‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 2)Chapitre 14 sur 628 · LVI · texte numérisé non relu

LVI

dela Renaudière, la communication du voyage de M. Canel à Siam et à Kambodje , encore manuscrit , et les renseignemens importans fournis par M. de la Rogueltle sur l'empire d’An-nam, nous ont puissamment aidé à sortir de celabyrinthe. Nous devons ajouter aussi un mémoire sur le Laos, qui nous a été donné à Lisbonne par M.

Pereira d’Almeida, ouvrage d'un missionnaire portugais qui, en 1811, a visité cette contrée si peu connue. Les détails dans lesquels nous somines entré sur cette dernière contrée nous ont été suggérés par les erreurs mêmes qu'ont commises nos devanciers. A la vérilé, ce n'est que récemment que l’on a obtenu des notions un peu précises sur les principales divisions du Laos; mais les géographes devaient savoir depuis long-temps que le Louachan ou royaume de Leng était différent de celui des Lanjans. Comme ce dernier pays est la première partie du Laos qui ait été connue sous ce nom, on a cru qu'elle le comprenait tout entier; mais on a appris depuis, par Duhalde, l'existence du royanme de Lengdans le Laos; il est donc étrange que l'on ait fait de Leng ct de Langione, capitale du pays des Lanjans, une seule et même ville. Plus récemment encore, nous avons appris, par M. Francis Hamilton et par d’autres voyageurs anglais, que le Kosampri et le Zimé ou Yangoma, faisaient partie ‘lu Laos. Nous connzissons donc assez les grands traits géographiques de cette contrée pour ne devoir pas la négliger.

La géographie de l'Empire CHiNois , composé de la Chine proprement dite et de plusieurs autres régions qui en dépendent de diverses manières, offre encore Leaucoup d'obscurité. Les travaux des missionuaires continuent d’être la source principale à laquelle les géographes doivent puiser. Les voyageurs Hollandais, Anglais, Français, etc., forcés de suivre la même route, nepouvaient voir que les mèmes objets, et manquaient d’ail- Jeurs de la liberté nécessaire pour faire des observations approfondies. Aussi ont-ils ajoute très peu aux renscignemens que nous devons aux missionnaires. Il nous semble même que les travaux de quelques sinologues modernes om produit des résullats beaucoup plus précieux pour la géographie. Parmi ces savans nous nous bornerons à citer MM. 4bel Remusat et KXlaproth. Le monde savant déplore la perte de ce: savans sinologues : la mort en frappant le premier au milieu de sa carrière liltéraire, l’a empêché de compléter ses précieuses recherches sur les langues et les peuples tartares, et ce noble monument d’une immense érudition, modèle à-la-fois de science et de style, restera malheureusement

INTRODUCTION

incomplet. Dans l'empire Chinois même des changemens considérables ont lieu plus souvent qu'on ne pense, ce qui rend inexacte l’épithète de stationnaire par excellence que lui accordent les géographes ; nous avons consulté une foule d'ouvrages, mais surtout ceux de Duhalde et de Grosier, les Lettres édifiantes, les Mémoires sur des Chinois, etun article remarquable de M. Eyriès sur la Chine proprement dite. Nous avons aussi puisé plusieurs faits dans les relations officielles des ambassades de Macartney, d'Amherst, de Tetsingh et de Fan-Braam, et dans les relations des savans qui les ont accompagnés, entre autres, dans celles d'4bel, de De Guignes, et de l'illustre Barrow, ainsi que dans le voyage à Péking de M. Timkovski, enrichi d’excellens commentaires par M. Alaproth. M. Timkovski a aussi traversé la Mongolie, sur laquelle nous avons également consulté les relations de Lange, de Bell et de quelques missionnaires jésuites que l'empereur Kang-hi avait chargés de dresser la carte de cette vaste contrée.

L'Empire pu Japon est si remarquable à tant d'égards et si peu connu, que nous avons dù apporter une application particulière à l'examen

du petit nombre de sources auxquelles nous pou- ”

vions puiser. Ce n’est pas que l’on n'ait beaucoup écrit sur cette partie de l'Asie; mais la plupart des relations sont si superticielles et si vagues qu'excepté celles de Caron, de Kaempfer et de Thunberg elles offrent peu de ressources. Cependant, on trouve des renscignemens précieux dans les Zettres des missionnaires auxquels on. doit les premières notions sur cet empire, ainsi que dans les relations modernes sur plusieurs de ses parties publiées par Zaæzmann, Titsingh, Golovnin et Sivert-Levsen. Néanmoins, il faut reconnaitre que Aaempfer est le seul qui ait considéré cet empire sous tous les points de vue généraux, et son Histoire naturelle, civile et ecclésiastique du Japon renferme à elle seule plus de notions essentielles et précises que toutes les autres relations. Mais, sans l’obligeante assistance de M. Xlaproth, nous n'aurions jamais pu sortir aisément de ce labyrinthe.

Asie Russe. En parlant de la partie européenne de l'empire Russe, nous avons déjà cité les sources principales auxquelles nous avons eu recours pour en décrire la partie asiatique. Nous ajouterons seulement que l’Asia-polyglotta et le Tableau du Caucase de M. Xlaproth, le voyage de M. Gamba, ceux de MM. Cochrane, Ledebour, Erman, Wrangel, Kolzebue, Dobell, Humboldt ,etc. nous ont fourni beaucoup de renscignemens importans.

Quoique depuis trois siècles nos vaisseaux fassent le tour de l’Afrique, que plusieurs savans orientalistes aient cherché, par l'étude des auteursarabes à dissiper les ténèbres qui enveloppent la géographie de cette contrée, et qu’un grand nombre

de voyageurs, à travers mille dangers, aient tenté de pénétrer ou aient en effet pénétré dans lintérieur de cette mystérieuse partie du monde, nous sommes encore bien élaignés de la connaître tout entière, même imparfaitement. Les décou-

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À LA GEOGRAPHIE. LIX

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vertes modernes ont substitué des pays fertiles et habités à de prétendus déserts, ou bien ont fait disparaître de la carte une foule d’états, de villes, de montagnes et de rivières, qui n’élaient que «es richesses géographiquesillusoires. Ces rectifications importantes, ces faitsnouveaux, sont le résultat d’explorations faites de nos jours par des voyageurs intrépides et éclairés, et le fruit des recherches de plusieurs géographes qui ont su les coordonner. Nous citerons quant aux premiers les voyages de Hornemann, Mungo-Park, Bowdich, Mollien, Burckhardt, Burchel, Lyon, Caillaud, Salt, Riüppell, Laing, Clapperton et Denham, Caillie, elc., etc ; quant aux seconds, les mémoires de d’Anville, Rennell, Jomard, d’Avesac, Walckenaer, Rilter, Malte- Brun, La Renaudiere; et les cartes de Berghaus, Reichardet Stieler, Faden, Segato, Brué, Lapie, Dufour,etc., etc.

Nous avons partagé cette partie du monde en cinq régions géographiques.

Nous allons justifier cette division et exposer en même temps les sources principales auxquelles nous avons puisé pour donner la description du pays. Mais avant tout, pour éviter d’inutiles répétitions, nous devons déclarer que M. Eyriés a bien voulu revoir, non-seulement toutes les épreuves de cette partie du monde, mais aussi celles de l'Amérique et de l’Océanie.

Récion pv Nic. Les terrains élevés qui selon Brown et autres voyageurs, séparent à l'ouest la Nubie et l'Egypte du Ssahhrà, et les vastes déserts sablonneux que les itinéraires s'accordent à signaler au géographe entre le Darfour et le Borgou, nous ont indiqué la ligne que nous pouvions choisir pour limite occidentale de cette région. Nous lui avons donné le nom du grand fleuve qui la parcourt du sud au nord dans toute son étendue. Les limites que nous lui avons tracées embrassent une des régions physiques du globe les plus distinctement indiquées par la nature. Nous y avons ajouté, comme un appendice, la côte longue et étroite qui borde la mer Rouge à l'occident, et que Malte-Brun a nommée Trogloditique, faisant par là revivre une ancienne dénomination aussi exacte que sonore. Cetle côte, à la vérité, n'appartient pas physiquement au bassin du Nil, dont elle est séparée par des montagnes ct par des terrains élevés; mais nous avons cru ne pasdevoir laisser isolée cette longue lisière de pays, et nous avonsconsidéré que les peuplades quierrent le long de la côte occidentale de la mer Rouge ont des liaisons ethnographiques avec les peuples qui appartiennent au bassin du Nil.Quant aux dénominations des grandes divisions de cette région, nous

n'avons qu’une seule remarque à faire : c'est que nous avons cru pouvoir sans inconvénient nommer Pays de Bahr-el-Abiad, sa partie sudouest, parce qu'elle est traversée par ce grand fleuve qui y prend même sa source, et parce que, selon les géographes, clle n'appartient ni à l’Abyssinie, nià la Nubie.

Voici les sources principales auxquelles nous avons puisé : pour l'Abyssinie, 4/varez, Fernandes, Telles, Bruce, Salt, Pearce, etc. cte.; pour la Nubie et le pays de Bahr-el-Abiad, Zurckhardt, Caillaud, English, Waddington, Ruppëll, Gau, etc., etc. Les ouvrages de Prosper Alpin, Sicard, Granger, Mordau, Volney, Pacocke, Belzoni, Hamilton, Legh, Rifaut, Minuloli, sont ceux auxquels nous avons fait le plus d'emprunts pour ce qui concerne l'E- 8ypte. MM. Passalacqua de Trieste et Failoni de Vérone, qui ont fait un long séjour dans cette contrée, nous ont donné piusieurs renseignemens uliles. Mais nous ne quitterons pas cette terre classique sans rappeler au lecteur le voyage scientifique entrepris par MM. Champollion Jeune et H. Rosellini qui, l'un et l’autre occompagnés d’habiles dessinateurs, ct sous les auspices protecteurs du roi de France et du prince éclairé qui régit la Toscane, ont exploré avec tant de succès tous les monumens des bords du Nil depuis son embouchnre jusqu'à sa seconde cataracte. La mort a déjà frappé au milieu de ses importans travaux le jeune archéologue qui avait jeté une si vive lumière sur les monumens de l’ancienne Egypte. Du reste, le monde savant apprendra avec satisfaction que les nombreux mas tériaux , fruits de ce voyage et de ces profondes éludes, ne seront point perdus pour la science ; une commission de savans et d'hommes d’état présidée par l’illustre Sy{vestre de Sacy a proposé des mesures qui assureront la conservation et la publication des recherches de M. Champollion, notamment de la grammaire égyptienne heureusement terminée et dont l'impression se poursuit avec activité,

Récion pu MacureB. Tous les géographes s'accordent à décrire séparément la Barbarie , le Belad-el-Djéryd et le Ssahhrà, dont l'ensemble forme la région que nous nommons MaGures, eu empruntant cette dénomination aux Arabes; c’est la mème pour laquelle nous avions proposé, dans notre Alas elhnographique , \e nom de Ssahhrd-Atlas, tiré des deux traits principaux de sa géographie physique, le grand systèmede l'’atlas et les arides solitudes du Ssahhrà. Dans l'état actuel de nos connaissances sur cette région, le géographe n'a presque aucun moyen de tracer la ligne de séparation entre chacune de ces trois contrées ; les divisions politiques que nous connaissons et celles que l’ethnographie nous indique , exigent au contraire qu'on les réunisse. En effet, toutes les puissances barbaresques embrassent, dans leur domination de droit ou de fail, des parties plus ou moins grandes du Belad-el- Djéryd et du Ssahhrà, et les peuples qui appartiennent à la grande famille atlantique, sont répandus sur ces deux contrées, ainsi que sur le sol regardé comme formant la Barbarie. Ces motifs

LX INTRODUCTION

nous ont paru assez forts pour nous engager à introduire sous le nom consacré par les géographes arabes, une division que nous avions déjà proposée dans notre {las et qui, comme celle du Nil, est une des mieux tracée sur le globe par la main puissante de la nature,

On se tromperait beaucoup si, en voyant le grand nombre d'ouvrages sur cette région, on en croyait la géographie bien connue. Peu de contrées sur le globe offrent de plus grandes incertitudes et de plus grandes lacunes, malgré la multitude de notions publiées sur ses différentes parties. Parmi le grand nombre d'ouvrages que nous avons compulsés, nous nous bornerons à citer les suivans : outre les relations générales de Léon l’Africain, de Shaw, d’Ali-Bey (Badia), de Pananlti, nous avons consulté, pour l'état de Tripoli, Hornemann, Lyon, Della-Pella, Pacho, Denham etune notice publiée, il y a quelques années, par M. Gräberg, ancien consul-général de Suède près de cette régence ; pour l’état de Tunis, B/aquières, Maggil, etc.; pour l'état d'Alger, Zau- &ier de Tassy, Shaler, Renaudot et le savant résumé de M. de la Renaudière; pour l'empire de Maroc, Pidou de St-Olon, Windus, Hôst, ZLemprière, Jackson, Caillié e\W'ashington; pour le nouvel état de Sidy-Hescham, Follie, Saugnier, Robert Adams, Cochelet et Riley:

pour ie Ssahhrà , les cinq naufragés que nous venons de citer, et de plus, Zéon l’Africain, Brisson, Hornemann, Robert Adams, Laing, Denham, Caillié et MM. Ritter, Walckenaer et Jomard. Mais nous avons surtout pris pour guide dans la description de celte région , notre ami M. d'Avezac dont les travaux sur l'Afrique- Occidentale offrent l'autorité la plus imposante. C'est à lui que nous devons spécialement d’être sorti du labyrinthe que présentait la classification des peuples et des tribus du Ssahhrà. M. Reinaud, si souvent mentionné dans cet abrégé, nous a fourni des renseignemens précieux sur l'ancienne Carthage. Nous avons aussi profité des netes que M. Guillaume Barbié du Bocage,

employé comme géographe au ministère des af-

faires étrangères, a Lirées de son grand travail,

historique, statistique el géographique sur les états barbaresques et particulièrement sur Alger et Maroc.

Après l'indication de toutes ces sources, nous espérons que nos lecteurs n'attribueront pas à ignorance de notre part l’omission de la florissante ville de Tafilelt, dont l'existence est aujourd'hui révoquée en doute ; on ne blamera pas non plus, nous l’espérons, l'importance que nous donnons à des contrées, à des villes et à des peuples que plusieurs géograplies daignent à peine nommer, et la mention restreinte à laquelle nous nous bornons au contraire à l'é- Bard de certains autres, auxquels les géographes, accordent de brillantes descriptions. Ainsi, nous n'avons pas mentionné , parmi les villes les plus remarquables de l'état de Maroc, la célèbre Sedjelmesse, parce que nous ne savons pas si son terrritoire, dont Ebn-al-Ouardi, Bakoui, Léon ct Ben-Ayas ont tant célébré Ja fertilité et la richesse, appartient encore àcetempire. D'ailleurs

cette grande ville, qui s'élevait sur les bords du Liz et qui a été le premier siège de la dynastie des Almoravides, n'existait déjà plus du temps de Léon, elle avait été abandonnée par ses habitans à la suite de nombreuses révolutions.

NicritiE ou RéGioN pes Nëcres. Un usage banal désigne depuis long-temps sous les noms de Soudan, de Sénégambie, de côles de Guinée etde Congo, toutes ces vastes contrées que nous proposons d'appeler Wigrilie, nom qui traduit fidèlement celui de Be/ad-al-Soudan, ou pays des nègres que lui donnent les Arabes et les nègres musulmans eux-mêmes; il nous parait préférable à des dénominations et à des divisions inexactes et inconnues aux indigènes. Ceux-ci n'ont guère, dans leurs langages propres, de noms généraux pour désigner les grandes divisions terrestres, parce qu'ils ont trop peu de rapportentre eux; mais les Maures, dont les caravanes parcourent en tous sens l'Afrique boréale, ont senti le besoin de dénominations générales pour indiquer ces grandes régions. Leur système géographique sur cette partie du monde a été exposé dans un mémoire bien connu de M. d’Avezac, qui sert d'introduction à ses Considérations criliques sur la géographie de l Afrique-Intérieure-Occidentale.

Nous n'avons ni l’espace ni le temps nécessaires pour montrer l’inexactitude des dénominations adoptées dans toutes les géographies ; nous ferons seulement observer que la Sénégambie, d’après cette dénomination , ne devrait comprendre que les pays arrosés par le Sénégal, la Gambie et leurs affluens, tandis qu’elle embrasse de vastes contrées traversées par d’autres fleuves ; qu'il est absurde d'appeler côtes des pays qui s'étendent à 8 ou 400 milles dans l’intérieur d’un continent; et que la dénomination de Soudan convient en général, à tous les pays nègres, au lieu d’être exclusivement applicable à ceux que les géographes comprennent sous ce nom. D'ilienrs la subdivi-

sion de la Guinée en différentes côtes n’est à pro- :

prement parler en usage que chez les marins, qui en outre différent dans la détermination des limites qu'ils assignent à chacune d'elles. A tout cela il faut ajouter que l’état encore imparfait de la stographie de l'Afrique ne permet pas de tracer une ligne de démarcation entre le Soudan, tel qu'il est restreint par les Européens, et la Guinée; enfin, que toutes les lumières réunies jusqu’à présent sur le cours du Djioliba ou Kouarra, par les voyageurs les plus judicieux et surtout par les frères Lander, tendent à porter le bassin de ce fleuve ou le Soudan-Occidental jusqu'aux côtes de Benin et de Calabar, dont la plus grande partie parait former le delta de ce grand fleuve. Tous ces motifs nous ont engagé à modifier les grandes divisions de l'Afrique, de manière à ranger parmi ses subdivisions géographiques les divisions banales, inexactes et inutiles adoptées par le commun des géographes et connues depuis long-temps sous les noms de Soudan, de Sénégambie, de Guinée et de Congo.

Mais si nous avons été sobre d'innovations pour ce qui regarde l'introduction de nouveaux noms et de nouvelles divisions principales, nous ne l'a.

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À LA GEOGRAPHIE. Lx)

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vons aucunement été pour ce qui concerne les subdivisions et le choix des états, sans aucun égard pour les indications ou descriplions de pays que nous trouvons dans les meilleurs traités de géographie, et à plus forte raison dans ce déluge d'abrégés, de manuels, de résumés et autres ouvrages prétendus élémentaires; nousavonschoisi parmi le millier d'états que renferme cette vaste région, ceux qui nous paraissaient mériter une description ou du moins une mention autant que le cadre de cet ouvrage nous le permettait. Nous n’avons pas craint de nous exposer à la critique, en traitant avec quelques détails les puissances prépondtrantes de la Sénégambie, de la Guinée et du Soudan proprement dit, auxquelles les auteurs d'abrégés et de tableaux n'accordent que quelqueslignes lorsqu'ils ne les passent pas entièrement sous silence. Nous n'avons pas craint non plus de nous mettre en opposition avec plusieurs géographes recommandables en donnant la description abrégée de certaines villes de ces vastes contrées pour lesquelles ils se bornent à une simple mention et dont quelquefois même on cherche en vain les noms dausleurs ouvrages, Nous laisserons ces géographes décrire encore minutieusement en 1827, 1828 et r829 les royaumes de Darfour, de Galam, d’Amanahea, de Commenda, etc. , etc., et ne consacrer que quelques ligues à la description de l'empire des Fellatah, le plus puissant état de la Nigritie; décrire encore d'après les récits vagues des indigères, l'empire de Bornou, que la mémorable exploration de Denham et Clapperton nous a fait connaitre; se borner à la simple indication des contins du Fouta-Toro, qui est une des puissances prépondérantes de la Sénégambie, el accorder en même temps une mention pareille aux royaumes de Geduma et de Jafnou, depuis long-temps effacés du sol de cette région ; omettre enfin tout-à-fait le royaume de Cap-Monte, qui est l’état principal de la Guinée-Occidentale, A l'égard de tous les autres élats, nous avons cru qu’une simple nomenclature aurai élé aussi complètement inutile que fatigante pour la classe de lecteurs auxquels ce livre est consacré. Les noms géographiques dans un ouvrage élémentaire n'offrent d'intérêt qu'autant qu'ils rappellent à notre esprit des pays importans, soit par leur étendue, leur population ou leurs souvenirs historiques, soit par leurs productions, l’industrie et le caractère de leurs habitans. Or, cette région présente des ceutaines d'états qui sont encore à-peu-près nuls sous tous les rapports. Nous avons pensé que le meilleur parti à prendre était de négliger entièrement dans un t! , toutes ces dénomiualions barbares que néanioins les géographes ne doivent point omettre sur leurs cartes, vu qu'ils peuvent servir de documens aux voyageurs à venir, D'ailleurs plusieurs de ces noms de pays, ainsi que la position qu'on leur assigne, sont dus aux rapports vagues d'indigènes peu instruits; ce sont des dénominations diverses d’une même contrée, que l'ignorance et l’inattention a eu le talent de transformer en trois ou quatre royaumes différens.

Voici les principaux auteurs que nous avons consultés jour décrire cette vaste parlie de l'Afri-

que. Pour la Nigritie-Centrale ou Soudan des géographes ; Léon l’Africain, Windus, Browne, Hornemann, Lyon, Seelzen, Burckhardt, Mungo-Park, Bowdh, Denham et Clapperton, Caillié, les frères Lander, etc , etc.; pour la Nigrilie-Occidentale ou Sénégambie, Zabat, Adanson, Golberry, Durand, Winterbottom, Mungo-Park, Mollien, Beaufort, Roger, elc.; pour la Guinée, Barbot, Bosmun, d'Elbée, Smilh, Desmarchais, Robert Norris, Isert, Dalzel, La Barthe, Roemer, Meredith, Adams, Roberlson, John M’Léod, Bowdich, Laing, Dupuis, Hutton, Clapperton, les frères Lander, elce., etc. ; pour le Congo, Cavazzi, Zucchelli, Proyart, De Grand-Pré, Tucker, d'Etourville, Feo de-Torres, Bowdich, etc.

Le résumé que nous avons donné de la distribulion ethnogr2phique des états nègres de la Sénégambie, est emprunté aux savans travaux de M. d’Avezac.

RÉGION DE L’AFRIQUE AUSTRALE. Nous avons cru pouvoir réunir sous cette dénomination générale les deux contrées connues depuis si long-temps sous le nom de Hottentotie et de Colonie du Cap-de-Bonne-Espérance, la lisière le long de la côte occidentale que les géographcs modernes s'accordent à nommer Cimbebasie, ct le vaste pays habité par des peuples que l’ethnographie regarde comme appartenant à une même souche, et dont nous avons formé la farnille Cafre. Quoique cette division n’aii pas absolument toutes les conditions nécessaires pour être une région physique , elle offre cependaut l'avantage d’être assez bicn déterminée sous le rapport politique ct elhnographique , malgré le petit territoire que les Portugais réclament le long du Mafumo, de l'Inhàmbane , du Sabia et du Sofala, malgré les incertitudes qui enveloppent encore l'extension de la souche Cafre du côté du nord,et malgré la partie , non explorée encore, qui s'étend au nordouest du territoire occupé par les Cafres Morolongs. Ces considérations nous ont engagé à en faire une des divisions principales de l'Afrique; et nous espérons que les géographes l’approuveront. Nous croyons inutile de justifier les dénominations que nous avons proposées de Cafrérie marilime, pour les pays occupés par les tribus cafres de la côte de Natal, et de Cafrérie intérieure, pour les pays où vivent les autres peuples appartenant à cette souche.

Pour décrire ces différens pays, nous avons consulté les ouvrages de Patterson, Le Vaillant, Barrow, rercival, Lichtenstein, Campbell, Lalrobe, Burchell et Georges Thompson.

REGION DE L’'AFRIQUE INTÉRIEURE ET DE LA CÔTE ORIENTALE. Quand on compare l'abondance des matériaux à la pénurie des résullats certains sur la géographie des pays compris dans cette division, on se seut presque découragé. Un géographe éclairé et eonsciencieux hésite presque à chaque pas dans ce labyrinthe de notions contradictoires. Peu de parties de la terre exigent d'aussi pénibles recherches de la part du Béographe et procurent au lecteur aussi peu de satisfaction. Rien n'est plus aisé que de dire beaucoup, et rien n'est si difficile que de dire vrai, Il nous sem-

Ixil INTRODUCTION

ble que, dans l’état actuel de nos connaissances sur celte vaste partie de l'Afrique , le géographe qui sait le plus est, en quelque sorte, celui qui peut le moins apprendre aux pérsonnes avides de savoir, On voudrait connaître des divisions naturelles, ou du moins desdivisions soliliques, avoir quelques notions certaines sur l'étendue , la population , l'état social des états de cette région; mais quand on veut être de bonne foi, il faut rejeter comme faux , ou du moins comme conjectural, tout ce que l'en trouve dans les meilleures géographies, quoiqu’elles abondent en détails présentés d’une manière positive, comme s’il était question de décrire un comté de l'Angleterre ou un département de la France. Guidé par ces considérations , nous n'offrons à nos lecteurs que le peu de faits qui nous paraissent avérés. Nous avons donc été très bref sur un sujet immense. Non-seulement l'intérieur est presque ignoré, mais même les côtes sont en partie mal connues. Quoi, pourra-t-04 dire, la côte orientale n’est pas assez connue? Ouvrez les traités de la science , et vous y verrez Imêrne des détails. Nous nous bornerons à répondre que nous traitons de la géographie actuelle, et que, nous ne voulons pas aonner comme telle, une géographie surannée, vieillie àe deux ou trois siècles. Nous laissons aux corupilateurs le plaisir d'offrir en 1830 et 1831, le tableau de la domination Portugaise sur la côte orientale, et les brillantes descriptions du royaume de Melinde, de la république de 2rava, et d'autres états sur celte même côte, quoique les Portugais n’y exercent plus une domination générale depuis plus d’un siècle , et que l’état de ces pays ait changé, ou que l’on ignore leur situation actuelle. Nous ne suivrons pas non plus leur exemple relativement au royaume de Gingiro et autres états, dont ils parlent sans prévenir qu’on ne les connaît que par certains rapports suspects faits par des indigènes et anciens déjà de plusieurs siècles. 11 en est de même de l'empire du Monomolapa, qui, dissous définitivement en 1752, n'en figure pas moins dans presque toutes les géographies et sur des cartes très récentes, comme un des plus grands et des plus puissans états de l'Afrique. ù

Pour la description de la partie continentale de cette division de l'Afrique , nous avons consulté Barros, Dos Santos, Lobo, Hamilton, Thomann, Sall, Saulnier de Monde-

vit, Chapellier et Epidariste Colir ; ces trois derniers dans les Annales des voyages. Nous avons examiné aussi plusieurs articles publiés récemment dans les journaux anglais, les docue mens rassemblés par Bowdich et publiés après sa mort, et les renseignemens que nous avons pu» bliés en 1822 dans les Variétés statis!ico-politiques de la monarchie Portugaise.

Nous regrettons que la relation de la reconnaissance faite par le capitaine Owen sur toute la côte orientale n’ait pas été publiée : elle encore nous aurait éclairci bien des doutes, et sauvé. peutêtre, de bien des erreurs.

L'ile de Madagascar si fameuse et si importante par sôn étendue, sa fertilité, sa popuiation, et par les progrès que la civilisation y a faits de nos jours, avait été jusqu’à présent presque dédaignée par les écrivains. Elle a été, pour nous, l'ob- Jet d'investigations laborieuses, et nous avons tàché ue réunir, avec la plus grande concision, tout ce que sa géographie politique offrait d’essentiel. Pour atteindre ce but, nous avons eu recours surtout à Flacourt, à Drury, à Le Gentil, aux mémoires de Fressange, du Maine, Chapellier, ainsi qu’à d'autres travaux publiés dans les Annales des voyages, ou à des documens plus récens insérés dans la Revue britannique. Notre savant collègue et ami, M. Thomas, qui a publié une excellente statistique de l'ile Bourbon, et qui a rassemblé beaucoup de renseignemens sur Madagascar, nous a puissamment aidé das la description de cette grande le.

POSSESSIONS DES PUISSANCES ÉTRANGÈRES EN AFRIQUE. Nous r'avons rien à dire sur cette partie de l'Afrique. Les pays qu’on y décrit, appartenant géographiquement aux cinq grandes régions dans lesquelles nous avons partagé cette partie du monde, le lecteur connait déjà tous les principaux ouvrages que nous avons dû consulter. Nous ajouterons cependant que nous avons tâché de présenter véritablement l’état actuel de ces possessions, tâche difficile dans laquelle nous avons été aidé par MM. Jomard, d’Avezac, Thomas, ainsi que par quelques-uns de nos collaborateurs dans l'Essai statistique sur le royuume de Portugal et d’Algarve, et entre autres par M. Pussich, gouverneur-générel des îles du Cap-Vert, qui en 1821, nous à donné à Lisbonne une excellente statistique manuscrite de cet archipel.

Ce vaste continent, auquel Europe doit en grande partie sa puissance et ses richesses, avait été aperçu, dès le rx° siècle, ++ les intrépides Scandinaves, et, vers la hu x1v°, par les frères Zeni, navigateurs vénitiens ; mais ces tentatives partielles et incomplètes étaient demeurées sans résultat pour l’Ancien-Monde , et ce ue fut qu’en 1492 que l’immortel Colomb, Suidé par une hypothèse ingénieuse, fa-

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vorisé par un heureux hasard, et soutenu par une intrépidité héroïque, réalisa cette importante découverte.

Si la géographie de l'Amérique n’offre pas les ténèbres qui enveloppent encore une si grande partie de l’intérieur de J’Asie; si sa vaste surface ne présente pas les lacunes que nous avons trouvées dans les grandes terres de l’Océanie; si enfin le géographe ne rencontre pas, dans le

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Nouveau - Monde, les vides immenses qu'offre l’Afrique, il en est redevable à la rapide activité des premiers conquérans qui parcoururent, dans tous les sens, ce nouvel hémisphère pour y chercher des trésors, ainsi qu'à {a pieuse sollicitude des missionnaires catholiques qui, conquérans d’un nouveau genre, firent marcher la propagation de l’évangile de pair avec les progrès de la civilisation et les découvertes géographiques. Plus tard, le jus célèbre des voyageurs modernes, le

aron de Humboldt , eut le talent difficile d'embrasscr toute la géographie du Nouveau-Mo:de dans la relation de son mémorable voyage. Sous sa plume habile, en vit naître ia géographie physique de cette contrée sur laquelle on n’avait encore que quelques faits isolés, mêlés à beaucoup d'erreurs ; il discuta, avec un talent remarquable, tous les points encore donteux, et combla une foule de lacunes qu’offrait, avant lui, la description de l’Amérique. Son exemple ne fut pas perdu, et Von vit naître les savantes explorations entreprises sous les auspices de l’empereur d'Autriche et du roi de Bavière, qui nous firent connaître si bien une si vaste partie de l’Amérique-Méridionale; d’autres savans entreprirent la découverte des principales régions de l’Amérique-du-Nord, tandis que les grandes explorations, ordonnées par les présidens de l’Union, dans l’intérieur de l’Amérique-du-Nord, et les navigations non moins importantes faites par ordre du roi de France le long des côtes de l’Amérique-du-Sud, et par ordre du roi d’Angleterre dans les mers boréales et australes, apportèrent de nouvelles richesses au géographe et complétèrent les découvertes qui restaient à faire dans le Nouveau-Monde. La création de nouvéaux états enrichit encore la géographie de la masse de documens publiés par leurs gouvernemens respectifs, par les commissaires étrangers envoyés pour examiner leur situation, et par les nomüreux voyageurs qui accourusent de toutes les parties de l’Europe pour visiter les magnifiques régions qui avaient été jusqü’1lors fermées à la curiosité du savant, aux investigations du politique et aux spéculations du négociant.

Mais si la géographie proprement dite de l'Amérique n'offre presque plus de lacunes importantes à remplir, il n’en est pas de même de la topographie ni de la

statistique; et, si l’on veut étre sincère, il faut convenir qu’à l’exception de la partie orientale du sol de l’Union, c’est-à-dire des vingt-quatre états, du district fédéral et des trois territoires organisés, tout le reste de cette puissante confédération, ainsi que du continent américain , est, à quelques exceptions près, resté en dehors du domaine de la statistique et même de la topographie. Les guerres intestines qui continuens à désoler les nouveaux états élevés sur les débris des colonies espagnoles et portugaises, n’ont pas encore laissé à leurs gouvernemens le loisir de rassembler des documens officiels. Tout ce que l’on possède jusqu'ici se réduit à des généralités pour chaque état, encore sont-elles bien loin d’être exactes et com plètes. Si l’on veut éviter les erreurs et les méprises, il faut renoncer à reproduire les détails minutieux dans lesquels les géographes se complaisent ordinairement.

Les longues et difficiles recherches auxquelles nous nous sommes livré pour la rédaction de la Balance politique du globe, jointes à nos relations personnelles avec quelques-uns des chefs des principales républiques, avec plusieurs diplomates distingués et avec quelques administrateurs habiles de ces nouveai. 1 états, nous ont convaincu €. cette vérité; tout cela mème a contribué, comme nous l’avons déjà fait observer, à nous faire renoncer au plan d’après 4eqnel nous * ous étions proposé de décrire tous les ét:is de celte partie du monde.

Les Etats-Unis sont la première puissance du Nouvezu-Monde ; leur mariae marchande n’est inférieure qu’à celle de la monarchie Anglaise ; leurs monumens, leurs canaux, leurs établissemens scientifiques et littéraires rivalisent avec les constructions et les établissemens correspôündans de l'Europe ; lex: »opulation, déjà considérable par elle- mème, l’est encore plus lorsqu'on la compare avec celle des autres états de l'Amérique, sur lesquels elle influe doublement par sa masse et par l’entreprenante activité de son #ouvernement, les Etat5-Unis enfin son « la tête de la civilisation qui marche rapidement d’un bov! à l'autre de cette partie du monde. Teis sont les motifs qui nous ont engagé à traiter cette partie de l'Amérique d’après le plan adopté par nous dans la description des états de l’Europe et des grands empires de l’Asie. Nous

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avons décrit tous les autres états d’après le plan suivi dans la description de POcéanie et de l’Afrique, mais sur une échelle un peu plus large à l’égard de l'empire du Brésil et des principales républiques.

Erars-Unis. La confédération Anglo - Améri caine est sans contredit la partie äe l’Amérique la mieux connue. Nous avons déjà dit qu'elle est aussi la seule comprise dans le domaine de la statistique; nous ajouterons que c’est la partie du Nouveau-Monde sur laquelle on a publié le plus grand nombre d'ouvrages. Au milieu &e tant de ricuesses, ii semble tout naturel de croire que sa description n'offre aucune difficulté au géographe. Mais ici un élément d'un genre nouveau vient rendre sa tâche plus laboriense. Les progrès extraordinaires de la population, le développement ;:odigieux que présentent l’agriculture, les fabriques et le commerce, la fondation de nouveils: villes, l'ouverture de nouveaux canaux, la cowst'uction de nouvelles routes, et ies nouvelles divisicus du territoire rendues nècessaires par tant de progres ei par l'aflluence de sa population dans des terrain? encore vierges, sont autant de causes d’erren : juur le géosraphe le plus consciencieux, su'eut Jorst, te c'est en Europe qu'il rédige sa &escription,; dis villages el même de simples hameaux d'iennent en quelques mois des villes inportante: par la con- Struction d’un chemiu de fer, par l'euverlure d’un canai, ou par jespluation d'une mine nouvelle; tel stat qui ne comportait que 30 à 40 comtés peut, dans le couri espace de deux ou trois ans, en avoir un quert, un tiers et jusqu’à la moitié de plus. Nous engageons ceux de no6 lecteurs à qui notre assertion pourrait paraitre exagérée, à comparer la description des différcus élats de l'Union, dornée par notre abrégé, avac la description correspondante offerte dans V'Atiss des deux Amériques, rédigé et publié en 18:5, par M. Buchon, d’après les ouvrages nalionau“ les nlus récens, Ils verront peutêtre avec su'ptise que, tandis que l'Atlas accorde seulement i&, 48, 67 et 59 comtés aux états du Mississipi, du T ‘nessée, du Kentucki, et de l'Ohio, nous avons porté le nombre respectif de leurs comtés à 26, 62, 88 ct 73. L'allas sous les yeux, ils y chercheront en vain la description particutière de chaque état, les grands canaux de la Fennsyivanie, de l'Ohio et d’autres contrées ,que nous avons indiqués à l’article où nous avons tracé le cours de ces grands moyens de communicotion ; il n’y trouveront pas non plus l'indication d'un seul des nombreux chemins de fer pratiqués sur plusieurs points de l’Union ; ils n’y trouveront pas davantage les villes florissantes que nous avons décrites ou simplement indiquées dans le voisinage des riches mines de charbon exploitée: ‘ans la Pennsylvanie, ni les villes fondées récemment à l'embouchure des nouveaux canaux,

Nous avons fait tout ce qui dépendait de nous pour donner un calque fidèle du pays. L'espace pous manque pour indiquer toutes les préc" ‘ses

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ressources dont nous nous sommes entouré pour carter toute erreur. Nous nous bornerons à ciler les auteurs auxquels nous avons fait le plus d'emprunts, etles savans estimables qui ont bien voulu nous aider. Nous nommerons parmi les premiers : Morse, Pitkin, s“eybert, Lewis et Clark, Long et Kealing , Sidon , Mel!isk , Tanner, Darby , le duc Bernard de Saxe- Weimar, Schoolcraft, Basil Hall, Leltrami, etc., et. Nous devons une foule d'iadica- Lions excellentes à nos deux savans amis, M. j'a den, attentif à suivre tous les changeimeñns qu: subit la géographie d’une contrée sur laquelle if a publié une statistique supérisure à criie dc tous sts devanciers, et M. le docteur Constancio qu'un séjour dans les Etats-Unis comme “hargé d'afaires du Po:tugoi,a mis à rnême de :unnaltre parfaitement cetie puissante confédération, La reconnaissance fus fait aussi un devoir de noïnmer M. Mülberi, le savant auteur de ‘iliüéraire pittoresque du fleuve Hudson, auquel nous devons plusieurs étlaircissemens; ainsi que MM. Varen et Constancio , il a bien vouiu revoir les épreuves de cite nartis de aotre ouvrage. Malgré tant de ressources , nous n'aurions jamais pu peindre sous ses véritables couleurs ce pays extraordinaire, sans un heureux basard qui conduisit en Europe M. Worcester, auteur de la meilleure géographie élémentaire publiée en Amérique, et M.le major Poussin, aide-de-camp du général Bernard. Ces deux savans, qui venaient à peine de quitter le sol de l’Union, dont ils possédaient la topographie dans ses moindres détails, ont eu l'extrême obligeavce, non-seulement de revoir nos épreuves, mais d’y ajouter une multitude d'indications précieuses.

NOUVEAUX ETATS DE LA CI-DEVANT AMÉRIQUE- EsraGnouc. Depuis quelques années tous ies regards de l’Europe se portent vers les états indépendans qu se sont élevés sur les débris des magnifiques colonies de l’Amérique-Espagnoie. Plusieurs rivalisent pour l'élendue avec les plus grands #mpires du monde; leur population colleclive, quoique très faible relativement au sol sur lequel elle est distribuée, est néanmoins très considérable lorsqu'on la compare à celles des autres puissances du Nouveau-Monde , surtout si l'on pense qu'elle dépasse ies deux cinquièmes de la population totale de ce vaste continent; les villes principales de ces nouveaux états rivalisent pour leur beauté avec les capitales de l'Ancien Monde, et, sous le rapport du nombre de leurs habitans, elles figurent parmi les plus grandes de l'Amérique; enfa le produit des mines de quelques-unes de ces con"ées, quoique considérablemeni diminué depuis quelques années, est encore si important, que, sous ce rapport, leur richesse dépasse celle de tous les autres pays du globe. Tous ces motifs nous ont engagé à élargie un peu notre cadre lorsqu'il s'agissait ‘’e les décrire,

Nes guides principaux ont été le: “ages et les ouvrages du baron de Humbola’ Ward, Builock, Lyon, Hardy, Beltrar:, : ‘lien, Thompson, Rengger € Znngchi: "; Nuñez,

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Préraroe

A LA GEOGRAPHIE. . 1

Nous avons profité des avantages inappréciables que nous offrait notre séjour dans la capitale de la France, pour remplir les lacunes laissées dans la géograplue de ce pays par les savans estimables que nous venons de nommer et pour corriger les erreurs échappées à quelques-uns d'entre eux, en nous mettant en rapport direct avec plusieurs personnes instruites des pays mèmes que nous voulions décrire , et mème avec tes chefs de ces nouvelles républiques. C’est ainsi ‘ve, par un heureux concours de circonstances, “vus avens eu l'honneur de crnnaître personnel- ‘ément plusieurs de ces personnages marquans, ct de recevoir de précieux renseignemens de M. Pedraza, ancien premier président des Etats-Unis du Mexique ; de M. Santander, vice-président de la république de Colombie ; de M. Xerran, général de brigade au service de cette république ; ue M. le général Mosqueira, ancien préfet du département du Gauca; de M. d'Egaña, ancien ministre de l’intérieur du Chili; de M. de la Barra, chargé d’affaires de cet état ; de M. Barberena, ancien député de Guatemala , et ministre à Londres des Etats-Unis de l’Amérique-Centrale ; de M. Vasquez, miaistre plénipotentiaire à Rome pour les Etats-Unis du Mexique. D’autres circonslances favorables nous ont mis en rapport avec MM. d’Æcosla, capitaine du génie au service de la Colombie; de la Torre, bibliothécaire à Arequipa ; Gordoa, ancien député de l’état de San- Luiz ; de la Garza, docteur en médecine natif de Tamaulipas; Ribeiro, Vincendon la Tour.

Des notes importantes nous ont été fournies sur le nouvel état de l’Uruguay et sur les Etats-Unis du Rio de la Plata, par M. Paraigne, l'ami intime de M. Ribadavia, si connu par la sagesse qu'il a déployée lorsqu'il était à la tête de la république Argentine.

C'est surtout aux lumières des personnages que nous venons de citer que nous sommes redevable de l'avantage inappréciable pour la géographie, de présenter dans cet Abrégé les véritables divisions actuelles de ces nouveaux états, divisions que nous avons jusqu’à présent trouvées plus ou moins inexactes dans tous les ouvrages mème Îles plus récens que nous avons consultés, comme aussi l'avantage non moins important de donner une description exempte des errsurs qui déparent les meiliru:s ouvrages de géograplue. C’est encore les notes de ces messieurs qui nous ont mis en état d'éviter les méprises que nous avons signalées dans plusieurs parties de cet ouvrage, et de remplir bien des lacunes qu'offrait encore la géographie.

L'Eupine pu BRrésir méritait à tous égards d'être traité avec quelques détails. Nous avons consulté pour le décrire les ouvrages de MM. Southey, Koster, Mare, Eschivege. lu priace de Wied-Neuwied, üe %Y. cr fer, Freireis, Weeckh, Grant, :: :5mpagné de nu;cs de M. Navarrs l’Andra: ” :: celui qui les vaut tou: ensemble, la Relal::x historique des voyageuï's bavarois Spix ei Martius; celles de M. St-Hilaire et de M. Freycinel, et la Corografia brasilica du père #yres de Cazal;: celte dernière, malgré ses grandes imperfections ei ses erreurs, est en-

core l'ouvrage géographique le plus important que l’on ait publié sur le Brésil; c'est une riche mine que bien des littérateurs exploitent sans la signaler ; cet ouvrage a élé traduit presque littéralement par M. Henderson dans son History of the Brazil, qui n'est que la reproduction de la chorographie du savant brésilien avec quelques remarques du voyageur anglais et quelques additions relatives au commerce et à d'au tres objets.

Les Portugais ont été pendant long-temps à latête des affaires du Brésil, et quelques diplomates que nous avons eu occasion de connaître à Paris, nouf ont fourniune foule de documens sur la géographie et sur la stalistique de cet empire. Nous en avons déjà publié un grand nombre dans notre £ssai statistique sur le royaume de Portugal, ainsi que dans plusieurs articles insérés dans les Revues ; d’autres ont vu le jour dans la savanterelation du voyage de M. le capitaine Freycinet. La reconnaissance nous impose le devoir de nommer ici M. Jvao Paulo dos Santos, professeur de mathématiques à l'académie militaire de Rio-de-Janeiro ; feu M. le vicomte de Saz- Lourenço, ancien ministre du trésor au Brésil ; M. Sylvestre Pinheiro, ancien ministre des affaires étrangères au Brésil ; M. le baron de Pedra Branca, ancien chargé d'affaires du Brésil à Paris; et MM. de Cunha ct marquis de Rezende qui lui ont succédé. C'est à leurs lumiéres et aux secours qu'ils nous ont procurés que nous devons la connaissance de beaucoup de faits importans. Aussi notre tableau géographique de cet empire diffère-t-il beaucoup de tous ceux qu'on a publiés jusqu'à présent. M. Ferdinand Denis, qui a visité lui-même cette partie de l’Amérique-Méridionale et publié plusieurs ouvrages connus sur le Brésil et le Portugal, après nous avoir fourni divers renseignemens , a revu notre article avec soin.

La RéPusLique v'Haïri par son importance politique et commerciale, par ses rapports intimes avec la France et l'intérêt qu'inspirent les rapides progrès faits dans la civilisation par ses habitans presque tous d'origine Africaine, nous a paru mériter quelques détails. Les suurces principales auxquelles nous avons puisé pour en tracer le Lableau sont: les ouvrages de Moreau de St-Méryr, de Dorvo Soulastre, de James Barskett, de Placide Justin, de Mackenzie, etc., etc., et surtout les renseignemens précieux que nous devons à feu l'abbé Grégoire, évêque de Blois, et les communications non moins importantes que M. Mollien a bien voulu nous faire. Environné de tous ces secours, nous avons pu offrir, pour la première fois, à nos lecteurs plusieurs détails topographiques très importans et les vérilables divisions administratives de cet état, qu'on cherche en vain dans toutes les géographies, les dictionnaires et les tableaux statistiques les plus récens, où l’on ne trouve que les 33 arrondissemens militaires, au lieu des 6 départemens dans lesquels tout i: territoire de la république est partagé depuis sa dernière constitution.

AMÉRIQUE INDIGÈNE INDÉPENDANTE. Les traités de géographie et les dictionnaires ne consacrent

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