‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 2)Chapitre 336 sur 628 · A9 ÂCRE · texte numérisé non relu

A9 ÂCRE

de leur grand-émir, qui n’est que tributaire.

* TRIPOL! ,

... Tripoli ou Tarablous; Zatakia. Le Pays des Nosairis qui comprend les

vallées uu Liban depuis Antakia jusqu’au Pays des Druzes; ils sont tributaires , et le se de Bahloulie peut être regardé comme leur chef-lieu, étant le

siège du c

ef ou mokaddem le plus puissant. Le Pays des Maronites igale-

ment tributaires, et partagé entre le petit émir qui réside à Djebel ou Djebaïl et le grandi émir qui réside à Canabin. Le Pays des Ismauliens , dont le cheflieu est Massiade ou Masial; iis sont tributaires.

Dans l’ASIE-MINEURE on trouve :

KOUTAÏiEH ( Cotyœum), grande ville bâtie dans une situation pittaresque, sur le penchant du Poursak-dagh, et baignée par le Poursak. C’est le siège du beylerbey d’Anadoli et d’un grand-juge ou mollah. Parmi ses édifices on c', :rve une grande et vieille #208quée remarquable par sa singulière architecture. On porte à 60,000 le nombre de ses habitans.

Dans ses environs immédiats est situé le village de Tounchali,avec desbains chauds renommés, Plus loin, dans un rayon de 45 milles , on trouve: SEïot-Gazi, village ruiné, remarquable par sa belle mosquée et encore plus par le monument vhrygien situé dans son voisinage et visilé par M. Leake. Ce <vant oyageur, d'après les mots au roi M .vtés sur un des côtés, croit que ce tombca caillé dans le roc et couvert de sculptures dans le genre de celles de Mycènes, pourrait être attribué à un des rois phrygieus de la dynastie de Midas ; en admettant cette supposition, ce seraitun des monumens les plus anciens de l'Asie, puisque sa construction remonterait entre 570 et 740 ans avant Jésus-Christ. Eskt-curner, petite ville, importante par ses bains chauds, dont on voit encore les restes des ancieus édifices; c’est l'ancienne Dorylœum, Tunva, petit village, où l'on commence à monter le Domaoun-dagh, haute montagne, sur laquelle depuis long-temps on a établi un l'ospice semblable à ceux des Alpes pour

secourir les voyageurs égarés dans la neige ; de’

gros chiens y sont entretenus pour ce pieux of-

fice. AZaxt, misérable village qui mérite l’attention de l’archéologue par les magnifiques ruines d'un théâtre et d’un temple de Jupiter ; M. Keppel qui les a visités il y a quelques années, dit que ce dernier égale les ouvrages grecs les plus remarquables qui subsistent encore ; on y trouve plusieurs inscriptions grecques et latines. Kana- HISSAR OÙ AFIOUN Kara-Hissan (la forteresse Noire de l’Opium), ainsi nommée à cause de l'immense quantité d'opium qu’on y recueille ct à laquelle, ainsi qu'à ses nombreuses manufactures de laine, elle doit son état florissant. Kara: aissar était le patrimoine féodal d'Othman, fondateur de l’empire; M. Kinneir lui accorde jusqu’à 60,000 habitans.

BROUSSE (Prusa), au pied du mont Olympe et non loin du Nilufer, que l’on passe sur plusieurs ponts, ville grande, assez bien bâtie et une des plus florissantes de l'empire par son industrie et par son commerce. Un vieux château environné de murailles, sur lesquelles on remarque encore des sculptures romaines, la domine et de vastes faubourgs l’entourent. Ses bâtimens les plus remarquables sont : la #20s8quée cathédrale (Ouloudjami), vaste édifice qui date de l’époque de la conquête de cette ville; les musquées du sultan Orkhan, vec son tombeau et un collège tres fr querié, et celles des sultans Cia, Tlurad et Bayazid. On doit m2. nner aussi

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ses nombreux et heaux caravansérais construits en pierre, et les magnifiques thermes décrits par un savant orientaliste, M. Jouannin, ainsi que les belles et nombreuses fontaines qui ajoutent à Pagrément de cette ville. jadis résidence des rois de Bithynie, Brousse à été dans le moyen Age la capitale de tout Pempire Ottoman jusqu’à la prise d’Andrinople ; aujourd’hui elle est le siège d’un mollah de première classe, d’un pacha, d’un métropolitain grec et d’un archevêque arménien. C’est avec M. de Hammer que nous porlerons jusqu’à 100,000 le nombre de ses habitans.

Dans un rayon de 45 mi!'es on trouve : Moupa- NA, Sur le goiie de son rom, avec un port qui sert de débouché aux marchandises de Brousse , et par lequel cette ville reçoit toutes les expéditions de Constantinople et de l’Europe; les ficvres y sont endémiques. IzNiKk (Nicée), misérable amas de huttes qui s'élèvent sur l'emplacement de la métropole de l’ancienne Bithynie, si renommée par le premier concile général que les chrétiens y tinrent en 325. Ses épaisses nurailles , ses tours et ses portes sont encore assez bien conservées, On y voit encore une église assez remarquable , un agueduc etun vaste éditice avec des souterrains immenses, nommé par les Grecsle palais de Théodore ; selon M. Kinueir ce serait un amphithéatre. 1ZNiK-Min ou Nik- Mb (Nicomédie), jadis une des plus grandes villes de l'empire Romain ; elle conserve encore quelque commerce. M. Fontanier lui accorde 5300 maisons, nombre cinq fois plus grand que celui que lui assignent d’autres voyageurs modernes. ABOULIOUN (Apollorie), sur un ilot du lac auquel elle donue son nom; ses 2000 habitans sont presque tous pècheurs et vivent presque exclusivement du produit de la riche pêche qu'ils font sur ce lac, et que les cartes représentent beaucoup trop petit.

SMYRNE (Zz2mir des Turks), au fond du golfe du méme noi, bâtie en forme d’amphithédtre autour d’une montagne au sommet de laquelle est un château en ruine; deux autres la défendent du côté de la terre et du côté de la mer. Sans ètre belle Smyrne présente un aspect agréable, Quelques maisons bien bâties appartiennent la plupart aux Européens et forment un assez joli quartier. Le grand bazar (bhezesten) et le vizèrkhan, construits avec le marbre blanc de l’ancien théâtre, sont les deux constructions qui se distinguent le plus. Ses rues sont étroites et sales, à l’exception de celles qui sont couvertes, Quoique Smyrne w'offre aucune antiquité remarquable, on peut dire qu’elle à contribué peut-être

plus que toute autre ville de l'Asie à enrichir les collections et les cabinets des antiquaires de l’Europe. Smyrne doit aux avantages de sa position le rang qu’elle occupe parmi les places commercantes les plus importantes du monde. L’étendue et la sûreté de sa rade, la facilité de ses communications avec les parties les plus éloignées de Pintérieur , en ont fait l’entrepôt général des produits du Levant, ainsi que des marchandises européennes et des denrées coloniales importées en échange. Depuis plusieurs années cependant le commerce de la soie y est beaucoup diminué, et celui du cuivre est presque nul, s’élant concentré à Tarsous ; mais celui des fruits secs y est immense.

Elle à été long-temps régie par un 2no0ssellim ou gouverneur civil nommé pour un an, et par un conseil municipal composé de huit ayans ou #ofables. Maintenant elle forme un petit gouvernement ou eyalet régi par un pacha à trois queues.

Elle est le siège d’un mollah de première classe, d’un archevêque grec et d’un archevêque arménien ; et malgré les ravages produits souvent par les incendies et par la peste, on porte sa population actuelle au-dessus de130,000 Âmes. Smyrne, comme toutes les autres villes principales de l'empire, mais sur une plus grande échelle, offre le phénomène d’une république fédérative dans le quartier des Francs , habité principalement par des Anglais, des Français, des Hollandais et des Italiens. Leurs personnes et leurs propriétés sont affranchies de la domination turque ; en matière civile, commerciale ou criminelle , les Francs ne reconnaissent d’autres juges que les consuls des diverses nations auxquelles ils appartiennent. Le français est la langue universellement adoptée dans cette petite république, où du reste on voit régner, au milieu des mœurs et des usages de l’Orient, la civilisation de l'Europe et tous les usages, les amusemens et les occrpations qui accompagnent. Dans le magnifique casino, fondé par souscription, on trouve tous les principaux écrits périodiques de l'Enrope, et dans le théâtre, qui est très fréquenté, une compagnie d'amateurs joue des commédiesitaliennes.

Smyrne possède en outre un collège gree où l'on enseigne ies sciences et la littérature, et une gazelte que l’on publie en français.

Dans ses environs immédiats on trouve : le beau village de BounnagarT, où la plupart des Francs ontleurs maisons de campagne ; elles sont divisées à-peu-près comme les bastides de Marseille ; et les villages de Bounsa et de Sépi-KEUÏ, remarquables par leurs belles campagnes et leur nombreuse population. Plus loin on voit ManissA (Magnesia), assez jolie ville, florissante par son commerce et par ses grandes plantations de safran ; on y voit une forteresse ruinée, de construction romaine, etles tombeaux de sultan Murad Il et de sa famille ; M. Fontanier estime à 40,000 âmes sa population. Fokia, petite ville encore assez florissante par son port, bâtie sur l'emplacement de l'ancienne Phocée , si renommée pan ses nombreuses colonies fondées en Espagne et dans les Gaules, parmi lesquelles figure surtout Massilia (Marseille), VounLa, petite ville, bâtie sur l’emplacement de l'ancienne Clazomène ; c’est la résidence temporaire de l'archevêque grec d'Éphèse ; on y voit encoreles vestiges de la chaussée construite par Alexandre-le-Grand.

Plusloin et dans un rayon de 55 milles on trouve au sud et au sud-est de Smyrne : AYASALOUK, misérable village turk , ou l'on voit encore une mosquée, un aqueduc et un château construit avec les matériaux enlevésaux ruines d’E p Lèse, situées à une petite distance. C’est parmi ces dernières qu’on a reconnu les restes du s{adium, les vestiges du théâtre, les débris d’un temple magnifique et les voûtes immenses qui soutenaient le second {emple de Diane, qui, au rapport des anciens était pour le moins aussi magnifique que le premier, compté justement parmi les merveilles du monde. On regardait celui-ci comme le plus grand temple construit par les Grecs; il avait 425 pieds de long sur 220 de large; on y voyait 127 colonnes de marbre hautes de 60 pieds, et-sculptées par les plus habiles artistes de ce Lemps-là ; selon Xéno plon la statue de la déesse élait en or. SCALANOvA (KHouch-adasi), ville florissante par son port et son commerce, qui avant la révolution grecque y avaient rassemblé une population qu’on portait à 20,000 âmes. PaLATsuA, assemblage de quelques misérables huttes habitées par des Turks, parait correspondre à Mélet, si puissante dans l'antiquité, lorsque ses vaisseaux couvraient tout lie Pont-Euxin où elle fonda tant de colonies; on a reconnu les ruines de son vaste théâtre. GuzeLmissAR (Zralles), ville florissante par ses manufactures de coton et par son commerce ; on fui accorde 30,000 habitans. Tinna, ville moderne, qu’on dit être presque aussi grande que Smyrne, quoique beaucoup moins peuplée.

A l’est et au nord de Smyrne on trouve: CassaBA Ou DurGuruLt, assez grande ville, à laquelle

des voyageurs modernes accordent 6000 maisons, © SarT (Sardes), la magnifique résidence des opulens rois lydiens, la plus riche des villes de l'Asie- Mineure, que Florus appelait la seconde Rome, et un des sept premiers diocèses fondés par St. Jean, n’est plus qu'un miséra'\le village habilé par quelques Turks. Plusieurs ruines, les restes d'une grande église , peut-être ceux de son antique cathédrale , les débris du magnifique tem ple de Cybèle , et dans ses environs le turulus

colossal d’4/yatles le père de Crésus, rappellent encore son ancienne splendeur. M. Cockerell en 1812, vit encore debout trois colonnes du temple que M. Leake croit avoir été construit entre 715 et 545 ansavant Jésus-Christ. Le monument d’Alyattes, que ce dernier voyageur a visité, remonte à la mème époque. C’est un cône en terre de 200 pieds de haut, dont la base formée selon Hérodote, de grandes pierres de taille, a six stades de circonférence. M. Leake le regarde comme une des antiquités les plus remarquables de l'Asie, et l’historien grec qui nous en a conservé la description, le regardait de son temps comme le plus grand de la Lydie, et seulement inférieur aux pyramides d'Egypte et aux monumens de Babylone. Le temps et l'exhaussement du sol ont entièrement recouvert la base de ce tombeau extraordinaire qui a l'apparence d’une colline. D’autres monumens semblables, mais moins grands se trouvent à une petite distance. PERGAME, assez grande ville et encore la plus florissante de la vallée du Caïcus, quoiqu’elle ne soit qu’une ombre de l’ancienne résidence des rois de Pergame. On prétend qu'on y trouve d'importantes antiquités. Son magnifique temple d’Esculape, sa célèbre bibliothèque qui ne le cédait qu’à celle d'Alexandrie, et l'invention du parchemin assignent une place distinguée à cette ancienne ville, qui figure aussi parmi les septpremiers diocèses de l'Asie-Mineure. Haïvaui nommée Kibonie par les Grecs, située sur le golfe d'Adramili, véritable création du commerce et de l’industrie, cette petite république, fondée par le Grec Economos vers la fin du xvin® siècle sous la protection de la Porte, était devenue en peu de temps une des villes les plus industrieuses, les plus commerçantes et les plus policées de l'Asie Ottomane. Mais ses nombreuses manufactures de savon, ses tanneries, ses moulins à huile, son beau collège , sa bibliothèque, son imprimerie, ses belles églises, ses 3000 maisons et ses 36,000 habitans disparurent dans la guerre de l'insurrection, Depuis 1821 Kidonie n'offre plus qu'un amas de ruines.

Dans ce même rayon on trouve plusieurs îles re marquables, parmi lesquelles leur grande importance nous engage à nommer les trois suivantes : MerEuiN (Lesbos des anciens Grecs, Midilli des Turks), importante par sa grande fertilié, sa population assez nombreuse et surtout par ses beaux ports militaires ; on voit plusieurs restes d'anciens monumens près de Mete lin, petite ville assez flerissante , capitale de l'ile. Cmio (Chios des Grecs, Sakyz des Turks), naguère encore la plus riche et la plus florissante des iles de l'Archipel, remarquable par la civilisation, l’industrie et la richesse de ses habitans, n'offre depuis 1822 que ruines, à l'exception du district des villages où l'on recueille le mastic, Ses 100,000 habitans qui fournissaient à l'empire Ottoman les meilleurs jardiniers, sont réduits à 14,000 ; et Chio, où le commerce et l’industrie avaient rassembié près de 30,000 âmes, et qu'on regardait comme la moderne Athènes par son célèbre collège , par sa riche bibliothèque etsa typograplie , n'est plus qu'un amas de ruines. Les franchises que le grand-seigneur a accordées depuis

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quelque temps aux habitans de cette île ne peuvent manquer de réparer, du moins en partie, tant de désastres ; elles ont tellement modifié son administration que cette île forme pour ainsi dire un petit état vassal et tributaire. Samos (Susam ou Sisam des Turcks), importante par sa fertilité, sa population et par les vestiges que l’on y rencontre encore de son ancienne prospérité attestée surtout par les trois ouvrages suivans: la »70ntagne percée ; c'élait un canal de 875 pas de long pratiqué dansunñe montagne pour conduire l’eau à la ville de Samés; cette étonnante excavation, dont on à reconnu l'ouverture, était huit fois aussi grande que la fameuse voûte de Malpas qui appartient au canal de Languedoc; la jetée faite au côté gauche du port de Samos, hauie de 20 toises; elle s’avançait à plus de 250 pas dans la mer ; le temple de Junon Samienne situé à 4 milles de la ville , le plus spacieux édifite grec de ce genre qu'eût vu Hérodote : il était rempli de richesses, et les peuples de l'Asie et de la Grèce le regardaient comme un asile inviolable, Depuisles franchises que le sultan a accordées au prince Vogorides, qui en est le gouverneur, l’île de Samos avec les ilots qui en dépendent forme un petit élat vassal eltributaire, plutôt qu'une petite province de l'empire Ottoman.

KonIEn (Zconium), dans une plaine riche et bien arrosée, jadis résidence des sultans seldjoukides de Roum, et maintenant du pacha gouverneur de l’eyalet de son nom et d’un métropolitain grec.

Parmi ses nombreuses mosquées on remarque celle de Sélim , bâtie sur le modèle de celle de Sainte-Sophie. On doit encore citer le couvent des Merclevis, fondé par le célèbre Djelaleddin Roumi, dans le xrr° siècle de notre ère. Ce couvent est le chef d’ordre de tous les établissemens du même genre répandus sur la surface de l’empire, et il jouit d’immenses richesses. Près de la porte de Ladik on voit une sculpture que M.

Kinneir regarde comme un des plus beaux morceaux que l’antiquité nous ait légués, et une sfatue colossale d’Hercule; ces deux monumens ont été grossièrement restaurés par les Turks. Malgré sa décadence, Konieh est encore importante par ses manufactures, par son commerce et par ses nombreuses medressés ou colleges. On évalue sa population à environ 30,000 âmes.

Dans un rayon de 54 milles on Lronve : CARAMAN dit aussi LARENDA , assez grande ville, importante par son industrie, par son commerce et par le voisinage des ruines de Zarenda% qui ont servi à la construction de ses édifices. AKk-CHERER, ville archiépiscopale et florissante, à laquelle M. Kinneir accorde 15,000 maisons , quoique Ali- Bey l'appelle une petite ville! Le medressé ou col-

lège de Bayazid et la mosquée principale sont des édifices remarquables. C'est dans ce même rayon qu'on trouve le vaste Lac salé de TouzLa ; ses débordemens pendant la saison des pluies, joints à ceux d’autres lacs situés sur cette vaste plaine élevée , y forment un marais immense ; on en retire une grande quantité de sel.

Tokar, sur une branche du Kizyl- Irmak, grande ville, avec des rues étroites mais bien pavées, et dont l’apparence, selon M. Fontanier, est tout-à-fail européenne. Elle a un archevèché arménien , plusieurs fabriques de toiles, d’étofies de soie, de coton, de tapis ct surtout de vaisselle de cuivre. Tokat est le point central de beaucoup de caravanes et un entrepôt de marchandises de Smyrne. En admettant les 18,500 maisons que lui accorde M. Fontanier, qui l’a visitée il y a quelques années, nous croyons quon ne s’éloignerait pas beaucoup de la vérité en portant à environ 100,000 àmes sa population actuelle.

Dans un rayon de 42 milles on trouve : Sivas (Sebaste), assez grande ville, chef-lieu de l’eyalet de ce nom , à la laquelle M. Gardanne accorde 4010 maisons, nombre que M. Trezel réduit à 1000!

Dans ses environs on exploite de vastes mines de cuivre. AMASIE (4masea), grande ville, qui selon M. Fontanier ne compte pas de moins de 10,000 maisons, siège d’un archevéché arménien, et importante par son commerce et par les antiquités qu’elle renferme , mais qui n’ont pas encore été assezexplorées et parmi lesquelles on doit compter une païtie des z2urs de son ancienne ciladelle et les restes d'un temple antique. La mosquée du sultan Bayazid est un édifice moderne qui doit aussi être cité, ainsi que les cavernes taillées dans le roc situées dans ses environs ; la plus remarquable est connue sous le nom de pierre du miroir.

Hors du rayon et vers l’ouest est situé IEUZGATT. ville qui doit son grand accroissement à ‘Tchapan-Ouglou, qui l'avait choisie pour sa résidence; elle paraît avoir beaucoup perdu depuis la mort de ce chef célèbre, dont la domination s'étendait sur presque toute la partie orientale de V'Asie-Mineure. Vers le sud-ouest on voit Kaïsa- RE (Cesarée , capitale de la Cappadoce), ville assez grande , florissante par son commerce et à laquelle on accorde 25,000 habitans, nombre bien faible comparé aux 490,000 que lui assignent les historiens à l'époque où elle fut prise et pillée par Sapor, roi de Perse, sous le règne de Valérien. Paul Lucas prétend avoir vu dansles environs d'Yrkoup, non loin de cette ville, 20,000 petites pyramides ayant chacune des portes et des fenêtres! Mais des renseignemens récens et bien autrement exacts nous représentent ce pays comme rempli de débris de monumens semblables à ceux de Babytonc , de Van et d'autres villes d'aussi ancienne origine, des briques couvertes d'inscriptions cu.

uéilormes ont élé retrouvées dans des fouilles, ainsi que des objeis qui rappellent l'ancien culte de Mithra.

TRÉBIZONDE, ville bien déchue de ce qu’elle était à l’époque où une branche des Comnènes de Constantinople y établit le siège d’un nouvel empire. C’est le chef-lieu de Peyalet de son nom et le siège du pacha dont relèvent les chefs lhéréditaires , turbulens et peu soumis qui dominent tout le pays situé le long de la mer Noire, depuis Trébizonde jusqu'à Batoum à l'embouchure du Tehorok.

Cette ville est encore importante par sa rade assez fréquentée , par son industrie , par son commerce et par sa population.

Trébizonde est fortifiée; elle possède quelques édifices considérables, entre autres un grand bazar et des bains en marbre remarquables par leur élégante architecture. Parmi ses antiquités il fant nommer le femple d'Apollon changé en une chapelle de forme octogone. Le cuivre et les esclaves sont les articles les plus importans du commerce d'exportation de cette ville, dont la population nous parait pouvoir êlre estimée à 50,v06 mes, et dont le territoire est très remarquable par sa belle position , la douceur de son climat, par sa fertilité et par l’abondance et la variété de ses productions.

Dans un rayon d'environ 50 milles on truuve : Juizeu où Riza (Ahizauum), petite bourgade, siege d’un chef héréditaire, peu soumis au pacha de Trébizonde : en dépit des géographes qui la représentent comme une ville florissante, peupiée de 30,000 habitans, nous ne lui en accorderons que 4000, sur l'autorité de M. Jouannin et de M. Fontanier, Gumucn-KnANÉ, petite vilie du pachalik &'Erzeroum, dans l'Arménie, importante par les riches mines de plomb argentifère et d'e cuivre exploitées dans son voisinage.

quelle M. Fontanier accorde 4000 inaisous, et importante par ses riches mines de cuivre. SINOPE (Sénoub des Turks), ville très déchue depuis plusieurs années, mais à laquelle son port, ses chanliers de cuslructions et son commerce donnent encore une certaine importance; on lui accu"de près de 10,000 habitans. Kasramouni, autre vihi® déchue, à laquelle nous ne donnerons, avec M. Kinneir, qu'environ 13,000 habitans au lieu des 50,000 que lui assigne Malte-Brun en citant Hadji- Khalfah, mort en 1658. Bour, assez jolie ville, chef-lieu du liva de ce nom, et florissante par ses fabriques de cuir et d’étoffes de cotor; c’est le passage ordinaire des caravanes qui vont à Constantinople, ce qui, avec son indnstrie, contribua beaucoup à augmente: sa population qu'on porte jusqu’à 50,000 âmes, ANGORA (4ncyra), située à environ 60 milles au sud-est de Boli, dans l'intérieur, et célèbre par la grande victoire que Tamerlan remporta sur Bayazid; quoique bien déchue, elle est encore importante par ses nombreuses fabriques de camelots faits avec le poil des chèvres particulières à son district et dont la finesse égale celle de la soie. Nous remarquerons à ce sujet que dans les environs d'Angora les chèvres, les chats et les lapins ont ce poil long et soyeux qui les fait distinguer des autres individus de leur espèce. Les deux {ons de grandeur naturelle, près de la porte de Smyrne , et l'inscription en l'honneur d’Auguste , sculptée sur six colonnes, restes du {emple d’ Auguste, et connuc sous la dénomination de monument d’AncYre, sont les antiquités connues les plus remarquables de cette ville, dont les portes, les murailles et presque tous les édifices sont construits avec les débris de ces anciens monumens. Nous croyons qu'on pourrait réduire à 35,000 ou 40,000 àmes les 80,000 que lui accorde Malte-Brun.

Scurari a déjà été décrit à la page 577 avec les environs de Constantinople. DEMONNEST Ou ILES pu Prix :, groupe d'ilots, situé à l'entrée du Bosphore , fréquenté par les habitans de la métropole quiy vont faire des parties de plaisir ou vont y séjourner pour rétablir leur santé. La côte méridionale de la mer de Marmara (Propontide) est parsemée de ruines célèbres parmi lesquelles on doit surtout mentionner celles de Cy- Zique , une des villes les plus florissantes et les plus belles de l'Asie, si renommée par la beauté

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L’Asie Mineure offre un grand nombre magnifique dela Grèce après celui d'Athènes, par d’autres viiles remarquables $.:: pls ses gymnases, par ses théâtres, ses slades, ses d'un rapport, soit dans l'intérieur, soit Ports, ses arsenaux et par ses in jrlantes forle long de ses côtes. Voici celles que notre lifications ; on voit encore les déb. :s de ses murs adre s permet de citer : elles nous uon loin de PEnao, misérable endroit sur la cadre, nous ï . ARTE S POUS côte orientale de la péninsule qui s’est formée fourniront l’occasion d'indiquer une foule par les attérissemens qui ont réuni l'ile de Cyzide monumens antiques qui rappellent là que au Continent. Mauara, la plus grande des richesse, la puissance et la grande pro- iles répandues sur la mer de ce nom; elle est spérité de cette contrée maintenant si Surtoul importante par ses carrières de marbre. misérable, si faible et si déchue. Le long de lacôte Occidentale on trouve: ’ Pouxcan-Bacui qu Bocrxan-Bacut, village que Surlacôte Septentrionale età unedistance nous nommons pour indiquer l'emplacement pré plus ou moins considézable dans l'intérieur, en sumé de Tnoir, l’ancienne Iuivm, dont le siège allant de l'est à l’ouest, on trouve: Manraivan a été chanté par Homère et qu'il ne faut pas (Merzsifoun), ville de médiocre étendue, à la- confondre avec Pitt hECENS, qui se trouve à

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quelques milles de distance. L ne reste aucun vestige de la première ville; mais sur un rocher voisin et qu’un croit être le P£ERGAMA , on trouve des débris de constructions en polygones irréguliers, une citerne taillée dans le roc et trois tombeaux héroïques; quelques colonnes en marbre et d’autres débris indiquent près de TcniBLak, la position de la nouvelle ville bâtie par Alexandre, ruinée par Sylla et reconstruile par Jules César. CuxmaLe, autre village important par les antiquités qui se trouvent dans ses environs, parmi lesquelles le docteur Clarke vit une immense colonne de granit dont le fût, quoique d'une seule pièce, a 37 pieds et 8 pouces anglais de long, et encore plus par le voisinage d’ALEXANDRIA TRroas, ville entièrement ruinée st déserte, mais dont les magnifiques ruines atu stent son ancienne magnificence; on y voit encore une partie de ses zzuraiiles et l'aqueduc construits avec d'énormes pierres de taille, une partie de la porte du côté de l’est, et surtout le prétendu palais de Priam, vaste édifice, dont les débris sont visibles à une grande distance en mer et qui parait avoir été le gymnase de cette ville; ces ruines on! servi à la construction d’une foule de batimens à Constantinople.

Sur cette mème côte, mais au sud du rayon de Smyrne, on trouve : Bouoroux (Halycarnasse), petite ville, dans une situation romantique, défendue par une assez bonne citadelle, avec un port et des chantiers où l’on construit des frégates et des batimens inférieurs pour la marine ottomane. Plusieurssculptures d’un travailexquis représentant des processions funéraires et des combats entre des figures habillées et d’autres nues et encastrées dans les murailles de la citadelle, ont fait sa1pposer à M. Beaufort que cette dernière a été construite en partie avec les matériaux du fameux mausolée, ou tombeau que la reine Artémise fit ériger à Maus: le son époux. Ce magüifique mon':ment exista jusqu'au moyen äge et fut mis au nombre des serc merveilles du monde, par ses dimensions, par la noblesse de son architecture et surtout par l'excellence des sculptures dont il était orné , travail dû aux plus célèbres artistes de ces temps. L'ile de Srancuo (Cos des Grecs, Zstankioï des Turks), importante par sa fertilité; on y trouve la petite ville de Cos, qui est encore assez florissante quoiqu lle soit bien déchue de ce qu’elle était lorsque son fameux temple dEsc’:iape et le grand nom d'Hippocrate y attiraient des étrangers de toutes les parties de la terre connue. Crio, misérable village, près du cap de ce nom, remarquable par les ruiñes de l'ancienne GNipe ou Gnibus, une des villes principales de la Doride, où Vénus avait plusieurs temples dans l’un desquels était la faineuse statue de Vénus Gnidienne , chef-d'œuvre de Praxitèle, qui y attirait une foule de curieux. On y a reconnu les traces de trois théatres, dont un de 400 pieds de diamètre, de plusieurs temples et d’autres édifices publics et privés.

Sur la côte Méridionale on trouve iile de Ruoves (Alodus des Grecs, Aodos des Turks), si renommée dans l'antiquité par les grandes richesses et la civilisation de ses habitans, et par

la sagesse des lois qui la régissaient et auxquelles elle dut la longue durée de sun indépendance ; elle jeta encore quelqu: éclat dans le moyen âge, lorsque après la chute es colonies chrétiennes de Palestine , elle devint ;: résidence des chevaliers de St-Jean. Aujourd'h:i presque déserte et inculte en comparaison de «2 qu'elle était aux beaux temps de la Grèce et de iome , cette ile est encore importante par les fortifications et par les chantiers de construction de son chef-lieu actuel, qui porte le même nom, et par les grandes franchises que le sultan actuel lui a accordées. Sousle rapport administratif on pourrait ranger cette ile avec celles de Chio et de Samos que nous avons vues être plutôt de petits états vasseu: et tributaires que des provinces ae l'empire Oltoman. R Lod'2s moderne paraît èl'e bâtie tout près de l’emplacement de l’ancienne z kodes, une des villes les plus florissantes et les plus magnifiques de la Grèce ; on y admirait le fameux colosse représentant 4pollon. Cette statue, qui nous parait être la plus Haute dont l’histoire fasse mention, était l'ouvrage de Charès, élève de Lysippe; on la regardait comme une des sept merveilles du monde; ses dimensions étaient tellement énormes, que, quoique creuse dans l’intérieur, l’airain qu’on retira de ses débris forma la charge de 900 chameaux , malgrè le déchet que le métal dut éprouver pendant les 874 ans qui s'étaient écoulés depuis qu'un tremblement de terre avait renversé celte statue admirable l'an 222 avant Jésus-Christ. MarmoRiTzA Ou ManmarA, misérable petite ville, près de l’'emplac:ment de l'ancienne Phrscus, mais importante par son port, un des plus beaux de là Méditerranée. Macri, petit endroit près d'un des plus beaux ports de la Méditerranée et non loin des magnifiques ruines de l'ancien T'e /messus, où l’on admire encore les restes du théâtre, des portiques et surtout les tumbeaux; une partie de ces derniers sont taillés dans le roc avec un artadmirable, et ressemblent aux étonnantes excavations de la Perse et de l’inde; les autres sont des sarcophages remarquables par leurs dimensions énormes et leur situation d’un accès très difficile ; ce sont probablement des restes de la domination perse dans cette contrée. Parana, jadis si florissante lorsque son célèbre oracle d'Apotlon y attirait tant d'étrangers, n'offre pius que quelques pâtres qui de temps en temps parcourent les ruines de ses temples, et les restes de son théâtre assez bien conservé, ainsi qu’une partie de ses murailles et une de ses portes. L’ilot de Casrer-Rosso (Megiste des anciens Grecs), remarquable par ses tombeaux taillés dans le roc, son théâtre et d'autres anciens monumens assez bien conservés. Mina, pelit village, près des ruines de l’ancienne ville de ce nom, où l'on voit encore un théâtre de 358 pieds angiais de diamètre très bien conservé et quelques autres anciens édifices, ainsi que de nombreux tombeaux; dans plusieurs de ces derniers ou trouve des inscriptions en caracteres lyciens, de même qu'à Telmessus, Limyra et Cyana.

ADALIA OU SATALIE, ville a:5e7 grande, florissante par son commerce et à laquelle M. Corancez donne 30,000 habitans, nombre qui nous parait

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exagéré, quoique nous trouvions &.op faible celui de 8000 que lui accorde M. Beaufort. On y voit encore un magnifique arc de triomphe érigé en l'honneur d’Adrien. Dans un rayon de 40 milles on trouve au sud les magnifiques restes de Phaselis, dont ies anciens habitans accumulèrent des richesses immenses par la piraterie qu'ils exerçaient, associés aux terribles corsaires de la Cilicie; c’est aux Phasélites que les Romains empruntèrent une sorte de bâtiment à voiles et à rames qu'ils nommèrent phaselus; un théâtre taillé dans le roc, des mausolées, une longue colonnade sont les antiquités les plus remarquables de cette ville aujourd'hui entièrement déserte. D'un autre côté vers l’est on voit Eski- Adalia (Adalia l’ancienne), dénomination donnée par les Turks aux magnifiques restes de l'ancienne Szdé, si renommée dans l'antiquité par l'adresse de ses marins. M. Beaufort y vit le théâtrele plus vasteet le mieux conservé de toute cette côte et d’autres antiquités remarquables; et plus loin vers le nord on trouve 4ylason, village bâti sur l'emplacement de Sagalas-

‘4. : On y voit un beau {hédtre, qui semble, dit ::. krundell, avoir servi la veïlle; les restes d'un vaste portique, d'un gymnase et d'autres antiquités. AxAmour, misérable château près duquel se trouvent les ruines d'4Anemurium, remarquables surtout par leurs nombreux tombeaux qui offrent réunis les trois genres différens que les archéologues distinguent dans cette espèce de monument, SELErFKEH , pelile ville, avec un port, remarquable par les ruines de l’ancienne S'e Ze ucia, parmi lesquelles on distingue d'immenses citernes, des catacombes, un théâtre et autres anciens édifices. MEzer.u, misérable village, près des ruines de Sali ou Pompéiopolis, qui ressemblent à celles d’Antinoé en Egypte et de Djerach en Syrie; la magnifique colonnade à l'entrée de son port artificiel offre encore 44 colonnes debout.

Tarsous (Tarsus), jadis la ville la plus puissante , la plus belle et la plus peuplée de la Cilicie, la docte rivale d'Athènes et d'Alexandrie, dont l'académie était, de l'avis de Strabon, la première du monde, est encore une assez grande ville; son commerce est assez florissant, et sa population est estimée par M. Castellane à 30,000 âmes ; depuis quelques années elle est devenue le plus grand débouché des mines de cuivre de l’Asie-Mineure. Dansun rayon d'environ 10 milles au nord-est se trouve: 4dana, remarquable par sa population, que M. Kinneir croit être égale à celle de Tarsous, quoique cette ville soit presque déserte pendant l'été; on y voit les restes d’un beau pont en pierre et un aqueduc bien entretenu; et hors du rayon à 40 milles de Tarsous est située Sis, siège d'un patriarche arménien ; c’est une ville ruinée, qui dans le moyen âge , comme capitale de la Petite-Arménie , joua un rôle assez important. On saît que la Petite-Arménie répond à-peu-près à la Cilicie des anciens, et qu’elle fut ainsi appelée parce que, dans le x1° siècle, elle servit de refuge à une partie des Arméniens que l'invasion des Turks forçait à s’expatrii. Pavas ou Bayas, petite ville, sur le golfe d'Alexandrelle,

ue les pillages sur terre et sur mer du rebelle

utchuk-Ali avaient rendu riche et populeuseily a quelques années, mais que le châtiment de ce brigand a réduite à un amas de ruines. M. Kinneir la croit bâtie sur l'emplacement de l'ancienne Issus, qui joue un si grand rôle dans l'histoire et la géographie anciennes. MeRAcH ou Maracu, dans l'intérieur, ville de médiocre étendue, cheflieu du gouvernement de ce nom.

L'ile de Cuvrre (Cyprus des Grecs, Kybris des Turks), une des plus grandes et des plus fertiles, de la Méditerranée, jadis très riche, florissante et peuplée, maintenant presque déserte et remplie de villes ruinées, mais encore renommée par ses vins excellens, ses cotons et plusieurs autres productions. Nicosie (Zefkascha des Turks), ville de médiocre étendus ; chef-lieu de l'ile ; on y voit encore quelques édifices assez remarquables ; on porte sa populatiôn de 12 à 16,000 âmes. Zar'nak a, petite ville, d'environ 6000 Eabitans, importante par son port, son commer£e et ses salines ; M. Dubois nous fait observer que dans ses environs l’on trouve des fombeaux portant des inscriptions phéniciennes. Ba f fa (Paphos), remarquable parles ruines de Paphos,où Vénus avaitun fermple de la plus grande magnificence, et par ses grotles sépulcrales ; Limasol, par ses vastes salines,

Dans l’'ARMENIE on trouve :

ERZEROUM, dans une vaste plaine, très élevée, et au pied d’une haute montagne, non loin du bras seprentrional de l’Euphrate. C’est une grade ville très florissante par son industrie et par son commerce, surtout d'expédition et de transit, et à laquelle les voyageurs modernes s’accordent à donner 100,000 Ames. Ses armuriers ont la réputation de fabriquer les meilleurs sabres de l'empire. Parmi ses nombreuses mosquées on doit citer lOulou-djami, qu’on dit pouvoir contenir 8000 personnes. La douane , quelques-uns de ses marchés, de ses bazars et de ses caravanseraïs sont les édiltices les plus remarquables. Dans lancien couvent qui servait d’arsenal aux Turks, et qui remonte à la plus haute antiquité, les Russes ont découvert , pendant l’occupation de cette ville, des boucliers , des casques, des arcs, des hallebardes et autres armures du plus beau travail, qui paraissent avoir appartenu aux Arabes du temps des califes. Erzeroum est un des boulevards de l'empire du côté de la Russie et de la Perse, et le chef-lieu du pachalik de ce nom ; son pacha, en sa qualité de général en chef permanent de l’armée de Perse (2ran-Seraskeri), étend sa juridiction sur les territoires soumis aux pachas de Kars, de

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Bayazid, de Van, de Mouch, de Mossoul de Trébizonde et sur la partie du territoire du pachalik d’Akhal-tsikhé (Tehildir) qui est restée au pouvoir des Turks.

Nous ferons observer avec M. Fontanier que son autorité est très bornée, srrtout à l’égard des pachas héréditaires de Van, de Mouch, de Bitlis et de Bayazid, qui sont pour ainsi dire des princes indépendans.

Les autres villes principales de l'Arménie sont : Maoen , petite ville, très importante par lesriches mines de cuivre qu’on exploite dans son voisinage. ErziNnJan, sur l’Euphrate, importante par la richesse et la fécondité de son territoire , par son commerce et par sa population que les auteurs nationaux portent jusqu’à 40,000 âmes. Kars, importante par ses fortifications et son commerce ; BaAyAZiD, par sa force, sOn commerce et sa population, qu’on porte au-dessus de 15,000 habitans; elle est le siège d’un pacha héréditaire. Moucu, assez considérable et résidence d’un pacha héréditaire. Van, sur le lac de ce nom, ville forte et commerçante, à laquelle les auteurs arméniens accordent plus de 40,000 habitans, que nous croyons pouvoir réduire à 20,000; elle est la résidence d'un autre pacha héréditaire. La ville de Vanparait avoir tenu une place encore plus importante dans l'antiquité. Moyse de Khorène, écrivain arménien du v* siècle de notre ère , nous apprend que la fameuse Sémiramis, après avoir joint l’Arménie àses autres conquêtes, attirée par la belle situation de Van, voulut y fonder un résidence royale, et y exécuta des travaux dignes d’une reine d’Assyrie. Cet historien parle avec admiration d’une montagne artificielle que Sémiramis éleva au nord de la ville actuelle, et sur laquelle était placéle palais royal. 11 cite encore des châteaux , des pavillons et des jardins qui s’élevèrent comme par enchantement dans le voisinage, et qui faisaient de ce pays un séjour délicieux. La vérité est que Van a de tout temps été appelée parles Arméniens Schamiramakert, c'est-à-dire ville de Sémiramis, et que la plus grande partie des monumens dont parle Moyse de Khorène subsistent encore. M. Schulz, qui, par ordre du gouvernement français, visitait en 1827 cette contrée, a retrouvé la colline formée d'énormes quartiers de rocher et qui supporte la citadelle actuelle. Cette colline s'étend de l’ouest à l’est l’espace d’une heure de chemin; dans l'intérieur sont d'immenses cavernes et des appartemens voûtés uù sans doute Sémiramis allait l'été prendre le frais. Il n’est pas rare de rencontrer sous ces voûtes des débris de statues et de monumens antiques. Ce qu’il y a de plus intéressant, ce sont les iascriplions cunéiformes qui couvrent l'entrée et les flancs de la montagne, et qui ont été copiées pour la première fois par M. Schulz. Il parait que les rois de Perse qui vinrent après Cyrus partagèrent le goût des antiques monarques de l’Assyrie pour le séjour de Van. Parmi les différenues inscriptions eunéiformes, la seule qu’on ait pu lire porte, sui vant M. Saint-Martin, le nom de Xerxès fils de

Darius. On rapporte que Tamerlan, dans le cours de ses expéditions guerrières, voulut achever de détruire ces vénérables restes de l'antiquité; mais la patience de ses soldats fut lassée par l'étendue et la solidité de ces constructions. On trouve au reste des ruines du genre de celles de Van, non-seulement sur le territoire de cette ville, mais dans toute la contrée voisine.

Ant, une des anciennes capitales de l'Arménie, dont M. Saint-Martin, dans ses savantes recherches, a décrit l’histoire et les malheurs, a été visitée il y a plusieurs années ; ar M. Ker-Porter. Ses ruines sont trop importantes pour que nous n’en donnions pas quelques notions. Cette ville est située sur l’Arpatchaï ; au nord et à l’est elle est fermée par un double rang de hautes murailles etde tours, dont la construction étonne. Toute la surface du terrain ne présente que chapiteaux brisés, colonnes, frises d’un travail exquis. Plusieurs églises et diverses parties de la ville conservent encore plus que des ruines de leur ancienne magnificence. À son extrémité occidentale on voit le palais des anciens rois d'Arménie ; on le prendrait pour une ville à son étendue ; il est si magnifiquement décoré au dedans et au dehors qu’une description, dit M. Ker-Porter, ne saurait donner une idée de la variété et de la richesse des sculptures qui en couvrent toutes les parties, ni des dessins en mosaïque qui ornent le sol de ses salles innombrables. Tous les restes d’édifices que renferme cette ville excitent l'admiration par la solidité de la bâtisse et l'excellence du travail.

Le KURDISTAN proprement dit, ou le Kurdistan des géographes européens n’offre que des villes d’une médiocre étendue ; les plus importantes paraissent être les suivantes :

Buruis, ville forte, résidence d’un pacha; on lui accorde 20,000 habitans, nombre qui nous parail exagéré. DJEZIREN, AMADIA, DIULAMERK et Ka- RADJOLAN , Sièges d'autant de princes kurdes, plutôt vassaux que sujets de la Porte; ce sonttoutes de petites villes, à l'exception de Djezireh, située sur le Tigre; quoique beaucoup déchue, on prétend qu’elle a encore près de 20,000 habitans.

Dans la MESOPOTAMIE ou AL-DJE- ZYREH on trouve :

DIARBEKIR (4mida\, sur la rivé droite du Tigre, qu’on y passe sur un pont en pierre, ville grande et bien bâtie, au milieu d’un territoire très fertile, qui produit des pastèques qu’on dit peser cent livres. La grande mosquée , la cuthédrale arménienne , et quelques-uns des cararanserais et des bazars sont, avec le palais du pacha, les bâtimens les plus remarquables. Diarbekir est le siège d’un patriarche chaldéen catholique, d’un évèque de cette religion et d’un pa:

triarche jacobite. Ses fabriques de maroquins, de poterie et d'objets en cuivre,

d’étoffes de soie et de coton, et son commerce d'expédition et de transit la rendent florissante. On croit que sa population s’élève au-delà de 60,000 habitans.

Dans un rayon d'environ 80 milles on trouve au nord-ouest : MADEN , petite ville, importante par ses mines de cuivre, regardées comme les plus riches de toute l'Asie Ottomane; on y exploite aussi des mines de fer, Au sud se trouvent : d’un côté Mannix , assez grande ville, bâtie sur une montagne et défendue par une citadelle; on lui ‘accorde environ 20,000 habitans; du côté opposé, \ORFA (Edesse), bâtie, selon M. Buckingham, sur les ruines d'Ur, ville chaldéenne que le patriarche Abraham quitta pour aller habiter Haran; ce savant voyageur, qui l’a visitée il y a quelques années, la trouva bien bâtie, industrieuse et commerçante, et porte jusqu’à 50,000 le nombre de ses habitans; elle est le siège d’un patriarche jacobite. Edesse joua un grand rôle pendant les croisades. NissiBin , ville de médiocre étendue , mais remarquable par le voisinage des ruines de l’ancienne Nisibis, dont on voit encore une partie des murailles etplusieurs autres antiquités ; c'était la place la plus importante de la Mésopotamie ; elle joue un grand rôle dans l’histoire des guerres des Romains avec les peuples asiatiques. Haran ou Cnarres, si célèbre par la défaite de Crassus, mais aujourd'hui en grande partie ruinée, est une ville très ancienne. C'est là que les Sabéens avaient leur oratoire principal, et que de tout temps les adcrateurs des astres se sont réunis de préférence,

Mousse où MossouL, située dans une plaine sur le Tigre, qu’on y passe sur un pont moitié de bateaux et moitié en pierre, Cette ville dont l’intérieur est mal bâti, et les rues étroites et mal pavées, a plusieurs mosquées, parmi lesquelles on en remarque une dont une des tours est inclinée comme celle de Pise, Les manufactures de coton qui l’ont rendue si célèbre et ont donné le nom à la mousseline, ont beaucoup décliné; cependant elles sont encore importantes surtout pour les toiles de coton, dont elles fournissent toutes les provinces voisines. Mossoul est le centre d’un commerce assez étendu , de plusieurs manufactures et fabriques florissantes et le siège ordinaire du patriarche chaldéen catholique d’Elkoch. IL paraît que sa population dépasse 80,000 âmes.

Dans les environs on trouve : NountA, village sur la rive gauche du Tigre, vis-à-vis de Mossoul , remarquable comme étart bâti, selon l'opinion commune, sur l'emplacement de Ninive, dontilne veste plus que des vestiges informes On sait que Ninive, pendant long-temps capitale de l'empire d'Assyrie , était alors laplus grande ville de l'Asie. Détruite par les Mèdes et tes Chaldéens,. il se forma

plus tard une nouvelle ville de ses ruines. 1 est maintenant impossible de faire la part de l'ancienne et de la nouvelle cité. Ilest seulement certain qu'on trouve de temps en temps au milieu des décombres, des statues , des bas-reliefs et des inscriptions. ELkocu, montagne sur laquelle s’élève le monastère de St-Mathieu, siège apostolique du patriarche chaldéen catholique qui réside à Mossoul et dont dépendent 300 villages. Elkoch possède un mausolée qu’on dit étre ceiui du prophète Nahum. C'est beaucoup plus loin et vers l’ouest de Mossoul que dans les montagnes de Sindjar, vivent ces féroces Fez/dis la terreur de tousles paysenvironnans qui sont tourà-tour pillés ou mis à contribution par ces brigands indomptables.

Nous citerons encore dans cette contrée, mais hors du rayon de Mossoul: RakkA, sur la rive gauche de l’Euphrate, ville assez considérable, chef-licu du pachalik de ce nom; on y voit les ruines du palais du fameux calife Haroun-al- Rachid, ANA, petite ville, sur la rive droite de l’'Euphrate, résidence d'un émir arabe, et rendezvous ordinaire des caravanes qui vont à Damas.

Dans l'IRAK-ARABY on trouve :

BaGpan, sur les bords du Tigre, mais principalement sur la rive gauche de ce fleuve. Ornée de très beaux bazars et de quelques maisons assez bien bâties, Bagdad à l’aspect d’une ville persane plutôt que turque. Ses rues sont très étroites et malpropres. Une forte et haute muraille, entourée de fossés larges et profonds, et une citadelle bien fournie d’artillerie la défendent. Cette citée si vantée et jadis si magnifique lorsqu'elle était la résidence des califes , paraît ne renfermer qu’environ 100,000 habitans. Elle est cependant toujours une des plus industrieuses et des plus commerçantesde l’Asie Ottomane, et le centre du commerce de cette région avec la Perse, le Turkestan, l'Arabie et l’Inde. L’arsenal , le palais du pacha, la douane , le tombeau de Zobeide femme d’Haroun-al-Rachid et celui du cheikh Abdoul-Kadir-Ghilant sont, avec ses beaux bazars, les édifices les plus remarquables. Un pont de bateaux de 620 pieds de long réunit le faubourg situé à l’ouest du Tigre à la ville proprement dite.

Les environs de Bagdad sont jonchés de débris de villes grecques , romaines, persanes et arabes, confondues ensemble dans le même néant, On y voit encore les traces d'anciens canaux ; on y rencontre des idoles , des ustensiles, des pierres gravées ot même on y voit des ruines d'anciens édifices. Ces vieux débris rappellent des souvenirs siimposans, que nous ne pouvons nous dispenser de sortir un moment des limites de notre cadre, pour les signaler à l'attention du lecteur. C’est

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encore notre savant ami M. Reinaud qui nous servira de guide dans leur description.

La contrée qui avoisine Bagdad, ar:::62 par le Tigre et l'Euphrate, est représentée das: nos livres saints comme le berceau du genre humain. La s’'élevèrent les célèbres villes de BanyLonE , de SÉLEUCIE, de Crésirnon, de BAGDaD, qui furent successivement les capitales des empires de Babylone, d’Assyrie, de Syrie, des Parthes, des Arabes. Situées en quelque sorte au centre de l’Ancien-Continent , elles devinrent, soit par mer au moyen du Tigre et de l'Euphrate, soit par terre à l'aide des caravanes, l’entrepôt des marchandises de la Perse, de l'Inde et de la Chine, ainsi que de l'Asie Occidentale, de l'Afrique et de l’Europe, C'est là ce qui explique l'importance que présentent successivement Ninive, Babylone, Séleucie , Ctésiphon et Bagdad; et cette importance durerait encore si le commerce du monde n'avait pas pris d’autres voies. Malheureusement la nature du sol ne rmettait pas de construire les édifices en pierres ou en marbre. On n'avait à sa disposition que l'argile ‘, séchée au soleil ou cuite au feu, servait à raire des briques, et le bitume ainsi que la chaux, qui se convertissaient en mortier. Ces masses de briques, d’après le témoignage unanime des écrivains de l'antiquité, étaient susceptibles de produire l'effet le plus imposant; mais elles ne comportaient pas les détails délicats de la sculpture. et sans doute on n’y vit jamais briller ces bas-reliefs et ces sujets figurés qui font encore le principal intérêt des monumens grecs, romains, égyptiens et persans. D’ailleurs par la facilité du transport et du travail, quand une ville tombait, ses matériaux servaient à celle qui la remplaçait, et quelquefois une immense cité laissait à peine quelque trace de son existence, ‘

Commençons par les ruines de la grande Babylone. BABYLONE qui par ses superbes quais, ses portes de bronxe , ses jardins suspendus, son temple de Bélus, sa formidable et vaste enceinte etses nombreux palais , était regardée par Hérodote, qui cependant avait vu l'Egypte, comme la première ville de l'univers , n’offre plus que d'informes débris; ses ruines même n’ont commencé à être bien étudiées que dans ces dernières années. Elle était située sur les deux rives de l'Euphrate et avait 480 stades de rirconférence. Sur la rive orientale on distingue parmi des monceaux de décombres une colline appelée par les Arabes du pays a/casr ou le palais, et qui parait répondre au palais bâti par Nabuchodonosor et où Alexandre-le-Grand rendit le dernier soupir. A côté l’on remarque des pans d’un mur qui semblent avoir servi de fondement aux jardins suspendus, et où subsiste encore un arbre enté surun vieux tronc. Ces dis rs débris offrent de longs corridors et des chambres qui servent de retraite aux lions et autres bêtes féroces. Pour la colline , elle forme un carré dont le côté est d'environ 2000 pieds , et elle diminue chaque jour parce qu'on ne cesse d'en retirer les briques. Celles-ci sont de la plus belle espèce. Cuiles au feu et , 1rfaitement moulées, elles oifrent une inscription ser la face qui est au-dessous Quoique le ciment

n'ait pas une ligne d'épaisseur, les couches en sont si bien liées qu'on a une peine extrême à en détacher quelque chose. A côté des monceaux de briques se trouvent mélés des fragmens de vases d'albâtre , des pots de terre, de tables de marbre et de tuiles vernies.

Le débris le plus imposant qui se soit conservé sur la rive occidentale, est une espèce de colline située à plusieurs milles du fleuve , et que les habitans appellent Birs-Nembrod, du nom de Nembrod dont il est parlé dans la Bible, Ce débris, selon M. Ker-Porter qui le premier l'a examiné avec atteation, a 2000 pieds de tour , et 200 pieds de haut; au-dessus est une tour tronquée qui est haute de 35 pieds. On distingue encore trois des huit terrasses qui probablement en couronnaient jadis le sommet. Tout porte à croire que c’estici la {our de Babel, le premier édifice imposant dont les hommes aient conservé le sou venir, el qui, sous le nom de temple de Bélus, occupait encore une place immense au temps d'Alexandre. Les parties qui sont encore debout n'ont pour habitans que les bêtes sauvages. Ainsi a été accomplie la parole du prophète Isaïe : «Cette grande Babylone, cette reine entre les royaumes du monde, qui faisait l’orgueil des Chaldéens , sera détruite et ne sera plus rebâtie dans la suite des siècles. Les Arabes n’y dresseront pas même leurs tentes, et les pasteurs n’y viendront point faire reposer leurs troupeaux Les bêtes s’y retireront. Les hibous hurleront à l'envi l’un de l’autre dans ses maisons superbes et les dragons habiteront dans ses palais de dé” lices. »

Les inscriptions imprimées sur les briques se composent de caractères cunéiformes, c’est-à dire en for:xe de clous ou de coins; mais ces caractères Le ; 1raissent pas être les mêmes que ceux qu'oi. rencontre à Persépolis, à Van, à Kirmanchah, Quoique le trait en forme de clou se rencontre dans toutes les inscriptions des monumens qui furent élevés par les Assyriens, les Chaldéens, les Mèdes et les Perses. I] parait que c'était l'écriture primitive de ces peuples; seulement, comme elle était d’un usage peu commode, l'on en avait imaginé une autre pour les besoins courans de la vie, et celle-là ne servait que pour les monwiens publics. Les principaux cabinets d'Europe , par exemple celui du roi à Paris, ren: ferment des briques et d’autres débris babyloniens. Ces briques portent ordinairement des in scriptions , et quelquefois des figures d'animaux réels ou fantastiques.

Babylone , étant la capitale de la Chaldée , perdi: sa plus gran‘e importance, lorstiit Ja Chaldée devint une uü3 provinces de l'empire Perse.

Alexandre annonça l'intention d'en faire la capitale de ses immenses conquêtes et de la rendre plus brillante qu’elle ne l'avait jafti4ig été. Mais it mourut, et Séleucus, un de ses lieutonans, étant devenu maître de la Mésopotamie, fonda, dans le voisinage, sur le bord occidental du Tigre, la ville !: Séceucie qui s’éleva aux dépens de Baliÿlie © lard les rois parthes bâtirent en fare de & ue, sur la rive orientale du Tigre, ja ville ue ©: fsipnox qui porta un nouveau coup à

abylone. Cependant , lorsque Trajan parcourut en vainqueur l'Orient, Rabylone était encore debout, et ce prince put contempler la chambre où Alexandre était ort. Mais bientôt la ville se dépeupla entièrement, etles bêtes féroces y accourant de touts parts : elle devint comme un vaste parc, où les monarques persans allaient de temps en temps prendre le plaisir de la chasse.

Quant aux villes de Séleucie et de Ctésiphon, elles se maintinrent jusqu'au vu siècle, au commencement de l'islamisme, A cause de leur voisinage , les \rabes les appelaient du nom commun de ManAïx ou les deux villes par excellence; les Arabes, sous le calife Omar, étant sortis de leur désert, l’une et l’autre tombèrent en leur pouvoir , et par la fondation de Bagdad et d’autres villes dans le voisinage, elles se réduisirent à rien. 11 reste encore à Ctésiphon un des côtés du palais des Cosroës; c'est une espèce de mur en briques, percé de fenètres et de niches, et ayant au milieu un grand portique haut de 86 pieds, large de 76 et profond de 148. C’est pour cela que les Arabes appellent cet édifice du nom de Takht-i-Kosr'ou ou voûte de Cosroës, C’est probablement la même que leurs anciens auteurs nomment Eivan-Kesra ou portique des Cusroës, et qui, à les en croire, se fendit la nuit où Mahomet vint au monde. Aux environs le voyageur français Michaux découvrit en 1783 une espèce de caillou de plus d’un pied de hautet en forme d'œuf, que l'on cunserve maintenant au cabinet du roi; cette pierre, couveite de gureset de caractères à têtes de clou, parait 52 rapporter aux anciens dogmes religicu: ‘3 peuples du pays.

Millin en a publié les &::::65, “ager et Munter en ont examiné les sujets. Espérons que quelque savant en donnera une explication satisfaisante,

A côté des grands noms de Babylone, de Séleucie et de Ctésiphon, le géographe n'a plus à citer, si l’on excepte Bagdad que nous avons déjà décrite, que les noms vulgaires de Hizzeu ou Hir- LAB, Sur la rive droite de l'Euphrate, petite ville d'environ 7000 âmes, remarquable par son industrie, mais surtout par le voisinage des ruines de Babylone. MEcHHED-HossEiN , ou lieu du martyre de Hossein, ville ainsi appelée parce qu’elle a été bâtie à l'endroit où l’imam Hossein, fils du calife Ali et petit-fils de Mahomet, fut tué; cet endroit s'appelait originairement KERBELA. La ville actuelle est arrosée par un bras de l’Euphrate et entourée de jardins et de campagnes assez bien cultivées. La mosquée de Hossein est visitée annuellement par un grand nombre de pélerins ; les trésors immenses que la piété des musulmans y avait assemblés, furent enlevés par les Wahhabites en 1801. On estime à près de 10,000 âmes sa population permanente.

A quelques milles plus loin et au sud de Hillah on doit citer : MEcauen-ALt, petite ville , remarquable par la superbe mosquée où se trouve le tombeau du calife Ali, visité annuellement par plusieurs milliers de pélerins venant principalement de la Perse. Les trésors qu'on y conservait ont été transportés dans ia mosquée d'Imarm-Moussa à Bagdad, pou7 ies soustraire au pillage des Wahhabites. Dans ses environs

on voit une espèce de rotonde, aui d’après les naturels serait le fombear: “1 prophète Ezéchiel; et près de l'Euphrate se trou vent les ruines de Xoufa, une des villes les plus remarquables dans les annales des Arabes et renommée pour sa savante école. Koufa a donné son nom à l'écriture koufique qui est l'écriture monumentale des Arabes, etqui est employée pour les monnaies et les monumens des premiers siècles de l’Islamisme.

Bassoran, grande ville fortifiée et encore très commerçante, quoique peu peuplée et très déchue en comparaison de ce qu’elle était au temps des califes. Elle est située sur la rive droite du £hat-el- Arab, qui y est navigable pour ‘es vaisseaux de 500 tonneaux. Des jardins et des plantations de sg de canaux d’irrigation que la marée montante nettoie , occupent une grande partie de l’intérieur de la ville. Ses rues sont irrégulières, très sales et ses maisons sont en terre ou en briques. Les bazars, remarquables par leur étendue et les riches produits qu’on y étale, ne le sont nullement par leur architecture. Il paraît que le plus beau bâtiment de Bassorah est celui de la factorerie anglaise. L’air de cette ville est malsain à cause des vases que la marée couvre et découvre alternativement.

Ses habitans , dont le nombre paraît s’elever au-dessus de 60,000, sont sujets à des fièvres dangereuses.

La SYRIE, que tant de souvenirs historiques ont rendue si célèbre, offre une foule de lieux qui sous plus d’un rapport intéressent vivement le géographe, l’historien , l’archéologue et le théologien.

Nous en grouperons les plus remarquables autour de ses cinq villes principales, en commençant par Alep, regardée comme la capitale de la Syrie.

ALEP ‘Beræa ; Haleb-el-Chahba des Orientaux), bâtie dans le style asiatique sur plusieurs hauteurs b2ignées par le Koïk, et ceinte d’une muraille environnée de fossés. Cette ville, qui dans tout l’empire Ottoman n’était inférieure qu’à Constantinople et au Caire pour l’étendue, la population et la richesse, qui leur était même supérieure sous le rapport de la salubrité, de Pélégance et de la solidité de ses bâtimens particuliers, ainsi que de la propreté de ses rues, n’offrait encore naguère qu’un amas de ruines. Les deux tremblemens de terre qui eurent lieu en 1822 en ont détruit plus de la moitié, et ont ruiné ou considérablement endommagé

ses pl rible au pr ques 4 Palm dad et ductio qu'elle drette et que Diarba march de la S beauco VIEUX , 200,00 prenan virons corstr de la vi de Con le plus ensuite en mos chef-lie résiden dun ps ménien et l’aut les nati consuls.

Voici les qu'on tro BOUL, pet nommée tous les SERMEIN, cause de le roc et jourd'hui environné corde 100 tite, mais ciepne R« situées à | sur l’Oron bre APAME leur haras éléphans; beaucoup qu'on fait que avec l’ duit au go Jui donnen MAN, Sur | son indust les riches | gardées co jour de plu vent rctiré

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ses plus beaux édifices. Avant cette terrible catastrophe son commerce la mettait au premier rang parmi les villes asiatiques et l'avait fait appeler la moderne Palmyre; \a grande caravane de Bagdad et de Bassorah lui apportait les produetions de la Perse et de l'Inde, tandis qu'elle recevait par Latakia et Alexanurette celles de l’Europe et de l'Amérique, et que de fréquentes communications avec Diarbekir et Damas la rendaient le grand marché de l’Arménie , de la Mésopotamie, de la Syrie et de l'Arabie. Sa population, beaucoup exagérée par Tavernier et d’Arvieux, nous paraît s'être élevée à près de 200,000 âmes avant 1822, mais en comprenant dans ce nombre celle de ses environs immédiats. L’aguedue, dont la covstruction remonte à l’origine même de la ville, restauré d’abord par la mère de Constantin ct plus tard en 1218, était le plus ancien monument d’Alep ; venait ensuite l’ancienne cafhédrale convertie en mosquée principale. Cette ville est le chef-lieu de leyalet de son nom, et la résidence d’un mollah de première classe, d’un patriarche grec, d’un évèque arménien , et de deux autres, l’un maronite ct l’autre jacobite. Toutes les principales nations de l’Europe y tiennent des consuls.

Voici les lieux et les villes les plus remarquables qu'on trouve dans un rayon de 74 milles : Dusou, petit endroit dans la vallée de Sel, ainsi nommée d'un vaste marais où l'on recueille tous les ans une quantité considérable de sel. SERMEIN, autre petit endroit que nous citons à cause de ses nombreuses citernes taillées dans le roc et de plusieurs excavations habitées aujourd'hui par des paysans. Eur, petite ville, environnée d’ohviers, à laquelle Burckhardt accorde 1000 maisons. REiHA, beaucoup plus petite, mais remarquable par les ruines de l’ancienne ReihaouRouiactcellesde Benin, situées à quelques milles de distance. FAMIEH, sur l’Oronte, petite ville, qui remplace la célèbre APAMEA, Où les rois de Syrie avaient établi leur haras principal et où ils entretenaient 500 éléphans; ses riches pâturages y attirent encore beaucoup de Bédouins, et l’abondante péche qu'on fait dans le lac d’El-Taka, qui communique avec l’Oronte etqui , selon Burckhardt , produit au gouverneur près de 3000 livres sterling, Jui donnent encore une cerlaine iriportance. Ha- Mau, sur l’Oronte, grande ville, florissante par son industrie et par le commerce alimenté par les riches produits de ses belles campagnes, regardées comme le grenier de la Syrie. C’est le séjour de plusieurs grands seigneurs turks qui y vivent retirés des affaires ou disgraciés. On y voit

ASIE OTTOMANE. es9

une machine hydraulique , dont la plus grande. roue n’a pas moins de 70 pieds de diamètre. Sans adopter l'estimation exagérée d'Ali-Bey qui lui donne 100,000 âmes , ni celle trop faible de Burckhardt qui les réduit à 30,000, nous croyogs qu'on pourrait lui accorder de 45 à 60,000 habitans. Dans une autre direction on trouve : ANTAKIER, la vaste, ‘+ magnifique Anriocus (#ntiocha Mag-

na), 0 ois Séleucides faisaient leur résidlence« : pluskeurs empereurs romains fixérent le si riche, si florissante lorsque saint Pier le premier évêque avant de tra e à Rome, n'est plus qu'une ville | . Les différens sièges qu'elle a soul Sarrasins, les Perses et autres nation uens tremblemens de terre

qu'elle a ép et surtout les ravages qu'y fit pendant les croisades le sullan Bibars, lorsqu'il l'enleva aux chrétiens, ont ruiné les beaux édifices qui la rendaient la rivale de Rome ; une partie de ses vastes et solides murailles et ses aque

ducs ont seuls survécu à tant de désastres. Ses 6 à 700,000 habitans nous paraissent pouvoir étre réduits à environ 10,000, malgré l'estimation exagérée d'Ali-Bey qui lui en accorde 18,150. Antioche conserve encore ses célèbres sources thermales; elle fait quelque commerce et est le siège titulaire de plusieurs patriarches qui résident en d'autres villes ; celui des Grecs vit à Damas, celui des Grecs-Unis dans un couvent du mont Liban, le patriarche catholique à Rome et celui des Nestoriens à Mardin. Kerse, village remarquable par le voisinage des ruines de l’ancienne Seleucia Pieria; on admire encore les débris de ses fortifications et ses excavations extraordinaires. Br1- LAN, si importante dans l'antiquité sous le nom de Porte DE LA Syrie, est bien déchue depuis quelques années ; c'était le séjour d'été d'un grand nombre d'Européens établis dans le Levant.

ALEXANDRETTE ({scanderoun des Turks), petite ville, bâtie au milieu de marais pestilentiels ; son port est le débouché principal des marchandises qu'Alep expédie dans l'Occident ; sa célèbre poste aux pigeons, à l'imitalion de laquelle on en a établi dans les Pays-Bas et entre Paris et Londres, n’est plus en activité depuis longtemps. Ezuis, ville d'environ 12,000 habitans, florissante par ses nombreuses manufactures et son commerce; AïnrTaB, dans le pachalik de Merach dans l’Asie-Mineure, également florissante et mieux bâtie, à laquelle on accorde 20,000 habitans; Bin, petite, mais importante parce qu'elle est le passage ordinaire de l’Euphrate, et par le voisinage de Membig, dont les nurs encore debout attestent l'ancienne grandeur de Mabog ou Hierapolis, ville consacrée au culte d’Astarte; cette déesse, qu'on représentait sous une image monstrueuse, moitié femme et moitié poisson, y avait un temple magnifique, desservi par 300 prêtres et rempli de riches offrandes ; son pillage procura des sommes énormes à Marcus Licinius Crassus.

Tripout ( Tripolis ; Tarabolos des Orientaux ) , ville de médiocre étendue, mais selon MM. Irby et Mangles la mieux

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bâtie de la Syrie, environnée de jardins et de campagnes bien cultivées, non loin de l’embouchure du Nahr-el-Kadich. Une citadelle la défend. Son port, son industrie et son commerce assez actif ajoutent à l’importance que lui donnent une popu-

: lation d'environ 16,000 âmes et la rési-

| dence du pacha qui gouverne l’eyalet de ce nom ; depuis 1828 ce dernier relève de celui d’Acre. Tripoli est aussi le siège d’un évêché grec.

Dans un rayon de 48 milles on trouve : BATROUN, petite ville, sur le territoire des Maronites, importante par sa rade etson commerce. KanoBin, très petite ville, remarquable par sa position romantique et parce qu’elle est regardée comme la capitale des Maronites, montagnards régis par leurs propres lois et seulement tributaires des Turks ; leur patriarche réside dans un vaste couvent, dont l’église a été bâtie par Théodose-le- Grand, Non loin, sur la pente du Liban, on voit quelques cèdres remarquables par leur antiquité, que les naturels font remonter jusqu’au temps de Salomon. Baausex , très petite ville, ruinée par les guerres et par les révolutions de la nature; on peut la regarder comme le chef-lieu des Moutoualis, montagnards férores, tributaires, mais non sujets de la Porte. Elle occupe une partie de l'emplacement de l’ancienne HEL10roLis, dont on voit encore, au milieu d’une foule de débris, le château et le temple du Soleil; ce dernier est mieux conservé que le premier ; un y admire ses colonnes colossales , son portique, les belles sculptures de son immense portail, mais surtout la muraille qui environnait toutes ces constructions, à cause de la grandeur prodigieuse des blocs dont elle est composée. Burckhardt, qui en mesura plusieurs, trouva que le plus grand avait 61 yards de long, 4 d'épaisseur et autant de largeur ; le docteur Richardson les regarde comme les masses les plus pesantes que la maia de l’homme ou les machines aient encore mues.

Zauue, petite ville, dont la population croissait rapidement du te: s de Burckhardt, époque où elle dépendait de Bechir, émir des Druzes; non loin est situé Bezommar, le plus beau etle plus riche couvent du Kesrouan, bâti sur une haute montagne; Burckhardt y trouva le vieux patriarche Youssouf, quatre évêques, plusieurs moines et un collège où étaient élevés plusieurs jeunes gens de différentes villes du Levant, Baïnour (Beryéus) ; une des anciennes villes de la Phénicie, où Justinien fonda une école de droit, et qui conservait encore une grande importance du temps des croisades. Le capitaine Mangles lui accorde encore 10,000 habilans, quoique son port ait été détruit par Facardin. MassiaDe où Masiar, très petite ville, qu'on peut regarder comme le chef-lieu des célèbres Assassins les (Ansariéh ou Ismaéliens des Orientaux), montagnards, dont la guerre a beaucoup diminué le nombre; ils ne sont que tributaires des Turks. .

Le long de la côte on trouve : Tonrtosa (Orthosia des anciens, Tartous des Orientaux), misérable petite ville, importante par ses antiquités et surtout par le voisinage des excavations cxtraordinaires qui ont appartenu à l’ancienne république d'4radus; c'est sur l'ilot désert de Ruad, vis-à-vis de Tortosa , que s'élevait la ville d'Aradus, dont les-maisons avaient 5 à 6 étages et où le commerce et la liberté avaient rassemblé une immense population. Hors du rayon et toujours le long de la côte, nous mentionnerons encore deux petites villes : Gesire (Byblos ou Gabala), remarquable par ses antiquités, ses tombeaux taillés dans le roc et par sa mosquée de sultan Ibrahim , renversée il y a quelques années par un tremblement de terre; LATAKIA (Laodicea), par son arc de triomphe encore presque entier, et surtout par son port qui, dans ces derniers temps, est devenu un des débouchés d'Alep.

ACRE (4co et plus tard P/olemaïs ; Akka des Orientaux), ville fortifiée et de médiocre étendue , située sur une baie. Après avoir joué un grand rôle dans l’histoire des croisades , elle était tellement déchue vers le milieu du xvan° siècle,

welle était presque déserte. Le cheikh

aher , émir arabe qui s’en empara par surprise, y ramena le commerce et la navigation. Ce ehef habile , qui dominait sur toute l’ancienne Galilée, eut pour successeur le fameux tyran Djezzar-Pacha qui l’embellit et la fortifia , surtout depuis la résistance qu’il y opposa au général Bonaparte. Parmi ses monumens dont aucun n’est ancien , mais qui tous sont construits avec les débris d’édifices antiques, on remarque le palais du pacha ; la mosquée , bâtie par Djezzar, enrichie de superbes colonnes de marbre recueillies dans toutes les villes voisines, surmontée d’une superbe coupole et ornée de belles arabesques; deux azars avec de grandes voûtes ; des bains pubtics, réputés des plus beaux de Pempire Ottoman, et la superbe fontaine en marbre blanc près du jralais du pacha. Acre est le chef-lieu de l’eyalet de ce nom et l’entrepôt du commerce de coton de la Syrie; les principales nations commerçentes de l’Europe y entretiennent des consuls ; sa population paraît s'élever à près de 20,000 âmes.

Dans les environs immédiats de cette ville s'élève le monr Cane, fameux dans les annales de la religion par le séjour qu'y ont fait les prophètes Elie et Elisée, ct par celui des nombreux religieux chrétiens qui dans le moyen âge vivaient dans les grottes dont il est percé ; l'ancienne église. qui s'élevait sur son sommet'a été dé-

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ASIE OTTOMANEF.

molie, à cause de l'insurrection grecque, en 1821 ; mais, d'après la réclamation de Charles X, elle a été rebâtie avec les matériaux de l’ancienne et avec les secours envoyés par ce princeet par les fidèles de la chrétienté. Plus loin et dans un rayon de 54 milles on trouve le long de la côte : Tyr (Thor des Syriens, Tsour des Juifs, Sour des Orientaux), la reine des mersdans l'antiquité, le berceau du commerce, la capitale de la riche et florissante Phénicie, ne comptait. dans la scconde moitié du xvin® siècle qu’une dizaine de chétivescabanes, asile de quelques misérables pècheurs. Agrandie au commencement du siècle actuel aux dépens de Side, M.Buckingham la trouva, en 1816, changée en une pelite ville, bien batie, comptant déjà 800 maisons en piérre, une mosquée, trois églises, des bains publics ét trois bazars; ilestime sa population pour le moins à 8000 àmes; M. Connor qui la visita en 1820 réduit ce nombre à environ 1500. L’immense digue construite par Alexandre pendant le mémorable siège de la seconde Tyr qui était au milieu de la mer, etchangéepar lesatterrissemensenun isthme,nous parait être la seule antiquité que cette ville célèbre puisse encore offrir à l'attention du voyageur. SElpe ou SaAïDE (Sidon), la mère de toutes les villes phéniciennes,estencore une ville assez considérable, Lien qu'elle ait beaucoup déchu depuis quelques années; le beau palais, bäti dansle goûtitalien par l'émir. Facardin (Fakhreddin), tombe en ruines; son portestcomblé et ses monumens ont disparu ; mais dans ses environs subsistent encore les {ombeaux creusés dans le roc, que Hasselquist appelle des anciens rois de Syrie; la plupart sont ouverls ct servent d’asile aux bergers. Nous rappellerons que c’est près du mont MarElias-Alza, tout près de Seide, que depuis quelques années vit la célèbre lady Esther Stanhope, nièce du fameux Pitt. M. Lamartine qui l’a visitée dernièrement a donné un brillant portrait de cette femme extraordinaire, si remarquable par sa naissance, par sa beauté, par ses richesses et par ses idées , mélange bizarre des rêves de Pastrologie et des doctrines de cinq ou six religions différentes. Sa maison est située près de Djioun, village druse; c'était originairement un ancien couvent, que le fameux pacha d’Acre Abdalah lui assigna. Elle y bâtit plusieurs petites maisons, séparéesles unes desautres par de petites cours ou de petits jardins et entourées d’un mur d'enceinte semblable à nos fortifications du moyen âge.

«Elle y créa, dit ce grand écrivain, artificiellement un jardin charmant, à la mode des Turks : jardins de fleurs et de fruits, berceaux de vignes, kiosquesenrichis de sculptures et de peintures ara besques ; eaux courantes dans des rigoles de marbre, jets d'eau au milieu des pavés des kiosques; voûtes d’orangers, de figuiers et de citromniers. Là lady Stanhope vécut plusieurs années dans un luxe tout-à-fait oriental, entourée d’un grand nombre dedrogmans européens ou arabes ; d’une suite nombreuse de femmes, d'esclaves noirs, et dans des rapports d'amitié et même de politique soutenus avec la Porte, avec Abdalañh pacha, avec Pémir Béchir souverain du Liban, et surtout avec les chérifs arabes des déserts de Svrie et de Bagdad. »

On doit ajouter qu'avant de s'être établie à Djioun, 40 à 50,000 Arabes, rassemblés dans les environs de Palmyre, l'avaient proclamée reine de cette ville célèbre. M, Lamartine remarque que depuis quelque temps sa fortune a beaucoup diminué et avec elle son influence sur les peuplades qui l'environnent; sa cour n’est plus aussi nombreuse, etson revenu se trouve réduit à 30 ou 40,000 francs, somme qui suffit encore au train quelle estobligée de conserver, Kaïsanten (Césarée de Palestine), fondée par Hérode-le-Grand en Phonneur d’Auguste, et devenue en quelques années une des plus belles et des plus magnifiques villes de l’Orient , si célèbre dans les premiers temps du christianisme et si importante pendant les croisades,

n'a pas un seu habitant; mais la conservation deses remparts, de son port et de ses monumens, dit M. le comte de Forbin, inspire une surprise indéfinissable ; on y trouve desrues, des places, et en rétablissant les portes de ses hautes et terribles murailles, il serait facile de l'habiter et de la défendre. Nous rappellerons que c'est dans cette ville que s'élevait le magnifique temple dédié à Auguste et orné de la statue colossale de ce prince, imitation de celle de Jupiter Olympien, et que l’on admivait dans son môle superbe, un des plus grands ouvrages hydrauliques de l'antiquité ; la plupart des pierres employées à sa construction avaient jusqu’à 60 pieds de long, 18 de large et 9 d'épaisseur, etl’endroit où se firent plusieurs jetées avait jusqu’à 20 brasses de profondeur. Jarra (Joppé), pelite ville de 4 à 6000 habitans, importante par son port où débarquent les pélerins qui vont à Jérusalem; quoique mauvais, c’est un des plus remarquables , étant le plus voisin de Jérusalem, et un des plus anciens du monde; la tradition populaire y fait construire l'arche de Noé, et la Bible nous informe que le propliète Jonas s’y embarqua pour aller à Tarchich, et que c’est par ce port que Salomon recevait les matériaux employés à la construction du temple. Un tremblement de terre attribué aux volcans souterrains qui rejettent !a poix venant de la mer Morte, a, dit-on, anéanti cette ville le 1°* janvier 1837. La ville de Tabarieh , décrite ci-après, a éprouvé le même sort, ainsi qu'un grand nombre d’autres lieux de moindre importance.

D'un autre côté, dans l'intérieur, on tronve: Saren Ou SarrAb, petite ville, bien bâtie et assez florissante, à laquelle Burkhardt accorde 60 maisons. C’est une des quatre villes que les Juifs regardent comme sacrées, et d'où ils envoient des missionnaires quêter pour leurs co-religionnaires pauvres ; ils y ont une espèce d’université et une typographie ; tout près se trouve la prétendue maison de Jacob , magnifiques tombeaux taillés dans le roe, que les Turks regardent comme Pancieñne demeure de ce patriarche, et la cifadelle qui parait être wne des plus anciennes constructions de la Palestine; ses murailles sont d’ane force et d’une épaisseur extraordinaires ; ilen est souvent question dans l’histoire des guerres des Croisades. Cette ville a été presque entièrement détruite par le tremblement de terre qui a renversé Jaffa et

Tabarich, et dont les effets se sont fait sentir à Beryte, à Seïde et à St-Jean-d’Acre. Dain-sL- Kauan, petite ville, regardée comme la capitale du pays des Druxes, montagnards qui n'ont jamais été entièrement soumis aux Turks, dontils ne sont que tributaires; elle parait s'être beaucoup agrandie depuis que Volney l'a visitée, puisque Burckhardt lui accorde 1200 familles et le capitaine Leight 6000 habitans. Tout près se trouve Bettedin, où l'émir Béchir habite un beau palais construit dans le goût italien; ce prince par son adresse et par sa politique jouit d’un grand ascendant sur tous les montagnards du Liban, Beaucoup plus loin se trouve lecouvent de Mar-Hanna-Chouair, duquel dépendent cinq couvens de religieuses; ilest célèbre dans tout l'Orient par sa £ypographie arabe, où furent imprimés plusieurs ouvrages,

Du côté opposé, maïs toujours dans le rayon, est située la fameuse PLAINE b'ESDRELON, qui était la partie la plus fertile de la terre de Chanaan, etcouverte des plus riches pâturages. C'est là que Barac défit Sisara, et que Josias, roide Juda, combattant contre Necao roi d'Egypte, tomba percé de flèches; en général dans toutes les guerres qui ont eu lieu dass cette contrée, depuis Nabuchodonosor roi d’Assyrie, jusqu'à l'expédition des Français en Égypte , la plaine d'Esdrelon a servi de campement aux armées: Juifs, Gentils, Sarrasins, Croisés, ptiens, Persans, Druzes, Turks, Arabes, Français, tous y ont déployé leurs étendards. Nazansrm ou Nasra, petite ville, à

laquelle des voyageurs modernes accordent 3000 habitans ; le couvent iatin est un vaste bâtiment, etl'église dè FPARnoncialion est la p" "lle de la Palestine après celles du Saint-5t à Jérusalem et à Bethlehm; une autre & . udessous de la première renferme plusieurs g: ottes changées en chapelles , où la croyance populaire place la cuisine, la chambre à coucher et autres parties de la demeure de la Sainte-Vierge; non loin on montre l'emplacement où, d'après d’autres traditions , l'ange G2briel lui apparut, ainsi qu’une partie de l'atelier de St-Joseph, et l'école où Notre-Seigneur venait avec les enfans de son âge humilier sa divine sagesse. Dans sesenvirons on trouve Cana, joli petit village d'environ 300 habitans, remarquable par le miracle qu'y opéra Jésus-Christ; le mont Fhabor, par la brillante victoire qu'une poignée de Français remporta sur les Arabes, et plus encore par la tradition qui place sur son sommet la scène de la Transfiguration de Notre-Seigneur Jésus-Christ; on y voit une grotte où l’on a construit trois autels en mémoire des trois tabernacles que St- Pierre proposa d'y élever; tous les ans des pères latins y célèbrent la messe le jour de la Transfiguration. C’est encore dans les environs de Nazareth qu'on rencontre plusieurs lieux, où Jésus- Christ opéra des miracles: le champ des épis, l'endroit de la multiplication du pain et des poissons, le mont des béatitudes sont les plus remarquables; tous les ans les moines y. vont en procession chanter l'évangile le jour de leur commémoration.

Tasanieu (Tiberias), petite ville d'environ 4000 âmes, une des quatre regardées comme saintes par le Talmud , remarquable par la beauté de sa situation sur le bord occidental. du lac de son vom, dit aussi de Galilée et de Genesareth , par la résidence qu'y firent pendant 360 ans les prin-{ cipaux docteurs juifs après la ruine de Jérusalem, par l’école qu'ils y fondèrent, devenue si célèbre pendant le moyen âge et remplacée depuis long-1 temps par uu cof/ège qui subsiste encore; enfin par le voisinage des bains d'Emmaus, si fréquentésaux temps des Romains ;onen voit encore | les restes; ils n'ont rien perdu de leur efficacité et attirent encore bien des étrangers à Tabarieh. On dit que cette ville a été entièrement détruite par le dernier tremblement de terre. Un peu plus loin, vers le nord-est, était Capharnaum, ville entièrement ruinée, mais dont l’emplacement ne saurait être passé soussilence, ayant été la demeure la plus ordinaire de Jésus-Christ pendant les trois dernières années de sa vie mortelle, et le lieu où il guérit la belle-mère de St. Pierre, la paralgtique , le fils du Centenier , celui où il ressuscita la fille de Jaïre, etc. Bisan, misérable village d'environ 200 habitans, qui remplace la ville de Bsrasan de la Bible, la Scyraopois des Grecs et des Romains ; c'était la plus grande de la Décapolis; on y a reconnu un théâtre, plusieurs tombeaux dans les environs, et sur la colline les traces de son acropolis.

SEsastA, pauvre petit village, qui remplace Sa+ MARIE , la capitale des rois d'Israël, détruite entièrement par Salmanasar, et la magnifique Sz- BAsTE, rebâtie par Hérode-le-Grand en l'honneur d’Auguste , où l’on admirait une place de trois stades et deini de tour au milieu de laquelle s'élevait le grand temple d’Auguste, aussi remarquable par ses dimensions que par la beauté de son architecture. 11 ne reste plus rien de ses vastes murailles; mais une colonnade encore de:

bout, un grand nombre de colonnes renversées etplusieurs autres débrisattestentla magnificence de cette ville, où les prophètes Elie et Elisée menacèrent en vain les rois d'Israël de la colère de Dieu, et opérèrent leurs miracles en la présence de tout le peuple. Narcouse (le Sichem de l’Ancien-Testament, le Syvhar du Nouveau, la Neapolis des anciens Grecset Romains, le Nabolos des Arabes et autres Orientaux), à différentes reprises capitale de l'ancien royaume de Samarie, et encore la métropole de la secte des Samaritains, rappelle des souvenirs historiques de 3000 ans. Elle est dans une vallée fertile et agréable, formée par le mont £ba! au nord, et le mont Garizim au sud ; c'est encore une ville considérable par son industrie, son commerce et par sa population qu'on porte à 10,000 âmes. Une tradition populaire y place les grotles sépulcrales de Joseph, de Jacob et de Josué, ainsi que le fameux puits creusé par ce dernier; tous ces monumens existent encore.

C'est sur le mont Garizim qu'était bâti le lermnple fréquenté par les anciens Samaritains et rival de celui de Jérusalem ; et c'est sur cette même mrontagne que les Samaritains adorent encore Jehovah. :

JÉéAUSA breux;,.

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JÉAUSALENM (Jeruschalaim des Hébreux ;, Hierosolyma des anciens Grecs etRomains ; £/kods des Arabes ; Koudsi- Cherif des Turks, c’est-à-dire la Sainte

ar excellence) est peut-être la plus céèbre ville du monde, puisqu'elle est le berceau du judaïsme et du christianisme, le second sanctuaire de la religion mahométane et qu’elle fut le but de ces guerres religieuses qui, sous le nom de Croisades , ont exercé une si grande influence sur les destinées de l’Europe.

Cette ville occupe aujourd’hui le bas du mont Sion , le mont d’Acra, celui de, Moria et le Calvaire. Elle est entourée de murs très élevés en pierres de taille et flanqués de tours, et le torrent El Kedron coule tout près. Les maisons des habitans n’offrent rien de remarquable, mais quelques-uns de ses édifices publics sont trop importans pour être passés sous silence.

Nous nommerons d’abord la mosquée d'Omar , appelée El Haram ou la Sacrée, assemblage de plusieurs mosquées et chapelles qui s’élèvent au milieu d’une vaste enceinte fermée et dont les deux principales sont : celle que l’on nomme El-Aksa ou la reculée, par opposition aux mosquées de la Mecque et de Médine, qui pour les Arabes sont plus rapprochées; elle est divisée en sept nefs soutenues par des piliers et des colonnes ; la nef centrale, surmontée d’une coupole, a 160 pieds de long sur 32 de large; l'autre, nommée El-Sakhra ou la roche, est de forme octogone, a 160: pieds de diamètre et s'élève sur une plate-forme d'environ 460.pieds de long sur 339 de large , pavée de marbre blanc et exhaussée de 16 pieds ; elle est terminée par un dôme de 47 pieds de diamètre, de 93 de haut, et soutenu par 4 piliers et 12 colonnes magnifiques; la porte principale est ornée d’un superbe portique supporté par 8 colonnes d’ordre corinthien ; son intérieur est décoré avec un goût exquis et la plus grande richesse, et est constamment éclairé par plusieurs milliers de lampes. Au milieu se trouve une roche en forme de segment de sphère d’environ 33 picds dans sa plus grande dimensiorr; c’est la sakhra-halah (la roche sacrée) qui est l’objet de cct édifice, sur laquelle on dit que le patriarche Jacob reposa sa tête; la tradition populaire prétend même ra reconnaître l’empreinte du pied de

ahomet qui, disent les musulmans,

monta de là au ciel et fait garder la pierre par 70,000 anges qui se relèvent tous les jours. Vient ensuite la mosquée qu’on dit être bâtie au-dessus du ton:

beau de David. Parmi les édifices consa crés au christianisme, nous nommerons surtout l’église du, Saint- Sépulcre ,.

que limpératrice Hélène fit construire sur l'emplacement qu’on lui désigna com-.

me le lieu où fut élevée la croix de Jésus- Christ, et celui où son enveloppe visible fut déposée; un incendie, en 1811, a réduit en un monceau de ruines ce temple magnifique , où se trouvaient aussi les tombeaux très simples de Godefroi de Bouillon et de Baudouin, les héros de cette immortelle épopée, l’une des gloires.

littéraires de l'Italie; les flammes ont épargné le tombeau de Jésus-Christ, et le couvent catholique qui est auprès , ainsi que les chapelles des huit: netions où branches du christianisme; ce temple a été rebâti en 1812 aux frais des moines grecs soupçonnés d’avoir été les auteurs de ce désastre. Nous rappellerons que le couvent catholique du Saint-Sauveur est la résidence d’un évêque ix'Partibus et le chef-lieu de 17 hospices répandus dans la Palestine, la Syrie, l'Egypte et l’ile : de Chypre ; ils forment ce que l’on. nomme la Mission de Terre-Sainte ; l’église de ce couvent possède des ornemens sacrés d’une richesse extraordinaire, des candélabres et autres ohjets précieux envoyés en don par les rois de France, d’Espagne, de Portugal, de Naples, etc. ; on nous assure que leur valeur monte à plus de 8 millions de francs. Un nombre encote assez considérable de.

pélerins vient tous les ans visiter ces lieux. saints et forme la plus grande.

ressource des religieux grecs, arméniens et catholiques qui vivent dans des couvens séparés. Celui des Arménièns est si vaste , qu’on dit qu'il a 800 à 1000 cellules. pour loger autant de pélerins.

Les principaux articles de l’industrie de cette ville consistent en reliques , rosaires et autres objets ornés de nacre de perle.

Il paraît que la population de Jérusalem s'élève à 30,000 àmes.

Les environs immédiats de Jérusalem offrent plusieurs localités trop remarquables pour être passées sous silence. Nous nommerons : le Mont Ouver, ainsi nommé des oliviers dont il était couvert et qui le couvrent encore en partie; c'est du haut de cette colline que le Rédempteur prédit

à Jérusalem sa destruction ; c'est de là aussi qu'il mouta au ciel en présence de ses disciples, On prétend y retrouver encore la trace du pied gauche du Seigneur; c'est sur cet emplacement remarquable que l'impératrice Hélène avait fait bâtir une église et un couvent dont on voit les ruines; un graud nombre de pélerins, dit M. Richardson, y accourent eucore pour prendre l'empreinte du pied de J.-C., avec de la cire ou du plâtre et l'emporter chez eux. Au bas de cette coine était Gethseman:, où il y avait un jardin dans lequel J.-C. se relirait quelquefois , où il fit sa prière la nuit de la Passion et où il fut livré par Judasà ses ennemis. Un peu plus loin, vers l'est, est situé Bethany, petit village, où la traditiou commune veut encore reconuaitre la maison de Lazare , son tombeau , la maison de Simon le lépreux , celles de Marie-Madeleine et de Marthe , et le Aguier qui fut maudit par J.-C. La VaLLée De Josaruar, située eutre le mont Olivet et une des collines sur lesquelles est bâtie Jérusalem, sert encore de cimetière aux Juifs actuels comme à leurs ancêtres. Une tradition vulgaire veut que cette vallée reçoive tout le genre humain au moment du jugement dernier.

Dans un rayon de 45mille ontrouve:BerTuLenes, petite ville ou pour mieux dire gros village; c'est le lieu où le Sauveur vint au monde; on y voit une belle église batie par l’impéralrice Hélène, ornée avec les dons de toute l’Europe, et où se trouve la fameuse chgpelle de la Naltivité, vaste grotte creusée danS le roc et pavée en marbre. D'après la tradition populaire ses trois autels, coustamment éclairés par de superbes lampes d'argent, indiquent, l’un, le lieu où naquit le Sauveur; le deuxième , la place de la crèche, et le troisième, l'endroit où Marie offrit le nouveau-né à l’adoration des Mages. Les habitans, qui peuvent s'élever à 7 ou 800 , dessinent sur les coquilles de nacre apportées de la mer Rouge les diverses scenes de la Passion, ou bien façonnent ces coquillages en forme de croix et les vendent aux pélerins; c'est avec les chapelets et autres objets semblables l'article le plus important de leur commerce. Peu loin de Betlehm , vers Je sud, on voit encore les fameux étangs de Salomon; ce sont trois réservoirs remarquables par leur étendue et par la solidité de leur coustruction qu’on attribue à ce monarque ; ils fournissent l’eau à l'aqueduc de Jérusalem. Sanra Sara, monastère remarquable par sa situation romantique sur une hauteur, nou loin du torrent Kedron; on voit dans ses environs un grand nombre de grottes qu'on dit avoir été habitées par plus de 10,000 moines à l’époque à laquelle St-Saba introduisit la vie monastique en Palestine. À quelques milles, vers l’est, et non loin de la mer Morte était Mas- SADE (Massada), la plus forte place de la Judée, remarquable par les immenses travaux qu'Hérode-le-Grand y avait fait exécuter pour augmenter ses fortifications naturelles; ce monarque y avait fait aussi construire un palais de la plus grande magaificenee et d’une solidité extraordinaire.Nous rappellerons à propos de la mer Marte, que les observalions faites il y a quelques anuées par des voyageurs intelligens ont mis hors de doute

ts

ce que les auteurs anciens et modernes rappor taient de la gravité spécifique de ses eaux qui est telle , que des personnes qui ne savent pas nager flottent sur sa surface, que ses rivages sont affreusement stériles et entièrement dépourvus de végélaliou, et que ses eaux paraissent ne nourrir aucun poisson. Riuau ou Rayu, misérable village d'euviron 60 cabanes, remarquable par le voisinage de l’ancienne Jéricho, si souvent nommée dans l'Ancien et le Nouveau-Testament à l'occasion des faits importaus qui s’y passérent ; Hérode-le-Grand y mourut dans un beau palais qu'il y avait fait bâtir. La vallée de Jéricho, si vantée par les anciens pour l'abondance de ses eaux et sa prodigieuse fertilité, est aujourd'hui d'une aridité affreuse ; les dattes exquises si rrcherchées des Grecs et des Romains, les roses rouges d'un parfum si suave , le baume si précieux qu’elle produisait en si grande quantité

dans une étendue de 70 stades de long sur 20 de

large , ont absolument disparu.

NAPLOUSE, SERASTA el JAFFA, comprises également dans le rayon d’Acre, ont déjà été décrites aux pages 691 et 692. D'un autre côté on trouve : RauLa (Rama ou Arimathia), jolie petite ville, à laquelle Ali-Bey accorde 2000 familles, nombre réduit à 2000 habilans par M. Berggren ; le couvent des Lalins est regardé comme l’Agtel de tous les voyageurs chréliens qui pas. sent par cette ville en allant à Jérusalem ouen en revenant. ASCALON, si importante au temps des Croisades, est aujourd’hui entièrement deserte malgré ses débris imposans; ses remparts avec leurs portes sont encore debout , dit M. le comte de Forbin ; des rues vous conduisent à des places ; on y voit de toutes parts des débris de palais, de grandes églises et ceux d'un vaste lemple de Vénus orné de 40 colonnes de granit rose de la plus haute proportion. RAzzE ou Gazza, petite ville, encore assez florissante, à laquelle on accorde de 2 à 5000 habitans Ez-KnaziL où Kaziz (Carialh-Arbe et plus tard Hebron) ; cette ville, qui a été pendant quelques années la capitale du royaume de David et qui figure parmi les plus anciennes du monde , est devenue, selon M. Berggren, qui l’a visitée il y a quelques années, un repaire affreux de malfaiteurs, composé de 4à 5000 Turks et de quelques Juifs originaires de Russie; la magaifique eglise bâlie par l’impératrice Hélène sur l'emplacement que la tradition populaire désiguait comme l'endroit où fut enseveli Abraham, a été changée en une mosquée , desservie avec une grande magnificence; son entrée n’est permise qu'aux seuls musulmans; on y voit les prétendus tumbeaux de ce patriarche et de plusieurs membres de sa famille recouverts avec des étoffes de suie verte richement brodées en or et renouvelées de témpsen temps par le gr'and-seigneur. Hébron possède de petites verreries, où l'on fabrique ces anneaux dont les Bédouins ornent leurs bras et leurs jambes.

Damas (Damasceus; Demechk ou Dimichk-al-Cham des Orientaux), uue des plus anciennes villes du monde, puisqu'elle est metitionnée dans l’histoire

d’Abra tempo et autr jamais de ces leura une de florisse milieu rady « par Pal cxquis garder quatre ses vai étendu lève pi!

âmes.

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on faprnent

1 Diune puisstoire

d'Abraham. Plus fortunée que ses contemporaines, Ninive, Babylone, Memphis et autres vastes cités, Damas, sans avoir

jamais atteint ni la célébrité ni l'étendue

de ces anciennes capitales, non-seulement leur a survécu, mais elle est encore restée une des villes les plus belles et les plus florissantes de l'Orient. Elleest bâtie an milieu d’une vallée arrosée par le Barrady et ses branches ; elle est fameuse par l'abondance de ses vergers et des fruits cxquis qu’ils produisent, ce qui l’a fait regarder par les Arabes comme un de leurs quatre paradis terrestres. Damas, avec ses vastes faubourgs, occupe une grande étendue et offre une population qui s’élève probablement au-dessus de 140,000 âmes. Ses rues sont bien pavées et gar-

. nies de trottoirs de chaque côté ; ses mai-

sons, bâties en terre et en briques, simples à l'extérieur, mais d’une grande magnificence au dedans, ont presque toutes des jets d’eau ou des fontaines dans l'intérieur, Malgré sa haute antiquité, elle n'offre aucun monument ancien LL quable. Parmi ses édifices publics s de fixer l'attention, on üoit citer sugjout la mosquée principale , qui est l'ancienne cathédrale dédiée à S/-Jean ; c’est un des plus beaux temples que les premiers chrétiens aient élevés ; on admire surtout ses grandes dimensions, son beau dôme et ses minarets. Les grandes réparations faites par le calife Valid ont fait croire qu’elle a été bâtie par les Arabes. Viennent ensuite le bazar destiné à recevoir les caravanes ; c’est une vaste rotonde à colonnes, surmontée d’une élé-

ante coupole ; le milieu est orné et rafraichi par une belle fontaine ; le sera?

ou palais du pacha ; le Khan d’Asadpacha et celui de Soliman-pacha. Damas se distingue surtout par le luxe et la beauté de ses cafés, dont plusieurs bàtis sur pilotis dans la rivière, sont une curiosité du Levant; un art ingénieux, en exhaussant le lit du Barrady à quelques toises en amont, a fait les frais d’une petite cascade, dont le bruit et la fraicheur procurent pendant la chaleur du jour des sensations délicieuses aux consommateurs qui se reposent sur des sièges garnis de riches coussins. Damas est le rendezvous général de 30 à 50,000 pélerins qui s’y rassemblent de tous les points de l'Europe et de l'Asie Ottomane , et même de la Perse et du Turkestan pour aller en

— ie

caravane à la Mecque. Le séjour plus ou moins long qu'y font plusieurs milliers d’entre eux, a donné un grand essor à son commerce et l’a rendue une des villes les plus commercantes de l’Asie, Outre cette rande.caravane qui part à la fin du mois e Ramadan, il y a trois autres caravanes qu vont trois fois par an à Bagdad; celle ’Alep part deux ou trois fois par mois.

Si sa célèbre fabrique de sabres à justement perdu sa renommée depuis que Tamerlan a transporté en Bonkharie ses fabricans, cette ville se distingue encore par un grand nombre d'autres fabriques , armi lesquelles or doit citer surtout celes d'ouvrages en nacre, véritables chefsd'œuvre en ce genre. Burckhardt regarde Damas comme la ville de l'Orient où l’on fait le plus grand commerce de livres manuscrits. Damas est le chef-lieu de l’eyalet de ce nom, la résidence d’un mollah de première classe et üu patriarche grec d’Antioche, dont relèvent 42 archevèques et évêques de cette communion.

En traçant un rayon de 68 milles autour de Damas on n'embrassé que des villes absolument désertes , d’autres peu remamgggbles , ou bien celles que nous avons déjà décrites. fe re que d'uu côté on trouve’: Seine, Tyr, SAFED, TavaRIEn et autres comprises daffis le rayon d'Acre et décrites. aux pages 691 et 692; vient ensuite BosTRA , petite ville, capitale du Hauran, remarquable par les antiquités qui rappellent son importance et sa splendeur, lorsque embellie et fortifiée par Trajan et Alexandre Sévère , elle était la métropole de la province de l'Arabie romaine, DsErRACH (Gerasa), ville entièrement déserte, mais une des plus remarquables par ses restes imposans découverts par Seetzen, visités par MM. Irby et Mangles en 1818, et depuis par MM. Desmazures et Champmartin. Les monumens de cette ville magnifique appartiennent à la plus belle époque de l'architecture romaine. Bâtie sur les deux côtés d'une vallée , traversée par une rivière , elle parait avoir été composée de deux grandes rues qui se croisaient au centre, à angles droits, et que décorait un double rang de colonnes, les unes d'ordre ionique et les autres d'ordre corinthien. Plus de 200 colonnes sont encore debout, mais le nombre de celles qui sont renversées est bien plus considérable. Le pavé est encore en très bon état, avec des trottoirs pour les promeneurs. On découvre aussi sur le pavé les marques des roues des anciens chars. Les temples, les théâtres, les bains, lestombeaux et les restes d'anciennes murailles inspirent l'admiration. Rabat AmMAN (Philadelphie), autre ville entièrement abandonnée depuis plusieurs siècles ; on y voit les ruines d'un palais considérable, un amphithéâlre magnifique, vaste et bien conservé, un temple avec un grand nombre de colonnesencore debout, et sur le sorr

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