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DESCRIPTION GÉNÉRALE
position astronomique:. Entre 91° de longitude orientale et 105° de longitude occidentale. Latitude , entre 35° boréale et 66° australe. Ces calculs ne comprennent pas les Terres-Antarctiques; à l'exception de quelques îlots sis à des latitudes plus basses , ces terres embrassent toutes les longitudes; elles ne commencent qu'au-delà du 56e degré parallèle sud, et s'étendent jusqu'au 78°, 30'.
confins. Au nord, l'Océan-Indien , le détroit de Malacca, la mer de la Chine, l'île deFormose et leGrand-Océan pris sous le 35e parallèle boréal. A Vest, le Grand- Océan, qui sépare l'Océanie de l'Amérique, pris sous le 105e degré de longitude occidentale. Au sud, ce même Océan pris sous le 56° de latitude australe. A V ouest , l'Océan-Indien jusqu'au 91e degré de longitude orientale. Les îles, que leur voisinage de l'Ancien et du Nouveau-Continent nous a fait ranger parmi leurs dépendances géographiques, ne doivent pas être comprises dans les limites de l'Océanie, bien que la longitude et la latitude de quelques-unes soient moindres que celles prises comme limites extrêmes de cette partie du monde.
dimensions. La configuration de l'Océanie, composée d'un petit continent et d'une infinité d'îles, ne permet pas de suivre exactement, à son égard, la méthode adoptée pour les autres parties du monde. La plus grande ligne droite que l'on puisse tirer dans les confins de l'Océanie , est entre l'extrémité N.-O. de l'île Sumatra et la petite île Sala, la plus orientale des Sporades-Méridionales. Cette ligne n'a pas moins de 9450 milles. Il serait oiseux d'évaluer la largeur de cette partie du monde , puisqu'elle offre dans cette direction des espaces de mer encore plus étendus que ceux
sur lesquels passe la ligne de sa plus grande longueur.
La plus grande longueur de l'Australie proprement dite ou du Continent- Austral (Nouvelle-Hollande) , se trouve entre le cap Cuvier dans la terre d'Endracht, sur la cote occidentale, et le cap Byron dans la Nouvelle-Galles-du-Sud , sur la côte orientale ; elle est de 2150 milles. Sa plus grande largeur est de 1600 milles, depuis le cap York, sur le détroit de Torres , dans la Nouvelle- Galles-du-Sud, jusqu'au cap Jervis dans la Terre - de -Flinders ; mais sa plus grande largeur absolue se trouve entre le cap York , sur le détroit de Torres et le cap Wilson, sur le détroit de Bass ; elle est de 1860 milles.
mers et golfes. La position de plusieurs îles très rapprochées les unes des autres forme, soit avec la côte du continent asiatique, soit avec celle du continent australien, soit entre elles seulement , des bassins assez étendus pour qu'on puisse les regarder comme des mers intérieures qui entrent dans la classe qu'à la page 17 nous avons proposé dénommer mers médilerranées à plusieurs issues. L'usage leur a déjà donné différentes dénominations, d'après les noms des pays ou des îles dont ces mers intérieures baignent les côtes. La plus grande de ces mers dans l'Océanie est celle qu'on appelle mer de la Chine; mais sa partie occidentale appartient à l'Asie. C'est une véritable niéditerranée formée par les côtes de l'Inde-Transgangétique et de la Chine , et par les îles Formose , Bashi , Luçon , Palawan , Bornéo , Billiton , Bankâ et Sumatra. Les autres mers principales sont :
La mer de Java, qui comprend la partie de l'Océan entre cette île et celles de Sumatra , Banka , Billiton et Bornéo. La mer de la Sonde , entre la partie orientale de Java, les iles Bali, Lombock, Sumbava, Mangaray, Flores, le groupe de Calaur, Celèbes et Bornéo. La mer de Helèbes, entre la côte septentrionale de Celèbes, la côte orientale de Bornéo, l'archipel de Soulou et l'Ile de Mindanao. La mer de Soulou, dite aussi mer de Mindoro ou des Philippines, entre l'archipel de Soulou , l'extrémité nord-est de Bornéo, les Philippines, et particulièrement les iles Mindanao et Palawan.
A l'exemple de quelques géographes on pourrait nommer mer des Moluques le vaste espace compris entre Celèbes , Gilolo, Waigiou , Salvatty, la Papouasie (Nouvelle-Guinée), le groupe d'Arrou et les iles Laurat (Laarat), Timorlaut, Baber, Sennatta, Lakar, Moa, Letti, Timor et Ombay. Mais nous proposons de rendre l'ancien nom de mer de Lanchidol à l'espace de mer qui a pour limites Timor , Timorlaut , la côte septentrionale de l'Australie et la Papouasie ; la plus grande de ses subdivisions serait le golfe de Carpentarie, que les Bouguis appellent Lamkaï.
Le capitaine Flinders a proposé avec raison de nommer mer de Corail la partie de l'Océan comprise entre la Nouvelle-Calédonie , les iles de Salomon , la Papouasie ( Nouvelle-Guinée ) et l'Australie proprement dite (Nouvelle-Hollande ).
Il serait presque oiseux de nommer tous les golfes et toutes les grandes haies qu'offre cette partie du monde.
Nous indiquerons les plus considérables dans la topographie. Ici nous nous bornerons à faire observer que , outre le golfe de Carpentarie, qui est le plus grand de l'Océanie et que nous avons vu appartenir à la mer de Lanchidol, le Continent-Austral en offre plusieurs autres d'une grande étendue , tels que ceux de Spencer de St- Vin cent, dans la Terre de Flinders ; les golfes de Van-Diemen et de King, dans la Terre de Van- Diemen, et iabaiedes Chiens-Marins , dans la Terre d'Endracht. La bizarre configuration de l'Ile de Celèbes présente les trois golfes formés par ses quatre grandes péninsules; ils ont reçu les noms de Baie de Boni, baie de Tolo et baie de To-
mini. L'Ile de Gilolo, qui répète sur une plus petite échelle les bizarres découpures de Celèbes , offre aussi trois vastes golfes nommés de Chiaou, tfOssa et de Wida. On doit signaler dans la partie occidentale de la Papouasie les vastes baies du Geelvink, et de la Providence, et celle beaucoup plus petite , mais non moins remarquable , nommée baie de Mac-Cluer. Enfin la baie IIlana, dans l'Ile Mindanao.
détroits. Aucune partie du monde n'en a et ne peut en avoir un si grand nombre. Nous citerons les plus fréquentés : le détroit de Malacca , entre la presqu'île de ce nom, en Asie, et la côte de Sumatra, dans l'Océanie ; le détroit de Singapoure, entre les îles Singapour et Binton (Bintang) ; le détroit de Banka, entre Sumatra et Banka ; le détroit de Gaspar, entre Banka et un petitîlot près de l'île Billiton ; \epassage de Carimata, entre Billiton et l'îlot de Carimata près de Bornéo ; ces trois derniers détroits forment la communication entre la mer de la Chine et celle de Java. Viennent ensuite le détroit de la Sonde, entre Sumatra et Java ; le détroit de Bali, entre Java et Bali ; le détroit de Lombock, entre Bali et Lombock ; le détroit d Allas , entre Lombock et Sumbava; le détroit de Sapi ou Kombo, entre Sumbava et Kombo ou Mangaray ; le détroit de Mangaray, entre Kombo et Flores ; le détroit de Timor, entre Ombai et Timor ; le détroit de San- Bcrnardino, entre Luçon et Samar dans les Philippines; le détroit de Gilolo, (Mitre Gilolo et Waigiou ; le détroit de Macassar , entre Celèbes et Bornéo; le détroit des Moluques, entre Celèbes et Ternate ; le détroit de Dampier, entre la Nouvelle - Bretagne et la Papouasie ( Nouvelle -Guinée); le détroit de Si- Georges , entre la Nouvelle -Bretagne (liirara) et la Nouvelle-Irlande (Tombara); le détroit de Torres , entre la Papouasie et l'Australie (Nouvelle-Holiande) ; le détroit de la Princesse Marianne, qui remplace le prétendu fleuve Durga , dans la Papouasie , en séparant cette grande terre de l'ile Frédéric-Henry, qui jusqu'en 1835 était censée en faire partie; le détroit de Bass, entre l'Australie et la Diemem'e (Terre de Diemen) ; U s détroits de Cook et de Foveaux , entre les trois plus grandes îles qui for-
GEOGRAPHIE PHYSIQUE
ment le groupe de la Tasmanie (Nouvelle- Zélande).
caps. Parmi le grand nombre de caps qu'offrent les innombrables lies du Monde- Maritime, nous nous bornerons à nommer les suivans : la pointe du Diamant , dans la partie septentrionale de Sumatra; les caps Java et St-Nicholas, dans Java ; le cap Dato, sur la côte occidentale, et le cap Kenneungan , sur la côte orientale de Bornéo ; le cap Engano , dans l'extrémité nord-est de Luçon ; le cap Talabo, dans Celèbes ; les caps de Banne-Espérance, de King -Williams et Bodney, dans la Papouasie (Nouvelle- Guinée); le cap Walsh, dans l'Ile nouvellement découverte de Frédéric-Henry ; les caps York, frilson, Leeuwin , Arnheim, etc., etc., dans l'Australie (Nouvelle-Hollande) ; le cap Portland, et le cap Sud, dans la Diemenie (Terre de Diemen) ; le cap Nord, et le cap Sud , dans le groupe de la Tasmanie (Nouvelle- Zélande).
presqu'îles. Le Monde-Maritime étant composé presque entièrement d'iles, n'offre de péninsules proprement dites que . celles du Continent- Austral. Les presqu'îles les plus remarquables de ce dernier sont : la péninsule de York dans la Terre de Flinders et celle de Peron dans la Terre d'Endracht. Dans les grandes lies de l'Océanie-Occidentale et Centrale, nous ne citerons que les quatre péninsules si remarquables de l'île Celèbes, les quatre non moins remarquables de l'Ile Gilolo, et la péninsule de Banks, dans la Tasmaniedu-Sud (Nouvelle-Zélande); l'île de Tahiti aussi est composée de deux presqu'îles remarquables. La ci-devant presqu'île des Papouas doit être désormais rangée parmi les îles , les dernières explorations des Néerlandais ayant fait reconnaître un détroit qui coupe le long isthme qui forme l'extrémité méridionale de la grande baie de Geelwink.
fleuves. Le Monde-Maritime , comme nous venons de le dire , étant composé presque entièrement d'îles , et ne possédant que le plus petit des continens, n'a aucun fleuve qui puisse être comparé aux grands fleuves de l'Ancien et du Nouveau- Monde. Le Continent-Austral ou l'Australie proprement dite (Nouvelle-Hollande), qui par son étendue pourrait en avoir au moins d'aussi grands que ceux de l'Europe, n'a offert jusqu'à ces der-
nières années , que des fleuves d'un cours très borné eu égard à la grandeur de sa surface. Comme on ne connaît encore que le contour des plus grandes terres de l'Océanie, il serait téméraire d'en conclure avec quelques géographes célèbres, que l'Australie, Bornéo et la Papouasie n'offrent aucun grand fleuve. Nous nous garderons bien de répéter à leur exemple que tout l'intérieur du Continent-Austral manque absolument de fleuves ; que son sol est nu, pelé et stérile, qu'il est couvert de vastes marécages ou occupé par des déserts sablonneux ; nous attendrons de nouvelles explorations , qui démentiront, très probablement, ces jugemens précipités des géographes sédentaires.
Déjà depuis quelques années des explorations partielles dans l'intérieur faites dans différentes directions nous ont fait découvrir des cours d'eau très considérables, de vastes plaines herbacées et des forêts là même, où l'on disait qu'il n'existait que des déserts semblables à ceux de l'Afrique. Le grand problème de l'écoulement des eaux offre un si vif intérêt, que souvent des nouvelles au moins prématurées ont été répandues. On parle d'une belle rivière située au nord des plaines de Liverpool dans l'Australie , d'où elle doit se diriger au nord-ouest vers le golfe de Van-Diemen. En attendant que l'on donne plus de détails précis sur son cours et sur celui des fleuves de l'intérieur de la grande île de Bornéo, voici les notions les plus positives que, d'après le plan de cet ouvrage , nous pouvons offrir aux lecteurs sur l'hydrographie du Monde- Maritime. Dans* le tableau suivant les fleuves sont classés d'après les grandes terres qu'ils arrosent.
Dans l' AUSTRALIE proprement dite (Nouvelle- Hollande) ou le CONTINENT-AUSTRAL , nous nommerons les suivans :
Le Clarence , voisin du tropique , et le Rien- MOND*plus au sud , qu'on a découvert il y a quelques années, et qui paraissent importans.
Le Brisbane, dont on ne connaît bien que la partie inférieure, découverte en 1823. En admettant que ses sources se trouvent sur le revers occidental des montagnes Bleues, ce serait le plus grand fleuve connu du Continent-Austral , qui a son embouchure sur la côte orientale de l'Australie-, il traverse la partie moyenne de la Nouvelle-Galles-du-Sud.
Le Hawkesbury, formé parla jonction du Gros fi etdnNépean. C'est le fleuve principal du comté de Cumberîand. Le Paterson et I'Hastincs qui . comme les pré-
OCEANIE.
cédens, ont leurs embouchures sur la côte orientale de l'Australie
Le Murray que, d'après les récentes explorations du capitaine Sturtet du major Mitchell, on regarde comme l'orme par la réunion du Darling, qui vient du nord-est, avec le Murumbidge qui vientde l'est. Après la jonction de ces deux branches, le Murray court vers l'ouest, en suivant la lirection du Murumbidge jusqu'aux monts Lofty, où il change sa direction vers le sud, traverse un vaste lac ou marais nommé Alexandrina , et se rend dans l'Océan-Auslral , et proprement dans ie golfe d'Encounter qui appartient à la Terre de Baudin. Le D arling, qui parait être la branche principale , et que nous regardons pour cela provisoirement comme la source du Murray, en considérantle Macquarie même comme la partie supérieure de son cours, est le plus grand fleuve connu de l'Océanie, car il offre un courant d'eau non interrompu depuis les montagnes Bleues, où naît ie Macquarie, jusqu'au golfe d'Encounter oùleMurray entre dans l'Océan. Le Murumbidge, dont le cours est moins long, prend sa source dans les plus hautes montagnes de l'Australie, auxquelles il donne son nom.
La Rivière des Cygnes (Swan-River), qui prend sa source dans la Chaîne-Occidentale; sur ses bords on a fondé la colonie de ce nom.
Dans la DIEMEN1E (Terre de Diemen) : le Derwent et le Tamar , principaux fleuves de cette île.
Dans IKA-NA-MAWl ou la TASMANIE -DU- NOBD (Nouvelle-Zélande) , nous nommerons le Shooukianga et le Waï-Pa (longue rivière).
Dans BORNEO , on trouve : le Benjer-Massing , que l'on croit sortir du lac Keney-Ballou et traverser du nord au sud l'île de Bornéo , pour se jeter dans la mer de Java. En admettant cette supposition , ce serait le plus grand fleuve connu du Monde-Maritime. La longueur de son cours pourrait être estimée à 1150 milles.
Le Pôntianak, qui parait naître sur le versanl occidental des monts Panams , dans le centre de Bornéo, et qui se jette dans la mer de la Chine au-dessous de Pôntianak.
Dans SUMATRA : le SiAK.quiasa source dansle ci-devant empire Menangkabou, traverse le royaume de Siak et se jette dans la mer de la Chine.
L'Indragiri , le plus grand fleuve de cette île. Il traverse le ci-devant empire de Menangkabou et se jette dans la mer de la Chine.
Le Palembanc ou Mousi , qui parcourt le royaume de ce nom, et entre dans la mer de la Chine.
Le Singkel , qui arrose une partie des territoires du royaume d'Achem et du Pays des Batlas. C'est le plus grand fleuve connu de la Malaisie qui ait son embouchure dans l'Océan-Indien.
Dans JAVA : le Solo ou Beng-Awan , le plus grand fleuve de cette île, dont il parcourt la partie centrale; il se jette dans la mer de Java.
Le Kediri , qui arrose la partie orientale de cette île et se jette dans la mer de Java après avoir traversé la ville de Sourabaya. A son bassin appartiennent les imposantes ruines de l'ancienne métropole de Java et une foule d'antiquités, que nous aurons occasion de mentionner.
Dans MINDANAO : le Pelandji ou Penchali, le
plus grand de l'île ; il sort du lac Mandaugo et se jette à la baie Illana dans la mer de la Chine.
Dans LUÇON : IcTajo, qui est le plus grand fleuve de cette île , en traverse une grande partie du sud au nord, et se jette dans la mer de la Chine vis-à-vis du groupe des Babuyanos.
Dans CELEBES : le Chicrana , qui sort du lac Tapara-Karaja , et se jette dans la baie de Boni 5 partie de la mer des Moluques.
Dans l'AUSTRALlA-FELIX : le Glenelg qu'on vient de découvrir, et le plus grand de cette nouvelle colonie ; sa source est dans les monts Grampians.
iacs. Ce que nous venons de dire des fleuves peuts'apj>liquer , jusqu'à un certain point, aux lacs de cette partie du monde, où l'on n'en connaît aucun qui puisse être comparé aux grands lacs de i'Àncien et du Nouveau-Continent. Les suivans peuvent passer pour être les plus grands lacs connus du Monde-Maritime.
Le Danau-Soumbah , qui parait être le plus grand d'une série de lacs, dont les eaux aboutissent à la droite du Kapouas par un des aflluens de ce grand fleuve de Bornéo ; le Sinkara , dans Sumatra; il appartient à la partie supérieure du bassin de l'Indragiri; le lac dit lagunade Bay, et celui appelé lagunade Taal , le premier au sud-est, le second au sud de Manille, dans l'île Luron-, le lac Tempe (Tamparang-Labaija), source du Tjinrana, fleuve de l'île Célcbes; il aboutit au golfe de Boni; le Taupe, dans la Tasmanie du Nord , source de l'Horotou , qui parait en être le plus grand fleuve. Le Laat-Ayer-rTawar (Tobah), dans le pays des Battas , dans l'île Sumatra ; le Rolorua, dans la Tasmanie du Nord (Nouv.-Zélande). A l'exception du Torrens , dans l'Auslralie-Méiidionale, découvert par M. Espy , en 1840 , peu loin du golfe Spenar, et qui est sans doute le plus grand lac découvert dans l'Océanie, l'Australie, malgré sa grande étendue, n'offre encore dans les parties explorées que des lacs de très petites dimensions; souvent ce ne sont que des nappes d'eau temporaires : le lac George , par exemple , situé entre les comtés d'Argyle et de Murray dans la Nouvelle-Galles du Sud, selon de récens rapports, dès l'année 1836 , était devenu une plaine basse et couverte d'herbe. Le lac Alexandrina, que nous avons vu être traversé par le Murray est une véritable lagune aussi bien que: le Kaïpara-Harbour , estuaire auquel aboutissent 4 des principaux fleuves de la Tasmanie du Nord (Nouv.-Zélande) , et entre autres le Kaïpara , qui lui donne le nom; la Bahia de Manila, dans l'île Luçonja baie Moreton , dansle nord de la Nouvelle-Galles du Sud ou l'Australie-Oricntale.
îles. L'Océanie en a plus que toutes les autres parties du monde. Elle offre même, ians l'île de Bornéo, la plus grande des îles proprement dites, et dans la Papouas ie- Orientale { Nouvelle-Guinée), Vile la plus longue connue. Les autres îles les
GEOGRAPHIE PHYSIQUE
plus remarquables par leur étendue sont : Sumatra, Java , Luçon, Mindanao, Celèbes , Tav aï- PounamowÇi asmanie-du- Sud )//ra /m-mtfMiw"(Tasmanie-du-Nordj; el la Papouasie-Occidentale (Nouvelle- Guinée), que de récentes explorations ont séparé de la Papouasie- Orientale.
L'Océanie, en outre, plus que toute autre partie du monde , offre dans ses innombrables lies basses , ces étonnantes constructions dues en grande partie à l'action continue des lithophytes , encore si peu étudiés par les naturalistes-. Guidés par cet instinct, que Hunter appelle l'aiguillon de la nécessité, ces vermisseaux, auxquels on daigne à peine assigner une des dernières places dans le règne animal, forment, pour ainsi dire, sous nos yeux, des milliers d'iles et des millions d'arpens de terre qui interrompent la vaste surface du Grand-Océan. « Lorsqu'on examine , dit un des savans rédacteurs du Quarterly Review, sous les eaux , ces tubes calcaires et l'immense variété de leurs embranchemens , on rencontre parfois, dans les couches supérieures, un état de moiteur, de malléabilité qui n'existe plus dans les autres, et qui cesse de se montrer dans les bancs de corail pétrifiés qu'on aperçoit au-dessus des eaux. La conséquence naturelle de cette observation , c'est que les lithophytes travaillent toute leur vie, et que ce n'est qu'après leur mort que leur étui se durcit et se consolide». Nous ajouterons que deux naturalistes très distingués ont reconnu de nos jours, dans leurs savantes circumnavigations, combien était erronée l'opinion de Forster, de Péron et d'autres voyageurs, lorsqu'ils supposaient que le travail des zoophytes partait des profondeurs immenses de l'Océan pour se terminer à sa surface. Selon MM. Gaimardet Quoy , ces lithophytes n'établissent jamais leur demeure à une grande profondeur, où ils ne pourraient résister à la trop grande pression, et où ils seraient privés de l'action bienfaisante de la lumière ; mais ils commencent leurs étonnans travaux à quelques brasses seulement au-dessous du niveau de l'Océan, en s'établissant, non pas sur un fonds sableux, mais sur les hauts-fonds qui s'élèvent jusqu'à une petite distance de sa superficie. C'est ainsi qu'en élevant peuà-peu leurs demeures , ils changent en lies des bas-fonds, et qu'ils parviennent à construire, autour des terres, ces récifs
qui à chaque pas menacent du naufrage le plus habile navigateur. « Sur la côte boréale de PAustralie(Nouvelle-Hollande), au milieu du détroit de Torrès , comme au milieu des petits espaces de mer qui la bordent de toutes parts , gisent , dit M. Lesson, ces innombrables écueils de madrépores qui s'élèvent des bancs sousmarins pour former ces murailles à fleur d'eau si funestes aux navigateurs et signalées déjà par tant de célèbres naufrages. Ces récifs forment aussi une ceinture à toute la partie orientale de ce continent, jusqu'au tropique; et ces immenses travaux, d'un polype presque imperceptible, groupés de mille manières, pressés, agglomérés , ou en zigzag, dessinent sur cette côte un mur, que les navigateurs ont nommé les récifs de la Grande- Barrière. D'étroits canaux serpentent dans ce labyrinthe inextricable d'une mer semée d'écueils , sur lesquels Flinders et bien d'autres marins virent briser leurs navires ». Varchipel de Paumotou (Dangereux, etc.) et Varchipel Central iMuîgrave, etc.), sont les deux groupes d'îles de ce genre les plus étendus et les plus remarquables qu'offre l'Océanie. A la page 13, nous avons déjà indiqué les iles de cette espèce qui, dans les autres parties du monde, méritent d'attirer l'attention du lecteur.
montagnes. La position de plusieurs lies de l'Océanie , les unes relativement aux autres, et les petits intervalles de mer qui les séparent , autorisent les géographes à regarder ces longs chaînons de terres insulaires comme formant autant de chaînes de montagnes. En appliquant cette manière de considérer les hauteurs du globe à celles du Monde-Maritime , nous croyons qu'on pourrait provisoirement partager ses principales montagnes connues en plusieurs systèmes, subdivisés en groupes et en chaînes. Mais ici, nous devons rappeler au lecteur ce que nous avons dit en parlant des fleuves de cette partie du monde : dans l'état encore si imparfait de la géographie de l'intérieur du Continent - Austral , de Bornéo, de la Papouasie et en général de toutes les grandes terres de l'Océanie , il serait téméraire de vouloir indiquer la direction de chaînes de montagnes, dont l'existence même n'a pas encore été bien constatée. Que serait-ce si, à l'exemple de quelques géographes,
OCEANIE.
nOUS voulions même en indiquer la nature de Sumatra jusqu'à l'ile Sarmata à l'est de Timor,
et la hauteur? Dans le court aperçu que La ,c,liaîne Sumatrienne rattache les montagne,
nnns allons offrir sur l'oroeranhie de du Monde-Mantime à celles de l'Ancien-Monde .
nous allons Olinr sur 1 oru&IdlJ"jf ^ étant pour ainsi dire la continuation de la chaîne
l'Oceanie, notre but est de présenter eirmano-Siamoise', qu'à la page 651 nous avons
provisoirement la Classiheation de ses vue s'étendre à travers toute l'Inde-Transgange-
montagnes qui, dans l'état actuel de tique, depuis les confins du Yu-nan jusqu'à l'ex-
la science , nous parait être le plus tiémité de la péninsule de Malacca. Groupk.
en rapport avec les résultats des récen- Luçon-Bornéen, ainsi nommé à cause des deux
tes explorations et s'éloigner moins du iles Principales qu'il embrasse ; ce groupe com-
nlan enivi dans ppt nnvraâ nnnr la des- prend les monU de Cnstal > les monts Panams
pian suivi uans cet ouvrage pour îa aes- et d-autres chaîne9 m s.éIèvent sur le vasle sol
cnption des autres parties du monde. dc Boméo. toutes les chaînes de la grande île
Voici donc les systèmes entre lesquels il Luçon, celles de Mindanao et toutes les mon-
nous semble qu'on pourrait classer provi- tag'ues et les hauteurs qui sillonnent le sol des
soirement les principales hauteurs COn- autres îles de V archipel des Philippines et de
nues du Monde-Maritime : ses dépendances. Enfin le groupe Moluco-Celé-
bien, que nous proposons de nommer de la sorte, SYSTÈME MALAISIEN. Nous proposons cette parce que nous y comprenons toutes les montadénomination sonore pour éviter de nouveaux gnes qui s'élèvent sur les iles qui composent le noms et parce que ce système embrasse toutes les groupe insulaire de Celèbes et Yarchipel des montagnes de la Malaisie. Nous proposons de le Moluques ; ses hauteurs les plus remarquables subdiviser dans les trois groupes suivans : Groupe se trouvent dans l'île Celèbes et dans celles de Sumatrien, qui est le plus long-, il emprunte son Ceram, de Bourou, de Gilolo et de Ternate nom à l'ile de Sumatra, où se trouvent ses plus Nous ajouterons que, sur l'imposante autorité de hautes cimes connues et la chaîne la plus remar- M. Blume, qui a répandu tant de lumières sur quable-, il embrasse toutes les hauteurs non- l'orologie et l'histoire naturelle de Java, nous seulement des îles qui environnent cette grande avons regardé comme deux volcans différens île, mais aussi celles de Javaiet de ses dépen- le Djede et le Tagal , que, dans la première dances , ainsi que toutes les montagnes qui s'é- édition de l'Abrégé, avec M. de Bueh et d'autres lèvent sur les iles qui forment Yarchipel de savans très distingués, nous avions considérés Sumbava- Timor ; de manière que le groupe comme une seule et même montagne ignivome Sumatrien s'étend depuis la pointe occidentale Voici les points culminans de ce système :
Groupe Sumatrien. , . sm
Chaîne de Sumatra Gounong-Kosumbra 2347
Gounong-Pasaman ou Monl Oplur 2166
Berapi, volcan 1417
Gounong-Dembo, volcan. 1877
Chaîne de Java. Le simirou , volcan 2000
Le Tagal ^volcan. 1833
Le Djede, volcan 1666
Ardjouna. 1661
Pic de Karang-Assem (île de Bali) 1300 ?
Chaîne d e S u m b a v a - T i ni 0 r. Le poinl culminant de Vile Lornhock. 1358
Le point culminant de Vile de Timor 1000 7
Groupe Lucon-Bornéen. , , . ,
Chaine'de Bornéo Les plus hauts sommets des Montsde Cristal. . . 1300 ?
Ch. de l'arch. des Philipi) ines. Moni Mayon ou Albay} volcan (Luçon). 1700
Monl Taal , volcan (Lucon) 1300 ?
Monl Mahaye (Luçon)/ 1000
Mont Arayet, volcan (Luçon) 1200
Monl Curac (Samar). 1200 ?
Mont Cauayan (Negros) 800
Le point culminant de Vile Mindanao. 1500 ?
Groupe Moluco-Ceuérien ,„ ,.,
Chaîne Celébienne Monl Lampo-Batan (Celèbes) 1200 ?
Chaîne Moluquaisc Le Pic de Ceram. 1333
Le Pic de Bourou 1088
Le Pic de Ternate. 640
Le Pic de Tidor 630 ?
SYSTÈME AUSTRALIEN. Nous proposons d'y et y compris la Nouvelle-Calédonie et la Tasmacomprendre provisoirement non-seulement tou- nie. Nous distinguons dans ce vaste système trois tes les montagnes de l'Australie proprement dite groupes , savoir : le groupe Australien , qui : Nouvelle-Hollande ) , et celle de la Diemenie comprend les montagnes du Continent-Austral (Terre deDiemen), mais aussi toutes celles qui (Nouvelle-Hollande) et celles de la Diemenie. forment le groupe de la Papouasie (Nouvelle- Mais c'est plutôt un système qu'un groupe, et nous Guinée) et les archipels qui se développent à l'est ne serions pas étonné que, à la suite de nouvelles du Continent-Austral, depuis la Papouasie jusques explorations , on lût même obligé d'y distinguer
OCEAN! E -OCCIDENTALE ou MALAISIE.
plusieurs systèmes entièrement indépendans les uns des autres. Dans l'état actuel de son orographie, le géographe, qui rejette tout ce qui est conjectural, n'y peutencore remarquer que ^Chaîne- Orientale ou des Montagnes-Bleues , dans la Nouvelle-Galles-du-Sud; la C haine-Occidentale, dans la Terre de Leuwin, dans la Colonie des Cygnes , et quelques montagnes isolées assez hautes que les navigateurs ont aperçues le long de la côle méridionale. La Diemenie, qui appartient à ce groupe, présente plusieurs petites chaînes de montagnes, dont la principale pourrait être nommée Chaîne-Diemenienne. Le groupe Papouasien prend sa dénomination de la grande terre où se trouvent les plus hautes montagnes que l'on
Groupe Australien.
Chaîne Orientale
(Montagnes-Bleues).
Chaîne Diemenienne
ait encore aperçues dans les îles qu'il embrasse. En attendant que des voyageurs intrépides nous fassent connaître leur direction et leur hauteur , nous proposons de regarder comme autant de chaînes les divisions géographiques que nous avons proposées pour cette partie de l'Australie , qui comprend les groupes insulaires et les archipels de la Papouasie (Nouvelle-Guinée), de la Nouvelle - Bretagne , de Salomon , de La Pérouse ( Santa -Cruz), de Quiros ( Espiritu- Santo, Nouvelles-Hébrides) et de la Nouvelle- Calédonie. Le groupe Tasmanien , qui embrasse toutes les montagnes de laTasmanie (Nouvelle- Zélande). Voici les points culminans du système australien :
Toises.
Sea-View-Hill , dans la Nouvelle-Galles 1017
Warning. 616
Forest-Hill 591
Lepoint culminant desMontsBa?Ten(D\ememe). 782
Le Pic de Ténérif (Diemenie) 702
Mont Wellington (Diemenie). 660 ?
Croupe Papouasie*.
C It a i n e Papou asienne Le point culminant de la Papouasie 2000 ?
Le Mont Balbi , dans l'île Bougainvilie ( Archip.
Salomon) 1653
Mont Arfack (Papouasie). 1488 Le point culminant de la Nouvelle-Calédonie. 1200 Les Pics des îles Santa- Isabella et Guadalcanar 1700 ?
Groupe Tasmanien.
Chaîne Tasmanienne Pic ^/wo/ifdanslaTasmanie-du-Nord (Nouvelle-
Zélande). 1149
SYSTÈMES DE LA POLYNÉSIE. Nous propo- terres disséminées sur la vaste étendue de la Posons de regardèr comme autant de systèmes pat- lynésie. Le tableau ci-dessous offre les points ticuliers les montagnes qui dominent les hautes culminans connus de ces petits systèmes.
Toises.
Le Pilon Crozer (île Oualan). 348
Le Monte-Santo (île Pouïnipet) 458
Le Volcan (île Assomption). 328
Mauna-Roa (île Havaii) 2133
Mauna-Koah (île Havaii). 2067
Mauna-Vororay , volcan (île Havaii) 1687
Pic Oriental (île Maouvi). 1689
Pic du Nord-Ouest (île Woahou) 631
Le Pic (île Atoui). 1216 Les plus hauts sommets des îles Noukahiva.
Ouapoa et Hivaoa de 650 a 750 ?
VOroéna (île Tahiti). 1705 Le Tobronu (île Tahiti). 125?
Le Pic (île Eimeo) 625
Le Pilon de l'île Borabora 365
Le Volcan de l'île Tofoa. 500
sur les îles situées le long de leurs côtes, ainsi que pour celles qui dominent le sol des Sporades Antarctiques. En voici les points culminans :
Toises.
VErebus , volcan 1940
Chaîne Chaîne
Calédonienne . . .
des îles Salomon
Système des Carolines.
Système des Marianes .
Système de Hawaii . . .
(Sandwich'.
Système de Mendana Système de Tahiti .
Système de Tonga
SYSTÈMES ANTARCTIQUES. Nous proposons cette dénomination pour le nom collectif des montagnes qui s'élèvent sur les Terres Antarctiques,
Pays de Victoria . . . .
Iles Balleny.
Terre de Louis-Philippe.
Shetland Austral.
Oacades Australes . . .
Le plus haut Pic 1900 ?
Le Mont-d'Ur ville 478
Le Pic de l'île Clarence 713
Le Pic de l'île Coronation 844
plateaux. Un vaste plateau s'étend à l'ouest de Sydney dans l'intérieur du Continent-Austral ; on pourrait le nommer plateau de Balhurst , du nom de cette ville , qui est la première qu'on ait fondée dans l'intérieur. On peut estimer
son élévation absolue au-dessus du niveau de la mer de 300 à 380 toises. Nous ne connaissons pas l'intérieur des grandes lies de Bomeo et de la Papouasie (Nouvelle-Guinée) , où il est très probable qu'on trouve des plaines très élevées. Il
OCEAME.
est aussi probable que la hauteur du plateau du ci-devant empire de Menangkabou et d'autres contrées de l'intérieur de l'Ile Sumatra va de 300 à 700 toises. La hauteur des hautes plaines de l'intérieur de l'Ile de Java nous parait être de 250 à 600 toises.
volcans. Aucune partie du monde n'en offre un aussi grand nombre que l'Océanie, surtout lorsque l'on compare les surfaces. L'ile de Java compte au moins quinze volcans ; celle de Luçon en compte au moins quatre ; la seule résidence de Palembang dans l'ile de Sumatra en a quatre ; Mindanao, Mindoro , Sumbava et Flores en ont plusieurs; un grand nombre d'autres îles en ont un chacune , et Y Archipel Mounin-Volcanique doit en partie son nom aux volcans qu'il renferme. Voici les monts ignivomes les plus remarquables , soit par leur funeste activité, soit par leur hauteur : dans Java et Sumatra, presque tous les pics que nous avons nommés dans le tableau des montagnes; viennent ensuite le Mayon ou Albay et YArayet, dans Luçon/ le volcan de Ternate , dans l'archipel des Moiuques proprement dites; le Gounongapi, dans le groupe de Banda; le Tomboro, dans Sumbava ; le volcan de Tofoa, dans l'archipel de Tonga ; le volcan de Tanna, dans celui de Quiros(Espiritu-Santo); le Rocher Mathews, qui n'est qu'un cratère vomissant du feu ; le Mauna-Vororaï et le Keraouia , dans l'Ile d'Hawaii , dans l'archipel de Sandwich. Nous ferons même observer que le Keraouia offre la singularité remarquable de n'être point au sommet d'une montagne , mais dans une plaine d'une élévation médiocre, au pied de l'énorme colosse nommé Mauna-Roa. La Tasmanie (Nouvelle-Zélande) possède aussi des volcans : celui de Motou-Hara, dans la baie de l'Abondance, Tasmanie-du- Nord, et celui de la Tasmanie-du-Sud , dont les naturels ont indiqué l'existence. Nous ajouterons aussi que le Continent- Austral offre un volcan qu'on a découvert il y a quelques années dans la Nouvelle-Galles-du-Sud; il offre la singularité de n'avoir pas de cratère et de lancer continuellement des flammes.
vallées et plaines. Les plus grandes et les plus profondes se trouvent dans l'intérieur du Continent-Austral (Nouvelle-Hollande) et des grandes îles Su-
matra, Java, Bornéo, Celèbes, Luçon, etc.
Les plaines qui s'étendent à l'ouest des Montagnes - Bleues , dans la Nouvelle- Galles-du-Sud, sont les plus étendues de cette partie du monde. Viennent ensuite celles de la côte orientale de Sumatra. On connaît trop peu la partie intérieure de Bornéo et de la Papouasie (Nouvelle- Guinée) pour pouvoir citer celles qui probablement se trouvent dans ces deux grandes terres. Toutes les autres îles offrent des plaines inférieures à celles que nous venons de nommer.
déserts. On trouve dans le Monde- Maritime plusieurs solitudes, mais on n'y voit aucun désert proprement dit. Le Continent-Austral seul forme une exception ; il offre le long de ses côtes méridionale et occidentale, et probablement dans son intérieur, de vastes espaces qui pourraient mériter ce nom.
climat. A l'exception de la partie méridionale du Continent-Austral (Nouvelle- Hollande) , de la Diemenie ( Terre de Diemen ) et de la Tasmanie ( Nouvelle- Zélande), toutes les grandes terres de TOcéanie éprouvent tour -à -tour l'influence d'un soleil vertical et jouissent des avantages des climats de la zone torride , sans éprouver cependant, à quelques exceptions près , les chaleurs excessives qu'on observe dans les climats correspondais des autres parties du monde.
Mais à cause de la petite étendue des terres, ces effets généraux sont ici plus modifiés qu'ailleurs par l'effet des volcans, des vents et de la différence d'élévation du sol.
Comme la presqu'île de l'Inde et les golfes du Bengale et d'Oman, la Malaisie est soumise à deux moussons : au nord de l'équateur règne celle des mers de Chine ou Sud-Ouest et Nord-Est, et au sud on ressent celle des mers de la Sonde et des Moiuques ou Sud-Est et or d- Ouest , dont les effets sont totalement opposés. Les vents qui dépendent de l'est sont ceux de la belle saison ; ils régnent au sud de la ligne de mai à octobre, et au nord d'octobre à mai. Les vents, au contraire, qui tiennent de l'ouest sont ceux du mauvais temps et de la saison pluvieuse; ils succèdent aux premiers. C'est au milieu de leur durée que les uns et les autres font particulièrement sentir leur force et leur influence. Les changemens de mousson s'établissent par un mois de calme ou par des vents faibles et variables.
GEOGRAPHIE PHYSIQUE
pendant lesquels les naturels font dans leurs pirogues de longs voyages sur des mers tranquilles. Dans les iles Philippines les passages d'une mousson à l'autre sont souvent accompagnés de ces coups de vent terribles appelés typhons , qui sont inconnus dans l'autre némisphère.
La brise souffle quelquefois avec une grande force , mais on n'éprouve jamais d'ouragans au sud de la ligne. Près des côtes, à certaines époques, des brises réglées de terre et de mer se succèdent comme le jour et la nuit avec des intervalles de calme. La direction des vents est aussi modifiée quelquefois par la rencontre des terres et le gisement des détroits. Dans certains parages la mousson tient plus de l'est ou de l'ouest; dans d'autres, elle dépend davantage du sud ou du nord. Il arrive aussi que la hauteur des montagnes, en arrêtant les nuages, cause des anomalies dans les saisons. Ainsi la mousson du sud-est, qui est si belle à Amboine, occasionne des pluies dans celle de Bourou qui en est très voisine.
Les mers intertropicales de la Polynésie sont rafraîchies , comme l'Océan-Atlantique, par les vents alises qui, dans l'hémisphère boréal , soufflent entre le nord et l'est , et dans l'hémisphère austral entre le sud et l'est. Dans le voisinage des grandes iles, la rencontre des montagnes altère souvent leur direction ; et ils sont même remplacés quelquefois par des brises alternatives de terre et de mer. Pendant les mois d'hiver , c'est-àdire lorsque le second passage du soleil au zénith amène les pluies, les vents tournent tout-à-fait et soufflent très fréquemment du sud et du sud-ouest. Aux équinoxes, les coups de vent sont quelquefois très impétueux aux iles Sandwich; ils ont beaucoup moins de force dans l'archipel de la Société. Les iles Mariannes et la partie occidentale des Carolines, situées à la rencontre des vents alisés avec ceux des moussons, subissent particulièrement l'influence de ces derniers, qui se font quelquefois sentir à une distance encore plus grande dans l'est. Dans le voisinage de l'équateur les brises ont moins de régularité et les calmes sont plus fréquens.
La côte orientale de l'Australie (Nouvelle-Hollande), entre les tropiques, est assujétie à la mousson sud-est et nordouest. A partir du tropique du Capricorne jusqu'au détroit de Bass , le vent
souffle depuis octobre jusqu'en avril du sud-est avec beau temps , mais en hiver , de mai à septembre, les vents de sudouest et d'ouest sont dominans.
On peut dire , en général , que cette partie du Monde-Maritime jouit d'un climat sain , à l'exception des côtes marécageuses de quelques lies, qui , exposées à l'action d'une grande chaleur , offrent un air pestilentiel. Dans la Malaisie , Batavia et Coupang ont joui long-temps d'une terrible réputation d'insalubrité qu'ils méritent encore à certaines époques de l'année. Un relevé exact des décès depuis 1730 jusqu'en 1752, démontre qu'il a été enterré dans les différens cimetières de Batavia plus de 1,100,000 individus. Dans la seule année 1751 il y est mort 58,609 personnes , et cela lorsqu'on estimait sa population permanente à environ 70,000 âmes.
L'Océanie-Centrale et surtout le Continent-Austral présentent dans leur climat des excès inconnus dans la Polynésie et dans la Malaisie. Dans le comté de Cumberland et dans ceux qui l'avoisinent, la température de l'air , très chaude dans le mois de décembre, fait monter le thermomètre centigrade quelquefois jusqu'à 50° ; Collins dit même qu'on a vu les forêts et les herbes prendre feu; et Péron et beaucoup d'autres voyageurs représentent les etfets produits par le vent du nord-ouest comme semblables à ceux du chamsyn de l'Egypte. Les côtes méridionale et occidentale de ce continent sont en général arides et privées d'eau douce , ainsi qu'une partie de la côte septentrionale. Nulle part ses rivages ne sont attrayans ; mais dans toutes les parties explorées, plus on s'enfonce vers l'intérieur, plus le pays prend un aspect riant. Le climat de l'intérieur, dans la partie connue, parait très propre à l'existence de l'homme ; celui de la Diemenie est un des plus sains que l'on connaisse. En général on peut dire que cette partie du Monde-Maritime est salubre et favorable à la colonisation et à la multiplication de l'espèce humaine , surtout dans les grandes îles. On a cependant observé que pendant l'hiver la température y est plus basse hors des tropiques que dans les latitudes correspondantes de l'hémisphère boréal.
Le peu d'étendue des nombreuses lies qui forment la Polynésie leur procure un climat tempéré, semblable à celui de 1*0-
océan ne.
céan lui-même. Les lies hautes paraissent autant de Paradis terrestres. Susceptibles de donner presque toutes les productions aux différentes hauteurs de leur sol fertile, la température varie sur ces petites terres avec leur élévation. L'air y est sans cesse renouvelé. Pendant une grande partie de l'année les vents alisés soufflent avec force dans une même direction ; quand ils s'affaiblissent et que la terre s'échauffe beaucoup , les iles éprouvent des calmes ou des brises alternatives de mer et de terre; la première se fait sentir ordinairement depuis dix heures du matin jusqu'à six heures du soir ; la brise de terre depuis sept heures du soir jusqu'à huit heures du matin. Ce printemps perpétuel n'est que rarement troublé par des ouragans et par des tremblemens de terre, dans celles qui ont des volcans ou qui en sont voisines.
minéraux. Ne connaissant encore que très imparfaitement l'intérieur des plus grandes terres de l'Océanie, on ne saurait tracer le tableau des richesses minérales de cette partie du monde. Cependant, les notions acquises sur ce sujet par de savans voyageurs, non-seulement ont démontré que la Malaisie (Archipel-Indien) possède les mûtes d'étain les plus riches du globe, mais que les mines d'or et celles de diamans de Pile de Bornéo, quoique mal exploitées, nonseulement sont comparables pour la richesse de leur produit à celles des contrées du globe regardées comme les plus célèbres sous ce rapport, mais que peut-être elles leur sontsupérieupes soit par l'abondance du métal, soit par la grosseur des diamans. Voici quelques faits assez bien constatés qui viennent à l'appui de notre assertion. Les mines d'étain de l'Ile de Banca , dans l'Océanie-Hollandaise , ne donnent pas moins de 68 pour cent et sont d'une exploitation très facile, surtout lorsqu'on les compare à celles du Cornouailles en Angleterre, regardées cependant comme les plus productives de l'Ancien-Continent. Malgré l'imperfection de leur exploitation , les mines de Banca rapportaient66,ooo pikles d'étain en 1750; ce produit, selon M. Crawfurd, était tombé à environ 10,000 pikles depuis 1799 jusqu'à l'époque de l'occupation de Java par les Anglais. En 1817 il s'était déjà élevé jusqu'à 35,000 pikles ou à 2083 tonneaux anglais , égalant par con-
séquent la moitié du produit de toutes les mines du Cornouailles à la même époque. On nous assure que celte production a encore considérablement augmente dans ces dernières années. M. Crawfurd estime à 88,362 onces anglaises la quantité d'or retirée annuellement des mines de Montradak, sur la côte occidentale de Bornéo, exploitées par environ 6000 Chinois ; il porte à 35,530 onces le -produit des mines de ce métal dans le Pays des Baltas, dans le ci-devant empire de Menangkabou et dans le royaume d'Achem, et il évalue à 30,973 onces tout l'or recueilli annuellement dans les îles Celèbes. Timor et autres parties de la Malaisie ; ce qui donne un total pour toute cette grande division de l'Océanie de 154,865 onces , équivalant à 4700 kilogrammes ou à une valeur d'environ 2,980,000 piastres d'Espagne. En comparant ces produits et celle valeur avec les renseignemens , du même genre que nous avons donnés aux pages 658, 945, 946, et 1003, le lecteur verra la place distinguée que la Malaisie doit occuper parmi les contrées les plus aurifères du globe. M. de Rienzi nous assure qu'on a trouvé, dans quelques vallées des cantons aurifères de Celèbes des morceaux d'or pur dans leur gangue du poids de 4 à 12 livres. Les territoires de Banjermassing et Pontianak dans l'Ile de Bornéo, et, selon M. de Rienzi, les monts Cristallins dans le royaume de Varouni, dans cette même lie , et quelques vallées dans celles de Celèbes , offrent , avec l'Inde, le Brésil, et l'Oural, les seules contrées connues du globe où l'on ait encore trouvé des diamans. Les plus riches mines se trouvent dans les environs de Landak dans l'Ile de Bornéo ; les Dayaks ou les indigènes sauvages sont les seuls qui les exploitent, et leurs précieux produits sont taillés et polis par les Bouguis établis dans cette lie. Nous verrons plus bas que c'est dans les mines de Landak qu'on a trouvé un des plus gros diamans connus après celui que possédait le grand-mogol au temps de Tavernier. Le tableau suivant offre les contrées de l'Océanie reconnues actuellemen!
pour être les plus abondantes en pierres précieuses, en métaux, houille et sel.
Dans chaque article, on a essayé de placer chaque pays avant ou après un autre, selon la quantité plus ou moins grande du minéral qu'il produit.
TABLEAU MINERALOGIQUE DK L'OCÉAINIE.
Diamans. Bornéo, les royaumes de Banjermassing , de Sambas., de Sukadana et de Varouni. Or. Bornéo, royaume de Sambas , etc. ; Sumatra , le ci-devant empire de Menangkabou, et autres
contrées de l'intérieur; Celèbes , presqu'île du Nord-Est-, Luçon; Mindanao ; Timor. Etain. Banka; Sumatra ; Billiton ; Linga ou Lingen ; Celèbes.
Cuivre. Sumatra, royaume d'Achem; Luçon; Timor; Celèbes; Australie, Nouvelle-Galles.
Plomb. Archipel des Philippines , surtout l'ile Luçon ; Australie, Nouvelle-Galles.
Fer. Billiton; Sumatra, le ci-devant empire de Menangkabou; Celèbes, Louhou ; Bornéo ;
Diemenie (Terre de Diémen), etc.
Charbon de Terre. Australie , Nouvelle-Galles ; Diemenie (Terre de Diemen). Sel. Java ; Celèbes ; Bali, etc.
végétaux. De même que pour l'Asie et l'Amérique nous partagerons l'Océanie en plusieurs climats, dont nous examinerons successivement les productions végétales les plus dignes d'intérêt. Les petites lies parsemées sur l'immense étendue de la mer du Sud sembleraient, pour la plupart, des parcelles détachées du Continent-Américain. La nature de leurs plantes, qui ont une grande analogie avec celles du versant occidental des hautes chaînes dont le prolongement s'étend presque sans interruption du nord au sud, le long des côtes de l'Amérique, confirme notre supposition. Mais les archipels qui avoisinent la Nouvelle-Hollande, ceux qui , dans l'hémisphère boréal , se projettent vers l'Asie, participent aux végétations du littoral de ces vastes continens. C'est donc une végétation mixte et sans physionomie particulière que celle des iles Basses, Marquises, de la Société, des Amis, des Navigateurs, delà Nouvelle- Calédonie, Sandwich, Mulgrave, Mariannes, Philippines, etc., etc. On a remarqué seulement qu'elle est loin d'être aussi riche en espèces que celle des continens qui correspondent à ces iles. Leur éloignement et pour la plupart la nullité du commerce qui seul pourrait y attirer des Européens, sont, il est vrai, des obstacles à la connaissance des productions qu'elles recèlent. Mais si l'on fait attention à la petitesse de chacune d'elles , et si l'on observe en même temps que plusieurs expéditions ont été tentées à une époque où les richesses de la nature étaient explorées avec soin et discernement et par des hommes qui en ont fait un objet spécial d'études, on sera disposé à croire que nous possédons des données bien suffisantes pour former une flore générale de toutes les lies découvertes par Cook et par les navigateurs modernes. Les Forster et J. Banks, compagnons de Cook ,
Commerson celui de Bougainville, en ont,
pour ainsi dire esquissé les premiers traits. Labillardière, dans la relation du voyage à la recherche de Lapeyrouse , s'est surtout appliqué à faire connaître les plantes de toutes les lies où il est descendu. Enfin les investigations récentes de MM. Gaudichaud, d'Urville et Lesson ont jeté beaucoup de lumières sur la botanique de l'Océanie.
Parmi les iles de la Société, de l'Archipel-Dangereux et des Marquises, Otahiti a été plus souvent visitée et mieux connue que les autres , qui d'ailleurs offrent avec elle une grande ressemblance dans leurs productions. Mais dans cette île intéressante, une demi-civilisation a déjà forcé la nature à prendre plus d'homogénéité ; elle a fait disparaître une foule d'êtres inutiles à l'homme , et les a remplacés par ceux dont il fait sa nourriture ou qui servent à ses usages domestiques. Les côtes offrent en abondance ce fameux arbre à pain (artocarpus incisa) , source de vie et gage de sécurité pour les indigènes , qui d'abord se contentaient de son fruit sauvage , mais qui ensuite l'ont amélioré par la culture. On sait que M. Labillardière l'a transporté aux iles de France et de Bourbon, et qu'il y a parfaitement réussi. Dansles bois qui ombragent l'ile, on trouve peu de variété parmi les arbres et arbustes qui les composent. Ce sont des eugenia , des mimosa , des palmiers et quelques autres végétaux appartenant aux genres indigènes des climats tropiques. Les hautes montagnes de l'île offrent , selon leur élévation , des plantes moins universellement répandues. M. d'Urville, qui les a parcourues, y a découvert plusieurs plantes nouvelles et surtout des fougères.
Les groupes d'îles connus sous les noms d'ilcs des Amis, des Navigateurs et Fidji, offrent une végétation très analogue à celle des iles de la Société ; cependant on remarque déjà plus de diversité dans la végétation. EÎles sont couvertes d'épaisses forêts, où domine le corypha umbraculifera, cet immense palmier qui se trouve aussi dans tout l'Archipel-lndien et dont les branches en éventail servent de toit aux cases des indigènes. A l'ombre de ces bois croissent en abondance le taccapinnaiifida,\e saccharumsponianeum, le mussœnda frondosa et Vabrus precatorius , dont les grains d'un beau rouge de corail servent d'ornement aux peuplades sauvages.
La nature s'est montrée trop prodigue envers tes habitans de ces contrées, et c'est peut-être la principale cause de l'état stalionnaire de sauvagerie dans lequel ils sont plongés. Elle leur a fourni tout ce qui était nécessaire à la vie et aux besoins les plus urgens, en plaçant sous leur main des végétaux alimentaires et convenables aux usages domestiques. Ils ont néanmoins senti les avantages que la culture facile de quelques plantes pouvait leur procurer, et ils ont donné la préférence aux patates \convolvulus batalas), aux ignames (dioscorea alata), aux choux-caraïbes (arum esculenlum et macrorhizum).
Quand ces végétaux ne leur suffisent pas, ils trouvent une nourriture exquise dans les fruits du spondias cytherea nommés par les voyageurs pommes de Cytlière, dans ceux de Yinocarpus edulis, dans les écorces mucilagineuses de plusieurs espèces ^hibiscus. C'est encore avec les écorces de ces arbres et du mûrier à papier (broussonetia papyrifera) , qu'ils fabriquent leurs étoffes; mais ils ignorent (les (Maintiens exceptés)l'emploi du coton, dont une espèce (gossypiumreligiosum) croit spontanément dans plusieurs îles. Les belles nattes que fabriquent les indigènes de la mer du Sud sont faites avec les feuilles du vaquois (pandanus odoratissima). Une boisson très usitée chez ces peuples se nomme kawa; ils la fabriquent en faisant digérer de l'eau sur les grosses racines d'un poivrier après les avoir mâchées et réduites en boulettes. Les pl-antes dont nous venons de citer quelques usages, se retrouvent presque toutes dans la Nouvelle-Calédonie. Mais cette Ile offre des montagnes élevées de pins de 2400 mètres, et conséquemment sa végétation n'est pas aussi uniforme que dans les petites îles. MaJgré leur élévation, ces montagnes sont couvertes d'arbres jusqu'au sommet; mais, comme partout ailleurs, on observe que les melaleuca et les autres arbres qui sont gigantesques dans les plaines, n'ont que de petites dimensions sur les hauteurs. Sur le rivage , les pandanus \ les heritiera, le barringtonia speciosa , étendent horizontalement leurs branches au-dessus des eaux. Les troncs des cocotiers, des areca, des caryota urens, sont couverts d'orchidées et de fougères parasites. Parmi les autres végétaux remarquables des forêts, nous mentionnerons : le bois teck (teclona grandis) , arbre précieux pour la construction des vaisseaux; le casuarina equisetifolia , dont la dureté lui a valu de la part des navigateurs le nom de bois de fer , et qui sert à la confection des instrumens des sauvages ; enfin, le cycas circinalis, ce végétal ambigu, qui semble tenir le milieu entre les grandes classes naturelles des monocotylédons et des dicotylédons. On le trouve fréquemment dans les bas-fonds; ses amandes grillées servent de nourriture aux sauvages. Ceux-ci retirent de sa moelle un sagou qui est aussi un de leurs meilleurs alimens.
La grande île que les voyageurs ont désignée sous le nom de Terre-des-Papouas ou Nouvelle- Guinée , est trop peu connue pour qu'on puisse parler exactement des végétaux qu'elle produit. MM. d'Urville et Lesson ont visité quelque? points de ce dangereux pays, et d'après le rap-
port de ces savans naturalistes, il est difficile de se faire une juste idée de la majesté de la nature dans les antiques forêts où ils ont pénétré. Des arbres dont le tronc est dénué de branches jusqu'à la moitié, élèvent à plus de 5o mètres leur cime chargée de feuilles et de fruits. Sous leur ombrage on ne voit qu'un petit nombre d'humbles végétaux que l'on retrouve dans plusieurs autres pays situés sous les tropiques. Il esta regretter que le séjour de ces savans ait été trop court pour leur permettre de reconnaître la na ture des beaux arbres dont ils contemplaient les ileurs d'un œil avide et impuissant. Néanmoins, tout porte à croire que le plus grand nombre appartient à la belle famille des légumineuses . et qu'ils ont beaucoup de ressemblance avec ceu>. des régions équatoriales -de la Malaisie ou de l'Archipcl-Indien.
Nous ne dirons qu'un mot des îles Carolines , Mulgrave et Sandwich , parce que les végétaux des autres iles de l'Océanie s'y représentent constamment, à l'exception de quelques plantes qui leur sont particulières. Ainsi, le santalum album est très commun à Havaii, une des Sandwich. Les Chinois font un très grand cas du bois de cet arbre , et l'on a vu un vaisseau expédié par une maison de commerce de Bordeaux , prendre dans les iles Sandwich un chargement de bois de Sandal , pour le porter en Chine et le vendre à un prix très élevé.
Nous avons parlé jusqu'ici de pays dont chacun , considéré isolément, offre peu d'étendue; mais qui dans leur ensemble, occupent l'espace le plus considérable du globe. Nous avons dù, par conséquent, nous arrêter sur quelques contrées principales que, nous avons considérées comme autant de centres de végétations, lesquelles cependant n'offrent pas de grandes différences entre elles, parce que, appartenant à des climats analogues, les causes influentes auxquelles elles sont soumises ne sont pas extrêmement variées. Nous allons parler d'une région encore plus homogène , c'est-à-dire, dont tous les points offrent également et au plus hau t degré , le luxe et la variété dans les productions végétales. Cette région, concentrée sous l'équateur entre le Continent Asiatique et celui de la Nouvelle-Hollande, nourrit la plus grande partie des plantes de l'Inde; on dirait même qu'elle en est plus positivement la patrie, et que ces plantes atteignent leurs dernières limites sur le Continent de l'Asie. Ainsi , la flore de Bornéo , de Java et Sumatra se fond pour ainsi dire dans celle de l'Inde et de la Cochinchine. Mais ces iles sont tellement grandes et la plupart si peu connues jusqu'à cejour, que l'on manque de données sur la végétation de leur intérieur. D'après ce qui a été recueilli et publié par les voyageurs anglais et hollandais , et surtout par M. Blume auteur de la Flore de Java, on doit penser que beaucoup de végétaux très curieux croissent exclusivement dans ces iles. Nous n'en citerons qu'un seul exemple, celui du rafflesia , plante parasite et surtout remarquable par la structure insolite et l'éuormité de sa fleur.
Les Philippines et les Moluques sont depuis longtemps célèbres par la beauté de leurs végétaux et
la richesse de leurs produits. Le commerce des épiceries était concentré autrefois dans ces dernières, et lés Hollandais en exerçaient le monopole à l'exclusion de tous les autres peuples de l'Europe. Tout le monde connaît la première condition qu'ilsimposaient aux petits rois des îles soumises à leur domination. Ils les obligeaient de détruire les girofliers dont la nature avait enrichi leurs domaines , et ils n'en laissaient cultiver que dans la petite île d'Amboine ; mais de courageux étrangers surent leur ravir ces biens usurpés , et depuis plus de 40 ans on cultive avec succès aux iles de France et de Bourbon , le giroflier, le cannellier et plusieurs autres végétaux des Moluques. Parmi les plantes les plus intéressantes qui croissentsousle beau ciel de ces îles fortunées, nous mentionnerons les suivantes : le palmier sagou (sagus rumphii) ; des pédoncules de ses régimes fraîchement coupés découle une liqueur sucrée , que l'on reçoit dans des tiges de bambou ; cette liqueur épaissie donne le sucre couleur de chocolat, goula itan des Malais. Leurs bois sont remplis d'arbres ( elœocarpus monogynus) , couverts jusqu'aux brandies inférieures de fleurs élégantes; de cussonia thyrsiflora, dont lesfeuilles larges et palmées sont l'ornement des forêts ; de canarium commune , le plus grand de tous les arbres de ces climats; d'heritiera, qui se plaît surtout près de la mer; d'eugenia malaccensis ; d'àverrhoa carambola et de divers arco nacées, parmi lesquelles on distingue surtout le cœur-de-bœuf {anona rnuricata). A l'ombre '' de ces forêts s'élève une foule d'arbres et d'arbustes qui , par leur élégance , ne le cèdent en rien aux grands arbres qui les protègent. Tels sont , le buis de la Chine (murraya exolica) , Yabroma ll angusta , Yerythrina corallodendron , Yagœ- - li grandiflora t etc., etc.
A Celèbes, les rivages sont bordés de mangliers, I' de fruits à pain , de giraumons, de muscadiers 11 uviformes. Le corypha umbraculifera y forme de grandes forêts ainsi que le teck (tectonagran- (- dis) et le fromager (bombax ceiba). Des allées de W mimusops elhengi, de guilandina moringa et *■ d'hibiscus tiliaceus , sont plantées près des habitations et donnent un ombrage salutaire dans 1] ces climats brûlans.
Tous les peuples des Moluques font usage du bétel. C'est une espèce de poivrier (piper siriboa) » dont ils mâchent les feuilles avec de la cheau vive df et de la noix d'arec.
Personne n'a mieux étudié sous tous les rapports 2|! les plantes de l'Australie que M. R. Brown. Ce là savant naturaliste , dans un ouvrage publié en i 1814, a généralisé ses remarques à l'appui desquelles les voyages qui ont eu lieu récemment ont seulement fourni de nouvelles preuves. C'est w i donc à cette source que nous devons puiser la ioii plupart des renseignemens susceptibles d'être w ! offerts à nos lecteurs.
De tout l'immense espace qui constitue la Nouvelle-Hollande, on ne connaît sousle rapport 1 botanique qu'une partie des côtes; mais il y a lieu de croire que la découverte de l'intérieur du pays n'amènerait pas celle d'un nombre i i \ d'espèces nouvelles, proportionnel à l'étendue
des contrée^ que l'on visiterait. Nous savons par MM. d'Urville, Lesson et Sieber qu'aux environs du port Jackson, par exemple, la végétation, d'abord très riclie, s'évanouit insensiblementen s'éloignant des côtes, ou du moins qu'elle n'eu diffère pas beaucoup. M. Brown a fait observer que la moitié des plantes australiennes connues ont été récollées entre les 33 et35a sud, et c'esL entre ces parallèles que l'on trouve les végétaux qui particularisent la Nouvelle-Hollande.
L'île de Van-Diemen (Diemenie) retient encore l'aspect général de la végétation de l'extrémité des côtes orientales et occidentales ; mais déjà on n'y trouve pas en aussi grand nombre toutes les familles de plantes qui en font le trait caractéristique. Cependant le genre eucalyptus ,1e s acacias hétérophylles (aphylles par avorteraient des folioles) et les épacridées s'y représentent en aussi grande proportion que sur le Continent- Aùstralièn.
On compte plus de cent espèces distinctes dans chacun des genres eucalyptus et acacia; et si l'on fait attention à l'immense quantité des individus ainsi qu'à leur dimension , on peut, en conclure facilement que ces genres composent plus de la moitié de la masse végétale de ces contrées. Le feuillage de ces plantes est très particulier et imprime un cachet original à la végétation des forêts australiennes. Chacune des feuilles, si l'on doitv nommer ainsi les pétioles dilatés des acacias hétérophylles, est dirigée verticalement, perpendiculaire à sa tige, et présente ainsi ses deux côtés à la lumière. Cette disposition est moins générale dans les eucalyptus.
La flore de l'Australie renferme environ 4200 espèces que M. R. Brown distribue dans 120 familles naturelles ; mais plus de la moitié de ces plantes appartiennent aux familles que nous allons mentionner. Les composées, les légumineuses, lés euphorbiace'es, parmi les dicotylédones et les orchidées, les graminées, les cypéracées, les fougères , parmi les monocotjlédones, sont les familles les plus considérables ; mais à cet égard, le nombre de leurs espèces n'est pas proportionnellement plus grand que celui de ces plantes dans plusieurs autres régions.
Le nombre des espèces de quatre familles remarquables (les myrtacées, les protéacées, les épacridées et les restiacées) prédomine dans la Nouvelle-Hollande. Celui des myrtacées y atteins son maximum, car on en a trouvé beaucoup plus dans cette contrée que dans tout le reste du monde. Le genre eucalyptus, dont nous avons déjà parlé, se compose d'espèces arborescentes dont quelques-unes , comme par exemple, Yeucalyptus globulus. Labill, a quelquefois plus de 50 mètres de hauteur, et à la base une circonférence d'environ 10 mètres. Près de Yeucalyptus se place le genre melaleuca, composé, ainsi que le metrosideros , de belles espèces arborescentes qui, à l'exception des melaleuca leucodendron et melaleuca cajepuli, habitent exclusivement l'Australie.
Les protéacées , les restiacées et les épacridées n'existent que dans l'hémisphère austral. Les plantes qui constituent les deux premières
OCEANÎE.
familles sont également nombreuses, soit au cap de Bonne-Espérance, soit sur les côtes de la pointe australe de la Nouvelle-Hollande; mais elles appartiennent à des genres fort différens. M. R. Brown a même remarqué qu'aucune espèce de protéacées n'était commune aux deux côtes opposées du même pays.
D'autres familles moins considérables ont le plus grand nombre de leurs espèces dans la Nouvelle- Hollande. Telles sont Xtsgoodenoviers , \tsstylidées , les myoporinées, les diosmées , etc. Dans les familles qui habitent également les autres régions du globe , les genres de la Nouvelle- Hollande sont très distincts des autres. Ainsi, parmi les légumineuses, on distingue facilement les genres acacia , platylobium , bossiœa , hovea, etc. ; parmi les diosmées, les genres boronia, correa, phebalium, etc.
Les espèces se distinguent encore plus aisément de celles qui sont indigènes d'autres contrées. On ne compte, en effet, que400 espèces phanérogames environ qui croissent ailleurs , parmi lesquelles il y en a quelques-unes d'européennes. 11 est remarquable que ces dernières sont toutes des plantes aquatiques ou qui aiment le bord des eaux, comme, par exemple, les lythrum , quelques graminées et cypéracées M samolus valerandi , etc. Quant aux cryptogames proprement dites (sauf les fougères), ce sont en grande partie les mêmes espèces que celles d'Europe.
Si l'on compare d'une manière générale la flore de la Nouvelle-Hollande avec celle des autres grandes contrées du monde , on lui trouve de plus grands rapports avec celle de la pointe australe d'Afrique qu'avec celle de toute autre région. Nous avons vu que certaines familles semblent confinées dans ces deux parties du globe , et qu'elles établissent une grande connexion entre elles. Cependant quelques grands genres, très communs au cap de Bonne-Espérance, comme les mesembryanlhèmes , les pelargonium , n'ont qu'un petit nombre de représentans dans l'Australie-, cette dernière région ne renferme aucune espèce des genres aloes, brunia , stapelia, qui caractérisent l'extrémité australe de l'Afrique.
Les végétaux de la Nouvelle-Hollande diffèrent encore plus de ceux de l'Amérique-Méridionale. On observe néanmoins des rapports multipliés entre les plantes de la côte ouest et celles du Chili et de la Terre-de-Feu. Ainsi, pour nous borner à un seul exemple frappant , dans la Nouvelle-Hollande croit une espèce d'araucaria, dont le type forme des forêts au Chili et dans l'Amérique-Méridionale. Réciproquement, le Chili et la pointe du littoral occidental de l'Amérique du Sud, nourrissent quelques mesembryanthemum, ainsi que des protéacées qui , comme on sait, ont le plus grand nombre de leurs espèces rassemblées au cap de Bonne-Espérance et dans la partie australe de la Nouvelle-Hollande.
Nous terminerons cet article sur les végétaux de l'Océanie par quelques réflexions relatives à la flore de la Nouvelle-Zélande , et qui nous ont été fournies par MM. Forster et d'Urvillc. Dans cette
contrée la végétation a quelque ressemblance avec celle de la Nouvelle-Hollande , mais elle offre aussi quelques points de contact avec les régions magellaniques de l'Amérique-Méridionale. On y retrouve également des végétaux appartenant à des genres européens, tels que plusieurs sisymbrium et lepidium de la famille des crucifères. Les sauvages habitans de la Nouvelle-Zélande , plus guerriers que cultivateurs , se contentent pour leur nourriture de plantes qui seraient rebutées de tout autre peuple moins grossier. Ainsi leur aliment habituel se compose des racines d'une fougère (pteris esculenta) qui est fort peu nutritive. C'est de cette région qu'est originaire le tetragonia expansa qui se mange en guise d'épinards. Nous citerons encore comme végétal éminemment utile , le phormium tenax, connu des Européens sous le nom de lin de la Nouvelle-Zélande et qui fournit une matière textile de la plus grande solidité.
animaux. Les lois qui régissent la dispersion des êtres dans les diverses régions de cette partie du monde, subissent trois modifications du premier ordre, suivant les circonscriptions des trois grandes sous-divisions territoriales et maritimes qui constituent cette nouvelle partie du globe. Chacune d'elles a sa physionomie propre, son cachet spécial, et nous suivrons les êtres indigènes à ces terres d'après les limites géographiques qui leur furent imposées , et comprises sous les noms de Malaisie , Australie , et Polynésie.
MALAISIE. Cette région zoologique nous représente des types imposans et nouveaux de création, qui se sont avancés jusqu'au nord de l'Australie elle-même. En effet, sur ces grandes terres placées sous l'influence d'une vive chaleur, dont la surface est semée de germes de vie, où l'homme seul, par sa laide enveloppe ou par son moral plus hideux encore, fait disparate, pullulent les animaux les plus somptueux et les plus intéressans.
M. Desmoulins s'exprime ainsi dans un article destiné à cet ouvrage et que sa mort a laissé incomplet, mais dont nous conservons religieusement lasubstance.
« Nous avons déjà vu le tapir bicolor à Malacca. des gibbons, aux longs bras dans l'Inde-Transgangélique,\e chevrotain-memina dansles montagnes de Ceylan et du Mysore, contraster par leurs formes étrangères avec les genres propres au continent. Les oiseaux, à qui le vide des airs ouvre, pour ainsi dire, toutes les routes du globe vont aussi dans l'Océanie recevoir eux-mêmes des limites. L'air, la terre et les eaux vont s'y montrer animés de créatures sans pareilles, comme si, dans ces contrées, qui semblent nouvellement sorties du sein des ondes, l'auteur de toutes ces merveilles, en se plaisant à créer sur d'autres plans, avait voulu y attirer et y retenir les hommes
d'une autre terre par l'attrait d'une nouveauté universelle et presque inépuisable. Ce tapir, ces gibbons de Malacca se retrouvent à Sumatra et à Bornéo et , avec eux, le ligre et cet éléphant indien, dont la taille grandit vers l'orient comme celle des arbres des forêts qu'il habite. Le buffle domestique ou sauvage conserve à l'Archipel Indien, depuis Formosa jusqu'à Timor, la physionomie asiatique. Mais, à ces cinq ou six espèces près de grands quadrupèdes, communes à l'Inde et à l'Océanie Occidentale , nous n'allons plus voir que des formes nouvelles.
«Avec une taille moitié plus petite, des cornes à proportion huit ou dix fois plus courtes, une peau hérissée de poils courts et raides comme les soies d'une brosse usée, toute pavée d'écussons et de laquelle a disparu ce large plissement monacal qui habille le rhinocéros de l'Afrique et celui de l'Inde, Yunicorne de Sumatra, le bicorne de Java ne rappellent plus leurs congénères que par leur goût pour la solitude dans les plus épaisses forêts de Java , de Sumatra et de Bornéo.
« Là, vit aussi cette antilope noire à crinière grise, appelée cambing-untong par les Malais. C'est aussi la patrie de cesélégans chevrotains napu, kanchil etpelandok qui, sous une taille de quelques pouces seulement, rappellent toutes les grâces, toutes les formes si sveltes et si légères des cerfs et des gazelles. Les cimes des mêmes forêts, dont le sol est foulé par ces quadrupèdes, sont habitées par toutes ces espèces de la famille des orangs, vivant en société ou en familles; par ces gibbons, ces vouvous , ces siamangs, ces orangs enfin, à qui, malgré leur lenteur naturelle, des bras démesurément longs , suspendant et balançant leur corps comme une pierre dans une fronde, donnent une telle immensité d'élan, qu'ils franchissent les espaces d'une cime à l'autre avec la vitesse de l'oiseau. Dans la seule Bornéo a été trouvé jusqu'ici le pongo à tête pyramidale de la nuque au museau, et dont les mâchoires sont armées de ces vigoureuses dents canines qui rappellent celles des lions et des tigres ; ce pongo que la solidité de ses os, l'aspérité de leurs saillies annoncent être capable de résister à dix hommes. L'intelligence et la réflexion qui règlent les actions de tous ces animaux leur ont valu le nom d'homme (orang) chez tous les Malais. A Bornéo et aux îles Celèbes vit ce babi-roussa, cochon cerf des Malais déjà indiqué par Cosmas Indicopleustes , et qui inarque avec les phalangers à-poche ventrale, où se développent et s'allaitent les petits, la limite orientale, sinon des connaissances géographiques, au moins des voyages et du commerce des anciens- Dèux autres espèces de cochon également sauvages, dont l'une est appelée babi-oulang par les Malais, peuplent lesforéls marécageuses de toutes les îles entre Bornéo et la Nouvelle-Guinée, et passent à la nage de l'une à l'autre. L'une au moins de ces espèces se retrouve à la Nouvelle-Guinée même , et fait probablement la souche de la race qui est domestique dans toute l'Océanie. Dans la Nouvelle- Guinée et dans tout l'archipel des Papous vit aussi tout-à-fait sauvage ou demi sauvage , comme les hommes indigènes dont il est plutôt l'associé que
le domestique , ce chien papou, qu'un ensemble suffisant de caractères sépare de tous ses congénères, et qui semble la souche de tous les chiens domestiques de l'Océanie. La Nouvelle-Hollande est aussi sa patrie à l'état domestique et sauvage ; mais il n'accompagne plus l'homme sur la Terre de Diemen. Sur les bas-fonds de la côte occidentale de la Nouvelle-Hollande et dans l'Archipel Indien , depuis les Philippines jusqu'aux îles de la Sonde vivent deux variétés de dugong, cet herbivore des pâturages sous-marins de l'Orient, comme le lamantin l'est de ceux de l'Occident.
« Dans les Moluques commencent les formes propres à la création océanique. Là vivent ces phalangers connus de Plutarque qui les propose à l'homme comme modèles de tendresse et de protection paternelles ; ces petits kangourous d'Aroë , décrits sous le nom de philanders par Valentyn, et confondus par Buffon ainsi que les phalangers avec les sarigues, qui seuls justifieraient si bien le nom de nouveau donné au monde que trouva Colomb. Ces casoars à casques, des Moluques, sans casques, de la Nouvelle-Hollande, oiseaux condamnés à ne pouvoir marcher que comme des quadrupèdes, parce que leurs ailes seulement armées d'aiguillons de corne, ne portent même plus ces pennes de parade des autruches d'Amérique et d'Afrique ; ces oiseaux de paradis, dont le corps, flanqué audessous des ailes par de larges parachutes de plumes, forme une sorte d'aérostat ; ces chauvessouris frugivores, ces roussettes , ces céphalotes et ces galéopithèques , les moins aériens de tous les mammifères ailés , tous rendus incapables de bien marcher à terre par un retournement sur l'axe de leurs membres postérieurs; ces phalangers volans, dont la peau des flancs, élargie en vastes replis, rappelle et les parachutes des oiseaux de paradis, et ceux de ces écureuils volans , dont une espèce est propre au nord de tout l'Ancien-Continent, l'autre à la Louisiane, et quatre autres à ce même Archipel Indien. Sur la Nouvelle-Guinée et les îles qui l'entourent vivent de nombreuses espèces de choucaris, de cassicans , gros oiseaux à forme de corbeau ou de geai, à plumage ou tout noir ou varié de blanc et de noir et à reflets métalliques ; sur la Nouvelle-Guinée et les îles à l'ouest, vivent avec des habitudes plus marcheuses encore que les faisans, des sortes de gallinacées à hautes jambes, à longs doigts, telles que le talégalle - Cuvier, le mégapode - Freycinet , Xalecthélie-d'Urville et aux Marianncs une au tre espèce, le mégapode - Lapérouse , toutes deux formaut un genre naguère inconnu et pro pre à cette partie de l'Océanie.
«Les reptiles et les poissons, par la nouveauté de leurs formes , ne contrastent pas moins que les autres animaux avec ceux du reste de la terre. Dans les Moluques vivent sur les arbres, à la ma nière des chauves-souris , ces dragons ou rep tiles volans, dont la peau des flancs s'étale en deux larges voiles , tendues sur leurs côtes horizontalement allongées comme des vergues. La vit aussi ce caméléon , dont te front fourchu
projette deux grande* saillies au delà de son nez.
OCEAME.
Dans ces mêmes îles et à la Nouvelle-Hollande Vagame hérissé , plusieurs serpens d'eau, des hydrophis , dont quelques espèces ont déjà figuré dans le Delta du Gange , et ces pélamides, qui se retrouvent jusqu'à Otaïti. Dans la seule Java, deux espèces de pythons, deux de trigonocéphales , deux de bogares , autant d'eiaps, deux de dipsas, une de naja , tous à dents venimeuses et à axe creux, excepté les pythons; quatre espèces de couleuvres , une de tortrix , une d'ac/uocorde , deux tropinotus de Kuhl, les plus beaux serpens de l'Orient; huit espèces d'un nouveau genre de couleuvre appelé brachiura à cause de la brièveté de la queue , jamais si longue d'ailleurs chez les serpens que chez ia plupart des lézards; ces amplycéphales à tète de carlin, formant au moins quarante-cinq espèces de serpens , sont particulières à Java, où vit aussi ce crocodile biporcatus, que l'on retrouve dans tout l'Archipel jusqu'à Timor. Une seule espèce, la tortue molle de Java, y représente l'ordre des chéloniens; mais les batraciens y sont presque aussi nombreux que les serpens. Kuhl y a trouvé huit nouvelles espèces de rainettes; un genre nouveau à la tête anguleuse , surmontée de deux cornes sur les orbites , et vivant dans les bosquets montueux loin des eaux; un autre batracien également nouveau, intermédiaire aux grenouilles et aux crapauds.
« L'énumération des poissons n'y montrerait pas des formes moins nouvelles, mais la richesse des couleurs surpasserait encore la nouveauté des formes. Il en faudrait dire autant de ces crustacés, de ces insectes, de ces mollusques, de ces méduses , pour la représentation desquelles le dessin semble n'avoir pas assez d'ombres et de lignes, la peinture assez de couleurs et de nuances. Mais il suffit d'avoir montré la distance et l'opposition des contrastes dans les animaux des classes plus élevées, où pourtant les espèces et les genres ont été créés sur des modèles définitivement réductibles à un assez petit nombre de types. Dès-lors on peut dans les invertébrés, où le squelette n'est plus une cause nécessaire d'uniformité et de constance , se figurer la multitude innombrable de formes dont les dégradations, divergeant en tous sens, produisent l'infini dans la figure , la structure et les instincts des animaux, ainsi que le ciel nous le découvre aussi dans l'espace, et les astres dans la grandeur et dans les nombres.»
AUSTRALIE. Si la botanique est remarquable par elle-même et si elle donne à la Nouvelle-Hollande une physionomie spéciale, le règne animal lui imprime encore un caractère plus étrange et plus étonnant peut-être. Tous les animaux du globe ne sont pas, on le sait, façonnés sur le même type; mais les espèces vulgaires ou les espèces plus nouvelles, bien que distinctes, appartiennent souvent à des genres plus ou moins analogues. A la Nouvelle-Hollande au contraire rien de cela n'existe; tous les animaux qui y vivent, qu'ils soient carnassiers, rongeurs, etc., qu'ils affectent les formes corporelles les plus opposées , tous se ressemblent par un seul caractère, qui est une double poche ou la marsupialilé : ce caractère
semble même former pour la Nouvelle-Hollande une véritable loi zoologique, dont on ne doit excepter que trois mammiferesseulement, qui sont une roussette de la partie intertropicale, les phoques et le chien de la Nouvelle-Hollande , qui a suivi les misérables peuplades lors de leur émigration sur ce continent appauvri. On ne connaissait en effet, parmi les animaux à bourses, que quelques espèces d'Amérique etdes lies d'Asie. De tous les animaux qui vivent dans les diverses parties de l'Australie il nous suffira de citer les kangourous , dont quelques espèces sont les plus grands quadrupèdes du Continent-Austral ; les potourous, les péramèles, les phalangers, les pélauristes , etc. Les dasyures sont des carnassiers qui remplacent dans cet hémisphère les fouines de nos climats. Le thylacine , de la taille et de la forme du loup qu'il représente, est souvent mentionné dans les relations comme le loup austral. La viande des kangourous , quoique sèche, peut fournir une excellente venaison; mais rien ne surpasse la bonté des wombats , dont la chair grasse , succulente et d'un excellent goût, a presque amené la destruction de cet animal précieux, qu'il serait si important de naturaliser dans nos basses-cours. Les kangourous et les phalangers avaient leur type parmi les animaux de la Malaisie : mais rien ailleurs ne peut donner l'idée des êtres singuliers qu'on a nommés paradoxaux et qui sont Yornithorhynque et Yéchidné. Le premier à corps couverts de poils, à bec de canard , à pieds garnis d'ergots vénéneux , pondant des œufs , semble être une créature fantastique jetée sur le globe pour renverser par sa présence tous les systèmes sur l'histoire naturelle; car on peut soutenir avec tout autant déraison qu'elle appartient aux quadrupèdes, aux oiseaux ou aux reptiles. Les côtes méridionales de la Nouvelle-Hollande sont remplies de baies et de havres qui servent de retraite à plusieurs espèces de phoques, dont les individus se comptent par milliers. La plus utile de ces espèces est l'éléphant de mer, dont il se fait des tueries considérables; son huile produit au commerce anglais d'immenses avantages. Les phoques à fourrures communs naguère commencent à devenir rares; les phoques à crins, bien que poursuivis avec activité y sont encore nombreux ; il en est de même des cétacés, et c'est principalement dans le détroit de Bass que les baleiniers se livrent quelquefois à leur pêche. Peu de contrées ont une ornithologie aussi riche, aussi variée, aussi neuve, que la Nouvelle-Hollande. Lesmèmesphénomenes de singularité que nous avons vus caractériser les quadrupèdes se reproduisent pour les oiseaux. La plupart d'entre eux ne pouvant tirer leur subsistance des fruits dont les forêts sont privées . n'ont que des genres restreints de nourriture : ceux qui vivent d'insectes ont la langue organisée comme les oiseaux des autres climats; mais les perroquets , les merles et beaucoup de passereaux obligés de pomper les sucs miellés qui exsudent des corolles des fleurs, ont aussi à l'extrémité de la langue des faisceaux de papilles qui ressemblent à un pinceau et qui leur permettent de ne rien perdre de cette matière toujours peu
GEOGRAPHIE PHYSIQUE
abondante. Les oiseaux de cette partie du monde varient sans doute dans les couleurs de leurs plumages -, mais la plupart sont remarquables par quelques singularités ou par des parures éclatantes-, et comme la Nouvelle-Hollande devait différer en tout des autres régions, il en est résulté que le cygne d'Europe, par exemple, qui est d'un blanc sans tache, est remplacé dans l'Australie par un. cygne h plumage d'un noir profond. SilesMoluques nous ont présenté un cacatoès blanc qu'on retrouve aussi à la Nouvelle Galles.la Nouvelle-Hollande par opposition à des cacatoès noirs. «Ce serait outrepasser les bornes de cet article que de s'étendre longuement sur les espèces rares et curieuses qui peuplent cet étrange climat ; mais nous ne pouvons nous dispenser de citer quelques oiseaux des plus remarquables; parmi ceux qu'on y trouve en première ligne sont : ce superbe ménure dont la queue est l'image fidèle, dans les solitudes australes, delà lyre harmonieuse des Grecs-, ce loriot prince-régent , dont la livrée est mi-partie de jaune d'or et de noir de velours; ces oiseaux satin, ces cassicans variés , ces philédons nombreux , ce scytrops dont le bec imite celui du toucan , ce ceréopsis cendré, ce casoar austral, ce faucon d'un blanc de neige, ces moineaux webongs, ces traquets superbes , ces perruches de toutes tailles et de loutes couleurs, ces bruy ans martinschasseurs , ce moucherolle crépitant dont le cri imite à s'y inéprendre le claquement d'un fouet, et tant d'autres espèces rares et précieuses pour l'ornithologiste et qu'il serait fastidieux de nommer. D'affreux reptiles pullulent aussi dans ces climats; il y en a un grand nombre d'innocens,etd'autresdontle subtil venin cause la mort en quelques minutes. La partie intertropicale partage naturellement les productions de la terre des Papouas; aussi trouve-t-on abondamment le crocodile bicaréné des Moluques. De nombreux lézards, diverses espèces de scinques et d'agames pullulent dans la Nouvelle-Galles; les plus remarquables toutefois sont le gigantesque scinque noir et jaune et le plus bizarre des lacertains ; nous parlons ici de ceux dont la queue est faite en forme de feuille, les phyllures. Quant aux serpens ils sont nombreux : on y trouve des couleuvres et des pythons de grande taille. Le serpent fil, à peine long de huit ou dix pouces, occasionne, diton , la mort en moins de quelques minutes ; mais l'espèce la plus redoutable, sans contredit, comme la plus commune , est le serpent noir, que son terrible venin nous a fait nommer acanthophis bourreau. Une tortue d'eau douce, Vémyde au long cou vit dans les rivières du comté de Cumberland; les tortues franches et de grande taille viennent annuellement pondre dans les sables des îlots de toute la portion du nord; et le caret enfin, dont l'écaillé est si précieuse pour le commerce, se trouve en abondance dans ces mêmes parages. Les côtes de la Nouvelle-Hollande, ses havres spacieux et les rivières qui s'y perdent sont très poissonneux. Les espèces de la partie nord sont celles des mers chaudes, et celles de la partie méridionale sont pour la plupart les grands poissons voyageurs qui tournent autour du
globe dans l'hémisphère sud et qu'on rencontre indifféremment à l'extrémité des trois grands caps; la Nouvelle-Hollande toutefois possède des espèces qui lui sont propres, et il nous suffira de citer parmi les plus remarquables le squale de Phillip. C'est de la pêche que les naturels tirent leurs principales ressources alimentaires. Les coquillages varient sur chaque côte suivant le degré de chaleur des eaux et les profondeurs; ceux du nord n'ont rien de remarquable : nous citerons ces huîtres, petites maisexcellentes quitapissent les côtes de la Nouvelle-Galles , ces pirazes baudins, ces haliotides australes, ces parmaphores du sud, etc. Dans le détroit de Bass naviguent les beaux nautiles à grains de riz, et les enfoncemensde toute la côte méridionale sont jonchésdes espèces les plus rares et les plus estimées dans les collections; quelques-unes d'elles servent à faire des bijoux pour les habitans. Les colons de la Nouvelle-Galles du Sud n'emploient en outre que des coquilles pour faire la chaux, dont ils ont indispensablement besoin dans leurs constructions civiles. Les insectes sont nombreux et curieux; le» papillons sont peu variés, mais il n'en est pas de même des coléoptères ; la cétoine orphée , si brillante et si belle, vit sur les jeunes eucalyptus le plus ordinairement par milliers d'individus v des charançons de toutes couleurs , de longs phasmes et des cigales de tailles énormes sont les espèces qui frappent le plus communément les regards. On ne doit pas oublier que nulle contrée de la terre ne renferme un plus grand nombre de fourmis et de plus grosses ; l'étendue de leurs caractères distinctifs et de leurs habitudes occuperait la vie entière d'un naturaliste; nous ne pensons pas qu'on ait jamais mentionné avant nous une espèce de sangsue , qui vit dans les eaux de la rivière Macquarie et qu'on pourrait utiliser eu médecine. Parmi les zoophytes nous indique rons surtout V holothurie trépang, qu'on trouva sur tous les récifs qui se découvrent à mer basse sur la côte boréale de la Nouvelle-Hollande ; célèbre sous le nom de priape marin, elle est l'objet d'un immense commerce de toutes les îles Malaisiennes avec la Chine, le Kambodje et la Cochinchine. Des centaines de jonques se rendent sur les récifs pour se livrer chaque année à la pèche de cette substance qu'on dit être d'un grand prix pour les Asiatiques, car le pécoul vaut 45 dollars environ , et elle entre dans tous les ragoûts des gens riches comme stimulant aphrodisiaque. Celte holothurie ou sea slugs des Malais est dégorgée avec la chaux de corail, desséchée au soleil, puis expédiée dans des paniers de roseaux. C'est au milieu des écueils qui hérissent la mer entre la Nouvelle- Guinée et la Nouvelle Hollande, que Péron a rencontré ces pros malais évoluant en escadrilles pacifiques , occupées à ce genre de pêche lucrative Dans ces canaux étroits pullulent les sertulaires aux rameaux grêles, à port d'arbuste délicat et fragile , les méandrines , les caryophillies aux polypes en ventouses, les alcyons si richement peints, les éponges si diversiformes, s'élevant du sein des eaux, tantôt en soucoupes sveltes, tantôt en tubes rameux , bizarres, mais toujours gracieux. »
POLYNESIE. A mesure qu'on s'élance sur le grand Océan pour aborder ces îles plates et basses jetées en bandelettes découpées et verdoyantes sur la nappe azurée de la mer dite Pacifique , où s'élèvent les forêts de cocotiers au faisceau de palmes en parasol , ondulées par les brises régulières de mer et de terre, ou bien lorsqu'à l'horizon s'élève le cône vert de quelque grande île volcanique dont les pieds reposent sur les chaînes sous-marines, on s'étonne de la notable diminution des êtres animés. Leurs espèces rares et peu nombreuses semblent confinées dans un isolement fatal à la multiplication de leurs tribus. Les mammifères y ont quelques représentais. Le chien , ce compagnon docile de l'homme et qui s'attache à ses pas comme l'ombre le fait au corps dont elle est l'image, existe comme commensal des deux races jaunes qui se sont partagé ce système d'îles. Mais le cochon n'existe que sur les îles où vit la race océanienne pure ; ainsi on l'a trouvé aux Sandwich, aux îles des Amis, d'Otaïli et de la Nouvelle-Zélande, mais il était inconnu aux Carolines et au groupe des Mariannes avant l'arrivée des premiers navigateurs. Quelques grandes chauve s- souris frugivores s'avancent dans l'archipel des Carolines, à Oualan, à Ticopia , et quelques vespertilions de petite taille sont disséminés aux Sandwich et aux îles de la Société.
Les oiseaux forment quelques-uns de ces petits genres qui tiennent aux philédons à langue en pinceau de la Nouvelle-Hollande, et c'est ainsi qu'aux Sandwich vivent ces riches mohos au plumage vivement peint, et des héorotaires , dont un par le rouge de feu de son plumage et par son étonnante multiplication, a vu ses races presque éteintes pour faire avec ses plumes les manteaux des rois; à Otaïti roucoulent ces belles tourterelles kurukuru , offrant dans chaque île de la mer du Sud des variétés élégantes et bien distinctes. Des merles,, des coucous, des colombes de grosse taille, des poules domestiques, des oiseaux de rivage , pèlerins toujours en quête sur les grèves d'une subsistance qu'ils recueillent sans efforts, forment à-peu-près le monde volatile de la Polynésie, qui n'a rien sous ce rapport du grandiose des terres placées plus à l'ouest.
Les reptiles et surtout les voraces et gigantesques crocodiles ne sont ni nombreux ni multipliés sur ces terres à peine sorties du sein des eaux; le crocodile a deux arêtes , transporté par les courans , s'est présenté très accidentellement sur les îles les plus occidentales, et l'on ne cite guère qu'un grand tupinambis et une longue couleuvre, comme propres aux archipels avoisinant le prolongement de la Malaisie. Les
tortues marines , la fl anche et le caret pullulent sur tous les bas-fonds de la Polynésie. Leur chair et leurs écailles sont estimées des naturels qui font avec ces dernières parties leurs hameçons de pêche. Quelques geckos, quelques scinques aux vives couleurs se rencontrent sur toutes ces îles; on n'y cite aucun crapaud, grenouille ou rainette, en un mot nuls batraciens ; mais de dangereux hydrophis , à venin mortel , nagent autour des motous coralligènes baignés par les flots.
Les poissons delà Polynésie sont peu variés: ce sont ceux de la Malaisie et des grands continens placés sous l'équateur entre les deux tropiques. Cependant on y trouve de belles espèces et des plus vivement peintes dans les labres, les girelles , les alutères, les batistes, les chœtodons , les holacanthes. De grands squales, d'innombrables variétés de murénophis au nager vacillant et serpentiforme, fréquentent les rivages.
Les insectes terrestres n'y comptent point de genres ni d'espèces remarquables. Quelques papillons , des truxales, de longs phasmes verts des coléoptères bruns et de petite taille ne présentent rien de bien piquant pour l'amateur. Seulement sur toutes les latitudes entre les tropiques pullule le singulier insecte marin nommé velia oceanica, qui court sur les eaux dans le temps de calme à des distances inouïes de toute terre.
Sur ces plages 5 demi découvertes par la mer , les mollusques marins doivent se multiplier dans les circonstances les plus favorables; aussi les porcelaines tigres, les vis, les mitres, les cérithes et mille autres toutesbien connues s'y présentent à foison. Là se rencontrent ces belles huîtres, objet de pêches lucratives, et dont les perles sont échangées par les habitans ou servent à orner leurs oreilles. Là vivent ces holothuries qu'esti ment tous les Malais, ces belles dolabelles, ces aplysies baveuses , ces ocholesmes charnus, ces béroës gigantesques , ces méduses peintes comme à plaisir et qui forment une branche si riche et encore si neuve de l'étude des zoophytes Dans ces archipels dus aux coralligènes , les madrépores scmb]enl être pour la nature une mine inépuisable de fécondité. Ce sont des barrières de fer, des murs où se brisent comme une débile coquille les vaisseaux des navigateurs-, et cependant sur ces pierres compactes, unies entre elles par une cohésion puissante, saillent des gerbes de fleurs animalisées, des polypes bleu, azur, rougi' de feu, jaune d'or, qui semblent, en décomposant les rayons de la lumière , se les approprier pour offrir des pelousesanimées, à l'homme qui se croit le maître de la nature , et qu'elle y jette par d'inopinés naufrages , pour y trouver la mort.
superficie. Un peu plus grande que surface de l'Océanie peut être évaluée à l'Europe et beaucoup plus petite que 3,100,000 milles carrés, toutes les autres parties du monde', ta population. Nous avons vu dans le cha-
GEOGRAPHIE POLITIQUE
pitre VIII des principes généraux que la population absolue de cette partie du monde peut être estimée approximativement à 20,300,000 âmes. Ce nombre, divisé par les 3,100,000 milles carrés qui représentent sa surface, donne une population relative de 6.5 habitans par mille carré. L'Océanie est donc une fois plus peuplée que l'Amérique ; elle est presque aussi peuplée que l'Afrique , environ quatre fois moins que l'Asie et dix fois moins que l'Europe. Si l'on voulait étendre ces comparaisons , on trouverait que la population totale de l'Océanie non-seulement est inférieure à celle de l'empire d'Autriche, de la France et du Royaume- Uni, mais qu'elle n'égale pas même celle de l'Italie , dont la superficie n'est pas même un trente-deuxième de la surface totale du Monde-Maritime.
ethnographie. Les innombrables petites tribus, qui habitent le continent et les terres du Monde-Maritime, considérées sous le rapport des langues qu'elles parlent, peuvent être rangées en deux classes différentes : les tribus de la race Malaisienne et les tribus de la race Né-
gro-Océanienne. A part quelques exceptions produites par des mélanges entre ces deux classes de peuples très différens, on peut dire que la classification d'après les langues correspond parfaitement à celle des variétés de l'espèce humaine. En effet, toutes les tribus qui parlent des idiomes compris dans la souche que l'Atlas Ethnographique appelle Malaisienne, appartiennent à la variété que plusieurs célèbres naturalistes appellent variété Malaise, et diffèrent entièrement des peuplades Nègres, soit par la couleur et par les formes de leur corps, soit par la différence énorme qu'on observe dans leur civilisation. Outre ces deux souches principales auxquelles appartiennent tous les peuples que l'on regarde comme indigènes de l'Océanie , il y a une troisième classe dans laquelle on doit ranger les nations étrangères, que la religion, le commerce et la politique ont engagées à s'y établir. Le tableau suivant offre les peuples principaux de l'Océanie, rangés d'après leurs langues et subdivisés dans les trois classes que nous venons d'indiquer.
TABLEAU