DE LA CLASSIFICATION DES PEUPLES DE L'AMÉRIQUE D'APRÈS LES LANGUES
NATIONS INDIGÈNES. Parmi le grand nombre de nations comprises dans cette section nous nous bornerons à citer les suivantes :
** Les Pécherais ou Yacanacus, nation très peu nombreuse, mais qui esl remarquable en ce qu'elle est la plus australe de toute la terre connue ; elle babite l'arcbipel de Magellan ou de la Terre-de-Feu , et , à ce qu'il parait , même quelques localités le long de la côte occidentale du continent opposé à cet archipel. Les rapports des capitaines King et Fitzroy, commandans de l'expédition anglaise envoyée il y a quelques années à l'exploration des côtes de l'extrémité
méridionale de l'Amérique-du-Sud, ont confirmé les détails donnés par Cook concernant la vie misérable menée par ces sauvages, dont l'abrutissement ne peut être comparé qu'à celui des naturels des côtes Nord-ouest de l'Australie (Nouvelle-Hollande); ils se nourrissent de coquillages et s'accroupissent par famille sur la plage, où ils trouvent la plus ample moisson de pétoncles et d'autres mollusques, et changent de place seulement quand elle est épuisée.
** Tfhuelmets , nation assez nombreuse de la Patagonie, subdivisée en plusieurs tribus, qui sous différens noms errent dans les vastes soii-
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tudes de cette région, depuis le détroit de Magellan jusqu'aux environs du Rio Camarones. Quelques-unes de ses hordes offrent des peuplades d'une haute taille, parmi lesquelles, quelques individus peuvent être de véritables géans : c'est la seule explication raisonnable qu'il nous parait possible de donner aux nombreux rapports anciens et modernes si contradictoires que l'on a publiés sur les fameux Patagons, dénomination donnée par Magellan à un peuple de cette contrée , qui parait avoir appartenu à cette souche ethnographique. Nous invoquons à l'appui de notre opinion l'autorité d'un juge compétent, M. d'Orbigny, auquel la géographie sera redevable d'avoir été purgée de celte erreur et d'une foule d'autres , qui déparent les meilleures descriptions des vastes régions qu'il a parcourues.
La Famille Chilienne comprend plusieurs peuples dont quelques-uns sont assez nombreux ; ils habitent les hautes vallées du Chili-Septentrional et celles du Chili-Oriental au-delà des Andes, et s'étendent ensuite dans le Chili-Méridional et dans IaPatagonie, Lesplus nombreux et les plus remarquables sont : les Aucas ou Molouches proprement dits , nommés Araucans par les Espagnols-, ceux qui habitent à l'ouest des Andes forment la puissante ** confédération des Araucans. Cette nation belliqueuse, après avoir fait une longue guerre aux Espagnols, vivait en paix avec eux , lorsque , à l'époque de la révolution, ayant pris le parti des royalistes, elle tourmenta beaucoup les républicains , dont elle détruisit plusieurs villes : celle de Concepcion en conserve encore les traces affreuses. Le territoire de cette confédération , que les géographes appellent Araucanie, s'étend à l'ouest des Andes entre le Biobio , le Valdivia et le Grand-Océan. 11 est partagé en quatre gouvernemens ou tétrarchies; chaque gouvernement est subdivisé en 9 provinces, qui sont elles-mêmes partagées en neuf regues ou districts. Les quatre uthal mapus ou tétrarchies sont gouvernées par quatre toquis ou tétrarques, indépendans l'un de l'autre dans l'administration civile de leurs territoires respectifs , mais néanmoins confédérés pour le bien général de la contrée. Ces quatre chefs ainsi que leurs gouverneurs subordonnés des provinces et des districts respectifs sont héréditaires dans la ligne masculine. Le gouvernement de ce pays offre la plus frappante ressemblance avec l'aristocratie militaire des ducs, des comtes et des marquis du nord de l'Ancien-Continent , quoique son existence soit de beaucoup antérieure à l'arrivée des Espagnols dans cette partie reculée du Nouveau-Monde. Les Araucans passent justement pour être la nation indigène indépendante la plus policée de l'Amérique , et paraissent être le premier peuple de ce Continent, qui , en se procurant par un heureux hasard de nombreuses et bonnes races de chevaux , s'accoutuma de bonne heure à l'équitation et forma des corps de cavaliers-, dès l'année 1568 il eut déjà plusieurs escadrons de cavalerie dans son armée. Comme plusieurs autres nations de l'Amérique , il conserve
le souvenir d'un grand déluge, auquel il n'échappa que peu de monde. Les Araucans savent déterminer les solstices par le moyen de l'ombre, et leur année offre encore plus d'analogie avec l'année égyptienne que celle des Aztèques. Ils divisent le jour naturel comme les Chinois , les Japonais, les Taïtiens et quelques autres nations; et distinguent les planètes des étoiles , et les croient autant de terres habitées comme la nôtre. Malgré l'état imparfait de leurs connaissances, ils ont dans leur langue des mots pour désigner les différentes figures géométriques, comme le point , la ligne , l'angle , le triangle, le cône, la sphère, le cube; ils cultivent avec succès la rhétorique, la poésie et la médecine, autant qu'on peut y réussir sans livres et sans écriture ; chez eux, comme dans l'ancienne Rome , l'éloquence mène aux honneurs politiques et au maniement des affaires. Leurs amfibes, qui équivalent à nos empyriques , sont de bons herboristes et connaissent bien le pouls et les autres signes diagnostiques. Depuis très longtemps et avant l'arrivée des Espagnols , ils font usage de la saignée , des lavemens, de la sonde, des vomitifs , des purgatifs et des diaphoniques-, et leurs gutarves ou chirurgiens savent remettre les os à leur place , consolider les fractures, traiter les plaies et les ulcères. Ces professions sont regardées comme les états de forgeron, d'orfèvre, de charpentier et de potier, tout imparfaits qu'ils sont encore parmi ce peuple. Le tableau que nous venons de tracer de la civilisation de ce peuple, d'après Molina et les auteurs célèbres qui récemment l'ont reproduit, est malheureusement une pure fiction. M. Poeppig, qui a publié depuis quelque temps son intéressant voyage dans l'Amérique Méridionale , où il a eu occasion de voir de près ce peuple, nous a détrompé. Nous avons cependant laissé subsister l'ancienne description pour signaler par cet exemple, jusqu'où peut aller l'exagération des auteurs amis du merveilleux, et la mauvaise foi ou l'impardonnable crédulité des voyageurs peu instruits. Nous ajouterons avec M. Poeppig , que les Araucans sont cependant moins sauvages que leurs voisins; qu'ils exercent une agriculture imparfaite , qu'ils demeurent dans des maisons mieux bâties , et qu'ils ont fait même des essais pour se donner un gouvernement régulier. Ils sont malgré cela cruels, voleurs et médians. On doit ajouter que cette nation est une des plus nombreuses parmi celles qui conservent encore leur indépendance , quoiqu'elle soit bien loinde compter le cinquième du nombre d'individus que lui assignent lesstatisticiens allemands les plus célèbres. Après les Aucas viennent les ** Vuta-Huilliche , qui habitent au sud des premiers ; ils s'étendent le long de la côte occidentale delà Patagonie jusqu'au détroit de Magellan ; leurs principales tribus portent les noms de Cunchi, Chonos , Poy-yus et Key-yus.
On doit ajouter que les montagnards compris dans cette famille ont en général une taille supérieure a celle des Européens les plus hauts. Montés sur des chevaux , à la manière des Tartares , ils se réunissent subitement et
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font des marches de deux à trois cents lieues pour piller les pays ennemis.
**Les Puelches, partagés en plusieurs tribus, dont quelques-unes sont appelées Pampas par les Espagnols ; c'est une des nations les plus belliqueuses de l'Amérique-du-Sud; leur demeure principale était la partie méridionale de l'état de Buénos-Ayres, entre le Rie-Colorado et le Rio- Negro. Le fameux Pincheira, fils d'un Européen et d'une Indienne des environs de Chillan , avait réuni plusieurs tribus de Pampas sous ses ordres, et s'était rendu redoutable auxhabitans du Rio de la Plala. En 1829 on le vit après une défaite se porter subitement sur l'établissement de Patagonie et ravager pendantplusieurs mois les campagnes qui l'environnent. Ce fut sous ses ordres que les naturels delà Bahia-Bianca assassinèrent la garnison de la place pour se venger du massacre de plusieurs Indiens que Lavalle avait fait passer au fil de l'épée. Après la paix avec Buénos- Ayres, il attaqua et ravagea les provinces de Mendoza et de San-Luis. C'est au nom de Ferdinand VII qu'il a toujours combattu les républicains , et il se glorifiait beaucoup de la qualité de colonel.grade qu'on lui avaiteffectivement donné dans l'armée espagnole. Battu complètement le 14 janvier 1832 par les Chiliens dans les Andes de Chillan , il se rendit avec 15 hommes de sa suite et termina sa carrière militaire et politique. On peut regarder maintenant cette nation comme ayant entièrement disparu des plaines dont elle était le fléau ; ses débris se sont réfugiés dans les Andes.
La Famille Mocoby-Akypon à laquelle appartiennent les ** Mocoby, nation guerrière et de très haute taille établie dans le Chaco ; et les Abipons également de formes athlétiques, mais réduits à un petit nombre par leurs guerres contre les premiers.
La Famille Péruvienne ou QuiCHUA comprend : les Péruviens , qui forment la masse principale de la population dans la république du Pérou, dans celle de Bolivia et dans les départemens méridionaux de la Colombie. Quoique les Péruviens ignorassent comme tous les autres peuples du Nouveau-Monde l'art admirable de l'écriture alphabétique , et que leurs quippos et leurs peintures symboliques fussent inférieurs au système graphique des Mexicains , ils n'en étaient pas moins la nation la plus policée de l'Amérique-Méridionale, lors de l'arrivée des Espagnols, comme l'attestent leurs institutions politiques et religieuses, leurs bàtimens , leurs forteresses et la magnificence de leurs temples , leurs routes superbes de quatre à cinq cents lieues sur le dos même des Cordillères, leurs canaux d'irrigation , leurs ponts , leurs vases et autres ustensiles d'or, leurs habillemens, leurs armes et leurs ornemens.
Les Aymaras ou Aymar es compris dans cette famille sont aussi très nombreux et subdivisés en plusieurs peuplades-, ils demeurent dans le diocèse de la Paz et dans une partie de celui de la Plata ou Chiquisaca, dans la république de Bolivia.
** Les Chiql'itos , nation nombreuse , qui erre
dans la vaste région à laquelle elle donne son nom, et appartenant à la république de Bolivia, une grande partie des Chiquitos a déjà embrassé le christianisme et dépend de cet état.
** Les Caraplchos , qui vivent dans la république du Pérou le long du Pachitea affluent gauche de FUcayali -, ils sont anthropophages.
La Famille Guarani qui comprend quatre nations principales , subdivisées en un grand nombre de tribus et de peuplades répandues sur tout le Brésil etsurla plus grande partie de la ci-devant Amérique-Espagnole du Sud. Nous nous bornerons à citer : les Guaranis proprement dits le long du Parana , de l'Uraguay et de l'ibicuy. Convertis par les jésuites vers le milieu du xvui" siècle, les Guaranis offrirent le phénomène de ce gouvernement théocralique, si extraordinaire dans sa puissante organisation; les Sept- Missions dans la province de San-Pedro dans l'empire du Brésil , et le district des Missions à la droite du Parana dans le dictatorat du Paraguay, sont tout ce qui reste du prétendu empire du Paraguay, dont la capitale était Candelaria , que les géographes continuent à marquer sur les cartes et à décrire, quoique depuis plusieurs années elle ait cessé d'exister. Nous citerons aussi les Brésiliens, répandus jadis sous différentes dénominations sur tout le Brésil, et réduits actuellement à un petit nombre de tribus. Les Omaguas, aujourd'hui peu nombreux et vivant le long de l'Amazone et du Yapura 5 ce peuple a joué un grand rôle dans l'histoire de ces régions incultes; on pourrait les appeler les Phéniciens du Nouveau- Monde, à cause de leur habileté à naviguer sur l'Amazone et ses principaux affluens, ainsi que par l'esprit entreprenant qui lésa rendus pendant long-temps les maitres de la navigation d'une immense partie de l'Amérique-Méridionale.
wI,es Botecudos ou Encerf.cmoung , connus jadis sous les noms d'Aymores ou Ambourés ; ces terribles anthropophages occupent l'espace parallèle à la côte du Brésil compris entre le Rio Pardo et le Rio Doce ; leurs habitations principales se trouvent le long de ce dernier fleuve et du Rio Belmonle dans les provinces d'Espiritu- Santo et de Bahia.
**Les Mundrucus, nation très belliqueuse et féroce, la plus nombreuse et la plus puissante de la province du Para ; elle demeure entre le Xingu et le'Tapayos, et depuis quelques années presque :toutes ses tribus sont amies et alliées des Portugais.
La Famille Payagla-Guaycurus , qui comprend cinq nations principales, dont nous citerons les deux pius remarquables: les Payagua, qui demeurent dans les environs de l'Assomption dans le Paraguay ; et les** Guaycurus, qui occupent les deux rives du haut Paraguay; ils vivent du produit de la chasse , de la pèche et de leurs nombreux troupeaux de bœufs ; leurs chefs forment une espèce de confédération aristocratique et sont divisés en trois castes : les nobles , les soldats et les esclaves. Depuis 1791 ils vivent en paix avec les Portugais, et depuis 1796 avec les Ks-
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pagnols; on les appelle aussi Cavalleiros, parce qu'ils font toujours leurs expéditions militaires à cheval , ce qui les rend formidables à toutes les nations environnantes. Les Payagua étaient autrefois nombreux et maîtres de la navigation du Paraguay, et accompagnaient les Guaycurus dans leurs expéditions. La taille des hommes chez ces deux peuples est très haute, et il n'est pas rare d'y trouver des individus qui ont plus de 6 pieds,
**Les Gtjanas, nation nombreuse répandue dans ie Chaco, dans la partie méridionale de Matto- Grosso et dans le Paraguay; la plus grande partie est devenue agricole.
•*LesBoROROs, nation nombreuse de la province de Matto-Grosso.
La Famille Caribe-Tamanaque , qui comprend plusieurs nations , dontles principales sont : les Caribes, Caraïbes ou Carina, nation très nombreuse, jadis maîtresse de toutes les Petites- Antilles et d'une immense étendue du continent ; on les retrouve encore dans les départemens du Maturin et de l'Orénoque , dans la Colombie et dans les Guyanes Anglaise, Hollandaise et Française. Les Caribes ont joué un grand rôle par leur audace , par leurs entreprises guerrières et par leur activité commerciale qui leur mérita l'épithète de Boukhares du Nouveau-Monde ; leurs principales habitations sont encore le long de l'Orénoque. M. de Humboldt remarque que ces sauvages sont peut-être , après les Patagons , les hommes les plus robustes et les plus grands du globe; ils faisaient autrefois la traite dès esclaves, et quoique très féroces et très cruels dans leurs incursions , ils n'ont jamais été anthropophages comme leurs frères qui habitaient les Petites-Antilles , chez lesquels cet horrible usage était tellement commun qu'il a rendu synonyme les mots cannibale , caribe et anthropophage. Le besoin de supputer les objets de leur petit commerce , dit M. de Humboldt, et de se transmettre des nouvelles, avait porté ce peuple à perfectionner l'usage des quippos qu'on retrouve aussi au Pérou, dans les plaines de la Guyane, chez les Tlascalteques et au Canada, en Amérique , dans l'Asie-Centrale, en Chine et dans l'Inde. Comme chapelets, continue ce savant , les quippos sont devenus des objets de dévotion entre les mains des chrétiens d'Occident; comme suampan, ils ont servi aux opérations de X arithmétique palpable ou manuelle des Chinois , des Tartares et des Russes. Nous nommerons ensuite les Tamanaques , jadis très puissans et réduits aujourd'hui à un petit nombre d'individus -, ils vivent sur la rive droite de l'Orénoque, au sud-est de la mission d'Encaramuda, dans la Colombie. Les intéressantes traditions de ce peuple sont répandues sur toute l'immense mésopotamie formée par l'Amazone et l'Orénoque ; c'est à elles que se rapportent sans doute les figures symboliques sculptées sur les roches, et relatives à la croyance d'Amalivaca, qui est le personnage mythologique de l'Amérique barbare équinoxiale. **Les Guaraunos . errans dans le delta de l'Orénoque , où ils favorisent le commerce clandestin dont l'île de
la Trinité est le centre ; cette nation n'est composée pour ainsi dire que de matelots, et vit ou sur des arbres ou dans des bateaux ; elle est d'une grande importance politique , puisqu'elle pourrait faciliter toute expédition militaire qui voudrait remonter l'Orénoque pour attaquer la Guyane Colombienne. Nous citerons aussi les Chaymas et les Cumanagottes, nations nombreuses établies dans le département du Maturin % et les Arawaques, dans le même département et sur les rives du Berbice et du Surinam dans les Guyanes Anglaise et Hollandaise. Enfin les Ouavaous qui habitent la côte de Pommeroun, depuis Morocco Crik près du cap Nassau, jusqu'à l'Orénoque ; ils sont peu nombreux, mais remarquables par leur adresse dans la construction de leurs pirogues.
**Les Oyàmpis, nation belliqueuse et à demi nomade , maintenant la plus nombreuse de la Guyane Française , où elle vit le long du haut Oyapock et du Jari ou Rouapira affluent de l'Amazone.
**Les Guahiva ou Guagivos , nation nombreuse, nomade , sale et féroce ; elle erre le long du bas Meta , depuis les embouchures du Pauto et du Casanare jusqu'à son confluent avec l'Orénoque. Les Guahiva infestent tout ce vaste espace à plus de 150 milles de distance des bords du Meta , et sont la terreur des établissemens colombiens des environs, aux métairies, desquels ils volent beaucoup de bêtes à cornes.
Les Ottomaques , nation misérable , féroce , sale et des plus abruties , établie le long de l'Orénoque , entre les embouchures de ses deux affluens le Sinaruco et l'Apure , surtout dans la mission d'Uruana. Ce peuple présente le phénomène physiologique de manger tous les jours, pendant plusieurs mois, des quantités très considérables de terre sans que sa santé en soit altérée; pendant l'époque des inondations cette substance forme même sa nourriture principale ; il en est si friand que, dans la saison de la sécheresse, lorsque la pêche est la plus abondante , les Ottomaques râpent, ditM.de Humboldt, leurs boulettes de poya et mêlent un peu d'argile à leurs alimens.
** Les Manitivitanos , nation belliqueuse , fércce, alliée des Portugais et établie sur les bords du Rio Negro. Vers la moitié du xvme siècle, sous leur chef Comy, les Manitivitanos partageaient avec les Marepizanos la prépondérance politique sur le Rio Negro , et étaient les rivaux des Guaypunabis sur le haut Orénoque. Ces anthropophages pénétraient de temps en temps au nord des grandes cataractes de l'Orénoque pour y faire la chasse aux hommes, comme c'était jadis l'usage des Caribes, pour fournir des esclaves aux Hollandais et aux Portugais.
**Les Marépizanos, voisins des Manitivitanos.
** Les Manaos , nation de la province du Parà, encore nombreuse et guerrière , quoique beaucoup moins qu'autrefois, lorsqu'elle était maîtresse de tout le cours de l'Urarira , affluent droit du Rio Negro, et qu'elle s'étendait jusqu'au Rio Chiuara ; une grande partie a embrassé le christianisme et vit mêlée à d'autres peuples le
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long du Rio Negro à Lamalonga , Thomar, etc. Les Manaos sont remarquables parle rôle important qu'ils jouent dans le mythe du Dorado des Omaguas, et parce que leurs croyances religieuses offrent au milieu des plaines de l'Amérique dans leur Mauary ou X auteur du bien, et leur Sarauhà ou Yauleur du mal, le dualisme des anciens Scandinaves et d'autres peuples de notre hémisphère, ce qui a fait dire à des voyageurs et à quelques mauvais théologiens que ces peuples adoraient le diable.
La Famille Saliva , qui comprend plusieurs peuples, dont les principaux sont : les Salivi ou Salivas, nation agricole, jadis puissante et aujourd'hui beaucoup déchue , quoique encore assez nombreuse ; on les retrouve encore à Carichana dans les missions de l'Orénoque et à Cabapuna, Guanapalo, etc., dans celles de la province de Casanare. Les Salivi ont beaucoup dégoût pour la musique; ils se servent depuis les temps les plus reculés de trompettes de terre cuite, qui ont 4 à 5 pieds de long et plusieurs renflemens en forme de boules , communiquant les uns avec les autres par des tuyaux étroits. Ces trompettes donnent des sons extrêmement lugubres. Les jésuites ayant cultivé ce goût naturel des Salivas , ce peuple est devenu renommé dans toute la région qu'arrose l'Orénoque par son habileté dans la musique instrumentale . ** Les Macos, dits Piaroas par les Espagnols, nation nombreuse, agricole et de mœurs douces-, elle demeure le long du hautOrénoque et de ses principaux afflue us supérieurs.
La Famille Cavere-Maypure , dont les principales nations sont : les Caveres ou Cabres, jadis nombreux, puissans, guerriers et anthropophages, maintenant réduits à un petit nombre d'individus établis dans les missions de l'Orénoque à côté d'autres peuples; ils furent assez forts pour disputer aux Caribes la prépondérance politique sur le bas Oréuoque. ** Les Guaypunabis, établis le long du haut Orénoque. Quoique les plus policés de tous les peuples qui demeurent sur la partie supérieure de ce fleuve, les Guaypunabis sont incontestablement anthropophages. Après avoir arrêté les progrès des armes des Caribes dans ces régions , ils firent une guerre à mort aux Manitivitanos leurs rivaux sur le Rio Negro ou Guaynia. Les Guaypunabis commandés par Macapu et par son successeur Cuseru , exercèrent vers le milieu du xviii* siècle la suprématie politique sur toutes les peuplades du haut Orénoque. Les Maypures, nation du haut Orénoque Jadis nombreuse et puissante et maintenant réduite à un petit nombre d'individus. ** Les Moxos (Mossi; Moha), nation nombreuse qui occupe une grande partie de la vaste province des Moxos dans la république de Bolivia ; une assez grande partie vit soumise dans les missions.
*» Les Goahiros; ils occupent la partie nordouest de la péninsule formée par le golfe de Maracaybo et la mer des Antilles; ils étaient, il y a quelques années, en état de guerre avec les Espagnols, et ils entretiennent des relations commerciales avec les Anglais de la Jamaïque.
Unis aux Molklones , qui possèdent les terres baignées par le Mutrachies et le St-Faustin jus qu'à la vallée de Cucuta , les Goahiros interceptent souvent les communications sur les routes des montagnes et font de terribles incursions dans les plaines. Plusieurs de ces sauvages parlent l'anglais outre leur langue , et tiennent sous leur dépendance les Cocinas , autre peuple barbare qui occupe la côte orientale de la même péninsule.
** Les Cunacunas, nation belliqueuse, dont on a beaucoup trop exagéré le nombre; elle occupe la partie orientale de l'isthme de Panama dans la Colombie. Les Cunacunas vivaient en guerre contre les Espagnols et faisaient des excursions jusqu'à Panama, attaquant même sur merles barques chargées de vivres ; maintenant ils sont en paix avec les Colombiens, et ils entretiennent des relations commerciales avec les Anglais ; mais ils pillent souvent les ** Caymans ou Oraras , qui habitent sur la côte orientale du golfe de Darien.
** Les Maynas ouMaïnas, nation nombreuse et guerrière, établie le long du Morona et de la basse Pastaza dans le pays auquel ils donnent le nom ; une partie vit soumise dans les missions.
** Les Changuenes, nation nombreuse, guerrière et extrêmement cruelle , établie dans l'extrémité orientale de l'état de Costa-Rica dans la confédération de l'Amérique-Centrale, où elle est la terreur de toutes les nations voisines.
** Les Taukas (Towkas dits aussi Xicaques), au sud ; les ** Moscos (Mosquitos) , au milieu , et les ** Poyais, au nord-ouest, sont les trois peuples principaux établis dans la partie du Honduras qui formait le ci-devant district de Taguzgalpa. C'est sur le territoire de ces peuples et sur celui des Zambos, beaucoup moins nombreux que les précédens , que le général M. Gregor, après s'être emparé en I8t9 de l'île Roatan , et s'être fait céder par Georges-Frédéric , chef des Poyais, la plus grande portion du territoire sur lequel ce dernier étendait ses courses de chasse , projeta de fonder un royaume des Poyais. 11 prit le titre de Roi et y amena des colons; mais ces derniers ayant été mal reçus, le gouvernement Colombien ayant même protesté en 1825 contre l'occupation de toute partie du territoire en question , et aucun des gouvernemens européens n'ayant voulu le reconnaître, M. Gregor fut obligé de renoncer à son projet, et le royaume des Poyais, et la Nouvelle- Neustrie, dénomination qu'il avait imposée plus tard à ce pays pendant son séjour à Paris, ne figurent plus sur les cartes que comme une curiosité géographique; malheureusement l'emprunt royal Poyais, contracté par M. Gregor fera sentir long-temps ses funestes effets aux trop faciles spéculateurs qui avancèrent leurs capitaux pour la fondation de cet état.
**Les Chols ou Choles, nation assez nombreuse ; elle habite sur les confins du Yucalan et de l'état de Vera Paz.
** Les Lagandones , nation assez nombreuse du Yucatan , où elle habite sur les bords du Rio
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de la Passion ; elle possède un grand nombre de canots.
La Famille Maya-Quiche , dont les principales nations actuellement existantes sont : les Mayas ou Yucatans , qui forment la grande masse de la population de l'état de Yucatan et d'une partie de celui de Tabasco dans la confédération mexicaine ; leurs ancêtres étaient presque aussi avancés dans la civilisation que les Mexicains. Les Mamef(Pocomams), nation nombreuse de l'état de Guatemala et d'une petite partie de celui de San-Salvador ; le territoire de leurs ancêtres formait un des plus puissans états du Guatemala. Les Quiches (Kiclies), nation nombreuse du Guatemala-, ses ancêtres étaient le peuple dominant du royaume de Quiclie , l'état le plus puissant et le plus civilisé de tout le Guatemala. Les Kachiqueles , nation peu nombreuse de l'état de Guatemala ; ses ancêtres étaient le peuple dominant du puissant royaume de Guatemala proprement dit, dont la capitale était la grande et forte ville de Patinamit ou de Tecpanguatemala. Les Kachis , nation nombreuse de l'état de Guatemala.
Les Chapanèques , établis dans l'état de Chiapa. Lors de l'arrivée des Espagnols les Chapanèques formaient une puissante république , qui avait soumis par la force des armes les Zoques, les Tzendales et les Quelenes , peuples qui leur étaient inférieurs en civilisation et en industrie. Leurs traditions parlent de Vodan, petit-fils d'un illustre vieillard, qui, lors de la grande inondation dans laquelle périt la majeure partie du genre humain, fut sauvé sur un radeau, lui et sa famille. Vodan coopéra à la construction d'un grand édifice que les hommes entreprirent pour atteindre les cieux. L'exécution de ce projet téméraire fut interrompue. Chaque famille reçut dès-lors une langue différente, et le grand esprit Teotl ordonna à Vodan d'aller peupler le pays d'Anahuac. a Cette tradition américaine , dit le savant auteur des Vues des Cordillères, rappelle le Menou des Hindoux , le Noé des Hébreux et la dispersion des Couchites de Singar. En la comparant, soit aux traditions hébraïques et indiennes conservées dans la Genèse et dans deux pouranas sacrés, soit à la fable de Xel . hua le Cholulain et à d'autres traditions américaines, il est impossible de ne pas être frappé de l'analogie qui existe entre les souvenirs antiques des peuples de l'Asie et de ceux du Nou veau-Monde. »
Les Mixtêcvues , nation nombreuse de l'état d'Oaxaca, dans la confédération Mexicaine.
Les Zapotèques, nation nombreuse du même état; ses ancêtres se distinguaient des autres Américains par leurs progrès dans la civilisation, même avant d'avoir été soumis aux Mexicains. M. de Humboldt leur attribue la construction du fameux palais de Mitla ; l'architecture de ce palais, Télégance des grecques dont ses murs sont ornés, et surtout le bas-relief trouvé vers la fin du xvnr* siècle près de la ville d'Oaxaca, prouvent que la civilisation des Zapotèques était sous ce rapport supérieure à celle des habitans de la vallée de Mexico.
Les Totonaques , nation répandue dans une grande partie de l'état de Vera-Cruz et dans le district de Zacatlan dans celui de Puebla ; ses ancêtres avaient adopté la mythologie et les cruels sacrifices des Aztèques ; c'est sur leur territoire que se trouve l'importante place de Vera-Cruz et qu'était située celle de Cempoallan, où Cortès débarqua pour aller faire la conquête du Mexique.
La Famille Mexicaine, à laquelle appartiennent plusieurs nations dont les principales sont les suivantes : les Mexicains ou Aztèques, nation la plus répandue de la ci-devant Amérique Espagnole du Nord , puisque le territoire qu'elle occupe, quoique interrompu par ceux d'autres nations, s'étend depuis le 37e parallèle jusqu'aux environs du lac de Nicaragua. La division de l'année plus exacte que celle des Grecs et des Romains ; une écriture idéographique, le papier de pita , la manière de travailler des blocs immenses de pierre , les cartes géographiques de leur pays et de ceux que leurs ancêtres avaient parcourus; leurs villes, leurs chemins, leurs digues, leurs canaux; leurs immenses pyramides très exactement orientées, leurs institutions civiles, militaires et religieuses, tout donne aux peuples de cette famille le droit d'être considérés comme les plus policés que les Européens aient trouvés dans tout le Nouveau-Monde. Leurs monumens après être restés presque dans l'oubli depuis l'époque de la conquête du Mexique jusqu'à la publication du mémorable voyage de M. le baron de Humboldt, qui en a signalé l'importance , ont enfin attiré l'attention des savans de l'Europe et de l'Amérique, et un illustre et savant amateur anglais, lord Kingsborough , a eu la noble idée de les décrire tous dans un ouvrage , dont la magnificence ne îe cède qu'au beau travail de la Commission d'Egypte. Ceux de nos lecteurs qui voudraient connaître l'ensemble de ces intéressans débris peuvent consulter l'article de la famille Mexicaine dans l'Atlas ethnographique du Globe. Ici nous nous bornerons à dire que les lieux où l'on trouve encore des codices mexicani ou peintures hiéroglyphiques des Mexicains, sont : Mexico, dans la collection de l'université , et dans celle de don José- Antonio Pichardo; Paris, Berlin et Dresde, dans les bibliothèques royales Vienne , dans la bibliothèque impériale; Rome, dans le musée Borgia ; Bologne , dans la Bibliothèque de l'Institut ; Oxford, dans la bibliothèque Bodleyenne. On doit aussi nommer les collections particulières de MM. Beulloch , à Londres, de Franc et Baradère, à Paris. Nous ne savons pas entre quelles mains est passée la belle collection que nous avons vue à Paris chez notre estimable ami M. Latour- Allard ; elle comptait quelques manuscrits mexicains parmi ses objets les plus précieux.
Les Toltèques, auxquels on attribue la construction des pyramides de Teotihuacan et autres anciens monumens, ont depuis long-temps disparu ; on les regarde comme la souche principale de cette famille , à laquelle appartiennent aussi les Mecos et les Pipils ou Pipiles. Les
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Mecos errent dans les vastes solitudes de l'état de Durango, où ils inquiètent les paisibles habitans et les forcent à ne voyager que bien armés; ce sont, selon M. de Humboldt, les descendans des fameux Chichimèques. Les Pipils descendent d'une colonie de Mexicains-, ils vivent dans l'état de San-Salvador aux environs de Sonsonate, de San-Salvador et de San-Miguel dans la confédération de l'Amérique-Centrale. Les Othoms (Othomites) , nation nombreuse répandue dans une partie des diocèses de Mexico, de la Puebla, de Mecboacan et de Guadalaxara. Les Tarasqiîes, nation nombreuse de l'état de Mechoacan ; c'était la nation dominante du puissant royaume de ce nom , qui avait pour capitale Tzintzontzan; les Tarasques se distinguaient et se distinguent encore par la douceur de leurs mœurs et par leur industrie dans les arts mécaniques. On prétend qu'ils excellaient dans la sculpture ; mais leurs mosaïques en plumes, dit M. Beltrami , prouvent qu'ils possédaient inieuxla peinture -, ce talent s'est conservé parmi les Tarasques , puisqu'ils font encore de ces tableaux extraordinaires. Il est étonnant , dit ce voyageur, qu'on puisse si bien combiner des milliers de petites plumes, dont quelques-unes ne sont pas de la largeur d'une tète d'épingle , et en former une draperie, une chevelure , des nuages et des nuances , le ciel et la terre , un paysage, des fleurs, etc., etc., le tout d'un ouvrage parlait, et certes des plus délicats. Ces plumes sont collées, plaquées sur du fer-blanc , que leur apportèrent les Espagnols, et qui leur était auparavant inconnu. Avant la conquête ils collaient les plumes sur des feuilles de maguey. La Famille Tauahumara, à laquelle appartiennent les Tarahumara, nation nombreuse, qui vit dans les missions de Tarahumara dans le diocèse de Durango -, elle s'étend dans une partie des vallées de la Sierra-Madre depuis le 24e jusqu'au-delà du 30e parallèle.
Les Yaqlm (Jakis), nation nombreuse de la Sonora , dans l'état de Sonora-et-Cinaloa ; elle demeure le long du Yaqui ou Hiaqui. En 1825 ces Indiens paisibles, mécontensdugouvernement mexicain, se révoltèrent et prirentpour chef un des leurs, auquel il déférèrent le titre d'empereur. Ce riçible monarque se nommait Juan primero de la Bandera (Jean 1er du pavillon). La suite de cette insurrection fut le massacre des Blancs et le ravage de toute la contrée. Soumis par les Mexicains, ils se sont de nouveau révoltés en 1828, et ont fait un appel aux autres peuples, sans cependant trouver d'auxiliaires.
* Les Moqui , nation paisible , agricole , vêtue et assez avancée dans la civilisation -, ses principales demeures sont le long des rives septentrionales du Yaquesila.
** Les Apaches (Apachés) , nation nombreuse , partagée en plusieurs tribus répandues depuis l'état de San-Luiz-de-Potosi jusqu'à l'extrémité septentrionale du golfe de Californie. A l'excep tion de quelques tribus fixées au sol , qui réunissent leurs cabanes en villages et qui cultivent le maïs , tous les Apaches sont nomades ; ils sont ennemis des Ietans et plus encore des Espagnols ;
ils tiennent ces derniers dans un état perpétuel d'alarmes par leurs attaques aussi terribles que fréquentes; la plupart de leurs guerriers sont montés sur des chevaux et armés de longues lances. Selon M. de Morineau,les Apaches se réunissent en bourgades de 2 à 3000 âmes. Il en pari souvent des guerriers qui , rassemblés sous un chef électif et temporaire, vont à de fort grandes distances ravager les récoltes et incendier les habitations. Ils massacrent tout, à l'exception de quelques femmes et des troupeaux qu'ils emmènent avec eux. Ils sont très rusés pour surprendre leurs ennemis-, quelquefois, dit ce marin, déguisés sous des peaux de bétes sauvages, ils vont s'offrir aux chasseurs, qui deviennent ainsi leurs victimes.
La Famille Panis-Arrapahoes , qui comprend plusieurs nations ; nous ne nommerons que les principales, savoir: les** Panis (Pawnis), nation guerrière et assez nombreuse, vivant dans trois gros villages bâtis sur les rives du Loup, affluent gauche de la Platte. Les Panis vivent en état de guerre avec les Sioux , lesOsages, les Konzas, les Corneilles et la confédération présidée par Bear* s tooth (dent d'ours). Une de ses plus puissantes tribus , celle des Skeye (Loup- Panis)a aboli le sacrifice humain qu'autrefois elle faisait tous les ans à Vénus ou à la grande étoile, immédiatement avant de commencer les travaux champêtres, afin d'obtenir une riche moisson. La victime était un prisonnier de guerre, mâle ou femelle , offert par un des membres de la tribu -, on l'habillait aussi richement que l'état social de ce peuple le comportait; on la traitait avec les plus grands égards , et les prêtres, qui l'accompagnaient toujours, prévenaient tous ses désirs en lui cachant soigneusement le principal motif de leurs cruels soins ; ils tâchaient même de la faire engraisser, en lui fournissant une nourriture aussi abondante que choisie, s'imaginant par là rendre le sacrifice plus agréable à leur dieu cruel.
** Les Arrapahoes (Arrapahays) , nation nombreuse qui erre le long de la Platte, entre les Panis et les Canenavvisch. Depuis plusieurs années Beai^s tooth a su par sa politique et par sa bravoure réunir à sa nation les Kaskaias, les Kiaways et les Ietans qui appartiennent à cette famille , ainsi que les Bdld-heads (Tètes-Chauves) et une partie des Shiennes. Ces peuples belliqueux , nomades et excellens cavaliers , forment une confédération non-seulement formidable aux indigènes, mais qui inquiète aussi beaucoup les Espagnols, surtout ceux qui sont établis le long des frontières orientale et septentrionale des Etats-Unis Mexicains. Ces sauvages les ont battus il y a quelques années sur les bords du Rio-Colorado.
** Les/<?ta/w(Teutans,Tetans), nation nomade, puissante et encore assez nombreuse, nommée Camanches (Cumanches) par les Espagnols, et Paducas par les Panis et les Osages. Ces nomades errent dans les vastes contrées comprises entre les sources du Missouri , l'Arkansas supérieur, les fleuves de la Trinité , Braces (Brassos de Dios) , Colorado (Oriental) et Rio del Morte ,
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et les montagnes connues sous les noms de Sierra Madré et Sierra dos Mimbres. Ils poussent quelquefois leurs incursions jusqu'à San-Antonio et même jusqu'à Chihuahua; ces sauvages, de même que les Patagons , les Guaycurus , les Apaches et plusieurs autres nations de l'Amérique , ont appris à dompter le cheval; montés sur ces animaux ils parcourent avec une grande rapidité des espaces immenses, portant la désolation et la mort dans les établissemens espagnols, dont ils forcent les habitans à ne voyager que bien armés et en caravanes.
La Famille Colombienne comprend un grand nombre dépeuples indépendans répandus dans le grand bassin du Colombia et dans l'extrémité supérieure du bassin du Missouri ; les peuplades principales sont : les ** Tuchepaous (Tusliepaws), qui demeurent près des sources du Missouri et du Colombia et s'étendent même plus bas que ce dernier fleuve ; ** Les Multnomah, dont la tribu principale vit dans l'ile Wappatoo , située au confluent de la Multnomah avec le Colombia ; ** les Chahala (Shahala) , dont la tribu principale réside à la droite du Colombia audessous du confluent du Canoë; les ** Serpens (Snake) nommés aussi Alliatan et Shoshonees; ils errent le long des affluens méridionaux du Colombia , surtout le long du Lewis et du Multnomah. On peut dire en général que ia plupart des peuples compris dans cette famille ont des mœurs douces, habitent dans de vastes cabanes assez bien construites , et vivent presque exclusivement de poissons et de racines. Presque tous ont Y usage d'aplatir extraordinairement la tête de leurs enfans, ce qui leur a valu la dénomination générale de Têtes-Plates (Fial- Head des Anglais). Les ** Chochonis (Shoshonees) , les ** Tchopounnich (Chopunish), les ** Sokulks, les ** Echelouts (Escheloots) , les ** Enichurs (Eneeshurs) et les ** Chilluckillequaws, sont bons cavaliers , et les trois premiers possèdent même un grand nombre de chevaux.
La Famille Siotjx-Osages à laquelle appartiennent un grand nombre de peuples, tous indépendans, et dont les principaux sont : ** les Sioux ou Dacotas , dits aussi Otchenti-Chakong , Narcotah et Nadowessies ; c'est la nation indigène la plus puissante et la plus nombreuse de toutes celles qui vivent encore indépendantes dans l' Amérique-Septentrionale. Elle est divisée en un grand nombre de peuples, dont les Dacotas et les Assiniboins sont les plus puissans. Les Dacotas proprement dits occupent dans le territoire de la confédération Anglo-Américaine le vaste espace qui s'étend le long du Missouri moyen , du St-Pierre , du haut Mississipi et du haut Fleuve-Rouge (Red-River) , du lac Winnipeg , ainsi que le Ion g de leurs affluens depuis le «•jusqu'au 49e parallèle; ils sont subdivisés en plusieurs tribus et forment une grande confédération. Les Jssiniboins y nommés Hoha (les Révoltés) par les Dacotas , dits aussi Stone- Sioux et Assinepotuc , vivent alliés des Chippeways au nord des Dacotas et à l'ouest du lac Winnipeg, au nord du Pembiaa et le long des
fleuves Assiniboin , Saskatchawan et Mousc. Ils sont en guerre avec les Pieds-Noirs (Blak-Feet) et poussent leurs excursions jusqu'aux montagnes Missouri-Colombiennes. Les Sioux eurent aussi leur Hélène, qui ne fut pas moins funeste aux Dacotas et aux Assiniboins que la femme de Ménélas ne le fut aux Grecs et aux Troycns. Ozalapaila , femme de Wihanoaappa , fut enlevée par Ohalam-pà; celui-ci tua son mari et deux de ses frères qui avaient été la redemander. La discorde et ses réactions se mirent entre ces deux familles, les plus puissantes de la nation. Les parens, les amis, les partisans des deux côtés, prirent fait et cause; des vengeances amenèrent d'autres vengeances et toute la nation fut entraînée dans une guerre civile et cruelle, qui finit par la diviser en deux factions , sous le nom de Achiniboina , celle qui s'était rangée du côté de la famille de l'offenseur, et de Siowaé, celle qui tenait le parti de l'offensé. C'est ainsi que les Sioux se partagèrent en deux peuples rivaux : les Dacotas ou Sioux proprement dits, et les Assiniboins. Depuis cet événement, que leurs traditions placent au commencement du X7iie siècle de l'ère vulgaire, ces deux peuples se sont fait une guerre à mort jusqu'à nosjours-, il parait cependant qu'ils veulent se réunir; c'est au moins ce que rapportent les derniers renseignemens qui nous sont parvenus sur cette nation. Tous les Sioux forment une confédération, mais leurs tribus sont indépendantes les unes des autres. Chacune fait la guerre comme il lui plaît, et délibère de son côté sur sesaffaires. Elles se réunissent toutes en conseil général, lors seulement qu'il s'agit de statuer sur quelque chose qui intéresse la nation entière. Dans ce cas, chaque tribu envoie un député qui la représente , dans le bois où ils sont convenus de s'assembler. Si la résolution du conseil est de quelque importance et mérite d'être conservée, ils gravent sur un tronc d'arbre , avec un couteau ou une hache , des hiéroglyphes telatifs au sujet de leurs délibérations, et chaque député y met le tabellionat ou blason de sa tribu. Les Sioux commencent leur année à l'équinoxe du printemps, comme les Romains du temps de Romulus, tandis que leurs voisins, les Chippeways , commencent la leur au solstice d'été, comme l'ont fait autrefois les Grecs. Ce peuple , ainsi que beaucoup d'autres sauvages de l'Amérique, ne connaît point de semaines, et, comme les Anglo-Saxons et autres peuples de l'Ancien et du Nouveau-Monde , il ne compte les jours que par sommeils ou nuits.
Les Omawhaw ou Maha, dont la résidence principale est actuellement un gros village bàli sur l'Elk-Horn , affluent droit du Platte. Cette nation est subdivisée en plusieurs tribus. Les Maha ont des noms particuliers pour désigner l'étoile polaire et Vénus, et même pour la grande Ourse , les Pléiades, la ceinture de l'Orion et la Voie-lactée-, selon les relations modernes, il parait qu'ils construisent des tumuli semblables à ceux qu'on attribue aux Allighewis. ** Les Manda nés , nation peu nombreuse, paisible et amie des Blancs- ils habitent les bords du
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haut Missouri dans deux villages. Ce peuple est très remarquable par la singularité de sa croyance religieuse et par la grande blancheur ses individus; M. Gallatin lait observer à cette occasion que c'est peut-être la seule race américaine qui ait pu uonnerlicu au récit, souvent répété et jamais prouvé, des Welsh-Indians , qui a fourni à Southey le sujet de son poème sur cette émigration vraie ou supposée, que les Anglais prétendent avoir eu lieu vers la fin du xne siècle. **Les Ouaouasach (Wawsasli) , généralement connus sous le nom A Osages, nation brave et belliqueuse , elle vit dans de gros villages et fait une guerre implacable aux sauvages occidentaux ; elle est cependant amie des Konzas et des Sakis. Les Osages sont actuellement én grande partie agriculteurs etdemeurent danslc district qui porte leur nom et dans l'état deMissouri. Ils sont divisés en trois branches principales. Plusieurs ont déjà embrassé le christianisme et ont fait des progrès dans la civilisation; avant leurs relations avec les Européens, les Osages avaient à-peu-près les connaissances astronomiques que nous avons signalées chez les Malia ; ils ne croyaient point aux sorciers , mais cependant, comme la plupart des autres sauvages, ils ajoutaient foi aux songes, ils observaient les présages, portaient des amulettes et {'abandonnaient à une loule de pratiques superstitieuses.
a Famille Mouile-Natchez ou Floridien.ne comprend six nations principales et indépendantes , subdivisées chacune en plusieurs tribus ; ces nations sont : la ** Nalchez, aujourd'hui presque éteinte, mais autrefois très puissante -, ses restes vivent dispersés parmi les Criks (Creeks) , les Tchikkasah (Chikkasah) et autres peuples. Les Natchez étaient surtout remarquables par leur gouvernement monarchique, par leur grande civilisation et par le culte qu'ils rendaient au soleil dans un temple où , comme chez les anciens Romains, l'on entretenait un feu continuel. ** Les Muskohges ou Criks (Creeks) , qui selon M. Gallatin offriraient l'union de peuples sauvages la plus nombreuse établie actuellement sur le territoire des Etats-Unis. Ils occupent les fertiles vallées comprises dans les états d'Alabama et de Géorgie, où ils vivent dans des villes et des villages -, ils ont fait de grands progrès dans la civilisation, et ont institué des écoles pour l'instruction de leurs enfans. Ils sont divisés en deux branches principales : les Criks Supérieurs ou Criks proprement dits ; ce sont les plus nombreux; ils occupent la partie la plus élevée de l'Alabama, où ils forment une puissante confédération présidée par un chef nommé Myco; les Criks Inférieurs, dits aussi Séminoles , demeurent dans les plaines traversées par le Flint; ceux-ci sont beaucoup moins civilisés que les Supérieurs , et ont beaucoup souffert dans les défaites qu'ils ont éprouvées en se battant contre le général Jackson. ** Les Tchikkasah (Chikkasah; Chickasaws) , nation encore assez nombreuse , qui , réunie aux Yazoux, demeure dans la partie septentrionale de l'état de Mississipi. Ces peu-
ples font de rapides progrès vers la civilisation , et déjà réunis dans de gros villages , vivent du produit de leur agriculture. Au commencement du xviii* siècle ils étaient la nation dominante de ces contrées. ** Les Chaktah (Chactaws , Choclaws) dits aussi Tétes-Plates, nation nombreuse, vivant dans de gros villages dans les étals du Mississipi et de la Louisiane, dans le territoire d'Arkansas et une petite fraction dans l'état d'Alabama. Agricole et ayant des lois écrites, ce peuple est célèbre parla touchant!* fiction d'Alala et par les brillantes peintures qu'en a tracées M. de Chateaubriand.
Les Tcherokis (Cherokees-, Cheleki), nation nombreuse, dont le territoire comprend l'angle nord-ouest de la Géorgie, le nord*est de l'état d'Alabama et le sud-est de celui de Tennessi (Tennessee) ; son chef-lieu est la petite ville de New-Echota. Par le dernier traité qu'ils ont conclu avec le gouvernement fédéral des Etats- Unis , les Tcherokis doivent aller s'établir à l'ouest du Mississipi, où on leur a assigné un vaste territoire. Cette remarque doit s'étendre aux autres nations indigènes qui vivent encore dans la partie de la Confédération située à l'est du Mississipi. En 1818 un quart environ de la nation , préférant la vie sauvage qu'avaient menée leurs pères , alla s'établir sur les bords de î'Arkansas. Grâce au zèle des mission nairesBaptistes et Moraves , tout le reste de la nation a abandonné l'état sauvage et a adopté la religion et les usages de ses voisins civilises. Les Tcherokis occupent maintenant des maisons commodes et comptent au-delà de 70 villages. Quelquesuns ont des fermes bien cultivées et pourvues de bétail de toute espèce, et d'autres se livrent aux arts mécaniques, fabriquent des étoffes et possèdent des moulins à moudre et à scier. La plupart savent lire, écrire et compter. Le nombre des enfans qui fréquentent leurs écoles s'élève déjà à 500 , ce qui est beaucoup sur une population totale de 15,060 individus ; presque tous parlent assez bien l'anglais. Ils ont une bibliothèque, un musée, une imprimerie et un journal hebdomadaire intitulé \ePhenix-Tcheroki, publié par un Tcheroki dans la langue nationale avec la traduction anglaise en regard. Mais ce qui surprendra davantage, c'est qu'en 1827 ils ont rédigé et promulgué une constitution, d'après laquelle leur gouvernement se compose des trois pouvoirsdistincts, législatif, exécutif et judiciaire, et dont les formes sont une imitation du gouvernement des Etats-Unis. On peut, on doit même regarder cette petite république comme Y état indigène indépendant le plus civilisé du Nouveau-Monde.
La Famille Mohawak-Hurone ou Iroquoise comprend un grand nombre de peuples , qui sont les descendans de nations autrefois beaucoup plus nombreuses et puissantes ; le nombre des individus dont elles se composent diminue avec une effrayante rapidité. Les nations principales sont : les Mohawaks, réduits maintenant à un petit nombre ; une partie demeure près de Niagara , une autre au-delà de la baie de Kenty. LesMohawaks, parleur nombre et par leurbra-
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voure, méritèrent de donner le nom àla puissante confédération appelée communément des Cinq- Nations par les Européens, et dont l'origine remonte jusqu'au xv» siècle. Cette confédération , qui vendit une grande étendue de terrain au gouvernement des Etats-Unis, et dont le cheflieu est Anondago , se compose aujourd'hui des peuples suivans : les Mohawaks, les Senecas et les Onondagos qui furent les premiers à s'allier; les Onéidas et les Cayugas, qui s'y joignirent après-, les Tuscaroras, qui n'entrèrent dans l'alliance qu'au commencement du xviue siècle; et les Canoys, les Mohegans et les Nauticokes: ces derniers qui appartiennent à la famille Chippaways-Delaware , sont plus connus sous le nom de Stock-bridge-Indians , et y entrèrent encore plus tard. Les cinq premières nations sont nommées Maquas par les anciens voyageurs hollandais , et Iroquois par ies Français ; la seconde dénomination est la plus commune et est passée dans plusieurs géographies. A l'époque où les Français s'établirent dans le Canada , les Cinq-Nations demeuraient dans les environs du lieu ou par la suite Montréal fut bâtie , et s'étendaient jusqu'au lac Champlain. Dans le temps de leur plus grande puissance, elles subjuguèrent plusieurs tribus de la famille Chippaways et elles furent les alliées des Anglais dans toutes leurs guerres. Depuis 1794 la plupart de ces nations s'adonnent à l'agriculture , à l'éducation du bétail , exercent quelques métiers et ont même quelques écoles. Les Mohawaks du Canada ont adopté le costume européen.
•*Nous mentionnerons encore les Senecas, qui sont la nation la plus nombreuse de la confédération , quoiqu'ils ne comptent pas plus de lGoo individus de tout âge. Ils vivent dans les états de New-York et de l'Ohio ; ceux de ce dernier sont les sauvages qui approchent le plus des Blancs par leurs habillemens et leurs mœurs-, ils ont des maisons et des métairies meilleures que les autres indigènes de cet état. ** Les Hurons, nation jadis nombreuse et puissante , établie à l'est du lac Huron dans trente-deux bourgades , vivent d'agriculture et sont plus avancés ilans la civilisation que les Algonquins et les Iroquois. Les guerres entre ces deux peuples, dans lesquelles cette nation suivit le parti des premiers, la réduisirent à 1500 individus, qui demeurent sur la rive occidentale du lac St-Clair. Les descendans du petit nombre de Hurons , qui se réfugièrent au Canada parmi les Français , y vivent dans le village de Loretto à 9 milles anglais de Québec ; ceux-ci sont catholiques et agriculteurs.
La Famille Lennappe , nommée par Vater Chippaways-Delaware ou Algonquino-Mohegam:.
Toutes les nations comprises dans cette famille , de même que tous les peuples sauvages de l'Amérique, ont beaucoup diminué; plusieurs se sontfonduesdans d'autres familles , tandis que quelquesunes se sont tout-à-fait éteintes. On doit même remarquer qu'il ne reste plus que des débris de toutes ces nombreuses nations, qui avant l'arrivée df s Européens habitaient à l'est des monts
Allegheny, depuis le cap Breton jusqu'au cap Hatteras. Voici les nations principales actuellement existantes que l'ethnographie classe dans cette famille : ♦♦les Sawanou (Shawannos), nation autrefois très répandue et beaucoup plus nombreuse, dont on retrouve les restes sur le haut Wabasch dans l'état d'Indiana , sur l'Anglaise et près des sources du Grand-Miami dans l'état de l'Ohio et même dans celui d'Ulinois. Les Mequachaques, une de leurs tribus , comme les Lévites chez les anciens Juifs , sont seuls chargés des sacrifices et de toutes les cérémonies de la religion ; la tribu àesKikkapoiis (Kikkapoos) est renommée par son penchant à la guerre et pour avoir vu naître le célèbre prophète Elsquataway et son frère Tecumseh. **Les Sakis et les Otlogamis (les Foxes des Anglais et les Renards des Français;, sont le deux fractions principales d'une même nation ; ils vivent le long du haut Mississipi et de son affluent Ayooa. Ils sont alliés des Sioux , sont sédentaires et cultivent plus de mais qu'ils n'en consomment. Ce sont eux qui détruisirent presque entièrement les nombreuses nations des Missouris et des Illinois, ainsi que les alliés de ces derniers, lesKahokias, le Kaskaskias et les Piorias. Le fameux Ponthiak, ennemi mortel des Anglais et l'un des plus grands hommes qui aient régné parmi les barbares de l'Amérique , appartenait à une tribu des Sakis. Ce peuple possédait jadis les vastes contrées à l'est du Mississipi comprises entre ses deux affluens le Ouisconsin et l'Ulinois ; depuis quelques années il les n cédées au gouvernement des Etats Unis. ** Les Miamis et les Illinois sont les peuplades les plus connues parmi les différentes tribus qui composent cette nation, à laquelle appartiennent aussi les** Pottawatameh, qui paraissent être les plus nombreux. Le plus grand nombre vit dans les états d'Indiana , d'Ulinois et dans le territoire du Michigan. Les Pottawatameh ainsi que ies Winnebagoes ont vendu au gouvernement des Etats-Unis toutes leurs terres situées au sud du Ouisconsin , à l'exception de quelques lots. ** Les Lenni-Lennape ou Lenoppea , nommés Delawares par les Anglais , et Loups par les Français, étaient autrefois très nombreux et répandus sur une grande partie de la côte orientale des Etats-Unis. Les restes de cette nation vivent aujourd'hui dans les états d'Indiana et de l'Ohio. ** Les Mahicanni (Mohegans) et les Abenaqui, sont les deux branches principales d'une nation jadis très nombreuse, répandue sur plusieurs points de la Nouvelle-Angleterre et de New-York. La plupart des individus de cette nation, connus maintenant sous le nom de Stock-bridge-Indians , s'est réunie aux Cinq-Nations ou à la confédération Mohawak, et un très petit nombre vit encore sur l'extrémité orientale de l'Ile-Longue.
**Les Micmaks (Souriquois) dits aussi Gaspésiens, autrefois très nombreux et répandus sur toute la côte orientale du Canada, de l'Acadic (Nouvelle -Ecosse et Nouveau- Brunswick dans l'Amérique-Anglaise), une partie des îles voisines et même sur la baie St-Georges dans celle de Terre-Neuve, ne se retrouvent plus que sur la
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côte sud-ouest de la Nouvelle-Ecosse et à ce qu'il paraît dans l'intérieur de l'île de Terre-Neuve ; ces derniers sont encore sauvages et idolâtres-, les autres sont presque tous chrétiens et font de rapides progrès dans la civilisation. 11 parait que c'est à une tribu de cette nation , qui habitait la contrée monlueuse située à la droite du St-Laurent, nommée Gaspésie, qu'on doit rapporter ce qu'on raconte des Indiens qu'on y trouva, si remarquables par leurs mœurs policées et parle culte qu'ils rendaient au soleil. Ces Gaspésiens distinguaient les aires du vent, connaissaient quelques étoiles et traçaient des cartes assez exactes de leur pays-, une partie de celte tribu adorait la croix avant l'arrivée des missionnaires, et conservait une tradition curieuse sur un homme vénérable, qui, en leur apportant ce signe sacré, les avait délivrés du fléau d'une épidémie. Malte-Brun pense très raisonnablement que ce pourrait bien être l'évèque du Groenland, qui en 1121 visita le Vinland.
•* Les Algonquins et les Chipohais ou Chippaways , qui sont les deux branches principales et les plus connues d'une nation répandue dans le Canada , dans le territoire de Michigan et dans les districts Huron et des Mandanes dans les Etats-Unis. Ces peuples sont toujours en guerre contre les Sioux, sur lesquels ils ont souvent le dessus, à cause des fusils dont ils sont presque tous armés. Des hiéroglyphes sculptés en bois de pin ou de cèdre remplacent, selon Pike , chez eux comme chez les Sioux , les Murons et autres peuples , le langage écrit. ** Les Knistenaux , nation nombreuse et éparse dans tout le Bas-Canada, dans une partie du Labrador, dans la Nouvelle - Galles ; et plus à l'ouest jusqu'au fort Georges sur le Saskatchawan -Septentrional et la Rivière de l'Elan, et jusqu'au lac des Montagnes ou Athapeskow. Ils sont habillés, doux et probes; on prétend qu'ils ont les plus belles femmes de tous les peuples indigènes de l'Amérique-du-ISord. Les Neuawehk, le long de la Saverne, et les Abbilibes, Je long du fleuve et du lac de ce nom, mesurent Je temps, comme les anciens Anglo-Saxons, par nuits et non par jours. ** Les C/ieppewyans ou Chepayans , dont les nombreuses tribus sont répandues sur tout le bassin du Mackenzie, sur celui de la Rivière de la Mine-de-Cuivre et sur une partie du bassin du Tacoutche-Tesse. ** Les Carriers, nation peu nombreuse , mais la plus répandue dans la Nouvelle-Calédonie ; on les nomme aussi Tacoullies , dénomination qui signifie voyageur par eau, parce qu'ils ont l'habitude de passer en canot d'un village à un autre.
** Les Indiens qui habitent dans les environs de Santa-Bariura dans le territoire de la Californie , compris dans les limites de la confédération Mexicaine. C'est une nation peu nombreuse, mais remarquable par sa civilisation, véritable phénomène au milieu des peuples abrutis dont elle est environnée. Selon les Espagnols qui nous les ont fait connaître dans la seconde moi tié du siècle passé , ces Indiens vivent dans de grandes maisons assez bien bâties et réunies en gros villages, couchent sur des lits élevés au-des-
sus du sol , fabriquent des corbeilles d'un travail extrêmement fini et capables de tenir l'eau, élèvent sur les tombeaux de leurs chefs des monumensen bois ornés de peintures historiques, construisent des bateaux très élégans et solides, sont monogames et traitent leurs femmes avec plus d'égards que ne le font en général les peuples sauvages. Malgré cet état social assez avancé . cette nation ignore la fabrication de la poterie connue de plusieurs nations américaines et même des naturels des environs de San-Diego , et les hommes vont entièrement nus pendant l'été.
*♦ Les Ouakach {Wakash) dits aussi Noutka , nation très belliqueuse, vivant dans de gros villages, sur la grande île de Quadra-et-Vancouver ou Noutka , et régie par plusieurs chefs, parmi lesquels Macouina était le plus puissant vers la fin du siècle passé. Les bals des Ouakach sonj des espèces de combats figurés , où ils paraissent armés d'arcs , de flèches, de fusils-, quelquefois déguisés en ours , en cerfs, ou bien couverts de masques et de grossières enveloppes, qui leur donnent la forme de quelques oiseaux aquatiques plus grands que nature , dont ils cherchent à imiter les mouvemens-, tandis que d'autres s'efforcent de contrefaire les chasseurs qui guettent ou poursuivent ce prétendu gibier. En d'autres circonstances, ils exécutent des danses dont la pantomime beaucoup trop facile à interpréter , scandaliserait l'homme le moins scrupuleux. De même que les Islandais gravaient autrefois en caractères runiques leurs sagas sur leurs boucliers , les Ouakach peignent sur leur coiffure conique deux ou trois traits qui rappellent une pèche extraordinaire, une victoire mémorable ou un événement rare. Comme quelques autres peuplades de ces contrées, ils divisent l'année en 14 mois chacun de 20 jours, en ajoutant quelques jours complémentaires à la fin de chaque mois, ce qui rappelle la division de l'année mexicaine.
La Famille Koluche , à laquelle appartiennent les peuples qui habitent le long de la côte , depuis Jakutatjusqu'aux îles de la Reine-Charlotte, quoiqu'on plusieurs endroits leur territoire soit interrompu par celui de peuples compris dans d'autres familles ethnographiques. Tous ces peuples sont remarquables par leur courage, leur industrie et surtout par leur adresse à tailler, à sculpter et à polir la pierre. On doit surtout mentionner les Kolouches (Kolougis) proprement dits, nation très belliqueuse et féroce, répandue dans les archipels du roi Georges, du Duc-d'York , du Prince-de-Galles et dans l'île de l'Amirauté. C'est sur leurterritoire que les Russes ontbàti la Nouvelle-Arkhangel.
La Famille des Esquimaux, qui comprend cinq nations principales, dont une vit en Asie. Voici les nations les plus remarquables qui vivent dans les limites de l'Amérique : les Esquimaux , nation peu nombreuse, mais disséminée sur toute l'extrémité boréale du Nouveau-Monde; elle est subdivisée en trois branches principales, savoir : les Kalalits (Karalits) , nommés communément Groënlandais, parce qu'ils occupent les solitudes du Groenland ; les Esqui-
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maux proprement dits; il vivent sur la côte nui d-est du Labrador ; ils sont les plus méridionaux et les moins civilisés -, les Esquimaux- Occidentaux qui errent près des embouchures du Mackenzie et du Copper-Mine (fleuve de la Mine-de-Cuivre) , dans les environs du cap Dobb, dans ceux delà Repulse-Baie , sur la presqu'île Melviller sur les côtes des iles Hiver (Wiuter), Igloulik (Igloolik), Soutbampton et autres qui forment l'archipel que nous avons nommé archipel de Baffin-Parry. C'est à la branche groënlandaise qu'appartient la peuplade d'Esquimaux découverte dans le Haut-Pays-Arclique (Artic- Highland), par le capitaine Ross. Ignorés de leurs voisins pendant des siècles, ces Esquimaux ne connaissaient ni les arbres ni le bois , et se croyaient les seuls habitans de l'univers, pensant que tout le reste du monde n'était qu'une masse de glaces. Les Al ëou tiens (Aléoutes), nation peu nombreuse qui vit dans l'archipel des Aléoutes, sous la suzeraineté de l'empire Russe , et à ce qu'il paraît à l'extrémité occidentale de la presqu'île d'Alaska ; deux colonies de ce peuple ont occupé il y a quelques années les îles désertes de St-Paul etdeSt-Georges dans la mer de Bering, pour s'y livrer à la riche pèche des lions marins. ** Les Tchouktchi-Américains, dits aussi Aglemoutes, du nom du peuple le plus connu et naguère le plus puissant, mais que les guerres qu'il a soutenues, ont réduit à un petit nombre d'individus. Ces Tchouktchi vivent sous la protection des Russes le long du Nussegak; les autres tribus principales de celte nation demeurent dans les iles Nunivvok et Stuart. et le long d'une partie de la côte du continent voisin; d'autres, sous le nom de Kilegnes, occupent la côte américaine depuis le détroit de Bering jusqu'au-delà du golfe de Kotzebue ; d'autres tribus enfin nommées Tchuakak, vivent dans l'ile de Tchuakak , connue aussi sous les- noms de Tchibono, St- I.aurent, Sindow ou Clark.
Plusieurs traits rendent très remarquables toutes les peuplades comprises dans cette famille. Répandues sur un espace immense elles offrent le phénomène curieux de ne s'être nulle part enfoncées dans l'intérieur des terres. Elles sont toutes adonnées à la pèche et ne se livrent point ou ne se livrent que très peu à la chasse; elles vivent sous des latitudes plus boréales que toutes les autres nations connues ; nulle part ces peuples n'ont su dompter le renne si utile aux Lapons et à d'autres tribus boréales; le chien est le seul animal qu'ils soient parvenus à associer à leurs travaux ; ils sont tous d'une saleté dégoûtante , qui ne le cède qu'à celle des Hottentots; enfin, à une seule exception près, ils ont tous adopté cette singulière et ingénieuse construction de bateaux, qui fait du navigateur, pour ainsi dire , un homme poisson. NATIONS ETRANGERES. Nous avons déjà signalé à la page 9541e phénomène unique que présente cette partie du monde sous le rapport de l'origine de ses habitans. Nous avons déjà vu la grande supériorité numérique des races étrangères sur les races indigènes. Nous ajouterons
ici que les Espagnols, les Anglais et leurs descendans, les peuples d'origine africaine, les Portugais, les Irlandais et les Ecossais, les Allemands et les Français, sont les nations étrangères les plus nombreuses. Viennent ensuite les Hollandais, les Danois et les Suédois.
religion. Depuis rétablissement des Européens en Amérique , presque tous les habitans de celte partie du monde professent le christianisme , quoiqu'un grand nombre de petites nations presque toutes indépendantes , mais dont l'ensemble forme à peine un trentième de la population totale du Nouveau-Monde , soit encore en proie aux extravagances du fétichisme le plus absurde , ou de systèmes religieux qu'on pourrait qualifier de sabeïsme ou de dualisme. Ce qu'il y a de vraiment remarquable , c'est qu'on a trouvé chez presque toutes ces nations, même chez les plus abruties, l idéeplusou moins claire d'un être suprême, qui gouverne le ciel et la terre, celle d'un génie du mal ou mauvais esprit qui partage le domaine de la nature avec le bon esprit, et l'idée de l'immortalité de l'àme. Plusieurs ont des prêtres ou des enchanteurs ; plusieurs n'ont ni les uns ni les autres , mais tous croient à l'existence d'êtres invisibles et à une vie future. Les uns se représentent Dieu sous la forme d'une étoile, les autres sous celle d'un animal, d'autres au contraire ne le voient que dans les phénomènes de la nature. Un grand nombre de ces croyances religieuses , ainsi que les religions des anciens Péruviens , des Mexicains et des Muyscas, basées sur une révélation, ont disparu après la conversion de ceux qui les professaient- mais quelques-unes des croyances et des pratiques religieuses de ces trois dernières nations paraissent s'être conservées chez leurs descendans. Il est même curieux d'observer dans l'ancien cultedes Péruviens les traces du trimurti ou de la trinité des Hindous; de rencontrer le dogme de la métempsycose dans la croyance des Tlascaltèques ; de voir les Pasioux, au milieu de l'Amérique-Méridionale, ne se nourrir que de végétaux, et avoir en horreur ceux qui mangent de la viande ; comme aussi de trouver parmi les Mexicains des traditions sur la mère des hommes déchue de son premier état de bonheur et d'innocence ; l'idée d'une grande inondation , dans laquelle une seule famille s'est échappée sur un ra~-
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deau ; l'histoire d'un édifice pyramidal élevé par l'orgueil des hommes et détruit par la colère des dieux ; les cérémonies d'ablution pratiquées à la naissance des enfans ; des idoles faites avec la farine de mais pétrie, et distribuées en parcelles au peuple rassemblé dans l'enceinte des temples ; des déclarations de péchés , faites par les pénitens ; des associations religieuses, ressemblant à nos couvens d'hommes et de femmes. A l'arrivée des Espagnols en Amérique, le sang humain ruisselait dans les téocallis ou temples des Mexicains et des Maya.
Les tribus péruviennes offraient sur le plateau deCuzco, avant l'apparition de Manco-Capac, tous les cruels sacrifices que les superstitieux Hindous font à llrahma sur les bords du Gange. Le culte du soleil introduit par les Incas , quoique infiniment plus doux, n'était pas exempt de sacrifices humains ; des milliers de victimes étaient immolées sur le tombeau du monarque. Les nations antropophages du Brésil avaient cependant un culte moins sanguinaire, et leur croyance portait l'empreinte d'un dualisme très prononcé , qu'on rencontre encore aujourd'hui chez quelques nations de cette vaste contrée. On prétend cependant que les Cahetès n'ont ni culte ni croyance religieuse quelconque.
Les peuples du haut Orénoque, de l'Atabapo et de l'Inirinda, n'ont, comme les anciens Germains et les Perses, d'autre culte que celui des forces de la nature ; ils appellent le bon principe Cachimana; c'est le manitou, le grand-esprit , qui règle les saisons et favorise les récoltes. A côté de Cachimana, il y a un mauvais principe Iolokiamo , moins puissant, mais plus rusé et surtout plus actif. Sur les rives de l'Orénoque , dit M. de Humboldt, il n'existe pas d'idole, comme chez tous les peuples restés fidèles au premier culte de la nature ; mais le botulo, ou la trompette sacrée, est devenu un objet de vénération. Pour être initié aux mystères du botuto et devenir piacfie ou jongleur, il faut avoir des mœurs pures et être resté célibataire. Les initiés se soumettent à des flagellations, à des jeûnes et à des exercices pénibles. Il n'y a qu'un petit nombre de ces trompettes sacrées.
La plus anciennement célèbre est celle d'une colline placée près du confluent du Tomo et du Guaynia ou Rio-INegro.
Il n'est pas permis aux femmes de voir l'instrument merveilleux ; elles sont exclues de toutes les cérémonies du culte. Si l'une d'elles a le malheur de voir la trompette elle est tuée sans pitié.
Les Sioux, les Chippaways, les Saukis , les Renards , les Winebagos , les Menomenes et autres sauvages de l'Amériquedu-Nord, croient peut-être tous à un grand-esprit , mais il n'y a pas un sauvage qui n'ait son manitou favori, de son choix , ou dans un animal , ou dans un arbre, ou dans des herbes, ou dans des racines; et dans la même tribu, le manitou d'un sauvage n'est presque jamais celui d'un autre. Chaque chef de famille , chaque vieille femme, et presque chaque individu a sa collection d'herbes, de racines médicinales : c'est ce qu'ils appellent \esacde médecine, regardé par eux comme le sanctuaire d'une quantité de divinités. Ils gardent soigneusement ce sac dans leurs tentes, et quand ils sont en marche et à la guerre, ils ne s'en séparent jamais. Chez plusieurs de ces mêmes peuples quand ils sont sédentaires pendant une portion de l'année , il y a des loges où des filles sont chargées de veillera la conservation du feu, qui brûle au milieu , comme le faisaient autrefois les vestales à Rome, les vierges du soleil au Pérou, les gardiens du prytanée à Athènes et comme le pratiquent encore de nos jours les Guèbres de la Perse et de l'Inde. Il parait qu'ils le consacrent au soleil ou qu'ils le regardent comme l'emblème de cet astre vivifiant.
La religion des Araucans des Natchez , desChaktahs et d'autres nations indigènes, est une espèce de sabeïsme. Les Cahans font les gestes les plus extravagans en adressant leurs prières à l'être suprême , qu'ils implorent tous les matins. Les Knislenaux regardent comme des esprits les brouillards qui couvrent les marais de leur pays. Les Cheppevvyans croient descendre d'un chien, et regardent cet animal comme sacré ; ils se figurent le créateur du monde sous la figure d'un oiseau, dont les yeux lancent des éclairs et dont la voix produit le tonnerre. Les idées d'un déluge et de la longue vie des premiers hommes leur sont héréditaires.
Chez plusieurs sauvages de l'Amériquedu-Nord et même chez quelques-uns de l'Amérique-du-Sud , le fanatisme donne lieu à des scènes non moins cruelles que
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celles, qui depuis des siècles ensanglantent les rives du Gange, lorsque les Hindous célèbrent le courrack-pouja. Nous citerons entre autres la grande danse de médecine ou de 'pénitence , célébrée tous les ans au mois de juillet par les Minetares , qui habitent le long du Missouri. Dans cette l'été horrible, on voit les pénitens se mutiler, ou prier leurs prêtres de leur enlever avec un couteau des morceaux de chair; l'un fait enlever sa peau par bandes; un autre veut que la coupure soit en forme de croissant ; un troisième se fait percer l'épaule et y fait passer une courroie qui traîne par terre et à laquelle est attachée une tête de bison ; d'autres encore se percent de flèches les parties musculeuses des bras , des jambes, et même du corps. Les malheureux qui se mutilent ainsi par pénitence chantent ou se lamentent, mais sans se plaindre des tortures qu'ils subissent volontairement. Les Mbayas , les Guanas , les Payaguas et autres nations du Paraguay, célèbrent une fête non moins cruelle. Les hommes se pincent les uns les autres aux bras, aux cuisses et aux jambes, en saisissant avec leurs doigts le plus de chair qu'ils peuvent, et ils percent d'outre en outre ce qu'ils ont pincé, avec un éclat de bois ou une très grosse arête de raie. Ils se répètent de temps en temps cette opération jusqu'à la fin du jour, de manière qu'ils se trouvent tous lardés de la même façon et de pouce en pouce sur les deux cuisses, les deux jambes et les deux bras depuis le poignet jusqu'à l'épaule. On ne finirait jamais si l'on voulait mentionner toutes les extravagances et toutes les bizarreries cruelles enfantées par l'ignorance et la superstition chez les peuples indigènes de cette partie du monde.
Le christianisme, qui étend sa bienfaisante influence sur tout le Nouveau- Monde, depuis les terres Arctiques jusqu'au-delà des confins de la Patagonie , offre les subdivisions suivantes : l'Eglise C atliolique est dominante dans l'empire du Brésil et dans toute l'Amérique ci-devant Espagnole, par conséquent dans tous les nouveaux états qui se sont élevés sur les débris des colonies fondées par les Espagnols , et que nous avons indiqués à l'article Division -politique. Mais il faut avouer que dans quelques villages éloignés des grandes
villes du Mexique, de la Colombie, du Pérou, etc., les indigènes conservent leur.-» anciennes idoles à côté des saints que les prêtres espagnols leur ont apportés; ces gens superstitieux couronnent encore de fleurs les objets de l'ancien culte, et leur adressent de préférence des prières secrètes ; on assure qu'en quelques endroits l'adoration même du soleil à son lever est pratiquée en cachette. La religion catholique est aussi celle que professent les habitans de la république d'Haïti , ceux du Bas-Canada, des îles Trinité, Sle-Lucie, Tabago et d'autres parties de F Amérique-Anglaise, ainsi que d'une portion considérable des Etats-Unis, surtout du Marylandetde la Louisiane. Les Eglises Episc opale ou Anglic aite , Pr e sby térienne , Réformée et Luthéri enne dominent dans les Etats-Unis et dans l'Amérique- Anglaise. La plus grande partie des habitans des Possessions Danoises et Suédoises professent le luthéranisme , tandis que presque toute la population des possessions Hollandaises suit les dogmes du calvinisme, h* E g lis e Grecqu e or thodoxeest dominante dans l'Àmériqùe- Russe. Dans les Etats-Unis et dans l'Amérique-Anglaise, on rencontre des disciples de toutes les sectes nées parmi les protestans ; les méthodistes, les quakers, les baptistes , etc., etc., sont les sectes qui comptent le plus de croyans ; ces trois sectes ont fait même beaucoup de prosélytes parmi les Nègres, surtout dans l'Archipel des Antilles.
Le Judaïsme n'est professé que par un petit nombre d'individus ; les Etats-Unis, les Antilles-Anglaises, Hollandaises et Françaises, et les Guyanes Hollandaise et Anglaise sont les pays, où les Juifs sont le plus nombreux.
gouvernement. L'Amérique , lors de l'arrivée des Espagnols, offrait toutes les nuances de gouvernement, depuis le despotisme paternel des Incas jusqu'à l'indépendance la plus absolue qu'on rencontre encore parmi les tribus les plus abruties, où chaque individu ne dépend que de luimôme. On doit cependant faire observer que le gouvernement de presque toutes les nations indigènes, quel que soit l'état de leur civilisation , se présente toujours sous des formes adoucies, qui contrastent singulièrement avec le despotisme qui règne en Asie et en Afrique, même parmi
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presque toutes les nations les plus policées. Si le florissant empire du Pérou était régi par un despotisme théocratique ; si le plateau de Cundinamarca offrait, chez les Muyscas comme chez les Japonais, un pontife et un roi absolu , le gouvernement des Natchez était théocratique , et celui du puissant empire Mexicain ressemblait plus à celui de nos monarchies féodales du moyen âge qu'aux empires despotiques de l'Ancien-Continent. Tlascala, Cholula et Huetxocingo étaient des républiques , et l'on peut considérer comme telles les petits états formés par les féroces peuplades qui dominaient les côtes orientale et septentrionale du Brésil, chez lesquelles rien ne se décidait qu'à l'unanimité des voix.
Maintenant, la plupart des nations indépendantes de l'Amérique forment autant de petites républiques , avec des chefs tantôt électifs , tantôt héréditaires ; quelques-unes, réunies ensemble, forment des confédérations , telles que la fameuse confédération des Cinq-Nations, celles des Sioux , des Arrapahoes, des Criks-Supérieurs, etc. Le gouvernement des Osages, des Kanses , des Panis ou Padoucas, des Missouris , des Mahaws, des Otos, des Guaycurus et de plusieurs autres nations , est une espèce d'oligarchie républicaine. Le gouvernement des Araucans présente un mélange d'aristocratie et de démocratie; et celui des Tcherokis offre déjà une imitation de l'administration intérieure des Etats- Unis. On peut dire en général que les nations indigènes indépendantes vivent sous un gouvernement patriarcal , et que leurs chefs, électifs chez les unes et héréditaires chez les autres , ne jouissent que d'une autorité très bornée. C'est ordinairement le pins brave guerrier, le chasseur le plus habile et le plus courageux que ces tribus choisissent pour chef.
Les Amériques Anglaise, Française, Espagnole, Hollandaise, Danoise,' Russe et Suédoise offrent, à quelques modifications près , les formes administratives de leurs métropoles respectives. Les Etats-Unis forment une puissante confédération de 24 républiques , se gouvernant chacune par ses autorités locales pour tout ce qui concerne les relations civiles et municipales, mais sujettes à une autorité centrale pour tout ce qui regarde la dé-
fense commune, la politique extérieure, les douanes et les postes. La constitution Anglo-Américaine , qui a servi de modèle aux confédérations des Etats-Unis du Mexique et des Etats-Unis de l'Amérique- Centrale, est désirée par un puissant parti dans les Provinces-Unies du Rio de la Plala, et a servi de prétexte à des troubles graves dans la Colombie. Cette dernière forme même aujourd'hui une fédération plutôt qu'une république. Le Pérou, la Bolivia, le Chili, l'Etat oriental de l'Uraguay et Haïti sont des républiques dont les formes administratives ressemblent beaucoup à celles des Etats-Unis. Toutes ont un congrès divisé en deux chambres, celle des représentans et celle des sénateurs; cette dernière est présidée par le chef de la république , qui a le titre de premier président. L'empire du Brésil est une monarchie constitutionnelle, dont le pouvoir législatif réside dans l'empereur , Je sénat et la chambre des députés ou des représentans des provinces. Le Paraguay est une véritable monarchie despotique; le docteur Françia , qui la régit, prend depuis plusieurs années le titre de directeur -} il est le chef de l'église et de l'Etat.
industrie. C'est une grande erreur assez répandue en Europe que de regarder tous les indigènes de l'amérique non convertis au christianisme, comme errans, vivant de la chasse et de la pêche et privés entièrement des arts les plus indispensables à la vie sociale. Quoique depuis longtemps les peuples Américains les plus avancés dans la civilisation se soient éteints ou aient adopté les religions, les lois et la civilisation de l'Europe , on ne peut raisonnablement révoquer en doute les progrès que plusieurs nations indigènes avaient faits dans les arts et dans les institutions sociales. Les historiens de la découverte de l'Amérique nous ont transmis une foule de faits, qui attestent l'existence de ces dernières dans le Pérou, la Nouvelle-Grenade, le Mexique, le Guatemala; et les monumens conservés encore sur les plateaux de Cuzco , de Cundinamarca et d'Anahuac, ainsi que les imposantes ruines des villes del Pallenqué et de Tulha, au milieu des solitudes de l'état de Chiapa, prouvent sans réplique combien ces prétendus sauvages avaient dû cultiver les arts que suppose leur con-
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struction. De nos jours, les peuples indigènes soumis presque tous aux nations de l'Europe et à leurs descendans, n'offrent, dans le petit nombre de peuplades indépendantes répandues sur des territoires que ces derniers regardent comme enclavés dans leurs possessions, que des nations ou entièrementabrutiesou marchant lentement vers la civilisation. Les Tcherokis, les Criksou Moskoghis, les Chakthas , les Osages, les Yutas, les Yabipaï , les Moqui, les Casas-Grandes, les Araucans et quelques autres ont un gouvernement régulier , exercent l'agriculture et les arts les plus indispensables à la vie sociale , savent travailler l'argile pour faire de la poterie et de la faïence peintes. Le goût de ce genre de fabrication semble même avoir été jadis commun aux peuples indigènes des deux Amériques.
Les poteries des Maniquarez, dit M. de Humboldt, célèbres depuis un temps immémorial, sont encore travaillées par des femmes, suivant la méthode employée avant la conquête. Les Maypures, les Guypunabis, les Caribes, lesOttomaques, les Guanos et autres peuples sont connus pour fabriquer de la poterie peinte. Les Mapoyes , les Parecas , les Javaranas , les Curacicanas , les Macos indépendans et une foule d'autres peuples de l'Amérique-du-Sud, ainsi que plusieurs de l'Amérique-du-Nord , cultivent sur un territoire assez étendu des bananes , du manioc, du maïs, du coton, et savent employer ce dernier à tisser des hamacs ou à faire de la toile grossière pour s'habiller. Ceux qui vivent sous un climat froid savent préparer les fourrures qui leur servent d'habillement et qui forment même l'objet d'un commerce très important avec les nations d'origine européenne. Selon La Pérouse, les habitans du Port-des- Français savent même travailler le fer et le cuivre ; ils fabriquent à l'aiguille une sorte de tapisserie, nattent avec beaucoup d'art et de goût des chapeaux et des corbeilles de roseaux, taillent , sculptent et polissent la pierre serpentine. Les habitans de la baie Tchinkitane montrent une certaine adresse dans la tannerie, la sculpture, la peinture et les arts. Toute l'industrie des nations les plus abruties se borne à la construction de leurs misérables cabanes, de leurs grossiers canots et à la fabrication de leurs arcs et de leurs flèches ; ces nations vivent exclusi-
vement du produit de leur chasse et de leur pêche ; elles voient tous les jours diminuer leur nombre, et sont refoulées dans les forêts par la marche progressive de la civilisation des nations moins sauvages et des établissemens des. Européens.
Parler de l'industrie et des arts des nouveaux habitans de l'Amérique , c'est parler de l'industrie et des arts de l'Europe et de ses habitans , qui depuis trois siècles se sont établis d'un bouta l'autre du Nouveau -Monde. Les Anglais, les Français et les Allemands y ont importé leur industrie. C'est aux Etals-Unis , où elle a pris le plus grand essor, où depuis quelques années le Rhode - Island , le Massachusetts, le Connectent, la Pennsylvanie, le New-York , le New-Jersey et l'Ohio offrent des produits, qui égalent presque ceux des meilleures fabriques et manufactures de l'Europe. Parmi les nouvelles républiques de l'Amérique ci-devant Espagnole, celles qui se distinguent le plus par leur industrie sont les états de Mexico, de la Puebla, de Queretaro et de Guadalaxara, dans la confédération Mexicaine ; les villes de Lima , de Cuzco et de Guamangua, dans la république du Pérou; de Quito, de Bogota et de Caracas, dans la Colombie; de Guatemala, San-Salvador, etc., etc., dans la confédération de l'Amérique-Centrale ; de Buénos - Ayres, dans celle du Rio de la Plata; de Santiago, dans le Chili. Dans l'empire du Brésil , l'industrie était restée encore plus arriérée que dans la ci-devant Amérique-Espagnole; mais depuis quelques années elle a fait des progrès sensibles dans toutes les grandes villes, su rtout à R io-de-Janeiro à Bahiaet à Pernambuco. Plusieurs arts ont pris de nos jours un développement extraordinaire à la Havane, dans l'Amérique-Espagnole, ainsi que dans les villes principales du Canada , de la Nouvelle- Ecosse et du Nouveau Brunswick, dans l'Amérique-Anglaise. Les Mexicains, en outre , excellent dans la fabrication d'ouvrages de bimbeloteries en bois, en os et en cire, et dans celle de meubles aussi remarquables par leurs formes que par le choix des bois et le brillant poli qu'ils savent leur donner. L'exploitation des métaux précieux est encore dans tous les nouveaux états de l'Amérique cidevant Espagnole , la branche d'industrie la plus importante ; mais ses produits
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ontextraordinairement diminué -.par suite des évènemens, les travaux ayant été suspendus, les plus riches mines ont été inondées et ne sont plus exploitées, ou sont devenues d'une exploitation très coûteuse. Mexico , Guanaxuato , Puebla , Bogota , Quito , Caracas , Lima , Cuzco , Santiago, Buénos-Ayres etRio-de-Janeiro se distinguent surtout par la manière dont on y travaille les métaux précieux. On doit ajouter que la fabrication du savon , celle de la poudre destinée à l'exploitation des mines, que la préparation des cuirs et les différentes manipulations qu'on fait subir au tabac , ainsi que les manufactures de toile grossière et de draps ordinaires, emploient un grand nombre de bras dans tous les pays que nous venons de nommer. On doit aussi faire observer que la liberté de la presse ayant fait naître un nombre prodigieux de journaux , l'imprimerie se trouve actuellement répandue d'un bout à l'autre de tout le Nouveau - Continent. Nous avons déjà vu à la page 962 que cet art admirable a même pénétré chez les peuples indigènes indépendans.
commerce. On peut dire que la navigation , qui est la base principale du commerce, a été inconnue de tout temps d'une extrémité à l'autre de l'Amérique , puisque aucune de ses nations indigènes ne s'est élevée au-dessus de la construction de simples pirogues. Cela est d'autant plus remarquable, que nulle autre parlie du globe n'offre autant de fleuves navigables, pendant un si long espace, que l'Amérique. On peut expliquer cette singularité, en observant que les nations indigènes les plus policées de ce continent se sont établies toutes sur des plateaux , où la navigation ne saurait prospérer.
Aussi remarque-t-on que les Omaguas et les Payaguas, les seuls peuples indigènes chez lesquels cet art était un peu plus avancé que parmi les autres , appartiennent à l'Amérique-Méridionale et vivent sur les bords de l'Amazone et du Paraguay, dont ils dominaient autrefois les rives et les affluens ; mais le peu de progrès faits dans la civilisation par ces deux peuples navigateurs, ne leur permit d'avoir que de simples canots. Il est aussi remarquable de voir le courage avec lequel les Caribes insulaires et continentaux, les Tayabares et les Cahetès, tribus jadis uiaitresses de la ci-devant capitainerie
de Pernambuco , et les Neughaibas qui habitaient avec des Guyanas , des Mamayanas et des Yuruanas la grande lie Marajo , montés sur de faibles canots, portaient la dévastation et le carnage a d'immenses distances , et livraient sur mer de terribles combats à leurs ennemis. Les habitans de la fameuse lagune d'Itza ou del Peten dans la province de Vera- Paz, étaient aussi une nation maritime ; ils avaient un grand nombre de barques assez bien construites. Tout le monde connaît la singulière construction des bateaux des Esquimaux, et l'intelligence que plusieurs peuples de la côte Nord-Ouest montrent dans l'art de construire leurs embarcations.
Mais si parmi les peuples indigènes on ne voit aucune nation maritime, les peuples d'origine européenne présentent déjà dans l'Amérique- Anglaise du Nord, une nombreuse marine marchande, et dans les Etats-Unis , non-seulement une des principales nations maritimes du globe , mais la seconde puissance commerçante du monde, Les Anglo-Américains possèdent une marine militaire imposante, qui a soutenu avec honneur son indépendance contre la reine de l'Océan et a puni les puissances barbaresques qui avaient osé l'insulter ; son pavillon Hotte dans tous les ports; ses pêcheurs ont pénétré dans les mers glaciales de l'un et de l'autre hémisphère, et son commerce a pris un tel développement, que ses négociais sont devenus pour ainsi dire les courtiers de l'Ancien et du Nouveau- Monde.
L'activité commerciale des Caribes , qu'un voyageur célèbre appelle les Bouk h ares du Nouveau-Monde; les grands marchés établis à Tenochtillan ou l'ancien Mexico, à Tlascala et autres grandes villes de l'Amérique - Equinoxiale , sont à-peu-près tout ce que l'histoire du commerce de l'Amérique offre de plus important avant l'arrivée des Européens. Mais l'établissement des peuples de l'Europe dans le Nouveau-Monde commence une ère nouvelle pour cet hémisphère. La variété et l'importance de ses productions donnèrent en peu de temps une grande étendue à ses relations commerciales. Malheureusement la manière vicieuse avec laquelle on y a fait le commerce jusque après la seconde moitié du xvine siècle, a privé l'Europe et l'Amcri -
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que des immenses avantages qu'elles en auraient tirés , si on lui avait accordé la liberté dont il a joui par la suite. Le système de Galvez qui, en 1778, proclama successivement la liberté du commerce entre les treize principaux ports de l'Espagne et l'Amérique ci-devant Espagnole, augmenta extraordinairement l'exploitation des mines et donna un grand développement à la culture des productions agricoles. Les progrès des colonies françaises, anglaises et portugaises, ainsi que ceux des colonies des autres nations maritimes de l'Europe ne furent pas moins considérables, et l'indépendance des treize provinces de l'Amérique - Anglaise du Nord , puissamment favorisée par la France et reconnue par l'Angleterre en 1783, vint augmenter considérablement les produits de l'agriculture, le commerce et la navigation non-seulement des colonies déclarées libres, mais même du Canada, du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Ecosse et d'autres parties qui restèrent attachées à l'Angleterre. Depuis lors les manufactures et les fabriques de l'Europe, trouvant un plus grand nombre de consommateurs , firent d'étonnans progrès. La pêche de la baleine dans les mers australes et boréales , celle de la morue sur le grand banc de Terre-Neuve , le transport des immenses quantités de sucre, de tabac, de coton, de café, de riz, de froment, de cuirs et de fourrures exportées tous les ans pour les ports de l'Europe , et les quantités non moins considérables des produits des fabriques et des manufactures de cette dernière importées en Amérique , ont enrichi ces deux parties du monde, ont donné un prodigieux développement à l'industrie européenne et à sa marine marchande , et ont fait avec raison regarder le commerce de l'Amérique comme le plus riche et le plus utile que l'Europe pouvait exploiter. Le soulèvement de la partie française de St- Domingue, d'abord son émancipation, ensuite et plus tard la reconnaissance de son indépendance par la France; la résidence du roi de Portugal transférée de ce royaume au Brésil en 1808, et la séparation définitive qui eut lieu en 1822 de celle vaste colonie de sa mère-palrie; l'insurrection de toutes les colonies espagnoles sur le Continent, et leur organisation définitive en états indépendans de l'Espagne ; les innovations plus ou moins
avantageuses qu'a éprouvées l'administration dans toutes les colonies restées attachées aux puissances européennes, et l'étonnante prospérité de l'Ile de Cuba, qui en fut une des conséquences principales ; toutes ces causes réunies changèrent entièrement les anciens rapports commerciaux de l'Amérique avec l'Europe etouvrirent de nouveaux débouchés à l'industrie de cette dernière. Les guerres sanglantes qui eurent lieu , d'abord entre les Espagnols et les colons, ensuite entre les nouveaux états, puis les troubles qui les agitent intérieurement, ont suspendu ou diminué considérablement l'exploitation des mines, et ont arrêté l'essor qu'avaient pris l'agriculture et le commerce. Malgré tous ces désavantages, les relations commerciales de ces deux parties du monde entre elles sont encore tellement importantes , que le commerce de l'Amérique , quoique déchu dans ces dernières années, conserve encore le rang que la richesse et la variété des productions du Nouveau- Monde lui avaient assigné dès le commencement de sa découverte. Ces résultats n'ont riea d'étonnant. De tout temps le commerce maritime a propagé la civilisation dans le monde; mais c'est en Amérique qu'il a réalisé sa conquête la plus grande, la plus féconde en beaux résultats. Après la lassitude produite par les croisades et les guerres stériles du moyen âge, le génie européen s'est tourné vers l'Océan, a cherché des mondes pour satisfaire son activité ; et l'Amérique est devenue le grand théâtre de ses exploits militaires et de ses spéculations commerciales. Jusque alors le commerce, borné au bassin de la Méditerranée , avait peu développé la navigation ; la découverte du Nouveau- Monde, en agrandissant le théâtre, a multiplié les sources et les produits des spéculations, et a commencé l'histoire de la marine moderne. L'Amérique a sur l'Inde l'avantage d'avoir fourni à l'Europe un commerce actif; elle a contribué plus que toute autre partie du monde à augmenter sa population , à accroître sa richesse et à développer sa puissance , tout en recevant de l'Europe les germes féconds de sa civilisation, les lumières bienfaisantes de sa religion et tous les prodiges de son industrie.
Les exportations principales de l'Amérique consistent en argent, or, cuivre, diamans, topazes, sucre, café, coton, la-
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bac, riz, blé, cire, fourrures, cuirs, morue, cacao, indigo, vanille, quinquina , cochenille, cannelle , girolle , muscade, salsepareille, ipécacuanha, baume de copahu, gaïac et autres drogues médicinales; bois de campêche, de Fernambouc oubrésillet et autres bois de teinture, mahogoni ou acajou, cèdre et autres boisd'ébénisterie et de construction , ambre, etc., etc. Les principaux articles d'iMPORTAtion sont : draps, toiles, étoffes de soie, velours, chapeaux, quincaillerie, armes et une foule d'objets sortis des ateliers et des manufactures de l'Europe; eau-de-vie, vins, sel, thé, poissons salés. Mais l'on ne peut mentionner les principaux articles du commerce de cette partie du monde sans parler de la chasse aux ho mines , exercée dans PAmérique-Equinoxiale par des Européens dès le commencement même de sa découverte , et continuée presque jusqu'à nos jours par les Caribes, les Marepizanos, les Amuizanos, les Manitivitanos et autres nations indigènes, avec les mêmes atrocités et les mêmes horreurs qui accompagnent la traite des Nègres en Afrique et celle des esclaves dans POcéanie. Avant les efforts louables faits par plusieurs philanthropes d'Angleterre, de France et d'autres contrées, qui ont provoqué l'abolition de la traite des Nègres, proclamée par les rois de Danemark, d'Angleterre, de France , des Pays-Bas et autres souverains , les esclaves étaient peut-être l'article d'importation le plus considérable ; le nombre des malheureux Africains arrachés chaque année à leur sol pour aller arroser de leur sueur les champs de l'Amérique, ne saurait être évalué, terme moyen, audessous, de 100,000. Le Brésil seul a pendant plusieurs années de suite tiré de l'Afrique plus de 100,000 noirs par an.
Récemment encore ce commerce infâme , malgré les traités et les défenses les plus sévères, se continuait avec une prodigieuse activité ; Rio-de-Janeiro, Bahia, et Pernambuco en sont les grands entrepôts dans le Brésil, et St-Thomas et La Havane dans les Antilles. Il faut espérer que ce scandale cessera bientôt.
Les principales places maritimes commerçantes de l'Amérique sont : New- York , Philadelphie , Boston , Baltimore, la Nouvelle-Orléans et Charleston, dans les Etats-Unis; Vera-Cruz, Tampico de Tamaulipas elAcapulco,
dans le Mexique ; la Guayra, Porto- Cabello , Guayaquil et Carlhagène , dans la Colombie ; Callao , qui est le port de Lima , dans le Pérou ; Valparaiso, dans le Chili ; Buenos-Ayres , dans la confédération du Rio de la Plata; Montevideo, dans l'Etat-Oriental de l'Uraguay ; Rio - de - Janeiro , Bahia , Pernambuco, Maranham et Para, dans l'empire du Brésil ; Portau-Prince, Cap-Haïtien (Cap-Français), Les Cayes etJactnel, dans la république d'Haïti ; La Havane et Matanzas, dans Plie de Cuba et San-Juan dans Plie de Porto-Rico, comprises dans PAmérique- Espagnole ; Kingstown, dans la Jamaïque ; Bridgelown,àauis la Barbade, Halifax, dans la Nouvelle-Ecosse, Québec, dans le Canada, Georgetown, autrefois nommée Stabroek, dans la Guyane, pays compris dans l'Amérique-Anglaise; St- Pieme, dans la Martinique, Pointe-à- Pitre, dans la Guadeloupe , lies dépendantes de PAmérique-Française ; Paramaribo, dans la Guyane, Sl-Eustache et Willemsladt, dans les Antilles, comprises dans l'Amérique - Hollandaise ; Christianstad dans l'Ile Ste-Croix et St-Thomas , dans l'Ile de ce nom , dans Y Amérique-Danoise. On doit même faire observer que , parmi les places très commerçantes que nous venons de nommer, les suivantes surtout se distinguent par la richesse et l'étendue de leurs relations commerciales : New-York , La Havane , Philadelphie , Vera-Cruz , Bio-de- Janeiro, Bahia, Buenos-Ayres, et Kingstown; celle de New-York peut même être regardée sous ce rapport comme la seconde place commerçante du monde.
On doit ajouter en outre que toutes les grandes villes de l'intérieur de l'Amérique et surtout celles des Etats-Unis , de l'Amérique-Anglaise et de l'Amérique cidevant Espagnole , font un commerce très étendu. Nous en signalerons l'importance dans leur description respective.
ETAT SOCIAL DES AMÉRICAINS, Le NOU-
veau-Continent offre comme l'Ancien plusieurs foyers de civilisation indigène ; mais la détermination de leur nombre, la démarcation de leurs limites présentent encore beaucoup de difficultés. Le silence absolu de l'histoire, la négligence des historiens de la découverte et de la conquête de l'Amérique, le peu de critique des an-
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ciens voyageurs, qui on l négligé de parler dans leurs relations d'une foule d'objets si nécessaires pour asseoir un jugement convenable sur l'état social des nations , rendent cette tâche très difficile, pour ne pas dire impossible. La vaste érudition et la sagacité de M. de Huinboldt, les savantes recherches de MM. Castanedo , Warden, Me. Cullock, Atwater, Say, Mitchill, Duponceau, Raffinesque, lordKingsborough, Constancio , Jomard/etc, les faits nouveaux recueillis par MM. Dupaix, Cabrera, Juarros, Reullock, Latour- Allard , Baradère et Franck , ont jeté beaucoup de lumières sur cette importante partie de l'histoire de l'homme et nous ont encouragé à hasarder de coordonner les faits principaux qui s'y rapportent, en classant les principales nations du Nouveau-Monde, d'après les foyers de civilisation qui nous paraissent pouvoir être regardés comme indigènes , et en signalant la part qui est due à l'influence des Européens. Cet essai destiné à faire partie de notre Tableau Physique, Moral et Politique des cinq parties du Monde, tout imparfait qu'il est , pourra néanmoins fournir au lecteur le moyen de comparer sous cet important point de vue les peuples de l'Amérique avec ceux des autres parties du monde; il est pour ainsi dire le complément de ce que nous avons dit dans l'article ethnographie et dans ceux qui sont relatifs à l'industrie, au commerce, à la religion et au gouvernement des Américains.
Le Nouveau-Monde nous présente d'abord trois nations remarquables par l'état social avancé où on lésa trouvées lorsqu'elles furent subjuguées parles Espagnols. L'examen des institutions politiques et religieuses des Mexicains, des Péruviens et des Muyscas, de leurs mœurs, et l'état auquel les arts avaient été portés chez ces peuples , tout en signalant des différences énormes entre leur civilisation respective et la civilisation de l'Ancien-Continent, surtout comparée avec celles des Grecs, des Romains et des peuples actuels de l'Europe , laissent entrevoir cependant quelques rapports avec l'état social des anciens Egyptiens, des Etrusques et des Tibétains. Quetzacoatl , Manco- Capac et Bochica , dit M. de Humboldt, sont les noms sacrés des trois grands-prêtres et législateurs des plateaux d'Anahuac , de Cuzco et de Cundinamarca. Les anciennes traditions les représentent comme des hommes venus du côté de l'Orient d'un pays inconnu, et comme étant barons et moins basanés que les indigènes au milieu desquels ils parurent. Ces hommes extraordinaires changent tout d'un coup l'état des Mex'eains, des Péruviens et des Muyscas; ils
réunissent les tribus errantes dans les forêts; ils enseignent aux hommes à labourer la terre , aux femmes à ourdir des étoffes ; ils leur donnent un système religieux particulier et leur apprennent les arts les plus indispensables à la vie sociale ; ils remplacent les usages barbares par des institutions politiques , qui rendent ces trois nations les plus puissantes et les plus policées du Nouveau-Continent. Les teocallis ou pyramides des Mexicains et des autres peuples Aztèques, leur papier de maguey et leurs peintures hiéroglyphiques ; les temples du soleil , les cordelettes ou quipposetles quatre grandes fêtes des Péruviens; les pèlerinages annuels à Iraca et dans ses environs . devenus célèbres par les prétendus miracles de Bochica ; l'inviolabilité des pèlerins, aussi sacrée sur le plateau de Bogota que dans les déserts brûlans de l'Arabie et sur les bords majestueux du Gange; les imposantes ruines de Mitla ; des villes fortifiées et de grands monumens en pierres; les grandes roules tracées au milieu des cordillères et les ponts hardis élevés sur les torrens les plus larges et les plus fougueux ; les calendriers des Mexicains , des Péruviens et des Muyscas-, tous ces laits, attestés par les voyageurs anciens et modernes, sont autant de preuves évidentes de la grande civilisation qu'avaient atteinte ces trois peuples avant d'être soumis à l'influenco européenne. L'amphithéâtre de Copan, avec ses pyramides, ses bas-reliefs et ses colonnes-, le temple de la grotte de Tibulca ; le vaste palais royal ou [alcazar d'Utatlan ; les places fortes de Tecpanguatemala etde Mixco ; les restes imposans des vastes capitales d'Utatlan , de Patinamit et d'Atitlan . ainsi que des forteresses de Parraquin , de Socoleo , d'Uspantlan, déposent en faveur de l'état social auquel s'étaient élevés les Quiches, les Kachiqueles , les Zutugiles et autres nations du Guatemala. A côté de ces peuples il faut aussi placer les Chapanèques, les Maya, les Itzaez, ies Zapolèques, les Tarasques dans le royaume de Mechoacan, les habilans des républiques de Tlascala , de Cholula et de Huetxocingo , dont la civilisation rappelle l'état social des Mexicains. C'est encore à ce foyer qu'on doit, selon nous , réunir le Cibola et le Quivira , contrées non moins célèbres par les fabuleuses richesses qu'on leur a attribuées que par l'état avancé dans lequel on a trouvé leurs habitans, visités au milieu du xvie siècle par le frère Marcos de Nizaet par Francisco de Coronado, comme aussi les Moqui, dont la ville principale , située sur les rives du Yaquesila , offrit à la vue d'autres religieux espagnols, qui la visitèrent beaucoup plus tard , une population nombreuse , des places publiques et des maisons à plusieurs étages. C'est encore avec ces peuples qu'il parait plus convenable de classer ces nations vêtues de la côte du Nord-Ouest, visitées dans la seconde moitié du xviue siècle, chez lesquelles on a trouvé des habitations à deux étages , ornées de sculptures et de statues en bois, des espèces de temples, des monumens en l'honneur des morts, et de grands tableaux peints sur bois, des flûtes ou sifflets de Pan à onze tuyaux, et des pirogues construites très artistement.
Les Natchez et quelques autres nations, au nord de l'équateur, les Araucans et d'autres peuples au sud de ce cercle, présentent d'autrès genres de civilisation , qui paraissent s'être développés indépendamment de toute influence des Mexicains, des Quiches, des Muyscas, des Péruviens et des autres nations civilisées que nous venons de nommer. Les Araucans, si différens de ious ces peuples, nous retracent même, comme ie dit un savant distingué, M. Walckenaer, les vertus et les mœurs des temps héroïques de la Grèce. Plusieurs monumens épais sur la vaste surface du Nouveau-Monde , à d'immenses distances les uns des autres, et dans des contrées naguère encore habitées, ou parcourues actuellement par des nations tout-à-lait sauvages ou très peu avancées dans la civilisation, signalent au philosophe l'existence d'autres foyers de civilisation d'un genre tout différent. Le silence de l'histoire a ouvert de nos jours un vaste champ aux conjectures et aux systèmes; plusieurs savans ont traité ce sujet, mais sans avoir pu offrir encore des résultats satisfaisais. Ce qui nous parait démontré, c'est l'existence de plusieurs nations dans un état social très différent, à des époques , tantôt éloignées tantôt contemporaines , mais toutes de beaucoup antérieures à la découverte de l'Amérique par Colomb. Ce sont ces nations inconnues qui paraissent avoir élevé ces nombreux tumuli, ces forts cariés, ces immenses retranchemens découverts sur le territoire de l'Union depuis le lac Ontario jusqu'au golfe du Mexique et entre les Alleghcny et la chaine Missouri-Colombienne (Rocky Mountains). Des conjectures assez généralement admises s'accordent à regarder les Alligheoui (Allighewi) comme le peuple auquel on doit ces constructions; on lui attribue aussi le vase ou l'idole à trois tètes semblable à la trimourti ou trinilé indienne, le buste assez ressemblant aux bourkhans des Bouriètes, trouvé il y a quelques années près de l'Ohio , les momies tirées de la caverne du Mammoulh et les sculptures gravées sur les rochers, dont nous parlerons dans la description de l'état de l'Ohio. D'un autre côté les figures symboliques qui couvrent les rochers granitiques le long du bas Orénoque , sur les rives du Cassiquiare, et entre les sources de l'Esscqueboetdu Rio-Branco, lieux qui ne sont occupés depuis long-temps que par des hordes barbares, qui errent dans ces solitudes et qui n'ont aucun moyen d'exécuter de semblables travaux, paraissent aussi devoir être attribuées à une autre nation inconnue , qui depuis long-temps a cessé d'exister. Quelques-unes de ces sculptures grossières, dit M. de Humboldt, sont liées aux intéressantes traditions des Tamanaques relatives à la croyance d'Amalivaca, qui est le personnage mythologique de l'Amérique barbare équinoxiale aussi étranger à cette nation que Manco-Capac , Bochica et Quetzacoalt l'étaient aux Péruviens, aux Muyscas et aux Mexicains.
Les traditions populaires recueillies par les premiers voyageurs et, il y a quelques années, par un savant naturaliste, auquel on doit la mesure des plus hautes montagnes de l'Amérique, s'accordent
à attribuer à un peuple inconnu les constructions gigantesques élevées dans les environs de Cuzco et dans ceux du lac Titicaca, long-temps avant l'apparition de Manco-Capac sur ces hautes plaines. Mais ici nous devons signaler un fait curieux et de la plus haute importance pour l'anthropologie -, c'est que les crânes de cette nation inconnue, trouvés par M. Pentland dans les tombeaux, et dont plusieurs ornent la grande collection craniologique formée par M. Cuvier, se distinguent de ceux de toutes les autres races connues, par leur extrême dépression et par l'avancement extraordinaire de leurs mâchoires. Mais aucun de ces débris d'une civilisation antérieure non-seulement à l'histoire, mais même à presque toutes les traditions du Nouveau-Monde, ne mérite l'attention du philosophe comme les ruines des grandes villes de Culhuacan (Palenquè) et de Tulha, découvertes vers la moitié du xviii* siècle dans les solitudes de la province deChiapa, et dessinées plus tard parle colonel Dupaix; on les regarde justement comme les plus magnifiques de toute l'Amérique. Leurs sculptures remarquables par les sujets qu'elles représentent le sont aussi parla construction particulière qu'offre la tète de leurs figures : c'était sans doute une autre race, entièrement différente de toutes celles que l'on connaît , qui habitait ces contrées et qui éleva ces édifices. Ses temples , ses tombeaux , ses aqueducs , ses pyramides, ses bas-reliefs ornés de caractères en signes figurés, et les dimensions colossales de ses constructions autorisent à appeler cette ancienne ville de Culhuacan la Thèbes Américaine.
L'examen de l'état social dans lequel on a trouvé tous les peuples que nous venons de nommer, et la comparaison de leurs monumens avec ceux de l'Asie et de l'Afrique ouvriront, un jour, nonseulement un champ immense aux conjectures sur leur origine , mais ils nous paraissent déjà signaler au philosophe d'assez probables communications entre différentes parties des deux continens, à des époques que l'on n'a encore aucun moyen de déterminer. S'il est vrai, comme quelques savans ingénieux l'ont avancé, que les temples pyramidaux des Mexicains et d'autres peuples de l'Amérique-Centrale, les systèmes politiques et religieux de ces mêmes peuples, des Péruviens et des Muyscas, leurs calendriers astronomiques et leurs almanachs astrologiques si compliqués, le développement extraordinaire de leur système féodal et la division de leur population en castes, leurs couvens d'hommes et de femmes, leurs congrégations religieuses suivant une discipline plus ou moins sévère, leurs traditions enfin et leurs quippos paraissent porter l'empreinte d'anciennes relations avec différentes contrées de l'Asie; d'un autre côté les constructions massives et un grand nombre de sculptures colossales accompagnées de légendes en signes figurés, trouvées dans le Guatemala et le Yucatan, nous rappellent forcément les immortels monumens de l'ancienne Egypte , tandis que les momies, découvertes en plusieurs parties de l'Amérique, semblent nous reporter, les unes aux îles Sandwich et jusqu'à
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celles de Fidji , au milieu de l'Océanie , à cause des lissus qui en forment l'enveloppe , les autres à l'archipel des Canaries, dans les parages de l'Afrique , par leur frappant rapport avec les momies des Guanches, peuple entièrement éteint, mais compris dans la grande famille atlantique répandue encore de nos jours dans toutes les hautes vallées de l'Atlas. Ce sont surtout les monumens de Palenquè qui paraissent laisser peu de doute sur les anciennes communications des deux mondes , même entre le Guatemala et l'Egypte. Du moins c'est l'opinion très probable d'un juge très compétent. M. Jomard, qui a décrit sur les lieux les monumens élevés parles Pharaons dans la vallée du Nil et qui a étudié sur les nombreux dessins de M. Castaûedo, rapportés par M. Baradère, ceux de la Thèbes Américaine, s'exprime sur ce point delà manière la plus positive en répondant aux questions que nous avons eu l'honneur de lui adresser. « Quand on a étudié avec soin, dit ce savant, le mode de sculpture égyptien, c'est-à-dire ,1a sculpture en relief plat et la sculpture en relief dans le creux, ce singulier système d'un relief très faible, même dans les sculptures colossales ; quand on considère encore le système général des tableaux égyptiens sculptés et peints; celui des encadremens des tableaux ; l'emploi des légendes ou signes de l'écriture distribués par colonnes verticales et horizontales ; le genre des poses et des attitudes profilantes , le choix des attributs et des accessoires; la forme de certains meubles , et bien d'autres caractères de ces tableaux , que j'ai retrouvés dans les sculptures en bas-relief de Palenquè , je dis que les rapports sont presque incontestables. » Nous verrons plus bas dans la description de l'état de Chiapa , qu'un autre savant, notre ami M. Constancio, avait déjà émis cette opinion.
Mais on ne peut s'occuper des nations civilisées de l'Amérique sans parler des Européens. Cette race, qui depuis tant de siècles est à la tète de la civilisation, n'a encore fait sentir sur aucune partie du monde sa prépondérance morale et politique d'une manière plus complète que sur le Nouveau-Monde. Nous avons déjà signalé à la page 954 l'immense développement qu'elle a pris d'un bout à l'autre du Nouveau-Continent et sur les vastes terres qui en dépendent. Langues, religions, lois, gouvernemens, usages, mœurs, sciences , arts, animaux, végétaux , tout y a été importé ; c'est pour ainsi dire une nouvelle Europe, qui en moins de trois siècles s'est élevée comme par enchantement au-delà de l'Atlantique, mais avec une infinité de nuances dépendantes de la configuration physique du sol, de son état primitif de culture et des habitudes des peuples indigènes qui l'habitent. Les terrains élevés , par exemple , des confédérations du Mexique et du Guatemala , ceux des états de Colombie , du Pérou et de Bolivia, doués d'un climat tempéré, offrent depuis long-temps la culture, les croyances , les institutions et les usages de l'Europe civilisée , à côté des produits , des restes d'usages et d'habitudes de l'ancienne civilisation indigène. Les plaines immenses des Etats-Unis, du Rio de la Plata et de l'empire du Brésil , cou-
vertes de verdure , présentent des peuples entièrement pasteurs; les Uanosde la Colombie nous offrent les Zambos, qui, enfantés par l'union de l'Américain avec le Nègre et devenus de véritables Bédouins, parcourent avec leurs troupeaux ces brûlantes solitudes, et semblent menaeerpar leur activité et leur audace extraordinaires les paisibles habitans des villes , des montagnes et des bois. Cette jeune Europe rivalise déjà d'industrie et de puissance avec l'ancienne , partout où les troubles, qui ont suivi son émancipation, ne sont pas venus entraver la marche de son développement. Sur tous les points les efforts réunis de la civilisation et des gouvernemens d'un côté , des entreprises commerciales et des missionnaires de l'autre , ont refoulé les hordes sauvages dans les bois, dans les montagnes ou dans les parties les plus éloignées des habitations. Ses établissemens extrêmes sont pour ainsi dire les postes avancés de la civilisation au milieu des habitations clairsemées des peuples barbares, qui peu-à-peu finissent par adopter la vie de leurs nouveaux voisins, disparaissent, ou bien s'éloignent de plus en plus. D'un autre côté la civilisation européenne, dit M. de Humboldt, s'est répandue comme par rayons divergens des côtes ou des hautes montagnes voisines des côtes, vers le centre de l'Amérique-du-Sud , et l'influence des gouvernemens diminue à mesure que l'on s'éloigne du littoral. Des missions naguère encore entièrement dépendantes du pouvoir monacal , habitées parla seule race des indigènes cuivrés, forment une vaste ceinture autour des régions plus anciennement défrichées, et ces établissemens chrétiens se trouvent placés sur la lisière des savanes et des forêts, entre la vie agricole et pastorale des colons et la vie errante des peuples chasseurs. Les Africains même , qu'un commerce infâme a arrachés à leur sol pour mettre en culture les Antilles et les terres chaudes de l'Amérique, après avoir brisé les chaînes du pins dur esclavage, organisés en nation, offrent depuis quelques années, au milieu de la méditerranée Colombienne , une puissante république régie par de sages lois et participant à tous les avantages qui accompagnent les croyances et la civilisation de l'Europe. L'instruction publique a fait de grands progrès à Haïti , et cette république de Noirs est incomparablement mieux régie, plus tranquille et plus heureuse que la Colombie, le Chili et Buenos-Ayres.
Mais nulle part en Amérique le philosophe ne contemple un spectacle plus imposant que celui que lui offre l'étonnante prospérité de la confédération Angio-Américaine. C'est un véritable phénomène encore sans exemple dans les annales des nations. Grande et florissante dès son enfance même , cette puissante confédération démontre tout ce que peut la liberté soutenue par de sages institutions, l'esprit de concorde, l'amour de la patrie, le respect pour les lois et pour la religion , l'activité et le travail assidu. Elle compte à peine un demi-siècle d'existence politique, et déjà des villes riches et populeuses s'élèvent sur tous les points de ses côtes immenses; déjà les vastes solitudes de l'intérieur offrent des villes
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florissantes et de nombreux villages, et ses antiques iorêts sont remplacées par des campagnes bien cultivées que parent les plus riches dons delà nature, et alimentent les usines nombreuses, où l'on forge et travaille les métaux arrachés aux entrailles de la terre. Des édifices magnifiques, des temples somptueux , des maisons élégantes, de beaux théâtres, des places superbes décorées de beaux monumens, des canaux et des chemins en fer d'une longueur extraordinaire , des magasins immenses, des chantiers nombreux , des ateliers de toute espèce s'élèvent sur l'emplacement même des misérables cabanes de ses anciens habitans ; et des milliers de vais?taux, chargés de tous les produits des manufactures des peuples les plus industrieux et des productions de tous les climats, sillonnent les eaux de ses fleuves, qui ne portaient naguère que l'informe pirogue du sauvage. Fulton , l'honneur immortel de cette florissante république, a appliqué la vapeur à la navigation , et la mer du Canada , le mystérieux Mississipi, l'immense Missouri et leurs nombreux afïluens sont parcourus par des vaisseaux à vapeur , qui rapprochent entre elles les contrées les plus éloignées , qui vivifient des colonies languissantes établies depuis long-temps sur leurs bords, en font naître de nouvelles, et, créant une échelle non interrompue de stations entre la Nouvelle-Orléans et le Canada , transformèrent en quelques années, en états florissans, ces pays naguère presque entièrement déserts. Ici tout a changé et change à chaque instant. Là où régnait la barbarie fleurit aujourd'hui la civilisation ; à des peuplades de chasseurs ont succédé des nations agricoles ; le commerce a remplacé le pillage ; la puissance de sages lois a été substituée aux violences de la force brutale ; et de nombreux instituts philanthropiques et les consolations d'une religion de paix soulagent et confortent l'humanité dans ces lieux mêmes où elle eut tant à souffrir de la barbarie et des superstitions atroces des anciens habitans. On ne peut admirer assez les rapides progrès qui signalent chaque année l'existence de celte nouvelle Europe , riche de toute l'instruction et de toute l'activité de l'ancienne, et qui semble même vouloir les surpasser. 11 n'est pas de contrée sur le globe, quelques pays de la confédération Germanique et du nord de l'Europe exceptés , qui possèdent des moyens d'enseignement aussi multipliés que cette partie de l'Amérique , où l'état de New- York offre même le phénomène unique dans les annales du monde civilisé , de compter plus d'écoliers qu'il n'a d'enfans sur son territoire. Les savantes écoles de médecine à Philadelphie , à "New-York , à Boston et à Baltimore; les académies des beaux-arts de Philadelphie, de New-York et de Boston ; l'école militaire de AVest-Point, imitation delà célèbre école polytechnique de Paris-, les universités des principaux états , les collèges plus ou moins nombreux dans tous, complètent les études élémentaires faites par une jeunesse aussi nombreuse que docile, dans des écoles primaires multipliées sur tous les points. La société philosophique améri-
caine à Philadelphie, celles des sciences et arts, et des antiquaires à Boston ; la société philosophique de New-York, les sociétés d'agriculture de Philadelphie et de New-York, l'institut américain de Washington, celui d'Albany et plusieurs autres établissemens de ce genre rivalisent déjà, par leurs savans mémoires , avec les instituts correspondans de la vieille Europe; et les musées , les collections d'histoire naturelle , les bibliothèques et les athénées qui s'établissent dans toutes les villes principales de la confédération , sont autant de garans des progrès que les sciences et les arts devront à ces enfans de l'Europe. Chaque citoyen veut s'instruire , veut connaître les affaires du corps politique dont il fait partie ; et plus de 800 écrits périodiques, nombre presque égal au tiers de la totalité des productions de ce genre qu'on publie dans tout le monde civilisé, se chargent de remplir ce double objet , et forment la partie principale d'un commerce de librairie, dont la valeur égale presque celle de ce même commerce dans toute l'Europe Méridionale. Enfin , en moins d'un demi-siècle, la confédération Anglo-Américaine a vu quadrupler sa population, doubler presque le nombre de ses états et l'étendue de son territoire ; elle en a complété la reconnaissance géographique par les mémorables explorations faites par des officiers intelligens; ellearéuni, par d'immenses et nombreux canaux, l'Atlantique à la mer du Canada et les principaux fleuves entre eux , et a sillonné en plusieurs sens par de longs chemins en fer plusieurs parties de sa vaste surface; elle s'est déjà établie sur les rives du Grand-Océan , a déjà civilisé plus d'une horde barbare, et a fait respecter son pavillon sur toutes les mers. Sans colonies lointaines, elle a donné un immense développement à son commerce et à sa marine marchande, qui ne le cède qu'à la marine anglaise, et qui est déjà supérieure à celle de toutes les autres nations du globe. Jamais de semblables merveilles n'ont été enfantées en si peu temps , même par les plus puissans monarques et après plusieurs règnes de gloire.
L'histoire de l'homme nous présente dans cet hémisphère quelques contrastes assez frappans, qui lui donnent un caractère tout particulier et qui méritent d'être signalés. Nous voyons par exemple, dit M. de Humboldt, l'usage du papier de pite ou maguey très commun chez les peuples de la race Aztèque et Toltèque dès les temps les plus reculés ; tandis que les Grecs et les Romains, à l'époque même de leur plus grande splendeur, éprouvaient des difficultés pour se procurer du papyrus. Les Tollèques , que ce voyageur célèbre appelle les Pelages du Nouveau- Monde , les yChichimèques , les Nahuatlaques y les Acolhues , les Tlascaltèques et les Aztèques firent des migrations du nord au sud du Nouveau-Continent, presque contemporaines à celles qui eurent lieu dans la partie ocdcntale de l'Ancien-Continent; mais, par une singularité bien remarquable, au lieu d'y apporter , comme celle-ci , la ruine et le carnage, au lieu d'y étouffer la civilisation , les migrations améri-
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cames y marquent leur passage par la culture , les arts et les institutions sociales , dont il reste encore des vestiges incontestables parmi les peuplades de la côte Nord-Ouest. Un autre fait non moins remarquable , c'est que le Danemark , la Suède et la Russie étaient encore plongés dans la plus profonde ignorance , lorsque les peuples du plateau d'Anabuac avaient déjà fait d'assez grands progrès dans la civilisation et jouaient un rôle si brillant parmi les nations du Nouveau- Monde. Mais malgré l'usage des peintures hiéroglyphiques répandu d'un bout à l'autre de l'Amérique, aucune nation pas même la Mexicaine, dont la peinture symbolique était plus perfectionnée et qui possédait même quelques germes des caractères phonétiques dans la représentation des noms propres, ne s'est élevée à l'invention d'un seul alphabet, ni même d'un système d'écriture semblable à celui des Chinois, tandisquenous voyons les autres parties du globe nous offrir tant d'alphabets inventés à différentes époques, avec des formes si variées et d'après des systèmes si différens. Cependant nous avons vu tout récemment les Tcherokis (Cherokees) l'aire de grands progrès dans la civilisation et créer un alphabet pour écrire leur propre languecet alphabet est en grande partie syllabique. 11 est aussi curieux de voir la culture des céréales, la vie pastorale et l'usage du lait se perdre sur l'Ancien- Continent dans la nuit des temps, tandis que les habitans de l'Amérique, avant l'arrivée des Européens, ne cultivaient d'autres graminées que le maïs ou zéa , n'élevaient aucun troupeau et ne se nourrissaient d'aucune espèce de laitage, quoique des pâturages aussi vastes qu'abondans , et deux espèces de bœufs indigènes dans l'Amérique-du-Nord, eussent pu changer les sauvages chasseurs en bergers paisibles , et remplacer par l'usage du lait une nourriture moins abondante et achetée par tant de peines et de dangers.
La propagation étonnante des chevaux et des bœufs européens , soit domestiques , soit devenus sauvages, a produit une véritable révolution dans la manière de vivre de plusieurs nations américaines. Les Guaycurus, les Chunchi, les Leuvuc fies, les Huilliches et les Pe hue riches au sud, les le tans , les Apaches , les Cumanches et les Tancards au nord , grâce au cheval qu'ils ont su dompter et dont ils possèdent de nombreux troupeaux , sont devenus de véritables Tartares. Montés sur ces animaux, ils font de fréquentes excursions à de très grandes distances, et répandent partout le pillage et la désolation. Les Abipons , les Minuanos et les Charruas dans la ci-devant vice-royauté de Buenos-Ayres, et, parmi les nations Colombiennes, lesOM*/ac/i0«te(Oolashoots), les Tchopounnich (Chopunnish), les Chochonis (Shoshonees) et les Sokulks, ensuite les Echelouts (Esheloots) , les Enechures (Eneshures) et les Tchillouckittequaus (Chilluckittequaws) possèdent aussi un grand nombre de ces utiles animaux, dont ils se servent constamment dans leurs courses et dans leurs guerres. LesPeons espagnols dans la confédération du Rio de la Plata et les Sertanejos
portugais dans les provinces brésiliennes de San- Pedro, de San-Paulo, de Pernambuco et de Rio- Grande-do-Norte se vouent entièrement à garder les plus grands troupeaux de bœufs du globe, et ont acquis par ce genre de vie toute la férocité des nomades de l'Asie. Occupés sans cesse à monter à cheval , à jeter le lacet et à rassembler les bestiaux, ces hommes féroces, mais hospitaliers, ont contracté des habitudes inconnues aux nations civilisées dont ils descendent, et croupissent dans la plus profonde ignorance. Il est juste cependant de faire observer que parmi ces patres, ceux de la Banda-Orientale, qui vivent loin des femmes, au milieu d'immenses solitudes sont les plus abrutis et les plus vicieux-, tandis que lespaisibles bergers du Tucuman qui vivent réunis en peliles peuplades, offraient avant les guerres qui désolent ces vastes plaines, les mœurs innocentes de l'antique Arcadie; de jeunes couples, dit un géographe célèbre, y improvisaient même au son d'une guitare des chants alternatifs dans le genre de ceux que Théocrite et Virgile ont tant embellis.
Nous avons signalé ailleurs les singularités les plus remarquables qu'offrent les peuples barbares ou sauvages de l'Amérique. Ici nous nous arrêterons un instant pour contempler cette foule de nations si différentes pour la langue , les mœurs , les usages et les croyances religieuses , mais presque toutes nomades et belliqueuses, qui vivent dans la Région nommée Missouri-Colombienne dansl' Atlas ethnographique du Globe; elle embrasse les vastes solitudes de la partie moyenne de PAmérique-du-Nord comprise entre le Mississipi et le Grand-Océan. Nous croyons devoir le faire , d'autant plus que , à l'exception des peuples Esquimaux et de quelques autres peuplades des deux Amériques , ce que nous en dirons peut s'appliquer jusqu'à un certain point à toutes les autres nations non civilisées du Nouveau-Monde. Semblables sous plusieurs rapports aux grandes nations nomades de l'Asie-Moyenne, ces nations eu diffèrent essentiellement par leur nombre très borné, par la vie pastorale qu'elles ne connaissent guère, et par leur état social beaucoup moins avancé. Inutilement les vastes plaines du Missouri et de ses grands affluens et le superbe bassin del'Oregon ou Colombia se parent chaque année dé pâturages abondans , de plusieurs végétaux utiles à la vie sociale , et sont parcourues par d'immenses troupeaux de bœufs musqués , de bizons et de chevaux , leurs stupides habitans végètent au milieu de ces trésors que la nature bienfaisante étale devant eux, sans songer à en tirer aucun parti. Livrés à-la-fois à tous les maux qu'entraînent la disette et l'état de guerre perpétuelle dans lequel elles vivent, ces nations abruties ajoutent à leurs souffrances celles que leur imposent des superstitions et des usages aussi absurdes que barbares. Les produits de la chasse chez toutes , ceux de la pèche dans la partie inférieure du bassin de l'Oregon ou Colombia, et ceux d'une agriculture encore très imparfaite chez quelques tribus qui chassent dans le bassin du Missouri , forment , à quelques exceptions près, la subsistance précaire de tous ces peu-
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pies. Quoique le voisinage et le commerce des Européens semblent n'avoir servi qu'à ajouter des maladies destructives et le vice de l'ivrognerie aux vices et aux souffrances auxquels elles étaient déjà livrées, il est cependant juste d'avouer que quelques-unes de ces nations offrent des commencemens d'un état social développé naturellement chez elles et supérieur à celui des peuples abrutis d'autres régions du Nouveau-Monde, lie philanthrope se réjouit même en voyant la marche lente, mais toujours progressive de la civilisation européenne , et les heureux résultats obtenus depuis le commencement du siècle actuel parmi quelques-unes des nations de ce groupe. Il ne voit peut-être pas éloigné le moment où le manque d'espace, assez vaste pour pouvoir fournir suffisamment à une subsistance précaire due à la chasse ou à la pêche , forcera ces peuples nomades à renoncer à leur vie vagabonde pour se livrer à la vie pastorale ou agricole et jouir de tous les avantages physiques et moraux qui en sont les suites.
L'anthropophagie nulle part n'était jadis plus répandue que dans le Nouveau-Monde , où elle paraît même avoir été en vigueur chez presque toutes les nations de l'Amérique-Méridionale. Les Tupinambas, les Tayabares, les Cahetès, les Pitigoares et les Tapuyas dans le Brésil , les nombreuses nations du Pérou, avant l'apparition de Manco-Capac sur le plateau deTiticaca, et les Caribes qui dominaient dans l'archipel des Antilles elle long des côtes entre l'Amazone et le golfe de Maracaybo, sont les nations principales que l'histoire signale parmi les anthropophages de cette partie du Nouveau-Monde. Maintenant l'anthropophagie règne encore parmi les Botecudos , les Purys, les Bougres, les Mundrucus et quelques autres tribus brésiliennes , parmi les Daricavanas , les Puchirinavis, les Manitivitanos, les Guaypunabis, les Guagas, les Carapuchos, les Guajaribes , dans la cidevant Amérique Espagnole du Sud, et parmi quelques tribus Caribes le long de l'Orénoque. Les Tapuyas de la ci-devant capitainerie de Porto-Seguro mangeaient même à ce qu'on assure les corps de ceux qui mouraient parmi eux, et c'étaient les devins qui étaient chargés de préparer cet horrible festin ; les Capanaguas ne dévorent les chairs rôties de leurs morts, que sous prétexte de les honorer. Nous rappellerons à ce propos que cette coutume cruelle et bizarre , que les anciens auteurs attribuent aussi aux Scythes et aux Massagètes, est inconnue aux nations abruties du bassin de l'Orénoque. « L'anthropophagie, dit M. de Humboldt, n'est parmi ces peuples que l'effet d'un système de vengeance ; ils ne mangent que des ennemis faits prisonniers dans un combat ; les exemples où, par un raffinement de cruauté, l'Indien mange ses parens les plus proches, sa femme, une maîtresse devenue infidèle , sont extrêmement rares.» Quoique les vieillards jouissent d'une grande considération parmi les tribus à demeures fixes et même chez plusieurs nomades, on assure cependant que parmi les Sioux , les Assiniboins et les peuples chasseurs du Missouri, ainsi que parmi plu-
sieurs autres nomades des deux Amériques, les malheureux qui ne peuvent plus suivre la tribu dans ses courses sont impitoyablement abandon nés par leurs enfans au milieu des bois , où ils meurent bientôt de faim , ou deviennent la proie des bêtes féroces.
D'un bout à l'autre du Nouveau-Monde , chez les peuples non civilisés, la femme, au lieu d'être la compagne de l'homme dans ses plaisirs et dans ses peines, n'est en général que son esclave et pour ainsi dire sa bête de somme. Ce sont les femmes qui supportent tous les travaux les plus pénibles qui sont chargées delà construction descabanes, delà préparation des peaux pour les habillemens et du transport des effets lorsque la tribu change de domicile. C'est seulement parmi quelques peu pies de la grande famille colombienne, tels que les Sokulks, les Chochonis (Shoshonees) , les Clatsops et les Tchinnocks, ainsi que parmi les Guaycurus da Brésil et parmi un petit nombre d'autres nations des deux Amériques que les femmes sont mieux traitées, et qu'elles jouissent même d'une considération presque égale à celle de l'homme. Les Américains .n'ont en général qu'une seule femme : on prétend même que quelques nations ont en horreur la polygamie, comme les Cocamas, les Moxos, les Chiquitos et les Panos. On a trouvé la polygynie en vogue chez quelques hordes KAvanos et de Maypures, où plusieurs frères n'ont , comme à Ceylan et au Tibet, qu'une seule femme en commun. Néanmoins on trouve également des peuples polygames dans les régions équinoxiales et dans les hyperboréennes. Toutes les nombreuses hordes répandues jadis le long des côtes du Brésil et connues sous le nom impropre de Tupi , étaient polygames à l'exception des Tupinambas de Per nambuco et de quelques autres, et punissaient l'adultère de la peine de mort;, les Machakalis l'étaient aussi , et les Araucans, dans le Chili , le sont encore. Les Chochonis (Shoshonees) et autres tribus de la nation Serpens (Snake) sont communément polygames, mais les femmes qui appartiennent au même homme ne sont pas généralement des sœurs comme chez les Minnelaries et les Mandanes. Plusieurs individus chez les Killamuks, les Clatsops, les Tchinnocks (Chinnocks), les Cahtlamahs et autres peuples Colombiens sont aussi polygames; de même on en rencontre plusieurs chez les Chipiouans, nation nombreuse et hyperboréenne qui vit à côté des Esquimaux.
division. Le Nouveau-Monde , regardé sous le rapport purement géographique, offre d'abord deux grandes divisions : le Continent et les Iles qui l'environnent. On donne le nom d5 Amérique-Continentale ou de Nouveau- Continent à la première ; on appelle Amérique-Insulaire la seconde. La nature et l'usage ont encore subdivisé l'Amérique-Continentale en Amérique du Nord , que quelques géographes ont proposé de nommer Colombie, et en Amérique du
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Sud. Parmi les innombrables lies qui appartiennent géographiquement au Nouveau-Continent et que nous avons classées dans l'article qui les regarde , il y a trois groupes qui doivent être mentionnés lorsqu'on parle des grandes divisions géographiques de l'Amérique; ces trois groupes sont : les Terres- Arctiques , ou les lies qui s'étendent au nord du Continent-Américain ; les Antilles , que l'usage appelle improprement Indes-Occidentales ; et les Terres- Antarctiques , qui n'ont pas encore d'habitans permanens. Voyez aux pages 930 à 934.
La géographie politique, devant offrir les possessions respectives des différentes nations qui se partagent entre elles le sol du Nouveau-Monde, ne peut suivre ses divisions naturelles; elle présente aujourd'hui des groupes très inégaux , qui correspondent aux limites des divers états. Afin d'éviter les répétitions, nous réservons pour les descriptions particulières des états et pour l'introduction au tableau statistique de l'Amérique , plusieurs subdivisions que nous avons cru nécessaire de proposer, afin de donner une idée précise des divisions actuelles du Nouveau - Monde comparées à celles qu'il offrait avant les mémorables évènemens qui de nos jours en ont entière-
ment changé la face. Considérée sous le rapport politique, et sans tenir compte des troubles qui agitent encore les nouveaux états , cette partie du monde offre deux divisions principales, savoir :
L'Amérique-Indépendante, qui comprend la Confédération Anglo-Américaine, nommée aussi V Union ou les Etats-Unis proprement dits , la Confédération Mexicaine ou les Etats-Unis du Mexique , la Confédération de V Amérique-Centrale ou les Etats-Unis de V Amérique- Centrale , et la Confédération du Rio de la Plata ou les Etats-Unis du Rio de la Plata; les républiques de la Nouvelle- Grenade , de Y Equateur et de Venezuela , qui formaient naguère celle de Colombie; les républiques du Pérou, de Bolivia , du Chili, de Haïti; la république Orientale de VUraguay ou Y Etal Oriental de VUraguay; le dictatorat du Paraguay, Y empire du Brésil et Y Amérique-Indigène-Indépendante.
L'Amérique-Coloniale , subdivisée en Amérique-Anglaise , Amérique-Espagnole, Amérique-Française , Amérique - Hollandaise , Amérique - Danoise , Amérique- Russe et Amérique- Suédoise.
ou L'UNIOW. (États-Unis , etc.)
POSITION ASTRONOMIQUE. Longitude
occidentale, entre 70° et 127°. Latitude boréale, entre 25° et 52°.
confins. Au nord, l'Amérique-Anglaise. A Yest , le Nouveau-Brunswick dans l'Amérique - Anglaise , l'Océan- Atlantique et le canal de Bahama. Au sud , le détroit ou canal de la Floride , le golfe du Mexique et la confédération Mexicaine. A Y ouest, la confédération Mexicaine et le Grand-Océan.
pays. Cette puissante confédération se compose actuellement : 1° Des 13 provinces, nommées avant la guerre de l'indépendance les Colonies Anglaises de l'Amérique-du-Nord ; la partie orientale de leur territoire , à quelques exceptions près, forme les 13 états dont l'in-
dépendance a été reconnue par le traité de paix entre la France et l'Angleterre en 1783. 2" D'une portion du Canada , qui a été cédée à la même époque. 3° De la Louisiane et dépendances, vendues par la France en 1803. 4° De quelques parties du territoire ci -devant dépendant du Mexique et cédées il y a quelques années par les Espagnols. 5" Des Florides cédées plus tard par l'Espagne.
lacs. A l'exception du lac Michigan , qui appartient entièrement aux Etats- Unis , la Confédération partage avec l'Amérique-Anglaise les quatre autres grands lacs nommés Supérieur, Huron , Erie et Ontario. Les autres lacs principaux à l'est des montagnes Missouri-Colombiennes ( Rocky - Mountains ) sont : le
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Champlain ; le lac des Bois et de la Pluie ou lac Long , vers les sources du Mississipi; les lacs Oneïda, Cayuga, Seneca et George, dans le New-York ; le lac Wirmipiseogee , dans le New- Hampshire , remarquable par son immense profondeur. Les principaux lacs à l'ouest des montagnes Missouri-Colombiennes sont beaucoup plus grands; nous nommerons le lac Otchenankane , le Cutsamin ou Earbobs et le Flat-Bow , dans le district de l'Oregon. Voyez à la page 929.
îles. Les Etats-Unis en ont un grand nombre le long de leurs côtes, sur l'Atlantique et sur le golfe du Mexique ; elles forment cette immense série de lagunes qui constituent un des traits principaux de la géographie physique de cette région , et le grand delta du Mississipi. Les principales sont : Mount- Desart, dans le Maine ; Martha? s-Vineyard et Na?ituket, dans le Massachusetts; Rhode , qui donne le nom à l'état de Rhode-Island ; Long (Longue) , dans le New-York ; Smiths, dans la Virginie; Port-Royal , Hilton-Head et Sainte- Hélène, dans la Caroline-Méridionale; Ossabaco , Supelo et Cumberland , dans la Géorgie; Amelia, dans la Floride ; cette dernière est devenue célèbre dans les guerres qui de nos jours ont désolé cette partie de l'Amérique, et était le centre de la contrebande qu'on faisait lorsqu'elle dépendait de l'Espagne.
fleuves. Tous les lleuves qui arrosent le sol de l'Union se rendent à cinq mers différentes, savoir : la merd'Hudson, le golfe de Saint-Laurent, l'Atlantique, le golfe du Mexique et le Grand-Océan. Nous négligerons les courans d'eau qui appartiennent à la mer d'Hudson , parce que ce n'est qu'une fraction de la partie supérieure de leur cours qui appartient au territoire de la Confédération. Nous tracerons le cours des autres principaux fleuves d'après les mers différentes auxquelles ils aboutissent.
Le GOLFE DU SAINT-LAURENT reçoit :
Le St-Laurent , dont nous avons parlé à la page 926. Ce grand fleuve ne touche que pendant une petite partie de son cours le territoire de l'Union; mais en revanche, une très grande partie des eaux qui appartiennent à son bassin , se trouve dans ses confins. Parmi les affluens du St-Laurent et des grands lacs qui versent leurs eaux dans ce fleuve , on doit surtout nommer par leur importance : le Kaminisliquia et le
St- Lo u is , regardés comme les sources du St-Laurent : ils se rendent dans le lac Supérieur; le Me no me nie , affluent de la Baie- Verte, golfe duMichigan; le Chicago , dont le cours est très borné, mais qui est très important, étant destiné à joindre ce grand lac au bassin du Mississipi par l'Ulinois , auquel aboutira le canal projeté; le M au me e et le Cuyahoga, petits affluens du lac Erié , mais très importans, le premier étant destiné à joindre par un canal ce lac à l'Ouabache (Wabash), affluent de l'Ohio, et le second joignant déjà parle grand canal de l'Ohio ce même lac au Scioto, autre affluent de l'Ohio ; le Genesee et l'Ofw<ego, autres petits affluens du lac Ontario, mais non moins importans que les jprécédens ; ils loi nient deux communications entre ce lac et le grand canal de FErié qui joint ce lac à POcéau-Atlantique par l'Hudson , auquel il aboutit ; le Sorel, dont le cours appartient à l'Amériquc-Anglaise , mais dont la plus grande partie du bassin , formé par les lacs Champlain et George , est renfermée dans les confins de l'Union. Voyez le canal Champlain à la page 984. L'OCEAN- ATLANTIQUE reçoit :
Le St-Jean, dont la seule partie supérieure du cours appartient au Maine; tout le reste est compris dans les limites du Nouveau-Brunswick.
Le Schoodic (Ste-Croix), formé par la réunion des deux branches : la Ste-Croix proprement dite et le Schoodic. Ces deux branches ont leurs sources, la Ste-Croix., au nord, et le Schoodic , au sud , dans deux séries de lacs -, ce fleuve sépare le Nouveau-Brunswick, dans l'Amérique- Anglaise, du Maine, dans la Confédération. On l'appelle aussi Passamaquoddy, du nom de la baie où il aboutit.
Le Penobscot. C'est le plus grand fleuve du Maine; il passe à Bangor et se jette dans la baie de Penobscot; la Piscataqua, à la droite, est son principal affluent.
Le Kennebec , formé par deux branches : I'Androscoggin , qui est l'occidentale et qui sort du lac Umbagog ou Mooscetocmaguntic, et le Kennebec proprement dit, qui sort du lac Moose- Head. Au-dessous de la jonction de ce« deux branches , le Kcnnebec ressemble plus à une baie qu'à un fleuve ; il arrose la partie occidentale du Maine.
Le Piscataqua. Malgré sa petitesse , nous men tionnons ce fleuve , parce qu'il forme la limite entre le New-Hampshire et le Maine.
Le Merrkuac prend sa source dans les Montagnes-Blandies ( White-Mountains), traverse du nord au sud le New-Hampshire, entre dans le Massachusetts, où, après avoir fait un grand coude à l'est, il débouche dans l'Atlantique. Le Merrimac baigne Concord dans le New-Hampshire, Chelsmford et Newbury-Port dans le Massachusetts. Le canal de Middlesex joint ce fleuve au port de Boston.
Le Connecticut ; c'est le plus grand fleuve du New-Hampshire et du Vermont , qu'il sépare l'un de l'autre, ainsi que du Massachusetts et du Connecticut , qu'il traverse. U baigne Windsor dans le Vermont, Springfield, dans le Massachusetts,
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Hartford , dans le Connecticut ; et se jette dans le bras de mer nommé Long-Island-Sound , formé par l'île Longue (Long) et la cote du New- York et du Connecticut.
L'Hudson -, c'est le fleuve principal du New- York , donl il traverse du nord au sud la partie orientale ; il est aussi le plus grand courant du New-Jersey, dont il baigne l'extrémité nord-est. Ses affluens sont peu importans ; nous ne citerons que le Mohawak à la droite ; ce dernier passe par Rome , Utica et Schenectady. Mais ce qui rend ce fleuve bien remarquable, ce sont les travaux hydrauliques faits il y a quelques années : le grand canal d'E rie joint l'Hudson au lac Erié , et le canal de Sandy-Hill le met en communication avec le lac Champlain. Ce fleuve baigne les-villes de Sandy-Hill, Troy, Albany, Hudson et New- York; c'est un peu au-dessous de cette grande ville qu'il entre dans l'Atlantique.
Le Delaware est formé par la réunion des deux branchesqui descendent.du Catsberg dans le NeAV- York, il sépare cet état de la Pennsylvanie et celleci de la Virginie -, il baigne ensuite la partie orientale de l'état auquel il donne son nom. Ce beau lleuve baigne Wilford, Easton, Trenton , Philadelphie etChesterdansla Pennsylvanie, et New- < astledansle Delaware, après quoi il entre dans la magnifique baie à laquelle il donne le nom. Ses principaux affluens à droite sont : \eLehig, qui baigne Northampton et Easton ; cet affluent est- remarquable par les travaux hydrauliques auxquels il a servi de base; le Schuylkill , qui passe par Reading où commence le grand ( anal Union, par Noristown et par Philadelphie .au-dessous de laquelle ville il entre dans le Delaware.
L'Elk , petit fleuve du Maryland , dont il baigne la partie orientale , mais dont le cours est très important, servant de base au beau canal qu'on a ouvert pour former la jonction de la baie Chesapeake où il se jette, avec la baie Delaware. L'Elk passe par Elkston.
Le Susquehanna, formé par la réunion de deux branches : le Susquehanna -Oriental, qui naitdans le New-York , reçoit le Tioga à la droite, et le Lack a wa nna (Lackawannock) à la gauche; .ce dernier, très important par les Tiines.de houille qu'on exploite dans son bassin , baigne Towanda , Wilkesbarre etDanville dans la Pennsylvanie ; et IcSusqueiianna-Occidental, qui naît dans les monts Allegheny, dans la Pennsylvanie, passe par Clearfield, Williamsport , et, après avoir reçu plusieurs affluens, se joint à ISorthumberland à la branche orientale. Le Susquehanna passe ensuite par Sundbury , Harrislnirg et, au-dessous de Havre -de-G race, il entre dans la baie Chesapeake. Ses principaux affluens sont la Juniata à la droite , et la Swatara à la gauche, tous deux d'un cours borné, surtout le second , mais tous deux très importans à < ause des grands travaux hydrauliques auxquels i!r. ont servi de base-, ils appartiennent au grand système hydraulique connu sous le nom collectif ne canal de Pennsylvanie.
Le Patavsco traverse la partie centrale du
Maryland et se jette dans la baie Chesapeake i
c'est sur sa gauche qu'est située la florissante ville de Baltimore.
Le Potomac nait dans les monts Allegheny. Dans toute l'étendue de son cours , ce fleuve forme la limite enlre le Maryland et la Virginie , et traverse le district fédéral de Colombie. Cumberland, dans le Maryland, Georgetown , Washington et Alexandrie, dans le district fédéral, sont les villes principales baignées par cette superbe rivière, qui se jette dans la baie Chesapeake et qui est navigable pour les plus grands vaisseaux jusqu'à Washington. On a creusé cinq petits canaux pour éviter les chutes qui entravaient la navigation au dessus de cette ville.
Le James , formé parla réunion des deux branches , le Jackson , qui traverse le comté de Bath , et le Cowpasture, qui arrose celui de Pendland, toutes deux dans la partie moyenne de la "Virginie. Après leur jonction , le James passe par Patonsburg, Richmond , et se décharge dans la baie de Chesapeake. Son embouchure entre le confluent de l'Elisabeth et le Hampton s'appelle vulgairement Hampton-Roads. Parmi ses affluens, nous nommerons le grand Calfp as ture , à la gauche; il passe par Lexington ; et Y Elisabeth, à la droite ; ce dernier est remarquable par le canal qui joint la baie Chesapeake au détroit d'Albemarle.
Le Roanoke, formé par la réunion du Staunton et du Dan, dont les sources se trouvent dans la Virginie. Plusieurs importans travaux hydrauliques ont fait disparaître les obstacles opposés par l'inégalité du sol à la navigation de ce fleuve, qui parcourt la partie nord-est de la Caroline-Septentrionale et aboutit à la belle lagune nommée Albemarle-Sound. Voyez le Roanoke- Navigation à la page 986.
Le Pamplico (Pamlico), ou la Rivière de Tar, nait dans le nord de la Caroline-Septentrionale, passe par Tarborough et se jette dans la vaste lagune connue sous le nom de Pamplico-Sound.
Le Neuse traverse la Caroline-Septentrionale du nord au sud-est , passe à quelques milles à l'est de Raleigh sa capitale , à Newbern , et entre dans le Pamplico-Sound.
Le Cape-Fear. Ce fleuve , qui arrose la partie centrale de la Caroline-Septentrionale, est foi nie par la réunion de deux branches très inégales , dont la jonction a lieu dans le voisinage de W ilmington : la Branche-Orientale ou le East-Cape- Fear, dont le cours est très borné ; et la Branche-Occidentale ou le Cape-Fear proprement dit. Cette dernière est formée elle-même par la r éunion du Haw et du Deep , qui se réunissent près de Haywoodsboro-, le Cape-Fear proprement dit baigne ensuite Fayetteville. Après la jonction «les deux branches principales, le Cape-Fear passe par Brunswick et ensuite entre dans l'Atlantique.
Le Pedie (Pedee) prend sa source dans la Caroline-Septentrionale, qu'il traverse sous le nom de Yadkin , parcourt ensuite celui de Grand-Peuie (Great-Pedee) la partie orientale de la Caroline-du-Sud , et , au-dessous de Georgetown, il entre dans l'Atlantique.
Le Santee , qu'on regarde comme le plus grand fleuve de la Caroline-Méridionale, est for-
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nié par la réunion de deux branches : la Wateree , qui dans la partie supérieure de son cours arrose la Caroline-Septentrionale où on la nomme Catawba , entre ensuite dans la Caroline-du- Sud et passe près de Cambden-, la Congaree est formée elle-même de deux branches nommées Broad et Saluda , dont la jonction a lieu un peu au-dessus de Columbia. Le Santce se partage ensuite en deux branches et par deux embouchures entre dans l'Atlantique. Un canal navigable joint le Santee au Cooper, qui débouche dans le port de Charleston.
Le Savannah , formé par deux branches : le Tcgaloo et le Kioeoee , qui descendent des monts Allegheny. Le Savannah sépare la Géorgie de la Caroline-du-Sud ; Augusta et Savannah sont les villes principales situées sur sa rive droite -, Hambourg est sur la gauche.
L'Alatamaua ; c'est le fleuve central de la Géorgie; il est formé par deux branches nommées I'Oakmllgee qui passe par Hartford , et l'O- COnee , qui baigne Milledgeville. Après leur jonclion l'A la ta ma lia passe par le fort James et Darien , et se jette ensuite dans l'Alatamaha-Sound.
Le Ste-Marie ; c'est un fleuve d'un cours très borné , mais remarquable par la grande profondeur de son lit; il passe par Ste-Marie et sépare la Géorgie de la Floride.
Le St-Jean ; il parcourt du sud au nord la plus grande partie de la péninsule de la Floride et se décharge dans l'Atlantique. Son cours offre plusieurs singularités remarquables. Dans la partie supérieure il est connu sous le nom d'OcKj awaiia; le St-Gcorge est la plus grande masse «l'eau semblable à un lac qui soit traversée par ce fleuve.
Le GOLFE DU MEXIQUE reçoit :
L'Appalacuicola ; c'est le 'plus grand fleuve de la Géorgie; il sépare cet état de celui d'Alabama et traverse la Floride. 11 est formé par la réunion de deux branches , dont la principale nommée Chatahooche , descend des monts Apalâches, et sépare dans la partie supérieure de son cours le territoire occupé par les Tclierokis (Cherokees) , de celui qui appartient à l'état de la Géorgie ; l'autre nommée Flint passe parle fort Early et parle fort Scott. Un peu au-dessous de ce dernier a lieu la jonction des deux branches, qui sous le nom d'AppAi.AcnicoLA traverse la Floride, où par plusieurs embouchures il confond ses eaux avec celles du golfe du Mexique.
Le Mobile , formé par la réunion de la Tombeckbe et de I'Alabama ; chacune de ces branches est formée à son tour par la réunion de deux autres principales. Le Tombeckbe prend ce nom après la jonction du Tuscaloosa (Blak Warrior) avec le Tombeckbe proprement dit ; il passe ensuite par Demopolis et St-Stephens. L'Alaeama est formé par la jonction de la Talapoosa avec la Coosa, nommée Etowaiï dans la partie supérieure de son cours; cette dernière passe par Etowah, capitale des Tclierokis et par Fort- Williams ; le fort Jackson se trouve au confluent île ses deux branches. L'Alabama passe ensuite parMontgomery et Cahawba, dans cette dernière ville il reçoit à la droite le Cahawba; plus
bas il baigne Claiborne. Un peu au-dessus de Florida a lieu l'union des deux grandes branches 1 Alabama et le Tombeckbe , après quoi le Mo bile se partageant en deux autres branches principales dite Mobile à l'occident et Tensaw à l'orient , ce fleuve baigne Mobile à l'ouest et Blakely à l'est, et entre dans la baie à laquelle il donne son nom. Presque tout le cours de ce grand fleuve appartient à l'état d'Alabama , la moindre partie à celui du Mississipi.
Le Pearl prend sa source dans l'état de Mississipi, dont il arrose la partie sud-ouest, et le séparant à l'extrémité de son cours de celui de Louisiane ; le Pearl passe par Jackson , capitale de l'état du Mississipi , et après un cours assez long se jette dans la lagune nommée improprement lac Borgne.
Le Mississipi ; c'est le plus grand fleuve de l'Amérique-Septentrionale et un des plus grands du monde. Les géographes ne sont pas encore d'accord sur les sources du Mississipi ; après avoir examiné ce point difficile de la géographie de l'Union,il nous semble que, d'après la belle carte que M. Tanner a publiée, on pourrait regarder les petits lacs Cassina, Petit- JVinnipeg (Little-Winnipeck) , et des Sangsues (Leech) comme les sources principales du Mississipi. Mais nous devons faire observer que ces sources sont variables; dans la saison des pluies plusieurs autres lacs , qui font communiquer le Petit-W innipeg avec le Grand-Fork, affluent de la Rivière-du-lac-dc-la-Pluie (Rainy-lake-River), débordant l'un dans l'autre, portent beaucoup plus loin les sources du Mississipi et établissent une communication temporaire entre les eaux qui se rendent dans la mer d'Hudson et celles qui par le Mississipi appartiennent au golfe du Mexique. L'exploration récente de M. Schoolcraft fixe définitivement la véritable source de ce fleuve au lac Ilasca, à iGo milles anglais plus haut que celui de Cass ou Cassina ; ce petit lac, de 7 à 8 milles d'étendue , étant de 160 pieds anglais plus élevé que celui de Cass , la source du Mississipi se trouve être à 1500 pieds au-dessus du niveau de l'Océan. Le cours du Mississipi appartient entièrement aux Etats-Unis-, sa direction principale est du nord au sud ; dans son cours immense le Mississipi passe par les forts St-Antoine et Crawford dans le district Huron ; par le fort Armstrong, dans l'état d'illinois ; parSt-Louis, dans l'état du Missouri; par Natchez et la Nouvelle-Orléans, dans l'état de Louisiane. C'est après avoir reçu le tribut des eaux que lui apporte la Rivière Rouge , que le Mississipi se partage en deux bras principaux : l'occidental , nommé Atcuafalaya, et l'oriental qui est le Mississipi proprement dit-, ces bras se subdivisent en d'autres moins considérables et forment avec les premiers le delta de ce grand fleuve , si remarquable par le grand nombre de marais , de lacs , de lagunes et d'anses qu'offre sa partie inférieure.
Les principaux affluens du Mississipi à la droite sont: la R ivière S t-Pierre , qui traverse le district des Sioux et a son embouchure près du fort St-Antoine; la R ivière des Moines, qui arrose le même district IcMissou-
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ri, qui non-seulement est le plus grand de tous les affluens du Mississipi , mais qui dépasse même de beaucoup ce fleuve sous le rapport de la longueur du cours et sous celui du volume de ses ♦■aux. Le Missouri est formé par la réunion des trois branches dites Je ffers o n , Madiss on et Gai latin , qui descendent des montagnes Missouri-Colombiennes (Rocky-Mountains ; Montagnes-Rocheuses) ; cet immense affluent traverse le district des Mandanes , celui des Sioux et l'état auquel il donne le nom , en passant par plusieurs villages des Mandanes, des Sioux et autres peuples indigènes indépendans, par le fort Calhoun, et ensuite par les petites villes de Jefferson et St- Charles dans l'état du Missouri . où au-dessus de St-Louis il réunit ses eaux à celles du Mississipi. Ses principaux affluens sont : la Pierre-Jaune (Yellow-Stone) , grossie à la droite parla Rivière du Grand-Pic (Grosse-Corne) ; le Petit-Missouri; la Rapide (Rivière-qui-court); laPlatt e , formée par les deux branches Septentrionale et Méridionale (Paduca) ; IaKonzas, formée par plusieurs branches -, tous ces affluens sont à la droite ; les plus remarquables du côlé gauche , tous incomparablement plus petits que ceux de la droite, sont: laRivière Jacques (Des Yanktons), la Rivière des Sioux, la Grande-Rivière et la Rivière Charaton.
Le Mississipi reçoit ensuite : le S t- Franco is (St-F rancis), la Rivière Blanche (White River) et YJrkans as ; le cours de ce dernier est très long et le volume de ses eaux très grand ; l'Arkansas descend des pics neigeux des montagnes Missouri-Colombiennes , traverse le district des Osages et le territoire auquel il donne son nom, sépare, dans la partie supérieure de son cours, la confédération Anglo-Américaine de la confédération Mexicaine, et après avoir passé par Arkopolis et par Arkansas, il entre dans le Mississipi; ses principaux affluens sont à la droite : le Canadien, formé par la réunion de trois grandes branches; et à la gauche la Negraka ou Grande-Rivière, Ylllinois et le Bras-Occidental de la Rivière Blanche que nous venons de nommer. Enfin le Mississipi reçoit la Rivière Rouge (Red River), qui vient des frontières de la confédération Mexicaine , sépare cet état de la confédération Anglo-Américaine et , après avoir traversé l'état de Louisiane et baigné Natchitoches, il entre au-dessous de Natchez dans le Mississipi ; la Washita, qui sort des monts Massern dans le territoire de l'Arkansas , est son plus grand affluent.
Les principaux affluens à la gauche du Mississipi sont :1e Wis c ons in ,qui traverse le district Huron ; Ylllinois, dont les sources sont au sud-ouest du lac Michigan ; il traverse l'état auquel il donne son nom ; le Sangamo, à la gauche, est son principal affluent; le Kaskaskia, que nous nommons parce qu'il passe par Vandalia, capitale de l'état d'Illinois; YOhio, qui est le plus grand de tous les affluens à la gauche du Mississipi. Cette belle rivière à laquelle aboutissent plusieurs grands canaux et le grand chemin en fer qui part de Baltimore, est formée parla réunion dcl 'Al leghenr avec la Me non g
lie la, qui a lieu à Pittsbourg en Pennsylvanie; l'Ohio passe ensuite par Marietta, Portsmouthet Cincinnati dans l'état auquel il donne son nom; par Vevay, dans l'Indiana; par Louisville dans le Kentucky, et se rend ensuite dans le Mississipi. Ses principaux affluens à la droite sont : le Muskingum, qui passe par Zanesville et Marietta ; le Scioto, qui passe par Columbus, Chillicolhe et Portsmouth , et auquel aboutit le grand canal de l'Ohio ; le Miami, qui baigne Dayton; tous ces affluens traversent l'état de l'Ohio; YOuabach (Wabash), qui passe par Yincenncs, et qui est grossi par la Rivière-Blanche (White River), qui baigne Indianopolis , capitale de l'état d'Indiana, arrosé par cette rivière. Les principaux affluens à la gauche de l'Ohio sont : le Grand- enhawa, dans la Virginie; le Kentucky, qui donne son nom à l'état qu'il traverse et où il passe par Frankfort; la Rivière-Verte (Green-River), qui passe par Greensbury; le Cumberland, qui arrose les états de Kentucky et de Tennessee , en passant par Nashville dans le second ; le Tennessee, qui traverse l'état de ce nom et l'extrémité septentrionale de celui d'Alabama et l'extrémité occidentale de celui de Kentucky; cette rivière baigne Knoxville dans le Tennessee, et Florence dans l'Àlabama.
Le Sabine , dont le cours est très petit en comparaison du Mississipi ; mais il trace la limite entre les Etats-Unis et la confédération Mexicaine, circonstance qui lui donne une grande importance géographique.
Le GRAND-OCEAN reçoit les fleuves suivans; ils arrosent l'immense district de l'Oregon. Les plus remarquables sont :
Le Colombia ou Oregon , qui naît dans les montagnes Missouri-Colombiennes (Rocky-Mountains). D'après la belle carte de M. Tanner, ce grand fleuve est formé par la réunion de deux branches nommées Flat-Head ou Clark et Flat- Bow ou Septentrionale. Elles ont un cours opposé et très tortueux. Après leur réunion le Colombia fait un grand coude et court presque du nord au sudjusqu'à l'endroit où le Lewis le rejoint; là il forme un autre grand coude en prenant sa direction vers l'occident, direction qu'il continue jusqu'à son embouchure dans l'Océan , qui a lieu dans les environs d'Astoria. Ses plus grands affluens sont tous à la gauche ; ce sont : leZ e wis, qui est le plus grand de tous ; il est formé par la réunion des deux branches dites Saptine ou Lewis-Méridional, qui est de beaucoup la plus longue , etLewis-Septentrional;\e Mu Un orna h, dont le cours supérieur n'a été reconnu que depuis quelques années; il sort du grand lac Timpanogosdansla confédération Mexicaine, où il parcourt sous le nom de Timp anogos une partie du pays; il continue ensuite son cours vers le nord-ouest sous celui de Mullnomah jusqu'à ce qu'il joigne ses eaux à celles du Colombia dans le pays des Ouappatous (Wappatoos). V Otchenankane est le plus grand affluent à droite du Colombia ; il décharge les eaux du grand lac auquel il donne son nom.
Le Caledonia , dont le cours est parallèle et un peu plus long que celui dcl 'Otchenankane,
AMERIQUE
affilient du Colombia. 11 se décharge dans le uétroit nomme canal de Géorgie, formé par la côte du continent et la grande ilft de Quadraet-Vancouver.
Le Tacoutciie-Tesse, dit aussi Fraser; son cours est très borné, mais la méprise de Mackenzie, qui l'avait pris pour le vrai Colombia, lui donne une certaine importance -, il a son embouchure dans le canal de Géorgie.
CANAUX et CHEMINS EN FER. Oïl petit
dire qu'aucun pays du globe n'a encore entrepris en si peu de temps de plus grands travaux en ce genre que les Etats- Unis. Leurs canaux et leurs chemins en fer surpassent pour la longueur toutes les constructions semblables que l'on a exécutées ailleurs, à l'exception du canal Impérial de la Chine; et le court espace de temps qu'on a mis à leur exécution est sans exemple dans les annales des nations. Il faudrait faire un traité spécial si l'on voulait seulement indiquer tous les canaux entièrement achevés , ceux qui sont déjà commencés et le grand nombre de ceux qui ne sont encore que projetés. Le système hydraulique de PHudson et du lac Erié avec ses branches offre dans le seul état de New-York une ligne de 566 milles de canaux entièrement achevés. Le système de canalisation de l'état de Pennsylvanie, conçu sur une échelle encore plus vaste, présente une ligne de 1256 milles de long, en y comprenant une centaine de milles de chemin à rainures. M. Mitcliell, dans son intéressant ouvrage sur les canaux et les chemins de fer, publié en 1835 , estime à 2618 milles anglais, la ligne des canaux navigables déjà achevés et livrés à la navigation au commencement de cette année ; à la même époque, il y avait selon ce savant 948 l;2 milles de chemins de fer déjà achevés, et 752 1/2 devaient l'être dans l'année ; 752 1/2 autres milles l'auraient été dans un temps plus long. Cette création admirable de la civilisation de nos jours qui fait , pour ainsi dire, disparaître la distance sous la rapidité de la marche , aura une influence sur la future prospérité des Etats-Unis, encore plus grande que celle que celte puissante fédération doit au système de canalisation. Les chemins en fer sont d'une si haute importance sous le rapport politique et commercial pour tous les pays qui les construisent sur une grande échelle, que tout géographe , quelque borné que soit son cadre , ne saurait les passer sous silence
sans laisser une grande lacune dans la description des pays, qu'il entreprend de décrire. Ces considérations nous ont engagé de sortir de la routine suivie par tous nos prédécesseurs, et, malgré les bornes étroites de cet ouvrage, nous avons essayé de tracer dans le tableau suivant les principaux canaux et les principales routes à rainures qui sillonnent dans tous les sens le vaste territoire de l'Union. Nous en avons même admis plusieurs qui ne sont pas encore achevés, parce que la rapidité avec laquelle on travaille à leur construction nous garantissait leur prochaine existence. Pour éviter les répétitions inutiles nous prévenons le lecteur que leur longueur et la hauteur de leurs points culminans au-dessus du niveau de POcéan-Atlantique, sont exprimées en milles et en pieds anglais.
Le système de canalisation des Etats-Unis a pris son origine dans les états de Massachusetts, de New-Hampshire et de Connecticut. 11 a débuté par le canal dé Middlesex dans le Massachusetts; sa longueur est de 27 milles; il joint le port de Boston au Merrimac , non loin du florissant village de Lowcl. Son point culminant est élevé de 104 pieds.
Le canal de Blackstone dans le Massachusetts et le Rhode-Island ; il est long de 45 milles, et il met en communication les deux villes de Worcester et de Providence.
Le canal de New-Haven , partie principale de la grande voie hydraulique destinée à réunir le Long-lsland-sound avec le lac Memphremagog dans le Yermont et le Bas-Canada ; la partie depuis New-Haven , où commence le canal principal , qui est déjà très avancé , jusqu'aux chutes de la Rivière-Blanche (White-Rivcr) a 205 milles de long ; son point culminant est à 499 pieds audessus du niveau de l'Atlantique. Le canal de Far min g ton , qui va de Northampton dans le Massachusetts à New-Haven dans le Connecticut, en fait partie.
Le canal de Morris forme une des communications entre THudson et le Delaware; il commence à Phillisburgh vis-à-vis d'Easton sur le Delaware , et en passant par Newark, il aboutit à Jersey-city vis-à-vis de New-York. Sa longueurest de 100 milles; son point culminant est élevé de 915 pieds.
Le grand canal d'Erié dans le New-York. C'est le plus long de tous ceux de l'Union , n'ayant pas moins de 362 milles. Il commence à Albany, sur THudson, et va presque tout droit à l'ouest, en passant par Scheneclady , Utica, Rome, Syracuse, Lyon, Rochesteret Buffalo, où il aboutit sur le lac Erié. Ce grand canal ouvre une communication entre les grands lacs du Canada et l'Hudson. Son point culminant est à 630 pieds.
Le canal Champlain va depuis le grand canal d'Eric, qu'il quitte à 8 milles d'Albany , jusqu'à
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Wliitehall sur un affluent du lac Champlain , en passant par Waterford, Sandy-Hill et Fort-Ann. Sa longueur est de 63 milles et demi , et son point culminant est élevé de 92 pieds et demi. Ce canal par le moyen du Sorel qui débouche dans le St-Laurent, établit la communication la plus courte entre New-York et Québec, par conséquent entre le lac Erié, l'Hudson et le St-Laurent.
Le canal Hudson-et-Delaware, qui joint l'Hudson au Delaware en passant par Kingston, Mombacus, etc. ; il aboutit à Carpenter's-point sur le Delaware. Sa longueur totale est de 65 milles et demi et son point culminant à 535 pieds.
Le canal Lackawaxen n'est que le prolongement du précédent ; il part de Carpenter's-point et aboutit à Honesdale , où commence un chemin en 1er de 16 milles de long qui mène à Carbondale dans la Pennsylvanie. Sa longueur de Carpenter's-point à Honesdale est de 53 milles; son point culminant est élevé de 816 pieds. .
Le canal d'Osweco dans le New-York , long de 38 milles -, il commence à Salina et aboutit à Oswego sur le lac Ontario, en ouvrant une communication entre le grand canal d'Erié et le lac Ontario. Ce canal est de la plus haute importance, puisque la navigation entre ce dernier lac et le lac Erié est interrompue par la célèbre cataracte de Niagara. Voyez l'article canaux de l'Amérique Anglaise.
Le canal de Seneca dans le New-York , de 20 milles de long; il met en communication les deux lacs Seneca et Cayuga avec le grand canal d'Erié.
Sousla dénomination collective de canal dePennsylvanie , les ingénieurs de la Pennsylvanie comprennent une immense ligne de 676 milles de travaux hydrauliques; elle commence à Middletown, sur le Susquehanna , continue le long de son affluent Juniata , se prolonge jusqu'au pied des monts Allegheny , franchit cette chaîne et va joindre les branches dont la réunion forme l'Ohio. Une grande partie de cette ligne est exécutée. Voici ses branches principales :
Trav erse -Division (Section-Transversale); ce canal commence à Colombia sur la Susquehanna et aboutit à Pittsburg , longeant en partie la Juniata et en passant par Millerstown , Mexico, Lewistown , Hutingdon et Johnstown. Sa longueur est de 322 milles ; le point culminant du canal à Frankistown est à 910 pieds; le point culminant du chemin en fer qui fait partie de cette ligne est à 1381 pieds ; la hauteur totale est par conséquent de 2291 pieds.
Sus quehanna ou Middle-Division (Section-Moyenne); ce canal commence à Duncan's-Island et en passant par Liverpool , Northumberland , Danville, Bloomsbury , Towanda , aboutit à ïioga. Sa longueur est de 204 milles; le point culminant est à 423 pieds.
We s t-Bra ne h -Division (Section de la Branche-Occidentale) ; ce canal commence à Northumberland sur le Susquehanna -Occidental , passe par Milton , Pennsboro , Williamsport , et aboutit à Dunstown. Sa longueur est de 70 milles ; le point culminant est à 109 pieds.
Delaware ou Eas lern-Division
Section-Orientale); cette partie commence a Bristol sur le Delaware, passe par Yardleyville, New-Hope , Monroe et aboutit aux ouvrages hydrauliques d'Easton construits par la compagnie de la Lehigh. Sa longueur est de 60 milles; le point culminant est élevé de 170 pieds.
Pittsburg- et- Erié ou Western- Division (Section-Occidentale); elle commence à Pittsburg sur l'Ohio et aboutit à Erié sur le lac de ce nom. Sa longueur est de 168 milles.
Le Schuylkill-Navigation (canal de Schuylkill) va de Philadelphie à Port-Carbon en passant par Norristown , Reading, Hambourg, Pottsville. Sa longueur est de 112 milles et son point culminant est élevé de 620 pieds.
L'Union-Canal (canal de l'Union) commence au Schuylkill, à 3 milles au-dessous de Reading et aboutità Middletown sur le Susquehanna, en passant par Bernville, Lebanon et Hummelstown. Sa longueur est de 80 milles et son point culminant est élevé de 311 pieds.
Le Leiiigh-Navigation (canal de Lehigh) commence à Easton à l'embouchure du Lehigh et finit à Mauch-Chunk, où commence le chemin en fer qui mène aux mines de houille ; il passe par Bethlehem, Allentown et Lehightown. Sa longueur d'Easton à Mauch-Chunk est de 47 millesson point culminant est à 364 pieds.
Le Ciiesapeake-et-Ohio-Canal (canal delaChesapeake et de l'Ohio) part de Georgetown sur le Potomac et aboutit à Pittsburg sur l'Ohio en passant par Harper's-Ferry , Williamsport, Cum berland , Connelsville. Sa longueur est de 340 mil les dont 189 appartiennent au Maryland et 151 à la Pennsylvanie. Le point culminant est élevé de 1898 pieds ; il ne comple pas moins de 398 écluses (locks) et il a un tunnel ou passage souterrain d« 4 milles et 80 yards de long.
Le canal Delaware-et-Chesapeake , achevé eu 1828, est un des plus importans , quoiqu'il n'ait que 14 milles de long. Il a 8 pieds de profondeur, Go de largeur à la superficie des eaux et 36 au fond 11 est navigable pour des vaisseaux de 300 tonneaux. Ce beau canal a coûté plus de 2 millions de dollars, et forme la communication entre la baie Chesapeake et la baie Delaware. 11 commence à Delaware-city, sur le Delaware , jolie ville bâtie en 1827 à 4 milles environ au-dessous de Newcaslle, et aboutit sur le Susquehanna en suivant une partie du cours de l'Elfe.
Le canal Chesapeake-Alcemarle, dit aussi Dismal-Swamp-Canal -, il joint le James aux lagunes d'Albemarle-, une partie appartient à la Virginie et l'autre à la Caroline-du-Nord ; il commence à Deep-crcek , petite ville florissante qui lui doit son existence , traverse le marais Dismal et aboutit au Joyce's-creek, branche du Pasquotank qui appartient au Dismal-sound. Sa longueur est de 23 milles; son point culminant est élevé de I6 piedset demi. 11 est navigable pour des bàtimens côtiers.
Le canal de Baltimore part de cette ville . et aboutit à Colombia sur le Susquehanna ; il a 60 milles de longueur.
Le canal de la rivière James , divisé en deux sections ; l'inférieure , qui commence à Richmoud dans la Virginie, se termine au-dessus de Vea-
AMERIQUE
ture-Falls, et a 26 milles de long; la supérieure u'en a que C.
Le Roanoke-Navi cation (canal du Roanoke). Il n'est navigable que pour de gros bateaux. 11 commence à Welden situé au pied des chutes du Roanoke et finit à Salem sur ce même fleuve en passant par Whilby, Abbeyville et Mouroe. Sa longueur est de 244 milles.
Le Jonction-Canal joint le Staunton ou Roanoke avec l'Appomattox. Sa longueur est de 44 milles, dont deux et trois quarts de portage.
Le canal d'Eutaw dit aussi Santee - Canal , joint le Santee avec le port de Charleston dans la Caroline-du-Sud. 11 part d'Kutaw , sur le Santee , «•t forme la jonction de ce fleuve avec Je Cooper , qui se décharge dans le port de Charleston. Sa longueur est de 21 milles.
Le grand canal de l'Ohio ; il traverse du nord au sud l'état de ce nom. Il commence à Cleveland à l'embouchure du Cavahoga dans le lac Erié , et aboutit à Portsmouth au confluent du Scioto avec l'Ohio , en passant par Chillicothe , Circleville, Hebron, Salem, New-Philadelphia et Bolivar. Ce grand ouvrage ouvre une communication entre le grand lac du Canada et le Mississipi , et complète l'immense ligne de navigation qui, par les canaux de Welland dans le Canada et d'Eriédans le New-York , permet à un vaisseau, qui partirait de Québec sur le St-Laurent, d'aller à la Nouvelle-Orléans ou à New- York et viceversà, sans jamais quitter le continent. Sa longueur est de 307 milles-, son point culminant est élevé de 499 pieds au-dessus de l'Ohio à Portsmouth, 305 au-dessus du lac Erié et 973 au-dessus de l'Océan-Allanlique.
Le canal du Miami dans l'état d'Ohio , qui est aussi un des plus grands. 11 ouvre une nouvelle communication entre l'Ohio et le lac Erié , par le moyen du Maumee affluent de ce lac et le Miami affluent de l'Ohio ; la partie qui joint Cincinnati sur l'Ohio à Dayton sur le Miami a une longueur de 68 milles, et son point culminant à Dayton est élevé de 175 pieds au-dessus de l'Ohio à Cincinnati.
Le canal OuADAscn-ET-ERiÉ , dans l'état d'Indiana. 11 joint le Ouabasch (Wabash) affluent de l'Ohio au Maumee, affluent du lac Erié, et par conséquent le bassin du St-Laurent à celui du Mississipi. Il commence à Lafayettc sur le Ouabasch et finit à Wayne sur le Maumee ; il a 105 milles anglais de long.
Sous le rapport de la longueur des chemins de fer, les Etats-Unis dépassent tous les autres États du monde; car selon le beau travail publié par Mi Tanner, le territoire de l'Union , en 1840 , offrait une ligne de chemins de fer, dont la longueur était de 4623 milles, bien qu'une grande parlie de cet immense parcours fût loin d'être livrée à la circulation. Le célèbre ingénieur , Stevenson , estimait le parcours des 57 chemins, entièrement achevés en 1837 , à 1390 milles ; et un autre ingénieur non moins célèbre , le major Poussin , évalue pour la fin de 1841 à 2843 milles , tous les chemins déjà livrés à la circulation; et à 6336 milles, le parcours total de ceux achevés, en construction et projetés à celle époque.
Les chemins de fer américains, dit le major Poussin, sontdivisés en quatre grandes classifications: La première est celle qui à l'aide de diverses lignes, enveloppe tout le littoral de l'Allantique, et réunit dans un même parcours les principales villes de commerce, depuis le Maine jusqu'à la Floride , en passant par Porlland, Portsmouth, Boston, Providence , New-York, Philadelphie , Baltimore, Norfolk, Frédéricksburg, Wilmington, Charleston Augusla et Pensacola. Cette ligne a un développement total de 864 milles.
La deuxième comprend tous les chemins de fer construits dans le but de réunir les bords de l'Atlantique avec les contrées Transalleghaniennes. Ainsi de Boston , de New-York , de Pfiiladelphie, de Baltimore, de Richmond, de Charleston, de Savannah, de Pensacola et de la Nouvelle-Orléans, de nouvelles lignes de chemins de fer se dirigent vers l'intérieur, unissentles bords de l'Atlantique à la grande vallée de l'Ohio et du Mississipi , pénètrent même jusqu'aux rives du Missouri, et se rattachent à une troisième classification de chemins de fer en cours d'exécution dans l'intérieur du pays, vers les régions du nordouest, reliant Indianopolis à Cincinnati, Milwaukee à Chicago et à Détroit.
D'autres lignes s'étendent presque sur les bords des GraDds Lacs, traversent de nombreux canaux, des rivières navigables et relient ainsi entre elles ces voies de navigation.
Enfin une quatrième classification embrasse tous les chemins de fer exécutés dans le but d'exploitations industrielles, de mines ou de houillères ; ces derniers chemins sont très nombreux.
Les réseaux immenses de chemins de fer et de canaux contribuent puissamment à développer l'industrie agricole et manufacturière de l'Union ; ils forment aussi la base principale du plan de délensedcson vaste territoire, par les facilités qu'ils offrent de concentrer sur des points donnés et dans un temps très court des forces immenses. Ils forment donc, en quelque sorte, les lignes principales d'opération , en rattachant le point où se trouvent les élémens de la défense avec les points qui peuvcntèlre attaqués. Ces remarques que nous faisons sur les chemins de fer de l'Union, peuvent en grande partie être appliquées aux réseaux dont l'Europe se couvre et que nous avons signalés.
Voici selon M. Tanner quelques-uns des principaux chemins de fer achevés ou en constructions en 1840 :
Le Western (Massachusetts), de Worcesler à West-Stockbridge ; longueur loi milles (187 kilomètres).
Le Catskill' et Canajoharie (New-York); de CaslkilT à Canajoharie ; longueur 68 milles ;126 kilomètres).
Le Auburn et Rochester (New-York), d'Juburn à Rochester i longueur 69 milles i[2 (128 kilomètres).
Le Philadelphia et Reading (Pennsylvanie), de Philadelphie à Poltsville ; longueur 83 milles (154 kilomètres).
Le Portage (Pennsylvanie), de Hollidaysburg è la base orientale des Alleghanys, à Johnstown base occidentale de ces mêmes montagnes , lon,^
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seulement de 31 milles (57 kiî.), mais un des plus remarquables du globe parla forte pente de 2402 pieds (780 mètres), dont 1883 ( 612 mèt. ) vaincus à l'aide de 10 plans inclinés; il forme avec les deux sections orientale et occidentale du grand canal quijoint Philadelphie à Pittsburgh, et le chemin de fer de Philadelphie à Colombia, long de 69 1(2 milles (128 kilom.), une seule et même voie de 343 milles (63S kil.)delong.
Le Petit-Schoyl et Susquehannah (Pennsylvanie), de Tamaquah tVilliamsport ; longueur 92 milles (170 kil.).
Le Baltimore et Omo (Maryland), de Baltimore à Harper's Ferry ; longueur 70 milles ( 130 kilomètres).
Le Wilmington et Raleigh (Virginie), de Wilmington à Weldon; longueur 140 milles (259 kilomètres).
Le South-Caroljna (Caroline Méridionale), de Charleston à Hambourg-, longueur 118 milles (219 kil.).
Le Georgia (Géorgie), d'Jugusla à KalbCounf-Xi longueur 143 milles (265 kilomètres).
Le Western et Atlantic (Géorgie) de Kalb Kounty au Tennessee ; longueur 113 milles (209 kil.).
Le Central (Géorgie), de Savannah à Maçon; longueur 168 milles (311 kil.).
L'Alabama-Florida-et-Georgia, de Pensacola à Montgomery; longueur 136 milles (252 kil.).
Le Lexington et Ohio ( Kentucky ), de Louisville à Lexington ; longueur 81 milles (150 kil.).
Mais la réunion de plusieurs chemins forme parfois des routes d'un immense parcours, bien qu'elles n'aient pas encore reçu de nom général, comme nous venons de le dire en parlant de l'ensemble de ce genre de viabilité. Outre les deux grandes lignes déjà mentionnées, nous ajouterons les suivantes : le chemin qui va de Boston sur l'Atlantique à Buffalo sur le lac Erié, à travers les États de Massachusett's et de New-York, en passant par Worcester, Western, Albany, Utica, Syracuse^ Rochesler et Batavia; sa longueur est de plus de 348 milles (644 kil.). Un autre chemin de ce genre joint Savannah sur l'Atlantique dans la Géorgie à Pensacola sur le golfe du Mexique dans la Floride, en passant par Talbotton et Weslpoint dans la Géorgie, et par Montgomery dans l'Alabama; son parcours est de plus de 366 milles (676 kilomètres).
« La plupart des chemins à rainures des États- Unis, dit M. List, sont construits en ornières de bois, avec des fondemens plus ou moins solides en pierre. Il est certain qu'après 7 à 10 ans de tels chemins auront besoin d'une réparation , et que, pour l'œil d'un artiste ils n'offrent pas un aspect aussi séduisant que la route entre Liverpool et Manchester ; mais, si on les examine en financier et en économiste, on trouvera qu'ils répondent mieux à leur but que les entreprises les plus magnifiques. » Et puisque ce savant distingué nous rappelle ce chemin superbe, nous dirons, avec un écrit périodique qui jouit à juste titre d'une grande célébrité, la Bibliothèque Universelle, que ce chemin , dont la construction à coûté plus de 800,000 livres sterling ou 20 millions de
francs, se compose de deux routes, dont l'une sert pour les voitures allant de Liverpool à Manchester , et l'autre pour celles qui se dirigent en sens inverse. Les voitures sont tirées par des machines à vapeur mobiles, dites Locomotives , dont la vitesse est d'environ 20 milles par heure.
L'influence que l'introduction de ces routes ne peut manquer d'avoir est immense, dans un pays où, les distances étant considérables , la célérité des communications entre les différentes villes devient plus indispensable encore qu'elle ne l'est en France, en Angleterre, en Allemagne et en Italie, où la population est très concentrée.
Nous ajouterons avec M. List, que pour ainsi dire chaque province des différens états voit se former une foule de petites entreprises pour des chemins à ornières de 5 à 25 milles de longueur. Dans un seul comté de Pennsylvanie , celui de Schuylkill, il y a jusqu'à six routes pour amener les produits des mines de charbon au canal de Schuylkill. On a projeté une foule de grandes routes, entre autres un chemin à rainures entre New- York et le lac Erié, qui conduira à travers le territoire de Michigan, aux riches mines de plomb sur les rives du Mississipi et de l'Ouisconsin; la distance est de 600 milles. 11 a même été question d'ouvrir un chemin qui conduirait de l'état du Maine . tout le long des provinces de l'est par Boston, New-York, Philadelphie, Baltimore, Richmond, Raleigh, Hambourg, à travers la Géorgie et l'Alabama jusqu'à la Nouvelle-Orléans. Un habile ingénieur, M. le major Poussin , qui à notre prière a bien voulu en faire le calcul , dit que 4 jours et 15 heures suffiraient pour le voyage de Boston à la capitale de la Louisiane, voyage qui demande aujourd'hui 16 jours, malgré la célérité des communications qui a lieu dans les Etats-Unis.
ethnographie. Sous le rapport ethnographique les habitans des Etats-Unis doivent être rangés dans les trois classes suivantes :
Les EUBOPÉEISSET LEURS DESCENDAIS.
A cette classe , qui est de beaucoup la plus nombreuse , puisqu'elle forme environ les huit dixièmes de la population totale, appartiennent les quatre souches ou familles Germanique, Celtique, Gréco- Latine et Sémitique. La Souche Germanique, comprend les descendans des Anglais de toutes les parties de l'archipel' Britannique , qui forment à eux seuls près des six huitièmes de toute la population européenne de l'Union ; ils occupent presque exclusivement les six états de la Nouvelle-Angleterre; ils sont très nombreux dans les états du centre , et ils forment une partie considérable de la population des étals Méridionaux et des clats de l'Ouest. Les Allemands , très nombreux dans la Pennsylvanie; ils for-
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ment une assez grande partie de la population dans les états de New-York , de New-Jersey , de l'Ohio et d'autres états dans l'Ouest. Les Hollandais , établis surtout dans le New-York, et en moindre nombre dans la Pennsylvanie et le New- Jersey. Les Suédois et les Suisses, qui se trouvent en très petit nombre ; les premiers dans le New-Jersey, la Pennsylvanie et le Maryland; les seconds dans PIndiana, où ils forment un établissement séparé , et mêlés aux autres Allemands dans les états où ceux-ci sont établis. La Souche Celtique comprend les Irlandais, les Gallois , les Ecossais et leurs descendans ; les premiers sont surtout nombreux dans les états du Centre et dans ceux de Pennsylvanie , New- York, New-Jersey etKentucky. La Sou che Gréco-Latine à laquelle appartiennent les Français , les Italiens et les Espagnols ; ces deux derni-crs sont en très petit nombre; les premiers sont beaucoup plus nombreux ; ils forment même une partie considérable delà population, surtout dans les états de Louisiane , Illinois, Missouri et Mississipi. La Souche Sémitique comprend les Juifs d'Europe , qui se sont établis en Amérique : leur nombre est très petit ; ils vivent presque tous à New-Port, New- York, Philadelphie, Charleston et Savannah.
Les Africains et leurs descendais.
Cette nombreuse classe de la population des Etats-Unis doit être subdivisée en deux parties : les esclaves , qui en 1820 montaient à 1, 538,118 , et les gens libres, qui à la même époque, étaient au nombre de 233,657; le dernier recensement porte ces deux nombres à 2,011,320 et 339,360. Les états de Virginie, de la Caroline-du-Sud , de la Caroline-du- Nord, de la Géorgie, du Kentucky, du Tennessee, de PAlabama, du Maryland, comptaient en 1830 le plus grand nombre d'esclaves. Le Maine, le New-Hampshire, le Vermont, le Massachusetts, l'Ohio et l'Indiana n'en avaient point du tout; le Khode-Island et le Connect'icut n'en avaientque 14 le premier et 23 le second; la Pennsylvanie n'en comptait que 386 , et ceux de l'Illinois ne montaient qu'à 746. D'après une récente loi de l'état de New-York les Nègres y sont libres à 2i ans.
Les Indigènes ou Américains, que
l'on nomme improprement Indiens. Ils appartiennent à un grand nombre de souches différentes, quoique chacune se compose d'un très petit nombre d'individus.
Fuyant la civilisation, la plupart de ces sauvages ont abandonné les parties orientale et méridionale du territoire de l'Union, et se sont retirés peu-à-peu vers l'ouest dans des lieux déserts ou dans d'épaisses forêts, pour trouver une nourriture que les progrès de l'agriculture leur enlevaient de jour en jour, en faisant éloigner le gibier qui la compose en grande partie. Beaucoup de ces sauvages ont été détruits par ces brusques changemens de lieux, ou par les guerres que les diverses tribus se font continuellement entre elles. Quelques-uns de ces peuples se sont cependant adonnés à l'agriculture et ont fait des progrès dans les arts de la civilisation. Les Onéïdas el\es Tuscaroras,que nous avons vu appartenir à la grande confédération connue sous le nom des Cinq- Nations, sont devenus cultivateurs ; les Tuscaroras, qui sont très peu nombreux etviventàLewistown vers le lac Ontario, possèdent même une école dirigée par un missionnaire méthodiste. Nous renvoyons au chapitre de l'Amérique-Indépendante et au long article de l' ethnographie pour tout ce qui concerne les principaux peuples qui, quoique vivant sur un sol que les Anglo-Américains regardent comme leur territoire, n'en conservent pas moins leur entière indépendance. Mais il faut ajouter que depuis quelques années surtout le gouvernement fédéral emploie tous les moyens pour engager les peuples sauvages à se retirer tous à l'ouest, nonseulement du Mississipi , mais aussi du Missouri et de l'Arkansas. II leur achète les terres sur lesquelles ils sont campés , en leur payant de fortes sommes en marchandises ou en argent comptant, ou en leur accordant une somme annuelle aussi long-temps que chacun de ces peuples continuera à subsister comme nation.
Pendant l'année 1831 le gouvernement fédéral a acquis 384,776 acres de terre ; donti62,2i6 luiontété vendus parlesseuls Wyandots. Par un autre contrat précédent, les Winebagos toucheront annuellement pendant 30 ans , la somme de 18,000 dollars et les Poltawatamis jouiront d'une somme annuelle de 16,000 dollars tant qu'ils subsisteront en corps de nation.
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religion. II n'y a pas de religion dominante aux Etats-Unis; la liberté de conscience y existe dans toute sa plénitude ; on peut même dire que toutes les croyances religieuses de l'Europe y ont des représentais. Mais les géographes et les statisticiens ont partagé et partagent encore , d'une manière très erronée , les habitans de celte confédération , d'après les religions qu'ils professent. Les faits suivans , que nous empruntons à notre Tableau physique, Moral et Politique des cinq parties du Monde , peuvent être regardés comme aussi exacts que le sujet le comporte ; ils sont le résultat des longues recherches auxquelles nous nous sommes livré, et dans lesquelles Y American Almanac, un des meilleurs ouvrages que l'on ait encore publié dans ce genre , et le Quaterly Regisler of the American Education Society, nous ont été d'un grand secours. Ces faits offrent la distribution de la population d'après les six religions prépondérantes, et indiquent les autres sectes qui comptent le plus grand nombre de [«artisans. Les baptistes (calvinistic baptists), les épiscopaux méthodistes{mzi\\QÙ\s\. episcopal church), les presbytériens et les congrégationalistes se partagent entre eux seuls plus des 8 treizièmes de la population des Etats-Unis. Les baptistes sont prépondérans dans le Maine, dans le Rhode-lsland, dans la Virginie , les deux Carolines, la Géorgie, PAlabama, le Mississipi, le Tennessee, le Kentucky, l'Indiana, Plllinois, le Missouri, le district de Colombie et le territoire de Michigan. Les méthodistes ont la prépondérance numérique dans le Delaware, et on les trouve en très grand nombre dans tous les autres états et territoires. On doit même remarquer , que les Méthodistes ont fait plus de progrès que toute autre secte ; car il y a quarante ans ils ne formaient qu'un trente-cinquième à peine de la population totale de l'Union, tandis qu'à présent on croit qu'ils en forment le dixième. Les presbytériens sont prépondérans dans le New-York, le New-Jersey, la Pennsylvanie et l'Ohio ; ils sont en outre très nombreux dans le Delaware, le Maryland, la Virginie, les deux Carolines, le Tennessee, le Kentucky, etc. Les congre g ationalistes sont prépondérans , dans le New-Hampshire , le Vermont, le Massachusetts, le Connecticut, et sont
aussi très nombreux dans le Maine , le Rhode-lsland et la Pennsylvanie. Les autres religions qui comptent le plus de croyans sont : V église catholique qui , après les Méthodistes, est celle qui fait le plus de progrès , s'élant élevée dans moins d'un demi-siècle, d'un trentième à peine de la population totale de l'Union à en former un quatorzième. Ses membresent la prépondérance numérique dans la Louisiane et sont très nombreux dans le Maryland , la Pennsylvanie , l'Ohio, le Missouri, le Kentucky, le district de Colombie, le territoire de la Floride , etc. L'église épiscopale prolestante (protestant episcopal church); on rencontre ses disciples surtout dans le New- York, la Pennsylvanie, le Connecticut, le Maryland, la Virginie, la Caroline-Méridionale, le Massachusetts, le New-Jersey, etc. Viennent ensuite les luthériens proprement dits, répandus surtout dans tes états du Centre et dans l'Ohio; les chrétiens proprement dits fchristians); les allemands réformés (German reformed); les quakers , qui habitent surtout les états du Centre et le Rhode-lsland ; c'est dans la Pennsylvanie qu'on les trouve en plus grand nombre; les unitaires (unilarians , ou congregationalists) ; les méthodistes proprement dits ; les baptistes libres ou baptistes proprement dits (freewill baptists) ; les arminiens ( dutch - reformed ) ; les mennonites. Viennent ensuite plusieurs autres croyances , dont les partisans sont beaucoup moins nombreux s parmi lesquels nous nommerons cependant, à cause de leur célébrité, les Frères Morales, qui ont des établissemens à Belhléhem et à Na-. zareth en Pennsylvanie , et à Bethabara , Salem et autres lieux sur les alfluens du Yadkin, dans la Caroline-Méridionale.
Nous ajouterons d'après M. Constancio que, quoiqu'il n'y ait point de culte favorisé par les constitutions des états, les proteslans exercent une influence prépondérante. Dans le Massachusetts, le Connecticut, le New- York, la Pennsylvanie, etc., le dimanche est observé avec la même rigueur qu'en Angleterre et en Ecosse. A Philadelphie et dans plusieurs autres villes on tend des chaînes dans les rues pour empêcher les voitures de circuler pendant le service divin ; à New- York il a fallu un soulèvement du peuple pour s'opposer à la tentative des prè-
très qui voulaient interdire le départ des bateaux à vapeur le dimanche ; et dans quelques états on est allé jusqu'à défendre de voyager pendant les jours de fête. Cependant il y a des états où l'on commence à être plus tolérant. La plupart des indigènes indépendans vivent encore en proie aux superstitions les plus absurdes et parfois les plus cruelles. Nous en avons déjà parlé dans l'article qui les concerne, aux pages 966, 967; cependant quelques tribus ont été converties depuis quelques années.
gouvernement. Chacun des 24 états forme une république particulière et indépendante des autres pour tout ce qui regarde les affaires qui sont purement locales ; elle est administrée par un gouvernement électif et une assemblée législative composée de deux chambres , dont les membres sont choisis par le peuple. Les 24 états réunis forment la république fédérative nommée les Etats-Unis, la confédération An glo- Américaine ou simplement {'Union. L'acte fédéral arrêté à Philadelphie en 1787 fixe les rapports de ces différens états entre eux et détermine les prérogatives dont doit jouir le gouvernement général, auquel sont confiés la défense du pays, les réglemens relatifs au commerce et tous les intérêts généraux qui touchent la confédération générale. Tous les pouvoirs législatifs résident dans un congrès qui siège à Washington et se compose d'un sénat et d'une chambre de re- -présentants ; ces derniers, élus tous les deux ans par le peuple , à raison d'un pour 40,000 habitans, doivent avoir au moins 25 ans. Dans les états qui ont des esclaves , cinq individus de cette classe sont considérés comme équivalant à trois hommes libres ; c'est sur cette base qu'on rédige les tableaux de la population sur lesquels on règle la nomination des représentons. Les sénateurs sont nommés à raison de deux par législature de chaque état pour le terme de six ans; ils sont divisés en trois séries qui se renouvellent tous les deux ans : pour être sénateur il faut avoir atteintl'âgede30ans.
Le pouvoir exécutif est confié à un président et à un vice-président élus pour quatre ans et nommés par un nombre d'électeurs égala celui des sénateurs et des représentans réunis , et que chaque état envoie au congrès à cet effet. Le
président doit être citoyen-né des Etats- Unis , avoir atteint l'âge de 35 ans , et avoir résidé 14 ans dans le pays ; il est commandant en chef de l'armée , de la marine et de la milice ; il a le pouvoir , de concert avec le sénat, de conclure des traités, de nommer les ambassadeurs, les autres ministres publics, les consuls, les juges de la cour suprême et les principaux officiers du gouvernement ; son traitement est de 125,000 francs par an; celui du vice-président est de 30,000 francs.
Le sénat est présidé par le vice-président qui n'a droit de suffrage que lorsque les votes sont partagés. Le congrès s'assemble au moins une fois tous les ans, ce qui est ordinairement au premier lundi de décembre ; les membres reçoivent une indemnité du trésor, mais ils ne peuvent occuper aucun emploi du gouvernement.
Tous les bills d'impôt doivent prendre naissance dans la chambre des représentans; le sénat peut y faire les changemens qu'il juge convenables. Tout bill doit être signé du président pour avoir force de loi ; si le président n'approuve pas un bill , il doit le renvoyer avec ses objections à la chambre qui l'a proposé ; si ensuite ce bill passe dans les deux chambres à une majorité des deux tiers des membres , il a dès ce moment force de loi. Il en est de même lorsque le président ne le renvoie pas au congrès dix jours après sa présentation. Le congrès impose et fait percevoir les taxes et droits, négocie des emprunts, règle le commerce, déclare la guerre, lève et maintient des armées de terre et de mer, assemble la milice et l'emploie à faire exécuter les lois et à la défense commune, fait battre monnaie, etc. , etc. Il propose des amendemens à la constitution toutes les fois que les deux tiers des membres des deux chambres le jugent nécessaire, ou à la demande des deux tiers des législatures des divers états.
Le pouvoir judiciaire réside dans une cour suprême et dans des cour* inférieures , dont les membres sont inamovibles et reçoivent un traitement régulier; la cour suprême siège à Washington et est composée d'un juge en chef et de six juges adjoints.
Un territoire ne peut être admis dans l'Union s'il n'a 60,000 habitans. Les territoires , non encore constitués en états
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de la fédération , sont soumis à une forme de gouvernement particulière ; les habitans n'y jouissent pas des droits politiques , et l'administration en est confiée à des gouverneurs nommés par le président des Etats-Unis.
Chaque état et chaque territoire se divise en comtés, excepté l'état de Louisiane, dont les divisions prennent généralement les noms de paroisses, et l'état de la Caroline-du-Sud , qui se partage en districts. industrie. L'agriculture forme la principale occupation des habitans; elle est encouragée par la fertilité du sol et par la grande facilité avec laquelle on en acquiert la propriété. Ses progrès ont marché de pair avec ceux de la population. Le vaste territoire de l'Union produisant presque toutes les matières premières qui alimentent les manufactures, il n'a fallu aux citoyens des Etats-Unis que la paix pour développer leur industrie et leur commerce : aussi, depuis la dernière guerre avec l'Angleterre , ces deux branches ont-elles fait des progrès immenses. En 1803 , il n'existait dans toute l'Union que 4 filatures de coton; en îsn, il y avait déjà 80,000 machines à filer ; on estime actuellement leur nombre peu audessous d'un million. Depuis l'introduction des mérinos, la laine américaine s'est beaucoup améliorée : dès l'année 1815, on comptait 10 filatures de laine ; leur nombre s'est depuis augmenté, et leurs produits rivaliseront un jour avec ceux des manufactures de l'Europe, surtout lorsque la main-d'œuvre sera moins élevée. Le Rhode-Island , le Massachusetts , le Connecticut, la Pennsylvanie, le Delaware, le New-York, le New-Jersey et l'Ohio sont les états où l'industrie a fait le plus de progrès. Partout on rencontre des moulins à foulon, des machines à carder, des fourneaux, des forges, des fonderies, des moulins à poudre , des raffineries de sel et de sucre , des manufactures de tabac, de chandelles et d'huile de baleine ; des distilleries , des brasseries, des clouteries , des chapelleries , des tanneries, des verreries , des plomberies , des marbreries , des corderies , des papeteries , des fabriques de poterie et d'objets en bois, enfin plusieurs autres de différentes espèces. Les fonderies de caractères et la confection des presses, les forges et les fonderies de canons , la fabrication des machines à vapeur, la con-
struction des vaisseaux, l'exploitation des mines de fer , de plomb et de charbon , occupent depuis quelques années un grand nombre d'individus. Les tanneries et les mégisseries se perfectionnent : les premières sont même très nombreuses et très florissantes ; et l'on a vu s'élever depuis quelques années un nombre immense de vastes et beaux moulins à eau pour usines et pour moudre le blé* en Pennsylvanie, en Delaware, en Virginie, et surtout dans les environs de Baltimore dans le Maryland. La librairie a pris un essor extraordinaire , et les produits de la presse périodique se sonl accrus dans des proportions qui n'ont pas encore été atteintes dans les états les plus policés du globe. La culture du mûrier et la propagation du ver à soie commencent à faire des progrès dans plusieurs états de l'Union. Les villes qui se distinguent le plus par leur industrie , outre les grandes places de commerce de New - York , Philadelphie, Boston, Baltimore , Nouvelle - Orléans, etc. , sont : Pittsburgh, Cincinnati, Rochester , Troy, Utica, Albany , Patter son, etc., etc.
commerce. Les Etats-Unis forment la seconde puissance commerçante du.
monde , surtout pour tout ce qui regarde le commerce maritime , car leur marine marchande n'est inférieure qu'à celle de l'Angleterre. On peut même dire que , sous le rapport de la navigation intérieure, aucun état du monde n'offre des lignes navigables aussi longues et aussi faciles que celles que présente le territoire de l'Union. Depuis l'ouverture des magnifiques canaux qui mettent en communication les bassins de l'Hudson, du Delaware et du Susquehanna entre eux et avec les immenses bassins du Saint Laurent et du Mississipi , Montréal et Québec dans le Canada , et New-York , Philadelphie , Baltimore , Pittsburgh , Cincinnati, Saint-Louis et la Nouvelle- Orléans dans les Etats-Unis, communiquent ensemble sans êlre forcés de s'exposer aux dangers de la mer. Un réseau immense de chemins en fer augmente encore tant de facilités offertes au commerce intérieur par la navigation sur les canaux et sur les fleuves que sillonnent dans tous les sens de nombreux bateaux à vapeur. Les progrès du commerce américain ont été assez lents jusqu'en 1802 ; mais les négocians des Etats-Unis ont su
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habilement profiter de l'état auquel la guerre avait réduit les puissances mercantiles de l'Europe, pour étendre leurs relations dans toutes les parties du globe. Depuis cette époque jusqu'en 1812, ils sont devenus les facteurs de presque tout le monde commerçant, et le commerce américain prit tout-à-coup un essor extraordinaire. La guerre contre l'Angleterre et la concurrence avec les nations de l'Europe , qu'il eut à soutenir après 1815, diminuèrent beaucoup ses profits; mais il ne tarda pas à se relever , et il devient tous les jours plus florissant.
Les exportations consistent en produits indigènes et en produits étrangers ; ies premiers sont principalement le coton, le blé en grain et en farine , le riz, le mais, le tabac, la graine de lin, le bois de charpente, le merrain, la potasse, le poisson salé, la viande salée de cochon et de bœuf, les peaux et diverses autres productions animales ; les produits étrangers sont des denrées coloniales, comme thé, sucre, café, coton, cacao, indigo, poivre, etc. , etc. Les Etats- Unis exportent depuis quelques années des produits de leurs manufactures pour des valeurs considérables ; tels sont la poudre à tirer, des meubles, des étoffes grossières de coton , des chapeaux , des ouvrages en cuir, des livres , des armes , etc. Outre les denrées coloniales susmentionnées et parmi lesquelles le sucre et le café tiennent le premier rang, les principaux articles d'iMPORT.vno* sont :
l'eau de-vie , le sel et le vin ; viennent ensuite une foule d'objets provenant des fabriques et manufactures de l'Europe et ceux qui proviennent de l'Inde, de la Chine et des importantes pêches que les Anglo- Américains font dans l'Atlantique et dans les mers Australes. A tout cela il faut ajouter le commerce d'échange assez important fait avec les indigènes, et dont les principaux articles d'exportation sont des chemises , de gros draps , des ornemens d'argent et de cuivre, des fusils, des tomawhauks ou haches de guerre , des munitions, des pièges d'acier pour prendre les animaux à fourrure et divers objets de quincaillerie; les Anglo-Américains reçoivent en échange des peaux de bisons, d'élans, de daims et de castors, du suif et des nattes. On doit ajouter que les plus grandes affaires commerciales se font avec l'Angleterre et ses
colonies, ensuite avec la France. Viennent après celles qui se font avec la Chine, l'Ile de Cuba, la confédération Mexicaine, les Pays-Bas, les villes Hanséatiques, le Danemark et le Brésil.
Les principales villes commerçantes de l'Union sur la mer sont : New-York , Philadelphie , Boston , Baltimore , la Nouvelle-Orléans , Charleston (dans la Caroline-du-Sud) , Providence (dans le Rhode-Island) , Salem (dans le Massachusetts) , Portland ( dans le Maine) , Norfolk (dans la Virginie) , Savannah (dans la Géorgie) , Brooklyn (.dans le New-York), et Alexandrie (dans le district de Colombie). Les principales places commerçantes dans l'intérieur sont :
Albany , Troy , Ulica , Rochesler et Buffalo, dans le New-York ; Piltsburgh et Lancaster , dans la Pennsylvanie ; Richmond , dans la Virginie ; Cincinnati, dans l'Ohio ; Louisville, dans le Kentucky; Saint-Louis, dans le Missouri , etc. , etc.
division. Un des géographes les plus distingués de l'Union, M. Tanner, remarque judicieusement que cette confédération offre l'anomalie géographique d'une immense contrée sans nom propre.
En effet, on trouve des Etats-Unis en Europe dans les îles Ioniennes; des Etats-Unis dans l'Amérique-du-Nord , dans les Confédérations Mexicaine et de l'Amérique-Centrale ; des Etats-Unis dans l'Amérique-du-Sud, dans la ci-devant vice-royauté du Rio de la Plala, et l'oit vient de voir naître une nouvelle confédération composée de l'Etat de Colombie et de ceux du Haut et du Bas-Pérou. Depuis long-temps nous avions fait la même remarque; aussi depuis quelques années avons-nous proposé les noms de Confédération An g lo- Américaine et ^Anglo- Américains pour désigner le sol et les habitans de cette importante partie du Nouveau-Monde. Ces dénominations , basées principalement sur l'origine de la masse principale des habitans, ont été déjà adoptées dans plusieurs ouvrages estimables, et nous croyons pouvoir provisoirement les conserver sans inconvénient, jusqu'à ce qu'il plaise au congrès souverain d'eu donner une plus convenable. A l'exemple de M. de Humboldt et d'autres savans , nous avons employé souvent comme synonymes les noms d'Union et d'Etats-Unis , mais seulement dans des
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circonstances qui n'admettaient pas la moindre équivoque. Ainsi donc , cette confédération se trouve être désignée sous les quatre noms de Confédération Anglo-Américaine , qui nous paraît être le moins impropre, parce qu'il ne peut convenir à aucun autre état fédératif ; d'Etats-Unis de V Amérique-du-Nord ; d'Union par excellence; et d'États-Unis iUnited-States) proprement dits ; ce dernier est le nom officiel et est employé dans les transactions poliliques.
La Confédération Anglo-Américaine se compose de 24 Etats ; d'un District Fédéral, où se trouve la capitale de la Confédération ; de 3 Territoires organisés , qui dépendent du gouvernement fédéral ; et de l'immense District Occidental (Western District), qui n'est pas encore organisé, mais que M. Tanner a partagé dans les districts que nous avons indiqués, dans le tableau statistique, à la fin de ce chapitre et dans le tableau ci-dessous. Le territoire du Michigan, que quelques journaux s'étaient empressés de ranger parmi les Etats , à cause de l'augmentation de sa population , qui, en novembre 1835, dépassait 96,000 âmes , doit &re encore classé parmi les territoires , n'ayant pas encore été reconnu comme tel par le congrès.
Cependant il est probable qu'il le sera sous peu, Les petits postes qui se trouvent pour ainsi dire perdus sur l'immense District Occidental , relèvent immédiatement du ministre de la guerre , et dans certains cas des gouverneurs des états et territoires où ils sont situés. Les parties de territoire sur lesquelles demeurent les principales nations indigènes qui conservent encore leur indépendance , ont déjà été indiquées dans l'article de V ethnographie et seront le sujet de quelques observations dans le chapitre de l'Amérique-Indigène-Indépendante. Afin de mettre plus d'ordre dans cette description, et afin de combiner autant que possible les anciennes divisions avec les divisions actuelles, sans cependant néles gliger tout-à-fait les grandes divisions e géographiques , nous proposons de pareil tager de la sorte tous les états , districts P.- et territoires, dont l'ensemble forme la >: grande Confédération Anglo- Américaine.
11 ETATS , DISTRICTS et TERRITOIRES SUR
; ■ , L'ATLANTIQUE , subdivisés en :
if» Etats Septentrionaux : Maine, New-Hamr-
shire, Vermont, Massachusetts, lihode- Island et Connecticul; ils forment ce qu'on appelait la Nouvelle-Angleterre. Le Maine , le New-Hampshire et le Vermont longent la frontière de l'Amérique-Anglaise.
Etats Moyens ou du Centre : New - York , New-Jersey, Pennsylvanie, Delaware, Maryland, District Fédéral ou Colombie, Virginie; l'usage place ces trois derniers parmi les Etats Méridionaux ; le New-York touche à l'Amérique-Anglaise.
Etats Méridionaux : Caroline-du-Nord, Caroline-du-Sud, Géorgie et territoire de la Floride.
ETATS et TERRITOIRES SUR LE GOLFE DU MEXIQUE ,
La plus grande partie du territoire de la Floride (la partie occidentale de la Floride-Orientale et toute la Floride-Occidentale); Alabama et Mississipi, états formés de l'ancien territoire de la Géorgie ; Louisiane, état formé d'une partie de la Louisiane.
TERRITOIRE SUR LE GRAND-OCEAN : le district non encore organisé de l'Oregon.
ETATS , TERRITOIRES et DISTRICTS dans l'INTERIEUR,
Etats Intérieurs : Indiana et Illinois, parties du Canada; Missouri, partie de la Louisiane-, Tennessee, partie de la Caroline ; Kentucky, partie de la Virginie.
Etats, territoires et districts sur les frontières de l'Amérique-Anglaise : Ohio, partie du Canada ; Territoire Michigan avec le district Huron, parties du Canada ; district des Mandanes et district des Sioux, parties de la Louisiane.
Districts et territoires sur les frontières de la confédération Mexicaine : Territoire Arkansas , district Ozark et district des Osages, partie de la Louisiane.
VILLE CAPITALE. WASHINGTON, daHS le
district Fédéral.
topographie. Nous commencerons par les états maritimes sur l'Atlantique, qui sont la partie principale de l'Union, en suivant l'ordre tracé dans le tableau des divisions. Pour éviter les répétitions nous renvoyons aux pages 984 à 987 , pour tout ce qui concerne les canaux et les chemins en fer.
ETAT DU MAINE, divisé en 10 comtés.
Augusta, petite ville de 5300 habitans , située dans le comté de Kennebec et sur les rives du Kennebec ; depuis 1831 elle est la capitale de l'état.
Portland , dans le comté de Cumberland, naguère capitale de l'état , en est la ville principale ; elle est située sur une presqu'île de la baie Casco, qui y forme un des meilleurs ports de l'Amérique. Bien bâtie et florissante par son commerce et par sa nombreuse marine marchande, elle compte 15,000 habitans.
Les autres villes principales sont: Eastport, avec 2400 habitans, Waldeeo rougi; , avec3ioo,
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Castine. Hallowell, avec 4000 habitans, Wiscasset, Bath, avec 3800 habitans, et Kennebunk , toutes importantes par leur commerce et par le grand nombre de vaisseaux marchands qu'elles possèdent. Castine est en outre d'une grande importance par son beau port et comme position militaire, susceptible , à peu de frais, de devenir inattaquable. Nous nommerons encore : Brunswick, avec 3700 habitans, remarquable par son célèbre collège Bowdoin, ses collections scientifiques et sa belle galerie de tableaux ; Waterville, avec un collège; Bangor , avec 2900 habitans et une école de théologie; Gardiner, avec 3700 habitans et le lycée Gardiner; Thom aston , avec 4200 habitans et la prison de l'état. Ensuite Bath, avec 3800 habitans; Belfast, avec 3100; Berwick, avec 3200 ; Saco , avec 3200 et Yorck , avec 3500.
ETAT DE NEW-HAMPSHIRE , divisé en 8 comtés.
Concord, sur le Merrimnc, dans le comté de Merrimac, petite ville de 4'jooàmes, capitale de l'état.
Portsmouth , sur le Piscataqua , bien bâtie et agréablement située , avec 7900 habitans et un des plus beaux ports de l'Union, est la ville la plus importante de cet état. Elle possède une nombreuse marine marchande et fait un commerce lies étendu. Son port est bien fortifié; onyconstruit beaucoup de vaisseaux et la confédération y a un arsenal maritime. Parmi ses édifices nous citerons Yéglise épiscopale.
Les autres villes principales sont: Dover, la plus industrieuse de tout l'état ; elle compte 5400 habitans; Exeter, avec 2800 habitans, remarquable par son industrie et par son académie ou collège Phillips, qui est un drs établissemens de ce genre les plus richement dotés de toute l'Union ; Hanover, où se trouve le célèbre collège de Dartmouth; Fkanconia , avec 443 habitans , mais importante par ses riches mines de fer et remarquable par sa situation romantique. Viennent ensuite Sommerswortii , avec 3100 habitans ; G 1 i.m a nton , avec 38oo,ct Walpole , avec 2000. ETAT DE VERMONT , partagé en 13 comtés.
Montpelier , sur l'Ouion , dans le comté de Washington , petite ville de 37oo habitans, capitale de l'état.
Les autres villes principales sont: Middlebury, qui est la plus importante de tout l'état par son industrie , par son collège, par son commerce et par ses carrières de marbre , mais qui ne compte que 3500 habitans. Burlington , sur le lac Champlain , qui est la plus commerçante de l'état; elle ne compte encore que 4300 habitans , et possède le collège ou university of Vermont. Viennent ensuite: Windsor, avec 3100 habitans et Woodstock avec 3000 ; Bennington , Randolpu et Rut-