‹ Abrege de geographieChapitre 313 sur 454 · ETATS-UNIS DU SUD · texte numérisé non relu

ETATS-UNIS DU SUD

nous ferons observer que ce n'est pas une ville, mais un district du département du Cauca, et que Quibdo est le nom de la viHe qui en est le chef- lieu. Nous ajouterons encore, sur l'autorité de M. le général Santander, qu'il n'y a pas de ville Carabobo; ce n'est qu'une colline renommée par deux combats célèbres livrés dans son voisinage en 1813 et 1821. Nous réservons pour un autre ouvrage plusieurs importantes observations que pourraient nous offrir ces singulières méprises et bien d'autres reproduites sur toutes les cartes et dans les ouvrages les plus récens.

Le Magdalena est un des grands fleuves du second ordre de toute l'Amérique ; il prend sa source dans la cordillère centrale , à l'endroit où la chaîne Orientale ou de Santa-Fe s'en détache. Le Magdalena passe par Neyva, Honda, dans le département de Cundinamarca, Mompox, dans cel ui de Magdalena, et il entre patplusieurs embouchures , dans la mer des Antilles. Le Magdalena est navigable depuis Honda. Ses principaux affluens à la droite sont: le Bogota, d'un cours très borné , mais important , parce qu'il arrose la plaine dans laquelle est située Bogota , la capitale de toute la Colombie , et parce qu'il forme dans ses environs une des plus magnifiques cascades du monde-, \e Sogamozo, improprement nommé Gai in a sur quelques cartes récentes dans toute la longueur de son cours. Selon M. le général Santander, cet affluent porte d'abord le nom de G a linazo jusqu'à la ville de Sogamozo; un peu au-dessous de Capitanejo, il prend celui de C ap itanej o : plus bas, celui de Sube , près de la ville de San- Gil; au-dessous de cette dernière, il reprend le nom de Sogamozo , sous lequel il confond ses eaux avec celles du Magdalena; c'est le plus grand des affluens à la droite de ce grand fleuve. Le Magdalena reçoit ensuite le Ces arou César e qui descend de la Sierra-Nevada de Santa-Marta ; sa direction est entièrement opposée à celle du Magdalena. Du côté gauche, ce fleuve ne reçoit qu'un seul affluent considérable: c'est le Cauca, dont le cours est parallèle et presque aussi long que celui du fleuve principal ; ce grand affluent prend sa source à l'ouest du Magdalena dans la province de Popayan, passe par la ville de ce nom et par les villes ou à peu de distance de Cali , Buga , Cartago , Anserma , Antioquia , Magangue ; au-dessous de cette petite ville , il entre dans le Magdalena ; le Cauca est navigable depuis Anserma, et est grossi à la droite parle Nechi, dont le limon est le plus riche en or de toute la province d'Antioquia , et fournit une grande quantité de ce métal aux plongeurs qui vont le recueillir; le San- Jorge lui apporte ses eaux à la gauche.

Le Rio de la Hacha descend de la Sierra-Nevada de Santa-Marta et entre dans la mer des Antilles à Rio de la Hacha, petite ville du département du Magdalena , à laquelle il donne son nom.

Le Zulia , formé par plusieurs courans qui arrosent la vallée de Cucuta dans le département de Boyaca , passe devant San-Cajetano et entre dans la lagune dite communément le lac de Mara-

caybo-, une autre branche, nommée Zclia .traverse une partie de la province de Merida. Le Zulia donne le nom à un département. Des bateaux à vapeur ont été établis sur ses bords , ainsi que sur ceux du Magdalena.

Le Tocuyo nait dans la Sierra-Nevada de Mel ida, prolongement de la cordillère Orientale, et, après avoir séparé le département du Zulia de celui de Venezuela, il entre dans la mer des Antilles.

L'Orénoque ou Orenocg est un des trois grands fleuves de l'Amérique-Méridionale , et, malgré l'immense étendue de son bassin, il appartient en entier à la Colombie. Ce fleuve dont on ne connaît pas encore exactement les sources, des cend des montagnes du système de Parime , en contourne une partie , passe par Esmeralda , Santa-Barbara, San-Fernando de Atabapo, Atures, Carichana , Urbana , Caycara , Angostura ou San-Tomé de Nueva-Guyana , Vieja-Guyana , San-Raphael et, par plusieurs embouchures, entre dans l'Océan-Atlantique. Parmi les nombreux bras qui forment le grand delta de l'Orénoque , nous nommerons : le Grand-Manamo, le plus occidental ; il n'est navigable que pour des chaloupes ; le Macareo, étroit, mais navigable pour des bàtimens de médiocre tonnage ; la Boca-de- Navios, qui est le bras principal ; il est navigable pour des vaisseaux de 200 à 300 tonneaux; c'est sur cette branche que se trouve Zacupana. Plusieurs affluens de l'Orénoque sont égaux aux plus grands fleuves de l'Europe, le Volga, le Dnieper et le Danube seuls exceptés. Ses principaux affluens à la droite sont :1e Ventuari , qui descend des montagnes du système de Parime et entre dans l'Orénoque , près de Santa- Barbara ; il est grossi par le Manipiare , à la droite; le Caura, qui descend des mêmes montagnes et traverse les missions de San-Luis et de San-Francisco de Aripao; il est grossi par XEverato, à la gauche; le Caroni, qui est le plus grand des affluens droits de l'Orénoque; il est formé parla réunion de deux branches, IcCaroni- Oriental, qui naît dans la Sierra- Rinocote.et le C aroni- Occidental, qu'on pourrait aussi nommer Meridio n al; il prend sa source dans la Sierra-de-Pacaraina ; après la jonction de ces deux branches, le Caroni passe par Guri et Caroni, dans les ci-devant Missions des Capucins Catalans, et entre dans l'Orénoque: son principal affluent et le Paragua , qui passe par San-Jose et par Barceloneta , autres anciennes Missions des Capucins Catalans.

Les principaux affluens à la gauche de l'Orénoque sont : le Cas s i qui are , qui n'est à proprement parler qu'une branche que ce fleuve envoie au Rio-Negro, un des grands affluens de l'Amazone; il passe par MandavacaetSan-Francisco-Solano; Y Atabap o, qui descend des hauteurs à l'ouest d'Esmeralda et entre dans l'Orénoque à San-Fernando de Atabapo-, le Guaviare , qu'on peut regarder provisoirement comme le plus grand des affluens de l'Orénoque , il nait dans la cordillère Orientale ou de Santa- Fe ; il arrose San-Juan de los Llanos, et, à San- Fernando de Atabapo, il entre dans l'Orénoque ; la Fie h ad a, dont on ne connaît pas encore

AMERIQUE

mai la source, qu'on suppose être peu éloignée delà cordillère Orientale ; le Meta, le second grand affluent de l'Orénoque ; il nait dans la cordillère Orientale, passe par Buenavista, Santa- Rosolia et autres petites bourgades dans les Llanos, et se mêle à l'Orénoque peu au-dessous de San-Borja ; V A rauca , dont la source est à quelque distance des premiers échelons du versant oriental de la cordillière Orientale ; elle ?assc non loin de Payara-, VApure, qui, pour ia longueur et pour le volume des eaux , est presque égal au Guaviare et qui lui est supérieur pour les facilités qu'il offre à la navigation intérieure; il passe par San-Fernando d'Apuré et don ne le nom à un des départemens de la république de Venezuela; il reçoit même plusieurs autres rivières sur lesquelles se trouvent Varinas, Guanare , Barquisimeto , San-Carlos , et parmi lesquelles nous citerons la Portugueza , qui les dépasse toutes; le G uar ico, qui descend des premières terrasses du versant méridional de la chaîne Maritime ou de Venezuela, traverse les Llanos de Caracas et passe par Calabozo.

L'Amazone vient de la république du Pérou , arrose la province Jaen-de-Bracamaros et celle de Maynas, qui, au commencement de 1829, était encore occupée par les Péruviens , malgré les réclamations de la Colombie. Ses principaux affluens , sur le territoire de la première et sur la partie en contestation , sont à la gauche ; le Santiago, qui parait être formé par la réunion du Pa ute , qui baigne Cuenca , et du Z am o ra, qui nait non loin de Loxa ; il passe ensuite par Santiago ; le Mo r on a , qui descend , sous le nom d'Upano , du grand volcan Sangai , dans la province de Chimborazo , traverse des solitudes peu connues que parcourent des hordes nomades dans le département de l'Assuay, et, entre le Pongo de Manseriche et La-Baranca , il mêle ses eaux à celles de l'Amazone ; la Pa s taca,\e Tigre, et surtout le Napo , le Put umayo et le Caqueta sont de grands affluens qui traversent des régions peu connues et qui sont encore occupées par des indigènes en partie régis par des missionnaires et en partie errans encore dans l'état sauvage, et conservant toute leur indépendance ; plusieurs vivent même en état d'hostilité avec les Colombiens ; le Pu tumayo, dit Iça, dans la partie inférieure de son cours, et le Caqueta, qui, plus bas, prend le nom d'Y u pur a y n'entrent dans l'Amazone qu'après avoir parcouru de vastes contrées de Fempire Brésilien. Le Huallaga, VUcayali et le Juvari viennent de la république du Pérou et entrent à la droite dans l'Amazone. Voyez le cours de ce fleuve à la page 926. Le GRAND-OCEAN reçoit :

Le San-Juan , qui descend delà cordillère du Choco , passe par Novita. Quibdo t et , après avoir

arrosé du nord au sud la province du Choco , entre par plusieurs emDOuchures dans le Grand Océan. Aux pages 928 et 1040 , nous avons signaié l'importance de ce fleuve ainsi que d'autres moins considérables.

Le Patia , dans le département du Cauca , l'Esmeraldas , dans celui de l'Equateur , et le Guayaqcil, dans celui de ce nom sont les autres fleuves les plus remarquables qui ,en descendant de la haute chaine des Andes , se rendent dans le Grand-Océan.

division politique. Le vaste territoire de la Colombie se compose de la cidevant vice - royauté de la Nouvelle- Grenade et de la ci-devant capitainerie-générale de Caracas ou de Venezuela , réunies depuis le 17 décembre 1819 sous le titre de république de Colombie. D'après la dernière organisation, tout ce territoire est divisé en 12 départemens , subdivisés en provinces , et celles-ci en cantons et en paroisses. En 1831, les 12 départemens se séparèrent pour former la Confédération des Etals-Unis du Sud, composée des 3 républiques suivantes : La RÉPUBLIQUE DE LA NOU-

velle-Grenade qui comprend les départemens de Cundinamarca , du Cauca, de Y Isthme, du Magdalena et de Boyaca ; sa capitale est Bogota. La république de Venezuela qui se compose des 4 départemens de Venezuela, de Zulia, de YOrenoco et de Maturin ; sa capitale est Caracas. La république de l'Equateur qui ne comprend que les 3 départemens de YEqualeur, de Guayaquil et de YAssuay ; sa capitale est Quito. Quoique les dernières nouvelles représentent ces trois républiques comme entièrement indépendantes les unes des autres , nous croyons cependant devoir les décrire provisoirement comme trois états confédérés. Tous les noms écrits dans le tableau en petites capitales et en caractères espacés sont les chefs-lieux des départemens et des provinces. Les huit premiers départemens correspondent à la vice-royauté de la Nouvelle-Grenade; les quatre derniers, savoir: ceux de Zulia , Orenoco , Venezuela et Maturin, formaient la capitainerie générale de Caracas.

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