‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 2)Chapitre 254 sur 628 · ILE ET ROY. DE SARDAIGNE · texte numérisé non relu

ILE ET ROY. DE SARDAIGNE

CAGLIARTe soso CacLtant, 27, Quartu, 5. Iglesias, 5. Villacidro, 5, Guspini, 3. Lesiles San-Antioco avec San-Anlioco, 2; et San-Pit{ro avec Carloforte, 2. Isili, 2, Nuvri, 2. Mandas,:2, Busachi, à Orislagni, 5. Ales, 1. Lanusei, 1. Villaputzu, 2..Yuoru, 3. Dor-

gali, 3. Oliena, 8.

SAGSANT, sure rss vi Sassari, 19. Nulvi, 3. Sennori, 2. Porto de Torres, 0.8, Itirik Cannedu, 4, Osilo, 6. L'ile Asinara, Castelk-Sardo autrefois Castel-Aragonese , 2, AL

Otieri, 3,

TOPOGRAPHIS, TURIN, siluée au milieu d'une plaine dominée par une montagne men ialoraR‘o,enpitais de royaue raRi a,ca royau-

me, résidence ordinaire du roi et chef-lieu de l’'intendance générale de la province de ce nom. C'est une .es villes les plus régulièrement bâties de P'Europe , surtout dans la partie qu'on appelle le Nuovo Torino (Nouveau Turin). Les rues du Po, de la Dora Grossa ou du Mout- Cenisetlarue Neuve sont remarquables par leur ur, par leur largeur et par

a symélrie des maisons, qu’on prendrait

ur des édilices publics, tant elles sont ien bâties et or d’une manière régulière ; elles rappellent la magnifique rue de Rivoli de l'aris. Deux eaux ponts en pierre de taille sur le PO et sur la Dora méuent à la ville du côté de l’est et ducôté du nord ; ce dernier est remarquable par l'ouverture de l'arc dont il est formé et esi justement rangé parmi les plus beaux monumens modernesile ce genre. La place de San-Carlo est réputée la plus belle de Turin; celle du Castello (château) en est la plus vaste. La citadelle est la seule ns qu'on a conservée des importantes orlificalions qui faisaient de cette ville nue place d'armes.

Ses principaux bâtimens sont : le palais du roi, grand édifice, dont les appartemens sont décorés avec goût et avec richesse ; le palais des ducs de Savoie on castello Reale, où l’on admire une façade dans le gl du péristyle du Louvre; le palais du prince de Carignan, où l’on remarque surtout le grand escalier et le salon ; le {hedtre, où l’on joue l’opéra , ditaussi le grand théâtre, qui est un des plus beaux d'Italie; le édfiment de luniversilé, l'arsenal, la citadelle et les casernes ; on range ces dernières parmi les plus belles de l’Europe.

Malgré sa petiteétendue, Turinne compte pas moins de 110 églises on chapelles, dont quelques-unes se distinguent par leur architecture et par la richesse et le bon goût de leurs ornemens. Nous citerons d’abord : la cathedrr!. c' église de Saint-Jean-Baptiste,rewr: “able sur-

tout par la magnifique chagelic ; ‘ $tné-

ro, 7, Bonorva, 4. Villauova, 3.

empio , 7. érranova , 2, Paitada, 3. ire Maddalens “‘uglieri, 3. bosa,

Suaire, et l’église Saint-Laurent, presque tont en marbre et surmontée d'un beau dôme : ensuite celles de la Conso/ata des Feuillans, du Saint-Sacrement, de Sainte-Thérèse des Carmes déchausses, de Sainte-Christine des Carmeliles et de Saint-Philippe Neri.

On doit ajouter le temple de la gras madre di Dio, copie du Panthéon; il a été érigé en mémoire du retour du roi Victor Emmanuel.

Turin est le siège d’un archevéché et du sénat du Piémont ou du tribunal supréme, dont relèvent tous les tribunaux civils et criminels des intendances générales de Turin, de Coni , d'Alexandrie, de Novare el d'Aoste ; elle possède en outre un bel hôtel des monnaies , el tous les trois ans l’on y fait une exposition des objets d’inustrie commerciale et agricole. Sa papulation dépasse actuellement 114,000 habitans.

Sous le rapport des établissemens scientifiques el littéraires, Turin est au premier rang parmi les villes de l’italie ; nous nous bornerons à citer les suivans comme les plus considérables : l’universilé, une des principales et actuellement la plus fréquentée de lialic ; l'académie militaire, ou trente-trois professeurs el huit maîtres sont char-

és de l'instruction de la jeunesse qui se

estine à l’état militaire ; les collèges Caccia, del Carmine et de San-Francesco da Paola; l'institut des so17d#onuels; l'académie ropels dessciences, une des plus célèbres de l’Europe est diviséeen classe des sciences mathématiques et physiques, et classe des sciences morales, historiques ex phiolgiNues; la societé royale d'agriculture (Reale società agraria di Torino); l’académie royale des beaux-arts , restaurée en 1824 ; La s0ciélé royale et historique, créée par ic roi régnant ; l'académie philharmon:.

que , à laquelle en 1827 on a joint école de chant, avec trois maîtres; ia bibliothèque de l'université , une des plus riches de l’Italie ; le superbe rws8ce égyptien ; celui d’antiquités, avec un riche médailler et la fameuse /ab/e isiaque à laquelle les découvertes de

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M. Champollion ont Ôôté une grande partie de lantiquité qu'on lui arcordai ; le pistes le meute mindubeaue,

Y. FALL e min que ; Le laboratoires de chimie ; be jardin bolanique du Valentine, un des plus beaux de l'Italie ; l'édifice hydraulique (edifizio idraulico), établissement unique dans son genre, ou dans les mois de et de juin ua professeur célèbre donne un cours d’hydraulique aceom é d’expériences faites sur de es masses d’eau ; le jardin eæ uéal de la s0ciété royale d’ ulture , dirigé par M. Bon un des plus savans agronomes de l’italie, et auquel on a joint de riches collections d'histoire n'iturelle , une bibliothèque composé» d:: mciileurs ouvrages sur l’agriculture et ia botanique, ainsi qu’une collection d’instruinens aratoires, et plusieur: midtles de machines et d’instruncns agricoles ; le bel etablissem::1 ‘sndé par M. Burdin, dans la banlieue de Turin, pour la eulture et l’acclimatation des plantes exotiques.

Mais l'importance du nusée égyplien créé par le roi Charles-Felix, en achetant la superbe collection de M. Drovetti, exige quelques détails. Cette magnifique collec lion se cowpose de plus de 8,000 pièces.

M. Champollion la regarde comme la pretuière de l'Europe sous le rapport des monumens historiques qu’elle contient.

On y admire les trois siatues colossales d’'Osimandias , de Toutmosis 1, de Toutmosis ILet celle du grand Sésostris ou de Khamsès LV, regardée comme la plus belle siatue égyptienne que l’on connaisse ; mais surtout la collection des manuscrits égyptiens, qui est la plus nombreuse, la plus variée et la plus importante de toutes celles qui existent en Éurope. On y voit les fragmens d’une table chronologique des dynasties des roisd’Egypte,antérieurs à la XVIII”, etécrite, à ce qu'il paraît, au temps de la XIX' ; elle contenait la série entière des anciens rois avec l'indication de la durée du règne de chacun indiquée par années, mois étjours et plusieurs registres ©": r°ceveurs publics; cesderniers ont four ui ies moyens de connaître com plètement la théorie des différens chiffres employés dans la numération des anciens Egyptiens. On gl dire enfin que ce musée, superbe offre une collection d'actes originaux qui remontent aux temps recu lés des Pharaons Moeris, Amenophis ft,

Rhamsès 11, etc., ete., de la XVIII et de la XIX: dynastie ; on y trouve aussi des papyrus qui âppartiennent au temps de

us Istaspe avec l’indieation des différentes années du règne de ce monarque persan. Le roi Charles- Albert protecteur ardent et éclaire des sciences et des arts, vient de créer une superbe galerie de Laqui s'accroit tous les jours et ajoute un nouveau lustre à sa florissante résidence.

La capitale du Piémont possède plusieurs promenades remarquables par leur beauté; on doit surtout mentionner : le jardin du château , à la vérité petit, mais très bien dessiné par Le Nostre et très beau ; la promenade du Valeniin,où se trouve le jardin botanique ; elle offre plusieurs allées plantées d'arbres et bordées de petits canaux : c'est une des plus belles de Vitalie ; etla place du Rondo sur le Pû, qui tous les soirs est le rendez-vous du beau monde,

Pen de villes ont des alentours aussi délicieux que Turin. La chaine de hauteurs nommée la C'ollina est garuie de superbes maisons de phisance, et sur un rayon de plusieurs milles à la ronde ou trouve plusieurs petites. villes et plusieurs endroits aussi beaux qu'importans. On duil surtout citer les suivans, qui se trouvent dans un rayon d'environ 10 milles : le château royal de Srupinicr, une des plus belles maisons de plaisance de l'Europe. La Vansata-heace Où la VENERIE, jolie petite vie, importante parson éco/e vélérinaire, par celle d'équitation, par son laras et par une maison royale de campagne. LA Sv- PERGA , basilique magnifique, bâlie sur une hauteur, d'où l'on jouit d'une vue superbe; on y ensevelit les rois de Sardaigne. Aëutk, délicieuse maison royale de plaisance. Rivour, jolie petite ville, avec un châleau royal, Moxcautenr, su: le PÔ. fondée sur les ruines de la république de Teslona; elle a un château royal et on y tient de grands marchés. Cent, assez industrieuse et commercante, bâlie sur la pente d'une colline; elle a joué un grand rôle dans le :noyen âge parmi les républiques de Fitalie supérieure. CASSELLE, joli bourg, industrieux. La Visa Mavaur, jolie maison de plaisauce du roi, dont les jardins en lerrasses sout ornés de balustrades de marbre et de statues.

GèNEs (Genova), grande ville, forte, la plus industriense et la plus commerçante du royaume Sarde , jadis capitale de la célèbre république de Gênes, qui, avec celle de Venise , sa rivale, a été une des grandes puissances maritimes da moyen àge.Bâtieen amphithéâtre, surle penchant d'une montagne couverte de jolies maisons et de campagnes délicieuses, labeauté

de la position de Gènes n’est surpassée dédiée à Suint-Laurent, édifice gothique, que par celle de Naples , à laquelle elle où l’on conserve le fameux vase de la Cere ressemble sous plus d’'unrapport. Le sur- qu’on disait être d’'éméraude ; Saënt-Cyr', nom de superbe que l’usage lui accorde "enommée par ses ornemens et par le rôle ne convicnt, à proprement parler , qu'aux np cn re les révolutions politiques trois rues Balbi, Novissima et Nuova, de Gênes; l’Annonciation, qui se disqui n’en font à bien dire qu’une seule,et tingue par l’élégance de sa construction, qu’on pourrait regarder comme la plus par son étendue ct par ses riches orne- enseign belle rue du monde. C'est une double en- mens; Saërt-Ambroise, dont on loue la le droit filade d’édifices magnifiques , les unsen noble architecture ; et l’église de Cari- tiques

marbre, les autres incrustés de stuc imi- gran, surmontée d’une belle coupole et Ù

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chitecture et par leurs ornemens. Parmi ces penrase palais , dont plusieurs contiennent des collections superbes d’objets scientifiques et de beaux-arts, on remarque surtout le paluis Durazzo, réputé le plus beau etle plus vaste ; celui de Brignole,dit palazzo Rosso, parce que les murs en sont peints en rouge; le palais d'André Doria , qui est un des plus vastes et dont on admire le jardin

décoré d’une superbe colonnade en marbre de Carrare; les deux autres palais

Brignole et Doria , ainsi que ceux de

Serra, Balbi,Carrega, Rovere ; le pa-

lais du marquis Di Negro est remarquable surtout par sa position superbe et son jardin botanique. Parmi les bâtimens pulics se distinguent : le palais ducal on sé es du gouvernement, où résidaient es doges, remarquable par son étendue, ses ornemens intérieurs et le petit arsenal qi en est une dépendance ; le bâ/iment e l'université ; les trois hôpitaux, savoir, le grand hôpital, l'hôpital des incurables et l’hopilal nommé Albergo dei Poveri (l'hôtel des pauvres); ce dernier surtout s'annonce comme un château par sa magnifique façade et par sa belle avenue ; la banque de Sl-Georges, avec sa vaste salle ; la Loge ou Bourse, dont on admirela voûte très hardie ; et le magnifique £Aéâtre qu’on vient de bâtir et qu'on dit étre pour le moins égal à ceux de /a Scala à Milan et de Saint-Charles à Naples. On peut ajouter l’arsenal ou Darsena; la lanterne où phare ; et le pont de Carignan, qui réunit les deux ‘ collines Sarzana et Carignan, et audessous duquel on voit des maisons de six à sept étages. Toutes les églises de Gênes respirent la magnificence, quoique aucune ne soit comparable, pour les dimensions, aux plus grands temples de l’Italie. Les

plus remarquables sont : la cathédrale ,

ornée avec goût. Les principales places de Gênes sont : la place de ? Acqua Verde, la place de l'Annunziala , et celles de Charles-Felir (de St-Dominique; et de Sarzano, Les plus belles promenades sont : les nûles, qui s'avancent beaucoup dans la mer ; la promenade le long du quai jusqu'à St-Pierre d’Arena; celle d’Aequa Sola, qui est la plus fréquentée et la plus belle ; celle d’Acqua Verde, dont les allées sont fréquentées tous les soirs par le beau monde ; celle qui est autour des murailles du fort. Gènes n’est pas dépourvue d’établissémens scientifiques et liltéraires, comme paraissent le lui reprocher plusieurs géographes ; les plus importans sont : l’universilé, qui compte vingt-neuf professeurs sans les suppléans; l’école demarine, avec trois professeurs; celle de #avigation (nautica) ; Pénstitut des sourds-muets, quiest un des principaux de l'Italie ; l'académie des beaux-arts , à laquelle est jointe une école où cinq professeurs enseignent la peinture, la sculpture, Parchitecture, l’ornat et la gravure ; les quatre biblio/hèques publiques : celle de l’université est la plus considérable. Gènes possède un arsenal avec de vastes chantiers de construction pour la marine royale, el est le siège d’un archevèché, d’un conseil d’amirauté et du sénat judiciaire ou du tribunal d'appel pour toutes les intendances comprises dans l’arrondissement de l’intendance générale à laquelle elle donne son nom. Une partie de son enceinte est regardée comme port franre etoffre un mouvement commercial prodigieux. Depuis quelques années on peut même regarder cette ville comme la première place commercante de Pitalie et une des principales de l’Europe. La population de Gènes , que le recensement de 1822 ne portait qu’à 76,879 âmes, monte actuellement au-dessus de 80,000.

Les autres villes les plus remarquables

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dans les ETATS DE TERRE FERME s0nt les suivantes ; mais avant de les signaler à Vattention du lecteur, nous ferons observer ,afin d’éviter les répétitions, que dans chaque chef-lieu de province il y a un co/lg royal , où selon l’importance de la ville huit ou douze professeurs et maitres enseignent la théologie, le droit canonique le droit civil, la chirurgie, les mathématiques , la chimie, la géographie, la rhé.

torique , les humanités et les classes 4°, 5° et 6° ; dans tous les autres endroits, à très peu d’exceptions près, il y a un simple collége avec deux ou trois professeurs et trois à quatre maitres.

Daus la division de Turin on trouve :

BieLLA ét Pixenozo, pelites villes épiscopales, importantes par leur industrie, Susa , très petite ville épiscopale, remarquable par son arc de l'iomphe d’auguste el plus encore par le voisinage de la magnifique r'oute du Mont-Cenis. Ce chemin superbe s'étend entre Suse et Lanslebourg sur la croupe de celle montagne, depuis le pont de Lanslebourg, en Savoie, jusqu'au point culminant de toute la route près de la Ramasse; il a fallu s'élever de 692 mètres sur une longueur horizontale et directe de 2,855 mètres : six rampes en lacet ont réduit cette chute abrupte à une pente douce que les voitures de toute grandeur peuvent monter el descendre facilement en parcourant 10,212 mètres. ExiLLEs el FENESTRELLE,, très pelites villes, importantes par leurs fortifications.

Dans la division de Cuneo on trouve: Cu- NEO, ville épiscopale, assez commerçante ; ses forlifications, qui ont été démolies, lui ont valu une grande célébrité dans les gucrres d'Italie; elle possède une société philharmonique qui s’occupe aussi de littérature, Monnovi, ville épiscopale, importante par sès fabriques de draps, de toile de coton et de papier. SaviGL1ANO, par ses fabriques de draps et de toile, et par ses soies. Fossano, ville épiscopale, remarquable par ses bains, par ses fabriques de soie et par son académie royale de belles-lellres. Vinavio, pelite ville, importante par les bains de son voisinage el par la mine de plomb argentifère qu’on y exploite depuis quelque temps.

Launsla division d’Alexandrie on trouve: ALEXANDRIE, jolie ville sur le Tanaro, que les formidables fortitications élevées pendant la domination des Français avaient rendue une des plus fortes places de l'Europe ; on les a démolies, eton n'en a conservé que la citadelle, L’Adtel-deville, la cathédrale, les églises de Saint- Laurent, de Saint-Alexandre , les casernes el le thédtre sont ses édifices les plus remarquables ; la bibliothèque publique, qui s'est beaucoup accrue dans ces dernières années, et l'académie des sciences et arts des Immobili (des Immobiles), une des plus célèbres de l'Italie et divisée en deux classes, celle des sciences et celle de la littérature et desarts, sont ses établissemens littérairesles plus importans. Alexandrie est le siège

d'un évêché et fait un assez grand commerce ; ses deux foires sont très fréquentées. À quelques milles de distance on trouve: Marengo, petit bourg, célèbre dans les fastes militaires de nos jours. Asri, ville épiscopale , assez industrieuse et commerçante , autrefois capitale du duché de son nom ; ses évêques ont possédé dans le xn° siècle une grande partie du Piémont méridional, Asti a été aussi renommée dans le moyen âge par son industrie et son commerce , et le célèbre #/fleri. le plus grand poète tragique de l'Italie, lui a donné un nouveau lustre de nosjours. Acqui, petite ville épiscopale , remarquable par sa grande antiquité, par un reste d’agueduc romain et par ses bains sulfureux assez fréquentés, CAsaLE, ville épiscopale; plusieurs édifices assez beaux et quelques belles églises attestent l’ancienne importance de cette antique capitale du Montferrat.

Dans la division de Novara on trouve :

Novara , ville épiscopale, assez jolie et induslrieuse; la place d’armes, la basilique de Saint-Gaudens et le palais Bellini sont ses édifices les plus remarquables. Venceir (Vercelli), ville archiépiscopale , jadis riche et florissante, avec quelques beaux édifices et une bibliothèque publique ; elle a été la résidence d’Amédée IX et de Charles I, Vicevano, ville épiscopale , importante par ses manufactures de soie, ses fabriques de savon et autres articles. AnonA, par son cummerce, son port et ses chantiers sur le lac Majeur; on doit citer la statue colossale de saint Chardes Borromée, une des plus grandes qui existent; el la magnifique route du Simplon , dont la construction a coûté 9 inillions de fr. : elle commence à quelques milles de cette ville.

Dans la division d’Aosta on trouve : Aos- TA, petite ville épiscopale, remarquable par les imposantes antiquités qu’on y observe, entre autres un arc de tr'iomphe et les restés d'un am- Phithéätre. GressAn, petit bourg important par ses riches mines de fer.

Dans la division de Nice on trouve : Nizza ou Nice, bâtie à l'embouchure du Paglion dans une situation délicieuse, au pied d’un amphithéàtre de collines couvertes de bastides ou maisons de campagne peintes de différentes couleurs, et entremèlées de jardins.et de bosquets d’orangers et de limoniers. Nice est la résidence d’un évèque et d’un sénat judiciaire ou d’un tribunal d'appel; elle a un théâtre , quelques édifices assez beaux, des bains publics , et un bon port qui favorise son commerce assez étendu, La douceur du climat et la beauté de la situation y attirent tous les ansun grand nombre d'étrangers qui y vont passer l’hiver. Tout près se trouve Villefranche (Villafranca), petite ville importante par son port où stationnent les galères du roi, et par sa belle rade; elle possède une école de navigation. Venriui- GLtA (Ventimille), petite ville, importante par les fortifications qu'on vient d'y construire. SAn- Remo, petite ville, importante par son commerce que favorise un petit port.

Dans la division de Génes (Genova), on trouve : SAvonA, ville épiscopale, importante par ses fabriques de draps , son commerce et son petit port. Vourri, par son industrie, et surtout par ba

fabrique de draps. de MM. Alberti, qui.est la plus grande de tout l’ancien territoire de la ci-devant république de Gènes. BonzonascA, gros village, important par ses fabriques de draps et par celles de ses environs. CocouerTro, petit village, qui revendique l'honneur d’avoir vu naître Colomb ; on ral mème y indiquer sa maison, que M. Valery dit être une espèce de cabane sur le bord de la mer, occupée par un garde-côte ; mais le testament de ce grand navigateur, où il dit être né à Gènes, ne peut plus laisser aucun doute raisonnable sur son lieu natal. Cniavart, petite ville, importante par son commerce, son petit port, et par sa société économique qui compte près de huit lustres d'existence. SPezia, remarquable par la beauté de sa situation à l'extrémité d’ua golfe qui y forme un des plus beaux ports de l'Europe, et par les grands travaux projetés , et commencés par les Français, pour en faire ua grand chantier de construction et une place de guerre, Novi, importante par son commerce, et mémorable dans les fastes militaires de nos jours. Bossio , petite ville épiscopale, remarquable par la bibliothèque de son célèbre couvent, fondé au commencement du vu siècle par St- Columban, laquelle était une desplus renommées dans le moyen âge, et à laquelle appartiennent presque tous les palimpsestes illustrés jusqu’à présent par MM. Maj, Peyron, Niebuhr et autres savans célèbres.

| Dans la division de Savoie on trouve :

Cuauséry, vibe archiépiscopale, siège du tribunal suprême ct chef-lieu de l’intendance générale de ce nom La place de Lans, le chäteau, la caserne qui peut loger près de 4000 soldats, la belle promenade de Vernar et le portail de la Sainte-Chapellesont ce qu’elle offre de plus im-rortant à voir, On doit ajouter l’Hôte/-Dieu, le nouveau, {hédlre, et la belle rue à portiques construite entièrement aux frais du général Baignes, qui a consacré une partie considérable de son immense fortune à des institutions utiles et à des embellissemens de cette ville qui l’a vu naître. La société royale académique de Savoie , qui s'occupe d'agriculture, d'industrie et du commerce, et qui publie des mémoires intéressans ; le musée et la bibliothèque publique qui s'est beaucoup accrue dans ces dernières années, sont ses principaux établissemens littéraires.

A quelques milles de Chambé:y on trouve :

Aix, petite ville de 2000 âmes , près du lac Bourget, dans une vallée délicieuse, remarquable par ses bains et par plusieurs restes d'édifices élevés par les Romains qui les fréquentaient, tels qu’un arc dit de Pomponius , lesruines d’un femple et d'un vaporarium. Les rois de Sardaigne y ont fait construire un bâtiment vaste etcommode dont la façade est d’un bon style. Haute-Combe, petit endroit remarquable par la magnifique abbaye de cenom fondée par Amédée IIL en 1125, et où ontété enterrés plusieurs princes .de la maison de Savoie; l'église etles tombeaux, presque entièrement ruinés à l'epoque de la révolution, ont étérestaurés par leroirégnant.LesEchelles, petit endroit remarquable par le passage dit des Echelles oude la Grotte, sur la route de France

en Savoie. Autrefois on franchissait la montagne par un chemin qu'Emmanuel II avait fait creuser dans le roc; on l'a abandonné, et de grandstravaux ont été entrepris pour ouvrir un chemin plus commode dans une autre partie de la montagne , que l'on a percée sur une étendue de 300 mètres et à la hauteur de 26 pieds, Ce bel ouvrage, commencé par les Français, a été achevé par les soins du gouvernement actuel. Annecy, petite ville épiscopale, importante par ses nombreuses fabriques, par sa filature de coton, ses toiles imprimées, sa grande verrerie, ainsi que par les mines de fer qu’on exploite dans son voisinage. Movuriers, par son école de minéralogie. Cox- FLANS, par sa fonderie royale, à laquelle on apporte le plomb et l'argent tirés des mines de Pesay et de Macot situées dans son voisinage.

LesseiLLon, place forte, construite récemment pour défendre la frontière du côté de la France. Cuauouny, petit village dans la haute vallée de ce nom, remarquable par sa situation romantique au pied du Mont-Blanc, point culminant de loute l’Europe.

L'ILE DE SARDAIGNE, si importante par son étendue, par sa fertilité, par sa riche végétation, par ses mines, par sa pêche de corail et par celle du thonet autres poissons, n'offre aucune ville vraiment remarquable sans en exclure même sa capitale. Voici celles qui méritent le plus d’être mentionnées :

CAGLtaRI, Capitale du royaume de Sardaigne, ville archiépiscopale, foruifiée et la plus commerçante de l’ile avec un beau port et de riches salines. Le palais où réside le vice-roi et la cathédrale sont les édifices les plusremarquables. Cagliari possède une université, une société royale d'agriculture, un musée d'histoire naturelle et d’antiquités fondé re actuel Three Dam er de

ardaigne, etune biblio que assez ee. Cette ville à on hôtel des monnaies et est le siège du sénat judiciaire ou cour suprême de justice de toute l'ile, et le lieu où s’assemble le parlement.

Sassani, ville archiépiscopale, siège d’un tribunal sos pour les intendances de son arrondissement; c’est la seconde de l’île sous tous les rapports ; elle a une université, un collège, une bibliothèque publique et d’autres établissemens littéraires; lacathéarale avecun beau portail, le Palais du gouvernement , l’hôtel-de-ville, et le palais du duc d'Asinara, sont ses édifices les plus remarquables.

Les autres villes principales de l’lle sont :

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‘ALGHERO, avec un petit port et siège d’un évéché, et Castez-Sanno, toutes deux importantes par leurs fortifications ; dans leurs parages ainsi que dans ceux de Bosa, petite ville épiscopale avec un port, on fait la riche pèche du corail. On doit encore nommer Oziert, siège de l'évèque de Bisarcio , et Teupio où réside celui d'AmMPURIAS, à cause de leur population, On doit mentionner ensuite Ponto Pazmas et Porto ConTe, à cause de leurs beaux ports, et OnisTAGN!, siège d’un archevèché, avec un port.

L'ile de Sardaigne offre plusieurs monumens qui rappellent la domination successive des Pélasges , des Phéniciens, des Etrusques, des Carthaginois, des Grecs et des Romains. Parmi ces constructions antiques le géographe doit surtout signaler les Nurages ou Nuraghes, qui ont tant exercé de nos jours la sagacité de MM. Peyron, De la Marmara, Mimaut, Manno et Petit-Radel; ce dernier savant attribue aux Pélasges ces constructions qu'il appelle cyclopéennes ou pélasgiques, et fait remonter leur construction au xv* siècle avant Jésus-Christ. Ces monumens ex-

traordinaires, qu'on a déjà découverts au nombre d'environ 600, ont près de 50 pieds de haut et 90 pieds de diamètre; le sommet, lorsqu'il est conservé, se termine en cône surbaissé; les blocs dontils se composent ont un mètre cube environ ; les architraves plates qui surmontent les portes et lucarnes en ont deux de longueur sur un de hauteur ; les paroïs sont sans ciment tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, Un mur de dix pieds de haut et du mème style de construction que l'édifice même, entoure comme un rempart le terre-plain qui porte le nuraghe ; ce mur a quelquefois 120 mètres de circuit. Quelques nuraghes sont flanqués de cônes, au nombre de trois à sept qui se groupent autour du cône principal ; ce sont des espèces de casemates. Enfin le mur d'enceinte est surmonté d'un parapet de trois pieds de hauteur. Une rampe en spirale est pratiquée dans l’épaisseur totale, et sert de communication entre les trois chambres qui forment les trais étages de chaque nuraghe; la voûte de chaque chambre est en ogive ovoïde.

Duché de Parme.

conwrixs. Au 074, le PO, qui le sépare du royaume Lombard-Vénitien. A l’est , le duché de Modène. Au sud, quelques territoires dépendant de ce même duché, la Lunigiane Toscane et le royaume Sarde, A l’ouest, ce même royaume.

Pays. L'ancien duché de Parme, savoir : les duchés de Parme, de Plaisance et de Guastalla, moins quelques fractions de territoire situées à la gauche du Pô et cédées à l’empire d'Autriche. Le petit duché de Guastulla est séparé de la masse principale de cet état et forme une enclave du royaume Lombard-Vénitien et du duché de Modène.

rLEuves, Le PO, qui vient des royaumes Sarde et Lombard-Vénitien, baigne Plaisance et reçoit dans les confins de cet état: le Tidone ,la Trebbia, la Nura, le Taro, qui baigne Borgo di Taro et San-Secondo ; la Parma, qui baigne Parme et Colorno; et la Lenz a.

TOPOGRAPHIE, PARME, sur la Parma, assez jolie ville, avec des rues larges et bien alignées et environ 30,000 habitans, capitale du duché de Parme proprement dit et de tout l’état, siège d’un tribunal suprême et d’un évéché, Ses principaux édifices sont : le palais ducal, assemblage de grandes masses de bâtimens, sans régularité, mais dont quelques-uns sont richement meublés et avec beaucoup de goût; le béfiment de lunipersilé, édifice remarquable par son étendue, où se trouvent réunis tous les

établissemens de ce bel institut, à l’exception du jardin botanique, établi dans un autre quartier ; le {hedtre Farnèse, qui est le plus vaste de l’Europe , et qui est un des chefs-d’œuvre de larchitecte Aleotti dit lArgenta ; on ne s’en sert jamais à cause de son étendue disproportionnée à la population de la ville et pour éviter les grands frais qu’exige son éclairage. Parmeaun grand nombre d’églises, dont le principal mérite consiste dans leurs ornemens intérieurs et surtout dans les fresques et les tableaux des plus grands peintres de l’Italie. Les suivantes passent pour être les plus remarquables : la cathédrale, dont la coupole représente l’assomption de la Vierge au milieu des anges et des saints; quoique un peu dégradée, cette freriue est réputée le plus bel ouvrage du Corrège ; in Madonne de la Steccata , qui passe pour être la plus belle église de Parme ; 5{.-Jean-Evangéliste, Saint-Joseph, et Saint-Roch ; Viennent ensuite celles de Tous des Saints, de Saint-Paul et du Saint-Sépuicre , qui toutes offrent des fresques et des tableaux du Corrège , du Parmesan, de Lanfranc, de Raphaël, d’Annibal-Carrache. Il faut oussi ajouter l’église de l’'Annonciade , à cause de sa forme assez singulière; elle se compose de dix chapelles en ovale, qui sont dirigées dans le même centre; on y admire une Annonciation du Corrège. On ne doit pas oublier le magnifique bap-

tustève de la cathédrale ; les sculptures qui ornent le dessus de la pire opposée. à celle de la place, reprèsentent le soleil.el la lune chacun sur leur char, tels qu'ils sont figurés sur les tempis connus de Mithra. Ces figures émlématiques , ‘échappées aux savantes récherches d’Agincourt et de Millin, ont. été illustrées par le célèbre M. de Hammer, qui, avec son érudition ordinaire, a démontré qu’elles ne sont pas comme ‘quelques-uns le prétendent , un caprice de l’architecte, mais qu’elles sont toutes des symboles du baptême, qu’on pratiquait aussi dans les mystères. de Mithra. Voyez à la page 299.

Parme a plusieurs établissemens littéraires à la tête desquels on doit placer l’université, l'école des arts, le collège des nobles , et la bibliothèque ducale ; on remarque dans cette dernière la collection de livres hébreux et rabbiniques, manuscritset imprimés, formée par le saivant 'orientaliste Bernardo de Rossi, et regardée comme la plus riche en ce genre que l’on connaisse. L’archiduchesse Marie- Louise vient d'y joindre la collection d'estampes qu’elle acheta aux héritiers Ostalli, une des ques célèbres de l’Europe ; elle servit à l'abbé Zani pour la rédaction de son grand ouvrage sur les anciennes estampes. C’est aussi dans cette ville que se trouvent un des plus beaux établissemens typographiques de: l’Eu- ,; l'imprimerie du célèbre Bodoni, inorten 1813, d’où sont sortis tant dechefsd'œuvre dans cet art admirable, et un des principaux cabinets litléraires de l'1talie, Dans le beau et vaste jardin publie se trouve le palais dit del Giardino (du jardin), maison de plaisance: ducale remarquable par son architecture et par ses ornemens. Près de Parme, sur l’ancienne Via Emilia, on voit le magnifique pont que Marie-Louise a fait construire sur le ‘Faro. Beaucoup plus loin, vers le nord , on trouve Colorno sur la Parma, petite ville d'environ 1600 âmes, remarquable

cowr1ws. Au n0rd, le royaume Lombard- Vénitien. A l’es£, l'Etat du Pape. Au sud, te dernier état, le grand-duché de Toscane et le duché de Lucques. A l’ouest, la Lunigiane Toscane et le duché de Parme.

Duché de Modene.

par le beau château ducal, où la cour passait l’été. :

PLAISANCE (Piacenza), près de la rive droite du, P6, chef-lieu du duché de son nom, assez grande ville épiscopale, bien bâtie, mais peu peuplée, n’ayant qu'environ 28,000 habitans. Le Stradone ou Corso ; est sa plus belle rue et une des plus belles de lftalie. On y remarque aussi le palais ducal d’une grandeur considérable, la cathédrale, l’église de Saint-Augustin , et plusieurs grandes maisons de particuliers qui ont l’apparence de palais. La bibliothèque publique, le lycée et le séminaire, sont ses principaux élablissemens littéraires. La citadelle de cetle. ville est occupée par des troupes autrichiennes. Dans ses environs immédiats on passe la Trebbia sur ‘un pont magnifique construit à grands frais par Marie-Louise.

Les autres lieux les plus remarquables sont : Bonco-San-Donxixo, petiteville épiscopale , d'envirou 6000 habitans. GuastasLa , petite ville épiscopale, forliliée, dont on porte à 6000 âmes la population ; et FionenzroLa, encore plus pelite, mais renommée depuis que dans ses environs on a découvert les ruines de l'ancienne el {eïa, qui parait avoir été detruite subitement, par l'éruption d'un volcan , ou par l’éboulement de deux montagnes, quelques anuées aprés la mort de Constantin-le-Grand. Les rochers qui en couvrent les ruines à plus de vingt pieds rendent les fouilles très difficiles. On a reconnu que cette ville était située surle penchant de la colline; que ses maisons formaicnt différens étages: que quelquesunes étaient pavées en marbre et d'autres en mosaïques. On y a découvert une place publique très ornée avec un canal tout autour pour l’écoulement des eaux , de beaux sièges en marbre soutenus par des lions, et au milieu un autel consacré à l'empereur Auguste. C'est au milieu de ces ruines qu'on a trouvé la fameuse {able trajane, un des monumens les plus importans de l’ancienne, Rome qui soient parvenus jusqu'à nous ; il a été commenté par Muratori et De Lama, ctila servi dernièrement au savant abbé Furlancetto, de Padoue, pour déterminer le taux de l’intérèt légal del'argentchez les Romains. Parmi ces ruines on a aussi déterré un grand nombre d'ossemens, de monnaies, de bustes en marbre, de vases de bronze incrustés en argent et autres objets précieux,

Pays. Ce petit état se compose du duché de Modène, proprement dit, et deceux de Arggio et de Mirandola ; ensuite des principautes de Correggio, de Carpiet de Novellara et d’une partie de la seigneurie de Garfagnana. Par

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la mort de la duchesse Marie-Béatrix, le duché de Massa-et-Carrare vient d’ètre réuni à cet état.

rzLEuves. Malgré le peu d’étendue de cet état, ses fleuves appartiennent à deux mers différentes.

LA MER ADRIATIQUE reçoit :

Le PO, qui ne fait que toucher son territoire, en venant du duché de Parme et du royaume Lombard-Vénitien ; mais il y reçoit plusieurs affluens à la gauche , dont les principaux sont : le Crostolo, qui passe non loin de Reggio; la Secchia;, quibaigne Sassuolo;etlePanaro, qui baigne Finale.

La MER MEDITERRANÉE reçoit :

Le Sencaio, qui naît dans la partie méridionale du duché, passe par Castelnuovo di Carfagnanä, entre dans le duché de Lucques, et aboutit à là Méditerranée sur le territoire toscan.

ToroaRaAPrKIE. MODÈNE, jolie ville, capitale du duché, et siège d’un évêque.

Elle est située entre la Secchia et le Panaro, mais plus près de la première que du dernier, Ses rues, comme celles de beaucoup d’autres villes de l’Italie, ont des portiques. La Sfrada Maestra (la Grande-Rue) qui traverse toute la ville, est superbe et décorée de beaux édifices.

Les principaux bâtimens sont : le palais ducal , d’üne architecture élégante et majestueuse ; il est richement meublé; on y admirait sous le règne du duc Rinald la magnifique galerie Estense, dont la meilleure partie fut vendue par ce prince, il y a un siècle, à l’électeur de Saxe , et forme depais lors un des plus beaux ornemens de Dresde; on n’y voit aujourd’hui que des tableaux du second ordre, provenant de la collection du dernier duc.

Viennent ensuite : la cathédrale , qui n’est remarquable que par sa tour appelée Guirlandina, une des plus élevées de l'Italie, et où l’on conserve le vieux seau de bois qui a fait le sujet du fameux poème héroi-comique la Secchia Rapita; les églises de S/.-Georges et de S.-Vincent et les casernes.

Quoiqu’on ne porte qu'à 27,000 âmes la population de Modène, cette ville se distingue avantageusement sous le rapport littéraire ; parmi ses nombreux établissemens nous nommerons : l’université, le collège des nobles, avec vingt-huit professeurs et maîtres et renommé dans toute l'Italie ; l'académie mililaire des nobles, avec quatorze professeurs et mai-

tres ; l'académie ou école royale des beaux-arts ; l'académie royale des sciences , lettres et arts de Modene ; l'académie royale des philliarmoniques de Modène ; la société Italienne des sciences, qui depuis long-temps publie des mémoires très importans ; la btbliothèque publique. La citadelle a été changée en maison de travaux forcés ; on y a établi des manufactures de drap grossier, de toileries et de cordes.

Les autres villes les plus importantes du duché sont :

REccio , près du Crostolo , ville épiscopale d’environ 18,000 habitans. Le palais ducal, la cathédrale, la chapelle de la Mort, lethéâtre, la bibliothèque publique et le musée d'histoire naturelle, qui a appartenu au célèbre Spallanzani , sont les objets les plus importans qu'offre cette ville, où Fon tient une foire très fréquentée. On doit aussi mentionner la #maison des fous, qui par les soins du docteur Galloni . devenue l'émule de celle d’Aversa près de Naples. À

Massa, pelite ville épiscopale , d'environ 7000 âmes, remarquable parce qu'elle a été la capitale du duché de son nom, possédé par Marie-Béatrix , dont la résidence ordinaire était cependant à Vienne, CARRARE, encore plus petite, mais plus importante par le beau marbre statuaire qu’on tire des carrières de ses environs, et dont le travail occupe la plupart de ses habitans qu'on estime à 4500. 11 part chaque année environ cent navires chargés de marbre , tant brut que travaillé, portant chacun mille quintaux. La grande difficulté du choix , ainsi que celle du transport ; fait que plusieurs sculpteurs viennent séjourner dans cette ville pour y ébaucher leurs ouvrages. Viennent ensuite :

MiranDoLA, importante par son industrie et ses fortifications; pop. environ 6000 âmes. Fi- NALE , par son commerce; pop. 6000 Ames.

Carpt, siège d'un évèché avec environ 5000 âmes. SassuoLo, remarquable par la belle maison de plaisance où le duc passe l'été. Casreznuovo, avec environ 3000 habitans, chef-lieu de la Garfagnana dépendante de cet état. On peut nommer encore RuBiErA , NOVELLARA , CANOSSA et CORREG= G10; cette dernière est la patrie du grand peintre Allegri ditcommunémentCorreggio, parce qu'il est né dans cette petite ville. Canossa, est un petit lieu non loin de l’Enza, avec environ 250 habitans qui demeurent près des restes de la for:teresse construite sur une montagne, C'est dans cette enceinte, depuis long-temps délabrée, que se réfugièrent jadis la reine d'Italie Adélaïde, la célèbre comtesse Matilde, le fameux pape Grégoire VII et autres personnages renommés du moyen âge, auquel ce point de l'Italie est redevable de sa grande importance historique,

Duché de

coxrixs. Au 2074, le duché de Modène et le grand-duché de Toscane. 4 l’est et au sud, le grand-duché de Toscane. À l’ouest la Méditerranée, l’enclave toscane de Pietra Santa et le duché de Modène.

Pays, Ce duché comprend le territoire de la ci-devant république de Lucques.

Par un article du congrès de Vienne, à la mort de la duchesse de Parme, le duc de Lucques régnera sur ce dernier duché et cet état sera réuni au grand-duché de Toscane.

risuvss. Le Serchio, qui vient du duché de Modène, traverse tout le duché en passant par Lucques ; c’est le seul fleuve remarquable de cet état sur le territoire duquel il reçoit la Lim a.

TOPOGRAPHIS. LUCQUES (Lucca), ville archiépiscopale, située sur le Serchio , au milieu d’une campagne cultivée comme un jardin, capitale du duché et résidence ordinaire du duc. Le nouveau palais ducal, le magnifique agueduc, qui sera bientôt achevé, la cathédrale , commencée dans le xni° siècle, toute bâtie en marbre , gens restes du /héâtre et de l’amphithéâtre romains, et les deux basiliques de St-Michel et de St-Fridien, dont la construction remonte, selon M. San-Quintino, au vrr° ou vin‘ siècle, sont les objets les plus remarquables sous le rapport de l'architecture. L'université nouvellementétablie sous le titre de /ycée, avec trois facultés ets vingt-deux professeurs; le jardin botanique; les cabinets de physique, de chimie et de physiologie ; l'école de dessin et de peinture; le collège dirigé par M. le marquis Mazzarosa;le pensionnat des demoïiselies,

Principauté

cowr:xs. Ce petit état est une enclave du royaume Sarde, étant situé entre l’intendance générale de Gènes et celle deNice.

Pays. La principauté de Monaco , avant la révolution, était sous la protectiôn de la France, dont le roi avaitle droit d'y mettre garnison; par le congrès de Vienne, ce droit a été transféré au roi de Sardaigne.

Lucques.

une des meilleuresinstitutions de ce genre qu’on connaisse ; la bibliothèque publi-

ueetl’academia hicchese di scienze, ettere ed arti, qui publie régulièrement ses mémoires, sont les principaux établissemens littéraires de cette ville. Les archives de Lucques, conservées par une sorte de miracle sans jamais avoir été ni brûlées ni pillées, remontent, selon M. San-Quintino, jusqu’au ve ou vr° siècle de notre ère, Elles se distinguent surtout par un grand nombre de contrats originaux du vin*etmème du vrre siècle. Muratori, et de nos jours Bertini et Barsocchini ont fait connaître au public leurs documens les plusremarquables. La population de Lucques est estimée à 22,000 habitans. Ses fortifications ont été converties en belles promenades.

Les environs de Lucques, si remarquables par leurs beautés champêtres et par l’état florissant de l’agriculture, sont semés de villas qui, sans avoir la magnificence de celles qui forment un des traits caractéristiques de Rome, sont regardées comme les plus belles de l'Italie. ,

Les autres lieux les plus remarquables du duché sont : ViarecGi10, pelite ville florissante par son commerce de cabotage, favorisé par son petit port ; sa population s'élève presque à 5000 àmes. Nous remarquerons que l’air qu’on respirele long du littoral lucquois, jadis si délétère, devient tous les jours meilleur, depuis que l’on est parvenu au moyen des cateratte à empêcher le mélange des eaux douces avec les eaux salées. Viennent ensuite : CAMAIORE, sur le bord de la mer. Bonco-A-Mozzano, sur le Serchio; et CORSENA sur la Lima. C’est sur le territoire de ce dernier lieu , que sont situés les fameux bains de Lucques, très bien entretenus et fréquentés tous les ans par un nombre considérable d'étrangers et d'indigènes.

de Monaco.

roroGRarmis, MONACO, petite ville bàtie sur un rocher, avec un petit port et environ 1000 habitans , est la capitale de cet état, dont le prince réside ordinairement à Paris. MENTOXE, autre petite ville d'environ 3000 habitans, avec un port, est le lieu le plus important de toute la principauté.

République de Saint-Marin.

cowrzxs et Pays. Cette petite république est située entre Cesena, Rimini et Urbin.

C’est une enclave de l’Etat du Pape, sous la protection duquel elle se trouve. Elie

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ue consiste que dans la ville de San-Marino et dans les. quatre villages qui l’environnent.

C’est un des états les plusanciens del’Europe, qui doit surtout sa conservation à son peu d’étendue.

TOPOGRAPHIE. SAN-MARINO, bâtie sur la montagne de ce nom, très petite ville à laquelle, suivant l’opinion de M. Orioli,

nous n’accorderons que 500 habitans.

C’est ici que depuis quelques années se trouve le magnifique mcédailler fondé par M. Barthélemi Borghesi, un des plus grands archéologues vivans. Borgo, situé au pied de la montagne, sert de résidence aux principaux habitans de cette petite république.

Grand-duché de Toscane.

cowrixs. Au n0rd, les duchés de Lucques et de Modène et la partie septentrionale de l’Etat du Pape ou les provinces de Bologne, Ravenne et Forli. À l’est, l'Etat du Pape. Au sud, la mer Méditerranée. À l’ouest , cette mer et le daché de Lucques.

La dd de la Lunigiane dépendante de la Toscane, ainsi qu’une partie de la Garfagnane sont de petites fractions de territoire qui confinent avec les duchés de Parme, de Lucques et de Modène et avec les possessions du roi de Sardaigne.

PAYs. Tout le ci-devant grand-duché de Toscane. Ensuite par le traité de Vienne : l’Efat des Présides et la petite partie de l’île d’Elbe, qui dépendaient autrefois du roi de Naples; la princtpauté de Piombino avec ses dépendances, cédée depuis quelques années moyennant une redevance annuelle par le prince Ludovisi Buoncompagni, qui, par le traité de Vienne, la possédait sous la suzeraineté du grand-duc ; les anciens fiefs împériaux de Vernio, Montauto et Monte Santa-Maria, renfermés dans le territoire toscan.

rLeuvEs. En ne tenant pas compte de Pextrémité supérieure du cours du Reno, du Santerno , du Senio, du Lamone et d’autres courans qui appartiennent à l’Adriatique et qui ont leurs sources dans le territoire toscan , tous les fleuves de cet état se rendent dans la Méditerranée.

Voici les principaux :

LA MacrA , qui traverse la Lunigiane , passe par Pontremoli et entre dans le royaume Sarde où elle se jette dans la mer Méditerranée.

Le SercHio , qui vient du duché de Lucques, et ne fait que traverser l'extrémité du territoire

Pisan proprement dit, où il entre dans la Méditerranée.

L'Anno qui est le fleuve principal de cet état dont il traverse les provinces d'Arezzo, de Florence et de Pise, en passant par Florence, Empoli et Pise, Ses principaux affluens à la droite sont : le Sieve qui passe par Dicomano, et lOmbrone, par Pistoja et Poggio à Cajano; ceux à la gauche sont: l'&lsa ctl'Era.L'Arno communique avec le Tibre par un canal en partie naturel et en partie artificiel, dont la base est la Chiana qui sort du lac de Monte Pulciano d'un côté pour se rendre dans l’Arno, et de l’autre du lac de Chiusi, pour se décharger dans la Paglia, affluent du Tibre; mais on doit faire observer que ces deux lacs n’en forment réellemen£ qu'un seul sous Ja dénomination de Monte Pulciano et de Chiusi. C’est dans la province de Pise que l’Arno entre dans la mer.

L'OupRonE, qui traverse les provinces de Siène et de Grossetto, et qui a son embouchure dans la mer au milieu de la Maremma Senese. Le grandduc régnant vient de faire creuser un canal qui porte une partie de ses eaux dans le lac ou pour mieux dire dans la lagune de Castiglione. Ce beau travail hydraulique a pour but d’assainir la Maremma Senese ct de rendre à la culture de vastes terrains, qui jusqu'à présent ont été le tombeau de presque tous ceux qui ont osé y séjourner pendant l'été.

Le Tisre, qui après avoir pris sa source dans cet état et en avoir traversé l'extrémité orientale, entre dans l'Etat du Pape, oùilreçoitlaChiana qui a déjà traversé la p ovince d’Arrezzo et passe près de Chiusi. Le Tibre baigne sur le territoire toscan San-Stefano et Borgo-San-Sepolcro.

Division. Cet Etat est divisé en cinq compartimenti (divisions) de Florence, de Pise, de Siène , d’Arezzo et de Grosselto, subdivisés en plusieurs £erritori comunilativi. Le tableau ci-dessous offre les cinq divisions ou provinces et leurs lieux les plus remarquables.

PROVINCES. Cuers-LiEux, VILLES ET LIEUX REMARQUABLES,

COMPARTIMENTO DI FIRENZE . . FLORENCE (Firenze); Signa; Prato; Pistoja; Pescia; Colle; Volterra; Empoli; San-Miniato; Scarperia; Modigliana.

COMPARTIMENTO D'AREZZO . .. Arezzo; Anghiari; Castiglion-Fiorentino; Cortona; Borgo- San-Sepolcro; Monte Pulciano; Chiusi. , ,

COMPARTIMENTO DI SIENA. . . . Siène (Siena); Colle; San-Geminiano; Montalcino; Poggibonsi;

Radicofani.

COMPARTIMENTO Di GROssETTO. Grossetto; Massa; Piligliano; Orbitello. L'ile Giglio.

COMPARTIMENTO DI PS4 . . .

trouvent

Pise (Pisa) pérenne (Livorno); Piombino. Les enclaves où se

anta, Saravezza, Barga, Fivizzano, Ba-

ne, Pontremoli, L'ile d'Elbe, où se trouvent Porto-Ferrajo Cosmopoli); Porto-Longone et Rio.

TOPOGRAPHIS. FLORENCE, située sur l’Arno, au milieu d’un bassin délicieux, très peuplé et très bien cultivé, siège d’un archevéché et résidence ordinaire du grand-duc. C’est une des plus belles villes du monde, malgré beaucoup de rues étroiles, la forme irrégulière de quelques-uns de ses édifices et l’architecture de plusieurs de ses palais dont la construction rappelle les forteresses du moyen âge. Des édifices publics superbes,

des collections magnifiques , plusieurs pa-

lais dessinés et ornés avec le goût le plus délicat par Sp ar et Buonarroti, les bords de l’Arno bordés de quais charmans, et la belle promenade dans le bois le long de ce fleuve à l’entrée même de la ville, qu’environnent des campagnes riantes bordées par des collines couvertes de végélation et de fruits; tout cela annonce la capitale de la célèbre république qui au moyen âge étendait son commerce dans tout le monde alors connu et dirigeait la politique de l'Italie.

Parmi le grand nombre de bâtimens magnifiques qui la décorent, nous nous bornerons à signaler les suivans qui méritent le plus d'attirer l’attention du voyageur : le palais Pitti, demeure ordinaire du grand-duc; c’est une des plus belles résidences souveraines de l’Europe; il a deux façades! différentes remarqpatie par leur architecture ; celle qui

onne sur la place et celle qui regard:

sur le magnifique jardin Boboli. Les frésques des voûtes et plusieurs chefsd'œuvre de sculpture et de peinture et surtoutla magnifique galerie de tableaux, une des plus remarquables de l’Europe,

outent à la beauté de ce vaste édifice ; le

teux Palais, situé sur la rive droite de PArno, sur une place ornée des chefsd'œuvre des plus célèbres sculpteurs d’Italie, rivalise avec le premier par l’originalité de l’architecture et par celle de ses ornemens ; il est surmonté d’une tour très élevée et qui étonne par la hardiesse de sa construction. Tout prèsiest situé l’édifice où l’on a établi la célèbre galerie de Florence, composée de trois corps de bàtümens remarquables par l’élégance de leur architecture et par les belles statues dont est ornée la loggia dite Orgagna.

Nous verrons plus bas les chefs-d’œuvre anciens et modernes qu'on y conserve.

Viennent ensuite : le palais Riccardi, appartenant jadis à la famille des Médicis ; le théâtre de la Pergola , un des plus grands de l'Italie ; l'hôpital de Santa- Maria-Nuova et celui de Bontfazio.

Parmi les palais appartenant à des particuliers, nous citerons ceux de Pandolfini, Uguccioni, Giacomini , Strozzi, Borghese (autrefois Salviuti), Ca, po ni, Corsini, Brunaccini, Rucellai, Alloviti, Buonarroti, Poniatowski , Perruzzi, tous remarquables par leur architecture et plus ou moins par les monumens des sciences et des arts qu'ils contiennent. Dans le beau jardin du palais Strozzi, on voit un colosse debout, dont les dimensions égalent environ la moitié de celui de Pratolino.

Florence offrirait peut-être les plus belles églises de toute la chrétienté,sielles étaient toutes terminées. Les suivantes se distinguent des autres par leur beauté et leur magnificence. Ste-Marie del Fiore ou le Duomo (la cathédrale) , remarquable par son étendue, par sa tour magnifique, par la richesse des marbres employés dans la construction decet immense édifice, et par son dôme qui rivalise en grandeur avec celui de St.-Pierre ; c’est le chef-d'œuvre de Brunelleschi, et il a servi de modèle à Michel-Ange pour élever la magnifique coupole de la cathédrale dn monde catholique ; on doit ajouter que la méridienne tracée dans ce temple est /a plus haute de l'Europe. Viennent ensuite : le baptistére ou l’église de Saint- Jean-Baptiste, où l’on admire surtout les bas-reliefs de ses trois portes en bronze; l'église de Saint-Laurent , renommée par ses deux sacristies, et surtout par la ameuse chapelle des Médicis, qu’on appelle vulgairement la merveille de la Toscane, par la hardiesse de son architecture et par la richesse de ses ornemens ; le grand-duc régnant dépense des sommes considérables pour terminer ce magnifique monument resté inachevé de-

uis tant d’années. Viennent ensuite :

’église Sainte-Croix, qui est le Panthéon de la Toscane et est la plus grande après la cathédrale ; elle contient les mau-

ves où se ino, Bao-Ferrajo

d'œuvre onserve.

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solées de Michel-Ange, du Dante , de Macchiavelli, de Galilei, de Léonard- Bruni Aretino, d’Alfieri, de Viviani ‘et d’autres grands hommes; l’église des Saints Apôtres, construite au 1x° siècle est remarquable en ce qu’elle a servi de modèle au Brunelleschi dans la construction de celle de St-Laurent déjà mentionnée et de celle du St-Esprit, regardée comme un chef-d'œuvre d'architecture ; enfin les églises de l'Annonciation (Annunziata), de Saint-Marc et de Sainte- Marie-Nouvelle , desservie par des dominicains, dont les 7 pharmaceutiques sont renommées dans toute l’Italie et même en deçà des Alpes.

Florence compte plusieurs belles places, parmi lesquelles se distinguent la p/ace de l'Annonciation , entourée de portiques, ornée de deux fontaines et de la statue équestre de Ferdinand 1°"; la place de la Trinité, petite mais remarquable par la belle colonne qui supporte la statue de la justice et par le palais Bondelmonti , où M. Vieusseux a établi son cabinet de lecture; la place Sainte-Croix où ont lieu les divertissemens populaires

* pendant le carnaval; la place du Grand-

Duc, qui se développe devant le Vieux- Palais, décorée de la statue équestre de Cosme I‘, et de plusieurs autres chefsd'œuvre de sculpture; enfin celle de Sainte-Marie-Nouvelle, ornée de deux obélisques , autour desquels on fait tous les ans des courses de chars à la manière des anciens. On ne doit pas oublier de mentionner le Prato, espèce de longue avenue bordée d'arbres d’un côté, et où l’on a construit une belle loge en pierre, où le grand-duc etsa suite assistent aux courses de chevaux qu’on y fait tous les ans à des époques déterminées. Nous ajouterons que dans la place qui se développe devant l’église de Sainte-Marie-Nouvelle, on a creusé dernièrement un puits arlésien, qui a été d’une grande utilité pendant les sécheresses extraordinaires que l’Italie, ainsi qu’une grande partie de l’Europe, vient d’éprouver.

Cette ville possède plusieurs établissemens scientifiques et littéraires importans dont quelques-uns peuvent figurer à côté de ceux qu’offrent les grandes métropoles de l'Europe. Nous citerons , les Scuole Pie, auxquelles est annexé l’observatoire, dirigé par le savant père Inghirami ; l'académie im-

périale et royale (école) des beauxarts, à laquelle on a joint l'atelier pour la taille des pierres dures ; V'academie des Georgophiles ou société royale et impériale économique, qui publie des mémoires très intéressans, et possède un beau jardin d’horticulture ; la célèbre académie de la Crusca ; V'athénée italien et la société Colombaria; la bibliothèque Magliabecchiana, qui est la plus riche ; la bibliothèque particulière du grand-duc , aussi remarquable par le nombre que par le choix de .ses livres ; la Laurenziana ou des Medici, riche en manuscrits précieux, et celles de Riccurdi et Marucelli ; le musée d'histoire naturelle,où se trouve l’admirable collection d’objets anatomiques exécutés en cire par des artistes toscans sous la direction du célèbre Fontana ; la magnifique galerie ou musée Florentin, qui, considérée dans son ensemble, pourrait être regardée comme la plus belle collection d’antiquités et de beaux-arts qui existe. Dans un superbe local, partagé.en plusieurs vastes salles on trouve réunies et disposées avec un ordre admirable des collections d’antiquités étrusques, grecques et romaines, telles que bronzes, médailles, pierres précieuses, bas-reliefs et statues, parmi lesquelles on admire la célèbre Vénus de Médicis et le fameux groupe de Niobé; dans la même galerie on a rassemblé les débris de la peinture des anciens , ainsi que les monumens laissés par les peintres modernes ; cette dernière collection, unique dans son genre, offre, outre les peintures des Grecs et des Romains et les ouvrages faits en Jtalie lors dela renaissance des sciences et des arts, les tableaux exétés plus tard par les principaux maitres des écoles modernes des différentes nations : ainsi elle présente la réunion des pièces justificatives de l’histoire, de la peinture dans tous les pays, depuis l’antiquité jusqu’à nos jours. Cette collection ofîre même un intérêt historique et biographique ; car elle renferme une suite, peut-être unique de portraits, non-seulement de presque tous les grands pates anciens et modernes, mais aussi les portraits des grands hommes que les sciences et les lettres ont produits en Europe dans les trois derniers siècles. Ce musée vient de s’enrichir d’une foule d’objets curieux et de dessins superbes provenant de l’ex-

édition que le grand-duc régnant a fait

aire en Égypte et en Nubie par des artistes toscans sous la direction du savant professeur Rossellini. On ne peut quitter ce sujet sans mentionner le cabinet de lecture établi depuis quelques années par M. Vieusseux, fondateur de plusieurs recueils importans, établissement qui, par le nombre et le choix des écrits périodiques qu’on y reçoit de tous les pays du globe et par la riche bibliothèque consultative qui l’accompagne est non-seulement le premier de

‘Italie, maisun des plus remarquables qui existent. C’est dans ce magnifique établissement que les savans du pays et les voyageurs les plus distingués se donnent un rendez-vous intéressant sous tous les rapports. Florence est la patrie du Dante, de Michel-Ange, de Léonard de Vinci, de Léon-Bapliste Albert, de Brunelleschi, de Machiavel et de Galilée.

M. Libri vient d'ajouter un nouveau lustre à sa patrie en prouvant qu’on y a fait les observations thermométriques les plus anciennes qüe l'on possède ; elles ont servi à M. Arago pour démontrer qu’au xvi° siècle les hivers étaient plus froids et les étés pluschauds qu'ils ne le sont à présent.

La plus belle promenade de Florence est celle du jardin de Boboli, un des plus beaux de l’Italie; viennent ensuite dans la ville, la promenade le long des beaux quais de l’Arno , surtout entre les ponts de la Carraja et de la Sainte- Trinité; nous ferons observer que ce dernier est le plus beau des quatre qui traversent l’Arno: et hors de la ville, la promenade des Cascine, métairie appartenant au grand-duc : c’est la plus agréable ; elle est pour les Florentins ce que sont les Champs-Elysées pour les Parisiens , et ce que le Pratcr cst pour les Viennois. On doit ajouter les Jardins Goldont qui ressemblent assez à ceux de Tivoli à Paris; ils ont de plus de vastes appartemens et des salons magnifiques, où se réunit tous les soirs une brillante société et où se donnent de temps à autre des bals, des concerts et des fêtes de tout genre.

Un grand nombre de jolies maisons de campagne, de lieux agréables et de villes plus ou moins importantes environnent Florence, On doit citer au moins dans ses environs immédiats : la maison de plaisance appelée les FAssnicne D1 Drminor,

que ce grand-seigueur russe a fait construire depuis quelques années, par sa richesse et par sou élégance elle peut rivaliser avec les plus belles construclions de ce genre, L'ÉGLISE DE SAN-MINIATO AL Monre, bâtie dans le x1° siècle, remarquable surtout par ses cinq grandes croisées du chœur, qui sont fermées par cinq grandes tables de marbre transparent de 10 pieds de haut et 2 1/2 de large; Targioni prétend que c’est la phengiles de Pline, ou pierre spéculaire des anciens. Poccio-Iupe- RIALE, CASTELLO et POGG10 A CAJANO, maisons de campagne délicieuses, ornées de statues, de peintures et accompagnées de beaux jardins et de grands parcs, et dans lesquelles le grand-duc passe alternativement quelques mois de l’année. Prarouino, dont les fameux jardins et le palais, jadis séjour enchanté de la célèbre Bianca Capello pendant la belle saison, ont été réduits à un superbe parc anglais; on y admire encore le fameux colosse fait par Jean Bologna, qu'on peut regarder comme la plus grande statue de l'Europe; elle représente l’Apennin; rest un géant immense fait en pierre et assis à l’extrémité d’un grand bassin ; sa hauteur, s’il était debout, serait d'environ 80 pieds. F1Ees0LE , petite ville épiscopale remarquable par son antiquité, par les resies de ses murs cyclopéens et d’autres antiques édifices , illustrée par les savans travaux de M. Inghirami, frère de l’astronome. Fiesole offre le point de vue le plus magnifique dont on puisse jouir aux environs de Florence. PRATo, ville épiscopale, d'environ 10,000 habitans, remarquable par son industrie , par sa belle cathédrale, par quelques autres édifices et par son academia petrarchesca

Pise, sur l’Arno, ville archiépiscopale, grande mais dépeuplée ., jadis très florissante lorsqu'elle était la capitale de la uissante république de ce nom. Plusieurs

eaux édifices rappellent son ancienne splendeur , entre autres sa cathédrale qui est un des plus beaux et vastes temples de l’Italie, bâti dans un style qu’on ne saurait comparer à celui d'aucune autre grande église de cette époque , quoiqu'un savant très distingué lait classé avec les temples néo-grecs , tels que la basilique de Saint-Marc de Venise; sa construction précéda celle des grandes cathédrales élevées par les Italiens avant la renaissance de l’architecture classique , parmi lesquelles M. San-Quintino compte celles d’Ancône, de Modène, de

Lucques, de Ferrare, de Yérone , de Bergame , de Parme et le fameux dôme de Milan; à côté s’élève le Campanile Torto, magnifique tour de forme cylindrique, dont l'extérieur offre septordres ou rangs de colonnes posés les uns sur les autres, mais dont Pinelinaison est tellement considérable, que si l’on fait descendre per-

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palais,

pendiculairement un plomb par le moyen d’une ficelle, on le voit s'éloigner de 15 pieds des fondemens de la tour. Malgré cette forte inclination et sa hauteur de 188 pieds, cet édifice singulier est d’une grande solidité, puisqu'il existe depuis 600 ans. On doit citer ensuite le bapéistére ; lecélèbre Campo-Santo(cimetière) si remarquable par son architeeture, par ses belles peintures et par ses anciens monumens ; la loge des marchands ; les palais Lanfreducci, Lanfranchi et celui de l’archevéque; la place, l'église et le palais des chevaliers de Saint- Etienne ; le grand-hôpital ; on doit aussi mentionner les magnifiques quais le long de l’Arnoet les beaux ponts sur ce fleuve. Pise possède actuellement la première université de la Toscane, qui est en même temps une des principales de lItalie, et à laquelle sont aitachés quatre collèges et d’’mportans établissemens, tels que, une riche biblioièque, un cabinet d'histo’re naturelle remarquable par sa richesse etpar les attitudes qu’on a données aux différens animaux, un bel observatoire et un jardin botanique très bien entretenu. Pise, qui dans le moyen âge paraît avoir compté jusqu'à 150,000 âmes, n’en a actuellement qu'environ 20,000. On doit ajouter que la ète populaire de San-Ranteri dite la Luminara , qu’on célèbre tous les trois ans dans cette ville vers la fin de juin, avec peut-être plus de pompe encore que celles de Saint-Janvier à Naples et de Saint-Pierre à Rome, y attire un grand nombre d'étrangers non-seulement de toutes les parties de la Toscane , mais même des états voisins. Une illumination générale et des joûtessur l’eau distinguent cette belle fête, qui, sous quelques rapports , rappelle la féte des lumières à Sais, en Egypte. L’illunmination fait ressembler la ville de Pise à une montagne de feu ; les façades de tousles édifices, les clochers les plus élevés, les coupoles des églises sont chargés de feux et de petits verres, et produisent un effet vraiment magique. Lesbains deSan-Giuliano si renommés au temps des Romains, attirent tous les ans beaucoup d'étrangers dans cette ville ; ils se trouvent à peu de distance et sont très bien entretenus. C’est aussi dans ses environs qu’on trouve la Chartreuse de Pise, renommée par sa beauté,

SIÈNE, grande et belle ville archiépiscopale, bâtie sur trois collines, dans une situation aussi salubre que délicieuse.

Plusieurs beaux édifices rappellent la splendeur de cette ville lorsqu'elle était la capitale d’une république rivale de celle de Florence, et que sa population, qui maintenant ne s’élève qu’à 18,000 âmes intrà muros ; allait beaucoup au-delà de 100,000. Nous citerons d’abord la cathédrale, bâtiment gothique, qui est peut-être le temple le plus orné qui existe après le Domo de Milan; c’est une véritable galerie des beaux-arts, depuisdeur renaissance dans le xurr° siècle jusqu’à leur perfectionnement dans le xv®; son magnifique pavé en mosaique est unique en son genre. Viennent ensuite le palazz0 publico ou hôtel-de-ville, remarquable par son archigecture du style gothique le plus pur, et surmonté d’une tour très élevée ; la célèbre fontaine Branda, le théâtre, les palais du grand-duc et du gouverneur ci-devant Piccolomini.

Parmi les bâtimens qui appartiennent à des particuliers, nous citerons les palais Buonsignort, Saracini et Chigi. Sa

lace semi-circulaire ; concave et en

orme de coquille est une des plus belles et des plus singulières de l'Italie; on y fait des courses à cheval uniques dans leur genre et qui attirent tous les ans à Siène un grand nombre d’étrangers. Ses principaux établissemens littéraires sont : l’universilé, qui a été pendant long-temps la rivale de celle de Pise ; l'académie des sciences, qui est la seule que possède la Toscane, et le college des nobles, qui est renommé dans toute l'Italie et le plus remarquable du grand-duché; l’academie ou école des beaux-arts et la bibliothèque publique.

Livourxe, jolie ville moderne, épiscopale, bâtie régulièrement sur les bords de la Méditerranée, vis-à vis de l’ilot Meloria. Son port, protégé et augmenté par un beau môle, est aussi défendu par des fortifications bien combinées. Livourne est une des principales places marchandes de l’Europe, avantage qu’elle doit à la franchise de son port, le premier de la Méditerranée qui ait joni d’un semblable établissement. Ur de ses quartiers s’appelle la Nouvelle-Venise , à cause des nombreux canaux dont ilest coupé, et par le moyen desquels, comme à Venise, on transporte les marchandises jusqu’à la

porte des magasins. La place, qui est une des plus grandes et des plus régulières de l'Italie, et ie beau groupe du grand-duc Ferdinand 1°" méritent d’être mentionnés ainsi que la synagogue des Juifs, regardée comme la plus belle et la plus grande de l’Europe après celle d'Amsterdam:

C’est un carré dont les deux côtés et l’une des extrémités sont entourés d’un portique au-dessus duquel est une tribune grillée , où les femmes juives viennent assister aux cérémonies de leur religion.

Les hommes sont en bas sous le portique ou dans le reste du temple. An milieu de la nef est une tribune ornée de pupitres et bâtie de marbres choisis. Au fond de la nef est une espèce de sanctuaire dans lequel sont enfermés les livres de PEcriture sainte, enveloppés des plus riches étoffes et recouverts degouronnes d’argent et autres ornemons. Livourne a de beaux chantiers sur lesquels on a construit il y a quelques années une frégate de 60 canons pour le vice-roi d'Egypte. La population de cette ville, qui s'agrandit tous les jours , dépasse aujourd’hui 66,600 âmes. On construit un nouveau quartier d’après un plan aussi beau que régulier ; en augmentant l'étendue de Livourne de plus d’un tiers, ilsignalera l’état prospère où se trouve la Toscane sous le prince éclairé qui la gouverne.

Parmi les autres villes rentarquables sous plus d'un rapport qu'offre cet état, nous signalerons les suivantes, en avertissant que malgré leur faible population elles sont presque toutes siège d'un évèché.

Pisrote (Pistoja), importante par plusieurs beaux édifices, par sa célèbre fabrique d’orgues, par ses manufactures de draps, d'armes et de quincaillerie; elle passe pour avoir donné son nom au pistolel; pop. 12,000 âmes. PesciA , r“arquable surtout par ses papeteries et par s04 commerce de soie. VoLTERRA , par sa grande antiquité , par son palais de la seigneurie, d'une étonnante solidité; par sa citadelle, devenue une prison terrible ; parses murs cyclopéens, qu'on conjecture avoir renfermé plus de 100,000 habitans lorsque sa domination s'étendait sur les vallées de l'Era, de l’Elsa et de la Cecina; par son musee d’antiquités toscanes le plus remarquable qui existe; enfin par ses sources salée qui fournissent une grande quantité de sel, et par ses carrières d’albâtre les plus belles de l'Europe. Lorsque ce marbre y était exclusivement travaillé, cette ville possédait un atelier dirigé par les premiers sculpteurs d'Italie; maintenant on le travaille en grande partie à Florence. SiGNA, gros village, sur les bords de l’Arno, qu’on peut regarder comme le centre de l'immense fabrica-

tion des chapeaux de paille dits de Florence, qui rapportent annuellement plusieurs millions de francs ; on peut dire que quelques villages des environs ont été bâtis dans les dernières années par la richesse extraordinaire que cette branche d'industrie y à répandue. AREZZO, remarquable par plusieurs beaux édifices, par les restes de son amphithéâtre et par son industrie ; on y voit encore les maisons de Pétrarque, de Guido d’Arezzo et de Redi, donteHe a été la patrie; pop. 9000 âmes. CoRTONE, remarquable par les importans travaux hydrauliques qui ont changé ses déserts marécageux et pestilentiels en prairies et en campagnes assez saines, bien peuplées cttrès fertiles, comme aussi par ses collections publiques et particulières d'antiquités étrusques et par sa célèbre academia etrusca.

M. Dorow, savant archéologue allemand qui a visité ces collections, croit apercevoir une grande analogie entre plusieurs des bronzes étrusques trouvés dans les fouilles de cette ville ei des figures de divinités et de préètres des Gaulois, provenant des fouilles faites le long du Rhin et dans l’ancienne Gaule. Cortone offre encore dans ses murs des restes imposans de son enceinte cyclopéenac ; pop. 3600 âmes. MONTEPULCIANO, renommée par son vin excellent. Cmiust, par ses nombreuses collections d’antiquités étrusques, etsurtout par les nombreux vases en terre noire qu'on a découverts dans ses grottes sépulcrales, et dont la galerie de Florence possède un choix parfait; ces vases semblent pour la plupart ue pas être cuits au feu, mais avoir été simplement séchés au soleil; les groupes mythologiques qui les recouvrent sont en relief; le style du travail parait à M. Dorow êlre oriental; cet archéologue croit même que les idées exprimées par ces tableaux trouveront probablement leur explication dans l'Asie, car ils représentent presque les mêmes scènes que les bas-reliefs de Persépolis et les hiéroglyphes de l'Egypte. — L'air de Chiusi est très mauvais, et sa population, y compris la banlieue , s'élève à 3000 âmes, GROSSETTO, remarquable par les vastes salines de son voisinage, les plus importantes de la Toscane. On- BITELLO , Ville très petite, mais renommée parmi les archéologues par la neécropolis d'une ville étrusque qu'on y a découverte et qu'on croit être celle de Sub-Cos a ; on y trouva des vases en bois avec et sans figures, dont quelquesuns de formes très bizarres; des patères , ou plutôt des miroirs mystiques; des trépieds ; une armure de: guerrier complète qu'on a trouvée en position verticale; divers ornemens en argent et or très pur; un scarabée égyptien avec des caractères très nets ; tous ces objets el plusieurs autres composent le musée de M. Derrit, habitant d’Orbitello, dont la population peut être estimée à 5000 âmes, en y comprenant celle de sa banlieue.

Dans les enclaves on trouve plusieurs petites villes importantes : nous citerons SERAVEZZA , remarquable par ses carrières de beau marbre statuaire qui tous les jours deviennent plus importantes, depuis que celles de Carrare paraissent ne pouvoir plus fournir les beaux blocs qu'on en ti

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rait jusqu'à ces derniers temps. PonNTREMOLt, la plus considérable de toutes les petites villes de cette division.

Dans l’île d'Ecse, si importante par ses inépuisables mines de fer exploitées jadis par les Romains, par ses fortifications, et par la célébrité que lui donna le séjour de Napoléon , en yrésidant comme souverain depuis le mois de mai 1814 jusqu'au 26 février 1815 ,on trouve : Ponro-FERRAJO, petite ville très forte , avec un portet de belles salines. Les seuls édifices remarquables qu'on y trouve sont : le palais du gouverneur, ou résidait Napoléon ; il est formé de deux bâtimens, dits du génie et de l'artillerie , situés dans l’endroit le plus élevé de la ville ,entre le Forte Slella etle Forte Falcone, réunis par ce prince moyennant un nouveau corps de bâtiment ; les belles

écuries qu’il fit construire en faisant sauter des rochers; le {hédtre, quin'est que l'église del Carmine qu'il changea en une salle de spectacle. C’est aussi à Porto-Ferrajo que commence la première et la seule grande route que possèdel’ile ; elle a été construite également par Napoléon pendant son court séjour. Porto-Ferrajo compte environ 2000 habitans. Porro-LonconE, importante parses fortifications et par son port ; elle appartenait autrefois au roi de Naples; pop. environ 1000 âmes. Rio, petit village , remarquable par ses mines de fer rangées parmi les plus riches de l’Europe ; on v a trouvé dans une grotte des instrumens des anciens mineurs, qui par la suite des temps ne formaient plus qu’une mêine masse avec le mi-

‘nerai qui leur servait de gisement.

Etat de l'Eglise ou du Pape.

conrzxs. Au nord, le royaume Lombard-Vénitien , dépendant de l'empire d'Autriche et la mer Adriatique. A l’est, cette mer et le royaume des Deux-Siciles, Au sud, pendant un petit espace, ce même royaume , ensuite la Méditerranée et le grand-duché de Toscane, A l’ouesé, ce grand-duché et le duché de Modène.

»axs, Tout le ci-devant état du Pape, moins le comté d’Avignon avec ses dépendances cédé à la France et quelques fractions du Ferrarais cédées à l’Autriche. Voyez l’article Pays de ces deux états.

rL=uveESs. Cet étalest traversé par le Tibre, un des grands fleuves de PItalie et baigné dans son extrémité septentrionale par le Pô. Tous les autres ont un cours très borné. Ils se rendent tous ou à la mer Méditerranée ou à la mer Adriatique.

La MÉDITERRANÉE reçoit :

Le Tisre (Tevere), qui vient de la Toscane, et arrose avec ses affluens la plus grande partie du territoire de cet état, située au sud de la chaine principale des Apennins ; dans son cours le Tibre passe par Città-di-Castello, Roma, Porto et Ostia. La Chian a est son principal affluent à la droite; elle est grossie par la Paglia. Les principaux affluens du Tibre à la gauche sont : le T'opio ou Topino, qui passe par Foligno et reçoit le Chiascio etla Timia ; la Ne ra quibaigne Terni, Narni, et est grossie par le Corno et le Felino: ce dernier passe par Rieti; le Teverone qui baigne Tivoli.

La MarrA, qui sort du lac Bolsena, baigne Toscanella et Corneto.

La Fiona, qui vient de la Toscane et passe par Montalto.

La MER ADRIATIQUE reçoit :

Le PÔô, qui vient du royaume Lombard-Vénitien; sa branche principale touche la frontière septentrionale de cet état; les autres, nommées Po n1 Paimaro et Po p1 VoLano, arrosent le Ferrarais, Le Po di Primaro passe par Ferrare et reçoit le Reno, qui passe par Vergato; la Savena, par Bologna, le Silaro, par Castel-San- Pietro; le Santerno, par Imola; etle Senio, par Castel-Bolognese.

L'Auone , le Savio, la MareccuiaA , le Merauno, l'Esino , le Musone, la PorTenzA, le Cmienri etle Tronro sont de petits fleuves ou torrens qui descendent des Apennins et arrosent toute la partic de l'État du Pape qui est siluée au nord de la chaine principale des Apennins ; l'Amone passe par Faenza; le Savio, par Ceseua ; la Marecchia, par Rimini; le Metauro, par Urbania et Fano; l'Esino, par lesi ; la Potenza, par San-Severino, et non loin de Macerata; le Chienti, par Tolentino; le Tronto, par Ascoli.

pavision. Depuis 1832 tout l'Etat du Pape est divisé en vingt-et-une provinces, dont celle de Rome a le titre de Comarca, celle de Lorete, de Commissariato , celles de Bologne , de Ferrare, de Ravenne , de Furli, d’'Urbin-et-Pesaro, et de Velletri ont le titre de Legazioni, parce qu’elles ont un légat pour gouverneur ; les autres sont appelées Delegazioni, parce qu’elles ont un délégat à la tète du gouvernement. La délégation de Beneveunt est une enclave de la Principauté - Ultérieure dans le royanme de Naples; le territoire de Ponte-Corvo fait partie de la délégation de Frosinone, et est une autre enclave du même royaume dans la Terre de Labour.

PROVINCES. Caers-LiEUx, VILLES ET LIEUX REMARQUABLES,

COMARQUE DE ROME. ...... Roue (Roma), Tivoli, Albano, Castel-Gandolfo, Frascats, Subiaco, Palestrina. x LÉGATION DE VELLBTRI. . ... Velletii, Terracina, Sesze, Cori,

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