À LA GEO
vasle et aussi varié. Nous y avons consacré dix ans de recherches; nous pouvons même dire que la plus grande partie de notre vie n’a èté employée qu’à nous pespstee à sa composition.
n rédigeant cette introduction, notre but était non-seulement de cuordonner les observations répandues dans le corps de l'ouvrage pour signaler l’état actuel de la science, mais aussi de résoudre le problème récemment proposé par la Société royale de Londres (*), en déterminant les limites de la science du géographe, en signalant tout ce que nous connaissons de positif en géographie, en indiquant tout ce qui est douteux et tout ce qui reste encore à connaitre.
Dans tout ce qui précède, nous avons cru devoir suivre l’exemple que nous donnaient les Humboldt, les Cuvier, les Ritter, les Malte-Brun, etc. en citant à chaque pas les sources auxquelles nous puisions.
Oubliant que trente années d’études spé-
. ciales et de nombreux ouvrages géogra-
phiques et statistiques, favorablement accueillis par le public, nous donnaient peut-être le droit de compter sur nos propres forces, nous n'avons vu devant nous que l’immensité du sujet que nous
embrassions et toutes les difficultés que nous opposaient ses innombrables détails.
Nous avons impleré le secours des savans «ui avaient bien voulu nous aider dans la &inposition d’autres neo el, comp-
tant toujours sur cette aménité de caractère, sur cette exquise politesse qui, dans tous les temps et dans tous les pays, ont si justement recommandé le nom français, nous nous sonmmes adressé à un grand nombre de savans et de personnes distinguées de la nation dont nous empruntions la langue, et nous en avons obtenu la plus généreuse Su ie Nous nous plaisons à le reconnaître, c'est à l’assistance désintéressée de tant de Français et d'étrangers estimables que nous devons l'avantage d’avoir pu éviter une foule d’erreurs qui déparent les meilleurs ouvrages de nos prédécesseurs ; c’est à leurs lumières que nous sommes redevable de tout ce que notre livre offre de moins im-
(*) An essay on the actual state of géography in ils various departments, dislinguishing the known from the unknown, and showing what has becn, and remains to be done in order lo
RAPHIE, : LXIX
parfait, Nous prions tous nos généreux et savans collaborateurs de vouloir bien recevoir ici l'hommage sincère de notre vive recunnaissance.
Mais en suivant nous-méme des exemles généreux, n’avons-nous pas acquis e droit d'attendre qu'on se prescrira, à
notre égard , la même ligne de conduite.
Dès qu’un ouvrage a êté publié, l’usa
en appartient au public, chacun le sait, mais [a propriété en reste à l’auteur : c’est ce que quelques personnes paraissent ignorer. Si les emprunts avoués sont la récompense la plus flatteuse qu’il puisse retirer de .:s veilles, il n’en est pas de même des emprunts clandestins. Ceux-ci tendent manifestement à le dépouiller de ses droits aux suffrages de la partie du public, fort nombreuse de nos jours, qui est avide de lumières, mais qui n’a point assez de loisir pour pouvoir tout connaître et tout confronter. Or, n'est-il pas fàcheux, pour un anteur consciencieux et original, qui a toujours soin d’indiquer les autorités d’après lesquelles il écrit, de se voir ravir ainsi le fruit de ses travaux. Absorbé par la quantité innombrable de recherches et de calculs qu’exigeait la rédaction de cet abrégé et de nos tableaux de statistique comparée, nous avons eu la douleur de reconnaitre souvent, dans des ouvrages de la nature la plus différente, les résultats de nos veilles, sans qu'on indiquât la source à laquelle on les avait empruntés. Nous avons même vu l'injustice et la malveillance de certains écrivains portées au point d’attribuer nos travaux à des auteurs imaginaires, pour nous frustrer de l’honneur qui nous était dû. Mais, et cela seul nous console, nous avons rencontré aussi des hommes consciencieux qui, préférant les progrès de la science et la vérité à une gloire usurpée, ont eu la délicatesse de signaler les emprunts qu'ils nous ont faits, et que nous regardons comme une honorable récompense de nos travaux. Nous nous bornerons à citer les savans et consciencieux rédacteurs du Companion to the Almanae, et l'éditeur du Dictionnaire classique et universel de géographie mo-
render it an exact science ; together with an indicalion of the best processes to be adopted in order to supply the several desiderata.
LAX derne, ouvrage que, malgré ses imperfections, nous n'hésitons pas à proclamer le meilleur en ce genre, parce que M. Hyacinthe Langlois, ayant indiqué à la fin de chaque article la source À laquelle il a puisé pour sa rédaction, ce dictionnaire otfre, aux personnes qui ne sont pas étrangères à l’histoire de la science, le moyen d’en apprécier la valeur et l'exactitude.
Indépendant de tous les partis, complètement étranger à la politique, toujours prét à louer nos rivaux et même nos ennemis, nous avons peut-être acquis le droit de compter sur la justice, l'impartialité et l’indulgence des auteurs des Journaux et des Revues, qui nous ont donné si souvent des preuves de bienveillance.
Nous attendons beaucoup de ces hommes courageux dont la mission est de conserver les droits imprescriptibles et sacrés de la vropriété littéraire. Né sur le sol de l’Itaie, nous avons habité la France durant la meilleure partie de notre vie, et c'est dans sa langue qu'ont été publiés nos ouvrages les plus importans. En la quittant, 1 ous avons voulu luilaisser, par cet abrégé, un souvenir de notre reconnaissance pour la noble hospitalité qu’elle nous a donnée.
Nous mettons ce travail, que tant de recherches et de sacrifices ont tendu à rendre digne du but élevé dans lequel nous le rédigions, sous la protection des lois, des magistrats civils et des magistrats littéraires.
Nous insistons d’autant plus sur ce sujet, que ce n’est pas ici notre propre cause que nous défendons : n’est-elle pas celle de l’Editeur consciencicux et éclairé qui nous à si généreusement offert son concours, et qui, ne reculant ni devant des sacrifices sans nombre, ni devant les lenteurs inséparables d’une semblable entreprise, a consacré, malgré les temps les plus difficiles, de grands capitaux à l'exécution de cette œuvre? N’est-elle pas aussi celle de nos nombreux collaborateurs, qui ont mis généreusement à notre disposition les précieux documens qu'ils avaient recucillis, soit dans leurs voyages, SOIL dans leurs études? Or, celui qui cim- Prunte des fragmens à notre ouvrage sans le citer, commet un double plagiat, parce qu'il frustre à-la-fois et l’auteur qui a Ourni ses observations et celui qui les aCcoordonnées, en même temps qu'il prive € public des moyens de recourir aux
INTRODUCTION
sources primitives. Cette dernière circonstance est tellement importante en géographie , que tout ce qui n’est pas appuyé de témoignages authentiques, n’a droit à aucune confiance. Que l'on ne trouve donc pas étrange qu’un homme, qui a si long-temps médité sur cette branche des connaissances humaines, insiste sur ce point essentiel. Nous défendons àla-fois la cause de nos collaborateurs.
l'intérét de la science, et la seule propriété que nous aient eréée nos longues veilles; car, nous ne rougissons pas do l'avouer, la réputation que nous ont value nos ouvrages est Lout ce que nous possédons, après avoir consacré notre vie entière à l'étude, et avoir employé dix ans à élever aux dépens de notre santé, de notre fortune et de notre carrière civile, le monument que nous livrons au public,
C'est ainsi que nous nous exprimions en septembre 1832, dans l'introduction de notre Abrégée de Géographie, un mois avant sa publication.
De retour en Italie, aussitôt que l’état de notre santé nous permit de reprendre nos travaux, nous nous mÎimes à l’œuvre.
Sans être arrété par les éloges, dont la presse périodique de toutes les nations et de toutes les couleurs avait honoré notre ouvrage, nous l’avons parcouru dun bout à l’autre pour n’y voir que les défauts et les lacunes. N’ignorant pas que notre description de l’Europe avait élé rédigée d'après trois cadres différens, c'est-à-dire d’abord pour en faire un ouvrage qui ne devait former qu’un volume de 800 à 700 pages, plus tard un volume de 1000, enfin un de 1500, nous savions que ses premières parties n'étaient nullement en harmonie avec celles du milieu, ni cellesci avec les premières et les dernières.
Nous vimes donc qu’il fallait ajouter, étendre, quelquefois mème retrancher, pour offrir un tout homogène dans ses différentes parties. Aussi avons - nous entièrement refait la topographie de la Suisse, de l’IHalie, dela monarchie Prussienne, de la Confedération germanique, de la république des iles loniennes, une grande partie de celles de l'empire d'Autriche, du royaume de Belgique, duroyanume actuel des Pays- Bas. Nous avons senti toute la portée du reproche qu'un savant ami, M, de La Renaudière, nous à fait, dans lPéloquent et spirituel article qu'il à publié dans les
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Nouvelles Annales des Voyages, sur la première édition de cet Abrègé; et nous avous donné à la topographie de la France toute l'étendue qu'exigeait le but élevé dans lequel nous avions rédigé cet ouvrage.
Outre les publications citées dans le texte et dans la préface de la première édition , nous nous plaisons à nommer ici les Archives de Bernouilli pour la Suisse; le Dictionnaire géographique de la Bel-
ique et de la Hollande par Dercez, et
’ouvrage de Le Peintre, etc., pour les royaumes des jé, he et de Belgique; les ouvrages de Rohrer, de Kees, de Blumenbach, de Federigo, de Brodmann, etc., etc., pour l'empire d'Autriche. D'obligeantes communications que nous devons à feu le cardinal Zurla, au comte Léopold Cicognara et au chevalier Parma, à MM. les comtes Alexandre Papafava et François Dandolo (fils du viceamiralautrichien de ce nom), au chevalier Louis Cibrario, à MM. Furlanetto et Menni, professeurs à l’université de Padoue, à MM. Sanquintino et Buttafuoco, et à quelques autres qui ont voulu garder l’anonyme, nous ont aidé à enrichir la topographie de l’Italie de faits importans, et à la purger de quelques erreurs qui nous étaient SU : es. M. le comte 4u-
ustin de Capo d'Istrias, frère du céèbre diplomate président de la Grèce, a été assez obligeant pour nous fournir plusieurs faits importans, dont quelques-uns ont été encadrés dans la description du nouveau royaume de la Grèce, et les autres trouveront place dans l’Essui slalislique de la Terre, que nous allons publier incessamment. C'est à M. Doria Prossalendi, de Corfou, que nous devons la plupart des perfectionnemens que nous avons fait subir à la topographie des îles loniennes.
Notre honorable et savant ami M. Léon Galibert, versé dans la statistique et l’économie politique, et qui depuis quelques années dirige avec un talent remarquable la publication de la Revue Britannique, a bien voulu faire d'importantes additions à l’article gouvernement de la France.
Entrant dans l’esprit qui nous avait fait étendre si considérablement la description de cette monarchie, il a ajouté plusieurs faits importans aux articles industrie, commerce, instruction publique, et même quelques indications historiques,
A LA GEOGRAPHIE. LAXI
qui, quoique étrangères an cadre de cet ouvrage, ne peuvent manquer d’intéresser le public français, pour lequel cet ouvrage a été primitivement rédigé. L'équité et la reconnaissance exigent aussi que nous déclarions ici que ce savant estimable a bien voulu se charger de la révision du style et de la correction typographique de cette partie de l’ouvrage, que notre séjour actuel à Vienne ne nous permettait pas de faire nous-même, Nous le prions d'accepter ici nos remercimens les plus sincères.
Les nouveaux faits dont la géographie s'est enrichie par la publication de quelques ouvrages importans, nous ont engagé à refaire entièrement la topographie du Turkestan, du royaume de Lahore, des principautés du Sind en Asie, de l'empire e Maroc, de l’Algérie, d’une partie de la Nigritie-Centrale et de la Côte-Orientale en, Afrique, de l’Amnériqgue-Anglaise-du-Nord; et nous avons cru devoir entièrement refaire la description des archipels des Carolines et de Vati. Outre les ouvrages nommés dans le texte et dans la préface, nous avons consulté surtout le mémorable voyage du capitaine Burnes, la statistique de l'empire de Maroc par M. Gràberg de Hemsô, l'ouvrage de M. Genty de Bussy, le voyage des frères Lander, celui du capitaine Owen, ceux des capitaines Ross et Back, Lütke et d'Urville.
La description d’autres pays à été aussi considérablement modifiée. Pour ne parler que des contrées hors de l’Europe, nous citerons la topographie de l’Arabie, du royaume de Siam, des empires d'An-nam et de la Chine, etc., elc., en Asie; de la région du Nil, ete, etc., en Afrique; de la Confédération Anglo- Américaine et des trois nouvelles Républiques qui remplacent celle de Colombie, de la nouvelle Confédération Bolivia-Péruvienne, de la Patagonte, des républiques du Chili et de l'Uritguay en Amérique. Nous avons aussi en-cadré à leur place les nouvelles découvertes faites dans le grand Océan-Austral par le capitaine Biscoe; décrit le nouveau bassin de Murray ou Murumbidge dans l'Australie; signalé le nouveau détroit qui changea en une ile une partie considérable de la Papouasie (Nouvelle- Guinée), et présenté le tableau exact des divisions administratives actuelles de la
magnifique colonie espagnole des Philippines, d’après un document officiel qui accompagne une des feuilles de la grande carte de l’Asie, véritable monument carthographique, que M. Berghaus élève à la science, dans laquelle il est si haut placé.
Si l’époque de la publication d’un grand nombre d'ouvrages ne nous a pas permis de les consulter, nous avons été assez heureux pour en trouver des extraits assez étendus et très bien faits dans ies journaux anglais, allemands, français et italiens, pour pouvoir en tirer une foule de faits importans que nous avons encadrés dans la topographie des pays auxquels ils appartiennent. Ici nous nous plaisons à citer les ouvrages de MM. Siebold, Monteith, Belanger, Ermann, Parrot, Jacquemont, Arthur Canolly, Skinner, Michaud, Lamartine, Cadalvène el Breuvery, James Bird, Huskins, Riippell, Gobat, Nebel, Berghes, Burckhardt,D.JuanGalindo, Snyth et Lowe, Foppig » Meyen, Alcide d’Orbigny, Mitchell, Sturt, etc., etc. D’autres importantes additions et corrections nous ont été suggérées par les savans estimables qui, dans plusieurs journaux, ont signalé la partie qui leur paraissait la plus faible.
Nous avons êté moins heureux avec d’autres publications de la plus haute importance dont, à notre grand regret, nous n'avons pu profiter, ayant déjà expédié, à Paris, notre travail au libraire éditeur de cet Abrégé. C’est dans ce nombre que nous devons ranger le voyage de Sniths ; dans l’intérieur de l’Afrique-Australe ; de Rose avec Humboldt et Ehrenberg, dans l’Oural et l’Altaï ; de Dubois, dans le Caucase ; de Ærigel, dans le Kachemire, le Pendjab et autres contrées de 1 Asie et de l'Océanie; de Vidua, dans plusieurs contrées de l’Asie, de l’Afrique, de l’ Amérique et de l’Océanie ; de Chesney, dans la Syrie et la Mésopotamie; de Périer., dans l’Asie- Mineure ; de Brant, dans cette même ré- &ionetdans l’Arménie; de R°bert Pashley, dans Pile de Car ‘- sarmont, dans l’Europe-Orien’. : er ’'Empire-Ottoman ; de Allen Gardiner, dans la Cafrérie ; de Laird et Oldfield, dans la Nigritie-Centrale ; de Robert Schomburgk, dans l’intérieur de la Guyane; de Becher, dans le Mexique; de John Wiliiam et de Moerenhout, dans la Polynésie. C’est ici
INTRODUCTION
encore que nous devons nommer l’ouvrage de Urquhart, sur les ressources de la Turquie; les travaux de James Macarthur, de Moore et du capitaine Zricin sur l’Australie; les Mémoires géographiques et statistiques rédigés par quelques officiers de l’état-major russe, sur plusieurs parties de l’Empire-Ottoman, qui forment l'introduction à l’histoire de la guerre de 1828 et 1829 contre les Turcs; le voyage dans la Liguria Maritima de Bertolotti; la Corografia dell italia de Rampoldi; la description de plusieurs capitales de l’Europe, par le professeur Baruffi;le voyage géognostique de Bouëe dans la Turquie-Européenne ; l'expédition hydrographique de Fi£z-Roy; les explorations minéralogiques et botaniques de Russegger et de Kotschi dans les pays régis par le vice-roi d'Egypte, ainsi que quelques mémoires consignés dernièrement dans les journaux publiés par les Sociétés royales de Géographie et Asiatique de Londres, et par la Société de Géographie de Paris.
Les observations qui nous été faites sur le nombre d’habilans, nous ont engagé à consacrer à ce sujet, aussi difficile qu’important, un chapitre entier de l'introduction. Nous espérons avoir mis par là, à l’abri de toute critique, les évaluations auxquelles nous avons cru devoir nous arrêter dans les deux premières éditions de cet Abrégé, et avoir justifié les modifications que nous leur avons fait subir dans la présente.
Les nombreux faits exposés dans les chapitres qui précèdent les tableaux statistiques des cinq parties du monde, les raisonnemens dont nous les avons accom-pagnés, et surtout ce que nous disor.s aux pages 635 et 636, nous dispensen’ d’exposer ici les motifs qui nous ont jait reproduire , dans cette édition, les élémens statistiques qui se réfèrent à la fin de l’année 1826. Depuis long-temps nous nous occupons à rassembler et à discuter les matériaux pour rédiger ces mêmes 12bieaux statistiques calculés pour la fin de 1834. Ce sera le sujet principal de l’Essai d’un tableau statistique de la Terre, que nous nous proposons de publier, aussitôt que ces difficiles recherches seront achevée...