‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 2)Chapitre 366 sur 628 · TERRITOIRES: INDÉPENDANS · texte numérisé non relu

TERRITOIRES: INDÉPENDANS

fondé par un re chinois, autrefois indépendant et aujourd’hui entièrement soumis. Le groupe de Poulo-Condor; en 1704 les Anglais y avaient fondé une colonie qui fut détruite par les Makassars. L'archipel de Kambodje, formé par plusieurs groupes d’iles qui s'étendent le long de la côte du royaume de ce nom, et dont la partie principale est nommée #rchipel d’Hasting sur les cartes anglaises. Phoukok (Phukok, Kohdoud, Kohtrol) est l'ile la plus grande; elle est en outre remarquable par ses Lautes marées, par sa riche végéta!ion, par sa pêche de trépang et d’autres mollusques et par sa population. C’est dans cette ile que se réfugia Ngaï-en-choung ou Ja-long: ce prince y, séjourna pendant Îles troubles qui agitèrent la Cochinchine , et qui finirent par le placer sur le trône d’An-nam. C’est par erreur qu’à l'exemple d’autres auteurs nous l'avons fait retirer à Poulo-Way, ile déserte.

Laos AN-NAMITE . . . , . . . . Cette partie de l'empire d’An-nam parait être composée de trois par-

ties distinctes : le royaume du Petit-Laos, à l'ouest du Tonquin, dont il est tributaire, selon Marini; sa capitale est Han-niech, selon M. de la Bissachère ; leroyaume de Tiem, mentionné par Choisi et Van Vusthorf, situé dans les montagnes à l'ouest de la Cochinchine-Septentrionale ; la partie méridionale du royaume des Lanjans, où l'on trouve Sandapoura.

Cette contrée mentionnée par le père posaniers Dampier et autres, e

était tributaire du Tonquin, selon Marini, el avait pour capitale Bao. Nous ne mentionnons ce pays, ainsi que plusieurs autres , que pour engager les géographes à les rétablir sur les cartes, d'où ils ont qe effacés sans qu'aucune récente exploration ait infirmé leur existence.

. . Dansles limites de l'empire et spécialement dans les hautes vallées des

montagnes qui séparent la Chine du Tonquie et le bassin du Menamkong, du Tonquin et de la Cochinchine, vivent plusieurs tribus plus ou moins féroces , plus ou moins belliqueuses, parmi lesquelles se distinguent les Moi ou Moui et les Mouang, par leur nombre et par le vaste territoire qu'ils occupent. Quelques-unes de leurs tribus font de fréquentes incursions sur Îe territoire cochinchinois. Viennent ensuite les Zoyes qui habitent les hautes vallées du Binh-Tuam ou Tsiampa. Ces peuplades sont régies par différens chefs tout-à-fait iudépendans.

Hué, ville grande et.très forte , située sur l’Hué, dans l’An-nam Méridional. Ses ouvrages extérieurs et intérieurs, construits par des ingénieurs français, sont immenses et d’une grande solidité, M. Finlayson loue cru les greniers, les magasins, les caselhes et les arsenaux de terre et de mer, dont la plupart s'élèvent sur les bords d’un canai navigable qui traverse la ville. Dans l'arsenal se trouve un musée d’rtillerie, où l’on voit des modèlés de tous les canons en usage chez les nations ruropéennes. Six temples environnés d’une enceinte sont consacrés aux héros qui se sont distingués sous Gia-long ; ils forment pour ainsi dire le panthéon an-namique. Selon M.White on a employé à ces travaux, depuis 20

ans, près de 100,000 hommes. Le fossé qui environne la place a 3 lieues de circuit et 100 pieds de large; les murs ont 60 pieds de haut. Ces immenses foréifications , font de Hué la premiere place d'armes de l'Asie. La citadelle est de forme carrée. Le palais de lEmpereur est aussi vaste que massif. Hué possède une immense fonderie de canons, qui, après la suppression de celle de Kambodje , est la seule de l’empire.

Elle est aussi la station ordinaire d’une forte section de fa flotte des galères. Tous les ans on construit sur ses chantiers des bâtimen$ de guerre, les uns d’après la coupe des vaisseaux européens, les autres d’après des modèles qui sont un mélange des formes des bâtimens de l’Europe et

de l’Asie. + 9 M. Hamilton n’estime la population de cette ville qu’à 30,000 âmes, nous croyons qu’on pourrait sans exagération la porter jusqu’à 100,000 y compris sa nombreuse garnison.

Les autres villes les plus remarquables sont :

Kercuo, située sur le Sankoï dans l’An-nam Septentrional. Richard la dit égale à Paris en étendue, et cependant M, de la Bissachère ne lui accorde que 40,000 habitans : Ces deux faits peuvent se concilier dès que l'on sait que des cabanes, des jardins, de iarges rues et de vastes terrains couverts de décombres, en occupent la plus grande partie. Les palais du roi et des mandarins sont seuls construits en briques séchées au s0leil, La résidence des derniers rois est très vaste, mais elle tombe en ruines ; une partie sert actuellement de demeure au vice-roi du Tonquin, Dans les environs de Ketcho on voyait du temps de Baron et l'on voit selon M. Chaigneau, la triple enceinte de l'ancienne ville et les ruines du palais des anciens rois; ce dernier avait 6 à 7 milles de circonférence. Ses cours pavées de marbre, ses portes , les restes de ses appartemens annoncent que c'était un des plus magnifiques édifices de l'Asie. Nous rappellerons aussi avec M. de la Bissachère, qu’un grand chemin construit par Gia-long mène de cette ville à celle d’Hué, et que Ketcho en 1800 possédait la seule imprimerie de l'empire.

SaÏconG (Saigon nommée Louxnour (Luknooi) par les’ naturels), bâtie sur la péninsule formée par la réunion des deux branches du Donnaï; cettecapitale du royaume de Kambodje se compose de deux villes distinctes : la ville nouvelle, dite Bingeh, etla ville ancienne, nommée Saigong. Tout près de la première s'élève une immense citadelle construite sous la direction des ingénieurs français. Elle n’était:pas encore achevéeen 1821 ; pour la force et l'étendue, elle rivalise avec lesimmenses fortifications de Hué. Au milieu de la ville s'élève un vaste palais, bâti pour le roi, qui cependant n'y avait jamais résidé jusqu’à l’époque où M. White était à Saïgong. Selon ce voyageur l'arsenal maritime ne le cède guère aux établissemensde ce genre-qui sont en Europe. En 1819 il y avait 190 galères d’une construction excellente, longues de 40 à 100 pieds et portant les unes 16 canons, les autres seulement de 4 à 6; ces-pièces sont en cuivre et de la plus belle fonte. Ala même époque il y avait aussi deux frégates de construction européenne. Les maisons de cette ville sont, pour la plupart, construites en boiset revêtues d’un chaume de feuilles de palmier et de pailles de riz; quelques-unes sont bâties en briqueset en tuiles ; elles n'ont qu'un étage et n’ont

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pas de croisées à vitres, mais des volets qu'ilfaut ouvrir pour éclairer l'appartement. Les maisons de la classe pauvre sont sales et misérables. On y remarquaitune église chrétienne, desservie par deux missionnaires italiens, Un canal navigable, construit il y a quelques années, joint cette ville au Kambodje. Saïgong est aussi la première place de commerce de l'empire, Quoique M. White lui accorde 180,000 habitans, nous n'hésitons pas à réduire ce nombre à 100,000, Dans les environs iinmédiats de cette ville on voit le monument que la reconnaissance de Gia-long a élevé à celui qu'il appelait le maitre illustre, c'est-à-dire à son vertueux et habile ministre l'évêque d’Adran; c'est une plate-forme surmontée d’une belle maison, dont la conservation est confiée à un détachement de la garde impériale,

KamnomE (Camboge; Eauwek; Tâweik, Loech), bâtie sur une ile formée var un bras du Menam-kong ou May-kaoung et tr: versée par plusieurs canaux. Selon Van Vusthor”, qui la visita en 1637, toutes les maisons étaient contiguës et situées le long d’une digue. Le palais 1 roi, d’une architecture très simple, et bâti en bois, éclatait d’or et d'argent dans l'intérieur, Cette ville renfermait un £emple très beau, dont le toit était soutenu par des piliers de bois vernissé, avec des ornemens en relief et dorés ; le pavé en était précieux ; on y voyait trois grandes statues couvertes d'or; Kambodje est très déchue depuis que la résidence royale a été transférée, selon M. Hamilton, à Panompin. 11 parait que le beau palais royal et ses magnifiques pagodes tombent en ruines. On ne saurait rien dire sur le nombre de ses habitans, qui sûrement doit avoir bien diminué.

Nous nommerons encore dans le royaume de Cochinchine, à cause de leur importance sous plusieurs rapports: NHATRANG , dans la province de ce nom, importante par ses fortificalions, son beau port, son commerce et les chantiers de la marine mililaire. Quion , autre chef-lieu de province ,importante par sa population, sor beau port et ses fortifications. Faïro (Huean), renommé par son port ; ses environs sont remarquables par plusieurs grottes et par la culture de la cannelle, Touron (Hansan), ville naguère très déchue, mais qui s’est relevée; elle estimportante par son commerce et sa baie magnifique. En 1787 elle fut cédée à la France avec un territoire stérile et étroit de 40 milles de long sur 8 à 10 de large, et lesiles adj@entes de kaï-Wen au nord, et de Faifo au sud. Les Français n’en prirent jamais possession ; l'ambassade qu'ils envoyèrent en 1817 pour réclamer ce territoire fut mal reçue, et aucune démarche ultérieure ue fut faite depuis lors <

Archipels d’Andaman et de Nikobar.

Ces deux archipels forment une longue chaine d'iles qui s'étendent du nord au sud dans le golfe du Bengale entre le cap Negrais dans l'empire Birman et l’extrémité nord-ouest de l’ile de Sumatra. Leurs

habitans sont très peu nombreux, et sont absolument indépendans, malgré les assertions des géogra hes qui font dépendre l'archipel d’Andaman des Anglais et celui de Nikobar des Danois.

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