CONFEDERATION DU RIO DE LA PLATA
il traverse les états de Salta, de Tucuman et de Santa-Fe. On ne connaît pas mieux le cours du Saladi llo ou Rio-Qui nto, qui d'après j les meilleures cartes paraît être un affluent du Rio de la Plata et non du Parana ; ce courant baigne les états de San-Juan de la Fronlera , de San-Luis de laPunta, de Cordova et de Buenos- Ayres , et entre dans le Rio de la Plata à Rosas lans la baie de Samborombon.
Notre cadre ne nous permet pas d'entrer dans les détails qu'exigerait la description du cours des deux grands fleuves, le Colorado et le Rio- Negro. Nous nous bornerons à dire que toutes les cartes , même les plus récentes , figurent d'une manière erronée le cours de ces deux fleuves, dont la description exacte doit être publiée par M. Parcliappe , qui le premier l'a relevé. Ce savant voyageur fera disparaître , dans la carte qu'il se propose de publier, cet enchaînement de rivières et de grandes lagunes dont les géographes composent les bassins de ces courans, enchaînement tout-à-fait idéal et qui fait un vrai chaos de la géographie de ces contrées. Voici cependant quelques faits, importans que nous ajouterons d'après les indications publiées par M. Parcliappe.
Le Rio Colorado ou Mendoza est formé de deux branches principales, dont l'une vient directement de l'ouest et l'autre du nord ; c'est par conséquent ce fleuve , et non le Rio-Negro , qui reçoit le Rio-D ia ma n te et autres rivières du versant des Andes. L'importante ville de Mendoza, la riche mine d'Upsallata et la ville de San- Juan de la Frontera appartiennent par conséquent au bassin de ce fleuve , qui traverse les états de Mendoza et de Buenos-Ayres, ainsi que les solitudes que parcourent les Aucaes, sauvages indépendans. Malgré la longueur de son cours, le Colorado est peu profond.
Le Rio-Negro ou Cusu-Leuwu est le fleuve le plus considérable de ceux qui se trouvent entre le Rio de la Plata etle détroit de Magellan. Comme le Nil , il prend sa source dans de hautes montagnes et coule dans une vallée , qu'il arrose par ses inondations périodiques; ainsi que ce fleuve , il parcourt une vaste étendue de pays sans recevoir aucun affluent, et il traverse de grands déserts arides, qui ne présentent d'habitable que la zone étroite baignée par ses eaux. Mais ce qui rend surtout ce fleuve remarquable , c'est qu'il est le seul, dit M. Parcliappe, qui puisse servir à établir par eau une communication directe avec le Chili , et qu'il conduit à ce fameux col des Andes, que les neiges ne ferment en aucun temps, et auquel aboutissait, dans les premières années de la conquête , un chemin frayé qui conduisait de Buenos Ayres à Valdivia et autres villes australes du Chili. Les traces de ce chemin sont aujourd'hui entièrement perdues et la tradition seule en a conservé le souvenir. Dans toute la longueur de son cours , ce fleuve trace la limite entre le territoire que les géographes assignent à la confédération du Rio de la Plata elles vastes solitudes qu'ils appellent Patagonie. Une branche à la droite paraît faire communiquer ce bassin avec un vaste système de lacs et de marais encore trop imparfaitement connus pour que nou*
ayons à nous en occuper ici; ce système d'ailleurs appartient à la Patagonie.
Le territoire de celte confédération offre plusieurs fleuves, qui, n'aboutissant à aucune mer, forment des bassins intérieurs; nous nous bornerons à nommer les suivans , prévenant le lecteur, que leur cours offre encore bien des incertitudes, comme tout le reste de la géographie de ces vastes contrées.
L'Andalgala; ce fleuve traverse l'état de Tucuman et aboutit dans la Laguna ou lac SAiidalgala.
Le Rio Dolce ; ce fleuve naît dans les hautes montagnes du Tucuman, baigne la capitale de l'état de ce nom , passe près de Santiago-del-Estero dans celui de Santiago , traverse l'état de Cordova , et, dans ce dernier, se perd dans les lacs salés dits lagunas saladas de los Porongos.
division et topographie. Le territoire de cette confédération formait, avant l'insurrection , la plus grande partie de la vice-royauté de Buenos-Ayres , érigée en 1778 aux dépens de celle du Pérou , dont on détacha non-seulement tous ces vastes pays , mais en outre ceux qui forment aujourd'hui la république de Bolivia , le dictatorat du Paraguay et l'Etat-Oriental-de-l'Uruguay. Dès Pannée 1810, la province de Buenos-Ayres proclama son indépendance. L'année suivante, toutes les provinces insurgées de cette partie de l'Amérique-Espagnole firent cause commune , et prirent le titre
Etats-Unis du Rio de la Plata. Plus tard, sous le régime à jamais mémorable du sage et vertueux Ribadavia , ces pays se constituèrent en république, avec le titre de République-Argentine. Mais la discorde, ia jalousie et la rivalité de quelques gouverneurs des provinces et quelques intrigues étrangères arrêtèrent l'essor que cet état avait commencé a prendre. M. Ribadavia se retira et l'anarchie et la guerre civile désolèrent ces belles contrées. Le mot confédération , en parlant de ces pays, doit être pris dans un sens relatif à l'état où ils se trouvent, état qui ne permet pas de préciser son titre ni ses divisions administratives. Depuis le 13 avril 1835, époque où Rosas parvint à la dictature, la constitution a subi de grands changemens dans l'administration intérieure. La confédération parait être composée encore de 14 États, ne tenant pas compte de la séparation temporaire de l'État de Jujuy.
Nous observerons ici que les vastes plaines de cette confédération et de celle de l'Uruguay, sont le séjour des Gauchos,
AMERIQUE
pâtres cavaliers, qui descendus des Es- taliers à la fois, ces Bédouins du Nou-
pagnols, gardent les troupeaux de che- veau-Monde ont joué un grand rôle dans
vaux et de bœufs, \esplus grands peut- la guerre de l'indépendance, être qui existent sur le globe. Habitans
demi-sauvages de ces solitudes immenses, Voici le tableau des 14 Etats ou proils y vivent constamment à cheval. Ro- vinces qui ont formé quelque temps la rébustes, superstitieux, féroces et hospi- publique Argentine.
Noms des Provinces Chefs-Lieux, Villes et Lieux les plus remarquables.
ou Etats.
Buenos-Ayres Buenos- Ayres ; Barragan (Barrangon) ; Chascomus; Areco; Arecife;
Pergantino; Fort-Inde pende ne La; Bahia-Blanca; Patagones; El-
Carmen; l'archipel des Malouines ?
Entre-Rios Baxada.
Corrientes. Corrientes: Santa-Anna.
Santa-Fe Santa-Fe.
Cordova. Cordova-, Conception; Carlota.
Santiago del Estero. Sa nti ago del E stero.
Tucuman. Tu eu m an (San-Miguel de Tucuman).
Salta S al ta (San-Felipe de Tucuman).
Catamarca. Catamarca; Belen.
Rioja Rioja-, Famatina.
San-Juan. San-J uan (San-Juan de la Frontera); Jacha.
San-Luis S a n -L u i s (San-Luis de la Punta).
Mendoza. Mendoza; Uspallata (Uspayata); San-Carlos; Coriconto; Barriales;
San- Vice nte.
Jujuy Jujuy.
Bueinos-Ayres, capitale de l'état de ce la Reconquista. ta place de la Vienom, ville épiscopale , non-seulement la toria , celles del Fuerte et del 25 de plus peuplée, la plus riche et la plus corn- Mayo , sont ses plus belles places. La merçante delà confédération, mais une cathédrale, Y église de San-Francisco, des principales places de commerce du celle de la Merced, la banque et l'hôtel Nouveau-Monde, et un de ses principaux des monnaies , le grand hôpital , la foyers d'instruction et de civ ilisation, chambre des députés sont ses édifices les Quoique située sur la rive droite et près plus remarquables; on doit aussi mentionde l'embouchure d'un des plus grands ner le fort. On peut dire, sans exagératleuves du monde, elle n'a pas de port tion, que Buenos-Ayres, sous le rapport pour les gros navires, à cause de plusieurs des ressources scientifiques et littéraires, bancs de sable qui entravent la naviga- tient le premier rang parmi les grandes tion ; les bàlimens de long cours sont villes de l'Amérique-Méridionale ci-devant forcés de s'arrêter à la baie de Barragan. Espagnole. Parmi les nombreux établisse- Sous la présidence de M. Ribadavia, le mens auxquels elle doit cet avantage, nous gouvernement avait déjà assigné des fonds citerons : Y université,^, pour le nombre considérables pour la construction d'un et le talent des professeurs comme pour la port artificiel, lorsque la retraite de méthode d'enseignement, est une des precet habile administrateur et les désordres mières du Nouveau-Monde; M. Isabelle qui en furent la suite firent avorter ce dit qu'elle a été organisée en 1833 sur un projet, comme tant d'autres non moins nouveau plan assez semblable à celui de utiles et importans. Buenos-Ayres n'a l'ancienne université de France. Ce même qu'un fort pour toute défense, et est assez voyageur, qui l'a visitée il y a quelques bien bâtie. De belles rues régulières et années, nomme encore parmi les prinpavées, avec des trottoirs, de belles mai- cipales écoles spéciales : V école decomsons, quoique presque toutes à un seul merce , V académie commerciale , étage, quelques vastes bàtimens, de nom- Yacadémie argentine , V académie breuses églises avec leurs dômes et leurs des Provinces-Ùnies , le gymnase arclochers rendent agréable l'aspect de gentin , le lycée argentin et V école cette ville, dont le climat justifie le nom des jeunes personnes , tenue par maque son fondateur Mendoza lui a imposé, dame Harme et sa fille. On doit citer en- Ses plus belles rues sont : la Victoria, core : le département topographique, la Plata, la Florida YUniversitad et V observatoire, le laboratoire de chi-