‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 2)Chapitre 304 sur 628 · TIM · texte numérisé non relu

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143 Audais de Sénat

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déjà parlé du grand canal d'enceinte qui, au midi, borde cette métropole.

Ün incendie ayant dans les derniers jours de 1837, détruit le palais d'hiver, demeureordinaire de l’empereur, bâtiment immense, mais d’une architecture lourde et défectueuse ; nous nommerons parmi les principaux édifices qui décorent la nouvelle capitale des tsars, le beau palais de l'Ermitage, bâti par Catherine ll, dont il était le séjour favori; il commu niquait par une galerie au palais d’hiver, it renferme plusieurs collections précieuses, entre autres la galerie de tableaux et le cabinet des pierres gravées , rangés justement pare es plus riches de l’Europe ; le cabinet .'es bijoux etjoyaux, où l’on conserve les diamans de la couronne, parmi lesquels on admire le fameux diamant de 194 carats, un des trois plus grands qui existent; les bibliothèques de Voltaire, de Diderot et de d’Alembert; et les superbes collections de tableaux et de statues qui ornaient la Malmaison , un des séjours favoris de Napoléon : c'est aussi dans ce palais qu’est situé le théâtre de la cour; le palais de marbre, bâtiment magnifique mais irrégulier; il appartenait au grand-duc Constantin: le palais d’Anitschkov, bâti dans le goût italien ; c’est pour ainsi dire la maison particulière de l’empereur Nicolas, où il demeurait lorsqu'il était grand-duc, qu’il habite encore quelquefois et qu’il paraît beancoup affectionner; le palais de la Tauride, remarquable par l'élégance de son architecture , par ses vastes galeries , par son jardin et parce qu’il a été construit par l’opulent prince Potemkin, tout exprès à l’occasion d’une fête w’il donna à Catherine 11; le palais du grand-duc Michel, construit récemment ; il se recommande par la beauté de son architecture, l'élégance et la richesse de son ameublement; on y voit une belle collection des armes et des uniformes de presque tous les peuples anciens et modernes. Viennent ensuite : l’ancien palais de St-Michel, maintenant occupé par le corps du génie; sa construction rappelle les châteaux du moyen âge; il a été élevé par Paul 1°", à la suite d’une prétendue visiun ; c’est dans un de ses appartemens que ce monarque termina sa vie d’une manière si tragique ; l’Afel de l’académie des beaux-arts, regardè comme le plus beau bâtiment de St-Pé-

tersbourg sous le rapport de la régularité et du grandiose de son architecture ; la bourse, qui est un des plus beaux édifices de la capitale ; l’amtrauté, dont la flèche dorée , très élevée , est le premier objet qui se présente en approchant de St-Pétersbourg ; son immense enceinte renferme un vaste chantier où l’on construit des vaisseaux de ligne, et de grandes salles occupées par les objets intéressans qui forment le musée de la marine ; le bâtiment de l'académie des sciences; la banque des assignats; le bâtiment du corps des pages, ci-devant chapitre de Malte; l’hôfel-de-ville et surtout le beau théâtre d'Alexandre nouvellement bâli ; l’&fat-Major, magnifique bâtiment semi-circulaire , élevé récemment vis-à-vis du palais d’hiver pour en former l’enceinte ; une belle rue passe sous un arc immense, surmonté d’une Victoire et joignant les deux parties de cet édifice; on ya transféré tous les bureaux relatifs à l’administration de la guerre; vis-à-vis du passage s’élève le monument d'Alexundre : c’est une immense colonne d'ordre dorique, dont le fût, composé d’un seul bloc de granit, n’a pas moins de 84 pieds anglais de haut ; i: parait même que ce monument, dont le seul transport et la mise en pue font beaucoup d'honneur à M. ée

onferrand, doit étre regardé comme /e plus grand monolithe connu. On ne doit pas oublier le Gostinoi-Dvor avec ses deux galeries, dont celle du rez -dechaussée a plus de 170 boutiques où sont étalées, comme dans un grand bazar, des marchandises de tout genre; le vaste local de la bibliothèque impériale ; les manèges, rangés parmi les plusbeaux «ie l’Europe; à l'entrée de celui de la garde-à-cheval sont placées deux belles statues , imitation de celles qui ornent la place de Monte-Cavallo à Rome ; le nouvel arsenal, remarquable par son étendue et par ses beaux ateliers ; on y admire surtout la fonderie ; le corps des mines, où il y a un souterrain qui imite les différentes couches du sol dans les mines ; le Smolnoiï monastère; l’Institut de Ste-Catherine; le magnifique Aôpital des pauvres malades; \a maison

des enfans trouvés ; le bâtiment de:

l'institut des voieset communicalions; les casernes , aussi remarquables par leur étendue que par leur nombre, el par-

mi lesquelles se distinguent les casernes des régimens des gardes Zsmaïtlovsky, Pavlovsky, Moscovsky ; et des chevaliers-gardes ; les vastes et beaux édifices du premier et du deuxième corps des cadets de terre; celui des orphelins miditaires; l’ancien collège de lu guerre.

Parmi les nombreuses églises de St-Pétersbourg, ou doit surtout nommer les suivantes : la cathédrale ou Notre- Dame de Kazan , construite sur le modèle de St-Pierre de Rome, mais. dans des dimensions beaucoup plus petites; l’eglise de St-Isaac , dont la reconstruction sur un nouveau plan a commencé en 1822 ; on admire surtout la coupole très élevée et les quatre portiques qui décorent l'extérieur de cetemple ; chacun d'eux doit avoir huit colonnes de face et trois colonnes latérales à base et chapiteaux de bronze; elles sont toutes d’un seul bloc de granit, de 5 pieds 10 pouces de diamètre à la base et de 56 pieds anglais de hant ; ce sera un des plus beaux monumens de l’architecture moderne ; l’église de St-Pierre et St-Paul , située dans la forteresse de St-Pétersbourg ; elle se recommande par sa flèche audacieuse; elle renferme le caveau qui sert de sépulture aux membres de la famille impériale; viennent ensuite celles de S/- Nicolas, de St-Siméon, de la Trente guration, etc. On ne doit pas oublier aux portes de la ville la belle église du couvent de St-Alexandre Nevsky, renfermant le riche tombeau de ce saint en argent massif ; dans son enceinte se trouve le cimetière remarquable par la magnificence des monumens funéraires qu’il renferme. Nous ne citerons pas tous les magnifiques hôtels appartenant à des particuliers, parce qu’on pourrait regarder St-Pétersbourg comme presque comosée d’une suite de palais, tant sont elles en général les maisons des simples rticuliers ; nous nommerons cependant es superbes hôtels de Sé#rogonov , de Bezborodko, de Scheremetev, de Gagarin, de Belosselsky, de Labanor.

Nous signalerons parmi la foule d’établissemens scientifiques et littéraires , qui ajoutent à l'importance et à la splendeur de la moderne capitale de l’empire Russe : l: magnifique Observatoire presque achevé; l’université fondée en 1819,on ya réuni l'école de droit créée en 1805; on a le projet d’y ajoutsr une

grande section pour les langues Orienlales, composée de onze professeurs et de plusieurs adjoints ; elle possédera une typographie, une bibliothèque et publiera un journal. asiatique ; 40 élèves seront instruits et entretenus dans ce bel établissement ; l’acadeémie chirurgicomédicale de St-Pétersbourg , fondée par Pierre-le-Grand et réorganisée par ’empereur Alexandre ; c’est un des pins beaux établissemens de ce genre ; le nombre de pensionnaires qu’on y admet peut monter à 520; 386,000 roubles sant affectés aux dépenses annuelles qu’exige leur instruction; l'institut central pcdagogique, rétabli en 1828; il est placé au même rang que les universités et recou les jeunes gens qui se destinent à ’enseignement ; la hauwle école de St- Pétersbourg , fondée en 1822 ; on a le projet de la convertir en un gymnase; l’académie ecclésiastique de St-Pétersbourg, un des quatre grands établissemens de l’empire, où l’on enseigne les sciences théologiques aux jeunes gens attachés à la religion dominante ; la pension noble annexée à l’université ; les deux écoles militaires connues sous les noms de Premier et de Deuxième corne des cadets de terre ; l’école d'artillerie de S!-Petersbourgy, ouverte en 1809; le corps des cadets de la marine, fondé par Pierre 1°", auquel l’empereur Alexandre a ajouté en 1803 une école de navigation pour 50 élèves ; l’ixséitut du corps des ingénieurs des voies et communications (ponts-et-chaussées) , fondé en 1820; le corps des pages, espèce de collège militaire, dont les élèves font le service de la cour ; l’école des beaux-arts, connue sous le nom d’académie des beaux-arts; l'école des cadets des mines, à laquelle l’empereur Alexandre a donné en 1804 une nouvelle extension : l’éfablissement oriental , fondé en 1823 pour former de bons drogmans, si utiles et même indispensables dans les nombreuses relations diplomatiques de la Russie avec les souverains de l'Orient: l’école decommerce; l'institut technologique, établi il y a quelques années pour former de bons ouvriers et fahricans; 132 élèves y sont nourris et instruits ; l'école impériale d'agriculture, fondée en 1801, et celle que la comtesse Strogonov a ouverte en 1824, dans le méme bul; l’école de la marine mar-

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chande, créée par l’empereur Nicolas pour former des capitaines et des pilotes habiles pour la marine marchande, ainsi que quelques constructeurs de navires de commerce ; la couronne y entretient trente-deux élèves ; l’école vétérinaire; les deux gymnases ; l'école principale irait » Où plus de 500 élèves sont formés à toutes les connais- sances utiles dans les différentes conditions de la vie : l’enseignement s’y fait en allemand ; l’inséifut des demotïselles du couvent Smolnoï, où 500 jeunes filles reçoivent aux frais du gouvernement une éducation soignée ; on y enseigne en outre aux demoiselles qui appartiennent à la classe des filles nobles, tout ce qui concerne les talens d’agrément et de société ; l’énstitut de Ste-Catherine, où 180 jeunes filles de haute naissance sont élevées avec le plus grand soin.

L'institut de Ste-Marie, pour les demoiselles bourgeoises; la maison des orphelins militaires , réorganisée en 1805 ; l’école des filles de cette même maison ; l’école des porte-drapeaux; la maison des enfans trouvés de St- Pétersbourg ; les ecoles allèmandes de Ste-Anne et de Ste-Catherine sont de grandes écoles élémentaires qui ne doivent pas être passées sous silence, Les sociétés savantes et les associations ui ont pour but l’avancement de la civilisation, en luttant contre les préjugés et en répandant des notions nouvelles et de nouveaux moyens d’aisance, sont beaucoup plus nombreuses à St-Pétersbourg qu’on ne le croit généralement. On doit placer à leur tête l'académie impériale des sciences de St-Pétersbourg, illustrée par tant d'hommes célèbres , et renommée par les savans mémoires qu’elle publie; l'académie impériale russe ; l'académie des beaux-arts ; la societé dibre des umis des sciences, de la littérature et des arts ; l'académie meédico-chirurgicale, dont on a déjà parlé sous le rapport de l’enseignement ; la société des amateurs de la langue russe ; la société de médecine ; la s0ciété pharmaceutique ; la soctété impériale de minéralogie ; la sociélé libre économique ; la societé libre d’économie rurale ; la societe impériale hilanthropique; la société militaire; a société pour l'encouragement des écolesd’'enseignementmutuel; la socie-

té pour l'encouragement des artistes; elle entretient à Rome les meilleurs élèves qui sortent de l’école des beaux-arts.

St-Pétersbourg offre un grand nombre de collections scientifiques et de beanxarts, dont quelques-unes figurent à côté des premières del’Europe. Parmi sésnombreuses bibliothèques , nous citerons : la bibliothèque impériale, qui estla plusriche de tout l’empire et une des plus grandesde toute l’Europe; celle de l’Ermitage à laquelle est jointe la précieuse collection nommée bibliothèque russe, composée de 10,000 volumes d’ouvrages écrits tous dans la langue nationale; la bibliothèque de l'académie des sciences, qui possède une précieuse collection de manuscrits orientaux, enrichie par les trésors bibliographiques enlevés à la Perse et par les magnifiques manuscrits persans dont le schah Feth-Ali a fait don à l’empereur Nicolas ; c’est dans le même bâtiment qu’on a établi l'observatoire :

par lequel les géographes russes font passer leur premier méridien, et près duquel se trouve le fameux globe de Guttorp , dont l’intérieur représente le ciel, avec le lever des étoiles, leur passage par le méridien et leur coucher; sur sa surface est figurée la terre ; il a 11 pieds de diamètre. Viénnent ensuite les bibliothèques de l’université , de l’amiraulé, du palais de marbre, du corps des cadets, du couvent d'Alexandre Nevsky et de l'académie des beaux-arts.

Parmi les collections d’un autre genre nous nommerons : le cabinet d'histoire naturelle de l'académie des sciences , auquel celui de l’amirauté a été ajouté ; c’est un des plus riches qui existent; il s’est successivement enrichi par les voyages de découvertes , faits en diverses contrées et par des achats considérables; la galerie impériale des tableaux à l'Ermitage , une des plus riches et des plus remarquables de l’Europe ; le musée de sculpture et d'architecture de l’académie des beaux-arts, et la petite co/lection du palais de Tauride, qui offrent ce que la Russie possède de plus précieux en fait de sculpture; le musée asiatique de l'académie des sciences, contenant le plus riche médailler oriental que lon ait encore rassemblé ; l’empereur régnant y a joint l’immense collection de monnaies persanes formée par M. Fraehn avec l’autorisation du ministre des finan-

ces, comte Cancrin, en les choisissant parmi les sommes que la Perse a payées à la Russie il y a quelques années ; le médailler de l Ermitage, remarquable surtout pour les monnaies et médailles natio— nales; la belle collection minéral “us du corps impérial des mines, où l’on admire en outre des curiosités de Loute esèce, surtout des armes ; les belles co/echions de modèles, de machines et d'ornemens conservées à l’'amirauté et surtout dans lelocal du corps des mines; le musée ethnographique que l’on a établi depuis plusieurs années; la superbe collection d'armes anciennes et modernes de l'ancien arsenal ; le magaifique jardin botanique, dont on admire surtout la beauté et l'étendue des serres ; il a été enrichi de la belle collection de plus de mille plantes du Brésil recueillies par M. Riedel altaché à l’exne de M. Langsdorf. St- Pétersurg Le “Ag toutes les autres grandes capitales e AA D possède plusieurs collections particulières remarquables, que d’après notre plan nous passerons sous silence ; c’est dans les ouvrages s} ciaux que nos lecteurs trouveront la description des objets que renferment les musées de Roumiantzov, de M. Svignine et les galeries de tableaux de MM. Warichkin, Bezborodko, Strogonov, Moussin-Pouchktn, etc., elc.

Nous ne devons pas quitter St-Pétersbourg sans faire mention de son marché d'hiver (zimnoi rinok), qui offre un trait si caractéristique de cette grande métropole. L’Européen du midi est frappé d’étonnement en voyant s'élever, Sur une vaste place, d'énormes pyramides formées de corps d'animaux entassés les uns sur les autres. Ce sont des bœufs, des moutons, des cochons, des poules ; ensuite du beurre, des œufs, des poissons; enfin toutes sortes de provisions : le froid a rendu tous ces objets durs comme des pierres.

Les poissons présentent encore toute la fraicheur de leurs couleurs naturelles ; on serait presque tenté de les croire vivans.

Mais les autres animaux offrent un spectacle pour ainsi dire effrayant. On en voit des milliers, tout écorchés, rangés les uns à côté des autres, debont sur leurs pattes de derrière comme s’ils voulaient grimper les uns sur les autres. Leur dureté est extrême; on emploie la hache pour en couper des morceaux, et les éclats volent au

loin comme si l’on coupait du bois. Les provisions amassées dans ce marché y sont apportées dés parties les plus éloignées de ce vaste empire, au. moyen de tralneaux ; tout s’y vend à meilleur marché à cause de la facilité. des transports et du grand nombre de vendeurs ; et chacun se hâte de faire ses provisions pendant la durée temporaire de ce marché.

Elles se conservent pendant long-temps lorsque l’on a la précaution de les mettre dans des caves garnies de glace qui se trouvent dans toutes les maisons, Du reste tous les marchés de la Russie du nord offrent, quoique sur une moindre échelle, le même spectacle pendant les froids rigoureux, qui donnent aux provisions cette dureté extraordinaire et les préservent ainsi de la corruption.

Dans les environs immédiats, et dons un rayon de 40 milles, on trouve plusieurs lieux remgrquables; nous nous bornerons à signaler les.suivans, en avertissant qu'ils sont tous situés dans le gouvernement de St-Pétersbourg, KA:

MEnol-Osrrov (l'ile de pierres), joli château ire périal dans l'enceinte de la ville, et où l'empereur Alexandre passait une grande partie de la belle saison. TcuEesmé#, palais impérial, qui n'a de remarquable que la grande salle, la galerie des souverains de l'Europe et le chapitre de l'ordre de St- Georges. Tsansko- SELO (Tsarskoïe- Selo), regardé comme la plus belle rnaison de plaisance de l'empire; on y arrive par une belle chaussée et par un Clemin de fer; on loue l'architecture’ de ce palais, la richesse de ses anpartemens, la beauté de ses jardins, la salle revêtue en lapis-lazuli, celle en ambre jaune, l'arc de triomphe élevé par l’empereur Alexandre à ses frères d'armes, le pont couvert de marbre sur les dessins de Palladio et la superbe baïgioire en granit de 90 pieds de circonférence. Tsarskoïe- Selo possède un /ycée avec 14 professeurs, une école forestière, et est le chef-lieu du cercle de son nom ;.iltient à la petite ville de. Sornia, qui était chef-lieu du mème cercle , avant sa réunion à Tsarskoïe-Selo; cette dernière est remarquable en ce qu'elle a été bâtie dans le genre des villes turques. PavLovsky, château impérial, remarquable surtout par le goût et l'élégance de son ameublement et la beautf de son jardin ; il tient à la jolie petite ville de son nom, où la veuve de Paul, 1° résidait une partie de l’année et où cette princesse établit une colonie manufacturière composée d’Allemands. GATCHINA, maison impériale, d'une assez belle architecture, et séjour favori de Paul 1°" qui y a fondé une colonie allemande ; on’en louc surtout les beaux et vastesjardins.

STRELNA, beau palais situé sur le golfe de Finlande; il a appartenu au grand-duc, Constantin. Pergenor, château impérial bâti sur une colline près du golfe de Finlande et attenant à un misérable village. On admire ses beaux jar-

grmnasium illustre le pensionnat particulier, la socidlé Couriandaise qui publie de savans mémoires, la bibliothèque, l'abservaloire et le cabinet d'histoire naturelle. Lisau, importante par son port et son commerce, JAROBSTADT, ville. très petite,‘ mais remarquable par la base de l’arc du méridien, mesurée par M. Struve de 1821 à 1827. Cette grande opération géodésique, qui honore autant le gouvernement qui l'a ordonnée que les savans habiles qui l'ont exécutée, commence près de cette ville et finit au Maggi- Paliis, hauteur sur l'ile Hogland (Hochland), dans le golfe de Finlande.

Revez, chef - lieu du gouvernement d'Esthonie, ville fortifiée, avec un beau port, rendu meilleur par d'importans travaux, et dans lequel stationne une partie de la flotte russe, Le grmnase, l'école de la noblesse et la bibliothèque sont ses principaux établissemens littéraires. Le Catherinenthal, maison de plaisance impériale, avec un beau jardin, se trouve dans ses environs immédiats, Bartiscuponr, dit autrefois RocEenviokx, petit endruit, remarquable par son port vaste, mais peu profond et d’une trop large ouverture ; les importans travaux faits par.Catherine II pour le rendre propre à servir de station d'hiver à la flotte russe n'ont pas été continués, et des obstacles insurmontables ont fait renoncer à ce projet.

Nanva, petite ville du gouvernement de St-Pétersbourg, importante par ses fortifications, son portetson commerce. lamsourc, jolie petite ville, nouvellement bâtie, avec plusieurs fabriques de draps, de batistes et de bas de soie.

HeLsinerons , petite ville du grand-duché de Finlande, bien bâtie, avec un beau port sur le golfe de Finlande, et florissante par son commerce; elle a été beaucoup embrllie et. fortifiée parles Russes, qui en on! fait la capitale du grand-duché ety onttracsféré l’universilé d'Abo; ses collections d'objets scientifiques et littéraires et sa bibliothèque deviennent tous les jours plus remarquables; le séminaire théologique dépend de l’université. Tout près est située la célèbre forteresse de Svéaborg, consistant en septilots fortifiés qui défendent un port magnitique et les chantiers de construstion ; une grande partie de ses fortifications sont taillées dans le roc; selon M. Alexander, ses vastes casernes peuvent loger 12,000 hommes. Les immenses travaux faits par les Suédois et continués par les Russes en ont fait une place imprenable; on l'appelle justement le Gibrallar de la Baltique. Àvo, autrefois capitale de la Finlande-Suédoise et siège de son, université, maintenant chef-lieu d'un de ses gouvernemens , résidence d’un archevèque luthérien et du tribunal suprême de cette grande division de l'empire Russe. Presque entièrement détruite par le terrible incendie de 1825, elle se relève lentement de ses cendres; sa vaste cathédrale est le seul bâtiment remarquable qui ait échappé aux flammes. Le grmnase et la société physiographique sont ses principaux établissemens littéraires. Vasa et ULrAsorc, petites villes assez bien bâties, et importantes par leur commcrce êt leurs chantiers où l’on construit beau-

coup de vaisseaux marchands. Tonns , Lrès petite ville , remarquable surtout par la haute latitude à laquelle elle est située, 1e par les opérations gdodésiques faites dans ses environs pour mesurer un degré du méridien, d'abord en 1737 par Maupertuis, plus tard par Swanberg en 1801, et récemment par deux officiers suéduis. Bonca, petite ville, importante, pa= son commerce, son évèché luthérienet son gymnase. FREDERIKSHAM, petite ville, importante par ses fortifications, son portet son école militaire ou corps des cadets des troupes de terre. RorscuENsALm, encore plus petite, mais remarquable par son beau port, par ses belles et vastes casernes, ses fortifications etses chantiers; c'est la station d'une partie de la flottille de la Baltique. Visouno, pelite ville, autrefois chef-lieu du gouvernement russe de ce nom, importante par son port, son, commerce et son grmnase.

Moscou, en russe Moskva , chef-lieu du gouvernement de son nom, et. une des capitales de l’empire , située agréablement sur la Moskva, dans un terrain ondulé, presque au milieu du grand plateau de la Russie centrale, dont on a beaucoup exagéré l'élévation. Moscou est une des plus grandes villes de l’Europe; elle a été presque entièrement rebâtie après le mémorable incendie de 1812, qui en consuma les deux tiers. Depuis cette catastrophe elle s’est non-seulement embellie, mais le nombre de ses maisons s’est considérable ment accru. Ses plus belles places sont : l’Arbate, la nlace Rouge près du Kremlin, où se trouve le monument de Minine et de Pojarsky; et celle du grand-théâtre russe, appelée Petrovskaïa. On ne saurait déterminer exactement le nombre de ses habitans ; il paraît cependant que sa foianen moyenne doit être portée pour e moins à 250,000 âmes.

Les édifices les plus remarquables qui décorent cette métropole sont : le Xremtin (Kreml), ancienne demeure des Tsars, restaurée depuis 1812; sés palais, ses monastères, ses églises, leurs innombrables coupoles dorées ou peintes en vert, leurs nombreux clochers, toutes ces constructions de différens styles et de diverses époques offrent un contraste d’architecture asiatique et européenne, du moyen àge et moderne, dont ensemble aussi bizarre que magnifique excite l’étonnement du voyageur. Viennent ensuite: le palais anguleuæ , ainsi nommé parce que le revêtement en est à facettes; la matson desenfans trouvés, réputée la plus vaste et la plus belle dans son genre qui existe en Europe ; le bazar (gostiny-dvor),

rès petite latitude à érations pour me- | 1787 par 11801, et DAGA , PErce, s0n EAUXSHAM, ions, son es cadets 1, encore eau port, ifications partie de lite ville, 18e de ce nmerce et

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grand édifice contenant un grand nombre de boutiques où sont étalées d’immenses richesses ; le palais des armes \ granévitaia palata) ; l'arsenal ; on y remarque un des plus grands canons qu’on ait fondus, et une belle collection d’armures , et on y conserve le trésor du Kremlin, composé d’un grand nombre d'objets précieux et de plusieurs curiosités; le palais de Catherine, trausformé en, une vaste caserne; le palais dit du patriarche ; la tour de Soukaref; \a maison Pachkof; le théâtre, remarquable par sa beauté et par ses dimensions ; le palais du sénat et la grande salle pour l’exercice des troupes ; cette dernière nous parait être la plus grande qui existe ; M. Alexander lui donne 560 pieds anglais de long, 168 de large et environ 50 de haut ; aucun pilier n’en soutient l’immense plafond, Parmi les églises. nous citerons : la cathédrale sous l’invocation de l'Assomption de la Vierge; on y couronne et sacre les empereurs ; celles de PAnnonciation , de l’Archange St- Michel, de Notre-Dame-de-Kazan et de Vassili-Blagennoi. Cette dernière, malgré sa médiocre étendue, offre un assemblage de 17 coupoles, toutes différentes pour leurs formes, leurs couleurs et leurs proportions et surmontées d’une flèche d’une forme bizarre ; l’une ressemble. à une boule, une autre à une pomme de pin; celle-ci à un melon, celle-là à un ananas. Le vert, dit M. Ancelot, le bleu, le jaune, le rouge, le violet se heurtent sur ces dômes bulbeux. On doit aussi mentionner. le fameux clocher d'Ivan Vélikoi ; c’est un monument isolé de la cathédrale du Kremlin, qui perpétue le souvenir de la famine affreuse qui eut lieu en 1600 ; tout près on voit, enfoncée dans la terre, la plus grande cloche peutêtre qui ait jamais été fondue ; elle pèse 10,000 pouds, selon le docteur Lyall. On ne saurait passer sous silence le {emple consacré & Jésus-Christ le Sauveur; plusieurs géographes en parlent comme d’un monument élevé par l’empereur Alexandre sur la colline des Moineaux; cependant on doit le regarder comme un simple projet, dont l’exécution est entièrement abandonnée ; par sa magnificence et par ses dimensions colossales ce temple devait rivaliser avec la superbe basiique de Si-Pierre de Rome.

L'ancienne capitale de la Russie pos-

sède un grand nombre d’établissemens scientifiques et littéraires dont nous signalerons les plus importaus : l’université, qui est maintenant la première de l’empire pour le nombre des professeurs et pour celui des étudians qui la fréquentent ; l'académie ecclé-:

siastique, qui est une des quatre de l'empire; la pension desnobles, attachée à l’université, regardée comme un des principaux collèges de la Russie ; l’académie chirurgico-médicale, qui, quoi-:

que inférieure à l'établissement de même genre à St-Pétersbourg, dont autrefois elle dépendait, n’en est pas moins propre à former d’excellens médecins et chirur-

iens ; l’école militaire , connue sous e nom de corps des cadets ; l'école arménienne, fondée par Catherine. I] ; l’école de commerce; l'académie pratique du commerce, où 60 élèves sont instruits dans tout ce qui est nécessaire pour former des négocians habiles; l’école des beaux-arts ; l’école vétérinaîre , le gymnase; l'institut de Ste- Catherine , où 250 filles sont formées à toutes sortes de talens; l’insfifué d’'Alexandre , destiné à l’éducation de 120 demoiselles choisies parmi les classes moyennes de la société ; l’insfitut de Lazare» , ainsi nommé à cause de son fondateur ; il renferme 80 élèves, parmi lesquels se trouvent. plusieurs princes arméniens ; il possède une belle bibliothèque, la plus riche peut-être qui existe pour. la littérature arménienne , après celle du collège de St-Lazare à; Venise mentionné à la page 305. Viennent ensuite : la société impériale des naturalistes ; \a société dés sciences phy siques et médicales ; la société des amateurs de l’histoire et des antiquités de la Russie; la société des amateurs de la littérature russe ; la.société d'économie rurate, à laquelle est jointe une école d'agriculture ; la bbliotheque de l'université, qui égale déjà pour le nombre des volumes celle qui a été consumée dans l’incendie de 1812; le jardin botanique , l'observatoire et le cabinet de physique; celui d'histoire naturelle, renfermant des morceaux très curieux, et surtout le musee anatomique formé par M. Loder, qui est un des plus riches que l’on connaisse, étant composé, selon M. Schnitzler, d'environ 50,000 préparations.

Moscou est la résidence des familles les plus anciennes et les plus riches de la noblesse de l’empire, d’une section du sénat et du saint-synode , d’un gouverneur-général militaire et d'un métropolitain ; elle fait un commerce intérieur immense, et les spéculations de ses plus riches négocians s'étendent depuis la côte nord-ouest d'Amérique et les capitales de’ la Chine, de la Perse et de la Boukharie. jusqu'à Leipaig, Vienne, Hambourg, Londres, Paris, Marseille et Bordeanx.

Parmi les lieux remarquables que l'on trouve dans les environs immédiats de Moscou et dans un rayon de 24 milles, nous nous boôrnerons à signa: ler lessuivans à l'attention du lecteur : Kouzminxi, château du prince Serge Galitzyn; ARKHANGUELS- :OYE, château du prince Yousoupoy; il contient une superbe galerie de tableaux ; ASTANKINO, maison de plaisance du comte Chérémétiév ; Kousuxovo, magnifique château; Goremki, m.:son de campagne appartenant autrefois au comte Razoumovsky, avec un vaste parc et un jardin botanique comptéil y a quelques années parmi les plus riches de l'Europe. Beaucoup plus loin, et sur la route de Vladimir, se trouve : TROÏTZKAÏA-LAVRA (le couvent de la Trinité): c’est le plus riche de l'empire; on doit mentionner surtout la cathédrale de lAssomption , dont le beau clocher, ua des plus hauts de la Russie, offre peut-êtr: !: plus grand carillon que l'on connaisse; celle de ia Trinité, remarquable par ses richesses immenses; le palais impérial, celui de l'archevique, et le vaste séminaire ruur 300 élèves.

TouLa, au confluent de la Toulitza avec l'Oupa, chef-lieu du gouvernement de son nom, ville épiscopale et commerçante dont les nombreux dômes rendent la vue extérieure une des plus agréables de la Russie, mais dont les rues courbes, mal ques et formées par des maisons sn bois

iminuent cette impression. Toula possède un séminaire ecclésiastique avec 9 professeurs, un collège pour la noblesse peu fortunée nommé Alexandrinum , du nom de l’empereur qui l’a fondé, un gymnase et quelques autres établissemens littéraires. On doit ranger Toula parmi les vilies les plus industrieuses de l'empire; mais c’est surtout sa grande manufacture d'armes , créée par

Pierre I‘" et agrandie et perfectionnée par Alexandre , qui l’a rendue célèbre.

Plus de 7000 ouvriers y travaillent continuellement pour fournir les armées russes d'armes blanches et d’armes à feu ; ils font aussi divers instrumens de physique et de mathématiques, dont on loue l'exécution. Un vaste arsenal pour armer

plus de 100,000 hommes est attaché à ce

superbe établissement, digne de figurer

à côté de tout ce que l'Europe a de plus

grand en ce genre. On doit mentionner

aussi les riches mines de fer d'excellente ualité et d’une facilé exploitation situées ans sou voisinage.

KaLouGA, chef-lieu dugouvernement de sôn nom, située sur l'Oka, ville épiscopale, grande, mais mal bâtie, avec un sémtnaire ecclésiastique, un gymnase, et une académie littéraire. Kalouga possède un grand nombre de fabriques, un théâtre, et fait un commerce très étendu.

En 1817 on y a établi une école d'art forestier.

Onez, chef-lieu du gouvernement de son nom, située au confluent de l’Orlyk avec l’Oka, villa épiscopale, qui s’est beaucoup agrandie ‘lepuis quelques années, surtout par {2 cecmmerce des grains, dont elle peut étre regardée comme Île gun entrepôt pour la Russie-Intérieure.

séminaire ecclésiastique ; qui compte dix professeurs et est fréquenté par un millier d’étudians, et le gymnase sont ses principaux établissemens littéraires. Elle possède nlusieurs fabriques , entre autres des corderies et des filatures de coten.

Tv:r, chef-lieu du gouvernement civil et du gouvernement général militaire de ce nom , ville archiépiscopale et industrieuse. située sur la rive droite du Volga au confluent de la Tvertza et de la Tmaka; on vient de canaliser cette dernière. Tver a été presque entièrement rebâtie par Catherine 11 et est une des villes de la Russie les plus avantageusement situées pour le commerce, favorisé surtout par le canal de Vychni-Volotchok qui la rend le centre des affaires commerciales entre St-Pétersbourg et Moscou. Le magnifique

alais impérial, la cathédrale d’une

lle architecture gothique, l’Aô/e! du gouvernement, les tribunaux, \’hôtelde-ville,\emonument de Catherine II, plusieurs belles places, de belles rues tirées au cordeau et les superbes quais sur le Volga, ont fait justement ranger parmi les plus belles villes de l'empire, surtout depuis les nombreux embellissemens qu’elle doit à la grande-duchesse Catherine , qui y a séjourné long-temps avec son époux le prince d’Oldenbourg. Le séminaire ecclésiastique avec 11 professeurs, le gymnase et le collège des

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IAROSLAV, Chef-lien du gouvernement de ce nom ville archiépiscopale,bien bâtie, sur un plateau élevé, dans une situation riante, avec une forteresse située au confluent du Kotorotsk avec le Volga. On doit regarder cette ville comme un des LE Mod ateliers de Pempire, surtout pour a fabrication des toiles pour le service de table, la papeterie et les soieries. Jaroslav se distingue aussi avantageusement par ses établissemens littéraires à La tête desquels il faut placer l’école des hautes sciences, fondée par Paul-Grégoriévitch Démidoy , à laquelle cet opultent philantrope a joint en 1811 une pension noble; elle possède une riche bibliothèque et jouit de l'égalité de rang avec les universités russes. Viennent ensuite le sémninaire ecclésiastique un des plus considérables de l’empire ; il compte 12 professeurs etplus de 1200 étudians; le gp nase et la suciété des amateurs de la langue russe, On doit rappeler comme une curiosité que cette ville, avant l’incendie de 1768, ne comptait pas moins de 84 églises avec une population qu’on estimait à 21,009 Ames.

ARKHANGEL, ville archiépiscopale, cheflieu du gouvernement de ce nom, situé sur la Dvina, avec un beau port, mais qui, à cause de sa haute latitude et de la rigueur du climat, n’est libre de glace ee depuis juillet jusqu’en septembre.

lle est toute bâtie en bois ; le grand marché bâti en pierre et les chantiers de la marine militaire sontses constructions les plus remarquables. Le sémtnaire ecclésiastique avec 9 professeurs, legymnase, l'école de navigation et le pensionnat particulier sont ses établissemens littéraires les plus importans. On ne doit pas oublier la maison magnétique destinée à faire des observations contemporaines à celles qu’on fait à Berlin, à Paris, à Kazan, à Irkoutsk, à Sitka, dans l’Amérique du nord, à la Havane et en d’autres villes. Arkhangel a été la seule place maritime commerçante de la Rnssie jusqu’à la fondation de St-Pétersbourg , époque où son commerce commença à déchoir. Malgré cela cette ville est toujours restée l’entrepôt des marchandises qui passent en Sibérie, et le centre des affaires commerciales d’une grande partie de la Russie Européenne

du nord. Nous rappellerons que c'est duns cette vitle qu’en 1670 le cours du change fut introduit en Russie , où il était totalement ignoré. Arkhangel est le siège d’un département de la marine russe, d’une compagnie établie pour le commerce et la pêche du hareng ; elle possède plusieurs fabriques, et ses négocians , qui fréquentent les principales foires de l'em-

ire, étendent leurs relations jusqu'aux rontières de la Chine et prennent une

art active aux grandes pêches que l'on ait dans les parages du Spitzherg et de la Nouvelle-Zemble.

Voroäpa, ville épiscopale, chef-lien du gouvernement de ce nom, sittiée au confluent de la Vologda avec la Soukhona.

C’est une des villes les plus industrieuses de la Russie. Elle doit en partie cet état florissant aux fabricans de Novgorod- Veliki, qui s’y sont réfugiés lors des malheurs dont cette dernière ville a été accablée, On peut aussi la regarder comme l'entrepôt du commerce intérieur de tout le nord de la Russie d'Europe et de la Sibérie , avantage qu’elle doit à sa position intermédiaire entre St-Pétersbourg.

Arkhangel, Moscou et Kazan, ainsi qu'aux canaux et aux fleuves navigables qui facilitent le transport des marchaudises.

Vologda possède un des principeaux seminaires ecclésiastiques de l'empire ,

uisqu’il compte 14 professeurs et est

réquenté par plusieurs centaines d’étudians ; un gymnase et d’autres établissemens littéraires.

Les autres villes de la GRANDE-RUSSIE sont :

KoLouna, petite ville du gouvernement de Moscou, importante par ses fabriques de toiles, d’étoffes de soie et de coton, etc., et par son commerce de bestiaux ; SERPOUKHOV, par ses fabriques de toile à voiles, ses draps et ses cuirs, et par son commerce florissant.

SmoLensk , chef-lieu du gouvernement de Smolensk, siège d'un évèché et d’un gouverneur-général militaire , importante par son commerce, par son séminaire ecclésiastique qui compte dix professeurs, pai sou gymnase , par son école militaire, et remarquable par l'épaisseur extraordinaire de ses murailles. Les anciens historiens polonais , à l'époque de sa plus grande splendeur, lui assignent jusqu’à 200,000 habitans, dont 40,000 propres à porter: les armes; cette ville joue un grand rôle dans les annales de la Pologne et de la Russie. ViazuA,, importante par £9n commerce et sesnombreuses fabriques de cuir.

Psxov, chef-lieu du gouvernement de Pskov,. résidence d'un archevêque, avec un

séminaire ecclésiastique et un gymnase, Vr- LiKié-Lount, importante par ses nombreuses fabriques de cuir et par son commerce favorisé par le canal qui porte son nom; Tonopéts, par son industrie et son commerce florissant ; Iznonsx, très petite, mais remarquable par son antiquité; elle a été Ja capitale de Trouvor', dont on a prétendu , il y a quelques années, avoir trouvé le tombeau.

Vessimconsrx , petite ville du gouvernement de Tver, importante par ses deux grandes foires etpar sa grande fabrique de clous; Vycant- VoLorcnon, par son commerce florissant favorisé par le canal qui porte son nom; Torok, par son commerce, son industrie et son palais impérial; Osracuxor, remarquable par sa position, par le voisinage des sources du Volga, le plus grand fleuve de l'Europe, par son industrie et son commerce.

Novconon ou Novcoron- Veuix1 (Novgorod la Grande), chef-lieu du gouvernement de Novgorod, une des plus anciennes villes de la Russie, mais très déchue en comparaison de ce qu'elle était dans le moyen âge , époque où, formant partie de la puissante ligue anséatique, elle étendait sa domination sur une grande partie de la Russie-Septentrionale , et était devenue l'entrepôt du commerce de l'Asie avec le nord de l'Europe. Plusieurs auteurs prétendent qu’elle avait alors près de 400,000 habitans. Malgré les pertes immenses faites par Novgorod, cetle ville est encore assez importante par ses monumens, son commerce et son industrie; par son sé/ninaire ecclésiastique , son gymnase, et parce qu'elle est la résidence d'un archevèque métropolitain. C'est dansles archives de sa célèbre cathédrale de Sle-Sophie, un des temples les plus anciens de l'empire, que l'on a découvert un exemplaire complet de la Rousskaïa Pravda, ou le Code de laroslav; M, Strahl croit que ce précieux manuscrit sur parchemin a été écrit Jan 1280. Cette mème cathédrale présente encore ces fameuses portes de bronze dont la construction parait être allemande et remonte au xu° ou xtu° siècle de notre ère; les divers sujets pieux et profanes, et les inscriptions latines et russes qu'on y remarque, ont été dans ces derniers temps

. l'objet des investigations du savant M. Adelung. TikaviNE, petite ville, importante par le canal de son nom qui la rend très commerçante , et par l'image miraculeuse de la Vierge qui y attire beaucoup de pélerins de toutes les parties de l'empire ; Sranaïa- Roussa, par ses tanneries, ses salines et sa population.

Perrozavonsk, petite ville, chef-lieu du gouvernement d’Olonets, importante par ses grandes forges, sa fonderié de canons, sa grande fabrique de poudre de guerre et son gymnase ; OLON&TS, par son siège épiscopal, et par les mines de fer et de cuivre situées dans son district; VYTEGRA, par son commerce, favorisé par les canaux auxquels elle communique.

Koua , très pelile ville du gouvernement d’Arkhangel, que nous ne nommons ici que pour signaler la ville la plus boréale de la Russie Européenne; elle a un bon port sur "O-

céan-Arctique. Mazan, très petite ville, chef-lieu d'un arrondissement immense, dont une partie s'appelait Oudorie. Le grand nombre de çavernes qu'on rencontre dans ces vastes solitudes, les ossemens et les ustensiles qu'on y trouve, les traditions qui s'y sont conservées, el quelques mots même de la langue samoyède, ont fait supposer à quelques sa"ans distingués que ce pays fut autrefois le séjour des Jotes, peuple d'une taille gigantesque, ayant des mœurs féroces et des traditions religieuses antérieures au culte d'Odin, Mezen partage avec Arkhangel les profits que ses armateurs retirent de la chasse aux vaches-marines, dans les parages de la Nouvelle- Zemble et dans les mers Polaires.

Veuni-Ousriouc, assez grande ville du gouvernement de Vologda, florissante par son industrie et son commerce ; Torma, importante par son commerce actif avec la Sibérie, par ses salines, et par les nombreux pélerins qui vont visiter le corps de saint Théodose au couvent Spaso-Oumorine.

Rosrov, petite ville du gourernementde Taroslav , remarquable par sa cathédrale très ancienne et richement ornée , par son paldis archiépiscopal , avec de vastes appartemens destinés à loger les souverains lorsqu'ils viennent visiter cette ville, et renommée par l’industrie de ses habitans, qui excctlent surtout dans l'art du jardinage. Veuiroïr-SELo, gros village, remarquable par sa grande papeterie , une des plus considérablis de l'empire. Ouceuirem, petite ville importante par son industrie et son commerce ; RysiNsx, par ses nombreuses fabriques et son commerce très étendu, favorisé par sa position sur le Volga, près de l'endroit où aboutissent les canaux importans qui établissent la communication entre la Baltique, la mer Caspienne et la mer Blanche.

Kosrroua, chef-lieu du gouvernement de Kostroma., ville épiscopale de médiocre étendue , importante par ses nombreuses fabriques de toiles et de cuivre , sa fonderie de clocliés, ses manufactures de bleu de Prusse, de savon et de mégisserie, et'son commerce florissant; elle possède un séminaire ecclésiastique avec huit professeurs et un gymnase; GAuTCH, imporlante par ses fabriques de toile; MAKARIEY, renommée par la riche foire qu'on y tenait, et qui depuis quelques années a été transférée à Nijni- Novgorod.

Viavtmir, chef-lieu du gouvernement de Vladimir, assez jolie ville épiscopale, importante par les nombreuses fabriques de colon, de toile, d’étoffes de soie, quioccupent aussi un grand nombre de personnes dans sa banlieue; son séminaire ecclésiastique , qui compte onze professeurs, est un des plus fréquentés de l’empire; elle possède en outre un gymnase et un pensionnat particulier renommés. Cuovia, petite ville, très industrieuse, qu'on peut regarder comme le centre des fabriques de coton de cette partie de la Russie. PERESLAVLE-ZALESRY et Mou- ROM, importantes par leur industrie; dans le territoire de la seconde se trouvent de riches mines de fer; Souznau, par quelques belles et riches

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Wmi-Novaonon, ville épiscopale, chef-lieu du gouvernement de Nijni-Novgorad et du gouvernement général militaire de son nom, importante par ses nombreuses fabriques de coton, de cordes, ses brasseries, et par son commerce flurissant favorisé par sa position centrale sur le Volga. On y tient la célèbre foire qui, il y a quelques années, donnait tant d'importance à la petite ville de Makariev ; on peut la regarder comme la plus grande de l'Europe, puisque la valeur moyenne des marchandises qu'on y apporte dépasse 115 millions de francs, et que l'on estime de 120 à 160,000 le nombre des personnes qui la fréquentent. Les beaux et vastes bazars, construits pour les marchands à: y accourent des parties les plus reculées de l’Europe etde l'Asie, méritentune mention particulière, Nijni-Novgorod possède un séminaire ecclésiastique et un gymnase. On doit aussi nommer le beau monument en bronze élevé par l'empereur Alexandre; il représente Minine et Pojarski jurant de sauver la patrie, PAvLova, sur l'Oka, gros village, dont presque tous les habitans sont forgerons et donnent au fer toutes les formes possibles; leurs cadenas ou petites serrures, d'une finesse extrème, sont exportés dans toute l’Europe Orientale, en Asie et jus-

u'en Amérique. ArzAuAs, importante par ses abriques de soie et de cuirs; et Porcuinki, par son grand Aaras impérial.

Tausov, ville épiscopale, chef-lieu du gouvernement de Tambov, avec un séminaire ecclésiastique et un gymnase. KozLov, importante par ses nombreuses fabriques de suif et par sa grande population; ELATMA, par son industrie et par les forges de son voisinage; Mor- CHANSK, par son industrie; LEBDIANE, par sa grande foire.

Riazan, assez grande ville archiépiscopale, cheflieu du gouvernement de Riazan, avec quelques bâtimens assez beaux , tels que le palais de justice, le palais archiépiscopal , ses manufactures de soie et de toile, son commerce florissant, son séminaire ecclésiastique avec neuf professeurs et fréquenté par un millier d’étudians; son gymnase et sa nombreuse population la mettent au nombre des villes importantes de la Russie; SkoPine , avec d'excellentes fabriques de cuir et un grand haras; Kassimov (Gorodez), remarquable par son commerce de pelleteries, par son industrie , et par les restes du padais royal, d'une mosquée et d'autres édifices élevés par les Tartares, ainsi que par le grand mausolée du terrible Khan Chagali; ZanAïsk, par les restes de ses anciennes fortifications.

Reuev, petite ville commerçante du gouvernement de Toula, où l'on trouve aussi Tr- TAVA, village important par sesfabriques de soie.

Gisora, petite ville du gouvernement de Kalouga, importante par son commerce et par les forges de ses environs; Borovsr, par ses grandes fabriques de Loile à voiles dont elle fait un commerce très étendu; KozeLsk , remarquable

EMPIRE DE RUSSIE. ss

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par la régularité de sa construction; MaLoïanos- LAVETZ , par les forges de ses environs.

Euertz, ville assez bien bâtie, du gouvernement d’Oréel, importante par sa nombreuse population et par l'usine de fer de ses environs; Bou«uov, par son industrie et sa population ; Mzense , par la grande fertilité de son territoire et par sa population; Baiansx, par sa grande manufacture d'armes, sa fonderie de canons, son arsenal, et par les magnifiques forêts d'excellent bois de construction de son voisinage, 4 y prit d'un comptoir que l'amirauté y a

Kounsk, ville épiscopale et commerçante , cheflieu du gouvernement de Kaoursk, avec un nase el un des principaux séminaires ecclésiastiques de l'empire ; onze professeurs sont chargés de l'instruction de presque un millier d'étudians, Koursk est renommée pour sés beaux fruits ; tels que poires , pommes et prunes. Daus son district se trouvele couvent de Korenala, renommé par une image miraculeuse de la Vierge, qui y attire quantité de pélerins; dans un vaste local divisé en 360 boutiques, appartenant au gouvernement, on tient une des principales foires de la Russie, où l'on vend annuellement pour plus de 7 millions de francs dé marchandises. Beuconob, petite ville dont l'évèque réside à, Koursk , et importante par ses foires et par sa population. Sounsa, ville malsaine, mais renommée par ses fruits excellens. On doit ajouter que sur les rives de Ja Svapa, affluent droit du Sem, on voit les ruines d’une ancienne ville environnée de kourgans, que nous verrons ailleurs être des tombeaux.

Voron&r, ancienne vie épiscopale, assez grande et florissante par son commerce et son industrie, chef-lieu du gouvernement de Voronéje, avec un grmnase et un séminaire ecclésiastique qui compte onze professeurs et possède une bibliothèque assez riche pour ces conirées, Konoroïar ,. très: petite ville, remarquable par son industrie , et surtout parles singulières excavations.en forme de colonnes et de piliers, pratiquées dans les collines situées dans son voisinage, près du confluent de la Sosna avec le Don; on les connait dans le pays sous le nom de Divni-Govi ; les anciens moines du m0nastèré Dwingoskol y ont creusé des grottes et des chapelles. Osrrocossk ou Rysxa, petite ville, importante par son grand commerce de bestiaux; VaLouIK I, par ses forges et sa briqueterie; PAvLoysK, par ses bas etses gants de laine communs, dont on exporte plusieurs milliers:

par l'usine située dans son district, et par la célèbre forêt de Chipot-Lesse qui fournit d'excellent bois de construction.

Kiev, grande ville assez bien bâtie , sur la rive droite du Dnieper, le long duquel elle s'élève majestueusement de colline en colline , embrassant, dans une quadruple enceinte, quatre parties distinctes nommées le Podol ou la Ville-Basse, le Vieux-Kiev ou la Ville-Haute , le

Petcher ou la citadelle et la Ville de Vladimir fondée par Catherine II. Les inscriptions grecques sur des tables d’albâtre se rapportant à l’année 260 de notre ère, et découvertes sur les débris de Pancienne église de St-Basile, démontrent la grande antiquité de cette ville, qui a été pendant long-temps le panthéon des divinites slavonnes, plus tard une des cités sacrées de la religion chrétienne grecque , et capitale de l’empire Russe ; maintenant elle est le chef-lieu du gouvernement de Kiev, le siège d’un des quatre métropolitains russes et d’un évêché grecuni et la résidence d’un gouverneur général militaire. Ses bâtimens les plus remarquables sont : la cathédrale de Ste- Sophie , un des plus beaux temples de la Russie et remarquable par son antiquité, par la richesse de ses ornemens et par le tombeau en marbre de son fondateur; ce dernier est surtout précieux parce qu’il donne une idée de l’état où se trouvaient les arts dans cette partie de l’Europe au x1° siècle ; un riche monastère en dépend; le palais impérial; les vastes bâtimens de l’université ecclésiastique ou de l’académie ; l’arsenal. le fameux m0nastère Petcherskoï avec ses catacombes, où l’on conserve à l’état de dessiccation 110 corps de martyrs, que plusieurs milliers de pélerins accourus de toutes les parties de la Russie viennent visiter tous les ans. En 1824 on à découvert les restes de la fameuse église Dekiakinnaya, bâtie en 996 par Vladimiret détruite én 1240 par les Mongols.

Outre la célèbre académie déjà mentionnée, la plus ancienne de l’empire, avec 19 prolesseurs, et fréquentée par environ 1500 étudians, Kiev possède un gymnase, une riche bibliothèque publique etd’autres établissemens liltéraires. C’est dans cette ville qu’en 1551 fut établie la

remière typographie et qu’on imprima e psaulier in-4° regardé comme le monument typographique le plus ancien de la Russie ; c’est ici que l’évêque Zaluski était parvenu à former une bibliothèque eomposée de 200,000 volumes qu’il léga à la république de Pologne, et que Catherine II, en 1795, fit transporter de Varsovie , où elle se trouvait, à St-Pétersbourg, où elle forma lenoyau de l’immense bibliothèque impériale. C’est encore iei que se tient la fameuse foire des contrats, qui était autrefois à Dubno ;

30,000 personnes la fréquentent tous les ans.

Les autres villes les plus importantes de la PeriTe-RuSSiE sont :

Ovxan, dans le gouvernementde Kiev, petite ville , la plus peuplée après Kiev, avec une école pour la noblesse , et remarquable par le voisinage de la fameuse Zofiovka, magnifique résidence des comtes Potocki. Tout ce que l'art peut faire pour embellir une nature ingrate a été réalisé dans ses superbes jardins, qui ont coûté plusieurs millions à Stanislas-Félix Potocki; c'est un monument qu'il éleva à là mémoire d’une de ses épouses nommée Sophie. Bo- GousLAvL et TcuEnkAsy, petites villes assez commercçantes.

TeuEerNicov, chef-lieu du gouvernement de Tchernigov, ville archiépiscopale, industrieuse et commerçante, avec un séminaire ecclésiastique , un gymnase et une école des arts él méliers. Nesix, regardée comme la plus jolie ville de la Petite-Russie, et importante par son commerce florissant, par sa nombreuse pupulation et par le gymnase fondé par le comte Bezborodko. Sraronous, Novcoron-Sevenskoï et GLouxuov, importantes par leur commerce et leur population.

PoLrTAvA, ville épiscopale et commerçante, cheflieu du gouvernement de Poltava, avec un gymnase ct un séminaire ecclésiastique qui compte huit professeurs et est fréquenté par plusieurs centaines d'étudians; au milieu de sa place principale s'élève un beau monument élevé à Pierre-le-Grand pour conserver le souvenir de le victoire qu’il remporta sur Charles XII. Lousxy, importante par sa grande pharmacie fondée par Pierre 1°", par son école vétérinaire et son jar-

din botanique ; KomELiAr1, par sa population.

qui est supérieure à celle de Poltava ; KREMENTcHOUG , par son industrie, son commerce ; par son pont volant sur le Dnieper et par ses pensionnats. RomEn ou Rouny, très pelite, n'ais importante par sa foire.

KwæaAnxov, ville de médiocre étendue, chef-lieu du gouvernement de Kharkov ou de #lobodes d'Ukraine, importante par son commerce et surtout par ses élablissemens publics, parmi lesquels se distinguent l'université, le séminaire ecclésiastique, le grmnase, la sociélé des sciences et l'institut des demoiselles nobles créé sur le plan de ceux de St- Pétersbourg et de Moscou. AkuTYAKA, BéLoro- LIÉ, LEBEDIN, Souxy et Bocovournov, toutes importantes par leur population et leur commerce; dans celle d’Akhtyrka, une image de la Vierge attire tous les ans un grand nombre de pélerins.

Opgssa, bâtie sur une hauteur vers la fin du dernier siècle, dans emplacement même du chétif village tatare nommé Hadÿi-bey, près d’un petit golfe, qui forme un port défendu par une citadelle et des batteries, Cette brillante création de Catherine IT , qui tient de l’enchante-

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ment, est due en grande partie à l’habileté du duc de Richelieu ; quelques années out sufñ par transformer un espace aride et désert du gouvernement de Khersonen un territoire couvert de vergers et de villages populeux, au milieu desquels s'élève une des:villes les plus florissantes de l'Europe. Rien n’a été pargné pour y attirer Paffluence des étrangers. Dans l'endroit, dit un voyageur qui a bien vu et bien décrit , où naguère encore se trouvait le chétif palais du pacha de cette province, s'élève maintenant un superbe fheâtre où les artistes de toutes les nations viennent tour-à-tour faire admirer les chefs-d’œuvre de leur scène. Odessa est déjà la principale ville marchande de toute la mer Noire et le débouché principal des produits de la Russie-Méridionale. Des rues larges et alignées, dont plusieurs ont de beaux trottoirs , des maisons bâties en pierre et la plupart à deux étages, des places publiques ornées de superbes allées d'arbres , un beau jardin public, la cathédrale russe, le bdtiment de l'amirauté , la douane , la bourse , l'hôpital et l’aquedue, placent cette ville parmi les plus belles de son rang que compte l’Europe. Le lycée Richelieu, nommé généralement gymnase de commerce ; l’école de droit, celle de navigation ; le séminaire; l’école spéciale pour l'étude des langues orientales, fondée pour former des interprètes ; la pension des demoiselles nobles ; la société rurale de la Russie-Méridioniale; le jardin botanique , et le musée d'antiquidés de la Russie-Méridionale sont ses établissemens scientifiques et littéraires les plus importans. Le musée s’est enrichi de plusieurs antiquités et médailles trouvées à Sisipolis et dans d’autres villes de la Mœsie Inférieure, de la Thrace et de la Macédoine. Son port a été déclaré franc pendant 30 ans à commencer de 1817, Odessa est le siège du gouverneur général militaire de la Russie-Méridionale, Nous ajouterons que l’on a déjà ouvert plusieurs puits artésiens, et que l’on se propose d’en ouvrir encore d’autres dans a ville et aux environs afin de reinédier aux inconvéniens de l’aridité du sol.

Les autres villes les plus remarquables de la Russix-MÉRIDIONALE sont :

Kuenson , chef-lieu du gouvernement de Kherson, assez grande ville, régulièrement

bâtie, avec une forteresse, un port formé, par l'embouchure du Dnieper, et un pensionnat particulier, autrefois importantepar ses vastes chantiers militaires, son arsenal, et encore remarquable par plusicurs beaux bâtimens, publics, mais beaucoup déchue par la prospérité d'Odessa, qui s’est emparée de presque tout son commerce, et par la translation de l'amirauté et.des grands chantiers de construction à Nikolaïev, causée par le mauvais air qui enlevait tous les ans beaucoup de monde, et par les difficultés qu'opposaient aux gros vaisseaux les bas-fonds situés à l'entrée de son port. ELISABETGRAD, importante par ses fortifications, son arsenal, ses magasins, sou grand hôpital et sa population considérable. Ni- KOLAÏEv, petite ville , bien bâtie et ornée de plusieurs édifices remarquables, tels que l'église principale, l'adtel-de-ville avec deux belles colonnades sur les ailes, la douane, l’amiraulé avec de beaux chantiers; mais elle manque d’eau potable. Nikolaïev possède une école des pilotes à laquelle est jointe l'école d'architecture navale. et une petite bibliothèque, une belle collection de modèles de vaisseaux au dépôt de l'artillerie, où se trouve un musée formé des antiquités découvertes en Crimée et sur lesrives du Dnieper ; elle est aussi le siège de l’amirauté qui dirige toutes les opérations des flottes de la mer Noire et des constructions qu’elles nécessitent. Nous avons déjà vu que c’est dans son port, formé par le Boug et l'Ingoul , que stationnentles galères de la mer Noire et les vaisseaux qui ne peuvent plus tenir la mer. Dans ses environs on voit, près de la rive droite du Boug, des voûtes et des ruines qui ont appartenu à l'ancienne ville d'Olbia, fondée par les Milésiens; des médailles trouvées parmi ses débris confirment cette supposition des savans.

EKATERINOSLAY Où CATRERINOSLAY , chef-lieu du gouvernement d’Ekaterinoslav, petite ville archiépiscopale qui s'agrandit tous les jours; elle a un séminaire ecclésiastique qui compte dix professeurs , et un grmnase. TAcAn- ROG , petite ville assez bien bâtie, au milieu d'une campagne d'une fertilité extraordinaire, avec un beau port sur la mer d’'Azov, une forteresse, une école normale et un gymnase de commerce.

C'est l’entrepôt de tout le commerce que la navigation du Don alimente par des débouchés sans nombre qui y apportent à peu de frais les produits de toute espèce, si abondans dans la Russie, et surtout en bois de mâture , bois de construction, fer, chanvre, goudron, cuivre, potasse, salpêtre, blés et viande. Lorsqu'on aura-achevé le canal qui doit joindre le Don au Volga, Taganrog seul pourra approvisionner toutes les marines de l'Europe. On doit cependant rappeler au lecteur que la mer y gèle communément en décembre.et reste dans cet état jusqu’au mois de mars, et que le charriage des glaces dans le détroit de Jenikalé empèche encore plus tard la navigatioe. On élève un magnifique #0onumentà la. mémoire de l'empereur Alexandre , qui mourut dans cette ville en 1825.

BaAKBMOUT , très pelite ville, dans les environs de laquelle, vers le sud, on voit les restes d'une

ancienne muraille élevée par les Tartares lorsqu'ils dominaient sur ces vastes plaines alors désertes, et dont une partie a déjà été rendue à l'agriculture; cette muraille était distribuée en trois lignes sur un espace de près de 3 milles. Dans ces mêmes lieux on rencontre plusieurs kourgans ou tertres élevés et semblables à ceux qui s'élèvent au-dessus des vastes déserts qui s'étendent depuis le Dnieper jusqu'à l’Oural d'un côté, et au Terek de l’autre. Une partie de ces ‘élévations artificielles sont incontestablement des tombeaux ; selon M. Radojitsky, qui a visité ces solitudes, d’autres Aourgans auraient été élevés par les hordes nomades principalement pour reconnaître la route et indiquer la limite de leurs excursions, Encore aujowrd'hui ce sont ces kourgans indicateurs qui empèchent les Kalmouks et les Nogaïs de ces régions de s'égarer au milieu de leurs déserts sablonneux , et qui servent d'étapes aux carayanes. Selon M. Timkowsky, les obo rendent le même service aux Mongols dans les déserts de l’Asie-Moyenne. Dans ces mêmes kourgans on a découvert quantité d’idoles de pierre appelées babi; ce sont des statues monstrueuses et gigantesques , représentées toujours assises, et avec la tête enfoncée dans les épaules; chaque statue tient souvent des deux maios, et sous le ventre, un carré que l’on peut bien prendre pourun livre. NAKHTCHEVAN , ville la plus peuplée de ce gouvernement , siège d’un évèché arménien, et importante par ses nombreuses fabriques d'étoffes de soie, de laine et d'eau-devie. Azov, très petite ville ; remarquable par sa position et parce qu'elle donne son nom au golfe peu profond décoré à tort du titre de mer.

Simpuéropoz (Ak-metched), très petite ville, chef-lieu du gouvernement de la Tauride, avec un gymnase et une église que le docteur Lyall regarde comme le plus bel édifice de ce genre que possède la Russie. BAKHTCHISSARAÏ, ville importante par sa coutellerie ,ses maroquins etson commerce ; ses rues sont sales et tortueuses, mais elle a plusieurs belles mosquées et de beaux bains; ses canaux pour la conduite des eaux aux fontaines publiques et dans les maisons des riches, et surtout l’ancienne résidence des khans, méritent d'être mentionnés. KArAsou-BAzAR, mal bâtie, mais industrieuse et commergçante , avec beaucoup de bains et de vastes #Aans pour les marchandises. SevasroroL, très petite ville, nouvellement bâtie sur l'emplacement du village tatare 4khtiar, très importante par son port, un des plus beaux de l'Europe; par ses immenses magasins de la marine militaire, son arsenal, ses vastes casernes et ses fortifications; c'est la station de la flotte russe de la mer Noire pendant l'hiver. Dans ses environs on trouve les vestiges de l’ancien Chersonesus et l'emplacement du fameux {emple de Diane qui joue un si grand rôle dans l’Iliade , et où ‘on sacrifiait à la déesse tous les naufragés qui abordaient dans ce pays inhospitalier. En 1818, l'empereur Alexandre donua des ordres, malheureusement trop tardifs, pour la conservation de ces ruines, détruites en grande partie de nos jours par l'ignorance des habitans actuels. Ensuite Mankoup , ancientte

forteresse située sur une montagne d'un accès très difficile, ouvrage des Grecs et des Génois; on y voit encore des ruines considérables. Ev- PATORIA (KOZlov), importante par son commerce florissant, par son port franc, et par l'immense quantité de sel que l'on retire des deux lacs salés situés dans son district. TcHUFOUT-RALA. sur une montagne inaccessible , intéressante colonie d® Juifs karaïtes, si recommandables pa leurs mœurs innocentes et leur grande proité.

Tounsour, Nixira, ALourcui et Sounar, lieux remarquables par leur situation romantique au pied de la chaîne de montagnes qui borde la côte sud-est de la Crimée; c'est la partie la plus tempérée et la plus fertile de tout l'empire ; toutes les cultures les plus utiles de l’Europe-Méridionale et de l’Asie-Mineure pourraient y être établies avec succès, Celle de la vigne y a fait de grands p:ogrès depuis la fondatiun de l’écolé de viticullure à Soudak en 1804 , et du jardin bolanique à Nikita en 1811. Des plants choisis ont été distribués de ces deux établissemens à ceux dés propriétaires qui se livraient à la culture de la vigne. De grands vignobles ont été créés dans ces dernières années; celui de M. le comte de Vorontsov , gouverneur de la Russie-Méridionale, au Grand-St-Daniel, est le plus étendu ; à la fin de 1829 il comptait déjà 100,000 plants provenant des meilleures espèces de France, d'Espagne et de Toscane. Au jardin botanique de Nikita, qui est le plus considérable de la Russie-Méridionale, il ya plus de 600 ceps d’échantillon, parmi lesquels on compte 300 différentes sortes de raisins, qui sont le sujet d'une observation suivie; on prend les plus grands soins pour enrichir autant qu'il sera possible cette belle collection. L'’établissement normal de Soudak a fait déjà de si grands progrès, que dans le cours de l'hiver de l'année 1829 il a été en état d'expédier 250,000 ceps de diverses espèces. À MacarATCn, près de Nikita, on a formé un nouvel établissement de viticulture, dans l'intention d'en faire un énstitut normal, tant pour ce genre de culture spéciale que pour la fabrication du vin; douze élèves y sont entretenus aux frais du gouvernement.

Tuéonosie (Caffa), ville très déchue en comparaison de ce qu'elle a été pendant la domination des Génois sur. ces contrées, et plus tard sous le gouvernement des khans de Crimée, mais encore importante par son port franc et son commerce; elle possède un musée , une bibliothèque publique et un jardin botanique où l’on cultive toutes les plantes indigènes de la Russie. KERTCH, très petite, mais remarquable par sa position sur le détroit d’Enikalé, par sa belle rade qui jouit des mêmes franchises que celle de Taganrog, par ses salines, sa citadelle, son musée d’'antiquités ; l'église grecque est un des plus anciens temples de ce culte. Dans ses environs on trouve les ruines des Pantikapaion, Nymphaton, Kimmeria et Phanagoria, jadis si florissantes par leur commerce ; on y voit aussi quelques constructions cyclopéennes connues sous le nom de maisons des Cyclopes. C'est dans le musée de Kertch qu'on a déposé toutesles médailles,

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EMPIRE DE AUSSIE. 565

les sculptures , les vases et autres antiquités trouvées sur le territoire de cette ville, devenue de nos jours si intéressante pour tous les archéologues. Pantikapaïon ou Panticapée était la capitale du royaume du Bosphore. ENIKALÉ ou ENtKOL, très petite, mais importante par sa citadelle qui domine le détroit de son nom. Pérékop, petite ville, avec une citadelle qui commande l’isthme de son nom; elle possède de vastes magasins où l'on dépose la prodigieuse quantité de sel que depuis bien des siècles on retire des lacs salés de sesenvirons. Onirorcaneï ou Nocaïsk, petite ville où réside le chef des Nogaïs de la Tauride, établis entre la Berda et la Moloschna; ils sont presque tous civilisés et agriculteurs.

EKATERINODAR, petite ville, nouvellement bàtie, chef-lieu des Cosaques Tchernomorsk ou de la mer Noire, restes des fameux Cosaques Zaporogues , dont la terrible et singulière association a été dissoute par Catherine II en 1776. Bien différens de leurs ancêtres qui, établis sur les bords du Dnieper près de ses cataractes, vivaient dans le célibat, n'avaient d’autres femmes que celles qu'ils énlevaient à leurs voisins, et ne se repeuplaient qu'en s’emparant des enfans qu'ils rencontraient dans leurs terribles excursions, les Cosaques Tchernomorsk sont mariés, cultivent avec succès un sol fertile, et sont aussi renommés par leur bravoure que par leurs mœurs pacifiques. Tama, sur l'ile de ce nom, misérable bourgade des Cosaques Tchernomorsk, remarquable par les restes d'anciens monumens, et entre autres par la célèbre fable de marbre portant une inscriptica relative à la domination des Russes sur ces contrées dans le moyen àge. Tout près se trouve le beau fort ée Phanagoria, confondu par bien des géographes avec la ville de Taman , et construit en grande partie avec les débris de l’ancienne Phanagoria, déjà mentionnée, et la vaste naumachie toute pavée en pierre de taille. Cette ile est aussi remarquable par ses fréquentes éruptions boueuses, semblables à celles de Macalouba en Sicile; elles forment pour ainsi dire le pendant des éruptions du même genre qui ont lieu à l'extrémité opposée dé la chaine du Caucase sur la mer Caspienne,

Kicminev, petite ville archiépiscopale, chef-lieu de la Bessarabie, avec un gymnase. Cnoczim (Khotin) et BENDER , villes très déchues, mais encore importantes par leurs fortifications. Choczim a été, jusque vers la fin du xvin* siècle, la forteresse la plus septentrionale de l'empire Ottoman. AKkER4AN, importante par son port, son commerce, ses vastes salines et ses fortifications ; Kiuta, par sa position sur la branche septentrionale du Danube et par ses fortifications; Ismair, parsesfortifications. On doitajouter BasanpA, lieu renommé par ses péches , que Malte-run regardait comme les plus riches de l'Europe.

Novo-Tcuerkask, chef-lieu des Cosaques du Don, pelite ville, bâtie régulièrement depuis quelques années, dans une position plus élevée el à quelques milles du Vigux-TcnEnKAsK, afin d'éviter les terribles inondations auxquelles ce dernier était sujet. L'hôpital , la pharmacie de {a couronne , l'arsenal etle gymnase doivent

être mentionnés. VÉCHENSKAYA, MIkmAÏLOVSKATA et MaAcouzinskAÏA sont surtout remarquables par leur population; TziEMLIANSKAÏA, par ses vignobles qui donncnt un vin rouge estimé.

Wizna, grande et assez jolie ville, située au confluent de la Wilenka avec la Wilïia, et entourée de monticules’ qui rendent sa position une des plus pittoresques. Antique capitale du grand-duché

e Lithuanie, Wilna est aujourd’hui cheflieu du gouvernement de son nom. Sa cathédrale, dédiée à St. Stanislas, est une des plus belles églises de la Pologne ; elle remplaça en 1387 le célèbre {emple de Perkunas, le Jupiter des Lithuaniens, qu’on y adorait encore à cette époque ; on y admire la magnifique chapelle de St.

Kasimir, dont le cercueil, en argent massif, ne pèse pas moins de 3000 livres. La montagne dite du chdfeau, qui se trouve près de la cathédrale et sur laquelle on voit encore les ruines pittoresge de l’ancien château des grands-ducs

e Lithuanie et des rois de Pologne , a été transformée en citadelle et hérissée de bouches à feu dirigées contre la ville.

Cette citadelle a été construite pendant la dernière guerre de l'insurrection, pour tenir la ville en respect, Les autres bâtimens qui se distinguent le plus sont : l’église de St-Jean, remarquable par sa grande étendue etparles vastesbâtimens qui lenvironnent, qui étaient consacrés aux établissemens scientifiques et à l’université ; celle de S/e-Anne, d’une architecture. gothique, est un des monumens les plus intéressans de l’artau moyen à: =: et danse faubourg Antokol la magnifique église de St-Pierre, bâtie par la famille des Paç;

lhôtel-de-ville, bel édifice; le palais

du gouvernement, l'arsenal ; et parmi les édifices appartenant à des particuliers, les hôtels. des Paç, des Oginski, des Radziwill, des Chodkiewicz aujourd’hui Puslorski, des Wankowicz, etc.

L'immense chdteau royal des Jagellons , agrandi et embelli par FA FR 1°" et Sigismond-Auguste, a été détruit par les Russes en 1797.et les années suivantes. Avant la guerre qui vient de dévaster la Pologne, Wilna était la ville la lus importante de toute cette partie de ’empire, par ses nombreux établissemens littéraires et par l’activité de ses presses. Son université fondée en 1587, renom— mée dans toute l’Europe parles célèbres professeurs qui y ont enseigné et par les

beaux établissemens q'ii en dépendaient a été ee en 1832. Une partie de la bibliothèque (tout ce qui avait rapport aux belles-lettres), ainsi que plusieurs cabinets scientifiques ont été transportés à Kiev et à St-Pétersbourg. On nous assure qu’elle possède encore le gymnase, l’école normale nommée séminaire des maîtres d'école de campagne, l'école grecque de théologie et une académie médico-chirurgicale fondée en 1832.

En 1834, l’empereur fonda dans cette ville une académie ecclésiastique ; et en 1836, un tasfitut pour les enfans de la noblesse du pays. Wilna est la résidence d’un évêque catholique, d’un évêque grec, et le centre d’un grand commerce intérieur, dont les plus importantes affaires sont faites par les Juifs, qui forment plus de la moitié de sa population.

Les autres villes les plus importantes de la RUSSIE-OCCILENTALE sont :

Kowxo (Kauen), ville du gouvernement de Wilna, beaucoup déchue, mais encore importante par'son commerce. Dans ses environs se trouve Pozayscie (Mons Pacis, Friedenberg), remarquable par son ancien couvent des Camaldules, converti depuis 1833 en un couvent de moines russes et dont la magnifique église, bâtie et

ornée par les plus habiles artistes italiens, à coûté 8,000,000 de florins polonais à Christophe Paç, fondateur de ce riche établissement. Suonconié , petite ville, renommée pour avoir été le siège de l'académie des ours, institution singulière qui n'existe plus, et où depuis long-temps plusieurs de ces animaux, pris très jeunes, recevaient une sorte d'éducation; on leur enseignaït à faire des sauts et des simagrées propres à amuser la populace, à servir à table, ou du “moins à apporter les objets qu'on leur désignait. Jacobstadt en Courlande, et Grodek de Gadimski en Lithuanie ont de semblables établissemens, mais beaucoup moins considérables et moins renommés. Peu loin de Smorgonié est située Zalesié, magnifique chàätcau de la famille Oginski ; le comte Michel-Cléophas, depuis 1804 jusqu’à 1822, y dépensa des sommes considérables pour en faire la plus belle résidence de la Lithuanie ;on admire surtout ses superbes jardins.

Gaonno, chef-lieu du gouvernement de Grodno. On doit méntionner le nouveau chàteau'et l'édifice de la chancellerie, le gymnase, l'école de médecine , et la Dibliotheque dont les cabinets scientifiques ont été transportés à St-Pétersbourg. C'est dans cette ville que furent signés le deuxième partage de la Pologne en 1793, et l’abdication de Stanislas- Auguste en 1795. Bazesc-Lirewskr, petite ville, florissante par son commerce favorisé par le canal de Muchawiec, résidence de l'évêque des Grecs- Unis, et remarquable par sa fameuse sy nagogue, fréquentée parles israélites de presque toute

l’Europe. Au xvi° siècle elle possédait plusieurs imprimeries , et on y réimprima la célèbre Bible de Radziwill aux frais de Nicolas Radziwill. Les immenses travaux qu'on ÿ a faits depuis la dernière révolution de Pologne , l'ont rendue une place très forte.

Waressk , chef-lieu du gouvernement de Wilebsk, ville de médiocre étendue et commerçante, avec un gymnase renommé. Duna- BOURG, importante par ses fortifications, qui ont été beaucoup augmentées dans ces dernières années; PoLocx (Polotzk), par son siège épiscopal catholique etpar son célèbre collège, ci-devant des jésuites, dirigé avec beaucoup de succès par les piaristes depuis 1820 jusqu'en 1831, et auquel a succédé une école militaire.

“domicev, chef-lieu du gouvernement de Mohilev, ville de médiocre étendue, dont la position, favorable au commerce, a beaucoup contribué à son agrandissement depuis la fin du siècle passé ; elle est la résidence d’un archevêque catholique et d’un archevêque russe , et possède un séminaire ecclésiastique russe et un gYmnase renommé. Depuis quelques années Mohilev est désignée comme le quartier central général de l'armée russe dite armée de l’Ouest, Mscis- LAW, importante par son commerce.

Minsk, assez grande ville, chef-lieu du gou vernementde Minsk, avec une assez belle cathédrale, un assez beau {héâtre , un grmnaseetun séminaire ecclésiastique, siège d'un archevéché russe et d'un évêché catholique; Bo- BROUISK, petite, mais importante par sa force; SLouzx, par ses deux gynnases, ün catholique et l’autre évangélique; c’est lé chef-lieu du vaste duché appartenant à la riche et illustre famille des Radziwill, Pins, autrefois chef-lieu dela Polésie, district remarquable par ses marais immenses.

Jiromir, chef-lieu du gouvernement de Volhynie, siège d'un évèché russe et d’un évêché catholique, ville assez grande, industrieuse et commerçante, avec un séminaire ecclésiastique qui compte 8 professeurs , etun pare.

BEnniTeoHEv, assez grande ville, qui s’est beaucoup agrandie dans ces dernières années à cause de son commerce florissant et de ses grandes foires, et dont la population dép :sse de beaucoup celle de toutes les autres villes de son gouvernement; malgré cela on la cherche en vain dans presque toutes les géographies et sur presque toutes les cartes, STARO-CONSTANTINOV, importañte par sa populalion; Dusno, pgatore assez florissante, malgré la translation à Kiev de la foire des conrats. Osrroc, ville qui dans le xvi° siècle joua un rôle brillant sous ses ducs, dont l'immense revenu est passé à la famille des princes Sanguszko ; c'est à Ostrog que fut imprimée la première Bible slavonne. Lovrzk, petite ville, importante par son siège épiscopal qui a été élevé à la dignité de métropolitain de toutes les églises catholiques de l'empire Russe, Konzec, très petite, mais remarquable par sa fabrique de faïence et de porcelaine dont on loue les produits. Knr- MENETZ (Krzémiéniec), petite ville, renommée dans toute la Pologne et la Russie-Méridionale par son {ycée connu sous ie uom de gyrmntse

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de Volhynie, fondé par le savant Thadé Czacki, soit avec ses propres ressources, soit au moyen des collectes volontaires des habitans de la Volhynie, de la Podolie et de l'Ukraine; ce célèbre établissement a cessé d'exister depuis 1833, et une partie de ses cabinets scientifiques, ainsi que son précieux médailler, ont été transportés, à Kiev où l’empereur a établi une université pour A celle de Wilna et le lycée de Kremenetz.

Kamieniéc (Kaminiek), chef-lieu du gouvernément de Podolie, siège d'un archevèché russe et d'un évêché catholique, ville autrefois très forte , mais dont les fortifications, démolies en 1812 par les Russes, paraissent avoir été rétablies depuis, La cathédrale catholique, le séminaire ecclésiastique etle gymnase méritent d'être mentionnés. MoniLev, siège d'un évêché arménien, importante par son commerce, les produits de ses jardins, et par sa population. MieozYs0z, remarquable par son ancien chdteau, un dés plus grands de la Pologne, et par sa fabrique de chapeaux. Winniça, petite ville, renommée par son collège des jésuites, remplacé aujourd'hui par un gymnase séculier qui jouit d’une grande réputation et compte au-delà de 500 étudians. lauroL, très petite ville, importante par ses belles manufactures de draps, de bas et de voitures. TouLTcin (Tulczyn), remarquable par sa fabrique d'armes à feu et par l'immense cAdteau et les vastes Jardins des comtes Potocki.

Biazystos, chef-lieu de la province de Bialystok, remarquable par la régularité de ses rues et par son beau château, dont les em- Lellissemens faits par Branicki lui ont mérité, de la part des auteurs polonais, le surnom de Yersailles de la Podlaquie ; on doit citer le g7mnase etl'école d'accouchement.

Kazan, grande ville assez bien bâtie, dont la majeure partie est située sur des collines non loin du Volga ; la Kazanka la traverse. Elle aune citadelle en bri ues, dunt l'enceinte est formée par de hautes murailles flanquées de tours ; deux de ces dernières sont d’une hauteur remarquable. Presque entièrement détruite en 1774 , Kazan s’est relevée plus belle qu'auparavant ; on loue surtout les constrnctions qui ont réparé les ravages faits par l’incendie de 1815. Autrefois capitale du royaume tatare de Kazan, cette ville n’est aujourd’hui que le chef-lieu du gouvernement de son nom, et est l’entrepôt du commerce entre la Sibérie et la Russie d'Europe, ainsi que le centre d’une assez grande indusirie, dont les principaux produits consistent en draps, cuir, ancres, tuiles, savon, cordonnets et un grand nombre d’articles sortis de ses fabriques de fer et d’acier. Cettz ville, où réside un archevêque, possède une des

quatre grandes académies ecclésiastiues de l’empire, avec 16 professeurs et réquentée par un millier d’étudians ; une universile, dont dépendent l’observa-

toire, la bibliothèque, le jardin botanique, l'institut clinique et un médailler assez riche ; on doit nommer l’école normale our former des Le rage jee latare, e gymnase , la typographie turque où fon a déjà imprimé utieure pr ges dans cette langue ; la societé des amis de la littérature nationale et l'institut pour former des missionnaires et des prètres parmi les Turks (les Tatars des Russes), les Tcheremisses , les Mordva et autres peuples. Son séjour est assez brillant et très animé, surtout endant l’hiver. C’est une des villes de

’empire dont l’accroissement a été le plus rapide ; on peut la regarder aussi comme la ville principale dés Turks soumis à l'empire ; leurs écoles, leurs fabriques et leurs’ateliers les placent au premier rang parmi les peuples de ces régions.

SARATOY , située sur la rive droite du Volga , ville régulièrement bâtie et cheflieu du gouvernement de son nom. Son industrie et surtout son commerce florissant ont beaucoup contribué aux rapides progrès de sa population, qui la range aujourd’hui ak les villes principales de l’empire. Elle possède un gymnase et quelques bâtimens assez remarquables pour ces contrées. Quoique située à une grande distance de la mer Caspienne, cette ville ne se trouve qu’au niveau de l’Océan, étant sur les limites de ce grand enfoncement qu'offre l’Ancien - Monde entre l’Europe et l’Asie; nous en parlerons en indiquant les principaux traits de la géographie physique de cette dernière partie du monde.

ASTRAKHAN, jadis capitale du royaume tatare et aujourd’hui chef-lieu du gouvernement de son nom, bâtie sur une des îles formées par le Volga à son embouchure dans la mer Caspienne , avec un port qu’on peut regarder comme le plus fréquenté que cette mer possède. Ses nom-— breuses églises , ses beaux vergers , ses vpobles ses vastes faubourgs, sa citadelle (nommée Krem ou Kremlin comme celles de Kazan, de Noygorod et de Moscou). produisent une sensation agréable sur les voyageurs qui enapprochent, mais qui est détruice à la vue de ses maisons presque toutes en bois, de ses rues irré-

gulières, boneuses et sans pavé. Astrakhan est le siège d’un archevéché russe, d’un archevèché Arménien et d’une amirauté dont dépendent les chantiers situés à l’embouchure du Volga, ainsi que d’un comptoir pour la pêche que l’on fait sur ce fleuve et dans ses parages ; elle emploie plusieurs milliers d’hommes et rapporte tous les ans plusieurs millions de francs. Favorisée par sa position qui la fait communiquer avec les parie les plus riches et les plus fertiles de l'empire , et avec les principaux ports de la mer Cas-

tenne, cette ville est devenue l’entrepôt

u commerce que fait la Russie avec la Perse , la Boukharie et l’Inde. Trois bazars ou “hans, à la manière asiatique, sont destinés aux principales affaires commerciales qui s’y font exclusivement, dans l’un, par les marchands des villes russes, dans l’autre, par les Asiatiques, et dans le troisième, par les Indiens; ces derniers, quoique en petit nombre, font les affaires les plus importantes et vivent en communauté de célibataires dans un grand édifice de bois. Astrakhan se distingue aussi er son industrie ; les fabriques des étofles de coton, de soie, celles de maroquins, de chagrin, desuifetles teintureries en Sont les branches principales. Le

séminaire ecclésiastique, \e gymnase et lé jardin botanique sont ses établissemens littéraires les plus remarquables.

Les autres villes les plus importantes de la RuSsIE-ORIENTALE sont :

TouisroroL, la plus peuplée du gouvernement de Kazan après le chef-lieu, quoique sa population n’atteigne pas 6000 àmes; TcxéBorsay, importante par son commerce.

Viaraa, chef-lieu du gouvernement de Viatka.,, petite ville épiscopale, importante par son commerce de grains, ses tanneries et ses savonneries, avec un gynase, un séminuire ecclésiaslique qui compte 9 professeurs et est fréquenté par plusieurs centaines d'étudians. Icévswt- Zavor, dont la population dépasse presque d’un quart celle de Viatka; SanarouL, florissante par son industrie et son commerce.

PErm, petite ville épiscopale , chef-lieu du gouvernement de Perm, avec un gymnase et un séminaire ecclésiastique , importante par les riches mines de cuivre et de fer situées dans son district; on les exploite et on en travaille les produits. Souixausr, très petite ville, importante par ses riches salines, par son commerce de pelleteries et par son jardin botanique. Novo-Ussoue , très petit endroit que nous ne nommons que pour signaler ses sources sadées, dont on retire une immense quantité de sel,

EX ATERINSOURG, ville la plus peuplée et la plus

importante du gouvernement, régulièrement batie, avec un hôtel des monnaies dans lequel on frappe des pièces de cuivre, et une école des mines ; on y voit une grande fonderie de canons, des forges immenses el des fabriques d'armes, d'instrumens , de coutellerie et autres. On doit aussi remarquer que c'est dans le district de cette ville que sont situés plusieurs mines et lavages d'or, d'une si grande richesse que leur prodait, joint à celui des autres mines et lavages de Bogoslof, de Verkh-Issetsk, de Niÿni-Taghilsk, de Neviansk, etc., etc., dans ce gouvernement, et de Zlaloust, Miask, etc., etc., dans celui d'Orcembourg, a déjà égalé le produit des mines d'or du Brésil à l’époque de leur plus grande praspérité, et dépasse actuellement celui des mines et des lavages d’or de toute autre contrée connue du globe. C’est aussi dans plusieurs de ces layages qu'on trouvé une si grande quantité de platine, que le prix de ce précieux métal, en 1815, tomba à St-Pétersbourg d'un tiers environ. Les lavages de Nijni-Taghilsk, situés sur la pente asiatique, sont si riches, que la seule alluvion de Vilkney a déjà fourni plus de 2800 livres d'or. Pour donner au lecteur un moyen d'apprécier toute l'imporlance des lavages auriféres de l’Oural, nous rappellerons avec M. de Humboldt que leur produit aunuel s'élève déjà à environ 6000 kilogrammes, quantité égale à celle qu'ont donnée les inines du Brésil à l'époque de leur plus grande prospérité, tandis que les mines et les lavages d'or de ce dernier empire n'ont donné annuellement, de 1817 à 1820, que 600 kilogrammes, et que le produit annuel de toutes les mines de l'Amérique Espagnole et Portugaise, immédiatement avant leur émancipation, ne s’est élevé qu'à 11,000 kilogrammes. C'est à Ekaterinbourg que réside le conseil des mines qui a l'inspection sur toutes les mines et forges de la Sibérie, à l'exception de celles qui dépendent du -cabinet impérial. Dans les environs mème de la ville, on exploite des mines d'or assez riches.

VeranorTourié , très petite ville, remarquable par le grand nombre de forges, d'usines et de mines de cuivre et d’or dont elle est environnée, et dont le produit est immense. Inair , aulre petite ville, importatite par les forges et les usines qui l'environnent, et par sa riche foire, fréquentée non-seulemient par les négocians des principales villes de la Sibérie et de la Russie d'Europe, mais même par ceux de la Perse, de la. Boukharie et de l'Asie Ottomane; KouNGour, par sa population, son industrie, son commerce, et par les carrières d’albâtre de son voisinage; Nuni-Ta- GHILSk, par sa population, par son industrie, et surtout par ses lavages d’or et de platine ; ceux de ce dernier métal peuvent maintenant être regardés comme les plus riches que l’on connaisse.

SimBirsk, assez jolie ville commerçante, située sur le Volga, chef-lieu du gouvernement de Simbirsk, avec un gymnase; on doit y élever un monument à Karamsine , qui y est né. SyzraAN ,importante par sa population et son commerce. SaAmMARA , ville riche par son commerce et ses pêcheries, c'est le grand dépôt de l'immense sranlité de sel retiré des mines d’Ietski.

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Penza , ville épiscopale, importante par ses fabriques de savon et de cuir dont elle fait un grand débit, et chef-lieu du gouvernement de Penza;un séminaire ecclésiastique avec sept professeurs et fréquenté par presque un millier d'étudians, et son gymmase , doivent être mentionnés. Sarans«, remarquable surtout par la grande fertilité de son territoire, par ses tanneries et par sa population; KERENSK, par ses fabriques de toile à voiles ; Isra , par ses nombreuses fabriques de tapis, et par sa grande manufacture inpériale de haute-lisse; MoncHane et Nunt- -0MOV, par leur commerce; la grande foire de ‘elte dernière est fréquentée annuellement par an grand nombre de marchands.

Kaasnoï-Tar, pese ville du gouvernement d’Astrakha,remarquable en ce qu'elle est la résidence du éhan des Kalmoulks.

Vozsk, assez grande ville du gouvernement de Saratlov, importante par ses tanneries , ses briqueteries, sa grande fabrique d’armes; KouzneTsk, par ses tanneries et ses forges; TZARITZIN, par sa position, par ses eaux minérales les plus fréquentées de l'empire , et par ses fortifications nouvellement reconstruites. SA- RepTA, petite ville très florissante par les beaux établissemens industriels créés par les Frères-Moraves; On la regarde comme la plus importante des Colonies Allemandes de ce gouvernement; elles sont situées dans les cercles de Saratov, Kamyschinsk, Volsk et Atkarsk, entre l'Ilavla et la Medveditza. M. Erdman en compte 102, et leur accordait en 1816 une population de 61,000 âmes. Pour ménager l’espace et pour éviter les répétitions, nous ferons observer que le seul comité des Colonies étrangères de la Russie-Méridionale, savoir : des gouvernemens de Kherson , de Ickaterinoslav, de la Tauride et de la Bessarabie, à la fin de 1828, avait sous sa direction 251 colonies composées de 17,678 familles, formant une population de 97,616 habitans ; que les colons établis le long de la Molotchnaïa, dans le gouvernement de ia Tauride, ont déjà changé en plantations superbes les steppes arides parcourues encore au commencement du siècle par les nomades Nogaïs; et que les colonies Juives, malgré toutes les prédictions sinistres des ennemis de ce peuple, offraient déjà à la même époque, sur 986 familles, 722 cullivateurs et 264 hommes de métiers

Nous rappellerons aussi que c’est dans ce gouvernement qu’on trouve le Lac salé d’'ELron , dont on retire annuellement une grande quantité de sel; et les vestiges de Sanaï, l’ancienne capitale de la dynastie tatare de la Horde d’Or, dont les puissans monarques jouèrent un si grand rôle dans le moyen âge , étendant leur terrible prépondérance politique depuis l'Oural jusqu’au Danube. Dans les ruines de Seraï on a trouvé des restes de tombeaux, des monnaies arabes, des lampes et d’autres objets sur lesquels MM. Fraehn et Reinaud ont fait de savantes recherches.

Oura, chef-lieu du gouvernement d’Orenbourg et résidence de l'évèque de cette dernîère ville. Orensoure , assez jolie ville, importante par ses fortifications, par sa position, ct

surtout par son commerce avec la Boukharie dont elle est l'entrepôt principal; elle possède un s€minaire ecclésiastique avec huit professeurs, et un séminaire pour l’armée avec onze. ZLa- TousT, gros village du cercle de Birsk ,trèsimportant par ses forges et surtout par ses riches mines d’or découvertes dans ces dernières années; dans ceile qui est nommée Tzarevo-4lexandrovsk, on a trouvé plusieurs morceaux d'or pur d'une grosseur extraordinaire , et un entre autres du poids de 25 livres. Miasx, autre village dans le cercle de Tcheliabinsk, non moins important par ses mines de cuivre et surtout par ses riches /avages d’or, qui, de 1823 à 1828, ont donné, selon M. Schnitzler, 250 pouds d'or. MENZzELINSx , petite ville, assez bien bâtie et florissante par son commerce,

Taoïrsk , jolie petite ville fortifiée, importante par son commerce avec la Boukharie et autres contrées. ILersa:, petite ville fortifiée, très importante par la riche mine de sel gemme qu’on y exploite, et dont les produits sont réputés supérieurs à tous les sels exploités dans la Russie; on y troùve en outre, depuis 1817, des forgerons, des joailliers, des horlogers,, des facteurs d'instrumens et d’autres artisans : on loue beaucoup. la perfection des produits de leurs ateliers. OunaLss, chef-lieu des Cosaques établis le long de l’Oural, assez grande ville, dont la population dépasse celle de toutes les autres villes de ce gouvernement; les produits de ses pècheries s'élèvent à près de 4 millions de francs.

Voici les principales villes du Royaume DE POLOGNE :

Varsovie (Warszawa des Polonais , Warschau des Allemands), capitale de l’ancien et du nouveau royaume de Pologne, située sur la rive gauche de la Vistule, au milieu d’une plaine vaste et sablonneuse. La ville proprement dite est assez mal bâtie; les faubourgs au contraire sont grands, beaux, assez bien pavés, avec des rues larges et alignées.

Praga, qui est le faubourg le plus grand, est situé à la droite de la Vistule ; un pont de bateau le réunit au reste de la ville; on a le projet de le remplacer par un pont en fer. Les plus belles rues de Varsovie sont celles qui portent les noms de faubourg de Krakovie , du Miel on de Napoléon, les rues Longue, du Nouveau-Monde, Électorale, Royale, Sénatoriale, Maréchaliale, Leszno, etc.

Les places les plus belles sont celles de Saxe, de Marie-Ville, des Trois-Croir, Tlomackie, de la Vieille-Ville, de la Nouvelle-Ville, du rot Sigismond, du Champ -de-Mars, etc.

Les édifices les plus remarquables de cette capitale sont : le château NH A8 (Zamek Krolewski), bâtiment vaste, fort

simple dans son origine, mais considérablement embelli à différentes époques; Lazienki, dans le faubourg NowyswWiat FATAL château de plaisance du feu roi Stanislas-Auguste, remarquable par la beauté de son architecture, par son jardin et ses belles pièces d’eau ; on y voit la statue équestre eten pierre de Jean Sobieski, et une arène ; le palais du gouvernement dit de Krasinski, regardé comme le plus bel édifice de la ville ; le palais de Saxe, avec un beau jardin qui sert de promenade publique ; l’hôtel-de-ville, remarquable par son étendue ; lepaluis du lieutenant du roi; l'hôtel du ministère de l'intérieur, ceux des finances, et de la monnaie; le bâtiment de la société royale des Amis des sciences. Parmi les palais appartenant aux particuliers nous citerons aux moins ceux de Zamoisky ; de Chodkiewicz , de Pag , d’Ostrowski, de Potogki, de Bielinski, de Czartoryski, qui rivalisent de beauté.

L'arsenal, les casernes, l'hôpital de la ville et le grand hôpital militaire et surtout le nouveau éhcâtre qu’on vient d’achever, sont aussi des bâtimensremarquables. Parmi les églises on doit mentionner surtout : la cathédrale, dédiée à St-Jean; elle tient au Zamck par des corridors ; on y voit les monumens élevés à la mémoire de plusieurs hommes célèbres ; l’église des Dominicaine, remarquable par son étendue , celle de Ste- Croix, divisée en haute et basse ; et les églises des Piaristes , de St-Alexanre , ele.

Ua grand nombre d’établissemens scientifiques et, littéraires Aout à l’importance de la capitale de la Pologne ; naguère encore on mettait à la tête.de tous l’université, qui quoi-

e ouverte seulement en 1818, avait

éjà pris place parmi les principaux établissemens que l’Europe possède en ce genre, par le nombre de chaires, par sa riche bibliothèque, ses belles collections zoologiques et minéralogiques, son superbe jardin botanique, son observatoire, son cabinet de médailles et de curiosités et antiquités nationales, son cabinet de physique, son. laboratoire et, ses préparations anatomiques; ce bel. établissement et la société royale des Amis des sciences sont supprimés depuis la dernière révolution; on nous assure que

les principaux étahlissemens qui existent encore aujourd’hui sont : les deux gym nases, le séminaire central ou école des haules études ecclésiastiques ; il pose une bibliothèque richement dotée;

’académie militaire d'artillerie et du génie; le gymnase des Piuristes, axec un observatoire et une belle bibliothèque ; le collège des nobles ; l’école des arts, l'école forestière ; celle des sagesfemmes et des sourds-muets ; le conservaloire de musique ; la soctété économique d'agriculture ; la societé de physique ;lasociété de médecine. Varsovie est la résidence d’un archevêque, qui depuis 1818 prend le titre de primat

u royaume, Avant la révolution de 1830, aucune grande ville de l'Europe Orientale ne comptait autant d’écrits périodiques, relativement à sa population , que Varsovie, qui d’ailleurs est le ceatre de l’industrie, du commerce et de l’activité littéraire de tout le royaume. Les bibliothèques et les imprimeries y sont nombreuses ; les bals et les concerts y sont fréquens ; deux theâtres sont destinés aux représentations en langue nationale; ua troisième à celles en langue française, Les allées &'Uiazdow, comparables au Prater de Vienne, doivent être rangées parmi les plus belles promenades de cette métropole. On ne doit pas non plus passer sous silence les bains publics dans les beaux jardins de la résidence. de Lazienki déjà mentionnée.

Dans les environs immédiats de Varsovie, on doit mentionner : le superbe château de Wizua- Now, fondation du grand Subieski, où ce héros mourut ea 1696; ce château appartient aujourd’hui aux Potocki ; nous ne savons pas si sa richo bibliothèque et sa magnifique galerie de ta:

bleaux de toutes les écoles y sont encore en place; et l'ile Kepa-Saska, remplie de jardins; elle embellit la ville dont elle est une dépendance,

Plus loin et dans un rayon de 40 millesontrou ve : Monuin, petite ville, importante par. ses belles fortifications qui commandent les deux rives du Boôug et de la Vistule; Pucrusx, par son collège, son gymnase et les jardins qui l’environnent ; Lowicz, par son école pédagogique, par son beau château et por la principauté à laquelle clle donne son nom, qui a appartenu d'abord aux archevèques de Gnesne, puis.de 1807 à 1814 au maréchal Davoust, et qui appartient maintenant à la cumtesse de Grudzinska, épouse du grand-duc Constantin; Niësonow, ancien cAdfeau des Radziwill , avec de beaux jardins et une riche bibliothèque. Añxapya, célèbre par ses jsrdins et la résidence de sa fondatrice, la princesse Hélène Radziwill née Prezdziecka. TomAs-

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REPUBLIQUE DE KRAKOVIE. 561

zow, petite ville, rumarquable par sa grande prospérité; fondée en 1822 au milieu des champs et des forêts par le sénc” «ur Ostrowski, elle comptait déjà en 1830 un. svyulation de 4000 âmes toutindustrielle et laborieuse ; la fabrication de drapsexportait alors à elle seule, pour 5,000,000 de florins polonais ; les autres industries étaient dans un état aussi prospère.

Les autres villes les plus remarquables du royaume sont :

Auausrowo, petite ville du palatinat auquel elle donne son nom, importante par le grand canal que l'on creuse pour effectuer la jonction de la Vistule avec le Niemen; Raczxt, très petite ville, avec une magnifique église dont la construction est due à la famille des Paç, et importante par le voisinage de la grande terre seigneuriale de Dospuda, appartenant à la même famille. Dans cette magnifique résidence on admire surtout le jardin d'hiver , la salle d’armes, la chapelle, la galerie de tableaux, la bi- Lliothèque, la belle collection de cartes militaires et d'ouvrages stratégiques, etler bains en thermes dont l'architecture , les peintures et les décors sont d'un goût exquis et imités des thermes des Romains, M. le sénateur Louis Pag, qui a fait faire ces belles constructions , y a établi aussi une ferme sur le modèle du graod établissement de M. Coke en Angleterre, dont nous avons parlé à la page 498.

PLocx, pelite ville épiscopale du palatinat de ce nom ; elle possède une ancienne société littéraire renouvelée en 1820. Kauisz, chef-lieu du palatinat auquel elle donne son nom; c’est une des plus belles villes du royaume ; ses nombreuses fabriques, parmi lesquelles se distinguent celles de draps; son écote militaire, son /ycée auquel sont annexées: une bibliothèque et des collections scientifiques assez importantes; son évèché catholique et sa population lui assignent le deuxième rang parmi les villes du royaume. Une belle chaussée cunduit aux jardins d’'Opatowek, petite ville à laquelle l'immense manufacture de draps de Fiedler donne une:certaine importance. CzensrocnowA , petite ville, dont les fortifications ont été rasées par les Russes en 1813, remarquable par le sanctuaire de la sainte Vierge qui y attire une foule de pélerins , et par sa défense en 1771, par Casimir Pulaski, chef de la confédération de Bar.

Krecce, petite ville épiscopale, chef-lieu du palatinat de Krakovie, et entrepôt d’un commerce considérable en blé et en ferronnerie; elle a un lycée ou école palatinale avec une bibliothèque, un museé, el.; Ouxusz, très petite ville, remarquable par les mines d'argent et de plomb exploitées dès le xm° siècle, regardées comme les plus riches de la Pologne ; on a forméle projet de les mettre de nouveau en exploitation. Konsk1e, petite ville! du palatinat de‘ Sandomir, importante par ses forges , ses fabriques d'armes blanches et de voitures. Lupuin, assez grande ville épiscopale, chef-lieu du palatinat de son nom; sa poses actuelle n'est que letiers de celle qu’elle avait à l'époque de sa grande splendeur; quelques beaux édifices, un commerce assez étendu, les écoles palatinales avec des bibliothèques et des collections scientifiques assez cuasidérables, la société des sciences, etcelles d'agriculture et de musique, ainsi que sa foire, la rendent encore importante.

Rakow, très petite ville, jadis remplie de fabriques de toute espèce lorsqu'elle était le refuge d'un grand nombre de sociniens et de savans ; cette dernière circonstance lui mérita le surnom d'Athènes Sarmathe ; son imprimerie, une des plus actives de cette époque, y donna le jour à plusieurs ouvrages. PuLawry, petite ville, importante par son école normale et surtout par la magnifique résidence des princes Czartoryski, qui employèrent une gfande partie de leur:immense fortune à rendre leur demeure un des plus beaux sites de l'Europe, dont les beautés ont été chantées dans le poème des Saisons de Delille. Tous les souvenirs les plus précieux de la Pologne guerrière, civique et littéraire y étaient réunis dans le temple de Sibylle, élevé au milieu du parc sur les bords de la Vistule, Outre des jardins magnifiques et des appartemens aussi vastes qu'élégans , on y admirait une bibliothèque qui était la plus riche de la Pologne après celle de l’université de Varsovie; c'était sans contredit la plus grande et la plus précieuse collection d'ouvrages et de documens polonais qui existe. Pendant la dernière guerre, ce beau château a été brûlé et saccagé, et sa précieuse bibliothèque « été la proie des flammes. Zamosc, petite ville, bâtie dans le goût italien au milieu de vastes plaines, et très importante par ses belles fortifications.

RÉPUBLIQUE DA RRAROVLS.

CONFINS, PAYS et FLEUVES. Cette répliblique, formée en 1815 par le congrès de Vienne, d’une petite fraction de l’ancien royaume de Pologne, ne comprend que la ville de Krakovie avec un petit territoire le long de la Viséule. Cetéty est borné au nordet à l’estparle royaurf

actuel de Pologne, au sud par la Vistule qui le phase de la Galicie, grande province de l’empire d'Autriche , et à l’ouest par la Brinica qui forme sa frontière du côté de la Silésie-Prussienne. Voyez à la page 274, pour le cours de la Vistule.

aTanoGnAr«IS, Latrès grande majorité

te a ——

des habitans appartient à la Soucur SLAvR : ce sont des Polunais. Presque un douzième de la Le ape est juive et appartient à la SoOucHE SEM:TIQUE ; une petite fraction seulement , les Allemands , doit être rangée parmi les peuples qui appartiennent à la Soucas GEr- MANIQUE.

A=LIGION, Tous les Polonais à l’exception d’une petite fraction qui suit les dogmes du /ufhéranisme, professent la religion catholique; les autres suivent les riles et les croyances du judaïsme.

aouvanansmenxT. |l est républicain. La puissance législative réside dans une assemblée formée des députés élus dans chaque commune ; }: pouvoir exécutif est confié à un sénat composé de 12 membres et d’un président ; ce dernier qui est le chef de la république , est nommé pour deux ans. Cet état est sous la protection des empires de Russie, d'Autriche et de la monarchie Prussienne, qui l’ont déclaré à jamais neutre, bien que l’Autriche l’occupe militairement aujourd’hui.

TOPOGRAPRIE. KRAKOVIE (Krakow des Polonais et Arakau des Allemands), assez grande ville épiscopale très aneienne , située dans une vallée délicieuse sur les bords-de la Vistule, autrefois place forte,

ville jopnleute et capitale du vaste royau-

me de Pologne ; elle ne l’est aujourd’hui que de la petite république qui porte son nom. Un pont la fait communiquer avec Podgurze, ville autrichienne dans la Galicie. Des rues irrégulières, étroites et mal payées correspondent mal à la beauté de plusieurs de ses édifices. On doit nommer surtout : la cathédrale , regardée comme la plus belle et la plus intéressante de toutes celles de la P: e ; c’est dans ses seize chapelles latérales que se trouvent les monumens funèbres des rois et des grands hommes de ce royaume, depuis Boleslas-le-Frisé et Kasimir-le- Juste jusqu’à Joseph Poniatowski et Thadée Kosciuszko ; on doit y poser lemo-

nument en marbre de Wladimir Potocki, pe le célèbre Thorwaldsen; sa tour renerme une des plus grosses cloches de l’Europe ; l’église de Ste-Marie, dont on loue le style gothique, svelte et élégant , et sa tour la plus haute peut-être de toute la Pologne ; l’église de S/-Stantslas appelée Skalka à Kazimierz, remarquable en ce qu'elle est la plusancienne de la ville ; le château de Krakovie , rebâti avec magnificence par Auguste Il, réduit en caserne sous la domination autrichienne et maintenant occupé en partie par la s0ciété de bienfaisance ; c’est sous ces voûtes que furentgardésjusqu’en 1704 le trésor et les joyaux de la couronne;le nagnifique château des évêques, qui, après les embellissemens qu’on y a faits en 1816, est le bâtiment moderne le plus remarquable de Krakovie; l'hôtel-de-ville et l'immense édifice appelé Sukiennicé ; ils entourent la grande place, et sont remarquables, surtout le premier, par la beauté de leur architecture. Parmi les établissemens publics on doit citer l’université, une des

lus anciennes de l’Europe, et dont la

ondation est antérieure à celle des universités de Prague, Vienne, Leipzig, Upsala, Edimbourg, Glasgow , Copenhague et autres ; elle possède une bibliothèque assez riche et un jardin botanique remarquable ; ensuite le séminaire , le gymnase, l’école normale, la société savante, etla société de musique Krakovie est assez industrieuse et fait nn commerce assez étendu ; sa population, qui sous Sigismond 1‘ montait à 80,000 mes, après une foule de vicissitudes, était descendue au-dessous de 18,000 âmes ; aujourd’hui elle dépasse 25,000.

Les lieux les plus importans qu’on trouve dans le petit territoire de la république sont: Claratomlaon Mogila , avec un gymnase et près de 2,000 habitans ; Krzeszowice, avec des bains minéraux, des mines de fer et environ 3000 habitans.

PÉVONIULE ORIBNTPALS.

Nous proposons de réunir sous cette dénomination purement géographique, toutes les contrées que les géographes continuent encore à désigner sous le uom impropre de Turquie d'Europe.

Les Turks, nation d’origine asiatique, sont étrangers à ces pays qu'ils n’ont jamais entièrement soumis à leur domination, et où, depuis seulement quatre siècles environ, ils sont campés plutôt qu’établis ;

PENINSULE ORIENTALE. ño3

leur nombre est de beaucoup inférieur, non-seulement à la totalité de tous les autres habitans, mais il l’est même à celui des peuples compris dans la souche grécolatine, D'ailleurs une assez grande partie de ces pays s’est déjà soustraite tont-àfait à leur domination ; une autre encore plus considérable n’est plus que vassale du sultan , et il est défendu aux Turks de s’établir sur sou territoire. Tous ces motifs nous ont engagé à réunir ces pays sous une dénomination qui, prise dans la nature même, n’offre aucun des inconvéniens qu’on peut reprocher aux autres.

Nous avons.réuni comme une dépendance géographique de cette grande peninsule ouverte (voyez à la page 14) les trois groupes d'lles qui forment la république des Îles loniennes, malgré son entière indépendance de l’empire Ottoman et les liens étroits qui l’attachent à la monarchie Anglaise. Nous ne devions pas la joindre à la description de cette dernière comme l'ont fait plusieurs géographes célèbres, et il n’était pas convenable non plus de laisser isolé ce petit état, qui, par sa po sition , par la langue et ia religion de ses habitans, tient si étroitement à la Grèce.

Afin d'éviter les répélitions, et find ménager l’espace, nous réuniruns dans quelques articles généraux , comme nous l'avons fait pour l’Italie et d’autres régions, tout ce que la géographie physique et politique de l'empire Oltoman, du nouvel Elat de la Grèce, des principaultés vassales de Servie, de Valachie et de Moldavie, et de la ranree des Iles Zoniennes, offre de plus important.

POSITION ASTRONOMIQUE. Longitude orientale, entre 13° et 27°. Latitude, entre 36° et 48°. Dans ces calculs on a compris lesiles regardées comme dépendances du continent Européen.

DIMENSIONS. Plus grande longueur :

depuis Constantinople jusqu’à l'extrémité nord-ouest de la Croatie Ottomane, 622 milles. Plus grande largeur : depuis le Pruth, à l’est de Jassi, jusqu’à Dragomestre vis-à-vis l’ile de Teaki, 600 milles.

conriNs. Au nord, les Confins Militaires de Croatie, de Slavonie, de Hongrie et de Transylvanie, et la Bukovine, contrées comprises dans l’empire d’Autriche , ensuite la Bessarabie appartenant à l’empire Russe. A l’es£, la Bessarabie, la mer Noire, le détroit de Constantinople, celui des Dardanelles et l’Archipel.

Au sud, la mer de Marmara, l’Archipel et la Méditerranée. A l’onest, la mer lenienne, le canal d'Otronte, la mer Adriatique et l'empire d'Autriche, c’est-à-dire le royaume de Dalmatie et les Confins Militaires Croates.

MONTAGNES, On peut ranger toutes les montagnes de cette partie de l’Europe dans deux systèmes principaux : le syslème Hercynio-Carpathien , auquel appartiennent toutes {es hanteurs qui s’étendent au-delà da Danube dans la Valachie et la Moldavie ; elles se trouvent presque toutes sur la frontière du côté de l'empire d’Autriche. Le systeme Slavo- Hellénique ou des Alpes Orientales qui embrasse toutes les autres; le nomt culminant de la chaine principale de ce dernier est le 7chur-dagh, dont on estime l'élévation à 1600 toises; c’est aussi le plus haut soinmet de toute cette vaste région. Voyez pour les détails aux pages 88, 89, 90 et 91.

rzss, Les Turks ne font aucune distinction entre les îles qui appartiennent à l'Europe et celles que nos géographes placent en Asie. Pour éviter les répétitions, nous renvoyous aux articles Divisions administratives et Topographie des états compris dans cette division ; ici nous nous bornerons à nommer les Jles Joniennes , dont l’ensemble forme la république de ce nom; l'ile de Candie, qui est la plus grande; celle de Négrepont, qui vient après, et les nombreuses Îles qui, en différens groupes, fomment ce qu’on appelle l’Archipel.

Lacs et zaouwes. Le plus grand de tous est le Raselm ou Rassein dans le pays des Turks Doubroudjis, au sud des embouchures du Danube : ce n’est à proprement parler qu’une vaste lagune, Viennent ensuite es lacs de Scuéart ou Zente, d’Ochrida et de Janina dans l’Albanie ; ceux de Kadaka, de Yenidje et de Betchik dans la Macédoine; de Tapolias, de Frachori et Angelo-Castron dans la Grèce Orientale. On pourrait ranger parmi les lagunes, celles de Missolonghi dans la Grèce Occidentale, qui ont fait donner à cette ville l’épithète de Petite- Venise, à cause de leur ressemblance avec les lagunes qui environnent la magnifique capitale de la ci-devant république de Venise.

rzauves. À l'exception du Danube et de la Maritza, tous les fleuves de cette

cnrs oaéaiiatiensérsénsidiaià

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région ont un cours peu étendu. Nous nous bornerons donc à tracer le cours des plus grands, en les classant d’après les cinq mers auxquelles ils aboutissent, et en négligeant entièrement les courans très petits, quelle que soit d’ailleurs leur grande célébrité. C’est dans la géographie ancienne comparée à la moderne qu’il faut chercher la description de l’4chéron, de l’Inachus, du Céphise qui franchissait les murs du Pirée, de l’autre Céphise qui arrosait la Phocide et la Béotie, et d’une foule de petits courans dont les noms retentissent dans l’antiquité. Cette remarque doit s'étendre aux LACS et MARAIS si remarquables dans la mythologie et l’histoire de ces pays classiques.

La MER NOIRE reçoit :

Le Danune, qui est le second fleuve de l’Europe. Il vient de l'empire d'Autriche, et avec la Sava et l'Unna il trace la frontière de l'empire Ottoman et des états qui en sont vassaux, le long des limites des empires d'Autriche et de Russie, Le Danube passe par Belgrade et Semendria dans la prinsipauté de Servie; par Vidin, Nicopoli, Sistow, Roustchouk , Silistrie, Rasova, Hirsova, Matchin, Isachi et Tultcha dans l'einpire Ottoman , Turna vis-à-vis de Nicopoli, Ghiurgevo vis-à-vis de Roustchouk, Brahilov dans la principauté de Valachie, et Galatz dans la Moldavie ; après avoir formé un vaste delta nommé Bogasi, ce grand fleuve entre par plusieurs branches dans la mer Noire. Par le traité d’Andrinople ce n'est plus la branche nommée Sov- LINE, regardée comme la principale, qui forme la limite du côté de l'empire Russe, mais celle plus méridionale nommée de Sr-Geonce. Les principaux affluens du Danube à Ka droite sont : la Sava, qui vient de l'empire d'Autriche, passe par Gradisca ou Bcbir et Brod dans l’empive Ottoman, par Schabatz dans la principauté de Servie, où à Belgrade elle entre dans le Danube; la Sava reçoit à la droite l'Unna, qui baigne Bihach, Novi et Dubitza dans la Croatie Ottomane; la FVerbas ou Perbitza, qui passe par Jaitze et Banialouka dans la Bosnie; la Bosna, à laquelle appartiennent la Miglialza ou Melaska qui passe par Bosna-Seraï, et un autre courant qui arrose Trawnik; enfin la Dr'ina, qui passc par Foczia en Servie, Visegrad et Zwornik et Bosnie; la Mora wa, formée par deux branches principales : l’Occidentale , qui traverse la Servie, passe par Kruchewatz et est grossie par plusieurs courans qui descendent des monts Glubotin; et Orientale qui passe par Nova-Berda et reçoit la Nissasa qui vient de la

Bulgarie et arrose Nissa; l’Zsker, qui passe :

près de Samakov, si importante par ses mines de fer, et à quelques milles de Sophia ou Triaditza, dans la Bulgarie. Les principaux affluens du Danube à la gauche sont : le Sy727 ou

Schyll, qui traverse la Pelite-Valachie ou la Valachie-Occidentale, en passant 4 Krajova; l'Olt ou Alouta, qui vient de la Transylvanie dans l'empire d'Autriche , traverse la Valachie, arrose Rimnik ; c'est à son bassin qu'appartient la riche mine de sel d'Oknamare ; l'#rd7s, qui est grossi à la gauche par la Dumbrovilza, qui traverse Bukarest ; la Jal/onitza, qui passe par Tergovist; le Seret, qui vient de la Gaicie dans l'empire d'Autriche , traverse la principauté de Moldavie, en passant par Bakou; c'est à son bassin qu'appartiennent les riches mines de sel exploitées à Okna dans cetle principauté ; enfin le Pruth, qui vient également de la Galicie, sépare la principauté de Moldavie de la province russe de Bessarabie , et baigne Faltsi ; cet affluent est grossi à la droite par le Baglui, qui passe par Jassi. Voyez aux pages 276 et 627.

L'ARCHIPEL reçoit :

La Manirza, qui est le fleuve le plus considérable ; elle prend sa source dans le mont Egrisau. Ce fleuve traverse la Romélie Le rx dite, arrose Tatar-Bazardjek, Philippopoli et Andrinople, et se partageant en deux branches vers l'extrémité de son couts, il se rend dans l'Archipel; sa branche orientale débouche dans le petit golfe d'Enos. L’Ær'da est son principal affluent à la droite; ses principaux affluers à la gauche sont : la T'undja, qui baigne Kasanlik et recoit elle-même un autre courant qui passe par l'importante ville de Selimno; lErkené ouErgené, qui arrose Djesr Erkené.

Le Kanasou ou Srnouma, dit aussi MARMARA ; ce fleuve descend du mont Argentaru et traverse la Macédoine Orientale; c’est à son bassin, encore très inal connu des géographes, qu'appartiennent Dupindja, Guistendil et Seres ; ce fleuve débouche dans le golfe d'Orphanc ou de Contessa, après avoir traversé le lac Kadaka. Pour éviter les répétitions et les méprises nous ferons observer qu'il y a un grand nombre de courans d’eau désignés par le nom de Xarasou, composé de deux mots turks qui signifient eau noire, parce que les Turks ont donné cette dénomination à toutes les rivières dontle litest profond ou dont l’eau est trouble, par opposition aux rivières qui n’ont que peu de profondeur ou dont l'eau est limpide; ils appellent ces dernières 4xsou, c'est-à-dire eau blanche.

Le Varnar, descend du Tchardagh, traverse la Macéévine , passe par Uscup, Gradisca etentre dans le golfe de Salonique à quelques milles à l'ouest de cette ville.

L'Innse-Kanasou, parcourt l'extrémité méridionale de la Macédoine , et remontant au nord, vient presque confondre son petit delta avec celui du Vardar. Le beau lac de Kastoria et la florissante ville de ce nom, ainsi que Kcra-Veria, peuvent être regardés comme des dépendances du bassin de ce fleuve.

La SazAusaiA, qui descend du Pindus ou Mezzovo, traverse et fertilise la magnifique vallée qui forme la plus belle partie de la Thessalie, passe peu loin de Tricala, arruse Larisse, et, s'ouvrant un passage entre l'Olympe (Lakha) et l'Ossa , se jette dans fe golfe de Salonique

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L'HezLana, qui tiavurse la partie méridionale de la Thessalie, pass: près de Patratchik, et laissant Isdin ou Zeitoun au nord, et la fameuse gorge des Thermopyles au sud, entre dans le golfe de Zeiloun,

La MER MÉDITERRANÉE reçoit :

L'inis, nommé Riviène o'Heos au-dessous de Scala; il descend du plateau central de la Morée, traverse l'ancienne Arcadie et la Laconie, et débouche dans le golfe que nos cartes nomment de Kolochina. Ce petit fleuve est le célèbre Kurotas, qui, selon la remarque de Villoison, porta dansle moyen âge le nom de Fasili-Potamos ou de fleuve royal, à cause du séjour des despotes de Morée à Misitra.

La MER IONIENNE et ses GOLFES reçoivent :

Le Rorta (Alpheus), qui descend du plateau central de la Morée , où il traverse l'Arcadie et l'Elide, Malgré la petitesse de son cours, c'est le plus grand courant de la Morée.

L'Aspro Poramo descend du Mezzovo ou Pinde, traverse du nord au sud l'extrémité occidentale de la Thessalie, arrose l'Etolie à la gauche et l'Acarnanie à la droite, et après avoir reçu le tribut des eaux du lac de Soudi ou de Vrachori, il entre dans un des golfes formés par la mer lonienne.

L'Anra, descend du Pinde, traverse l’'Epire Oriental, baigne Arta et entre dans le golfe ou la lagune de ce nom.

Le Cauamas, patait descendre des montagnes qui s'élèvent au nord-ouest du bassin de Janina, traverse les campagnes naguère si florissantes de l'Epire ou de la Basse-Albanie , cullivées par les Philates, tribu grecque, et va aboutir dans le canal de Corfou. Qn pourrait regarder le beau bassin de Panina, si florissant avant les troubles qui ont désolé cette contrée, comme une dépendance hydrographique de ce bassin.

La MBR ADRIATIQUE reçoit :

Le Woïiussa ou VEnis, qui descend du Pinde, traverse la Basse-Albanie en passant par Conitza, Premiti et Tebelen , et se rend dansl'Adriatique. Parmi ses affluens nous nommetons au moins l'argyrrocastron à la gauche, qui passe par la ville de ce nom,

L'Encenr, dit aussi BeRATINO et KREVASTA ; il descend des montagnes qui s'élèvent au nordouest de Kastoria, traverse l’Albanie-Moyenne, passe par Berat et débouche dans l’Adriatique.

Le Scoun ou Tom qui prend sa source dans la chaine où naît l'Ergent, traverse la même conirée , passe peu loin d'Elbassan, et, après avoir baigné Pekim , entre dans l’Adriatique.

Le Mari, dont le cours est beaucoup plus petit que celui des précédens, mais que nous nommons, parce qu'il parcourt la contrée montagneuse habitée par les Mirdites, peuplade albanaise catholique, qui conserve une sorte d'indépendance. Ce fleuve nait dans la chaine qui s'élève à l’ouest du Drin-Noir, passe peu loin d'Ischmid et entre dans l’Adrialique. Croïa ou Akseraï et Orocher appartiennent à son.

bassin.

Le Din, qui est formé par la réunion des deux branches nommées Drix-Noin, qui sort du

lac d'Ochrida, passe près de Haute-Dibre, Basse- Dibre et Ibali, et Dain-Buanc qui vient du côté opposé; Prisrend et lacovo appartiennent au bassin de ce dernier, Le Drin passe ensuite par Dagno, Alessio et entre dans l'Adriatique, Ce fleuve qui paraît être le plus grand de cetle contrée, traverse la partie nommée Maute-Albanie.

La Boyana, nommée Monacca dans la partie supérieure de son cours, traverse la Haute-Albanie en passant par Podgoritza, entre dans le lac de Scutari, d'où elle sort sous le nom de Bojana , arrose la ville de Scutari, et au-dessous de St-Georges elle entre dans l’Adriatique. Presque tout l'intéressant canton du Moutenegro appartient au bassin de ce fleuve.

La Nanenra, dont le cours supérieur forme un coude immense, arrose l'Hertzegovine ou Dal:

matie Ottomane, passe par Mostar et entre dans la Dalmatie Autrichienne où elle aboutit à l'Adriatique.

BTANOGRAPKIS, Un grand nombre de peuples différens, que lethnographie classe en six souches principales, vivent dans cette partie de l’Europe ; la souche slave et la souche gréco-latine sont les deux familles ethnographiques auxquais appartient le plus grand nombre

e ses habitans. La soucue GRéco-La- TINE comprend : les Grecs, qui occupent maintenant presque sans mélange tout le territoire du nouvel Etat de la Grèce ; ils sont aussi très nombreux dans la Thessalie , dans la Basse-Albanie, dans une partie de la Macédoine, de la Romélie où Thrace, dans l’ile de Candie; on en trouve aussi quelques milliers dans les

rincipautés de Valachie et de Moldavie, où ils se sont établis à la suite des hospodars qui étaient choisis dans des familles grec-

ues. Les Grecs forment aussi la nation

ominante et la très pus majorité de la population de la république des Ilesloniennes. Parmi les nombreuses peuplades grecques connues sous des noms particuliers, nous ne nommerons que les Maïnotes comme les plus célèbres. Les Roumnaje ou Roumouni. plus connus sous le nom de Valaques; ils forment presque exclusivement la population des principautés de Valachie et de Moldavie, et une fraction de la population des provinces intérieures de l’empire Ottoman ; ils sont surtout nombreux dans les vallées du Pinde. Les Z/aliens, qui forment presque un vingtième de la population de la république des Iles Ioniennes, et qu’on rencontre en assez grand nombre dans les principales villes commerçantes de l'empire Ottoman. Les Sktp e-

sars, nommés #rnarwt par les Turks et Albanais par les Européens ; ils forment la population principale de !’Albanie, et sont répandus en assez grand nombre dans la Romélie, la Bulgarie et ta Macédoine, proviaces de l’empire Ottoman ; on les trouve aussi dans le nouvel état de la Grèce, par exemple à Hydra, Spetziä, dans l’Argolide et autres cantons: leurs tribus principales paraissent être les Guegues, dans la Haute-Albanie; les Mirdites et les Toskes ou Toxides dans la Moyenne , les Cami ou Choismi et les Liapi ou Lapy dans la Basse. Les principaux peuples compris dans la sou- CHE SLAVE sont : les Serbli ou Serviens, qui occupent presque exclusivement toute la principauté de Servie et l’Hertzegovine ou Dalmatie Ottomane ; les posniens, qui forment la grande masse de la population de la Bosnie , et les Mo tenegrins,qui dans les montagnes du Montenegro conservent depuis si longtemps leur indépendance. La souche TURQUE, répandue ,ily a plusieurs années, sur tous les pays de cette région qui dépendaient dugrand-seigneur, est maintenant restreinte dans les bornes actuelles de l’empire Ottoman. Ses principaux peules sont : les OUsmanlis, nommés ‘u rks par les Européens, dénomination qi regardent comme une injure, ayant epuis long-temps secoué le joug des mœurs sauvages de leurs ancêtres nomades, descendus du plateau de l’Asie- Moyenne. Les Osmanlis sont la nation dominante de l’empire ; ils se distinguent aussi des autres peuples par leur civilisation assez avancée. Viennent ensuite les Turks Dobrudjis, improprement nommés Tatares, les Jourouk et autres moins nombreux. Les SOUCHES ARMÉ- NIENNE et SÉMITIQUE comprennent les Arméniens etles Juifs, répandus dans toutes les villes les plus commerçantes des états compris dans cette région La SOUCHE SAMSKAITE OÙ INDIENNE n6comprend que ce peuple vagabond et abroi, connu en Europe sous différentes dénominations, et en France appelé Bohémiens; c'est dans les principautés de Moldavieet de Valachie qu’on le trouve en plus grand Jombre , ensuite dans les provinces intérieures de l'empire Ottoman.

ABLIGION, L’ISLAMISME OU la RELIGION »E MAuOMET est le culte dominant dans l'empire Ottoman; tous les autres, quoi-

que professés publiquement , n’y sont que tolérés. Les Osmanlis, les Turks des embouchures du Danube , les Iuruk etune rs considérable des Bosniens, des AInais et des Bulgares sont mahométans, et reconnaissent pour chef spirituel le Moufti, qui est le vicaire du grand-seigneur pour tout ce qui regarde la religion et l’exercice de la justice civile. Le Caars- TIANISME est professé par le plus grand nombre des habitans de cette ” ‘ion, mais ses disciples sont divisés en pl..:i: 1rs églises ; les Grecs, les Valaques, le, Serviens et une grande partie des Bosniens et des Bulgares appartiennent à l’église Grecque Orthodoxe, dont le chef :

est le patriarche de Constantinople. Une artieassez considérable des Albanais, des sniens et des Arméniens , près d’uncinquième de la population des Îles Ioniennes et une fraction des insulaires de l’Archipel sont attachés à l’église Catholique Romaine. La majorité des Arméniens professe les dogmes de l'église Arménienne. La RELIGION DE Moïse est suivie par les Juifs tant du ré karaîte que du rit rabbiniste.

Enpusraiss. Toutes les branches de l’industrie sont plus ou moins arriérées dans cette région, malgré la beauté et l’abondance des matières premières. L’invariabilité des usages a pendant long-temps contribué à cette langueur, pour tout ce LS regarde l’habillement et les branches e commerce qui en dépendent. 4 Lo villes se distinguent cependant par leur industrieet font exception. Cunstantinople ,' Salonique , Andrinople, Roustchouk, Seres et Choumla sont les villes qui offrent le plus d'activité sous le rapport manufacturier. On prépare bien le maroquin et le cordouan ou cuir à Larissa, Salonique, Gallipoli, Janina , etc.

Il y a des feinturiers très adroits à Ambelakia , à Larissa, etc.; des manufuctures de coton à Salonique, Seres, Constantinople, Silistrie et à Turnavos en Thessalie. On fait d'assez bonnes étuffes de soie à Constantinople et à Salonique. Les chaudronniers et les ferblantiers de Choumla ont porté leur art à une très grande perfection. On travaille bien l’acier à Bosna-Serai, à Seutari, à Caratova et à Constantinople. On fabrique des armes à feu à Semendria, à Grabora, etc. Enlin, l'imprimerie orientale établie à Constantinoplefournit, cun-

ont que les em— ketune des Almétans, ituel le nd-scireligion CHRISs grand “‘sion, |..sie ars le: Serosniens

e rapbien le cuir à

curremment avec l’imprimerie du Caire, des livres arabes, persans et turks à tout l’empire. On ne peut rien dire de l’industrie du nouvel état de la Grèce et des principautés de Valachie et de Moldavie; désolés par la guerre, ces pays n'offrent sous ce rapport rien qui mérite d’être mentionné. Les Iles loniennes, malgré les progrès faits par certains arts depuis une trentaine d'années, sont encore très arriérées sous le rapport de l’industrie, Cependant les: habitans de ces lies ainsi 1p2 ceux du nouvel état de la Grèce se distinguent par leur habileté dans la construction des nombreux bâtimens marchands qui naviguent dans les parages de cette partie de l’Europe , et qui pendantia longue guerre de la révolutinn française poussaient leurs courses jusqu’en France, en Espagne et mème en Amérique.

commsacs, Le commerce maritime et terrestre de l’empire Ottoman est très important; mais la plupart .des affaires sont faites par les Grecs , les Arméniens, les Juifs et les Albanais, ainsi que par le grand nombre d’étrangers Autrichiens , Russes, Anglaïs, Français, Hollandais et autres Européens qui y sont établis. Le commerce du nouvel état de la Grèce, si tlorissant avant la guerre de l’insurrection, est presque entièrement anéanti :

nous signalerons dans la topographie les villes qui offrent encore quelque importance sous ce rapport. Les Iles Ioniennes, grâce à la paix dont elles jouissent depuis plusieurs années, présentent un commerce florissant et une navigation assez étendue ; les fränchises accordées d’abord à Corfou et depuis aux autres ports en <ont en grande pariic la cause. Les rrincipales EXPORTATIONS des états compris dans cette région consistent en bétail , surtout chevaux, bœufs et cochons ; en peaux tannées et brutes; laine, vins, tabac, coton, raisin de Corinthe, amandes, figues sèches, actes et autres fruits, huile d'olive, cire, miel, soie crue et filée, camelot, tapis, mæroquin , noix de galle, garance, gomme dragant, éponges, cuivre, alun , terresigilée, etc., etc.

Les principaux articles d'IMPORTATION sont : toile, étoffes de soie, draps, bonnets, fourrures, miroirs, verres et autres objets de cristal et de verre; montres et pendules, porcelaine, papier, aiguilles, plusieurs articles en métal eten bois , sucre, café et autres denrées coloniales, et

-des sommes asser considérables d'argent comptant, surtout de sequins de Venise.

On doitajouter que l’onimporteune grande mere de blé , de gros et menu bétail et

e bois dans les Iles Ioniennes, qui exportent en revanche une grande quantité d'huile , de vin, de liqueurs ; de raisin de Corinthe el de sel. 2 CURE CUE

Les villes maritimes les plus commerçantes sont : Constantinople ; Salonire Gallipoli, Enos et Varna dans

empire Ottoman; Syra ,; Hydra, Nauplia et Patras dans le nouvel état de la Grèce ; Zante, Corfou et Argostoli dans la république des Îles Joniennes. Parmi les places.les plus commerçantes de l’intérieur de l'empire Ottoman , on doit nommer Andrirople, Bosna-Serai et Janina; et dansles principantés , Belgrade en Servie, Bukarest enValachie et Galacz en Moldavie,

PLACÈS FORTES et PORTS MILITAIRES, Les principales forteresses de cette région sont : Widin, Silistrie, Roustchouk , Choumia, Varna, Scutari, Zworntk , Bihacz, Banialouka et Candie dans l'empire Ottoman. On peut ranger dans la même catégorie les fortifications qui défendent le passage de l’Æellespont on détroit des Dardunelles et celui du Bosphore ou détroit de Constantinople, ainsi que la chaîne du Balkan ; on peut même dire que cette dernière est le principal boulevard de empire contre les ennemis du Nerd. Par son développement de l'occident à l’orient et parallèlement au cours du Danube, elle servit longmn de barrière contre les incursions des Daces, des Goths et des Bulgares, et elle avait jusqu’à ces derniers temps arrêté tous les efforts des Russes. C’est ce qui fait que les Turks l'ont aussi sommée Emineh-dagh, c'est-à-dire nontagne pt sert d'abri. Les Turks ont de plus le

roit de tenir garnison dans l’importante er de Belgrade dans la principauté de

ervie. Nauplia, Negrepont, Missolonghi, les citadelles de Corinthe, d’Athènes, le château de Morée, celui de Lepañnte, Modon et Coron sont les principales forteresses de la Grèce. Corfou, dans la république des Iles Ioniennes, passe justement pour une des plus fortes places de l’Europe. Les forteresses le long de la rive gauche du Danube, qui appartiennent à la principauté de Valachie devant être démolies, cet état n’en

offrira alors aucune qui mérite d’être citée pour sa force. TER

Les principaux ports militaires de cette partie de l'empire Ottoman sont: Cunstantinople, Varna, Gallipoli. Le nouvel Etat de la Grèce offre Navarin , Poros et Lepante. Dans la république des Iles Ioniennes Corfou est laistation ordinaire d’une partie de la flotte anglaise dans la Méditerranée.

DIVISIONS POLITIQUES. Nous avons déjà vu les différens états dans lesquels cette région est actuellement partagée. lei nous les répéterons pour indiquer l’ordre

ue l’on suivra dans leur description, Ces

tats sont : l’empire Ottoman, dontnous décrirons la seule partie que l’on puisse regarder comme appartenant à l’Europe; le nouveau ge gt de Grèce; les principautés de Servie, de Valachie et de Moldavie, tributaires .de l’empire Ottoman; la republique des lies 10niennes.

Mais avant de passer à la description de ces différens états, quil nous soit

rmis de faire quelques observations sur eurs divisions administratives et leur topographie. Malgré tous les soins que nous avons mis à offrir l’état actuel de ces contrées, nous sommes bien loin de nous flatter d’avoir atteint le but de tant de recherches. L’anarchie , les guerres ivtérieures et extérieures , la famine, la peste et d’autres fléaux qui ont désolé ces contrées, les réformes qu’elles subissent depuis quelque temps de la part de leurs gouvernemens respectifs qui sont encore mal affermis, laissent encore de grandes lacunes et bien des doutes sur tout ce qui concerne les divisions administratives de ces états. Aidé par notre savant ami M. Reinaud, nous avons essayé de tracer les divisions actuelles de l'empire Ottoman, autant que ces différens obstacles

Empire

cowrzxs, Au 2074, les Confins Militaires dans l'empire d’Autriche, les principautés de Servie, de Valachie et de Moldavie et la province russe de Bessarabie.

A l’est, la mer Noire, le Bosphore ou le détroit de Constantinople, l’Hellespont ou le détroit des Dardanelles et l’Archipel.

Au sud, la mer de Marmara , l’Archipel et la mer Méditerranée, le nouvel Etat de la Grèce. A l'oues/, la mer Ionienne , la

le permettaient. À l’égard de la Grèce nous offrons le tableau officiel publié i!

y a quelques années par le gouvernement. A l'égard des divisions administratives des principautés de Valachie, de Moldavie et de Servie , nous aimons encore mieux n’en donner aucune que de nous exposer à rédiger un tableau erroné.

La seule république des lies Joniennes est exempte de ces incertitudes, grâce à la stabilité de son gouvernement et à la paix dont elle a joui. Ce que nous venons de dire sur les divisions administratives doit nous servir de justification pour la marche que nous avons suivie dans l’article topographie. Imitant notre célèbre ami, nous décrirons, comme l’auteur du Préots, les principales villes de l'empire Ottoman d’après les cinq grandes régions que l’usageappelle Romeélie, Macédoine, Albanie, Bosnie , et Bulgarie. Nous avons ajouté à la Macédoine la Livadie Septentrionale , qui correspond à l’ancienne Thessalie , et nous avons joint à la Bosnie la Dalmatie et la Croatie Ottomanes. Fidèle au plan adopté dans cet Abrégé, nous avons groupé autour des villes principales de ces grandes divisions toutes les autres villes qui méritaient d’étre mentionnées, La topographie de la Grèce n'offrirait aujourd’hui presque aucune ville remarquable sous le rapport du commerce, de l’industrie, de la population et des établissemens littéraires.

Mais ces villes classiques offrent tant d'intérêt sous le rapport historique et archéologique , que nous avons cru devoir entrer dans quelques détails pour présenter le tableau de ses imposantes ruines et de ses vénérables souvenirs. Ce sont les conseils et les lumières de M. Dubois, directeur de la section archéologique de l'expédition française en Morée, qui nous ont guidé dans cette tâche difficile.

Ottoman.

mer Adriatique, la Dalmatie et les Confins Militaires dans l’empire d’Autriche.

Pays, Toute la ci-devant Turquie Européenne , moins la Bessarabie et la partie de la Moldavie, cédées à la Russie, ainsi que les pays qui forment les principautés e Servie, de Valachie et de Moldavie , et le nouvel Etat de la Grèce. Tant de pertes n’ont été compensées que par l’acquisition des petits territoires de Butrinto,

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Grèce

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admidachie, aimons que de erroné, ines est ce à la la paix ons de res doit a mar- Particle re ami, u Préire Ot-

Parga , Prevesa et Vonitza qui appartenaient à la ci -devant république de Venise.

rzauves, Le Danube, la Maritza , le Karasou, le Vardar, l’Indje-Karasou, la Salambria , l'Hellada, l'Aspropotamo , l’Arta, le Voioussa, le Drin, la Bojana et la Narenta. Voyez aux pages 604 ét 565.

couvanramanr. Il estabsolu, et le souverain, réunissant dans sa personne la puissance temporelleet spirituelle, ne reconnalt pas de frein à ces volontés. Néanmoins, dans la pratique, le souverain n’ose pas se mettre ouvertement au-dessus des volontés de la nation: Les circonstances d’ailleurs ont été, depuis près de deux siècles, tellement défavorables , que si le sultan fait trembler le peuple , le peuple n’inspire pas moins d’effroi au sultan.

Nous allons tracer un tableau rapide de l'état actuel du gouvernement Ottoman , que nous devons à l’obligeance de M. Rainaud. Ce tableau est ici d’autant plus nécessaire, qu’il nous dispensera d’y revenir de nouveau , lorsqu'il sera question : des provinces Ottomanes d’Asie et d'Afrique,

Le Coran, livre sacré des musulmans, servant à-la-fois de code religieux , civil et politique , et le sultan étant regardé comme le successeur des anciens califes, il en résulle que le prince estinvesti de tous les pouvoirs à-la-fois., Mais le sultan, du moins depuis plus de deux siècles, n'exerce pas l'autorilé par lui-même : il a deux lieutenans qui sunt censés le représenter. Le premier, sous lc nom de rmufti, est à la tête des ministres de la religion et de la loi, décorés du nom d'oulemas ou savans ; le second, appelé grand-vizir, dirige le gouvernement civil et militaire,

Sous les ordres de ces deux grands dignitaires se trouvent tous les fonctionnaires de l'empire. Ceux dont il est le plus souvent question dans nos relations sont les pachas. Le mot pacha, qu'on prononce aussi bacha, est d'origine persane et signifie chef. 11 sert de titre au grand-vizir et au capilan-pacha,qui est le commandant en chefdes forces navales de l'empire ; mais il désigne d’une manière plus générale le gouvernement des provinces. On en distingue trois classes, suivant l'étendue des pays soumis à leur juridiction, et ils reçoivent, pour emblème de leur autorité, une queue de cheval suspendue au bout d'une pique termiuée par un pommeau doré, Les pachas du premier rang reçoivent trois de ces queues; ceux du second rang, deux ; et ceux du troisième une. L’usage des queues de cheval vient de la Tartarie, pays d'où les Turks tirent leur origine.

La réunion du grand-vizir, du mufti, du capitan-pacha et de tous les chefs d'administration en conseil , s'appelle divan : ce mot est d'origine arabe et signifie assemblée; ainsi le divau est pro-

premeni le conseil de l'empire, et il traite de toutes les grandes affaires d'état. 11 n'est pas besoin d’ajouter qu’il ne s'assemble qu'à Constantinople.

Le gouvernementreconnait au reste deux classes de sujets bien distinctes : les musulmans, qui représentent les vainqueurs.et constituent l'état proprement dit ; et les non-musulmans, c'est-àdire les chrétiens, les juifs et les païens, qui représentent le parti vaincu et qui sont soumis à la capitation.Les sujets non musulmanssont appelés du nom général de rayus, mot arabe qui signifie troupeau. Jusqu'ici la loi les avait placés fort audessous des musulmans : ils. ne laissaient pas cependant de jouir de certains privilèges; par exemple, dans chaque localité, \à où ils étaient un peu nombreux, ils formaient une espèce de communauté présidée par un d'entre eux appelé »rémat.

11 existe encore une classe de sujets , et celle-ci est privée de tout droit politique : c’est celle des esclaves. L'esclavage est admis dans les pays musulmans , comme il l’a été de tout temps en Orient; seulement ilest de principe qu'un musulman né libre ne peut pas ètre fait esclave; et si étant esclave il embrasse l'islamisme , il reçoit ordinairement la liberté. Cette classe est malheureusement très nombreuse. Les Turks, ainsi que les Asiatiques en général, ont toujours recherché des esclaves des deux sexes, soit pour se décharger sur.eux de toutes les fonctions pénibles, soit pour salisfaire plus librement leur penchant à la volupté , penchant qui est plus fort en Orient qu'’ailleurs. Il n’est guère de musulman qui n’ait une femme esclave pour partager son lit, et quelquesuns en ont vingt et même davantage. Ce goût mème a élé commun à des chrétiens'et à des juifs. Les esclaves sont nés dans une condition servile, ou ant été pris à la guerre, ou bien encoreils ont été achetés à prix d’argent de patens inhumains. Leur nombre tend sans doute à diminuer : d’une part, le gouvernement Ottoman commence à user de quelques ménagemens envers les prisonniers de guerre; de l’autre, la Circassie ct la Géorgie, où se faisait surtout le commerce desjeunes filles, étant maintenant au pouvoir des Russes, les parens doivent se porter plus difficilement à ce sacrifice contre nature. Une chose qui n’a rien de contradictoire avec le despotisme, c’est que les esclaves deviennent quelquefois pachas et grands-vizirs.

L'empire Ottoman s’est formé des conquêtes successives faites par les sultans, et quelques-unes de ces conquètes ont été assujélies à des restrictions. Non-seulement certaines contrées, telles que la Crimée, la Transylvanie, les régences de Tunis, de Tripoli et d'Alger avaient conservé leur gouvernement particulier, ce qui a fait qu'avec le temps plusieurs d’entre elles ont été détachées de l'empire; mais quelques-unes, tout en recevantun gouverneur nommé par le sultan, joutssaient d'institutions locales fort étendues. C'est ainsi que la Bosnie est encore divisée en capitaineries héréditaires, dont les titulaires réunis en corps représentent le pays. Il y a même des contrées où il reste des familles seigneuriales dont la puissance remonte à plusieurs siècles, et qui se sont toujours maintenues dans leurs possessions, La famille Ghaurini possède depuis 1427 plusieurs

villages en Macédoine; une partie des crmpagnes voisines d’Angors en Asie-Mineure appartient à la famille de Tchapan-Oglou, et une partie des campagnes de Pergame, à celle de Kara-Osman- Oglou. Quelques villes étaient la propriété de certnins dignitaires; par exemple l'illustre Athènes . ‘inait un fief attaché à la place de chef des eu- “auques du sérail,

Anciennement les sultans exerçaient eux-mêmes l'autorité, et marchaïient à la tête, de leurs armées; c’est ce qui a fait la gloire des Amurat, des Mahomet IE, des Selim et des Soliman, Mais depuis plus de deux siècles les princes de la famille impériale ont été tenus par le souverain dans le sérail, sans prendre part aux affaires. Aussi lorsqu'ils arrivaient au pouvoir, ils se. trouvaient étrangers aux détails du gouvernement, et tout se faisait par les mains des ministres. Pour eux, ils vivaient confinés dans le sérail, au milieu de femmes et d'eunuques,

Les gouverneurs des provinces, ceux surtout qui étaient éloignés du siège de l'empire, profitèrent de la négligence du souverain pour étendre leur autorité, Comme les places s'achetaient à prix d'argent, et que les gouverneurs, d’après les lois existantes, étaient revètus de l'autorité civile et militaire, ils profitaient de leur position pour amasser de grandes richesses, et quelquefois se faisaient la guerre entre eux comme entre ennemis; ils parvenaient même à transmettre l'autovité à leur'1 parens ou à leurs favoris. Lorsque le sultan actuel, Mahmoud 11, monta sur le trône en 1808, le vaste gouvernement de Bagdau était depuis plus de 50 ansentre les mains de pachas qui se l'étaient légué les uns aux autres. Le fameux Ali, pacha de Jarina, non content d'avoir obtenu pour ses fils le gouvernement d'une partie de la Grèce actuelle, avait conquis par la force des armes plusieurs vilies d’Albanie qu'ii joignit à son pachalik.

Dans les guerres extérieures, les armées ottomanes étaient constomment batiues. La Russie, étendant sacs cesse ses conquêtes, s'éiait avancée jusqu’au Danube, et après avoir suliugué la Crimée, menaçait l'empire du côté du Bs!kan et du Caucase.

Une des causes principales de la faiblesse du gouvernement et de l'anarchie qui se faisait remarquer dans toutes les parties de l'administration, c'était l'insubordination ei l'arrogance des janissaires. Ces:troupes, autrefois si braves et si disciplinées, n'opposaient plus de résistance à l'ennemi, et n'étaient redoutables que pour leur souverain.

Les janissaires , créés dans le xiv® siècle, furent ainsi nommés de deux mots turks qui signifient nouvelles troupes. Ws étaient d’abord choisis parmi les enfans des chrétiens de Bosnie, d'Albanie et de Bulgarie, hommes robustss et belliqueux. On avait décidé qu'ils ne pourraient pas se marier, et que constamment sous les armes ils seraient en toute saison sous les ordres du gouvernement. Dans ces temps reculés où l'Europe chrétienne n'avait pas d'armée permanente, les janissaires se présentèrent avec une grade supériorité; mais avec le temps l'institution des ja-

nissaires, comme toutes les institutions des hommes, subit de sensibles altérations. Au titre de janissaire étaient attachés de nombreux privilèges et des revenus en terres très considérables; les gens en crédit cherchèrent à faire admettre leurs créatures dans ce corps privilégié, et on y inscrivitles artisars , les employés de l'administration; le titre de janissaire devint mème héréditaire, et l'on vit des enfans en bas âge décorés de ce. nom jadis si terrible. Sur ces entrefaites l’Europe éclairée avait formé des armées régulières, et créé une tactique qui quadruplait la force des individus; dès-lors les janissaires furent hors d'état de se mesurer avec les armées chrétiennes. En vain les sultans, à diverses reprises, essayérent de réformer des abus si crians, et de remplacer les janissaires par des troupes plus fortes et plus dociles ; les abus avaient eu le temps de s’enraciner, et des individus de toutes les ciasses y trouvaient leur profit. Aussi les sultans échouèrent; plusieurs même, tels que Selim IL, périrent victimes de leurs nobles intentions.

Le sultan actuel, homme dégagé de beaucoup de préjugés et doué d’une fermeté inébranlable, a enfin commencé de régénérer l'empire. Les cnconstapcss étaient fort critiques ; mais ces mènies cisconstances l'ont puissamment aidé dans ses projets de réforme. Nous avons dit que lorsqu'il monta sur le trône plusieurs pachas s'étaient rendus presque indépendans , et que l'esprit de désordre s'était emparé de la plupart des esprits; effrayé par le malheureux sort de ses prédécesseurs, il usa d’abord de la plus grande circonspection ; il ramenait par la douceur ceux qui n'étaient qu'égarés; il confimsait ou opposait les uns aux autres ceux qu'il n'était pas en état de déposséder ; à l'égard de ceux qui paraissaient intraitables , il recourail quelquefois à la politique orientale, et les faisait périr par le poignard, le puison ou le cordor. À mesure que les évènemens devinrent plus graves, il redoubla de vigueur. Ali, pacha de Janina, ne dissimulant plus ses projets d'indépendance, fut exterminé avec sa famille, et l’Albanie ramenée sous les lois de l'empire.

Pendant la guerre contre la Grèce, en 1826, les janissaires annonçant de nouveaux projets de révoite, il abolit l'institution tout entière, et fit massacrer tous ceux qu'on soupconnait de vouloir résister. À Constantinople seulement, plus de 20,000 hommes furent tués, brûlés ou noyés. C’est alors qu’à l’imitation de ce qui existait déjà en Egypte, les troupes régulières actuelles furent créées ; et si, dans la guerre qui eut lieu en 1828 et 1829 contre la Russie, cc: troupes opposèrent des efforts impuissans, il faut s’en prendre non pas seulement à la supériorité morale des Russes, mais à l’infériorité numérique des troupes réguliéres turques, et au peu de temps qu’elles avaient eu pour s'exercer à la ta, tique européenne, L'empire Ottoman se trouva un moment à denx doigts de sa perte; déjà les Russes s'avançzut du côté de l’Europe et de l'Asie étaient maitres à-la-fois d'Andrinople et d'Erzeroum, et cernaient la capitale; mais depuis la paix, Mahmoud n'a pas cessé de porter la main à toutes les brancues de l'administration, et avec les évènemens qui se

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passeat aujourd'hui dans fes États chrétiens d'Europe, évènemens qui doivent absorber l'attention de la Russie, l'ennemie naturelle de la Turquie, il est permis de supposer que le sultan, s'il vit encore quelques années, donnera une nouvelle face à son empire. e

Par le traité de paix du 14 septembre 1829, les Russes ont été reconnus maitres d'Anapa et de toutes les côtes sententrionales de la mer Noire, depuis l'embouchure du Danube jusqu'à celle du Batoumi; et ils exercent une grande influence dansles principautés de Valachie, de Moldavie ct de Servie qui ont obtenu une administration particulière ; la Grèce a conquis son indépendance , et les chrétiens dela Bulgarie ont été investis du droit de soumettre leurs griefs aux consuls russes. D'un autre côté, Mohammed-Ali, pacha d'Égypte, qui avait fait accorder à son fils Ibrahim le gouvernement de Gedda et d’une partie de l'Arabie, en récompense du zèle dont il fit preuve contre les Wahlabites, a reçu le gouvernement de l'importante ile de Crète comme dédommagement de ses sacrifices dans la guerre de Grècc; enfin la régence d'Alger qui, à l'exemple de celles de Tripoli et de Tunis, reconnaissait la suzeraineté du sultan, a passé sous la domination de la France. Il existe d'ailleurs de nombreux germes de mécontentement dans la Bosnie et l'Asie-Mineure : cependant le sultan se montre inébranlable. Une des mesures les plus efficaces qu’il a prises pour réduire l'autorité des pachas à de justes bornes, c'est de séparer l'autorité civile de l'autorité militaire; de plus il a aboli le droit de confiscation, drcit barbare qui si souvent faisait imaginer des criminels et des coupables; enfin, voulant se rattacher ies diverses classes de ses sujets chrétiens, il a défini d’une manière plus précise les droits de chaque communion, et a accordé un chefparticulier aux Arméniens du rit catholique, qui jusqu'ici étaient en butte aux vexations de leurs compatriotes du rit schismatique ; il a même cherché à réveiller dans la masse de ses sujets le sentiment du bien public, gn invitant pendant la dernière guerre les ayans , ou notables de toutes les provinces, à se rendre à Constantinople pour y délibérer sur la situation de l'empire. Non-seulement il a fondé à Constantinople un collège de médecine et des écoles militaires et navales, mais, à l’imitation du pacha d'Egypte, il a envoyé à Paris quelques jeunes Turks pou* yÿ profiter des lumières de l’Europe civilisée. Déjà il existait des traductions turques des réglemens inilitaires de terre et de mer de la France. Le sultan est si peu accessible aux préjugés de sa naticn, que sans cesse il dit à ses courtisans : « Si vous voulez étre hommes, imitez les Européens. » Lui-même se montre vétu à l'européenne, st prend plaisir à assister à leurs fêtes et à leurs amusemens. Peutêtre cette affectation est poussée trop loin; peutêtre elle se manifeste d’üne manière trop brusque; du moins elle a contribué d’aburd à l'espèce d’indifférence avec laquelle, dans plusieurs provinces, les peuples ont vu arriver les soldats russes, et elle continue à entretenir une grande irritation dans une partie du peuple.

Le sultan a publié il y a plusieurs années un édit par lequel tous les sujets, de quelque religion qu'ils soient et à quelque classe qu'ils appartiennent, sont déclarés ts devant ia lot et soumis au même code; la différence de religion, est-il dit dans le décret, étant une affaire de conscience qui ne regarde que Dieu. À l'avenir, les agistrais ne pourront infliger de châtiment aux rayas que du consentement des primats dont ils dépendent. Quant aux îles et autres lieux occupés exclusivement par les chrétiens, et qui se trou- . vent encore sous l’autorité immédiate du sultan, les gouverneurs turks sont obligés de soumettre tous leurs actes à l'approbation des primats: Les hak.ians ne peuvent être jugés que d'après leurs propres lois, et jamais ils ne sont soustraits à leurs juges naturels. Les habitans de l'ile de Samos n'ont dans leur Île ni cadi ni gouverneur &urk, ils sont libres de demander quelque Grec, leur compatriote, pour les gouverner. I leur est accordé de porter un pavilion particulier, dans lequel se voit la croix. ]

li ne serait pas étonnant que les Grecs des diverses provinces oltomanes, qui, il y a quelques aunées , s'enfuyaient en Morée et dans les 1les indépendantes pour se dérober au fanatisme des janissaires et aux avanies des pachas, courussent au contraire se ranger so le joug du sultan pour y recouvrer la liberté et le repos. Mais quel ne doit pas être le dépit des vieux musulmans, quand ils voient professer des idées si nouvelles pour eux. Jusqu'où ne s'étendrait pas la vengeance, si le sultan venait à succomber!

Une justice à rendre aux Turks, c'est qu’au milieu de religions et de races si diverses, ce sont eux dont le caractère moral offrirait le plus de garanties. D'un naturel mou et insouciant, imbus de préjugés , ils ne sont pas sales comme les juifs, avides et fourbes comme les Grecs : leur caractère est à-la-fois simple et plein de dignité. Il est vrai que les Turks n'ont pas, comme les juifs et les chrétiens, été soumis depuis plusieurs siècles à un despotisme capricieux et barbare, à un joug avilissant.

DIVISIONS ADMINISTRATIVES, Les Turks ne connaissent pas les divisions adoptées dans nos géographies ; celles qui ont été données par les meilleurs géographes allemands, quoique exactes pour l’époque à laquelle écrivaient les auteurs turks Hadgi-Khalfa et Hezar-Fenn, ne correspont plus aux divisions actuelles. Les

urks avaient partagé leurs possessions d'Europe et d'Asie en deux grandes divisions, dont chacune était mise sous les ordres d’un commandant-général, nommé beylerbey, c’est-à-dire bey des beys. Le premi:z residait tantôt à Monastir, tantôt à Sophia ; le second, tantôt à Angora, tantôt à Kutahya. Outre cette division générale , il existait des gouvernemens appelés eyalet on principantés, lesquels

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forme un des plus beaux de l'Europe. Cette cité porta te 820 de notre ère, que l’empereur de l’empire Romain , elle reçut, avec 4 nouvelle importance , le nom qu 'elle

aujourd’hui. Tombée au pouvoir des Du. su … aan ain- Abe a maisons pour la plupart basses

en 1453, elle devint la capitale mr Vs d rs, etest appelée eux tant user Joel Tamboul ou ville de

PIslamisme. La ville proprement dite

forme une espèce de triangle , dont la ue À pe dans la mer. Au-delà du ui forme le port , sont l’arsenal, les cha Lan rs de construction et les faubourgs de Pera et de Galata. En face sur la côte d'Asie, se trouve près de l’ancienne Chalcédoine, Scutari, qui est une assez grande ville, et qu’on peut cependant regarder comme une dépendance de la capitale.

Peu de villes au monde se présentent er euremens sous un t plus immais des rues étroites.et fort

et construites en terre et en bois, détrui-sent en partie la première impression. Les incendies y sont fréquens et quelquefois

juefois

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