‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 2)Chapitre 345 sur 628 · TURKESTAN · texte numérisé non relu

TURKESTAN

et très peuplée. TacnkEND, sur des canaux dérivés du Tchirtchik, ville marchande, mais peu industrieuse , jadis capitale du khanatde ce nom; on lui accorde au moins 3000 maisons. TURK«ES- TAN, jadis florissante lorsqu'elle était la capitale du khanat de ce nom; on dit qu’elle ne contient aujourd'hui qu’un millier de maisons en terre. On doit encore mentionner Oucn, NEMENGAN et ANDEDJAN, qui comme les précédentes à l’exception de Turkestan, sont les chefs-lieux des gounemens dans lesquels est partagé tout le khanat. KhanatdeKhiva ou d'Ourghendi. C'est le plusétendu de tout le Turkestan, mais presque toute sa surface est occupée par des déserts. C’est à Mohammed Rahim , père du sultan actuel, que cet élat est redevable de sa puissance. Ce prince, aussi heureux qu'entreprenant, est parvenu à soumettre plusieurs hordes de Turkomans : et à se faire reconnaitre suzerain par les Aarakalpaks, les Araliens, et plusieurs autres tribus. Kuiva, sur un canal dérivé de l’'Amou-Daria, au milieu d’un territoire fertile, en est la capitale ; elle parait avoir 6000 habitans permanens. C’est le plus grand marché d’esclaves de toutle Turkestan. Les autres villes les plus remarquables sont : NouvELLE-OURCHENDI, sur un canal de l’'Amou-Daria; elle peut avoir 12,000 habitans permanens. C'est la ville la plus commercante du khanat et l’entrepôt du commerce entre Boukhara et la Russie. KonraT, sur la rive gauche de l'Amou-Daria; c’est le chef-lieu de la tribu la plus nombreuse des 4raliens, qui, suivant l'habitude d’autres hordes nomades, l’hane pendant l'hiver et l’abandonnent pendant été.

Le Pays des Karakalpaks, le long du Syr-Daria, habit. par des tribus de ce nom, nomades en été et sédentaires en biver, et une partie du Pays des Turkomans, sontvassaux du khan de Khiva, et n'offrent aucune lucalité assez remarquable pour être mentionnée dans cet Abrégé. Parmiles pays vassaux de cekhanat, on doit mentionner aussi les deux vastes et fertilesoasis deCharakhsetde Merve.Grâce aux nombreux canaux alimentés par le Mourghäb, l'oasis de Merve avait acquis une fertilité proverbiale ; ses villes et ses villages se distinguaient par leur richesse et par leur nombreuse population. Cette prospérité a été détruite en 1787 par Mourad roi de Boukhara ; la plupart des habitans furent enlevés et conduits dans la capitale du vainqueur ; le reste se réfugia en Perse, ce qui ruina entièrement MERvE, Merou-Rovn ettous les villages de cette oasis, qui n’offrent plus qu’une vaste solitude parcourue par des Turkomans nomades. L'oasis de Charakhs, traversée par le Tedjend, est très fertile et a pour chef-lieu Cnaraxus (Shuruks), siège des Salore, tribu turkomane regardée comme la plus noble de cette nation. M. Burnes lui accorde 2000 familles. En 1832 le khan régnant y a établi une douane ainsi qu’à Merve, où l’on lève des droits sur les caravanes qui y passent. On doit ajouter qu'une grande partie de la côte orientale de la mer Caspienne, et surtout les environs de la Baie de Balkan, doivent être regardés comme compris dans ce

khanat, à cause de leurs habitans nomades qui reconnaissent la suzeraineté du khan de Khiva.

Parmi les états moins puissans de cette vaste région nous nommerons encore les suivans ;

Le Khanat de Chersebz, enclavé dansles limites de celui de Boukhara dont il a été détaché en 1761. C’est un des plus peuplés et des plus fertiles. Caensesz (Chehrisebz, Shur-Subz), est la résidence du khan. On la regarde comme la plus forte place du Turkestan, à cause de la nature marécageuse du pays qui l’environne. C'est la patrie du fameux conquérant Tamerlan.

Le Khanat de Hissar, au sud du précédent. C'était un des plus puissans et le plus riche après ceux de Boukhara et de Khokand; mais sa puissance est bien déchue depuis qu'il est partagé entre les trois chefs qui le régissent. Hissar, à quelques milles de la rive gauche du Saridjouï ou Kafer-nihan, en est la capitale; on lui accorde 3000 maisons. Drinaou parait être la seconde ville du khanat, et Tinuez, peu loin de l'Oxus, la troisième.

Il nous reste encore à faire mention de deux vastes contrées habitées par des tribus turques nomades, régies par un grand nombre de chefs, formant chacune un état indépendant ; ce sont :

LePaysdesKirghizdelagrande Horde, qui paraît occuper une grande partie du Turkestan moyen et septentrional, depuis les environs de la mer d’Aral et de la mer Caspienne, vers

Mang-kichlak, jusqu’au lac Issi-koul, dans l'empire Chinois. Ils se nomment eux-mêmes Xaïssait ou Kasak, et la plupart sont de redoutables voleurs. Ils n’ont point de chef suprême ; ils sont sous la dépendance de divers sultans, dont quelques-uns se mettent tantôt sous la protection de la Russie , tantôt sous celle de la Chine , afin d'en obtenir des présens. Leur vaste territoire est traversé par le Sara-sou et le Tchouï. Il parait que la tribu des Ousoun, qui erre dans les environs du Sara-sou , est la plus puissante parmi celles qui habitent vers l'Ouest, tandis que celles des Tchongbag et des Bourout-Qccidentaux se distinguent parmi celles qui errent vers l’est.

Pays des Turkomans, compris entre la mer Caspienne, la mer d’Aral et le khanat de Khiva. Il est partagé entre un grand nombre de tribus dont le gouvernementest entièrement démocratique. La partie qui avoisine la baie de Mang-kichlak paraît avoir été conquise , il ya quelques années, par des tribus des Kirghiz de la Grande-Horde. La plus grande partie du territoire qui s'étend vers le Sud et surtout les environs de la baie de Balkan doivent être regardés comme compris dans le khanat de Khiva. Le reste parait conserver encore son indépendance. On doit ajouter que la Baie de Manc-KicuLar est devenue depuis quelques années l’entrepôt d’un commerce assez considérable entre les Russes et les habitans du khanat de Khiva.

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