‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 2)Chapitre 12 sur 628 · partie du se atter voit quela l’Adjmèr · texte numérisé non relu

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À LA GEOGRAPHIE. XV

édition de notre Compendio, et d'en angmenter même le nombre. Si l’on persiste à considérer, d’après les plus célèbres géographes, d’un côté les yrénées, de ’autre les montagnes qui forment le système Æercynio-Carpathien, comme des massifs indépendans du système des Alpes proprement dites, il faudra bien en déterminer les limites. Or, c’est en cela que consiste la plus grande difficulté de cette classification. Viendra-t-on nous objecter que la vallée du Rhin n’est pas assez large pour former la séparation entre l’Hundsruck qui se rattache aux Vosges, et le Taurus qui, par le Vogelsgeirge et le Rhüngebirge, tient au Fichtelgebirge, un des grands nœuds du système Hercynio-Carpathien? Mais aussi nous pourrions objecter à ceux qui regardent les montagnes de la péninsule hispanique comme un massif indépendant des Alpes, que le bassin parcouru par le canal du Languedoc est trop peu large pour former une séparation entre le système hespérique et le système alpique.

Dans l’état actuel de la géographie, ou il faut renoncer à toute classification des montagnes, ce qui serait jeter la confusion dans une des parties les plus im-portantes de la science, ou bien il faut adopter des divisions générales susceptibles de certaines modifications. La nature se joue de nos systèmes, de nos classifications ; il faut toujours les modifier d’après des circonstances particulières. Dans a détermination des systèmes de montagnes , il y a plusieurs circonstances qu’on ne saurait négliger sans de graves inconvéniens. Nous signalerons entre autres certaines divisions généralement reçues et consacrées par un laps de temps considé-

‘ rable; la direction de la ligne qui indique

le principal partage des eaux ; la position des sommets les plus élevés de tout le système, et parfois même des souvenirs historiques on des considérations politiques dont il faut tenir compte,

On peut regarder, si l’on veut , tontes les montagnes de l’Asie comme autant de rameaux d’un seul et même tronc, tant il semble, au premier coup-d’œil , que toutes partent de cet immense plateau qui s'élève au milieu de la surface de cette partie du monde. Mais dès qu’on examine avec attention les meilleures cartes, on voit que la plaine du Gange et le désert de l’Adjmèr séparent les hauteurs qui ser-

pentent dans la péninsule, de celles qui appartiennent au grand système de l’ ‘ «ie.

Centrale. D’un autre côté, la dépn n si remarquable du sol ui environnc {4 mer Caspienne et celle d’Aral, plusieurs lacs salés et des déserts d’un niveau très bas, forment la séparation entre le massif de l’Oural et celui de l’Altai-Hymalaya, tandis que les déserts assez unis du nordest de l’Arabie , forment une interruption de hauteurs, suffisante pour faire regarder les derniers rameaux qui descendent du Liban, comme entièrement indépendans de ceux qui viennent du plateau central de la péninsule arabique.

Les nombreuses montagnes qui couronnent les îles offrent des difficultés non moins grandes dans leur classification. Faudra-t-il en faire autant de systèmes indépendans des uns des autres?

ou bien faudra-t-il les considérer comme des dépendances d’un système continental voisin? ou bien encore conviendra-t-il de les réunir en un système insulaire ?

Nous avons regardé comme une dépendance du système alpique les montagnes de la Sicile, que le détroit de Messine sé-

are à peine de celles de la péninsule italienne; nous avons vu un appendice du système scandinavique, dans la longue chaîne d’iles très élevées qui bordent la côte nord-ouest de la Norwège ; mais nous avons élevé au rang de systèmes.indépendans les montagnes des iles britanniques, des iles Açores et des îles, qui, au nord de l’Europe, forment le groupe du Spitzberg. Quoique les pics élevés de la petite chaîne de la Crimée-Méridionale, soient tout-à-fait séparés des trois systèmes Slavique, Slavo-hellénique et Taurocaucasien, nous n'avons pas hésité à regarder ces hauteurs comme une dépendance de ce dernier système, tant à cause de l’extréme voisinage de la chaîne du Caucase, que du peu d’étendue qu'a le chainon de la Crimée.

Mais l’emploi même du terme chaîne exige quelques observations. 1l n’est presque aucune des grandes chaines connues qui soit composée de montagnes absolument contiguës par leurs bases apparentes. Des vallées plus ou moins larges et profondes , des plaines élevées ou doucement ondulées séparent, à différens intervalles, ces prétendues chaînes continues. Si nous persistons à employer ce terme, c’est pour aider à l’intelligence

des lecteurs qui s’y sont accoutumés; c’est pour éviter introduction de nouvelles dénominations. C'est ainsi que nous avons considéré comme la mème chaîne les Karpathes-Orientaux , les Karpathes-Occidentaux , les Sudètes, | prsgebige, le.Fichtelgebirge et le Schwarz-Waid (Forèt-Noire), malgré les grandes interruptions qui les séparent,

Après la position et la direction des montagnes , c’est la détermination de leur hauteur qui doit surtout attirer l’attention et concentrer les recherches du géo-

raphe. Si les huit ou neuf mille côtes de

autenrs que l’on est parvenu à connaitre étaient réparties également sur toute la surface du globe, cette partie de l’orographie n’offrirait pas les lacunes immenses

ui causent les regrets du géographe. Plus ds neuf dixièmes de toutes ces hauteurs appartiennent aux parties montueuses les nus connues de l'Europe et à diverses contrées de l’Asie, de l'Afrique et de l’'Amérique, objets des explorations récentes de quelques célèbres voyageurs. Tout le reste de la terre n'offre qu’un petit nombre de sommets dont on connaisse la hauteur ; et souvent il faut même se contenter

d’une simple approximation, Les géogra-.

phies et les tableaux orographiques du globe donnent une foule de chiffres pour les régions les plus connues , telles que la Suisse, l'Italie, l'Allemagne , la France, la Grande-Bretagne, la Scandinavie, quel-

ues parties de l'Inde , de l’Asie-Russe et des Etats-Unis, quelques cantons du Mexi-

ue et de la Colombie, quelques fractions

e l’Afrique, enfin quelques iles de lOcéanie ; mais ces mêmes recueils de documens gardent le silence sur la hauteur des montagnes de toutes les autres régions du globe. Nous avons cru devoir traiter ce sujet d’une manière différente ; nous avons tâché d’offrir au lecteur le tableau abrégé, mais complet, de l’état actuel de cette partie de {a géographie ; nous avons, en conséquence, donné tous les points culminans connus de chaque système, et lorsque nous l’avons pu ceux des chaines principales. Dans un travail semblable , il ne s’agit pas d’entasser touics les mesures connues, mais d’en donner un certain nombre, en les choisissant Parmi les plus remarquables, surtout en tâchant d'indiquer, au moins approximalivement , un où deux points culminans, siuon de chaque chaine, du moins de

INTRODUCTION

chaque système. C'est ce qui n'avait pas encore été fait jusqu’à présent.

Mais quelques observations importantes, faites par un astronome célèbre, éclaireront mieux ce sujet. « Le nombre de points, dit M. Arago, dont l’élévation au-dessus! du niveau de l'Océan se trouve irrévocablement fixé, est très considérable ; et néanmoins, sans parler ici des contrées où les géographes n’ont pas encore pénétré, il serait difficile de dire avec certitude, pour l’Hymâlaya, pour le Caucase, pour les Cordillères, et même pour quelques chaînes de l’Europe, si l’on a véritablemen! mesuré les points culminans. Ce n'est pas qu’en tout lieu le voyageur n’ait dirigé son attention sur les sommités qui lui paraissaient les plus élevées; mais malheureusement en ce genre les apparences sont souvent trompeuses , et rien ne saurait suppléer à une mesure effective. L’isolement plus ou moins grand d’une montagne, l’inclinaison de ses penses, sa distance, sa forme, la «isposilion et la hauteur des terrains oui ronnans, l’état de l’atmosphère enfin, sont autant de causes d’illusion dont l’observateur le plus exercé ne saurait s’affranchir et qui disparaissent seulement devant le baromètre elles instrumens géodésiques.

S’il fallait citer des exemples à l’appui de ces réflexions, ils ne manqueraient pas, Ainsi, je pourrais dire qu’au commencement du xvaue siècle, on regardait généralement le pic de Téné:iffe comme la plus haute montagne du globe, quoique les Alpes suisses renfermassent des sommités qui le surpassent de plus d’un tiers, quoique des milliers de voyageurs, revenant

u Pérou, eussent aperçu la grande Cordillère des Andes, et visitéméme des villes populeuses établies sur des plateaux beau coup plus élevés que le pic. Je pourrais faire remarquer aussi que les Pyrénées avaient été parcourues par de savans académiciens, munis de grands instrumens, qu'on donnait encore le Canigou pour la plus haute sominité de la chaîne, tandis que nous savons aujourd’hui non-seulement que la Maladetta, le Mont-Perdu, le Cylindre, etc., le surpassent de 600 mètres; mais encore, d’après les observations récentes de M. Corabeuf, qu’à une petite distance de celle montagne, dans les limites même &u département des Pyrénées-Orientales, il existe des sommités de 140 mètres plus élevées, etc. ; il ne faut

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À LA GEOGRAPHIE

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donc pas s'étonner si, de temps à autre, certains pics descendent du rang qu’on leur avait assigné, Le Mont-Blanc luimême, depuis si long-temps en possession de la première place dans le système des montagnes européennes, a failli la perdre à la suite d’une mesure imparfaite du Mont-Rose ; aujourd’hui c’est le tour du Chimborazo. Cette montagne, si célèbre par les travaux de Bouguer de La Condamine, et surtout par ceux de M. de Humboldt, n’est plus la plus haute somimnité du globe, comme on le supposait Ste tant d'années; les mesures de l’Hymalaya l'ont prouvé; elle n’est pas même, à beaucore près, la plus haute des Cordilières ; M. Pentland vient de le reconnaitre de la manière la plus évidente, dans un voyage très intéressant dont tous les amis des sciences desirent la prompte publication. »

Notre cadre ne nous permet pas d’indiquer tous les ouvrages que nous avons compulsés pour rédiger l’article montagnes dans chaque partie du monde. Nous uous bornerons à signaler ceux auxquels nous avons fait le plus d'emprunts, ou

ui nous ont le plus servi pour les classifications que nous avons tracées : ce sont les ouvrages de M. de Humboldt, pour la direction et la hauteur des montagnes du Nouveau-Monde et de l’Asie-Intérieurs; ceux de M. Klaproth, pour les systèmes qui traversent empire Chinois et l’Asie centrale; les travaux publiés par les Anglais, pour les saontagnes de l’Inde, en deçà du Gange, et le beau travail de M.

Bruguière sur lorographie de l’Europe.

Les faits importans recueillis il y a quelques années par d’infatigables voyageurs et d’habiles marins, nous ont aidé à remplir une foule de lacunes et à rectifier plu-

. Sieurs erreurs. Ainsi, par exemple, nous

devons à l’amitié de M. Simonov, professeur d'astronomie à l’université de Kazan, et employé comme astronome dans l’expédition du capitaine Bellinghausen, la mesure exacte du Pic-Egnont dans la Tasmanie (Nouvelle-Zélande), qui n’a que 1274 toises de hauteur perpendiculaire, au lieu de 2395 qu’on lui donne dans tous les ouvrages les plus estimés, d’après évaluation approximative de Forster.

C'est M. de Rienzi qui nous a mis en état d’indiquer la hauteur du Pic-Cavayan dans les Philippines et de |’ 4/rnba- Hadj dans l’Abyssinie. C’est encore d’a-

près MM. Ferry et Terletzky que nous réduisons à 574 toises et demie le plus haut point de cette chaine, tandis que depuis long-temps on s'accorde à donner 1037 toises an Pavdinskoïkamen, qui D gr rte ne passe point pour étre le point culminant de l’Oural. Enfin, d’après les mesures prises par des voyageurs Russes, nous portons à 2700 toises la hauteur de l’Araraf, montagne à laquelle on n’assigne encore généralement que 1600 ou Lout au plus 2000 toises. Nous ferons même observer à propos de cette dernière montagne, que, dans notre Essaisur la statistique du royaume de Perse, publié en 1826, nous l’avions déjà estimée approximativement au moins à 2500 toises, d’après l’idée que nous nous étions faite de sa hauteur, sur la description puisée dans les auteurs Arméniens que nous en avait donnée M. Saint-Martin. La mesure exacte, prise par M. Parrot fils, dans son ascension, a confirmé ces conjectures, et a assigné à cette montagne une place parmi les plus hautes de l'Asie. Nous avons cité ces exemples, que nous pourrions faire suivre d’un grand nombre d’autres, afin

w’on ne regardàt pas comme des erreurs es évaluations positives ou approximatives, résultat de longues et difficiles recherches, parce qu’elles diffèrent beaucoup d’autres estimations regardées généralement comme exactes et admises comme telles dans tous les tableaux orographiques du globe. Nous devons aussi avertir que nous avons ajouté un point d’interregation après les mesures douteuses, et deux après toutes celles que nous avons calculées nous-mêmes suivant des méthodes approximatives, et en tenant compte de toutes les circonstances qui doivent entrer comme élémens dans ces sortes de calculs.

Quelques critiques nous reprocheront peut-être de n’avoir pas assigné une pee parmi les principales hauteurs de l’Amérique, aux chaines connues sous le nom de Cerros de Alla-Gracia et del Bergantin, entre le méridien de Caracas et celui de Cumana; à la chaîne qui, dans le district des Missions et dans la ci-devant province Cisplatine du Brésil, s'étend entre les 28° et 34° 30’ de latitude, en séparant les versans de l’Uruguay de ceux de la côte orientale; à une autre suite de hauteurs considérables que l’on repré-

sente dans le centre de l’Amérique-du- Sud, comme formant la séparation entre les eaux tributaires de l’Amazone et celles du Rio de la Plata, ainsi qu’à une autre chaîne de l’Amérique-du-Nord, qui sépare les bassins du Saskatchawan et de la Rivière Rouge (du Winnipeg), de ceux du Missouri et du Mississipi. Toutes ces chaînes, nous dira-t-on, sont figurées sur des cartes assez généralement estimées et récemment publiées; pourquoi les passer sous silence? Pour toute réponse nous ferons observer que les explorations de MM. de Humboldt, Olfers, Spix et Martius, Pohl, Eschwege, Long et autres voyageurs célèbres ont, depuis assez long-temps, démontré que ces hauteurs étaient purement imaginaires. Déjà, sur quelques cartes publiées à Paris, à Berlin, à Vienne et à Londres, par de savans géographes, des plaines entièrement unies ont pris la place des chaines d’Alta-Gracia et de Bergantin, et des collines ou des plateaux peu élevés et légèrement ondulés, ou bien un simple relèvement de deux contrepentes dans les plaines, ont remplacé ces prétendues chaines de montagnes.

Pour éviter les répétitions, et en même temps pour ne pas séparer des choses qui doivent étre réunies, nous avons tracé la direction des chaines principales de chaque système el indiqué leurs points culminans dans le chapitre consacré à la géographie physique générale de chacune des cinq parties du monde. Nous n’avons donné ensuite, dans la description particulière de chaque état de l’Europe, que l'indication des points les plus élevés des systèmes dont les chaînes principales ou secondaires traversent le territoire de ces états. Le lecteur sait déjà pourquoi nous n'avons imposé qu'avec une extréime réserve des noms nouveaux, aux nouveaux groupes que l’état actuel de la science nous obligeait de former.

Nous devons encore prévenir un autre reproche d’omissions graves qui pourrait nous être adressé par des juges peu compétens. Nous avons cru pouvoir passer entièrement sous silence quelques

rélendues hauteurs prodigieuses, teles que la montagne de Hickershill dans les Florides, le Cvimbatorine Hill du Nilgherry dans l'Inde, et les montagnes très élevées de la Terre des Etats, à l'extrémité de l'Amérique - Méridionale.

INTRODUCTION

En effet, nous savons , d'après les renseignemens que nous a donnés le major Poussin, que la plus grande élévation des Florides n’est que de 240 pieds anglais, chose qui rend tout-à-fait inconcevable l’éithète de montagnes prodigieuses que ui donne le révérend évêque de Mobile.

Nous lisons dans le Bast-lndia Gazetteer de M. Hamilton, à l’article Coïmbatoor, que la prodigieuse élévation du Cuimbatorine Hill n’est que de 5548 pieds anglais au- dessus de l'Océan. Enfin un capitaine anglais , qui en 1829 a visité l'âle des Etats n’estime qu’à 2000 pieds la hauteur de ses rochers. Si l’on voulait ranger parmi les montagnes toutes les inégalités du sol, qui, dans.les différens pays, surtout ceux qui consistent en vas- Les plaines, reçoivent le titre pompeux de mont, on verrait reproduire sur les cartes une foule de hauteurs très peu considérables et quelquefois mème entièrement imaginaires, dues soit au peu de connaissance que les voyageurs ont de la langue du pays qu’ils parcourent, soit à la manière inexacte dont s’expriment les indigènes. Ainsi, par exemple, le mot monte, synonyme en Espagnol de forét, a fait tracer sur les cartes de l’Amérique un grand nombre de montagnes qui n’oni jamais existé, Les Canadiens dit M. M’'Grégor, nomment montagnes, des collines qui ne dépassent jamais 340 pieds, et dont l'élévation moyenne est de 83 à 100 pieds les habitans de la vaste forêt de Bialowicza, située dans les gouvernemens de Bialystock et de Grodno, disent qu’ils vont à la montagne quand ils vont à la Bialowicza, quoique le terrain de cette forèt soit presque entièrement plat.

PLATEAUX, « L’élude de ces masses saillantes de notre globe, dit M. Lamouroux,.

est indispensable au géographe chargé de tracer leslimites des empires, au géologue qui veut pénétrer les mystères des anciennes révolutions du globe, au minéralogiste qui cherche à connaître la cemposition des montagnes, par les débris que les eaux entrainent ; enfin, à l’ingénieur qui doit diriger de grands travaux hydrauliques. »

Malgré leur grande importance, ces portions de terre sont entièrement négligées dans les traités de géographie, ou

ien n’y sont indiquées que d’une manière superficielle ou erronée. Nous pourrions citer tel prétendu plateau, qui, non-seu-

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À LA GEOGRAPHIE

lement n’est pas ptus élevé que les plaines de la partie du monde à laquelle il appartient, anais qui est même une des réions lea plus bases, Ayant senti toute l'importance de ce rait principal de la ge graphie physique, nous avons tâché de grouper dans chaque partie du monde, tous les terrains qui nous paraissent pouvoir être regardés comme de véritables plateaux, et nous osons nous flatter d'offrir, dans cet abrégé, sinon un travail complet, du moins un essai dans ce genre, aussi neuf qu'étendu.

vozaans, « Les détails que la plupart des voyageurs nous ont transmis sur les voloans sont incomplets et très vagues.

Aux yeux de l’un, toute portion de terrain d’où il s'élève un peu de fumée ou sur laquelle on aperçoit quelques étincelles, est un volcan; l'autre n’accorde ce nom qu'aux montagnes qui lancent incessamment des torrens de laves, de matières incandescentes et de cendres, Le premier inscrira dans son catalogue les flammes légères de Pietra-Mala, de Barigazzo, de Velleïa, de la Perse, de la Caramanie ; le second rangera Santorin lui-même dans la classe des solfatares. 11 faut joindre à cette première difficulté, la difficulté plus grande encore d'établir quelle distance doit séparer deux cratères pour w’ils soient l’indice de deux volcans distincts. À Ténériffe, l’éruption de 1706 se fit par une bouche éloignée de deux lieues du pic; celle qui détruisit Garachico était du côté opposé, dans un point distant du même pic, d’une lieue et demie; il y avait donc trois lieues et demie entre les deux bouches, sans que personne ait songé à les considérer comme appartenant à deux volcans distincts. Mais maintenant regarderons-nous l'ile de Paima, oùil y eutune éruption de laves en 1699, comme renfermant un volcan séparé de Ténériffe? La destruction du tiers de l’ile de Lancerote, en 1730, devra-t-elle*être considérée comme l'effet d’une éruption latérale du volcan du pic, ou comme l'indice d’un volcan particulier? Quel est le laps de temps que l’on doit admettre pour regarder un volcan comme éteint? Celui de Ténériffe s’était reposé quatre-vingt-douze ans, lorsque, le 9 juin, il commença subitement l'éruption de 1798. Le sommeil du Vésuve avait été encore bien plus long, lorsque son cratère se ouvrit en l’an 79 après Jésus-Christ, et ensevelit les villes

pu de Pompeia et de Stabies,

Après avoir brûlé pendant un millier d’années, ce volcan parut s'être totalement éteint, à tel point qu’en 1611, la montagne était habitée jusque près de son sommet, et qu'il existait un taillis et de petits lacs dans l’intérieur du cratère. Cependant depuis lors, son cratère se rouvrit de nouveau, et le Vésuve est actucllement regardé comme un des volcans les plus actifs, » Ù

Ces remarques judicieuses , dues à M. Arago, doivent être étendues aux volcans sous-marins de l’archipel proprement dit, à ceux des îles de Lipari , des Açores, des Aléoutes, de l'Irlande, et de la mer des Indes. Pour ne parler que d’un seul volcan de cette espèce très peu connu , nous citerons l’éruption qui eut lieu, en 1757, à trois lieues de Pondichéry ; elle a été vue et mentionnée par Prior. Depuis lors on n’en a pas observé d’autres dans ces parages.

La mulliplicité des langues que parlent les indigènes de l'Amérique méridionale, doit être regardée comme la source inépuisable d’une foule de méprises qui tendent à multiplier le nombre des volcans de cette partie du monde. Bien souvent une même montagne y porte, chez diffé rentes tribus limitrophes ou peu éloignées , des noms tout-à-fait diflérens. Le voyageur est donc exposé à croire à l’existence de deux ou trois montagnes ignivomes , au lieu d’une seule qmi existe réellement.

VALLÉES , DÉsunars , etc, Nous n’avons aucune remarque à faire sur les articles vallées et plaines, déserts et steps , et climats. Nous avons déjà dit tout ce qui était nécessaire dans les principes généraux et dans les chapitres respectifs de la géographie générale des cinq parties du monde. Il ne nous reste rien à dire non plus sur l’article enfoncemens, après ce que nous avons exposé à la page 657; mais nous réservons pour un autre ouvrage l'indication de quelques dépressions du sol, sinon aussi étendues et aussi profondes, du moins très remarquables, que nous avons. reconnues, et qui ont échappé encore à l'attention des géographes et des géologues, mais dont la démonstration exige des calculs et des recherches que nous n’avons pas le loisir d'entreprendre pour le moment.

MINÈRAUX , VÉGÉTAUX, ANIMAUX.

N'ayant point cultivé spécialement les trois branches principales de l’histoire naturelle, nous n’avous pas eu la témérité de traiter nous-mème ces sujets vastes et difficiles. Nous avons confié la rédaction des articles végétaux et animaux des cinq parties du monde, à deux savans naturalistes, MM. Guillemin et Lesson.

L’équité et la reconnaissance exigent une autre déclaration ‘de notre part : c’est qu’une partie des mammifères avait été précédemment rédigée par un troisième uaturaliste non moins distingué, notre ami Desmoulins , qu’une mort précoce a enlevé à la science. Comme nous n’avons envisagé les minéraux que sous le seul rapport qui doit intéresser le géographe, c’est-à-dire, sous celui des produits extraits de l’intérieur de la terre , qui sont les plus utiles à l’homme, et qui figurent, par conséquent, parmi les principales ressources d’un pays, nous n’avons eu qu’à fouiller dans nos cartons, pour en tirer des faits importans et peu connus.

D’après le mode de rédaction que nous avons adopté pour les tableaux minéralogiques des cinq parties du monde, le lecteur peut , d’un coup-d’œil, et sans faire aucune recherche préliminaire, trouver les pays où abondent les minéraux les plus utiles. Dans ce travail , à-la-fois spécial et d'ensemble, nous avons évité certaines erreurs trop répandues. Ce n’est pas sans surprise , en effet, qu’en parlant des mines de l’ltalie, nous voyons citer les mines de fer de la Sicile et de la Sardaigne, sans faire nullement mention de elles de l'ile d’Elbe, du Bergamasc, du Brescian, etc., etc., qui sont néanmoins les plus riches et les plus importantes. Dans le texte nous avons donné tous les éclaircissemens nécessaires pour faire apprécier cette nouvelle manière d'envisager un sujet trop souvent négligé ou traité avec des détails me à la géographie proprement ile.

Mais quelques observations nous paraissent indispensables pour justifier la place que nous avons assignée dans /es tableaux minéralogiques des cinq Parties du monde, à certaines contrées, sur la richesse minérale desquelles on a propagé les idées les plus erronées. Ces tableaux ont été rédigés d’après des documens officiels ou semi-officiels, pour tous les pays qui entrent dans le domaine de la statistique, et quant au reste ; Sur

INTRODUCTION

des conjectures extrémement probables, résullat définitif de longues recherches entreprises pour composer notre tableau statistique des principales mines du globe.

C’est donc d’après les quantités connues de métaux, de charbon de terre, ou de sel, fournies par ces mines pendant les années 1824-1828, que nous avons assigné la place convenable à chaque pays respectif, Dans l’article se/ , on a compris , nonseulement le sel gemme , mais aussi celui qu’on retire par l’évaporation ou par l’ébullition des eaux de la mer et des sources salées.

L'exploitation des mines dans les différens états offre des anomalies et des changemens non moins remarquables que ceux que nous avons signalés dans leur population et dans leurs revenus. L’Espagne, qui jusqu’à ces dernières années, ne retirait de ses mines qu’une médiocre quantité de plomb, que M. le comte de Laborde estime à 12,000 quintaux, se place aujourd’hui, immédiatement après l'Angleterre. Elle doit cet heureux changement à la créalion de la compagnie Ibérique, composée d’Anglais et d’Espagnols. Dès l’année 1826, le produit de l'exploitation ouverte par cette association au sein des montagnes des Alpujarras dans la province de Grenade, s’éleva à près de 500,000 quintaux, somme qui dépasse de beaucoup la quantité de ce métal qu’on retire de toutes les mines de l’Europs, celles de l’Angleterre seules exceptées. Ces dernières, qui, selon les plus célèbres stalisticiens, ne rapportaient que 300,000 quintaux, en ont produit 923,000 en 1828; sur celte somme énorme, les deux seuls petits comtés de Denbigh et de Fliat, dans le nord de la principauté de Galles, en ont donné 240,000, ce qui dé passe de beaucoup tout le plomb que la France, la monarchie Prussienne, l’em-

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de Hanovre et Sarde réunis retirent annuellement de !£ur sol respectif. Une révolution à-peu-près semblable a eu lieu, de nos jours dans la confédération Anglo- Américaine, à l’égard de l’exploitation du fer, de la houille et du plomb. Nous ne parlerons que de cette dernière; en 1826 elle ne s'élevait encore qu’à 15,600 quintaux; elle était de 68,000 en 1827; de 128,000 en 1828; elle montait déjà à 220,000 en 1829. Les progrès de l’exploitation du fer en Angleterre sont vraiment

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À LA GEOGRAPHIE. XXXI

étonnans. En 1796, le Royaume-Uni ne retirait de toutes ses mines que 125,000 tonneaux; ce produit s’est élevé à 250,000 en 1806, à 400,000 en 1820, à 580,000 en 1825, et à la summe énorme de 700,000 en 1827. Le seul comté de Stafford en a donné dans cette dernière année 226,000 tonneaux, et la partie méridionale de la principauté de Galles 272,000. Ces faits positifs comparés à d’autres faits non moins authentiques que nous avons sous les yeux, nous démontrent que le Royaume-Uni retire plus de fer de ses entrailles à lui seul que l'empire Russe et l'empire d'Autriche, la France, la monarchie Prussienne et le royaume de Suède réunis.

Nous dirons plus : le pays de Galles produit plus de fer que tout l’immense empire Russe, ou que toute la France, et son exploitation égale celle de la monarchie Prussiénne, du royaume de Suède et de l'empire d'Autriche réunis. Depuis longtemps l’Angleterre est justement regardée comme le pays de l’Europe qui produit le plus d’étain; depuis quelques années elle est devenue celui où l’on extrait la plus grande quantité de cuivre. En effet, le produit des mines de ce dernier métal qui se trouvent en Angleterre, a pris une telle extension depuis le commencement de ce siècle, que le seul comté de Cornouailles fournit aujourd’hui plus de cuivre que n’en donnent ensemble l'empire Russe, l'empire d’Autriche, la monarchie Norwégiéno-Suédoise, la monarchie Prussienne, la France et le royaume de Hanovre. Tout le monde sait que l’Angleterre a été le premier pays où l’onsatemployer utilement le charbon de terre comme combustible; mais ce qui n’est pas généralement connu, c’est qu'aujourd'hui le produit des mines de houille de la Grande- Bretagne dépasse de beaucoup celui de toutes les mines connues, malgré les rapides progrès qu’a faits cetie utile exploi-

tation en Belgique, en France, dans la monarchie Prussienne, dans l'empire d’Autriche, et dans les États-Unis de PAmérique-du-Nord.

Les mines et les lavages d’or et les mines d’argent présentent des changemens non moins remarquables. Si, en dépit des géographes et des statisticiens qui reproduisent en 1820, 1826 et 1832 des évaluations relatives aux années 1780 et 1788, la Hongrie a vu diminuer, presque de moilié, la quantité d’or et d'argent qu’elle extrayait à cette époque, la Transylvanie offre au contraire une grande augmentation dans le produit de ses mines et de ses lavages d’or, etla Bohème, dans ces der— nières années, a vu doubler le produit de ses mines d’argent par l'exploitation de celles de Przibram et de Miess. L’Oural, qui, jusqu’en 1814, ne devait sa célébrité qu'aux immenses quantités de fer et de cuivre qu’il livrait tous les ans au commerce, doit maintenant être rangé parmi les contrées métallifères les plus riches du globe; non-seulement il fournit de beaux diamans, un millier de marcs d’argent retirés du plomb et du cuivre, mais par ses mines et par ses lavages d’or, il assigne à la Russie une des premières places parmi les contrées d’où l’on retire ce précieux métal. Quant à la monarchie Prussienne, au Royaume-Uni, à la France, et à quelques autres états, que nos lecteurs pourraient s'étonner de nous voir ranger parmi ceux qui produisent de l’argent, nous ferons observer, que la quantité de ce métal retiré du plomb dans ces pays est trop considérable pour être négligée dans le tableau minéralogique de l’Europe. En effet, en 1826, la quantité d'argent retirée des mines de plomb, de cuivre, etc., s’éleva à 20,171 marcs dans la monarchie Prussienne, à près de 12,000 dans le Royaume-Uni et à 4971 en France.

S Il. Gévgraphie générale, politique.

BTENOGRAPHIE , RELIGIONS , etC. Après avoir signalé dans les principes généraux toute l'importance que doivent avoir pour le géographe les articles ethnographie, religion et gouvernement , non-seutlement nous leur avons consacré de longs développemens dans la description générale des cinq parties du monde, mais nous avons cru devoir revenir sur quel-

ques détails du même ordre dans celle des états et des régions géographiques de l’Europe. Les recherches auxquelles nous avons dû nous livrer pour rédiger l'Atlas ethnographique du globe, el les tabléaux statistiques des religions et des langues qui forment la seconde partie de cet ouvrage, nous auraient fourni les woyens d'offrir les chiffres approximatifs

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auxquels nous croyons pouvoir nous arrêter, pour la population de chaque état distribuée d’après les croyances religieuseset d’après les langues; mais n ayant pas assez d'espace ni de loisir pour justifier nos évaluations, nous nous sommes borné à la simple exposition des rapports approximatifs qu'ont entre elles ces fractions de la population de chaque partie du monde ou de chaque état.

Nous ne pouvons relever ici toutes les erreurs qui se sont malheureusement accréditées, concernant l’ethnographie, les religions et les gouvernemens. Le lecteur peut les découvrir facilement, en comparant nos classifications avec celles des autres auteurs. Îl est vraiment inconcevable qu'après les savantes publications de MM. Xlaproth , Abel Remusat , Jaubert, de Hammer et autres célèbres orientalistes , on puisse encore confondre des peuples turcs avec les Mongols, des nations de race persane, avec des nations de race turque, faire des Somaulis une tribu d’Arabes mahométans , et dire que la langue japonaise est un dialecte de la langue mongole!

Nous croyons devoir faire une remar-

ue sur les épithèles de nations #0meuses, assez nombreuses et très nombreuses, employées souvent dans cet ouvrage. Ces épithètes ne doivent pas être prises dans un sens absolu, mais dans un sens relatif à la masse de la population totale distribuée sur la partie du moude à laquelle se rapportent les nations qu’on veut qualifier ainsi. Une nation du Nonvean-Monde qui compte de 15 à 20,000 individus, est une nation très nombreuse, surtout lorsqu'il s’agit des peuples nomades de l’Amérique-du-Nord.

Malgré les exagérations absurdes de plusieurs voyageurs, des géographes et de quelques prétendus statisliciens , nous tonnaissons peu de nations nomades de l'Amérique, go comptent un plus grand nombre d'individus. Nous référant toujours à ce que nous disons aux pages 60, 61 et 62, nous avons employé l’expression souche, qui, dans cet abrégé, doit toujours être regardée comine synonyme de celle de famille linguistique ; car ne voulant rien décider sur la question délicate et diflicile de la variété des races hu- Maines, nous n'avons basé nos observatons que sur les iangues. -

ENDUBTALS, COMMERCE, AGRICULTURE,

* INTRODUCTION

Les économistes de l’école d’Adam Smith ont prouvé par des argumens invincibles, mais que nous ne reproduirons plus, parce qu’ils sont tombés dans les lieux communs de la science, que ces trois modes du travail humain sont également productifs, el par conséquent également recommandables. A cette démonstration, on a joint quelques observations relatives à l’importance du travail intellectuel ou de l’industrie qui ne s’exerce point sur la matière, ainsi qu’à l’utilité du commerce de réserve que l’on flétrissait autrefois du nom odieux de monopole. Une école nouvelle a fait ressortir les inconvéniens de la concurrence illimitée ; elle a surtout insisté sur les pertes que le commerce de détail fait éprouver à la société, vu l’inutile multiplicité des agens, la complication des moyens et la facilité des raudes de toute espèce. A cette dernière exceplion près, le principe de légale uilité des trois branches d: l’industrie générale est demeuré intact. Le géographe statisticien doit donc une égale attention aux trois ordres de faits, industriels, agricoles et commerciaux. 11 doit s'étendre soit dans la géographie générale de chaque partie du monde, soit dans la description particulière de chaque état, lorsque son cadre le lui permet, sur tout ce qui concerne ces trois sources principales de la production, et par conséquent de la richesse des états. Nous démontrons à la page 59, dans les principes généraux, que tous les peuples civilisés et barbares exercent avec plus où moins de perfection l’agriculture et certains arts, selon leur état plus ou moins avancé dans la civilisation. Malgré le crédit qu'ont trouvé quelques fables concernant l’ignorance de certaines population de l’Europe en agriculture, dans les arts et les manufactures, nous n’hésitons pas à assurer qu'il n’y a pas un seul pays compris dans la grande famille européenne qui ne possède maintenant des méthodes agricoles et des manufactures déjà perfeclionnées. M. de la Roquette a démontré toute la fausseté de ce que l’on a publié à cet égard sur l’Espagne; M. le comte de Tournon, sur l’ancien département de Rome; M. Schnitzler, sur l’empire Russe. et notamment sur les gouvernemens qui forment ia Grande- Russie ; les tableaux des exportations de l'empire d’Autriche ont mis au grand jour les progrès étonnans que l’industrie

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À LA GEOGRAPHIE. XXAIIt

a faits en Autriche eten Bohème, depuis le règne mémorable de Joseph 11 ; et personne n’a encore donné un démenti aux faits nombreux que nous avons opposés aux valomnies débitées sur les Portugais.

Il est donc ridicule ou pour le moins inutile de répéter, dans la description de chaque pays, en nourrit beaucoup de Bœups, de chevaux, de brebis, etc.; qu produit beaucoup de blé, d'avoine, orge, etc.; beaucoup de fruils, de vin, de bière, etc. ; qu’il y a des fabrique de toile, des verreries, des {anneries, des forges, des manufactures d'armes, et une foule d’autres choses semblables, qui remplissent bien des pages dans les traités de géographie, et qui n’apprennent rien à personne. .Voulant éviter, autant que possible, d’inutiles ré pétitions, nous avons pensé que nous pourrions faire connaitre les principales productions d’un pays en rédigeant, dans la géographie générale de chaque partie du monde, les articles minéraux , végétaux et animaux, de manière à signaler les contrées où tel minéral abonde le plus, et celles où tel végétal, tel animal, sont le plus communs. Dans Particle èndustrie, nous nous sommes borné à indiquer les branches qui, dans chaque pays, occupent réellement le plus de bras et de capitaux. L’indication des principaux objets d’ëmportation et d’exportation, qui forme une des parties principales de nos articles commerce, montre d’un coup-d’œil au lecteur, soit les branches les plus florissantes de l’industrie d’une contrée ou d’un état, soit les principaux produits de l’agriculture, soit enfin, ceux que le travail de l’homme tire des entrailles de la terre ou du règne animal. Car, à l’exception du commerce d’entrepôt et de transit exercé par certaines places , il est évident-qu'un pays n’exporte que ce qu’il ne peut consommer et par conséquent les objets qui y sont le plus abondans; et vice vers, il n’importe que les objets dont il manque absolument, ou du moins dont il ne possède pas la quantité nécessaire à sa consommation. Ainsi, tout lecteur qui voudra lire notre ouvrage avec méthode et en suivant l'ordre dans lequel les sujets sont traités,

y trouvera tous les renseignemens de statistique aus que l'on peut demander à un livre élémentaire.

grar socraz, Nous ne dirons ici que peut de chose des esquisses que nous avons données sur l’éfat social des Africains, des Américains et des Océuriiens. Ces articles, fruit de longues recherches et de bienveillantescommunications, trouvaient naturellement leur place dans une géographie, où tout ce qui tient à l’homme est traité avec beaucoup plus de détail qu’on ne le fait généralement dans les ouvrages de ce genre. D’ailleurs il impans de grouper, en un seul faisceau, es traits caractéristiques de la civilisation primitive des principaux peuples qui habitent ces parties du globe, ainsi que les phases diverses qu’elle a subies à différentes époques. Ce travail nous a paru d’une utilité urgente ; car les traces qui restent de l’état primitif de la plupart de ces peuples sont, à quelques exceptions près, bien fugitives; et dans quelques années , il ne sera plus possible d’en saisir l’ensemble , d’en apercevoir les contours.

Les monumens éternels de la région du Nil, et quelques débris imposans des constructions de l’Amérique et de l'Océanie, resteront seuls pour altester l’antique civilisation de ces pays; mais dans dix ans d'ici peut-être, où trouvera-t-on un seul vestige de la civilisation des races indigènes qui ont peuplé jadis une si grande partie de l'Amérique-du-Nord , englobées ou perdues aujourd’hui dans le rapide développement de la population Anglo- Américaine? Dans l’Océanie, dans l'Amérique-du-Sud , tout cède également devant la marche rapide de la civilisation importée d'Europe. Mais ces esquisses auront en outre le précieux avantage, grâces au soin que nous avons mis à leur rédaction et aux lumières dont nous nous sommes entouré, de redresser une foule d’erreurs répandues par des voyageurs de mauvaise, foi ou amis du merveilleux, et accréditées ensuite par des géographes peu soigneux ou peu instruits. Au reste ces esquisses, destinées à faire partie du Tableau physique, moral et politique des cinq por ties du monde (*), ont déjà reçu d'honorables sanctions; les directeurs d’un

(*) Dans le cours de cet Abrégé nous avons fait

être le complément de l'Atlas ethnographique

de nombreux emprunts à ce Tableau, qui doit du globe, publié à la fin de 1826. Nous n'avons (4

recueil qui jouit, à juste titre, d’une haute réputation, la Revue britannique, se sont empressés de les publier dans leurs livraisons, et l’accueil flatteur que le public a fait à ces articles, est pour nous un sûr garant de leur exactitude.

On nous reprochera peut-être de n’avoir pas exécuté le même travail pour l’Europe et pour l’Asie. Nous le déclarons ici avec franchise, nous ne nous sommes pas cru compétent pour embrasser une semblable tâche, qui est plutôt du domaine de l’histoire, de l’archéologie et des hautes sciences morales et philosophiques. Nous n’avons pas osé aborder les questions délicates et encore indécises relatives à ces théogonies aussi bizarres que diverses qui ont tour-à-tour dominé l’Asie, et qu’on peut regarder, jusqu’à un certain point, comme les sources les plus anciennes et les plus fécondes de la civilisation primitive ; à ces invasions et à ces migrations multipliées qui, à différentes époques et avant les temps historiques, ont tant de fois changé la face de cette partie du monde. Comment aurions-nous été assez téméraire

pu encore livrer à l'impression cette seconde partie de notre grand ouvrage, parce que nous devions auparavant poser les bases de notre nouveau système de géographie, et établir divers tableaux de stañistique comparée. Les matériaux sont presque tous réunis ; mais leur ordonnance et les points de vue entièrement nouveaux, sous lesquels nous nous proposons de les présenter, demandent encore de longs calculs et de pénibles recherches que nous avons dà interrompre pour nous occuper d’abord presque exclusivement des additions à cette troisième édition de l’4brégé, et ensuite de la rédaction de l'Essai statistique sur l'empire d'Autriche, comparé aux principaux élats du monde, et précédé d'un Tableau statistique de la Terre, ouvrage, où l'on discute et à i'on offre lesélémens qui doiveut servir de base à toutes les comparaisons de statistique physique, morale et politique que nous y ferons. Bien loin de vouloir rien retrancher du cadre du Tableau physique, moral et polilique des cinq parties du monde, que nous avons tracé à la fin du discours préliminaire du Premier volume, nous lui avons fait subir au contraire d’utiles augmentations en y ajoutant Quelques tableaux de géographie et de statistique &énérales du plus haut intérêt, mais d'une com- Position très difficile. Voici les titres de quelques- Uns : Tableau météorologique du globe; Tableau Orographique de la Terre, offrant les Points culminans de tous les systèmes montueux Conaus et ceux de leurs chaines principales, ainsi que les plateaux les plusremarquables, avec l'in-

INTRODUCTION

pour entreprendre de débrouiller le chaos que présente la population primitive de la vieille Europe, de suivre, dans toutes leurs phases, les longues perturbations qu’elle a subies, de nous identifier avec les époge brillantes de la Grèce et de Rome, e pénétrer ensuite dans la nuit du moyen âge, et d'arriver enfin jusqu’à notre époque , en traversant les longs orages qui ont accompagné la renaissance des lettres et des arts? Non, nous n’avions fait ni les études préparatoires ni les recherches immenses qu’exige la détermination de l’état rimitif et actuel des Asiatiques et des uropéens. Néanmoins, à chacune des éditions de notre ouvrage, éditions qui s’enrichissent toutes d'améliorations successives, nous ajoutons quelques traite caractéristiques des mœurs, des arts et de J’histoire des peuple: civilisés; tous ces traits réunis composeront enfin une esquisse propre à tenir, en quelque sorte, la place du tableau que nous ne saurions peindre.

| DIVESIONS. À la page 103 de cetouvrage, nous montrons qu’il est impossible de tra-

dication d’un grand nombre de villes situées à une grande élévation au-dessus du niveau de la mer; Tableau des principales cascades du globe, avec la désignation de leur hauteur et de leur largeur; Tableau des bains el des eaux minérales, avec l'indication du degré de leur température et de la qualité de leurs eaux; Tableau des terrains ignivomes du globe; Tableau statistique des principales mines du globe; Tableau statistique des produits du règne végélal et des animaux domestiques de tous les états de l’Europe el de quelques élats des autres parties du monde; Tableau des monumens anciens et modernes les plus remarquables, offrant la comparaison des pyramides, des tours, des tèches eldes coupoles les plus hautes, les dimensions des principaux temples et celles des plus grandes statues; Tableau des importations et des exportations des principaux états et des principales villes du monde; Tableau statistique des religions; Tableau statistique des langues; Tableau de l'élat social des Africains, des Américains et des Océaniens, etc.; Tableau statistique du globe vers la moitié du xv° siècle, dans les années 1789, 1813, 1826 el dans l’année de la publication de l'ouvrage; Tableau statistique des prisonniers, des criminels, des pauvres, des suicides, des enfans illégitimes, des écodiers, etc., etc., de presque tous les états de a sg et de quelques états des autres parties du monde.

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cer des divisions naturelles de l’Europe qui correspondent exactement à ses divisions politiques. Nous avons signalé d’autres difficultés relatives au mème sujet dans diverses parties de cet ouvrage. lci nous devons nous arrêter sur un point, qui est le plus important de toute la géographie politique ; car il ne s’agit de rien moins que ‘de la classification des princiqass pays du globe. À la page 22, dans es principes généraux, nous voyons ce que c’est qu’un éfat, définition qu’on cherche en vain dans les traités de géographie, malgré la confusion et les erreurs graves qui résultent de cette lacune. Pénétré de cette vérité, dès l’année 1816, nous nous sommes empressé de la mettre à la tête des définitions de la gévgraphie

olitique. Mais quelques observations sont indispensables pour démontrer la justesse etles inconvéniens du silence que gardent, à ce sujet, des géographes connus pour marcher à la tête de la science.

Tous les pays qui forment la monarchie Anglaise et la monarchie Prussienne, l'empire d’Autriche et celui de Russie, n’ont qu’un seul pouvoir suprème qui réside dans leurs capitales respecLives; toute contrée qui fait partie de ces états, quels que soient d’ailleurs son étendue, son importance el le titre dont elle est décorée, n’en est pas moins une partie intégrante qui reconnaît le pouvoir suprème résidant à Londres, à Berlin, à Vienne, à Saint- Pétersbourg, et ne peut et ne doit jamais figurer de son côté parmi lesétals politiques.

Ce principe, qui ne devrait être méconnu par aucun géographe, n’est pas toujours respecté. Îl en résulte la plus grande confusion. Non-seulement toute division politique devient vague quand il ne s’agit plus de l’Europe, mais on trouve une foule de contradictions et d'erreurs, même dans cette partie du monde, dont la description offre encore aux véritables savans tant de lacunes et d’incertitudes. Ne voyonsnous pas des traités de géographie très estimés publiés dans ces dernières années, accorder une place principale à la Corée, au Tibet, à la Mongolie, à l'Arabie avec le titre de principaux états de l'Asie.

N’avons-nous pas trouvé dans ces mêmes ouvrages un tableau statistique où, ho les principaux états de l’Europe,

gurent l’Zs/ande et la Laponie? Mais la Coréeestun royaume tributaire de laChine et du Japon; le Tibet et la Mongolie sont

A LA GÉOGRAPHIE

des régions géographiques, qui, depuis long-temps, peuvent être regardées comme comprises dans l'empire Chinois; l'Arabie n’est pas un état, maisunerégiou géographique subdiviséeenun grand nombre d’états de différente étendue et gouvernés différemment; l'Islande appartient géographiquement à l’Amérique, et forme sous le rapport politique une partie intégrante du royaume de Danemark; la Laponie n’a jamais été un état et n'est qu’une grande région géographique, partagée aujourd’hui entre la monarchie Norwégiéno-Suédoise et l'empire Russe. En admettant de semblables divisions politiques, l’auteur aurait pu compter avec autant de raison parmi les états actuels de l’Europe, la république de Venise et celle de Gènes, la péninsule Hispanique et la péninsule Italienne, et les nombreux états ecclésiastiques Allemands qui ont cessé d'exister au commencement du x1x° siècle.

En adoptant la définition de l’efaf telle

ue nous l’avons donnée, cette confusion

isparaltrait; mais il resterait toujours

uelques doutes, conséquence des anomalies qu’offrent le gouvernement et les relations politiques de certains petits états comparés avec d’autres états beaucoup plus considérables, ou bien des grands privilèges que d’anciens traités ou des Chartres ont accordés à certains territoires. Quelques exemples aideront le lecteur à se furmer ane idée précise de ces anomalies politico-géographiques.

Tous les géographes s’accordent maintenant à classer parmi les états la république des Iles-Ioniennes, parce que son existence politique a été reconnue par le congrès de Vienne. Mais l’indépendance de cette république, que quelques géographes nomment Efats-Unis des Iles-I0niennes, est plutôt nominale que réelle; car le protectorat qu’y exerce le roi d’Angleterre par l’intermédiaire du /ord hautcommissaire, est une véritable souveraineté. Tous ceux qui voudront se donner la peine d'examiner, d’une part les attributions accordées à ee fonctionnaire, et, de l’autre, les privilèges dont jouissent les intéressantes peuplades qui habitent le Saterland dans le grand-duché d’Oldenbourg et l'ile d’Helgoland, annexe du Royaume-Uni, n’hésiteront pas à accorder à ces deux petits pays l’honneur de figurer parmi les états de l’Europe, à côté de la République septinsulaire,

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privilège auquel ils ont même plus de droit que cette dernière, car leur administration est, de fait, indépendante des «eux royaumes dont ils sont censés faire partie.

Nous avons vu il y a quelques années un

savant sortir de la routine, en accordant:

une place dans le tableau général des élats del’Éuropeà/aprincipauté de Monaco, que, mal-à-propos les géographes et les auteurs d’almanachs politiques et stalistiques s’accurdent à classer parmi les souverainetés médiatisées. Mais, pourquoi, ayant fait cette utile innovation à l’égard d’un si petit état, ne l’a-t-il pas étendue à la république d’Andorre? L'existence de ce pays indépendant, entre la France et l'Espagne, avait déjà été signalée à l’attention des géographes, dès l’année 1823, ar la Revue encyclopédique. Pendant a dermèrc guerre de la péninsule Hispanique, nous avons vu la poursuite des soldats de la Foi par l’armée des Cortès, être considérée comme une violation du territoire de cette république, que la France regardäit comme un état neutre.

La petite redevance que les Andorrans payaient aux autorités françaises résidant dans leci-devant comté de Foix, en France, et à l’évêque d’Urgel, dans la Catalogne, ne saurait être alléguée contre son indépendance, puisque tous les geoxralies s’étaient accordés à classer parmi les états indépendans la république de Raguse, malgré la redevance de trois mille ducats que, tous les trois ans, elle payaïit à la Porte-Ottomane. .

Des transactions récentes ont assuré l'indépendance politique du nouvel état de la Grèce et des trois principautés de Servie, de Valachie et de Moldavie, naguère encore regardées comme faisant partie de Pempire Ottoman; mais plusieurs autres contrées de cet empire, même en Europe, pourraient être considérées comme des pays indépendans, sinon de droit, au moins de fait : tels sont le Montenegro, le vaste territoire des Mirdites, qui compte plus d’habitans que certains états de l’Europe, etc., etc. Plusieurs motifs nous ont empêché de faire cette innovation; mais nous avons cru indispensable de signaler au lecteur l'indépendance de ces pays, tout en les décrivant comme parties intégrantes de l’empire Ottoman, de peur qu’il ne les confondit avec les pays complètement soumis. Et, puisque nous en sommes sur Ce sujet, nous mentionnerons

INTRODUCTION

aussi en Espagne la vallée de Roncal, dans la Navarre, qui a un gouvernement presque démocratique, et /a ville et le territoire de Cazar de Caceres, dans l'Estramädure, qui jouissait de tant de privilèges qu'on pouvait presque la regarder comme une république démocratique; enfin, dans le grand-duché de Mecklembourg-Schwerin, la ville de Rostock qui, à cause de ses privilèges, peut être regardée, dit M. Stein, plutôt comme une république vassale que comme une ville soumise au grand-duc.

Nous nous sommes souvent demandé pour quelle raison les géographes et les auteurs de statistique, dans leurs traités élémentaireset leurstableaux, s’accordent à décrire, avec les plus grands détails, jusqu’aux plus petits états indépendans de la Confédération-Germanique, tandis qu’ils ne décrivent qu’en masse, et comme ne formant qu’un seul état, les vingt-deux cantons de la Confédération - Helvétique.

Cependant ces derniers pays sont tout aussi indépendans les uns des autres que le grand-duché de Bade l’est à l'égard du royaume de Wurtemberg, ou ce dernier état à l’égard de la Bavière. Nous avons senti linconséquence d’une semblable méthode, et dans le chapitre de la Confédération-Suisse nous avons indiqué tous les étais différens que comprennent ses vingt-deux cantons.

Nous n’avons pas été peu surpris de voir quelques savans estimables nous reprocher d’une part le silence que nous avons gardé, dans la Balance politique du

lobe, relativement au duché de Saxe- 30tha et à la principauté de Reuss-Lobenstein , el de l’autre la place qu nous avons accordée à la seigneurie de Kniphausen parmi les états de la Confédération-Germanique. Ces critiques nous ont cité, à appui de leurs observations , des géographies et des tableaux statistiques publiés en France et ailleurs, en 1826 et 1827, dans lesquels les deux premiers états figurent encore ‘parmi les membres de la Confédération, tandis qu’on y cherche en vain le troisième. Notre justification a été bien facile. Nous n’avons eu que la peine d'ouvrir les cahiers des Ephémerides géographiques de Weimar, où l’on voit que, dès l’année 1824, la principauté de Reuss-Lobenstein, et dès l’année 182%, le duché de Saxe-Gotha , ont été réunis à d’autres états par la mort de

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leurs princes respectifs décédés dans ces mêmes années, sans héritiers mâles. Un autre article de ce même journal donne l'historique des longs débats entre le comte de Béntink, seigneur de Kniphausen, et le duc de Holstein-Oldenbourg, qui prétendait être son suzerain , débats qui ont fini par l’admission à la Confédération-Germanique du chef de la maison de Bentink comme seigneur de Kniphausen,.

Mais les contradictions et les lacunes dont est semée !a géographie politique de l'Europe, ne sont rien en comparaison des innombrables et inconciliables incohérences que nous offrirait la géographie politique des autres parties du monde, si nous voulions examiner quels motifs déterminent les géographes dans le ch«:. des pays qu’ils nous présentent comm des élats, c’est-à-dire, comme des contrées tout-à-fait indépendantes. Ainsi, presque tous décrivent comme des pachaliks ou des sandjaks, ou comme desprovinces Le les territoires de Bayazid, Mouch, Van, Djoulamerk, Amadia, Souleimanieh, Kara-Djolan, et Zahonu ou Séhau dans le Kurdistan, tandis que M. Jaubert, qui a traversé ces pays, nous a dit positivement, qu’à l'exception de Van, le grand-seigneur n’en est le souverain que de nom. Ne voyons-nous pas tous les géographes donner encore Balkh, Koulm, Khoundez ou Khoundouz, Kachemire et autres vastes contrées au schah de Kaboul, et ôter au roi de Siam le droit de suzeraineté sur les petits royaumes de la péninsule de Malacca, en les représentant comme toutà-fait indépendans ? Mais d’après un excellent article publié en 1825 par le Singapoura-Chronicle, journàal que, pour ces régions éloignées, on peut citer comme autorité, tous ces prétendus élats ne sont réellement que des principautés vassales de la cour de Siam. Le Kachemire, en 1819, est passé sous la domination de Randjit-Singh, qui du plus puissant chef de la confédération des Seikhs, en est devenu le roi, en réunissant toutes les principautés rivales dent elle était composée en une puissante monarchie. Au contraire, ie pays de Khoulm avec Balkh et celui de Khoundez, non-seulement sont, de fait, indépendans, mais paraissent même jouer maintenant un rôle important dans cette partie de l'Asie. Myr-Kalitch-Ali-khan a su, non-seulement soustraire à la dépendance immédiate du

A LA GEOGRAPHIE

XXXVIR

oo

schah de Kaboul le territoire de Khoulm, mais encore y réunir celui de Balkh, Les derniers renseignemens nous représentent le souverain de Khoundez comme un guerrier très entreprenant. En 1820 et 1821, il paraît avoir soumis à sa domination une grande partie des khanats que le voyage à Boukhara de M. de Meyendorf nous représentait comme des états indépendans,

Notre abrégé , ainsi que toute géographie élémentaire , étant destiné à présenter les points culminans et la partie positive de la science, nous nous sommes borné à classer parmi les états du Turkestan-Indépendant , de la Perse, de l'Arabie et des autres grandes régions géographiques de lAsie, ceux qui paraissent avoir le plus de stabilité , et sur la:

situation politique desquels nous avions trouvé le moins de contradictions dans les.

rapports les plus récens des voyageurs et des journaux de l'Orient. A la page 809 nous citons l’opinion d’un savant célèbre:

à l'appui de notre manière d'envisager les Etats Barbaresques, qu'on regarde à tort comme des parties intègrantes de l’empire Ottoman, Nous verrons, en partant de la Nigritie, quels sont les principes qui nous ont guidé dans le choix des’états de cette vaste partie de l’Afrique. Des renseignemens précieux sur l'Océanie hollandaise nous ont mis à même de rayer de la liste des états, l’empire de Menangkabou et d’autres contrées que les géographes regardent comme indépendantes, mais qui ne sont que de ee principautés vassales de la monarchie Hollandaise. Cette soumission est le résultat des victoires remportées il y a quelques années par les troupes néerlandaises sur différens peuples, etparticulièrementsur les Padrt.

Cette secte de Mahométans fanatiques , dirigée par des chefs aussi adroits que belliqueux, voulant convertir à ses dogmes le peuple de l'empire de Menangkabou, commença par en déposer les chefs, et finit par y établir son oligarchie théocratique. Depuis 1825, les anciens souverains , rétablis par les Hollandais sur le trône de leurs ancêtres, reconnaissent la suzeraineté du roi de Hollande , et les Padri, retirés dans un district des frontières de cet empire, pratiquent tranquillement les rites de leur religion et observent les stipulations convenues.

Mais devra-t-on classer parmi les états

XXXVIHI

postes les territoires plus ou moins

tendus , occupés par les Cric4s et les Tcherokis, qui ont fait de nos jours de

. si grands progrès dans la civilisation ; ‘ par les Moguis, les Cazas-Grandes elles Arauéans, qu’on nous représente comme si supérieurs sous ce rapport aux autres peuples de l'Amérique , parmi lesquels ils conservent encore leur liberté entière ?

Que dirons-nous des vastes espaces qne parcourent les belliqueux et terribles Sioux, les Apaches,\es Arrapahoes, les Marépizanos, les Manilivitanos, une foule d’autres peuples indépendans répandus d’un bout à l’autre du nouveau continent, et qui ne reconnaissent d’autre autorité que celle de leurs chefs ? À notre avis, iln’y a pas de géographe qui puisse leur refuser la qualité dont il s’agit ; mais nous avons suivi à leur égard la méthode adoptée pour les contrées semblables de l’Asie, de l'Afrique et de l’Océanie , en leur accordant les seuls détails que notre cadre comportait.

«+ Les nouveaux états qui se sont élevés au-delà de l’Atlantique sur les débris des colonies espagnoles, portugaises et françaises, n’ont pas encore pris cetle attitude calme qui succède tôt ou tard aux agitations politiques. Ni la forme de leur gouvernement, ni leurs divisions administratives ne sat encore bien consolidées. Nous avons vu le Mexique passer

INTRODUCTION

de la monarchie à la république , et constituer enfin une confédération. Le Chili à au contraire , après avoir été une confédération, est maintenant une république.

La république de Colombie, après avoir beaucoup souffert par les discordes intestines, parait s’être définitivement partagée en trois républiques , pour ne former qu’une fédération. On sent bien qu'il nous est impossible, en arrivant à ces états livrés à la guerre civile et à l’anarchie qui en résulte, d'atteindre à une par-' faite exactitude dans leur description , et surtout dans l'indication de leurs confins et de leurs divisions administratives, malgré nos nombreuses relations, et malgré les secours multipliés que nous avons reçus d'un grand nombre d'hommes distingués appartenant à ces régions lointaines. ;

On ne doit chercher dans cet abrégé ni l'empire du Grand-Mogol, ni l'empire d'Abyssinie , ni celui du Monomotapa, ni la Confédération des Maharattes , ni les Possessions hollandaises en Asie, etc. , etc. Les trois premiers états n’existent plus depuis long-temps ; la Confédération des Maharaties a été dissoute dans ces dernières années par les Anglais ; et d’après le dernier traité conclu entre lAngleterre et les Pays-Bas , la Hollande n’a plus de possessions territoriales en Asie.

$ 1V. Géographie particulière.

. TITASS D8S ÉTATS, Il serait à-peu-près inutile, ou du moins de peu d'intérêt , de discu'er tous les fifres employés pour désign r les différens états décrits dans cet abrégé. La géographie extra-européenne offre seule, sous ce rapport , des difficultés véritables. Cependant le géo-graphe qui raisonne ne sait pas s’il doit, d’après les traités et les actes officiels, donner le titre d’Ztats-Unis des îles Ioniennes à la République des les de ce nom , où bien, si d’après la forme de leur gouvernement, il ne doit pas leur conserver cette dernière qualification. Selon nous , celle-ci leur convient beaucoup mieux. En effet, ces Îles forment une répue et non une confédération comme ’indique le titre d’Etats-Unis des îles Joniennes. C'est pourquoi nous avons préféré employer le titre de République des iles Ioniennes dans la Balance poli-

tique du globe et dans notre abrégé. En outre , il est nécessaire de dire un mot sur le titre de monarchie, employé si souvent dans cet ouvrage. Nous l'avons constamment donné à tout état formé par la réunion de plusieurs royaumes et autres souverainetés, ou dont les possessions s'étendent dans différentes parties du monde ; nous avons conservé celui de royaume à tout état homogène qui a un roi pour chef. Faute d’adopter cette distinction , tout est confusion dans la géographie politique, ou bien il faut employer à chaque instant de longues périphrases.

Comment distinguer autrement Îa tot&lité des pays soumis au roi de Prusse, de ceux qui forment la Prusse |A ot dite? En appelant monarchie - Prussienne les premiers, et royaume de Prusse les seconds , toute confusion disparait. C’est ainsi que nous avons nommé

nployer brases.

a totässe , de rement Prusme de on disnommé

À LA GEOGRAPHIE. XXX1X

monarchie-Anglaise, monarchie-Espagnole, l’ensemble des contrées soumises aux rois d'Angleterre et d’Espagne, et que nous avons réservé au no:au même de ces états, la qualification particulière de Royaume-Uni, et de Royaum d'Espagne. Nous n’avons donné le titre d'empire qu'aux états qui l’ont réellement. Cette qualification est cependant très vaguc , lorsqu'on sort des confins de l’Europe. Devons-nous conserver le titre d'empire aux pays gouvernés par les sultans indépendans d’Achem , de Bornéo , de Mindanao et de Soulou, ou méme à ceux qui sont gouvernés par les sultans de Souracarta, de Djocjocarta, de Menangkabou, de Ternate, de Tidor, de Batchian , et autres vassaux des Hollandais dans l'Océanie? Devons - nous conserver encore aux contrées gouvernées par les princes qui résident à Ségo, à Coumassie, à Kouka , les titres d'empires de Bambara, d'Achanti et de Bournou ? En cela, le meilleur parti que nous eussions à prendre nous a paru être de maintenir les qualifications consacrées par l’usage et par les rapports les plus récens,.

Dans le but de réunir en un seul groupe tous es pays qui dépendent d’un même état, ce qui est de la plus haute impertance pour la géographie politique , nous avons formé à la suite des grands états de l’Asie, de l’Afrique, de l'Océanie et de PAmérique, d’autres divisions qui leur servent d’appendice, ct dans lesquelles nous rangeons, sous les noms d'Asie française, anglaise, etc. d’Océanie anglaise , hollandaise et d'Amérique ('PNEQUS , anglaise , etc., elc., tous es pays que les Français, les Anglais et d’autres nations possèdent en Asie, en Afrique , en Amérique, et que les Anglais etles Hollandais occupent dans l’Océanie.

cowr:ss. La détermination des limites des élats de l’Europe n'offre aucune difficulté ; celle des états de l’Amérique ne présente d’autres obstacles que les résultats naturels de la guerre civile qui désole ces nouvelles républiques. Mais il en est bien autrement lorsqu'il s’agit de déterminer les confins des états des autres parties du monde, C’est une des plus grandes difficultés qu’on ait à vaincre dans la rédaction d’une géographie générale. Comment se flatter de tracer des limites entre des états que séparent des déserts arides

ou des steps parcourus par des hordes nomades? Comment suivre tous les changemens produits par l’esprit belliqueux et entreprenant de certains chefs, par les dissensions et l’anarchie qui désolent et \issolvent certains états?’ Comment suivre tes altérations non moins importante” qu'apportent ; dans les contrées les plus loignées , la politique des puissances européennes, et bien souvent la marche paisible , mais toujours progressive de la civilisation ? Les peuples nomades peuvent quitter si facilement le pays où ils errent, que la prétendue domination de leurs chefs est, on ne peut plus incertaine et variable. N’avons - nous pas vu de nos jours un grand nombre de tribus turko— manes se soustraire au vasselage du khan de Boukhara, pour passer sous celui de l’entreprenant Rahim, khan de Khiva, qui parvint en outre à étendre sa domination sur les Araliens , sur les Karakal

paks, et sur la plus grande partie des no-

mades qui parcourent les solitudes de l’isthme des Turkomans , entre la met Caspienne et la mer d’Aral? Le court espace de quelques années n’a-t-il pas suffi au khan de Khokand, pour soumettre le Turkestan et le Tachkend ; à l’infatigable vice-roi d'Egypte, pour mettre fin à la vaste monarchie des Vahabites et pour porter ses frontières jusqu’à l’Abyssinie ?

N'est-ce pas aussi de nos jours que l’entreprenantet astucieux chef des Seikhs, Randjit-Singh,. est parvenu à fonder un puissant état sur les bords de l’Indus, avec des lambeaux du royaume de Kaboul ; en même temps que le politique Radama décuplait le petit héritage que lui avait laissé son père, par la conquête de la plus grande partie de la vaste ile de Madagascar, et que Finow et Tamehameha L°° agrégeaient à leurs royaumes, celui-ci tout l'archipel de Hawaii (Sandwich), et celui-là presque toutes les iles qui composent les archipels de Tonga et de Viti (Fidji).

PAY8. On ne peut saisir complètement l'équilibre actuel des différens états politiques, si l’on ne remonte aux derniers évènemens à la suite desquels ils se sont constitués, si lon ne se rend compte de la marche qu'a suivie l’agrégation des diverses provinces de chaque état, et si l’on ne connait enfin la situation antérieure de ces provinces elles-mêmes. Nous avons rassemblé, dansles articles intitulés pays,

tous les renseignemens de cette nature qui nous ont paru indispensables. Ils suppléent en partie aux chapitres spéciaux qui auraient pu étre consacrés à l’histoire.

CANAUX, CHEMINS Dn rsn, Un bon chemin ou un canal destiné à faciliter le transport des marchandises est en réalité une des machines les plus efficaces pour économiser le travail, réduire le prix des objets qui viennent de loin, donner une plus grande valeur à ceux du pays, multiplier les échanges et accélérer la production dans toutes les branches de l’industrie, avantages de la plus haute importance, et qui équivalent de fait à une plus grande fertilité de la terre. Nous avons donc accordé, dans la description de plusieurs états, une place remarquable aux Canaux et aux chemins de fer, qui, plus que tout autre moyen , facilitent ‘es communications. Dans cette troisième édition, nous sommes même entré dans queues détails sur les chemins ordinaires

e la France, de l’Angleterre et de plusieurs autres états. Des juges compétens ayant vu ce que notre abrégé renfermait sur cette matière, le regardaient déjà comme le résumé le plus complet qu’on eût encore fait sur les canaux et les chemins de fer du globe. Nous nous efforçons de mériter de plus en plus cet éloge en perfectionnant et en complétant notre travail, à mesure que nous recevons des documens nouveaux relativement aux voics de communications qui s’établissent sur différens points de l'Éurope et de l’Amérique. Nous n’avons pas été peu surpris en voyant des traités de géographie volumineux ne faire aucune mention des canaux de la France, et des ouvrages allemands, publiés en 1831, ne dire presque rien sur les canaux et les chemins de fer de la confédération Anglo-Américaine.

DIVISIONS ADMINISTRATIVES, Pour tout géographe qui est à la hauteur de la science, les divisions administratives des états de l'Europe vw’offrent, à un très petit nombre d’exccplions près, aucune difficulté. Les descriptions les plus récentes données par les Béographes nationaux, les almanachs des cours et des gouvernemens suffisent pour éviter toute erreur.

C’est par une négligence impardonnable que des ouvrages, présentés comme clas- Siques et publiés même récemment, font figurer encore le gouvernement de Viborg

INTRODUCTION

parmi les grandes divisions administratives de l’empire Russe, tandis que, depuis 1817, ce gouvernement a cessé d'exister, ayant été réuni à la grande principautéde Finlande, quiaune administration paresse et jouit de grands privilèges.

n parcougant ces ouvrages, nous y lisons, .

avec surprise, que l’empire d'Autriche est partagée en 13-é/ats, que la Dalmatie est partagé en 5 cercles, et que ceux de Carlstadt et de Fiume relèvent du gouvernement de Laybach, dans le royaume d’Illyrie, Mais depuis 1815, toute la monarchie Autrichienne est partagée en 15 gouvernemeus d’une étendue très inégale ; depuis 1822, le cercle de Macarsca, en Dalmatie, a été réuni à celui de Spalatro; ceux de Carlstadt et de Fiume, séparés du royaume d’illyrie, font depuis lors partie de celui de Hongrie, le premier, comme dépendance de la Croatie, et la plus grande partie du second, comme un sous-gouvernement hongrois sous le titre de Litorale Ungarico.

Dans ces mêmes traités, on décrit encore la régence de Clèves, qui n'existe plus depuis 1821, époque de sa réunion à celle de Dusseldorf ; On partage la monarchie Prussienne en dix provinces , au lieu de huit, d’après son organisation définitive ; on énumère encore , en 1827, les 18 divisions administratives des états de l'Eglise, fixées par le mutto proprio de Sa Sainteté en 1816, et réduites à 14 par un décret de 1824. De même, des cartes de l'Espagne et du Portugal, publiées à Paris en 1821, et qu’on regarde comme les meilleures , donnent encore Olivença et son territoire au Portugal, qui les avait cédés à l'Espagne par le traité de Badajoz daté de 1801 !

Nos travaux sur la monarchie Portugaise ont redressé une foule de méprises relatives aux divisions administratives de cet état ; mais ces erreurs n’en sont pas moins reproduites dans plusieurs écrits tout récens. M. de Humboldt a signalé la confusion introduite dans les travaux des géographes modernes par l'incertitude où ils élaient à l'égard de la division judidicaire de l’ile de Cuba. Mais ce qu’il y a de plus curieux, c’est l'ignorance de quelques auteurs quant aux divisions administratives des monarchies Norwégiéno- Suédoise et Danoise. Même après la publication de l'excellente carte de Hagel« stam, qui aurait pu leur faire éviter ces

me

stra- , deexisinci- ‘ation lèges.

sons, :

he est lie est Carl- 'erne= > d’Ilarchie ver jepuis matie, ux de yaume > celui \épenzrande S-goti— Lito-

rit en- ’existe éunion

A LA GEOGRAPHIE. XLI

erreurs, certains géographes persistent encore à donner pour le royaume de Suède les divisions administratives, tandis qu’ils indiquent pour celui de Norwège, ou les divisions ecclésiastiques, ou les divisions

ere qui sont cependant bien diférentes des premières.

Mais la difficulté devient plus grande lorsqu'il s'agit d'indiquer les divisions administratives des états de l’Asie, de l’Afrique, de l'Océanie, ainsi que celles d’une grande partie des nouvelles républiques de l’Amérique et des possessions des européens dans ces régions éloignées. Ici le manque d'ouvrages originaux, les contradictions ou les méprises des voyageurs, les changemens produits par les guerres, les révolutions, et surtout la rareté des communications rendent l'exactitude presque impossible. Notre Essai statistique et

islorique sur le royaume de Perse signale les incertitudes qu’offrent au gévgraphe les subdivisions de ce royaume.

En tout ce qui concerne l’Asie, nous n’oserions nous croire infaillible, quand les

lus célèbres orientalistes ont commis, de eur propre aveu, tant d'erreurs. Mais nous avons fait tout ce qui dépendait de nous pour connaître la vérité.

Il y a cependani des inexactitudes qu'on ne saurait pardonner au géographe: ce sont celles qu’il commet à l'égard des pays sur lesquels des voyages ou des travaux récens ont déjà jeté un grand jour.

C'est ainsi qu’il n’est plus permis d’ignorer maintenant les divisions administratives générales des vastes contrées dont l'ensemble forme l'empire Chinois ; qu’on ne peut plus, sans passer au moins pour négligent, diviser en sept états la confédération de Guatemala ; qu’enfin il serait absurde de compter encore parmi les territoires organisés de la confédération Anglo-Américaine , le Missouri-Occidental, le Nord-Ouest, et l’Orégan. Mais il y a bien des parties sur lesquelles les incertitudes, le vagne et même quelques erreurs seraient excusables,

Les évéchés et les archevéchés, étant les principales divisions ecclésiastiques, doivent être nécessairement indiqués dans une géographie. Ce sujet qui parait n'offrir aucune difticulté, a été pour nous l’occasion de longues et fastidieuses recherches, à cause des changemens que ces divisions ont subi de nos jours, non-setlement dans Péglise catholique, mais aussi

chez les luthériens, les anglicans et les recs. Pour la première, nous avons suivi

’almanacco della coi'te di Roma, des

années 1830 à 1834; la lecture de plusieurs ouvrages spéciaux et de plusieurs voyages, et les renseignemens que nous devons à quelques-uns de nos collaborateurs, nous ont aidé dans la désignation des diocèses des autres églises.

ToroënaP#in, Dans cet article, nous donnons la description développée de la capitale de ciaque état, avec un aperçu des autres villes et lieux les plus remarquables. Nous y avons suivi le même ordre que dans le tableau des divisions administratives, où au moins une disposition par régions que nous avons préalablement exposée, Notre plan dans cette partie est tout-à-fait différent de celui qu’on a de-

uis long-temps adopté dans les traités et es dictionnaires de géographie.

Dans une géographie générale, quelque volumineuse qu’on veuille la supposer et plus encore dans un abrégé, il est impossible, et il serait absurde, nous ne dirons pas de décrire, mais même d'indiquer toutes les villes, les bourgs et villages de chaque état. Il faut donc nécessairement faire un choix, et c’est justement ce choix qui constitue une des plus grandes difñicultés qu'on ait à surmonter. Plusieurs circonstances concourent à rendre une ville remarquable : tantôt c’est la place qu’elle occupe dans les divisions administratives, judiciaires, ecclésiastiques ou financières de l’état; tantôt c’est le nombre de ses habitans , l’étendue de l’enceinte, la magniticence ou la beauté de quelques édifices, la sûreté du port ou l'importance des fortifications ; tantôt l’industrie, le commerce local, le voisinage d’un canal navigable, d’un chemin de fer, ou celui d’une école célèbre, d’un établissement agricole ou industriel considérable , ou bien encore celui d’une mine, de bains ou d’eaux minérales renommées ; tantôt ce sont de nobles souvenirs historiques ou de vénérables traditions g attirent tous les ans un grand nombre

e pélerins, concours qui change ordinairement un simple hameau en une brillante foire; tantôt enfin ce sont de grands monumens, quelques débris d’anciens édifices, ou bien le voisinage d’un volcan, d’une cascade remarquable, d’une haute montagne, ou de toute autre curiosité naturelle. Un misérable fort au-delà du 70°

XL INTRODUCTION

parallèle, un port fréquenté à la latitude de 70° 36’, trois ou quatre cabanes dans les immenses solitudes de l’Asie-Boréale, dans celles de l’Amérique-du- Nord et de l’Amérique-du-Sud , une petite oasis , véritable port dans les vasies mers de sable de l’Afrique-Intérieure ou de l’Asie-

: Moyenne, sont des localités qui, malgré leur peu de grandeur absolue, acquièrent une importance relative aux yeux des géographes.

Les épithètes de grande, très grande, fortifiee, forte, très forte, industrieuse, commerçante, très industrieuse, et très commergante et autres qualifications semblables , n’ont pas été données par nous au hasard , comme elles paraissent l’avoir été dans bien des ouvrages, où l’on trouve Sena, dans la capitainerie de Mozambique, désignée comme une ville populeuse, lorsqu'elle compte à peine 1500 habitans ; où Guiülford, qui n’a pas 4000 âmes, est nommée une grande ville, et cela en Angleterre, presque aux portes de Londres! Dans ces mêmes ouvrages, Brescia, Padoue, Brody, etc., dans l’empire d’Autriche ; Breslau, dans la monarchie Prussienne ;

rême, Francfort, Giessen, etc., dans

a Confédération Germanique; Girone, etc., en Espagne, et une foule d’autres villes dont les fortifications n'existent plus, et d’autres mêmes qui n’ont jamais été fortifiées , sont indiquées comme des vi/les fortes! mais c’est surtout hors d’Europe que eette désignation offre les méprises les plus ridicules. Quant à nous nous espérons que notre livre, considér sous ce point de vue, peut être consulté avec une entière confiance, car des militaires, qui ont fait plusieurs campagnes dans les diverses parties du monde, ont revu nos manuscrits et ont redressé nos ugemens, lorsqu'ils étaient inexacts.

ous nous plaisons à nommer M. le général Chasteler, M. le général Santander, ancien vice-président de la Colombie, M. Pedraza, ancien premier président de la Confédération du Mexique, et M. le major Poussin, aide-de-camp de M. le général Bernard.

Mais il ne suffil pas d’avoir fait un choix judicieux des lieux les plus remarquables sous tous ces rapports, il faut s'être tracé un plan de description raisonné, qui soit en harmonie avec le plan général de l’ouvrage et au niveau de l’é-

tat actuel de la science, si différent de ce qu'il était à la fin du dernier siècle. Nous croyons avoir atteint ce double but, en décrivant d'abord toutes les capitales avec des détails proportionnés tant à leur importance qu’à celle des états auxquels elles appartiennent; ensuite , sur une moindre échelle , un petit nombre de villes , regardées incontestablement comme les nrincipales de l’état, nous bornant à quelques désignations pour les endroits e second et de troisième ordre, où même à la simple mention de leurs noms dans le tableau des divisions administratives. Les lieux passés entièrement sous silence sont beaucoup moins intéressans, sous tous les rapports, que ceux qui sont classés dans ces quatre catégories. Puis afin d’aider la mémoire du lecteur à retenir une foule de localités remarquables, nous en avons rattaché la description à celle des principales villes. C’est ainsi qu’en décrivant Paris, Lyon, Strasbourg, Lille, ete., en France ; Vienne, Milan, Venise, etc., dans l’empire d'Autriche; Berlin, Cologne, Aix-la-Chapelle, etc., dans la monarchie Prussienne, nous avons mentionné une foule de lieux d’une médiocre population, qui se recommandent cependant soit par leurs établissemens industriels, commerciaux ou liltéraires , soit par leurs souvenirs historiques ou leurs édifices remarquables. Tous ces lieux se trouvent situés dans la périphérie d’un cercle que nous avons tracé autour de la ville principale, en prenant un rayon d'autant plus étendu que celleci était plus grande; ce rayon varie de 12 à 60 milles environ. De cette manière, nous avons pu donner, sans sortir du cadre que nous nous étions tracé, une foule de détails topographiques que, malgré leur importance, on cherche en vain dans les géographies les plus volumineuses et les plus estimées.

Dans ces descriptions, nous avons supprimé presque toutes les généralités vagues qui ne peignent rien , qui ne laissent rien de positif dans la pensée, pour indiquer de préférence ces faits caractéristiques , ces détails spéciaux qui constituent éminemment la physionomie locale, et sont, pour ainsi dire, le cachet d’un

ays ou d’une ville. Nous avons tàché de aire connaître l’état plus ou moins avancé de la civilisation d’un pays , non-seulement par l’indication des universités quel-

utilité pensé rieure d'une | que, d blissen impor du no peintr savan perso:

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À LA GEOGRAPHIE. XLUI

que petites que fussent les villes où elles ont été établies, et des écoles spéciales de médecine , de jurisprudence , d'arts, etc., elc. ÿ mais aussi par une mention accordée à d’autres écoles moins considérables ; par la désignation des principales acadéimies ou sociétés savantes, en signalant aussi les bibliothèques publiques esplus riches, les jardins botaniques , les musées , les observatoires , et les collections les plus remarquables, et quelquefois en indiquant le nombre d’écrits périodiques qui se publient dans chaque localité. Nous regrettons que le temps et l’espace ne nous permettent pas d'exposer toutes les idées que ces objets différens réveillent dans notre esprit. Quelles conséquences une imagination féconde et logique ne peut-elle pas tirer d’un établissement scientifique! ,

Nous avons exclu toute discussion étymologique comme étrangère à une géographie élémentaire ; nous avons même rejeté certaines notions historiques qui, duns des traités semblables, sont d’une utilité très contestée. En effet, nous avons pensé que l'indication d’une école supérieure, d’une académie ou société savante, d'une bibliothèque d’un jardin botanique , d’une grande forge, d’un grand établissement agricole , était bien autrement importsnte pour nos lecteurs que l'origine du nom de Milan, ou le lieu natal du peintre Vandoo, de l’abbé Poule, du savant 4bauzif, et d’une foule d’autres personnages également célèbres Au lieu de signaler le théâtre du moindre combat, de la moindre négociation politique , nous avons cru employer plus utilement un esue précieux , en désignant ume foule de ocalités remarquables par des phénomènes naturels , ou par des restes imposans de la plus haute antiquité, traces d’un ordre social entièrement différent de l’ordre actuel, et quelquefois même antérieur aux temps historiques. C’est ainsi e dans les environs de Quito nous avons

écrit ces colosses si remarquables par leur hauteur et si célèbres dans l’histoire de l’astronomie ; que dans les environs de Bagdad nous avons rappelé les merveilles de Babylone, la splendeur de Séleucie et de Ctésiphon ; que dans ceux de Damas nous avons décrit les magnifiques ruines de Gérasa, de Philadelphie et de Palmyre, et que, près de Modica , en Sicile, nous avons donné la description de la val-

lée d’ipsica, qui offre des vestiges d’une ville des Troglodytes.

L'état des beaux arts chez un peu 8 étzri un indice certain et frappant du degré de sa civilisation, nous nous sommes attaché à donner quelques détails sur les prie aux monumens de l’architecture,de a sculpture et de la peinture des temps anciens et modernes, nous étendant ee ticulièrement sur ceux des peuples dont les mœurs différaient davantage des nôtres. Nous avons fait tous nos efforts pour être exact. Malheureusement peu de voyageurs donnent des descriptions satisfaisantes. 11 arrive même quelquefois qu’après avoir consulté tous cenx qui parlent d’un mème objet, on en possède rarement la connaissance claire et complète.

Parmi le grand nombre d'exemples que nous pres citer, hous nous bornerons à la fameuse {our dite de porcelaine, à Nanking. Quoique ce soit un des monumens d'architecture qui aient été le plus La per cités, sa description nous aoflert bien des difficultés. Le père

Lecomte, qui s’en est bien acquitté selon le père Bourgeois, dit que cette tour forme un octogone dont chaque côté à

15 pieds détendue, tandis que le père Bourgeois, de son côté, porte cette dimension à 130 pieds.Peut-être le dernier a-t-il voulu par cette mesure indiquer l’étendue de chacun des côtés de la galerie qui entoure le rez-de-chaussée de la cour’, tandis que l’autre missionnaire parlait d’un des côtés de la tour même. Le fameux ae qui joint Ispahan au SL de

joulfa a été décrit id Chardin, Sanson, Jean Thévenot et Daulier-Deslandes:

chacun en donne des mesures différentes, malgré l’extrème facilité de ce toisé. Les contradictions que nous avons trouvées dans des voyageurs également célèbres et presque contemporains, et impossibilité de nous livrer aux recherches nécessaires.

pour découvrir lesquels avaient raison, nous ont engagé à supprimer presque toujours les dimensions des édifices mentionnés dans cet abrégé. An reste ces contradictions qu'on remarque si souvent dans les voyageurs n’ont rien d’extraordinaire, lorsqu'on se donne la peine d’analyser les circonstances particulières dans lesquelles chacun d'eux s’est trouvé.

Un voyageur ne peut, ou ne sait pas tout examiner. Une multitude de causes influent sur la manière dont les hommes

SLIV INTRODUCTION

voient et entendent. Le résultat naturel doit être des témoignages variés à l'infini sur.les mêmes objets. Non-seulement un homme ne voit pas et ne sent pas comme un autre, mais encore, à différentes époques de sa vie il diffère également de luimême. Ù

En décrivant l'Egypte, les Etats Barbaresques, l’Asie-Mineure, la Syrie, la Perse, la Grèce, l'Italie, l'Inde, le Mexique, le Guatemala, le Pérou, Bolivia , Java, et autres contrées, nous nous som mes arrêté à contempler d’imposantes ruines, des débris de sculpture, des tombeaux recouverts de peiniures, témoins muets d’une civilisation toute différente de la nôtre et de celle de nos ancêtres.

Comment, en effet, pouvions-nous espérer de donner une idée exacte du séjour de l’homme sans indiquer l'emplacement de ces cités populeuses, qui, dans la suite des âges, furent tantôt l’une après l’autre, et tantôt plusieurs à-la-fois, les capitales politiques et commerciales du monde. Signaler l’emplacement de Thèbes, de Memphis, de Babylone , de Ninive, de Sardes, de Tyr el de Jérusalem, c’est rappeler la puissance de Sésostris, de Nabuchodonosor et de Semiramis, les richesses de Crésus, la splendeur du commerce phénicien et la gloire de Salomon.

Décrire les ruines de Suse, de Persépodis, d’'Ecbatane, de Carthage, de Syracuse, de Rhodes et d'Athènes, c’est indiquer les cités rivales, qui, plus tard, remplacèrent les premières, dans la prépondérance politique, commerciale et littéraire. Alexandrie, Séleucie, Palibotira, Rome, Constantinople, Ctésiphon, Bagdad, Karakhorin, malgré sa peuiae Samarcande, Péking, Ispahan et Schiraz, rappellent dans l’an-

- cien continent la puissance d’Alexandre et de ses successeurs, la monarchie universelle des Césars, la prépondérance politique des Parthes, la domination des califes, les empires immenses de Gengiskhan ei de Tamerlan , et la splendeur des Sophis.

Nous avons pensé que, tout en déroulant aux yeux de nos lecteurs le tableau imposant de l’écat actuel du globe , nous devions leur rappeler de temps en temps les nations qui furent jadis ce que sont de nos jours l’Angleterre , la France, la Russie, l’Autriche et la Prusse, et les ci-

tés populeuses que remplacent, de uos

jours, Londres , Paris, Saint-Pétersbourg, Vienne et Berlin, destinées sans doute à:être remplacées à leur tour.

Un des plus grands obstacles qu’on ait à surmonter dans la partie topographique d’un traité élémentaire de géographie, c’est le défant de documens contemporains. La géographie est nécessairement composée de choses qui sont et de choses ui ont cessé d’être. 11 est extrémement ifficile de décrire un pays, même sous les rapports essentiels, en ne présentant que des choses qui existent simultanément. Pour une ville considérable , il est même presque impossible d'éviter le mélange de notions qui appartiennent à des temps différens. Comment s’y prendre pour être seulement instruit de tous les changemens qu’éprouvent , dans l’espace de quelques années, les capitales. de l’Europe ? Que faire pour connaître ceux qui ont eu lieu dans les métropoles de l’Asie, de l’Afrique, de l’Amérique et de l’Océanie? Les descriptions spéciales ne sont pas toujours assez fréquemment renouvelées pour qu’elles puissent indiquer les changemens qui surviennent. Paris , Londres, Vienne, Berlin, Munich, Manchester, Liverpool, Edimbourg, Glasgow, Saint-Pélersbourg ne sont, pour ainsi dire, pas reconnaissables , tant le court espace de 15 ans a vu s'élever

‘dans leur enceinte de nouveaux quartiers

et de magnifiques édifices. II faudrait done, pour composer une géographie qui offrit le tableau du globe à telle époque, des documens certains et tous de la même date : ce qui ne s’est jamais trouvé ct ne saurait s’obtenir. Mais cette impossibilité d’une entière exactitude n’excuse pas le

négligences impardonnables qu’on rencontre à chaque page dans certains livres.

Dans des géographies récemment publiées , à notre grand étonnement, nous trouvons encore la description du clocher de la cathédrale de Cambrai , renversé par un ouragan depuis bien des années ; ici, dans la description de Bâle, on parle encore de la fameuse danse des morts, détruite en 1805; là, dans celle de Londres, on cite Carlton-house et ses magnifiques collections , tandis que, depuis quelques années, cette maison royale a èté démolie, et que son emplacement offre la belle place de New-Carlton Square, formée par trois nouveaux bâtimens d’une élégante architecture. Des traités très en

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A LA GEOGRAPHIE. XLV

vogue et publiés depuis peu, nous apprennent l'existence d’universités, ou qui n’ont jamais existé , ou qui ont êté suprimées depuis long-temps , tandis que es auteurs de ces ouvrages ne mentionnent seulement pas d’autres établissemens de ce genre , qui figurent justement à côté des plus anciens et des plus célèbres : nous nommerons les prétendues universités d'Agram , de Klausenbourg, de Kaschuu, de Madrid, etc., etc.; nous signalerons l’université de Landshut, transférée depuis quelques années de cette ville à Munich, et l’impardonnable omission de celle de Paue, aujourd’hui une des plus floris- -vutes et où professa le célèbre Galilée, L'espace nous manque pour signaler d’autres inexaclitudes dans des qualifications aussi hasardées qu’ambitieuses données aux villes , soit d'après quelques découvertes que leurs habitans prétendent avoir eu lieu dans leur enceinte, soit d’apa quelques produits du sol et de l’'inustrie, qu’à tort on leur attribue, qualifications qui n’en sont pas moins reconnues comme des vérités incontestables, paint quelques - unes ont même eu ’honneur de devenir proverbiales. Aidé par nos savans collaborateurs, nous avons eu soin d’éviter ces méprises ou ces trivialités , et lorsque nous avons été abandonné à nos propres forces, nous avons mieux aimé ne rien dire que d’induire en erreur par des indications hasardées.

sxnonxaaie, L’addition des synonymes pour la France, l'Italie, l'Angleterre et d’autres contrées de l’Europe occidentale n'offre presque pas de difficultés. Mais il en est bien autrement pour presque tous les pays de l’autre moitié de l’Europe, our quelques provinces de la monarchie russienne et pour plusieurs contrées de Pempire d'Autriche. Dans les pays hongrois de ce dernier état, presqrz tous les lieux ont deux noms el queiques - uns joue cinq, savoir : en hongrois , en alemand, en valaque , en slavon et en latin hongrois. On sent bien que, dans un abrégé, on ne pouvait les mettre tous; nous avons cependant indiqué ceux qui nous paraissaient les plus importans , et qu’on nous assurait être le plus en usage.

On peut dire la ième chose de l'empire Ottoman et du nouvel état de la Grèce.

Dans celui-ci, il y a presque toujours trois dénominations pour chaque lieu : le

nom classique ancien, le nom actuel en grec moderne et le nom turc. Pour l’archipel, nous avons eu un pe excellent ; c’est le tableau des îles de la Mer-Blanche (archipel) que M. Jouannin a publié il y a quelques années:

Que dirons-nous des régions hors de VEurope? là tout est désordre, et sans une abondante synonymie, il est vraiment impossible d'étudier la géographie sur !es cartes; car les noms indiqués dans un texte quelconque ne se rencontrent que très rarement sur les cartes, et vice versé.

Nous prions le lecteur de ne pas perdre de vue ce que nous avons dit aux pages x1I1xvs, en parlant de l'orthographe. Plusieurs des remarques que noùs y avons faites pranaane s’appliquer à la synonymie.

ous ajouterons que , parmi les synonymes que nous donnons, il y en a quelques-uns que nous savons être des erreurs dues aux premiers traducteurs des ouvrages originaux ; d’autres erreurs proviennent de la négligence des copistes, quelques-unes même de celle des typographes. Nous avons cependant dû conserver ces synonymes ; car tout erronés qu’ils sont eux-mêmes, ce sont justement ceux qu’on trouve marqués sur les meilleures cartes françaises, allemandes et anglaises.

Leur suppression totale aurait offert un grave inconvénient pour beaucoup de lecteurs, sans être d’une bien grande utilité pour la science.

ABRANGEMENT TYPOGRAPHIQUE, L’expérience nous ayant appris que plus on parle aux yeux, plus on pénètre aisément jusqu’à l’esprit du lecteur, nous avons pensé que nous faciliterions l'intelligence des sujets différens traités dans cet abrégé, par l'emploi de différens caractères, dont la grandeur serait toujours proportionnée à l’importance relative de ces mémes suj2ts. C’est ainsi que, dans le tableau des langues et des religions, leurs divisions principales et leurs subdivisions ont été clairement exprimées par un mécanisme typographique très facile à saisir.

A la page xx1, nous avons déjà indiqué le moyen employé pour représenter typographiquement le bassin d’un fleuve. De mème , on a fait usage de plusieurs caractères différens et d’une certaine graduation d’espaces pour faire voir au lecteur l’ensemble des divisions administratives d’un état, chacune de ces divisions ellesmêmes , leurs subdivisions et leurs chefs-

mm

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XLYI INTRODUCTION

lieux respectifs. C’est encore ainsi que, dans les articles monfagnes, on a adopté, pour les systèmes orographiques , des caractères différens de ceux qu’on a employés pour les chaînes principales , les chaînes secondaires et les points culminans des unes et des autres. Dans la description des villes, on a toujours écrit en italique les objets les plus remarquables ; et dans celle des endroits qu’embrasse leur rayon, on a employé des caractères plus petits, afin de signaler la dépendance dans laquelle ceux-ci sont placés relativement aux chefs-lieux.

TABLEAUX STATISTIQUES. Dans les chapitres vin‘ et 1x° des principes généraux et dans ceux qui précèdent les tableaux statistiques des cinq parties du monde, nous sommes descendu dans une foule de détails sur tout ce qui concerne les parties de la statistique qui, comme nous l'avons vu à la page 1v, entre dans le domaine du

grap e. Il fallait mettre sous les yeux

public ces pièces, d’après lesquelles tout lecteur instruit pourra juger par luimême de l’état réel des deux sciences dont il s'agit. Nous avons donc résumé dans ces chapitres, qui sont au nombre de sept, les résultats obtenus durant près de vingtcinq ans de recherches longues et pénibles pour déterminer la superficie, la population, les forces et les ressources des principaux états du globe , et le nombre approximatif des hommes actuellement vivans sur la terre. Nous osons nous tlatter d’avoir le premier répandu quelque lumière sur ces sujets importans , et d’avoir contribué à faire disparaître bien des erreurs regardées naguère comme des vérités démontrées. Et puisque le sujet nous a ramené à parler des populations et des finances, nous ne pouvons nous empêcher d’ajouter encore ici quelques obgrvations qui s’y rapportent.

N’est-il pas étonnant de voir le Northern-Traveller, guide excellent pour les voyageurs qui veulent parcourir la Nouvelle-Angleterre et le Canada, n’accorder en 1828, au Bas-Canada, que 200,000 habitans? N’a-t-on pas raison de

s’étonner encore plus en voyant l'annuaire The british empire, pour 1829, publié à Londres, ne donner encore aux deux Canadas que 250,000 âmes, et cela quelques années après la publication de plusieurs ouvrages importans sur ces provinces, dans lesquels on porte presque au

triple leur population, après les documens authentiques présentés au parlement, qui démontrent que, dès l’année 1825, ces deux provinces comptaient 581,171 habitans, et lorsque déjà les

journaux anglais avaient annoncé que

plusieurs milliers d’émigrés quittaient annuellement le Royaume-Uni pour aller s’y établir. A la 11086, nous signalons au lecteur l’état florissant de ces contrées, que certains géographes regardent encore comme de vastes solitudes, n’offrant tout au Le que du bois de construction et de riches fourrures. Ignorent-ils donc que cette portion prétendue déserte du

ouveau-Monde oîfre une augmentation de population supérieure même à celle des Etats-Unis? On sait, eneffet, par des documens officiels, qu’en 1790 le nombre d’habitans de la confédération Anglo-Américaine s'élevait à 3,921,328, tandis qu’à la même époque il ne montait qu’à environ 210,000 dans l’Amérique- Anglaise-du-Nord. Or, nous savons, maintenant, par le dernier recensement, que les Etats-Unis en 1830 avaient 12,856,171 babitans; d’un autre côté les recensemens antérieurs, les nombreuses émigrations qui ont eu lieu pendant ces

‘dernières années, et des inductions très

probables basées sur le mouvement de la population, ont démontré que le Canada doit avoir eu dans la même année au moins 1,200,000 âmes. Le rapprochement de ces faits, faii voir que la population ayant un peu moins que quadruplé dans la confédération Anglo- Américaine, elle a presque sextuplé dans l’Amérique-Anglaiseu-Nord.

Les statisticiens allemands les plus célèbres estiment à une valeur très peu élevée les revenus de l’état du pape, et M. le baron de Malchus, que nous n’hésitons pas à regarder comme le premier d’entre ces savans, ne les portait en 1830 qu’à 6,500,000 florins du Rhin, équivalant à 14,000,000 de francs. Déjà dans la Zalance politique du globe, d’après plusieurs faits positifs qu’on nous avait communiqués, nous les avions portés à 30,000,000 de francs. Le budget détaillé qu’un de nos correspondans nous a envoyé et que nous avons publié dans une des Revues de Paris, avec les budgets du grand-duché de Toscane et du duché de Lucques, les portait à 43,400,00v francs pour l’année 1817. Desirant approfondir

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ce point important de la statistique, nous avons profité de la bienveillance dont nous honore M. le baron de Gérando, pour nous mettre en rapport avec les hommes qui,

comme lui, ont laissé de si honorables

souvenirs durant leur administration dans les dépar!crens romains. Les communications obligeantes que nous devons à M. le baron Janet, intendant-général des finances dans les deux départemens du Tibre et du Trasimène, nous ont prouvé que cette seule partie des états du pape avait en 1813 un revenu brut de 24,000,000 fr.

Les faits importans que M. le comte de Tournon, ancien préfet de Rome, a publié dans sa statistique du département qu'il a administré, concordent avec l'estimation précédente. Nous savons, par les budgets du ci-devant royaume d'Italie, combien rapportaient les départemens situés de l’autre côté des Apennins. C’est d’après tous ces faits que nous avons porté en 1826, à 45,000,000 le revenu brut de la totalité des pays soumis au pape.

POIDS, MESURES et MOMNAIES. On PpOSsède plusieurs traités plus ou moins estimés sur les monnaies, les poids et mesures des divers £:: °* de l’Europe; ceux de Kruse, de Ken; :: Lohmann embrassent même les : ‘<:1es monétaires et métriques des j::paux peuples de l’Asie, de l’Afrique, de l’Amérique et de l’Océanie. Mais, outre le prix élevé, le format incommode et le volume considérable de ces ouvrages, l’urdonnance des matières dans les uns, la complication des tableaux dans les autres, suffisent pour rebuter, à l’ouverture du livre, celui qui a le plus besoin d’y puiser des renseignemens. Il faut, en quelque sorte, une étude préliminaire pour apprendre à se servir de ces ouvrages, dont le principal mérite, après l'exactitude, devrait être la clarté et la précision.

Quant aux tables et notices particulières qui accompagnent certains traités sproeus publiés en France sur la géographie et la statistique, elles sont discréditées par l’absence de toute critique et par le défaut d’autorité. D’ailleurs l’arrangement de ces sortes de tables, le peu de détails qu’elles renferment, surtout pour la métrologie, mettent dans l'impossibilité de distinguer la nature des mesures, leurs subdivisions et les rapports qu’elles ont entre elles. À l’égard des monnaies réelles, les auteurs de ces notices se bornent à re-

À LA GEOGRAPHIE. XLVIL

produire, au moins en grande partie, le tableau de comparaison répété chaque année par l'Annuaire du bureau des longitudes, sans mème indiquer cette source et sans parler des monnaies de compte dont la connaissance est si importante.

Personne peut-être plus que nous, qui nous sommes constamment occupé de re— cherches statistiques, n’a reconnu l’insuffisance des documens qui existent sur les monnaies, les poids et mesures des divers états de l’Europe et des autres parties du globe; et c’est parce que nous étions convaincu depuis long-temps de l'immense utilité d’un travail consciencieux sur cette matière, que nous avons cherché à nous en procurer un qui pût ètre joint à notre géographie. La difficulté était de trouver un travailleur judicieux et opiniâtre qui, partant des connaissances spéciales et amiliarisé avec les ouvrages de cette nature, consentit à entreprendre des recherches longues et pénibles, des caiculs fastidieux. Nous désespérions de la réussite denos démarches, etnous nous voyions réduit à nous servir des documens imparfaits qui étaient à notre disposition, lorsque le hasard nous apprit que M. Guérin de Thionville s’occupait d’un ouvrage de ce genre, auquel il a déjà consacré beaucoup de temps. Aucun soin, aucun sacrifice n’a été épargné par lui pour se procurer des rapports exacts entre les mesures étrangères et celles de France. IL a consulté et comparé Lous les ouvrages :

modernes. Des renseignemens officiels recueillis dans un grand nombre de recueils périodiques étrangers, et les commuaications particulières qui lui ont été faites, ont concouru à rendre son travail aussi complet et aussi parfait que le permet l’état présent des çonnaissances sur cette partie importante de la statistique générale. Ayant témoigné à M. Guérin le desire de joindre à notre livre une métrologie nouvelle, plus complète et plus digne de confiance que celles qui accompagnent d’autres géographies , il a eu l’obligeance d'extraire de son grand ouvrage les £a.

bleaux qui forment l’appezdice de cet abrégé. Ce savant estimable a bien voulu y ajouter, à notre prière, un travail fort intéressant sur le système monétaire et Mi des principaux peuples de l’an-

qui précieux avantage de ces {ableauæ

de comparaison est de présenter d’ensemble, au premier coup-d’œil, la division et l'évaluation des monnaies, des poids et mesures des principaux pays et des principales villes du monde. Grâces à l’ordre alphabétique suivi pour les états de chaque partie du monde et à l’ingénieuse idée de placer la réduction des unités étrangères en valeurs françaises dans des co-

Si notre abrégé de géographie a reçu dès ses premières éditions, l’accueil le plus fiatteur, nous n’attribuons ce succès à aucune qualité qui soit en nous, si ce n’est à un amour constant et dévoué pour la science que nous cultivons. Mais nous souhaïitons avant tout que l’estime du public se porte sur les causes mêmes qui nous l’ont méritée. C’est pourquoi nous voudrions pouvoir reproduire ici dans son entier cette partie de notre introduction où nous nous somnies plu à nous étendre sur les secours et les encouragemens de tout genre que nous avions reçus. Mais, quoique animé de la même gratitude, nous nous voyons forcé, bien à regre:, d’en restreindre l’expression. Les faits nouveaux qui viennent grossir la partie positive de ce volume, disputent ce peu de pages à nos souvenirs et à nos sentimens. !i faut donc substituer des énumérations sèches et rapides à nos longs et chaleureux élo-

© INTRODUCTION lonnes distinctes, dont la tête indique la |

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