‹ Abrege de geographieChapitre 322 sur 454 · CONFEDERATION DU RIO DE LÀ PLATA · texte numérisé non relu

CONFEDERATION DU RIO DE LÀ PLATA

mie , le cabinet de physique et celui de minéralogie ; la bibliothèque publique, qui est une des plus riches et la meilleure de toute PAmérique-Méridionale ; la société littéraire, instituée par M. Ribadavia. Nous ajouterons qu'aucune ville de l'Amérique-du-Sud ne pouvait , en 1826 , soutenir la comparaison avec Buenos-Ayres , sous le rapport de l'activité de la presse périodique, surtout si l'on a égard au nombre respectif des habitans, car dans cette année on n'y publiait pas moins de 17 journaux y ce nombre était réduit à 5 ou 6 en 1834. Buenos-Ayres était la capitale de la viceroyauté de ce nom , et , depuis l'indépendance, elle l'a été non-seulement de l'état de Buenos-Ayres , mais , par intervalle , de tous les pays qui ont formé la confédération du Rio de la Plata et la République-Argentine. Malgré les sanglantes révolutions dont elle a été le théâtre depuis 1800 , cette ville possède encore une population qu'on s'accorde à estimer à 90,000 âmes; dans ce nombre, on compte quelques milliers d'Anglais , d'Italiens , de Français , d'Allemands et d'autres nations d'Europe et d'Amérique.

Voici les autres villes et lieux les plus remarquables de la confédération :

Dans BUENOS-AYRES , outre la capitale que nous venons de décrire , on doit nommer Barragan , misérable village composé de quelques cabanes , mais important par sa baie , où s'arrêtent les gros vaisseaux qui ne peuvent remonter jusqu'à Buenos-Ayres.. Chascomus , petite ville d'environ 5000 habitans; Areco, Arecife et Pergantino, beaucoup plus petites, n'en ont que de 1500 à 2000. Le Fort Independencia , colonie fondée ainsi que la suivante depuis peu d'années, au milieu du territoire occupé par les Aucaes. La BahiaBlanca, beaucoup plus au sud, avec un bon port et des établissemens militaires assez importans pour ces solitudes. El-Carmen , très petite colonie sur le Rio-Negro. A la page 931 , nous avons déjà indiqué l'occupation par les Anglais des îles Falkland ou Malocines où les Espagnols avaient fondé une faible colonie. La pèche des phoques , les riches tourbières et ses beaux ports donneront en peu de temps une grande importance à cet archipel.

Dans CORRIENTES : Corrientes, très petite ville, à laquelle on n'accorde que 5000 habitans, mais dont la position est une des plus belles de l'Amérique-du-Sud pour devenir un grand entrepôt commercial. En effet elle est peu éloignée du confluent du Parana avec le Paraguay, comme ce dernier reçoit le Vermejo , les habitans de Corrientes peuvent étendre par eau leurs relations commerciales non-seulement avec toutes les provinces maritimes de la Confédération, mais ils

pourraient les pousser même jusque dans l'intérieur du Brésil, du Paraguay et même de la république de Bolivia , lorsque le projet conçu par la province de Salta , de rendre navigable le Rio- Vermejo , aura reçu son exécution. Mais ici, aidé d'un voyageur qui a répandu bien des lumières sur la géographie de cette partie de l'Amérique , nous nous empressons de signaler une erreur grave reproduite sur toutes les cartes les plus récentes et dans tous les traités de géographie qui en parlent. La fameuse lagune d'Ybéra, que les géographes étendent, d'après Azara, depuis le 59e jusqu'au 61e degré de longitude occidentale, en ensevelissant presque tout le territoire de Corrientes sous cette vaste nappe d'eau , doit être réduite au quart de la grandeur qu'on lui assigne ; M. Parchappe a vu de beaux coteaux , de grandes forêts de palmiers , des champs cultivés et même des villages, là où les meilleures cartes ne nous représentent que des terrains marécageux. Cela nous rappelle le résultat des recherches de deux savans orientalistes, MM. Klaproth et Abel Rémusat, qui nous firent connaître des villes et des provinces entières au nord des chaînes de l'Hymâlaya , dans des contrées que des géographes figurent encore comme des parties envahies parles sables du vaste désert de Cobi. Santa- Anna, village ruiné, situé sur la rive gauche du Parana, presque au milieu du célèbre Territoire des Missions, dont l'ancien chef-lieu Candelària, ainsi que les autres petites villes et gros villages ont été détruits depuis bien des années, quoique les cartographes et les géographes continuent toujours à les figurer et à les décrire comme des lieux non-seulement encore existans, mais même importans ! Le village de Santa-Anna a acquis de nos jours une triste renommée par l'emprisonnement du célèbre compagnon de voyage de M. de Humboldt. Attiré par sa position avantageuse et par des parties d'édifices assez bien conservées , M. Bompland conçut le projet d'y former un grand établissement agricole, qui servît de point de réunion aux Guaranis dispersés, et surtout à quelques centaines de ces malheureux qui vivaient cachés dans les forêts voisines , s'occupant de l'exploitation de la yerba maté ou herbe du Paraguay. Les travaux étaient déjà assez avancés, lorsqu'une troupe de soldats du dictateur Francia franchit tout-à-coup le Parana, cernel'établissement naissant, massacre une partie des compagnons de ce savant voyageur, s'empare de sa personne , et l'emmenant sur l'autre rive , laisse entre le reste du monde et lui une barrière, que le despote du Paraguay a su rendre inviolable pendant long-temps et qui n'a été ouverte que lorsqu'il lui a plu de rendre ce savant à la liberté , que de puissantes recommandations avaient en vain sollicitée pour lui pendant plusieurs années. Dans SANTA-FE: Santa-Fe, petite ville, avantageusement située sur la rive droite du Parana ; sa population , qu'on porte à 4000 âmes et son commerce commencent à se relever.

Dans CORDOVA : Cordova , une des plus importantes de la Confédération et siège d'un évêché. Son université , qui autrefois lui donnait une grande importance, est depuis long-temps

AMERIQUE

tombée en décadence , ainsi que sa bibliothèque publique , restée presque sans lecteurs pendant plusieurs années. Mais sa position centrale, qui la rend un grand entrepôt commercial , ses manufactures de draps et de différens tissus en laine et en coton et sa population , qui paraît s'élever à 15,000 âmes , lui donnent une grande importance. D'ailleurs, cette ville a été durant les troubles un centre d'opposition et a joué un rôle principal dans la guerre civile qui a désolé la Confédération.

Dans le TUCUMAN : Tucuman, petite ville à laquelle on accorde de 10 à 12,000 habitans. C'est une des plus célèbres dans la guerre de l'indépendance. En 1816 on y tint le congrès général, qui publia la déclaration du droit des Provinces- Unies du Rio de la Plala à leur indépendance absolue tant à l'égard de l'Espagne que de tout autre pouvoir étranger. C'est aussi sur le territoire de la province , dont elle est le cbef-lieu, que se sont ordinairement organisées les troupes patriotiques, qui dans toute la révolution ont lait la guerre pour le Haut-Pérou. Dans ses environs on a construit dans un endroit nommé le Champ de l'Honneur, une citadelle avec de grandes casernes et des pavillons pour les officiers. Tucuman est le siège titulaire d'un évéché , dont le prélat réside à Salta ; elle s'est constamment montrée amie de l'ordre et plus dévouée que les autres villes au système de l'unité.

Dans SALTA : Salta , petite ville , dont on porte à 9000 âmes la population , et résidence de l'évêqucde Tucuman. Entourée de vastes pâturages •d'une fertilité extraordinaire et couverts d'innombrables bestiaux surtout de mulets, on peut la regarder comme la foire perpétuelle pour le commerce des provinces intérieures de la Confédération. Pendant la guerre son territoire a souffert plus que les autres.

Dans CATAMARCA nous nommerons la petite ville de Catamarca à cause du coton qu'on recueille dans son territoire et qu'on prétend être le meilleur que l'on connaisse.

Dans RIOJA nous nommerons la célèbre mine d'argent Famatina.

Dans SAIS-JUAN : San-Juan de la Frontera , dont on évaluait la population à 16,000 âmes-, mais un voyageur qui l'a visitée en 1834 n'accorde que 18,000 âmes à tout l'État ; celle de la ville serait d'environ 6000 âmes ; elle l'ait un grand commerce de vins et d'eaux-de-vie. Jacha , remarquable par sa riche mine d'or, qui selon M. ISuîiez rapportait, annép moyenne, 80,000 piastres.

Dans MENDOZA : Mendoza , assez joue ville, bâtie au pied des Andes sur un plateau élevé et sur le grand chemin qui mène au passage d'Upsallata. Depuis quelques années elle a pris un grand accroissement , dû aux progrès de son agriculture. Ses vins qui ont beaucoup d'analogie avec >,? Malaga , et les fruits récoltés sur son territoire alimentent un commerce aussi riche qu'étendu. On portait il y a quelques années jusqu'à 21,000 âmes sa population, nombre que, d'après des remarques judicieuses qui nous ont été faites, nous croyons pouvoir réduire à 7 ou 8000. Ainsi que San -Juan , Mendoza se distingue des autres villes de l'intérieur par les progrès qu'elle a faits dans la civili-

sation -, en 1826 on y publiait un journal. Upsallata, dans la vallée de ce nom, misérable hameau composé de deux ou trois maisons en ruines, habité par quelques Ganchos, situé dans le voisinage de la riche mine d'argent, dont les travaux ont été repris depuis 1824. Les recherches de M. John Gillies ont donné un nouvel intérêt à cette vallée. Ce savant y a reconnu en plusieurs endroits et à des points plus ou moins rapprochés les traces distinctes deY ancienne route (Camino del Inga), qui menait à la capitale de l'empire des Incas. A la page 1059 nous avons décrit celles qui, partant de Cuzco, aboutissaient à Quito. Les restes du chemin que cet observateur a reconnu appartiennent à la branche qui traversait le Potosi, se continuait par la route qu'on appelle Camino del Despoblado le long des Cordillères sur les territoires de Salta, Rioja, San- Juan et Mendoza, et poursuivait à travers la vallée d'Upsallata-, on l'a même reconnue dans la vallée de Tenuyan , à environ 34 degrés de latitude. M. Gillies croit qu'elle s'étendait encore plus au sud. Selon ce voyageur on en reconnaît des traces certaines le long des Cordillères , dans tous les endroits où les anciennes routes n'ont pas été détruites par leur contact avec des routes plus modernes. « La façon principale, dit M. Gillies, qui parait avoir été donnée à cette route, consiste dans le nivellement du terrain , dans l'enlèvement des arbres et arbustes, des grosses pierres, etc. 11 est évident, d'après la largeur de ces routes , les soins apportés à leur construction et à leur entretien, qu'elles ont beaucoup servi pour les relations avec ces peuples; leur disposition doit nous donner une haute idée de la puissance et de la civilisation des Indiens du Pérou avant leurs communications avec l'Europe. De nos jours les indigènes sont encore si attachés aux coutumes de leurs ancêtres, qu'ils préfèrent généralement voyager à pied , et sont capables de faire ainsi de très longues courses avec très peu de vivres et sans être fatigués. Pendant la guerre de l'indépendance, les officiers espagnols durent à leur infanterie, toute composée d'Indiens montagnards, l'avantage de conserver plus long-temps le Pérou à la métropole. Aucune autre troupe ne pouvait être comparée à celle-là pour la rapidité des marches , au milieu des plus grands obstacles opposés par la nature des lieux. Quelques-uns de ces Indiens, qu'on nomme Cholos dans l'Amérique-du-Sud, voyagent encore de temps en temps à pied, depuis le Pérou , sur les routes des montagnes , pour se rendre au Chili, à Mendoza et autres endroits, où ils font un petit commerce dégommes et autres productions végétales de leur pays et de quelques articles de leurs manufactures. Cette route par la montagne, dans une partie considérable de sa longueur , est fréquentée maintenant par ceux des habitans de Mendoza et de San-Juan , qui vendent des mules, transportent des eaux- de- vie et autres articles dans le Haut-Pérou. Ils regardent ce chemin comme plus direct et le préfèrent à tout autre , à raison de l'abondance des eaux, des bois à brûler. et des pâturages pour leurs mules ; il est à présumer

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