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cette zone que la panthère leur dresse ses embûches. Une seule espèce de chat, le manul, souche de nos chats angoras, habite ces vastes steps. Le tigre del'Inde-Transgangétique parait cependant avoir été vu en Sibérie sur les bords de quelques rivières, même jusqu'aux sources de l’Ob; il est nombreux encore aujourd’hui dans les forêts du Mazanderan et de l’Adzarbaïdjan, d’où les chasses d’Abbas Mirza l'ont fait fuir souvent jusqu'auprès de Tiflis. La patrie du tigre d’ailleurs s'étend au nord jusqu'aux bords du Keroulun et de l'Orkhon dans le Pays des Kalkas etjusqu’au mont AItaï ;, toute la Chine enfin en est remplie, si l’on doit s’en rapporter à l’Almanach de Péking qui relate, parmi les évènemens naturels qui ont lieu chaque mois, que les tigres s’accouplent dans le onzième mois, c’est-à-dire vers la fin de décembre. Les tigres qui se montrent de tempsen temps dans la Sibérie sont originaires de la Mongolie, où l’empereur de la Chine les chasse annuellement. Les troupes de plusieurs espèces de chiens, des chacals, des loups chassent aussi par meutes les antilopes, les ânes et les chevaux sauvages. Toutesies montagnes qui circonscrivent cette zone ont également leurs sommets habités par le musc; \a chaine du nord, l’Altaï, l’est en outre par l'argali ou mouton des rochers sibériens; celle du sud par l’égagre ou c'èvre sauvage; le Caucase l’est par le bouguetin de ce nom et par le chamois. Le grand prolongement de cette zone, qui partant de la Bactriane et de la Perse se termine en Arabie, est peuplée de nouvelles espèces d’antilopes, la chèvre bleue, l'algazel, la gazelle corinne; enfin par le chameau à une bosse ou dromadaire, autochtone de la seule Arabie, et partout ailleurs établi avec les Arabes. La presqu'ile Arabique et la Perse doivent aux lions, à la foule des panthères, des caracals et autres espèces de chats, aux chacals, aux antilopes et aux singes une physionumie africaine. Leurs montagnes et leurs plateaux arides sont parcourus, ainsi que la partie Caspienne de la zone centrale, par l'onagre ou âne sauvage, type de ces ànes si beaux et si rapides, vantés dans l’'Ecriture et si estimés encore aujourd'hui en Orient.
Sur les bords des fleuves et dans les vastes forêts des plaines sibériennes vivent d'innombrables troupes de rennes, d'élans, de loups, de renards ordinaires, bleus et noirs, d'ours, de gloutons, et plusieurs espèces de martes. De nombreuses espèces de rongeurs habitent sur la cime des arbres comme les écureuils ; l'une d'elles , le {aguan, peut même s’élancer dans les airs; d’autres sont toujours cachées sous terre, comme le 3ermnni et le spaiax aveugles; d'autres enfin sillonnent les terres et les eaux par des voyages sans but apparent, puisqu'ils n’ont pas pour terme l'expatriation, tel est par exemple le campagnol économe du Kamtchatka. Sur tous les bords de la mer Glaciale, le terrible ours polaire fait la guerre à toute la nature vivante. Dans les eaux de ces rivages vivent tous ces grands phoques, ces grands célacés, dont les espèces sont encore en partie indéterminées. Sur les bords du grand promontoire oriental vit ce /amantin de
Steller à dentsplates et sans racine, comme celles de l'ornithorynque et qui parvient à 19 et 20 pieds de long. Le lac Baïkal, malgré ses eaux douces et son isolement au centre de ces montagnes qui hérissent la Daourie, a aussi, comme la mer"Caspienne, ses espèces particulières de phoques ou plutôt de loutres. Tous ces quadrupèdes sibériens, par le renforcement de toutes les causes créatrices de vie animale et de vie végétale que distribuent les eaux de nombreuses rivières, acquièrent des dimensions plus grandes qu’ailleurs dans ces marécages découverts ou boisés, étendus depuis l’Ob jusqu’à li Khatanga. Cette exubérance luxueuse de la nature se répétera tout-àl'heure dans les deltas de l’inde-Transgangétique par rapport au reste de la zone australe, jusqu'aux pieds des montagnes de l’Altaï et de Kolyvan. Toutes les peuplades sibériennes ont de tout temps dressé le renne, et les plusorientales, le chien au tirage des traineaux.
Dans la zone australe le soleil des tropiques multiplie à l'infini ces richesses que la terre doit partout à l’action fécondante des eaux. Dans l'Inde de nouvelles espèces d’antilopes, le {ayt-gau, le cervicapre errent sur ces plaines. du Sind qui rappellent les déserts de la Perse. Dans les forêts de l'intérieur et surtout dans celles qui revétent les pentes et les éperons de l'Himaläya, vivent cinq ou six espèces de cerfs inconnues encore il y a quelques années, l’hypélaphe d’Aristote, le cerf de Wallich, celui de Duvaucel. Dans le Tibet, errent des essaims d’antilopes bleues (A. Hodgsoni), dont les cornes par leur chute annuelle ont plus d’une fois rappelé aux auteurs auglais la fabuleuse Zicorne. Là, se présente aussi cette gracieuse chitckara aux quatre cornes, aux formes gracieuses et sveltes. Dans les forêts du Bengale habitent ces charmans axis perpétuellement mouchelés de blanc, comme nes daims le sont en été. Dans les forèts d’'Orissa vit ce Jungly-gau, souche sauvage des bœufs domestiques de l'Inde, et qui représente notre antique wrus, autre souche des bœufs domestiques d’une autre contrée , et dont la patrie, renfermée dans l'Europe Occidentale, ne s’étendait à l'est que jusqu’à la Vistule. Dans celte belle région , à partir de l’Indus, les rugissemens du lion n'effraient plus l’homme et le reste de la nature, Mais sur les bords du Gange uu danger peultêtre plus terrible encore recommence.Le tigre aux rayures noires se Lapit auprès de toules les eaux où l'ardeur du climat appelle à chaque instant l'homme et les animaux. Et ce danger est partout présent dans l’Inde-Transgangétique et dans son archipel. Partout le continent indien, le buffle à la peau noire et demi nue, aux cornes proclives en arrière, habite, soit sauvage, soit domestique , tous les rivages fangeux de la mer et des fleuves. Entre le Gange et l'Indus les forêts sont peuplées d'une foule d'écureuils, de ces beaux paons, de ces faisans, de ces cogs sauvages depuis naturalisés partout et partout devenus domestiques de l’homme. Plusieurs espèces d'ours, dont une, au pelage d'un pied de long, fut long-temps prise pour un paresseux , habitent les solitudes des forêts des Gates et des
montagnes du Mysore. Là aussi se trouve ce joli chevrotain memina naguère connu dans la seule Ceylan. Dans tout cet espace l'ennemi le plus à craindre pour l'homme est peut-être cette sangsue de terre si nombreuse dans les gazons épais du Decan, et qui dans les campemens des armées peut verser plus de sang que les faibles troupes des Hindous. L’éléphant indien et le rhinocéros unicorne peuplent aussi toutes les forêts solitaires; mais c’est dans l’Inde-Transgangétique que ces deux animaux parviennent à toute leur grandeur. Dans cette dernière région, 1e tapir bicolore de Malacca, dont la patrie semble s'étendre depuis Malacca, où on la découvert, jusque dans les provinces méridionales de la Chine, rappelle la zoologie américaine. Là vivent des orangs, des gibbons, des vouvous tous aux longs bras et marchant à quatre pattes sans cesser d’être debout, ces guenons kaau au nez gigantesque, et cette guenon douc habillée de toute couleur comme les suisses de nos cathédrales. L’é/éphant indien sur les bords du Kamboge et de l’Iraouaddi, atteint jusqu’à 16 pieds de haut; mais ses défenses toujours moins courbées sont aussi toujours plus petites que celles de l'éléphant d'Afrique. Dans le seul Gange, 250 espèces autochtones de poissons décrits et représentés par Hamilton Buchanan, servent de pâture à ces grands gaviais ou crocodiles à bec allongé comme celui d’une bécasse, à ces dauphins gangéliques connus de Pline sous le nom de platanista, et dont le bec est encore plus effilé que celui des gavials. Mais comme si la nature avait voulu faire de cet Hindoustan , rendu si malheureux par l’homme , une contrée de délices, ces énormes gavials de 15 à à 20 pieds de long sont innocens pour notre espèce ; le guépard, inoffensif pour l'homme , habite l'Inde au sud du bassin du Gange. où les troupes du chacal indien ne chassent que de petits animaux. Néanmoins, dans les canaux d’eau salée du delta du Bengale vivent quelques espèces d'Aydrophis ou serpens à plusieurs dents maxillaires, dont la première seule est percée pour le venin.
Lesoiseaux sont aussi riches que variés dans toute l'Asie; etles zones de celte grande région se trouvent occupées par un nombre considérable d’espéces de toute grandeur et de toute livrée. De gigantesques vautours , tels que le chaugoun et l'oricou règnent en tyrans sur les rivages de l’Indus, où pullulent un grand nombres d'aigles, de faucons, de buses, de chouettes, rapaces diurses et nocturnes, sans cesse à l'affût d’une proie, Des essaims de perroquels à plumage rouge, vert, blanc ou peint de mille couleurs, habitent le continent elles îles qui en dépendent. On sait que ce fut sur les bords du Gange, au temps de l’expédition d'Alexandre , que fut découverte la grande perruche verte qui apprend si facilement à imiter la voix de l’homme. Les loris au plumage cramoisi, les cacatoës à la livrée blanc de lait , les psillacules émaillés, sont donc très abondans dans toute la partie chaude de l'Asie, Mais les espéces les plus remarquables et qui ontoffert dans ces derniers temps une série aussi neuve que pré-
cieuse pour les naturalistes, sont ces couroucous au plumage d’or et vermillon, ces malcohas à gros bec; ces coucals aux plumes rigides; ces boubous ou coucous à bec rond, le taccoïde indien, les édolios, les eudynamis , les surnicous , les barbus, les pics, oiseaux grimpeurs variés à l'infini. Les »#artins-pécheurs fréquentent les grèves, et la petite tribu des ceyx, celle des {anysipteres el des choucalcyrons y vivent plus exclusivement. Les calaos, les corbeaux, les mainales, sont les passereaux de grande taille les plus dignes de fixer l’attention. Mais des espèces admirables, dont l'Asie a enrichi nos cabinets, sont venues dans ces derniers temps frapper nos regards par l’incomparable beauté de leur plumage ou par la nouveauté et la bizarrerie de leurs formes. Tels sont ce superbe drongo dont la livrée brille de l’azur le plus pur et le plus vif, ce calyptomène vert dont le corps chatoie comme une émeraude, ces eurylaimes à bec massif, ces nyo- Phones métallisés, ces verdins si gracieux , etc. Des centaines de passereaux devenus destypes de genres auraient besoin d’être cités ; maisil nous suffira de mentionner les pomatorhins, les prinia, les arachnotères, etc. L'Asie possède les oiseaux gallinacés les plus brillans par les couleurs, les plus grands par la taille, les plus exquis par la délicatesse de la chair.Telles sont ces légions de colombes, ces francolins, du Pégou, ce criptonyx de Malacca, cet admirable /uen dont l'immense queue est semée de mille yeux, ces faisans du Népal si riches, ces satyra, ces coqs, ces lophophores, tes paons “ent rien ailleurs ne rappelle la magnificence. Les mers, les fleuves, les ruisseaux de cet immense coutinent sont fréquentés par des oiseaux palmipèdes et échassiers, dont les espèces varient suivant les latitudes , et dont beaucoup sont identiques avec celles d'Europe et d’Amérique.
L’Asie nourrit les plus grands reptiles du monde connu, C’est sur ses côtes que pullulent les tortues franches ete carét; c'est dans ses rivières que vivent les gigantesques gavials, les crocodiles bi-carénés , ces monstrueux prthons. Mille couleuvres, mille serpens venimeux , ce 2aya des bateleurs, ces oular-limpé, si atrocement mortifères, forment des légions, où viennent s’adjoindre des y drophis , des lézards de grande taille , des batraciens dont les noms formeraient un long catalogue.
Soit au nord, où les mers de la zone glaciale l'entourent, soit au sud, où mille canaux séparent les iles morcelées de l'Asie, soit sur ses côtes où elle confine à l'Afrique et à l'Amérique, partout de nombreuses tribus de poissons vivent dans ses eaux douces ou salées, Les squales y sont par centaines et presque tous de grande taille. Les balistes ,les aleutères, les chætodons, les mur'énoplis, les labres , richement parés, vivent de préférence dans les zones intertropicales. Le poisson le plus célèbre des eaux douces est le gouram? , qui fournit une nourriture aussi délicate qu'abondante,
Lesinsectes, les brillans papillons, ies cigales, les libellules, y comptent de riches espèces. 11 eu est de mème des mollusques, soitterrestres, soit
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