A. NT ILLES
Martinique .
Cayenne-, l'îlot Remire ; Roura, Macouria; Approtiague ; Kaw ; Oyapock ; dans l'espace encore contesté, le Fort-Mapa et l'île Maraca ; Sinnamary ; Kourou et le groupe du Salut; Maua.
F o rt -R oy al ; Lamantin ; Ances d'Arlct; Le Marin,- leVaucIain, Rivière-Pilote; La Trinité: Gros-Morne; le Français (Cul-de-sac Français); le Robert (Cul-de-sac Robert); Ste-Mane; St.-Pierre ; Grande-Anse; Carbet; le Prêcheur.
Guadeloupe .... B a sse-T e rre (dansla Basse-Terre). Lamantin , Capesterre ; Vieux- Habitans; Bouillante; Pointe à Pitre (dans la Grande-Terre ou terre orientale), Moule, Petit-Bourg; St.-Francois ; Port-Louis, Petit-Canal.
Groupe des Saintes. . . La Terre-d en-Haut, La Terre-d'en-Bas.
Marie-Galande Le Grand-Bourg (Marigot).
Petite-Terre; Désirade. 11 n'y a aucun lieu remarquable.
St-Martin . Marigot, dansla partie septentrionale.
St-Pi e rre , dans Vile de St-Pierre. La Grande-Miquelon , la Petile-Miquelon.
GROUPE DE bT-PlEKKL-ET-Ml- QUF.LON
Voici quelques détails sur les villes et les lieux les plus remarquables de l' Amérique-Française ; nous suivrons l'ordre du tableau* des divisions administratives •
Dans la GUYANE : Cayenne, très petite ville, sur l'île Cayenne; la partie nouvelle est bien bâtie. Malgré sa petite étendue et sa faible population, qui n'atteint pas même 5200 âmes, elle est la ville la plus grande et la plus peuplée de toute la colonie: elle possède deux jardins botaniques de naturalisation, une cour royale, un tribunal de première instance, et une typographie où l'on imprime une gazette. Sa rade est vaste et commode. Nous nommerons ensuite Kourou, emplacement célèbre par la malheureuse colonisation de 1763, qui coûta la vie à près <le 13,000 individus : c'était une bourgade régulièrement bâtie et fortifiée; en 1798 on y déporta plusieurs victimes delà révolution. Sinnamary; malgré les pertes que cette bourgade a souffertes, comme tous les autres établissemens de cette colonie, pendant la guerre de la révolution, on peut la regarder comme la plus considérable après Cayenne ; elle est aussi remarquable pour avoir été choisie, par un décret de 1797 émané du Directoire , comme lieu destiné à recevoir les condamnés à la déportation : aussi a-t-elle été le tombeau de plusieurs victimes qui y furent envoyées en 1798. La Mana, colonie agricole fondée en 1821 par le gouvernement, sur les bords delà Mana, et cédée en 1828 à madame Javouhey, supérieure générale de la congrégation des dames de St-Joseph. « Depuis que cette petite colonie a fait quelques progrès , dit M. Noyer, le problème de l'acclimatement des cultivateurs européens a été en partie résolu. Les sœurs converses que cette respectable dame avait emme-
nées avec elle , se sont habituées au travail de la terre et à la nourriture du pays. L'esprit de congrégation et la discipline religieuse ont eu des résultats plus considérables que n'en avaient eu les encouragemens donnés auparavant à des familles indépendantes. » De l'autre côté de Cayenne, nous ne nommerons que le Poste d'Oyapoch, sur le fleuve de ce nom, à cause des excellons bois de teinture que fournissent ses environs.
La Guyane, qui n'a été jusqu'à présent qu'à charge à la France, pourrait lui être d'une grande utilité si l'on mettait son sol fertile en culture, si l'on défrichait ses forêts vierges peuplées de colosses végétaux , qui étonnent et frappent d'admiration l'œil de l'Européen qui y pénètre pour la première fois. Mais il faudrait pour cela toute la persévérance hollandaise pour surmonter tous les obstacles opposés par la nature. Ces magnifiques forêts sdnt partout embarrassées par des lianes, des arbustes, des troncs déracinés , ce qui les rend d'un accès difficile, et l'on ne peut y pénétrer que la hache ou la serpe à la main ; de plus le lit des fleuves qui traversent ces solitudes est barré par des sauts , qui s'opposent presque toujours à la navigation. Ajoutez encore les miasmes délétères qui s'élèvent au-dessus des terresbasses dont se compose toute la partie de cette vaste colonie, située entre la mer et *a première chaîne de montagnes. M. Noyer, qui a répandu tant de lumières sur cette possession de la France qu'il habite et explore depuis plusieurs années , ne compte pas moins de 259 espèces de bois utiles produites par ses forêts vierges. Le seul approvisionnement des arsenaux français et l'approvisionnement delà Guadeloupe et de la Martinique, qui tirent leurs bois de construction maritime et civile de l'île de Porto-Rico, offrirait un débouché utile à Vexploitalion des bois sur une.
AMERIQUE FRANÇAISE
grande échelle , comme cet ancien ingénieur géographe le propose dans le savant mémoire qu'il a publié sur cette colonie. Mais ici nous devons faire observer que les limites orientales de la Guyane-Française ne sont pas fixées définitivement , car les troupes brésiliennes n'ont évacué provisoirement cette ancienne colonie que jusqu'à la rivière d'Oyapock , que les Portugais prétendentètre identique avec la rivière d' Yapock, autrement dénommée Vincent-Pinson, à laquelle le traité d'Utrecbt fixait lesbornesdela Guyane- Française. Le terrain en litige est de la plus haute importance, non-seulement par sa grande étendue, qui est de plus de 120 milles de côtes , mais parceque c'est justement dans cette partie contestée que se trouve le Cachipour , dont les bords offrent les forêts les plus propres à une grande exploitation de bois. La prospérité de quelques-unes des colonies anglaises de l'Amérique-du-Nord , due en grande partie à l'exploitation de leurs forêts, et la prospérité delà Guyane-Anglaise et Hollandaise due à l'immense quantité de café , de sucre etd'autres denrées coloniales, exportées annuellement des terrains autrefois noyés de celle contrée , montrent aux capitalistes français les grands bénéfices que leur promet la mise en valeur de ce sol vierge , doué d'une grande fertilité et propre à la culture des productions les plus variées et les plus précieuses, qui n'attend que des bras et des capitaux pour récompenser largement les hommes entreprenans qui voudraient le défricher.
Dans l'ILE DE LA MARTINIQUE nous citerons : Fort-Royal, petite ville, bien bâtie, en partie en bois, chef-lieu de la colonie, siège d'une cour royale et d'un tribunal de ire instance; elle a réparé les ravages du tremblement de terre de 1839. Elle possède un bon port défendu par d'importantes fortifications, une Société médicale d'émulation, une maison royale d'éducation pour les filles, et 10,000 habitans, sans la banlieue. St.-Pierre, jolie ville, avec une rade superbe et environ 21,000 âmes, c'est la plus grande et la plus peuplée de T Amérique-Française, et une des plus commerçantes des Antilles. On y fait les plus importantes affaires de l'île, et c'est l'entrepôt du commerce interlope et autres qui se font dans l'archipel Colombien avec les produits de l'industrie et de l'agriculture françaises. Le jardin colonial établi en 1803 y naturalise les plantes des Indes- Orientales, et les fournit au Jardin des plantes de Paris. St.-Pierre est la résidence d'un préfet apostolique, le siège d'un tribunal de première instance et possède la typographie la plus considérable de l'Amérique-Française; on y imprime la Gazette officielle et VAlmanach de la Martinique. La Trinité, avec un beau port ouvert au commerce et 5700 habitans. Ances d'Arlet, bourgade remarquable par l'excellent café qu'on y recueille. Rivière-PitoLe , ville de 3800 âmes , qui a autour d'elle les plus grandes plantations de café. Le Prêcheur, 3400 âmes et les plus grandes plantations de cacao. Le Lamentin, ville commerçante de 8000 âmes sans la banlieue -, La Rivière- Salée et Le Marin.
Dans la COLONIE DE LA GUADELOUPE : La
Rasse-Terre, petite ville de 12,400 âmes , avec sa banlieue, bâtie sur la côte occidentale de la partie de l'île que l'usage nomme Basse-Terre et même Guadeloupe proprement dite-, c'est la résidence du gouverneur, de la cour royale et du tribunal de première instance. Sa rade foraine est assez mauvaise et très peu commerçante. Pointe-a-Pitre, située sur la côte occidentale de la Grande-Terre ou de la partie orientale de l'île, et proprement à l'embouchure du canal qui sépare la Grande-Terre de la Basse-Terre et qui a reçu le nom de Rivière-Salée. Avant le tremblement de terre de 1843 , qui n'a presque laissé debout que l'église , elle était assez bien bâtie , et pouvait être rangée parmi les villes les plus agréables des Petites-Antilles. Elle a un bon port, où s'est concentré presque tout le commerce de l'île ; sous ce rapport cette ville est la rivale de St-Pierre dans la Martinique. On y publie une gazette. Sa population dépasse 15,000 âmes en y comprenant la banlieue. Le Moule, chef-lieu d'un quartier remarquable par ses 10,000 âmes et le commerce qui y devient tous les jours plus florissant. Port-Louis et Petit-Canal, bourgades importantes par lçur population. Marigot , assez jolie petite ville, avec 15,000 âmes, Le Grand Bourg avec 1900 habitans, chef-lieu d'un arrondissement qui embrasse l'île de Marie-Gai a nde, qui est, après la Martinique et la Guadeloupe, la plus importante des Antilles-Françaises ; elle est aussi remarquable en ce qu'elle reçut de Colomb , en 1493, le nom du navire qu'il montait lorsqu'il y débarqua. Les autres îles et îlots compris dans cette division n'offrent rien qui mérite une mention particulière.
Dans le GROUPE DE SAINT-PIERRE ET MI- OUELON, situé à quelques milles de la côte méridionale de la grande île de Terre-Neuve appartenant aux Anglais, et formé de trois petites îles, la Grande-Miquelon, la Petite -Miquelon et Saint-Pierre : Saint-Pierre, petite bourgade sur l'îlot de ce nom , résidence du commandant de cette colonie et d'un préfet apostolique. Malgré sa petite étendue et sa faible population permanente, estimée seulement à 800 âmes, elle est d'une grande importance par sa rade utile aux marins , qui par milliers y accourent des côtes de la Bretagne et de la Normandie à l'époque de la pêche de la morue. Selon M. Eugène Ney , qui a si bien décrit plusieurs parties de i' Amérique, qu'il a visitées en voyageur intelligent, cette pêche en 1830 n'occupait pas moins de 14,000 marins , et était une excellente école pour les matelots français, à cause des difficultés qu'offre la navigation dans ces parages. Voyez à la page 922 l'article sur le golfe de Saint-Laurent. M. Marec, qui a savamment traité ce sujet important dans les Annales Maritimes, regarde cette petite colonie comme une vraie fabrique de morue heureusement placée pour la pêche, la préparation, la conservation et l'exportation régulière du poisson, réunissant toutes les conditions désirables pour la formation d'un entrepôt susceptible d'une grande extension. 11 ajoute qu'elle ne reçoit de l'étranger, en articles dont l'achat se rapporte au succès de la pè-
AMERIQUE
che, que pour une valeur de 300,000 francs, tandis France , également pour leur usage particulier ,
qu'il y est introduit de France, en articles ayant les navires que la pêche attire de la métropole à
la même destination , pour une valeur de plus Saint-Pierre, d'un million , sans parler de ce qu'apportent de
position astronomique de la partie Continentale. Longitude occidentale, entre 54° et 60°. Latitude boréale, entre 1° et 6°.
confins de la Partie Continentale. Au nord , POcéan-Atiantique. A Vest , la Guyane-Française. Au md, la partie de la Guyane qui appartient à l'empire du Brésil. A Youest, la Guyane-Anglaise.
Voyez pour la Partie Insulaire l'article Division et topographie.
fleuves. Trois fleuves principaux et plusieurs d'un cours moins long arrosent le territoire de cette colonie qui , malgré sa faible population, est la plus florissante et la plus riche partie de toute la Guyane. Tous ces fleuves ont leur embouchure dans l'Océan-Atlantique, mais la partie supérieure de leurs cours est encore très peu connue. Le tableau suivant offre le cours des principaux , en allant de l'est à l'ouest :
Le Maroni : c'est un des plus grands -, il vient de la Guyane-Française et son cours a été décrit a là page lill.
Le Surinam, qui parait avoir ses sources dans la Serra de Tumucumaque, arrose, sous le nom d'ARRANETEN,l'extrémité occidentale delà Guyane- Française, traverse du sud au nord la Guyane- Hollandaise, et, après avoir baigné la belle ville de Paramaribo, il entre dans l'Océan par une large embouchure. C'est, avec le Sarameca, le plus grand fleuve de la colonie. Son principal affluent est le C omm e w y ne (Comtnawina-, Comowinie), qui est grossi lui-même par le CoLtica.
Le Sarameca (Smameca, Saramaca) ; il nous semble qu'il faudrait regarder le grand courant qui vient de l'ouest comme le bras principal de ce fleuve; dans ce cas le Sarameca serait le plus grand fleuve delà Guyane-Hollandaise; dans la partie inférieure de son cours un canal le réunit au Surinam.
Le Cupanama, le Nikeri et le Corentyn (Corantine); le second donne le nom au plus grand des districts entre lesquels est partagée cette colonie ; le dernier est remarquable parce que son lit sépare la Guyane-Hollandaise de la Guyane- Anglaise.
canaux. Les Hollandais ont porté leur
activité partout où ils se sont établis. Les terrains bas de cette colonie offrent un grand nombre de canaux d'irrigation ou d'écoulement et même quelques canaux navigables. Parmi ces derniers on doit citer : le canal Surin am-Sarameca, qui partà quelques milles au-dessus de Paramaribo et forme la jonction entre le Surinam et le Sarameca ; le canal de la Baie- Warappa, qui part du confluent de la Cottica avec la Commewyne et aboutit à la mer ; d'un antre côté il communique avec un affluent de cette même Commewyne. De semblables canaux ont été creusés dans la partie de la Guyane que le sort des armes a obligé la Hollande de céder à l'Angleterre. Nous en avons déjà parlé à la page 1096.
division et topographie. L'Amérique- Hollandaise offre aussi deux divisions géographiques bien distinctes , savoir : la Partie-Continentale et la Partie- Insulaire; celle-ci se compose de deux groupes de petites lies comprises dans le grand archipel Colombien ou des Antilles, que nous proposons de nommer à cause de leur position et de leurs lies principales, Groupe Septentrional ou de St-Eustache, et Groupe Méridional ou de Curaçao; le premier est environné des Antilles Anglaises, Françaises, Suédoises et Danoises ; le second est situé vis-à-vis des départemens colombiens de Zulia et de Venezuela. La partie Continentale comprend la Guyane- Hollandaise. Cette partie, de même que la Guyane Française et Anglaise , est encore presque entièrement occupée par des nations indigènes indépendantes , surtout au sud de la chaîne de montagnes qui latraverse de l'ouest à l'est. Aces nations indépendantes indigènes on doit ajouter les trois petites républiques de Nègres qui se sont formées depuis plusieurs années, savoir la république des Auka, le long du Haut-Maroni, celles des Sarameca sur le Haut-Sarameca
AMERIQUE HOLLANDAISE
et des Cottica sur le Haut-Cottica. Ce sont des Marons ou Nègres esclaves qui se sont enfuis dans les bois et sont parvenus à faire reconnaître leur indépendance par les colons. Les deux premières républiques subsistent depuis l'année 1766 ; celle des Cottica s'est formée plus tard. Un traité conclu en 1809 par les colons avec ces états nègres confirma leur indépendance. Depuis lors des relations amicales et de commerce se sont établies entre eux et les Hollandais ; plusieurs de ces nègres viennent chercher du travail dans la colonie ou y apporter du bois et d'autres provisions. Ces trois petits états , dont quelques voyageurs ont extraordinairement exagéré la population, ont trop souvent jeté l'épouvante dans cette riche colonie
GOUVERNEMENS. ClIEFS-LlEUX , VILLES ET LlEUX LES PLUS REMARQUABLES.