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jamais un chapitre ou un article spécial à cette
vaste portion du Nouveau-Monde, quoique les
peuples qu'elle nourrit occupent de fait ou parcourent en maitres dans toutes les directions un espace que , d’après des calculs approximatifs,
nous avons trouvé pouvoir être estimés à 6,000,000
de mille carrés, c'est-à-dire à plus de la moitié de
la surface de tout le Nouveau Continent. Nous verrons aux pages 1088 et 1123 que le nombre des membres de ces peuplades, n'étant pas le dixième de celui auquel des personnes étrangères à la géographie statistique le faisaient monter, il se trouve néanmoins assez considérable lorsqu'on le compare à la population totale du Nouveau-Monde. D'ailleurs, ce sont justement ces nations peu nombreuses qui présentent la partie la plus intéressante de la population indigène de ce vaste continent , etles recherches philologiques ct ethnographiques, devenues de nos jours si importantes et si communes, ajoutent un nouvel intérêt à tout ce qui la concerne. Ces motifs nousavaient engagé à lui consacrer un chapitre spécial denotre Compendio di geographia universale. Nous espérions que notre exemple serait suivi par les géographes; mais nous avons été trompé dans notre éspoir; et les amateurs de la géographie, les philologues et tous ceux qui veulent connaitre cette intéressante partie de l'Amérique sont encore obligés de chercher une à une les innombrables peuplades indépendantes, dans les descriptions des solitudes que les Européens et leurs descendans regardent comme des parties de leurs territoires respeclifs. Le Folistaendiges Handbuch der neuesten Erdbeschreibung mème, malgré ses gros et nombreux volumes, se borne dans la vue générale des deux Amériques , à donner plusieurs centaines de noms barbares, renvoyant pour les délails aux chapitres consacrés à la description des divers états. Nous avons eu soin d'éviter les répétitions qui auraient grossi inutilement notre abrégé ; toutefois nous n'avons pas craint d'appuyer sur certains détails que nous croyions nécessaires pour mettre le lecteur en état de connaitre les principales nations de cette catégorie.
La Palagonie, qui dans les limites assignées par les cartes les meilleures et les plus récentes, offre une région physique des mieux tracée, est encore une terre entièrement indépendante par le fait, et sur laquelle plusieurs nations contesteut à tort aux Espagnols le droit de suzeraineté,
INTRODUCTION
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Ces considérations nous ont engagé à en placer la description dans le chapitre de l'Amérique-Indépendante-Indigène, à laquelle, selon nous, on devrait aussi ajouter toute la partie du Chili, qui s'étend au sud du Biobio. En effet, au-delà de ce fleuve , les Chiliens ne possèdent que Valdivia et quelquesétablissemens isolés ; la plupart des villes qu'ils avaient fondées ont été détruites par les Araucans, qui ont chassé de leur territoire ces incommodes voisins ; et quoique nos géographes, mème les plus consciencieux , continuent à représenter sur leurs cartes et à décrire dans leurs livres Villarica et autres villes , l'existence de ces cités n'en est pas moins fictive ; elles doivent disparaitre de la géographie actuelle, pour entrer dans le domaine de l’histoire de la géographie.
AMÉRIQUE COLONIALE. Les bornes de ce livre ne nous permettent pas d'exposer tous les molifs qui nous ont guidé dans la description des parties du Nouveau-Monde que nous avons ainsi appelées,
parce qu'elles embrassent les colonies dépendantes des puissances Européennes. Nous ne pouvons nou plus indiquer toutes les sources auxquelles nous avons puisé. Nous nous bornerons à rappeler que nous avons déjà démontré l'exactitude de nos évaluations de la population et des richesses du Canada. Passant entièrement sous silence comme déjà connus de tout le münñue, les ouvrages publiés sur celle partie de l'Amérique, nous ne mentionnerons que les trois suivans qui ont paru, il y a quelques années, à Londres : British America, par M. John M’Gregor; The Canadas, par Andrew Picken, et The Codumba River, par Ross Cox. Nous ajouterons que M. Marshall, élabli à St-John dans l'ile de Terre-Neuve, a bien voulu nous donner des éclaircissemens et des notes sur quelques parlies de ces vastes contrées.
Nous justifions dans le cours de l'ouvrage l'étendue que nous avons donnée à la description de l'ile de Cuba , à laquelle certains géographes accordent à peine quelques lignes dans lesquelles ils ne nous apprennent rien de curieux et d’important. Cependant des ouvrages remarquables publiés dans ces dernières années par MM. de Humboldt, Huber, el un savant article de la Revue Brilannique, démontrent suffisamment que celte colonie doit être regardée comme /a plus riche de toules celles que les Européens ont fondées jusqu’à présent
Un peu plus grande que l’Europe, mais composée d’un nombre presque infini d’iles éparses sur plus de la moitié de la circonférence de la terre, offrant le plus petit des continens et la plus grande des îles du globe, ne présentant que des pays inconnus dans l’intérieur des grandes terres, et une foule de petits états dans celles d’une médiocre étendue, l'Océanie demandait un plan de description tout par-
ticulier, Suivre, autant que possible, les grandes divisions géographiques, sans négliger entièrement les divisions politiques ; conserver les synonymes généralement adoptés, sans laisser ignorer les noms imposés par les naturels aux terres qu'ils habitent et ceux que les premiers navigateurs leur ont donnés; rattacher aux archipels principaux les îles découvertes de nos jours, eLimposer aux groupes
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Ce que nous disans dans le chapitre vin, et à la page 1168, nous dispense d'exposer les motifs qui nous ont engagé à employer indifféremment dans la description de cette partie du monde les dénominations d'Océanie et de Monde- Maritime. Mais nos groupes insulaires se trouvant par fois différer entièrement des divisions généralement reçues ou proposées par quelques savans géographes, nous croyons indispensable de dire un mot à l'appui de celle que nous prenosons, pour classer avec clarté, ct d'après une méthode scientifique, les innombrables iles du Monde-Maritime.
L'ethnographie et la géographie politique, nous obligeaient à subdiviser entrois parties la grande chaîne d’iles qui s'étend depuis l'extrémité occidentale de Sumatra jusqu’à l'ile de Timor; uous en avons fait trois groupes, que nous avons nommés groupe de Sumatra, groupe de Java, et Archipel de Sumbava-Timor. Nous avons pris le détroit d'Allas pour le point de séparation entre le groupe de Java et l'Archipel de Sumbava-Timor, parce que Bali faisant incontestablement partie du groupe de Java , il n'en fallait pas séparer l'ile de Lombock, qui dépend de Bali, sous le double rapport géographique et politique. D'ailleurs, c’est aussi ce point que M. Crawfurd a choisi pour partager en deux parties celte longue chaine d’iles. Fidèle aux principes que nous nous sommes imposés toutes les fois que nous devions établir quelque nouvelle division géographique, nous avons nommé Archipel Sumbava-Timor, le troisième groupe, en composant son nom de ceux des deux iles principales.
Dans le granä Archipel des Moluques, nous avous proposé de former un groupe des Moluques proprement dites, en rattachant ces petites iles à celle de Gilolo, et de le nommer groupe de Gilolo, pour donner à la partie un nom différent du tout, et pour suivre à l'égard de ce groupe, le principe qui doit guider le géographe dans la dénomination des groupes et des archipels. Gilolo , en effet, surpasse de beaucoup toutes les autres iles voisines. C’est pour ne pas renverser les divisions administratives établies depuis long-temps que nous avons cru devoir négliger les divisions géographiques à l'égard de quelques îles peu importantes, que les géographes Hollandais classent parmi les dépendances du petit groupe de Banda ,.sous les noms de lles-du-Sud-Est cet Iles-du-Sud-Ouest. Cette dernière chaine surtout offre de grandes interruplions. 11 nous semble qu'il serait beaucoup plus convenable de classer ces iles avec l'archipel de Sumbava-Timor, dont elles sont évidemment une dépendance géographique , indiquée pat la position des iles Wetter, Letti, Moa, Lackar et Sermatta,.
Nous aurions préféréran;: chipelde Nico-
À LA GEOGRAPHIE
LXVIH bar, parmi les dépendances géographiques de la grande ile de Sumatra ; mais en le laissant en Asie et en le rattachant aux Îles de l'inde-Transgangétique , nous avons voulu accorder quelque chose à des habitudes malheureusement trop enracinées,
Nous avons réuni, sous le nom d'archipel Mounin-Volcanique, toutes ces Mes éparses, dont plusieurs forment l'archipel de Magellan de quelques géographes, dénomination nouvelle peu heureuse , que nous avons cru ne devoir pas con server. Nous avons composé la nôtre du nom de Mounin (Bonin), sous lequel M. Abel Remusat et ensuite M. Klaproth, ont fait connaître les premiers les seules iles habitées de tout cet archipel, et nous y avons joint l'épithète de volcanique, pour rappeler le trait physique principal des iles qui forment le groupe de ce nom, dont plusieurs ont des volcans. Le groupe oriental et le groupe occidental ont reçu leurs noms de leur position, relativement aux autres iles de cet archipel.
Le grand nombre d'iles découvertes depuis l'archipel de Palaos (Pelew) jusqu'à ceux de Viti (Fidgi) et de Hamoa (des Navigateurs), permettent jusqu’à un certain point de les regarder comme ne formant qu'un seul archipel. Mais la science exige des subdivisions méthodiques pour aider la mémoire, pour faciliter l'intelligence des anciens voyages et des descriptions publiées par les navigateurs modernes, et en même temps pour éviter la confusion inévitable dans la description d'un si grand nombre d'îles, répandues sur un si vaste espace de l'Océan, et habitées par tant de peuplades diverses.
Nous avons pensé qu'il fallait en former plusieurs archipels, et nous avons nommé 4rchipel- Central Lous ces groupes d'Hes qui, sous différentes dénominations occupeñt le centre de la Polynésie, et dont la direction principale du Nord au Sud, est diamétralement opposée à celle de la grande chaîne des Carolines, avec lesquelles on persiste à les ranger.
Nous avons fait disparaitre de notre Océanie l'archipel de Roggewein, que quelques géographes s’obstinent encore à tracer sur les cartes de celte partie du Monde. Le voyage de M. Kotzebue et les savantes discussions de M. Krusenstern, ont démontré la non-existence de cet archipel, du moins dans les parages où il devrait setrouver.
Nous avons étendu la dénomination de Sporades à toutes les iles de la Polynésie que, dans l'état actuel de la géographie, nous avons cru ne devoir rattacher à aucune des divisions principales. Malte-Brun a été le premier à proposer ce nom si sonore et si convénable pour les îles éparses de l'hémisphère austral. Dès l'année 1816, nous l'avons étendu dans notre Compendio di geografia à loutes lesiles éparses que l’on conuaissait alors dans l'hémisphère boréal. HN serait à desirer qu'en géographie comme dans les autres sciences, on fût plus porté à rejeter d'anciennes classifications, qui entravent réellement la marche de celte science, pour adopter en revanche toutes les innovations qui portent des marques évidentes d'utilité.
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