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REPUBLIQUE DE HAÏTI

la république de Haïti , régie par Pétion, jusqu'en 1818, et par lïoyer depuis cette époque ; le petit état fondé par Goman dans les montagnes deJérémie; celui des Cayes , fondé et gouverné, jusqu'en 1811 , par le général Rigaud , et continué pendant quelques mois encore par Borgella ; enfin la partie Espagnole , qui, cédée en 1794 à la France, et rendue en 1814 à l'Espagne , resta toujours sous le gouvernement de celle dernière puissance jusqu'au 1er décembre 1821. Après la chute de Henri, le royaume de Haïti se réunit spontanément à la

république Haïtienne, et, en 1822, toute l'Ile se trouva former, sous le régime du sage et habile Boyer, la république d Haïti, dont l'indépendance a été reconnue par la France et par les autres grandes puissances.

Tout le territoire de la république est divisé en 6 départemens ; sous le rapport militaire, en 26 arrondissemens ; et sous le rapport financier, en 8 arrondissemens. Le tableau ci-dessous offre les 6 départemens, leurs chefs-lieux et leurs villes et lieux les plus remarquables.

Noms des Dépautemens.

Ouest

Chefs-Lieux, Villes et Lieux les plus remarquables.

. . Port-au-Prince (Port-Républicain , Port-aux-Crimes) ; la Croix des Bouquets; YArc'ahaie; le Mirebaiais; les Grands-Bois; Leogane; le Grand-Goave; le Petit-Goave; Jacmel; l'île Gonave.

Sud Les Cayes; St.-Louis; Aquin; Miragoane; Y Anse d' Hainaull; Cavaillon;

Tiburon; Jerémie.

Artidonite. . . Les Go naïves, St-Marc; Ennery; le Gros-Morne; Terre-Neuve; la Petite- Rivière; les Ferrelles.

Nord Cap Haïtien-, (nommé d'abord Guarico, et ensuite Cabo-Santo; Cap-Francais;

Cap-Henri; Cap-Haïtien) ; la Perrière (citadelle Henri) ; Millot (Sans-Souci) ; Dondon; la Petite-Anse; le Trou; Port-Liberté (autrefois Fort-Dauphin); le Limbè; le Borgne; le Port-de-Paix; Jean-Rabel; le Mole St-Nicolas (Cape- Nicolas , Mole) ; Plaisance; la Marmelade; la Grande-Rivière-du-Nord; L'île Tortue.

Nord-Est. . . . St-Yague (Santiago de los Cavalleros); Port-Plate; Monle-Christi; Banica: Altamira; la Fega; les ruines de la Concepcion de la Vega; Cotuy.

Sud-Est Santo-Domingo (St-Domingue) ; St-Christophe (San-Cristoval) ; Seybo; Higuey;

Samana; Savana la Mar; Bany; Azua; S t- Jean; Neyba; Lamate (Lamoatte; -, les îles Saona, Beata, Alla-Fela.

Port-au-Prince, chef-lieu du département de l'Ouest et capitale de toute la république , bâtie au fond du golfe de La Gonave, avec un port sûr et commode et une belle rade, mais dans un climat malsain. Cette ville a des rues bien alignées, mais pas encore pavées. A dire vrai , aucun de ses bàtimens publics n'est remarquable sous le rapport de l'architecture; le seul palais du président , qui est l'ancien hôtel du gouverneur français , se distingue par ses dimensions et par l'élégance de ses appartenons. Nous citerons encore le sénat et le lycée.

V arsenal a été brûlé en 1827; une assez belle conduite d'eau alimente la ville. La Place d Armes , qui est devant le palais, est ornée d'un petit monument élevé à la mémoire de Pétion.

Port-au-Prince possède actuellement les j principaux moyens d'instruction de toute I la république ; nous nommerons le lycée, et Vécole de médecine annexée à l'hôpital ; on nous assure que les écoles militaire et de dessin , ainsi que la bibliothèque nationale, mentionnées dans

plusieurs ouvrages récens comme existantes , ne sont encore qu'en projets ; mais les écoles lancastériennes sont assez multipliées. Il y a aussi deux imprimeries, où l'ou publiait, en 1826, trois journaux ; l'un d'eux , le Télégraphe, qui continue à paraître, est regardé comme la gazette officielle. Portau-Prince est aussi la plus florissante ville de toute l'Ile, avantage qu'elle doit à son commerce, supérieur à celui de toutes les autres places , et à la résidence des premières autorités de la république. Sa population , qui a beaucoup augmenté dans ces dernières années , s'élève peutêtre à 15,000 âmes.

Voici les autres villes et lieux les plus remarquables :

Dans le DÉPARTEMENT DE L'OUEST , outre Port-au-Prince, que nous venons de décrire, nous nommerons : Leooane , petite ville assez importante , avec un port , et remarquable par le rôle qu'elle joua dans l'histoire de l'Amérique ; à l'époque de la découverte c'était la place principale du royaume de Xaragua, régi par le.caciçuie Beliechio ; elle se distingua aussi dans les

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fastes sanglaqs de la guerre de l'indépendance.

Le Petit-Goaye , important par son port; dans ses environs, sur la route du Grand-Goave, s'élève le Tctpion de Pe tit-Goave , montagne célèbre dans les annales de l'astronomie, par la mesure du pendule faite en 1735 parles académiciens français, qui estimèrent à 355 toises son élévation au-dessus de la mer. Jacmel, par son port et par son commerce; c'est le siège d'un tribunal civil. C'est aussi à ce département qu'appartient le prétendu arrondissement ou la commune des Grands-Bois, qui figure dans le recencement de 1824 publié par les journaux; ses habitans qui, selon M. Mackenzie , vivent dans l'état de nature et sans entretenir aucune relation avec les autres insulaires , occupent les montagnes qui s'étendent depuis les environs du Mirebalais jusqu'à la côte à l'est de Jacmel. Ce sont les descendans des Nègres marons échappés des anciens établissemens français; ils n'ont jamais reconnu et ne reconnaissent l'autorité de personne. On les nomme, dit ce voyageur , les rien- Vienne ni , à cause du cri qu'ils poussent, lorsqu'ils se retirent dans l'intérieur de leurs forets à l'approche des étrangers. D'après un observateur intelligent, qui a long-temps résidé dans cette île , et qui a beaucoup contribué aux découvertes de l'Afrique et à nous faire mieux connaître quelques parties de la Colombie , cette peuplade connue sous le nom de Vien-Vien, serait beaucoup moins sauvage que nous la représente l'observateur anglais. L'île Gonave, la plus grande de celles qui avoisinent Haïti et en dépendent , est sans habitans permanens.

Dans le DÉPARTEMENT DU SUD : Les Cayes, chef-lieu du département, assez jolie ville , qu'on peut regarder actuellement comme la seconde place commerçante de la république, à cause de l'activité qu'a prise son commerce ; c'est le siège d'un tribunal civil ; le gouvernement y a établi une imprimerie et une espèce de gymnase, où cent élèves sont instruits à ses frais. Les Cayes ont été la capitale de l'état éphémère fondé par le général Rigaud. Le terrible ouragan du 12 août 1831 l'a détruite entièrement, Saint-Louis, très petite ville , très déchue , mais encore importante par la beauté de son port et par celle de sa situation. Jérémie, petite ville importante parla fertilité de son territoire, par son commerce et par son tribunal civil ; c'est dans les montagnes de son territoire que Goman avait essayé de se fonder un état.

Dans le DÉPARTEMENT DE L'ARTIBONITE :

Les Gonaïves, petite ville, chef-lieu du département, avec un tribunal civil, un port et des bains.

Dans le DÉPARTEMENT DU NORD : Cap-Haïtien, chef-lieu du département, autrefois capitale du royaume de Haïti; avant la révolution elle partageait avec Port-au-Prince, l'honneur d'être en temps de guerre la résidence du gouverneur général de la partie française de Saint-Domingue. Bâtie au pied de la montagne nommée Le Morne du Cap et en face d'une vaste plaine, avec un beau port, cette ville, malgré les désastres qu'elle a éprouvés depuis la fin du dernier siècle, est encore la mieux bâtie et la plus belle

de l'île, et n'est inférieure pour la population et le commerce qu'à Port-au-Prince. Ses rues sont larges et pavées, ses maisons toutes en pierres; elle a quelques belles places, des marchés, des fontaines; ses fortifications du côté de la mer, jadis considérables , tombent en ruines ; sa belle église de Notre-Dame n'est pas en meilleur état ainsi que le théâtre, le palais du gouverneur et deux vastes couvens. Ses bàtimens les mieux conservés sont Yarsenal et le palais de Christophe; celui-ci est destiné à loger le président lorsqu'il se rend dans cette ville. Cap-Haïtien est le siège d'un tribunal civil, d'un tribunal de commerce et le chef-lieu de l'arrondissement militaire et de l'arrondissement financier de son nom. Sa population , qui a beaucoup diminué depuis ces dernières années, est encore estimée à près de 10,000 âmes.

Dans ses environs on trouve : Mil lot, petit village, près duquel on voit les restes de S ans- Souci 3 assez belle maison de plaisance bâtie par Christophe , et où il passait une grande partie de l'année. Ses vastes appartemens, qui étaient garnis avec une grande richesse , ont été dévastés après la chute de ce tyran. M. Mackenzie y vit encore la chambre à coucher où il mit fin à sa vie par deux coups de pistolets. La chapelle est la seule partie de ce bâtiment que la fureur populaire ait épargnée. A trois lieues de Millot on voit La Ferrière, autrefoisla Citadelle Henri, forteresse bâtie par Christophe sur le sommet d'une montagne haute d'environ 2500 pieds, afin de s'y réfugier en cas d'insurrection et d'y renfermer ses trésors. Sa construction , qui a duré plusieurs années, a coûté des sommes énormes , à cause des difficultés qu'offrait le transport des matériaux et de la grosse artillerie. On ne peut y arriver que par un sentier étroit et en partie taillé dans le roc. Ses murailles sont d'une épaisseur extraordinaire et elles sont garnies de 365 pièces de canon. Elle est très abondamment pourvue d'eau et on la dit toujours approvisionnée pour trois ans. M. Mackenzie croit très probable qu'au moment où le tonnerre fit sauter une partie de ses fo rtitications et dispersa une portion des piastres qu'Henri y avait déposées, la totalité de l'argent comptantque ce despote y avait accumulé s'élevait à 30,000,000 de piastres, ou à plus de 150,000,000 de francs dont, après sa mort, 6 millions seulement passèrent dans le trésor de l'état. Mais nous ferons observer qu'un juge très compétent soutient que ce trésor ne s'est jamais élevé au-delà de 40 millions de francs, dont environ la moitié passa dans les caisses de la république. Dondon , misérable village, qui joua un grand rôle pendant la première période de la guerre de l'indépendance de Haïti; on pourrait nommer le: territoire montueux qui l'environne la Vendée Haïtienne , à cause de la longue résistance que les Nègres royalistes y opposèrent aux insurgés. Nous nommerons encore Fort-Liberté , petite jj ville ruinée avec un beau port; Le Port de-Paix, i petite ville commerçante , avec un port; Le Mole ] Saint-Nicolas, petite ville ruinée par Christo- ^ plie, qui en rasa les fortifications; ses remparts j «. élevés à grands frais par les Français et considéra- • le

blement augmentés par les Anglais durant leur occupation, en avaient fait, dit M. Mackenzie, une des plus fortes places maritimes du monde ; son port , sa position et ses fortifications qui pourraient facilement être rétablies, lui donnent encore une grande importance militaire. L'ile Tortue, renommée pour avoir été le repaire des trop célèbres flibustiers et le premier établissement des Français à Saint-Domingue.

Dans le DEPARTEMENT DU NORD-EST : Saint- Yague, chef-lieu du département, siège d'un tribunal civil, mais très déchue depuis les dégâts qu'elle a soufferts lors de la retraite de Christophe sous les ordres de Dessalines en 1805. C'est une des plus anciennes villes de l'Amérique, ayant été bâtie en 1504; elle est aussi renommée comme un des lieux les plus salubres de l'Amérique, prérogative justifiée par le mouvement de sa population, qui offre une mortalité extrêmement petite comparée au nombre de naissances respectives. Port-Plate , petite ville très déchue , mais encore importante par son port et par la grande exportation d'acajou et d'autres produits qu'on y fait. Altamira , misérable hameau , remarquable par la magnifique vue dont on y jouit. Monte- Ciiristi , ville entièrement déchue, par la retraite du Yaque qui y avait autrefois son embouchure. La Vega, petite ville que nous nommons pour mentionner les ruines de la Concepcion de la Vega situées dans les forêts de son territoire; cette dernière a été la plus florissante ville de St-Domingue jusqu'en 1564, époque où un tremblement de terre l'a tellement ruinée que ses habitans prirentle parti de l'abandonner; elle possédait un hôtel des monnaies, où l'on frappait des pièces avec l'or retiré des mines et des lavages de cette Ile. Cotuy, très petite ville, très ancienne , qui n'a jamais été importante malgré le voisinage des riches mines d'or qu'on y a exploitées jusqu'en 1747 ; il y en a aussi de cuivre aurifère et de fer. Les fameuses montagnes du Cibao appartiennent à ce département; M. Mackenzie croit pouvoir affirmer qu'elles recèlent beaucoup d'or, et qu'elles pourraient fournir au moins de riches lavages de ce métal; il ajoute à ce propos que la monnaie de la Concepcion de la Vega frappa 240,000 couronnes (crowns) dans une seule année avec l'or provenant de ses mines.

Dans le DEPARTEMENT DU SUD-EST : St-Domingue , jadis capitale de toute la partie espa-

gnole, assez grande ville, située non loin de l'embouchure del'Ozama, qui y forme un beau port défendu par plusieurs ouvrages. On la regarde communément comme la première ville bâtie par les Espagnols dans le Nouveau- Monde; mais M. Mollien nous fait observer que c'est à la Nueva-Isabella, bâtie en 1494 sur la côte septentrionale de l'île , que celte qualification doit appartenir. Détruite presque entièrement eu 1502 par un ouragan, St-Domingue fut rebâtit? sur le bord occidental de l'Ozama. Percée de rues larges et bien alignées, elle a des maisons construites dans le genre de celles de Cadix et généralement solides et bien proportionnées, et quelques édifices remarquables. Nous nommeions surtout la cathédrale, beau bâtiment gothique d'une grande solidité; on vante la hardiesse de sa coupole ; Yarsenal, qui est un des plus grands de l'Amérique : une partie a été changée en casernes; le palais où résidait le gouverneur espagnol ; celui du cabildo ou de la municipalité ; le ci-devant collège des jésuites , transformé en magasin militaire : la coupole et h? maitre-autel de son église sont remarquables. Le xvie siècle a été l'époque brillante de St-Domingue; depuis lors cette ville a toujours vu décroître son commerce et avec lui ses richesses et sa population , qu'on n'estime plus qu'à environ 10,000 habitans. Elle est encore le siège d'un archevêché , d'un tribunal civil , d'un tribunal de commerce et est le chef-lieu de l'arrondissement militaire et financier de son nom. Quelques établissemens littéraires peu considérables remplacent son ancienne université; le gouvernement y possède une imprimerie; la gazette qu'on y publiait a cessé de paraître.

Nous nommerons encore: ST-CiiRiSTOPHE,dans les environs de St-Domingue , pour ses plantations et les fortifications que le général Borgella y a élevées. Higuey , très petite ville, renommée dans toute l'ile par son célèbre sanctuaire de Notre-Dame , visité annuellement par un grand nombre de dévots ; c'est la Lorette de Haïti. Samana, très petite, située sur la grande baie, à laquelle elle donne le nom; quoique on la représente à tort comme une place commerçante, nous ne la regarderons avec M. Mollien quo comme le bagne d'Haïti. L'ile Saône, habile» temporairement par des pêcheurs.

Nous comprenons sous cette dénomination un grand nombre de petits états formés par les nations qui, quoique vivant éparses sur les vastes solitudes que les puissances européennes et les nouveaux états de l'Amérique regardent

comme des parties intégrantes de leurs territoires respectifs, n'en conservent pas moins leur indépendance. La géographie physique des pays occupés par ces nations a déjà été donnée dans la description des états dont elles sont censées faire partie,

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et leur population et leur superficie figurent avec la superficie et la population correspondantes de ces mêmes états. Nos recherches sur ce sujet nous ont engagé à estimer à environ 6,000,000 de milles carrés la superficie des terres où sont disséminées les nations indigènes indépendantes, et à porter tout au plus à 1,300,000 âmes leur population collective. Pour éviter des répétitions inutiles, nous renvoyons aux pages 954—965, où l'on a classé , d'après les langues , toutes ces petites nations, dont quelques-unes se trouvent partagées entre plusieurs états. Le signe ** qui précède le nom de certains peuples signale ceux qui , étant indépendans, appartiennent à cette section.

Comme l'extrémité de l'Amérique-du-Sud, que les géographes s'accordent à nommer Patagonie, n'a é é occupée par aucune puissance, et que les prétentions des Espagnols à cet égard ne sont pas reconnues pa r les Puissances Européennes, c'est iciqu'il convient de donner sa description Nous y rattachons les îles les moins éloignées qui en dépendent géographiquement, et VAraucanie . dont le Chili ne possède que quelques points vers son extrémité méridionale. Cette circonstance et sa contiguïté avec la Patagonie font que nous la séparons du territoire chilien.

occidentale , entre le 65° et le 78°. Latitude australe, entre le 36° et 56°, en y comprenant l'archipel de Magellan , à cause de sa grande étendue et de sa grande proximité. * confins. Au nord , la confédération du Rio de la Plata. A l'est, l'Océan- Atlanque. Au sud, l'Océan-Austral. kV ouest, le Grand-Océan , la république du Chili et l'Araucanie proprement dite, à l'ouest de la grande cordillière des Andes.

fleuves. Il n'y a que les fleuves qui se rendent dans l'Océan-Atlantique qui, par la longueur de leur cours, méritent d'être mentionnés.

Le Rio-Necro , qui sépare la Patagonie du territoire de Buénos-Ayres. A la page 1069 nous avons déjà dit tout ce que la géographie offre de moins vague sur ce fleuve qui est le courant principal île ces vastes solitudes.

Le Rio-Camarones (Fleuve des Homards). Après avoir traversé la partie méridionale de la Patagonie que les géographes espagnols nomment Comarca-Desierta ^province déserte), ce fleuve se rend à l'Atlantique dans la baie à laquelle il donne îou nom.

Le Rio-Gallego ; son cours est beaucoup plus borné que celui des précédens , mais il est remarquable par la rapidité et le volume de ses eaux, et parce qu'il est le plus méridional de tous les fleuves principaux qui arrosent la partie continentale du Nouveau-Monde. Nous ajouterons que d'après l'exploration que les Anglais ont faite il y a quelques années, la marée y monte jusqu'à 46 pieds anglais, élévation que nous signalons comme la plus grande que l'on ait encore observée à de si hautes latitudes australes.

divisions et topographie. Ces vastes solitudes dont le sol , généralement parlant, est aride , manquant de bois et d'eau douce , mais auquel la haute taille observée parmi quelques-unes des tribus qui le parcourent a donné depuis trois siècles une grande célébrité , sont la patrie des Patagons, des Chunchi, des Puelches et d'autres peuples indigènes décrits dans l'article Ethnographie aux pages 954 à 956. Les détails que nous en avons donnés sont les seuls que comporte le cadre d'un Abrégé. Nos lecteurs ont déjà vu dans l'article des Iles , aux pages 931 et 933 , ce que les terres qui dépendent de la Patagonie offrent de plus remarquable. Ils trouveront d'autres détails sur les nations indigènes indépendantes dans la description des différens états de cette partie du monde. Mais nous devons dire un mot sur \epays des Arguèles ou Césares et sur quelques emplacemens très remarquables, afin de détruire des erreurs récemment reproduites par des noms imposans, et pour signaler au lecteur des points très importans sous plus d'un rapport, mais que les géographes négligent entièrement et que l'on cherche en vain sur les cartes générales, surchargées cependant d'une foule de noms inutiles ou d'une beaucoup moindre importance.

Falkner, dans sa description de la Patagonie, a déjà relégué avec raison parmi les fables l'existence de la prétendue colonie des Arguèles ou Césares, dont le père Feuillée a donné une description remplie de détails imaginaires. Selon les uns cette colonie aurait dû sa naissance aux équipages des quatre vaisseaux espagnols naufragés en 1540 dans le détroit de Magellan , et qui se seraient établis dans l'intérieur du continent entre le 43e et le 44e parallèles -, selon d'autres elle se serait formée des descendans des Araucans , qui après avoir détruit en 1599 la ville d'Osorno dans le Chili et en avoir emmené les femmes, se seraient retirés dans ce même emplacement.

Le Puerto-Deseado (Port-Désiré) au sud du cap Blauco, découvert par Magellan en 1520 et visiU

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après lui par plusieurs navigateurs, et depuis lors par un grand nombre de bàtimcns qui fréquentent ces parages pour y faire la pêche. Le Puerto de San-Julian (Port de St-Julien), meilleur que le précédent et visité également par Magellan et par d'autres navigateurs, et de nos jours à cause de la pêche. Le Port-Famine , sur un enfoncement formé par la péninsule de Brunswick , qui se projette dans le détroit de Magellan. C'estl'emplacement de la Cujdad Real de Felipe ou de Filippoli , fondée en 1582 par Sarmiento par ordre de Philippe H , dans le but d'assurer à l'Espagne la possession du passage de ce fameux détroit; c'était une citadelle de quatre bastions garnie de quelques pièces d'artillerie , et ayant à ce qu'on prétend 400 habitans. C'était sans con-

tredit la forteresse la plus australe de tout le globe ; aucune fortification permanente n'a mên/e été construite à de si hautes latitudes. Cavendish, en 1586, n'y trouva plus qu'un seul habitant. L'aspect des environs rend improbable l'opinion que cette colonie ait péri par la famine. M. DubozeL qui accompagnait d'Urville dans son mémorable voyage au pôle sud, propose à la France cet emplacement comme excellent pour y fonder une colonie pénale. Le capitaine King y a fait, il y a quelques années, des observations météorologiques de février à juillet.

Sur la côte occidentale nous nommerons golfe de la Trinité , remarquable par les petits établissemens que l'amiral Sarmiento y fonda , et qui éprouvèrent le même sort que Filippoli.

position astronomique de la partie principale. Longitude occidentale, entre 17° et 78°. Latitude boréale, entre 69° et 76°.

confins de la partie principale. Au nord, la partie encore non explorée du Groenland et l'Océan-Arctique. A Vest, l'Océan - Arctique. Au sud, ce même Océan et l'Océan- Atlantique. KV ouest, la Méditerranée-Arctique et la mer de Baffin, qui en est une dépendance. Voyez à la page 922.

Les Antilles-Danoises, dans la mer des Antilles, sont environnées des établissemens AnglaisetEspagnols situés dans cette mer, que nous avons vue être une dépendance de la Méditerranée-Colombienne.

Voyez à la page 923.

fleuves. La configuration de la partie connue de ces régions boréales ne comporte aucun grand fleuve. Ceux de PIslanfde sont les plus connus et les plus remarquables. Nous citerons au sud , le Hvitaa , qui passe par Skalholt , le Thiobsaa et I'Holmsaa; à l'est . le Lagaraa et le Bruaa ; au nord , I'OExaraa et le Skalfandeaa, qui semblent être les plus longs, et I'OExnadalaa et le Kolbeinsdalsaa, qui paraissent avoir une source commune, et qui, dans la plus grande partie de leur cours connu , forment un delta aussi remarquable par son étendue que par les groupes de montagnes qu'il renferme; enfin, à l'ouest, le

Hvitaa, nommé aussi Borgaraa , qui longe Borg.

divisions et topographie. D'après les importantes découvertes faites dans les mers Boréales par les navigateurs anglais, il parait hors de doute que le Groenland n'est pas une péninsule du Nouveau-Continent, comme on le croit généralement, mais un groupe de deux ou trois grandes lies environnées de plusieurs autres beaucoup moins étendues. Les Danois ne possèdent donc plus rien sur le Continent -Américain.

Toutes leurs possessions , dans cette partie du monde , forment trois groupes distincts qui correspondent aussi à leurs divisions administratives; ce sont : le groupe du Groenland, I'Islande et les Antilles- Danoises ; mais ces trois groupes diffèrent considérablement sous le rapport du mode de leur administration ; car les Antilles sont régies comme des colonies; le Groenland est, pour ainsi dire , gouverné par les missionnaires ; V Islande, divisée en trois bailliages, offre l'administration régulière du Danemark proprement dit. Le tableau suivant présente les villes et lieux les plus remarquables de ces trois grandes divisions. Nous y avons ajouté le résultat des découvertes les plus récentes sur ie Groenland-Occidental et sur le Groenland-Oriental.

ti

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Contrées et Divisions Chefs-Lieux, Villes et Lieux les plus reuarquabi es.

administratives.

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