‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 2)Chapitre 306 sur 628 · LACONIE · texte numérisé non relu

LACONIE

Misilr'a (de Lacédémon) ; Monembasie (d'Epidaurus Limira); Fétélo du

Gythion correspondant au. Mani.)

Acannaxis et EroLis. .

c cb panle (de OCRIDE et PROCIDE. .

uk * riki (de ArTTIQUE et BéOTIE, 0, .

Thèbes; Livadie.

Vrachorïi KAgrinion); Dragomestre (a carnanle); MASON ; Leaupaklia); Carpenitza (de Kallidromi

. Salone (de Parnasis); Galaxidi, Zeitun ris); Talanti (de Locris.) ] !

Athènes (de l’Attique); Egine; Megare; l'ile Coulouri ou Salamine ;

omi.

(de PUIOUS) ; Petradjk; Zido-

Eusées ou ile Nègrepont. Nagrepans (de: Chalcis); Carislo; Scopelo (des Sporades Septentrio-

na CYCLADES Myconi, Delos;

dro; S

es); lesiles Skiatos, Hermopolis (de Syra); Ï 'hermia (de Ky ou ar Là Milos, Kimoli ou Argentière ; inos; Phira (de Thira ou Santorin), los ou

gros Heliodromia.

ndros:; Tinos ou Borgo (de Tinos ou Tine), tnos ou Cythnus), Kia ou Zea, Serpho Siphno ou A Polycanios; Anapline ou

Nanphio ; Amorgos; Naxos, Paros, Antiparos.

rorogRaAris. Naupri (Nauplia; Napoli de Romanie), petite ville de l’Argolide , située sur une langue de terre

ui s’avance dans le golfe de son nom,

evenue la capitale de létat, prérogative dont il était difficile qu’elle continuât à jouir à cause du mauvais air qui y règne et de la petitesse de son enceinte. L’impression produite par sa situation, si pittoresque et si favorable au commerce et à sa défense, est détruite à la vue de l’irrégularité et de la malpropreté de ses rues. La partie inférieure de ses murailles est de construction cyclopéenne ; le reste appartient aux Grecs et aux Romains, et même aux Vénitiens ; mais la vaste citadelle qui couronne le rocher Palamède a été construite par ces derniers ; on y monte par un passage couvert de 500 marches taillées dans le roc ; on l’appelle le Gibraltar de l'Archipel.

Le lion ailé de St-Marc, sculpté sur ses portes ainsi que sur celles d’autres villes de la Morée et du Levant, rappelle les temps de la domination des Vénitiens qui avaient fait de Nauplia la capitale de cette riche province de leur puissante républiques Son port devenu peu profond à cause

es attérissemens, n’en est pas moins un des meilleurs de l’Archipel. Depuis que Nauplia est devenue le siège du gouvernement , les Grecs les plus riches y ont fait construire quelques bonnes maisons ; on a construit une belle caserne pour les troupes régulières , et on a bâti un assez beau palais pour le président. Son établissement littéraire le plus important est l’école militaire, où environ 50 élèves sont instruits dans tout ce qui est nécessaire pour former des officiers habiles. Nauplia, avant les désastres qu’elle a éprouvé: , faisait un commerce assez étendn, qui a acquis une nouvelle extension depuis qu’elle est devenue le siège du gouvernement et de la troupe régulière { de-

puis long-temps elle l’est d’un évéché grec. Sa population, que la peste et les

derniers évènemens ont tant fait varier dans l'intervalle des trente dernières années , paraît s'élever aujourd’hui à près de 12,000 àmes.

Dans un rayon de 10 milles on trouve : Anco (ArGos), petite ville, une des plus florissantes avant la guerre de l'insurrection, mais réduite à un amas de ruines par les ravages que les Turks etlesGrecs y ont faits alternativement. La paix, le voisinage de la capitale et la fertilité de sonterritoire y ont attiré un grand nombre de réfugiés ; elle répare rapidement ses pertes. Argos est une des villes les plus anciennes du monde, puisque sa fondation remonte à l’année 1856 avant Jésus-Christ. Si ses trente temples , ses superbes tombeaux, le gymnas”, le stadium et les nombreux monumens décrits par Pausanias ont entièrement disparu, l’antiquaire est en partie dédommagé par quelques débris d'antiquités du plus haut intérêt. On doit citer d’abord les restes de l'enceinte de Larissa; les assises infér@ures de cette citadelle sont évidemment de construction cyclopéenne, le reste de construction romaine et même vénitienne; le théâtre, un des plus anciens de la Grèce, quoique, selon M. Trant, un des moins beaux; ses gradins sont taillés dans le rocher qui forme sa courbure naturelle; il a été à demi déblayé pour servir aux réunions des députés du congrès grec de 1829; le passage souterrain taillé dans le roc; il est d’une longueur extraordinaire et pénètre sous le rocher de la citadelle; les ruines d'un ancien temple, où l'on voyait encore du temps de Clarke les conduits souterrains pratiqués par des prètres imposteurs au-dessous de l'autel pour rendre leurs faux oracles d’une manière merveilleuse. Argo peut avoir aujourd'hui près de 6000 âmes. Le marais de Lerne, à quelques milles au sud de la ville, jouit encore justement de la mauvaise réputation qu'il avait dans l'antiquité; tout le monde connait le rôle important qu'il joue dans l’histoire des exploits d'Hercule.

Kanvaruy, misérable village auquel le voisinage des ruines de Mycixes donne une grande importance ; on doit les ranger parmi les plus extraordinaires et les plus. importantes qu'offre l'Europe. Quoique des ouvrages, regardés comme classiques pour l'étude des anti-

); Pütélo Au onghi; Leadjk; Zido- : Salamine ; Septentrio-

os ou Tine), Zea , Serpho 0 ; Polycun- Anaplhine ou

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quités, disent encore qu'on peut à peine reconnaître l'emplacement de la capitale d’'Agamemnon; les aurailles de sa citadelle sont d'une conservation parfaite. On y entre par la porte d’Argos, par laquelle passa le roi des rois en partant de Mycènes pour aller au siège de Troie; cette porte est aussi nommée des Zions, à cause d’une sculpture qui représente une colonne au milieu de deux lions; M. Gell la regarde comme le morceau sculpté le plus ancien de l'Europe. Ces constructions cyclopéennes nous offrent des monumens antérieurs à la guerre de Troic, des modèles de fortifications en usage aux temps héroïques , et le plan de ces portes qui, dans les temps les plus reculés, servaient allernatitement aux cérémonies religieuses et à l'administration de la justice. Etant près de Mycènes, sur la pente d’une colline , on voit l'entrée de ce monument extraordinaire et gigantesque , qui tient à-la-fois d’une grotte sauvage et de la grandeur d'une civilisaüon régulière; l’architrave, quoique d'un seul bloc, a 27 pieds anglais de long, 17 de large et 4 et demi d'épaisseur; on le connaissait dans le pays sous le nom de trésor d’Atrée, mais on le nomme actuellement le tombeau d° 4gamemnon; il a vivem: nt excité la curiosité et les investigations des rius savans antiquaires de nos jours. Nous ajouterons que Mycènes a été détruite 568 ans avant Jésus-Christ.

TyriNTHE Où Tinvns, à l'est de Nauplia, dont les buttes cyclopéennes s'élèvent majestueusement sous la forme d’un grand polygone au milieu des orges et des roseaux. Ce sont les restes imposans de la ville où les Grecs font naître et élever Hercule. Quoique son enceinte soit plus petite que celle de Mycènes, elle est supérieure à celle de cette dernière sous le rapport de l'épaisseur et de la hauteur et, jusqu’à un certain point, sous celui de la conservation. Les muts sont encore en plusieurs endroits hauts de 40 picds; à en juger par les débris, ils devaient avoir un tiers de plus lorsque Hercule en précipita Iphitus. L'ensemble entier forme un système de roches superposées, mais fréquemment interrompu par un chaos de blocs, de pyramides renversées , comme si le tout avait été écrasé par les masses supérieures. Vers le milieu, de l’est à l'ouest, sont deux larges brèches , dont l’une est le reste d’une porte, et l’autre une ouverture terminée en pyramide et qui regarde le golfe. Ces ruines imposantes, qu’on regarde comme la plus grande construction cyclopéenne de la Grèce, nous rappellent les murailles de Norba, celles de Cortona, les ruines de Saturnia, de Cora et de Cossa, et le Jeron ou sanctuaire de la Sabine, construits dans la péninsule Italienne par un peuple inconnu den l'existence a exercé la sagacité et l'érudition de tant de sovans, à la têle desquels tout le monde s'accorde à placer M. Petit Radel, qui a fait de si importantes découvertes sur ce sujet. C’est près de ces imposans débris que le gouvernement grec a fondé un établissement agricole, pour répandre cet art utile, maintenant si négligé par les Grecs.

Hors du cercle de Nauplia, à quelques milles vers le nord-est et l’est on trouve : Licourio, gros

village, important par les lieux célèbres situés dans son voisinage et les antiquités qu’ils contiennent ; nous citerons le Hieron Alsos (le Bois sacré), dont il ne reste plus que quelques buissons au milieu desquels on voit les ruines du temple d’Esculape, le plus célèbre parmi ceux qui étaient consacrés à ce dieu, et fréquenté par les malades de tous les pays civilisés de l’Ancien- Monde Occidental ; il était rempli de riches présens envoyés par ceux qui croyaient devoir à Esculape le rétablissement de leur santé; on y voyait la statue du dieu faite d’or et d'ivoire , et les prêtres y entretenaient une espèce de s:-pens apprivoisés, qu'ils cédaient aux dévôts qui en demandaient, persuadés qu'ils étaient que le dieu résidait dans ces animaux; c’est à un de ces serpens, conduit à Rome parles ambassadeurs députés à cetemple, que le grave sénat romain fit élever un temple dans l'ile du Tibre. Tout près on retrouve encore les eaux minérales si renommées dans l'antiquité et les débris des thermes et de l’ôpital bâtis par l'empereur Antonin pour recevoir les femmes en couche et les malades mourans; cet endroit était le Spa, le Carisbad et le Cheltenham de l'ancienne Europe. PirmavrA (Epidaurus) , jadis rivale d’Argos, de Corinthe et d'Egine, n’est plus qu'un misérable village qui a acquis de nos jours une sorte de célébrité, servant à désigner le Code adopié par le corps législatif de la Grèce moderne. Tout près se trouve le magnifique théâtre de Polyclète, dans la colline qui ferme l'horizon au levant; ses 60 gradins tous intacts, sculptés sur les borde, atteignent encore jusqu'au sommet; dans l’intérieur de son proscenium on trouve des fragmens de porphyre ; il est si bien conservé qu'avec très peu de dépense on pourrait le rétablir entièrement ; malgré le silence des géographes nous n'hésitons p25, appuyés sur l'autorité de MM. Dubois et Trant , à le regarder comme un des plus imposans restes des monumens qui décoraient le beau sol dela Grèce. PiaTua ou Piana , autre village où s’assembla le premier congrès grec. METHANA , remarquable par son pic volcanique, par les murailles de l’ Acropolis de l’ancienne Methana et par quelques débris d'anciens édifices ; DaAmALA, par sa position romantique près des ruines de Træzene, par le congrès qui s’y assembla en 1827, et par une foule de souvenirs mythologiques et historiques qui se rattachent à ce lieu célèbre.

Tripou1TZzA, bâtie sur le plateau central de la Morée , dont elle était censée la capitale , était sous les Turks la résidence du pacha et le siège d’un métropolitain grec. Ses mosquées, son château, son vaste sérail, ses tours et ses trois mille maisons ont été tour-à-tour détruits par les Grecs et par les Turks. Cinq cents mauvaises baraques en bois, cachées sous les inégalités des décombres à la fantaisie de chacun , et séparées les unes des autres par de très grands intervalles, rem-

placent déjà ses anciens édifices. Sa pupulation , qui paraît s’être élevée jusqu’à 15 où 18,900 âmes, semble aujourd’hui arriver à peine à 2000.

Dans ses environs immédiats on voitles ruines de Tegée, la ville princisale de l’ancienne Arcadie avant la fondation de Mégalopolis , et renommée par le magnifique {emple de Minerve, qui a été perdant long-temps un asile inviolable aux criminels de toute la Grèce. Plus loin et dans un rayon de 15 milles on trouve: PazæoroLi, où l’on voit les ruines de MANTINÉE que la victoire d’Epaminondas a rendue si célèbre. Carirene, petite ville, où commença la révolution de la Morée; brülée trois fois par Ibrahim, elle n'offre plus qu’un amas de ruines et une centaine de petites maisons occupées par 6 à 700 habitans. Sixaxo, petite colonie d’Albanaïs, assez florissante, remarquable parce que dans ses environs se trouvent les ruines de M égalopolis , bâtie par les Arcadiens après la bataille de Leuctres, et devenue en peu de temps la villela plus grande et une des plus belles du Péloponèse par le grand nombre de ses temples, de ses porligses et autres monumens; on voit encore plusicurs vestiges des premiers et les restes de son fameux {héâtre qui passait pour le plus grand de la Grèce; de belles masses de murailles semblables à celles de Messène le flanquent de deux côtés, et l’on découvre en avant de larges débris du proscenium. Lonpari, petite ville, située sur une colline à l'extrémité du mont Taygète , n’est plus qu'un amas de ruines; huit maisons seulement y étaient habitées lorsque le capitaine Trant la visita en 1830.

MisTraA, sur le penchant d’une colline, au pied du mont Pentadactylon ou l’ancien Taygète, dans une position des plus pittoresques ; le capitaine Gordon la compare à celle de Grenade en Espagne.

Mistra était avant la dernière guerre la ville la plus peuplée de la Morée et la résidence d’vn sandjak et d’un métropolitain ; maintenant elle n'offre qu'un amas de ruines , à l’exception de la citadelle qui a résisté à ‘hrahim. Sa population, estimée autrefois :.2 1£ à 20,000 ämes, est réduite selon M. Trant à 1500, en grande partic aussi par la retraite des Turks qui y étaient très nombreux.

Dans ses environs immédiats est situé MacouA, misérable village, tout près duquel se trouvent les ruines de Sparte. Les restes de ses murailles construites sous la domination romaine, quelques vesliges de ses (emples et de son vaste ({héatre sont tout ce qui reste de cette ville qui a été pendant si long-temps la capitale d’une des plus célèbres répabliques du monde; le Chalciæos , consacré à Minerve et construit en airain; le vortique des Perses et le grand théâtre déjà

mentionné, étaient ses édifices les plus remarquables.

Dans un rayon de 20 milles on trouve : MarA- TuoNist, peite ville, regardée comme le cheflieu du Magne-uriental, canton stérile et montueux , habité par ivs Maïnotes , peuplade féroce et belliqueuse , qui a jamais été entièrement soumise par les maitres de la Morée ; elle offrait encore naguère l’image la plus fidèle des usages et des désordres du gouvernement féodal du moyen âge ; huit capitaines héréditaires s’y partageaient l'administration sous un bey qui était censé en être le chef : ce dernier était électif, Les Msïnotes ne payaient qu’un léger tribut aux Turks. Plus aa sud et hors du rayon de Mistra, près du cap Matapan (le Tæœnarium promontorium des anciens), habitent les Cacovouniotes , pirates sanguinaires qui ne respirent que le pillage et le meurtre; et sur le golfe de Coron est situé C himava, petite ville ou gros village regardé comme le chef-lieu du Magne- Occidental. CazamarTA, gros village détruit par Ibrahim, mais dont on a déjà rebâti une partie des maisons ; c'est le chef-lieu de la Basse -Messénie. En prolongeant le rayon à 30 milles de Mistra vers le sud-est on trouve Na- POLI DE MaALvasiA ( Monemvaria ou Monembasia), pctite ‘lle, résidence d’un métropolitain , importante par son port, ses fortifications, et renommée par ses vins excellens ; on y voit les restes d’Erinaurus LimerA, dont les matériaux ont servi en grande partie à sa construction; la chapelle de St-George a hérilé d’une grande partie de la réputation dont jouissait l’ancien temple d'Esculape ; elle est visitée par un grand nombre de paysan: des environs.

ARCADIA , petite ville, bâtie en partie sur le penchant d’une montagne, assez flo rissante par son commerce avant la dernière guerre et résidence d’un métropolitain ; sa citadelle en partie ruinée offre les débris de l’acropulis de CYPARISSA , recouverte par uneiriple enceinte de belle construction vénitienne ; on lui accordait 4000 âmes, mais sa population actuelle est irès faible.

Dans un rayon de 20 milles on trouve : Acros- GEORC:: 3, près du village de Stala, dénomination C,nnée à l'emplacement que M. Dodwell croit être identique à celui qu'occupait LykosOü4A , regardée par Pausanias comme la plus ancienne ville du plus ancien peuple du monde ; on en voit encore les murailles de construction cyclopéenne et quelques débris de colonnes , de bases, etc. ; ses ruines sont situées dans le Zycée , canton montueux et agreste. SKLERU, village remarquable en ce que ses environs offrent les restes du fameux {emple d’Apollon Epicurius , qui était tout en marbre, même le toit, et réputé le plus beau du Péloponèse après celui de Tégée, par la beauté de la matière ct par l'harmonie des proportions. Trente-et-une

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colonnes sont encore aebout, presque toutes umies entre elles par leurs architraves; le pavé tout enlier subsiste ; mais le toit et'es murs soi‘ renversés pêle-méèle sur les côtés. On sait qu les sculptures , qui décoraient la frise intérieure rt qui représentaient les centauresetles lapithes et le combal des Amazones, forment un des plus grauds ornemens du musée Britannique à Londres; ces métopes offrent une série de sculptures de 96 pieds anglais de long sur 2 de haut ; elles sont connues sous le nom de marbres phigaliens. Non loin se trouvent aussi les ruines de PAigaleïa, dont il reste encore une partie des murailles et une porte.

Mavrouarui, petit village d'une quar-ntaine de maisons; j: ‘ent aujourd’hui la place d\' MEssëNE rebâtie par Epaminondas ; on voit e.:9re les restes de ses murailles au pied du mont Ithome , les fondemens de l'acropolis , quelques tours et la grande porte d’Arcadia , l'un des plus beaux monumens de ce genre qui soient encore en Grèce; une large voie en dalles conduit à une enceinte circulaire de 60 pieds de diamètre ; on doit encore mentionner les débris de l'Aierothysium où étaient réunies les statues de tous les dieux , le s{ade , l'amphilhéätre et un beau reste de mur percé de deux portes à angles aigus semblables à celles de Tyrinthe , tous monumens visités ou découverts par les savans de l'expédition française. NAvARIN (Pylus), petite ville, important: par ses fortifications et surtout par son port, un des plus beaux de la Méditerranée et fermé en partie par l'ile de Sphacterie, célèbre par le désastre des Lacédémoniens; c’est dans ce vaste bassin qu’en 1827 la flotte turco-égyptienne a été détruite par les trois flottes combinées de la France, de l’Angleterre et de la Russie ; la citadelle, qui avait été réparée par les Français , a été ruinée il ÿ a quelques années par l'explosion des poudres produite par la foudre. Zoncuio, château du moyen âge wati sur l'emplacement de la vieille Py{os de Messénie , et qui présente encore des restes nombreux de construction hellénique. Hors du rayon d’Arcadia sont situées Mopon et Coron, petites villes importantes par leurs fortifications, et leurs rades assez bien abritées ; la première est le chef-lieu de la Haute-Messénie,

PynGos, petite ville, naguère encore florissante par son commerce favorisé par un petit port à l'embouchure du Ruphia, autrefois }’Alphée , mais près de marais malsains ; entièrement aétruite par Ibrahim , c!le commence à se relever de ses ruines; c’est le chef-lieu de l’Elide.

Dan: un rayon de 20 milles nous trouvons : Mr- RACA, misérable village près de l'emplacement d'OLvmPiE, renommée dans toute la Grèce par les jeux qu’on y célébrait tous les 5 ans en l'honneur de Jupiter °lympien et qui y attiraient un concours prodigieux de monde. Le gymnase, le prrtaneum , \amphithéâtre bâti par Trajan, l'hippodrome ct le sladium, le temple de Junon et surtout le magnifique {emple de Ju-

piier Olympien formaient son plus grand ornement. Les archéologues français , qui faisaient partie de l’expédition de Morée, ont découvert plusieurs vestiges de ce dernier monument et entre autres des bas-reliefs trouvés à l'avant et à l'arrière du temple de Jupiter; cesbas-reliefs, qui sont déposés au Louvre à Paris, offrentle groupe d'Hercule et du taureau de Gnosse, le lion de Némée, un guerrier vaincu , une figure de Minerve et d’autres débris concordant bien avec la descriptivn qu'en a donnée Pausanias ; le Pronaos du mème temple est recouvert par une superbe mosaïque en tres petits cailloux, figurant des caissors ‘ontenant des animaux chimériques. Ce magnifique édifice passait pour le plus grand temple de la Grèce; c'est dans son intérieur qu'était assise sur un trône enrichi d'or et d’ivoire la statue de Jusiter , chef-d'œuvre de Phidias; ce superbe cuiosse, travaillé en or et en ivoire avait 60 pieds de haut , et passait justement pour une des merveilles du monde. LaLa , petite ville aujourd’hui rasée ; avant la révolution elle était le chef-lieu d’une colonie d’Albanais mahométans, devenus par leurs brigandages la terreur etle fléau de tous les pays environnans. Gasrouni, petite ville, siège d’un archevèché, assez florissante avant la révolution, mais que M. Emerson a trouvée en 1825 réduite à un amas de ruines par les Albanais de Lala. Dan: ses environs on voit les vestiges de l’ancienne Æ (és , capitale de l'Elide, une des villes !£s pius considérables du Péloponèse. CasTEL-TORNESE et CHIARENZA, autres lieux jadis très importans et aujourd’hui très déchuset presque abandonnés ; les fertiles cam-

pagnes qui environnent Chiarenza, cultivées en:

grande partie par les habitans de Zante, fournissaient avant la guerre, une grande quantité de vivres aux Îles loniennes. Nous rappellerons comme une curiosité remarquable, qu’au temps des croisades, Chiarenza était le fief d’un prince angl:is, et qu’encore aujourd’hui elle donne le titre à un des membres de la famille régnante d'Angleterre.

PaTrASs (Patræ ; Baliabadra des Turks), bâtie en amphithéâtre sur une colline près du golfe qui en reçoit le nom, résidence d’un métropolitain et cheflieu del’Achaie. Entièrement détruite pendant la guerre , le gouvernement grec se propose dé la faire rebâtir d’après le plan tracé ga M. Bulgari; s’ilest exécuté, la ville future ne le cédera ni én beauié ni én magnificence aux plus jolies villes de PEurope. Il y aurait en effet neuf places publiques, des quais. de vastes boulevards, de larges et longues rues parfaitement aérées , un grand nombre de fontaines et un théâtre. Plus de 100,000 habitans pourront tenir à l’aise dans l'enceinte de cette place, dont la force serait augmentée par la cixadelle. Sa population , qui était réduite à queiques centaines d’habitans, pa-

6ar EUROPE.

rait s'éic-<r déjàau-dessns de 8000 âmes.

Malgré ses désastres et son peu de salubrité, Patras est redevenue encore le centre de toutes les relations commerciales de la Morée avec les principales places commerçantes de l’Europe ; elle le doit à sa position, à la fertilité des campagnes

ui l'environnent et à la circonstance particulière d’être située dans la zone de la

Morée , qui avec les îles de Céphalonie, d’Ithaque et de Zante sont les seuls pays du globe où réussit la culture du raisin dit de Corinthe ; aussi ces contrées fournissent-elles cette denrée à tous les pays du monde. Les ruines les plus considérables que présente Patras, sont celles d’un agueduc romain.

Dans un rayon de 15 milles on trouve : le Cuareau De Monée dont les fortifications ont été aügmentées par les troupes françaises; il défend avec le Cuateau DE ROMÉLIE, situé visà-vis, sur ja côte opposée de l'Hellas, le passage nommé les Peliles Dardanelles , à cause de ces deux forts; dans le château de Morée on voit encore quelques débris du /emple de Neplune, sous la protection duquel se trouvait autrefois cette plage. Vosrirza, petite ville, que nous ne nommons que parce qu’elle occupe l'emplacement d’Æcivu, près de laquelle étaitun bois consacré à Jupiter, où se tenaient anciennement les états - généraux de l'Achaïe. MEGASPILÉON, vaste monastère , remarquable par sa position romantique, ses fortifications et ses caves immenses; c'est un des plus riches de la Grèce; il contient actuellement 200 frères, dont 80 sont prêtres; sa fondation remonte au v° siècle : une image de la Ste-Vierge , qu’on dit avoir été peinte par St-Luc, y attire un grand nombre de dévots. Cauavrira, très petite ville, environnée de hautes montagnes et renommée par ses fromages ; elle est le siège d’un évêché et le cheflieu d’une eptarchie. Vracuont, très petite ville, située entre les lacs de Vrachori et d’Angelo- Castron. Avant la dernière guerre, on lui accordait 3000 habitans, et on y tenait une grande foire; : ujourd’hui elle est le chef-lieu du Nomos de l’Acarpanic-et-Etolie. On doit mentionner le pont de 366 arches construit entre les deux lacs; c’est un des plus longs de l’Europe.

De l’autre côté, dans l'Hellas , outre le château de Romélie, mais toujours dans le rayon de 20 milles, on trouve : Lepanre (Nawupactus; Ainabachti des Turks), petite ville, fortitiée, siège d’un archevèché, avec un port, où en 1830 stationnait l’escadre grecque commandée par le comte Auguste Capo-d'Istrias. MissoLoncui, dans une lagune, place forte , ruinée par les Turks qui s'en emparèrent cn 1826 après un long siège: c’est le chef-lieu de l’Hellas-Occidentale. Dans ses environs estsitué 4natolico, fort environné de bas-fonds dont les pêcheurs, comme jadis dans l'enfance de la soc.eté et encore aujourd'huichez les peuplessauvages, se servent de #onoxylons;

ce sont des canots formés d'un tronc d'arbre creusé en forme de nacelle; une longue perche leur tient lieu de rame. On aurait peine à croire avec quelle vitesse ces nacelles informes filent sur l'eau.

CoORINTUE (Kordos des Turks), petite ville, siège d’un arcuevéché, naguère encore commerçante et assez peuplée, mais entièrement ruinée pendant la guerre. Peu de villes offrent une position aussi belle ct aussi favorable au commerce; située entre le golfe d'Athènes et celui de Lepante, dit aussi de Corinthe, sa vaste et forte citadelle s'élève majestueusement ; elle offre trois rangs de fortifications formidables, et avant l’invention de l'artillerie elle passait pour imprenable; l’acro-corinthe a été et est encore le boulevard du Péloponèse ; on n’y monte que par un chemin escarpé et rétréci ; une partie de ses murailles intérieures sont de construction cyclopéenne ; on y l'ouve des sources abondantes et entre autres la fameuse fontaine Pyrène. Sept colonnes, qu’on croit avoir appartenu au temple de Neplune ou de Vénus, sont les plus importans débris qui restent des magnifiques et nombreux monumens de cette ville,

ui était l’orgueil de la Grèce, l’entrepôt

e son commerce et dont la richesse, le fase et le luxe étaient passés en proverbe. Nous remarquerons avec M. Dodwell qu’on n’a encore trouvé dans cette ville ni dans son voisinage aucun reste de ordre d’architecture dont on lui attribue l'invention, et que laflore de l’isthme n’offre pas même la plante d’acanthe qui en forme le caractère distinctif.

Danssesenvironsimmédiats on trouve: KERHRIES (Cenchrea), petit village, avec un portsur le golfe d'Athènes, par lequel Corinthe recevait les marchandises de l'Orient ; sur la route qui y'conduit, M. Gell a découvertles débris d’un magnifique am- Phithéâtre taillé dans le roc. HexamitA, petit village, ainsi nommé parce qu’il est situé à l’endroit où l’isthme a 6 milles de largeur. Tout près on voit la colonie agricole fondée par le docteur Howe, philhellène anglo-américair ; 40 familles de pauvres Grecs y sont logées; vn y voit aussi les ruines du {emple de Neptune et du stadium où l’on célébrait les jeux Isthmiens. L'importante place de LÉCHÉE ou LEUCHOEUM, dont le port sur le golfe Corinthiaque servait à Corinthe pour faire le commerce avec l'Occident, n'offrait plus du temps de Gell que six maisons, quelques magasins et un bureau de douane; les vestes de l’aacien môie étaient encore visibles, ainsi que les traces du fameux canal, que Néron essaya d'ouvrir pour couper l’isthme et faire uüc ile du Péloponèse. C'est enrore dans le voi-

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sinage de Coriuthe que l’on voit les débris de cette muraille qui allait d'une mer à l’autre et qui a été restaurée plus tard deux fois par les Paléologues et autant par les Vénitiens ; ces derniers, en 1463, la fortifièrent avec 136 tours et de doubles tranchées; ce travail immense a été exécuté en 15 jours seulement par 30,000 hommes,

Plus loin et dans un raÿon de 20 milles on trouve : CoLonna, misérable hameau qui remplace l’ancienne ville de NEMÉE, près de laquelle il y avait un temple d'une grande beauté dédié à Jupiter Néméen avec un bois de cyprès, où l'on célébrait tous les ans les fameux jeux funèbres en l'houneur de Palémon et d’Archémore; trois colonnes de ce temple sont encore debout, Vasr- Lico ou Basizica, misérable village qui remplace la capitale du royaume de Sicvon, le plus ancien de la Grèce et dont les chronologistes placent la fondation 74 ans avant la naissance d’Abraham. La citadelle, qu’Aratus escalada pendant la nuit, a conservé une de ses tours carrées. Dans le vaste emplacement qu'occupait cette ville, regardée comme l’un des grands ateliers de la Grèce pour la sculpture et la peinture, on voit encore le théâtre, resté presque intact et que M, Clarke regarde comme le plus beau pour l'architecture, et pour la vue magnifique dont on y jouit; et les restes du stadium dont les assises sont de construction cyclopéenne. Mécare, naguère une des villes les plus florissantes de la Grèce, dont la population industrieuse était estimée à 12,000 âmes, et jouissait de grandes immunités sous la domination Ottomane, élant seule gardienne des gorges qui mènent en Morée, n'offre plus que des ruines ; elle a été détruite par l’armée grècque. Nous avons déjà décrit dans les environs de Nauplia : Myct- NES, ARGos, Tyrixrue et autres lieux célèbres qui appartiennent également au rayon de Corinthe et à celui de Nauplia.

SALONA, petite ville de la Grèce Occidentale, siège d’un évêché, située près du Liacoura, l’ancien Parnasse ; elle occupe une partie de l’ancienne ville d’Au- PHISSA, la plus considérable de la Locride Occidentale.

Dans un rayon de 15 milles on trouve : ScaLA, misérable endroit, avec un port qui sert de débouché à Salona; on y voit les vestiges d'une ancieune ville. GaLAxIDt, qui, entièrement détruite en 1221 par les Turks, était devenue depuis le commencement du siècle une des villes les plus comnierçantes de la Grèce par l’activité de ses habitans, dont les nombreux vaisseaux étendaient leurs courses en Italie, en Sicile et jusqu'en Espagne. De l’autre côté du golfe de Salona et visà-vis de Scala, on voit les restes des murailles de l'ancienne CynnaA, qui était le port et l'arsenal de Delphes.

CasrRt, gros village, qui en 1806 ne comptait que 90 cabanes habitées par des Albanais ; il occupe l'emplacement de l’ancienne Derpnes, une des plus grandes villes de la Grèce, si renommée dans toute l'antiquité par l'oracle d’Apollon,

le plus célèbre et le plus respecté de l'univers. Les rois, les républiques et les particuliers n'entreprenaient rien d'important , sans consulter la Prthie, qui, assise sur un trépied à l'entrée de la caverne annexée au temple du dieu, répondait aux questions qu'on lui adressait. Ce temple magnifique, construit environ 600 ans avant Jésus-Christ, par les soins des Amphictyons, aux frais communs des différens états de la Grèce, était desservi par un grand nombre de prêtres et d’autres ministres, qui tous vivaient dans l’opulence, des riches offrandes a rachées à la crédulité des peuples et de ceux qui les gouvernaient. Non-seulement les Grecs et les Ialiens, mais les Phrygiens, les Lydiens, les Assyriens, les Phéniciens , les Perses et les Hyperboréens venaient lui offrir de riches présens. Les trésors immenses accumulés dahs son enceinte excitèrent souvent l’avidité des peuples et des monarques ; onze fois il fut pillé, entre autres par les Gaulois, les Thraces et les Phocéens; le savant auteur du voyage d'Anacharsis estime à près de 50 millions de francs le butin fait par ces derniers; en le réduisant même à la moitié de cette somme, avec M. Dodwell, ce butin figurerait encore à côté des plus riches dont l’histoire ait fait mention. Il ne reste plus aucun vestige de ce bâtiment magnifique; mais on a découvert ceux du gymnase, occupé par le monastère Panagia, et les restes du vaste stadium, où l'on célébrait lesJeux Pythiques, qui y attiraient toute la Grèce. Les cimes majestueuses du 2ont{ Parnasse, les restes du bassin en marbre qui reçoit les eaux de la célèbre fontaine Castalie, où l'on suppose que la Pythie allait se baigner avant de monter sur le trépied sacré dans le temple d’Apollon; la pointe du rocher Hyampeia, d'où les Delphiens précipitaient ceux qui étaient les ennemis de leur dieu, et non loin le roche: Naupleïia, qui remplaça le premier après qu’il eut servi à mettre à mort Esope, sont autant d'objets qui frappent Pimagination du voyageur.

RACHOVA OU ARAKOBA, gros village situé sur la pente du Parnasse, renommé par la bonté de ses vins et la longévité de ses habitans; on voit tout près l'antre Corycius nommé Saran d’Anli par les indigènes; il sert depuis longtemps de rendez-vous aux brigands du Parnasse ; moiusrenommé que celui d’Anti-Paros, il estheaucoup plus grand ; ii est assez vaste pour contenir plus de 3000 personnes; il y a une grande salle de 330 pas de long sur 200 de large, toute rei.plie de stalactites et de stalagmites superbes; cet antre forme pour ainsi dire le pendant de la caverne fortifiée d'Odysseus ,: qui ne la surpasse que sous le rapport de la difficulté d’y parvenir. Dani, gros village industrieux auquel il y a quelques années on accordait 700 maisons. BononirzA, pelite ville, importante par ses fortifications modernes et par le voisinage du fameux défilé des TAermopry les, ainsi nommé des sources sulfureuses qui jaillissent dans ses environs. Nous ferons remarquer que depuis la glorieuse résistance opposée par les 300 héros spartiates à l’innombrable armée de Xercès, ce passage n'a presque jamais arrêté l'ennemi, ayant toujours été tourné.

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Dans le territoire nouvellement cédé par les ‘Turks, nous nommerons Linorxi, très petite ville, chef-lieu de l'eptarchie de la Doride, et siège d'un évêché ;. on lui accorde 1200 habitans. On dit que les montagnards qui habitent le dis- Wict de Zona, composé de 4 villages, ont conservé l'idiome dorien de leurs ancètres, Hors du rayon, mais toujours dans le territoire , on trouve: Zurrun ({zdin), petite ville épiscopale et fortifée, non loin du golfe, auquel elle donne le nom; c'est le chef-lieu de l'eptarchie de la Phythiotide, Perransik , située presque au milieu de la belle vallée de l'Hellada ; c'est une très petite ville, naguère importante par son commerce et par son siège archiépiscopal.

LivaDie, résidence d’un métropolitain,

située à quelques milles à l’ouest du lac Copais , dont les fréquens débordemens , joints à d’autres circonstances topographiques, la rendent une des villes les plus malsaines de la Grèce. Avant l’insurrection elle étaitle chef-lieu du sandjak de son nom; son industrie et son commerce étaient assez florissans et on lui accordait 10,000 habitans. Comme les autres villes, elle a été complètement ruinée pendant la guerre ; mais elle est remarquable parce qu’elle paraît occuper la place du bois sacré de Trophonius, si renommé par son oracle, qui se rendait avec plus de cérémonie que celui d'aucun autre dieu, et qui subsista inême long-temps après que ceux de la Grèce eurent cessé. Îl se rendait dans une caverne à double étage , située sur une montagne ; les consultans en revenaient toujours elfrayés , €t il y avait peine de mort pour ceux quiosaient interroger le dieu sans les nombreux préparatifs qui étaient prescrits. Un voyageur moderne croit avoir retrouvé cet antre célèbre ainsi queles deux ruisseaux, le Léthé, dont les eaux bues par les consultans effaçaient de leuresprit toutesles pensées profanes, et la Mnémosyne, dont l’onde pure leur faisait retenir tout ce qu’ils devaient voir dans l’antre sacré ; la réunion de ces deux ruisseaux formait l’Æercine , affluent du lac Copais.

Dans un rayon de 20 milles ontrouve : TALANTI ou TazanraA, pelite ville épiscopale, située sur le canal qui en reçoit le nom; avant l'insurrection elle était assez commercante et ou lui accordait 5000 habitans. Taënes (Thiva des Turks), jadis si puissante au temps de Pélopidas et d'Epaminondas, n'était avant l'insurrection qu'une petite ville épiscopale de 3 à 4000 âmes ; quelques anciennes inscriptions étaient les seuls vestiges des beaux monumens qui la décoraient à l'époque de sa grande prospérité.

ATHÈNES ( Ahina ) , située à environ 6 milles du golfe de son nom, ville archiépiscopale , une des plus célèbres du monde par son ancienne splendeur lorsqu’elle dirigeait les destinées de la Grèce et que long-temps après elle était le foyer des sciences, des lettres et des beauxarts. La ville actuelle n’oecupe plus

u’une partie de l’espace qu’embrassait l’ancienne ; quoique infiniment déchue, elle était encore une des plus florissantes avant l’insurrection ; et soit dans ses édifices, soit dans la manière de vivre de ses habitans, elle se distingue avantageusement des autres villes de ces contrées classiques. Son commerce était assez étendu; on évaluait sa population de 12 à 15,000 âmes. Après l'insurrection, elle n'offrait que des ruines et comptait à peine le tiers de ses habitans ; mais aujourd'hui tout est changé : sur la place mème des ruines, on a élevé presque partout des édifices construits avec soin, et concourant, par leurs dispositions, à l’harmonie d’un plan général. Plusieurs rues ont été ouvertes, nivelées ou élargies, entre autres les rues d’Hermnés, d’Eole et de Minerve. La première divise la ville en deux parties égales, parallèles aux rochers de l’Acropolis. La seconde coupe la première et s’étend jusqu’au temple dEole, point où se trouve une place du même nom. La rue de Minerve, la plus.

layge de toutes, suit une direction à-peu- près semblable, On pent citer encore les:

rues de Metagitnia, du Palais et d’Adrien. Malgré les fréquentes révolutions politiques qu’elle a subies et ses deruiers désastres, Athènes présente encore plus que toute autre ville de la Grèce, un grand nombre d’antiquités qui attestent son ancienne gloire; nous essaierons de tracer le tableau rapide des plus remarquables, en le faisant précéder de quelques généralités relatives à la description de la ville ancienne dont elles formaient le plus bel ornement.

Athènes, dans son état le plus florissant, avait 22 milles de circuit, 18 portes et 3 ports, savoir : ceux de Phalère, de Munychie et le Pirée ; ce dernier était le plus grand ; on le nomme aujourd'hui Porto-Leone. La ville était partagée en plusieurs quartiers, dont les principaux étaient le Céramique , \e Prytanée , le Lycée , le Thédtre, l'Acrapolis où citadelle, l'4réopage ei l'Académie. Deux petits ruisseaux, l'ilissus et l’Eridan, affiuent du premier, arrosaient ses en virons. Les rues n'avaient rien de remarquable

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soit pour la largeur, soit pour la régularité; les maisons €! :.-:.t en général fort simples, mais les placesetn::4:: la plupart des rues étaient ornées de portiques, dont plusieurs servaient de promenades aux citoyens, et quelques autres de sièges à plusieurs tribunaux. Là les statues, les inscriptions rrypelaient partout d'anciens et de glorieux souvenirs. La population d'Athènes a subi de très grandes variations; il parait que du temps de Démétrius de Phalère elle comptait 71,000 habitans, dont 40,000 étaient serviteurs ou esclaves et 10,000 étrangers.

Voici les édifices les ‘plus remarquabies dont il reste encore des parties plus ou moins considérables. Nous commencerons par l'Acropolis, qui est encore capable d'oppose: une assez lougue résistance, surtout depuis qu: les Grecs, lorsqu'ils en étaient maîtres, ont découvert la célèbre fontaine de Pan, réunie par un nouveau bastion à ses lignes de défense. Daus sa vaste enceinte on admire le Parthénon ou le temple de Minerve , nommé aussi Hecalompedon , parce qu’il avait 100 pieds grecs de façade ; c'est encore un des plus beaux restes de l'architecture ancienne; il a été beaucoup endommagé par l'armée vénitienne qui prit Athènes en 1687, et souffrit encore d’autres dommages pendant la deruière guerre; 48 colonnes doriques, hautes de 42 pieds, formaient tout autour une galerie superbe; c’est à ce magnifique édifice qu'appartiennent ces belles métopes, cette frise magnifique et ces étonnans débris de frontons, enlevés par lord Elgin pour les transporter en Angleterre. Le temple de Thésée, ce vieux trophée de Marathon, dont on admire autant la beauté des proportions que l'étonnante solidité. La {our octogone d’Andronicus, nommée co:.. \unément le temple des Vents, parce que sur «:: faces sont sculptées les figures des vents, qui mportent dans des draperies les fruits des diverses saisons; Stuart a démontré qu'elle était en communication avec la fontaine de Clepsydre aux Propylées, et qu'elle servait à-la-fois d'hydromètre et d'horloge solaire. Le monument choragique de Lysicrale , plus connu sous le nom de Zanterne de Diogène , et dont on trouve une copie en terre cuite près de Paris, dans les jardin: de St-Cloud ; la déliratrsse de ses bas-reliefs est cause qu'ils sont fors altérés; néanmoins on y reconnait encore les pirates Tyrrhéniens changés en dauphins par Bacchus, et l'excellence d'exécution qui distingue éminemment les monumens d'Atliènes ; on a peine à concevoir commet cet édifice, dont le diamètre n'est que de 5 pieds et demi, ait pu traverser intact tant de siècles au milie: ‘es bouleversemens qu'a subis Athènes. Le temple de Jupiter Olympien, qui ne fut achevé que sous Adrien, 700 ans après que Pisistrate en eut jeté les fondemens; nn voit encore 13 colonnes réunies entre elles par des architraves; elles étaient d'abord au nombre de 120 , de 90 p'eds de hot sur 6 et demi de diamètre, et formaient un diptère qui joignait à l'élégance at!‘ « ‘irmensité orientale; plus grand que te 8 la Grèce, ce temple n'était inférieur qu ‘ni de Diane à

Ephèse, c’est dans sa ce/la qu'it. ‘" la belle sla-

tue colossale aussi admirable par sa richesse que par la belle proportion de ses parties; eiie était d’or et d'ivoire, et dépassait d’un tiers la hauteur de Ja Minerve du Parthénon; le long circuit de ce vaste édifice était décoré d’un nombre prodigieux de statues, parce que chaque ville, pour signaler son zèle, avait voulu donner la sienne, Le théâtre d’Hérode Atlicus, regardé comme un modèle de ce genre d'architecture ancienne. La porte d’ Adrien, encore bien conservée, mais qui depuis long-temps ne sert plus à l'usage pour lequel on l’a construite. Le {hédtre de Bacchus, dont on admirait la belle architecture ; il servait uon-seulement aux jeux publics, mais encore aux assemblées de l'Etat : les philosophes les plus fameux y venaient même quelquefois expliquer leur doctrine à leurs disciples. 11 ne reste pas, dit M. Quinet, une seule pierre du stade , où s'épuisérent les carrières du mont Panthélique, tous les marbres ayant été réduits en chaux ; à} passait pour le plus beau de la Grèce; il ne reste rien non plus des grands murs qui unissaient Athènes à ses trois ports. Pendant la guerre de l'insurrection, le monument de Trasyllus de Décelia a été détruit; le toit de l'£Erechtheum s'est enfoncé, et les ruines du beau temple de la Victoire out servi de retranchement aux Grecs et aux Turks. On voit encore des colonnes qui formaient le portique dédié à Auguste, et une infinité d’autres débris sur lesquels ?- temps et l'examen fourniront sans doute des lumières, Les déblaiemens que lord Aberdeen a fait faire il y a 20 ans, lors de son voyage en Grèce, ont mis à découvert le Pryx, ou le lieu des assemblées pepulaires; le voyageur Bartholdy y a reconnu la tribune des orateurs et les bancs des magistrats, taillés dans le roc. L'espace nous manque pour indiquer tous les resies d’antiquités qu'offre la capitale de l’Attique; nous ferons seulement remarquer que l'observateur attentif en découvre pour ainsi dire à chaque pas, dans les maisons, les églises, les fontaines et autres édifices publics et particuliers. 11 peut encore reconnaitre l’emplacement de plusieurs monumens célèbres, tels que l’odeum, théâtre où se célébraient, à certaines époques, des concours entre les poètes; le prylanée, vaste place environnée de bâtimens destinés à divers usages pour le service et l'utilité du public, et où l’on gardait les fameuses lois de Solon; l'aréopage, palais d'un seul étage, où siégeait le tribunal célèbre dont il recevait la dénoinination ; le pæcile, portique renommé par la riche collection des tableaux des plus grands maitres, Mycon, Parrhasius, Apelles, Polignote, et où ZéH6h professa le fameux système nommé la philosophie du portique ou stoicisme, du mot stoû qui signifié porlique ; l'académie, aitisi nummée d’Académus, l’ancien propriétaire du SE Où elle fut élevée ; le chemin qui y conduisait travefsait les Champs couverts de tombeaux élevés aux Héros morts pour la patrie; elle fut ornée par la suile de statues, de fontaines et d’allées d'arbres pour la commodité des philosophes qui s’y assefnblaient, el qui pour célte raison furent appelés académiciens ; C'est dans ce lieu délicieux que Platon enseigna sa philoso-

phie; enfin le {yvée, autre fameuse école située aussi hors de la ville, et dans laquelle Aristote et ses sectateurs faisaient leurs cours; on y voyait des portiques et des allées d'arbres plantés en quinconce, où les aristotéliciens agitaient les

uestions en se promenant; c’est de là qu'on June à ces philosophes le nom de pér'ipaleticiens.

Parmi les lieux remarquables qu’on trouve autour d'Athènes dans un rayon de 20 milles, nous nommerons : Ponro-LEONs, dénomination moderne donnée au Pirée , qui, privé de ses anciens bâtimens, n’en est pas moins un assez bon port, pouvant recevoir de grosses frégates. PADISCHAH, village, naguère si connu par ses jardins et ses belles plantations de cyprès; il n'offre plus que des ruines et ne répond à aucun bourg fameux dans l'antiquité. LepsinA , village ruiné qui occupe une partie de l'emplacement d'Eceusis, si renommée dans toute l'antiquité par les Eleusinies , ou fêtes qu'on y célébrait en l'honneur de Cérès et de Proserpine; elles remontaieut à Ja plus haute antiquité , et ont été pendant dix-huit siècles les plus célèbres et les plus fréquentées de tout le paganisme, les mystères et les cérémonies bizarres dont elles étaient accompagnées les ont fait appeler les mystères éleusiens. On voit encore quelques débris du vaste temple de Cérès, dont l'entrée était interdite aux profanes. Giruro Casrro, dénomination qu’on donne à l’emplacemel de l'ancienne ELEusTnERÆ , dont on voyait cscerc, il y a quelques années, l'enceinte con- #iruits dine le genre de celles de Mantinée et de Mégsstvat, MARATHON, misérable village qui remfuace ,4 ville de ce nom, si renommée dans la suytobgie et dans l'histoire de la Grèce. C'est dan: te même rayon qu'on trouve le MONT PAN- THÉLIQUE, dont les carrières ont fourni des marbres pour l’ornement de tant de beaux édifices élevés dans l'antiquité, et le monr Hyuëre, sur lequel on recuecilte encore le meilleur miel qu’on connaisse. Nous avons déjà mentionné MÉGaRE, dans les environs de Corinthe , et nous parlerons de Cozount et d'Ecine dans la description des iles. Hors du rayon est situé le cap COLONNE, ainsi nommé des colonnes, restes du magnifique {emple de Minerve Suniade qui en couronnait le sommet.

NEGREPONT. (Chalcis ; Egriboz des Turks), assez grande ville, naguère encore chef-lien du sandjak de son nom, qui embrassait non -seulement toute l'ile de Negrepont (Eubæadesanciens) oùelle est située, mais l’Attique, la Boetie, la Phocide et les iles de Colouri et d’Egine. C'est encore comme aux beaux temps de la Grèce, un des boulevards de cette contrée; un pont construit sur le célèbre Euripe l’unit au continent. Negrepont a un port où stationnait {a flottille du capitan-pacha, et un ass”z vaste palais où cet amiral résidais pendant sa course annuelle dans

V'Archijel ; elle est le siège d’un archevéché: aysat l'insurrection on lui accordait 16,000 habitans.

Dans la même ile, mais à 36 milles au sud de Negrepont, on trouve : Canisro, très petite ville, importante par ses fortifications et remarquable par le voisinage delamontagnedest-Elie, une des plus hautes de la Grèce, et dans laquelle on voit les carrières de très beau marbre et d'asbeste exploitées par les anciens et abandonnées par les modernes, Nous ne quilterons pas cette île, une des plus fertiles et la plus grande de l'Archipel, sans dire un mot sur l'irrégularité du flux et reflux qu'on observe dans l'Euripe, irrégularité qui lui a valu sa grande célébrité. On ne connaît pas encore bien la cause de ce phénomène; on sai seulement que du 1° au 7° jour, du 14° au 20°, et pendant les trois derniers jours de la lune, ce flux et reflux est régulier; tandis que pendant les autresjours, c’est-à-dire du 7° au 14° et du 20° au 25° le. marées sont tellement irrégulièresque leur nombre s'élève jusqu'à onze, douze, treize et mème quatorze dans l’espace de 24 heures. Nous ajouterons que le courant csttellement fort que l’on y a établi des moulins flottans dont les roues tournent des deux côtés selon le mouvement de la marée,

Dans les Sporades Septentrionales, nous nommerons : ST-GEONGE de Sxkvna, petite ville, dans l'ile de ce nom ($cyra des anciens Grecs, Zchkiros des Turks), remarquable comme lieu où Achille fut élevé et épousa Deïdamie, fille de Lycomède, et en ce qu'elle fut la demeure des Dolopes, ces impiloyables corsaires, qui en furent chassés par Cimon l’Athénien, SkoPELO, encore plus petite, dans l'ile de ce nom. Nous ferons remarquer que presque toutes les iles de ce groupe , que les géographes représentent comme désertes, sont en général assez peuplées; et ont toujours été un repaire de forbans,

Psana (Psyra; Ipsara des Turks), ville ruinée en 1824 par les Turks et encore presque déserte, chef-“ieu dé l'ilot de ce nom, autrefois habité par de pauvres pêcheurs et des pirates; ce rocher stérile s'était enrichi depuis 30 ans par le commerce ; immédiatement avant la catastrophe de 1824 on estimait sa population de 15 à 20,000 âmes, dont plus de la moitié étaient des réfugiés de Kidotia, Chio et autres villes de l'Asie et des fes qui en dépendent. Ce sont les bâtimens des Ipsariotes qui ont commencé la course contre les Turks. Le plus grand nombre de ces insulaires était dispersé en. 1830 à Nauplia, Egine, Poros et autres villes maritimes de la Grèce. Sur l’autorité de M. le capitaine Jourdain nous ajouterons un fait trop curieux pour être passé sous silence : c’est qu’un ancien temple de Bacchus étant devenu un monastère consacré à la sainte Vierge, les nonnes de ce pieux asile se trouvent remplacer les bacchantcs.

SYRA (Syros ; Chira des Turks), rési-dence d’un évêque catholique et chef-lien de l’ile de ce nom, située presque au cen-

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tre de l’Archipel et chef-lieu des Cyclades Septentrionales et du tribunal de com merce. En dépit des géographes, qui continuent à la représenter comme une Île insignifiante et presque déserte, nous n’hésitons pas à regarder son chef-lien comme la première place \erçcanti de la Grèce. A côté de la ncienne, il s’est élevé comm \chantement une ville n nt aboutir tout le commerce dé la Turquie et de l'Egypte. st toujours rempli d’une foule de , et dans les petites rues de son bazar on voit s’entasser les amandes de Chio, les vins de Naxos, les raisins de Patras, les huiles et les soies de la Morée, les cordages de l’Olympe , le tabac de Volo, le riz d'Alexandrie, les laines de la Romélie, etc. Près du rivage sont ces fameux chantiers, où des ingénieurs, sans plumes ni compas, construisent avec les bois de Prévesa ces bricks ailés, si remar-

uables par la rapidité de leur course.

mmédiatement avant la paix, la population de l'ile de Syra, qu'avant l’insurrection on n’évaluait qu’à 4 à 5000 âmes, s'était élevée au-dessus de 30,000. Elle dut en partie cette étonnante prospérité à la neutralité observée par ses habitans; on s’y porta en foule de tous les pays désolés par la guerre, et le commerce s’y concentra , surtout celui des grains. Syra devint l’entrepôt des subsistances qu’on apportait du dehors pour nourrir la Grèce, dont le sol dévasté ne produisait pas assez pour fournir aux besoins de ses habitans dispersés. Mais nous devons rappeler avec le judicieux et impartial auteur de l’Ætsloire de la Grèce en 1829, que la plus grande partie de cette prospérité tenait à ce que Syra était aussi devenue l’entrepôt des corsaires, dont les pirateries ont causé au commerce européen une perte de plus de cent millions de francs, somme dans laquelle la France entre pour vingt millions et l'Angleterre pour trente. Le retour de la paix et l’anéantissement des pirates ont déjà fait sentir leur influence sur Syra, en diminuant considérablement la population et les richesses que des circonstances extraordinaires y avaient accumulées.

Nous nommerons dans la division de Syra les îtes suivantes : Tnenmia (CYlhnus), renommée dans l'antiquité par ses eaux thermales , dont les voyageurs modernes ne font aucune mention.

Zéa (Ceos; Murled-Adassi des Turks); c'est sous les ruines de l'ancienne ville de Julis qui occupent la montagne Marpessa que , selon quelques savans, on aurait trouvé la célèbre chr'onique de Paros, gravée sur marbre et maintenant conservée à Oxford, où on la connaît sous la dénomination de mœ'bres d’ 4rundel, du nom de celui qui en fit l'acquisition.

ANono (4ndros; Andra des Turks), où l'r.

trouve Æ4rna, petite ville, siège d'un évé::

grec et d’un évèché catholique, avec un port #4 peut-être 6000 habitans ; on y voit encore des quartiers de ses anciennes murailles et quelques autres débris de ses anciens édifices. C'est la population de cette île qui fournit un grand nombre de serviteurs et de servantes aux Européens établis à Constantinople, à Smyrne et dans d'autres villes du Levant. Tine (Tenos; Istendil des Turks), une des plus importantes de tout l'Archipel, par le commerce , l’industrie, l’agriculture et la population ; on porte cette dernière à 29,000 âmes; sur ce nombre 9 à 10,000 personnes forment une espèce de colonie voyageuse, dontles membres se succèdent alternativement dans le séjour qu'ils font à Smyrne et à Constantinople, où ils exercent les métiers de maçon, de cordonnier, de menuisier, et se louent comme domestiques et hommes de peine. Tine est le siège d'un archevêché grec et d'un évèché catholique. On montre encore dans cette ile la caverne d’Eole elles restes d'un temple de Nepdune. Mycon\ (Myconos; Myknos des Turks), remarquable par sa nombreuse marine marchande ; ses malelots ne le cèdent qu'aux Hydriotes et aux Spetziotes. DeLos (Delos; Dilès des Turks, et Sdili, très petite, mais remarquable par sa grande célébrité due au culte qu'on rendait à Diane et à Apollon; ce dieu y avait un temple qui était un asile inviolable et qui devint le rendez-vous commun de tous les peuples de la Grèce. Quelques débris de cet édifice, et les restes du portique de Philippe -le- Macédonien sont tout ce qui subsiste de la ville, qui paraît avoir occupé un assez petit terrain. Deux bergers formaient toute la population de l'ile lorsque M. James Emerson la visita en 1825. Rné- NEA, qui est la plus grande du groupe nommé Sdili ou Delos rar les modernes, n'offre aucun monument et servait de sépulture aux anciens habitans de Delos, avec laquelle bien des géographes la confondent.

NaxIE, petite ville, siège d’un archevêché catholique et d’un évéché grec, chef-lieu de lle de Naxtia ou Naxie (Naxos ; Nakcha des Turks), la plus grande des Cyclades, et remarquable

arce qu’elle a été le noyau du duché de

axie fondé par Marc Sanudo, noble vénitien, et devenu depuis un des principaux états de cette partie de l’Europe pendant le moyen âge ; on voit encore le château ducal, les restes du môle qu’il fit construire , et sur un écueil, une porte que

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l’on croit avoir appartenu à un femple de Bacchus.

Les autres iles les plus remarquables de cette division sont : Paros , dont le nom n’a pas changé depuis tant de siècles; mais qui est un désert en comparaison de ce qu’elle était aux beaux temps de la Grèce , lorsqu'on y exploitait les carrières de ses marbres si recherchés par les statuaires, et qui ont servi à produire tant de chefsd'œuvre que l'antiquité nous a légués; c'est parmi ses ruines que l’on prétend aussi qu'a été déconverte la célèbre chronique d’Arundel; ses ports excellens servent depuis longtemps de refuge aux corsaires; le suuvenir du célèbre Crevelier, qui avait fait du port de Marmara sa retraite favorite, dure encore chez ses habitans ; la flottille du capitan-pacha séjournait tous les ans pendant un mois dans celui de Trion. Parecchia, qui est le lieu le plus remarquable, est bâtie sur les ruines de l’ancienne Paros; aussi y trouve-t-on partout des vestiges de la grandeur de cette ville célèbre. AnTiparos (Oliaros), si renommée par sa belle grotte inconnue aux anciens, mais dont on a tant exagéré la beauté et l'étendue. Sipnno ou SipmanTo (Siphantus; Sifnos des Turks), renommée par les chapeaux de paille qu'on y fabrique. Serpuo (Seriphus; Serfos des Turks), remarquable par ses mines d’or et d'argent abandonnées, de fer et d’aimant à fleur de terre et par les rochers dont elle est hérissée, circonstance qui donna lieu à la fable mythologique d’après laquelle la tête de Méduse y avait pétrifié tout jusqu'aux habitans ; sousles empereurs romains c'était un lieu d’exil. ARGEN- Tiëre (Cimolis; Kuitchuk Deyirmenlik des Turks), ainsi nommée des mines d'argent qu'on y a exploitées, et de la terre à foulon (cimolis) qu’elle produit.

Mico (Melos; Buyuk-Deyirmenlik des Turks), importante par ses salines, par ses carrières, par son port un des plus beaux et des plus sûrs de la Méditerranée et par sesebelles antiquités parmi lesquelles il faut citer l’amphithéätre qui n’a jamais été achevé , les nurailles cyclopéennes, une statue d’Antiphanes d’Argos, encore inédite, le temple et la Vénus de Milo découverts il y a quelques années; cette derniere est un des plus beaux ornemens du musée de Paris; on doit aussi mentionner les vases peints et les bijoux précieux trouvés depuis peu d'années dans ses tombeaux, ainsi que ses nombreuses catacombes comparables à celles d’Antiphellus dans l’Asie-Mineure. Milo a des bains chauds autrefois fréquentés par tous les habitans des Cyclades, et offre dans son Xalamo un volcan qui n’est pas encore tout-à-fait éteint. Au lieu des 500 habitans que les géographes s’accordent à lui donner, nous porterons à 7000 âmes sa population, d’après le savant auteur du Tableau des lies de la mer Blanche , en ajoutant qu'elle est aussi la résidence actuelle des pilotes qui ont abandonné Argentière. Pozicanpro (Pholegandros des Turks) n'offre rien de remarquable. Skino (Sicinos ; Sikinos des Turks), renommée par ses tisues, d'où elle tire sa dénomination. Nio (Los ;

Enios des Turks), remarquable par son beau port et par l'adresse de ses pilotes; c'est dans cette ile, selon M. Emerson, qu'Homère expira en se rendant de Samos à Athènes. SANTORIN (Thera), une des plus florissantes de l’Archipel, siège d'un évêché catholique et d’un évéché grec, et remarquable par les vases de terre peinte, d’une très haute antiquité, qu’on y a découverts ily a quelques années, ainsi que par son volcan sous-marin, qui depuis vingt siècles, à différentes époques , a produit plusieurs iles, Le tremblement de terre qui a eu lieu en 1836 a fait disparaître une partie de Santorin. Nea - Cameni (Nouvelle-Brûlée) , a été produite en 1707 après une violente secousse. Sa vaste rade n'a point de fond, ce qui l'empêche d'être un des meilleurs ports de l’Archipel. Sur le mont St- Etienne on voit les ruines de l’ancienne Thera; ce sont des sarcophages taillés dans le roc, des restes de murailles, les ruines d’un temple et d’autres débris. AnaraiA ou Nanpui ( #naphie ; Anañfi des Turks), où l’on voit encore les ruines d'un femple d’ Apollon. SrAmpaLta (4stipaléa; Istoupalie des Turks), habilée par d'excellens plongeurs occupés de la péche des éponges, dont les plus fines sont expédiées dans toutes les parties du monde; cette pèche se fait aussi dans les parages des îles Nicaria, Pathmos, Lero, Colymno, Piscopi et Nicero comprises dans la partie asiatique de l'empire Ottoman. Auorco ( #mor- &os; Amorghos des Turks); on y voit un mo- QE auquel on ne parvient qu’au moyen d'échelles.

HypnaA, ville de médiocre étendue, bâtie en amphithéâtre sur un rocher avec les débris des édifices de Calaurie , et regardée tin comme une des plus belles de

’Orient. Des rues propres et pavées , de beaux quais , plusieurs églises, dont deux avec des portails en marbre, des maisons construites en pierre, parmi lesquelles plusieurs se font remarquer par une assez belle architecture, le bâtiment de la bourse, un café à l’européenne , des écoles de commerce, de navigation et de grec classique, et une population qu’on porte encore à près de 20,000 âmes , distinguent avantageusement la capitale des Sporades Oc‘identales et le chef-lieu de lle d'Hydra, l’Aristera des anciens, nommée Tchamlidjah par les Turks.

Grâce au commerce immense que les réfugiés albanais établis sur ce rocher stérile, sans eaux et sans productions, firent pendant tout le temps que les Français furent exclus des ports du Levant, Hydra pa:-vint à un degré de prospérité dont l’histoire ancienne et moderne offre peu d'exemples. Sa population s’est élevée jusqu’à près de 40,000 âmes; et selon M. Pouqueville, sa marine marchande

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dès l’année 1813 compta jusqu’à 375 navires du port de 45,000 tonneaux, montés par 5400 matelots estimés les meilleurs marins de tout le Levant, Boulevard principal de l'insurrection, cette île a beau coup contribué à l'indépendance de la Grèce, mais son commerce a été presque entièrement ruiné pendant la dernière guerre, etil esttrès difficile qu’il puisse rs acquérir son ancienne importance.

ous avons vu que Syra s’était emparée

de la plus grande partie de ce com- *

merce. Un tremblement de terre a fait en 1836 écrouler 40 maisons àH ydra.

Les autres Sporades occidentales les plus remarquables sont : SperziA (Tiparenus; Soulidja des Turks), autre rocher semblable au précédent, quoique moins stérile. Les réfugiés albanais, prospérant à la faveur de l'entière liberté que leur laissaient les Turks, et des grands privilèges commerciaux dont ils jouissaient, égalèrent en peu detemps la richesse et la prospérité des Hydriotes et des Psariotes; mais, comme eux aussi, ils virent ruiner leur commerce pendant la guerre de l'insurrection, durant laquelle ils furent un des principaux soutiens de la Grèce. La ville de Spetzia est petite et compte peut-être 3000 âmes. Po- ROS (Sphæria), petite ile, importante parce que la petite ville du même nom, qui en est le chetlieu, a été pendant quelque temps la capitale de la Grèce, et à cause de son port superbe, à double entrée, dont on veut faire le principal établissement naval de la marine militaire ; en 1830 plusieurs bricks y étaient déjà stationnés, mais l'arsenal n’avait presque pas de provisions ; le roi l’a déclaré port mililaire du royaume. Une viotente secousse produite par le tremblement de terre de 1836 vient de faire entr’ouvrir cette ile. Tout près se trouve l’ancien ilot de Cazouria, qu'un banc de sable unit à Poros dans la basse marée; on y voit encore les restes du {emple de Neplune , au'on prétend avoir été consacré avant ceux de Delos et de Delphes; c'était un asile inviolable, ce qui y accumula d'immenses richesses et le rendit un des plus célèbres de la

Grèce. Une partie de ses débris a servi à construire les édifices publics d'Hydra.

EGiNE (Ægina; Eghiné.des Turks), petite Île située presque au milieu du golfe d'Athènes, qui en prend le nom, remarquable par ses antiquités et par plusieurs établissemens littéraires et philanthropiques que le gouvernement y a établis lorsque la ville d'Egine était la capitale de la Grèce. Parmi ces derniers il faut surtout"mentionner l'orphanotrophe, où 600 enfans sont instruits et nourris aux frais de l'état. C'est dans ce bel établissement que se trouve une bibliothèque publique et le musée national encore peu considérable; vient ensuite le séminaire écclésiastique qui contient une douzaine d’élèves. Parmi les antiquités on doit citer surtout les restes des temples. de Vénus , et surtout celui de Jupiter Panhellenius; ce dernier, en admettant l'opinion de Pausanias, qui parait cependant bien sujette à contestation, ne compterait pas moins de 3066 ans. Les sculptures de ses frontons forment le plus bel ornement du musée royal de Munich, et ont déjà été soumises à l’examen du savant Schilling. Des fragmens cyclopéens à demi enfouis, prouvent qu’il y a eu deux àges dans la construction de ce ternple placé sur une hauteur, dans un des sites les plus pittoresques; les archéologues n’ont pas encore décidé quels personnages représentent les fameuses statues découvertes sous ses ruines. Egine a servi, pendant la guerre, d'asile à un grand nombre de réfugiés grecs; et par une coïncidence bien singulière , les nombreux tonbeaux taillés dans les hauteurs qui environnent la ville d’'Egine, et qui ont jadis accueilli les Athéniens qui fuyaient les armées de Xercès, ont de nos jours abrité d’autres fugitifs , échappés également d'Athènes pour se soustraire aux armes des Turks ; c’est dans ces tombeaux qu'on a découvert un grand nombre de vases en terre peinte et des scarabées gravés. Cocount (Salamine ; Kolouri des Turks), petite ile au nord de la précédente , à jamais mémorable dans l’histoire par la grande victoire remportée dans ses parages par la flotte grecque, sous le commandement de Thémistocle , sur les innombrables vaisseaux de Xercès; en 1530 elle était le quartier d’une grande partie d:5 Palicares ou des troupes irrégulières de la Grèce.

République des Iles Ioniennes.

POSITION et PAYS. Cet état comprend le ei-devant Levante Veneto, moins la partie continentale qui, après la chute de la république de Venise, a été incorporée à l'empire Ottoman. Il se compose de sept îles principales situées toutes , à l’exception de Cérigo, dans la mer Ionienne. Ces îles forment trois groupes distincts : le GROUPE SEPTENTRIONAL, qu’on pourrait appeler GROUPE DE COR FOU ; il comprend les iles de Corfou , Paxo, et les ilots Antipaxo et Fano ; le GRourE MOYEN, qu'on pourrait appeler GROUPE DE CÉ-

PHALONIE; ilembrasse lesiles Ste-Maure,, Theaki, Céphalonie et Zante, outre plusieurs ilots ou écueils peu importans ; le GROUPE MÉRIDIONAL , qu’on pourrait nommer GROUPE de CÉRIGO, ne comprend que Cérigo et Cérigotto et quelques autres 1lots très petits. Le groupe Septentrional se trouve vis-à-vis de l’ancienne Epire ; le Moyen, devant le golfe de Patras ; le Méridional, à lentrée de l’Archipel, entre la Morée et l'ile de Candie. :

couveanamenr. Les septiles Joniennes.

forment, sous le titre impropre d’É/ats- Unis des Iles Ioniennes , une république aristocratique représentative, sous le protectorat perpétuel du roi d’Angleterre, qui a le droit de mettre garnison dans ses places et de commander sestroupes. Il faut aussi ajouter que le lord hautcommissaire de sa majesté le roi d’Angleterre dirige toutes les affaires les plus importantes avec le président du Sénat, qui représente le pouvoirexécutif de la ré-

est composé d’un président, qui est le chef de la république, d’un secrétaire d’état nommé par le lord haut-commissaire et de cinq sénateurs, dont quatre pour les Îles de Corfou , Céphalonie, Zante et Ste- Maure et un pour celles de Paxo , Ithaoa et Cérigo.

DIVISIONS ADMINISTRATIVES, Les sept iles principales forment autant de petites provinces qui ont leurs administrations locales et leurs tribunaux particuliers. Le

publique. Le sénat est élu tous les cinqe tableau ci-dessous offre leurs capitales ,

ans par des députés envoyés à Corfou par chacune des sept Îles , en nombre proportionné à leur populatiun respective. J1

ILEs er PRovINCESs.

Conrou

PAxo.

IrnacA ou THEAKI.

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