‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 2)Chapitre 239 sur 628 · VIENNE · texte numérisé non relu

VIENNE

oo loises

Burgthor [la plus belle porte de Vienne)

Le Burgervpital

Le, Volksgarten {Jardin du Peuple)

Temple de Thérée Arsenal

Caserne d'Infanterie l'Univer rite

Bastion dar Augustins Forte Kärnthner Théitre de Karnthner Dépôt d'Arüllerie Forte Carolmen

Pre Suben

Bastion Biber

Pont Rränand Barton Conxaga Font Chartes

Font Augarten

Forte Neuve

Porte Jchotten

Forte de Francois Caserne de Cavalerie Jardin particutier de

l'Empereur

5 Chambre obscure

Cirque Cymnartique Hopital Militaire

Caserne d'Infanterie Quartier de Cavalerie Nagasrin des Transporte militaires

Quartier de la Cande Royale Hongroûre

Anstitat Polytechnique Palais du Belvedere

5 Jardin Bounigque

College Théresianum Hôtel des Invakdes

Caserne d'Artillerie

de Théatre sur la Vienne Chariages militaires Caserr d'Artillerie Fabrique d Armes Academie Joséphine de Chirurgie et de Médecine fabrique impériale de porcelaine

Cafés

Place des Peux d'Artifice

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impérial ; le Mohe-Markt, décoré de deux fontaines et autres ornemens; le Josephsplatz, sur lequel s'élève la statue colossale équestre en bronze de Joseph IT ; le Neue-Markt, femarquable par une belle fontaine ; dont les quatre figures en plomb représentent les quatre es rivières de l’Autriche ; le Graben, situé presque au centre de fa ville, décoré de deux fontaines ornées de statues en plomb et d’un monument consacré à la Sainte- Trinité en commémoration de la peste.

Sur cette place et sur le Kohimarkt, grande et belle rue qui y aboutit, se trouvent les principaux magasins de modes et de nouveautés ; c’est le rendez-vous des élégantes Viennoises. On doit aussi citer lenouveau Burgthor, qu’on vient definir,

ui est la plus belle porte de Vienne et un

es plus beaux bâtimens de ce genre qui ‘existent en Europe.

D’autres édifices non moins remarquables se trouvent dans les faubourgs ; nous citerons entre autres , la caserne pour da cuvalerie ; le Belvédère, palais magnifique, appartenant ul au prince Eugène et maintenant à l’empereur ; l’Aôtez des invalides ; l’église de Saint-Charles, la plus belle et la plus régulière de Vienne ; le magnifique bâtiment de l’ixslitut polytechnique, bâti en 1816 ; celui du collège Theresianum, jadis nommé Favorie, lorsqu'il servait de séjour d’été à l’empereur Charles VI; le Slarembergsches - Freyhaus, avec 6 cours, 301 habitations et plus de 1200 locataires ; le Zhéâtre sur la Vienne, un des plus grands de la ville; le bâtiment de l'académie Joséphine de chirurgie et de médecine; \e grand hôpitalou l’h6vital commun, édifice remarquable par ses vastes dimensions et par sa belle tenue, renfermant 7 cours plantées d’arbres, 111 salles contenant 2000 lits et recevant par an 15 à 17,000 malades ; le vaste bâtiment de la farine impériale de porcelaine ; enfin le palais d'été des princes de Schwarzenberg, Esterhazy, Lichtenstein , Auersberg, avec de magnifiques jardins, dont quelques-uns sont ouverts au public; celui dun prince Rasoumofsky avec des dépendances magnifiques et un jardin délicieux,

Plusieurs superbes promenades ornent la capitale de l’Autriche ; la plus belle et la plus renommée est le Prater, forèt naturelle de chênes et de hêtres dans une

ile du Danube; c’est le lieu où tout le monde se porte.en foule, surtout au pri temps,etoù les richesétalentieursmagnifques équipages, en circulant par ses lones et larges allées; un grand nombre e cafés et de restaurans, un panorama, un cirque gymnastique , des balançoires et pieeers autres jeux populaires, de beaux eux d'artifice , etc., ajoutent au mouyement et au plaisir offerts par cette promenade, qui rappelle, mais sur nne échelle beaucoup plus grande, les Tivoli de Paris et le Thiergarten de Berlin ; on y trouve aussi un manège et une école de natation.

Les autres promenades les plus remarquables sont : l’Augarten, grand parc à belles allées et à bosquets dans la même ile, consacré par Joseph II au plaisir de tout le monde ; le Brigitten-Au, qui fourmille de monde le jour de la Sainte- Brigitte ; le Rempart ou les bastions , la puma la plus fréquentée, et le Volksgarten, jardin délicieux que Pempereur a ouvert an public, en reculant sur le glacis, près du Buwrg, le mur de la ville * on y admire dans un temple, la statue de Thésée, travail de Canova.

Parmi le grand nombre d’établissemens scientifiques et littéraires qu'offre Vienne, les suivans méritent une mention particulière : l'université, une des rincipales de l’Europe spécialement pour a médecine, avec des collections magnifiques, surtout celle d'anatomie, une riche bibliothèque , et un beau théâtre anatomique ; l'institut théologique, où les meilleurs étudians des différens séminaires ou instituts théologiques de l’Empire viennent achever leurs études, d’après un plan aussi vaste que bien entendu; l’école des orientalistes, destinée à former des interprètes pour faciliter les relations de l’Autriche avec la Turquie; le Theresianum, excellent institut fondé par Marie-Thérèse pour avoir des employés instruits, et réorganisé sur un plan plus vaste et meilleur par l’empereur régnant ; l'académie Joséphine de chi- M 4 et de médecine, pour fournir aux armées des chirurgiens et médecins habiles; l'académie réunie des beauxarts, divisée en 4 classes avec 18 professeurs chargés d'enseigner la gravure, la peinture, la sculpture, la gravure sur pierres fines , et la mosaïque ; elle est présidée par le prince de Metternich ; l’institut polytechnique, un des plus beaux

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éjablissemens ui existent en ce genre;

l'école normale, pour donner à la jeu-

nesse des maitres habiles; l’academie

impériale des ingénieurs (Ingenieur-

Akademie) avec 18 professeurs ; l'rstiéué vétérinaire, une des meilleures écoles

de l’Europe en ce genre; l’école royale

(Real-Sechule) avec 14 professeurs et 4

maîtres d’arts et métiers chargés de préparer les élèves qui veulent fréquenter les

cours de Pinstitut polytechnique ; l’école de musique ou le conservatoire ; un

des principaux établissemens de ce genre; les cinq gymmnases on collèges,

parmi lesquels se distingue celui de Lævenburg; le nouvel observatoire, dù à

la munificence de Pempereur, qui y a joint une école d’astronomie pour encourager l'étude de cette science et la relever de l’état d’abandon où elle se trouvait; quatre élèves y sont entretenus aux frais de l’état ; le beau jardin botanique de l'université, celui du Belvédère, consacré à la flore antrichienne, le jardin particulier de l'empereur,etle jar.

din botanique de l'académie Joséphine de chirurgie et de médecine ; Pacadémie impériale d'agriculture, sous la protection du prince héréditaire; la société des amis de la musique de l'empire d'Autriche, présidée par larchidue Rodolphe : le conservatoire de musique en dépend; la bibliothèque impériale avec une immense collection de gravures et plusieurs milliers de manuscrits : on y conserve la célèbre Tabula Peutingeriana , un des monumens de géographie ancienne les plus précieux et les plus importans qui existent ; la galerie de tableaux au Belvédère ; le cabinet impérial d'antiques, de pierres gravées et de médailles, et le cabinet d'histoire naturelle auquel l’empereur vient d’ajouter un musée brésilien ; ces derniers établissemens figurent tous parmi les premiers de ce genre que possède l’Europe.

Dans les articles industrie et commerce on a déjà signalé la place distinguée qu'occupe cette ville sous ces deux rapports et'les principaux produits de ses nombreuses et florissantes fabriques. Nous ajouterons ici que Vienne comme Paris, Londres, Pétersbourg, Berlin et autres grandes capitales de l'Europe est /a première ville manufacturière de l'empire,et que son commerce est immense, surtout depuis la création de la Banque nationale dont l'étonnante

prospérité est presque sans exemple dans les an-

nales de ces institutions, Créée en 1818, dans le

court intervalle de 6 ans le nombre de ses actions monta de 5781 à 50,621 (en 1823). Son crédit, après avoir puissamment contribué à afférmir celui de l'Etat et à éteindre une grande partie du papier monnaie, s'esttellement consolidé, que la valeur primitive de ses actions "beaucoup plus que doublé, En effet , une action de cetle banque, qui en 1818 ne valait que 1000 florins en papier et 109 florins en argent. comptant ou monnaie de convention, représentant ensemble la valeur de 600 florins en argent, valait au 12 septembre 1833, 1203 florins en monnaie de convention.

Plusieurs châteaux de plaisance ct plusieurs jolies petites villes embellissent , sur un rayontrès étendu, les environs de Vienne. Nous citerons ScnosnNsrüNN, remarquable. par la grandeur des bâtimens, par son magnifique jardin botanique et par sa ménagerie ; pop. 400 Ames, HirziNG ou ManiA-Hirzine, charmant village près de Séhiænbrünn, avec un théâtre et un établissement de bains. Laxemeuro, joli petil bourg avec environ mille habitans ; à son extrémité se trouve un château où l'empereur passe tous les ans quelques semaines de l'été, Cette résidence impériale n'offre rien de remarquable, ni sous le rapport de l'architecture, ni sous celui de l'étendue, mais elle mérite l'attention des voyageurs par la grandeur et la beauté de son parc, un des plus beaux de l'Europe. C'est au milieu de ce dernier que s'élève un château gothique entouré de fossés et de murailles crénelées, qui, par les embellissemens faits par la derniére impératriceetpar l'empereur François [r, est devenu une des curiosités principales de l'Allemagne. La disposition des appartemens, leurs meubles, leurs ornemens, tout y retrace fidèlément les usages et les coutumes des chevaliers du moyen âge. Mintannunx, village important par Pecole forestière qu'on y a établie, Mein- LING, remarquable surtout par ses bains d'eaux minérales. PENZING, par ses nombreuses fabriques et surtout par sa grande: fabrique de rubans; dansson égli® paroissale on admire unebelle statue représentant une femme qui semble s'élever vers le ciel ; elle a été achevée par un élève de Canova et passe pour un chef-d'œuvre de sculpture ; pop. 2000 âmes. Plus loin on trouve : au nord, KLosren-Neusure sur le Danube, petite ville d'environ 3000 habitans, importante par les établissemens littéraires qui se trouvent dans le magnifique couvent de l'ordre de St-Augustin; etan sud , BADEN , jolie petite ville , d'environ 3000 habitans domiciliés, fréquentée annuellement par 3 à 5000 étrangers qui viennent y prendre les eaux, ou jouir des amusemens qu'elle offre dans la saison

des bains; on loue beaucoup l'édifice des bains nouvellement bâti. C’est dans les environs de cette petite ville qu'est situé WeiLsurc, maguifique palais, construit récemment par l’archiduc Charles; la beauté des décorations, la richesse et l'élégance des ameublemens, les jardins et surtout la beauté des environs qui offrent les sites les plus pittoresques, font de cet endroitune desplusbelles maisons de plaisance de l'Allemagne ; la délicieuse vallée de $Sle-Hélène, qui en forme partie, devient tous les dimanches le rendez-vous de tout le beau monde de Baden. Neunaus, village renommé

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par les grandes et belles glaces fondues dans sa verrerie impériale.

Plusloin encore et vers le sud est situé Neusranr, regardée comme la plus jolie ville de l’archiduché, remarquable par sa célèbre école militaire, qui renferme 600 élèves, par ses nombreuses et florissantes fabriques et par le canal qui la met en communication avec Vienne; sa population dép°":" 8000 âmes. Neustadt est en outrt le principal €r.+#..0t des produits des grandes fabriques de guisvaillerie de Steyer. À quelques milles vers le nord-est on trouve : Eisensrapr, petite ville de la Hongrie, remarquable par le beau château ‘du prince Esterhazy, et par son magnifique jardin bolanique , donties serres sont peut-être les plus bellesetles plus grandes quiexistent ; population : environ 3000 âmes, Bauck , sur la Leitha, par sa fabrique de machines anglaises pour filer, et surtout par le beau château du comte de Harrach, dont le jardin botanique estregardé parle savant rédacteur des Faterländische Bläller comme le plus beau de l'empire d'Autriche ; pop. 2500 âmes. Scuwæcnat, par ses nombreuses manufactures d'indicanes, qui occupent plusieurs milliers de personnces; pop. 2000 âmes. Haimsune, par sa grande fabrique de tabac, la plus considérable de tout l'empire ; pop. presque 3000 âmes, Du côté vpposé et vers le nord-ouest on voit: Tuin, petite ville d'environ 2000 âmes, remarquable par quelques restes d’antiquités romaines et par sa manufacture de rubans de laine; et versie nord, KORNNEUBURG, parson école des arts el métiers; pop;2000 àmes.

Nous devons signaler une particularité impor-

tante qui distingue avantageusement les environs de Vienne, mais sur laquelle les géographes ct les voyageurs gardent le silence, C’est qu'ils offrent la partie de l’Europe qui, sur un même espace donné, possède peut-être le plus grand nombre de jardins bolaniques. Vienne doit cet avantage au goût éclairé de l'empereur et des archiducs Jean, Charles, Antoineet Rainier pour la botanique, aux magnifiques établissemens que ces princes ont créés près de tous leurs palais et de leurs maisons de plaisance, ainsi qu'aux nombreux encouragemens. accordés par l’empereur pour propager ce genre de connaissances utiles; en moins de dix ans on vit naître les magnifiques jardins des comtes Palfy et Harrach, des princes de Lichtenstein, Schwarzenberg, Esterhazy , des barons de Pronay, de Lang et de vingtautres. Pour encourager celte culture et pour en propager de plus en plus le goût, on a même instilué une exposition annuelle botanique avec de riches prix accordés aux propriétaires des plantes les plus rares et.les plus belles, Enfin, plusieurs de ces jardins particuliers sont tellement: importans, soit pour le nombre et la variété des espèces qu'on y cultive, soit par la magnificence des serres quiles accompagaent, que, sous l’un ou sous l’autre de ces deux rapports, quelques-uns non-seulement égalent, mais surpassent même presque tous les plus beaux établissemens semblables qui ornent les principales métropoles de l’Europe.

Nous ferons enfin observer qu'en décrivant un cercle autour de Vienne, dont le rayon n'aurait que 35 milles, sa circouférence embrasscrait une

foule de petites vibes, de bourgsetde grosvillages, renfarquables par leur industrie aussi florissante que variée ; ce qui a fait dire à quelques voyageurs instruits, que tout cet espace n'est qu'une vaste manufacture. Outre les lieux déjà mentionnés et ‘ ceux que nous passons sous silence, ce cercle comprend: Passsouno, NeusispgL, Rusr etOEnexsuaG en Hongrie; F&LDSBERG , LAA , ST-POELTEN,

Kazus avec STEin, MauTEnN et DÜRANSTEIN dans la Basse-Autriche. ‘

GRzæTz (Niemetzki-Grad des Slaves), ville assez bien bâtie , au milieu d’une campagne fertile, sur les bords dela Mur, capitale de la Styrie, siège ordinaire de l’évèque de Seckau et du commandement général de la Styrie, de la Carinthie, de la Carniole et du Tyrol. Elle possède plusieurs édifices remarquables parmi lesquels nous citerons lé château impérial, la cathédrale et le Johanneum.

Grætz tient une place distinguée parmi les villes de la monarchie par ses établissemens scientifiques et littéraires , parmi lesquels se distingue le Johanneum, ainsi appelé du nom de l’archiduc Jean son fondateur ; de savans professeurs y donnent des cours sur plusieurs sciences, et ses salles contiennent de précieuses collections d’histoire naturelle , d’objets d'art, etc. , une riche. bibliothèque, el dans ses dépendances un beau jardin. botanique.

Viennent ensuite l’unèversité, fondée en 1826, le gymnase, l'institut des cadets, l’école normale principale, le collège, \a pension des demnviselles , l'observatoire, la bibliothèque publique, une des plus riches de l'empire, la société pour l'encouragement de l'agricullure, de l'histoire naturelle et de la géographie nationale, présidée par l’archiduc Jean ; elle a 25 filiales établies dans les villes principales de la province ; la société musicale de la Styrie, également présidée par ce prince. Nous avons signalé ailleurs l’importance industrielle et commerciale de cette ville, dont la population s'élève actuellement audessus de 40,000 âmes.

TRIESTE, située à l'extrémité septentrionale de l’Adriatique et proprement an fond du golfe auquel elle donne le nom.

La vieille ville est irrégulière, mais la nouvelle, dite aussi Theresienstadt, qui est beaucoup plus étendue et qui doit sa naissance au commerce favorisé par son

ort franc, est très propre, avec des rues

ien alignées , droites, larges et bien pa vées. Presque toutes les maisons de cette

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partie ontune belle apparence. La bouxse, un des plus beaux édifices de ce genre et le nouveau théâtre, sont les bâtimens les plus remarquables de Trieste, dont les nombreux chantiers occupent un grand nombre d'ouvriers, ainsi que ses nombreuses fabriques de savon, de cordes, et les raffineries de sucre. La fabrique de savon de M. Chiozza cest la plus grande de l'empire d'Autriche, et un des plns beaux établissemens qu’on puisse voir en ce genre. Cette ville est la capitale du gouvernement de son nom, la résidence d’un évêque catholique et d’un évêque grec ; on la range au nombre des principales places maritimes commerçantes de l’Europe. Parmi ses établissemens publics, nous citerons : l’école royale et de navigation (Real und Nautische Schule) avec 13 professeurs ; l’école supérieure

our les filles (Mädchenhauptschule) ’école normale principale (Normal Hauptschule) l’école Léa ar des Juifs (Hauptschule der Israeliten), la bibliothe blique et le beau cabinet dittéraire de la Minerva. La population dépasse actuellement 49,000 âmes en y comprenant ses environs immédiats, qui offrent une suite non interrompue de jardins et de vignobles délicieux et d’élégantes maisons de campagne. On a fait dernièrement d’importans travaux pour étendre le port, ainsi que pour en rendre l'eatrée facile aux vaisseaux de haut-bord.

Dans ses envirous immédiats et dansunrayon de 15 milles on trouve : ZauLe et SERvVOLA, très petits villages, imporiacs par leurs sa/ines. BAsOvizzA , avec 71 habitans seulement, mais remarquable par la grotte de Corgnal, regardée comme une des plus belles de l'empire. Lirizza , très petit village, avec un beau Aaras de l'empereur.Muccia, misérable petite ville de 1100 habitans , avec des salines : on la regarde comme /a plus ancienne ville de PIstrie. Caro v'Isrrta , autrefois capitale de l’Istrie Vénitienne, petite ville de 5000 habitans, avec un grmnase, un collège et de grandes salines, IsoLa, beaucoup plus petite, n’a que 2800 habitans. Pirano, petite ville de 6200 âmes, importante par ses riches récoltes d'huile excellente et par ses pêcheries, mais surtout par les immenses sa/ines de Sizziole que nous n'hésitons pas à placer à côté des plus considérables du globe ; elles sont situées au fond du magnifique port dit delle Rose oubien Porto Glortoso, assez grand pourreccvoir 200 vaisseaux de ligne. Sur la pointe méridionale de ce vaste bassin et proprement sur la partie du cap de Salvoredite delle Mosche, s'élève un des plus beaux phares de l'Europe; c'est près de cette pointe que la flotte vénitienne battit en 1177 celle d'Otton, fils de l'empereur Barberousse. Au nord-

ouest de Trieste, mais toujours dans le mème rayon, l'on trouve les bourgs de Duino et Mon- FALCON&; ce dernier ne compte que 1300 âmes et est remarquable par ses eaux minérales.

Dans les pays qui formaient le ci-devant CERCLE D'AUTRICHE et une partie de celui de BaAviÈRE, on trouve plusieurs autres villes remarquables sous plus d’un rapport; nous signalerons les principales en suivant les divisions administrativés actuelles :

Dans la Haute-Autriche : Linz, sur la rive droite du Danube, capitale de cette province, ville assez bien bâtie, avec un évêché, un {cée, un &rmnase, une société musicale, une grande fabrique impériale de drap et autres manufactures ; un magnifique chemin de fer la met en communication avec Budweis en Bohême; un autre, qui est projeté la fera communiquer avec Gmund. Lestours Maximiliennes et autres fortifications élevées dernièrement en font une place forte très considérable. Sa population actuelle s'élève à 24,000 âmes. SrzyEn, ville de 10,000 habitans, remarquable par ses nombreuses et excellentes fabriques, qui donnent toutes les formes au fer; plusieurs milliers d'ouvriers sont employés dans cette ville et ses environs à la fabrication de limes, couteaux de poche, rasoirs, alènes, etc., objets dont on exporte d'immenses quantités, non-seulement pour la consommation des autres pays de l'empire d'Autriche, de l'Allemagne et de la Suisse , mais même pour la France, la Russie et le Levant. Ce grand débit est dû non-seulement à leur excellente qualité, mais encore au basprix auquel les fabricans peuvent les livrer; ils donnent, par exemple, des rasoirs à moins de 2 francs et demi la douzaine, et des couteaux de poche pour 37 à 50 francs le millier.

Guunp (Gmünden) importante par ses riches salines et par le chemin en fer qu'on y construit et qui doit aller à Linz ; pop. 1000 âmes. KREMSMÜNSTER, par son monastère , un des plus beaux de l'Europe et par les importans établissemens littéraires qu'il renferme, dont le Ycée, l'observatoire et la bibliothèque sontlesplus remarquables; pop. 1000 âmes. Iscuu, avec environ 2000 habitans, et HALLSTADT, avec 1000, par leurs riches salines. Freysranr, par le chemin en fer, qui joint cette ville à Budweis en Bohême; pop. 2000 âmes.

SazzBouro, assez bien bâtie, autrefois capitale de l’archevèché souverain, plustard de l'électorat , ct actuellement du cercle de ce nom. La cathédrale, bâtie sur le modèle de celle de St-Pierre de Rome, et le palais archiépiscopal sont les édificesles plus remarquables. Salzbourg est le siège d'un archevêque, et possède plusieurs établissemens publics dont les plus importans sont le /ycée, auquel estjoint un institut de théologie, de médecine

etde chirurgie , le grmnase, le séminaire pour

former des maitres d’école, les deux bibliothèques publiques. Cette ville se distingue aussi parson industrie, etsa population s'élève àenviron 14,000 âmes. Dans ses environs on trouve : Leo-

y le même o et Mon- )0 âmes et les.

i-devant artie de plusieurs plus d’un rincipanistrati-

sur la rive jince, ville Lreée, un ne grande | manufac- ‘la met en hème; un iquer avec itres fortiune place >n actuelle 0,000 habies et excelles formes itemployés fabrication ilènes,etc., quantités, des autres nagne et de », la Russie -seulement au basprix r; ils donmoins de 2 outeaux de

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8 capitale de électorat , et cathédrale, e de Rome, ficesles plus d'un archessemens pulrcée, aude médecine inaire pour eux bibliotingue aussi bve aenviron buve : Zeo-

poldskron, maison de plaisance avec une belle galerie de tableaux; He {lbrunn(Mohenems) avec un beau jardin , desjets d'eau et un thddtre creusé dans le roc ; et plus loin Hal{lein , petite ville remarquable par ses riches mines de sel; pop. 6000 âmes ; et sur le territoire bavarois les importantes salines de RAeirhenhallet la petiteville de Berchtesgaden. Plus loin encore, mais sur le territoire autrichien, Gastein, renommée par ses bains, par ses mines d’or et d'argent dont le À ph depuis le xvi* siècle, a beaucoup diminué; pop. permanente , 700 âmes. Ce village ou du moins une partie serait, selon M. Bruguière, à 1050 toises au-dessus du niveau de la mer; en admettant cette hauteur , ce serait wn des lieux habités les plus élevés de l'Europe. Dans ses environs, près du village de Xr/mml,onadmire une des plus belles cascades de l'Europe, formée par l’Ache, affluent à la droite de la Salza; c'est peut-être /a plus haute de cette partie du monde; malgré cela, des géographies bien volumineuses et très récentes n'en font aucune mention.

Dansla Basse-Autriche:SAiNT-POELTEN, jolie petite ville de 4800 habitans, sur le Trasen, avec un évéché, un séminaire théologique, un pensionnat pour les demoiselles, dirigé par des dames anglaises, et plusieurs fabriques. Batemscu-WaAIDHOrEnN (le Bavarois), par ses fabriques de fer; pop. 2000 âmes. MEzx, par son magnifique couvent debénédictins auquel estannexé un collège renommé , un grmnase, un jardin botanique et de belles collectioks scientifiques ; pop. 1000 âmes. MARIATAFERL, par son célèbre pélerinage.

Dans la Styrie : EISENFRZ, remarquable par ses inépuisables et riches miues d’excellent fer, exploitées depuis le temps des Romains , et dont l'acier est réputé le meilleur de l’Europe : c'est des entrailles de l'Eisenberg qu'ontire ce métal ; on voit sur le sommet de cette montagne une croix colossale en fer que l’archiduc Jean y a fait élever ; pop. 1300 âmes. ZELL Ou MARIAZELL, par ses forges et par sa magnifique église, qui est la Loretlte de l'empire d'Autriche; son trésor renferme beaucoup d'objets précieux ; plusieurs milliers de fidèles y accourent tous les ans; pop. 800 âmes. Dans ses environs se trouvent une grande fonderie impériale, et un peu plus loin ZBranhofe, maison de campagne de l’archiduc Jean, remarquable par sa simplicité et par la beauté de sa situation.

Dans le gouvernement de Laibach : LatpAcu (Lublana ou Lubiana), dans la Carniole, assez jolie petite ville, capitale du nouveau royaume d’Illyrie et du gouvernement de son nom, avec plusieurs fabriques et un commerce de transit très considérable. Le /ycée, le gymnase, le séminaire épiscopal, l'école d’industrie pour les jeunesñfilles , la bibliothèque, la société impériale d’agriculture et des arts de la Carniole et la société philharmonique, sont ses principaux établissemensscientifiques etlittéraires. Laibach est le siège d’un évèché, et sa population dépasse 10,000 âmes. InrsA, très importante parses riches minesde mercure, qui ne sontinférieures qu'à celles d’Almaden en Espagne ; populat. 5000 âmes.

KLacexrurtu, dans la Carinthie, chef-lieu du cercle de ce nom, assez jolie ville, siège de l'évèque de Gurk et du tribunal d'appel pour les gouvernemens de la Styrie et de Laibach, Le {y- : cée avec une riche bibliothèque , le grmnase, | l'école hd sans ve pour les demoiselles, le s4minaire théologique et la société impériale d'agriculture et des arts de la Carinthie sont ses établissemens scientifiques et littéraires les plus importans. Klagenfurth possède plusieurs fabriques, surtout de soie, de draps; elle fait un commerce de transit très considérable; pop.

10,000 âmes.

Hürrenvenc, village important par ses riches mines de fer; pop. 640 Ames. FerLAON , autre village , renommé par sa grande manufacture de fusils; pop. 3000 âmes. Sr.-Vair, entrepôt général des fers de la Carinthie; elle a été autrefois la capitale de la Carinthie ; pop. 4400 âmes. BLui- BERG, importante par ses mines de plomb , rangées à côté des plus riches de l'Europe; pop. avec sa banlieue , presque 4000 âmes,

Dans le gouvernement de Trieste : Go- RICE (Gorizia; Gümw), ville de plus de 9000 habitans, qui vient d'être élevée au rang d’archiépiscopale, importante par ses manufactures de soie, ses tanneries, ses blanchisseries. Le séminaire central, le gÿmnase académique , la société impériale d’agricuiture des arts el du commerce, et la bibliothèque publique sont ses principaux établissemens scientifiques et littéraires. Dans ses environs immédiats s'élève le Mo nte-Santo, renommé par l'excellent vin que fournissent ses vignobles. AquisesA , très pelite ville de 1400 habitans, riches en souvenirs historiques. C'était au temps des Romains le centre du commerce qu'on faisait alors entre le nord et le midi de l’Europe ; on portait au-delà de 100,000 âmes sa population avant qu'elle fût prise et brûlée par Attila, On l'appelait alors la seconde Rome, et l'empereur Auguste y demeurait souvent. Nous remarquerons que la ligne tirée de cette colonie au point d'embarquement d'Altino formait la base de toutes les opérations militaires que les Romains entreprenaient audelà des Alpes et vers l'Orient. Elle devint par la suite frontière de l'Italie et plus tard barrière insuffisante aux invasions des Barbares. On découvrecontinuellement dans ses environs de nombreu x objets d'antiquités. Grano, très petite ville d'environ 2000 habitans; c'était le port d’Aquileja et la station d’une division de la flotte romaine de Ravenne. Florissante au temps des Romains, elle devint très importante après la destruction d’Aquileja , et fut la résidence du patriarche delle| Venezie jusqu'en 1461, époque où cette dignité fut transférée à Venise. Son ancienne ca!{hédrale , ses mosaïques et quelques monumens attestent sa splendeur passée. MArANo, pelit chàteau fort, dans la lagune de Grado, avec un millier d'habitans, la plupart pêcheurs GRaDiscA, sur le Lisonzo, importante par ses fortifications, ne compte que 800 habitans. CirrANOvA , très petite ville de l'Istrie , avec 832 habitans, importante par son beau port. PARENzO, ville épiscopale de 2000 àmes, remarquable par l'antiquité des mo-

saïques de sa cathédrale , àntérieures à celles de la basilique de St-Mare à Venise, Onsuna, avec 500 habitans; les carrières de pierre blanche, exploitées dans ses environs, ont fourni et fournissent encore une immense quantité de matériaux aux constructions de Venise, Rovieno, petite ville de 10,000 habitans, importante par son double port, par son commerce florissant, par ses pécheries et par l'activité de ses chantiers, C'est le centre de la marine marchande de l'istrie, et ses matelots ont la réputation d'être les meilleurs caboteurs de tout l'empire d'Autriche, Porn, petite ville d'environ 800 habitans, située au milieu d'un territoire dépeuplé et malsain, mais importante par son por'{ superbe , qui servait de station à une des divisions de la flotte romaine, Un grand nombre de débris, et trois monumens encore assez bien conservés attestent l’ancienne splendeur de cette ville, qui au temps de Septime Sévère comptait 29.000 âmes, Ces Mmonumiens sont : l'Arena, vaste « “ithéâtre, construit de blocs immenses; sa capaci °8t d'un quart moindre que celle de l'arène de Vérone: l'empereur régnant l'a fait restaurer en 1816; la porta aurea : c'est un bel arc-de-triomphe d'ordre corinthien; etle lempled’ Auguste : ce dernier esttrès petit. Nous nommerons encore le te mple de Diane , presque entièrement couvert par les maisons, On ne doit pas oublier la cathédrale, bâlie au 1x° siècle et ornée de colonnes enlevées aux anciens édifices. Paomonrone, petit village de 400 âmes, avec un port, situé à l'extrémité méridionale de l'istrie, sur laquelle l'empereur vient de faire construire un beau phare. Dicnano, petite ville de 3600 habitans; c'est le lieu le plus peuplé et le plus salubre de tout l'intérieur de l'Istrie. MONTONA, avec un uillier d'habitans est importante par sa grande Jorét qui fournit d'excellent bois de construction à la marine militaire de l'empire ; elle est traversée par le Quieto , qui par ses inondations a beaucoup endommagé ses plus beaux arbres. SovienAcco, petit bourg de 600 âmes, avec une grande fabrique d’alun établie en 1786 par M. Turini sur les bords du Quieto ; cet établissement rivalise avec celui de Comotau en Bohème, regardé comme le plus grand de l'empire. On ne doit pas ublier l'ile de Vecuia, dans le golfe de Quarnero, là cause de son étendue et de son bois de construction; Veglia, très petite ville épiscopale de 1100 âmes, en est le chef-lieu, et l'ile d'Osseno jointe à celle de Cuenso, beaucoup plus grande, parce qu'on y trouve Lussin-Piccolo, dont les 3700 habitans sont très adonnés au commerce maritime , construisent beaucoup de navires eten possèdent un nombre assez considérable.

Dans le gouvernement du Tyrol : Inne BaucK, petite ville d'environ 11,000 âmes, cani- ‘ tale du Tyrol, siège du tribunal d'appel de cette province, L'université, rétablie depuis 1826; le gymnase, \'école-modèle, la société de musique avec une école de cet art, le nusée Ferdinandeum avec de belles collections d'histoire naturelle, d’antiquités ét de beaux-arts sont ses principaux établissemens publics. Dans ses environs, on trouve: 4mbras, magnifique chàeau, où, il y a quelques années, on voyait encore

rassemblé tout ce que le luxe et la bisarrerie des grands seigneurs du xvi° et du xvu* siècle avaient pu imaginer de plus riche et de plus curieux. On admirait surtout son arsenal où l'on conservait les armures de plusieurs princes et guerriers célèbres, son musde, sa bibliothèque et sa galerie de tableaux. Quoique les pièces les plus importantes de toutes ces collections se trouvent maintenant à Vienne et dans d'autres villes, le château d'Ambras n'en est pas moins un des points les plus importans pour tous ceux qui s'occupent de recherches sur les usages et l'histoire du moyen âge. Has, importante par ses saines, son Aôtel des monnaies ekson gymnase ; pop. 6000 âmes.

Sonwaz, par ses mines d'argent et de cuivre; pop. 8000 âmes, Borzen (Bolzano), par son industrie el ses foires; pop. 8000 âmes, Taënre(Trient), sur l'Adige, ville de médiocre étendue , avec un Lrcée ou institut philosophique, un gymnase, plusieurs manufactures de soie, un château épiscopal avec de beaux jardins et presque 12,000 habitans, C'est dans l'église de Santa-Maria-Magg'ore que s'assembla le célèbre concile, qui en purte le nom, et qui y tint ses séances depuis 1546 jusqu’en 1563. Son évèché, ainsi que celui de Brixen, formait un des principaux états ecclésiastiques du ci-devant empire germanique. Peacine (Pergen), gros bourg florissant par ses fabriques de soie Roveneno (Rovereith), petite ville commerçante , d'environ 7000 habitans, remplie de filatures et de fabriques de soie, parmi lesquelles se distinguc la grande ilature à vapeur de M. Betlini. Elle a un grmnase, un pensionnat pour les demoiselles et une académie dite des Ægiati; Baixen, pelite ville, au confluent du Rienz avec l'Eisak, avec un évdché, un institut théologique, un gymnase et 3200 habitans ; c'est un des points militaires les plus importans du Tyrol; les tours maximiliennes dont on l'entoure, en feront bientôt une place forte. On ne doit pas oublier deux petites vallées à cause de la grande industrie de leurs habitans ; ce sont : la vausée De GRÜDEN, dans le cercle de Botzen, où l’on confectionne tous ces ouvrages en bois qui sont expédiés ou colportés dans tous les pays de l'£urope et dans plusieurs contrées de l'Amérique; et la VALLÉE ve Türreneec, dans le cercle du Pusterthal, où l'on fabrique ces beaux tapis dits du Tyrol, destinés à couvrir les planchers, et colportés de même dans les pays les plus éloignées de l’Europe et jusqu'aux Etats-Unis.

PRAGUE, située presque au milieu de la Bohème, dont elle est la capitale, ville iorte, grande et généralement bien batie :

siége d’un archevéché, du tribunal d’apreel du royaume et du commandement général militaire, Les rives de la Moldau, qui la traverse, sont réunies par un des plus beaux ponts de l’Europe. Ses édifices les plus remarquables sont : le Burg ou château impérial, dont la construction dura plusieurs siècles et ne fut

eo a em

arrerie des le avaient srieux, On conservait erriers césa galerie lus imporvent mainle château nts les plus vent de redu moyen , son hôtel 6000 mes.

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achevée que par Marie-Thérèse; il contient plusieurs centaines d’appartemens et des salles très grandes ; l’Adfel-de-ville (Rathhaus) et le séminaire archiépiscopal, remarquables par leur étendue plutôt que par leur architecture ; l’Adpital militaire, antrelois collège des Jjésuites, peus pour le bâtiment public le plus régulier de la ville ; la douane, le palais archiépiscopal et le grand hôpital.

La Kreutzherren Kircha ou l'égitse de la Croix, vaste et beau bâtiment moderne , surmonté d’une coupole hardie ; la cathédrale ou Domkirche, remarquable par son antiquité, par son architecture et par son étendue; celle de 5/-Veit, par son antiquité, par ses monunens et par son clocher estimé le plus élevé de la ville; la superbe église du St-Sauveur ( Salvator Kirche ) et celle de St-Nicolas, sont les plus beaux temples des 48 que possède Prague. Parmi les palats appartenant à des particuliers et dont plusieurs sont construits dans le beau style italien, nous citerons ceux de Wallenatein ou Waldstein , du nd-duc de Toscane, de Schvoarzenberg et de Czernin, remarquables surtout par leur immense étendue ; ensuite ceux de Nostitz, Salm, l'utoredo, Clam-Galas. Prague possède un grand nombre d’établissemens scientitiques et littéraires à la tête desquels on doit placer son université, qui a pe un rôle si brillant dans le moyen-

e, et qui, après être tombée dans la plus grande décadence à la suite des troubles causées par la révolte des Hussites, doit sa restauration à Marie-Thérèse et à l’empereur régnant. Sa bibliothèque est une des plus riches de l’Allemagne ; ses collections scientifiques sont très remarquables, et son observatoire vient d’être restauré et doté de beaux instrumens. Nousnommeronsensuite l’école vétérinaire , celle d'accouchement , l'institut pour former des chirurgiens, les trois gymnases, l'institut polytechnique, l'académie de peinture, le conservatoire de musique, l'académie impériale des sciences , la société patriotique économique de Bohéme, la sociélé pong du royaume de Bohéme (Pomologisches Verein, etc.) ; la société du musée national de la Bohéme (Gesellschaft des vaterländischen Museums, ete.); elle publie deux journaux, et possède une riche bibliothèque, de

magnifiques collections de zoologie, de botanique , de minéralogie et d'et phie ; la société particulière =‘ que des amis des arts (Privat Gesellschaft patriotischer Kuntsfreunde); la rdunion pour gen avons de lamusique (Verein zur rderung der Tonkunst); la bibliothèque considérable et les belles collections d'histoire naturelle de l’Institut Strahof ; le musde national Bohéme, avec les collections et la bibliothèque déjà mentionnée, Cette ville fait un commerce très considérable alimenté par ses nombreuses fabriques et par celles des villes les plus industrieuses du royaume dont elle est le dépôt principal. Ce commerce prendra un grand accroissement par la construction du chemin de fer qui se fait aux frais d’unecompagnie formée dans ce but en 1828; il doit joindre cette ville à Pilsen. La lation de Prague augmente rapi ment ; dès l’année 1820 elle s'élevait à 00,000 âmes , sans là garnison estimée à 6500 hommes ; actuellément elle est andessus de 120,000, en y comprenant les militaires.

Les autres villes les plus remarquables

du royaume de Bohème sont :

Re:cueneenc, petite ville située sur la Neisse, près de la frontière septentrionale, dans le cercle de Bunzlau, très importante par ses nombreuses et florissantes manufactures de draps , detissus de coton, de toile et ses tanneries ; l'exportation annuelle de ces seuls articles est estimée à plus de 17,000,000 de fr, Un nombre considérable d'ouvriers sont occupés à la confection des machines pour filerle coton et pour d'autres objets. Quoique sa population dépasse à peite 10,008 âmes, Reichenberg n'en est pas moins la ville la plus peuplée de la Bohème après Prague, Pnaurenat, dans le cercle de Künigingrætz, importante par ses nombreusés fabriques detoiles; pop,environ 3000 âmes. KoëniGiNcRÆTz, par ses /ortiflcations , par son instilut ou séminaire théologique, et parce qu'elle est la résidence d'un évèque; pop: civile 6000 Ames, JosepusrTanr, autrefois nommée PLess, par ses fortifications; popul. civile 1000 Ames. Anenssacn, village d'un millier d'habitans, remarquable par sa longue allée de hauts rochers de formes les plus bizarres ; c’est, pour ainsi dire, un vaste labyrinthe naturel; un ruisseau, après être tombé d'une grande hauteur , coule au milieu et ajoute à l'impression produite par ce tableau extraordinaire. ScnLan, chef-lieu du cerele de Rakonitz, petite ville industrieuse de 3300 habitans, avec un gymnase et une école normale principale (Normalhauptschule). Vecraus, pelit village remarquable par le beau chdteau etle magnifique parc dans une Île de la Moldau, appartenant au comte de Chotek. Curuniu, petite ville de 5300

habitans, chef-lieu du cercle de Chrudim, avec une belle église ; on y tient des marchés de chevaux très renommés. LanNpskRoN, avec 2700 habitans, plusieurs fabriques de toiles et un grand nombre de blanchisseries; parmi ces dernières se distingue celle de M. Erxleben . regardée comme la plus grande de tout l'empire d'Autriche. LEITOMISCHEL, petite ville de 4700 habitans, avec un éastilut philosophique, des fabriques de mousseline et des papeteries. KurrENBERG, dans le cercle de Czaslau, ville de 8000 habitans, renommée par ses 7#ines d'argent, qui sont maintenant beaucoup moins productives qu'autrefois, et par celles de cuivre et deplomb , dont le produit est encore très considérable. Buoweis, au confluent du Malsch avec la Moldau, petite ville épiscopale , de presque 7000 habitans, chef-lieu du cercle de Budweis, avec plusieurs fabriques de draps, un institut théologique ou séminaire et un institut philosophique ; son commerce est très florissant etle deviendra encore plus par le chemin de fer quila met en communication avec Linz dans la Haute-Autriche. KruMmAU, ville industrieuse de 4500 habitans. On doit citer son éislitut économique (0Economisches Institut) avec une bibliothèque , une collection de modèles et un jardin botanique. PILSEN, jolie ville, chef-lieu du cercle de ce nom, située au confluent de la Mies avecle Beraun, importante par ses nombreuses manufactures de draps, par son instlilul philosophique et autres établissemens publics, par son commerce florissant, et par les mines de fer et d'alun de ses environs; pop. 8000 âmes. Tere, très petite ville de 1600 habitans, remarquable par sa célèbre abbaye des Prémontrés , qui possède une belle église, une bibliothèque choisie et de riches collections de physique et d'histoire naturelle. MAR1ENDAD, petit village nouvellement bâti et florissant par ses bains, qui depuis quelques années sont fréquentés par un grand nombre d'étrangers; on exporte presque 200,000 bouteilles de ses eaux minérales. EGEr, sur l’Eger, dans le cercle d'Ellenbogen, assez jolie ville, industrieuse , avec un grmnase, un assez bel Adtel-de-ville et une belle église ; c’est la troisième ville de la Bohème pour la population, qui dépasse actuellement 9000 âmes. Dans ses environsontrouve: Franzensbrunnen(Egerbrunnen) , bel établissement de bains très fréquentés; on exporte tous les ans un grand nombre de bouteilles de ses eaux. JOACHIMSTHAL, par ses mines d'argent et de cobalt , et parce qu’elle est le chef-lieu d’un district dont relèvent d’autres petites villes florissantes par leurs exploitations métalliques, surtout d’éfain et de plomb; pop. 4000 âmes. KARLSBAD, renommée par ses beaux établissemens de bains fréquentés tous les ans par un grand nombre d'étrangers qui y accourent de tous les points de l’Europe, ainsi que par ses ouvrages en acier et sa quincaillerie ; pop. permanente 2600 âmes environ, LetTMERI7Z, sur l'Elbe, petite ville épiscopale, avec un institut théologique ou séminaire , un gy2nase et 3900 habitans ; son territoire est si bien cultivé et si fertile qu’on l'appelle le paradis de la Bohéme. Dans son voisinage on trouve : Theresienstadt, une des principales places fortes de l'empire,

située au confluent de l’Eger avec l'Elbe ; sa population civile n’estque de 1000 âmes, TOEPLITZ , r'emarquable par sa pusition délicieuse et par ses bains célèbres ; populat. permanente 2600 âmes environ; Rumpunc, par ses fabriques de toile et par sa sociélé commerciale, qui entretient des relations dans toutes les parties du monde pour faciliter le débit du produit de ses nombreuses fabriques et de celles des environs; pop. 3000 âmes. WannsporFr, NEUFORSTWALD, HIRSCHENSTAND et STEINSCHÔNAU, gros villages très importans par leur industrie ; à Neufortswald, M. Worm a établi une grande fabrique de Manchester, dont les toiles rivalisent avec les plus beaux produits des métiers de la populeuse ville anglaise de ce nom; à Hirschenstand on fabrique depuis 40 ans une immeuse quantité de dentelle vendue par la maison Gottschalk et compagnie; cette fabrication, en 1826, n’y employait pas moins de 8500 personnes; les habilans de Sleinschonau se distinguent par leur grande adresse à polir et à travailler le verre, qui, façonné sous mille formes, est envoyé ensuite dans tous les pays de l'Europe et jusqu’en Amérique. Girscain , petite ville de 3000 âmes, chef-lieu du cercle de Bidschow, dans une position charmante, avec plusieurs fabriques de coton, un gyrnaseetunbeau chdleau.HonENHELRE, sur l’'Elbe, petite ville de 4000 âmes, importante par ia grande quantitédebellestoiles qu’on y fabrique. NEUWELT, gros village sur le dos du Riesengebirge, renommé par sa verrerie, où l'on fabrique le plus peau cris-tal de Bohême, et par l'adresse ct le bon goût avec lesquels ses habitans savent le polir ct le tailler.

Brünn, au confluent de la Schwarza et de la Zwittawa, ville bien bâtie et qu’on peut regarder comme une création du commerce et de l’industrie, tant elle leur doit d’accroissement dans ces dernières années. On la regarde comme la première ville de l'empire pour les manufactures de laine. Les teintures, les soieries, le savon, le tabac, mais surtout ses manufactures de draps et de toiles de coton occu-

ent le plus grand nombre de ses habitans.

L'église de St-Jacques, celle de St- Pierre , le Palais du gouverneur , celui du prince Dietrichstein, l'hôtelde-ville et le théâtre sont ses édifices les plus remarquables. On doit mentionner le beau monument en marbre élevé dernièrement pour perpétuer le souvenir des campagnes de 1813, 1814 et 1815.

Brünn est le chef-lien du gouvernement de Moravie et Silésie, le siège d’un archevéché, du tribunal d’appel de cette province ainsi que de son gouvernement général militaire. Ses principaux établissemens scientifiques et littéraires sont :

PInstitut philosophique , espèce de ly : cée ; l’Institut théologique où séminaire; le gymnase ; l’école normale princi

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et par ses 2600 âmes de toile et retient des ronde pour breuses fa- 3000 âmes.

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bminaire; princi

pale (Normal-Hauptschule) ; l’école des filles ; la société impériale pour l'encouragement de iagricuiture, de l'histoire naturelle et de la géographie de la Moravie et de la Silésie ; le beau musée de François(Franzens Museum) en dépend; lezardin botaniqueet agricole; la btbliothèque publique. Sa population dépasse actuellement 40,000 âmes. Dans ses environs on trouve Austerlilz,petite ville d'environ 2000 âmes , remarquable par un beau château avec de beaux jardins du prince de Kaunitz-Rietberg , mais surtout par la célèbre bataille des trois empereurs, gagnée par Napoléon

Les autres villes les plus remarquables du gouvernement de Moravie sont :

OLuëürz, autrefois capitale de la Moravie, ville archiépiscopale , très importante par ses fortifications et par ses établissemens publics, dont l'universilé créée dernièrement, le collège des nobles (Akademie der Stände) et la bibliothèque sont les plus considérables ; sa population dépasse 19,000 âmes en y comprenant les militaires. STERNBERG avec 8000 habitans, et PROSNITZ avec 9000 , petites villes remplies de fabriques de toile. lGLav, dont la population s'élève à 14,000 âmes , a de nombreuses fabriques de draps et des papeteries ; NEUTITSCHEIN, petite ville de 8000 habitans, florissante par ses nombreuses fabriques de draps, ses manufactures de coton et sestoileries. KREM- SIER , avec 4000 habitans; c'est une des plus belles villes de la Moravie; on doit citer le magnifique palais de l'archevêque d’Olmütz, qui renferme une riche bibliothèque , une belle galerie de tableaux:, de belles collections d’histoire naturelle etun jardin botanique. Biez\rz, avec environ 65000 âmes, et NscoLsBurG, avec 7000, se distinguent par leurs nombreuses manufactures de draps. TRoPPaAu, par ses fabriques de draps et d'armes et par le beau palais duprince de Lichtenstein ; c’est la ville la plus considérable de la Silésie-Autrichienne, car sa population s'élève à environ 12,000 âmes. TEScREN, petite ville de 6700 habitans, florissante par son industrie et son commerce, avec un gymnase ; c'est le chef-lieu du duché de Teschen, qui, depuis quelques années, appartient à l'archiduc Charles.

Mia (Milano, Mailand), sur l’Olona, au milieu d’une grande plaine renonmée par sa beauté et par sa richesse, résidence d’un archevêque et siège ordinaire du vice-roi du royaume Lombard-Vénitien, du tribunal d’appel pour les provinces Lombardes , et capitale du gouvernement et de la délégation de son nom. De grandes rues, un grand nombre de palais et de maisons élégantes et plusieurs bâtimens publics remarquables par leur masse

et par leur architecture, justifient le rang: que les géographes lui assignent parmi les plus belles villes d'Italie, malgré le :

défaut qu’on lui reproche de manquer de

belles places et d’avoir plusieurs rues

étroites et tortueuses. Nous ajouterons

qu'aujourd’hui on peut regarder Milan

comme /a première ville de toute l'Ita-

lie Septentrionale sous presque tous les

rapports. Les rues sont pavées de petits ga-

lets ou cailloux roulés , et traversées dans

toute leur longueur par plusieurs bandes

de pavés larges et unis; les bandes des

côtés servent de trottoirs; les voitures

roulent presque sans bruit et avec la plus

grande facilité sur celles du milieu. C’est

ici que nous devons nommer le magnifi-

que passage (galleria) construit par la

amille Cristoforis , et qui a coûté 1,500,000 francs ; on peut le comparer

aux plus beaux pen de Paris.

Parmi le grand nombre d’édifices et de, constructions magnifiques qui décorent cette cité, on admire surtout la cathedrale ou le Domo, regardé justement comme le temple le plus vaste et le plus somptueux de l’Italie, après la fameuse basilique de St-Pierre de Rome, et un des plus beaux de toute la chrétienté. Le gouvernement italien et l’empereur régnant ont dépensé plusieurs millions pour achever ce temple qui n’a pas d’égal pour le nombre de statues et d’aiguilles en marbre qui le décorent ; on fait monter à plus de 4500 le nombre des premières, et à plus de 100 celui des secondes ; on loue beaucoup la magnifique chapelle de St- Charles Borromée et les deux immenses colonnes de granit d’un seul bloc qui s'élèvent des deux côtés de la porte prin= cipale. Viennent ensuite la Basilique de St-Ambroise, le plus ancien temple de Milan ; c’est un assemblage d’architectures différentes offrant des constructions de plusieurs siècles, depuis l’empereur Théodose qui fit pénitence devant ses portes jusqu’à nos jours. Le sanctuaire de Notre-Dame de St-Celse ; on en loue l'architecture et les ornemens ainsi que les belles fresques d’Appiani qui embellissent sa coupole ; S£e-Marie de la Passion, St-Sébastien et Ste-Marie. des Grâces ; dans le réfectoire du ci-devant monastère de cette dernière église, on ad.

mire encore le célèbre Cénacele de Léonard de Vinci, malgré l’état de dégradation auquel il est réduit. À la tête des

: CE Re 0-tonmispe transe street

monumens d’un autre genre, on énit mettre le Palais Royal des sciences et des arts, autrefois dit de Brera, aussi remarquable par son architecture et son étendue que par ses superbes établissemens. On y trouve l’Œservatoire, un des principaux de l’Europe et le premier de l'Italie ; la bibliothèque publique, une des plus riches et peut-être la plus complète de toutes celles de liItalie; le jardin botanique ; l'académie des beaux-arts, un des plus grands établissemens en ce genre que possède l’Europe :

par ses habiles professeurs elle coopère aux progrès de toutes les branches de l’art du dessin ; et par ses académiciens elle préside à leur esthétique ;plusieurs centaines d'élèves fréquentent ses cours, et des collections superbes servent de modèle pour les études ; la galerie de tableaux, riche surtout en chefs-d’œuvre des aneiens maîtres italiens, disposés en bel ordre dans plusieurs vastes salles éclairées par en haut ; la collection des copies en plâtre des meilleurs morceaux de l'antiquilé ; le cabinet des médailles, collection magnifique, à laquelle est jointe une riche bibivthèque numismatique.

C'est aussi dans ce superbe local que tous les deux ans on fait l’exposition publique des produits de l’industrie et des beauxarts , et que l'institut italien des sciences, des lettres et des arts tient ses séances.

Nous nommerons ensuite le palaisroyal, remarquable surtout par la richesse des nee et les belles fresques d’Appiani; le palais du Senat ( antrefois collège lelvétique ); le séminaire , dont on loue surtout les cours intérieures ; le palais de l'urchevéque ; le théâtre de la Scala, un des plus grands et des plus beaux de l’Europe; celui de la Canobiana ; l'immense bdiiment du lazaret et le grand hôpital ; ce dernier ne renferme pas moins de 2200 lits, et est un des plis vastes et riches établissemens en ce genre qui existent ; la Monnaïe, où l’on admire les immenses laboratoires et plusieurs machines mises en mouvement par l’eau, dues au génie inventeur de l’illustre chevalier Morosi ; le palais de la Contabilità , le palais cidevant Martini, occupé par le ministère des finances et par l’administration de la douane, Parmi les édifices appartenant à des particuliers, il faut au moins citer les palais Lilta , Belgiojoso , Trivulzi, Mel-

lerio, Clerici, Arese, Serbelloni, et celui qu’on appelle la Prlla Bonaparte ; tous sont remarquables par leur belle architecture et par les riches ornemens dont ils sçnt décorés. On doit ajouter que les seize colonnes d’ordre corinthien , plus grandes que celles du Panthéon à Rome À et situées près de l’église de St-Laurent , sont les seuls débris de la grandeur et de la magnificence de l’ancien Milan ; selon les savantes recherches de l’abbé Guillon, elles seraient les restes des Thermes de Mazximien Hercule.

Outre les établissemens littéraires et scientifiques dont nous avons fait mention en parlant du palais de Brera, on doit nommer les deux /ycées et les deux gymnases ; l’'écolenormale supérieure ; les deux collèges convicts pue les garçons, les trois pour les demoiselles ; le collège militaire de St-Luc pour les enfans des huit régimens italiens ; l’école de mosaïque ; le célèbre conservatoire de musique , auquel est annexée l’école de chongrarihèe » d’où sont déjà sortis des sujets très distingués; l’école des sourdsmuets; l’école vétérinaire, une des principales de ce genre ; l’école d’accouchement ; l'institut militaire géographique, fondé en 1801, qui a déjà pu-

lié des cartes superbes ; la dtbliothèque ambroisienne, si importante par ses précieux et nombreux manuscrits , parmi lesquels se trouvent les palimpsestes, où le célèbre Mai a découvert les passages qu manquaient à certains plaidoyers de

icéron et les /ettres de Marc-Aurèle à Fronton ; on y conserve aussi le fameux Virgile de Pétrarque et le célèbre Josephe, traduit par Ruffin ; la société phylodramatique, qui possède une grande et belle salle construite par Canonica et peinte par Appiani; de jeunes amateurs des deux sexes y donnent des représentations une fois par semaine. Nous indiquerons ailleurs les collections littéraires les plus remarquables appartenant à des particuliers.

Par sa position, par les routes superbes du Simplon, du St-Gothard, du Splügen et du Stelvio et par les canaux qui font communiquer Milan avec l’Adda et le Tessin, cette ville est devenue un entrepôt

énéral de toute l'Italie Septentrionae. Son commerce embrasse non-seulement le trafic des produits de l’agriculture, mais aussi celui des produits de ses

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EMPIRE D’AUTRICHÉ. 205

uombreuses fabriques d’indiennes , de rubans, de voiles, de velours, de mouchoirs , d’orfévrerie, de bronzes dorés , de fleurs artificielles, de broderies et de galons. Les grandes fortunes de plusieurs de ses habitans et les grandes sommes d'argent comptant qu'ils possèdent y tiennent très bas le taux de l’intérét de lar-

ent et ont rendu depuis quelques années

ilan une place très importante même pour les opérations de change. On doit ajouter que son commerce de librairie est le plus important et le plus riche de l'Italie, et n’a de rivaux que ceux de Venise, de Turin et de Florence. Milan offre tous les agrémens des grandes capitales; les représentations qui se donnent au théâtre de la Scala sont justement rangées à côté de tout ce que l’Europe a de plus remarquable en ce genre. Le Corso, qui, partant de l’ég::se St-Marc, ou par la Porte Orientale, va aboutir à une large et longue route bordée de peupliers ; les jardins publics et les anciens remparts de la ville ombragés de beaux chàtaigners, offrent aux Milanais des promenades superbes. On doit y ajouter celle de la place du Castello (château) vaste espace, qui remplace la citadelle de Milan démolie comme inutile ; une caserne commode en occupe une partie ; le reste est disposé en pelouses et en larges allées plantées d'arbres, qui environnent l’immense place d'armes et lamphithédtre. Ce dernier est un vaste édifice destiné aux spectacles publics, tels que courses de chars , de chevaux et même de barques ; les galeries et les dix rangs de gradins qui forment sa circonférence intérieure peuvent contenir plus de 24,000 personnes. Près âe cette construction, la plus considérable en ce genre que l’on ait faite dans les temps modernes, s'élève l'arc de triomphe, dit « ‘ce de la paix, qui doit servir de porte à la magnifique route du Simplon. Tout éblouissant de marbre et de sculptures et surmonté par un immense groupe en bronze d’une rare beauté, cet arc supérieur en étendue à ceux de Tite, de Septime Sévère et de Constantin à Rome, d’Auguste à Rimini et à ceux de Benevent et d’Ancône, est le chef-d'œuvre du célèbre architecte Cagnola, et le plus grand comme le Fius beau monument de ce genre élevé depuis les beaux temps de Rome. On ne doit pas oublier d’autres constructions très re-

marquables qui embellissent cette métro-

ole et qui furent exécutées de nos jours

’après les dessins des plus habiles arehitectes vivans ; nous voulons parler de l’edifice monumental qui orne la Porta Ticinese, ouvrage de Cagnola; de la Porta Nuova, de Zanoja ; de la Vercellina , de Canonica ; et de la Porta Orientale , de Vantini. La population de Milan augmente avec rapidité ; elle monte actuellement au-delà de 155,000 âmes, sans comprendre sa nombreuse garnison et les étrangers.

Nous dépasserions les bornes que nous nous sommes imposées, si nous voulions indiquer seulement tous les lieux remarquables qui setrouvent dans les environs immédiats de Milan ou à quelques milles à la ronde, Nous ferons observer qu'en décrivant un cercle de 24 milles de rayon, ce ne serait pas seulement de gros bourgs et de petites villes que nous aurions à nommer, tels que RAo, Abbiategrasso, Binasco, Gallarate, Gorgonzola, Melegnano, Monza, Cassano, Treviglio, Caravaggio, Crema, mais des villes et même des cités remarquables par leursmonumens, leurs nombreux établissemens littéraires, leur industrie et leur commerce, comme ZLodi, Pavie, Come, Bergame et Brescia. Nous décrirons cependant d'une manière abrégée quelques-unes de celles que nous venons de nommer, et qui se trouvent dans un rayon de 12 milles.

GARIGNANO , Village remarquable par sa charur'euse dont les voûtes et les murs sont couverts de chartreux peints par Daniel Crespi, avec une si grande vérité qu’elle semble peuplée et vivante. Non loin on voit à Linterno les restes de la maison habitée par Pétrarque. SiMoNETTA, ancienne maison de campagne isolée , remarquable par son éclo, qui répète jusqu’à 36 fois les sons qu’on y produit du haut d’une fenêtre du premier étage. Ruo, gros bourg , près duquel est le collège des Missionnaires et le beau temple de Notre-Dame-des-Müacles, regardé comme une merveille de l’art, MoN8ELLO , jolie villa de la famille Crivelli de Milan, remarquable par le long séjour qu'y a fait Bonaparte entre les préliminaires de Leoben et le traité de Campo-Formio. Monza, sur le Lambro, offre les plus anciens et les plus nombreux souvenirs des Lombards dans sa riche basilique, où l'on conserve plusienrs objets précieux ou d'une grande antiquité ; nous nommerons au moins la couronne de fer, qui, depuis les Lombards jusqu’à nosjours, a servi au couronnement des rois d'Italie; le r'eliquaire de la reine Théodelinde, espèce de toilette du moyen âge, contenant sa couronne, sa coupe de saphir, son éventail de parchemin rouge, son peigne; legraduel de St-Grégoire et le célèbre papyrus, contenant l’état des reliques envoyées par ce grand pape à Théodelinde, monument vénérable et fragile de 12 siècles, véritable r'oi des papyrus. Cette jolie petite ville, dont la population, y compris sûrement celle de sa banlieue,

est portée par le dernier recensement à 16,389 âmes, estle séjour d'été du vice-roi. Le palais où il réside est noble et régulier ; la chapelle passe pour un chef-d'œuvre ; la rotonde de l’orangerie offre l'histoire de Psyché, peinte par le célèbre Appiani. Les jardins , les serres, le parc sont vastes et magnifiques. Ce dernier, ceint de murailles, a près de 10 milles de circonférence, et un Jardin botanique , naguère encore peuimportant, qui est devenu depuis quelques années le plus riche, peut-être, de l'Italie, par les sommes considérables qu'y a dépensées l’archiduc vice-roi, amateur passionné et intelligent des sciences naturelles , et surtout de la botanique. A une petile distance de Monza on trouve : Desio, bourg remarquable par la magnifique villa Traversi, autrefois Cusani, dont le jardin dit anglais, passe pour un des plus beaux de l’Italie supérieure. Lainate, gros village où l’on voit la belle maison de campagne des ducs Lilta, vemarquable surtout par son jardin et ses jets d'eau. Inverigo encore plus loin, estunautre village, où l’on admire le magnifique palais que le marquis Cagnola s'est bâti sur le sommet de la colline , édifice dans lequel ce savant architecte, rival de Palladio, pour la belle symétrie des parties qui forment la rotonde, qui est semblable à celle de Capra, près de Vicence , a surpassé celui-ci dans le magnifique escalier, dans le choix des marbres et dans la richesse des sculptures et des ornemens; c'est une véritable demeure royate, etun chef-d'œuvre d'architecture et de bon

goût.

DÉLÉGATION DE MILAN. GALLARATE, gro0s

bourg de presque 4000 âmes, florissant par son commerce en soie et ses fabriques de bougie.

SowmA , village remarquable par quelques antiquités, et surtout par un cyprès d’une grandeur extraordinaire; la tradition populaire le dit antérieur à l’époque de Jules César : ce qui est sûr, c'est qu’il doit compter plus de dix siècles d'existence. GORGONZOLA, gros bourg renommé par ses excellens fromages qui sont envoyés à de très grandes distances et qui contribuent beaucoup à sa prospérité, important surtout par son canal navigable qui mène à Milan, nommé NWaviglio di Martesana, et qui fait communiquer cette capitale avec l’Adda.

DÉLÉGATION DE COME. Côme, sur le bras occidental du lac de Côme, assez belle ville, commerçante et épiscopale, florissante par ses nombreuses manufactures de drap, d'étoffes de soie et par ses fabriques d'instrumens de physique et d'optique; plusieurs de ces dernières sont établies dans les villages voisins , et leurs habitans en colportent les produits dans presque tous les pays de l'Europe. Parmi les objetsles plus remarquables de cette petite ville, dont la population, y compris les faubourgs, s'élève à 16,000 âmes, nous citerons : la cathédrale, vaste et beau monument en marbre de la renaissance ; c’est un des plus beaux temples de l'Italie supérieure; le théâtre, construit depuis peu; l’Ædes Joviæ, dont le vestibule , les portiques de la cour et l’escalier sont, pour ainsi dire , un musée d’inscriptions ; c'était la demeure du célèbre Jcan-Bap

tiste Jovio; le casino littéraire, Nous nommerons encore la grande manufacture de soie de M. Bischoff et celle des casimirs de M. Guaila ; ensuite le /ycée, les deux gymnases, le collège Convict et la bibliothèque. Dans ses environsimmédiats on voit la villa Odescalchi, regardée comme la plus vaste parmi celles qui couvrent les bords du lac: c'est presque une de-

meure royale, tant elle est décorée avec magni- !

ficence. Plus loin on trouve Torno , remarquable par les ruines du monastère des Umiliati, ordre livré au travail des mains, dont les couvens autrefois nombreux en Lombardie et sur les bords du lac de Côme, étaient de véritables manufactures de laine ; les ouvriers y vivaient, sous certaines règles , avec leurs femmes et leurs enfans.

Les rives du lac de Côme sont renommées par leurs beautés naturelles et par les points de vue admirables dont on y jouit ; mais c’est surtout à la rive occidentale, qui conserve le nom de lac de Côme, que convient tout ce que les voyageurs en ont dit dans leurs descriptions. La Cadenabbia et la Tremezzine , situées sur le même bord, vers le milieu du lac, sont, dit M. Valery, pour le site, le climat et leurs belles et nombreuses villa, comme la côte de Baïes de cette petite Méditerranée. Parmi les villes les plus remarquables qui embellissent les environs de ce lac, nous nommerons au moins : la villa Sommariva, autrefois Céerici, remarquable par sa superbe collection de tableaux et des sculptures de Canova et de Thorwaldsen ; la vi/{a d’Este (Garuo), jadis au général Pino, qui y fit construire sur une hauteur voisine des murs et des creneaux imitant assez bien les fortifications de Tarragone ; elle a été pendant trois ans la demeure de la princesse de Galles, à laquelle est due la construction de la salle de spectacle ; les belles villa Giula, Mellerio et Serbelloni ; la villa Tanzi, une des premières qui aient été embellies selon le goût moderne ; enfin la villa Pliniana , gros bâtiment carré, bâti en 1570 par le fameux Anguissola, et renommée par la fonlaine intermittente dont Pline nous a laissé la description, et qui conserve toute son abondance et son intermittence. La bruyante cascade du Fiume Lette , l'orr'ido di Bellano , ou la chute de la Pioverna , les mines de fer et les usines de M. Rubini, près de Dongo, et les terribles souvenirs que réveillent les ruines du chdteau de Musso , taillé dans le rocher aux environs de ce dernier, ajoutent à l'intérêt qu'inspirent les bords de ce lac délicieux. Nous nommerons encore, à cause de leur importance sous plusieurs rapports : Lecco, sur la branche orientale du lac de Côme, à laquelle il donne son nom ; c’est une petite ville de 2000 âmes, importante par son commerce et sa fonderie de fer. C'est ici que commence la magnifique voule ouverte dernièrement pour joindre les deux routes superbes du Stelvio et du Splügen ; elle longe la côle orientale du lac jusqu'à Colico, où une branche va au Splügen par Chiavenna , l’autre au Stelvio par Morbegno. BELLAGGI0 , située à l'extrémité de la languc de terre qui partage le lac

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de Côme en deux branches; ses environs sont d’une beauté ravissante : on y voit la villa Melzi, magnifique demeure décorée avec le luxe moderne, et remarquable encore par les charmans points de vue dont on y jouit, et par la beauté de son jardin. Donco, bourg important par l’activité industrieuse et commerciale de ses habitans ; leurs instrumens de physique et de mathématiques sont colportés dans un grand nombre de pays. Nous avons déjà parlé de l'établissement de M. Rubini et du château de Musso, situé dans son voisinage, Farese, jolie petite ville de plus de 8000 habitans, avec un théâtre et plusieurs palais ornés de jardins délicieux. C'est ici que feu le comte Dandolo forma ces beaux établissemens agricoles qui eurent une si grande et si utile influence en Italie sur le perfectionnement de l’éducation des bêtes ovines, des vers-à-soie et sur la culture de la vigne. Cette ville partage avec Côme, avec les bords du lac de ce nom et avec les délicieuses collines de la Brianza, qui appartiennent à cette province, l'avantage de posséder pendant la belle saison les plusriches familles et le beau monde de Milan, attirés par la beauté enchanteresse de son territoire et par la bonté de son climat. Tout près s'élève un sanctuaire appelé la Madonna del Monte, à cause de sa situation sur le haut d'une montagne d'où l’on jouit d’une yue magnifique ; plusieurs chapelles, où sout représentés les mystères du rosaire, ornent le chemin qui mène au temple. Au débouché du lac Maggiore, dans le Tessin, LAvENo, Ponro et Luino, jolis bourgs sur la rive orientale du mème lac, sont florissans par leur commerce, surtout Luino ; Porto est en outre remarquable par sa grande verrerie.

DÉLÉGATION DE SONDRIO. — Sonprio, sur l'Adda, très petite ville de 4000 âmes, avec un gymnase ; c'est le chef-lieu de cette délégation, composée de la Valteline et d'autres pays détachés de la Suisse. Tirano, très petite ville d’environ 2000 âmes, remarquable par son sanctuaire et par ses relalions commerciales avec les Grisons par la vallée de Puschiavo. Bonmio , très petite ville de 1200 âmes, remarquable par sa position élevée, par les bains de St-Mar- Lin, situés dans son voisinage et plus encore par la magnifique route militaire ouverte dernièrement sur le dos du mont Stelvio (Stilfserjoch); elle forme la communication entre Milan et Innsbruck : c’est la plus élevée de toutes les grandes routes de l'Europe , et les travaux qu'a nécessités sa construction sont estimés plus difficiles que ceux de la célèbre route du Simplon. Elle commence immédiatement après les bains de Saint-Martin; sa pente n’est que de 1 mètre sur 10; 38 tourniquets sur une longueur de 13,700 mètres portent à la hauteur de 1564 mètres au-dessus de Bormio. On a creusé six galeries, dont les trois plus longues ont 136 , 137 et 198 mètres de long , 4 de haut et. 4 el 2 décimètres de large. Le point culminant de la route est à 2814 mètres : c'est 260 au-dessus de la ligne des neiges. Pour protéger les voyageurs contre les avalanches et les éboulemens, on a construit sur la partie la plus élevée de la route un portique en bois d’une

grande solidité , et long de 3000 mètres. Del'autre côté , sur le versanttyrolien, la route n'offre pas moins de 48 tourniquets. Le dessin de ce magnifique ouvrage a été tracé par l'ingénieur Donegana, et son exécution a coûté près de trois millions de francs. CniAvenna (Clefen), sur la Maira , très petite ville de presque 3000 habitans, importante par son commerce favorisé par les trois routes qui y aboutissent; celle du fac de Côme ou de Zecco, qui mène à Milan, celle de l'Engadina, qui mène à Saint-Moritz, dans les Grisons; et celle du Splugen. Cette dernière, construite par le gouvernement autrichien sur les dessins de M. Donegana, a été ouverte en 1820; elle compte 64 tourniquets, cinq galeries dont l’ensemble forme une longueur de 1232 mètres ; sa pente n’est jameis plus forte de 4 mètre sur 10. C'est une des plus magnifiques que l’on ait construites sur le dos des Alpes ; elle mène à Coire, dans les Grisons.

DÉLÉGATION DE PAVIE. PAVIE, près de la rive gauche du Tessin, ville épiscopale de médiocre étendue, mais très importante par ses souvenirs du moyen âge, lorsqu'elle était la capitale des rois lombards, ou bien le chef-lieu d'un état républicain, par ses vieux monumens et par ses nombreux établissemens littéraires. Ses constructions les plus remarquables sont : /a basilique de St-Michele Maggiore, qu'on regarde comme bâtie au vu* et même au vi° siècle, mais qui, selon M. San-Quintino , n’aurait été construite que vers la fin du x°; les bas-reliefs qui ornent l'extérieur de ce beau temple sont intéressans pour l’histoire de la sculpture; la cathédrale, où l'on vient de placer le magnifique monument en marbre du xiv° siècle, dit vulgairement le fombeau de St-Augustin; le chateau ou l’ancien palais des Visconti ; les superbes bassins du nouveau canal qui va à Milan, Parmi les importans établissemens littéraires de Pavie, nous nommerons : l’université, qui jouit d’une grande célébrité et à laquelle sont annexés le jardin botanique, le jardin agricole (orto agrario), les cabinets de physique, d’anatomie, et d'histoire paturelle ainsi que la bibliothèque, la plus riche de litalie pour les mémoires et les actes des principales sociétés savantes de l’Europe; ensuite les trois colièges Ghislieri, Borromeo et Caccia. Pavie peut se vanter de posséder dans son enceinte le premier établissement peut-être, qu’un simple particulier ait créé de nosjours pour former des artistes habiles; car M. le marquis Louis Malaspina de Sannazaro vient de construire près de son palais un vaste et bel édifice dans ce but philanthropique; on doit y disposer en bel ordre sa riche galerie de tableaux , qui offre des pièces de presque tous les grands maîtres de chaque école; une collection de gravures qui offre les plus belles estampes depuis l’origine de cet art jusqu’à nos jours; une riche collection de plàtres et une autre encore plus considérable de minéralogie, riche surtout dans la classe des pierres précieuses, soit dans leurétat de nature, soit travaillées ;une belle salle destinée à l’étude de la peinture d’après nature ou sur le nu. La popula-

tion de Pavie s'élève à près de 24,000 âmes. Dans ses environs immédiats on doit citer : le pont couvert sur le Tessin , soutenu par cent colonnes de granit et précédé d'une élégante façade du côté de la ville : sa construction remonte au xiv° siècle :etla Certosa (chartreuse). Cette dernière, destinée à recevoir les restes mortels des ducs de Milan , est regardée par des juges très compétens, comme l'édifice orné avec le plus de goût et de richesse que possède l'Italie, parmi ceux qu’on y a élevé entre la fin du xv° et le commencement du xvi*siècle. On y voit encore les 24 réduits commodes des anciens religieux. Ce sont de petites maisons séparées, d'un seul étage , avec une fontaine et un petit jardin. Une somme annuelle est destinée par le gouvernement pour l'entretien de ce magnifique temple , tout couvert de sculptures exquises êt de peintures superbes. BUFFALORA , bourg important par la douane qu’on y a’établie etpar le magnifique pont construit dernièrement sur le Tessin, aux frais communs des gouvernemens Autrichien et Sarde, BINAsGO et ABBIATE- GRASSO, gros bourgs , importans surtout par leurs canaux navigables qui mènent à Milan; celui de Binaseo, dit VNaviglio di Pavia, la met en communication avec le Tessin qui baigne cette dernière ville, et lui vuvre par conséquent la navigation du PÔ et de l’Adriatique; celui d’Abbiategrasso, la joint avec le Naviglio-Grande ou de Bereguardo, qui aboutit au Tessin, dans une autre direetion et beaucoup plus haut. Abbiategrasso compte plus de 4000 habitans , très adonnés au commerce.

DÉLÉGATION DE LODI. Lon:, à la droite de l’Adda, ville épiscopale de médiocre étendue, importante par ses fabriques de faïence , ses nombreuses filatures de soie et par son grand commerce de fromage, dit improprement parmesan. L'Incoronata est sa plus belle église et son principal édifice. On ne doit pas oublier son pont en pierre, qui rappelle un des plus beaux faits de la stratégie moderne. Cette ville possède un lrcée, deux gymnases, un collège de demoiselles très renommé, une bibliothèque publique et 15,000 habitans. CremA , sur le Serio, petite ville épiscopale , florissante par le commerce de ses toileries et de son fil. Elle a un gymnase et compte presque 9000 habitans. SaN-COLOMnANo, avec plus de 5000 âmes, et Conocno, avec plus de 8000, sont deux bourgs florissans par leur commerce ; le second, possède en outre un théâtre, file une grande quantité de soie, etestle centre du commerce du fromage ditparmesan ; une grande quantité de ce dernier est fabriqué dans les fermes du Brescian, du Bergamasc, du Milanais et du Crémonais, provinces dont les plainesoffrent de vastes prairies artificielles, couvertes de superbes bestiaux. :

DÉLÉGATION DE BERGAME. BERGAME, ville singulière par ses monumens, son aspect, sa situation sur une hauteur escarpée, ct autour et au pied de cette même hauteur, florissaate parun commerce très étendu-et par de nombreuses fabriques surtout en soie. Ses principaux bâtimens sont : l'église de Sta-Maria Maggiore, qui est la plus belle; on loue beaucoup la chapelle

Colleoni, sépulture de ce guerrier célèbre, qui

le premier fit usage de l'artillerie de campagac

etinventa les affüts de canons ; il appartient à

cette grande école des Sforza, des Braccio, des

Carmagnola , des Trivulzio, des Malatesta, qui

fondèrent en Europe l’art de la guerre ; la ca-

thédrale, qui a été refaite à plusieurs reprises ;

St-siexandre, dit in Colonna; la rotonde de

St-Thomas, dit in Limine, beau temple, qui

remonte au vini® siècle; le palais appelé le Pa-

dazzo-Nuovo ; le théâtre , dans la ville haute ;

et le bdtiment de la foire dans la ville basse ou

les faubourgs; ce dernier, construit en pierres de tailles entre les faubourgs San-Antoniv et San- Leonardo, contient plus de 600 boutiques symétriquement disposées avec üse vaste place et une belle fontaine. Pendant le temps de la foire , dont l'institution remonte au commencement du x° siècle et qui s'ytient pendant les huit derniersjours d'août et les premiers de septembre, ce lieu offre un des plus beaux spectacles qu’on puisse voir, On y fait des affaires pour plusieurs millions de francs. Bergame possède plusieurs établissemens publics, dont les principaux sont : le Ücée, les deux gymnases, l'athénée, \a bibliothèque publique, \ejardin botanique, et l'académie de Carrara, où des professeurs enseignent la peinture et l'architecture; une belle galerie, un cabinet d’estampes, une collection de médailles et de plâtres en dépendent. La population de Bergame, qui est siège d’un évèêché, s'élève à 32,000 âmes. — 4#/zano Maggiore , petit bourg important par son célèbre collège de demoiselles , tenu par les dames de la Visitation et renommé par l'excellente qualité des pierres à aiguiser et des pierres à moulin exploitées dans les carrières de ses environs. Zocno, avec plus de 2500 habitans et un cotiège pour les filles. SAN-PELLEGRINO , village de la vallée Brembana, avec des bains minéraux très fréquentés.

SAN-SALVATORE , village de la vallée Imagna, avec des mines de fer, Gannino , bourg de la valdée Seriana, florissant par sa manufacture de drap et son commerce de soie, TRESCORE, remarquable par ses bains minéraux. Romano, dans la vallée de San-Martino, bourg de 3000 âmes, important par ses marchés. MARTINENGO, bourg de 3000 âmes. CARAvAGGIO , remarquable par le voisinage du beau temple de la Madonna di Caravaggio, visité encore par un grand nombre de fidèles. TREVIGL10, gros bourg de plus de 6000 habitans, qui font un commerce étenduavec leur soie et leurs draps. GnisauBa, petit village près du Serio, remarquable par le beau temple qu'on vient d'y élever d’après les dessins et sous la direction de Cagnola; ce chef-d'œuvre de l'architecte milanais reproduit au milieu des plaines de la Lombardie la merveille de Possagno que nous décrirons plus bas. CLusonE, petite ville de la vallée Seriana; florissante par ses manufactures de draps et ses fabriques de quincaillerie ; elle a un gymnase et plus de 3000 habitans. LovERE, gros bourg de la vallée Cavailino, avec plusieurs manufactures Jde drap, un gymnase et plus de 4000 ‘habitans; sa grande fabrique de faulx, établie par legouvernementitalien n'existe.

élèbre , qui > campagne appartient à Braccio, des latesta, qui erre ; la caré reprises ; rotonde de temple, qui ppelé le Paville haute ; ille basse ou t en picrres loniv et Santiques syméplace et une a foire, dont ment du x° erniersjours ce lieu offre puisse voir, s millions de tablissemens le brcée, ibliothèque l'académie nseignent la galerie, un de médailles )pulation de s, s'élève à petit bourg de demoitation et repierres à aioilées dans , avec plus r des filles.

ée Brembafréquentés.

te Imagna, & de la valaufacture de ORE, remar- MANO, dans » 3000 âmes, ENGO, bourg uable par le adonna di grand nom- B de plus de étenduavec petit village eau temple ssins et sous vre de l'arh des plaines ssagno que etite ville de es manufacuincaillerie ; abitans. Lollino, avec ymnase et abrique de lien n'existe.

plus. Pisocne, sur le lac d'isée, à l'extrémité de l'importante va/lée Camonica, gros bourg de presque 3000 habitans, dont une grande partie est occupée dans ses forges et à la confection de plusieurs articles de quincaillerie. BRENO, dans la même vallée, avec environ 2000 habitans.

Enoo, près de l'Oglio, petit bourg de 800 âmes, remarquable par sa position élevée et par les ouvrages en fer qu'on y fabrique.

DELÉGATION DE BRESCIA. Bnescia , située au milieu d'une campagne renommée par sa fertilité et par sa belle culture, ville épiscopale et commerçante, avec un lycée, deux grmnases, un collège, une bibliothèque assez considérable où l’on conserve le célèbre manuscrit des quatre Evangélistes du vi ou vu* siècle, un athénée et autres établissemens littéraires assez considérables. La coutellerie, la fabrication des armes à feu et la production de la soie occupent une grande partie de ses habitans, qui montent à 34,000. Ses principaux édifices sont : le padais Comune ou le Brolelto, vaste bâtiment d’une belle architecture ; la nouvelle cathédrale qu’on vient d'achever, beau bâtiment surmonté d'une superbe coupole ; l'ancienne cathédrale, dont on fait remonter la construction au vu: siècle ; l'église de Sle-Marie-des- Miracles, et celle de Ste-Afra ; Y'évéché, le nouveau théâtre, le grand hôpital, le marché aux grains. On doit ajouter le musée lapidaria, construit sur l'emplacement et en restaurant les trois grandes salles et quelques autres parties du beau temple de Vespasien, découvert en 1822. C’est dans cette fouille importante qu'on trouva la Ficloire, regardée par MM. Thorwaldsen et Cicognara, comme la plus belle statue en bronze que l'antiquité ait léguée à l’Europe moderne. On ne doit pas oublier le cimetière que depuis 1815 on bâtit hors de la ville d’après le dessin de M. Vantini; ce sera, lorsqu'on l’aura achevé un des plus beaux édifices de ce genre que l’on ait encore construits ; une colonne de dimensious colossales doit en occuper le centre ; elle sera surmontée d’une lanterne, dont la flamme visible pendant la nuit, indiquera à une grande distance l'emplacement de ce lieu d’éternel repos. La chapelle est achevée et quelques beaux monumens s'élèvent déjà contre ses murs dans la forme des columbarium antiques. — TRAVAGLIA- To, petit bourg , remarquable par le bel hôpital que l’on vient d'y construire , sous la direction de M. Vantini. Garnone, dans la vallée Trompia, si importante par ses riches rnines de fer ; c'est un petit bourg de 1400 habitans , dont une grande partie est occupée à fabriquer des armes à feu très renommées. GavarDo, petit bourg de 1900 habitans, important par ses papeteries. CASTENE- DOLO, gros bourg de 4500 habitans. CALcINATO, avec plus de 3000. LonaTo, avec presque 6000 ; dans ce dernier on file beaucoup de soie. MonTecmiARt, gros bourg de 6000 âmes, florissant par ses nombreuses filatures de soie et par ses toileries. Dans ses environs on trouve le campo di Monte Chiari, destiné aux grandes évolutions militaires annuelles. LENO, avec 4000 habitans. PiEve avec environ 1300 et des fabriques

d'armes. RovaTo, avec 5000, CHiari, très gros bourg de plus de 8000 habilans, qui se distinguent par leur industrie et leur activité commerciale, Isco, sur le délicieux lac de ce nom avec 1800 habilans. Sao, petite ville située au fond d'un petit golfe du lac de Garda, dans une position charmante, jouissant d'un des plus beaux climats de l'Italie, Sa belle soie, son fil excellent , ses orangers, sesoliviers, sont généralement appréciés et forment les principaux articles d’un commerce florissant, elle a un gr mnase et compte presque 4500 habitans. GARDONE dit de Riviera, avec 1500 habitans, Toscolano, avec 2400 et GARGNANO , avec 3400 : ces trois gros bourgs situés sur le lac au nord de Salo, se distinguent surtout par leurs papeteries et par d’autres branches d'industrie, particulièrement T'oscolano. DESENZANO, situé au sud, à l'extrémité occidentale du lac de Garda, dans une position délicieuse, compte 3600 habitans et fleurit par son commerce ; il possède un institut philoso- Phique et est la station du bateau à vapeur qui va à Riva el Torbole , situés au nord du lac. Dans ses environs, à l’est s'étend la péninsule de Sermione, à l'extrémité de laquelle on voitle fortde Sermione, bâti par les Scaligers, et lesrestes dela prétendue villa de Catulle; ces ruines paraissent être plutôt les restes du palais de quelque richard romain , qui venait passer la belle saison dans cet endroit délicieux, car comme le remarque très judicieusement M. Valery, la pauvreté de Catulle ne va guère avec le puissant possesseur de ces grandes et belles constructions, avec le vaste bain qui en dépend, avec leurshauts pilastres et l’immensité de leurs voûtes souterraines. VEROLA-Nuova, avec plus de 4000 habitans. Ponrevico, avec plus de 5000, et Onzi-Nuovi, autrefois place forte avec 4700, sont desbourgs florissans par leur commerce et par leur industrie , surtout Pontevico. Bacouino , dans lavallée Sabbia, si importante par ses riches mines de fer; c’est un gros bourg de 3700 habitans, dont une grande partie travaille dans ses usines et dans ses tanneries.

DÉLÉGATION DE CREMONE. CRÉMONE, sur la rive gauche du PÔ, grande et belle ville épiscopale, chef-lieu de la délégation de ce nom, renommée par la bonté de ses violons et par la fabrique de ses cordes musicales en boyaux ; mais peu peuplée pour son étendue, ne comptant qu'environ 27,000 habitans. Le Domo ou cathédrale avec le Baplistère , est le plus bel édifice de Crémone, et en même temps un des monumens les plus intéressans de l'architecture gothique en Italie, et remarquable par ses vastes dimensions, par sa tour, une des plus hautes de l'Europe, et par les bas-reliefs qui ornent sa façade , illustrés dernièrement par un archéologue et orientaliste célèbre ; ils représentent un véritable zodiaque imité de ceux qui sont figurés sur les temples égyptiens. Tous les signes, un seul excepté, s’y trouvent dans l’ordre naturel, et les figures qui les représentent sont ornées des attributs de l’agriculture ou des travaux domestiques qui se rapportent aux différens mois de l'année ; seulement les douze signes ne se succèdent point

dans l'ordre adopté en Europe, de gauche à droite, mais de droite à gauche. M. de Hammer fait observer que ce zodiaque,comme objet profane qui n'a aucun rapport avec l'iconographie chrétienne, se rapproche beaucoup des idées d’architecture des xin® et xiv° siècles, qui se retrouvent sur toutes les églises du moyen âge, etentre autres sur celles qu’il a visitées à F'errare, Modéne, Plaisance , Fuornovi, Borgo-di-San- Donnino et Parme. Nous nommerons encore les églises de St-Pierre dite al PO, de St-Augustin, le palais public, le nouveau marché, l'4battoir (Macello) et le théâtre de la Concordia. Ses principaux établissemens publics sont : le lrcée, le grmnase, la bibliothèque publique.

La belle galerie de M. le comte Ala di Ponzone, mérite aussi d’être mentionnée, P1ZZIGHET- TONE, sur l’Adda, petite ville de 4000 âmes, importante par ses fortifications , qui dernièrement ont été considérablement augmentées. Casaz MaGctone , sur la gauche du PÔ, petite ville commerçante, de 5000 habitans, avec un gymnase. CASTELLEONE, gros bourg de 4000 âmes. LE Tonri, petit village, que nous nommons pour signaler à l'attention du lecteur la magnifique vi/la Sommi, autrefois Picenardi. Le bâtiment principal ou le palais; le bel édifice accessoire, construit dernièrement pour y disposer dans une salle magnifique la belle galerie de tableaux et une riche bibliothèque; l'étendue et la beauté du jardin qui en dépend, font de ce village un des points les plus remarquables de cette province. Les richesses végélales de ce jardin, l'ingénieux mouvement du sol au milieu d’une plaine entièrement unie, les beaux points de vue que l’arty a su ménager en grand nombre , ses jolis petits temples, l’ermitage , le colombarium et une foule d'ornemens qui le décorent, placent justement la villa Sommi parmi les plus belles maisons de plaisance de l'Europe. Nous ajouterons que le chevalier Hippolyte Pindemonti et autres savans ont démontré que ce genre de jardins, que l’usage appelle à tort anglais, doivent être nommés italiens, ou pour le moins jardins à paysages; car c'est l'Italie qui a vu construire les premiers, et c'est de cette contrée que ce genre d’embellissement s’est répandu dans le reste de l'Europe et surtout en Angleterre. Dès la fin du xvi° siècle Charles- Emmanuel 1, duc de Savoie, en avaitfait construire un maguifique dans les environs de Turin ; le Tasse en a donné la description dans son immortelle épopée en décrivant les jardins d’Armide. Cependant il faut avouer que les Italiens pourraient bien avoir emprunté aux Chinois la première idée de ce genre de jardins, comme on le verra lorsque nous donneronsla description des fameux jardins de l’empereur de la Chine. De nos jours quatre architectes célèbres, MM. Japelli à Padoue, Foghera à Crémone, Fantini à Brescia et Canonica à Milan, ont déjà embelli et continuent à embellir les environs de plusieurs villes de l'Italie par la création de ces jardins, où sur un petit espace leur art admirable sait réunir avec un goût exquis tout ce que la nature et la civilisation des différentes époquesuoffrent de plus curieux ou de plus attrayant.

DÉLÉGATION DE MANTOUE. Manrous, cheflieu de la délégation de ce nom, grande et belle ville épiscopale , située au milieu d’un lac formé par le Mincio. Mantoue, si négligée par les géographes et les voyageurs, est une des villes les plus intéressantes de l'italie supérieure : c'est la ville de Jules Romain comme Vicence est celle de Palladio, et Vérone celle de San- Micheli. Ses édifices les plus remarquables sont : l'ancien palais ducal, dit aujourd'hui Corte imperiale ; c'est un bâtiment vaste et irrégulier mais caractéristique ; trois pièces sont couvertes de tapisseriesexécutéescomme celles du Vatican, à Rome, sur les dessins et les cartons de Raphaël; le célèbre appartamento dit di Troja , parce qu'il est couvert des peintures de Mantegna et de Jules Romain, représentant des sujets de l’histoire d'Ilion, est maintenant un grenier. La cathédrale, qu'on peut mettre au rang des plus beaux temples de l'Italie; l'église de Saint- André, un des premiers et des plus purs ouvrages de la renaissance : son plan, tracé par l’AIberti, a été imité dans la construction d’autres églises ; l'élégante église de Santa-Barbara, avec un superbe clocher ; le marché au poisson, les boucheries , la douane ; le théâtre dit de da Società ; le théâtre Virgilien ou Diurne, construit en pierre en 1818, et destiné aux spectacles de jour. On ne doit pas non plus oublier la maison de Jules Romain, où ce grand artiste mourut comblé de biens et d’honneurs par Frédéric Gonzaga; le château, les portes etles ponts qui sont d’un aspect imposant ; et les for-tifications , qu'on doit placer au premier rang parmi les constructions de leur genre, et qui jointes à l’avantage de sa position, font de Mantoue une des principales places fortes de l’Europe. Celte ville se recommande aussi par ses importans établissemens publics; nous nommerons : le /cée , les deux gymnases , l'académie virgilienne , 'académie des beauxarts qui possède quelques bons tableaux ; la bibliothèque , une des plus considérables de l'Italie, et le musée des statues, qui n’est inférieur qu'à ceux de Rome, Florence et Naples. On y voit le célèbre bas-relief de Médée et un buste de Virgile, débris de cette statue antique élevée au poète par les habitans de Mantoue, et qu’un Malatesta renversa vers la fin du’ xiv® siècle, Parmi les places de cette ville intéressante, on doit nommer la Firgiliana : c'était autrefois une espèce de marécage que l'argent de la commune et l'enthousiasme du général Miollis pour Virgile changèrent en une agréable promenade , plantée d'arbres et garnie de nombreux bancs de mar-| bre. L'air de Mantoue est encore mauvais, malgré les grandes dépenses faites dernièrement par le gouvernement autrichien pour son assainissement. Sa population , nullement proportionnée à son étendue, s'élève à 28,000 Ames. À une petite distance de l'enceinte de la ville on voit le superbe palais du Te, construit et peint presque entièrement par Jules Romain; celte ancienneécurie des ducs de Gonzague est devenue une magnifique résidence royale etun monument merveilleux des beaux-arts. On y admire surtout

ANTOUS , chefrande et belle d’un lac formé ée par les géo- ) des villes les ieure : c'est la > Vicence est elle de Sanrquables sont :

urd'hui Corte e et irrégulier sont couvertes es du Vatican, ns de Raphaël; Troja , parce lantegna et de sujets de l’hisrenier. La carang des plus se de Saintus purs ouvratracé par l'AIiction d’autres uta-Barbara, éaupoisson, héâtre dit de Ou Diurne , tiné aux specn plus oublier ù ce grand arhonneurs par s portes etles nt; et les for-premier rang genre, et qui , font de Manes fortes de imande aussi ublics ; nous rmnasés sVades beauxibleaux ; la bisidérables de qui n'est infée et Naples. On Le et un buste antique élevée oue , et qu’un u‘ xiv® siècle.

éressante, on t'autrefois une e la commune is pour Virgile nade , plantée ancs de marauvais , malnièrement par on assainisseoportionnée à es. À une peille on voit le truit et peint omain; celle ue est devenue

un monument

dmire surtout

la célèbre salle des Géans : une fois entré dans cette pièce, on n’y voit point d’issue ; vous n'êtes environné, dit M. Valery, que de rochers qui tombeut sur les géans blessés, écrasés, fuyant ou se défendant en vain; le sol même est formé de débris, et le plafond est l'Olympe de Jupiter lançant la foudre. Plus loin, mais toujours dans les environs de Mantoue, on trouve Santa - Maria delle Grazie, sur le lac, magnifique église gothique, presque entièrement couverte des tableaux votifs offerts par les nombreux pélerins qui visitent ce sanctuaire révéré, et dont le nombre s'est quelquefois élevé jusqu'à 80 et 100,000 : on y voit suspendues de grandes figures de cire habälées, représentant quelques-uns des illustres visiteurs de ce temple. Pietole, près de la rive droite du Mincio, petit village important par son fort redoutable compris dans le système des fortifications de Mantoue et construit pour soutenir l'inondation de cette place, qu’on produit en dérivant au-dessus de la porte Pradella les eaux du Mincio. Par ce moyen, Mantoue, entièrement environnée d’eau, ne devient abor-

dable que par quatre points défendus par de -

formidables batteries: ce sont le pont de Saint-

Georges, la citadelle, la porte Pradella et le fort de Pietole; ce dernier est construit sur l'emplacement de l’ancien 4ndès, regardé comme le lieu natal de Virgile; le bâtiment de la Fir- &giliana esttrès délabré, et le jardin n’est qu’une espèce de potager assez négligé.

Les autres lieux les plus remarquables de cette province que notre cadre nous permet de nommer sont : GonzacA , gros bourg auquel le recensement de 1832 accorde 13,487 habitans, nombre qui nous parait exagéré, à moins qu'on n'ait voulu y comprendre tous les villages de son canton. ViananA, bourg de 14,000 âmes, florissant par ses fabriques de toile et par sun commerce. SABIONETTA , avec plus de 6000 habitans et Casri- GLIONE, dit delle Sliviere, avec plus de 5000 âmes, gros bourgs commerçans. PESCHIERA , petite ville de 1500 âmes, très importante par ses fortifications élevées primitivement par San-Micheli, et beaucoup augmentées de nos jours par les Français et les Autrichiens.

Venise , chef-lieu du gouvernement et de la délégation de ce nom , une des deux capitales du royaume Lombard-Vénitien, où le vice-roi passe ordinairement une partie de l’hiver , siège du tribunal d’appel des Provinces Vénitiennes , du commandement général de la marine autrichienne, résidence d’un patriarche catholique, d’un archevèque arménien et d’un évêque grec ; place forte du premier rang par sa position, avec un vaste port déclaré franc depuis quelques années, et 103,000 âmes ; en y comprenant Murano, Malamocco, Burano et autres lieux qui forment son district, elle aurait 114,000 habitans ; dans ce nombre n’est pas comprise la garnison, qui est toujours peu

considérable. Venise est justement regardée comme une des plus belles villes de l'Europe ; par sa position et par ses constructions elle est unique dans son genre.

Bâtie entièrement sur pilotis au milieu de la lagune de son nom, espèce de vaste lac séparé de la mer par une longue baude de paies iles couvertes de potagers et de elles plantations, cette ville se compose d’ungrand nombre d'ilots, très rapprochés les uns des autres, divisés par des canaux et réunis par un grand nomb”- ‘e ponts. Le plus remarquable de ces aux est le Canal-Grande : il est borué de palais magnifiques ; il sépare la ville en deux parties presque égales, réunies par le poné£ de Riallo, qu’on peut ranger parmi les plus beaux de l’Europe. Les rues sont toutes très bien pavées en grandes dalles et très propres, mais aussi très étroites ; elles offrent tant de détours que, pour ainsi dire , elles font de Venise un vaste labyrinthe ; mais au milieu de cette irrégularité, on trouve un grand nombre dé vastes places qui forment un contraste frappant avec les rues étroites qui y aboutissent. Presque toutes ont un magnifique temple ou un beau palais qui en fait l’ornement principal ; les plus remarquables par leurs dimensions sont : la place de San-Marco , une des plus belles et des pis régulières de l’Europe, soit pour les

âtimens qui l’entourent, soit par sa position pittoresque sur les bords de la mer ; une partie tourne à angle droit et forme une autre place de moindre étendue appelée Piazzetta. À l’angle formé par la

lace de San-Marco et la Piazzetta s'élève a tour de Saint-Marc, bâtiment isolé qui étonne par son élévation , quand on pense que cette masse énorme repose sur pilotis. Cette place, unique au monde, offre réunis tous les genres, toutes les beautés de l’art de bâtir ; là sont comme en présence et rapprochés, l’Orient et l'Occident : la grave simplicité de l’architecture greco-barbare, les bizarreries légères et hardies de l’architecture gothique, les formes les plus ornées et les plus pures du goût renouvelé de Parchitecture greco-romaine. Malheureusement le joli petit temple de St-Giminien , dont la façade servait admirablement à unir les Procuratie-Nuove aux Procuratie-Vecchie, a été démoli, et au lieu d’y substituer le bel édifice savamment imaginé par M. le conseiller Pinali, on a réuni, sans aucun

intermédiaire et contre toutes les règles de l’art, des lignes qui ne devaient jamais aboutir au même point. Viennent ensuite les places de San-Stefano, de San-Giovanni-Paolo, de San-Paolo, de Santa- Margarita, de Santa-Maria-Formosa.

Cette ville, quesans exagération on pourrait appeler la Palmyre maritime , tant est grand lenombre deses temples superbes et de ses magnifiques palais, ouvrages immortels des Lombardo, de Sansovino, de Scamozzi, de San-Micheli et de Palladio, tout recouverts des tableanx du Titien et des fresques du Tintoret et de Paul Veronèse, a été pendant quatorze siècles la capitale de la célèbre république de Venise, la première puissance maritime et commerçante du monde au moyenâge, et un des foyers principaux de la civilisation européenne dans ces tn d’ignorance. Voici les principaux édifices que le cadre étroit de cet ouvrage nous permet de nommer : les Procuratie - Vecchie et les Procuratie- Nuove, magnifiques bâtimens qui entourent la plus grande partie de la place de Saint-Marc; leur rez-de-chaussée offre une vaste galerie supportée par des colonnes et remplie de cafés élégans et de belles boutiques ; elle rappelle les galeries du Pal.is-Royal à Paris; une partie des Procuratie-Nuove est occupée par les bureaux du gouvernement général , et sert de logement aa gouverneur ; une autre ee réservée pour le vice-roi et les autres membres de la famille impériale pendant leur séjour à Venise; la partie du côté de la Piazzetta est le chef-d'œuvre de Sansovino et un des plus beaux édifices qui existent ; l’ancienne bibliothèque de aint-Marc occupait une salle magnifique; le reste est en partie occupé par les ateliers de la Zecca qu’un voyageur SE et savant appelle le plus beau et le pius élégant hôtel des monnaies. C'est là uen 1284 fut frappé pour la première ois cecélèbre ducat ou sequin de Venise, qu’on pourrait regarder comme /a plus ancienne des monnaies courantes de l'Europe proprement dite, et qui depuis tant de siècles est connue et recherchée par toutes les nations, depuis la Méditerranée jusqu’à la Chine. Leci-devant Palais-Ducal, remarquable par son architecture, par sa masse imposante et par ses ornemens ; l’intérieur est d’une grande magnificence ; plusieurs chefs-d’œuvre du Tin-

toret, du Corrège, du Titien, de Paul Véronèse et d’autres grands maîtres ornent ses salles et ses appartemens, ainsi que ere de ST M its uove ; le pont appelé dei tri (des Soupirs; joint ce palais au beau et solide bâtiment des Prisons ; les édifices que nous venons de nommer offrent réunis sur un petit espace toutes les écoles diverses d'architecture. Les autres palais les plus remarquables sont ceux des familles Vendramin-Calergi, Trevisan , Pesaro, Rezzonico, Grass, Grimani, Corner, Balbi, Tiepolo , etc., etc., sur le canal-Grande; Pisant, Labia, Balioni, etc., dans l’intérieur de la ville ; ans le palais Grimani, acheté par le gouvernement, on a établi le burean de la oste, et dans celui de la famille Corner, es bureaux de la délégation.

Parmi les temples on admire principalement l’église de Saini-Marc, avec ses brillans compartimens , ses voûtes d’or, son pavé de jaspe et de porphyre, ses cinq cents colonnes de marbre blanc, noir, veiné, de bronze, d’albâtre, de vert antique, de serpentine; on y voit la célèbre Palla d'oro, espèce de mosaique d’or et d’argent sur émail , faite à Constantinople à la fin du x° siècle, représentant, dans une suite de tableaux, des sujets de l’ancien et du nouveau testament ; au-dessus du portail de ce magnifique temple, on a replacé en 1816 les quatr: fameux chevaux de bronze, qui fandus à Corinthe dans les beaux temps ds ia Grèce, ornèrent successivement Athènes, Rome, Constantinople, Venise et Paris. Dans le trésor de Saint-Marc, un des plus vastes reliquaires du monde , on conserve plusieurs objets précieux et un grand norabre d’antiquités et d'objets rares; presque tous les objets en or, argent et pierres précieuses sont conservés à la monnaie. ! iv'1s nommerons ensuite Saint- George-majeur (S. Giorgio-Maggiore), etie et PAIE age chefs-d’œuvre de l’architecture de ce genre ; le Zitelle dont on admire aussi la beauté ; l’église de la Salute, remarquable par sa masse imposante et par sa belie coupole ; les églises des Scalzi, des Jésuites (Gesuiti ) et des Miræoles (Miracoli), toutes éblouissantes de marbres; cette dernière est remarquable par le goût exquis de ses ornemens, que plusieurs académies étrangères ont fait copier pour les donner

existe, car les statuts de la confrérie des artistes, qu'elle représente, sont antérieurs à l’année 1345. Enfin la biblio de Saint - Marc, une des plus riches de l'Italie, avec un beau cabinet d’antiques et un riche médailler ; elle est placée actuellement dans la salle du Maggior Consiglio au ci-devant pu duoal, et doit être rangée à côté des plus grandes de l’Europe ; on y a transféré la célèbre CAPRORENEE de Framauro, commentée il y a quelques années, avec un talent remarquable par le cardinal Zurla, qui a illustré aussi les grandes cartes géographiques, tracées par Marco-Polo et exposées dans une autre salle de ce même palais: on y conserve un évangéliaire qui compte près de dix siècles et le célèbre camée de Ju- Piler egiocus ; on doit ajouter le musée Corner, collection immense de tableaux, de médailles, de livres et de curiosités de tout genre, léguée à la ville par un noble Vénitien de cette famille; il n’est pas méme ouvert au public, Nous indiquerons ailleurs les collections les plus remarquables appartenant à des particuliers.

Les promenades principales de Venise sont : la place de St-Marc et la Piazzetla; la Riva degli Schiavoni, long quai bordant une partie de la ville et aboutissant aux jardins publics; la situation de ces derniers est délicieuse : la mer les environne presque entièrement, et on y jouit d’un des plus beaux points de vue qu’il soit possible de rencontrer ; c’est sans contredit la gine belle promenade de Venise et une des plus belles de l’Italie. Le grand nombre de ponts , qui tous ont des marches, et la petite largeur des rues rendant l’usage des voitures impossible , un grand nombre de petites barques d’une forme particulière , nommées gondoles, les remplacent et forment un des princici ux traits caractéristiques de cette Yi e,

Venise , étant environnée de la mer Adriatique, qui y forme les plus célèbres lagunes de son nom, ses environs n'offrent qu'une vaste nappe d'eau interrompue par plusieurs ilots d’une étendue différente, sur lesquels sont situés plusieurs lieux remarquables. Quelques-unes de ces localités, aux beaux temps de Rome et même longtemps avant, un plus grand nombre pendant l’époque brillante de la république de Venise, étaient des villes si importantes, si riches et si populeuses , que ce serait faire connaître très imparfaitement cette partie de lItalie, si, en décri-

vaut Venise, on les passait entièrement sous silence à cause de our importance 5ctuelle, Tous ces lieux , à l'exception de ceux qui sout à l'est du Taglimenti et au sud du Podi- Maestra, sont compris dans un rayon de 48 milles. C'est dans cet espace siresserré qu'on trouve non-seulement de petites villes ob bourgs tels que La Morra Ovxnzo, ConsaLtaNo, Asonw, CrrrabeLLA, Monseuice, Anaia et une foule d'autres bourgs et lieux que nous décrirons dans les provinces de Trevise , de Padoue et de Rovigo , mais aussi des villes considérables comme Tnéviss, Cmoaata et Panous.

Dans les environs immédiats de Venise, on trouve : Sr-Micuez p# Munano (San-Michiele-di- Murano), joli petit lot remarquable par la belle église tout ornée de marbres précieux, par la magnifique chapelle Miani qui en dépend, et par le beau couvent des Camaidules, au-

uel appartenait ce point important de la lagune.

’est dans ce couvent que, vers le milieu du avin® siècle, on rédigeail la Raccolta Calogeriana , espèce de journal qui, à cette époque, a puissamment contribué à conserver le goût des études sérieuses en Italie, Là aussi, dans sa riche bibliothèque , était le précieux monument géographique de Framauro, mentionné dans la description de Venise, Ce même couvent, à l'époque de sa suppression, sous le gouvernement ilalien, avait peus abbé ce moine, illustre par son vaste savoir dans les sciences théologiques et mathématiques, qui siège aujourd'hui sur le trône de St-Pierre; et pour recteur du florissant co/lège qu'on y avait établi, l'abbé Zurla, aujourd'hui cardinal, vicaire-général du pape, un des savans qui ÿplus que les autres, ont fait avancer la géographie du moyen-âge. Ces deux établissemens n'existent plus; le vaste jardin du couvent et les portiques qui l'entourent ont été destinés à recevoir les monumens funéraires des habitans de Venise, dont le cimetière général est dans l'ilot voisin de St.-Cristoforo. Murano, petite ville d'environ 4000 âmes, importante par ses verreries, qui pendant plusieurs siècles ont été les premières du monde, à les beaux ouvrages de toute espèce qu'ony faisait, et surtout par ses contarie ou perles fausses colportées par tout le globe. C'est dans ses fabriques que les peintres et vitriers Vivarini travaillaient ces beaux verres peints qui ornent les croisées de plusieurs temples de Venise et d’autres villes de l'Europe. Murano a été aussi renommée par la beauté de ses Jardins, convertis plus tard en vergers. Quoique ses verreries soient maintenant inférieures aux grands établissemens de ce genre que possèdent la France, l'Angleterre, la Bohème , ett., etc. , elles sont encore très considérables : on y fait de très beaux ouvrages en verre eten émail de toute espèce, tels que tables, toilettes, chaises, armoires, fleurs, cloches, tubes pour les instrumens de physique et autres objets ; ses grandes glaces soufflées n’ont pu encore être exécutées nulle part. L'église de St-Donatlo, qui est son principal édifice, est remarquable par son beau pavé à mosaïque et par son architecture extérieure, ouvrage greco-barbare du xu° siècle. LE Lino (St-

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Andrea di Lido), petit ilot sur lequel s'élève le beau /ort de St-André, construit par San-Micheli : c'est une masse si bien établie, quoique sur wn terrain marécageux et battu par les vagues de la Mer, qu'on la prendrait pour un seul rocher; it défend Le port du Lido, qui est le plus

oisin de Venise etest un des premiers construits selo® les principes de l'architecture militaire moderne, C'est de ce port, qui n'est aujourd'hué abordable que par de très petits bâtimens, qu'au xu* siècle appareilla la grande flotte de 200 navires, commandée par le doge Michieli , et qu'en 1202 sortit l'armement bien plus considérable sous le commandement du doge Dandolo, composé de 240 gros vaisseaux de guerre, 73 navires de transport, 60 galères èt 120 Za/andres, ayant à bord 49,000 hommes et chevaux qui formérent l'armée des croisés, qui fit la conquête de Constantinople, Bunaxo, plus éloigné des marais; cetilot à moins souflert que les autres; sa population, qui dépasse 5000 âmes, s'occupe de la péelie , de la chasse , de la revente des chiffons reruvillis dans les rues de Venise , et surtout de la fabrication de dentelles très estimées, ToncezLo, centre des opérations maritimes des anciens habitans d'Altino, devint d'autant plus peuplée et importante , que celte dernière ville vit diminuer sa splendeur, Dans les vu® et vin siècles, et les suivans , Torcello était une des villes les plus flonssautes de la république de Venise, et un des grands entrepôts du commerce qu'on faisait dans ses lagunes, Sa cathédrale, construite au commencement du x1* siècle, est empreinte de l'Orient et du moyen âge; la façade, la voûte, le pavé, sont incrustés de précieuses mosaïques représentant des symboles et des faits de l'histoire sacrée ; le bénitier parait avoir été un autel païen; et une chaire de marbre s'élève derrière le chœur au milieu de degrés demi circulaires; de grandes planches d'albâtre, suspendues par des gonds en fer, servent de volets à ses fenètres. Le petit temple de Santa -Fosca, voisin, ouvrage du ixe siècle, fait d'anciens débris d'édifices romains, mérite aussi d'être signalé , ayant servi de modele dans la construction des églises de St-Giminien et de St-Jean-l'Aumônier de Venise, Torcello, où dans le xint et le x1v° siècle on envoyait les convalescens pour se rétablir, à cause de la bonté de son air, est maintenant un deslieux les plus malsains des lagunes, et ne compte pour habitans que quelques pauvres vignerons, MAzzonno, autre petite île remarquable par sa fertilité et par son ancienne prospérité, qui éprouva le sort de Torcello. AzriNo, ville populeuse et florissante au temps des Romains; les grandes routes Emilia, Postumia, Claudia et Gallica, y passaient.

C'est dans sa banlieue que ces anciens dominateurs du monde s'embarquaient pour aller à Ravenne et vice-versd. Ses villa, entre les embouchures du Sile et de la Piave, étaient comparées par eux aux célèbres villa de Baia par la beauté de la situation et par la fertilité du sol. Détruite en 650, elle ne se releva plus; son évêque et ses habitans s'établirent définitivement à Torcello, Mazzorbo et autres ilots voisins, et contribuèrent à leur accroissement et à leur prospérité. Ces

villes, et surtout Venise s'embellirent avec les marbres et les colonnes de ses édifices , qui pendant plusieurs siècles furent pour ainsi dire des carrières inépuisables pour les Vénitiens, M, Latlis, propriétaire actuel d'une partie de l'emplacemet d'Altino, y a établi une briqueterie et une fabrique de faïence, Cette partie de la lagune n’est plus reconnaissable par les grands chaugemens que la retraite de la mer y a produits,

Dans une autre direction, au sud de Venise, nous nommerons : Sr-Lazans (San-Lazzaro dit degli Armeni), petite tle habitée par les moines Arméniens, qui publient en leur langue de bonnes éditions des livres les plus utiles et les plus estimés , et se livrent à l'éducation de leurs compatriotes, Ce co/lège célèbre , présidé par un archevèque et ayant de savans professeurs, est devenu depuis un siècle un foyer d'instruction pour l'Asie occidentale ; il possède des collections scientifiques considérables, une riche bibliothèque où l'on conserve des manuscrits arméniens précieux du vint et du rx° siècle, une typographie où l'on imprime une gazelle qui est lue à Constantinople, à Erzeroum, à Ispahan, à Calcutta et autres grandes villes où des Arméniens se trouvent en assez grand nombre, C'est avec ses presses qu'en 1818 on imprima la fameuse chronique d’Eusèbe , complétée d'après d’anciens codes arméniens. MazAmocco (Melthamaucum), petite ville située à l'extrémité occidentale du Zido , lle qui défend Venise des fureurs de la mer, Insignifiante jusque vers la fin du vit siècle, c'est aux nombreux réfugiés de Padoue qui y cherchèrent un asile à cette époque, qu'elle est redevable de la prospérité à laquelle elle parvint plus tard. Depuis 742 jusqu’en 810, Malamocco a été la résidence du doge qui, après la guerre contre Pepin, transféra sa résidence de cette ville à Rialto ou Venise, Son port, défendu par deux forts, a été beaucoup amélioré par la grande digue commencée sous le gouvernement italien et continuée à grands frais par le gouvernement actuel; lorsque ce grand ouvrage sera achevé, il aura 1400 mètres de long et aura coûté près de 1,400,000 francs. Malamocco ne compte que 810 habitans, la plupart occupés à guider les vaisseaux qui.entrent et sortent de cette partie de la lagune de Venise. PoveGiA (Popilia), lle autrefois beaucoup plus grande et très peuplée, située vis-à-vis de Malamocco. Rayagée pendant la guerre de Chioggia, en 1379, rongée par la mer, ses habitans s’établirent à Venise ; réduite à une circonférence d'environ 400 pas, elle n’a plus que quelques maisons et un très petit nombre d'habitans permanens, Non loin est située l'ile du Vaux Lazaker (Lazzaretto-Vecchio), sur laquelle les Vénitiens, dont la ville était si souvent ravagée par la peste à cause de leurs fréquentes relations commerciales avec le Levant, fondèrent dans le xv° siècle cet établissement utile connu sous le nom de Zazzarello, dont les réglemens sanitaires firent cesser ce fléau qui moissonnait avec une effroyable fréquence la population de Venise, et furent adoptés plus tard par toutes les nations policées de l'Éurope, daus la création des établissemens du même genre,

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