AUGMENTATION
par cent de
CONFEDERATION ANGLO-AMERICAINE
La grande différence qu'on observe entre 9,637,999 habitans, résultat du recensementde 1820, et la somme de 10,050,000, à laquelle M. Tanner fait monter pour la même année la population des Etats-Unis, vient de ce que ce géographe a compris dans son tableau les tribus indigènes indépendantes qui vivent dans les six districts entre lesquels il a subdivisé le Western-District , tribus qui ne figurent dans aucun recensement officiel. C'est aussi cette population sauvage et non recensée , que nous avons diï ajouter au résultat du recensement de 1830, qui est cause de la différence considérable qu'on observe entre les résultats de ce dernier, qui ne donne que 12,856, 171 âmes, et le total que nous offrons dans le tableau. Nous verrons plus bas, dans le Tableau statistique de l'Amérique , quelle est la population que nous assignons à cette puissante confédération pour la fin de l'année 1826, à laquelle se rapportent tous les calculs que nous avons faits sur tous les états du globe que nous avons entrepris de comparer entre eux.
C'était le seul moyen d'avoir des élémens comparables et d'éviter les erreurs et les absurdités dans lesquelles tombent tous ceux qui , étrangers à cette science , négligent cette base essentielle de la statistique.
Voici quelques faits importans que l'on peut déduire de la simple inspection de notre tableau, et que le lecteur pourra étendre à son loisir en comparant les élémens dont ils se composent avec les élémens semblables offerts par les tableaux statistiques qui terminent dans cet ouvrage la description de chaque partie du inonde. En ne tenant pas compte des six districts proposés par M. Tanner, ni du district de Colombie , à cause de son peu d'étendue, ni des trois territoires organisés , à cause de leur peu d'importance actuelle , on voit :
1° Que les états de Virginie et du Missouri sont les plus étendus de l'Union , tandis que ceux du Rhode-Island et du Delaware sont les plus petits ; que, tandis que la Virginie surpasse en étendue les royaumes réunis de Bavière, de Wurtemberg , de Hanovre et de Saxe avec les deux grands-duchés de Bade et de Hesse , sa population absolue dépasse à peine celle du grandduché de Bade. D'un autre côté, le
Rhode-Island , le plus petit des états de l'Union, est presque égal en étendue au grand-duché de Saxe-fVeimar , il dépasse, en superficie, tous les cantons de la confédératioîi Suisse , ceux des Grisons, de Berne et du Valais seuls exceptés, tandis qu'il est plus grand que les vingt-quatre petits états de la confédération Germanique, (pie les républiques des Iles Ioniennes , de Kracovie, d: Andorre et de Saint- Marin , que le duché de Lucques et la principauté de Monaco; mais sa population absolue est si peu considérable , qu'elle dépasse à peine celle du canton des Grisons, un des moins peuplés de la confédération Suisse, et est même inférieure à la population d'un grand nombre de villes européennes du troisième ordre ;
2° Les états de New-York, de Pennsylvanie et de Virginie sont les seuls de l'Union , dont le nombre d'habilans dépasse un million ; les trois plus petits sous ce rapport sont le Delaware, le Rhode-Island et le Mississipi. La population de l'état de New-York est presque égale à celle de la confédéral tion Suisse , surtout si l'on tient compte des années différentes auxquelles se rapportent les populations données dans nos tableaux; mais sa superficie est plus que triple de celle de la Suisse. Aussi tandis que cette confédération, en 1826, comptait 177 habitans par mille carré, l'état de New-York n'en comptait, même en 1830, que 52. La population absolue de la Pennsylvanie est presque égale à celle du royaume de Saxe , et celle de la Virginie approche de celle du grandduché de Toscane ; mais leurs populations relatives offrent des différences énormes ; car le royaume de Saxe compte 314 habitans par mille carré, et le grand-duché de Toscane 202 , tandis que la Pennsylvanie n'en a que 38 et la Virginie 24 seulement. Le Rhode- Island. qui est cependant l'état le plus peuplé de l'Union , n'en compte que 99 , et le Massachusetts , qui vient immédiatement après sôus ce rapport, n'en a que 93 ;
3° La confédération Anglo- Américaine, considérée dans son ensemble , est le cinquième état du monde pour l'étendue , n'étant inférieure sous ce rapport qu'à Vempire Russe, à la monarchie Anglaise (the British Empire) , à
AMERIQUE
Y empire Chinois et à celui du Brésil ; mais son peu de population absolue la place dans un rang bien inférieur , lorsqu'on la compare aux principaux états du globe sous le rapport du nombre des liabitans. Même en ne tenant pas compte de l'époque différente à laquelle se rapporte la population qu'on lui assigne dans le tableau , et de l'exagération de la population indigène indépendante que lui accorde M. Tanner, Y Union dépasse à peine la monarchie Prussienne et n'égale pas encore la population réunie des états secondaires de la confédération Germanique , non plus que celle de la partie européenne de la monarchie Espagnole; mais elle dépasse de beaucoup la population absolue de tous les états de l'Amérique , de Y Afrique et de YOcéanie , celle de tous les états de l'Europe, à l'exception des monarchies Française , Anglaise et Espagnole, et- des empires Russe et Autrichien, et celle de tous les états de l'Asie, les empires Chinois et Japonais seuls exceptés. Considérée enfin sous le rapport
de la condensation des habitans , la confédération Anglo-Américaine occupe un des derniers rangs parmi les états du globe. En effet, tandis qu'elle ne compte pas même 9 habitans par mille carré , Y empire Russe en a un peu plus de 10 , la monarchie Britannique 32 et le Royaume-Uni 257 , Y empire Chinois 42, Y empire d? Autriche 165, la monarchie Française 175 et le royaume de France 208. Que serait-ce si l'on voulait étendre cette comparaison jusqu'aux parties de ces états où la population est la plus concentrée ? Ceux qui désireraient, connaître ces différences n'ont qu'à consulter notre Tableau The World compared with the British Empire, où nous avons donné les résultats des longues veilles que nous avons consacrées à ce sujet important.
possessions et colonies. Les Etats- Unis n'ont encore fondé qu'une petite colonie en Afrique , dans le voisinage du cap Mesurado , et une autre près du cap Palmas. Voyez Y Afrique Anglo-Américaine à la page 916.
position astronomique. Longitude occidentale , entre 89° et 126°. Latitude boréale, entre 16° et 42°.
confins. Au nord, la confédération Anglo-Américaine. A Y est, la même confédération, le golfe du Mexique et la confédération de l'Amérique -Centrale. Au sud , la confédération de l'Amérique- Centrale et le Grand-Océan. A Youest, le Grand-Océan.
fleuves. Les contrées les plus peuplées de la confédération n'offrent pas de grands fleuves navigables , ce qu'elles doivent à leur position très élevée; on peut dire même qu'elles souffrent de la disette d'eau dans les parties centrales du plateau sur lequel elles sont situées. Les autres contrées sont arrosées par plusieurs grands fleuves. Nous classerons de la manière suivante les principaux courans qui traversent le sol de cette vaste région. Nous décrirons ensuite sous le titre de bassins méditerranéens les principaux courans de la confédération , qui n'aboutissent à
aucune des mers qui en baignent les côtes.
Le GOLFE DU MEXIQUE reçoit ; Le Mississipf. Une fraction seulement du bassin de ce grand fleuve appartient à la confédération Mexicaine ; c'est celle qui est arrosée par deux de ses affluens à la droite, savoir: Y Ark ans a s , qui naît au nord du Nouveau-Mexique, et le Rio-Roxo (le Red-River des Anglais et le Rio-Rouge des Français), qui prend sa source à l'est de ce territoire*; ils parcourent de vastes espaces où errent plusieurs tribus indigènes indépendantes, et séparent le territoire de la confédération Mexicaine de celui des Etats- Unis.
Le Sabine, remarquable surtout en ce qu'il sert délimite entre la province de Texas appartenant à l'état mexicain de Cohahuila-et-Texas , et l'état anglo-américain de la Louisiane. Ce fleuve forme à son embouchure une lagune, nommée Baie-Sabine.
Le Rio de los Brasos de Diosnaît dans les solitudes qui s'étendent à l'est du Nouveau-Mexique, et que plusieurs peuples nomades indépendans parcourent dans toutes les directions. Ce fleuve traverse la province de Texas et , au-dessous de Galveston , il entre dans le golfe du Mexique.
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Le Colorado de Texas descend de la Sierra de los Organos sur la frontière orientale du Nouveau-Mexique , traverse le pays parcouru par les Apaches et les Cu manches, ainsi que la partie moyenne de la province de Texas , et aboutit à la lagune de San-Bernardo.
Le Rio del Norte, autrefois nommé Rio Bravo. C'est le plus grand fleuve de la confédération Mexicaine. 11 nait dans le nœud que forme la Sierra Verde avec la Sierra de las Grullas dans le Nouveau-Mexique; il traverse dans toute sa longueur ce territoire , sépare l'état de Clnhualiua des solitudes parcourues par les féroces Apaches-Faraones et Apaches-Mescaleros , et , après avoir arrosé les états de Cohahuila-Tcxas et Tamaulipas, il entre dans le golfe du Mexique. Dans ce long cours il passe non loin de Santa-Fe, par Albuquerqueet Passo del Norte, dans le Nouveau- Mexique ; par Monclova , dans l'état de Cohahuila- Texas, et Reinosa et El-Refugio, dans celui de Tamaulipas. Ses afïluens ne sont nullement proportionnés à la masse de ses eaux et à la longueur de son cours ; les principaux à la droite sont : le Conchos , qui descend de la Sierra Madré, et qui est grossi par des courans sur un desquels se trouve l'importante ville de Chihuahua; la Sabinas, qui arrose l'état de Cohahuila. Le principal affluent à la gauche est le Puerco; il naît dans le Nouveau -Mexique et traverse la contrée habitée par plusieurs tribus d'Apaches et de Cumanches.
Le Tigre , dont le cours est très borné ; il traverse les états de Nuevo-Leon et de Tamaulipas, en passant parMonterey et Linares avant de se décharger dans le golfe du Mexique.
Le Santander, dont le cours est très borné; il naît dans les montagnes de l'état de Zacatecas , passe près de Charcas et Guadakazar, dans l'état de San-Luis-Potosi, et après avoir baigné Nuevo-Santander et Sotto-la-Marina, entre dans le golfe du Mexique.
Le Tampico ou Panuco, qui, malgré la petite étendue de son cours , est un des fleuves les plus remarquables de cette contrée. A l'époque de la conquête du Mexique par les Espagnols , ses bords séparaient les peuples civilisés de cette partie de l'Amérique des peuples barbares; plus tard d'importans travaux hydrauliques ont réuni le magnifique bassin de Mexico à celui de ce fleuve par le moyen du fameux Desague. Le Panuco prend sa source près de San-Luis-Potosi , passe par Altamira dans l'étatde Tamaulipas et, après avoir reçu les eaux du lac de Tampico, entre dans le golfe du Mexique. Son principal affluent est le Moctezuma, nommé Tula dans la partie supérieure de son cours ; il décharge par le Desague de Huehuetoca dans l'état Ile Mexico les eaux des lacs de la vallée de Mexico ou de Tenochtillan; il passe par Tula et non loin d'El-Doctor.
Le Guazacualco ou Huasacualco , dont le cours est très borné , mais qui est devenu fameux par la colonie qu'on a voulu établir sur ses bords, par le port qui se trouve à son embouchure , regardé comme un des moins mauvais du golfe du Mexique , et par le projet qu'on a eu de joindre le Passo , qui est son principal affluent à la droite,
avec le Chimalapa, petit fleuve qui se décharge dans le Grand-Océan. Le Guazacualco arrose la partie orientale de l'état de Vera-Cruz.
Le Tabasco ou Grualva, vient des montagnes des Etats-Unis de l'Amérique-Centralc , traverse les états de Chiapa et de Tabasco et, après avoir baigné Chiapa, Santiago de Tabasco et Tabasco entre dans la baie de Campêche partie du golfe du Mexique.
Le Sumasinta vient des montagnes des Etats- Unis de l'Amérique-Centrale , arrose l'état de Chiapa et , après avoir séparé l'état de Tabasco de celui de Yucatan, entre dans la lagune de Terminos, dépendance géographique du golfe du Mexique.
LcBalize, dit Main , dans la partie supérieure de son cours. Il vient des Etats-Unis de l'Amérique-Centrale , sépare l'établissement anglais du Yucatan du territoire de l'état de ce nom, et, près deBalize, entre dans la baie de Yucatan. Le GRAND -OCEAN et le GOLFE DE CALIFOR- NIE reçoivent :
Le Colombia, dont nous avons parlé à la page 983; mais ce n'est qu'une partie seulement de son bassin qui appartient à la confédération Mexicaine, celle qui est parcourue par le Timpanagos y dit Mitllno ma h , dans la partie inférieure de son cours. Ce grand affluent sort du grand lac Timpanogos ou Timpanagos, situé dans une partie de l'Amérique encore très mal connue , que les Mexicains regardent comme une dépendance delà Nouvelle-Californie.
Le Sacramkînto , dont on ne connaît pas encore la source , mais que l'on suppose venir du lac Timpanogos; ce grand fleuve parcourt un pays sauvage habité par plusieurs nomades de la Nouvelle-Californie et se jette dans le superbe port de San-Francisco, une des plus belles baies duGrand- Océan.
Le San-Felipe , dont on ne connaît pas encore les sources, mais auquel on suppose un cours assez long; il traverse la partie moyenne de la Nouvelle-Californie.
Le Colorado de Occidente ou le Fleuve Rouge Occidental. C'est le plus grand fleuve delà Confédération après le Rio del Norte. 11 prend sa source dans la Sierra Verde sous le nom de San Rafaël , continue son cours sous celui de Zuguanaras , et au-dessous du confluent avec le Yaguesila , il prend la dénomination de Colorado , sous laquelle il entre dans le golfe de Californie. Dans ce long cours il traverse des pays très peu connus et habités par des indigènes indépendans , dont les Yutas, les Chemeguabas et les Jumas paraissent être les peuples principaux. On ne connaît encore que ses alïlucns à la gauche : ce sont le Rio de St-Xa vier et le Nabajoa, qui descendent de la Sierra des Grullas ; le Yaquesila, sur les bords duquel habitent les Nabajoa et les Moquis; enlin le G il a, qui descend de la Sierra de los Mimbres, arrose pendant son cours le territoire de plusieurs tribus indigènes indépendantes , remarquables par les progrès qu'elles ont faits dans la civilisation, telles que les Casas- Grandes et les Cajuenches; le Gila reçoit à la gauche le Rio- San- Pedro aui vient de l'état
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de Sonora-et-Cinaloa , où il baigne Terrenate.
Le Rio de l'Ascension , qui traverse la Pimeira-Alta dans l'état de Sonora-et-Cinaloa et se jette dans le golfe de Californie.
Le Hiaqui , dit aussi Sonora. Il prend sa source dans les plus hautes montagnes de l'état de Cliiuuahua, traverse le Sonora, et, au-dessous de Betlen , se jette dans le golfe de Californie.
Le Rio del Fuerte , le Cinaloa et le Culiacan sont d'autres fleuves moins considérables que les précédens; après avoir arrosé la partie méridionale de l'état de Sonora-et-Cinaloa, ils se rendent dans le golfe de Californie.
Le Rio Tololotlan ou Rio-Grande, dit aussi San-Yago. C'est un des plus grands fleuves de la confédération Mexicaine. On n'est pas encore fixé sur ses sources ; en regardant le Lerma comme sa branche principale, ce fleuve naîtrait dans les environ < de Mexico, au pied du Nevado de Toluca. Après avoir traversé l'état de Mexico, il baigne- ceux de Mechoacan et de Guanaxuato, et traverse d'un bout à l'autre celui de Xalisco , ou par trois embouchures il se rend dans le Grand- Océan. Ce fleuve passe non loin de Salamanca dans l'état de Guanaxuato , par Zapotitlan et San- Blas dans l'état de Xalisco. Quoique toutes les géographies et presque toutes les cartes placent Guadalaxara sur ses rives, nous le ferons passer avec MM. Ward et Beltrami à 16 milles au nordouest de celte ville. Plusieurs accidens naturels rendent le cours de ce fleuve très remarquable. Selon M. Beltrami, c'est à environ trente milles de Guadalaxara, non loin d'un pont qui traverse le fleuve , que l'on voit le Sallo de Guanacualtan, où les eaux du Rio-Grande se précipitent d'une hauteur de 80 pieds. Immédiatement audessous de cette magnifique cataracte commence une série de grandes chutes, connues dans le pnj s sous le nom de Barrancas .- elles offrent pendant plusieurs milles une suite de vues les plus romantiques, les plus agrestes que l'on puisse contempler-, on di étend que dans quelques endroits la profondeur de l'abime est de 200 toises. Le beau lac de Chapala, dont on a exagéré l'étendue , vient mélerses eaux à celles du Rio-Grande, et ajoute par la beauté agreste de ses environs montagneux à l'intérêt qu'inspire au naturaliste le bassin de ce fleuve encore si peu connu. L'îlot de Mescala qui s'élève au-dessus de ses eaux sera à jamais mémorable dans les annales de la révolution du Mexique, par la résistance qu'il opposa aux Espagnols pendant cinq ans-, maintenant il est devenu son bagne, où les condamnés aux galères expient leur peine. Aucun des affluens du Rio-Grande n'a un cours assez étendu pour que nous ayons à en faire mention.
Le Zacatula, qui traverse la partie sud-ouest de l'état de Mexico et a son embouchure dans le Grand-Océan ; les riches mines d'argent de Tasco appartiennent à son bassin.
Le Tlascala dit aussi Naspa; il prend sa source au-dessus de TIascala, traverse la ville et le territoire de ce nom, et, après avoir arrosé du nord au sud presque tout l'état de la Puebla et baigné la ville de ce nom, il se rend dans le Grand- Océan.
Le Rio Verde prend sa source dans la partie occidentale de l'état d'Oaxaca, qu'il traverse jusqu'à son embouchure dans le Grand-Océan, eu passant par Oaxaca.
Le Chimalapa. C'est un très petit fleuve qui nait dans les montagnes de l'isthme de Tehuantepec et aboutit à la lagune de ce nom dans l'état d'Oaxaca. Nous en faisons mention parce qu'il a été question de joindre le golfe du Mexique au Grand-Océan au moyen d'un canal qui unirait ce fleuve au Passo affluent du Guazacualco. Voyez • ce dernier à la page précédente.
BASSINS MEDITERRANEENS formés par plusieurs fleuves qui se rendent dans des lacs sans issue. Les principaux fleuves connus de cette classe sont. :
Le Salado et le San-Buenaventura , dans la Nouvelle-Californie. D'après les dernières explorations de cette partie encore si peu connue de l'Amérique, ces deux fleuves paraissentdescendie delà Sierra Verde, se diriger vers le sud-ouest à travers des pays incultes et aboutir au grand lac salé dit Teguayo.
Le Guanabal , qui descend du plateau de Zacatecas et se rend au lac de Parras dans le Bolson ou désert de Mapimi.
division et topographie. L/insurrection qui éclata en 1810 dans la vaste viceroyauté du Mexique ou de la Nouvelle- Espagne, eut pour résultat de détacher entièrement de la monarchie Espagnole cette magnifique colonie. Après avoir formé l'empire éphémère du Mexique sous Iturbide, elle se constitua en république fédérative par l'acte constitutionnel émané du congrès au commencement de 1824.
Son organisation, basée sur le modèle de l'Union Anglo-Américaine, où les districts et les territoires nejouissent pas des droits politiques accordés aux états, a duré avec quelques modifications jusqu'en 1835, époque où le premier président Santa-Anna, soutenu par le clergé , l'armée et l'aristocratie, changea la fédération en une république, dont il devint le chef suprême, (Xèfe Supremo) ou le premier président.
On ne connaît pas encore les détails de cette nouvelle organisation. Comme il est probable que la division territoriale ne subira pas de grandes modifications, nous allons offrir dans le tableau ci-dessous, la division telle qu'elle était sous le gouvernement fédéral, en faisant observer que tous les Etats sont devenus des provinces ou des départemens de la nouvelle république Mexicaine , dont le titre officiel jusqu'à présent a été Etats-Unis du Mexique (EstadosUnidosMexicanos), ou Confédération Mexicaine. On doit ajouter que la partie orientale du vaste
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état de Chohahuila et Texas est en pleine insurrection et qu'il est probable qu'il finira par rester indépendant , ou par se réunir à la grande confédération Anglo-
Américaine, à laquelle appartiennent les quatre cinquièmes de ses habitans , qui comme colons, s'y sont établis dans ces dernières années.
Noms des Etats , Districts Capitales , Villes et Lieux les plus remarquables,
et Territoires.
District Fédéral Mexico; Guadalupe; Azcapulzalco; Tacuba; Miscalco;
Ixtacalco.
Etat de Mexico . Tlalpan (jadis San-Agostino de las Cuevas); Tezcuco; To-
luca; Chilpanzingo; Tula; Actopan; Tulanzingo; Mex-
titlan; Tixtlan; Acapulco; Zimapan; Pachuca; Real del
Monte; Tasco; Cuernavaca.
Etat de Queretaro Queretaro-, Cadereita; El-Doctor; Maconi; Amealco;
San-Juan-del-Rio; San- Pedro- To/i ma n; Xalpan. Etat de Guanaxuato Guanaxuato; Attende (jadis San-Miguel-el-Grande) ; Léon-,
Zelaya; Hidalgo (jadis Dolores); Salamanca; Irapuato;
El-Jaral. Les ruines des forts du Sombrero et de los Re-
medios.
État de Michoacan . Valladolid; Pascuaro; Zintzunzant (Tzintzontzan , le
Huitzitzilla des Mexicains); San-Pedro-y-San-Pablo-Tlalpuxahua; Zamora; Ario. Le volcan de Jurullo.
État de Xalisco Guadalaxara; Iecolotlan, Tepic; ' San-Blas; San-Juan
de los Lagos ou Lagos; Kokula; Totonilsco; Chapala, Mescala; Aranda; Bolafios; Barca; Sayula; Etzatlan; Aullan; Colotlan.
État de Zacatecas Zacatecas; Aguas-Calientes; Fresnillo; Sombrerete;
Jeres; Pino; Nochistlan.
Etat de Sonora-et-Cinaloa Villa del Fuerte; Culiacan; Alamos; Guaymas; Cina-
loa; Arispe; Sonora; Pilit; EI Rosario; Cosala; Hoslimuri; Sanla-Cruz-sur-Mayo.
Etat de Chihuahua C h i hua lui a-, Santa-Rosa de Cosiquiraqui.
Etat de Durango. Durango; Guarisamey et San-Dimas; Nombre-de-Dios;
Parras; San-Pedro-de-Batopilas ; San-Juan-del-Rio ; San-Jose-del-Parral; Papasquiaro; Mapimi.
Etat de Chohahuila-et-Texas . . . . Monclova-, Saltillo; Sanla-Rosa; Bexar (San-Antonio de {Le Texas annexé, en 1S46, aux Etatt-Unh). Bexar) ; San-Felippe de Auslin; Nacodoches.
Etat de Nuevo-Leon Montei ey, Linares; Pilon; Cadereita.
Etat de Tamaulipas. Aguayo; Tampico de Tamaulipas (Pueblo-Nuevo de Tam-
pico) ; Sotto- la-Marina; Nuevo-Santander; Altamira- San-Carlos; El-Refugio; Padilla.
Etat de San-Luis-Potosi Sa n - Luis-Potosi; Minerai de Catorce; C/iarcas; Ra-
mos; Guadalcazar; Falle-del-Mais; Rio-Ferde.
Etat de Vera-Cruz Vera-Cruz; Alvarado; Pueblo-Viejo de Tampico; Tampico-Alto; Panuco; Papantla; Xalapa; le volcan d'C/vzaba; Orizaba; Perote; Cordova; Acayucan; Tuxtla (Santiago de Tuxtla); Guasacualco (Huasacualco).
Etat de Puebla Puebla (Puebla de los Angeles); Cholula; Huajocingo
(Huexotzingo); Tehuacan; Atlixco; Tepeaca; Tlapa; Acatlan.
Etat d'Oaxaca Oaxaca (jadis Antequera) ; Mitla; Tepozcolula; Tehuan-
tepec; Villalla; Xamillepec; Yanguillan; Tlapa Etat de Chiapa Ciudau-Real; Ocosingo; les ruines de Tulha; Tuxtla;
Chiapa de los Jndios; San-Bartolomeo de los Reme-
dios ; San-Domingo-Comitlan ; San-Juan-Chamula ;
San-Domingo de Palenqué; les ruines de Culhuacan, Etat de Tabasco Santiago de Tabasco (jadis Villa Hermosa de Tabasco);
Nuestra-Senora de la Villoria; Usumeinla; Nacajuca;
Tcapa; Tucolalpà; Jalapa; Macuspana; Canduacan;
Jalpa.
Etat de Yucatan Me rida; Campéche; Valladolid; Bacalar (Salamanca-de-
Bacalar) ; Jcnmul; isla del Carmen; Lerma; Marna.
Territoire des Californies San-Carlos de Monterey; San-Antonio; San-Fran-
cisco; San-José; Santa-Barbara; San-Fernando; San- {L« Nouveiie- Californie annexée, en iS43, Diego; les îles Santa-Barbara, Sanla-Cruz, Sanla-Cataaux Etats -Unis d'Amérique). Una; San-Luis-Piey; Lorelo; les îles San-Jose, Santa-
Cruz, El-Carmin, etc.; Santa-Gerlrudia; les iles de los Cedros, Nalividad, etc.; San-Pedro-Martir; San-José del Cabo de todos-Sanlos.
Territoire du Nouveau-Mexique . . Santa-Fe; Taos; Albuquerque; Passo~del-Norte.
Territoire de Tlascala. Tlascala; Huamanlola.
Territoire de Colima Colima.
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Mexico , dans le district fédéral , sur l'emplacement de l'ancienne Tenochlit lan, une des villes les plus régulières et les plus belles du monde. Mexico est située près de la rive occidentale du lac de Tezcuco et au milieu d'une assez grande plaine de l'aspect le plus triste, ayant d'un côté un marais fangeux et, de l'autre un terrain aride et couvert d'algues en putréfaction. Le plan de la ville est carré et l'intérieur en est vraiment magnifique. Les rues sont spacieuses et tirées au cordeau , ornées de grands et beaux bàtimens. Les principales partent des quatre points cardinaux et viennent aboutir à la grande place ; plusieurs ont deux milles de longueur. Rien n'y borne la vue ou ne l'affecte désagréablement ; l'uniformité des façades , celle des toits en terrasses , présentent, au contraire, une perspective dont le regard se détache avec peine. Au milieu des principales rues , très solidement pavées en petites pierres rondes et polies, on a pratiqué des conduits souterrains , et de chaque côté de larges et beaux trottoirs ; la nuit elles sont éclairées par de nombreux réverbères. Les maisons sont en général d'une architecture simple, mais élégante, bâties en pierre de taille et à deux ou trois étages. On entre au rez-de-chaussée par des portes à deux battans , ornées de bronze, dont quelques-unes sont remarquables par leur grande hauteur. Ces portes conduisent à la cour environnée par les bàtimens qui offrent une galerie à chaque étage ; cette cour est remplie d'arbres et de fleurs qui sont de l'effet le plus agréable. La façade des maisons est ordinairement peinte en détrempe en blanc, en rouge ou en vert clair ce qui lui donne un aspect gai. Sur quelques-unes sont inscrits des passages de l'Ecriture ou des stances adressées au Christ et à la Vierge ; quelques autres sont entièrement couvertes de carreaux de porcelaine, qui forment des dessins élégans ou représentent des sujets de la Bible. Cette sorte de décoration, qu'on rencontre aussi à La Puebla , rappelle les palais moresques et les mosquées qui existaient en Espngne à l'époque de la conquête du Mexique. Les murs de quelques églises sont également couverts de porcelaine.
Les toits presque plats , carrelés en briques et la plupart couverts d'arbustes et de fleurs, offrent le soir une promenade
délicieuse , d'où l'on jouit d'une vue superbe et où l'on respire un air rafraîchissant. Grâces à cette espèce de décoration, la ville, vue d'une élévation voisine , parait plus "belle qu'aucune des cités d'Europe, où des toits irréguliers et des groupes de cheminées informes sont les objets les plus frappans.
La Plaza-Mayor (Grande-Place) est une des plus belles qui existent; la magnifique cathédrale, le ci-devant palais du vice-roi, l'hôtel bâti par Cortez (Casa d'Estado) et une rangée de bàtimens avec des portiques en forment le contour ; au milieu s'élève une belle statue équestre de Charles IV, exécutée à Mexico par un Espagnol ; c'est san-s doute le plus bel ouvrage de ce genre qu'ait produit le Nouveau-Monde. Parmi les bàtimens publics qui décorent cette métropole, nous mentionnerons les suivans : la cathédrale, qui est le plus grand et le plus beau temple de l'Amérique; deux belles tours s'élèvent sur les côtés de la façade, à laquelle il ne manque que d'être plus élevée au-dessus du sol pour être vraiment imposante. L'intérieur en est léger et magnifique ; c'est une belle et vaste croix latine surmontée à son centre par un grand dôme, reposant sur quatre piliers aussi hardis qu'élégans ; cinq nefs en partagent la largeur. L'église jointe à la cathédrale (el Sagrario) et qui sert aux cérémonies paroissiales, est un grand carré du plus bel effet. Pour la richesse des ornemens en métaux précieux , ce temple, ainsi que celui de Puebla, n'a pas d'égal dans Je inonde. Le palais du gouvernement (jadis palais du vice-roi), vis-à-vis de la cathédrale ; c'est un grand carré isolé , qui a presque un mille de circuit ; des cours spacieuses et de beaux portiques en relèvent, à l'intérieur , la grandeur et la magnificence. C'est la résidence du président; il contient en outre plusieurs administrations publiques , la prison , la monnaie , le jardin botanique, la bibliothèque, l'imprimerie du gouvernement , etc. La Monnaie de Mexico, malgré l'imperfection des machines employées pour la fabrication des pièces, doit être regardée comme l'établissement de ce genre le plus remarquable qui ait jamais existé, par la prodigieuse quantité de piastres qu'on y a frappées et qui circulent par tout le globe ; quand les mines étaient en pleine activité
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20 balanciers, servis par 400 ouvriers, y frappaient 80,000 piastres par jour. Voici quelques faits empruntés à notre tableau t/ie World compared wilh the British Empire ; ils donneront au lecteur le moyen d'apprécier l'immense activité de la monnaie de Mexico, comparée à celle des établissemens semblables d'Angleterre et de France, regardés comme les plus actifs de l'Ancien- Continent. De 1733 à 1826 on a frappé , dans la monnaie de Mexico , pour la valeur de 295,794,760 livres sterling; à la monnaie de Londres, la seule du Royaume- Uni pour les pièces d'or et d'argent, depuis 1727 jusques en 1826 , on frappa pour la valeur de 126,592,342 liv. sterl.; dans toutes les monnaies de la France, on frappa pendant la même période pour 257,303,300 liv. sterl. La refonte est comprise dans tous ces calculs. Le jardin botanique , malgré ses petites dimensions , offre un lieu enchanteur par la beauté des plantes qui y fleurissent en plein air et par le nombre de jolis oiseaux qui l'habitent. La Mineria ou V école des ?nines ; cet édifice dont la construction a coûté plusieurs millions de francs , n'est surpassé en grandeur ni en beauté d'architecture par aucun autre de ce genre que possède l'Europe ; malheureusement ses fondations, placées sur un sol humide, ont déjà fléchi, ses élégantes colonnes sont visiblement inclinées et laissent des séparations effrayantes entre les architraves et les entablemens ; une partie de ce beau monument , avant même qu'il soit entièrement achevé, est déjà tombée, et le reste ne tardera pas à avoir le même sort. C'est dans ce bâtiment que se trouve V observatoire, où le baron de Humboldt a fait les observations qui ont servi à rectifier tant d'erreurs propagées par les savans et les voyageurs qui l'avaient précédé dans la description de l'Amérique.
On pourrait appeler Mexico la Ville- Sainte du Nouveau- M onde , tant est grand le nombre de ses églises , de ses chapelles et de ses couvens. Plusieurs de ces derniers édifices sont pour ainsi dire de petites villes , renfermant dans leur vaste enceinte d'autres églises et des confréries , outre l'église et le couvent principal. Malgré le cadre borné de cet ouvrage, nous ne pouvons nous dispenser de mentionner quelques-uns de ces édi-
fices, qui méritent l'attention même du voyageur qui arriverait directement de Rome; ils réunissent la grandeur à la magnificence, la majesté à la richesse ; les beaux-arts y ont tout prodigué et en ont fait pour ainsi dire de superbes musées ; la peinture surtout y domine d'une manière très remarquable. Ce sont principalement les églises et les couvens de St-Augustiny de St-François, de Si- Ferdinand, de St- Dominique , de la Professa, de la Conception V Incarnation. Ce dernier, ainsi que celui de la Conception, sont surtout remarquables par leur immense étendue ; dans l'église de celui de l'incarnation on voit une statue de Notre-Dame en argent massif très bien travaillée et un grand lustre tout en argent d'un travail exquis. M. Beltrami regarde le chœur du couvent de St-Ferdinand comme un des plus beaux chefsd'œuvre qui existent en ciselure et en mosaïque. Le couvent des Franciscains est un immense établissement: sa belle église ainsi que les cloîtres et les cours sont ornés avec profusion de tableaux d'un grand mérite ; celui des Dominicains et son église offrentaussi un grand nombre de tableaux, de statues et autres décorations vraiment remarquables. Depuis l'indépendance, le gouvernement a quelquefois employé cet immense et solide bâtiment comme prison d'état ; il peut contenir des milliers de personnes. Le monastère de la Professa est digne surtout de l'attention des étrangers, par l'élégance et Ja richesse des ornemens de son église. On doit aussi nommer le ci-devant palais de V inquisition , remarquable par son élégance; lors du voyage de M. Beulloch il était occupé par l'école polytechnique; le bâtiment de l'université ; ceux du collège de San-Idelphonse et du Montde-piété ; la Députation ou hôlel-deville ; YAccordada, prison spacieuse et bien aérée ; V hôpital de Jésus de los Naturales, fondé par Cortez; dans la belle église qui en dépend, les cendres de ce conquérant reposent dans un beau monument; le bâtiment de V académie des beaux-arts. Parmi le grand nombre de magnifiques édifices appartenant à des particuliers, nous nous bornerons à citer les hôtels Yzitas et Pinillos. Outre la grande place et le jardin botanique dont nous avons parlé , Mexico possède deux belles promenades publiques, le
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Paseo planté d'un double rang d'arbres et VAlameda. A l'aspect de ce dernier , on se croit, dit M. Beltrami , dans une des plus grandes capitales du monde, à ne considérer que la magnificence de ses fontaines et d'autres accessoires ; mais son étendue est trop bornée.
Mexico est la troisième ville de l'Amérique pour la population, que l'on évalue à 200,000 âmes; elle vient après New- York et Philadelphie. Elle se distingue aussi par plusieurs établissemens scientifiques et littéraires ; sans les troubles qui ont agité et qui agitent encore ces pays, ils auraient déjà reçu de grands perfectionnemens. A la tété de tous il faut mettre Yuniversilé » I 'école des mines et Y académie des beaux-arts ; viennent ensuite les collèges de St-Idelphonse et de SI- Grégoire et le séminaire , IVcole modèle lancaslèrienne et plusieurs autres établissemens d'instruction publique élémentaire pour les enfans des deux sexes. On y a formé une société pour les progrès des arts industriels et de V agriculture ; on s'occupe aussi de fonder une école de médecine et de rétablir sur une plus grande échelle le jardin botanique , que par manque de fonds on a beaucoup négligé dans ces dernières années. La bibliothèque de l'université et celle de la cathédrale ; le musée d'antiquités mexicaines , riche déjà de plusieurs morceaux précieux ; le cabinet de minéralogie attaché à l'école des mines, et les collections de l'académie des beaux-arts méritent aussi d'être mentionnés. On a le projet de réunir au musée mexicain les beaux dessins de la plupart des antiquités existantes conservés à l'école des mines; ils représentent les restes des pyramides, des châteaux , des fortifications, des temples, des ponts, des maisons, des statues, des bas-reliefs et des idoles ; dans ces dessins quelques tours sont représentées hautes de sept étages. En 1826 on publiait à Mexico cinq journaux.
Nous avons signalé ailleurs l'industrie et le commerce de cette grande ville qui, sous ces deux rapporls,n'a pas d'égale dans tous les états formés des ci-devant colonies Espagnoles; c'est surtout dans l'orfèvrerie, la bijouterie, la passementerie, la sellerie et les ouvrages en bois que se distinguent ses habilans. Mexico est le
siège du président et du congrès de la Confédération Mexicaine, d'un archevêque et de la cour de justice, dont le ressort s'étend sur le district Fédéral, sur l'état de Mexico et sur le territoire de ïlascala. Cette ville, depuis les temps les plus anciens , est sujette à de terribles inondations causées par la différence de niveau entre la surface du lac de Tezcuco (presque égal à celui du sol de Mexico) , et le niveau de la surface des lacs de San-Christobal , de Zumpango, de Chalco et de Xochimilco. Ces derniers étant tous plus élevés que le lac de Tezcuco, débordent dans celui-ci , font monter ses eaux et couvrent de plusieurs pieds d'eau toutes les rues de Mexico.
Malgré la dépense énorme de 31 millions de livres tournois, faite depuis 1607 jusqu'en 1804 pour la garantir de ce fléau par la construction des digues et par l'ouverture du fameux desague , Mexico reste encore très exposée. L'exécution du grand canal qui, partant du lac Tezcuco, devait porter ses eaux à travers les lacs de San-Christobal et de Zumpango jusqu'à la fameuse tranchée de Huehuetoca, a été non-seulement suspendue par les révolutions politiques, mais même par manque d'entretien , les anciens travaux du desague ont été réduits à l'état le plus déplorable et menacent la ville des plus grands malheurs. Les inondations ont été tellement considérables et prolongées, qu'il a été plusieurs fois question d'abandonner la ville ; deux fois la cour de Madrid avait déjà donné Tordre positif de la transférer dans une position moins défavorable.
Avant de parler des environs de Mexico, nous devons nous arrêter un moment à considérer la splendeur et l'étendue de la ville ancienne, sur les ruines de laquelle s'est élevée la moderne capitale du Mexique. «Animés , dit M. de Humboldt, de ce même esprit de destruction que les Romains montrèrent à Syracuse, à Cartilage et en Grèce, les conquérans espagnols ne crurent avoir achevé le siège de Tenochtitlan qu'après en avoir rasé les bàtimens.» On ne doit donc pas être surpris de ne trouver presque aucun vestige des anciens édifices mexicains.
«Orné de nombreux teocallis, qui s'élevaient enformede pyramides, entouré de chaussées ou digues, situé presqu'au milieu du lac Tezcuco sur des îlots ornés de verdure , recevant dans ses rues à chaque heure des milliers de bateaux qui vivifiaient cette vaste nappe d'eau salée, l'ancien Tenochtitlan, dit M. de Humboldt, devait ressembler à quelques villes de la Hollande , de la Chine
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ou du delta inondé de la Basse -Egypte. Trois chaussées principales de la largeur de deux lances l'unissaient' au continent; ces chaussées existent en partie : ce sont aujourd'hui de grands chemins pavés qui traversent des terrains marécageux.» De beaux aqueducs amenaient l'eau douce à la ville; on reconnaît encore les restes de celui à double tuyau qui passait près de Churubusco. Cortez comparait l'étendue de Tenochtitlan à celle deSévilleou de Cordoue. Les rues principales étaient larges et alignées; quelques-unes, comme à Venise, étaient moitié à sec et moitié occupées par des canaux navigables garnis de ponts de bois très bien faits et si larges que dix hommes à cheval y pouvaient passer à-la-fois. Les maisons basses, comme celles de Péking et autres grandes villes de l'Asie, étaient construites partie en bois, partie entetzontli, pierre spongieuse, légère et facile à briser. D'après un fragment du plan de Tenochtitlan que Montezuma a fait lever pour Cortez , et que M. Beulloch a retrouvé de, nos jours , on voit que cette ville était divisée en carrés réguliers formés par les rues principales et par les canaux. Dans chaque carré s'élevait un temple ou teocalli.
Le temple principal était dédié à Tezcatlipoca, la première des divinités aztèques après Téotl, qui est l'être suprême et invisible, et à Huitzilopochtli, le dieu de la guerre. 11 avait été érigé seulement six ans avant la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb. 11 occupait le centre delà ville et couvrait , avec les autres temples et bàtimens qui lui étaient annexés, tout l'espace sur lequel sont actuellement la cathédrale, la plus grande partie de la place du marché et des rues et des édifices environnans. Cortez affirme que dans l'enclos de murailles qui l'entourait en formant un carré , une ville de 500 feux aurait pu être élevée. Les murs de chaux et de pierres étaient fort épais , hauts de 8 pieds et ornés de créneaux en forme de niclies et de quantité de figures en pierres , qui représentaient des serpens, ce qui lui avait fait donner le nom de coatepautli ou muraille des serpens. Ce temple avait quatre portes, qui répondaient aux quatre points cardinaux. Au centre de l'enceinte s'élevait une pyramide tronquée semblable à celles de Téotihuacan , haute de 54 mètres et large de 97 à sa base, selon M. de Humboldt. Un escalier conduisait au sommet, qui avait 7 à 8 toises en carré; il renfermait deux chapelles magnifiques , ouvertes par devant et surmontées d'une belle construction en bois très élevée. Les deux idoles contenues dans les chapelles étaient de pierre, d'une stature colossale et d'une difformité affreuse. Le centre de cet espace contenait une pierre verte pyramidale, haute de 5 paumes , sur laquelle on immolait la victime. Cinq mille personnes étaient attachées au service du temple et y avaient leur logement. Parmi les temples au nombre de 39 qui environnaient le temple principal , et que Cortez a cru en être des parties , on distinguait celui de Quezalcoalt, le dieu qui présidait à l'air ; il était de forme ronde , et sa porte représentait la gueule ouverte d'un serpent. Devant la première entrée du temple principal on voyait un vaste édifice tout revêtu des tètes des individus oui
avaient été sacrifiés. Gomara affirme , d'après deux témoins qu'il cite , que ceux-ci avaient calculé que le nombre des têtes s'élevaient à 130,000, sans compter celles des tours qui accompagnaient le corps de l'édifice. Sans adopter les estimations évidemment exagérées des auteurs espagnols , qui prétendent qu'à la fête de l'inauguration de ce temple, 60,000 prisonniers furent sacrifiés, et que plusieurs milliers subissaient le même sort tous les ans, nous n'hésitons pas à affirmer, que c'est peut-être l'endroit du globe où ces horribles sacrifices étaient pratiqués le plus souvent et en plus grand nombre. Nous rappellerons à ce sujet que le grand-sacrificateur était le seul autorisé à frapper les victimes ; il leur arrachait le cœur encore palpitant et l'offrait aux dieux ; les membres de la victime étaient alors divisés entre les assislans , comme un festin digne de ces infernales divinités.
Le palais principal, résidence ordinaire de Montezuma, était situé dans le lieu même où se trouve aujourd'hui l'hôtel du duc de Monteleone , vulgairement appelé Casa del Estado; il était construit en pierre et en chaux et, comme ceux de l'empereur de la Chine, composé d'un grand nombre de maisons spacieuses mais peu élevées. 11 avait cinq grandes portes à chacune des quatre façades qui le décoraient; trois vastes cours h; divisaient intérieurement; celle du milieu était ornée d'une belle fontaine. On y trouvait de grandes salles et plus de mille chambres. Quelquesunes de ces pièces étaient incrustées de marbres les plus fins, d'autres de pierres rares; les poutres et les parquets étaient de cèdre, de cyprès et d'autres bois parfaitement travaillés et sculptés. Suivant un témoin oculaire digne de foi , il y avait une salle assez grande pour pouvoir contenir trois mille personnes. Outre ce palais , Montezuma en avait d'autres dans l'intérieur de la capitale ou en dehors. A Mexico, dit M. Beulloch, il avait non-seulement un sérail pour ses femmes , mais des logemens pour tous ses minisires et conseillers et pour tous les officiers de sa maison et de sa cour aussi nombreuse que brillante ; de plus des maisons pour recevoir les seigneurs étrangers qui le visitaient et particulièrement les deux rois alliés. Deux vastes bàtimens étaient en outre destinés, l'un aux oiseaux paisibles, l'autre à ceux de proie, aux quadrupèdes, et aux reptiles. Ces deux ménageries paraissent avoir été les plus magnifiques du monde. La première contenait plusieurs chambres et des galeries soutenues par des colonnes de marbre d'une seule pièce. Les galeries donnaient sur un jardin dans lequel, au milieu de massifs d'arbustes , dix viviers, les uns d'eau douce, les autres d'eau salée, recevaient les oiseaux aquatiques de rivière et de mer. Dans les autres parties du bâtiment, on nourrissait un nombre prodigieux d'oiseaux de toute espèce. Cortez dit que 300 hommes étaient employés à les soigner et à recueillir leurs plumes en certaines saisons; c'est avec leur plumage qu'on faisait ces fameuses mosaïques qui firent justement l'admiration des Espagnols. Des médecins étaient chargés d'observer les maladies de ces animaux et d'y appliquer de prompts re-
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mèdes, Les salles et les chambres de cette maison singulière étaient en nombre si prodigieux , que ce conquérant atteste que deux grands monarques avec toute leur suite auraient pu y loger. Ce fameux édifice était situé sur la place où est actuellement le couvent de St-François. L'autre bâtiment destiné aux bètes féroces avait de vastes cours pavées en carreaux de dalles et divisées en appartemens. Dans l'une , on nourrissait tous les oiseaux de proie, depuis l'aigle royal jusqu'à la crescerelle : plusieurs individus de chaque espèce. Ces oiseaux étaient distribués suivant leur famille dans des chambres souterraines de plus de 6 pieds de profondeur et de plus de 1 6 en largeur et en longueur. Près de 500 dindons étaient tués tous les jours pour la nourriture de ces oiseaux. Le même édifice renfermait un grand nombre de salles basses dans lesquelles de fortes cages de bois contenaient des loups, des chats sauvages, les espèces que les premiers Espagnols ont nommées lions et tigres et une foule d'autres bètes féroces, que l'on nourrissait avec d'autres animaux et avec les entrailles des victimes des sacrifices humains. On y voyait aussi des crocodiles et desserpens; ces derniers étaient gardés dans de grandes tonnes ou vaisseaux , et les crocodiles dans des étangs fermés de murailles. Il y avait en outre plusieurs viviers pour les poissons, dont deux forts beaux existent encore. M. Beulloch dit qu'on peut les voir au palais de Chapoltepec dans les environs immédiats de la moderne Mexico. Tous ces palais étaient entourés de beaux jardins, où l'on cultivait toute espèce de fleurs, d'herbes odoriférantes et de plantes médicinales. Il y avait de plus des bois clos de murs pour les chasses de l'empereur, qui les visitait souvent. L'un de ces bois occupait une île sur le lac , connue à présent sous le nom de Perion.
L'arsenal était un vaste bâtiment rempli de toutes sortes d'armes offensives et défensives, dont ces peuples faisaient usage , ainsi que des ornemensetdes enseignes militaires. Un nombre surprenant d'ouvriers y étaient employés à fabriquer ces armes et d'autres objets. Des artistes tels que sculpteurs, peintres, orfèvres, ouvriers en mosaïque et autres , travaillaient constamment pour la cour. Un district entier n'était peuplé que de danseurs, que l'on élevait pour le plaisir de l'empereur. Le marché, deux fois grand comme celui de Séville, était entouré d'un portique immense sous lequel on exposait toutes sortes de marchandises , des comestibles, des ornemens en or, en argent , en pierres fines, en os, en coquilles et en plumes, de la faïence , des cuirs et du coton filé. On y trouvait des pierres taillées , des tuiles, des bois de charpente. 11 y avait des ruelles pour le gibier, d'autres pour les légumes et les objets de jardinage; on voyait des maisons, où des barbiers rasaient la tète avec des rasoirs faits en obsidienne. D'autres maisons ressemblaient à nos boutiques de pharmaciens; on y vendait des médecines toutes préparées , des onguens et des emplâtres. 11 y avait aussi des maisons où l'on trouvait à manger et à boire en payant. Pour éviter la confusion , chaque genre de marchandises se vendait dans un lieu séparé ;
tout s'y vendait à la mesure d'étendue ou de capacité, jamais au poids. Au milieu de la grande place était une maison qu'on pourrait appeler le palais de justice: dix ou douze personnes y siégeaient en permanence et jugeaient les disputes suscitées parla vente des marchandises. D'autres personnes se tenaient continuellement dans la loule pour voir si l'on vendait à juste prix ; les Espagnols ont vu briser de fausses mesures saisies aux marchands. On doit ajouter que la plus grande propreté régnait non-seulement dans le marché , dans les palais impériaux, mais aussi dans tout le reste de la ville. Chaque matin , s'il faut en croire les récits de quelques historiens, mille hommes étaient employés à balayer et à laver les rues de la ville-
Les opinions les plus absurdes ont été émises par les auteurs espagnols sur la population de cette ancienne capitale. L'abbé Clavigero, qui a eu soin de les recueillir, a démontré qu'elles vont de 60,000 jusqu'à 1,500,000 âmes.' Sur les traces de M. le baron de Humboldt nous croyons que l'on ne s'éloignerait pas beaucoup de la vérité en portant à 300,000 le nombre d'hanitans que contenait Tenochtitlan lors de l'arrivée de Cortez. En adoptant ce nombre., elle aurait été non-seulement la ville la plus peuplée de tout le Nouveau- Monde , où la population dans aucune ville ne s'est encore élevée aussi haut, mais elle aurait été une des cités les plus populeuses du globe , puisque, à l'exception de quelques-unes des grandes villes de l'Asie et de l'Afriquc-Musulmane , sa population aurait dépassé à cette époque celles de toutes les métropoles de l'Europe , Londres , Paris. Constantinople ctpeut-ètre Séville seulesexceptées.
Tel était l'état de Tenochtitlan, l'année 1520, d'après la description de Cortez et de Bernal-Diaz, dont la véracité a été confirmée par les vestiges qui à Tezcuco et en d'autres lieux montrent par analogie quelle était sa magnificence. M. de Humboldt et d'autres savans voyageurs qui ont médité sur ce sujet n'en doutent plus ; c'est ce qui nous a engagé à entrer dans ces détails qui ont pour but de donnerai! lecteur une idée de la civilisa* tion à laquelle s'étaient élevés les Américains avant l'arrivée des Espagnols. Maintenant nous allons indiquer le peu de vestiges de tant de splendeur , qui ont survécu à la rage destructive des soldais de Cortez, à la stupide superstition des ecclésiastiques qui l'accompagnèrent et à la barbare vengeance de ses alliés, accourus des provinces les plus éloignées pour travailler à la destruction de la capitale de leurs rivaux. Nous avons uejà indiqué à la page 959 tout ce qui se rapporte aux manuscrits et à la littérature des Mexicains. Voici les monumens les plus remarquables de l'ancienne Mexico.
Nous nommerons d'abord le grand Calendrier Mexicain, déterré en 1790 dans les fondations du grand temple de Mexitli à la Grande-Place , il est posé maintenant contre le mur nord-est de la cathédrale , et on le nomme vulgairement V horloge de Montezuma. C'est une pierre énorme de porphyre trappéen gris-noirâtre à base de Avackc basaltique, dont le diamètre, selon M. de
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Humboldt, est de près de 12 pieds et le poids de 24,400 kilogrammes. La sculpture en relief, dit ce savant, a le fini que l'on trouve dans tous les ouvrages mexicains : les cercles concentriques, les divisions et les subdivisions sans nombre sont tracés avec une exactitude mathématique-, plus on examine le détail de cette sculpture, plus on y découvre ce goût pour la répétition des mêmes formes , cet esprit d'ordre , ce sentiment de la symétrie qui , chez des peuples à demi civilisés , remplace le sentiment du beau. L'année civile des Aztèques était une année solaire de 365 jours; elle était divisée en 18 mois, dont chacun avait 20 jours : après ces 18 mois ou 360 jours , on ajoutait 5 jours complémentaires , et l'on commençait une nouvelle année. Le commencement du jour civil des Aztèquesétait compté comme celui des Persans , des Egyptiens, des Babyloniens et de la plupart des peuples de l'Asie, à l'exception des Chinois, depuis le lever du soleil. Il était divisé en huit intervalles, division que l'on retrouve chez les Hindous et les Romains. De ces huit intervalles, quatre étaient déterminés par le lever, le coucher et les deux passages du soleil par le méridien. Nous ajouterons que leur semaine était de cinq jours comme chez les peuples du Bénin et les anciens Javanais , et que ces peuples avaient des indictions de 13 ans, des demisiècles de 52 ans et des siècles ou vieillesses de 104 ans. Nous nommerons ensuite la prétendue pierre des sacrifices, enterrée dans la place devant la cathédrale à 100 verges du calendrier; on peut en voir la surface; elle a 25 pieds de circonférence; ses côtés sont couverts de sculptures historiques, partagées en quinze groupes qui représentent les victoires des guerriers mexicains sur différentes villes , dont les noms y sont inscrits. La statue colossale de la déesse Teoyaolimiqui , enterrée sous la galerie de l'université; il y a quelques années qu'on l'a exhumée pendant une semaine, afin que M. Beulloch pût en faire prendre le moule en plâtre. Il serait impossible, dit ce voyageur, à l'artiste le plus ingénieux d'inventer une figure mieux adaptée à l'objet abominable auquel cette divinité était destinée. Des milliers d'hommes ont été sacrifiés devant cette idole affreuse pour lui en offrir le cœur encore palpitant. C'est un monstre colossal, taillé dans un bloc de basalte de 9 pieds de haut, à figure humaine difforme , unie à tout ce que la structure du tigre et du serpent à sonnettes offre de plus horrible. Deux grands serpens lui tiennent lieu de bras, et sa draperie est composée de vipères entortillées en nombreux anneaux delà manière la plus dégoûtante. Deux ailes de vautours terminent ses côtés; ses pieds sont ceux d'un tigre avec les griffes étendues comme pour saisir sa proie ; et au milieu d'eux parait ra tète d'un autre serpent à sonnettes, qui semble descendre du corps de l'idole. Ses ornemens s'accordent avec sa forme hideuse : c'est un large collier de cœurs humains, de crânes et de mains enfilées par des entrailles et couvrant entièrement la poitrine à l'exception des seins difformes de la statue. Elle a évidemment été peinte de couleurs naturelles , qui devaient beaucoup ajouter au terrible
effet qu'elle était destinée à produire sur ses adorateurs. Mexico possède encore quantité d'autres objets intéressans pour les antiquaires. Selon M. Beulloch on peut trouver des idoles sculptées dans presque toutes les parties de la ville. La pierre du coin du bâtiment occupé par l'administration de la loterie , est la tète d'un serpent, d'une grandeur démesurée, que ce voyageur estime n'avoir pas moins de 70 pieds de long. Dans les cloîtres , derrière le couvent des Dominicains , on voit un serpent idole, presque entier et d'un bon travail ; cette monstrueuse déité est représentée dévorant une victime humaine , que l'on voit se débattre dans ses horribles mâchoires. A ces objets on doit ajouter les idoles et les peintures aztèques conservées à l'université , au musée mexicain et dans la superbe collection qui appartient à don Jose-Antonio Pichardo, qui est la plus riche et la plus belle , et à laquelle se trouvent réunis les précieux morceaux recueillis par le savant Gama.
Les faubourgs de Mexico sont loin de répondre à la magnificence de la ville proprement dite ; ils sont encombrés de masures, de plâtras et d'immondices, et souvent on rencontre la misère et la plus dégoûtante malpropreté dans l'intérieur d'une construction élégante ; ils sont le séjour ordinaire d'environ 20,000 mendians, qui étalent tous les signes de la misère la plus hideuse. Voici les lieux les plus remarquables situés dans les environs immédiats de Mexico et dans un rayon de 40 milles. Mais avant tout, nous devons nous arrêter un instant pour faire connaître au lecteur le beau bassin dans lequel est située Mexico.
Le bassin de Tenochtitlan est assis sur le dos même de la cordillère; quoiqu'il offre un enfoncement assez considérable, îa surface de son sol se trouve encore à 2277 mètres au-dessus du niveau de la mer. Une série de cinq lacs traverse ce bassin du nord au sud; ce sont les lacs de Zupango, de San-Christobal , de Tezcuco, de Xochimilco et de Chalco, qui prennent leurs noms des petites bourgades situées sur leurs bords. M. de Humboldt évalue la surface totale de ces lacs à 22 lieues carrées; celle du lac de Tezcuco , qui est le plus grand , est de 10 lieues l/io carrées ; celle des lacs de Chalco et de Xochimilco réunis est de 6 lieues 1/2 carrées. Ces lacs sont renommés par leurs jardins flottons connus sous la dénomination de chinampas. Cette ingé» nieuse invention des Aztèques remonte, selon M. le baron de Humboldt , à la fin du xive siècle. Ces jardins extraordinaires étaient très nombreux sur tous ces lacs à l'époque de l'arrivée des Espagnols; c'étaient des radeaux formés de roseaux (totora), de joncs, de racines et de branches de broussailles , couverts de terreau noir. Les chinampas renferment quelquefois même la cabane de l'indien qui sert de garde pour un groupe de
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ces jardins flottans. On les toue et on les pousse r.vec de longues perches pour les transporter à volonté d'un rivage à l'autre. Leur nombre a beaucoup diminué , et maintenant on n'en trouve que dans le lac de Chalco ; mais en revanche il y y a un grand nombre de chinampas fixes. On en voit beaucoup tout le long du canal de la Viga dans le terrain marécageux contenu entre le lac de Chalco et celui de Tezcuco. C'est sur ces chinampas que se cultivent les lèves, les petits pois, le piment, les pommes de terre , les artichauts et autres légumes consommés à Mexico. La promenade que l'on l'ait en bateaux autour des chinampas d lstacalco est une des plus agréables dont on puisse jouir dans les environs de cette capitale.
Chapoltepec, rocher isolé au sommet duquel s'élevait un des palais de Montezuma , et sur lequel le vice-roi Galvez fit construire un superbe château de plaisance pour lui et ses successeurs. Quoique celte construction eût coûté au roi d'Espagne 1,500,000 francs, on l'a laissé dépérir par ordre de la cour avant d'avoir été meublée; elle ne présente déjà que des ruines , mais ses jardins offrent des arbres magnifiques. M. de Humboldt , fondé sur le grand âge de ces énormçs cyprès , dont les troncs ont plus de 16 mètres de circonférence, croit que ces arbres ont été plantés parles rois de la dynastie aztèque. Tacubaja, gros village avec environ 2000 habitans et le palais de l'archevêque : presque toutes ses maisons sont de belles villas avec de superbes jardins appartenant à la noblesse et à d'autres riches citoyens. Tlalpan , naguère capitale de l'état de Mexico. Avant la révolution , ce n'était qu'un misérable village d'environ 300 habitans , connu sous le nom de San-Angoslino de las Cuevas ; il est déjà devenu une petite ville florissante, qui possède un hôtel des monnaies, et compte environ 6000 âmes. Un grand nombre des plus riches habitans de Mexico y passe la belle saison , et ceux des environs s'y rendent par milliers pour la Pentecôte. Tacuba , gros village , avec environ 2500 habitans et plusieurs maisons de campagne où les riches habitans de Mexico vont passer la belle saison ; on y voit encore la belle chaussée en pierre, par laquelle Cortez fit son entrée dans Tenochtitlan. Guadelupe , gros village, d'environ 2000 habitans, remarquable par le riche et célèbre sanctuaire de Notre-Dame-de-Guadelupe, bâti sur la colline de Tepejacac, sur laquelle s'élevait jadis le temple de la Cérès mexicaine (Cen-teotl, la déesse du maïs). Ce sanctuaire est partagé èn trois temples , dont le principal est vaste et majestueux; on y voit l'image de la Vierge, que la tradition populaire croit avoir été peinte par la Vierge elle-même. Les ornemens en or, en argent et en pierreries y abondent-, un grand palais, réuni au temple, offre des habitations magnifiques à des chanoines. Plusieurs milliers de pèlerins s'y rendent annuellement en grandes caravanes, des parties les plus éloignées de la capitale; c'est sans contredit le sanctuaire le plus révéré de tout le Nouveau-Monde.
Plus loin au nord on trouve: San-Chiustobal,
joli village, près du lac de ce nom ; on y admire la grande digue de quatre milles de long, construite par les Mexicains, renforcée et agrandie ensuite par les Espagnols en 1634, pour empêcher le débordement des eaux de ce lac dan» celui de Tezcuco. Huehuetoca, village remarquable par le célèbre désague (canal d'écoulement) qui y aboutit , et que M. de Humboldt range parmi les ouvrages hydrauliques les plus gigantesques que les hommes aient exécutés. On le regarde avec une sorte d'admiration, surtout on considérant la nature du terrain . l'énorme largeur, la profondeur et la longueur delà fosse. Si cette fosse était remplie d'eau, à une profondeur de 30 pieds , les plus grands vaisseaux de guerre passeraient à travers la rangée de montagnes qui bordent le plateau de Mexico au nordest. Dans l'état où il se trouvait en 1803 , ce canal d'écoulement, construit pour préserver Mexico des débordemens des lacs situés dans son voisinage, a depuis l'écluse de Vertideros, près de Huehuetoca, jusqu'au Salto du Rio Tula, 24,530 vares Mexicaines ou 20,585 mètres. Dans celte longueur il y en a un quart sur lequel la chaîne des collines de Nochistongo a été coupée à une pr ofondeur extraordinaire. Plus loin et hors du bassin de Mexico on voit: Tula, petite ville bien peuplée; on y a trouvé, selon M. Beltrami, un calendrier sculpté comme celui de Mexico sur une pierre énorme , mais qui offre , selon ce voyageur, de grandes différences avec celui desMexicains ; il l'attribue aux Toulthèques ou Toltèque s. M. Beltrami dit avoir reconnu parmi ses signes le Verseau, les Gémeaux, la Vierge et autres emblèmes du nôtre-, la lune y est peinte sous l'image d'une laide figure , telle qu'il l'a vue chez les sauvages du Haut-Mississipi et telle qu'on la représentait chez les peuples européens , avant que Moria et Bianchini ne vinssent nous dire que la lune était aussi un monde.
Au nord-est nous nommerons : Otumba, misérable petite ville, jadis grande et très peuplée, remarquable par son magnitique aqueduc, pardeux anciennes colonnes très curieuses et richement sculptées, ej surtout par le voisinage des fameuses pyramides dite de San-Juande Téotihuacan, du nom du village près duquel elles sont situées. La tradition populaire attribue la construction de ces monumens aux Toultèques, ce qui parait la faire remonter au vrn'ou aurxe siècle de notre ère. Ce sont deux teocallis ou temples consacrés l'un au soleil et l'autre à la lune, appelés par les indigènes Tonatiuh-Ytzaqual (maison du soleil) et Meztli-Ytzaqual (maison de la lune). La première, qui est la plus élevée, a 171 pieds de haut et 645 pieds de long à la base, d'après les mesures prises en 1803 par le docteur Oteyza et adoptées par M. de Humboldt. M. Beulloch estimait son élévation approximativement au-dessus de 300 pieds anglais , tandis que le lieutenant Glennie ne porte qu'à 221 pieds anglais ou 207 pieds français sa plus grande hauteur. En admettant cette dernière évaluation , ce monument serait la plus haute construction de tout le Nouveau - Monde. Nous avons vu à la page 865 que la pyramide de Cliéops,
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qui est le plus haut monument de ce genre qui r existe sur le globe, a, d'après des mesures exactes, 428 pieds d'élévation. La hauteur du teocalli de la lune est de 34 pieds moindre que celle du teocalli du soleil Cette pyramide est plus dégradée que la précédente. M. Beulloch trouva sur son sommet les ruines d'un ancien monument de 47 pieds anglais de long sur 14 de large ; les murs sont construits en pierres non taillées, hautes de 8 pieds et épaisses de 3. Les faces de ces édifices sont exactement orientées selon les points cardinaux , comme toutes les pyramides égyptiennes,, asiatiques, et mexicaines. Leur intérieur est d'argile mêlée de petites pierres; ce noyau est revêtu d'un mur épais d'amygdaloïde poreuse. On y reconnaît en outre des traces d'une couche de chaux , qui enduit les pierres en dehors. Un escalier, construit en grandes pierres de taille, conduisait jadis à leur cime-, c'était là que, d'après le récit des premiers voyageurs, s'élevaient de petits autels avec des coupoles construites en bois , et que se trouvaient des statues couvertes de lames d'or très minces. Chacune des quatre assises principales était subdivisée en petits gradins de 3 pieds de haut, dont on distingue encore les arrêtes. Ces deux teocallis sont environnés d'un grand nombre de petites pyramides qui ont à peine 27 à 30 pieds d'élévation. Ces monumens forment des espèces de rues très larges qui suivent exactement la direction des parallèles et des méridiens, et qui aboutissent aux quatre faces des deux grandes pyramides. Sur la plupart des petites pyramides , on remarque , dit M. Glennie , des hiéroglyphes et des débris de poterie ornés de diverses figures en bas-reliefs ou en creux. Il parait assez certain qu'elles servaient de sépulture aux chefs des tribus. «On voit par ces détails, dit M. de Humboldt, que ce teocalli avait une grande analogie de forme avec le monument antique de Babylone que Strabon nomme mausolée de Bélus, et qui n'était qu'une pyramide dédiée à Jupiter Belus. Ni le teocalli, ni l'édifice babylonien n'étaient des temples dans le sens que nous attachons à ce mot, d'après les idées que les Grecs et les Romains nous onttransj mises. Tous les édifices consacrés aux divinités ! mexicaines formaient des pyramides tronquées; ] ces deux grands teocallis , ainsi que ceux de Choi lula et de Papantla , confirment cette idée ; ils in- | diquent ce qu'ont été les temples moins considéi cables construits dans les villes de Tenochtitlan et de Tezcuco. Des autels couverts étaient placés I au sommet des teocallis ; ces édifices rentrent par I là dans une même classe avec les monumens pyramidaux de l'Asie , dont anciennement on trouvait des tracesjusqu'en Arcadie ; car le mausolée j conique de Callistus , qui était un vrai tumulus couvert d'arbres fruitiers, servait de base à un petit temple consacré à Diane. >»
A l'est de Mexico on trouve Tezcdco (jadis Aco- Ihuacan) assemblage de petites maisons et de chaumières décoré du titre de ville ; on lui accorde ! 5,000 habitans; mais les importantes ruines qu'on voitdans sa banlieue attestent la grande étendue de la capitale des Acolhuacans ou Acolhues, qui furent, avant les Aztèques, les dominateurs de
toutes les contrées environnantes. Avant l'invasion des Espagnols , quoique tributaire de Montezuma, elle était regardée comme la ville la plus savante de l'empire ; c'était pour ainsi dire YAthènes de l'Amérique , étant la résidence des historiens , des orateurs, des poètes, des artistes et des hommes célèbres dans toutes les sciences cultivées parles peuples Aztèques ; elle a été aussi le siège de plusieurs rois et entre autres du sag« Nezahualcojotl, qu'on pourrait nommer le Soloit américain par la sagesse de ses lois et par sou vaste savoir. Il fut poète distingué, et quelquesunes de ses poésies se sont conservées. Il avait aussi acquis quelques connaissances eji astronomie en observant fréquemment les astres , et s'était appliqué à connaître les plantes et les animaux , et tous ceux que le climat de son royaume ne lui permettait pas de posséder vivans , il les avait peints, il rechercha les causes de plusieurs phénomènes, ce qui le conduisit à la connaissance de l'être suprême et à l'horreur de l'idolâtrie et des sacrifices humains; mais les préjugés religieux de ses sujets l'obligèrent à les rétablir, à condition cependant qu'on ne sacrifierait plus que des prisonniers de guerre. Il mourut en 1470, après 34 ans d'un règne qui , en admettant la vérité de tout ce que Hernandez et autres savans ont raconté de ce prince, nous parait être le plus remarquable de toutes les Annales du Nouveau-Monde. C'est ici que , pour affaiblir l'incrédulité du lecteur, nous rappellerons que dans le Mexique et le Pérou, comme au Chili et dans d'autres pays peu civilisés, il se trouvait dans chaque village des hommes doués d'une mémoire étonnante , des archives pour ainsi dire vivantes, par lesquels les traditions des faits , ainsi que les traditions de harangues, renfermant les traits principaux de la religion et de la politique, se transmettaient de génération en génération dans toute leur pureté. Les fondations , dit M. Beulloch, et les restes des temples, des forteresses, des palais et autres édifices de grande étendue suffisent pour attester l'ancienne splendeur de Tezcuco. On y voit encore les ruines du palais bâti par les Espagnols après la conquête, et les casernes construites pour Cortez par le jeune cacique de Tezcuco son allié ; ce bâtiment est encore entier, entouré d'une muraille de 20 pieds de haut, sur le sommet de laquelle les traces des pas des sentinelles espagnoles sont encore visibles. Le palais des anciens caciques ou rois tributaires^ Tezcuco , avait 300 pieds de long, et formait un des côtés de la grande place ; il était construit sur des terrasses en pente élevées les unes au-dessus des autres; quelques-unes de ces terrasses sont encore entières et sont recouvertes u'un ciment très dur, aussi beau que celui des édifices romains. D'après ce qu'on connaît des anciennes fondations, ce palais devait occuper plusieurs acres de terrain. Il était bâti en gros blocs de pierre basaltique de 4 ou 5 pieds de long et de 2 ou 3 pieds de large, taillées et polies avec la plus grande pureté. Une vaste église, érigée auprès de ces ruines, a été presque entièrement bâtie avec les matériaux qui eu ont été tirés. M. Beulloch pense que la plupart des bâtimeris de Tezcuco
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sont peu différensdc ce qu'ils étaient avant l'arrivée des Européens, circonstance qu« ajoute à l'intérêt qu'inspire la vue de cette petite ville. On doit aussi mentionner le bel aqueduc de construction indienne , plusieurs tumuli ou pyramides de briques, ainsi que le palais de la ville , où Cortez et toute sa petite armée furent logés. C'est sur la place du marché de Tezcuco que le premier évèque de Mexico, Summarïca, mu par un zèle excessif et mal entendu , rassembla tous les documens concernant l'histoire du Mexique , la littérature et les arts, enfin toutes les peintures, manuscrits et hiéroglyphes azteqyes , en forma une pyramide et les livra aux flammes.
A deux milles de Tezcuco est situé le village indien de H uex otla ; c'était autrefois une place de grande importance, comme l'attestent ses murailles ci ses ruines. M. Beulloch y a vu les fondations d'un palais, dans lequel deux grands réservoirs d'eau étaient encore assez bien conservés. L'ancienne muraille , haute de près de 30 pieds et très épaisse, s'étend à une grande distance, et sa construction extraordinaire mérite quelques détails : elle est divisée en cinq parties inégales superposées. La plus considérable est bâtie en pierres ovales fort larges , dont les extrémités dépassent et donnent à la bâtisse l'apparence d'avoir été faîte de crânes humains; une corniche en saillie sépare cette partie des autres. Plus loin on trouve , au pied de la montagne conique nommée Tescosingo, un lieu que les indigènes appellent Bafio de Montezuma , parce qu'il a servi de bain à ce monarque. C'est un beau bassin de 12 pieds de long sur 8 de large; au milieu est un puits de 4 à 5 pieds de profondeur, avec un parapet de 2 pieds et demi tout autour. On y voit aussi un trône ou siège , tel que les anciennes peintures représentent ceux qui servaient au roi. Il y a des escaliers pour descendre dans le bassin , et le tout est coupé dans un rocher de porphyre avec une précision toute mathématique et un poli parfait. Selon M. Trinidad-Rosalia , qui a visité ces monumens, on voit des vestiges de constructions très distincts jusque surla cime de la montagne de Tescosingo , qui est perforée par des excavations artificielles; un escalier conduit à une d'elles près du sommet. On trouve, dit M. Beulloch , dans les environs des terrasses avec des parapets, bâties en pierres et en ciment, où il reste encore des vestiges d'un stuc plus dur et plus beau que celui de Portici et d'Herculanum ; quelques-unes de ces terrasses sont construites sur des précipices; d'autres sont coupées dans le roc. Ce voyageur pense que ces restes étaient des antiquités avant la découverte de l'Amérique, et que les monumens auxquels ils ont appartenu avaient été érigés par un peuple dont l'histoire étaitperdue avantla fondation de Mexico.
Au sud et au sud-est de Mexico on trouve :Xochisiilco, près du lac de ce nom , petite ville importante par sa population industrieuse et par quelques restes de sa grandeur passée. Toujours dans le même rayon, mais beaucoup plus loin, on voit le volcan Popocatepf.tl, qui est la plus haute cime des cordillères mexicaines, etJeMû.vr
lzTACciHL'ATL(la Femme Blanche), qu'on doit aussi ranger parmi ses plus hautes montagnes. Chalco, sur les bords du lac de ce nom, petite ville renommée par le grand marché qui s'y tient tous les vendredis, par ses chinampas, ou iles flottantes mentionnées à la page 1023, et par la magnifique digue construite par le vice-roi Velasro après l'inondation qu'éprouva Mexico en 1555, dans le but d'empêcher l'irruption des eaux du lac Chalco dans celui de Tezcuco.
Enfin , au sud-ouest , on trouve d'abord Lerm a , petite ville assez bien bâtie, remarquable surtout par sa magnifique chaussée, et plus loin Toluca, importante par sa population, parla haute montagne à laquelle elle donne son nom, et par ses manufactures de savon et de chandelle -, on y prépare les meilleurs jambons et les meilleurs saucissons de toute la confédération.
Puebla (Puebla de los Angeles), grande et belle ville, capitale de l'état de ce nom, si t née sur une des plaines les plus élevées du plateau d'Anahuac , au milieu d'un territoire bien cultivé et renommé par sa fertilité et par la bonté du climat. Des rues larges et tirées au cordeau ; de belles églises, dont les richesses et les décors intérieurs rivalisent avec celles de la cathédrale de Mexico et surpassent celles de tous les autres temples du christianisme; de belles plaees ; une population qui, malgré ses pertes, s'élève encore à 75,000 Ames ; un commerce très étendu et de nombreuses manufactures , quoique depuis quelque temps en décadence, assignent, à Puebla le second rang parmi les grandes villes de la confédération Mexicaine. Elle est aussi le siège de l'évéché le plus riche après le diocèse de Mexico, et de la cour de justice qui comprend dans son ressort les états de Puebla, Vera-Cruz et Oaxaca. Les maisons de cette ville sont vastes, la plupart élevées de trois étages, avec des toits plats, dont quelques-uns sont couverts en tuiles vernies de diverses couleurs, arrangées en mosaïque et formant des peintures qui représentent généralement des sujets de la Bible; ce qui produit un bel effet, entièrement différent de tout ce qu'on voit en ce genre en Europe. Quelques maisons sont peintes à fresque comme celles de Gènes. Notre cadre ne nous permet pas même de nommer tous les nombreux édifices qui décorent Puebla ; nous nous bornerons à signaler les suivans : la cathédrale , vaste édifice qui forme un des côtés de la grande place ; on doit la ranger parmi les plus beaux temples dit monde, et surtout parmi les plus riches ; .
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on y admire le grand autel , qui forme à lui seul un temple superbe. Ses nombreuses et élégantes colonnes, avec des plinthes et des chapiteaux d'or bruni , son magnifique autel en argent , couvert de statues, de vases, etc. , etc. , sont d'un effet admirable et peuvent soutenir la comparaison avec la fameuse confession de Saint-Pierre-de-Rome ; cette partie de la cathédrale , exécutée par un artiste italien d'après des dessins faits à Rome , a coûté presque un demi-million de piastres. Viennent ensuite X église de Saint- Philippe-de-Neri , la plus grande après la cathédrale ; celle du Saint-Esprit , grand et beau bâtiment; le vaste et bel édifice de l'ancien collège des jésuites y est annexé; les églises et monastères de St-Augustin et de St-Dominique , remarquables par leurs grandes dimensions et par la richesse extraordinaire de leurs maltres-autels ; celui de St-Dominique, élevé de plusieurs degrés , dit M. Beulloch , est en argent ainsi que tous ses ornemens; enfin la petite église de Ste-Monique , qui mérite d'être citée pour la richesse de sa voûte, de ses murs couverts de sculptures du travail le plus précieux, et pour ses tableaux , ses statues et ses ornemens d'argent. Mais nous ne devons pas oublier la maison de retraite spirituelle; c'est un bâtiment maguifique, plus étendu, dit M. Beulloch, que le plus vaste des palais d'Angleterre , et qui a des revenus plus considérables qu'aucune des grandes institutions de charité en Europe. Il a été fondé pour servir de refuge aux personnes des deux sexes qui désirent se soustraire aux soins et aux distractions du monde afin de se préparer dans le silence, la méditation et la prière, à recevoir les sacremens et à remplir les autres devoirs imposés par l'église catholique. Tout individu peut s'y retirer sans aucun frais pendant une semaine. Les pénitens y passent tout ce temps chacun dans sa chambre, excepté les heures des repas , qu'ils prennent en commun, et les heures des dévotions publiques qu'ils passent dans la chapelle. Les longues galeries dans lesquelles ils peuvent se promener sont très richement ornées de crucifix d'or et d'argent , et leur magnificence, forme un contraste frappant avec la simplicité des sombres cellules , où le solitaire est renfermé pendant la plus grande partie de la journée. Plus de mille
personnes profitent annuellement de cette pieuse fondation. Le célèbre séminaire Palafoxien , un des principaux établis— semens d'instruction publique du Mexique , et sa riche bibliothèque ouverte au public, doivent aussi être mentionnés; cette dernière passe même pour être la meilleure de toute la confédération pour tout ce qui concerne les matières ecclésiastiques. En 1826, on publiait à Puebla deux journaux. Nous ferons remarquer avec M. Beulloch qu'un antiquaire, en visitant cette ville, pourrait se croire reporté au moyen âge , tant par la forme des bàlimens que par des usages et des mœurs semblables à ceux de ce temps.
Les mêmes jours de fêtes, les mêmes divertissemens usités en Europe aux xiv* et xve siècles s'y retrouvent encore.
Dans les environs et dans un rayon de 20 mil les on trouve : Cholula (Churultecalde Cortez), jolie ville assez bien bâtie, environnée de belles plantations d'agavé ; on lui accorde 16,000 habitans. C'était, au temps de la conquête, une grande ville , capitale d'une espèce de république oligarchico-théocratique, une des puissances temporelles les plus considérables de cette partie de l'Amérique et sa première puissance spirituelle. « Elle était, dit M. Beltrami, la Jérusalem, la Rome, la Mecque de l' Anahuac , l'endroit où tous les peuples de ces vastes régions se rendaient en pèlerinage pour visiter les lieux saints; où les dieux et les prêtres faisaient plus de miracles qu'ailleurs et dictaient les plus pures doctrines de la foi. De même que d'autres villes saintes de l'Ancien-Continent, elle regorgeait de pauvres , tandis qu'on n'en trouvait pas dans toutes les autres villes du Mexique. » Outre le grand teocalli , il y avait , dit-on , autant de temples que de jours dans l'année. La grande pyramide tronquée ou le grand teocalli, consiste , dit M. de Humboldt, en quatre assises; dans son état actuel elle n'a que 172 pieds d'élévation , mais elle en a 1355 de largeur horizontale à sa base-, elle est construite de couches de briques qui alternent avec des couches d'argile. Au milieu «le la plate-forme , dont la surface est de 4200 mètres carrés , s'élève une église dédiée à Notre-Dame de los Remédias, qui est entourée de cyprès et dans laquelle la messe est célébrée tous les matins par un ecclésiastique de race indienne, dont le séjour habituel est la cime de ce monu-r ment.
Tlascala (Tlascallan) , misérable petite ville , chef-lieu du territoire de ce nom ; elle n'a d'autres souvenirs de son ancienne splendeur que les vestiges de son grand temple et ceux des tranchées, des fossés et de la grande muraille de 6 milb s de long qui servaient à la défendre , lorsqu'elle «Hait la capitale de l'état le plus puissant de l'Anahuac après l'empire de Mexico, et qu'elle renfermait une population qui parut à Cortez plus
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considérable que celle de Grenade. Tlascala était alors le siège d'un grand marché , où affluaient tous les peuples voisins pour échanger leur superflu contre les denrées, le coton, les toiles de maguey et la cochenille qui y abondaient. Son gouvernement, qui était républicain, offrait des conformités avec plusieurs des gouvernemens de 'antiquité, du moyen âge étales temps modernes. Son territoire, très fertile et très peuplé, renfermait, d'après la carte faite par les indigènes et conservée à la municipalité (cabildo) , treize villes, qui formaient, pour ainsi dire, autant de baronies. Les barons qui les gouvernaient relevaient des quatre chefs, et tous ensemble formaient le grand conseil qui choisissait celui des chefs préposé au commandement des armées ; ils opinaient sur les questions importantes de la république, et, comme les barons sous l'empire du moyen âge, contribuaient de leur contingent respectif en hommes d'armes, en provisions, etc. C'étaient eux qui administraient la justice jusqu'à un certain degré de juridiction , chacun dans son district; mais on se pourvoyait devant la diète , c'est-à-dire, devant les quatre chefs réunis, qui étaient à-la-fois investis du pouvoir judiciaire suprême et du pouvoir exécutif pour les affaires de haute importance, et principalement pour l'inobservation des formes. Les quatre chefs se rendaient chacun dans son district à une cer taine époque de l'année, pour y administrer la justice , comme le préteur pellegrinus et les proconsuls des Romains, comme les chefs de Justice de l'Angleterre et des Elats-Unis , comme les juges des cours royales de France. Chose singulière , s'écrie M. Beltrami , les sessions anglaises, les assises françaises étaient pratiquées par ces peuples que l'on a peints et traités comme des brutes! Les Tlascalthecas (Tlascaltèques), les Cempoalthecas et les Xocoalthecas alliés des Espagnols, aidèrent ces étrangers à prendre Tenochtitlan et contribuèrent à sa ruine. Après la conquête, Tlascala continua à se régir par ses propres caciques, sous la suzeraineté de l'Espagne et sous la surveillance d'un surintendant espagnol ; elle ne devait qu'un tribut annuel à l'Espagne. A l'époque de la révolution elle essaya en vain de devenir un état; mais le congres général n'en a fait qu'un territoire , qui est presque entièrement enclavé dans les limites de l'état de Puebla.
Tepeaca (Tepeyacac) , petite ville, jadis capitale d'un état indépendant de Mexico, qui comme Tlascala contribua puissamment à sa ruine. On ne doit pas quitterles environs de Puebla sans signaler la grande carrière de bel albâtre qu'on exploite près de cette ville-, on en tire des lames immenses employées comme vitres aux fenêtres des monastères et des églises : on en fait aussi les fonds baptismaux et autres vases sacrés-, des blocs énormes dit M. Beulloch sont transportés à peu de frais à Vera-Cruz ; de là il serait facile d'en faire passer en Europe , où ce serait une marchandise d'une valeur considérable.
Voici les autres villes les plus remarquables de la confédération ; nous les
indiquerons d'après les états «t territoires où elles sont situées, en suivant l'ordre du tableau des divisions administratives donné à la page 1017.
Dans l'ETAT DE MEXICO: Tlalpan, Tila , Tezcuco et Toluca, aue nous avons décrites dans les environs de Mexico, aux pages 1023. 1024, 1025 et 102G. Cuernavaca , importante par sa population, mais encore plus par le monument ancien, connu sous le nom de retranchement militaire de Xochicalco qui se trouve dans son voisinage. C'est, dit M. de Humboldt, une colline isolée , de 117 mètres d'élévation , entourée de fossés et divisée à main d'hommes en cinq assises ou terrasses , qui sont revêtues de maçonnerie. Le tout forme une pyramide tronquée, dont les quatre faces sont exactement orien tées selon les quatre points cardinaux. Les pierres de porphyre à base basaltique sont d'une coupe très régulière et ornées de figures hiéroglyphiques, parmi lesquelles on distingue des crocodiles jetant de l'eau , et ce qui est très curieux , des hommes assis les jambescroiséesàla manière asiatique. La plate-forme de ce monument extraordinaire a près de 9000 mètres carrés, et présente les ruines d'un petit édifice carré, qui servit sans doute de dernière retraite aux assiégés. Acapulco, petite ville adossée à une chaîne de montagnes dont la réverbération augmente la chaleur étouffante de l'été. Son port passe pour être le plus beau du Mexique , mais son air est pestilentiel pendant les grandes chaleurs ; c'est ce qui s'estopposé à l'accroissement de la population , qui malgré les progrès qu'elle a faits depuis quelque temps ne dépasse pas encore 4000 âmes. Sousla domination espagnole , Acapulco offrait une foire brillante lorsque, à l'arrivée du galion de Manille, un grand nombre d'habitans des villes environnantes accouraient dans cette ville pour y acheter les marchandises dont ils avaient besoin , et vendre celles dont ils voulaient se défaire. Tixtlan, petite ville , résidence du gouverneur d'Acapulco pendant la mauvaise saison. Zimapan , Real del Monte, prèsdePachuca,TnEMASCALPEcetTAsco, célèbres par leurs mines d'argent; Tasco est aussi remarquable par son église paroissiale rangée parmi les plus beaux temples du Mexique.
Dans l'ETAT DE QUERETARO : Queretaro, une des plus belles villes du Mexique par la magnificence de ses bàtimcns et le charme de sa situation ; elle est aussi une des plus riches, des plus industrieuses et des plus peuplées. Toutes les rues se croisent à angles droits et aboutissent à ses trois places principales. L'aqueduc formé d'une rangée d'arches très élevées, ouvrage digne des Romains , et le couvent des religieuses de Santa-Clara, \eplus grand peut-être qui existe , puisqu'il a plus de deux milles de tour, sont les monumens les plus remarquables. Queretaro possède un assez beau collège et une bibliothèque assez riche danslecouvent deSan- Francisco. Sa pooulation qui s'est élevée avant la révolution iusqu'à près de 50,000 âmes, n'est esli-
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mée actuellement qu'à 30,000 âmes environ. San- Juan-del-Rio , ville assez impartante par son commerce et sa population. Cadereita , petite ville qui aurait peu d'importance par elle-même, mais que nous devons citer à cause des riches mines d'argent qui se trouvent dans ses environs; parmi celles dont les produits sont les plus considérables nous devons nommer comme occupant le premier rang , celle de El-Doctor, celle de Maconi, et celle de San-Cliristobal. Nous remarquerons à cette occasion que le produit des mines d'argent du Nouveau-Monde est évalué à la quantité de 1,440,000 livres de France , et que dans ce produit les mines du Mexique seules figurent pour près de 460,000 livres,
Dansl'ETAT DE GUANAXUATO : Guanaxuato, bâtie à l'endroit où aboutissent toutes les gorges qui mènent aux plus riches mines d'argent du monde. C'est le produit de ces mines qui en a fait une ville magnifique malgré les désavantages du sol ; mais on a su tirer parti de toutes les sinuosités du lieu , s'y ménager deux places assez jolies et construire de beaux bàtimens, de superbes églises, des maisons élégantes , un petit théâtre et une londiga ou grand bâtiment, servant à-la-fois d'entrepôt et de marché à toutes les denrées qu'on introduit pour le commerce et la consommation de la ville. C'est dans cet édifice même que la révolution et la contre-révolution commencèrent à déployer cette série d'horreurs et d'atrocités, qui ont donné une funeste célébrité à l'histoire de ces dernières années. Guanaxuato possède un hôtel des monnaies , un collège assez fréquenté et une école modèle à la Lancaster; elle est en outre le siège de la cour de justice, dont le ressort s'étend, outre l'état de Guanaxuato , sur ceux de Mechoacan , de Queretaro, de San-Luis-Potosi et sur le territoire de Colima. En 1806 et 1807 , époque la plus tlorissante de l'exploitation de ses mines, Guanaxuato avec sa banlieue a compté jusqu'à 90,000 habitans ; cette population pendant la guerre est descendue jusqu'à 20,000 âmes ; actuellement on la porte jusqu'à 60,000. Les mines d'argent de Guanaxuato , de la Sirena, de las Ani-
nas t de Penafielj de\Sol, de San-Vicente , de Rayas , de Santa- Anita > du Mellado, de la Catla , de la Calice, del Secho y de San-Lorenzo, de las M aravillas j ^'Valenciana , de YE speranza, de Santa-Rosa , de YIndiana, de San- Raphael, etc., etc. , environnent Guanaxuato et ont formé par leur exploitation comme autant de faubourgs, dont plusieurs ont une population très considérable; on évaluait celle de Valenciana immédiatement avant la révolution jusqu'à 16,000 âmes. La Valenciana , dit M. de Humboldt, offre l'exemple presque unique d'une mine, qui pendant plus de 40 ans, n'a jamais donné à ses propriétaires moins de deux à trois millions de francs de profit annuel. Depuis 1804 elle n'a cessé de fournir annuellement un produit d'argent de plus de quatorze millions de livres tournois II y a eu des années si productives que le profit net de ses propriétaires , MM. Obregon et Otero , s'est élevé à la somme de 6 millions de francs. Mais Pou
doit aussi ajouter que c'est peut-être la mine dont les frais d'exploitation sont les plus considérables à cause de son immen§e profondeur; en 1803 elle avait atteint 514 mètres. On la regarde dans le pays comme la plus profonde que les hommes aient creusée; dans la même année la mine Berchert-Glack , à Freiberg , dans le royaume de Saxe, avait atteint 447 mètres de profondeur perpendiculaire. On croit, ajoute M. de Humboldt, qu'au xvie siècle , les travaux des mineurs Saxons, dans le filon Alter-Thurmhof , allaient jusqu'à 545 mètres de profondeur. En 1803 la dépense de l'exploitation de la Valenciana montait à la somme énorme de 5,000,000 de francs , dont 400,00 > francs pourle seul achat de 1600 quintaux de pou dre; 3100 ouvriers indiens et métis y étaient employés; 1800 l'étaient dans l'intérieur de la mine. La quantité de minerai livré à la fonte et à l'amalgamation a été de 720,000 quintaux ; le produit métallique de 360,000 marcs d'argent et le profit net des actionnaires de trois millions de francs. Malheureusement pendant les troubles causés par la guerre de l'indépendance et ses suites, tous les travaux nécessaires pour tenir à sec la mine ont été négligés ; l'eau s'en est emparée et ses propriétaires ont été dans l'impossibilité de reprendre son exploitation; c'est le sort qu'ont éprouvé presque toutes les autres mines du Mexique , surtout celles qui, étant les plus profondes, étaient aussi les plus riches. Le Mexique s'est vu ainsi privé des immenses trésors qu'il en relirait annuellement. Des compagnies de capitalistes Anglais ont entrepris depuis, mais sans beaucoup de succès, de remettre ces mines en état d'être exploitées de nouveau. Nous rapprochons ici le produit en argent que M. de Humboldt assigne aux plus riches mines de l'Amérique , afin de fournir au lecteur le moyen de comparer la Valenciana aux mines les plus célèbres par leurs richesses. C'est par des comparaisons faites avec des élémens vraiment comparables et soumis à un examen rigoureux , comme le sont toutes celles que fait ce savant, que l'on peut se former une idée de l'immense quantité d'argent mise en circulation par les mineurs du Mexique et par ceux du Pérou. Le filon de Guanaxuato comprenant la Valenciana , la Rayas et autres mines, fournissait au commencement du xix" siècle.55l,ooo marcs d'argent ; le filSn de Calorce, 400,000 marcs; celui de Zacatecas , de 335 à 402,000 marcs; le filon de Pasco ou de Lauricoclia, 300,000 marcs ; le filon de Potosi , 400,000 marcs. Mais on doit faire observer que la seule mine de Valenciana, dans le filon de Guanaxuato, a donné immédiatement avant la révolution jusqu'à 630,000 marcs d'argent ; que le produit du filon de Pasco, quelques années après l'établissement des pompes à feu, s'est élevé presque à 480,ooo marcs, et que la quantité moyenne fournie par le filon de Potosi, de 1585 à 1595, a été au moins de 887,073 marcs; selon d'autres calculs cette quantité aurait été même de 1,497,380 marcs. Nous avons déjà vu que toutes les mines d'argent de l'Europe ne fournissent qu'environ 215,000 marcs!
Léon-, charmante petite ville , avec de belles
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rues tirées au cordeau, dont les principales vont aboutir à uue superbe place ornée d'une somptueuse église paroissiale, de beaux portiques, du palais du gouvernement et de riches magasins ; le commerce y est très actif; elle est la plus peuplée de l'état après Guanaxuato et l'entrepôt principal de la fertile province nommée Baxio , théâtre funeste des plus grandes horreurs qui de nos jours ont ensanglanté le Mexique. Dans un rayon de 30 milles on trouve les ruines de deux forts qui ont acquis à cet égard une funeste célébrité; ce sont le fort de Sombrero {Comanja «les royalistes), bâti par les patriotes sur le sommet d'une montagne: c'était le boulevard de ia révolution; et le fort de los Pie me dio s construit sur la cime d'une autre montagne , et résidence du Padre Tories, un des principaux chefs de l'insurrection, renommé par son épouvantable cruauté. Hidalgo (jadis Dolores), gros village , où commença la révolution du Mexique dirigée par son célèbre curé Hidalgo. Zelaya, ville riche, marchande et bien bâtie; la magnifique église des Carmes, dont on vante beaucoup la tour et le dôme , est un des plus beaux temples du Mexique. Dans sa banlieue on l asse la Laxa sur un pont superbe. Allende (jadis San- Miguel - el- Grande) , importante par ses manufactures, et Irapuato, par sa population, qui dépasse 10,000 âmes; Salamancy, remarquable par la fertilité de son territoire et par sa magnifique église des Auguslins , où l'on conservait un très riche trésor de la Sainte- Vierge. El-Jakal, gros village d'environ 3000 âmes, avec un magnifique palais, où séjourne de temps en temps le marquis d' El- Jurai, regardé comme le plus grand propriétaire du Mexique; ses possessions sont plus étendues que plusieurs royaumes de l'Europe ; on estime leur surface à plus de 4o,ooo milles carrés. M. Ward porte à environ 3,ooo,ooo les têtes de gros et de menu bétail qui vivent sur ses posassions; et à 30,ooo le nombre des moutons envoyés tous les ans'ù Mexico , où ils sont vendus à raison de 20 à 21 réaux par tète; c'est eans doute un des plus riches particuliers du v.ionde.
Dans l'ETAT DE MECHOACAN : Valladolid , ville épiscopale, bien bâtie; Yaquedud , dont la construction a coûté près de 500,000 francs; la cathédrale etle séminaire qui est un des plus fréquentés de la Confédération , méritent d'être mentionnés; on lui accorde 25,000 habitans. Pascuaro , jolie petite ville , remarquable par la beauté de sa situation, sur les bords du lac de ce nom. Zintzunzant, très petite ville, jadis capital* «lu royaume de Mechoacan fondé par les Tarasqaes, dont nous avons parlé à la page 960. TLALruxAiiuA (San-Pedro-y-San-Pablo-Tlalpuxahua), importante par sa population et ses mines d' argent; Zamora et Ario, parleur commerce. C'est dans les environs de cette dernière, qu'en 1759 s'est formé le volcan de Joru 1 1 o (Xorullo, Juruyo) , phénomène unique dans son genre , puisque, dit M. de Humboldt, la géologie ne nous offre aucun exemple , où dans l'intérieur d'un continent, à 3Glicues de distance des côtes, à
plus de 42 lieues d'éloignement de tout autre vol" can actif, il se soit formé soudainement, au centre d'un millier de petits cônes enflammés, une montagne de scories et de cendres , haute de 517 mètres , en ne la comparant qu'au niveau ancien des plaines voisines.
Dans l'ETAT DE XAL1SCO, qui est leplus peuplé après celui de Mexico et le plus étendu après ceux de Sonora-et-Cinaloa, de Cohahuila-Texas et de Chihuahua : Guadalaxara , grande et belle ville, siège d'un évêché très riche. Ses rues tirées au cordeau et spacieuses , ses places nombreuses, grandes et symétriques, de nombreuses fontaines alimentées par un bel aqueduc d'environ 14 milles de long , des maisons grandes et d'une assez belle apparence .quelques palaisd'un aspect imposant, et plusieurs églises et couvens magnifiques doivent la faire ranger à côté des plus belles villes de l'Amérique. La cathédrale est un vaste temple surmonté de deux clochers : malgré la bizarrerie de son architecture elle est par ses ornemens une des plus belles églises du Mexique ; on y admire de superbes tableaux des plus grands peintres de l'Espagne ; une multitude de lampes et de vases en or et en argent, enrichis de pierreries et autres objets magnifiques.. L'église de St-François est peut-être aussi magnifique que la cathédrale , et elle est d'une architecture plus régulière ,• le couvent dont elle dépend est vaste et renferme dans son enceinte quatre autres églises assez étendues-, nous citerons ensuite Yéglise et le couvent des Augustins. On doit aussi nommer le ci-devant couvent des jésuites occupé depuis long-temps par Y université ; celle-ci est de beaucoup inférieure à celle de Mexico ; c'est dans son église que ,«e trouve le sanctuaire de Notre-Dame de Lorette ; le séminaire, bâtiment spacieux et bien distribué , ainsi que Yhôtel des monnaies ; malheureusement, les mines d'Estancias , de Palmareco et de Bolanos , qui naguère encore restaient fermées, ne lui envoient plus leurs lingots d'or et d'argent. Nous avons déjà fait mention de Y université et du séminaire; on doit citer encore parmi ses principaux établissemens littéraires le collège et Y école modèle à la sLancaster. En 1826, on publiait qualic journaux dans cette ville, qui est le siège de la cour de justice, dont le ressort s'étend sur les états de Xalisco et de Zacatecas. Sa population s'élève à 80,000 âmes.
Nous nommerons encore dans ce vaste état : LAr.os(San-Juan-dos-Lagos), remarquable par sa grande foire d'octobre , et surtout par le sanctuaire de Notre-Dame, appelé la Madone de San- Juan, visité par un grand nombre de Pèlerins. C'est un grand temple d'une architecture aussi simple que magnifique ; un seul autel de grandes dimensions s'élève au milieu de la jonction des nefs, et un vaste dôme le couronne; deux clochers très élevés ajoutent au grandiose du monument. San-Blas, très petite ville, mais importante par son arsenal maritime, le premier établissement de ce genre de la Confédération; son climat est si malsain pendant la saison chaude, que les employés et toutes les personnes aisées se retirent à Tenc, ville charmante, qui à cause
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d<; sa situation élevée jouit d'un meilleur climat. tioLANOS, gros bourg, considérable par sa riche mine d'argent. Barca , gros et beau bourg commerçant; Kokula , autre beau bourg avec un temple magnifique , qui est en même temps un sanctuaire célèbre. Chapala , gros bourg sur les rives du beau lac auquel il donne son nom, et sur lequel s'élève file Mes ca la, si célèbre dans les annales de l'indépendance. Voyez à la p. 1016.
Dans l'ETAT DE ZACATECAS : Zacatecas, ville de médiocre étendue, mais très importante par la richesse des mines d'argent qu'on exploite dans sa banlieue , parmi lesquelles les mines de San- Juan-Batista, de Panuco, et de Guadalupe de reta-Grande sont les plus riches. Zacatecas possède un collège, et un hôtel des monnaies, qu'on peut regarder comme le second de la Confédération. En 1826 on y publiait un journal. On estime sa population 5 30,000 âmes. A 3 milles de Zacatecas se trouve le magnifique temple de N uestra-Senora de Guadalupe.
Aguas-Calientes, ville de médiocre étendue . mais une des plus belles et des plus industrieuses du Mexique-, son climat délicieux et la fertilité de son sol bien cultivé , lui procurent abondamment presque tous les fruits et toutes les denrées des deux mondes. Les grandes routes qui y aboutissent et l'activité de ses habitans l'ont rendue le centre d'un grand commerce intérieur; elle est surtout renommée par sa grande manufacture de drap, qui, selon M. Ward, employait il y a quelques années 350 personnes, et par les eaux thermales qu'on trouve dans son voisinage , et auxquelles elle doit son nom. Sa population parait dépasser 30,000 âmes. Jerez , Pino ,
NOCHISTLAN , SOMBRERETE et FRESNILLO , petites
villes, remarquables par leur population, que M. Ward estime de 14 à 18,000 âmes ; Sombrerete et Fresnillo sont en outre importantes par leurs riches mines d'argent. Nous rappellerons même avec M. de Humboldt, que la Feta-Negra de Sombrerete a offert l'exemple de la plus grande richesse que jamais filon ait montrée dans les deux hémisphères.
Dansl'ETAT DE SONORA-ET-CINALOA : Villa del Fuerte , naguère encore très petite, mais maintenant assez considérable et s'accroissant tous les jours depuis qu'elle est devenue la capitale de l'état , la résidence du gouverneur, du congrès et de l'évêque. Culiancan , ville de médiocre étendue , de 12,000 âmes, et la plus grande de l'état. Alamos , avec une riche mine d'argent; Guaymas , importante par son commerce et par son port, que MM. Hardy et Ward regardent comme le meilleur du Mexique; elle est si bien située sous le rapport militaire, qu'avec une légère dépense on pourrait la rendre imprenable. Cinaloa, remarquable par sa population; Arispe, par sa population et pour avoir été avant la révolution le siège de l'intendant; Sonora , par son évêché et par ses mines d'argent ; Pitit , la plus commerçante de l'état ; Hostimuri, Cosala et El-Rosario, avec des mines d'argent ; EI-Rosario est aussi le siège de la cour supérieure de justice pour l'état deSonora-
et Cinaloa et le territoire des Californies; Mazatlan , 3000 âmes , importante par son port. Presidio de Buenav:sta, dansla Pimeria-Baxa (Basse) et Presidio de Torrenate , dans la Pimeria- Alta (Haute), petits postes militaires, que nous nommons pour indiquer cette partie de la Sonora si importante sous tant de rapports. La Pimeria- Alta surtout, qui s'étend depuis Terrenate jusque vers le Rio-Gila , peut être appelée le Choco de V Amérique-Septentrionale. Tous les ravins , dit M. de Humboldt, et même des plaines y con* tiennent de l'or de lavage disséminé dans des terrains d'alluvion. On y a trouvé des pépites d'or pur d'un poids de deux à trois kilogrammes. Mais ces lavaderos sont faiblement exploités à cause des incursions fréquentes des Indiens-Indépendans,et surtout à cause delà cherté des vivres qu'il faut transporter de très loin dans ce pays inculte. D'un autre côté, et sur la rive droite du Rio de l'Ascension , vivent les Seris, peuplade très belliqueuse , à laquelle plusieurs savans mexicains , trompés par la ressemblance du nom, ont attribué une origine asiatique.
Dans l'ETAT DE CHÏHUAHUA : Chiiiuaiiua , grande et belle ville située sur un petit affluent du Couchos , qui porte lui-même ses eaux au Rio del Norte. Parmi ses principaux édifices on remarque V église principale, une des plus belles du Mexique ; le palais de l'état et de vastes galeries; tous ces bàtimens ornent une vaste place. Chihuah.ua a une académie militaire florissante et environ 30,000 habitans ; M. Hardy porte leur nombre à 70,000. Ses environs offrent de belles promenades et de riches mines d'argent ; un bel aqueduc y apporte l'eau. Chihuahua avant la révolution était la résidence du capitaine-général des Provinces-Intérieures. Nous nommerons encore Santa Rosa de Cosiquiraqui à cause de ses riches mines d'argent
Dans l'ETAT DE DURANGO : Durango , ville épiscopale assez bien bâtie, avec un séminaire, un hôtel des monnaies regardé comme le troisième de la Confédération et une population qu'on porte à 25,000 âmes. On y frappe des pièces avec l'argent tiré des riches mines de ses environs, où se trouvent aussi les deux sanctuaires de Nuestra Senora de los Remedîos et de Nuestra Senora de Guadalupe.
C'est à peu de distance de cette ville que, selon M. de Humboldt, se trouve, isolée dans la plaine, une énorme masse de fer malléable et de nickel , qui dans sa composition est identique avec l'aérolithe tombé en 1751 à Hraschina près d'Agram, dans la Croatie ; elle pèse près de 1900 myriagrammes, ce qui est 400 de plus que l'aérolithe découvert à OlumpadansleTucuman,
Les autres lieux les plus importans sont : San- Juan del Rio , avec une population qu'on porte à 10,000 âmes ; San-Jose del Parral , siège de la cour de justice pour les états de Durango et de Chihuahua et pour le territoire du Nouveau- Mexique; elle est aussi le chef-lieu d'un district de mines. San-Pedro de Batopilas , encore assez considérable et jadis très célèbre par la richesse de ses mines d'argent; Nombre de Dios et Parras avec de riches mines d'argent; la culture
île la vigne réussit dans les environs de Pan as située non loin du lac de ce nom.
Dans l'ETAT de COHAHUILA-ET-TEXAS , le moins peuplé de tous les états et peut-être le plus vaste : Monclova , très petite ville , que nous ne nommons que parce qu'elle est la capitale de l'état. Saltillo , qui en est la plus riche et la plus peuplée. San-Felipe de Austin , chef-lieu de la nouvelle colonie fondée dans le Texas. Il est bon de rappeler au lecteur que l'acquisition de ces vastes solitudes est convoitée par les Etats-Unis ; on prétend que le gouvernement fédéral a offert , par le moyen du colonel Poinsett, de payer dix millions de dollars. Les Mexicains ont non-seu- Jement refusé cette proposition , mais ils ont même envoyé cinq régimens pour y former des colonies* militaires; De petites concessions , ou plutôt des ventes , se font actuellement à des émigrés de diverses nations, au prix de 40 dollars pour cent acres. Les Nègres et les Indiens, qui fuient l'esclavage et l'oppression des Etats Méridionaux de l'Union, y sont reçus et protégés-, les esclaves sont libres en touchant le sol du Texascomme ils le sontau nord en mettant le pied sur celui du Canada. Les Indiens reçoivent des terres où ils s'établissent.
Dans l'ETAT DE NUEVO-LEON : Monterey , ville de médiocre étendue et assez bien bâtie, avec une population qu'on estime à 15,000 âmes-, c'est la plus importante de toutes les villes mexicaines situées entre son méridien et celui qui passe par la frontière occidentale de la confédération Anglo-Américaine. Monterey fait un commerce assez étendu et est le siège d'un évêché et de la cour de justice pour les états de Nuevo-Leon , de Tamaulipas et de Cohahuila-et-Texas.
Dans l'ETAT DE TAMAULIPAS: Acuayo, pctiteville d'environ cooo habitans ; c'est la capitale de l'état. Tampico de Tamaulipas, petite ville, fondé en 18/4 sur les bords du lac qui communique avec iePanuco par une issue navigable poulies gros bateaux. Pendant le siège de la citadelle «le St-Jean de Ulua, Tampico faisait avec Alvarado tout le commerce que faisait auparavant Vera-Cruz; cetle circonstance favorable et sou port considéré comme le moins mauvais de la rote orientale du Mexique, l'ont rendue la ville la plus peuplée et la plus florissante de l'État; c'est la première pince maritime de la Confédération ; avant la révolution ce n'était qu'un repaire de contrebandiers et de pirates. El-Refugio, très petite ville, importante par son port et son commerce. Altamira, petite ville très déchue depuis que le commerce s'est transporté à Tampico. A quelques milles d'Altamira s'élève une montagne isolée, au milieu d'un pays plat monotone et aride-, son sommet se perd dans les nues , coupée en pyramide parfaite, plusieurs savansl'ontjugée plutôt le produit des hommes que celui de la nature; les traditions des indigènes l'attribuent aux géans. C'est sans doute un phénomène qu'on doit ranger parmi les plus grandes merveilles du monde. Tula , assez jolie petite ville; « lie doit son origine à une colonie de Mcxi tains de Tula que nous avons décrite à la page 3024 A plusieurs milles de distance se trouve la
fameuse gorge de tos C altos; M. Bellrami . qui l'a visitée , la compare à tout ce que la natur« offre de plus romantique et de plus pittoresque en ce genre.
Dans l'ETAT DE SAN-LUIS-POTOSI : San-Luis- Potosi , ville de médiocre étendue , mais à laquelle une belle place, de belles fontaines, des rues larges et alignées, de superbes églises, des couveus très riches et un commerce très actif assignent une des premières places parmi les villes principales du Mexique. L'église paroissiale de Sl-Pierre et celles des vastes couvens du Carme et de St-François j la monnaie et Yaqueduc sont les édifices les plus remarquables ; on loue surtout les ciselures des deux premières, ainsi que le jardin du couvent du Carme, qui, selon M. Beltrami.a deux milles de tour. Pendant le siège de la citadelle d'Ulua , le commerce de San- Luis avait pris un développement extraordinaire ; malgré sa diminution depuis l'ouverture du port de Vera-Cruz,il est toujours resté très considérable; c'est le grand entrepôt de Tampico pour les pays intérieurs. San-Luis doit sa célébrité aux riches mines d'argent de son voisinage , qui maintenant sont peu productives et que bien des géographes confondent avec d'autres mines très abondantes situées dans cet état , mais trop éloignées pour être regardées comme appartenant aux environs de cette ville. San-Luis possède aussi un collège florissant et une école modèle à la Lancasler. On peut porter sa population à environ 50,000 âmes.
Nous nommerons ensuite : Catorce (la Purisima Conception de Alamos de Catorce) , gros bourg, renommé parla richesse immense de ci mine d'argent; Ciiarcas (Sanla-Maria de las Charcas), Ramos et Guadaixazar, autres bourgades importantes par leurs riches mines d'argent.
ETAT DE VERA-CRUZ. II y a peu de région du Nouveau-Continent, dit M. de Humboldt, dans lesquelles le voyageur soit plus frappé du rapprochement des climats les plus opposés. Toute la partie orientale de cet état occupe la pente des cordillères d'Anahuac. Dans l'espace d'un jour, les habitans descendent de la zone des neiges éternelles à ces plaines voisines de la mer dans lesquelles régnent des chaleurs suffocantes. Nulle part on ne reconnaît mieux l'ordre admirable avec lequel les différentes tribus de végétaux se suivent comme par couches les unes au-dessus des autres, qu'en montant du port de la Vera-Cruz vers le plateau de Perote. C'est là qu'à chaque pas on voit changer la physionomie du pays, l'aspect du ciel, le port des plantes, la figure des animaux, les mœurs des habitans et le genre de culture auquel ils se livrent. Vera-Cruz , qui est la capitale de l'état, est bâtie sur le bord delà mer dans une plaine aride, entourée de colline de sable mobile, et près de marécages dont les miasmes délétères réunis à l'étouffante chaleur produite parla réverbération des rayons du soleil , rendent son climat un des plus malsains que l'on connaisse. Deux redoutes avec quelques canons défendent son port qui n'est ni vaste, ni profond , et où les vaisseaux ne trouvent aucun abri contre les vents
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du nord qui y soufflent avec une grande violence. Malgré tous ces désavantages et le manque d'eau, cette ville a été pendant des siècles et est encore la première place commerçante du Mexique. Pendant la domination espagnole, elle était même la seule où l'on apportait toutes les denrées de ce riche pays, pour y être échangées contre celles d'Europe, qui y arrivaient de la Havane , le commerce qui se faisait à Acapulco ne devant être regardé que comme une très petite fraction dans la masse de celui du Mexique. Vera-Cruz est jolie et très régulièrement bâtie ; elle a beaucoup gagné depuis quelques années sous le rapport de la police intérieure. On doit citer : la Citadelle de San Juan d'Ulua bâtie surunilot; la tradition vulgaire fait monter les frais de sa construction à 200 millions de francs; elle domine la ville et protège le port ; c'est la meilleure et la plus importante forteresse de toute la confédération ; elle fut prise en 1838 par les Fi ançais commandés par l'amiral Baudin. Le chemin qui mène auPérote; en 1803, il coûtait, selon M. de Huinboldt, plus de 480,000 francs par lieue ; le magnifique phare; c'est une très haute tour placée à l'extrémité du château de San-Juan d'Ulua, qui, avec la lanterne a causé une dépense d'environ 500,000 francs; enlin Yaqueduc, dont la construction a coûté plusieurs millions de francs. Malgré les pertes produites par la guerre et par la fièvre jaune qui y est endémique , on nous assure que la population de cette ville s'élève encore à 15,000 âmes. Il est important de remarquer que ce terrible fléau ne parait régulièrement que sur plusieurs points du golfe du Mexique , et surtout à la Vera-Cruz , à la Havane et à la Nouvelle-Orléans. Hors de ces étroites.limites , cette maladie ne s'est montrée que sur quelques points de la côte des Etats-Méridionaux de la confédération Anglo-Américaine, à Cayenne et dans quelques autres ports sur l'Atlantique, et dans l'hémisphère oriental au Sénégal, à Cadix et sur quelques points des côtes de la Méditerranée , mais toujours à des époques éloignées. En 1826, on publiait deux journaux à Vera-Cruz.
Les autres villes les plus remarquables sont : Alvarado , très petite ville, naguère encore triste et misérable village, mais où pendant le siège de la citadelle de San-Juan d'Ulua, s'était concentrée la plus grande partie du commerce de la Vera- Cruz ; en 1826 , on lui accordait déjà au-dessus de 3000 habitans. Pataistla , gros village indien , remarquable par l'antique pyramide située dans son voisinage au milieu d'une forêt épaisse. Ce monument , comme tous les léocallis mexicains , se compose de plusieurs assises ; mais au lieu de briques ou d'argile mêlée de cailloux , on n'a employé dans sa construction que d'immenses pierres de taille porpliyritiques, dont le poli et la régularité de la coupe sont vraiment remarquables. C'est une pyramide canée, de 25 mètres de longueur et de 16 à 20 mètres de hauteur. Un grand escalier mène à la cime tronquée du téocalli. Le revêtement des assises est orné d'hiéroglyphes, dans lesquels on reconnaît des serpens et des crocodiles sculptés en relief. Chaque assise offre un grand nombre de niches carrées
et symétriquement distribuées; on en porte le nombre total à 378. Xalapa, dans une position délicieuse est environnée de jardins et de campa gnes fertiles , où croissent les arbres fruitiers de l'Ancien et du Nouveau-Continent ; c'est dans ses environs qu'on recueille et que l'on prépare une grande partie de la célèbre racine purgative qui en lire le nom ; elle est aussi le séjour des plus riches négocians de Vera-Cruz pendant la saison chaude. La foire, qu'on y tenait avant la révolution , était la plus fréquentée du Mexique. A quelques milles on trouve , sur le chemin de Las Vegas , une cascade qui, selon M. Beltrami , serait peut-être la plus haute qui existe au monde; et sur le chemin de Vera-Cruz on passe le PueAte del Rey, construit sur la rivière Antigua dans une gorge profonde; c'est un des passages les plus importans, et il est fameux dans les annales de la guerre de la révolution. Orizaba , une des villes les plus florissantes de la confédération, et remarquable surtout par ses immenses plantations de tabac et parle voisinage de son volcan colossal. Perote, importante par sa citadelle , par Y école milh taire qu'on y a établie et par la haute montagne voisine nommée Coffre de Perote; Cordoba , par ses vastes champs de tabac, dont le produit, joint à celui d'Orizaba , suffisait, selon M. de Humboldt, à la consommation de tout le Mexique, et rapportait de 18 à 20,000,000 de francs au gouvernement. Tuxtla, remarquable par le voisinage de son volcan , que par erreur, quelques géographes placent dans les environs de Vera-Cruz. Guazacualco , emplacement remarquable à l'embouchure de la rivière de ce nom, que nous signalons à cause de son port regardé comme le meilleur qu'offrent les rivières qui débouchent dans le golfe du Mexique, sans en excepter le Mississipi , et par la célébrité que lui a valu Yessai malheureux de colonisation fait dans ces dernières années par le gouvernement mexicain , en transportant sur ses rives des colons allemands, suisses et français.
"Dans l'ETAT DE PUEBLA, outre Puebla, Ch lula, Tlascala et Tepeaca, que nous avons déjà décrites aux pages 1026, 1027, et 1028, nous ajouterons encore Huajocingo , petite ville jadis très importante , parce qu'elle était la capitale de la république de ce nom, souvent en guerre contre celles de Cholula et de Tlascala,- elle résista comme ses rivales pendant des siècles à l'empire Mexicain. Tehuacan, remarquable par sa population; Atlixco, parla beauté de son climat, la fertilité de son territoire et par son fameux cyprès (cupressus disticha Lin.), dont le tronc a 73 pieds de circonférence, ce qui à quelques pieds près est la même grosseur que celle du baobab du Sénégal (Jdansonia digilata).
Dans l'ETAT d'OAXACA : Oaxaca. une des plus belles villes du Mexique, bâtie sur les bords du Rio-Verde, au milieu de jardins et de plantations de nopals, dans un climat renommé par sa bonté et par la longévité dont jouissent ses habitans. Oaxaca est le siège d'un éveché. Le palais épiscopal. la cathédrale et le séminaire sont ses
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bàlimens les plus remarquables. M. Robinson fait observer que cette ville est bàlie en pierres vertes, ce qui lui donne un air de fraîcheur qu'on ne voit dans aucune autre. En 1826, on y publiait deux journaux , et on estimait sa population, en y comprenant celle de sa banlieue immédiate, à environ 40,000 âmes. Nous rappellerons avec M. de Humboldt que c'est près de cette ville qu'on a trouvé un relief, qui est un des restes les plus curieux delà sculpture mexicaine. Il représente un guerrier sorti du combat et paré des dépouilles de ses ennemis ; son accoutrement offre un mélange de costumes très extraordinaire. Les esclaves, représentés assis et les jambes croisées aux pieds du vainqueur, sont très remarquables à cause de leurs attitudes et de leur nudité. Ce qui frappe le plus dans cette composition, dit M. de Humboldt, ce sont les nez, d'une grandeur énorme qui se trouvent répétés dans les six tètes vues de profil. Dans les envii ons immédiats d'Oaxaca, au village de Sa nt a-Mari a de l Tu le, on voit un énorme tronc de cyprès (cupressus disticha Lin.) qui a 36 mètres de circonférence ; mais, dit M. de Humboldt, en l'examinant de près M. Anza a trouvé que ce qui excite l'admiration des voyageurs n'est pas un seul individu, et que trois troncs réunis forment ce fameux cyprès , dont la circonférence apparente dépasse celle du cupressus disticlia d'Atlixco, du dragonnier des Canaries et de tous les baobabs de l'Afrique. M. Ward estime la circonférence du tronc de ce cyprès à 93 pieds anglais. Un savant géographe, M. de Larenaudièrc, a donné une brillante peinture de la délicieuse vallée au milieu de laquelle s'élève Oaxaca. « De nombreux villages, dit notre ami, remarquables par des souvenirs ou des beautés naturelles, s'y rencontrent à de petites distances. C'est Talixtaca , renommé par sa fertilité; H uayap a ,1e jardin d'Oaxaca, qu'entoure un bois de citronniers, d'orangers et une multitude d'arbres à fruits, que parfume la tleur blanche des cacaotiers, et que rafraîchissent les eaux limpides des fontaines; Zachita, où les rois tzapotèques tenaient leur cour, et dont les voyageurs n'ont point encore examiné les antiquités; Ella , jadis Lo o hv anna (Marché), dont les terres fertiles approvisionnaient la maison militaire des anciens rois, et où l'on récolta le premier froment apporté par les Espagnols ; A zompa , où l'on prépare la meilleure argile delà province, qui, travaillée par des mains habiles, se transformerait en vases élégans; C ni lapa , qui n'offre que son église gothique comme une médaille de l'Ancien-Monde ; enfin Oco tlan , au pied de la Sierra , du sommet «le laquelle le grand esprit , disaient les naturels, rendait ses oracles-, les superstitions ont disparu avec les pauvres Indiens, et la nature seule est restée inépuisable et pittoresque.» Nous rappellerons au lecteur que c'est surtout dans la vallée d'Oaxaca que l'on recueille cette belle cochenille, véritable trésor de cette contrée. Dans le cours de 62 ans, elle lui a valu 95,937,509 piastres, sans y comprendre les sommes considérables entrées en contrebande par suite de l'élévation du tarif des droits.
Les autres villes et lieux les plus remarquable» sont ; Tepozcolula, importante par son industrie et par la culture de la cochenille; Tehuantepec. par sa population , sa lagune et ses salines; nous avons signalé à la page 928 tout ce qui concerne le projet de canalisation ; Villalta, par ses mines d'argent et par ses manufactures. On ne doit pas oublier Mitla, dans une triste solitude , emplacement auquel des ruines d'édifices très remarquables par leur ordonnance et par l'élégance de leurs ornemeus donnent une grande importance archéologique. Le palais ou plutôt les tombeaux de Mi lia forment trois bàtimens disposés symétriquement; l'édifice principal a près de 40 mètres de long ; la hauteur parait n'avoir jamais dépassé 5 à 6 mètres. Un escalier pratiqué dans un puits conduit à un appartement souterrain de 27 mètres de long sur 8 de large. Cet appartement lugubre est couvert des mêmes grecques qui ornent les murs extérieurs de l'édifice ; et, ce qui est très curieux, leur dessin est égal â celui que l'on admire sur les vases nommés étrusques. La distribution des appartemens intérieurs offre des rapports frappans avec celle que l'on remarque dans les monumens de la Haute* Egypte. M. de Laguna a trouvé dans ces ruines des peintures curieuses représentant des trophées de guerre et des sacrifices. Mais ce qui les dislingue, dit M. de Humboldt, de tous les autres restes de l'architecture mexicaine , ce sont six colonnes de porphyre placées au milieu d'une vaste salle et soutenant le plafond. Ces colonnes, qu'on regardait, il y a quelques années , comme les seules qui eussent été trouvées dans le Nouveau-Continent, manifestent l'enfance de l'art ; elles n'ont ni base ni chapiteau ; on n'y remarque qu'un simple rétrécissement à la partie supérieure. On conjecture que c'est dans cet édifice que le roi des Tzapotèques se relirait pour quelque temps lors de la mort d'un fils, d'une épouse ou d'une mère. On voit aux environs de ces ruines pelles d'une grande pyramide et les débris de plusieurs autres édifices.
Dans l'ETAT DE CHIAPA : Ciudad-Real, petite ville, résidence d'unévêque; Cuiapa de los Indios , Tuxtla , San-Bartolomeo (San-Bartolomeo de los Llanos), Comitlan (San -Domingo Comillan), et Chamula ( San -Juan- Chamula) , toutes importantes par leurs populations. Chiapa avant la révolution n'était guère habitée que par des indigènes très civilisés , qui avaient obtenu du gouvernement espagnol de grands privilèges par la protection de l'immortel Las Casas, défenseur des Américains et évèque de Ciudad- Réal. Ocosingo, gros village, remarquable par les vestiges de l'ancienne ville de Tulha. San Domingo de Palenqué , autre gros village, devenu de nos jours très important par les imposantes ruines de Culhuacan , improprement appelées Palenqué , et que M. Jomard appelle la Thèbes Américaine. Cachées pendant tant de siècles dans d'épaisses forêts , et inconnues jusqu'aux derniers temps aux philosophes et aux antiquaires, elles ont été explorées pour la première fois en 1787 par le capitaine Antonio del Rio et don José Alonzo de
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Calderon , et postérieurement par d'autres personnes, qui ont découvert une grande quantité de ruines dans la province de Cliiapa et dans le Yucatan. Elles offrent incontestablement les monumens les plus curieux, les plus grandioses et les plus remarquables du Nouveau- Monde. Dessinées sur les lieux avec une grande fidélité par le colonel (alors capitaine) Dupaix, en partie publiées à Londres et savamment analysées par M. Warden dans les Mémoires de la Société de géographie de Paris , leur ensemble forme la belle collection de M. Baradère et une partie de la collection mexicaine non moins remarquable qui a appartenu à M. Latour Allard. La ville de Culhuacan, située près du Micol, affluent du Tulija , dont les eaux se dirigent du côté de Tabasco , parait avoir eu de fi à 7 lieues de tour; ses ruines offrent encore des temples, des fortifications, des tombeaux, des pyramides, des ponts, des aqueducs, des maisons, etl'on y a trouvé des vases , des idoles , des médailles , des instrumens de musique, des statues colossales, et, ce qui est bien remarquable ,des bas-reliefs d'une assez belle exécution et ornés de caractères qui paraissent être de véritables hiéroglyphes. Tout annonce que ce fut jadis la résidence <i'un peuple très avancé dans l'architecture , la sculpture et même dans la peinture, peuple dont la taille haute et svelte , les belles proportions et les traits de la figure n'ont rien d'asiatique, d'africain ou de malais. Le grand temple, de forme carrée et entouré d'un péristyle, peut avoir 300 pieds de long sur environ 30 d'élévation ; ses murailles ont 4 pieds d'épaisseur. L'intérieur est divisé en plusieurs corps de logis séparés par des cours. Du milieu de l'édifice s'élève une tour d'environ 7§ pieds de haut, qui probablement servait de belvédère-, il en reste encore 4 étages-, l'escalier qui conduit au sommet est au centre; il est éclairé par des fenêtres percées de chaque côté à chaque étage-, l'architecture en est simple et élégante. Au-dessous du temple il y a de vastes souterrains dans lesquels on descend par des escaliers ; ils n'ont pas encore été explorés. Les murailles sont ornées de bas-reliefs sculptés sur pierre et revêtus d'un stuc très fin; les personnages ont huit à neuf pieds de hauteur. Notre savant ami M. le docteur Constancio , qui en 1829 a donné un article très remarquable sur ces monumens dans la Revue Trimestrielle créée et savamment dirigée par M. Ruchon , a fait preuve d'une vaste érudition dans l'explication qu'il a publiée du tableau de Y adoration de la croix, qu'on y a trouvé et sur lequel, depuis plusieurs années, M. le baron de Humboldt avait appelé l'attention des philosophes et des antiquaires. Ce fait mystérieusement curieux, selon l'expression de ce voyageur célèbre, mérite que nous entrions dans quelques détails.
Ce bas-relief présente au milieu une croix de forme latine avec une seconde croix inscrite dans la première. Les trois bras supérieurs des deux croix se terminent par trois croissans réunis, et le pied de la grande croix repose sur un support presque semi-elliptique placé sur un cœur, dont la partie supérieure porte la ligure d'un 8 placé en travers, ainsi «.Lacroix est surmontée
d'un coq 5 double queue, tenant dans le bec un bonnet ou calotte hémisphérique. A gauche de la croix, on voit une femme tenant du bras gauche un enfant nouveau-né, et le présentant à un prêtre en habits sacerdotaux debout du côté opposé sur un siège formé de deux spirales placées en sensopposé. L'enfant est couché sur deux branches de lotus; sa tête est terminée en un croissant de l'extrémité duquel sort un disque à rayons tournés en haut. De derrière sa tête sortent deux feuilles de lotus, et son corps se termine de même par une feuille et est séparé de la main de la figur e de femme par quatre petites sphères. La croix inscrite est ceinte dans sa longueur par quatre demi-cercles placés deux à deux en face l'un de l'autre. De chacun des bras latéraux de la grande croix extérieure part une branche droite terminée en crochet rectangulaire et garnie de rayons divergens terminés par de petits globes. Ce vaste tableau est entouré d'un grand nombre de médaillons et de figures. Le scarabée est répété plusieurs fois sur les deux bandes latérales, et, sur celle à droite de la croix, il est accompagné de deux ellipses croisées. Sur plusieurs médaillons, on remarque la croix rectangulaire à branches égales, et dansl'un d'eux, elle porte quatre globes , chacun répondant à un de ses angles. Dans un autre médaillon on voit le T ; et au-dessous est unecllipse renfermant une seconde ellipse qui contient un arc surmonté d'une pyramide. Deux sphères sont placées au-dessus de l'un et une au-dessous.
D'après la place qu'occupent dans ce tableau et dans tous les autres les caractères disposés en bandes devant les personnages, et d'après l'expression de la bouche de ces mêmes personnages, qui ont l'air de parler ou de donner des ordres, M. Constancio pense que ce sont de véritables hiéroglyphes. En poursuivant ses comparaisons, il a reconnu les ressemblances les plus frappantes entre les symboles de ce bas-relief et ceux de l'Egypte et de l'Inde. L'identité est parfaite pour plusieurs-, et comme , dit ce savant , la religion et la symbolique des Brahmes paraissent n'être qu'une contre-épreuve modifiée et retouchée du système primitif égyptien, il n'est pas étonnant que la symbolique du Guatemala ressemble à-la-fois à celle des deux nations dont la civilisation remonte le plus haut. Le serpent, le lotus, la tiare, le scarabée , la roue , la croix rectangulaire à branches égales ou inégales , inscrite ou non dans un cercle , le T mystique et une foulft d'autres emblèmes solaires et luni-solaires sont communs à Palcnqué, à l'Egypte et à l'Inde. Plusieurs poses semblent se rapprocher davantage du type hindou ; mais la croix posée sur un cœur, le crochet ou sceptre mystique, le fouet symbolique, le scarabée solaire , le disque d'où sort un faisceau de rayons , qui répond à l'idée de lumière , la calotte de Horus , sont tout-à-fait égyptiens et se rattachent au sens des représentations emblématiques exprimant la force et l'énergie solaires et la marche annuelle de l'astre du jour, source de lumière et de vie , dans un système comme dans l'autre M. Constancio finit sa savante analyse en d.saut
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que dans ce tableau, qui occupait tout le fond u'un temple, dédié sans doute au soleil, on a voulu figurer la naissance du soleil au solstice d'hiver. L'-cnfant mystérieux est présenté par la déesse de l'année, ou l'année personnifiée, au grand prêtre du soleil, qui tire l'horoscope de cet enfant ; les hiéroglyphes disposés des deux cotés de la croix expriment les paroles des deux personnages. M. Constancio ajoute que les Portugais, à leur arrivée dans l'Inde, ont trouvé des croix tout-à-fait semblables à celles dePalenqué, surmontées les unes d'une couronne ou cercle, les autres d'une colombe , d'un paon ou d'un coq. Confondant Go-tamà avec Saint-Thomas, ils l'attribuèrent à l'apôtre, ainsi que des légendes écrites à l'entour en anciens caractères semblables aiigranl'ha, relatives à la mort de Cbrichna sur un arbre en croix , et à sa conversion en un morceau de bois d'ébène qui fut transporté miraculeusement à Orixa et recueilli dans la pagode deJagernat. A la page 975, nous avons déjà signalé les analogies remarquables que M . Jomard a trouvées entre ces monumens et ceux de la vallée du Nil.
Dans FETAT DE TABASCO on ne trouve que de petites villes. Nous nommerons Santiago de Tadasco, parce qu'elle est la capitale; et Nuestra Skm>i,a de laVittoria, parce que c'est sur son emplacement que Cortez débarqua et qu'il remporta une victoire lors de sa mémorable expédition contre l'empire du Mexique.
Dans l'ETAT DE YUCATAN : Mérida , ville de médiocre étendue , siège d'un évèellé et de la cour de justice pour les états de Cbiapa, de Tabasco et de Yucatan. Campeciie, petite ville •le i j.ooo ames, l'une des places fortes du Mexique, importante par son commerce et par son port qui n'est pas très sûr. C'est surtout dans les forêts qui s'étendent au sud de cette ville le long du Rio- Champolon, que l'on fait la coupe du fameux bois de campéche (hœmatoxilon campechianum)- En général, dit M. de Humboldt.l'hœmatoxilon est très abondant dans tout le Yucatan, sur la cote de Honduras dans la confédération de Guatemala, et se trouve épais dans toutes les forêts de l'Amcrique-Equinoxiale , où la température moyenne n'est pas au-dessous de 22° du thermomètre centigrade. Nous ajouterons que, dans la partie orientale de cet état et surtout au sud de Mérida , on trouve plusieurs bàtimens en pierre;* un de ces édifices, que les naturels nomment Ox mutai , est encore assez bien conservé; le pere Thomas de Sora , qui l'a visité dans la seconde moitié du xviue siècle, dit qu'il a 6oo pieds sur chaque façade; lesappartemens, le corridor extérieur, les piliers sont ornés de figures in medio relievo, de serpens, de lézards, etc. , en stuc. On y voit des statues d'hommes avec des palmes à la main et dans l'attitude de gens qui dansent en frappant du tambour; elles ressemblent en tous points à celles qu'on a trouvées dans les ruines de Palenqué. 11 y a beaucoup de débris d'autres bàtimens semblables au nord tie Mérida et surtout sur la route de cette ville à Racalar.
i>ans le TERRITOIRE DES CALIFORNIES,
nous citerons : Mosteuei (San-Caklos de), chef-lieu de la Nouvelle-Californie , cédée, en 1848, par le Mexique aux Étals-Unis. San- Fuancisco, dont le port est regardé comme le plus beau de tout le Nouveau - Continent, l a Nouvelle-Californie a pris tout-à-coup une immense importance due à la découverte de riches gisemens d'or. Leur exploitation très productive» commencée seulement depuis 1848, y attire d'innombrables émigrans qui viennent y chercher de l'or, ou y porter leur industrie. Dans la Vieille- Ca/i for/lie, Loreto, misérable petite ville regardée comme chef-lieu C'est dans la baie de Cep. \ lvo et autour des iles de Saista-Crlz et Sas-Jose , sur la côte orientale de la Vieille-Californie , que l'on fait la pèche des perles : malheureusement depuis plusieurs années le produit est réduit a peu de chose. Dans cet immense territoire errent une foule de nations indépendantes et plusieurs qui font la guerre aux Mexicains ; c'est aussi dans ses limites que se trouvent les grandes bourgades des Moqli, le long du Rio-Yaquesila et les ruines de CASA-Gp.ANDESurlesbordsdu Rio-Gila.Ce sont dit M. deHumboldt, les restes d'une ancienne ville aztèque; ils occupent un terrain de près d'une lieue carré». La grande-maison est exactement orientée et est construite en torchis ; les murs ont douze décimètres d'épaisseur. Ce genre de construction est encore en usage dans tous les villages des Moqui. Une muraille interrompue par de grosses tours ceint l'édifice principal et parait lui avoir servi de défense. Le père Garcès , qui les visita en 1773, découvrit les vestiges d'un canal artificiel, qui conduisait les eaux du Gila à la ville Toute la plaine environnante est couverte de cruches et de pots de terre cassés , joliment peints en blanc, en rouge et en bleu. On trouve aussi parmi ces débris de faïence mexicaine, des pièces d'obsidienne (ilztli). Plusieurs savans croient que cette ville ruinée a été la seconde station des Aztèques, dans la supposition très vague d'après laquelle on trace leur migration depuis Aztlan jusqu'à Tula et à la vallée de Tenochtitlan. Le même missionnaire trouva dans le pays des Moqui des villages peuplés de 2à 3000 âmes, et même une ville 1res régulièrement construite , ayant des maisons à plusieurs étages et deux grandes places publiques. C'est ici qu'il nous parait plus convenable de dire un mot sur la ville fabuleuse de Cibola (Cibora), dont la magnificence, l'immense population, la police et la civilisation de ses habitans ont été tant exagérées parle moine voyageur Marcos de Nizza. D'après les nouvelles de sa découverte, qu'il donna à Antonio de Mendoza, vice-roi du Mexique, celui-ci y envoya, en 1540, Vasquez de Coronado avec une petite armée, pour y établir la domination espagnole. Vasquez y trouva en effet un royaume dé Cibola, qui renfermait sept bourgades, dont la principale contenait 500 maisons assez bien construites , mais habitées par des sauvages. M. Eryès a commenté avec une rare sagacité la relation de Coronado dans la Biographie Universelle, ouvrage qu'il a enrichi, de même que MM. de Larenaudière, Walckenaer et autres savans distingués, d'un grand nombre d'excel-