afrique-Orientale.
Le Royaume d'Humé s'étend au sud-est du lac Kouffoua ; il occupe un vaste espace, et ses habitans se distinguent parleur humeur belliqueuse et féroce.
Le Royaume de Cassange s'étend très loin vers l'est en suivant le cours du Couango. Ses habitans sont les peuples connus autrefois sous le nom impropre de Jaggas. Cassanci, sur le Cassanci, affluent du Couango , petite ville d'environ 3000 habitans , en est la capitale. C'est le
plus grand marché aux1 esclaves de tout l'intérieur de la Nigritie-Méridionale.
Royaume de Cancobella, dont les habitans sont très féroces; il s'étend le long de la Bancora, un des principaux affluens du Couango. Cancobella, petite ville d'environ 2000 habitans, en est la capitale.
Royaume de Ho , situé le long d'un des principaux affluens du Couango ; il s'étend très loin vers l'ouest.
Royaume de Holo-Ho. C'est le plus vaste des états situés au sud du Couango. Les Mouchicongos et les Mahungos en dépendent. Holo-ho, petite ville , de 2000 habitans , est la résidence du roi. Les Mouchicongos sont très belliqueux ; c'est sur leur territoire qu'est situé Ambriz, naguère un des grands entrepôts maritimes pour la traite, avec un port sur l'Atlantique.
Royaume de Ginga , dont les habitans sont originaires du royaume d'Angola , et sont les enne mis les plus implacables des Blancs. Malamba, petite ville d'environ 1500 âmes, en est la capitale.
Les Royaumes de Quiçua , Cutato, Cunhinga , Tamba , Libolo , Quisama , Séla , Baïlundo et NANO,sont plus petits que les précédens; ils s'étendent à l'est et au sud du royaume d'Angola. Leurs habitans, quoique belliqueux, vivent en paix avec les Portugais et laissent ces derniers traverser leurs territoires. Leurs capitales portent les mêmes noms. Nous rappellerons que dans celui de Libolo est situé le volcan Zombi, et que celui de Quisama possède une riche mine de sel gemme t dont on exporte tous les ans des quantités considérables qui sont consommées dans l'intérieur.
Le Royaume de Bihé , dont les habitans , quoique doux et industrieux , se distinguent par leur bravoure et leur humeur belliqueuse. C'est une des puissances prépondérantes de cette partie de l'Afrique. Bihé, petite ville de 3000 âmes, est la résidence du roi ; on y tient un des plus grands marchés d'esclaves de tout l'intérieur de la Nigritie-Méridionale.
Les PAYS soumis aux PORTUGAIS comprennent les deux royaumes d'Angola et de Benguela avec leurs dépendances, qui consistent en quelques petits forts sur le territoire du royaume de Congo et d'autres étals moins considérables, ainsi que dans quelques loges situées à de grandes distances dans l'intérieur. Ces deux royaumes forment la grande province, ou la capitainerie générale d' Angola et Congo. De vastes espaces de terrains entièrement déserts et des peuplades tout-à-fait indépendantes séparent les uns des autres les petits cantons de l'intérieur habités par des peuples réellement soumis aux Portugais. Loanda ou St-Paul de Loanda, située en partie près de la mer, et en partie sur une éminence qui domine la plage et près de l'embouchure du Zenza , nommé Bengo par les Portugais, est la résidence du capitaine général et d'un évêque. Suivant M. Douville nous devons regarder Loanda comme la plus belle ville de toute cette région. On y voit des maisons en pierres, plusieurs églises et plusieurs couvens ; elle est très bien fortifiée, possède un port. et fait un commerce assez important. Malheureusement l'expoi-
AFRIQUE
tation des esclaves en forme l'article principal. Sa population permanente s'élevait il y a quelques années à 5000 âmes. Les habitans les plus riches ont d'assez belles maisons de campagne sur les rives du Zenza , du Danda et du Coanza. Les autres villes et les postes les plus importans sont : B enguela (San-Felipe de Benguela) , sur une baie, petite ville avec un ancien fort délabré, chef-lieu du Benguela ; sa position en rend le séjour très malsain. Benguela, de même que Loanda, sert d'exil pour les criminels portugais. Viennent ensuite les forts Ht- José de Encoche , Cambambé , Massagano , Mouchima, daus le royaume d'Angola-, ils
sont tous très petits, et ne sont Importans que relativementaux pays où ils sont situés. Les forts d' Ambaca , de Pedr a - Pungo - A n dongo et de Caconda n'existent plus depuis bien des années , quoique les cartographes et les géographes continuent à les représenter et à les décrire sur les cartes les plus récentes et dans les traités les plus modernes. Nous citerons encore la petite province de Dembos, si remarquable par ses montagnes : on pourrait l'appeler la Suisse de la Nigritie-Méridionale ; et le G oloungo-Alto, autre province, où se trouve le monlMuria , le plus haut sommet mesuré de toute l'Afrique.
position astronomique . Longitude orientale, entre 9° et 33°. Latitude australe, entre 18° et 35°.
confins. Au nord, le Congo dans la Nigritie et l'Afrique-Orientale. A Vest, l'Océan-Indien. Au sud, POcéan-Austral. A Youest, POcéan-Atlantique.
fleuves. Tous les fleuves de cette région peuvent être partagés en quatre classes : fleuves qui se jettent dans l Océan- Atlantique , fleuves qui se rendent dans V Océan- Austral , fleuves qui aboutissent à V Océan-Indien, et fleuves qui paraissent se perdre dans les sables. Nous ne parlerons que des fleuves appartenant aux trois premières classes, en nous bornant à faire observer que le Kruman , dans le pays des Betjouanas, est le principal fleuve de cette dernière division.
L'OCEAN- ATLANTIQUE reçoit :
L'Orange. C'est le plus grand fleuve de cetle partie de l'Afrique ; il est formé par la réunion de deux branches : la Septentrionale , nommée Gariep ou Fleuve Jaune , qui naît dans le pays des Cafres-Barrolongs et traverse celui des Hottentots- Koranas-, la Méridionale, dite Nouveau-Gariep ou Fleuve Noir, dont on ne connaît pas encore exactement la source ; elle traverse le pays des Bosjesmans. Après la jonction de ces deux branches, Ce fleuve poursuit son cours vers l'ouest à travers le Pays des Hottentots, dans lequel il entre par une seule embouchure dans l'Océan. Son principal affluent est le Gamma ou Grande- Rivière des Poissons.
L'Eléphant (Olifants-River ) prend sa source dans le mont Winterhoek et traverse la partie occidentale delà colonie anglaise duCap-dc-Bonne- Espérance ; il reçoit à la droite le Petit- Dourn et \» Grand- Dourn lui traversent le district de Tul-
bagh.dans lequel l'Eléphant se jette dans l'Océan.
L'OCEAN-AUSTRAL reçoit :
Le Gaurits (Rio-Formoso , Rlo-Infante et improprement Goudsriver), formé par la réunion des deux branches nommées Grande-Gamka (Grand-Fleuve du Lion) et Petite-Gamka {Petit-Fleuve du Lion), qui naissent toutes deux dans la haute chaîne du Nieuveld. Après leur jonction le Gaurits court au sud à travers la colonie du Cap-de-Bonne-Espérance, qu'il partage presque en deux parties égales; il franchit la haute chaîne du Zwartberg et se jette dans l'Océan. Ses principaux affluens sont le Buffel et le Tau à la droite ; Y Eléphant à la gauche.
Le Camtoos, formé par la réunion de plusieurs branches qui descendent de la chaîne Nieuveld. Parmi ses affluens le Kareeka prend sa source dans la chaîne Schneeberg ( Sneeuwberg ) ou Monts de Neige.
Le Zondags (Nukokamma), formé par la réunion de plusieurs branches qui descendent des Monts de Neige. Ce fleuve traverse les hauts plateaux du district de Graaf-Reynet. 11 reçoit plusieurs affluens à droite et à gauche, parmi lesquels nous nommerons le Camdebo; c'est dans la baied'Algoa qu'il entre dans l'Océan.
Le Grand-Poisson ( Groote- Vis- River , dit aussi Kamtky et S. Johannifluss) , descend des Monts de Neige, baigne le territoire de la nouvelle colonie fondée en 1820, passe par Salem et autres lieux, et se jette dans l'Océan. Le Tarka , à la gauche, paraît être son principal affluent.
Le Keis-Kamma a un cours beaucoup moins considérable; nous le nommons parce qu'il fixe la limite orientale entre le territoire des colons anglais et celui qui est soumis à un des rois des Cafres indépendans.
L'OCEAN-INDIEN reçoit :
Le Mafumo ou Lagoa ; il descend des hauteurs qui sillonnent le plateau des Cafres-Marouzis ; le Lorenço-Marquez et I'Arroe; ce dernier parait être le même que le Manissa (Manica, dit aussi Espiritu-Santo). Ces trois grands fleuves aboutissent à la suoerbe baie de Lagoa ou de Lorenco-