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DEPARTEMENT DE LA CORSE

La situation insulaire de ce département, et la position avantageuse qu’il occupe au centre de la Méditerranée, lui donnent une grande importante politique et commerciale, surtout depuis la conquête d’Alger. Quoique la France n'ait pas encore tiré tout le parti possible de ces avantages, nous ne croyons pas moins devoir consacrer à ce département une description toute spéciale.

La Corse est située entre le 41° et le 42° de latitude septentrionale et le 6° et 7° de longitude du méridien de Paris. Elle a environ 96 milles de long sur 43 de large, et sa superficie cadastrale est estimée à 874,745 hectares. Elle est à 76 milles des côtes de France, à 35 milles de Livourne, à 5 lieucs de l’île de Sardaigne, et à 120 lieues de la baie de Tunis. Depuis plusieurs siècles la Corse était sous la domination de Gênes, mais en 1730, elle secoue ce joug, se déclare indépendante, et reconnaît six ans après un aventurier, le baron de Neuhof pour roi. La France arme en faveur des Génois, soumet les rebelles et obtient pour prix de ses services la cession de l’ile (1768). C’est de cette époque, que date Pincorporation de la Corse à la France, dont la trahison de Paoli la détacha en 1794 pour la livrer aux Anglais, qui ne la conservèrent que deux ans. La moitié de la superficie de la Corse est inculte, et l’on

y compte 79,000 hectares de. bois. Son sol, propre à toute espèce de culture pee rait facilement nourrir un million d’habitans, et cependant la population de cette ile n’est que de 190,000 àmes. La Corse est couverte de châtaigniers et de noyers; lamandier, le citronnier, l’oranger, y sont d’une très belle venue ; l’indigo et le coton, dont la culture a été essayée.. ont parfaitement réussi, et l’on pourrait y cultiver avec un égal succès le #opal, qui nourrit la cochenille, le caféver la canne à sucre et la plupart des plantes tropicales. L’olivier sauvage croit naturellement dans les terres incultes. Si l’on apprenait aux habitans l’art de pratiquer la greffe, on pourrait exporter chaque année pour plusieurs millions d'huile ; la Corse n’en exporte cependant que pour 7 à 800,000 fr., et le total de ses exportations pour la France s’élève à peine à 1,500,000 fr. La culture développée et bien entendue des différentes espèces de mûriers constituerait une immense richesse pour cette Île, car la soie de Corse est préférable à la soie d’Italie. Les vins de cette Île sont exquis, et cependant ses vignobles n’occu-

ent guère qu’une superficie de 16,000

ectares. Les forêts de chênes , de sapins et surtout de pins /arix, dont la Corse est peuplée, pourraient servir à alimenter les chantiers de construction de la marine marchande et militaire de la France. Ses côtes offrent plusieurs ports très sûrs, et les cinq rades d’Ajaccio, de Calvi, de St-Florent, de Valinco, de Porto- Vecchio, pourraient contenir les flottes les plus nombreuses ; et cependant il n’y a pas un seul établissement maritime dans toute la Corse , et ses superbes forêts restent inexploitées. Il en est de même de ses richesses minérales, de ses marbres, de ses porphyres, de ses granites et de ses mines de fer, dont seulement 10 forges à la Catalane exploitent l’abondant minerai. Telle est aujourd’hui la situation générale de la Corse. Voici quelles cn sont les villes principales :

AgJAccIO, sur la côte occidentale de l'ile, petite ville épiscopale, assez bien bâtie, chef-lieu du département, avec un beau port défendu par une citadelle. L’A6tel de 1 préfecture, la cathédrale , la caserne, le théâtre et le bâtiment destiné à recevoir un Aospice civil, sont les principaux édifices de cette ville. Le co/lège, l’école royale de navigation, la

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svciété d'agriculture, la bibliothèque, le jardin botanique et les tre doivent aussi être mentionnés. Ajaccio est la patrie de Napoléon Bonaparte. Population : 9000 habitans.

Nous citerons encore dans ce département : Ras- TIA, Sur la côte orientale de l'ile , la plus grande, la plus commerçante et la plus peuplée de toutes les villes de la Corse , autrefois capitale, aujourd'huisimple chef-lieu d'arrondissement, et résidence du gouverneur de la 17° division militaire, qui n’embrasse que ce département ;. elle a un petit port, un collège, une société d’instruction etune bibliothèque. Caivi, avec un excellentpurtsurle golfe de ce nom etune pépinière ; ConTs, au milieu des montagnes et dans une position élevée, et SARTENE, sont trois villes très petites et chefs-liceux d'arrondissement. Dans les environs de Corte on voit le beau ? ont de Vecchio, quis’élève à 120 pieds au-dessus d’un torrent. {le Rousse, dans l'arrondissement de Calvi et Bonifacio dans celui de Sartène , très petites villes, assez commerçantes, avec un port. Dans les parages de Bonifacio, on fait la pêche

du corail, qui s'étend jusqu'au cap Corse. Porto Vecchio , d'asile mème arrondissemement, très petite ville, importante par son port spacieux et par sa saline , la seule qui existe en Corse.

rosszss;oms. Quoique les possessions de la monarchie Française hors de l’Europe ne soient pas de beaucoup aussi étendues qu’elles létaient avant le malheureux traité de 1763 , il lui reste encore des colonies im;ortantes que le lecteur trouvera décrites dans les articles Asie, Afrique et Amérique françaises. La surface de tous les pays, formant la monarchie Française, peut être évaluée à. 188,000 milles, carrés, et leur. population montait au commencement de 1831 à 34,000,000 habitans. Si l’on voulait comprendre dans ces calculs tout le ci-devant état d'Alger , dont une partie seulement est ponts par les troupes françaises , on pourrait alors porter toute la superficie de lamonarchie à 258000 milles carrés.

CONFADARATION SULISE,

POSITION ASTRONOMIQUE. Longilude orientale. Entre 3° 43’ et 8° 5’. Latilude, entre 45° 50' et 47” 49’.

DIMENSIONS. Plus grande longueur.

Depuis la Vattay, dans le canton de Vaud, jusqu’à Martinsbruck , dans le canton des Grisons , 180 milles. Plus grande largeur. Depuis Chiasso, extrémité méridionale du canton du Tessin, jusqu’à Ober-Bargen, extrémité septentrionale du canton de Schaffouse, 120 milles. !

cowrixs. Au 20rd, la monarchie Fran-

aise, le grand-duché de Bade , le royaume

e Wrrtemberg , et le Tyrol dépendant de l’emp.re d'Autriche; à l’es£, le Tyrol et le royaume Lombard-Vénitien, dé-

ndant de l’empire d'Autriche; au sud, es royaumes Lombard-Vénitien et Sarde ; à l’ouest, la monarchie Française, savoir :

les départemens de l’Ain, du Jura, du Doubs et du Haut-Rhin.

ras. La Confédération actuelle se compose de presque tous les pays qui formaient l’ancienne, moins quelques-uns qui ont été détachés en 1803, et plus quelques autres qui, à la même époque, y ont êté ajoutés. Voyez-en les détails à l’article Gouvernement.

MONTAGNES, La Suisse n’est à propre-

ment parler qu’un plateau très élevé, sillonné de plusieurs chaines de montagnes qui appartiennent toutes au SYSTÈME AL- PIQUE. Leurs points culminans sont : le Monte-Leone où Simplon , élevé de 1805 toises dans la chaine Principale;

le Finster-Aar-Horn, haut de 2206, :

dans la chaîne Septentrionale ou Alpes Bernoises ; le Recullet de 880, dans celle du Jura. Toutes ces montagnes, semblables à un vaste réseau, l’enveloppent et la coupent de tous côtés. « Les phénomènes gigantesques des glaciers y commandent puissamment l’attention du physicien; le géologue y interroge le gisement des roches primitives sur lesquelles le temps n’a pas encore gravé son empreinte destructive. Là, jaillissent les fleuves qui arrosent et fécondent l’Europe. Là, dans le cours de la même journée, on éprouve les chaleurs insupportables de l'Espagne et le froid glacial de la Laponie ; là aussi, le botaniste passe de la vigne au châtaignier, de celui-ci au rododendron, ensuite au lichen rabougri qui tapisse les hers sur Pextrème frontière du règne vugétal. La gentiane, le silène, le thym répandent des parfums délicieux dans ces régions élevées, où le voyageur re-

cueille la fraise au res du glavier. Le vacher conduit en été ses troupeaux sur ces sommets ; libre, robuste, gai, il a toujours près de lui sa fidèle compagne, dont la candeur et le visage riant rappellent le temps des patriarches.

« Les forèts alpines sont peuplées de gibier de toute sorte. Le Lammergeyer, le plus grand oiseau, après le condor d'Amérique, y a placé son nid ; le chamois, le daim, le cerf, le bouquetin, dont la race est presque éteinte, offrent au chasseur du Valais et de l'Oberland une source intarissable de gains et de dangers. {l est impossible de communiquer aux autres par la magie de l’éloquence, le doux calme qu’on respire dans ces régions aériennes. On ne saurait jamais décrire l’aspect de ces colosses enveloppés de nuages et de glaceséternelles ; ni la multitude de fleurs qui émaillent les prairies alpines et contrastent par la : ivacité de leurs couleurs avec le vert foncé des sapins; ni le châlet solitaire qui s’appuie au rocher , nile troupeau qui paît sur le bord des précipices, ni les ruisseaux qui en découpent les parois noiràtres de filets argentins , ni les lacs en feu aux éclats du soleil naissant et semblables

à des nappes d’argent liquide aux rayons de la lune. Pour pouvoir se former une

idée exacte des Alpes il faut les avoir visitées. » C’est ainsi que s'exprime M. le comte Dandolo, auteur des Leftere sulla Svizzera, dans une note qu'il nous a fournie sur cette partie de l’Europe , qu’il connaît si bien et qu’il continue à décrire avec un talent remarquable.

Lacs. Parmi les nombreux lacs de la Suisse il faut distinguer : ceux de Constance (Boden-See), de Genève (Genfer- See), le Majeur (Maggiore ou Langen- See) et de Lugano, dont une partie seulement lui appartient ; et les lacs de Neufchâtel (Neuenburger-See), de Morat (Murtner-See), de Bienne (Bieler- See), de Zurich. (Zurcher-See), des Quatre Cantons (Vier-Waldstaetter-See) appelé aussi lac de Lucerne; de Zug (Zuger-See), de Wallenstadt (Wallen- See), de Brienz (Brienzer-See), de Thun (Thuner-See), de Sempach (Sempacher- See), qui lui appartiennent entièrement.

Les lacs de Constance, de Genève, de Neufchâtel, de Zurich et de Lucerne et le lac Majeur sont les plus grands.

risuvus “Toutes les eaux qui arrosent

la Suisse appartiennent à quatre fleuves :

le Rhin, le Rhône 9 le Péetle Danube, qui aboutissent à l’Océan-Atlantique , à la Méditerranée, à l’Adriatiqne et à la mer Noire.

SA un ATLANTIQUE ou la MEK DU NORD reçoit :

‘ Le Rain qui est formé dans les Grisons par la réunion de trois branches, le RHiN-ANTÉRIEUR (Vorder-Rhein), le Rmin-pu-uiLrev (Mittier-Rhein) etle Rain-Posrénieur (Hinter-Rhein), traverse le canton des Grisons, sépare celui de Saint-Gall du Tyrol, traverse le lac de Constance, le canton de Schaffouse et touche la frontière de ceux de Zurich, d'Argovie et de Bâle. Après avoir traversé la capitale de ce dernier, le Rhin poursuit son cours entre la France et l'Allemagne, pour se rendre ensuite à travers les Pays-Bas dans la mer du Nord, Ses principaux affluens dans la Suisse sunt : la Thur, qui traverse les cantons de Saint-Gall et de Thurgovie et est grossie à la droite par la Süter; l'Aar, qui est le plus grand cours d’eau qui appartienne entièrement à la Suisse ; il prend sa source dans le canton de Berne , où il traverse l'Oberhasli, les lacs de Brienz et de Thun, passe par Thun, Berne et Arberg; traverse les cantons de Soleure et d’Argovie en passant par les villes de Soleure, Aarau et Brugg. L'’Aar reçoit à la gauche la Sarine (Saane), qui traverse le canton de Fribourg, et la Thiele, qui décharge les lacs de Neufchâtel, de Bienne et de Morat. Les principaux affluens de l’Aar à la droite sont : la Grande-Emmen (Gross-Emmen), qui traverse les cantons de Berne et de Soleure; la Reuss, qui naît au mont Saint-Gothard, traverse le canton d’Uri, le lac de Lucerne, baigne cette ville et traverse le canton de ce nom et l’Argovie ; la Limmal , nommée Linih dans la partie supérieure de son cours, baigne les cantons de Glaris, Saint-Gall, Schwitz, Zurich et Argovie, en passant par Glaris, Zurich et Baden, et en traversant le lac de Zurich; son embouchure est un peu au-dessous de celle de la

Reuss.

La MÉDITERRANÉE reçoit:

Le Ruône, qui prend sa source au mont de la Fourche dans le Valais, traverse ce canton ainsi que le lac de Genève et le canton de ce nom, en passant par Brigg , Martigny et Genève ; ensuite il entre en France. Aucun de ses affluens n’est assez considérable pour être décrit.

L'ADRIATIQUE reçoit :

Le Pô, qui est le plus grand fleuve de l'Italie; celui-ci reçoit à la gauche le Tessin (Ticinio), qui naît au pied du Saint-Gothard, traverse le canton auquel il donne son nom ainsi que le lac Majeur et aboutit au Pô dans le royaume Lombard-Vénitien. La Maggia et autres rivières entrent dans le lac Majeur à droite, tandis que la Tresa y décharge à la gauche le lac Lugano.

La MER NOIRE reçoit :

Le Danure, dont le cours supérieur appartient à l'Allemagne ; ce fleuve reçoil àlagauchelIZnn, qui prend sa source dans les glaciers de la Maloya,

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