REGION DE L'AFRIQUE AUSTRALE
Marquez; les deux derniers paraissent traverser dans la partie supérieure de leur cours le vaste pays occupé par les nombreux Cafres-Macquini.
L'Inhambane , le Sabia et le Sofala traversent les pays du même nom compris dans le territoire appartenant aux Portugais ; on ne connaît encore que la partie inférieure de leur cours.
division. Dans l'état actuel de la géographie de cette partie de l'Afrique , il nous semble qu'on pourrait provisoirement la partager de la manière suivante ; elle combine jusqu'à un certain point les divisions politiques avec les divisions ethnographiques. Voici ses principales divisions en commençant par la côte occidentale.
La Cimbébasie ou côte des Cimbebas. Elle s'étend depuis le cap Frio jusqu'à l'Ile-aux-Oiseaux, près des limites du pays des Hottentots. C'est une des parties les plus arides et les plus désertes du globe; l'eau potable y est très rare, et on y voit à peine par-ci par-là quelque trace de verdure. On prétend que derrière ces solitudes errent les Cimbebas , peuple dont l'existence est bien loin d'être prouvée.
L'Hottentotie ou pays des Hottentots. Cette région s'étend depuis la Cimbébasie et le pays des Cafres-Betjouanas jusqu'à la colonie duCapde-Bonne-Espérance. Le grand fleuve Orange la traverse de l'est à l'ouest. Les Hottentots sont partagés en plusieurs peuplades subdivisées en un grand nombre de petites tribus. Nous citerons entre autres les Namaquas, où se trouve Pe l la à la gauche de l'Orange , et ies missions de Kommagas et de Steinkopf; les Coranas; les Damaras, qui savent travailler le cuivre ; les Griquas, remarquables pour leurs progrès dans la civilisation, qu'ils doivent aux missionnaires établis parmi eux. Sur leur territoire, on trouve la petite ville de Griqua (Klaarwater) , avec 3060 habitans, dont plus de 350 fréquentent les écoles ; ét Hardcastle , avec 880 habitans.
L'Afrique- Australe- Anglaise ou colonie du Cap-de-Bonne-Espérance. Cette importante colonie, ci-devant Hollandaise, occupée par les Anglais en 1795 et en 1806, leur fut cédée formellement en 1815. Elle forme aujourd'hui le noyau des possessions anglaises dans cette partie du monde. Ses confins sont : au nord, l'Hottentotie- Indépendante ; à Yest, la Cafrerie proprement dite ; au sud, l'Océan-Austral ; et à l'ouest, l'Océan-Atlantique.
D'après des notices récentes , cette colonie est partagée en deux gouvernemens : celui du Cap et celui d'UiTENUAGEN , subdivisés en neuf districts. Les lieux les plus remarquables sont : Le Cap (Cap-de-Bonne-Espérance), que les Hollandais nomment Kaapslad, et les Anglais
Capeto wn. C'est la résidence du gouverneur général et de toutes les autorités supérieures. La ville du Cap est située au pied des montagnes de la Table et du Lion, au fond de la baie de la Table sur l'Atlantique et à une petite distance de la
baie False sur l'Océan-Austral. Malgré cette position avantageuse, on peut dire que le Cap n'a pas de véritable port, parce que ces deux baie» sont exposées au vent et offrent toutes deux un mouillage peu sûr ; néanmoins cette ville est toujours un des points les plus imporlans du globe sous le rapport militaire et commercial ; car le Cap est la plus forte place de l'Afrique et lu relâche ordinaire des vaisseaux qui vont en Asie ou qui en reviennent. Toutes les rues sont coupées à angles droits, les maisons bâties en pierres ou en briques, et presque toutes ont le toit en terrasse. Ses édifices les plus remarquables sont : Y église principale qui sert au culte réformé et anglican ; le palais du gouverneur , les casernes , et les magasins. Hors de l'enceinte de la ville se trouve le magnifique hôpital , qui peut contenir 600 malades. Le Cap possède en outre une ménagerie assez bien fournie d'animaux rares ; wn jardin botanique qui, dans ses belles allées ombragées , offre une promenade charmante ; un collège très bien organisé et destiné à compléter l'instruction de la jeunesse; plusieurs écoles élémentaires ; une bibliothèque publique et deux journaux. En 1834 , sa population s'élevait à près de 20,000 habitans, dont plus d'un tiers se composait d'esclaves affranchis pendant cette année. Dans ses environs, remarquables Darde beaux chemins et par les charmantes maisons de campagne , où se retirent les habitans les plus riches pendant les grandes chaleurs, on trouve : Constantia , gros village , remarquable par la bonté de ses vins; et Simonssladt sur la baie False, petite ville , importante par ses beaux chantiers.
Les autres lieux les plus remarquables sont : Ste lie nbosch , chef-lieu de district, et Gnadenthalberg, la plus importante mission des frères Moraves en Afrique; Uitenhagen, chef-lieu du district de ce nom, duquel dépendent les districts à l'est du Gaurits ; Graaf-Re y ne t chef-lieu du district de ce nom ; Graham's Town qui parait être le lieu le plus remarquable des nouveaux établissemens faits dans le district d'Albany; selon M. Georges Thompson . depuis 1826 , ils se relèvent du dépérissement dont ils étaient menacés.
La Cafrerie proprementdite ou la Cafrerie maritime, plus connue sous le nom de côte de Natal. Cette contrée s'étend le long de l'Océan-Indien depuis le Keiskama et l'Hottentotie jusqu'à la baie de Lagoa, dans les établissemens portugais. Les Cafres qui l'habitent sont divisés en plusieurs peuplades subdivisées en tribus , dont les suivantes sont les plus remarquables : les Koussas ou Amakosas , qui vivent le long des frontières orientales de la colonie anglaise du Cap ; Gaïka , dont parle M. Barrow dans son voyage au Capde-Bonne-Espérance, était encore naguère , malgré ses vices, leur chef le plus renommé ; il est mort, il y a déjà quelques années ; son successeur se nomme Sandili; celui-ci, Hinga , Poto et d'autres chefs étaient reconnus par les Anglais comme les rois légitimes des Cafres de cette partie. Hinga ayant été tué dans la dernière guerre,
Kreoli, son successeur, a été forcé de céder aux Anglais un vaste territoire. Les Tambouki , remarquables par leur industrie; ils savent travailler le fer et l'argent qu'ils mêlent ensemble pour faire des ornemens. Les Zoulas (Zoolas) , nommés Hollontontes par les indigènes de la baie de Lagoa dont ils forment une tribu, sont devenus dans ces dernières années très puissans. Leur cbef Tchaka a soumis le Mapouta et a été pendant quelque temps la terreur des populations qui demeurent au sud de la baie de Lagoa. Selon M. Georges Tbompson, son armée était forte de 15,000 liommes; il vient d'être tué par son frère Dingan , qui est bien loin de pouvoir résister comme lui à son rival Massalikathi (>'osolekatsi) , qui selon les derniers rapports des missionnaires et de MM. Hume et Muller, étend sa domination sur presque toutes les peuplades Cafres connues des colons du Cap. 11 parait que les Mantatis, dont les journaux ont tant parlé il y a quelques années, n'étaient autre ebose que des tribus cafres de cette partie de l'Afrique que Tcbaka mettait en fuite par la terreur de ses armes. C'est dans son territoire que se trouve la petite colonie que le lieutenant anglais Farewell a fondée en 1824 au Port-Natal et sous la protection de Tcbaka. Les Mamboukki, qui passent pour être les plus belliqueux; ils sont pasteurs et agriculteurs.
Les Etablissement portugais. Pour éviter les répétitions, et pour ne pas séparer ce qui est conligu , nous renvoyons à la page 908 où l'on a indiqué les lieux les plus remarquables situés le long de la côte de Sofala correspondant à cette subdivision de l'Afrique-Australe.
La CAFRERtE 1 NI ÉPilEL'RE ou le Pays DES Cafres- Betjouanas forme la plus grande div ision de cette
région. Elle est partagée entre plusieurs peuples indépendans et souvent en guerre entre eux. La Société des Missions protestantes de Paris,prcsidé« par l'amiral comte Verrbuell, a envoyé, il y a quelques années, trois ministres cbez les Betjouana? pour leur apporter le christianisme et la civilisation qui l'accompagne. Les principaux peuples connus jusqu'à présent sont les suivans : les Briquas, qui demeurent le long du Kruman et de ses affluens : Nouvelle-Lilakou, ville à laquelle on accorde 6000 babitans, est la résidence du roi, auquel paient tribut plusieurs bordes de Hottentots qui errent dans les solitudes au sud-ouest du Litakou ; les missionnaires y ont une église et des écoles. Les Tammahas , au nord-est des Briquas; leur roi réside à Meribowhey. Les Barroïongs, au nord et à l'est des Tammahas, subdivisés en plusieurs peuplades, dont les principales sont : les Ouankelze (Wanketze) , dont le roi réside à Mélita; les Maroutzis (Marootzees), qui se distinguent par leur industrie et dont Kourritc hane , peu éloignée à ce qu'il paraît d'un affluent du Mafumo , est la résidence du roi; M. Campbell lui accorde jusqu'à 16,000 babitans ; les Machow (Mashow), dont le chef-lieu est Machow, qui parait avoir avec ses environs 10 à 12,000 âmes ; ces peuples sont agriculteurs. Les Macquinis qui demeurentau nord desMaroutzis,etqui paraissent être les plus nombreux, les plus puissans et les plus civilisés de tous les peuples Cafres ; ils tirent une grande quantité de fer et de cuivre de leurs mines , qu'ils vendent après aux nations voisines. Les Morolongs au nord et à l'ouest des Machow. Les Gokas, le long du Donkin, affluent du Fleuve Jaune ,• on dit que leur chef-lieu est plus grand que Litakou.
position astronomique. Longitude orientale, entre 22°? et 49°. Latitude, entre 12° boréale et 20° australe.
cowriNS. An nord, la Région du Nil et le golfe d'Aden. A l'est, l'Océan- Indien. Au sud , l'Océan-Indien pendant un petit espace , ensuite la Région de l'Afrique-Austraie. A l'oM^laNigritie.
fleuves. Les doutes que nous avons signalés sur la direction des fleuves de la Nigritie sont encore plus grands lorsqu'on veut tracer le cours des grands fleuves qui arrosent cette vaste partie de l'Afrique. On peut dire qu'on ne connaît entièrement le cours d'aucun de ses fleuves principaux. Tout ce que la géographie offre de moins vague et de plus im-
portant sur ce sujet , nous paraît pouvoir être réduit à ce que nous offrons dans le tableau suivant.
L'OCÉAN INDIEN reçoit :
Le Zambeze , dit aussi Couama et Quilimané ; c'est un des plus grands fleuves de l'Afrique ; on ne connaît que la partie inférieure de son cours ; toute la partie supérieure est encore livrée aux conjectures des géographes. Il parait cependant que sa source est beaucoup plus éloignée qu'on ne le croyait. Nous penchons à croire que le RourouRA et le Mcrucura qui traversent le vaste territoire desCazembes, pourraient bien être les deux branches principales du Zambeze ; nous invoquerons à notre appui la belle carte de l'Afrique de notre savant ami M. Brué , et quelques renseignemens qu'on nous a donnés à Lisbonne. En admettant cette hypothèse, ce grand fleuve, après avoir arrosé les contrées soumises aux Cazembes , traverserait le royaume de Changa-