‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 2)Chapitre 329 sur 628 · PA A AR OS RH · texte numérisé non relu

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ductions végétales, à l'exceplion des environs de Suez où la végétation est extrèémement ariue. Près de Tor, ville située au pied du mont Sinat, on cullive en abondance plusieurs sortes d'arbres truitiers, et on rencontre çà et là de petites fovêts de palmiers. Au sud de ces eontrées est siluée la partie principale de l'Arabie nommée Jemen ou Arabie heureuse, Ce riche pays est untrecoupé de rivières et de chaines de montagues qui entretiennent la fertilité de son terriloire le plus souvent argileux. Le climat y est assez pluvieux ; ce qui, joint aux autres circonstances, fait que la température y éprouve beaucoup de vicissitudes, C’est non loin de Loheïa, ville située sur les bords de la mer Rouge , qu'est le centre de la flore Arabique, On y rencontre de temps en temps, dans les terrains sablonneux , le corypha umbraculifera ou palmier-éventail qui croit abondamment dans les Indes-Orientales, Le café (coffæa arabica) est spontané dans les monts Djébbel èsuad, près de la ville de Hadie; mais on cultive cette précieuse plante dans toute l'étendue de la contrée, Depuis la ville de bjæbla jusqu'à Taæs, le pays est pour ainsi dire envahi par de petits bois d'euphorbes arborescentes, On y voit aussi, mais en pelite quantité , le #imosa nilotica, arbre qui fournit la gomme arabique. La présence en Arabie de ces plantes à gomme, de plusieurs autres qui se retrouvent également en Afrique, particulièrement sur la côte occidentale, indique un certain rapport de végétation entre ces diverses contrées, D'un autre côté, la Flore de la partie sud de la presqu'ile Arabique, se lie avec celle de l'Inde-Méridionale et de son archipel, ainsi que le prouve le palmier que nous avons mentionné plus haut.

Si nous ne craignions pas d'être trop prolixe, nous citerions une foule de végétaux qui croissent dans l'Arabie et qui depuis long-temps sont célèbres par les parfums etles médicamens qu'on en retire; nous parlerions de ces plantes céréales tellement nombreuses et vigoureuses dans cette partie du monde, qu’on a prétendu que celle-ci en avait été le berceau; mais ces renseignemens nous forceraient de dépasser les limites de cette notice qui a seulement pour but de donner une idée générale sur la végétation des diverses régions.

R£éGioN Innique. De toutes les parties du continent Asiatique, c’est la plus favorisée de la nature. Après les conquêtes d'Alexandre, lorsque l'on eut pénétré dans les contrées au-delà du Gange, rien ne frappa plus d'admiration les anciens que les productions aussi belles que singulières de ces Indes-Orientales qui semblaient avoir en dépôt toutes les richesses et les magnificences naturelles, Cependant on ne les connut pendant long-temps que d'une manière très imparfaite, quoique les naturalistes, et particulièrement Aristote, eussent porté vers elles une vive attention. Mais la science des végétaux n’était encore appuyée sur aucun principe stable; l’art de la culture n'avait d’ailleurs fait aucun progrès en Europe, et dès-lors on ne pouvait avoir sur les plantes de l’Inde d’autres notions que celles qui étaient fournies par les voyageurs dans l'esprit

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desquels les êtres les plus disparates se coufondaient,

Ce ne fut qu'après la découverte du passage aux Indes par le cap de-Bonne-Espérance, et lorsque les Portugais et les Hollandais eurent établi des comptoirs sur les côtes des vastes presqu'iles de l’Asie-Méridionale, qu'on commença à se former des idées exactes sur leurs productions végétales. Plusieurs d'entre elles devinrent des objets importans de commerce , et par cela même leur origine futtenue , pour ainsi dire , secrète, par les nations ou les particuliers qui voulaien! en perpétuer le monopole entre leurs mains. Les propriétés médicales , vraies ou imaginaires, d'un très grand nombre de ces plantes, employées par les naturels contre une infinité de maladies, déterminérent quelques médecins à les étudier avec plus de soin qu'on ne l'avait fait jusque alo:s. C'est dans ce but que Rumpli et R'iéede écrivivent leurs énormes in-folios, dont l'un a pour titr : Herbarium Amboinense; et l'autre : Horus Malabaricus. Nous citons ici l'ouvrage de Rumph quoiqu'il traite des végétaux appartenant à use partie de l'Océanie, mais la similitude de ces plantes avec celles du Continent Indier, :Vlige les botanistes qui étudient celles-ci, à consulter les planches dont cet ouvrage est orné €: qui savent sont les seules que l’on possède. Aussitôt que la botanique eut pris rang parmi les véritables sciences, on ne tarda pas à explorer les végétaux de l'inde avec autant et même plus de succès que pour d’autres contrées plus rapprochées de nous, Burmann, contemporain de Linné, écrivit une Flora Indica,résumé de tout ce quel’onavaitécrit jusqu'alors, enrichi de plusieurs espèces que le savant Paul Hermann avait recueillies lui-même et dont Burmann avait acquis la précieuse collection. Enfin, de nos jours les travaux de Roxburgh, dans le magnifique ouvrage sur les plantes de Coromandel, des docteurs Francis Hamilton, Carey et Wallich, dans deux volumes qui ont paru de la nouvelle Flora Indica, les immenses matériau” rapportés en Europe par M. Wallich qui en a “ owr'aencé la publication dans ses Plantæ Asiatic ir suriores, ont presque complété les connaissances qu'il était possible d’acquérir sur la végétation du Continent Indien.

Au nord de la presqu'ile en-decà du Gange, court la vaste chaine des monts Himaläya. Les pays adjacens nourrissent des plantes qui offrent de grands rapports avec les plantes des climats septentrionaux. Celles du Népal, par exemple, qui sont les mieux connues, ont toutes une phy- -sionomie que nous nommerions volontiers européenne, car une grande quantité d’entre elles appartiennent à des genres dont la majeure partie des espèces croit parmi nous. C'est dans cette partie de l’Inde que croit naturellement le beau marronnier (æsculus hippocastanum) si répandu aujourd'hui dans l'Europe. Mais à mesure que l'on s'approche de l'équateur et que l’on descend, en même temps, des plateaux élevés sur lesquels s'appuient les hautes montagnes, la végétation change de face ; elle déploie alors tout le luxe et la majesté qu'elle offre ordinairement sous les climats tropiques, lorsqu'elle est secondée par

les agens les plus puissans, comme la nature du sol et l'humidité. En effet, ce n’est point aux plages arides de l'Afrique situées sous les mèmes lalitudes, mais au Brésil et à l’'Amérique-Méridionale que les Indes-Orientales peuvent être comparées. Mais, malgré l'aualogie qu'on observe entre les végétations de régions si distantes entre elles, on trouve que chacune a reçu en partage des plantes qui en font la décoration particulière et caractéristique.

Dans la région Indique équatoriale on trouve le plus grand nombre des espèces de la famille des cannées ou amomées, plantes d'ornement dont les fruits et les racines sont en outre des épiceries très recherchées; telles sont les plantes des genres canna, amomuim, costus, zingiber, maranla, curcuma , etc. Tout le monde connait les basidiers , les amomes , le gingembre, le galanga, le cardamome , le cürcuma, qui sont ou ces plantes elles-mèmes ou les produits utiles qu'on en retire. Le poivre noir (piper nigrum) el le betel (piper betel), masticaloire très en usage chez les Hi: dous, croissent en abondance sur la côte du Malal'ar. Une foule de graminées utiles (e/eusine coracana, panicum , sorghum, etc.) sont vulgaires partout. D'autres monocutylédones, remarquables par leur élégance, sont particulières aux climats chauds de l'inde. ‘lous citerons entre autres le crinum asialicum , le polranthes tuberosa , le methonica superba, le flagellaria éndica , plusieurs amaryllis , pancratium , aloës , etc. Le plus grand nombre des liserons (convolvulus et ipomæa) habite encore les mêmes contrées asiatiques. On y remarque aussi, dans la grande quantité de végétaux utiles, toute la famille des /aurinées. Les lauriers qui fournissent la canelle, le camphre (/{aurus cinnamomum , L. camphora, L. malabathrum , etc.), forment des forèts, surtout dans l’île de Ceylan déjà renommée chez les anciens sous le nom de Taprobane. Le muscadier (#17rislica officinadis), le giroflier (caryoph>llus aromaticus), le jambosier (£ugenia jambos) ne sont point étrangers au continent de l'Inde, quoique leur patrie soit plus particulièrement les iles de l'Océanie situées entre les tropiques. Dans le nombre immense des légumineuses qu’on y voit croitre en abondance, nous ferons remarquer principalement le tamarinier ({amarindus indica) dont le fruit est un purgatif acidule employé par toute la terre; le cæsalpinia sappan, qui fournit un bois de teinture, semblable à celui du bois de Rrésil; le guilandina bonduc ; le moringu oleifera, qui fournit l'huile de Ben, plusieurs espèces de casses, de bauhinia, ete. Enfin, ne pouvant ici nous étendre sur les détails de tous les végétaux rmarquabtes de linde , nous nous bornerons à citer le daphne indica, dont l'odeur suave parfumeles serres chaudes où on le cultive en Europe; le manguier (mangifera indica), le goyavier (psidium pomiferum), le durion (durio zibethinus) et surtout le mangouste (garcinia mangostana) dont les fruits passent pour être délicieux,

Parmi les arbres à fruits qui se trouvent auprès .

des habitations, on distingue surtout les »a7-

gifera, les citrus, les artocarpus, les eugenia,

les elate etles borassus. Les arbres qui forment

l'essence des forêts appartiennent aux genres

rhizophora, ægiceras, avicennia, sonnera-

et Leritiera. Ces derniers sont les plus abonans.

ANIMAUX, Deux grandssystèmes de montagnes dirigés dans le sens des parallèles à l’équateur divisent l’Asie en trois zones. La ligne des sommets glacés de ces montagnes n'est interrompue que par quelques gorges peu évasées, quelques déchirures profondes ou par des plateaux presque toujours très culminans au-dessus des zones latérales. Aucun grand tleuve comparable à ceux qui parcourent les zones latérales n’arrose la zone intermédiaire. Les cours d’eau qui la traversent çà et là s’épuisent en général peu loin de leur naissance, ou pour former des lacs, ou par le seul effet de l’évaporation et de la filtration sur un sable aride. Quelques plantes herbacées et quelques arbustes amaigris étendent seuls une mince nappe de verdure sur ces plainessablonneuses et souvent salines nommées séeps par les Russes. Des deux zones latérales, l’australe presque toujours brûlante , la boréale presque toujours glacée, ont cela de commun d’être arrosées par de grands fleuves , généralement parallèles entre eux, assez voisins les uns des autres et courant presque perpendiculairement des cimes où ils prennent naissance aux mers qu’ils entretiennent. Ces grandes bandes qu’ils découpent sur leur versans, sont sillonnées par des affluens collatéraux dont l’irrigation et les vapeurs entretiennent d’immenses forêts ou de vastes priairies. Ces grands caractères géognostiques, dont les causes ont nécessité la distribution actuelle des animaux d'Asie, marquent leslimites de cette distribution dont nous signalerons les traits principaux dans le tableau suivant.

Le chameau bactrien ou à deux bosses, le cheval sauvage ou tarpan, le djighetei autre espèce de cheval, si rapide, que les Mongols en ont fait le coursier du soleil ; plusieurs variétés et peut-être mêmes plusieurs espèces de ces bœufs à queue de cheval, dont les queues ondoyantes marquent les dignités militaires par tout l'Orient ; au moins deux espèces d'anlilopes, le dzeren ou chèvre jaune, aussi rapide que le djighetei, et le saiga, presque aveugle, parcourent paisiblement les steps de la zone centrale, sans avoir presque d'autre ennemi redoutable que l'homme. Ce n’est que dans quelques parties occidentales de

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