PARTIE INSULAIRE
Gouv. de Curaçao Willcmstadt, dans l'île de Curaçao; les îles Aruba (Oruba) et
Aves , sanshabitans permaneiis; l'île Jionaire (Buen-Ayre), avec des salines et un petit établissement.
Gouv. de St-Ecstacue. . . St-Eustaclie (San-Euslaz) ; l'îlot de Saba, qu'on peut regarder comme une forteresse naturelle presque imprenable ; la partie méridionale de l'île de St-Martin avec la bourgade de Philisburg , qui est le lieu le plus important et le plus peuplé de toute l'île. Voyez l'Amérique-Francaise à la page llil.
pour que nous puissions initier l'exemple de presque tous les géograpnes, qui n'en font pas seulement mention , ou qui se bornent à nommer celui de Sarameca seulement.
Sous le rapport administratif cette partie de la monarchie Hollandaise offre trois divisions , savoir : le gouvernement de Paramaribo ou de Surinam, qui comprend la Guyane : il est subdivisé en 8 districts, qui prennent leur dénomination de leur position sur les rivières qui les arrosent ; le gouvernement de Cu~ raçao et celui de St-Eustache. Le tableau suivant offre les divisions géographiques et administratives de cette partie de l'Amérique,
Paramaribo, chef-lieu de la Guyane , située sur la rive gauche du Surinam , à une vingtaine de milles de son embouchure ; ce beau fleuve, qui en cet endroit a un mille de large, y forme une vaste rade constamment remplie de barques et de navires que son commerce florissant y attire. Paramaribo passe justement pour une des plus jolies villes de l' Amérique-Méridionale, et est sans contredit la plus grande et la plus peuplée nonseulement de toute P Amérique-Hollandaise, mais aussi de toute l'immense région nommée Guyane. Les rues sont parfaitement alignées et ornées d'allées d'orangers, de citronniers, de tamariniers qui se couvrent de fleurs et font de cette ville un séjour délicieux. V hôtel du gouverneur et V hôtel de ville sont deux beaux bâlimens, surtout pour ces contrées. Les maisons, bâties presque toutes en bois, et à deux ou trois élages, ont une belle apparence, sont entourées de jardins et généralement meublées avec luxe et élégance. La ville est ouverte, mais le fort Zelandia et plusieurs accidens du
terrain environnant la protègent suffisamment pour qu'il ne soit pas facile à un ennemi de s'en emparer. Son commerce , qui autrefois était de beaucoup supérieur à celui de toutes les autres villes de la Guyane , a été surpassé , depuis quelques années , par celui de Stabroek ou George-Town, chef-lieu de la Guyane- Anglaise décrit à la page noo. On s'accorde à lui donner de 18 à 20;ooo habitans.
Dans les environsimmédiats de Paramaribo et dans un rayon de 40 milles on trouve : le Fort- Amsterdam , regardé comme la meilleure forteresse de la Guyane ; il est bâti sur une langue de terre entre le Surinam etla Commewyne. Savana, joli village, bâti et habité exclusivement par des Juifs, sur la rive droite du Surinam; il possède une belle synagogue, une école supérieure, et un séminaire. C'est une véritable Nouvelle* Jérusalem pour ce peuple partout si opprimé: il y jouit d'une entière liberté, et s'adonue à l'agriculture et surtout au commerce.
Voici les autres villes les plus remarquables de l'Aiiiériquc-Hollandaise.
Dans le GOUVERNEMENT DE CURAÇAO : Wil-
AMERIQUE
lemstadt, jolie ville, chef-lieu de l'île de Curaçao et du gouvernement de ce nom, remarquable surtout par la beauté et la sûreté de son port, et très importante par son commerce encore florissant, quoique bien diminué en comparaison de ce qu'il était , lorsque la contrebande faisait gagner des sommes énormes à ses négocians par l'introduction des marchandises européennes dans l'Amérique ci-devant Espagnole. On avait proposé il y aquelquesannées dedéclarerWillcmstadt/wï franc. Des fortifications considérables ajoutent à l'importance de cette ville, dont on porte la population à près de 8000 âmes.
Dans le GOUVERNEMENT DE ST-EUSTACHE :
St-Eustache, petite ville bien fortifiée , avec un petit port, et très importante par son commerce très florissant, dû en grande partie à la franchise accordée à son port. On peut regarder celte place comme un entrepôt considérable de marchandises d'Europe , qui sont introduites clandestinement dans les iles voisines, où elles soU échangées contre des denrées coloniales que sei négocians envoient ensuite en Europe. Il parait que sa population actuelle s'élève à près de 6000 âmes
position astronomique de l'ile de Cuba. Longitude occidentale , entre 76° et 87°. Latitude boréale, entre 20° et 23».
confins de l'ile de Cuba. Au nord , le golfe du Mexique, le détroit de la Floride, le canal de Bahama. A Vest , ce même canal, ensuite le canal nommé par les marins Passe-du-Vent , qui sépare Cuba de la république d'Haïti. Au sud, la mer des Antilles qui la sépare de la Jamaïque et de la confédération de l'Amérique-Ccntrale. A Vouest, le canal de Yucalan,qui la sépare de la confédération Mexicaine.
L'ile de Porto-Rico , située entre l'Océan-Atlantique et la merdes Antilles, a, hi'est, les Antilles-Danoises et Anglaises, et à Vouest, la république d'Haïti.
fleuves. Bien que l'ile de Cuba soit la plus grande terre de l'Archipel Colombien ou des Antilles, elle n'a pas de lleuves considérables, surtout lorsqu'on veut les comparer à son étendue. Tous ont un cours très borné , et la plupart de leurs lits sont presque toujours à sec dans les grandes chaleurs. Parmi le très petit nombre de fleuves dignes d'attention, on peut citer les suivans :
Le Rio-Cauto : c'est le plus considérable de tous-, il prend sa source surleversantseptentrional de la Sierra del Cobre. 11 doit la longueur de son cours, qu'on estime à près de 150 milles, à la direction tortueuse de sa marche. Le Cauto fertilise le département Oriental et débouche à quelques milles au-dessous de Manzanillo.
Le Rio de Gcines, remarquable par le projet
qu'on a eu en 1798 de l'unir au canal de petite navigation qui devait traverser l'île dans le méridien de Batabano.
Le A y ou Rio de los Negixos, le plus remarquable peut-être de tout l'archipel par les magnifiques scènes agrestes qu'offre son cours. Le Ay s'élance de la caverne del Sumidero. par bonds qui forment plusieurs cascades de GO à 65varas de hauteur, passe ensuite sous un pont naturel gigantesque, et vient reprendre son cours paisible au-dessous de Pueblo-Viejo.
division et topographie. Après la perte définitive des magnifiques et vastes possessions que l'Espagne avait sur le Nouveau-Continent, celte puissance n'étend plus sa domination que sur les deux iles de Cuba et de Porto-Rico ; la première est la plus étendue de l'Archipel des Antilles; la seconde est la plus petite du groupe des Grandes-Antilles. Ces deux iles forment deux capitaineries générales qui offrent différentes subdivisions , dont les détails sont étrangers à cet ouvrage. Nous ferons cependant une exception pour l'ile de Cuba, à cause de sa grande importance. Le tableau suivant, rédigé sur des documens officiels , offre les lieux les plus remarquables ; les chiffres ajoutés après les noms indiquent la population de chaque lieu, d'après le recensement de 1827. Pour ménager l'espace, on s'est borné à indiquer en milliers le nombre d'habitans , en exprimant en fractions décimales les centaines d'habitans de tous les lieux, dont la population est au-dessous d'un millier.
AMERIQUE ESPAGNOLE. lin
ILE DE CUBA et dépendances.
Départ. Occidental. . La-Havane (Havana), 112. Guanajay ,1. Jcsus-del-Monte ,2. Madraga, 1. Cano,\. Calvario, 0.9. Muriel , 0.8. Guatao, 0.7. Sun-José de las Lajas , 0.5. Los Quemados , 0.4. Puenles-Grandes , 0.3. Gibacoa,os. Mùtanzas , 14. Seiba-Moclia, o.3. Pinal del Rio, 0.3. Santiago , 0.2. Batabano, 0 3. L'île de P/>wj avec la colonie R.eina-Amuliu, 0.2. Jaruco f o.9.Santa-Maria del Rosario , l. Bejucal, 2. Guanabacoa, 5. G«/- «é\y, 3. ATWa <ate San-Anlonio ,3. Caimito , 0.3.
Départ, du Centre. . Pu er to-Pri n c i pe (Ciudad de Santa Maria de Fuerto-Principe) , 49. Colonia de San-Fernando de Nuevitas , 0.7. Cubilas , 0.3. Guaimaro , 0.3. Sibanicu, 0.4. Guanaja , 0.050. Trinidad (Ciudad Maritima de Tri- » nidad), 13. Curacucey , ? /^///a ite Santa-Clara, 9. Puerta del
Golfe (Nuestra Seflora de la Esperanza), 0.7. Sagua- la- Grande (El-Embarcadero) , 0.5. Colonia de Santo-Domingo , 0.8. San-Narciso de Alvarez , 0.3. Quemado de Guines, 0.2. ^///a do Espirilu-Santo , il. Moron, 0.7. A77/« cfe San- Juan de los P^emedios, 5. San-Agustin de Mayagigua t 0.2. Ciudad Fernandina de Jagua, 08.
Départ. Oriental. . . Santiago de Cuba (Ciudad Maritima de Santiago de Cuba), 27. San- Luis del Caney ,0.5. Caridad del Cobre (Villa de Nuestra Senora de laCaridad del Cobre), 0.6. San-Gregorio de Mayari, 0.7. Sagua, 0.4. Villa de Baramo, 7. Manzanillo, 3. Cauto del Embarcadero, s.San- Geronimo de las Tunas , 2. Higuany (San-Pablo de Jiguani) , 2. Ilolguin (Ciudad de San-lsidoro de Holguin), S. Puerto de Gibara , 0.3. Baracoa (Ciudad y Puerto de Nuestra Senora de la Asumpcion de Baracoa), 3.
ILE DE PORTO-RICO. San-Juan (San-Juan de Puerto-Rico) ; Manaty ; Arecive ; Coamo;
Guayama ; San- German ; Mayaguez (Magagua; Miaguessé); Cabo~ Roxo; Ponce. Dans le Groupe des Vierges , les iles Grand et Petit-Passage , Colubra (Serpent) , Bieque (Boriquem ; Crabe ou Krabbeu).
La-Havane , grande ville, très forte et très peuplée, située sur la côte septentrionale* de l'Ile de Cuba, qui y forme un des plus beaux ports du monde.
C'est la résidence du capitaine général, de l'intendant ou gouverneur civil du déparlement occidental et d'un évéque , qui jouit d'un revenu estimé à 110,000 piastres. « Vue de l'entrée du port, dit M. Galibert, La- Havane offre un des coups-d'œil les plus rians et les plus pittoresques dont on puisse jouir sur le littoral de l'Amérique-Equinoxiale. Ses environs, sans avoir la sauvage majesté des côtes du Brésil, réunissent à la grâce des scènes de la nature cultivée de nos climats , la vigueur organique qui caractérise les productions végétales de la zone torride. Les châteaux forts qui couronnent les rochers à l'est du port, son bassin entouré de villages, et dans lequel se déploient les brillantes couleurs des pavillons de diverses nations, les flèches pyramidales d'un grand nombre de clochers qui se confondent, tantôt avec la cime panachée du palmier royal tantôt avec la mâture des vaisseaux, la couleur verdoyante des jardins intérieurs, le faite rougeàtre des maisons , présentent , par un beau soleil, le spectacle le plus ravissant. Mais l'intérieur de la ville est loin de répondre à ce premier coup-d'œil. A l'exception de la douane , de Y hôtel
des postes, du palais du gouverneur, de la manufacture des tabacs et de quelques hôtels de la noblesse, on ne voit partout que maisons basses , construites, il est vrai, avec solidité, mais encombrées de balles, de caisses, de tonneaux. Dans ses rues, presque toutes étroites et mal pavées, où l'on est suffoqué par l'odeur du tasajo (viande salée), on ne rencontre que portefaix et esclaves chargés , que charrettes , que volantes ( espèce de chaise de poste) de gens d'affaires , cabriolets sans ressorts , qui , dans leur marche rapide, soulèvent des flots de boue ou des nuages de poussière. Dans le port, sur les quais, à l'intérieur de la ville, tout respire l'activité et le mouvement , mais sans ce luxe , sans cette recherche , sans ce comfort que l'on trouve dans la plupart des villes commerçantes de l'Europe. Le soir seulement ses délicieuses alamedas (promenades) sont envahies par un concours varié de promeneurs des deux sexes, dont l'élégance et la toilette pourraient rivaliser avec celles de nos fashionables ; et lorsque, au théâtre, qui est assez vaste pour admettre 1800 spectateurs, on représente un opéra de quelque maestro fameux, on est sûr de pouvoir y admirer les grâces et la beauté piquante des Havanaises de distinction. »
Parmi les belles maisons de La-Havane,
dit un jeune voyageur qui l'a visitée il y a quelques années, et qui confirme la peinture que nous en avons 1 donnée, on remarque celle du comte de Fernandida , qu'il a payée 1,500,000 francs ; il y en a sept ou huit dans la ville qui out coûté celle somme ; on ne peut se figurer le luxe déployé par les nobles habitans de ces palais. La plaza de armas , qui est la place principale de La-Havane, est ceinte par le palais du gouverneur et par celui de l'intendant ; elle est ornée de statues, de vases , de Heurs , de plantes indigènes et exotiques, coupée de jolies allées sablées et entourée de bancs de pierre avec des dossiers en fer ; le soir elle est très bien éclairée. Vis -à-vis du palais du gouverneur, dit M. Eugène Ney, est une chapelle élevée en mémoire de la première messe, qui, à la découverte de l'Ile , se célébra dans cet endroit, à l'ombre d'un immense ceiva, qui existait encore il y a peu d'années. Les ouvrages qui font de La-Havane une des plus fortes places du monde, méritent une mention particulière par leur importance, leur solidité et par les sommes dépensées pour leur construction : le seul ancien chemin couvert du comte de Sanla- Claraa coûté 700,000 piastres; le Morro, qui avec le fort de la Pu/ita défend l'entrée du port, exige 800 hommes de garnison ; la Cabana , qui en demande 2000 , est une superbe citadelle, avec de vastes casemates ; le Fort situé à l'est de la Cabana ; les châteaux de Alarès et del Principe, et la batterie de Santa-Clara, sont les autres ouvrages les plus imporlans. On ne doit pas oublier V arsenal , qui doit être rangé à côté des principaux établissemens de ce genre que possède l'Amérique. On y a construit de superbes vaisseaux qui, dit M. de Humboldt, sont plus chers sans doute que les vaisseaux des chantiers d'Europe; mais ils ont sur ces derniers, par la nature des bois des tropiques, l'avantage d'une longue durée. Depuis 1778 jusqu'en 1827, cet arsenal a fourni à la marine militaire de l'Espagne 22 frégates, 7 paquebots, 9 brigantins , 14 goélettes et 49 petits navires.
La-Havane possède plusieurs institutions scientifiques et littéraires , qui , en rehaussant les facultés de l'homme, concourent à le faire avancer rapidement vers un état de civilisation plus perfectionné qui dislingue avantageusement
cette ville de plusieurs autres grandes capitales de l'Amérique ci-devant Espagnole. «L'université, dit M. de Humboldt, avec ses chaires de théologie, de jurisprudence, de médecine et de mathématiques , établies depuis 1728 dans le couvent des Padres Predicatores ; la chaire d'économie politique, fondée en 1818; celle de botanique agricole ,■ le musée et V école d anatomfc descriptive , due au zèle éclairé de don Alexandro Ramirez; la bibliothèque publique, V école gratuite de dessin et de peinture, V école nautique , les écoles lancaslriennes et le jardin botanique, sont d^s institutions en partie naissantes, en partie vieillies. Elles attendent, les unes, des améliorations progressives, les autres, des réformes totales, propres à les mettre en harmonie avec l'esprit du siècle et les besoins de la société. » Depuis 1793, La-Havane possède une sodé'le patriotique, d'où dépendent celles de Santo-Espiritu , de Puerto-Principe et de Trinidad, et depuis quelques années elle se distingue aussi favorablement par l'activité de la presse périodique; en 1830 on y publiait 7 journaux , dont un en anglais et un mensuel; ce dernier, qui paraissait sous le titre d' Annales de Ciencias, était rédigé par M. Ramon de la Sagra; il traitait de l'agriculture, du commerce et des arts, et a enrichi la géographie et la statistique de documens précieux qui ont rempli bien des lacunes qu'offraient ces deux sciences dans la description des îles de Cuba et de Porto- Rico. A la demande de M. de Humboldt, la Société patriotique a ordonné la construction d'une maison magnétique pour y faire annuellement , d'heure eu heure, et pendant un jour et demi , des observations sur les variations horaires de la déclinaison magnétique ainsi que sur tout ce qui est relatif à la déclinaison et l'inclinaison absolues et à l'intensité magnétique. De semblables établissemens ont été fondés d'après le plan formé par ce savant, à Pékin, à Kazan, à Pétersbourg , à Nicolajev dans le gouvernement de Kherson, à Berlin, à Freiberg,h Paris, de manière que, sur une longueur de 198 méridiens, depuis l'Amérique-Centrale jusqu'à l'extrémité de la Chine, depuis les tropiques jusqu'au 60e parallèle boréal, et dans les profondeurs des mines comme sur le sommet
AMERIQUE ESPAGNOLE
de hauts plateaux, on exécute un système d'observations simultanées et correspondantes, au moyen d'instrumens de même construction. Ces observations , continuées pendant un temps suffisant, conduiront sans doute à la connaissance des lois du magnétisme terrestre dans ses divers élémens, magnétisme qui joue un si grand rôle dans les phénomènes naturels, et qui depuis quelque temps, a tant excité Pattention des naturalistes, des physiciens et des géographes.
La-Havane est, sans contredit, une des villes les plus riches et les plus peuplées du Nouveau-Monde ; son heureuse situation, la sûreté et l'étendue de son port, la variété et l'abondance des produits qu'elle offre à l'exportation , l'accroissement successif de sa population, la prudence et la sagacité de ses commerçans , lui donnent sur ies autres places', ses rivales, des avantages immenses. Sa population, tant dans la ville proprement dite que dans les faubourgs , s'est élevée, en 1840, à 137,470 âmes, dont environ 23,000 esclaves. En 1827 on y comptait 2651 voilures de maître ou de louage; ou estimait le montant annuel de ses importations à 60 millions de francs et celui de ses exportations à fiO millions de francs. Le mouvement de son port qui s'est éievé en 1841 à 164 millions de francs, égale ou surpasse celui de Bristol , de Nantes, de Bordeaux, d'Anvers, de Riga, d'Odessa, de Porto, de Boston, de Philadelphie et de Baltimore, places maritimes toutes justement renommées par le grand nombre de navires qui les fréquentent et dont la valeur des importations et des exportations était inférieure à celle de La-Havane.
Voici les autres villes et lieux les plus remarquables de l'Ile de Cuba, d'après les divisions administratives auxquelles ils appartiennent
Dans le DEPARTEMENT OCCIDENTAL: Régla et GuANABAcoA.avec 6800 et GGOO habitans sur la partie sud et ouest du beau bassin qui l'orme le port delà Havane-, les collines entre ces deux grosses bourgades sont couronnées de jolies maisons de campagne, où se relire la population aisée de la ville, lorsque la lièvre jaune (vomito negro) y exerce ses ravages avec une terrible fréquence ; on y a formé plusieurs établissemens de bains alimentés par des sources minérales. Madp.uga, bourgade remarquable par ses bains minéraux renommés dans toute l'ile et très fréquentés. Puerto-MaiuelcI Bahia-Honda,
beaucoup plus petites, mais très importantes par leurs ports superbes. Matanzas , dans un site pittoresque mais marécageux, à l'estde la Havane et qui eu 1810, comptait 19.247 babitans n'était en 1762 qu'un point sans importance par son peu de commerce et sa faible population-, depuis l'ouverture de son port, en 1793, et la levée des entraves qui s'opposaient au développement du commerce, Matanzas est devenue la seconde place commerçante de l'ile-, en 1827 elle a vu s'élever ses exportations à 9,101,939 fr., et ses importations à 7,353,750 fr. Nous nommerons encore I'île de Pinos, à cause de sa grande étendue et parce qu'on y a fondé la colonie de la Renia Amalia , et le cap Antonio, auquel les atrocités commises dans ces dernières années par des corsaires espagnols et anglo-américains, commandés par Gibbs, ont donné une triste célébrité. C'est dans le voisinage de cette pointe que ces flibustiers, aussi intrépides , mais peut-être plus cruels que ceux qui dans les 17e et 18e siècles furent la terreur de St-Domingue , dirigeaient leui's attaques contre les vaisseaux d$ toutes les nations qui naviguent dans la Méditerranée-Colombienne. C'est sur une espèce de campement établi sur le cap Antonio et défendu par une batterie de quatre canons, qu'ils dirigeaient leurs prises et que là ils faisaient transporter à La- Havane, sur des navires côtiers, lesmarebandises qui en provenaient. Les innombrables îlots situés à l'est de l'ile de Pinos et ceux qui forment une grande partie de l'archipel de Bahama au nord de Cuba, sont d'autres repaires de flibustiers non moins cruels et aussi entreprenans que ceux du cap Antonio ; depuis plusieurs années, ils répandent la terreur et la désolation dans les mers des Antilles. Gibbs, tombé entre les mains de la justice de New-York, a péri à Long Island, par la main du bourreau , après avoir pris, dans l'espace de quatre ans, treize vaisseaux à l'abordage et avoir massacré près de quatre cents hommes dans ses terribles exploits.
Dans le DEPARTEMENT DU CENTRE : Puerto- PraNcirE , située dans l'intérieur des terres -, quoique chef-lieu du département, siège de la lieal Audiencia ou cour d'appel de l'île, et renfermant une population de 24,000 âmes, cette ville offre l'aspect le plus misérable qu'il soit possible d'imaginer. Ses rues sont étroites, tortueuses et dégoûtantes par leur saleté. Les parties basses seraient même absolument impraticables, si les habitans, en construisant leurs maisons à trois ou quatre pieds au-dessus du sol, pour se garantir de l'humidité, n'avaient eu soin d'y adapts-r des galeries extérieures, espèce de trottoirs qui, seuls, entretiennent la communication au-dessus des mares infectes qui séjournent dans les rues. Puerto-Principe possède une société patriotique, fait un assez grand commerce avec l'intérieur de l'île, mais son commerce extérieur par la baie de Nuevitas est de très peu d'importance. En 1S30 on y publiait une gazette. Colonia de San-Feun \ndo de Nuevitas, fondée en 1818 sur la magnifique baie de Nuevitas, est le chef-lieu d'une des cinq divisions marilimes de l'île ; malgré son importance on cherche en vain son nom sur
AMERIQUE
les cartes les meilleures et les plus récentes. C'est aussi en vain que nous avons cherché la Ciudad de Fernandina de Jagba , autre colonie fondée depuis 1817 sur la baie de Jagua ou Xagua, qui y formé un des meilleurs ports du monde, défendu par le fort de Nuestra-Senora de los Angeles, regardé par des militaires habiles comme la meilleure forteresse de l'île après les fortifications de La-Havane et le Morro de Santiago de Cuba ; depuis quelques années son commerce a pris un grand accroissement. Ciudad Maritima de Trinidad, ville assez bien bâtie, chef-lieu d'une division maritime, avec une société patriotique, et 12,800 habitans ; c'est une des plus commerçantes de File 5 en 1830 on y publiait une gazette. Dans ses environs est située la superbe baie dcl Masio. Villa de Santa-Clara et Villa de Espiritu-Santo , petites villes, situées dans l'intérieur et remarquables parleur population; la seconde possède une société patriotique. Villa de S an-Juan de los Renedios, petite ville, chef-lieu d'une division maritime et importante par la beauté de son port.
Dans le DÉPARTEMENT ORIENTAL : Santiago de Cuba, 24,800 âmes, une des plus anciennes villes de l'Amérique, fondée en 1514, considérée comme la capitale de l'île jusqu'en 158 J, actuellement chef-lieu de ce département et d'une division maritime, et siège d'un évècbé. Son port, qui est un des plus beaux de l'Amérique , est défendu par le fortdel Morro. Les constructions intérieures de Cuba, quoique présentant plus dé régularité et une meilleure disposition que celles de la plupart des autres villes de l'île, n'offrent cependant aucun monument remarquable. Dépourvue, pour ainsi dire, d'eau potable, sans cesse exposée à la réverbération du soleil, par la nature crayeuse de son sol et le voisinage des montagnes, l'air qu'on y respire est suffocant. Les miasmes qui s'exhalent des lagunes qui l'environnent, et de la baie au fond de laquelle elle s'élève en amphithéâtre, rendent son séjour malsain; aussi les habitans aisés, pour respirer un air [dus pur et plus frais, se retirent, de juillet à octobre, dans leurs maisons de campagne, la plupart situées sur de rians coteaux, au milieu de riches plantations de cannes à sucre et de caféiers. L'ouverture de son porten 1778 a donné une grande extension à Santiago; en 1827 elle a exporté pour 7,037,554 francs et importé pour 6,734,105 ; en 1820 on y publiait une gazette. Bayamo, et Holguin commerçantes et populeuses. Caridad delCobre (Villa de Nuestra-Senora de la Caridad del Cobre) ville de 2700 âmes, remarquable par son sanctuaire visité annuellement par un grand nombre de pèlerins. On exploite dans ses environs et dans ceux d'Holguin , les mines de cuivre qui nous paraissent être les plus riches de V Amérique. Mazanillo est le port de Bayamo et fait uncommerce qui augmente tous les jours. Baracoa, très petite ville avec un port: c'est le premier établissement que les Espagnols ont fait dans l'île.
Mais avant de quitter cette superbe colonie, que des documens officiels que nous avons sous les yeux nous autorisent à regarder comme la plus
riche de toutes les colonies fondées par les Européens, Qu'il nous soit permis de nous arrêter un instant pour offrir au lecteur quelque» faits relatifs à sa grande importance et à son étonnante prospérité. « L'importance politique et commerciale de Cuba n'est pas seulement fondée sur l'étendue de sa surface , supérieure à celle des autres Antilles , sur l'admirable fertilité de son soi, sur ses établissemens militaires et sur la nature de sa population, composée de trois cinquièmes d'hommes libres; elle s'accroît encore , ditM.de Humbolt, par les avantages de sa position géographique : sa forme étroite et allongée la rend à-la-fois voisine d'Haïti et de la Jamaïque, de la partie la plus méridionale des Etats-Unis (la Floride) et de l'état le plus oriental de la confédération Mexicaine (le Yucatan). » Réduite pendant les deux derniers siècles à puiser dans les caisses de la Nouvelle-Espagne les sommes nécessaires pour subvenir aux frais de son administration intérieure et à payer sa nombreuse garnison , elle s'est vue depuis en mesure de suffire non-seulement à ses propres besoins , mais encore de venir au secours de la métropole pendant la lutte opiniâtre qu'elle a soutenue contre les colonies du continent. Ce changement favorable est dû principalement à la levée des inconcevables entraves qui arrêtaient le développement de son commerce et de son industrie, à l'introduction de la culture de la canne à sucre de Tahiti, à la grande population blanche qui s'y est établie pour échapper aux massacres de St-Domingue , et pour éviter les horreurs inséparables des guerres civiles , surtout de celle qui a ensanglanté dans ces dernières années les possessions continentales ci-devant Espagnoles ; au nouvel essor donné à l'agriculture et au commerce par les colons arrivés des Florides et de la Louisiane, enfin à ce grand nombre d'esclaves qui , importés pendant les dix dernières années, ont créé tant de nouvelles plantations. Un concours heureux de circonstances politiques, la modération des officiers de la couronne, la liberté des échanges avec les nationsétrangères, la conduite prudente deshabitans et les nombreuses concessions de la métropole ont puissamment contribué aux progrès de la population, de l'agriculture, du commerce et de l'industrie, et ont rendu Cuba, eu égard à son étendue età sa population, la plus florissante et la plus riche de toutes les colonies, non-seulement de l'Amérique, mais de tout le globe. Sa population qui en 1775 n'était que de 170,370 âmes , s'était élevée à 272,140 dès l'année 1791, à 551,998 en 1817 et en 1827 à 730,562 -, dans ce dernier nombre les esclaves ne figurent que pour 286,942; leur nombre en 1775 n'était que de 44,336 individus. Cet accroissement de population , même en faisant abstraction de ce qui est du à l'infâme commerce des nègres, est tellement considérable, qu'on ne saurait le comparer qu'à l'augmentation qui a eu lieu aux Etats-Unis et dans le Canada, les pays de l'Amérique qui sous ce rapport se présentent sous le jour le plus favorable. L'agriculture a fait des progrès encore plus rapides ; Vexporiation du sucre , qui de 1790 à 1800 n'était, année moyenne, qae de 110,091 caisses, s'est élevée
AMERIQUE ESPAGNOLE
liai
de 1800 à 1820 à 207,696 caisses, et de 1820 à 1825 à «50,384 caisses ; celle du café, qui en 1804 n'était que de so,ooo arrobas, monta à 320,000 arrobas en 1809, et à 1,221,609 arrobas en 1826. La douane de La- Havane , qui en 1817 ne rapporta que 2,110,000 piastres, en rapporta 3,733,ooo en 1826 et 4,389,262 en 1827. Dans la même année le mouvement général de tous les ports de nie a été de 1841 navires entrés et 1649 sortis. A la même époque, le montant des importations, d'après les relevés de la douane, s'est élevé à 17,352,854 piastres, et celui des exportations à 14,286,192 piastres, dans lequel la valeur des produits indigènes figurait pour une somme de 10,724,577 piastres. Ces chiffres, au reste, ne doivent être considérés que comme le minimum de la valeur des importations et des exportations ; car, d'un côté, les estimations de la douane , en général au-dessous de la valeur réelle des marchandises , et de l'autre , les entrées et les sorties frauduleuses qui ont lieu en grand nombre, doivent nécessairement rehausser les sommes que iious venons d'indiquer. Enfin les revenus de l'île qui en 1778 ne montaient qu'à 885,358 piastres, et qui ne s'étaient encore élevés en 1794 qu'à 1,136,918 piastres, ont été de 8,469,973 piastres en 1827, ce qui fait près de 45,ooo,ooo de francs. Maintenant si l'on voulait comparer cette colonie avec d'autres regardées comme les plus riches , nous verrions que , d'après M. de Humboldt, le Mexique en 1804, avec une population de 5. 800,000 âmes , rapportait 20,000,000 de piastres ; toutes les Possessions Anglaises en Asie, dont la population était estimée à la même époque a 32 millions offraient une recette brute de 43,000,000 de piastres; la magnifique He de Java ,1a contrée la plus riche et la plus peuplée de l'Océanie , avec une population d'environ 6,000,000 d'àmes, ne rapportait en 1822 . avant le commencement de la guerre qui a ralenti sa prospérité, que 63,900,000 francs. Si l'on voulait pousser plus loin ces rapprochemens et comparer les revenus de l'île de Cuba avec les revenus des principaux états de l'Amérique indiqués à la page 1128, on verrait que la recette brute de Cuba dépasse de beaucoup celle de tous les états du Nouveau-Monde , à l'exception des confédérations Anglo - Américaine et Mexicaine , de l'empire du Brésil et des Etats-Unis du Sud. Si l'on voulait faire la comparaison avec les états de l'Europe, dont nous avons donné les revenus aux pages 636 et 637 , on trouverait que la recette brute de cette coloniedépassé la recette correspondante de tous les étals de cette partie du monde , celles des grandes puissances et de quelques monarchies du second ordre seules exceptées; que son revenu est de peu inférieur à la recette de la monarchie Portugaise, et presque égal à celle des états réunis de Wurtemberg et de Hanovre , ou à la somme I des recettes du royaume de Saxe et du grandduché de Bade ; que son revenu est supérieur à celui des deux grands-duchés de Bade et de j Hesse réunis à la Hesse-Electorale ; qu'il égale I celui de l'Etat du Pape, qu'il dépasse le revenu des royaumes de Suéde et de Pologne et celui delà monarchie Danoise • telles sont les immenses
ressources de cette colonie, qui est exempte de toute espèce de dette. Elles étonnent d'autant plus que des documens officiels prouvent qu'elles ne proviennent que de la septième partie de son territoire; que serait-ce si toute l'île était mise en culture ! « Bien plus florissante, dit M. Galibert, que la plupart des nouveaux états indépendans de l'Amérique, obérés déjà par leurs emprunts , elle voit tous les jours accroître sa prospérité, sans compromettre son avenir.»
Nous avons déjà dit quel'iLE de Porto - Rico est la moins étendue des Grandes- Antilles. Quoique sur une moindreéchelle, les progrès de sa population, de son agriculture et de son commerce, furent aussi considérables que ceux de Cuba. Sa population , qui en 1778 était estimée à 80,650, s'éleva, en 1827, à 288,473 âmes ; dans ce nombre, 28,408 seulement étaient esclaves ; 101,749 étaient laboureurs.
Voici les villes et les lieux les plus remarquables de cette importante colonie, à laquelle un terrible ouragan causa des pertes énormes le 26 juillet 1825:
Porto-Rico ou San-Juan de Porto-Rico, ville assez grande et assez bien bâtie , sur une presqu'île de la côte septentrionale, au milieu d'une vaste baie , communiquant à la terre-ferme par un isthme d'une longueur considérable-, cette position et les importans travaux qu'on y a faits, l'ont rendue une des plus fortes places de l'Amérique. Son port est sûr, spacieux et profond. Porto-Rico est la résidence du capitaine général et d'un évêque. Son commerce est florissant et sa population est estimée à près de 10,000 âmes. Arecife et Guayama, bourgades importantes parleur population considérable ; Coamo, village remarquable par ses eaux thermales sulfureuses ; San-German, ville de 32,000 âmes, bâtie en 1510, chef -lieu de la division administrative de l'île : Mayaguez , bourgade de 18,000 âmes; la tentative de Ducoudray lui a donné de nos jours une certaine célébrité. En 1822 , un parti de pirates ou flibustiers commandé par cet aventurier s'empara de son port, y fit paraître une proclamation pour annoncer l'indépendance de toute l'île sous le titre de république de Boiqua ; battus par les Espagnols ils furent obligés d'évacuer l'île ; mais leur tentative, dit M. Buchon dans son Atlas géographique, statistique et historique des deux Amériques, et leur proclamation n'est pas un des épisodes les moins curieux de cette époque historique. Cabo-Roxo. village près du cap de ce nom, important par ses salines donnant du sel à une grande partie de l'île. Ponce, bourgade de 15.000 âmes, florissante par ses plantations. Les ilôts qui dépendent de Porto-Rico n'offrent rien de remarquable. Nous ferons seulement observer que celui de Bieque est de beaucoup le plus grand de tous, et qu'il égale m étendue la florissante ile danoise de Santa-Cruz qui en est voisine.
AMERIQUE
La Suède ne possède dans le Nouveau- Monde, que la petite lie de St - Barthé le mi , que la France lui a cédée en 1784. C'est la plus petite des divisions politiques de l'Amérique. Environnée par des lies occupées par les Hollandais, les Français, les Anglais et les Danois, elle est assez importante par l'état florissant de son agriculture ; mais son commerce a beaucoup perdu depuis la cessation de la guerre maritime, pendant laquelle son
port , ouvert à toutes les nations , faisait d'immenses affaires. Gustavia (longitude occidentale 65° 10'; latitude boréale 17° 55') est la résidence du gouverneur ; c'est une petite ville, assez bien bâtie, avec un port franc , fréquenté par un assez grand nombre de navires ; c'est encore un des principaux entrepôts du commerce des Petites- An tilles ; on porte à 10,000 le nombre de ses habitans.
Nos lecteurs connaissent déjà les difficultés sans nombre qui s'opposent à une appréciation exacte des forces et des ressources des états, ainsi que les principes qui nous ont guidé dans ces recherches difficiles. Dans l'introduction au tableau statistique de l'Europe, nous leur avons même exposé nos doutes relativement à plusieurs points de la statistique des principaux états de l'Amérique. Mais quelques remarques nous paraissent encore nécessaires pour justifier des changemens importans que nous avons fait subir aux résultats statistiques admis dans la Balance politique du Globe. D'ailleurs, il est bon de signaler les limites au-delà desquelles toute application, que l'on voudrait faire à d'autres états des élémens contenus dans le tableau statistique que nous allons offrir , donnerait des résultats erronés.
superficie. Aux pages 607, 609, 1095, 1097, 1113, etc., nous avons déjà signalé les doutes que le géographe a encore sur certains pays , et les causes qui ne peuvent manquer de produire une grande différence dans l'estimation de la superficie des possessions des Anglais , des Français et des Anglo - Américains dans cette partie du monde. Aussi nos évaluations ne sont basées que sur les limites que leur accordent les meilleures cartes, et surtout celles de M. Brué. La
contradiction apparente qu'offre l'évaluation de la surface du Brésil donnée par la Balance avec celle que nous avons adoptée dans le tableau que nous allons donner, vient de ce que, à l'époque de la publication du premier ouvrage , toute la superficie du NouvelnEtat-Oriental de l'Uruguay , formant alors partie de la province Cisplatina de l'empire du Brésil, devait être nécessairement comptée dans la surface générale de cette vaste monarchie.
population. Dès l'année 1808 , dans notre Prospetto politico geografico dello stato attuale del globo sopra un nuovo piano, nous avons fait connaître les exagérations des géographes sur la population du Nouveau-Monde. Dans cet ouvrage, nous la portions à 27,400,000 , d'après les renseignemens les plus positifs qu'on pouvait avoir à cette époque. Les recherches que nous avons faites , et les travaux géographiques publiés depuis lors sur les principales régions de ce continent, nous ont engagé à porter sa population, d'après les sommes spéciales de ses différentes parties , à 33,800,000 en 1816, et à 36,000,000 en 1819. Mais ces calculs avaient besoin d'une rectification.
Ne nous étant pas encore livré à des études sur les langues de PAmérique , nous n'avions aucun moyen de corriger
STATISTIQUE DE L'AMERIQUE
les exagérations des géographes et des voyageurs sur le nombre des Indiens sauvages ou indépendans. Quelques écrivains, même parmi ceux que la rej| nommée place au premier rang, avaient augmenté extrordinairement , et continuent à augmenter leur nombre. Le savant géographe Morse portait encore, en 1812, à 5,000,000 les sauvages indépendans de l'Amérique , lorsque l'ingénieux Volney, dès l'année 1804, avait tâché de prouver qu'ils ne sauraient être estimés au-delà de 1,639,000. L'éditeur de la Grammar of gênerai geography of Goldsmith ne tenant aucun compte des estimations de Morse et de Volney, publiait encore à Londres, en 1822, que les sauvages indépendans du Nouveau-Monde s'élèvent à 12,000,000, dont 5,000,000 I vivent dans l'Amérique - du - Nord et 7,000,000 dans celle du Sud ! Un voyai geur très instruit, M. Buchanan, estimait S| en 1824, à 2,000,000 ceux qui errent I entre l'itshme de Panama et l'Océan- ■I Glacial-Boréal. Hassel, dans une disser- 9| tation sur le nombre d'habitans de l'A- I mérique, insérée dans les Ephémérides géographiques de Weimar , croyait I pouvoir évaluer tous les sauvages du Nous veau-Monde à environ 2,500,000 en 1825. I Dès l'année 1816 , et après un premier 1 examen sur ce sujet difficile, nous avions I cru pouvoir les réduire à ce nombre dans 1 notre Compendio. Mais les études de I M. de Humboldt sur ce même sujet, les I faits que M. Gallatin a consignés dans un I mémoire manuscrit, dont nous devons I la communication à l'obligeance du pre- S mier, ainsi que les détails multipliés p| que nous avons rassemblés sur le nombre sj des Indiens sauvages , en rédigeant l| l'Atlas ethnographique du Globe , I nous ont engagé à diminuer de moitié I notre première évaluation. Ayant pull blié, dans le xxxvin6 volume de la 1 Revue Encyclopédique , nos recher- | ches sur la population de l'Amérique, ! nous croyons inutile de répéter ici les I raisonnemens que nous avons faits pour s justifier nos calculs. Nous ferons seule- I ment quelques remarques sur la populail tion de quelques états à laquelle nous I avons fait subir de grandes modifica- ■ tions.
La population de la Confédération i\ Anglo-Américaine, que, pour la fin de I 1820, nous avions estimée à 11,600,000
âmes, doit être portée pour la même année à 11,800,000 Cette erreur vient de ce que, dans la multiplicité des calculs que nous devions faire pour la rédaction de la Balance politique du Globe , nous avons oublié d'ajouter à la 9omme provenant du recensement de 1820 et de l'augmentation qui avait eu lieu depuis cette époque jusqu'au 1er janvier 1827 , la population des tribus indépendantes , toujours comprises dans nos évaluations du nombre d'habitans de tous les autres états de cette partie du monde. Le recensementde 1830, dontnous avons donné les résultats aux pages 1012, et 1013 , nous a servi à contrôler les calculs approximatifs que nous avions faits pour 1826 ; et, à part Terreur que nous venons de signaler, entièrement indépendante des calculs relatifs à la population des races blanche et noire , nous avons eu le plaisir de voir que dans cette évaluation, si différente des estimations exagérées faites à la même époque par les journaux indigènes et étrangers, nous nous étions tellement approché de la réalité, que nous n'avons eu besoin de leur faire subir aucune modification. A la page 1013 nous avons expliqué la cause des contradictions apparentes qu'offrent nos calculs relatifs à la population des Etats- Unis.
A la page 611, nous avons indiqué les motifs qui nous ont engagé à diminuer la population de V Amérique -Espagnole. D'autres prétendus recenseraens officiels relatifs aux deux Canada et publiés par un journal allemand, qui jouit d'une célébrité justement acquise, nous ont fait évaluer trop haut la population de V Amérique- An glaise. Selon le rédacteur de ce journal, un recensement de 1824 aurait donné au Bas-Canada 622,628 habitans et 280,567 au Haut-Canada, ce qui fait plus de 900,000 pour ces deux seules provinces. Des documens officiels que nous avons reçus depuis , et dont la vérité et l'exactitude sont confirmées par les faits importans que MM. Bouchette , Douglas et M'Gregor ont publiés à Londres , nous ont fait rejeter ces dénombremens imaginaires, et nous ont engagé à réduire toute la population de cette partie du Nouveau-Monde à 1,900,000 âmes pour la fin de Tannée 1826.
Les incertitudes qui subsistent encore sur le nombre des habitans du Brésil
AMERIQUE
sont tellement considérables , qu'il nous a par» plus convenable de conserver les nombres ronds admis dans la Balance, plutôt que d'offrir une précision illusoire, en faisant la soustraction des 70,000 habitans que nous avons assignés au Nouvel-Etat- Orient al delJJruguay. On sera peut être étonné de nous voir estimer si bas la population de cette république, à laquelle on s'accorde à donner 175,000 âmes d'après les calculs erronés de Hassel, suivis de tous les statisticiens allemands ainsi que des statisticiens et des géographes français, qui exploitent ses ouvrages sans presque jamais daigner le citer. Mais noire évaluation est basée sur les faits positifs que nous devons à l'amitié dont nous honorait M. le vicomte deSan-Lourenço, ancien ministre des finances de la monarchie Portugaise, sous la direction duquel a été fait le dernier recensement du Brésil. D'autres renseignemens plus récens que nous devons à l obligeance de M. Varaigne, qui connaît si bien tout ce qui concerne ['ancienne vice-royauté du Rio de la Plata , dont cet état faisait partie , ne diffèrent que de quelques milliers en moins des estimations du ministre brésilien.
Nous devons aussi faire subir une grande diminution à la population que nous avons donnée à la république d'Haïti sur l'autorité d'un prétendu dénombrement officiel publié par les journaux des Etats-Unis, d'après lequel cet état, en 1824 , n'aurait pas compté moins de 935,335 habitans. Un observateur habile, M. Mackenzie , ancien ministre anglais auprès du président Boyer, a réduit à sa juste valeur ce prétendu recensement dans l'intéressant ouvrage qu'il a publié à Londres. Un autre voyageur, ci -devant consul -général de France à Haïti, M. Mollien, auquel nous devons beaucoup de renseignemens précieux sur cette république où il a séjourné assez long-temps , nous assure que la population actuelle de l'île est au-dessous de (500,000 âmes. Comme on ne peut nullement compter sur l'exactitude d'aucun recensement fait jusqu'à présent dans cette contrée, et que l'on ne connaît que très imparfaitement le mouvement de sa population, nous croyons qu'on pourrait provisoirement adopter en nombre rond les 800,000 âmes que lui accordait M. de Humboldt en 1822 ; mais cette somme
doit être regardée comme le maximum de la population qu'on puisse assigner à Haiti pour la fin de 1826.
Nous n'avons aucune raison pour modifier les populations que nous avons assignées aux autres états de l'Amérique , quelque différentes que soient les estimations données par d'autres géographes et statisticiens. Nous ne sommes pas surpris que le savant statisticien Hassel, dans la multiplicité des calculs auxquels il était livré, ait, par un double emploi, si étrangement exagéré la population des Provinces-Unies du Rio de la Plata , en accordant à cette seule partie la totalité de la population qu'on assigne à ces mêmes provinces, à la républipue de Bolivia, au Paraguay et au Nouvel-Etat-Oriental de l'Uruguay ; nous concevons aussi que dessavans, étrangers aux points difficiles de la géographie et aux difficultés de la statistique , persistent encore à donner 2,200,000 âmes à la seule confédération du Rio de la Plata après tout ce que nous avons dit sur ce sujet dans le mémoire sur la population de l'Amérique, publié par la Revue encyclopédique, journal que son mérite justement apprécié met entre les mains de tout le monde ; mais nous ne pouvons comprendre qu'une erreur aussi grossière puisse être annuellement reproduite dans des recueils et dans des ouvrages estimables publiés en Allemagne , en Angleterre , dans l'empire d'Autriche et dans les Etats-Unis , tous rédigés par des hommes spéciaux et d'un savoir profond. A l'égard de la population de la république de Bolivia , que deux généraux, célèbres dans les guerres de la Colombie, nous ont reproché confidentiellement d'avoir portée trop haut, nous ferons observer que M. Pentland , qui a visité cette intéressante partie de l'Amérique , sur laquelle il a bien voulu nous communiquer de précieux renseignemens , nous ayant fourni les résultats du dénombrement fait en 1827 , nous avons trouvé qu'en y comprenant les indigènes indépendans , ce document officiel donne un total presque identique avec la somme publiée par la Balance Politique du Globe. Cette concordance remarquable avec des faits positifs et avec les estimations d'un observateur habile , nous engage à persister dans notre opinion.
Aux pages 1087 et 1088 nous avons
STATISTIQUE DE L'AMERIQUE
indiqué les élémens dont se composent la superficie et la population des vastes espaces du Nouveau-Monde que nous avons nommés Amérique-lndigène-Indépendante.
En considérant les états fédératifs sous leur véritable point de vue, nous voulions faire, à l'égard des confédérations de l'Amérique, ce que nous avons fait à l'égard de celles de l'Europe. Mais après de longues et difficiles recherches, nous nous sommes convaincu de l'impossibilité où l'on est de pouvoir , non pas offrir les principaux élémens de leur statistique, mais, à l'exception des états de l'Union , évaluer avec une certaine exactitude même leur superficie et leur population. Tout ce que nous avons pu faire, c'est de déterminer aussi exactement que possible les élémens principaux de la statistique générale des confédérations Américaines, remettant à des circonstances plus favorables la rédaction de la statistique des différens états dont elles se composent. Nous n'avons fait qu'une seule exception à l'égard des Etats-Unis proprement dits, à cause de la stabilité qu'offrent leurs di-
TABLEAU COMPARATIF
DES PRINCIPALES OPINIONS ÉMISES SUR LE NOMBRE DES HABITANS DE L'AMÉRIQUE.
Habitans.
BtscniNG , en 1778 13,441,678
Pinkerton, en 1800 (en 1804, dans la traduction française, 25,500,000). 15,000,000
Laurie et Wittle , dans le New- Juvénile -Atlas , en 1808 16,180,000
Yolney, en 1804, et Stein , en 1811. 20,000,000
Fabri, en 1805 , et Gr ^berg , en 1813 24,000,000
CALLENDER , en 1798. 25,500,000
Humboldt , au commencement du xixe siècle 25,650,000
Balbi , en 1808, dans le Prospetto Polilico Geografico del Globo 27,400,000
Bertuch, dans les Ephémérides géographiques de Weimar , et Reichard, dans l'édition de la Géographie de Galetti, en 1822 30,843,500
Hassei. et Stein , dans leurs Dictionnaires géographiques , en 1817 et 1818 31,000,000
Oannabich, en 1821. . , 33,000,000
Balbi, en 1816, dans la lre édition du Compendio di Geografia Unwersale. . . . 33,800,000
Humboldt , en 1823 34,942,000
Morse , en 1812. 35,000,000
Worcester , en 1822, et Balbi dans la 2e édition du Compendio en 1819 36,000,00c
DARBY, en 1826. 37,400,000
Stein , en 1826. 38.086,000
Balbi , en 1828, dans la Balance politique du Globe, pour la fin de l'année 1826. . 39,000,000
Denaix , en 1828. 39,309,ooo
Malte-Brun, en 1810, au-dessous de 40,000,000
Melish , en 1818. 40,000,000
Hassel , dans son Almanach de 1828,, et X Almanach de Gotha de 1829 40,048,844
Charles Julius Bergies, en 1828. 40,505,782
Schnabel , dans la septième édition de la Géographie de Galetti, en 1831 42,000,000
Dede, continuateur de V Almanach de Hassel , en 1832, pour 1831 43,943,358
Le Sage, en 1823 -, et Letronne , en 1824. 50,000,000 Morse , vers la fin du xviir* siècle ; Hervas , en 1800 ; et Lalande , dans X Annuaire de
l'an- IX {iBoo) 60,000,000!
Bielfeld, en 1760 -, Scssmilch , en 1765 ; Beausobre , en 1771; et l'auteur anonyme de
la Description des mœurs et coutumes , en 1821 150 ,000,000 !
L'Abbé de Saint-Pierre, vers 1750 ; et Lalande , dans V Annuaire de l'an Vlll (1799). 180,000,000»
G'Jilbert Charles Le Gendre , vers 1758 , au moins. 250,000,000 1
Ricciou , vers 1660 300,000,000 *
Montaigne et Montesquieu l'estimaient au plus bas [>oui l'époque de s? découverte à. 400,000,000 \
visions, grâce à la paix dont ils jouissent. En résumant toutes les modifications e:i plus et en moins que nous avons fait subir aux populations publiées dans la Balance -politique du Globe, il résulte que la population totale de l'Amérique ne serait , pour la fin de 1826 , que do 38,500,000 âmes au lieu des 39,000,000 que lui assigne cet ouvrage. Comme dans toutes nos évaluations noue nous sommes toujours arrêté à des nombres qui pèchent en moins, surtout à l'égard du Brésil , du Mexique et des Etats de la Colombie, nous croyons que, vu les doutes que l'on a encore sur toutes les populations de ces contrées , on pourra retenir saiis grave inconvénient le nombre rond de 39 millions pour la population totale de cette partie du monde.
Maintenant nous allons offrir au lecteur le tableau des principales opinions émises par certains géographes, par des naturalistes, des astronomes et des littérateurs sur la population de l'Amérique. Ce sera une nouvelle preuve des calculs hasardés et du manque total de critique qu'on leur reproche justement à cet égard.
AMERIQUE
revenus et dettes. Nous venons de voir les difficultés qui accompagnent la détermination de la surface et de la population des différens états dont l'ensemble forme les confédérations. Ces difficultés sont incomparablement plus grandes lorsqu'il s'agit de déterminer les revenus et la dette de ces mêmes états. Aussi, les considérant quant à présent comme insurmontables,, avons-nous renoncé à les admettre dans notre tableau, sans faire d'exception, pas même pour les états qui forment la puissante confédération Anglo- Américaine. A cet égard nous ne faisons qu'imiter un savant , à-la-fois administrateur habile et économiste distingué , qui a étudié dans son ensemble le système linancier de ce pays, et qui a démontré, dans un article très remarquable de la Revue Britannique, combien sont incomplets les renseignemens donnés par les recueils statistiques publiés dans l'Union. « Il est d'autant plus difficile, dit M. Saulnier, de classer ces matériaux , qu'il y a une grande variété dans la nature des recettes comme dans celle des dépenses des divers états. Cette difficulté s'augmente encore par la confusion qui règne dans la rédaction des budgets, rédaction assurément fort inférieure à celle des budgets que faisait Sully, au commencement du xviie siècle. Dans plusieurs on ne voit pas figurer les sommes considérables employées annuellement à payer l'instruction élémentaire. Dans d'autres au contraire , on met en ligne de compte non-seulement toutes les branches du revenu , mais même tous les dividendes des banques particulières, dont une partie , quelquefois seulement assez considérable, appartient à l'état; et, ce qui est plus extraordinaire encore, par la plus étrange des anomalies, on fait figurer dans la recette de ces budgets les capitaux des fonds de l'état, sans mentionner l'intérêt des dettes qu'ils ont contractées, et qui absorbent souvent plus des deux tiers de la recelte. »
Nos relations nous ont fourni les moyens de connaître les budgets fédéraux des confédérations de l'Amérique ; ce sont ces budgets dont nous offrons les résultats généraux dans le tableau. Mais il faut bien se garder de croire qu'ils représentent la totalité des recettes qui a lieu dans ces états. Dans l'Union, par exemple, chacun des vingt-quatre étals
dont elle se compose a son budget à part, indépendamment du budget général ou fédéral. Pour connaître 1a totalité des recettes de celte confédération, il faudrait additionner les recettes spéciales de chaque état avec la recette générale. Cette dernière ne comprend que le produit des douanes, celui de la vente des terres publiques et des dividendes de la banque fédérale , outre quelques autres branches d'un rapport beaucoup moindre. Les recettes spéciales des états se composent de l'impôt territorial ; de plusieurs droits sur les commissions, sur les ventes , sur les consommations; des taxes sur les personnes , les animaux domestiques ; du produit des routes à barrières ; des dividendes des banques particulières et autres articles. Après les longues recherches que nous avons faites sur ce sujet et les documens que nous avons réunis sur les différens états de l'Union , nous croyons qu'on approcherait beaucoup de la réalité en prenant pour la totalité de la recette le double du budget fédéral. Cette somme est bien loin d'être exagérée ; nous la regardons même comme le minimum de la recette totale de cette puissante confédération. M. Saulnier la porte beaucoup plus haut, appuyé sur des faits qui nous paraissent d'un grand poids. De ce que nous venons de dire sur le budget de l'Union, il faut bien se garder de conclure qu'il faille doubler celui des confédérations Mexicaine , de l'Amérique-Centrale et du Rio de la Plata pour avoir la totalité de leurs recettes. Les circonstances particulières où se trouvent les étais dont elles se composent, et une foule de motifs que nous ne pouvons exposer ici, exigent une bien moindre augmentation. On pourrait presque les regarder comme identiques avec leurs recettes générales.
Mais avant de terminer cet article nous devons modifier l'évaluation Prévenus de la république d'Haïti, que, trompé par de prétendus documens officiels publiés dans les journaux d'Europe et d'Amérique, nous avons estimés à 30,000,000 de francs , et que des statisticiens inexperts , voulant apparemment corriger nos erreurs, ont portés depuis jusqu'à 37,000,000! MM. Mackenzie etMollien, que nous avons déjà cités en parlant de la population, sont nos deux autorités; nous y ajouterons un budget que nous
STATISTIQUE DE L'AMERIQUE
lenons de l'obligeance de feu l'abbé Grégoire, ancien évêque de Blois; ce document est identique avec celui que M.
Mackenzie a publié dans son intéressant ouvrage sur St-Domingue. Le résultat définitif de nos recherches sur ce point de la statistique nous a amené à réduire le revenu brut de cette république pour Tannée 1826 à la somme de 15,000,000 de francs, chiffre que nous regardons comme le maximum que l'on puisse accorder à cet état. M. Mollien ne le porte même qu'à 13,000,000 pour 1831.
Mous n'avons rien à dire sur les 500,000 piastres ou 2 millions et demi de francs que des géographes et des statisticiens distingués accordent au pays des Araueans, dont ils estiment la population à 450,000 âmes et la milice à 45,000 hommes ! C'est encore une méprise échappée au célèbre statisticien Hassel.
Les documens importons que nous a
fournis feu le vicomte de San-Lourenço , ont été notre base principale pour l'évaluation approximative du revenu de l'Etat -Oriental de l'Uruguay; mais nous devons déclarer que le produit des douanes forme la presque totalité de la recette , comme on peut le voir par le budget de l'empire du Brésil pour l'année 1829, que nous avons publié dans le Bulletin des Sciences géographiques.
FORGES DE TERRE ET DE MER. Après
tout ce que nous avons dit aux pages 629- 633, Une nous reste plus qu'à offrir pour l'Amérique le tableau de ses marines militaires, comme nous l'avons fait pour l'Europe à la page 633. Nous rappellerons seulement que nous n'avons pas donné de frégate aux Etats-Unis du Rio de la Plata, parce que celle que celte confédération possédait en 1826, a péri quelques mois après en se rendant du Chili à Buenos- Ayres.