‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 2)Chapitre 255 sur 628 · DÉLÉGATION DE RIETI · texte numérisé non relu

DÉLÉGATION DE RIETI

epi.

orêie to, Acquapendente, Bagnarea.

Rieti, Poggio-Mirtelo, Magliano.

DÉLÉGATION Dx SPOLETE. . . . Spolete (Spoleto), Narni, Terni, Amelia, Norcia, Pie-di-

Déuécarion pe Pénouss. . .. Pérouse (Perugia), Foligno, Nocera, Assisi, Ciltà-di-Castello, Ciltà della Pieve, Todi.

DÉLEGATION DE CAMERINO ... Camerino.

DÉLÉGATION DE MACERATA. .. Macerata, Fabriano, Recanati. DÉLÉGATION DE FERMO . .. .. Fermo, Porto di Fermo. DÉLÉGATION D'ASCOLI. ., . , Ascoli, Montallo, Ripatransone. COMMISSARIAT DE LORETO . ,. Loreto.

DÉLÉGATION D'ANCONE . . .. , 4nCone (Ancona), Jesi, Osimo

Lécatiox D'Unpix-ET-PESARO ,

LEcarion DE Font. .,..,. Forli, Cesena, Rimini, Savignano, Cesenatico. LécaTiON D& RAVENNS . .., . Ravenne (Ravenna), Imola, Cervia, Faenza, Castel-Bolo-

nese.

LÉGATION DE BOLOGNE . . ... Bôlogne (Bologna), Cento, Forte-Urbano, Medicina. LÉGATION DS FERRARE , ....

Ferrare (Ferrara), Commacchio, Lugo, Bagna-Cavallo ,

Ponle-di-Lago-Scuro.

TOrOGRAPœuIS, ROME, Capitale de l'Etat et siège du Pape, située sur un terrain fort inégal. Sa forme est à-peu-près celle d’un carré oblong, dont le milieu de chacun des deux grands côtés qui sont au nord etau midi, ainsi que les quatre an-

gles font saillie. Le Tibre la divise en deux parties ; la plus grande, bâtie sur la rive gauche de ce fleuve , est Rome , proprement dite ; l’autre porte le nom de cité Léonine ou Trastevere. Dans son enceinte actuelle qu’on estime à environ 15 milles , la partie habitée de Rone moderne est presque toute située au nord de l’ancienne , puisque le Capitole terminait cette dernière au nord, et que l’on peut considérer jusqu’à un certain point ce batiment comme la limite de la ville actuelle du côté du sud; en effet, presque tout l’espace qui s'étend au midi du Capitole est rempli de jardins, de vignes et même de terres labourées ; une grande partie de la ville moderne occupe l’ancien Champde-Mars.

Aucune ville ancienne ni moderne n’offre réunis sur une égale étenduc autant de monumens que cette capitale; on peut dire sansexagération que, considérée sous ce point de vue et sous celui des beauxarts, Romeest la première ville du monde.

C’est aux soins des souverains pontifes qu’elle dut l'avantage de renaitre de ses propres cendres ; depuis le milieu du xv- siècle , les papes l’ont presque renouvelée ; secondés par quelques hommes de génie, ils enbellirent leur résidence de tout ce que l'architecture, la scutpture et

la peinture ont jamais pu imaginer et produire de plus grand, de plus- majestueux.

Voici les monuméns anciens et modernes les plus remarquables que le cadre de cet ouvrage nous permet de signaler à l’attention du lecteur; nous les classerons d’après le plan adopté dans la description des autres re en rappelant que Rome est partagée en quatorze réont ou quartiers, et que sa population actuelle permanente dépasse 154,000 âmes, en comptant les nombreux Juifs et autres habitans qui ne professent pas la religion catholique, et qui ne figurent jamais dans les listes de population publiées par le gouvernement.

Parmi les quinze portes par lesquelles on entre dans Rome, la plus septentrionale, dite Porta del Popolo, est la plus belle ; elle annonce par ses ornemens la splendeur de cette métropole.

Trois rues principales parfaitement alignées se font surtout remarquer par leur longueur et par la beauté des édifices qui les décorent ; elles partent toutes les trois de la place du Popolo : celle du milieu, appelée la strada ael Corso, est la plus fréquentée et la plus longue; elle s’étend jusqu’au palais de Venise et traverse par conséquent presque toute la partie de la ville actuellement habitée, C’est dans cette magnifique rue que se font les courses aux chevaux, et qu’on se promène presque tous les soirs en carrosse : elle est garnie de trottoirs. La strada di Ripetta prend à droite et aboutit au port du même nom sur le Tibre. Celle du ZBabuwino , qui est

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à gauche , mène à la place d’Espagne. On doit aussi mentionner la sérada Julia , la strada Lungara et la strada Condotti, Les autres rues, quoique en général assez larges, sont souvent tortueuses et surtout mal entretenues.

L’immense palais du Vatican, bâti sur la colline ou le mont de cenom , sert quelquefois de résidence au pape pendant l'hiver; c’est sans contredit le plus grand palais de l’Europe; mais il manque de plan et d'ensemble ; il est surtout remarquable par sa vaste étendue; on prétend qu’il ne compte pas moins de 4,422 salles, chambres ou galeries et 22 cours. On y admire les musées Pio-Clémentin et Chiaramonti, remplis de chefs-d’œuvre des beaux-arts antiques et modernes, parmi lesquels on distingue l’Apollon , le Laocoon, l’Antinons , etc., ainsi qu’une suite presque innombrable d'inscriptions gent et romaines; les galeries et

es salles peintes par Raphaël, où se trouve l’école d'Athènes par ce grand maître, regardée par Buonarotti comme le plus grand ouvrage de la peinture moderne ; la chapelle Sixtine, avec la fresque célèbre du Jugement dernier , par Michel-Ange ; la précieuse bibliothéque du Vatican, renfermée dans deux galeries aussi remarquables par leurs vastes dimensions que par leurs ornemens ; cette bibliothèque est une des principales de l’Italie pour les livres imprimés et peutètre la plus riche de tontes celles de l'Europe pour le nombre et la rareté des manuscrits , parmi lesquels se trouve une copie des comédies de Térence du 1v° siècle de notre ère, ornée de peintures et regardée comme le plus ancien livre manuscrit qui existe; c’est aussi dans .ses salles qu’a été déposée la précieuse | collection de livres concernant les beaux- ‘arts, la plus riche.et la plus choisie passes que l’on eût encore recueilie ; elle formait à Venise la bibliothèque particulière du comte Leopold Cicognara auquel Léon XII Pa achetée. C’est aussi dans les salles du Vatican qu’on a déposé les chefs-d’œnvre ‘le la peinture que les Français avaient enlevés de diffé rentes églises et rendus à Pie VIT en 1815.

On doit enfin mentionner les deux jardins qui sont très remarquables. Le Quirinale , autre palais superbe, résidence des Papes pendant l'été; on le nomme aussi palais de Monte Cavallo, parce

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que devant sa façade on voit deux groupes en marbre représentant chacun un cheval de proportion colossale et d’une grande beauté. Le jardin du Quirinale a plus d’un mille de tour et est un des plus beaux de l'Italie. Le Capitole moderne bâti non loin de l’ancien , sur le plan tracé par Michel-Ange; on admire le magnifique escalier par lequel on y monte ; le palais du sénateur de Rome, celui dés conservaleurs qui sont les magistrats municipaux de la ville et le musée des antiques formé par plusieurs papes et offrant dans son ensemble un des plus riches musées de l’Europe; la statue en bronze de Marc-Aurèle à cheval réputée la plus belle statue équestre antique que Von connaisse , s'élève au milieu de la pl::° formée par ces trois édifices. Viennew. ensuite la Curia Jnnocenzia ; le valais dela Chancellerie apostolique; celui de St-Marc: la Douane , avec sa superbe colonnade; le béfiment de la Sapienza et celui du collegio Romano; le grand hôpital, qui est peut-être le plus magnifique édifice de ce genre qui existe ; on pourrait ajouter les héâtres Aliberti et Argentina, qui sont les plus grands et les plus beaux de Rome.

Parmi cette multitude de palais, qui sont un des principaux ornemens de cette métrnpole, on en compte près de soixante qui paraissent plutôt faits pour servir

’habitation à des princes que pour loger des particuliers. Tous ont de vastes cours, des portiques intérieurs et de belles façades du côté de la rue. Ouvrages des Bramante, des Michel-Ange, des Bernini et d’autres grands architectes, ils offrent tous des parties et des collections précieuses trop importantes pour être passées sous silence, mais que nous ne saurions signaler sans sortir du cadre de cet abrégé ; nous citerons les suivans qu’on prétend se distinguer au-dessus des autres:

ce sont les palais Barberini, que tous les arts semblent s’être réunis pour embellir ; Doria, remarquable par son étendue, par ses beaux portiques et par sa galerie de tableaux , une des plus riches de l’Europe; Borghese, renommé par sa rare beauté, par la double colonnade de sa cour et par la magnifique galerie de 1700 tableaux qu'il renferme ; Culonna, par sa belle galerie et par la beauté de ses jardins ; Rospigliosi, par ses peintures; Braschi et surtout Ruspoli, par leurs

magnifiques escaliers; Farnese(le grand), par le grandiose de son architecture et par sa galerie ; du prince de Canino , par ses riches collections et surtout par son musée étrusque; Corsinti, Ghigi, Aldobrandini, Mattei, Spada, Pamfili, Rondanini, Strozzi, Torlonia- Bracciano, etc., etc. Il est vrai qu’à la suite des malheurs que la ville éternelle a éprouvés dans ces derniers temps, plusieurs princes romains ruinés par la guerre ont été obligés de vendre leurs ob- Jets les plus précieux aux amateurs étrangers.

Parmi les palais de Rome qui portent le nom de villa, parce qu’ils sont regardés comme des maisons de campagne, juoique presque tous se trouvent dans l'enceinte même de la ville, nous citerons:

la villa Borghese où Pinciana, la Medici, la Farnese, l'Aldobrandini, l'AIbani, la Ludovisi-Piombino, la Mattei, la Farnesina, la Massimi, ci-devant Negroni, la Giustiniani, la Casali, la Doria, la Barberini comme les plus remarquables. La première ou la vi/{a Borghese les surpasse toutes en beauté et en iwagnificence , surtout par les grands embellissemens qu’on y a faits depuis quelques années. Mais on y cherche en vain cette magnifique collection de statues, de bas-reliefs et de vases antiques, qui, achetée par Napoléon , orne dvuis 20 ans le musée de Paris. La villa qui tient aujourd’hui le premier rang par ses richesses dans le mème genre, est ceile du casrdinal Aibani ; c’est en étudiant ses collections que le célèbre Winckelman fit une grande partie de ses mémorables découvertes. Viennent ensuite la vi//a Ludovisi, dans laq.‘elle son riche propriétaire a rassemble à grands frais ce que les dernières fouilles ont produit de plus important ; la villa Aldobrandini , où se trouvent les Noces Aldobrandini , la plus précieuse peinture qui nous soit parvenue de l’antiquité; enfin la villa Medici, jadis si fameuse par sa Vénus et par les autres chefs-d’œuvre qui décorent maintenant la galerie de Florence, est devenue le séjour des jeunes artistes que la France envoiechaqueannée à Rome pour se perfectionner dans l’étude des beaux-arts, Nous ajouteronsque ces o1/las, qui ont peut-être une supériorité décidée sur toutes les plus belles maisons de plaisance de l’Europe, peuvent donner

une idée de ces lieux d'agrément où les Scipion, les Lucullus et tant d’autres illustres personnages allaient se délasser de leurs traveaux; le goût de ces grands hommes pour les belles campagnes semble être passé à leurs descendans. Les villas de Rome réunissent lélégance à la simplicité; souvent de grandes haies et des bosquets de lauriers les mettent à V’abri des rigueurs de l’hiver et y conservent une verdure perpétuelle. Dans le milieu, ce sont des parterres entremélés de plantations d’orangers et de citronniers qui répandent un doux parfum ; les villas ’une grande étendue offrent aussi des is, des prairies et des pâturages. De belles statues antiques ou modernes , des fontaines d’où jaillissent sans interruption les eaux les plus limpides , un sol extrémement fertile, un beau ciel et l’inégalité même du sol, qui forme ces magnifiques terrasses d’où l’on jouit des points de vue les plus agréables et les plus variés , ajoutent à tant de charmes et complètent ce tableau délicieux.

Parmi les 364 églises que compte Rome, nous citerons les suivantes : S/-Pierre , qui est nonsseulement le plus vaste, mais aussi le plus beau temple que l’on ait encore construit ; on pourrait même dire que c’est le plus bel édifice du monde:

une place immense, un magnifique péristyle circulaire orné de deux superbes fontaines et d’un des plus grands obélisques égyptiens, forment pour ainsi dire l’avenue de cette basilique, dont la double coupole qui la domine, aussi vaste que le Panthéon d’Agrippa, mais, pour ainsi dire, süspendue à 160 pieds au-dessus du pavé est regardée comme l'ouvrage le plus hardi et le plus étonnant que l’architecture moderne ait encore exécuté. C’est au-dessous de ce dôme immense qu'est placé le maître-autel, couronné d’un baldaquin soutenu par q'atre colonnes torses de bronze doré ; ce morceau, si remarquable par sa belle et majestueuse architecture et par son élévation , est le plus grand ouvrage en bronze que l’on connaisse :il pèse 450 milliers. Immédiatement au dessous est la magnifique chapelle souterraine dite /a Sr paion desSl. Pierre, dont on admire les ornemenset la richesse.

Les statues colossales en bronze des quatre pères de l’Église, les précieux tableaux en mosaïque où l’on a imité pour l’éternité les chefs-d’'œuvre si périssables des plus

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iennent ensuite la basilique de Saint- Jean de Latran , qui est censée être l’église desservie par le pape, qui en est le curé et qui pour cela a le rang sur toutes les autres du monde catholique ; c’est ici que l’on couronne les papes et que se trouve la chapelle Corsini, la plus belle peut-être du monde ; on dit que sa construction a coûté plus de 10 millions de francs; Sainte-Marie-Majeure , où l’on

‘admire les mosaïques du v° siècle et les

chapelles de Sixte V et de Paul V. Saint Paul, hors des murs , qui était le plus grand temple de Rome après celui de Saint-Pierre : détruite presque entièrement par le feu en 1823 , on la rebâtit à présent ; les églises de Saint-Laurent, hors des murs ,et de Saint-Sébastien , remarquables surtout par leurs caéacombes : celles de la dernière sont censées ètre les plus vastes de Rome ; l’église de Sainte-Agnès sur la place Navone ; celles de Sarint-Augustin, de Jésus, de Saint-Ignace , de Sainte-Mariedes-Anges où des Chartreux, édifice formé des restes des bains de l’empereur Dioclétien, et remarquable par sa grande et belle méridienne ; de Saint-Pierre in Montcrio, où se trouvait primitivement la célèbre Transfiguration par Raphaël, réputée le plus beau tableau que ’on connaisse ; de Sainte-Marie in Ara Cœli , bâtie à l'endroit où était autrelois le temple de Jupiter Capitolin ; de Saiat- Pierre in Vincoli, regardée comme l’église la plus ancienne de Rome , où se trouve le mausolée de Jules 11 , ouvrage de Michei-Ange et l’un des monumens les plus célèbres de l'Italie,

Parmi les 46 places publiques qui décorent Rome, on doit du moins citer les suivantes : La place de Saint-Pierre , qu'on regarde comme la plus belle du monde et que nous avons déjà nommée er parlant de la basilique qui en forme le principal ornement; la place Navone , destinée aux marchés de ome, et embel-

‘lie par là magnifique fontaine à laquelle

elle donne son nom; la place d’Espagne, la plus fréquentée par les étrangers et décorée de la fontai:e Barcaccia,

du palais de la cour d’Fspagne et du magnifique escalier qui conduit à l’église de la Trinité-du-Mont ; la place de Monte- Cavallo, qui se développe devant le palais pontifical de ce nom ; la place Colonne, ainsi nommée de la superbe colonne qui s’y #/\ve, et celle qui emprunte son nom à la ur{a del Popolo.

Douze fontaines principales embellissent cette capitale et la pourvoient abondamment d’eau; quatre méritent une mention particulière : celle de Trevi, qui est la plus belle et dont l’eau passe pour ètre la meilleure ; la fontaine Sixtine, qu'on

ut comparer à la précédente par le vo-

ume d’eau qu’elle fournit ; celle de la place Navone, quiest la plus magnifique; celle de Paul V, près de l’église de Saint- Pierre in Montorio, d’une mauvaise architecture , mais remarquable par l’immense volume d’eau qui en jaillit, assez grand pour faire tourner plusieurs moulins ; c'est elle aussi qui forme les superbes jets qu’on admire dans la place de Saiut-Pierre.

Un grand nombre. d’établissemens scientifiques et littéraires ajoutent à l’importance de cette métropole. On doit mettre à leur tête l’université ou l'università Romana della sapienza, une des plus anciennes de l’Europe et des principales de l’Italie; viennent ensuite le collège Romain, fondé depuis long-temps par les jésuites, qu’on peut regarder comme une autre université, et auquel sont annexées une riche bibliothèque et de belles collections d’antiques d’histoire naturelle, de modèles

e machines, etc.; le collège de la Propagande, où des indigènes de l’Inde, de l’Abyssinie, de la Syrie, de l'Arménie et de la Grèce sont instruits par des professeurs pour aller répandre dans les contrées les plus éloignées les lumières et les bienfaits du christianisme; une célèbre typographie est attachée à cet établisse-" ment,où l’on a imprimé des ouvrages en plus de trente langues différentes et avec leurs caractères respectifs ; malheureusement depuis la révolution française ce collège a perdn une partie de ses ressources et de son importance; le séminaire Romain, bel et utile établissczent considérablement augmenté et perfectionné par les soins du savant cardinal Zurla; les coilèges Nazareno, les colléges Anglais, Irlandais , Ecossais et

dix-sept autres tous plus ou moins considérables ; l'institut dessourd:-muets, celui de Ripa-Grande où l’on instruit dans tous les arts et métiers environ mille enfans des deux sexes ; plusieurs écoles des beaux-arts pour les élèves de l’empire d’Autriche, de la France, de l’An-

leterre , du royaume des Deux-Siciles ; ‘académie Romaine de St-Luc, où dix professeurs habiles enseignent la peinture , la sculpture, l’architecture théorique et pratique, la géométrie perspective, l'anatomie, l’histoire, la mythologie et les costumes. Parmi ses nombreuses sociétés savantes nous citerons : l'académie des Arcades, une des plus renommées et des plus anciennes de l’Europe; celle des Nuovi Lincei ou d'histoire naturelle , à laquelle est joint un observatoire ; l’académie théologique de l'université de Rome ; la pontificia academia Romana d'archeologia, dont le but est l'illustration des monumens anciens et la rectification des erreurs débitées sur les plus connus ; la Tiber'ina; la Latina; la Filarmonica ; la Filodrammatica- Romana. Parmiles nombreuses bibliothèques publiques ou qu'on peut regarder comme telles, on doit citer au moins : la Vaticana déjà mentionnée, la Casanatense dans le couvent de la Minerva, l’Alessandrina dans le bâtiment de la Sapienza, l’Angelica, ct l’Aracælitana dans les couvens de St-Augustin et d’Ara- Cœæli. Outre les superbes musées d’antiques et les galeries de tableaux déjà mentionnés en parlant du Vatican et du Capitole, il faut nommer les musées d'anatomie el d'histoirenaturelle de l'hôpu St-Esprit, le musée de minéraogie de la Sapienza, le jardin botanique et l'observatoire dépendant de l’université, et la belle galerie attachée à l'académie de St-Luc ; le musée Kirkerianum d'histoire naturelle et celui d'antiquilés au collège Romain ; l’éfude de mosaïque, qui est peut-être le premier établissement de ce genre qui existe.

Les nombreuses et magnifiques collections appartenant à des particuliers n’entrant pas dans le cadre de cet ouvrage, nous nous bornerons à signaler à l’attention du lecteur les a/eliers de peinture et de sculpture qui forment un des principaux traits caractéristiques de cette métropole ; il n’y a pas d’étranger instruit qui ne s’empresse de les visiter et qui

n'ait eu l’occasion d'admirer les chefsd'œuvre que renferment l'atelier de peinture du célèbre Camuccini et ceux qui assignent une place si distinguée aux ateliers de l’immortel Canova, dirigé par un de ses élèves les plus distingués, et de M. Thorwaldsen, dont les productions rendent moins sensible la perte du Praxitèle italien. Nous ajouterons enfin que l’on vient de fonder sous les auspices du prince héréditaire de Prusse, un institut de correspondance archéologique , partagé en quatre sections , suivant les quatre pays où se trouve le principal théâtre de pareilles études, l’1talie, l'Allemagne, la France et l’Angle-

terre; on se pro ose d’ajouter d’autres :

sections pour la Grèce, la Suède, la Hollande et la Russie ; c'est la plus grande associalion savante que l’on ait encorc établie ; elle contribue déjà à étendre la sphere d’une science qui , de nos jours, a fait tant de progrès , en publiant des annaleset en admettant indistinctement à participer aux découvertes nouvelles les savans de tous les pays du monde civilisé qui font de l'archéologie le sujet de leurs recherches.

On se formerait une idée très imparfaite de Rome si l’on passait entièrement sous silence les monumens ei les débris des somptueux édifices qui décoraient l’ancienne ville, et qui, malgré leur vétusté et les dévastations des barbares, forment encore un des plus beaux ornemens de la résidence des successeurs de Saint- Pierre. Nous signalerons les plus remarquables.

Le pont Ælius, construit par l'empereur Adrien, etnommé aujourd'hui pont Saint-Ange, un des plus magnifiques de l'Italie; il est encore le plus beau de ceux qui traverseut aujourd'hui le Tibre,

La Cloaca maxima, le plus considérable des anciens égouts; c’est une voûte qui étonne par sa hauteur et par sa largeur, et qui sertencore à son ancienne destination, quoique sa construction remonte au n° siècle de Rome, c'est-à-dire aux temps des Tarquins.

L'aqueduc d’Acqua-Vergine , construit par Agrippa, et qui se dégage par la belle fontaine de Trevi, et ceux de l'Acqua-Martia et de l'Acqua- Paola, sont les principales constructions de ce genre qui, comme aux beaux temps de Rome, fournissent abondamment d'eau excellente les nombreuses fontaines de cette ville.

Le Panthéon, bâti et dédié par Agrippa à tous les dieux, est aujourd'hui l'église qu’on appelle /a

Rotonda ou Sainte-Marie-de-la-Rotonda, consacrée à tous les saints. C'est l'édifice 1: mieux

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conservé de l’ancienne Rome ; on admire son majestueux portique qui est soutenu par seize colonnes de granit de dimensions colossales , et sa vaste coupole qui a servi sinon de modèle, du moins d'étude pour toutes celles qu'on a construites depuis. C’est dans ce temple que reposent les restes mortels des grands hommes de l'Italie morts à Rome. Le joli temple rond de Vesta, aujourd'hui de /a Madonna del Sole, et les débris de plusieurs autres temples, tels que ceux de la Lune, de Jupiter Slator et de la Paix, le plus vaste et le plus somptueux de tous ceux que

Rome possédait au Pl de sa plus grande splendeur, etles débris de plusieurs autres qu'il serait trop long de nommer.

Le cirque de Caracalla, le seul qui subsiste encore des dix que possédait Rome ; ce vaste et bel édifice se trouve aujourd'hui au milieu des champs et des vignes; son arène est convertie en pré ou en jardins potagers, et les belles pierres qui formaient la ligne spinea , aiusi que les statues , ont été enlevées.

Le Colisée, bâti par Vespasien; c'est le plus vaste amphithéâtre connu après celui de Catane; ilen subsiste presque la moitié. Ce magnifique monument a été déblayé depuis quelques années etressort dans tout son lustre.

Les restes du thédtre de Marcellus , élevé par Auguste, consistant en un certain nombre d'arcades à double étage, qui forment un quart de cercle et font l'admiration de tous les connaisseurs.

Les ruines des termes de Tilus et de Caracalla; on voit encore les murs extérieurs des vastes palais qui, sous le nom de thermes, servaient de bains publics; ils donnerit une idée de leur immense étendue, On y avait placé 1600 sièges de marbre pour la commodité des baigneurs des deux sexes, qui y trouvaient des bains de toute espèce, mème d’eau de mer. Ces bains étaient distribués dans de grandes salles, dont les voûtes extraordinairement hautes reposaient sur des colonnes de marbre le plus rare; les cuves dans lesquelles on prenait les bains étaient de marbre fin, de granit oriental ou de porphyre; on avait encore ménagé de vastes bassins pleins d’eau pour ceux qui voulaient s'exercer à nager. Une foule d'esclaves de l’un et de l’autre sexe étaient chargés de servir les baigneurs. On y voyait aussi des portiques sous lesquels on pouvait se promener, et où des marchands élalaient toutes sortes de bijoux. 11 y avait de grands emplacemens destinés aux exercices du corps et même à ceux de l'esprit : les philosophes et les rhéteurs s'y assemblaient pour donner des leçons à la jeunesse; les poètes

y récitaient leurs ouvrages; les peintres et les sculpteurs y attiraient les amateurs des arts. L'intérieur de ces magnifiques édifices n'est plus qu'un amas informe de ruines couvertes d’herbag?s et d'arbustes; les colonnes de marbre et les statues en ont été enlevées pour orner les palais modernes de quelques particuliers. Viennent ensuite les ruines des (Lermes de Dioclétien ; ces bains étaient encore plus grands; Michel-Ange en a converti la grande salle impériale, qui subsistait encore de son temps, en une église qui ap-

partient aux Chartreux, en laissant à leur place huit colonnes de granit qui occupent le centre de l'édifice, ®

Parmi les nombreux arcs-de-lriomphie qui ornaient la métropole de l'empire Romain, plusieurs ont traversé les siècles et sont encore assez bien conservés; nous citerons l'arc de Tilus, élevé par Trajan au criomphateur de la Palestine; c'est le plus beau de ceux que possède Rome sous le rapport de l'architecture; quoique très délabré, il offre encore dans ses bas-reliefs le triomphe de ce guerrier sur les Juifs: on y voit le candélabre à sept branches, la table des pains de proposition, et plusieurs ornemens et dépouilles du temple de Jérusalem; l'arc {e Constantin, remarquable en ce qu'il est le mieux conservé de tous; celui de Septime Sévère, par ses bas-reliefs , et celui de Janus, par sa conservation.

Un petit nombre de colonnes monumentales ont échappé à l'action du temps et à la fureur des barbares qui à différentes (poques ont saccagé Rome; nous citerons les trois principales qui subsistent encore : la colonne Antonine, qui donne le nom à la place Colonne, dont elle fait le plus bel:ornement; c'est un trophée magnittque, tout en marbre , élevé par le sénat à l'empereur Antonin-le-Pieux ; les bas-reliefs qui l'entourent en spirale dans toute sa hauteur, représentent divers évènemens des gucrres des Romains sous Antonin et sous Marc-Aurèle ; on l'a restaurée en 1589. La colonne Trajane, regardée comme le plus beau monument de ce genre que les anciens nous aient laissé; des bas-reliefs en spirale, offrant l'histoire militaire de Trajan, en recouvrent toute la surface : on y compte 26500 figures d'un dessin et d’une exécution admirables. La colonne rostrale de Duillius; c'est le plus ancien monument de ce genre qu'il y ait à Rome; elle a environ 12 pieds de haut , et a été érigée par le sénat pour conserver la mémoire de la victoire navale remportée sur les Carthaginois l'an 494 de la république; elle est à présent au Capitole,

Les obélisques qu'on aretirés des ruines, quoique originairement apporiés d'Egypte, font encore partie des antiquités de Rome et figurent parmi ses plus beaux ornemens. Elle en compte dix sur pied; le plus grand de tous est celui qui décore la place de St-Jean-de-Latran; viennent ensuite ceux de la place St-Pierre , de la Porta del Popolo et celui de Monte-Pincio.

Le mausolée d’Adrien, aujourd'hui le cAdteau St-Ange, était un des monumens les plus remarquables de l'ancienne Rome. L'empereur Adrien lui-même le fit construire. Sur une base carrée , d’une vaste surface, s’élevaicent en pyramide arrondie, trois ordres d'architecture, le tout en marbre de Paros. Chaque ordre se composait de colonnes de granit et de porphyre, qui formaient de superbes galeries décorées de statues et de bas-reliefs des meilleurs maîtres. Ce monument qu'on appelait Mole Adriana, à cause de sa masse prodigieuse , était terminé par une magnifique coupole, surmontée d'unt pomme de pin de bronze. Après avoir servi de forteresse aux Goths, de retraite aux petits tyrans qui désolaient Rome pendant les ix° et x° siècles, il fut

transformé en citadelle régulière par Urbain VII. L'ancien tombeau ea forme le corps principal, qu'environnent quatre gros bastions. On y conserve le trésor de l'église, les bulles et les chartes dela cour de Rome, et on y tient enfermés les prisonniers d'état. Au centre du monument est une vaste salle peinte à fresque par Jules Romain, avec des antiques estimés. Une immense galerie le met en communication avec le palais du Vatitau. Viennent ensuite le mausolée d’Augustle, doutles débris annoncent encore sa magaificence; sur les ruines de ce palais de la mort, où chaque membre de la famille d'Auguste avait un asile, on a bâti ua théâtre, où l’on donne de temps en temps des combats de buffles et où tous les dimanches, pendant la belle saison, se rassemble beaucoup de monde pour jouir de la musique et des feux d'artifices qu'on y exécute. Le mausolée de Caius Cestius, monument remarquable par son antiquité et par les peintures faites à la détrempe qui existent encore dans son intérieur ; c'est une grande pyramide carrée bâtie en pierres et en briques, et revêtue de marbre blanc; ses environs servent maintenant de sépulture aux protestans établis à Rome. Le mausolée de Cecilia Metella, qui se distingue surtout par la beauté de son architecture et celle des marbres employés dans sa construction,

Le magnifique palais des Césars sur le mont Palatio, commencé par Auguste, continué par Tibère, embelli des trésors de la nature et des chefs-d'œuvre de l'art par Caligula , Néron, Domitien et d’autres empereurs, est entièrement enseveli sous des jardins modernes.

On cherche en vaiu le Capitole, où étaient conduits en triomphe les rois et les dépouilles des peuples, où Jupiter avait un temple magnifique et Rome son sénat. Nous avons déjà signalé les beaux édifices construits sur son emplacement d'après le plan de Michel-Ange.

Le Forum Romanum, autrefois couvert de temples, de palais, d'arcs-de-triomphe , de trophées, de statues de héros et de dieux, où se trouvait la tribune aux harangues, où le peuple romain pendant tant de siècles jugeait les nations et décidait du sort des rois; cette place auguste a perdu jusqu'à son nom : on ne la connait que sous l'ignoble dénomination de Campo Faccino, parce qu’on y tenait autrefois le marché aux vaches. Mais le dernier pape, qui a déjà tant fait pour les progrès de l'archéologie, a ordonné qu'on déblayât celte vaste place à l'instar du forum de Trajan, qui sortit pour ainsi dire de terre sous l'administration des Français, Déjà les déblais se font avec activité et intelligence, et un des premiers résultats a été la découverte de la première colonne milliaire, regardée comme le centre du vaste empire Romain , et qu'on avait en vain cherchée jusqu’à présent.

Nous avons vu dans l'introduction à la description de l'Italie quelle est la place qu’occupe Rome parmi les villes eymmerçantes et industrieuses de cette contrée. Ici nous ajouterons que la magniti-

cence déployée dans les cérémonies religieuses , le feu d'artifices (girandola) du Château St-Ange, l'illumination de la coupole de St-Pierre le sair de la fête de ce saint, et le carnaval sont ce que la moderne Rome offre de plus important à voir après ces magnifiques monumens. Son carnaval, quoiqu’il ne dure que huitjours, est un des plus beaux de l'Italie ; pendant ce temps ce ne sont que mascarades, courses de chevaux et jeux de tonte espèce ; les masques font quelquefois des quadrilles et des marches pompeuses.

Les campagnes de Rome jadis si florissantes sont en proie à un air malsain et offrent un aspect désolé, L’œil fatigué de voir partout des champs presque incultes n’a pour sc reposer que des débris de tombeaux et les restes des aqueducs qui fournissaient de l’eau et en fournissent encore à cette capitale. Neanmoins dans un rayon d'environ 18 milles, on trouve une foule de lieux célèbres dans l’histoire; plusieurs sont encore assez impere pour mériter quelques détails.

ous signalerons au moins les suivans :

Tivout, sur le Teverone, petite ville épiscopale d'environ 6000 âmes, non moins remarquable par sa situation délicieuse que par ses antiquités. 11 faut voir la cascade du Teverone, les ruines du temple de la Sibylle ou plutôt de Vesta, celles de la villa ou campagne de Mécène, et dans les environs les restes imposans de la magnifique villa Adriana, ou de la maison de plaisance de l'empereur Adrien. On reconnait encore parmi les vastes masures de cette dernière le logement des gardes prétoriennes; on distingue dans l’un de ses deux théâtres le portique extérieur, les salles qui servaient aux acteurs, l'orchestre et autres parties. Le palais était carré; la salle où Adrien dunnait ses audiences a cent pas de long sur soixante-dix de large ; dans une galerie voûtée qui est au-dessous , on aperçoit des restes de fresque, une suite de chambres, des salles, des temples domestiques, mais fort dégradés. Ce qu'il y a de mieux conservé, est une galerie tournante qui fait partie d'un temple voûlé et couvert ; les peintures de la voûte ont encore de l'éclat. À l'extrémité d'un grand bassin est ua temple de Neptune. On y remarque encore d'autres édifices , des escaliers, des restes de colonnades , de portiques, de grandes cours, de corridors, de péristyles, d’aqueducs; enfin on y reconnait l'emplacement du {ycée, de l’acadeémie, du prrianée, du pæcile d'Athènes, du canope d'Egypte, du tempé de Thessalie et de tout ce que l'antiquité avait de plus célèbre, qu'Adrien avait vu dans ses voyages et qu'il avait voulu imiter. Les fouilles faites à différentes époques dans ces superbes ruines ont produit une partie des précieux monumens de sculpture et de

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mosaïque antiques que l'on admire aujourd'hui daus le musée de Rome.

Veuuurat, ville are, mal bâtie, d'environ 10,000 âmes, chef-lieu de la nouvelle légation de ce nom, remarquable par quelques beaux édifices et par ses antiquités. On y admirait autrefois le musde Borgia, disséminé aujourd'hui en partie à Rome et en tes à Naples; son illustration a donné lieu à plusieurs ouvrages impes À 6 milles à l'est-est-sud de Velletri et

\ors du rayon de Rome, on trouve Cori ou Cora, et 6 milles plus loin dans la mème direction Nonua , villes très petites, mais extrèmement importantes sous le rapport archéologique, surtout la seconde, qui correspond à l’ancienne Norba; elle conserve encore des restes considérables de son antique enceinte cyclopéenne, ainsi que cinq portes et deux tours dont l'une ronde et l'autre carrée, genre de construction qu'on trouve très rarement dans les monumens cyciopéens. Ausano , petite ville épiscopale , d'environ 2400 âmes, agréablement située, non loin du lac de ce nom; plusieurs grands seigneurs de Rome y ont des maisons de campagne; on y distingue surtout la villa Doria, remarquable par sa beauté et par les restes d'anciens tombeaux, etle palais Corsini par son étendue. Tout près cstsitué Casrez-Ganvozro, bâti sur les bords du lac, avec un beau palais, où le pape vient passer une partie de l'été, et la villa Barberini, bâtie sur les restes de celle de Domitien. Dans le dac de Nemi, près de Genzano , on trouva en 1827 plusieurs débris du navire de Tibère qui avait péri dans ses eaux. Frascart, l'ancienne Tusculum, petite ville épiscopale, d'environ 4000 àmes, bâtie à mi-côte d’une montagne, au milieu d'une campagne délicieuse que les grands de Rome viennent habiter pendanties plus fortes chaleurs de l'été; elle se recommande par plusieurs antiquités et surtout par les restes de la maison de Cicéron.

Suniaco , petite ville de 2000 âmes, non loin du Teverone , avec un cdteau du pape et les restes du palais de Néron. On doit surtout mention ner le riche couvent de St-Benott, dont. l'é. glise a été ornée par les travaux des plus grands artistes; et nous rappellerons que c'est dans cette petite ville qu'on imprime les classiques Les plus rares et que parut la première édition de Laetance, chef-d'œuvre de la typographie du xvy° siècle. OsriA, à l'embouchure du Tibre, jadis florissante lorsqu'elle était le port de Rome, et maintenant presque entièrement abandonnée à cause du mauvais air; sa populahon concentrée autour de la cathédrale ne s'élève qu'à 260 âmes,

ViTERBE, ville épicopale, assez bien bàtie, au pied d’une montagne et environnée de jardins, de vignobles, et de maisons de campagne appartenant à des familles distinguées de Rome, qui viennent y passer une partie de la belle saison. La cathedrale et le palais du gouvernement sont ses principaux édifices. Le précieux musée Borgien qui formait l’ornement

de cette ville n'existe plus. La place est remarquable par sa régularité ; la population peut s'élever à 13,000 âmes.

Daos ses environs immédiats, on trouve des bains assez fréquentés, etlauilla Capraro la, regardée nar les connaisseurs comme le plus bel ouvrage de Vignola, Dans un rayon de 26 milles à la roude on trouve : Monleflascone, Orvielo, Todi, Terni, Amelia, Narni, Olricoli, Magliano, Civita-Castellana, Baccano, Nepi, Ronciglione, Clvita-Vecchia, Tolfa, Corneto, Piano-di-Poce , Ponte-Bodio, Montallo, Toscanella, Canino, Bolsena, Braccianoet Acquapendente, dont presque tous sont sièges d'un évêché ou donnent le titre au diocèse, et sont remarquables sous plus d’un rapport. Nous signalerons surtout les suivans:

Onviero, remarquable par sa belle cathédrale gothique, par son vin excellent et par sa population qu'on estime à près de 8000 âmes, TEnNI, par ses antiquités et surtout par sa magnifique cascade delle Marmore, formée par le Velino; pop. environ 6000 âmes. Nanni et Nuri, par leurs beaux aqueducs; Narni est en outre remarquable par sa grande antiquité, supérieure mème à celle de Rome , et par son beau pont dit Sanguinazio, construit par les Romains.

RONCIGLIONE , par sa papeterie et ses usines de fer. BAccANO, par sa riche mine de soufre, Mox- TEFIASCONE, par son vin renommé et par le voisinage de l'ancienne église de St-Flaviano, bâtie au xi° siècle, à deux étages, mélange très bizarre d'arches de différentes grandeurs. BoLsENA et BaacciANo, par leur position près des lacs auxquels elles donnent leurs noms.

Civira-Veccuia , petite ville épiscopale d'environ 7000 habitans, importante par ses fortifications, par ses chantiers militaires, par son arsenal et surtout par son port franc etsoncommerce.Toura, par sa riche mine d'alun. Conxero, PiANo-ni- Voce, ainsi nommé par corruption au lieu de Piane-déVulci. Ponrs-Bovio, Monrtazro et Cauno, lieux très petits, mais qui ont acquis une grande célébrité par la découverte récente des nécropolis des anciennes villes étrusques de Zar-

uinie, de Coriolo, de Pulci et de Graviscæ,

ue en très grande partie aux fouilles faites sous la direction et aux frais du prince de Camino, ainsi que par la discussion soulevée par ce savant sur la priorité de la civilisation des Etrusques ; discussion déjà débattue avec très peu de succès par les plus célèbres antiquaires italiens et étrangers du siècle passé, et dans laquelle se sont engagés des savans illustres tels que Ciampi, Vermiglioli, Orioli, Bossi, Niebuhr, Raoul-Rochette et autres, Les fouilies faites dans la necropoli de Tarquinie près de Corneto ont donné les résultats les plus importans; on y a découvert 593 hypogées. Parmi les abjets déterrés se trouvaient : un bouclier ciselé de plus de trois pieds de diamètre et richement orné de figures d'hommes et d'animaux; diverses parties d'un char; un grand nombre de vases; des plaques d'or sur bronze et faisant partie d'unearmure; des bijoux d’or; de petites idoles en terre bleuà-

tré, absolament séiblalites à celles qu'on trouve per milliers! dans les catacombes de l'Egypte. Quelques-uns ée ces tombegux ont offert des peintures très bien conservées représentant des jeux et des repas funéraires, dont quelques-unes d'une grande beauté ; d'autres étaient accompagnées d'inscriptions. MM. Fossati et Maïizi, encouragés per la'rithe moisson d’antiquités étrusques, faite par le prince de Canino en pratiquant des fouilles sur le mêrne territoire ,; décou: vrirent quelque temps après les thermes de Tarquinie , de superbes mosaïques et trois temples étrusques avec leurs sanctuaires respectifs. Les nécropolis de Coriolo, de Vulci et de Gr'aviscæ offrent des tombeaux plus vastes; mais il parait qu’on n’y a pas trouvé jusqu'ici de pein: tures, non plus que dans les tombeaux grecs de la Grande-Grèce; mais en revanche il s'y est rencontré un assez grand norñibre de ces vases peints qui servaient sans doute aux mémies usages, et qui, par les représentations mystiques et funéraires dont: ils sont ornés; rémplissaient dans ces tombeaux étrusques, aussi bien que dans les sépultures gretques, le même objet que les peintures observées dans les grottes dé Cor: neto, dans celles de Chiüsi, et dans quelques autrés tombeaux de la Campagne dé Rome, qui était primitivément un terfitoire étrusque,

Nous 'ajouterons qu'eritre ‘Civita-Castelläna et Nepi se trouve le famenx ermitage taillé dans le roc par Joseph-André Rodio’; ce solitaire , détédé en 1819, y travailla assidüment pendant quinze ans; on y admire surtoutla maisonnette, la chapelle, l'escalier de 144 marches, partagé en cinq vastes paliers, ï’cratoire el la sacristie ;: un nouvel ermite occupe déjà rette demeure solitaire, visitée tous les ans par.un Srand nombre de curieux.

Pérouse (Perugia), ville épiscopale, batie sur une petite montagne pen loin de la rive droite du Tibre , au milieu d’un territoire fertile et bien cultivé, Sa nombreuse jénNaDe, qu’on. porte à environ 30,000 Ames, quelques beaux restes d’antiquités, l’université, le musée d'antiques, ta babliothèque, debelles églises, surtout celle del Gesu, un beau théâtre et quelques manufactures de soie, lui assignent un rang distingué parmi les principales villes de l’État du Pape. Nous ajouterons que c’est dans cette ville qu'en: 1822 on a découvert la grande inscription étrusque illustrée par le savant professeur Vermiglioli. C’est le plus grand monument connu de l’Etrurie proprement dite, comme les fables Eugubines le sont de l’Etrürie Circumpadane et comme la meusa marmorea , trouvée récemment à Herculanum et conservée au musée de Naples, l’est de l'Etrurie Campana.

Dogsun rayon ide 2 milles à la ronde de Pérouse,

où trouvé : Gubbio, Nocera, Assisi, Foligno, Trevi et Todi dans les confins dé cet état, ct Chiuüsi et Cortona sür le territoire. Toscan, toates villes épiscopales, Nous sigialérons surtout à l'attention du lecteur : FouieNo, importante par son comimerce et par ses fabriques de bougies, de‘ draps, de papier, ainsi que par ses contitures très estimées ; elle a un musée d’antiques et parait avoir environ 9000 âmes. Assisi, renommée par le‘tombeau de saint François d'Assise qui y attire entore tous les ans un grand nombre de pélerins ; le double temple (intérieur etsupérieur) bâti dans le xii® siècle en l'honneur de ce saint est très remarquable, pouvant être regardé comme le berceau des beaux-arts à leur renaissance en Italie, 11 appartient à la première époque de l’architecture dite gothique, et a servi de modèle ‘à la construction des églises de l'ordre: de St-François; il est orné de tableaux très bien conservés faits par les premiers peintres de cette époque rémarquable. Le célèbre temple de Santé-Maria degli Angeli, près d’Assisi, a été détruit par un tremblement de terre. On estime: à 4000 âmes la population de cette ville: Gussio, importante par son industrie et par ses antiquités, parmi lesquelles on doit citer les fameuses tables Eugubines qui exercérent tant la sagacité de Maflei, Passeri, Mazzocchi et de Lanzi, pour déchiffrer ce: précieux monument découvert en 1456, près des ruines du célèbre temple de Jupiter Apennin , sur le terri: toire de cette ville dont la population peut s'élever à 4000 àmes. Ce sont sept planches de bronze fondu, couvertes de caractères gravés, quelquelois des deux côtés. Les plus grandes ont 4 palmes romains de long sur 2 1/2 de large. Quatre sont écrites en caractères étrusques «le: droite à gauclie; les deux plus grandes en caractères latins de gauche à droite. Plusieurs savans les fontremonter jusqu'à deux siècles avant J.-C., tandis que Lanzi les regarde comme une production du: v':* siècle de Rome. On y traite dans toutes de sacrifices , de cérémonies , d’oblations ; ce sont, pour ainsi dire, des rituels du culte païeu. Les deux tables en caractères latins pourraient ètre regardées comme le plus grand monument connu actuellement existant sur la liturgie de l’ancienne Ilalie.

ANCÔNE, ville épiscopale assez bien bàtieen amphithéâtre, sur le penchant d’unc colline qui s’étend sur la mer Adriatique, avec un port franc et environ 30,000 habitans. La cathédrale, la bourse, l'aucien are-de-triomphe qui orne l'entrée de la Rue-Neuve, sont. ses constructions les plus remarquables, Le môle aussi mérite d’être mentionné. Ancône est assez industrieuse et la première place marchande de l’Etat du Pape. Depuis peu elle est le siège d’un tribunal d’appel pour les délégations d’'Urbin-et-Pesaro , de Macerata, de Camerino, de Fermo, d’Ascoli et de celle qui porte son nom.

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gnu, it, et scan, 'surnporés dé ar ses d'ans8ist, sd’ Asgrand érieur uneur t'être rts à a preue, eb ses de eaux peinélébre , près ent de ion de lustrie n doit xer cè- , Mazécieux nes du » terri:

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Dansuñ rayon de! 20 milles autour de cette ville ontrouvesinigagliu; —esi, Cingoli, Maceräta, Recanati, Lorelo\et Osimo, toutes villes épiscopdlesbu donnant le titre à des diocèses, remarquables; à l'exception de Cingoli, par leur popue tation et sous d’autres rapports. On doit surtout mentionner : SINIGAGLIA , importante par s0n poit

et particulièrément par sà foire , Qui est la: plus) grande’de l'Italie él'une- dés principales de-l'Eu-

rope ;popi environ 8000 âmes, MACERATA . par! son universilé, ses établissemens littéraires, et par sa population qui dépasse 12,000 âmes. Lo-

RETO. jorle célèbre sanctuaire de Nôtre-Dame, conn, 5° 18 Île nom de Santa-Casa ; cette der nière : trouve dans l'intérieur d'un teriple ma:

gnifique, donitte trésor , quoique béaucoup moins rithe qu'onine lé disait, était ; avarit son pillage ; |

un des'plus considérables de la chrétienté ; pop. environ 8000 àmes.. en AT

RiMINt, villé re és ; assez grande, mais péu peuplée, située près de l’em= bouchüre dé la Marecchia, qui n'y forme plüs qu’ün petit port pour des bateaux de pêcheurs, à cause de la retraite de la; met, De belles rues, plusieurs places or nées de fontaines, un grand aombre de.

maisons bien construites, plusieurs belles églises, une bibliothèque publique assez, riche, et plusieurs restes importans des anciens édifices qui ornaient cette ville.

la rangént parmi les plus importantes:

de l'État du Pape. Nous nots bornerons à nommer l'église de SI-Frariçois cothmencée en style gothique et achevée vers l’année 1447 par le célèbre Léon-Baptiste Alberti, restaurateur de l’architecture ; le bel. are-de-triomphe d'Atguste à l'entrée de la ville, un des mieux conservés, et lé superbe pont, près de la porte St-fulien, construit en marbre blanc sous les empereurs Auguste èt Tibère à la jonction des deux routes consulaires , la Flaminienne et l’Emijlenne ; li population de Rimini paraît s’élever ati-dessus dé 15,000 âmes.

Dans un rayon de 26 milles autour de Rimini, on trouve : Cesenatico, Cervia, Ravenne, Forli, Forlimpopoli, Cesena , Savignano, San-Ahgelo in Vado, Urbania, Urbino, Fossombrone, Fano , Pesaro et la république indépendante de Saint-Marin , toutes sièges d’un évèché ou donnant le titre à nn diocèse, à lexception de Cesenatico et de Forlimpopoli, et remarquables par léur population, à l'exception de Cesenatico, Cervia, San-Angelo in Vado ; Urbänia et Fossombrone. Notre cadre nous permet de signaler seulement les suivantes :

Ravennr (Ravenna), ville archiépiscopale, située entre le Montone et le Ronco, près d’un terrain marécageux qui en rend l'air malsain. Celte ville, st Sorissante au temps des Romains, si peupléc

dans les vu? et vin® siècles lorsqu'elle était la ré: sidence des exarques qui gouvernaient l'Italie. pour les empereurs d'Orient, ne compte plus qu'environ 16,000 häbitans. Mais si les superbes ” édifices bâtis par les Romains et par Théodorie ont! dispari sous les ‘attérissémens qui ont fhi pat: combler entièrement son port ; où Pompéé et Au: guste faisaient hivernerleurs flottes ; d’autres édi: fices assez bien conservés rappellent son ancienne, mâgaificence ; nous citerons entre autresla grande et belle que octogone de st-Pilal, et le vof tistère de l'église ‘de St-Jean-Baptiste, ét: fices dont la construction remünté, sél0n'M. Sarl: Qüintino} à 4° première moitié du vi° siècle ;; et qui doivent par. conséquent être rangés parmi les; plus anciens temples. du christianisme ; mais c'est surtout la petite église des Sts-Nazare et Ceise qui doit être mentionnée sous ce rappo » Câr elle a êté bâtie par Galla-Placidia fille de l'emiperéur Théodose-le-Gratrd ; on y voit lé‘tombedu de cette princesse, ceux de l'empereur Hünürius son frère, de sôn époux Constance.et du flls de Valentinien 111 ; Péglise de 5t-Vital. est aussi remarquable, parce qu'on peut la regarder comme l'original d’après lequel Charlemagne fit construire là magaifique cathédraïé d’Aix-la-Cliapelle, Viennent énsuitelacdthedrale et l'église ti linairé dès Camaldulés , dans la ville} ét'hors de son enceinte, Vers l'ancien port, celle de'5té- Mürie de la Rotonde ; cette dernière: était primitivement le tombeau quela célèbre Amalasonte éleva à:son père le grand Théodoric, el une.imitation du mausolée d’Adrièen; c'est une rotonde à deux étages, dont lé premiér est enterré ; un seul bloc de pierre d'Istrié de 34 pieds de didmètré Horsd'œuvre en forme Ta coupole. Le musée d’antiquités et la bibliothèque publique ne doivent has être oubliés. Dans une de ses églises reposent les cendres du Dante, réclamées plusieurs fois en vain par les Toscans.

Cenvia, très petite ville d'environ 4000 habitans, mais importante par Ses immenses salities. Fonrt et CesenA , par leur industrie et pèr leur populas tion : onestime celle de la première à 16,000 âmes ; et celle de la seconde à environ 12,000, Unis, par son université, etparce qu'elle est le siège d'un archevèché, et qu’elle à vu naître le grand peintre Raphaël; pop. environ 7000 âmes. FAno et Pesano, par leurs ports, par leur nombreusé marine marchande et par leurcommerce; celle:

ci compte environ 12,000 habitans ; on en atcorde près de 16.200 à Fano.

Bococne, belle est grande ville archiépiscopale, industrieuse , commerçante et la plus importante de l’état, après Rome, Elle est située sur le canal de Bologne ; entre le Reno et la Savena , au milieu d’une campagne délicieuse, couverte de jolies maisons et de villages ; sa population dépasse aujourd’hui 71,000 habitans, Les maisons sont en général bâties ou re-vêtues de pierres de taille avec des portiques en arcades , élevés au-dessus dti

du4

niveau de la rue, en sorte qu’on peut géruaris cétte ville à l’abri des injures

utemps, à pied sec et sans être incommodé par les, voitures. On doit remarquer que ces portiques. sont très. communs daas un grand nombre de villes de litalie , surtont dans celles de sa partie septentrionale ; ils contribuent beaucoup à leur donner une physionomie toute particulière. Parmi les nombreux édifices qui

font lornement de Bologne on doit citer : -

la cathédrale dédiée à St-Pierre, dont on! admire la nef ; l'église de, Ste-Péetrone, où se trouve la fameuse méridienne tracée par Cassini; l’église des Célestèns ; les bâtimens de l'ancienne uñniversilé, où se trouvent maintenant les écoles élémentaires, et celui de l’ixséitut; l'hôtel des monnaîes ; le théâtre Commiunale, un des plus grands de l’Italie ; les palais Caprura , maintenant aux hériliers du prince Eugène Beauharnais ; Ranuzzt, appartenant aujourd’hui au prince Bacciocchi ; Fantuzzi ; Tanari; et ceux de Zambecariet Sampieri, remarquables par leurs belles collections de tableaux: on ne doit pas oublicr la tour des Asinelli , la plus haute de l’Italie, et celle de Garisendi, remarquable parce qu’elle est inclinée de huit pieds deux pouces ; et la magnifique fontaine de Neptune qui orne la grande place :

c’est un béau groupe en bronze, travail de Jean Bologna.

Bologne s’est toujours distinguée et se distingue encore par ses importans établissemens publics, à la tête desquels on doit mettre l’université, une des plus anciennes de l’Europe et actuellement une des principales de: l'Italie ; le jardin botanique, un des plus beaux et des mieux entretenus de l’Europe méridinnale; l’Znstituto, établissement magnif- ‘ que, où se trouvent une des plus riches bibliothèques de cette partie du monde et des collections superbes de chimie, de physique; d'anatomie, d’antiquités et un

elobservatoire; l’académie des beauxarts, où plusieurs professeurs enseignent tout ce qui est nécessaire pour former des artistes habiles dans tous les genres ; elle possède deux superbes galeries de sculpture et de peinture ; dans cette dernière on admire la S/e-Cecile estimée le plus beau tableau de Raphaël, et la Madonne du Rosario de Dominichini ; le lycéephilharmonique, qu’on peut regar-

der comme.une des principales écoles de musique de l’Europe ; plusieurs professeurs y enseignent tout ce qui se ra à cet art aussi agréable que diflicile.

Parmi les différentes sociétés littéraires

que possède Bologne nous citerons l'aca-

démie de’ Filodieologi où jurisoun-

sultes comme la plus importante. Cette

docte cité, la plus centrale de l'Italie, a

toujours revendiqué l'avantage d'appeler

dans ses murs les divers artistes de mu-

sique pour qu’ils y fassent choix des lieux

où ils desirent montrer leurs talens ; aussi

Bologne est-elle depuis long-temps le cen-

tre principal des engagemens pour les

artistes des théâtres de l’Italie. On doit

ajouter que sous le gouvernement italien,

c'était dans cette ville que se rassemblait

le collège des savans (dotti), du royaume

d'Italie, tandis qu’à Venise se rassemblait

celui des négocians et à Milan celui des

propriétaires (possidenti) ; et que Bologne

a vu naître les célèbres peintres Dorni-

nichini ct Guido.

Dans les environs immédiats, qui sont d’une beauté remarquable , on trouve le fameux sancluaire de la Madonna di San-Luca, auquel on va par un portique de 690 arcades, qui rendent ce pélerinage très agréable aux dévôts ; le beau monastère de la Certosa (Chartreuse) changé en un des plus beaux cimetières de l’Italie ; et celui des Olivétains de St-Michel in Bosco, d'où l'on a une vue superbe sur la ville.

En décrivant un cercle autour de Bologne avec un rayon de 20 milles, l’espace inscrit offre plusieurs villes et lieux remarquables sous plus d'un rapport, tels que ; Menicina , gros bourg d'environ 5000 habitans; InoLa, ville épiscopale de 8000; CasTEL SAN-PierRO et CastEL - FRANCO, jolis bourgs; Centro, pelite ville épiscopate d'environ 4000 hab. Sur le territoire modenais on trouve Monënes et FINALE,

FERRARE (Ferrara), ville archiépiscopale, fortifiée, grande, mais mal peuplée, située sur une branche du Pô et sur un canal qui la fait communiquer au PO di Maestro. Parmi ses édifices les plus remarquables nous citerons la cathédrale, le nouveau palais du gouvernement, l'ancien palais bal et le théâtre. Ferrare, dont la population s'élevait jadis à plus de 60.000 àmes, lorsque la cour de ses ducs était le rendez-vous des littérateurs les plus distingués de l'Italie, ne compte plus maintenant qu'environ 24,000 habitans. Cette ville possède une université, une bibliothèque publique où l’on conserve les manuscrits de l’A-

aviron e une blique e l’A-

riostequi y naquit, du Tasse, de Guarini et d’autres poètes célèbres , et quelques autres établisssmens littéraires assez importans. On doit ajouter que, depuis quelques années, Ferrare a été jusqu’en 1834 le siège du conseil du célèbre ordre souverain de Jérusalem de Malte dont toutes les archives ont été transportées à Rome depuis la mort de son chef. Cette ville a une citadelle, grande, forte et régulière , qui est occupée par les troupes de l’empereur d’Autriche.

Peu loin sur le PO on trouve : Pontedi-Lago-Scuro, petite ville très importante par son commerce de transit, auquel son port franc a donné une grande extension dans ces dernières années, pendant lesquelles la population a beaucoup augmenté ; on croit qu’elle dépasse aujourd’hui 5000 àmes.

On doit encore signaler, parmi les villes remarquables de l'Etat du Pape, les suivantes :

TERRACINE, vilie épis:« "7 de la délégation de Frosinone, dont on po" : :5::) Âmesla population. On y remarque s: :: ? .. 1e vaste place environnée de beaux édif.. : ,: valaisconstruit par Pie VI, et plusieurs restes de son ancienne splendeur , tels que la façade d’un temple de Jupiter, les ruines d’un château de Théodoric et des travaux élevés par Antonin-le-Pieux pour la construction d’un portquiest maintenantcomblé, On voit aussi dans les environs les restes considérables de la Voie Appienne qui de Rome allait en ligne droite à Anxur ou Terracine, en traversantlesmarais Pontins, d'une triste célébrité. D'immenses travaux ont été inutilement exécutés depuis vingt siècles pour les rendre habitables, parce qu'on n’est jamais parvenu à faire écouler entièrement vers la mer les abondantes eaux qui, descendues des hauteurs environnantes, s'arrêtent dans la partie la plus basse de leur niveau où elles deviennent croupissantes ; c’est aux miasmes délétères qui s’en exhalent que Terracine doit la réputation d'être une des villes les plus malsaines de l'Europe. D’immenses pâturages, quelques forêts, de nombreux troupeaux guidés par des pâtres farouches et souvent voleurs occupent la plus grande partie de ces marais, dont la traversée offre aux voyageurs les dangers d’un climat délétère , et ceux non moins à craindre des brigands peut-être les plus déterminés et les plus cruels de l'Italie. À quelques milles au sud-ouest de Terracine s'élève le promontoire Circello, près duquel l'Odyssée place la demeure de la magicienne Circé; du sommet de cette: montagne plus célèbre qu'élevée, toute bordée de murs cyclopéens, on peut contempler à-la-fois et du même regard les deux merveilles de l'art et de la nature de l'Italie : le Fésuve ct la coupole de st-Pierre.

Srouero, ville épiscopale, chef-lieu de la délégation de ce nom, assez grande mais peu peu-

plée, remarquable surtout par les restes de son antique magnificence , tels que le temple de la Concorde , les ruines des temples de Jupiler et de Mars, le palais construit par Théodoric, l'arc-de-lriomphe: appelé la. porte d’Annibal ou di Fuga, l'uqueduc et le pont. sur la Maroggia, hors de la ville, attribués aux Romains; ce dernier est regardé comme fe pont le plus'haut de toute l'Europe; l’aqueduc passe sur un de ses côtés; pop. environ 7000 àmes..Un y:a découvert us pont romain :magaifique , près de la porte de la ville: il était enterré. . P1E-o1-Luco, petit village sur le lac de ce nom, remarquable par un des plus beaux échos que l’ôn connaisse ; il répète très distinctement un vers endécasyllabe. Rieri, ville épiscopale, renommée depuis le temps des Romains par la grande fertilité de son territoire, et encore importante par son industrie, par quelques beaux édifices, par son lycée ,.et par les restes d'anciens bâtimens qu'on.y a découverts; l’ancienne Via Salaria la traverse; pop. environ 12,000 âmes.

FEermo, vie archiépiscopate, importante par son université secondaire, et: par plusieurs beaux édifices, parmi lesquels sc distinguent surtout la cathédrale et le théâtre ; pop., sans la banlieue , 7000 âmes. Près de Porto-Fermo, dans une campagne délicieuse, Jérôme Bonaparte a fait bâtir un palais magnifique où se trouvent deux belles collections de statues et de tableaux..

CAMEMXO , assez jolie ville épiscopale, remarquable surtout par son université secondaire; pop. environ 7000 âmes.

Fasriano, ville épiscopale, importante par son industrie, surtout par ses fabriques de papier et de parchemin, et remarquable par le %usée divoires. formé par M. le comte Possenti, que M. Cicognara nous assurail naguère être /a collection: de ce genre la plus riche que l’on connaisse ; il contient plus de 3000 monumens de toutes les époques et de toutes les nations. On porte à 7000 âmes la population de cette ville.

FAENZA , ville épiscopale , assez grande et assez bien bâtie, importante par son industrie et par son commerce, favorisé par le canal qui la met en communication avec le PÔ.de Primaro; elle a donné son nom aux ouvrages de terre cuite appelés majolica pax les Italiens; quoique cette manufacture de faïence ait perdu beaucoup de son ancienne splendeur, lorsque les Raphaël, les Dominicain et autres grands maitres lui fsurnissaient leurs dessins, elle est encore assez considérable pour mériter d’être mentionnée ; pop. environ 14,000 àmes.

Comaccmo, petite ville épiscopale de la légation de Ferrare,. importante par se: pêcheries, ses salines, et surtout par ses fortitications occupées par une garnison autrichienne ; pop. environ 8000 àmes.

Dans les enclaves du royaume de Naples on doit surtout nommer : BENEVENT, assez grande ville, siège d’un archevêché, et remarquable par plusieurs beaux édifices , entre autres la cathédrale, et par ses antiquités; parmi ces dernières se distingue le bel arc-de-triomphe de Trajan.

Cette ville. a joué un. grand rôle dans le: moyen âge, lorsque ses ducs étaient une des puissances : Royaume des

cowrxS, Au nord, PEtat du Pape et la mer Adriatique. À l'est, la ner lonienne.

Au sud, la mer lonienne, la Médi' sranée {

etl’Etat du Pape.A l’auesé, PEtat .: Pape.

, ras! Le royaume actuel des Leux-Sicites se compose des deux ci-devant royanmes séparés de Naples et de Sicile, moins ses possessions dans la Toscane, savoir.

l'Etat des. Garnisons (Stato dei Presidj), une petite partie de l'ile d'Elhe el le droit de suzerainetésur laprincipanté de Piombino, qui par le congrès de Vienne ont été donnés au grand-duc de Toscane.

rzeuves. Tous les fleuves de ce royaume ont tin cours très horné, Ils ont leurs embouchures dans les trois mers qui environnent cette contrée.

La MER MEDITERRANEE reçoit : le Gant uaxo Gel le Vorunno, qui pareourent la Terre

nvépondérantes de l'Italie ;: Pop. chvirou: 44,000 ames. y “+144

Deux-Siciles.

Labour; le Garigliano passe par Sora; le Voins po pae L ge SELE, qui arrose la Prinndance de Caltanisetta en Sicile.

La MER. IONIENNE reçoit : la Grannetra, le jus grand fleuve de la Sicile, qu'il Lraverse daus Finte dance de Catania.=Le Crate , dans la Alabre-Citériéure, a." le À rep ér n sers 1 en. cate, ontleurs embouchures uans Ta- MF AU e la pal lonienne ; le Crate baigue Cosenza, et le Bradano, Acerenza. :

la MER :ADRIATIQUE reçoit : l'OFANTE, ïe Canbeuano elle. FORTORE, dans la Fouille ; l'Ofaule passe par Conza.—La PescarA elle TRoxTO, dans l'Abruzze;, A Hd Le ah Lg ; à ane: petite distance de Chienti, etpar Pescara;

. DIVISIONS ADMINISTRATIVES.Toutle royaume est actuelloment partagé en 22 provinces, où intendaices subdivisées en 76 districts et composées :de: 663 arrpndissemens; 15 intendances apparlieunent au royaume de Naples proprement dit, et formert ce que le gouvernenien appelle les Domaines en deçà a HA Gomin au

uà'del Foro), et 7 appartiennen ; qui est nommée les Domaings au delà du Phare (Dominj al di là dei Faro).

te

eure.—Le SALso, qui parcourt l'in- ,

Nous DES INTENDANCES. Cagrs-Lieux, VILLES ET LIEUX LES PLUS ARMARQUABLES, DOMAINES EN-DEÇA DU PHARE.

NAPLES NAPLES (Napoli), Pozzuoli, Somma, Oltajano, Casoria, Portici

Resina, lesreste: d'Herculanum, Torre del G'eco , Torre dell Annontiata, les restes de Pompeia, Casteilamure, Sorrento. Les tles Procida, Ischia, Capri. | Tenns ne Lasour(Torra di Caserta, Piedimonte, $an-Germano: ot Monle-Cassino, Sora, Lavoro).. ... Arpino, tra, Gaële, Capoue, Sle-Marie, Nola, Acerra, Aversa, addaloni.Le groupe, FALL Ponza.

PRINCIPAUTÉ CITÉRIEURE, . Salerne, Camnpagnü, Sala, les ruines #e Pæstum, Vallo, 4Ama'i, MANCEE Nocera, Casa, ” À Paxcipauré Urréaisone .: Avellino, San-Angelo de’ Lombardi, Arinno, l'hermitage de Monte-Vergine, Atripalda, Montella, Solofra.

Mouse. . .,..,,.,,, Campobasso, /sernia, Larino, Termmoli, Agnone. AouuzzL UuréniEure N°, . #qu h a, Avez3zanc, c'apisl'ello, Angisix, Civilt-ducale, Pesvina;, Sulmona. : RU 18 AnnüZZE-ULTÉRIEURE 1°. : SEULE Campli, Penne (Civita di Penne), Civitella del Tronto, endrica.

Avnvzze-Cirémeure . , ., Chieti (Cività di Chieti), Lanciano, Ortona a Maré, Pescara, ' Vasto, l'ancien couvent de Sar-Filo.

CAPITANATE Faggia; Ascoli, Bovino,'Lueere, Manfredonix, Monte San-A4n< el NA CEAHANO. Le. groupe des Îles Tremiti où se trouve l'ile San Nicola, etc.

Bari, Andria, Terlizzi, Bilonto, Allamura, Gravina, Barletta, Trani, Bisceglia, Motfetta, Giovenaz20, jonopoli.

Lecce, Sla-Marie di Leuca, Alessano, Olrante, Brindes (Brinde Francavilla, Tarente, Manduria, Gallipoli, Nardo; Gaatina.

BASILICATE. , , Po 4e nza, Lagonero, Turxi, Miiera, Monliepeloso, Melf, Oppido,

uro.

CALABRE-CITÉRIEURE . . . . COSCnza, Bisignano, lassano, Castrovillari, Corigliano, Rossaro, Scigliano, Paola où Paula, PA SLR

Cauanne-Uvréniepné Hf, . Catanzaro, Sta-Severina ; Cotroneé, Nicastro, Pizzo, Monte- Leone, Parghelia, Tropea, Nicotera, Stilo, Serre.

Caaune-ULréniguns [re , Reggio, Scilla, Seminara, Palmi, Gerace, Bova et les ruines de Locri, Oppido.

DOMAINES AU-DELA DU PHARE (Sicile).

PALERNE rues 2 gd Corleone, Termini, Cefalà, Bisacquino. L'ile Ustica.

MESSE. Messine(Messina), Melazz0, Patti, Mistretta, Randaï30, Taormina, Castroréale. Le, groupe de Lipari, où se trouvent les les Lipar'i avec Lipari, Fulcano, Salini, Slromboli, etc, etc.

poui que el à rem, grar sure res, d’on leur:

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