‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 2)Chapitre 375 sur 628 · A ÉT · texte numérisé non relu

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blissemens. Les fabriques de draps, de savon, de toile, de chapeaux, de maroquins, et les tanneries fournissent les principaux produits de son industrie. La Compagnie-Russe d'Amérique a un comptoir considérable et de vastes magasins dans cette ville, où se font les assortimens des pelleteries de la côte nord-ouest d’Amérique et des parties septentrionales de la Sibérie; on peut aussi la regarder comme le grand entrepôt du commerce que la Russie fait avec la Chine. Malgré l'évaluation de l’Annuaire de Saint-Pétersbourg, qui ne lui accorde que 16,000 habitans, appuyé sur plusieurs faits incontestables, nous croyons que sa population ne saurait être estimée au-dessous de 25,000 àmes.

A environ 35 milles d'Irkoutsk on trouve : TEL- MiINSK, grand et beau village, avec plusieurs édifices très étendus et construits en pierre ; ce sont des manufactures de drap, de verre, de toile et de papier. On s’y sert des machines anglaises pour filer; une seule a été achetée comme modèle en Angleterre ; toutes les autres ontété établies dans l'endroit même. La verrerie, dont les produits étaient autrefois de mauvaise qualité, fournit à présent un beau verre et même du cristal qu’on y taille et polit avec goût. Presqu'à égale distance, on trouve le vaste Lac BAïkaL nommé aussi MER SAINTE (Svialoi more en russe), objet d'une vénération profonde pour les indigènes des environs. C'est une des nappes d’eau les plus remarquables du globe, par son étendue, par la beauté romantique de ses environs, par la Selenga qui la traverse , et qu’on peut regarder comme le plus grand fleuve de tout l’Ancien Continent, par la grande transparence de ses eaux, par ses phoques et ses veaux marins, dont la pèche procure des bénéfices considérables, par ses crues périodiques, qui ressemblent assez au flux et reflux de la mer, par la fréquence de ses terribles tempêtes et par d'autres phénomènes naturels, Beaucoup plus loin et dans un rayon de 150 milles on trouve : VERr«NEï-Ovpinsk, jolie petite ville , bâtie sur la rive droite de la Selenga, importante par son commerce florissant et sa population ; SELINGINSK , d'où partent les caravanes qui vont à Kiakhta pour commercer, et où se trouve, selon Cochrane, un établissement de missionnaires anglais, qui, malgré leurs travaux jusqu’en 1820, n'avaient pu parvenir à convertir un seul individu. KiAk4TA, petite ville, bien bâtie , située sur la frontière de l'empire Russe, vis-à-vis de Maïmatchin, qui appartient à l'empire Chinois; elle est très importante élant le seul point de réunion pour tout le commerce que font entre eux ces deux empires el qui a tant contribué aux progrès de la civilisation et de la culture que l’on remarque en Sibérie; il est purement d'échange ; la principale loire s'y tient au mois de décembre ; un grand

nombre de marchands s’y rendent de toutes les parties de la Russie , et on y fait des affaires pour la valeur de 8 à 10 millions de francs. On doit ajouter que plusieurs négocians russes de Kiakhta possèdent des capitaux immenses.

Tieus, bâtie en partie le long du Kour et en partie sur une montagne, chef-lieu de la province de Géorgie, jadis capitale du royaume de ce nom et maintenant résidence du gouverneur général de toute la Région du Caucase, d’un archevèque géorgien et d’un archevêque arménien. Détruite en 1796 par Agha Mohammedkhan, elle a été reconstruite lentement avec beaucoup de goût. Cependant la ville ancienne est mal bâtie, malpropre et a des rues étroites et irrégulières. Les maisons des plus riches habitans ont seules des fenêtres vitrées ; dans les autres les carreaux sont remplacés par des feuilles de papier quelquefois huilé. Dans la Ville-Nouvelle, au contraire, on voit des rues larges, de belles places, de grandes casernes , des hôpitaux assez bien entretenus, de vastes caravanserais et de beaux et grands édifices pour loger le gouverneur et les administrations. La plupart de ces constructions ont été faites pendant l’administration du général Yermolof. Parmi les anciens édifices, la cathédrale est remarquable par son antiquité, son étendue et son architecture. Tiflis possède un gymnase , un séminaire et plusieurs écoles; on y publie tele gazelles ,, une en russe, une en géorgien et les deux autres en arménien eten persan ; dans sa banlieue se trouve un assez beau jardin botanique.

Le gouvernement y a fondé depuis quelque temps, une société pour l’encouragement de l'agriculture, de l'industrie et du commerce dans les pays transcaucasiens ; il y a des mahométans qui en sont membres. Ses bains sulfureux, son industrie et son commerce y attirent un grand nombre d'étrangers ; nous rappellerons même que depuis quelques années cette ville est devenue le passage ordinaire d’un grand nombre d’Anglais qui viennent de l’Inde en Europe à travers la Perse et la Russie ; ils s’embarquent à Bombay et arrivent en quinze ou vingt jours à Bender-Bouchehr sur le golfe

ersique, d’où en six semaines ils se rendent à Tiflis. Cette ville jouit du droit de franchise que lui a accordé l’empereur Alexandre. Avant les ravages qu’v à faits

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le choléra-morbus, sa population pouvait

s'élever à 30,000 âmes , en y comprenant sa nombreuse garnison.

Nous signalerons à l'attention du lecleur quelques autres villes qui, malgré leur médiocre étendue et même leur petitesse extrême, sont remarquables sous plusieurs rapports ; nous les classerons d’après les divisions administratives où elles sont situées.

Dans le GOUVERNEMENT DE TOBOLSK : Tu- MEN , Ville de médiocre étendue , importante par son industrie et la seconde de tout le gouvernement pour la population : Tara, plus petite , mais mieux bâtie , industrieuse et commerçante ; Tou- RINSK, assez florissante. Dans toutes les villes que nous venons de mentionner, une partie principale de la population se compose de peuples turks et de Boukhares que nous avons vus être d'origine persane. Berezov et PELYM, misérables petits endroits, que nous signalons comme d’horribles lieux d’exil; c'est dans le premier que, en 1731, mourut exilé le fameux prince de Mentsikov. Nous ajouterons que c’est à l’est de Tara que commence le steppe de Barabra, vaste plaine remplie de marécages, qui pour.la plupart sont des restes d’anciens lacs desséchés, et n’offrent en été que de maigres pâturages. Les Barabi (Barabra), tribu turque qui y vivait autrefois de la chasse, se sont retirés dit M. Erman, plus au nord ; des villages tout neufs, construits par des exilés, et des champs cultivés tout autour attestent déjà les premiers pas de la civilisation dans ces tristes solitudes, partagées maintenant entre ce gouvernement et celui de Tomsk.

Dans le GOUVERNEMENT DE TOMSK : Tomsk, belle ville, située sur la grande roule qui mène à la frontière chinoise, ce qui la rend très commerçante; on y trouve beaucoup de tanneries de cuir de Russie et des imprimeries sur étoffes , entretenues surtout par des Turks, qui forment une partie considérable de sa population. Kozvvan (autrefois Tchaousk), gros village , bien bâti ; Demidov y ayant établi en 1725 la première usine de l’Allaï, toutes les mines et les usines de la contrée ont été comprises dans la suite sous le nom de Kolyvan, quoique, dit M. Ledebour, il n’y ait plus d'usine; mais on y trouve une grande manufacture d’ouvrages en porphyre et en Jjaspe, tels que colonnes, vases, chambranles, etc., dans laquelle travaillent ordinairement 300 ouvriers. M. Ledebour y vit façonner deux colonnes de jaspe vert et blanc , de 9 pieds 4 pouces et demi de haut, et un grand vase en forme de coupe, de 8 pieds 8 pouces de diamètre ; un beau basrelief en jaspe jaune-clair, auquel on avait tra-

i vaillé trois ans , était achevé. Dans une forge voi-

sine on fabrique les instrumens nécessaires aux ouvriers. ZMEÏNOGORsK en allemand Scklangenberg, montagne des serpens) . située au pied du mont Altaï, et presque entièrement habitée par des fonctionnaires et des ouvriers employés aux mines d'argent: selon M. Ledebour elle ne donne plus que 80 pouds par an au lieu des 600 qu'elle

donnait autrefois. L'intémeur de ces mines pré: sente un labyrinthe de galeries «en partie soulenues par de la charpente et des murs, et en partie taillées dans le roc ; des eaux souterraines mettent en mouvement d'énormes roues qui servent à élever le minerai, BarNauL, ville régulièrement bâtie, siège de la chancellerie supérieure de toutes les mines de l'Allaï; depuis 1817 les mines qui en dépendent doivent livrer annuellement un millier de pouds d'argent. On y a élevé un obélisque en granit de 100 pieds de haut pour célébrer la fête séculaire de la fondation des usines de Kolyvan. RipDEersk , gros village, qui n’a d’autres habitans que les ouvriers employés à ses riches mines d’argent. KRakov, autre gros village, remarquable par la mine d’argent découverte en 1811 et regardée comme la plus riche du district de Kolyvan. Sousoun, gros village, important par ses grandes forges de cuivre, de plomb et par son hôtel des monraies où l’on frappe annuellement pour la valeur d'environ un million de francs en pièces de cuivre. Dans le GOUVERNEMENT DE IENISSEISK :

Krasnoïarek, chef-lieu de ce nouveau gouvernement, jolie petite ville, qui depuis 1822 a pris beaucoup d'accroissement. Depuis l’administration de M. Stephanov et la fondation du gymnase, de la sociélé poétique et littéraire qui publie l’Aimanach du Iénissei , et d'autres établissemens littéraires, on peut même dire qu'elle est devenue un foyer de lumières pour la Sibérie-Centrale. Ses alentours, dit M. Erman, sont de toute beauté. lenisseïsx, regardée à tort dans tous les ouvrages de géographie , même les plus récens, comme la capitale de ce gouvernement, en est cependant la ville la plusimportante sous presque tous les rapports; le commerce y a même assez d'activité, en raison des relations intimes qu’entretiennent ses habitans avec Îrkoutsk, Kiakhta etirbit. TouRouKHANSK , presque sous le cercle polaire, petite ville, dont les géographes continuent encore à exagérer l’impor tance commerciale et la population, quoique des renseignemens publiés depuis quelques années s'accordent à diminuer l’une et l’autre. Ana- KANSk, misérable endroit, près du lénissel, que nous citons pour mentionner la montagne d’Isik, située dans ses environs et remarquable par d’ancienstombeaux qu'on y a découverts, renfermant des ornemens d’or et d'argent, et sur laquelle on voit des statues d'hommes hautes de 7 à 9 pieds et chargées de sculptures extraordinaires. Ces contrées, d’une civilisation encore si peu avancée, paraissent avoir jadis été occupées par un peuple qui avait l'usage de l'écriture et des arts. Aux environs de la ville d’Abakanskoï, vers les bords du lénisseï, ainsi que dans les provinces voisines, on remarque des {ombes en pierre ct des collines factices voûtées en dedans, dans lesquelles se trouvent à côté des squelettes et des cendres des morts, des ustensiles en bois et en bronze , des ornemens d'or et d'argent, des figures en métal ou en pierre. 11 parait que les nomades de la Tartarie, par un usage analogue à celui des anciens Etrusques , avaient l'habitude de se faire enterrer avec leurs bijoux ct

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