CONFEDERATION DE L'AMERIQUE-CENTRALE
lentes notices, qui offrent des documens précieux pour l'histoire de la géographie.
Dans le TERRITOIRE DU NOUVEAU-MEXI- QUE : Santa-Fe. ville de 4000 âmes, qui en quelques années a pris un accroissement considérable ; c'est à cette ville qu'arrive la caravane qui tous les ans part de St-Louis et que nous avons mentionnée à la page looc. Taos, remarquable par sa population. Passo-del-Norte , dans un pays délicieux et bien cultivé , qui ressemble aux plus
belles parties de l'Andalousie et où l'on récolte des vins excellens; c'est le passage ordinaire du Rio-del-Norte pour aller à Santa-Fe.
Dans le TERRITOIRE DE COLIMA , remarquable par son volcan et par sa fertilité, nous ne nommerons queCouMA, petite ville assez bien bâtie , située dans une vallée très fertile.
Nous avons déjà signalé à la page 1028 tout ce que le TERRITOIRE DE TLASCALA offre de plus remarquable.
position astronomique. Longitude occidentale , entre 85° et 97°. Latitude boréale, entre 8° et. 17".
confins. Au nord, les états mexicains de Chiapa et de Yucatan et la mer des Antilles. A Vest, la mer des Antilles et le département colombien de PIsthme. Au sud, le Grand-Océan. KV ouest, ce même Océan et les états mexicains d'Oaxaca et de Chiapa.
fleuves. Le cours de plusieurs fleuves de cette partie de l'Amérique offre encore beaucoup d'incertitudes , malgré la précision trompeuse des meilleures cartes qui en donnent les détails. Tous les fleuves des Etats-Unis de l' Amérique-Centrale aboutissent ou à la mer des Antilles ou au Grand-Océan. Nous tracerons te cours des principaux :
La MER DES ANTILLES et sesenfoncemens reçoivent :
Le Sumasinta, qui naît dans le département de Chimaltenango dans l'état de Guatemala, traverse le département de Quesaltenango et entre dans l'état mexicain de Chiapa. Voyez à la page 1015.
Le Rio-Grande, qui traverse une partie des états de Guatemala et de Vera-Paz , se jette dans le lac Izaval ou Laguna Dolce , et en sort sous le nom de Golfo ou Rio-Dolce, pour déboucher dans le golfe de Honduras : le lac Izaval reçoit à gauche la Polo chic qui passe par Coban et par Santa-Cruz.
Le Motagua ; il prend sa source dans les hautes montagnes des environs de Guatemala , traverse l'état de ce nom, parait passer par Acasobatlan , Gualan et St-Thomas, et se décharge dans le golfe de Honduras. Le Motagua est le fleuve de la confédération qui offre la plus longue ligne navigable.
L'Ulita est formé parla jonction de deux branches , dont l'Occi dentale passe par Comayagua dans l'état de Honduras, traverse cet état et entre dans le golfe de Honduras. Le bassin de ce fleuve, encore peu connu, est surtout important par ses produits minéraux.
Le Yare , -dit Rivière Grand-Cap ou Herbias, dans les parties moyenne et inférieure de son cours. Il naît dans l'état des Honduras , en traverse une partie et, après avoir arrosé les vastes territoires occupés par les Indiens indépendans du district de Taguzalpa , il se jette dans la mer des Antilles.
Le Nuevo-Secovia , dit Rlewfield dane la partie inférieure de son cours. Il naît dans les montagnes de l'état de Honduras , passe par Nueva- Segovia , et, après avoir traversé les territoires de plusieurs tribus indépendantes et l'établissement anglais abandonné , connu sous le nom de Blewfield , se jette dans la mer des Antilles. Le Nuevo-Segovia parait être le fleuve de la confédération , dont le cours est le plus long.
Le San-Juan ; ce fleuve prend sa source à l'endroit où il sort du grand lac de Nicaragua dans l'état de ce nom , en passant parle fortSan- Carlos ; il traverse ensuite un pays inculte et , après avoir franchi plusieurs cascades , il entre dans la rner des Antilles. Son bassin est très important par le projet de canalisation mentionné à la page 928. Le lac de Nicaragua reçoit luimême les eaux du lac de Managua par le' moyen du Lipitapa, de manière que le bassin du San- Juan doit être commencé dans les environs de Léon, dans la partie la plus occidentale du lac de Managua (Lindiri) , dit aussi de Léon, à cause du voisinage de cette importante ville.
Tous les fleuves qui appartiennent au Grand- Océan ont un cours très borné et, d'après notre cadre, ne doivent pas être mentionnés. Cependant nous nommerons le petit fleuve Tosta, à cause du projet qu'on a eu de former la jonction des deux Océans par le moyen d'un canal qui réunirait ce petit courant d'eau à l'extrémité occidentale du lac de Managua ou de Léon; et le Guacalat, parce qu'il arrose Guatemala-la- Vieja et qu'il forme le petit port d'Istapa , un des deux par lesquels Guatemala-la-Nueva communique avec le Grand-Océan.
division et topographie. La confédération de l'Amérique-Centrale et l'état mexicain de Chiapa décrit à la page 1034 formaient, jusqu'en 1821 , une grande division administrative de l'Amérique-
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Espagnole, sous le titre de capitaineriegénérale de Guatemala. Incorporée à cette époque au Mexique, elle s'en sépara à la chute d'Iturbide, et, en 1824, elle se constitua en république fédérative indépendante , d'abord sous le titre de Provincias-Unidas-del-Cetdro- America , et , quelques mois plus tard, sous celui de Republica-Federale-de-Centro-America. Sans faire attention aux points contentieux qui subsistent encore entre cette fédération et celle du Mexique,
relativement au district de Soconusco, ainsi qu'avec la république de Colombie, par rapport à sa côte orientale ou le pays des Mosquitos , nous ferons observer que toute la confédération de l'Amérique- Ccntrale est partagée en un petit district fédéral , où se trouve sa capitale, et en cinq états , subdivisés chaeun en partidos ou départemens. Le tableau suivant offre les divisions administratives actuelles de cette confédération.
District et Etats Capitales, Villes et Lieux les plcs remarquables.
District Fédéral Nuev a-Guatemala.
Etat de Guatemala. . . . Antigua-Guatemala; Ciudad-Vieja (Guatemala la Vieja , dite Almolonga par les Mexicains); Estipa (Istapa) ; Mixco; Sololci; Qttiché (Santa-Oruz dcl Quiche); Quesaltenango; Totonicapan; Soconusco; Chiquimula, Jcasaguastlan; Gualan; Santa-Cruz; Izaval; Coban (Ciudade de Cobau); Peten (Remedios).
Etat de San-Salvador . . San -Salvador; Sonsonate; Isalco ; San-Vicenle; Malapa; Sari' Miguel.
Etat de Honduras Comayagua; Tegucigalpa; Corpus; Ciudad-de-Gracias; Nueva-
Segovia (Somoto) ; Truxillo; Omoa; Copan.
Etat de Nicaragua . . . . Léon-, Nicaragua; Masaya; Granada: Managua; Sutzaba; Chïnandega; Kealejo; Nicoya; San-Car/os.
Etat de Costa-Rica. . . . San-Josede Costa-Rica-, Cartago; Villa-Vieja; Boruca.
Guatemala ( Guafemala-la-Nueva Infantes, \e palais du gouvernement, ou Nouvelle-Guatemala ) , capitale du celui de Yaudiencia ou de justice ; la district Fédéral , et provisoirement de monnaie, Y hôtel-de-ville et la douane. toute la confédération. Elle est située On doit aussi faire mention de deux beldans une vallée au milieu d'un plateau les églises nouvellement bâties, celle de assez élevé au-dessus du niveau de la Sainte-Thérèse et celle qui est nommée mer, dans un climat délicieux et au mi- le Panthéon, ainsi que du bel amphilieu de campagnes très fertiles et bien théâtre en pierres, destiné aux comcultivées. Guatemala a été bâtie en 1774 bats de taureaux et à d'autres amuseaprès la catastrophe qui a détruit une mens de ce genre. Guatemala a plusieurs si grande partie de Guatemala l'Antigua, instituts, parmi lesquels se distinguent Les rues ont 36 pieds de largeur , sont Yuniversité , les deux collèges de Intirées au cordeau , très bien pavées et fautes et Tridentinum , Y académie avec un ruisseau d'eau courante au mi- des beaux-arts , la société économilieu. Toutes les maisons n'ont qu'un seul que (sociedad economica de los Amigos étage à cause de la fréquence des trem- del Estado de Guatemala), la bibliothèblemens de terre ; leurs murs, construits que publique , le cabinet d'histoire en briques, sont extrêmement épais, naturelle et le inusée d'anatomie avec Chaque maison a un ou plusieurs jar- de beaux appareils en cire. La société dins, des cours et des plates-formes, avec économique publie un recueil mensuel une ou plusieurs fontaines de bonne eau consacré spécialement à la culture et à de source, amenée à la ville et dans les la propagation des connaissances d'écofaubourgs par un bel aqueduc. Cette ville nomie politique applicables à la nouse distingue en général par son ensemble velle république ; c'est un établissement élégant, par sa propreté et par sa corn- que l'on pourrait comparer aux académodité. Les principaux édifices se trou- mies nationales de France. Guatemala est vent disposés autour de la grande place , la résidence d'un archevêque et providont le milieu est orné par une belle fou- soirement du président et du congrès , taine. Nous citerons les plus remarqua- ainsi que de toutes les autorités cenbles : la cathédrale , de médiocre éten- traies de toute la confédération. Sa podue, mais d'une belle architecture; le pulation, y compris ses environs impalais archiépiscopal , le collège de médiats, peut s'élever à 50,500 âmes.
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Quoique située sur un plateau et manquant de rivière navigable, cette ville fait le plus grand commerce de toute la confédération; une grande quantité de marchandises y sont transportées à dos de mulet d'Omoa par Izaval d'un côté, et de l'autre par la barre d'Estipa située sur le Grand-Océan. Les habitans de cette ville se distinguent aussi par leur industrie : les étoffes de coton, la poterie, l'orfèvrerie , la sculpture sur bois et sur pierre , la fabrication des instrumens de musique et celle du tabac, sont les principaux objets sur lesquels elle s'exerce. Voici les autres villes et lieux les plus remarquables de la confédération ; nous les décrivons en suivant l'ordre adopté dans le tableau des divisions administratives.
Dans l'ETAT DE GUATEMALA : Guatemala l'Antigua , capitale de l'état et autrefois de toute la capitainerie générale de ce nom. Détruite en très grande partie en 1774 par les éruptions etles tremblemens de terrre causés par les deux terribles volcans d'Agua et de Fuego, entre lesquels elle est située , cette ville a perdu un grand nombre de ses édifices et a vu transférer à Guatemala-la-Nueva, l'archevêché, l'université, le tribunal suprême et toutes les autorités centrales de la grande province dont elle était le chef-lieu. Malgré ces désastres , qui avaient réduit sa population de 34,000 âmes à moins de 5000, elle s'est beaucoup relevée, et elle compte actuellement environ 18,000 habitans. Parmi les édifices qui la décoraient, nous citerons la magnifique cathédrale, qui subsiste encore et qui est un des temples les plus grands de l'Amérique. Nous nommerons ensuite : Guatemala-la-Vieja , à cause de son antiquité, étant la plus ancienne des trois villes de ce nom ; elle a été détruite en 1541 par le volcan d'Agua ; sa population actuelle ne monte qu'à 2500 âmes; Mixco, remarquable par les ruines de l'ancienne forteresse de son nom , construite par les Kachiquels ; Quiché , très petite, mais importante par le voisinage des ruines d'Utalland, la magnifique capitale du royaume de Quiché , le plus puissant et le plus civilisé de tout le Guatemala avant l'arrivée des Espagnols. « Son palais royal, dit Torquemada, rivalisait avec celui de Montezuma , à Mexico , et avec celui des Incas, à Cuzco. Bâti en pierres détaille de différentes couleurs, il n'avait pas moins de 728 pas géométriques de long sur 376 de large, et offrait six parties principales. Dans lapremière étaient les logemens d'une nombreuse troupe de lanciers , d'archers et d'autres soldats d'élite, formant la garde royale. La deuxième était destinée à l'habitation des princes et des parensdu roi, qui y étaient servis avec une magnificence royale, tant qu'ils restaient célibataires. La troisième renfermait l'habitation du roi , où il y avait des appartenons pour le matin, pour le
soir et pour la nuit ; dans une des salles était le trône royal, sous quatre dais tissus de plumages; on y montait par plusieurs gradins. Dans cette partie du palais se trouvaient aussi la trésorerie . le tribunal des juges de la ville , le dépôt des armes, les jardins, les vergers, les ménageries d'oiseaux et de bêtes féroces, ainsi que diverses fabriques ou offices. La quatrième et la cinquième division étaient remplies de palais où demeuraient les reines et les concubines du roi; le nombre en était grand , et une partie considérable de cet espace était encore occupé par les jardins, les vergers, les basses-cours, les ateliers de tisserands et autres. Dans la sixième était la maison d'éducation pour les infantes et les autres jeunes filles du sang royal. Hors du palais était encore un vaste bâtiment ou séminaire dans lequel on élevait cinq à six mille garçons sous l'inspection de 70 précepteurs. »
San-Thomas, port superbe ; Ouesaltenango et Totonicapan, importantes parleur industrie et leur population ; Soconusco , remarquable par son volcan, et encore plus par son excellent cacao; Chiquimula , à laquelle M. Thompson n'accorde pas moins de 37,ooo habitans; Acasacuastlan , Gualan , Santa-Cruz et Izaval , importantes parleur commerce; Codais ou Ciudad de Coban, pour sa population ; Peten ou Remedios, par ses fortifications et par des débris de temples et d'idoles , qui attestent les progrès que les ltzaex ou Itaix avaient faits, dans la civilisation avant l'arrivée des Espagnols.
Dans l'ETAT DE SAN-SALVADOR : San-Salvador, capitale de l'état, située près du volcan de San-Salvador, au milieu de belles plantations de tabac et d'indigo. Quelques beaux édifices , plusieurs manufactures , un commerce actif et une population d'environ 39,ooo habitans , la font ranger parmi les villes principales des nouveaux états de la ci-devant Amérique-Espagnole. Parmi ses établissemens littéraires, on doit citer son collège. Elle a beaucoup souffert par la terrible éruption volcanique qui, en 1835 a fait tant de ravages dans différentes parties de cette confédération. Viennent ensuite : Sonsonate, importante par son commerce, Isalco et San-Vicente , qui méritent d'être signalées par leurs populations et leurs volcans; Matapa , par ses mines de fer; San-Miguel , avec une population considérable malgré son mauvais air. Elle a été en grande partie détruite par les éruptions volcaniques accompagnées de tremblemens de terre, arrivées en 1835.
Dans l'ETAT DE HONDURAS : Comayagua, ville épiscopale , avec un collège et environ 18,000 habitans; Tegucigalpa , importante par sa population; Corpus, par sa mine d'or, la plus riche de la confédération; Truxjllo, petite ville forte, avec un bon port, mais dans un climat délétère ; Omoa , petite ville fortifiée, importante par son port qui est le plus commerçant de la confédération , mais également exposée à l'influence du mauvais air. Il y a quelques années que le gouvernement fédéral a accordé la permission d'abattre des bois dans ses environs et. daus ceux du golfe Dulce, à tous les étrangers
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qui eîï réclameraient l'autorisation ; c'est sans doute pour atténuer les effets de la concurrence que suscite aux exploitations de bois de Guatemala l'établissement anglais de Balize. Copan , misérable bourgade , mais très digne de remarque pari es antiquités découvertes dans son voisinage. Elles ressemblent beaucoup à celles de Palenqué, quoiqu'elles soient beaucoup moins bien conservées. Dans ses environs on trouve aussi la fameuse caverne de Tibulca, qui n'a rien de remarquable qui la dislingue des autres grottes naturelles , si ce n'est sa situation près de ces ruines et près des monumens imaginaires décrits par Domingo Juarros, dans son histoire de Guatemala, et que d'après les autorités les plus imposantes nous avons cru devoir reproduire dans X Allas elhno graphique du globe et dans la première édition de cet Abrégé.
Dans TETAT DE NICARAGUA : Léon , située sur une vaste plaine élevée, belle ville , avec des rues et des places larges et régulières , et, en général , disposées avec goût. Son collège Tridentinum, changé en université ta 1812, estson principal établissement littéraire. La cathédrale est son unique édifice remarquable; mais elle pour-
rait orner toute autre plus grande ville, par sou élégance et par la régularité de son architecture. Léon fait un commerce assez étendu , est Je sieg ; d'un évècbé et compte , selon M. Thompson , 38,000 habitans. Nicaragua , la plus importante et la plus peuplée après la capitale de l'état; Massaya et Granada , remarquables par leurs vol cans et par leur forte population; Managua, près du lac auquel elle donne son nom, et avec une population presque égale à celle des deux précédentes; Realejo, importante par ses chantiers et surtout par sou beau port, réputé un des meilleurs du monde, et que quelques auteurs regardent même comme le plus beau de toute la ci-devant Amérique-Continentale-Espagnole. Nicoya, avec un port et des chantiers ; San-Carlos , petit fort à l'endroit où le San-Juansoi t du lac de Nicaragua.
Dans i'ETAT DE COSTA-RICA : San-Jose de Costa-Rica , ville de médiocre étendue à laquelle on accorde 20,000 habitans ; Cartago , ville très déchue , mais à laquelle M. Thompson accorde encore 20,000 habitans ; Boruca : c'est une des missions dans le territoire des indigènes iudépeudans.
position astronomique. Longitude occidentale, entre 61° et 85°. Latitude, entre 12° boréale et 6° australe.
confins. Au nord, la mer des Antilles et l'Océan-Atlantique. A Vest, l'Océan- Atlantique , la Guyane-Anglaise et l'empire du Brésil. Au sud, l'empire du Brésil et la république du Pérou. A Youest, la république du Pérou, le Grand-Océan et l'état de Costa-Rica dans la confédération de l'Amérique-Centrale.
fleuves. Tous les grands fleuves des Etats-Unis du Sud appartiennent à l'Océan-Atlantique et à ses enfoncemens; le Grand-Océan ne reçoit , sur les côtes de ces états , que des fleuves dont le cours est très petit, surtout lorsqu'on le compare à celui des premiers.
L'OCEAN-ATLANTIQUE et ses enfoncemens reçoivent :
Le Cbagrès; son cours est très petit, mais il est important pour le projet qu'on a eu de joindre les deux Océans par un canal qui partirait de ce fleuve et aboutirait sur le Grand-Océan. Le Chagres traverse l'isthme de Panama de l'est à l'ouest et, après avoir passé par Cruces et Chagrès , entre dans la mer des Antilles.
L'Atrato , sort de la chaîne du Choco dans la province de ce nom, passe par Ouibdo qui en est le chef-lieu, et, après un cours presque droit
du sud au nord , débouche dans le golfe de D.irien. Ses affluens sont trop peu considérables pour être mentionnés. D'après les renseignemens que nous devons à l'obligeante amitié de M. le général Santander, ancien vice -président de la Colombie et à celle de M. le général Mosquera, ancien préfet du département du Cauca, nous signalerons ici deux erreurs reproduites sur les cartes les plus récentes et regardées comme les meilleures; nous voulons parler du prétendu canal de Raspadura , mentionné à la page 928, et de la vitle de Zitara, qui n'a jamais existé , et que les géographes représentent comme le chef-lieu du Choco , province cependant très renommée par ses lavages d'or, regardés encore comme les plus riches du Nouveau-Monde. Le canal de Raspadura n'a jamais été ouvert ; le curé de Novita, auquel on attribue l'honneur de son ouverture , n'a fait que reconnaître la possibilité de joindre le San-Juan , qui débouche dans la mer Pacifique , à l'Atrato , qui a son embouchure dans celle des Antilles. Dès l'année 1827, M. deHumboldt s'était empressé de détruire (cette erreur dans une note de la seconde édition de son Essai sur la Nouvelle-Espagne; mais comme il arrive de tant d'autres rectifications importantes relatives à la statistique, k l'ethnographie , à l'archéologie et à d'autres branches de connaissances intimement liées à la géographie, les savans qui cultivent cette science et les cartographes n'en ont tenu aucun compte et ont continué à décrire et à figurer ce cana! imaginaire. Quant à Zitara,