‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 2)Chapitre 308 sur 628 · ILES · texte numérisé non relu

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palais des archives et l'arsenal sont ses btp dr édifices ; on construit un {héâtre et une bourse. Zante possède un As et est la résidence d’un évêque catholique et d’un archevèque grec ; celui-ci, par tour avec les archevéques grecs de Corfou , Céphalonie et Ste- Maure , devient tous les cinq ans le métropolite de tout l’Archipel. Dans les environs de Zante on doit nommer Chteri à cause de son port et de ses sources de pétrole, etles deux ilots de Strivali, dont le plus grand a un couvent fortifié habité par des moines ; c’est la prison et le lieu d’exil des ecclésiastiques des îles loniennes.

Les autres villes les plus remarquables sont : Amaxicui, pelite ville, chef-lieu de l'ile de Ste- Maure (Leucade), avec un port, un archevèché grec et environ 6000 habitans; dans ce nombre sont compris ceux de S{e-Maure , forteresse bâtie sur un banc de sable, vis-à-vis d'Amaxichi ; on doit citer son agueduc , remarquable par sa longueur et par sa position; les derniers tremblemens de terre l'ont presque entièrement détruit. Du côté opposé de l'ile est le cap Du- Cato, si célèbre dans l'antiquité sous le nom de ZLeucate promontorium; sur son sommet s'élevait le temple d’Apollon Leucadien , près duquel était le fameux rocher d'où les amans malheureux se précipitaient dans la mer, follement persuadés que ce saut redoutable les suérirait pour toujours de leur passion. Quoiqu'il y eût au bas du rocher des gens préposés pour aller avec des chaloupes les secourir au moment de leur chute, ce secours n'était pas toujours assez prompt pour les empêcher de périr. À l’exception d’un petit nombre d'hommes vigoureux, ce spécifique fut fatal à tous ceux qui l'éprouvèrent. On

cite parmi les principales victimes de cette superstition, Deucalion, le poète Nicostrate, Artémise, reine de Carie, et surtout la fameuse Sapho. Eclairés enfin par l'expérience, les hommes n'osèrent plus tenter cette cure aventureuse; on se contenta de jeter une somme d'argent de l’endroit d'où auparavant l'on se précipitait. Nous rappellerons que c’est aussi de ce rocher que les Acarnaniens, pendant la fête d'Apollon , précipitaient tous les ans un criminel condamné à mort, dans la pensée que le dieu déchargerait sur ce

misérable tous les malheurs dont ils étaient me-,

nacés. On nous assure qu’on voit encore quelques vestiges du temple d’ Apollon.

Varui, chef-lieu de l’ile d’Ithaca , très petite ville, remarquable surtout par le beau port de Sxkénosa, qui se trouve dans son voisinage, et par les 200 tombeaux découverts dans ses environs au pied de la montagne et sous le château d'Ulysse, par le capitaine Guitera , qui y fit faire des fouilles en 1811, 1812, 1813 et 1814, lorsqu'il commandait dans cette île; on en retira plusieurs objets d'or, tels que bracelets, bagues, ‘;oucles d'oreilles, plusieurs figurines, des médailles d’argent de villes ou de rois grecs, des médailles romaines, etc., etc.

AncostoLt, petite ville, chef-lieu de l'ile de Céphalonie, avec un port, un petit {ycée, un archevêque grec et environ 6000 habitans; elle est remarquable surtout par sa nombreuse marine marchande et par son commerce. L'ile de Céphalonie est la plus grande de tout l’Archipel; on y voit les ruines de quelques anciennes villes, telles que Crane et Palle ; ces dernières offrent quelques débris de constructions cyclopéennes.

Carsaui, pelite ville épiscopale, chef-lieu de l’île de Cérigo (Cythera). Dans ses environs on voit plusieurs anciens {ombeaux grecs taillés dans le roc, les ruines de l’ancienne ville de Cythera, ainsi que du magnifique temple de Vénus, le plus célèbre de tous ceux que les Grecs élevèrent à cette divinité.

DABRIAU OSTATISUNIQUE DE L'EUROPE.

Nous venons de parcourir tous les états de cette partie du monde; mais leur description est incomplète , parce que le lecteur ne connaît pas encore les élémens qui, joints aux notiens exposées dans les D does précédens, lui fournissent la vé— ritable mesure de l’étendue, des ressources et des forces des états. Lasuperficte, la population absolue et la population relative , les revenus et la dette publi-

e, les forces de terre et de mer sont esbases principales de la géographie politique. Nous avons déjà signalé les bornes au-delà desquelles ces notions entrent dans le domaine exclusif de la statistique, Mais

ces notions que, depuis quelques années, on trouve dans tous les traités de géographie même élémentaires et dans tous les dictionnaires géographiques ; ces notions que de nos jours une foule d’auteurs reproduisent sous mille formes différentes, sont presque toutes erronées et ne sont jamais comparables. Leur acquisition suppose trop de connaissances préliminaires etexige un si grand nombre de recherches spéciales, qu’il est très rare de trouver ces deux conditions réunies dans des anteurs étrangers à la statistique ou à la géographie. De là vient cette étonnante disparité d'opinions entre les géographes

et les statisticiens , disparité qui a servi d'arme à ae savans pour déprécier la première de ces deux sciences et

méme pour accuser d’imperfection la géographie. | On doit s'étonner qu'aucun véritable

statisticien, qu'aucun géographe à la hauteur de la science qu’il professe n’ait encore entrepris de défendre ces deux sciences d’aussi injustes attaques en si- * gnalant les sources des prétendues erreurs qu’on leurattribue. La population, les revenus, les dettes, les forces deterre et de mer d’un état ne sont jamais stationnaires : ces élémens de la pan et de la prospérité des nations subissent continuellement des changemens plus ou moins considérables soit en plus soiten moins; ils doivent donc offrir des résultats différens à diverses époques, quelque rapprochées qu’on veuille les supposer. La superficie ellemême , qui, généralement parlant , n’est sujette à des variations que par les transactions politiques d’état à état, pouvant ètre calculée de différentes manières , offre par fois des résultats très différens.

Occupé depuis vingt-cinq ans de travaux géographiques et statistiques , nous avons eu bien souvent occasion d’analysertoutes les causes qui compliquent les calculs relatifs à l'appréciation de tous ces élémens, et nous en avons fait le sujet de plusieurs chapitres qui doivent être publiés dans le Tableau physique, moral et politique des cing parties du monde, complément de l’Atlas ethnographique du globe. Nous empruntons à cet ouvrage, dont la publication est retardée par des circonstances toutes particulières , plusieurs remarques, qui jetteront quelque jour sur un sujet environné encore de ténèbres épaisses, et qui nous donneront Poccasion de justifier les changemens que nous avons cru devoir apporter à la Badance politique du globe, dont nous avonsextrait le tableaustatistique de l’Europe et ceux que nous meltrons à la suile de la description des autres parties du monde.

Dans la rédaction de tout tableau de statistique générale, deux conditions sont essentiellement nécessaires : la connatssance de documens exacts et la possession d'élémens comparables. La première condition est très difficile à remplir, surtout lorsque les auteurs sont abandonnés à leurs propres moyens; la

seconde, qui offre les mêmes difficultés

our l’acquisition des matériaux, dépend, jusqu’à un certain point, du jugement et du soin de l’auteur. Nous avons déjà signalé les avantages immenses qu'offre le séjour de la capitale de la France à tous ceux qui s’occupent de recherches générales quel que soit leur sujet. Profitant de la position avantageuse où nous étions, nous avons entrepris la tâche difficile de remplir ces deux conditions dans la rédaction de la Balance politique du globe. Laissant de côté les estimations données par les géographies même les plus estimées, c’est toujours dans les ouvrages spéciaux que nous avons puisé les documens que nous devions admettre dans le tableau, en remplissant les lacunes par les ducumens que nos relations avec un grand nombre de savans et d’hommes d'état, nous mettaient à même de nous procurer.

Devant agir sur des élémens parfois très hétérogènes et susceptibles de très grandes variations dans un court intervalle de temps, nous les avons tous réduits, pour ainsi dire, à la méme dénomination, en choisissant pour chaque état des élémens correspondans et en les portant tous à la même année. Sans cette précaution, toute comparaison devenait impossible, et toute conséquence, qu’on aurait voulu tirer des faits admis dans la Balance, aurait été illusoire pour ne pas dire erronée.

Resserré par l’espace , nous ne donnerons ici que quéiques observations sur chacun des six élémens admis dans les tableaux statistiques des cinq parties du monde.

Dans ce chapitre nous mettons ensemble tout ce qui concerne les états qui, comme nous l'avons vu à la page 34, embrassént des pays compris dans le domaine de la statistique ; nous réserverons pour le chapitre qui doit précéder le tableau statistique de l’Asie, toutes les autres remarques relatives aux contrées regardées encore comme étrangères au domaine de cette science.

sursaricrs. On s'accorde assez généralement à regarder la superficie d’un état comme le point de départ d'où le géographe et le statisticien doivent commencer leurs calculs relatifs à la mesure de ses forces , de ses ressources et de son importance. En effet, les états d’une grande étendue ont la ressource d’un accroissement de population presque toujours

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tendus où la population est déjà condensée. En outre la terre produit nonseulement en raison du travail des hommes, du degré de développement des sciences et des arls, mais aussi en raison de sa superficie, circonstance qui ne peut être négligée sans que l’on s'expose à tomber dans de graves erreurs.

Mais cette importante donnée, qui parait si facile à obtenir aux faiseurs de géographies élémentaires et de tableaux statistiques, est une de celles qui exigent le plus

e précautions pour ne pas se tromper, lorsqu'on n’a pas le moyen, ou que l’on ne veut pas se donner la peine de calculer soi-même. Le tableau des estimations extraordinairement différentes

roduites par divers auteurs sur la surace d’un même pays, que nous avons donné à la page 33, prouve les singulières méprises auxquelles on s’expose lorsque, sur l’autorité d’un nom parfois imposant, on adopte sans examen préalable ces sortes de calculs. Nous n’entreprendrons pas maintenant l’analyse des sources nombreuses de tant d'erreurs °u d'évaluations si prodigieusement différ. tes sur la superficie d’une même région ; elles forment le sujet d’un chapitre de l'ouvrage inédit déjà mentionné; mais il en est quelques-unes que nous ne pouvons nous résoudre à passer sous silence à cause de leur trop grande importance.

La première est l’ignorance du rapport exact, ou du moins le plus approximalif, que les principales mesures topographiques ont entre elles.

C’est la source des erreurs les plus graves et des méprises les plus singulières que Von rencontre dans presque tous les ouvrages élémentaires, les almanachs et les tableaux statistiques rédigés par des savans du reste fort estimables, mais étrangers aux études compliquées et difficiles qu’exige la géographie dans son état actuel. Notre aversion pou tout ce qui est critique nous défend d’en nommer les auteurs ; mais la justification de nos calculs et l’intérêt de la science exigent que nous signalions à l’attention du lecteur quelques-unes de ces erreurs les plus notables.

Dans un ouvrage publié à Paris en 1826, où l’on prétend offrir la statistique comparée des principaux états du monde et dont les surfaces sont exprimées en milles carrés allemands de 15 au degré, nous

en trouvons trois, dont la superficie est exprimée en milles carrés anglais! Le lecteur qui ignore ce changement de mesure les croyant égales entre elles, se forme en conséquence l’idée la plus erronée de leur étendue, parce que la superficie des Etats-Unis y est estimée à 450,000 milles carrés allemands, celles de la Perse à 240,000 et de la Chine à 1,297,009. Pour ne parler que de cette dernière région nous ferons observer que le nombre de 1,297,999 exprimant des milles anglais de 69 au degré, cette somme traduite en milles allemands se réduit à 61,137 milles, c’est-à-dire à un vingt-et-unième de la superficie que l’on voulait exprimer par la première somme !

Dans le tableau de l’empire Russe comparé aux principaux états du monde, nous avons déjà signalé la singulière méprise de l’auteur d’un Atlas statistique , historique et géographique de l'empire Russe , qui, confondant les milles carrés suédois avec les milles carrés allemands, donnait au royaumeactuel de Pologne une surface égale à celle du grand-duché de Finlande, quoique l’area de ce dernier soit de 102,500 milles carrés , tandis que celie du premier ne s’élève qu’à 36,330 de ces milles.

Quelquefois de savans géographes, auxques on ne saurait refuser la connaissance

es rapports qu'ont entre elles les principales mesures topographiques, connaissance qui est une des bases principales de la géographie et de la statistique , commettent, sans doute par mégarde, ces mêmes erreurs. C’est ainsi que dans son Statistischer Umriss , le savant Hassel a donné en milles allemands de 15 au degré les mêmes chiffres que le baron de Humboldt a donnés dans la Relation historique de son mémorable voyage aux Régions Équinoxiales en lieues de 20 au degré pour exprimer les surfaces

‘du Chili, du Guatimala et du Pérou. Ces

erreurs sont passées depuis dans presque toutes les géographies allemandes , fran-

çaises, anglaises et italiennes les plus es—

timées etles plus répandues. Nous aimons à croire que c’est à une confusion de mesures qu’on doit attribuer les marèima et les aninima de la surface assignée à PIrlande par les savans rédacteurs des Séatistical Illustrations publiées à Londres en 1827. Selon les rédacteurs de cet imvortant ouvrage, cette Île n’aurait d’après

les calculs de M. Beaufort, que 18,633 milles carrés anglais, correspondant à 11,026,120 séatute acres anglais , tandis que selon d’autres estimations sa superficie serait de 30,370 millescarrés anglaisou de 19,430,800 statute acres anglais ! Une différence aussi considérable nous ayant engagé à calculer nous-même la surface de l'Irlande sur la dernière carte publiée par M. Brué, nous l’avons trouvée de 24,260 milles carrés de 60 au degré, Ayant prié nos savans amis MM. Nicollet et Brué de la mesurer , chacun séparément, les résultats de leurs calculs respectifs ont été

resque identiques entre eux et le nôtre,

ous ajouterons que ce dernier n'offre qu’une très petite différence avec l’estimation donnée en 1827 par M. William Couling dans un document présenté an parlement anglais. Cet estimable ingénieur civil ne l’a obtenue qu’à la suite des longues et difficiles recherches qu’il a faites depuis 1796 jusqu’à 1816, et depuis 1824 jusqu’à 1827, en parcourant plus de 50,000 milles dans le Royaume-Uni pour déterminer la valeur de la plus grande partie du sol dans 106 comtés et une fraction assez considérable dans 11 autres. L'accord de ces quatre mesures différentes nous paraît ne plus laisser de doute sur la surface de l’Irlande, malgré l'étonnante disparité d'opinions que les statisticiens et les géographes étrangers et nationaux continuent à émettre sur l’étendue de cette Île.

La seconde source des différences vrai- -ment énormes qu'offre l'évaluation de la surface des états provient de la manière différente d'envisager leurs frontières. « Lorsqu'on parle, dit M. de Humboldt , de l’area du Pérou ou de l’ancienne capifania generale de Caracas, on peut mettre en doute si ces noms désignent seulement les pays dans lesau les Espagnols-Américains ont fait

es établissemens, et qui par conséquent dépendent de leur hiérarchie politique et religieuse, ou si l’on doit joindre aux pays gouvernés par les blancs (par des corrégidors , des chefs de postes militaires et des missionnaires), les forêts et les savannes en partie désertes et en partie habitées par des peuplades indigènes et libres. Souvent dans les cartes dessinées à Lima, on n’étend pas le territoire des intendances péruviennes les plus orientales (Tarma et Couzco) jusqu'aux fron-

tières du Grand-Parà et de Mattogrosso :

on nomme Pérou les seules parties soumises au régime des blancs (/1erxas conterm et l’on désigne le reste par es dénominations vagues de pays înconnus, pays d'Indiens , pays de sauvages (paises desconocidos, comarca desierta, tierras de Indios bravos y infieles). Le Pérou entier en l’étendant jusqu’aux limites portugaises, a 41,420 lieues marines carrées, tandis qu’en défalquant les pays sauvages et inconnus, entre les frontières du Brésil et les rives orientales du Beni et de l’Ucayale, on ne trouve plus que 26,220 lieues carrées. Dans l’ancienne vice-royauté de Buénos-Ayres , appelée depuis les Etats-Unis du Rio de la Plata , les différences sont plus grandes encore. De même on peut donner au Brésil 257,000 Ou 118,000 lieues carrées , selon qu’on calcule toute la surface du pays depuis les côtes jusqu’aux rives du Marmore et du Javary, ou qu’on s’arrèête au cours des fleuves Parana et Araguay , en excluant de l’area du Brésil la majeure partie des provinces de Mattogrosso et de Parà, contrées dépeuplées qui ont plus du tiers de l'étendue de l’Europe.

Il résulte de ces considérations qu’il ne faudrait pas être surpris que des géographes qui calculeraient les surfaces avec une égale précision , et d’après des cartes suffisamment bonnes , trouvassent des résultats qui différeraient entre eux d’un quart, d’un tiers et quelquefois même de plus de la moitié. Convaincu de la nécessité d’adopter dans une géographie généralé une méthode unique d’évaluer les territoires des différens états, afin d’avoir des élémens comparables entre eux, dès l’année 1808 nous avons essayé de déterminer de cette manière les surfaces de tous les principaux états dans notre Géographie par bassins. Lorsqu’en 1816 nous rédigions le Compendio , profitant des importans travaux dont la géographie s'était enrichie dans l'intervalle, nous avons repris nos calculs sur de meilleu— res cartes, et nous avons eu le plaisir de voir que nos évaluations , alors si différentes de celles de la plupart des géogra-

hes, ont été confirmées par les calculs

aits depuis par M. de Humboldt pour déterminer la superficie des nouveaux états de l’Amérique. Nous nous bornerons à citer notre évaluation de la ci-devant Amérique -Portugaise, que ce savant a

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trouvée presque identique à celle qu'il avait obtenue de son travail avec M. Mathieu, quoique étant d’un quart plus forte que la superficie assignée par tous les géographes à cette vaste région. Nous avons même vu ce voyageur célèbre adopter cette méthode, qui est la seule admissible dans l’état actuel de la science.

Si les Anglais, disions-nous en 1822 dans Essai statistique sur le royaurne de Portugal comparé aux autres états de l'Europe , considèrent comme une dépendance de leur empire toute la partie du Continent Américain qui s'étend au nord du Canada et des Etats-Unis jusqu'à l’Océan-Glacial , quoique plus de 14 Mat de cet espace immense soient éserts ou habités par des populations indépendantes, pourquoi ne faudrait-il pas en faire autant à l'égard des possessions portugaises d'Afrique, dans l’intérieur de laquelle cette nation à plusieurs établissemens plus ou moins considérables et où plusieurs nations à moitié civilisées ou barbares sont réellement tributaires ou se reconnaissent vassäles des Portugais, quoique un bien plus grand nombre en soient absolument indépendantes? Il faut en dire autant de l'Afrique Anglaise, des Amériques Anglaise, Danoise, Russe, Française et Néerlandaise. Les vastes territoires anglo-américains d’Arkansas et du Nord-Ouest , qui ontété long-temps pour ainsi dire sans frontières, et l’immense territoire du Missouri dont on a détaché celui de la Colombie et de POregan, ne sont encore habités que par des hordes barbares tout-à-fait indéae ir Quelle comparaison peuvent aire le géographe et le statisticien si, en comprenant cés immenses espaces soumis de nom aux Etats-Uniset aux Anglais, ils en défalquaient d’autres semblables dans leurs évaluations relatives aux surfaces des nouvelles républiques de l’Amérique et de l’empire du Brésil?

C’est encore à la différente manière de fixer les confins d’un état que lon doit attribuer la grande disparité qu’on remarquera entre quelques-unes de nos surfaces et les surfaces correspondantes déterminées par Hassel et les nombreux géographes qui ont adopté ses calculs. Appliquant le principe adopté pour lesétats de l’Amérique aux états des autres parties du monde, nous avons réuni par exemple au territoire du kha-

nat de Khiwa, les vastes steppes par-

courues par les hordes nomades qui en sont vassales. Voilà pourquoi nous avons porté la superficie de cet état à 110,000 milles carrés , lorsque M. Hassel ne lui donne que 400 milles carrésallemands ou 4800 milles carrés géographiques de 60 au degré. 11 faut en dire autant de l’évaluation du triumvirat du Sind par M. Hamilton ; ce géographe n’estime sa superficie qu'à 17,866 milles géographiques, parce qu'il en exclut le désert de Koutch, tandis que Hassel, qui en comprend la moitié, le porte à 39,712 milles carrés.

Nous lui en avons assigné 40,000.

La manière différente de considérer les pays quiont des liaisons politiques plus ou moins étroites avec les souverains de certains états, estune autre source féconde d'évaluations très différentes, non-seulement sous le rapport de l'étendue de ces derniers, mais aussi sous celui de leur pulation, de leurs revenus et de leurs forces. C’est ainsique plusieurs géographes èt quelques statisticiens ne tenant aucun compte des changemens arrivés dans les rapports des Etats Barbaresques avec l’empire Ottoman , continuant à les regarder comme une de ses dépendances , augmentent considérablement la superficie de cetempire. Tout en signalant les faibles rapports que les chefs de ces états conservent encore avec le grand-seigneur , nous avons regardé les pays qui leur sontsontmis comme des états entièrement indép’11ns. Nos

calculs relatifs à l'empire Otwan doi- |

vent donc offrir des différences :normes comparés aux calculs correspondans faits par des auteurs qui regardent ces mêmes étâts comme des parties de l’empireOttoman. Nous avons eu le plaisir de voir M. Gräberg de Hemsô partager notre manière de voir. En rendant compte dans l’Antologia di Firenze de l'essai statistique que nous avons publié il y a plusieurs années sur l’Empire Russe comparé aux principaux états du monde, ce savant rappela au lecteur que les Etats Barbaresques nedépendent plus du grandseigneur; qu’ils ne le regardent que comme chef de la religion, mais que du reste ils ne lui fournissent ni vaisseaux

de guerre, ni soldats, nitribut. L'opinion :

de M. Graberg est ici d’un grand poids, ne que cet auteur réunit à la vaste rudition qui l’a mis au premier rang

parmi les géographes e: les statisticiens, toutes les connaissances Gui dérivent d’un long séjour dans ces inèmes pays qui ont été pendant long-temps le sujet de ses méditations.

C’est par un motif tout opposé que la plupart des géographes, en suivant les traces de Hassel, diminuent extraordi- -nairement la superficie de l’empire d’Achantie, parce qu’ils ne tiennent aucun compte des nombreux pays qui en sont réellement vassaux ou tributaires. Ainsi ils réduisent à un tiers la superficie actuelle du royawne de Siam, parce qu'ils en détachent toute la partie du Laos qui en dépend , et parce qu’ils regarden comme tout-à-fait indépendans es petits royaumes malais de la péninsule de Malacca, que d’après les notices les plus récentes on doit regarder comme vassaux et même tributaires du roi de Siam. Nous-même ayons commis cette erreur dans la Balance politique du Globe, en suivant les traces du savant statisticien allemand, et en accordant trop facilement une foi implicite à un journal, qui a donné, il y a quelques années, d’assez bonnes notices, quoique mélées de quelques graves erreurs sur les états de l’Indo-Chine, Aussi nous sommes-nous empressé dazs cet Abrégé de corriger notre évaluation relative à cet état.

Nous ajouterons que M. Brué a bien voulu calculer pour nous l’area de la partie européenne de l'empire Ottoman dans ses limites actuelles, ainsi que celle du nouvel Etat de la Grèce et des principautés de Servie, de Valachie et de Moldavie. La somme de ces superficies étant presque identique à celle que dans les mêmes limites nous avions trouvé en 1817, quoique différant considérablement en moins

e la surface assignée à ces mêmes pays par les plus célèbres géographes, nous n'avons pas hésité à les adopter et à modifier d’après les calculs de notre savant ami les sommes que nous avions précédemment admises dans la Balance.

POPULATION ABSOLUE, Nous avons déjà exposé, pages 33, 34 et 36, les principes qui doivent guider le géographe et le statisticien dans la recherche du nombre des habitans d’un pays quelconque. Ici, nous nous bornerons à présenter quelques faits relatifs à la population de diverses contrées, Les unes sont de graves erreurs à éviter que nous signalons à l’attention

spéciale du lecteur; les autres sont des modifications que nous avons cru devoir apporter à la Balance, d’après des documens officiels qui nous sont parvenus après sa publication. , ous commencerons par faire observer que les recensemens même officiels peuvent souvent induire en erreur, lorsque faute de renseignemens explicatifs , on les rapporte à une époque différente de celle dans laquelle ils ont eu lieu. C’est ainsi que nous voyons des auteurs estimables mais peu au fait des mouvemens de la population dans les différens états, n’accorder en 1830 à la Confédération Germanique que 30 millions d’habitans lorsque, dès. le commencement de l’année 1827, cette vaste partie de l’Europe devait en contenir environ 34,600,000. Cependant le premier nombre est assez exact pour l’époque à laquelle il se réfère , c’est-àdire à l’année 1815 : c’est la population déclarée ; elle a servi de base à la diète ur déterminer le contingent de l’armée édérale que chaque état doit fournir à proportion du nombre de ses habitans. Ce n’est pas sans surprise que possédant des tableaux détaillés sur le mouvement de la population des états du roi de Sardaigne, nous avons vu des Almanachs publiés dans ce royaume ne porter , en 1829, la population de sa partie continentale qu’à 3,675,325 âmes, nombre identique à celui des habitans trouvés dans le recensement fait en 1822. D’après celui qui eut lieu à la fin 1827 la population de ces mêmes rovinces s'élevait déjà à 3,901,933 âmes.

es recherches que nous avons faites sur la population du ci-devant royaume des Pays-Bas pour en rédiger, avec M. de La Roquette,le Tableau historique,géographique et statistique, publié au commencement de cette même année, nous ont fait découvrir la même inexactitude ‘dans le Sfaats Almanak. Les documens officiels relatifs à la population de chaque province , recueillis dans cet Annuaire, non-seulement nese rapportent pas à l’année qui précède immédiatement celle de sa publication, mais dans l’Almanach de la même année ils se réfèrent à plusieurs années différentes. Même dans des documens ofticiels publiés par les ministres de la justice et de l’instruction publique des Pays-Bas, il s’est glissé quelques erreurs typographiques, ainsi que de graves erreurs de calculs relatives à la population,

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Les statisticiens de l'Allemagne justement estimés par leur vaste érudition sur tout ce qui concerne cette science, offrent plusieurs exemples de méprises les plus singulières en fait de population. Dès l’année 1819 nous avons réfuté les calculs erronés du baron de Liechtenstern, qui, appuyé sur d’anciens recensemens , ne donnait que 28,178,836 habitans à l’empire d’Autriche, nombre qu’à la même époque nous portions pour le moins à 29,000,000.

Le recensement général fait vers la fin du mois d’octobre de l’année 1825 ayant donné pour résultat définitif 31,625,000 habitans, y compris l’armée, a démontré sans réplique la justesse de nos raisonnemens et l’exactitude des documens sur lesquels nous les avions assis. Nous n’avons pas été peu surpris de voir un dictionnaire géographique publié à Paris en 1824 et d’autres ouvrages livrés à l’impression encore plus tard, ne donner à cet empire que 26,654,560 habitans.

Ce sujet aussi ‘important que compliqué nous menerait trop loin si nous voulions signaler toutes les singulières méprises que nous avons rencontrées dans les ouvrages de géographie, de politique et de statistique , même dans ceux qui sont le plus justement et le plus généralement estimés. N’a-t-on pas vu, il y a quelques années, plusieurs recueils périodiques êtablir des comparaisons entre la France et le Royaume-Uni (l'Angleterre, l’'Ecosse et l’Irlande, avec leurs dépendances administratives), en portant la population de la première à 32,000,000, tandis que l’on n’accordait au second que 2: ,400,000 habitans, c’est-à-dire en prenant pour base de leurs comparaisons la population de la France telle qu’elle était au 1°" janvier 1827 et celle qu'avait le Royaume- Uni en 1821. Pour avoir desélémens comparables il aurait fallu porter les deux populations à la même année ; c’est ce que nous avons fait dans la Balance politique du globe et dans la Monarchie Française comparée aux principaux états du monde , ouvrages où nous avons accordé 32,000,000 à la France, et 23,400,000 au Royaume-Uni. Cette dernière évaluation est le résultat de nos recherches sur le mouvement de la population dans l’Archipel Britannique ; ce nombre doit être regardé plutôt au-dessous qu’au-dessus de la population réelle exis-

tant au 31 décembre 1826. Nous devons cependant rappeler qu’un statisticien distingué , M. Pagès, a évité cette erreur dans un article inséré dans le Journal des travaux de l'Académie de l'industrie , fondé par M. César Moreau; les comparaisons y sont basées sur des populations comparables, parce u’elles se réfèrent aux mêmes années.

ans un mémoire relatif à l’organisation de l’armée française, publié dans le Bulletin des sciences mililaires, on n’accordait en 1828 que 11,309,629 habitans à la monarchie Prussienne,30 ,006,700 à l’empire d'Autriche, tandis qu’on en donnait 32,026,544 à la monarchie Française. C’est tout juste fonder ses comparaisons sur les populations de ces trois puissances, non pas telles qu’elles étaient en 1828, comme l’auteur a paru vouloir le faire, mais telles qu’elles étaient la remière en 1821, la seconde en 1822 et a troisième en 1826. Mais, comme leurs populations réelles pouvaient être représentées à la fin de 1826 par les nombres 12,464,000, 32,000,000 et 32,000,000, il arrive que tous les rapports de l’armée à la population respective étant faits sur des bases erronées et non comparables, diminuent de beaucoup la force des raisonnemens , d’ailleurs très bien déduits par l’auteur de cet intéressant mémoire.

Mais nous devons rectifier la population que, dans la Balance, nous avons donnée au royaume de Bavière et à l’Amérique-Espagnole. Nous avons accordé à cette dernière 1,240,000 habitans pour la fin de 1826, induit en erreur comme nous l’avons été par un prétendu recensement officiel publié dans le Colombus, et reproduit par les Ephémérides géographiques de Weimar. D'après ce document, la seule île de Cuba, dès le 8 avril 1826, aurait en 936,330 habitans, dont 518,998 blancs , 70,220 mulâtres libres et 347,312 nègres esclaves. Comme la population de cetLe magnifique colonie ne s'élevait qu’à 730,562 habitans en 1827 d’après le recensement fait dans la même annéeet consigné dans la statistique publiée à la Havane en 1829 , nous n’hésitons pas à réduire à un million la population totale de la partie du Nouveau- Monde soumise encore à la domination Espagnole. Ce que nous venons de dire prouve la justesse des raisonnemens faits par M. de Humboldt sur la population de

cette ile en 1826. La connaissance du recensement fait dans le royaume de Bavière en 1825 nous a engagé à modifier la Lu mg approximative que nous lui avions assignée pour la fin de 1826, dans la Balance, en basant nos calculs sur le recensement par familles fait en 1821 et sur le mouvement de la population nous connaissions dans treis cercles e ce royaume. Le recensement par individus fait en 1825, est venu changer en réalité nos conjectures. 11 démontra que cet état comptait à cette époque 4,037,017 habitans, somme plus forte que celle que ‘ nous lui avions accordée pour la fin de 1826, dans la crainte où nous étions de porter trop haut la population d’un royaume te tous lesplus savans statisticiens de l’Allemagne ne donnaient que 8,660,000, 3,743,000 et tout au plus 8,800,000 ; cette dernière estimation a été faite par M. Hassel dans son Almanach de 1828. Dans cet Abrégé nous avons donc cru devoir porter la population de cet état, pour celte époque, à 4,070,000 âmes.

Qu'il nous soit permis de faire quelques remarques sur la population que nous .avons assignée au nouvel état de la Grèce. Nous commencerons par dire

qu’on ne sait rien de positif, à cause des circonstances particulières où s’est trouvée cette partie de l’Europe. Mais devons-

uous suivre l'opinion de M. Schinas, membre de l’expédition française en Morée, qui croit pouvoir la porter à près de 900,000 ; celle de M. Waddington, qui en 1825 donnait 850,000 habitans aux pays qui forment le nouvel état de la

rèce; ou bien réduire ce nombre à 750,000 habitans avec M. Trant, à 835,000 avec M. Anderson, ou mème à 600,000 avec M. Quinet ? Quelque grandes que soient ces divergences d'opinion , elles le sont bien peu lorsqu'on les compare à celles que l’on a émises sur la population de la Morée. Selon M. Anderson cette

ninsule n’aurait eu en 1829 que 280,000 habitans ; M. Clarke en 1802 et M. Quinet en 1830, estiment sa population à 300,000, tandis que quelques années auparavant elle aurait été de 400,000 selon M. Galt, de 450,000 selon M. Waddington et de 459,000 selon M. Pouqueville. Mais un observateur judicieux, M. le marquis de Dalmatie,qui l’a visitée depuis ces derniers eten atracé un tableau aussi impartial que

remarquable dans la Revue des Deur- Mondes , ne l’évalue qu’à 200,000 âmes, en Fred 9 les uns l’abaissent jusqu’à 80,000, tandis que les Grecs veulent y retrouver l’ancienne population de 400,000 âmes. Le Courrier de lu Grèce à, heureusement pour les géographes , résolu ce problème, en publiant les résultats du recensement fait en 1831, d’après lequel cette péninsule ne compte que 46,207 familles et 100,653 habilans.

n partant de cette base; en portant même à 200,000 sa population pour des raisons qu’il serait trop long d’exposer, et en calculant approximativement d’après Îles renseignemens les plus récens, le nombre d’habitans des autres parties de la Grèce indépendante, nous sommes d’avis qu’on ne saurait, sans être accusé d’exagération, accorder à cet état plus de 600,000 habitans, tags que lui assigne M. Quinet. Cest ce nombre que nous avons adopté dans le tableau. Nous croyons inutile de citer les opinions émises par les auteurs des dictionnaires, des abrégés de géographie et de tableaux statistiques ; elles ne sauraient être d’aucun poids auprès des autorités que nous venons de citer et auprès d’autres que nous pourrions encore nommer,

FPOPULATION HABLATIVE. La connaissance de cet élément statistique d’un état n'offre aucune difficulté, lorsqu'on connaît déjà sa superficie et sa population absolue ; parce qu’il est le quotient de ces deux quantités. Mais nous devons faire quelques remarques indispensables afin d'éviter les méprises ; elles compléteront d’ailleurs, jusqu’à un certain point, ce que notre cadre ne nous permet pas de dire sur l'important sujet de la superficie.

Dans tous nos calculs généraux relatifs à la surface des états admis dans les tableaux de cet Abrégé, nous avons toujours compris les lacs et les marais, mais nous en avons exclu les bras de mer et les lagunes qui ne sont que des dépendances des mers, ainsi que la partie inférieure des larges embouchures des plus grands fleuves, qu'on peut regarder comme de petits golfes. L’exclusion ou l’admission de ces élémens dans la mesure de la surface des états est la source d’une foule d’évaluations différentes , qui sans être absolument inexactes, deviennent erronées lorsqu'il est question de

relatifs les ta— js tou- , Mais mer et dépentie in- :s plus garder on ou a mesource S, qui evien— ion de

comparer la densité de la population des états entre eux. M. Fersell, dans un beau travail sur la Suède, a démontré, il y a

uelques années, que l’espace occupé par

es lacs et des marais, forme plus d’un huitième de la superficie totale de ce royaume; que ce même espace, dans le gouvernement de Nykoping, monte à un sixième ; que, dans ceux d'OErebro et de Christianstad, il dépasse ce rapport, tandis

ue dans le gouvernement de Kronoberg il s'élève presque à un cinquième. Mais mes Pr est question de comparer d’une manière spéciale le nombre des habitans au sol sur lequel ils sont répandus, surtout lorsque, sur les traces de quelques statisticiens célèbres, on veut regarder la population relative comme la mesure de la force, de la richesse et de la civilisation des états, alors il faut absolument que les élémens soient comparables. Pour les obtenir tels, il faut retrancher de la surface d’un état toute la partie condamnée à la stérilité ou par des froids excessifs ou par la qualité aride du sol, les vastes espaces occupés par les lacs et les lagunes, ainsi que tous les terrains qui ne sauraient être rendus cultivables sans des travaux préliminaires très dispendieux , tels que ceux qu’exigent le dessèchement des marais et la culture des bruyères et des landes, quoique l’industrie isolée de quelques habitans parvienne quelquefois à triompher de ces derniers obstacles. Des espaces immenses doivent donc être retranchés , pour ces différentes causes, de la superficie de Pempire Russe. Toute conséquence que l’on voudrait tirer de la population relative de cet état comparée à la population relative d’un autre état quelconque, sans avoir fait subir à cet élément les modifications que nous venons d’indiquer, serait inexacte pour ne pas dire absurde.

Mais un exemple, tiré d’un état peu éloigné et très bien connu, mettra dans toute son évidence ce principe, tant négligé par tous les auteurs qui s'occupent de statistique générale. Les maremmes du grand-duché de Toscane s'étendent dans les environs de Sienne, de Pise et de Livourne ; elles occupent les territoires de Manciano, Orbitello, Grossetto , Castiglione, Massa, Volterra, Piombino, Campiglia, etc. M. Thaon, qui a fait un important travail sur ces terrains , si fupestes à ceux qui osent y séjourner, es-

time leur superficie à près de 1900 milles carrés et leur chétive population à 76,000 âmes. Nous verrons dans le tableau statistique que la superficie totale de cet état est de 6324 milles, et que sa population absolue à la fin de 1826 était de 1,275,000 âmes; en retranchant de ces deux sommes les parties qui appartiennent aux espaces occupés par les maremmes, nous aurons une superficie de 4424 milles ctune population de 1,199,000 âmes, qui nous donneront une pop relative de 271.02, au lieu de celle de 201.61 que nous aurions obtenue de la division des deux premiers nombres sans leur faire subir la modification nécessaire pour avoir des élémens comparables.

Nous avons fait toutes ces soustractions pour déterminer la population relative de quelques états que nous avons pris pour base de nos remarques sur la civilisation, sur les forces et la richesse respective de chacun considéré isolément et comparé aux autres dans notre Tableau physique, moral et Fr ire des cinq parties du Monde; mais nous regrettons de n'avoir pas eu assez de loisir pour calculer de la même manière la population relative de tous les états admis dans les tableaux statistiques des cinq parties du monde de cet Abrégé.

Celle que nous y offrons a été obtenue sans faire subir à la superficie aucune des modifications que nous avons signalées. Nous faisons cette remarque pour indiquer au lecteur les limites au-delà desquelles il tirerait des conséquences erronées s’il voulait raisonner gur la colonne de la population relative de nos tabieaux statistiques.

Mais il y a une autre circonstance majeure qui rend tout-à-fait oiseuses ces sortes de comparaisons , lorsqu'elles se rapportent à de très petits états. En effet, que pourrait-on inférer en voyant dans notre tableau que la population relative de la république de Hambourg est de 1302 habitans, que celle de Brème est de 980, tandis que la population relative de la France n’est que de 208, et celle de l’empire d'Autriche de 165? Si l’on décrit un cercle de 20 à 30 milles autour de chaque grande ville de l’Europe et autour des capitales de tous ces petits états, on trouvera que la population relative des surfaces, dont ces grandes villes occupent les centres, non-seulement

est égale à celle de tous ces états de petite étendue, mais que bien souvent elle leur est de beaucoup supérieure. C’est cependant d’après cette base erronée que beaucoup de géographes et mème de statisticiens célèbres ont regardé et regardent encore l’lle de Malte comme le pays le

lus peuplé du monde, et l’Islande comme

a contrée la plus dépourvue d'hommes !

Les lecteurs trouveront dans notre tableau, The World compared with the British Empire, la population relative des environs des principales villes de l'Europe et de l’Amérique, calculée de manière à offrir des résultats aussi exacts

us le comporte l’état de la statistique ; l’homme d'état, l’économiste, le géographe et le statisticien peuvent en tirer une foule de conséquences non moins curieuses que neuves et importantes. Dans cet Abrégé, nous avons eu occasion d'emprunter à ce travail le chiffre de quelques-unes de ces LopRIs ANS relatives pour faire ressortir davantage l’importance des villes que nous avions à décrire.

REVENUS et DETTES, Les sources d’erreurs qui rendent si difficile l’appréciation exacte de la superficie et de la population des états sont encore bien plus nombreuses lorsqu’il s’agit de déterminer leur revenu et le montant de leurs dettes.

D’abord on ne connaît rien de positif sur ces denx élémens statistiques dans tous les états absolus , où ils sont bien souvent enveloppés du plus grand mystère. Ce qu’on en peut savoir se réduit, ou à des documens assez complets, mais d’ancienne date, ou à des documens récens, mais partiels, c’est-à-dire relatifs à une partie seulement des revenus de ces états.

Tout imparfaits qu’ils soient, ces documens n’en sont pas moins précieux ; car ils servent de base au statisticien habile pour parvenir à connaître la totalité des revenus en les combinant ensemble et en les comparant avec des documens semblables relatifs à d’autres pays dont les finances sont assez bien connues. Le bouleversement de tant d'états arrivé depuis quarante ans, le gouvernement constitu— tionnel ou républicain adopté par lant de nations pendant cette courte période, ont fait connaître au géographe et au statisticien, avec assez de précision, les revenus et les dettes d’un grand nombre d'états. Mais cette abondance même de

matériaux a contribué en partie à propager une foule d’erreurs, conséquence nécessaire du peu de critique et du manque de soin apporté dans leur choix.

\esserré par l’espace, il nous est impossible de signaler toutes les sources d’erreurs qu'il faudrait éviter pour rédiger un tableau vraiment comparable des revenus et des dettes des états de l’Europe et de l’Amérique. Nous tâcherons cependant d’en signaler les principales pour donner au lecteur un aperçu des longues recherches que nous avons dû faire pour rédiger nos tableaux statistiques, qui ne sauraient sans injustice être confondus avec d’autres travaux semblables faits avec des dictionnaires et des traités de géographie, et le plus souvent par des personnes étrangères aux sciences qu’exige leur rédaction.

Pour jeter plus de conviction dans l’esprit du lecteur et lui démontrer la nécessité où il se trouve de n’accueillir qu'avec une grande circonspeciion et après un mûr examen les chiffres qu’on lui présente , nous allons mettre sous ses yeux lesévaluations contradictoires des revenus de quelques-uns des principaux états de Allemagne, adoptées par les statisticiens les plus célèbres de ce pays, pour des époques à-peu-près les mêmes. Ici les erreurs paraîtront d'autant plus choquantes

qu’elles auront été consignées par des

hommes d’un talent éprouvé et qui étaient à la source des documens les plus authentiques. Les différences les plus étonnantes qu’on remarque dans les colonnes de ce tableau trouveront leur explication dans les observations qui forment le sujet de cet article. Quelques éclaircissemens préliminaires nous paraissent cependant nécessaires afin d’atteindre le but pour lequel nous l’avons rédigé. Selon le tableau

e M. Greiff, le florin d’Augsbourg, empioys dans les estimations de Hassel, de

iechtenstern et dans celles de Reichard, vaut 2 francs 58 centimes ; le florin du Rhin ou de l’empire employé par M. le baron de Malchus et presque toujours par Stein et Cannabich, vaut 2 francs 15 centimes ; l'emploi de ces deux monnaies produit une différence apparente d’environ un dixième entre deux évaluations identiques exprimées l’une dans la première de ces monnaies et l’autre dans la seconde; nous avons traduit en florins du Rhin les 6,000,000 rixdalers auxquels Stein.

rtie à pro- Dnséquence et du maneur choix.

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évaluait les revenus du royaume de Saxe, el les 6 millions de thalers auxquels M. Cannabich porte les revenus de ce méme royaumeet de celui du Hanovre,ainsi que les 1,500,000 thalers de recette qu'il accorde au duché de Brunswick. Sans ces réductions le lecteur n’aurait pas eu des élémens comparables dans la colonne des évaluations de ces statisticiens. Nous n’avons pas adinis dans ce tableau les estimations de M. Crome, malgré la grande réputation dont jouit cestatisticien, parce que son grand ouvrage sur la confédération Germanique ayant été publié depuis 1820 jusqu’à 1828, ses estimations se référant à plusieurs années différentes , ne pouvaient sans inconvéniens être admises dans la comparaison que nous entreprenions de faire. Malgré leur étonnante dis-

Cannasicn |Lincurenstenn en 1819.

Rovauus os Bavikos

Rovavue ve Wuaremsenc, . . Rovauue ve Hanovas Rovauus 58 Saxm , Gnauo-Ducuë Du Bsns . , .

Gaano Docué ve Hussu, , . , Ilesse-Erscronazr Gaano-Ducuéns Saxe-Warman, Ducué vu Nasssu

Ducué De BaunswicE. , « « .

Paincteautéos LicurensTeiN .

F2 2 => md > O9 C1 U0 D

La nouvelle édition de la Géographie de M. Cannabich , publiée à Ilmcnau en 1829, le Tableau statistique de l'Europe, publié à Berlin par M. le baron de Zedlitz dans la même année, les estimations des revenus de tous les états de l’Europe faites par M. le baron de Malchus dans sa Science des Finances, imprimée à Stuttgard en 1830, l’A/manach de Weimar de cette dernière année et celui de Gotha de 1829 offrent à la vérité moins de discordance sur certains états ; mais ils continuent toujours à différer prodigieusement à l’égard de certains autres, surtout si l’on veut tenir compte des différences provenant des monnaies. Leur comparaison nous a prouvé que quelques auteurs ont admis dans la même colonnele florin du Rhin et celui de convention! Nous ne citerons qu’une couple d’exemples. Les revenus

cordance, ou peut regarder les estimations de ce dernier tableau comme se référant pré roles à la même année, ce qui résulte de la date de la publication des ouvrages dont on a tiré les élémens employés à sa rédaction : ce sont la Géograpéia de M. Cannabich , publiée à ienne en 1818 , avec beaucoup d'augmentations ; l’Aperçu statistique su tous les états de l'Europe, publié par M. le baron de Liechtenstern en 1819 ; la Géographie de Galletti revue et augmentée par Reichard en 1822 ; la Statistiquede l’Europe par Hussel, pubiiée à Weimar en 1822; la Géographie de Stein, publiée à Leipzig en 1825 ;-la Satislique de M. le baron de Malchus, publiée à Stuttgard en 1826 ; et l’Æ/manach de Hassel pour l’année 1826.

x CR € EE TE REVENUS 5£LON LES ESTIMATIONS DE

Rercuaao | Haseue Maucaus | Hassuc en 1822. | en 1822. . | en 1826. | en 1826,

e CORAIL LT]

du grand-duché de Bade sont estimés à 9,294,029 florins par M. Cannabich, à 9,832,200 par MM. Zedlitz et Malchus , à 9,832,000 par l’almanach de Weimar et à 9,381,000 par celui de Gotha. Les revenus de la principauté de Lichtenstein ne s’élèvent qu’à 20,000 florins selon MM. Cannabich et Malchus, tandis qu'ils montent à 1,200,000 selon les almanachs de Weimar et de Gotha, et à 1,700,000 selon M. Zedlitz.

Nous commencerons l’analyse des nombreuses causes qu’on doit regarder comme les sources principales des erreurs, dans la détermination des revenus et de la dette d’un état, par l’année à laquelle ces élémens stalistiques doivent se référer. Cette seule circonstance, eu égard aux phases différentes de prospérité ou de misère par lesquelles un état peut passer, offre parfois des résultats qui diffèrent d’une ma-

nière étonnante dans le court intervalle de quelques années. Nous nous bornerons à citer l'Espagne dont les revenus cn 1802. s’élevèrent, indépendamment de ceux provenant de ses riches colonies et de plusieurs impôts d’un produit assez important, à la somme de 199,001,000 fr.

tandis qu’en 1789 ils ne montaient qu’à 154,074,000 ! Cette différence serait encore bien plus considérable si l’on voulait comparer les revenus de cette monarchie en 1807 avec ceux de 1809. Par les taxes de guerre et les emprunts, les revenus de l'Angleterre en 1813, 1814 et 1815 se sont élevés à 128,374,286, à 123,047,616 et à 131,799,772 livres sicrling ; dans ces trois sommes énormes les emprunts ne figurent que pour 36,050,575, 36,078,048 et 39,421,959 livres sterling. En comparant ses revenus dans les trois années de 1793, 1794 et 1796, on les trouverait seulement de 22,370,983, de 31,086,745 et de 40,916,672 livres sterl., sommes dans lesquelles les emprunts corcespondans ne figurent quepour 3,925,000, 11,000,000 et 17,300,000, livres sterling.

Les revenus de la Confédération Anglo- Américaine, provenant la plupart des droits perçus sur les importations et les exportations, offrent des différences énormes dans un petit nombre d’années d’intervalle. C’est ainsi que le revenu fédéral qui en 1809, année de guerre contre l’Angleterre, ne s’était élevé qu'à 7,773,473 dollars, dont 7,296,021 produit des douanes, s'est élevé en 1816 à 57,171,422, dont 36,306,875 provenant des douanes et 9,494,436 seulement des emprunts.

’évaluation de la dette calculée à différentes époques offre des différences encore plus grandes. Les empires Russe et d'Autriche et la monarchie Prussienne, ui ont maintenant des dettes très considérables, avaient peu ou n’avaient point de dette avant la première révolution française. Dans la courte période des ans, c’est-àdire de 1816 à 1823 inclusivement , la France a augmenté sa delte d’un capital nominal de 1,998,787,720 francs, ce qui exigea une augmentation de 99,939,386 francs dans les dépenses annuelles pour en payer les intérêts. Depuis 1803 jusqu’en 1815 la delle anglaise s’est augmentée de 491,940,407 livres sterling ou de 12,298,510,176 francs. Le 11 octobre 1824, la defte fédérale des Etats- Unis étaitencore de 90,797,920 dollars ;

vers la fin de 1826 elle n’était plus que de 74,000,000 de dollars.

Une différence non moins remarqnable vient de la manière de calculer les revenus : les uns prennent toute la totalité de la recette y compris les frais de régie et d'administration, ce qu’ils appellent le revenu brut ; les autres au contraire défalquent du revenu total les somes dépensées pour la régie et l’administration ; la somme restant constitue le revenu net. La différence entre ces deux sommes est plus ou moins grande selon l’imperfection des systèmes administratifs des divers pays. Dans les contrées bien administrées la totalité de ces frais n’arrive pas même à un douzième, tandis que dans certains états elle dépasse le tiers.

Les états de l’Europe offrent sous ce rapport, comme sous tant d’autres, les différences les plus frappantes. Tandis que fes <:'ais de perception et de régie ne montent, selon quelques auteurs, qu’à onze pour cent en Angleterre et qu’ils forment actuellement en France environ un neuvième de la recette , ils figurent pour un peu plus qu’un neuvième dans le budget du royaume de Hanovre, pour un huitième dans celui du royaume de Bavière et pour plus d’un tiers dans celui de Portugat.

Mais quelques faits jetteront sur ce sujet plus de jour que tous les raisonnemens que nous pourrions faire. La recette totale de la France pendant l’année 1826 est évaluée dans le budget à 987,820,000 fr., dont 140,000,000 environ représentent les frais de régie et de perception. Le revenu brut moyen de l'Espagne a été évalué en 1822 à 663,763,457 réaux de vellon; enretranchant decettesomme113,763,457 réaux pour les frais de perception et de régie, on aura le revenu net de 550,000,000 de réaux, tel qu’il a été estimé par le ministre des finances et adopté par les cortès. Le revenu brut du royaume de Hanovre pendant la même année s’est élevé à 3,698,920 rixdalers, somme réduite à 3,278,400 par les frais de perception et de régie ; dans ces deux sommes ne sont pas compris les revenus des biens de la couronne qui montent presqu’à la même somme. Le ministre des finances a évalué le revenu brut du royaume de Wurtemberg pendant les trois années 1823, 1824 et 1825 à 11,040,808 florins du Rhin , et le revenu net correspondant à 9,679,123

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men

florins ; celui de Bade a estüné le revenu brut de ce grand-duché pendant les années 1825, 1826 et 1827, à 9,468,613 fl. et le revenu net à 7,355,715. Ces deux estimations officielles citées par M. de Malchus, ancien ministre des finances du royaume de Wurtemberg, signalent la source de la méprise de Hassel ; par la simple inspection de la dernière colonne du tableau à la page 615, on voit que ce savant statisticien a donné le revenu net du royaume de Wurtemberg et le revenu brut du grand-duché de Bade. Les documens officiels, dont l’ensemble forme l’excellente statistique du gouvernement de Venise par M. Quadri, démontrent que le revenu brut des Provinces Vénitiennes s’éleva en 1823 à 60,651,200 francs ; mais les frais de régie et de perception ayant absorbé 10,126,022 francs, le revenu net ne fut que de 40,425,178 francs.

Dans la rédaction de nos tableaux. statistiques nous avons tâché de donner, toutes les fois qu’il nous a été possible, le revenu brut de chaque état, parce que les frais de régie et de perception, formant une partie réelle des sommes payées par les contribuables, représentent une partie des ressources du pays, et ne‘ peuvent ni ne doivent être négligés lorsqu'il estquestion de les comparer à ceux d’autres états.

D'ailleurs ces frais donnent des moyens d’existence à un grand nombre de personnes ; et en soumettant l’administration des finances et toutes les autres branches à un plan plus économique et mieux entendu , il ne tient qu'au gouvernement d’en tourner une plus grande partie au profit de l’état en augmentant le revenu net, à proportion qu’il parvient à diminuer les frais de régie et de perception. Dans un article rédigé avec un talent remarquable par un des collaborateurs du Nadional, on a prouvé que, en admettant que le gouvernement français ait encaissé réellement de 550 à 560 millions en 1785, la totalité des charges imposées immédiatement sous toutes les formes à la population, aurait monté à la somme de 725 millions, qui, au prix du marc d’argent à cette époque, équivalait à 832,200,000 francs. En considérant ensuite l’effet produit par la manière dont cettesomme était levée, l’auteur de cet article en tire la conséquence , que la France en 1785 payait directement et indirectement 1,550,000,000 de francs, somme immense

:TISTIQUE DE L'EUROPE. a17

CE

surtout lorsqu'on la compare à la population qu’on ne portait alors qu'à 26 millions.

Mais il y a certaines sommes qui figurent dans les recettes de quelques budgets dont le statisticien ne doit absolument tenir aucun compte, parce que ce ne sont aucunement des revenus bruts, mais bien des dépôts ou des capitaux seulement avancés pour lachat du sel, du tabac et d’autres articles que le gouvernement revend ensuite avec des bénéfices très considérables. C’est ainsi que dans le budget des revenus de quelques cantons suisses, il faut faire de fortes soustractions pour l'achat du sel; que dans les budgets français et espagnols il en faut faire de plus fortes pour l’achat du tabac; et que le budget anglais exige une immense réduction pour la recette provenant des drawback , dénomination que nous croyons devoir expliquer pour nous mettre à la portée de tous nos lecteurs. Les marchandises de fabrication anglaise sont, quand on les

exporte, exemptées des droits attachés à

la consommation intérieure. Cette exemption a été établie afin que l'étranger, dans le but de ne pas contribuer aux charges publiques de l'Angleterre, n’achète point ailleurs des marchandises de qualités inférieures, mais non taxées. Quoique le droit soit acquitté par le producteur , on en rembourse le montant à l’exportateur, : Lu la marchandise a été placée à bord u navire. C’est ce remboursement que le budget désigne sous le titre de drawback. Dans V’année 1828 le gouvernement anglais déboursa de cette manière la somme énorme de 2,700,000 liv. sterl.

où 67,000,000 fr., dont 1,400,000 liv.

sterl. sur des tissus de coton, 900,000 liv. sterl. sur du sucre raffiné et 400,000 liv. sterl. sur des verres. Les primes à l'exportation, qui en France correspondent jusqu’à un certain point aux dratwback de l’Angleterre, se sont élevées en 1826 à 4,000,000 francs, somme qu’il faudrait déduire de la recette du budget français. ; Il y a plusieurs états, où les biens domaniaux ont une administration toute articulière , et dont les revenus , malgré eur grande importance , ne figurent jamais dans le budget. Quelques statisticiens et bien des géographes , soit par ignorance de cet élément statistique, soit

parce qu’il leur semble plus convenable de suivre en cela le procédé des gouvernemens respectifs de ces états, ne tienuent aucun compte des revenus provenant de ces biens, et donnent ainsi des évaluations qui diffèrent énormément des estimations correspondantes faites par des auteurs qui lesadmettent dans le budget. Par le rapport fait en 1822 aux états du grand-duché de Hesse, on voit que sur la totalité des recettes, estimées à 5,996,510 florins, les domaines seuls entrent pour la valeur de 1,910,635 f'orins, c’est-à-dire qu’ils forment le tiers du revenu. La recette provenant des domaines du royaume de Hanovre égale presque celle des revenus de l’état, qui sont les seuls portés dans le budget et dont parlent les journaux et les écrits périodiques. On peut en dire autant de ceux du duché de Nassau. Ceux du grand-duché de Saxe-Weimar montaient même à 690,000 rixdalers en 1830, lorsque les revenus de l’état n'étaient évalués qu’à 659,695rixdalers. On peut dire en général

ue presque tous les revenus domaniaux

es petits états de la Confédération Germanique sont beaucoup plus forts que les revenus publics ou nationaux. 11 est inutile de dire que nous avons cru devoir porter toutes ces sommes dans la recette des états respectifs.

Mais ici se présente une difficulté qui nous paraît avoir échappé jusqu’à présent à l'attention de tous les statisticiens et des géographes les plus distingués. Doiton, dans un tableau comparatif général comme le nôtre, porter dans la recette de certains états les revenus considérables qui proviennent des biens situés

hors de leurs territoires respectifs ou de transactions politiques passées avec d’autres états? Dans ce cas particulier nous croyons que le meilleur parti à prendre serait d’omettre ces sommes qui ne doivent jamais figurer parmi les ressources de ces pays auxquels elles sont étrangères, tout en indiquant cependant leur existence dans des notes ou des observations préliminaires. C’est aussi ce que nous avons fait dans le tableau statistique de l’Europe, auquel ce paragraphe doit servir de commentaire. Le lecteur n'aura plus aucune difficulté à expliquer l’étonnante disparité d’évaluation qu'offre le revenu de la principauté de Lichtenstein, en apprenant que MM. Cannabich, Liechtenstern, Reichard, Stein et Malchus n’ont tenu compte que de la recette brute ou nette provenant, dans des années différentes, du territoire de cette petite principauté, tandis que MM.

Hassel et Zedlitz ont compris dans leur estimation tous les revenus des immenses possessions médiates que le souverain de ce petit état possède dans l’empire d’Autriche et dans la monarchie Prussienne.

Nous indiquerons ici les sommes que, pour ce motif, il faut ajouter aux revenus offerts dans le tableau statistique de PEurope, à la page 636. A l’exemple de M. de Malehus, nous prenons pour guide de nos estimations le Sfatisticher Umriss de Hassel et ses AImanachs statistiques. Nous disposerons ces sommes dans le tableau ci-dessous, afin d’en faciliter l'addition aux colonnes corresponton du tableau de l’Europe sus-mentionué.

TABLEAU DES SOMMES QU’IL FAUT AJOUTER A LA COLONNE DES REVENUS DU TABLEAU STATISTIQUE DE L'EUROPE.

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