‹ Abrege de geographieChapitre 330 sur 454 · AMERIQUE RUSSE · texte numérisé non relu

AMERIQUE RUSSE

1ÎU9

aoo tonneaux ; les petits sont employés à recueillir les fourrures sur les côtes , soit qu'ils les obtiennent de leurs échanges avec les tribus sauvages, soit qu'elles proviennent de la chasse des Kodiaques; ils servent aussi à escorter les cayouques expédiées pour la pèche par escadrilles de 50 à 60. Les grands bàtimens sont presque toujours commandés par des officiers de la marine impériale, que le gouvernement regarde comme en activité de service public et qui conservent par conséquent leurs appointemens. Mais le bénéfice provenant du commerce des pelleteries, que le gouvernement russe depuis plusieurs années protège de toutes les manières, a énormément diminué à la Chine, région qu'on doit encore regarder comme le plus grand débouché pour les fourrures et les peaux de loutre. «La peau de cet animal, dit M. de Humboldt, qui varie de couleur et de finesse avec l'âge, la saison et le sexe, est d'un noir de jais ; elle est si estimée à la Chine , qu'avant 1780 une peau de loutre était payée à raison de 40, de 60 et même de 100 à 120 piastres. Jusqu'en 1787, le prix se conserva jusqu'à 70 piastres pour les peaux de première qualité ; mais depuis cette époque, les importations ont excédé de beaucoup les besoins du commerce, et la valeur de cette fourrure a tellement baissé, qu'en 1790 la plus belle peau de Noutka se vendait à Canton à raison de 15 piastres. » M. de Humboldt estime la valeur totale de toutes les sortes de fourrures d'animaux marins et terrestres introduites à la Chine par Kiakhta , année moyenne de 1802 à 1805, a 1,450,000 roubles, et il croit que les marchés de Canton et de Macao étaient à la même époque abondamment fournis avec 30 ou 35,ooo peaux de loutre par an, dont il estime la valeur à 600,000 piastres. Il parait que depuis lors le prix des fourrures a encore baissé, ce qui a dû faire éprouver des diminutions considérables dans le bénéfice que faisaient autrefois cette Compagnie , celles de la Baied'Hudson et du Nord-Ouest , mentionnées à la page 1102, et les Anglo-Américains qui depuis quelques années prennent une part si active à ce com merce. Un voyageur russe , M. Chabelski, qui a visité ces établissemens , à bord de X Apollon, pendant les années 1821, 1822 et 1823, estime à 800,000 francs la valeur des fourrures que l'empire Russe reçoit annuellement de ces colonies.

Le groupe'de Tciialkha (Hinchingbroke), dans le Prinz-William-Sound , formé par l'île de ce nom et plusieurs autres moins considérables. Sur l'ile Tciialkha se trouve le Porl Etches, où les Russes ont un petit fort et un petit établissement.

Le groupe de Kodiak , formé par la grande île de ce nom et par plusieurs autres beaucoup moins considérables, que quelques géographes rangent dans le grand archipel des Aléoutiennes. La population de l'Ile de Kodiak (St-Paul; Kikhtak) a beaucoup diminué par les maladies et par le grand nombre d'habitans que les Russes lui ont enlevé pour les établir , ainsi que les Aléoutiens, dans tous leurs postes le long de la côte et sur les lies où ils ont fondé des colonies. Les Kodiaques tout robustes, actifs, habiles à la pèche, à la chasse

et excellens dans tous les travaux qui y ont rapport. Les Russes les emploient avec avantage aux differens arts professés dans leurs établissemens. Leurs embarcations , que l'on nomme cayouques, sont un des produits les plus remarquables de leur industrie ; elles sont en forme de navette . entièrement recouvertes en cuir percé d'un ou deux trous, qui ne laissent que le passage du corps des pêcheurs. St-Paul, petite bourgade sur la baie Lekhik (Lœchik) , était avant la fondation de la Nouvelle-Arkhangel le chef-lieu de toute l'Amérique-Russe. Nous nommerons ensuite l'île Silkhinak , très petite, mais importante par sa population, qui est assez concentrée relativement à ces contrées si pauvres d'habitans.

L'archipel des Aléoutes (îles Aléoutiennes) . Il nous semble plus convenable de borner cette dénomination à la chaîne d'îles qui se développe entre la péninsule d'Alaska en Amérique et celle de Kamtchatka en Asie. Les Russes les partagent dans les quatre groupes suivans : les A l éo u tes proprement dites , dont les principales sont : Vile de Bering, sans habitans permanens et remarquable par son étendue et par le naufrage du célèbre navigateur Bering, qui y mourut en 1741; l'île de Cuivre (Mednoï Ostrov des Russes) , également sans habitans permanens; elle doit son nom aux grands morceaux de cuivre qu'on y trouva -, Atlou, la plus grande et , à ce qu'il paraît, la plus peuplée de ce groupe; Kiska, la plus étendue du petit groupe des îles Rats (Khao ; Krisji des Russes ; Ratten des géographes allemands) , subdivision des Aléoutes proprement dites. Les îles Andréa no v (Nego), remarquables par leurs nombreux volcans; les îles principales sont Tanaga, Kanaga et Atcha; elles ont chacune un volcan et nous paraissent les plus peuplées du groupe; Amlja (Amlai). Les i les des K ena rds (Lisii Ostrovi, dites aussi Kavalany) , dont les principales sont : Oumnak, une des plus grandes, avec un volcan; Ounalachka, la plus peuplée de tout l'archipel et la seconde pour l'étendue ; elle a un volcan; entre cette île et la précédente , il y a un volcan sousmarin, ou une île volcanique produite pendant l'éruption de 1795 ; Akutan, assez peuplée et remarquable par son volcan; Akun, une des plus peuplées ; Ounimak, la plus grande de tout l'archipel; elle a un volcan et un siège épiscopal ; les Russes y ont une petite garnison et un chantier de construction. Non loin est l'îlot Cougalga (Coogalga), qui, avec l'île précédente, forme le passage qu'un savant marin regarde jusqu'à présent comme le plus sûr pour passer de la mer de Bering dans le Grand-Océan ; enfin Sannakh, dont le sol est regardé comme le moins ingrat de tout l'archipel.

Dans la mer de Bering nous nommerons le groupe des îles Pribylov , composé des îles St-Paul et Sl'Geoi'ge, remarquables par les deux établissemens d'Aléoutiens que les Russes y ont fondés pour exploiter plus facilement la riche pèche deslions marins; l'île ISounivok , dont la reconnaissance a été faite depuis peu ; on la croyait auparavant former partie du Continent-Américain ; elle est habitée et d'une étendue considéra-

AMERIQUE

ble. A la page 803 nous avons mentionné l'Ile de St-Laureist parmi les iles de cette mer qui nous paraissent devoir appartenir à l'Asie. Enfin, au milieu du détroit de Bering, nous citerons le petit «ir.oi'PE des îles Diomède, composé, selon Cook et M. Beechey, de trois iles, que ce savant marin nomme Fairway, Kruzenstern, et Ratmanoff; reile-ci est de beaucoup la plus grande; la première, qui n'est qu'un ilot, est très remarquable parce qu'elle forme avec la côte de l'Amérique, le meilleur passage entre l'Océan - Arctique et la mer de Bering. Il ne faut pas oublier que ce groupe, que M. le capitaine Kotzebue assurait être composé de quatre au lieu de trois iles, appartient par sa position autant à i'Amérique qu'à l'Asie; cette dernière même peut en réclamer la plus grande partie, à cause du voisinage de la plus grande de ces iles.

La PARTIE CONTINENTALE offre dans son état actuel des établissemens encore moins importans que ceux que nous venons de décrire dans la Partie Insulaire, mais elle ne laisse cependant pas d'être assez intéressante sous plus d'un rapport que nous allons signafer à l'atteution du géograpbe, du naturaliste et de l'ethnographe dans la description du petit nombre de points qui nous paraissent mériter quelques détails. En descendant du nord au sud nous suivrons la côte, seule partie de ces solitudes que l'on ait encore explorée. INous la subdiviserons d'après les nations différentes qu'on y a observées.

Dans le Pays des Esquimaux proprement dits nous nommerons la Poinle-Barrow , ainsi nommée par le capitaine Beechey, en l'honneur de l'illustre secrétaire de l'Amirauté d'Angleterre, non moins connu par ses voyages et par ses savans travaux géographiques que par les mémorables explorations qui, par son conseil, furent entreprises aux frais du gouvernement, et qui remplirent tant d'importantes lacunes qu'offrait encore de nos jours la description du globe. Cette pointe est doublement importante comme limite de l'exploration du Continent- Américain , que les Anglais ont faite par l'est sous la conduite de M. Beechey, et comme le point connu le plus boréal du Nouveau-Continent (lat. 71° 23' 31"); tout près se trouve un v il l âge d'Es quirn a u x turbulens et peu hospitaliers, qui parait être le plus peuplé de toutes ces régions arctiques.

Dans le Pays des Kitegnes , tribu comprise dans la grande famille des Esquimaux décrite à la page 9G5 , s'élève le cap Glacé, limite de l'exploration arctique de l'immortel Cook. On doit ajouter que la côte de ce pays et du précédent a reçu du capitaine Beechey le nom de Géorgie- Occidentale (West Georgia).

Dans le Pays des Tcbouktchi, nous signalerons la péninsule formée par les golfes de Kotzebue et de Norton çt par le détroit de Bering ; ce détroit, un des plus remarquables du monde, sépare le Continent-Américain du Continent-Asiatique ; le capitaine Beechey lui donne 5*2 milles d'ouverture, tandis que Cook ne luien avait donné que <14. Près du cap Prince de Galles , extrémité occidentale du Nouveau-Continent, se trouvent deux

villages ; celui de King-a-ghe est un des plus peuplés de ces contrées boréales.

Dans le Pays des Konaigues , nous nommerons la longue péninsule d'Alaska, qui en occupe la plus grande partie ; elle est remarquable par ses deux hautes montagnes dont une est un volcan, et par le grand lac Chelekhov , qu'un fleuve assez considérable pour ces parages , décharge dans le grand golfe de Bristol; X établissement russe le plus remarquable , quoique petit , est situé près du cap Douglas sur le détroit de Chelekhov.

Dans le Pays des Kenaïzes , qui s'étend au nord du précédent entre la mer de Bering et l'Entrée de Cook (Cook's Inlet), nous signalerons à l'attention du lecteur le vo Ican yir par Vancouver sur la côte occidentale de l'Entrée de Cook, et Ko du , petit établissement russe.

Dans le Pays des Tciiocgatches , qui comprend la péninsule si remarquable formée par l'entrée de Cook et la baie du prince William, que nous proposons de nommer péninsule des T chougalche s , on trouve le Fort Alexandre , une des principales factoreries russes.

Dans le Pays des Ocgatacumioutes , qui embrasse toute la baie du prince William et ses nombreuses iles , nous nous bornerons à nommer l'île Te ha Ik ha qui est la plus considérable et que nous avons déjà mentionnée à la page précédente.

Dans le Pays des Koluches , qui comprend le New-Norfolk et la partie septentrionale duiVé'vv- Comwall de Vancouver, nous signalerons d'abord le mon t St-Elie , qui est le point culminant de tout le monde connu au nord du 50e parallèle; Yakoutal (Yakoutat), la plus importante des factoreries russes sur cette partie du Continent; le mont B eau-Te mp s (mont Fairweather) , qu'à la page 939 nous avons rangé parmi les plus hautes montagnes du système Missouri-Mexicain auquel appartient aussi le colosse de St-Elie. A la page 1108 nous avons déjà indiqué les iles les plus remarquables qui appartiennent au Pays des Koluches.

Avant de quitter cette côte nous rappellerons au lecteur un usage singulier observé par des voyageurs chez plusieurs des peuplades qui l'habitent. Dans quelques cantons chaque tribu se distingue par les noms de certains animaux: celle-ci s'appelle Loup, celle-là Aigle, d'autres prennent le nom du Corbeau et de Y Ours; lorsqu'on entre dans un village, on sait bientôt à quelle tribu il appartient, car la cabane du chef est couronnée d'un symbole qui représente cet animal peint avec plusieurs couleurs; ce symbole les accompagne aussi à la guerre, et peut être regardé comme leur drapeau.

Depuis 1808 les Russes possèdent un établissement dans la Nouvelle-Californie , entièrement séparé de leurs autres possessions et situé sur un terrain que les Mexicains regardent comme une partie de leur territoire. Cette petite colonie, que les Russes nomment B ode g a , est située à quelques milles au nord du port de San-Francisco, à l'embouchure de la Slavinska-Ross. On nous avait assuré qu'il avait été abandonné; mais

AMERIQUE FRANÇAISE. lui

M. de Mor inoau, qui l'a visité il y a quelques années, d'une grande importance , étant un entrepôt pour

et le second voyage du capitaine Kotzcbue ne les denrées qu'ils tirent de la Californie et pour

laissent plus de doute sur son existence. Sa po- les pelleteries qu'ils destinent à la Chine, ainsi

pulation se compose d'une trentained'Européens qu'un débouché avantageux pour les produits de

et d'environ 300 Kodiaques. Quoique son port leur industrie qu'ils ont à donner en échange, ne soit pas fort bon, ce poste est pour les Russes

position astronomique de la Partie Continentale jusqu'à l'Oyapock. Longitude occidentale, entre 54° et 58°. Latitude boréale, entre 2° et 6°. Dans ces limites on n'a pas tenu compte de l'espace encore contesté, qui s'étend à l'est de l'Oyapok, jusqu'à la rivière de Japoc ou de Vincent- Pinson , rivière, qu'il ne faut pas confondre avec la première. La fixation définitive de ces limites est une question diplomatique encore pendante, fondée sur l'interprétation que Ton doit donner à l'article du traité d'Ulrecht, qui attribuait au Portugal les terres du Cap-Nord, situées entre l'Amazone et ia rivière de Japoc ou de Vincent-Pinson, qu'à tort les géographes regardent comme identique avec l'Oyapok.

confins de la Partie Continentale. Au nord, la Guyane -Hollandaise et l'Océan-Atlantique. A l'est, l'Océan-Allantique et l'empire du Brésil ou la Guyane ci-devant Portugaise. Au sud, la môme contrée. kYouest,\& Guyane-Hollandaise.

La partie insulaire est environnée des colonies Anglaises , à l'exception de la portion de l'île de St-Martin , où les Hollandais sont les voisins immédiats de ce faible établissement.

fleuves. La partie supérieure du cours des plus grands lleuves qui arrosent cette partie de l'Amérique est encore très peu connue ; ils se rendent tous à l'Océan- Atlantique. Voici les plus remarquables.

L'Oyapock, dont on ne connaît pas encore la source ; on croit qu'il nait dans la Serra de Tumucumaque. C'est le plus grand fleuve de la colonie après le Maroni, et il trace provisoirement, depuis 1815 , sa frontière orientale du côté de l'empire du Brésil.

L'Approuague, qui parait descendre de la chaîne montueuse qui traverse du nord-ouest au sud-est la Guyane-Française, et au pied de laquelle prennent leurs sources tous les autres fleuves, à l'exception du Maroni.

L'OïAc(La Comté); un de ses bras, auquel se

réunit La-Cayenne, concourt à former l'île de ce nom, sur laquelle est située la capitale de cette colonie.

Le Kourou, le Sinnamary et la Mana, remarquables par la longueur de leur cours et par les établissemens qu'on a faits sur leurs rives.

Le Maroni; c'est le plus grand fleuve deîa colonie, qu'il traverse du sud au nord; il parait naître dans la Serra de Tumucumaque; depuis le 3e parallèle jusqu'à son embouchure dans l'Océan-Atlantique il sépare la Guyane-Française de la Guyane-Hollandaise.

division et topographie . L'Amérique- Française offre deux divisions géographiques principales, savoir : la Partie Continentale, qui comprend la Guyane, appartenant à la France ; et la Partie Insulaire, qui embrasse les Antilles- Françaises qui , d'après les derniers traités, ne comprennent que la Martinique et la Guadeloupe avec ses dépendances, et les îlots de St-Pierre et Miquelon, dans les parages de l'Ile de Terre-Neuve. Sous le rapportadministratif, cette partie de la monarchie Française présente une division différente que, dans le tableau suivant, nous coordonnerons avec les grandes divisions géographiques. Nous avons déjà signalé ailleurs toutes les vastes et importantes contrées qui ont appartenu à la France dans cette partie du monde.

Ici nous rappellerons que la Guyane n'offre encore, malgré la fertilité de son sol , que des solitudes incultes , ou parcourues par de faibles tribus sauvages parmi lesquelles les Oyampis sont ies pius nombreux. D'après des documens officiels, il n'y avait encore il y a quelques années que 7774 hectares en culture! Les deux tiers seulement de l'île de St-Martin appartiennent à la France ; l'autre tiers, qui comprend la partie méridionale de l'Ile , appartient à la Hollande. Pour éviter des méprises, il est bon que nous donnions ici l'explication de deux termes employés assez généralement dans les Antilles et adoptes par les géographes.

AMERIQUE

Dans cet archipel , on donne le nom de Grande-Terre, à l'Ile qui est au vent ou à l'est ; on appelle Basse-Terr-e, celle <jui est située sous le vent ou à l'ouest. Quelquefois ces deux dénominations sont contraires à la nature des lies qu'elles désignent. Les deux îles, dont l'ensemble Noms des Colonies. Chefs-Lieux ,

forme ce qu'on appelle la Guadeloupe, en offrent un exemple remarquable : on donne le nom de Grande - Terre à la partie de l'Ile qui est justement la plus petite, et celui de Basse-Terre à sa partie la plus élevée, a celle qui contient les plus hautes montagnes.

Villes et Lieux les plus remarquables.

Page 1