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REPUBLIQUE ORIENTALE DE L'URUGUAY

qu'à l'avenir il sera encore plus fréquenté. Cette route est coupée en divers points de son étendue , par de nombreux défilés ou passages à travers les Cordillères, parmi lesquels on peut citer le défilé de los Palos, devenu célèbre depuis que le général San-Martin le traversa avec son armée , dans son expédition de Mendoza au Chili, avant la bataille de Chacabuco. Plus au nord sont les divers passages qui communiquent entre San- Juan et Coquimbo, et entre la Rioja et Copiapo. Cette dernière place est située sur la frontière méridionale du désert d'Atacuma , et dans cette

partie, qui est nommée El Despoblado ; elle est traversée par la route qui communique de Salta au port de Cobija , dans la république de Bolivia , à l'autre extrémité de ce même désert. »

La Province de Jujuy forme, comme nous l'avons déjà dit, une république indépendante de la Confédération. Jujuy, petite ville, en est la capitale ; on voit dans son voisinage un volcan qu'on peut ranger à côté de ceux de Macaluba et de Taman, mentionnés aux pages 418 et 555, à cause de ses fréquentes éruptions de torrens d'air et de poussière.

position astronomique. Longitude occidentale, entre 55° et 61°. Latitude australe, entre 30° et 35°.

confins. Au nord, la province brésilienne de Rio-Grande do Sul. kVest, la même province et le territoire neutre , espace de terrain compris entre la lagune de Merim et l'Océan-Atlantique , ensuite cet Océan. Au sud, l'Océan-Atlantique et le Rio delà Plata. A V ouest, l'Uruguay qui le sépare des états d'Entre-Rios et de Corrientes, compris dans la confédération du Rio de la Plata.

fleuves. Plusieurs grands fleuves arrosent les vastes solitudes qui composent cet état. Les principaux sont les suivans :

Le Rio de la Plata , dont nous avons tracé le cours à la p. 927, etc.; il baigne Colonia del Sacramento, Montevideo et Maldonado. Son principal affluent dans cet état est l' Ur u g u ay, qui passe par Soriano ou San-Domingo-Soriano ; celui-ci est grossi à la gauche par le Pdo-Negro, qui traverse tout l'état de l'est à l'ouest.

Le Cebollati , qui prend sa source dans les montagnes de Barriga-Negra dans le district de Concepcion-de-Minas , et , après avoir traversé dans la direction de l'ouest à l'est la partie sud-est de cet état , se rend dans la lagune de Merim.

division et topographie. Les vastes

solitudes qui composent le territoire de cet état, formaient partie de la viceroyauté de Buenos- Ayres, sous le nom de Banda-Orientale. Après avoir été régie pendant neuf ans par le féroce et cruel Artigas, qui attaqua Buenos- Ayres, envahit l'Entre-Rios, souleva Santa-Fe, arma les Indiens du Grand-Chaco et désola le Paraguay par des actes inouïs de barbarie, cette contrée, autrefois si flo-

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rissante , fut envahie par les Portugais et réunie au Brésil sous le titre de provincia Cisplalina. Séparée de cet empire par un article du traité de paix conclu entre le Brésil et Buenos- Ayres, elle fut déclarée indépendante , et prit le titre de république orientale de l'Uruguay. On la connaît aussi sous le nom de Nouvel-Etat- Orient al de l'Uruguay. D'après la nouvelle organisation qu'elle s'est donnée , tout le territoire de la république est partagé en neuf départemens qui prennent le nom de leurs chefs-lieux respectifs ; ces départemens sont : Montevideo , Maldon a do , Caneton es, San- José , Colonia, Soriano, Paysandu, Duragno , Cerro-Largo.

Montevideo, chef-lieu du département de sou nom et capitale de la république. Elle est bâtie en amphithéâtre sur la rive gauche du Rio de la Plata et sur une petite péninsule; son port, regardé comme le meilleur de' la Plata, est exposé à toute la violence des vents d'ouest nommés pamperos. Le plan de la ville est régulier; les maisons, bâties en briques et couvertes d'une terrasse, n'ont la plupart qu'un seul étage ; les rues ne sont pas pavées. Par un article de la paix conclue entre le Brésil et Buenos-Ayres, ses fortifications, qui étaient assez considérables , doivent être démolies ainsi que celles de Colonia. Peu de villes de l'Amérique ont plus souffert que Montevideo.

Son commerce, jadis si florissant, est réduit au quart de ce qu'il était, et sa population , qui était descendue jusqu'à 10,000 âmes, parait dépasser aujourd'hui

AMERIQUE

Toutes les autres villes sont très petites ; voici les plus remarquables : Colonia (Colonia del Sacramento), importante par son port sur le Rio de la Plata, et par ses fortifications qui, comme nous venons de le dire, doivent être démolies; Maldonaoo , à l'embouchure du Rio de la Plata , avec un port; Paysandu , sur l'Uruguay, naguère encore misérable hameau d'une douzaine de cabanes , que le commerce et l'industrie ont changé en une petite ville florissante, à laquelle M. Isabelle donne 5000 habilans. Florida, dans l'intérieur, lieu remarquable parce qu'il a été le siège du gouvernement de l'état pendant la dernière guerre contre le Brésil.

Des personnes étrangères à l'archéologie nous reprocheront peut-être de n'avoir pas mentionné dans les environs de Montevideo le tombeau de

Ptolémée, que l'on prétend y avoir été découvert. Ce tombeau , d'après les relations publiées dans un grand nombre de journaux d'Europe et d'Amérique, serait décoré d'une inscription grecque, et renfermerait plusieurs pièces d'armures d'un travail précieux, entre autres un casque sur lequel on voitreprésenté Hector traîné par Achille autour des murs de Troie ! Mais depuis plusieurs années les savans ont fait justice de cette prétendue découverte et des absurdes commentaires que des juges non compétens s'étaient empressés de publier. Nous avons cru cette explication nécessaire pour nous mettre à l'abri de la critique, et pour signaler une erreur archéologique qui n'a pas manqué de donner une certaine célébrité aux environs de cette ville.

position astronomique. Longitude occidentale, entre 37° et 75". Latitude entre 4° boréale et 33° australe.

confins. Au nord , la Colombie, les Guyanes Anglaise, Hollandaise et Française et l'Océan - Atlantique. A l'est , l'Océan - Atlantique. Au sud, l'Océan- Atlantique , la république Orientale de l'Uruguay et le dictatorat du Paraguay. A l5 ouest , la confédération du Rio de la Plata , le dictatorat du Paraguay, et les républiques de Bolivia, du Pérou et des Etats-Unis du Sud.

fleuves. Parmi le grand nombre de fleuves qui arrosent le vaste territoire de cet empire , nous nous bornerons à décrire le cours des vingt suivans , parmi lesquels quatre V Amazone , le Tocantin, le San-Francisco et le Rio de la Plata ont déjà été décrits à la page 927 avec les plus grands fleuves du Nouveau-Monde. Tous se jettent dans l'Océan-Atlantique, et plusieurs sont grossis par des affluens dont le cours égale celui des plus grands fleuves de l'Europe , le Volga seul excepté. Ces fleuves sont :

L'Oyapoc; son cours est peu considérable ,mais il est important par le volume de ses eaux et plus encore parce qu'il sépare la Guyane-Française de la Guyane qui appartient à rempire du Brésil.

L'Amazone ; il vient de la Colombie , traverse de l'ouest à l'est la vaste province du Parà , et après y avoir arrosé les villes ou bourgs d'Olivença, Obidos ou Pauxis, Santarem, Almc-

rim, Curupa ctMacapa, il entre dans l'Atlantique. Ses principaux affluens à la droite sont : le Javarr, qui vient du Pérou et sépare cette république de l'empire du Brésil ; il passe par Boi ba; le Jutayou Hyatahy; le Juruaou Hyarua; le Tefe ou Jepé, qui passe par Ega-, et le Pur us ; tous ces affluens viennent de la république du Pérou et arrosent les solitudes encore peu connues de la comarque du Rio- Negro dans la province du Parà; la Madeira , qui vient des républiques de Bolivia et du Pérou ; elle traverse la comarque du Rio-Negro, où elle passe par Borba-, elle est grossie par le Guaporé, qui descend des Campos-Parecis et passe peu loin de Matto-Grosso ou Villa-Bella et par le Fort do Principe da Beira; le Topayos, nommé Juruena ou Jurena, dans la partie supérieure de son cours ; il naît dans les Campos-Parecis, dans la province de Matto-Grosso, la parcourt du nord au sud., ainsi que celle du Parà ; c'est dans cette dernière qu'il baigne l'aldea ou village des Mundrucus, Pinhel, Aveiro et Alter-do- Chào ; XArinos à la droite est son principal affluent ; le Xingu, qui prend sa source dans la partie orientale du plateau des Campos-Parecis , traverse le pays des Bororos et de plusieurs autres nations indépendantes , dans la province de Matto-Grosso, arrose celle du Parà, et baigne dans cette dernière Souzel etPombal.

Les principaux affluens à la gauche de l'Amazone sont : YJça ou Putumayo et le Yapura ou Caqueta y qui viennent de la Colombie-, le Rio-Negro , qui est le plus considérable de tous ces affluens ; on s'accorde maintenant à placer sa source dans la serra deTunuhy dans la Colombie, où il passe par San-Carlos; ensuite il entre dans l'empire du Brésil, où il traverse du nord-ouest au sud-est la vaste comarque du Rio-Negro , en baignant Thomar , Barcellos , Moura et Barra do Rio-Negro ; il est grossi à la gauche par le Cassiquiare, bras de

EMPIRE DU BRESIL

l'Orénoque qui vient de la Colombie, et par le Rio-Branco, qui traverse du nord au sud la coinarquedu Rio-Negro; enfin le Rio-Tro mb etas et YAnauirapucu, qui descendent du versant méridional de la Serra de Tumucumaque et traversent la comarque du Para.

Le Tocantins ou Para, formé par la réunion de deux grandes branches, le Tocantin proprement dit, et le Rio-Grande ou Araguaya, nommé aussi Araguay et non Uraguay comme on le trouve sur plusieurs cartes ; celle-ci doit être regardée comme la branche principale. L'Araguaya ellemême est formée par la réunion de plusieurs courans qui descendent des premiers échelons de la Serra das Vertentes dans la province de Goyaz, sépare cette province de celles de Matto-Grosso et du Parà; ce grand courant forme dans la province de Goyaz la grande île Santa-Anna , passe par Almeida et par l'emplacement où l'on avait projeté la fondation de San-Joào de Duas-Barras, traverse ensuite la partie orientale de la province du Parà , et après y avoir baigné Villa-Viçosa ou Cametà, et Parà ou Belem, il entre par une large embouchure dans l'Océan; leTajipuru, canal naturel, très étroit du côté de l'Amazone, fait communiquer ce dernier avec le Tocantin ; le principal affluent de l' Araguaya est le Rio das Mortes j qui parcourt la partie orientale de la province de Matto-Grosso. Le Tocantin proprement dit nous paraît être formé par la réunion des deux courans principaux de la province de GoyazJ, nommés Rio das Auias et Maranhâo ; il traverse ensuite la partie orientale de cette province , où il reçoit un grand nombre d'affluens , parmi lesquels nous nommerons le Paranan à la droite.

Le Maranhâo, dit Miarim ou Meari dans la partie supérieure de son cours -, ce fleuve naît dans la Serra do Itapicuru dans la province â laquelle il donne son nom, et la traverse du sud au nord. Après avoir reçu le Grajahu ou Santona et le Pinaré ou Pindaré à la gauche, il entie dans la baie de San-Marcos vis-à-vis de l'île Maranhâo.

L'Itapicuru , descend de la Serra de ce nom , baigne du sud au nord la partie orientale de la province de Maranham , passe par Caxias ou Cachias et Itapicuru , et y débouche dans la baie de San-José.

Le Paranahiba ou Parnahiba est un des cinq grands fleuves du Brésil ; il nail dans la Serra dos Guacuruaguas ou Curucuruaguas , et sépare pendant toute la longueur de son cours la province de Maranhâo de celle de Piauhy. Ses principaux affluens sont à la droite le Goro ngue ia , qui passe par Jurumenha, et le Canin.de , grossi par le Piauhy à la gauche , qui donne le nom à une province de l'empire. Le principal affluent à la gauche, est le R.io de Balças; il traverse la partie méridionale de la province de Maranhâo,

Le Seara a un cours très borné , et n'est mentionné ici que parce qu'il donne son nom à une des provinces de l'empire; son embouchure est peu éloignée de Cidade-da-Fortaleza ou Seara.

L'Iguaribe ou Iaguaribe. Quoiqu'il soit le plus grand fleuve de la province de Seara , il n'en est pas moins un des plus petits fleuves de l'empire , il traverse la partie orientale de cette province en passant par Aracaty , que plusieurs cartes écrivent à tort Ararati; le Salgado , qui baigne Yco , est son principal affluent à la droite.

Le Rio-Grande-do-Norte . dit autrefois Potengi, et le Rio-Parahiba-do-Norte ; ce sont deux fleuves d'un cours assez borné; la partie supérieure de leurs bassins laisse encore beaucoup à désirer; ils traversent les deux provinces de l'empire auxquelles ils donnent leurs noms.

Le Rio San-Francisco : c'est un des cinq grands fleuves du Brésil; il naît dans la Serra da Canastra dans la province de Minas-Geraes , la traverse du sud au nord, et parcourt de l'ouest à l'est celles de Pernambuco et de Sergipe-, dans ce long trajet il passe au travers ou tout près de Urubu , Rio Grande, Pilào-Arcado , Santa-Maria et Villanova de San-Francisco. Ses principaux affluens sont: le Rio das Velhas et le Rio-Verde à la droite ; leParacatu et le Rio- Grande à la gauche; tous dans la province de Minas-Geraes.

Le Rio Itapicuru, nommé aussi Jacobina et Rio do Peixe , dans la partie supérieure et moyenne de son cours; il traverse le nord de la province de Bahia en passant par Jacobina et Itapicuru.

Le Paraguaçu ou Peruaçu ; il est formé par deux branches du'même nom, qui descendent de la Serra de Manguadeira , traverse la province de Bahia, et après avoir arrosé Cachoeira, se jette dans la belle baie qui donne le nom à cette province.

Le Rio de Contas-, ce fleuve descend de la Serra das Aimas, traverse la comarque dos Ilheos dans la province de Bahia, et à Rio de Contas, il entre dans l'Océan.

Le Rio Pardo, qui naît dans la Serra d'Espinhaçodansla province de Minas-Geraes, en arrose* une partie ainsi que la comarque dos Ilheos dans celle de Bahia ; deux canaux naturels le font communiquer avec le Rio Belmonte.

Le Rio-Grande de Belmonte ; ce fleuve est formé parla réunion des deux branches qui prennent leurs sources dans la Serra do Espinhaço dans la province de Minas-Geraes ; elles sont connues sous les noms d'ARAçuAHY et de Jiquitiniionha ; celle-ci est la plus occidentale et est renommée par les diamans qu'on y trouve. Après leur jonction, qui a lieu à Minas-Novas, le Rio-Grande de Belmonte traverse la comarque He Porto-Seguro dans la province de Bahia , et à Belmonte il entre dans l'Océan; le Rio deSalsa, canal naturel toujours navigable . met en communication ce fleuve avec le Rio Pardo.

LeRioDocE, dit Piranga dans la partie supérieure de son cours ; ce fleuve, très rapide et peu navigable , naît dans la Serra do Espinhaço et parcourt les provinces de Minas-Geraes et de Espirito-Santo.

Le Parahiba, dit aussi Parahiba-do-Sul , pour le distinguer de Parahiba-do-Norte , est le plus grand fleuve de la province de Rio-dc-Janeiro. Il naît dans la comarque de San-Paulo , dans la province de ce nom, traverse celle de Rio-de-Janeiro,

AMERIQUE

et après y avoir baigné San-Salvador dos Campos, ou Campos. entre dans l'Océan.

Le Rio-Grande de San-Pedro, dit aussi Rio- Grande-do-Sul, pour le distinguerdu Rio-Grandedo-Norte. C'est le canal par lequel les lagunes de los Patos et de Mirim communiquent avec l'Océan. Le Jacuy, le plus grand courant qui se rend dans ce vaste estuaire, et qui naît dans la Serra dos Tapes, semble être sa branche principale ; il traverse la province de San-Pedro et baigne ou côtoie les villes de Caxocira, Rio-Pardo, Triunfo.et Porto- Alegre; il mêle ensuite ses eaux avec celles de la lagune de los Patos ; le Rio-Grande de San- Pedro proprement dit passe parla ville de San- Pedro.

Nous avonsvupage 927 que le Rio de la Plata estfbrmé par la jonction de I'Uruguay (Uraguaj) avec le Parana; celui-ci, qui est la branche principale, naît dans la Serra de Mantequeira, province de Minas-Geraes-, il en traverse la partie méridionale, sépare ensuite la province de San- Paulo de celles de Goyaz et Matto-Grosso, ainsi que le territoire du Brésil de celui qui appartient au Paraguay -, enfin il entre dans celui des Etats- Unis du Rio de la Plata. Ses principaux affluens à la droite, dans les limites de l'empire, sont: le Rio das Mortes, d'un cours borné, mais

Suidonne son nom à une comarque de la province e Minas-Geraes ; le Parana-Iba, qui traverse la partie méridionale de la province de Goyaz-, le Rio-Pardo , qui sépare l'extrémité sud-ouest de cette dernière de celle de Matto- Grosso ; malgré ses nombreuses cataractes il sert à la navigation sur des canots, qui a lieu entre San-Paulo et Cuyaba. Les principaux affluens à la gauche sont : le Rio-V erde , dans la partie méridionale de la province de Minas-Geraes ; le Tieté, qui passe à une distance de l'Ytu et à Porto- Feliz, province de San-Paulo: Ylguazu, Guazu ditaussi Coritjrba, qui passe par Corityba,

et qui dans la partie inférieure de son cours sépare cette province du territoire de l'état de Corrientes, confédération du Riode la Plata. Le Paraguay, le plus grand des affluens du Parana, prend sa source dans la province de Matto-Grosso, sur Inversant méridional des Campos-Parects, parcourt l'extrémité méridionale de cette province, en traversant le lac temporaire des Xarayes, passe par Coimbra, et poursuivant son cours va séparer la confédération du Rio de la Plata du Paraguay Ses principaux affluens du côté du Brésil sont : le San-Lourenço , grossi par le Cuyaba qui baigne la ville de ce nom; le Taguary et le Mondego oxxEmbo telinu qui sert de frontière à l'empire.

division etTOPOGHAPHiE. Jusqu'en 1808, le Brésil formait la plus vaste et la plus importante des colonies de la monarchie Portugaise. Le roi de Portugal ayant quitté ses états d'Europe pour aller résider au Brésil , cette contrée fut déclarée royaume y et plus tard en 1822, empire; à cette époque les divisions administratives du Brésil subirent plusieurs importantes modifications. Par la création des législatures provinciales, en 1835, l'empire du Brésil est plutôt un état fédératif qu'une monarchie constitutionnelle. Cependant, les intérêts provinciaux y ont élé minutieusement délimités et isolés. Le tableau suivant offre toutes les provinces et leurs comarques (comarcas) , telles qu'elles étaient à la fin de 1835.

Provinces et Comarques. Chefs-Lieux, Villes et lieux les plus remarquables.

Rio-de-Janeiro Rio-de-Janeiro (San-Sebastiào, St-Sébastien )»• Santa-Cruz;

Pruia- Grande ou Niteroy; Macacu; Mage; Marica ; Cabo-Frio ; Campos (San-Salvador dos Campos) ; Cantagallo ; Nova-Friburgo; Angra dos Reis ( Ilha-Grande); les îles Grande, de St.-Sébastien , etc. , etc,

San-Paulo. C. de San-Paulo. . San-Paulo, Santos; Villa-da-Princeza ; Taubaté; Guara-

tinguelà ; San-Sebastiào ; Icarehy ; Ubatuba ; Mugi.

C. d'Hytu H y t u (Hitu) ; Porto-Feliz ; Sorocaba ; San-Carlos.

C. de Paranagua-et-Cori- C oritvb a; Paranagua; Cannanea; Iguâpe ; Castro ; Guatyba. raluba; Lages ; Villa do Principe.

Santa-Catharinà Cidade do desterro (Cidade de Nossa-Senhora-do - Desterro) ;

San-Francisco ; Laguna ; Sanla-Anna ; San-Miguel.

San-Pedro Portalegre (Porto-Alegre) ; San-Leopoldo ; Rio-Pardo j Rio- Grande (San-Pedro, San-Pedro de Rio-Grande); Caxoeira.- Piratinim ; Triunfo ; Alegrete; Cassapava; Pelotas; St-Jozé do Norle.

Matto-Grosso. : Matto-Grosso (Cidade de Matto-Grosso, jadis \illa-Bella) ;

Cuyaba; Diamantino ; San-Pedro-del Rey ; Nova-Coim-

bra; Forle-do-Principe-da-Beira ; Camapuan. Goyaz. C. «le Goyaz. ....... Goyaz (Cidade de Goyaz ou Goiaz, dite autrefois Villaboa);

Meia-ponte : Pilar ; Santa-Cruz; Crixa; Santa-Luzia ;

Desemboque.

C. de S-J. das Duas-Bar- Na tividade ; Cavalcante ; Conceicao; Tahiras; San- José ras. dos Tocantins; Porto- Real; San-Joào-da-Palma.

Minas-Geraes. C.deOuro-Preto. Cidade-do-Ouro-Preto (autrefois Villarica); Marianna ; San-

Bartholomeu; Santa-Barbara ; Antonio-Pereira; Inficionado ; Catas-Altas-de-Malto-Dentro.

-C. du Rio das Mortes. . . . San-Joào-del-Rey ; San-José; Campanha (TiUa da Prince-

za-da-Beira); Queluz; San-Carlos deJacuhy (Jacuby); Barbacena.

C. du Rio das Velhas . . . Sabarà (Villa-Real-do-Sabarà); Cahyte (Villa-Nova-da-Bayn-

ha); Pitangui.

C. de Paracatu Para ca tu(Paracatu-do-Principe); San-Romào ; ,Araxà (Sau-

Domingo do Araxà).

EMPIRE DU BRESIL

Provinces et Comarques. Chefs— ïiieux , Villes et ïiieux les plus remarquables.

C. du Rio San-Francisco. Rio-G rande (Rio San-Francisco das Chagas); Pilào-Arcado;

Campo-Largo ; Jannaria.

C. do Serro-Frio V i 1 1 a - d o - P r i n c i p e ; Fanado (Villa-do-Bom-Successo); Agua-

Suja ; Barra do-Rio-das-Velhas ; Villa Diamantina. Espirito-Santo. , Victoria (Cidade da Victoria); Itaperim; Guarapary; Al-

meida (Villa-Nova de Almeida) ; Villa-Velha-do-Espirito-

Santo.

Bahia. C. de Bahia Bahia (San-Salvador) ; Caxoeira; Maragogipe : Nazareth;

San-Amaro ; Ilapicuru ; Jaguaripe. L'île de Taparica ou Itaparica.

C. de Jacobin a Jacobina; Villa de Rio de Contas; Villa-Nova do Prin-

cipe; Joazeiro.

C. dos Ilheos San-Jeorge (Illieos); Olivenca; Camamu; Cairu; Bar-

cillos.

C. dePorto-Seguro Porto-Seguro-, Santa-Cruz ; Caravellas ; Leopoldina ;

Belmonte ; San-Mattheus ; Villa- Viçosa; Atcobaça.

Sergipe ou Seregipe . . Sergipe (Cidade de San-Christovào); Estancia-, Lagarto; Vil-

lanova de San-Francisco ; Propriia (Propiha, jadis Urabu de Baixo) ; San-Amaro ; San-Luzia.

Alagoas Alagoas (Cidade das Alagoas); Maceyo; Penedo; Atalaya ;

Porlo-Calvo ; Anadia ; Poxim ;- Porto de Pedras. Pernambuco. C. do Reoife. . . .. Pernambuco (Cidade do Récite); Santo- Antonio de Cabo- Agos-

tinho; Serinhem (jadis Villa -Formosa); Apojuca.

C. de Olinda 0 1 i n d a ; Goyanna ; Pasmado ; Iguarassu ; Limoeiro ; Pao-

d'Alho ; l'île d'Ilamaraca.

C. do S e r tà o (du Désert). . S y mb re s ? (Jadis Ororaba) ; Santa-Maria (IndiosReal de San-

ta-Maria); Flores; Guarahey; Pambu (Santo-Antonio de Pambu).

Paraiiyba Parahyba (Cidade da Parabyba) ; Montemor: Villa-Real ; Pilar

do Taypu; Pombal : Alhandra; Villa do Conde ; San- Miguel.

Rio-Grande Natal (Cidade de Natal); Villanova da Princeza (jadis Assu);

Portalegre ; Estremoz (jadis Guajiru); Arez >• San- José ; Villaflor.

Ci ara ou Ce ara. C. d e C e a r a. . . CiARA(Seara, Cidade da Fortaleza); Granja; Sobral (jadis Ga-

rassu); Villa- Viçosa.

C. de Crato. . ... . Crato; lcco (Yco); San-Joào do Principe; Aracaty; Boni

Jardim.

Piauhy. . . . ^ Oeyras (Cidade de Oeyras) ; Purnahiba (Paranahyba) ; Pira-

cruca: Poti; Jerumenha ; Pernaguà ; Marvào ; Vallença. Waranhào. Maranhào (Cidade de San-Luiz); Hycatu; Caxias (Cacliias) ;

Itapicuru-Grande ; Guimaraens ; Alcantara; Lumiar ;

Tutoya; Viana; Vinhaes; Monçâo.

ParA. C. do- P-ara. . . Para (Belem , Santa-Maria de Belem , Cidade de Belem) ; Villa-

Viçosa (jadis Cametà); Santareai; Gurupa (Curupa); Sou-

ze'l ; Obidos (jadis Pauxis) Macapa; Gurupi ; Collares;

Ourem; Melgaço; Pombal; Aller do Chao; Pinhel. C. deMarajo Villa d e M ont' ôrte ; (Villa Joannes); Chaves ; Soure; Sal-

vaterra ; Moncaras.

C. do Rio-Negro Barra-do-Rio-Negro : Barcellos; Thomar ; Mo ira ; Olivenca (jadis San-Paulo); Borba ; Serpa; Silves.

Cette division a été considérablement altérée civils et criminels sujets à en appeler, et en der-

depuis que les Législatures provinciales ont été nierressortlesautres.il y a à chaque Municipio

autorisées à la réformer dans leurs provinces res- un corps municipal (Camara) dont les attribu-

pectives, et à la mettre plus d'accord avec lesbe- tions sont entièrement administratives; un juge

soins des.populations. Le plan arrêté est comme municipal ou d'instruction remplaçant au besoin

il suit : le juge de droit, et un promoteur public qui dans

la poursuite des crimesexerce lesmèmesfonctions Division politique et judiciaire. que le Procureur du Roi en France. Chaque dis- Les 18 provinces dont l'empire brésilien se com- tricto a un juge de paix qui partage avec le juge pose actuellement, se divisent en comarcas corn- municipal la juridiction contentieuse , en outre posées de plusieurs municipios ou termos; cha- des attributions qui lui sont particulières. Enfin que termo se subdivise en districlos, et chaque chaque quarteirao, dernier échelon de cette didistricto en quarteiores. Les provinces sont vision territoriale, est présidé par un délégué du gouvernées, quant aux affaires générales, parles juge de paix du district. Tous ces magistrats, à l'exlois faites par l'assemblée nationale et par les dé- ception desjuges de droit, sont électifs. 11 y a une crels du pouvoir exécutif de l'Empire; et pour les cour de cassation {Tribunal supremo de jusobjets particuliers elles se régissent d'après les tiça), dans la capitale, et 4 cours d'appel dans les lois faites par leurs propres assemblées législati- villes de Maranhào , Fernambourg , Bahia et ves et par les ordres ou arrêtés de leurs Présidens Rio-de- Janeiro.

ou gouverneurs, nommés par l'Empereur. A cha- La religion dominante est la catholique aposto-

que comarca est attaché un, deux ou trois juges liquc- romaine ; il y a un archevêché à Bahia qui

us droit , jugeant en premier ressort les procès est l'église métropolitaine la plus ancienne de

AMERIQUE

l'empire, et 7 évêchés, à Para, Maranhao, Fernambouc, Rio-de-Janeiro , Saint-Paul, Minas-Geraes etGoyares. Ces huit diocèses ont pour la plupart les mêmes limites que les provinces où ils sont établis. Celles qui n'ont point d'évêque ont un prélat ou vicaire-général revêtu de certaines attributions épiscopales, ou relèvent entièrement des évêques des provinces les plus proches.

Rio-de- Janeiro, dite aussi simplement Rio, située dans la province de ce nom et capitale de l'empire. L'emplacement qu'elle occupe était appelé anciennement Guenabara par les Tupinambas. C'est une grande ville , bâtie sur une vaste baie qui forme un des plus beaux ports de l'Amérique. L'entrée en est défendue par plusieurs forts : celui de Sanla-Cruz, bâti contre la montagne dite le Pico, et ceux de la Lage de Villagaguon et de ilha das Cobras (lie des Serpens) construits sur des Ilots dans l'intérieur de la baie, sont les plus importans. Il faut distinguer dans Rio-de Janeiro la ville proprement dite, ou la ville vieille, et la ville nouvelle ; celle-ci a été bâtie à l'ouest de la première depuis 1808; la vaste place, ou, pour mieux dire, le campo de Sauta- Anna , les sépare. Des rues larges, droites, pavées de grès et garnies de trottoirs ; de belles maisons, la plupart bâties en granit ; plusieurs places publiques et quelques édifices assez beaux, justifient le jugement favorable porté par plusieurs voyageurs sur cette ville ; il faut avouer cependant que la ville vieille offre plusieurs vilaines constructions et plusieurs rues étroites et tortueuses.

Les édifices les plus remarquables sont : le palais impérial, autrefois la résidence du vice-roi ; c'est un bâtiment bâti en granit, composé de deux édifices séparés, réunis par des galeries couvertes ; leur architecture n'offre rien de remarquable ; le palais épiscopal , le trésor, V arsenal de terre, V arsenal de la marine, la douane, la bourse et le palais des beaux-arts. Ces deux derniers sont regardés comme les plus beaux édifices de la ville. Les églises qui se font plus remarquer par leurs ornemens et leurs richesses intérieurs que par leur architecture, sont: la chapelle impériale ; et les églises de Nossa-Senhora da Candellaria; de Saint-François de-Paule et de Sainl- Joaquim. On doit citer le théâtre de San-Pedro où l'on joue l'opéra italien, le couvent des Bénédictins , remarquable surtout par la beauté de sa situa-

tion , et le magnifique aqueduc da Carioca d'une lieue d'étendue, terminé en 1740; c'est une imitation de celui de Lisbonne, et un des plus beaux de l'Amérique. Les pins belles places de Rio sont : la place du château, avec le palais impérial ; elle donne sur la baie; une fontaine complète le tableau qu'offre sa vue ; la place du Rocio , qui lui est supérieure pour lesdimensions; la place du Capim, ou de San-Domingo; enfin le Campo de Santa- Anna , remarquable par son immense étendue et par sa fontaine.

Plusieurs instituts scientifiques et littéraires ont été établis depuis 1808 dans 1 1 capitale du Brésil; nous nommerons: l'école de médecine et de chirurgie, annexée à l'hôpital militaire; Y école des beaux-arts , l'école de marine , le collège de Pedro II , reformé et agrandi récemment ; Y école militaire , la bibliothèque publique , le muséum, etlecabinet de minéralogie. V Institut historique et géographique est la plus remarquable de toutes les sociétés littéraires du Brésil, organisée depuis peu et placée sous l'immédiate protection du jeune empereur; il réunit déjà toutes les capacités du pays et se met en rapport avec les sociétés savantes de l'Europe.

Cette ville , qui , il y a quelques années , n'avait qu'une seule imprimerie, en possède actuellement plusieurs; et, bien que jusqu'à 1820 on n'y ait publié qu'un seul écrit périodique , il en paraissait déjà dix en 1828. Rio a un grand nombre de marchés où l'on voit étalées des provisions et des denrées de tout genre.

Dans les environs on trouve le jardin botanique situé à six milles de la ville, et qui, grâce à son nouveau directeur et à la munificence éclairée du jeune monarque régnant, est devenu un des plus remarquables du Nouveau-Monde. On y a naturalisé le thé, qui y vient parfaitement, ainsi que le cannelier, le géroflier, le muscadier, le laurier camphré, et une foule d'arbres et de plantes exotiques, dont la culture peut être adoptée en peu d'années dans toute l'étendue du Brésil. Il y a 60 ans, il n'existait point un seul pied de cafier dans la province de Rio-de-Janeiro, et c'est maintenant une des sources de sa richesse. Il faut espérer que l'arbre à pain de la mer du Sud se naturalisera dans ce beau jardin, pour se répandre ensuite dans le reste de l'Amérique-méridionale.

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EMPIRÉ DU' BRESIL

Peu de villes offrent de plus belles promenades; nous citerons celle de passeio publico ; un petit emplacement y était consacré autrefois aux leçons de botanique.

L'abolition de plusieurs restrictions qui gênaient la liberté du commerce a fait naître .le goût pour les entreprises commerciales. Nombre de négocians anglais , français .et allemands sont allés s'y établir; cette ville figure déjà parmi les places les plus commerçantes du monde, et elle est sans contredit , sous ce rapport ainsi que sous celui de la population, la première de toutes les villes de rAmérique-Méridionale. Sa population doit actuellement être au-dessus de 140,000 âmes, nombreauquel nous avons cru pouvoir l'évaluer à l'époque de la publication de la Balance politique du globe.

Les environs de Rio-de-Janeiro sont renommés par les admirables tableaux qu'y offre la nature. C'est la beauté de la situation, la bonté du climat et les richesses végétales plutôt que l'œuvre des hommes qui y attirent l'attention du voyageur. Parmi les lieux les plus remarquables situés dans le voisinage de cette métropole, nous nous bornerons à signaler les suivans : San Christovao où se trouve le château de Boa-Vista dans lequel l'empereur réside la plupart de l'année, et qui a reçu dernièrement de considérables augmentations et embellissemens : Buta-Fogo, baie charmante autour de laquelle ont été bâties les plus belles maisons de campagne des environs Je Rio; Catete, Engenho-Velho, Tijuca, remarquable par sa belle cascade, Ponta-do-Caju, où se trouve une maison de plaisance impériale. Lesiles do Governador et do Paqueta, situées au milieu delà baie, se font aussi remarquer par leurs sites pittores ques et points de vue magnifiques. En face de Rio et sur le côté opposé de la baie se trouve la ville de Niteroy, nommée , il n'y a pas long temps Praia- Grande. Cette ville prend un développement rapide depuis qu'elle est devenue le siège du ouvernement provincial. Beaucoup plus loin et ans un rayon de 60 milles on trouve : Santa-Cruz, avec un assez beau palais impérial, jadis propriété des jésuites; une plantation considérable appartenant à l'empereur en dépend. Macacu , jolie petite ville, importante par ses plantations et par sa population; Porto-da-Estrella, village situé au fond de la baie et florissant par le commerce. M est l'entrepôt des échanges entre la capitale et la province de Miuas-Ceraes. Canta-Gallo, agrandi par l'établissement d'une colonie suisse; Villa- Nova de San-José d'El Rei, dont les habitans se donnent à la fabrication des nattes -, Mage, petite ville qui se fait remarquer par sa belle église défilée à Notre-Dame da Piedade.

San-Salvador , nommée communément Bahia , clief-lieu de la province de Bahia, bâtie en grande partie sur un terrain escarpé, à environ 600 pieds audessus du niveau de la mer, et en partie sur la plage de la magnifique baie de Tous Ies-Saints (de Todos-os-Santos) qui y forme un des plus beaux ports de

l'Amérique. La partie haute, qui est la plus considérable , s'appelle la Cidade- Alla;e\\e embrasse aussi les deux faubourgs nommés la Victoria, au sud, et Bom-Fim, au nord ; la partie qui borde la mer s'appelle Praya. La cité haute est la demeure des gens aisés et contient les bàtimens les plus remarquables de la ville; ses rues sont pour la plupart en pente et tortueuses. Celles de la ville basse qui sont aussi irrégulières ont encore l'inconvénient d'être trop étroites, ce qui dépend en grande partie de sa situation ; la plupart des maisons sont bâties en pierres; plusieurs ont de trois jusqu'à cinq étages ; leur extérieur est assez beau ; elles sont garnies de balconset plusieurs ont des jalousies en place de croisées. On peut dire que Bahia est la première ville du Brésil par le nombre et par la beauté des édifices qui la décorent, bien que quelques-uns seulement puissent soutenir la comparaison, sous le rapport de l'architecture, avec ceux des grandes villes de la ci-devant Amérique-Espagnole. Les édifices qui méritent surtout d'être mentionnés sont : l'ancienne église des Jésuites, qui depuis plusieurs années sert de cathédrale : on la regarde comme le plus beau temple de tout le Brésil; le palais du gouverneur ; Y hôtel de ville ( caza da camara); le théâtre; le palais archiépiscopal hôpital militaire et Y école de chirurgie ou le ci-devant collège des jésuites ; les couvens et les églises des franciscains, des carmes et des bénédictins. Tous ces édifices se trouvent dans la ville haute. Dans la basse, nous nommerons V église de la Conception (Conceiçao), dont les pierres ont été apportées du Portugal numérotées ; la nouvelle bourse , qui n'est pas d'une architecture assez sévère ; Yarsenal maritime, qui est le premier établissement de ce genre de tout le Brésil ; et la douane. Dans le faubourg de Bom-Fim se trouve la belle chapelle de Bim-Fim , visitée tous les ans par un nombre immense de personnes à l'époque des fêtes qu'on y célèbre. C'est dans le faubourg opposé de Victoria que se trouve la jolie chapelle da Graça, l'église la plus ancienne de Bahia ; une tombe, portant lemil- I ésime de 1 582, y est consacrée à la mémoire de la célèbre Catherine Àlvarès,Indienne de la tribu desTupinambas, à laquelle appartenait tout le territoire de la capitainerie.

AMERIQUE

Les principaux établissemens scientifiques et littéraires de Bahia sont : Vécole de chirurgie, imitation de celle de Riode- Janeiro; le gymnase , le séminaire , et la bibliothèque publique , fondée au moyen d'une loterie, par le comte dos Arcos, un des derniers gouverneurs; c'est le second établissement de ce genre de tout le Brésil, et il est surtout bien fourni eu livres français et anglais. En 1828 , on publiait 4 journaux dans celte ville. Bahia possède un théâtre assez grand et une des plus belles promenades publiques de l'Amérique , nommée le passeio publico et située sur le point le plus élevé à l'extrémité sud-est de la ville, près du fort San- Pedro ; on y jouit d'un des plus beaux points de vue qu'on puisse imaginer ; on y a élevé un obélisque, indiquant le jour où le roi Jean VI mit pied à terre à Bahia : c'est le premier monarque européen qui ait touché le sol du Nouveau-Monde. Un lac pittoresque, désigné sous le nom de Dique, offre des promenades charmantes, et suit presque entièrement la ville, de manière à ce qu'elle soit environnée d'eau, même du côté qui ne regarde pas la baie; on y rencontre un assez grand nombre de caymans. Bahia a été la capitale du Brésil jusqu'en 1763 ; elle est restée sa métropole ecclésiastique, puisqu'elle est la résidence de l'archevêque, dont relèvent tous les évêques de l'empire. Bahia est aussi le siège d'un tribunal d'appel, dont le ressort s'étend sur les provinces voisines.

Son commerce florissant a engagé un grand nombre de négocians portugais, français, anglais, allemands et d'autres nations, à s'y établir. Sous ce rapport, elle n'a d'autre rivale que Rio-de-Janeiro, et se place à côté des villes les plus commerçantes du Nouveau-Monde. Cependant son commerce n'est plus ce qu'il était naguère. Les sucres de Java et de l'Inde qui arrivent déjà en si grande abondance dans les marchés de l'Europe, et la fabrication du sucre de betterave ont porté un coup funeste aux nombreuses sucreries de cette province, autrefois si florissantes. Cette ville est aussi la première place forte de F empire ; les forts da Barra , de St.-Antonio , et do Mar qui défendent l'entrée du port, et les forts de San Pedro et du Barbalho, forment la partie la plus importante de ses nombreuses et vastes fortifications; le forte do mar est bâti sur un rocher isolé de la baie, et peut

défendre le port et la ville. Le grand nombre de personnes qui viennent à Bahia de tous les lieux même les plus éloignés , et le grand nombre de vaisseaux marchands qui se trouvent continuellement dans son port, rendent très difficile l'estimation de sa population permanente. Nous croyons pouvoir l'évaluer à environ 120,000 âmes, population qui dépasse celles de toutes les autres villes de l'Amerique-Méridionale , à l'exception de Riode-Janeiro.

Les environs de Bahia. que les Brésiliens nomment le Reconcavo, offrent la partie du Brésil où la population est le plus concentrée; elle est I arsemée de gros bourés et d'un grand nombre de villages, tous riches de leur agriculture; celui de Nossa-Senhora da Prnha, dit communément Tapagipe, est remarquable par la maison de campagne de l'archevêque et surtout par ses vastes chantiers, où l'on construit un grand nombre de beaux vaisseaux, pour la solidité, supérieurs même à ceux qu'on construit dans l'Inde. Plus loin et dans un rayon de 40 milles on trouve : Caxoeirv (Cachoeira) , ville très commerçante et la plus considérable de toutela province après Rallia. Elle est traversée par la rivière Paraguassu qui sépare le quartier de San-Felis de sa partie la plus considérable. Cette ville possède plusieurs églises, un couvent de Carmes et un hôpital, et est l'entrepôt delà plus grande partie des produits du sol qui s'écoulent vers le chef-lieu. On porte sa population à 16,000 âmes. Maragogipe , Nazareth, Santo-Amaro et Itapicuru , importantes par les produits de leur agriculture; Jagcabipe. par ses nombreuses fabriques de poterie. Enfin l'île d'iTAPAr.icA, la plus grande de celles de la magnifique baie de San-Salvador. Les bourgs du Reconcavo font un grand commerce de farine de manioc, de légumes secs, de tabac et de sucre ; plusieurs pêcheries de baleines (armaçàes) offrent une branche fructueuse d'industrie*.

Cida.de do Recife, dite communément Pernambuco, chef-lieu de la province de ce nom, et entièrement différente de la ville d'Olinda, avec laquelle les géographes la confondent dans leurs descriptions. Pernambuco est en quelque sorte une ville triple, aussi l'auteur de la Corografîa Brasilica la nomme-t-il Tripoli, puisqu'elle se compose de trois parties distinctes, savoir : Recife proprement dite, bâtie sur une péninsule qui s'étend au sud de la ville d'Olinda.- c'est la partie de la ville la plus commerçante et celle où se trouvent la douane, Vintendance de la marine et les chantiers du gouvernement; San to-Antonio, sur une île formée par les bras du Capibaribe; un grand pont , presque tout en pierre, la joint au Recife ; cette partie est en général mieux bâtie que la précédente ; on y trouve la trésorerie, le palais du gouverneur , le théâtre et le marché

EMPIRE DU BRESIL

principal; enfin, Boa-Vista, sur le continent ; un pont de bois, le plus grand du Brésil, traverse un bras du Capibaribe. Pernambuco ne se distingue pas beaucoup sous le rapport littéraire, puisque les principaux établissemens de ce genre se trouvent à Olinda, qui en est tout près ; elle possède cependant un lycée fondée dernièrement h l'imitation du collège de Pedro II de Rio, avec écoles de physique et de chimie , une petite bibliothèque et cabinet littéraire établis par une société de négocians, et plusieurs collèges pour l'éducation primaire des enfans des deux sexes. En 1828, on y inib\in\t 3 journaux. Cette ville esrassez bien fortifiée du côté de la mer, et son port est le plus fréquenté après ceux de Rio-de-Janeiro et de Bahia. Son commerce a pris un tel essor depuis vingt ans, que sa population doit être évaluée actuellement à 60,000 âmes.

Les édifices les plus remarquables sont l'église et le couvent de San-Francisco, bâtis par les Hollandais, les églises de Corpo-Sancto et de San-Antonio, le palais du gouvernement qui réunit presque tous les bureaux de l'administration provinciale, le nouveau palais du Président et le théâtre. La nouvelle douane est le premier édifice de son genre de tout le Brésil. Pernambuco possède aussi un arsenal de marine très considérable et une fonderie où l'on fabrique déjà des machines à vapeur pour les sucreries et les bateaux.

Dans un rayon de 40 milles on trouve : Olinda , ville très déchue, avec environ 7000 habitans, mais importante par son évêché, sa belle cathédrale, son séminaire et son jardin botanique. Cette ville s'est un peu relevée depuis qu'elle possède une école de Droit qui attire dans son enceinte une grande partie de la jeunesse des provinces septentrionales du Brésil. Un doit aussi nommer beaucoup plus loin : Santo-Antonio de Cabo- Agostinho, Serinhem, jadis nommée Villa-Formosa, et Goyanna, importante par sa population, son commerce et son agriculture. L'ile d'iTAMAraca, importante par ses salines et par le port de Catuama qu'elle forme avec la côte du continent.

Voici les autres villes les plus remarquables de l'empire, suivant Tordre du Tableau des divisions administratives.

Dans la PROVINCE DE RIO-DE-JANEIRO, nous nommerons encore : Campos, petite ville importante par sa population, son commerce et ses nombreuses sucreries qui fournissent la plupart des sucres qui s'exportent de Rio-de-Janeiro. Angrados-Reis, à ilha Grande, encore importante par son port et son commerce. Marica, dont le nom et la position sont fort connus des marins, ainsi que

Cabo-Frio qui se fait remarquer par ses pêcheries.

Dans la PROVINCE DE SAN-PAULO : San- Paulo, ville épiscopale , située presque sous le tropique du Capricorne dans un climat aussi agréable que salubre, qu'elle doit à sa position élevée. Des rues droites, presque toutes d'une grande propreté , des maisons blanchies et d'une jolie apparence , élevées de deux étages dans les rues principales et accompagnées de jardins, plusieurs places, trois jolis ponts en pierre et plusieurs édifices publics rendent assez agréable l'aspect général de cette ville. Le palais du gouverneur, autrefois collège des jésuites ; la cathédrale,^ palais épiscopal etl'ancienne fonderie d'or sont les bàtimens les plus remarquables. Ses principaux établissemens littéraires sont : l'école de Droit fondée il y a quelques années, le séminaire et la bibliothèque publique; en 1828 on y publiait un journal. Saint-Paul possède un petit théâtre. On a depuis longtemps réfuté les calomnies débitées sur l'origine des Pau listes, qu'on prétendait descendre d'une bande d'aventuriers espagnols, portugais, métis et mulâtres fuyant de diverses parties du Brésil pour former ici une république de brigands. La population de Saiiil- Paul avec ses environs les plus immédiats peut s'élever à environ 18,000 âmes. Santos, importante par son port et par son commerce ; Villa da Princeza, par la pèche delà baleine; Taubaté, par son commerce et sa population ; Guaratingueta, par les produits de son agriculture ; Ytu , par ses cultures et la belle cascade du Tieté ; Porto-Feliz, par sa position sur la ligne navigable qui mène à Cuyaba ; Sorocaba, par sa population, son industrie, la carrière de pierres à fusil elles forges impériales d'Ypanema qui se trouvent dans son territoire; Corityba, la plus florissante de la comarque de son nom jusqu'en 1811; Cannanéa, importante par ses pêcheries ; Iguape, par son pèlerinage et les fonderies d'or qui la rendaient autrefois florissante.

Dans la PROVINCE DE SANTA-CATHARINA :

Cidade de Nossa Senhora do Desterro, dans l'île Santa-Catharina, petite ville importante par son commerce, son port et sa population estimée à 6000 âmes; San-Francisco, par ses chantiers; c'est près de cette ville, sur la rive gauche du fleuve de ce nom que se sont établies, en 1842, deux colonies de fouriéristes français , comptant déjà environ 400 colons. Laguna , Santa-Anna et San-Miguel, par leurs pêcheries : la dernière est la station principale pour la pèche des baleines.

Dans la PROVINCE DE SAN-PEDRO : Portalegre, petite ville avec un port. M. Isabelle , qui l'a visitée en 1834, estime sa population à 15,000 âmes y compris 3uoo étrangers. Le commerce y est florissant et contribue à la rapide augmentation de cette ville, où l'on publie 5 journaux ; on y fait plusieurs embellissemens et entre autres on y construit un beau théâtre. San-Leopoldo , petite ville d'un millier d'habitans, chef-lieu de la florissante colonie d'Allemands fondée dans ces dernières années. Pelotas (autrefois San-Francisco de Paula), charmante petite ville, très florissante

par son commerce; elle compte déjà près de 8000

habitans; Rio-Gra.ndg ou San-Pedro, importante CS,.

AMERIQUE

par sa population, par sou commerce florissant de cuirs et de viandes sèches, et par son port; elle a été le chef-lieu de la province jusqu'en 1763. Elle n'est plus reconnaissant; on y a construit des quais, un théâtre, des magasins, la douane, etc. 8a population dépasse Gooo àmesen y comprenant celle de San- José , qui est de l'autre côté du Rio-Grande, et qu'on pourrait regarder comme un faubourg. Les petites villes de Santo-Antonio da Patrulha, de Cassapava, Alegrete, Jagoarao, Firatenim, Cruz-Alta, etc.

Dans la PROVINCE DE MATTO-GROSSO :

Matto-Grosso , petite ville, importante par l'or qu'on recueille sur son territoire et par sa population qu'on porte à 6000 âmes; Cuyaba, avec une population estimée à 10,000 âmes et résidence d'un évêque in partibus ; on peut la regarder comme la ville la plus centrale de toute l'Amérique du Sud; Diamantino, très petite, mais remarquable par Yor et les diamans qu'on recueille dans ses environs; San-Pedro d'El-Rey, par son sel et son or; Nova-Coimbra et Forte do Principe da Beira, station militaire assez importante ; Camapuam , poste très fréquenté, sur le grand chemin qui par eau mène de San-Paulo à Cuyaba. Il est bon de rappeler que cette immense province est encore très mal connue et presque entièrement habitée par des nations indigènes indépendantes, parmi lesquelles nous citerons les Paraguas, qui, avec les Guaycurus, ont été si formidables aux Portugais , et les Bororos qui sont très répandus. Les Guaycurus ou Indiens cavaliers , qui formaient la nation la plus importante de ces contrées , ont été presque anéantis dans l'intérieur du Brésil; ils se partageaient la domination des campagnes, de même que les Payaguas étaient les maîtres du fleuve.

Dans la PROVINCE DE GOYAZ : Goyaz, petite ville d'environ 8000 habitans, résidence d'un évêque in partibus ; Meia-ponte, la plus commerçante et la plus peuplée de la province après Goyaz ; Pilar, Ouro-fino et Santa-Cruz, importantes par l'or qu'on trouve sur leur territoire ; Santa-Ritta, station importante par la navigation intérieure ; Crixa par sa population. On ne doit pas oublier le District des Diamans, espace assez considérable situé le long du Rio-Claro , affluent droit de l'Araguay ; on y recueille de beaux diamans. Natividade, petite ville, plus florissante par les produits de son agriculture et de ses pâturages que par ses lavages d'or ; Aguaquente, renommée autrefois par Yor qu'on recueillait sur son territoire : on y trouva le morceau de quarante-trois livres conservé dans le musée de Lisbonne jusqu'à l'arrivée des Français dans cette capitale. Cavalcante et Conceiçao, importantes parleur population et par l'or qu'on recueille dans leurs districts; Tahiras, par les produits de son agriculture -, San-José de Tocantin, avec la plus belle église de la province; Porto-Real, station très importante sur le Tocantin; San-Joao da Palma, au confluent du Rio- Palma avec le Parannam, emplacement important, destiné à être le chef-lieu de cette comarquc.

Dans la PROVINCE DE MINAS-GFRAES : Cidade do Ouro Preto, autrefois nommé Vu.la-

rica, située sur le penchant d'une montagne et dans le voisinage de l'Itacolumi, le point culminant connu de tout le Brésil. Ses rues sont ir régulières, escarpées et mal pavées, mais remplies de jolies fontaines qui conduisent l'eau dans presque toutes les maisons. Ses principaux édifices sont l'église de Nossa-Senhora do Pilar et de Nossa-Senhora da Conceiçào , le palais du gouverneur, Y hôtel-de-ville, le trésor Où se trouve aussi la monnaie, et le théâtre , le plus ancien du Brésil. On doit mentionner aussi les quatre ponts en pierre. Sous le rapport littéraire, Villarica n'offre rien d'important. Le produit de* fameuses mines d'or auxquelles cette ville doit son origine a beaucoup diminué; la population était descendue de 30,ooo à 8593 âmes, en 1813; on la porte actuellement à environ 9000 habitans disséminés dans 2000 maisons. Malcré cela Villarica tient toujours un rang distingué parmi les villes les plus commerçantes de l'intérieur de l'empire.

Nous nommerons ensuite : Marianna , petite ville épiscopale, avec 5000 habitans ; Santa-Barbara , pour ses riches lavages d'or et sa population; Antonio Pereira, Inficionado et Catas-Altas de Matto Dentro, autrefois très importantes par leurs riches lavages d'or. San- Joao d'El-Rey, remarquable par la chapelle des Franciscains, regardée comme le plus beau bâtiment de la province, et importante par sa population estimée à 10,000 âmes, par ses riches lavages d'or et surtout par son commerce; San- José, par sa belle église, son agriculture et ses lavages d'or; Campanha, par sa population, son industrie, son agriculture et par ses lavages d'or regardés comme les plus riches de la province. Sabara, petite ville importante par sa population qu'on porte à 6000 âmes-, elle a quelques beaux édifices et de riches lavages d'or; Cauyte, remarquable par sa belle église et ses lavages d'or ; Pitangui , renommée par son rhum. Paracatu, importante par ses lavages d'or et par ses diamans; San-Romao , par son commerce; Araxa, par son industrie et par ses sources salées. Rio-San-Francisco Das Chagas, | importante par son commerce; Pilao-Arcado , par ses riches salines; Villa do Principe par ] sa population estimée à 5000 âmes et par ses riches lavages d'or; Agua Suja, par ses lavages d'or et son agriculture-, Barra do Rio das Veliias : c'est la station principale du sel qu'on importe par le Rio San-Francisco. Fanado, cheflieu du riche et beau district de Minas- . No vas, qui formera bientôt une comarque séparée; ses lavages d'or, qui y attirèrent les premiers habitans en 1726, sont presque abandonnés pour l'agriculture. Son coton commence à êlre fort recherché dans les marchés d'Europe. C'est dans ce district qu'est situé le Pays d'Americanas ou Americanos, où se trouvent grand nombre de pierres de couleur , mais sur la richesse duquel on fait courir mille bruits fabuleux. C'est encore dans ce district de Minas-Novas que vivent les antropophages Bolocudos. Tuuco, aujourd'hui Villa-Diamantina, chef-lieu du famoux district Diamantino , dont l'entrée, jusqu'à ces dernières années, était sévèrement in-

EMPIRE DU BRESIL. io83

terdite à tous les étrangers. Ce petit district Villanova da Princeza, la ville la plus considérait gouverné par des réglemens particuliers , rable de l'intérieur, importante par ses saline*. tracés de la main du célèbre Pombal. Les habi- L'île de Fernando de Noronba , rocher stérile , tans de cette petite ville, au nombre d'environ avec un petit fort; c'est un lieu de déportation 6000, sont renommés dans la province de Minas pour quelques criminels du Brésil, parleurs progrès intellectuels. C'est dans le lit de Dans la PROVINCE DU CIARA : Cidade da la rivière Jiquitinhonha ( Jigitonhonha ) qu'on Fortaleza ou Ciara , très petite, mais imporexécute les travaux nécessaires à V exploitation lante Parce qu'elle est la capitale de la province-, des diamans , dont on a extraordinairement Aracaty, la plus peuplée, la plus grande et la exagéré et dont on exagère encore le produit. plus commerçante de la province ; on lui accorde Dans la PROVINCE DE ESPIRITO-SANTO • près de 9000 habitans. Icco ou Yco, petite ville , Victoria, petite ville importante par sa waie et ,a P,us florissante de la comarque de Crato à par son commerce; on lui donne 5000 habitans- cause des progrès de son agriculture; San-Joâo Itapemirim, florissante par les produits de son D0 Principe, avec des mines d'alun, agriculture; Guarapary, renommée par son bau- Dans la PROVINCE DE P1AUHY : Oeyras, très me; Almeida et Villa-Velha do Espirito Santo Petite vil,e, ma»s remarquable parce qu'elle est importantes par leurs pêcheries. ' la capitale de la province; Parnahyba, la plus Dans la PROVINCE DE BAHIA , outre Baiiia et Peuplée et la plus commerçante de toute la proies villes que, à la page 1080 , nous avons décrites vince> bien qu'elle n'ait qu'environ 5000 habitans ; dans ses environs, on doit encore nommer : Jaco- Pikaroca , remarquable par son église ; Poti, bina, petite ville, importante par ses fabriques de par son commerce. Un grand nombre d'établispoterie; Rio-de-Contas, par son agriculture et semens où l'on élève des bestiaux se trouvent parles débris fossiles de mastodontes trou disséminés sur toute l'étendue de la province et véssur son territoire; Joazeiro , station imnor Armeront un jour des villes et des bourgades, tante pour le commerce sur le San-Francisco • Dans la PROVINCE DE MARANHAO : Cidade San-Jorge, petite ville, importante par ses pè- DE San-Luis ou Maranhâo , située sur la côte chéries et par son port; c'est un des plus an- occidentale de l'île de Maranhâo , entre deux peciensétablissemens portugais; Olivença remar- tits fleuves ou» Pour parler plus exactement, quable par l'industrie de ses habitans • Camamu" entre deux Solles , nommés le Rio de San-Franpar sa baie magnifique, par ses pêcheries de ba- cisco au nortl et le Rio da Bacau8a au sud. Cette leines et par son agriculture ; Porto-Securo im- ville * qui do't son ori§me à une colonie de Franportante par ses pêcheries et par son port; Santa- *a's* est assez bien bâtie, et ses maisons ont en Cruz, très petite; nous la nommons parce que général une assez belle apparence. Le palais du c'est le premier établissement fait par les gouverneur, le ci-devant collège des jésuites, Portugais dans le Brésil. Caraveli.as avec un ^ nôtel-de-ville et la prison, qui forment l'en.port; c'est la plus peuplée et la plus florissante ceinte de la grande place, sont, avec quelques de toute la comarque de Porto-Seguro par son églises et le palais de l'évèque, ses princiagriculture et par son commerce; Leopoldina re- Paux édifices. Maranhâo est le chef-lieu de la marquable par la nouvelle colonie composée de Province de ce nom , le siège d'un évêché et d'un Français et d'Allemands. tribunal d'appel ; elle possède en outre un gym- Dans la PROVINCE DE SERGIPE : Cidade de nase et plusieurs écoles élémentaires. En 1828 San-Christovao , petite ville d'environ 9000 ha- on y publiait deux journaux. Son port , qui est bitans, avec un port; Estancia, encore simple assez bon, mais d'une entrée difficile, est très village, mais supérieur pour la population et pour fréquenté; elle lui doit l'état florissant de son le commerce à toutes les villes de la province, commerce et de sa population; sous ce double sans en excepter la capitale ; Lagarto, renommée rapport Maranhâo est la quatrième ville de l'empar sa carrière de pierres à fusil. pire ; nous croyons qu'on peut évaluer à 28,000 Dans la PROVINCE DES ALAGOAS : Alagoas, âmes sa population actuelle, petite ville, importante par le commerce des pro- Nous nommerons ensuite : Hycatu, parce duits de son agriculture et par sa population qu'elle a été autrefois la capitale de la province; qu'on estime à 14,000 âmes; Maceyo et Penedo , Caxias , la plus importante et la plus florissante florissantes par le commerce des produits de leur de la province après Maranhâo ; Itapicuru-Granagriculture. de et Guimaraens, florissantes par le commerce Dans la PROVINCE DE PERNAMBUCO , outre des produits de leur agriculture; Alcantara , Pernambuco et les autres villes décrites à la page par son agriculture et par ses salines. 1081 dans ses environs, on doit encore nommer : Dans la PROVINCE DE PARA : Belem ou Parâ, Pasmado, petite ville, remarquable par son in- chef-lieu de la vas|e province de ce nom, située dustrie; Pambu , remarquable par la belle cas- sur la rive droite du Parà et proprement sur la cade de Paulo-Affonso et par les riches mines baie Guajarà , à l'endroit où la Guama se décharge de cuivre qu'on trouve sur son territoire. dans le Parà. Son climat , autrefois très malsain , Dans la PROVINCE DE PARAHYBA : Para- s'est amélioré depuis la coupe de plusieurs vastes hyba, assez jolie petite ville, commerçante, avec forêts. Cette ville a de belles rues, des maisons un port et environ Gooo habitans. * assez bien bâties et quelques édifices qui , relati- Dansla PROVINCE DU RIO-GRANDE : Natal, vement à ces contrées, sont remarquables par très petite ville d'environ 3000 habitans, mais un- leurs dimensions ou par leur architecture. Nous portante par son commerce et par son port ; nommerons la cathédrale , le palais du gou-

AMERIQUE

verneur, le ci-devant collège des jésuites, le palais épiscopal et Y arsenal. Para est le siège d'un évêché et possède un séminaire, un gymnase, plusieurs autres écoles inférieures et un jardin botanique. En 1828 on y publiait un journal. Le commerce avec les produits de l'agriculture de cette province , dont le port de cette ville est le grand débouché , a beaucoup contribué à l'augmentation de sa population, qu'on porte à présent à près de 20,000 âmes. Cet état prospère est bien changé depuis les troubles et les massacres dont Parà a été le théâtre en 1834 et 1835. On prétend qu'une très grande partie de ses édifices sont en ruines et que sa population actuelle s'élève à peine à 6000 âmes.

Nous nommerons encore : Villa-Viçosa, petite ville , importante par les produits de son agriculture, par son commerce et par sa population qu'on porte à 12,000 âmes. Santarem, la troi-

sième ville de la province pour la population, le commerce et l'agriculture ; Gurupa et Souzel , importantes par l'industrie de leurs habitans; Obidos , remarquable par sa belle église, par son agriculture et parce qu'elle est le lieu jusqu'où la marée est sensible dans l'Amazone; Macapa, importante par son commerce, par son port sur l'Amazone et par ses fortifications; Villa-Joannes , misérable bourgade , que nous nommons pour désigner le chef-lieu de la comarque de Marajo, qui s'étend sur toute la grande ile Marajo ou Joanncs , une des contrées les plus marécageuses de l'Amérique; elle a une baie. Barra do Rio-Negro , la plus importante et la plus peuplée de la vaste comarque du Rio-Negro, quoique sa population ne s'élève qu'à 3000 âmes ; Barcellos , chef-lieu de cette comarque jusqu'en I807 ; elle est encore la plus importante après Barra.

position astronomique. Longitude occidentale, entre 71° et 77°. Latitude boréale, entre 18° et 20°.

confins. Cette république, baignée par l'Océan-Atlantique et ses branches au nord et par la mer des Antilles au sud, se trouve environnée de plusieurs autres lies , dont les principales sont : les Lucayes, tmnord, dépendantes de l'Angleterre; Porto-Rico, à Vest, appartenant à l'Espagne ; la Jamaïque et Cuba, à V ouest; la première dépend de l'Angleterre, la seconde est soumise à l'Espagne.

heuves. Quatre courans principaux arrosent cette belle ile, en descendant de la partie centrale de la chaîne principale des montagnes qui la parcourent en plusieurs directions. Ces fleuves sont : le Neiba (Neiva, Neibe); il traverse la vallée de Saint-Jean qui court vers le sud; 1*Yuiïa, vers l'est; il arrose la plaine «te la Vega ; le Yayn (Yaqui, Yaque, St- Yaque et Monte-Christi) , vers le nord ; il traverse la plaine de Santiago; enfin I'Artibojvite , qui est le courant le plus considérable de la partie occidentale de l'île; il prend sa source dans le Cibao, traverse toute la partie ci-devant française de Haïti et entre dans la mer à quelques milles au sud des Gonaïves. Un autre fleuve, d'un cours beaucoup moindre, mais dont le lit est profond, est î'Ozama ; il est remarquable parce que c'est sur ses bords que s'élève Saa-Do-

mingo. D'autres courans d'un cours très borné se déchargent dans le vaste étang salé ou Laguna Enriquilo, qui forme un bassin intérieur.

division et topographie. L'Ile de St- Domingue qui , avec quelques lies voisines beaucoup plus petites, forme le territoire de cette république, était autrefois inégalement partagée entre les Français, qui possédaient la partie occidentale , et les Espagnols, maîtres de la partie orientale, dont l'étendue était presque le double de la première. La terrible insurrection des Nègres qui éclata en 1791, finit par l'expulsion de tous les Rlancs de ia partie française et par l'entière indépendance des Noirs révoltés. Depuis le 8 octobre 1804 jusqu'au 17 octobre 1806, St- Domingue forma Yempire éphémère de Haïti sous Dessalines, qui avait pris le titre de Jacques Ier. Christophe , son commandant en second , prit aussitôt le timon des affaires sous le titre de chef du gouvernement , et parvint , ei/ 1811, à se faire nommer roi héréditaire d'Haïti , quoique son royaume ne se composât que de l'ancienne province du Nord de la colonie française; il régna sous le nom de Henri Ier. Quelque temps avant la catastrophe qui, en 1820, mit fin à la vie et au royaume de Henri, Pilé était partagée en cinq états iiidépendans , c'est-à-dire, le royaume de Haïti, régi par Henri ou Christophe,

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