‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 2)Chapitre 39 sur 628 · CHAPITRE VIL Des principales définitions géographiques · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL Des principales définitions géographiques

On arecherché, dit M. Walckenaer, et on a décrit avec soin les plus petits animaux, les plantes les plus humbles; mais on n’a point encore considéréle globe terrestre en lui-même, et comme le corps de la nature le plus digne d'attention, le plusimportant à connaitre et à décrire. Des mots sans nombre ontété inventés pour peindre par la paroleles signes et les formes des plus petites parties des

minéraux, des végétaux et des animaux, et la géographie n’en a point encore pour dessiner plusieurs des grands traits que présentent les continens etles mers, pour exprimer convenablement la configuration si variée des côtes, les formes si diverses des montagnes, les lignes sinueuses et compliquées des fleuves et des rivières; pour ca-

ractériser enfin toutes les différences principales que le sol présente dans:ses convexités etses enfoncemens, sa composition , sa nature et son aspect, IL est vrai que dans ces derniers temps on a essaye de remplir.ces lacunes, et Malte-Brun, Ritter, Walckenaer et lessavans continuateurs de l'Encyclopédie Méthodique ont proposé plusieurs termes aussi justes que convenables pour parvemr àcebut , maisilreste encore beaucoup à faire pour l’atteindre entièrement. Notre cadre ne nous permettant pas de donner tous les termes techniques de la géographie, nous nous sommes borné à offrir dans ce chapitre ceux qui sont les plus indispensables pour l’étude de cette science et pour l'intelligence des relations de voyages. Nous les avons partagés en deux classes distinctes : {ermes qui appartiennent à la géographie physique, et lermes qui appartiennent à la géographie politique. Nous commencerons par ceux de la première classe.

En jetant les yeux sur un globe terrestre, ou sur un planisphère , on est frappé d’abord de l’espace immense. occupé par la mas$e d'eau continue nommée Océan, réceptacle de la plus graude partie des eaux du globe, dont elle couvre environ les trois quarts de la surface. Au milieu de l'Océan se montrent différentes porlions de terres, toutes séparées les unes des autres. Ces parties de terres ainsi environnées d’eau se nomment é/es,

Parmi ces portions de terre, trois se font remarquer au premier coup-d'œil par leur grandeur, ct doivent être nommées continens. La plus considérable est appelée Æncien-Continent, parce que c’est le premier dont nous ayons eu connaissance; elle comprend l'Europe, l'Asie etl’Afrique ; la seconde est nommée Nouveau-Continent, parce qu’elle a été découverte beaucoup plus tard; on l'appelle aussi 4mérique; enfin, la troisième, qui est incomparablement plus petite qu les deux premières, a reçu le nom impropre

e Nouvelle-Hollande, nom que depuis quelque temps. on remplace généralement par celui de Australie, et auquel nous donnerons, paranalogie avec les deux précédens, le synonyme de

Continent-Austral. Toutes les autres terres qui s'élévent au-dessus du niveau des eaux sont regar-

dées comme des îles. Les contours dés continens et des Îles que baignent les eaux de l'Océan et de ses subdivisions, se nomment côfes.

Les circonstances différentes de position absolue ou relative dans laquelle se trouvent les iles, ont engagé les géograplies à leur donner différentes dénominations. Nous croyons que dans l’état actuel de la géographie on pourrait s’arrèter aux distinctions suivantes :

Ile proprement dite : tout espace de terre environné de tous côtés par l’eau, quellé qué soit son étendue; le géographie n’admet que trois seules exceptions, quisont les trois continens que nous avons nommés. Les plus grandes îles du globe sont : Bornéo, la Papouasie (Nouvelle-Guinée), le Groënland, Sumatra, Madagascar, Niphon, Cuba, la Grande-Bretagne, elc., etc.

Un petit nombre d'iles placées à peu de distance les unes des autres, ou bien une île principale environnée de plusieurs autres incomparablement moins étendues qu'elle, forme un groupe; le groupe de Malle, en Europe, et le groupe de Sumatra, dans l'Océanie, peuvent servir d'exein-

ie.

Eblusieurs iles, de différente étendue , tantôt assez rapprochées entre elles pour être en vue l’une de l’autre, tantôt même à de plus grandes distances, forment un archipel. Presque tous les archipels se composent de la réunion de plusieurs groupes. Tout le monde connaît l'archipel grec, que par antonomase on appelle l’#rchipel. Nous citerons en outre l'archipel des Antilles, en Amérique, et l'archipel de Sumbava-Timor, dans l'Océanie,

Nous proposons d'étendre la dénomination d’4{tole où Attolon, que depuis long-temps l'usage a employée pour désigner les groupes qui forment l'archipel des Maldives, à toutes les réunions d'îles qui offrent le même caractère, Ce sont de petite.:llesbasses, groupées sur d'étroits plateaux madréporiques, qui ceignent un bassin oval où circulaire et présentent des dentelures plus où moins accessibles aux pirogues ou aux navires, Toutes les lies de l'archipel de Pomotou (Dangereux)et de l'archipel Central(Mulgrave, étc.), sont des atlolons. Des attolons servent aussi quelquefois de ceintures à des iles fort élevées, et plus importantes; ainsi les îles d'Hogoleu, dans l'archipel des Carolines, celles de Borabora et de Maupiti, dans l'archipel de la Société, sont entourées par des attolons, sans lesquels elles n'auraient pas de bons ports. L'Amérique nous offre sous les dénominations de Keys, de Cayes, de Jardins, et d’Arrecifes, de véritables attolons dans l'archipel de Bahama et près des côtés de la grande île de Cuba. L'Afrique en offre aussi dans le grand archipel, que nous ayons proposé de nommer archipel de Madagascar, et dont les Seychelles font partie.

Une portion de terre qui avance dans la mer, ct qui ne tient au continent ou à l'ile dont elle dépend

que par un terrain étroit, se nomme presqu’ile ou péninsule, comme la Morée, la Crimée, etc.

La portion resserrée de terre qui l'empêche d’être entièremententourée d'eauestun és{Ame, comme celui de Corinthe qui joint la Morée à la Livadie, de Pérékop qui réunit la Crimée au reste du gouvérnement de la Tauride, La plus grande de toutes les péninsules du globe est l'Afrique, qui netient à l'Asie que par l’isthme de Suez. Un autre isthme célèbre est celui de Panama , qui joint l'Amérique du Nord à l’Amérique du Sud. L'usage classe depuis long-temps parmi les péninsules : l'Espagne avec le Portugal, l'Italie, la Turquie d'Europe au sud du Danube, l'4sie-Mineure , l'Arabie, l'Inde et l'Indo-Chine, etc., malgré la largeur du côté qui les unit au corps du continent. Nous admettrons volontiers cette qualification pour l'Espagne et le Portugal, pour l'Italie moyenne et méridionale, pour l’Asie-Mineure, pour l'Arabie entre la mer Rouge et le golfe Persique, pour l'Inde au sud de la Nerbouddah , etc., etc. ; mais il nous semble que cette qualification devient tout-à-fait impropre en l’appliquant sans aucune restriction aux pays que nous venons de nommer. Nous pensons, avec M. Walckenaer, qu'il conviendrait d'appeler ces péninsules et tant d’autres qu'offre le globe, presqu’iles ouvertes, parce que le plus souvent elles ne tiennent au continent que par leur côté le plus large, comme l'Inde, l'Indo-Chine et l'Italie.

L'’extrémité d’une terre qui s'avance dans la mer d'une manière bien prononcée se nomme promonloire ou cap, comme le Cap-Nord dans la Laponie, le Cap-de-Bonne-Espérance à l'extrémité de l'Afrique australe, etct Les saïllies les moins considérables et peu élevées s'appellent vointes. Ces deux distinctions nesont pastoujours employées avec tout le discernement desirable. Le mot promontoire , comme synonyme de cap, appartient au style élevé et désigne plus particulièrement l'extrémité d’un continent dans une direction remarquable.

Les montagnes sont les éminences les plus considérables de la terre, et qui en mème temps ont une pente rapide, ou du moins sensible. 11 faut les distinguer des plateaux, qui sont de grandes masses de terre élevées, formant d'ordinaire le noyau des continens ou des îles, mais qui ont des pentes moins rapides et plus étendues. Un plateau peut renfermer des montagnes, des plaines et des vallées ; il y en a qui sont assez inclinés pour laisser écouler les eaux qui se rassemblent à leur surface ; il y en a d’autres qui conservent pendant un long espace le même niveau, et où les rivières ne trouvent point de débouché, On rencontre des plateaux de cette dernière espèce en Europe, principalement en Croatie et en Carniole; mais ils sont de petites dimensions ; la Tartarie, la Perse, l’intérieur de PAfrique et de l'Amérique en possèdent une étendue très considérable, Ces plateaux ontun niveau général plus élevé que le reste des continens ; ils semblent être les plus anciens massifs de ’a terre, et comme les noyaux autour desquels les terrains nouveaux se sont accumulés. Le plus vaste et le plus célèbre de tous les plateaux est celui de l'Asie moyenne. Les pentes des

plateaux et les monts quiles soutiennent et par où l’on y monte , se nommentleursescarpemens. Les anciens font pas su distinguer les plateaux des montagnes, ou'plutôt ils désignaient toujours les plateaux par le nom de montagnes, ce qui a causé beaucoup de méprises, surtout à l'égard de la chaîne du mont Taurus,

Quelquefois, sur un sol entièrement uni et loin de toute grande chaîne, s'élève une montagne ou un amas de rochers, qui supportent une plaine fertile et arrosée de sources, semblable à une Île verdoyante suspendue au milieu des airs. Cette espèce de montagnes est assez commune dans l’Abyssinie où on les nomme ambas ; nous proposons d'étendre ce nom'à toutes les hauteurs de ce genre. Après l'Abyssinie, c’est le Congo, l'Hindoustan , la Chine et le nord de l'Amérique méridionale , qui sont les régions où ones rencontre. Les ambas sont comme disposées par la nature à recevoir des forteresses; aussi y a-t-on construit celles de Gwalior et de Doulatabad dans l'Inde, celle de San-Salvador dans le Congo. Les plus célèbres ambas de l’Abyssinie sont l’arba Geshen, où l'on renfermait les membres de la famille impériale ; l'ambacel qui servait au même usage , l'amba Gideon , l'amba Sanet, etc. Kænigslein, Lilienstein et Sonnenstein en Saxe, rappellent les ambas de l'Asie et de l'Afrique.

On distingue dans un m”10n{ ou une montagne, sa base ou le pied , qui est l'endroit où elle commence à se séparer de la plaine; le flanc, qui forme la pente; la croupe, qui surmonte le flanc ; le sommet, qui repose sur la croupe; la cime , qui couronne le sommet ; et le poiné culminant, qui est l'extrémité de la cime: Les montagnes, au lieu de s'élever de la base au sommet parune pente insensible, sont souvent taillées en gradins réguliers qui se nomment assises. Quand le sommet d’une montagne est conique ou pointu, on le nomm: “ÿc, piton ou puy; un mont est souvent dé: :rla forme de son sommet : c'est ainsi qu'c”r pic de Ténériffe et le Puy de Dôme, Un .umét prismatique ou anguüleux, comme dans les Alpes, prend le nom d'aiguüille, de dent ou de corne ; s’il est détaché on le nomme brèche ; telle est la brèche de Roland dans les Pyrénées. Un sommet arrondi, comme on en trouve plusieurs dans la chaîne des Vosges, s'appelle ballon. Si un sommet a une forme cylindrique , il prend le nom de cylindre, comme le cylindre de Marboré, dans les Pyrénées; s'ilest aplati, comme la montagne du Cap-de-Bonne- Espérance etle fameux Mont-Thabor, on le nomme table ou plateau.

On appelle vo{can toute montagne qui vomit des flammes, des laves, etc., etc., quelles que soient son élévation et sa position.

Les montagnes sont isolées, ou assemblées en chaînes, groupes ou systèmes. Une chaine est formée d’une longue suite de montagnes dont la base se touche ; un groupe est l'union de plusieurs chaînes, et un système est l'ensemble de plusieurs groupes. Le point où des chaines de montagnesseréunissents'appelle 2œud, Indépendamment de ces deux grandes divisions des montagnes, il existe des groupes de plusieurs chaînes

nnent et par carpemens.

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regardée comme la chaine principale. On doit

ranger dans cetteclasse lesmontagnes dela Perse, et celles de l’#sie-Mineure.

On regarde comme chaine ‘principale d'un ‘groupe, ou d’un système quelconque de montagnes, celle dont les revers ou les points culminans donnent naissance à de grands cours d’eau. Les deux grandes faces d’une chaîne principale, d'un chainou, d'un contrefort, etc., sont appelées versans, flancs ou revers. Un chatnon, embranchement, ou une chaine secondaire est une série irrégulière, mais assez suivie, de hauteurs, qui, se détachant dela chaine principale, prend, à plus ou moins de distance de son point de départ, une direction qui tend au parallélisme, et forme les grandes vallées longitudinales, ou légèrement inclinées sur l’axe de la chaîne: c’est ainsi qu’on peut considérer les Apennins.

Le contre-fort ne diffère du chainon qu’en ce qu'il a, moins d'étendue; que sa direction, par rapport à l'axe de la chaine, se rapproche plus de la perpendiculaire; qu'il n’accompagne et n'’alimente pas toujours un grand cours d’eau, et qu'il se termineordinairement, soit en s’abaissant dans une vallée longitudinale ou d’une manière abrupte sur la côte.

Les subdivisions latérales ou terminales des chainoas et des contre-forts qui ont quelque étendue, “etqui forment les vallons de la vallée principale, senomment rameaux.

Les rameaux se subdivisent en collines, entre lesquelles se trouvent les sources des ruisseaux.

Les rochers coupés à pic qui bordent les côtés de la mer reçoivent le nom de falaises ; eton appelle dunes les monticules sablonneux qui longent les rivages.

Le nom d’aréte est appliqué à l'intersection obtuse ou aiguë des plans que forment les deux versans d’une chaine, ligne qui détermine le partage des eaux des deux revers opposés : c'est le faite de la montagne.

Le mot de créte estemployé pour désigner l’arête oule faite du contre-fort.

Col est ordinairement le point où l’arète parait faire une inflexion, et qui offre un passage d'un versant à l’autre, d’une tête de vallée à elle de la vallée opposée; c'est le point de partage reseaux. Ce mème passage est appelé port et pas dans les Pyrénées, et pertuis dans le Jura. La double rencontre desrameaux surles chainons et contre-forts produit aussi des cols sur leur crète, aux têtes des vallons: mais ce nom appartient plus particulièrement aux passages de la chaine.

Le défilé diffère du col en ce qu'il peut setrouver au pied des hauteurs, et que c’est un passage toujours resserré entre deux escarpemens, par lesquelsilest encaissé ou supporté,

Plusieurs cofs ct défilés sont célèbres, dans la géographie ancienne, sous le nom de portes des nations , parce qu'ils étaient regardés comme le seul point par où l’on pût pénétrer dans la vallée occupée par la nation indépendante qui l'avait choisie pour s’y fixer. Telles étaient les portes du Caucase, les portes Caspiennes, celles de

Suse ou de la Perside , les Thermopries., es Fourches Caudines, etc., etc.

Ondonne le nom de gorge à une partie de vallée très étroite ; c'est l'intervalle resserré entre deux contre-forts, qui se trouve plus ordinairement voisin de leur point d'attache à la chaine, et qui sert de couloir plus ou moins fortement accidenté à un torrent,

Quand la gorge a une certaine étendue, sans prendre trop d'évasement, quoique sa pente dimique, elle prend le nom de val.

Quand le val se prolonge et s'élargit, c’est une: vallée, qui prend quelquefois son nom, même dès sa naissance, lorsqu'elle y estlarge et à herges adoucies. On distingue par la dénomination de vallée principale celle qui sert de berceau à un grand cours d’eau, qui, partant de la chaine et suivant entre deux contre-forts le plan de la pente générale (à moins qu’il ne soit détourné par une contre-pente, comme le Rhône l’est par lechainon de l’Ardèche), se rend au récipient principal, vers lequel verse ce plan de pente. La vallée est dite secondaire , quand elle prend son origine surles flancs d’un chainon ou d’un contre-fort, et qu’elle est le berceau d'un cours d’eau qui est affluent de celui d’une vallée principale. La vallée est longitudinale , \orsqu’elle a pour une de ses berges les flancs mêmes de la chaîne ou du chainon d'où elle descend, ou qu’elle en reçoit les affluens; telle est da vallée du Rhône jusqu’au lac Léman ou de Génève. Elle est transversale, lorsque sa direction approche de la perpendiculaire à l’axe de la chaine ou du chainon , et qu’elle a pour berges les flancs correspondans de leurs contre-forts ou rameaux, ou que ces affluens en descendent.

On appelle plaines les différentes parties des continens ou desiles dont la surface est horizontale, unie, ou simplement sillonnée de légères ondulations peu profondes, larges et étendues, et bien distinctes des vallons ou des vallées Elles sont rarement d’une horizontalité parfaite; la rondeur de la terre rend cela impossible à l'égard de toutes les plaines d’une étendue considérable ; presque toujours elles sontinclinées vers quelques points de l'horizon. Les plaines se rencontrent dans les différentes sortes de terrains, à toutesles hauteurs au-dessus du niveau de la mer, soustous les climats, ct présentent les caractères les plus divers depuis l’inépuisable fécondité du Delta égyptien, jusqu’à la stérilité indestructible du sable des déserts.

La hauteur absolue ou relative des montagnes ayant des conséquences très importantes dans la détermination des climats physiques, dans celle des stations des végétaux et des animaux , et dans les révolutions politiques qu'offre l’histoire des peuples anciens et modernes, les géographes et les naturalistes emploient, pour les classer, des dénominations différentes ; mais comme ceux qui enontfaitusage n’ont suivi, jusqu’à présent, aucune règle fixe, nous croyons pouvoir provisoire ment donner la préférence à celles qu'a proposées M. Ritter. Ce savant géographe regarde comme äc simples collines toutes les hauteurs qui ne dépassent pas 2000 pieds; il appelle #ontagnes basses, ou de premier ordre, celles dont l'éléva-

tion va depuis 2000 jusqu’à 4000 pieds; il nomme montagnes moyennes, où de second ordre, cekes dont la hauteur est comprise entre 4000 et 6000 pieds. Les pointes qui s'élèvent de 6000 à 0,000 pieds sont pour lui des monts alpins (alpengebirge);ilrange enfin parmilesmontagnes gigantesques (riesen gebirge) \ousles sommets qui dépassent ces limites.

C'est toujours relativement au niveau des mers qu'on évalue les hauteurs respectives des montagnes. Les plus hautes qué l’on ait mesurées jusqu’à présentse trouvent dans l'Himâlaya, en Asie, et dans les Andes, dans l’'Amérique-Méridionale.

La surface du globe offre plusieurs grands espa césincultes, dépourvus dé montagnes, et dont le sol, quoique fécond, n’est pas propre dans son état naturel à la production de grandes forèts. Ces vastes solitudes différent beaucoup entre elles par leur aspect général, par leurs produits et par le caractère de leur végétation. On les nomme s{eppes dans l'empire russe, djengles dans l'Inde, karrous dans l'Afrique la plus méridionale , savanes, llanos et pampas dans l'Amérique. Des solitudes semblables, mais infiniment moins étendues, setrouvent d?as l’Europe occidentale, où on leur donne les nor:s de landes ou de bruyères en France, comme les /andes de Bordeaux, entre les embouchures de la Garonne et de l’Adour , et les bruyères ou le bocage dans la Basse- Bretagne ; dans la Nouvelle-Castille, en Espagne, elles sont appelées arendal; et haiden, dansle nord de l'Allemagne , etc. Comme ces solitudes, que la plupart des voyageurs et des géographes confondent avec les véritables déserts, n’ont pas encore reçu de dénomination spéciale, nous pensons qu’on pourrait étendre celle de steppe à toutes les solitudes du globe qui présentent la réunion des caractères propres à ces vastes plaines. Quelques-unes des steppes de l'Asie sont sablonneuses et n'offrent que de rares touffes de gazon ou de buissons rabougris; il en est qui se couvrent d'herbes; d’autres se parent de plantes salines toujours vertes, grasses et articulées; un grand nombre, revêtues d’efflorescences muriatiques, cristalliséés, jettent au loin des lueurs chatoyantes; pendant la saison sèche, tout y paraîitbrülé, les pluies seules y ramènent la verdure, Les karrous de l'extrémité méridionale de l’Afrique sont sillonnés, pendant la saison des pluies, par un plus grand nombre de cours d’eau que les steppes de l'empire Russe et du Turkestan-Indépendant; mais, composés d'une terre glaiseuse, parsemée de pierres, ils sont tout aussi stériles. Lessavanes de l’Amérique-du-Nord sont au contraire couvertes d'herbes hautes et abondantes ; il en est de même des //anos de la Colombie; situées dansla zone torride, leur aspect change deux fois chaque année à des époques régulières, et ces vastes plaines sont tantôt arides et stériles comme les karrous de l’Afrique, tantôt verdoyantes et fertiles comme quelques steppes d'Asie. Les immenses pampas de Buenos-Ayres sont entrecoupées de bosquets de palmiers. Les djengles de l'Inde sont des espèces de fourrés composés d’arbrisseaux, de hautes herbes et de roseaux.

On doit aussi comprendre sous la désignation

générale de steppes ces grandes plaines de la côte de Guinée , où l'herbe dite de Guinée, s'élève de dix à treize pieds de hauteur, et forme pour ainsi dire d'immenses foréts herbacées ; ainsi que ces vastes espaces qui paraissent formés d’allavions, etdont le sol, composé de sable ou de terre ne, ne contient pas une seule pierre. On en trouve dans leroyäume de Benin. dans la Basse - Guiane, dans le bassin de l'Orénoque et dans celui de l’Amazone. Ceux de ce dernier, dits pampas del Sacramento, sont les plus grands de tous; les sauvages nomades qui y demeurent: parcourent souvent de 800 à 1100 milles, sans rencontrer une seule pierre; et leur idiome manque même d’'expression pour désigner ce minéral,

Les déserts proprement dits sont des espaces, quelquefois d’une étendue immense, absolument stériles, où les végétaux ne peuvent croitre, où les hômmes et les animaux ne peuvent subsister. Ces affreuses solitudes privées d'eau et de verdure, dévorées par un soleil brûlant, n’offrent que des plaines sablonneuses, des montagnes encore plus arides, sur lesquelles l’œil se fatigue vainement à chercher quelque indice de vie.

Parfois un vent embrasé s'élève, suffoque les hommes et les animaux, soulève et roule des co: lonnes et dès montagnes de sable, qui engloutissent tout sur leur passage, et ensevelissent des caravanes et des armées entières. Au milieu de ces océans de sable se trouvent des espaces resserrés, arrosés par des sources, ombragés par des arbres bienfaisans, où la nature développe souvent avec une surprenante fécondité ses productions les plus précieuses; ces terres heureuses, placées au milieu des déserts comme les îles au milieu des mers, se nomment oasis. L'Afrique et l'Asie offrent les déserts les plus vastes du globe. Celui de Sahara en Afrique jouit depuis des siècles d’une triste célébrité; c'est le plus vaste que l'on connaisse.

Le sol fertile de la terre dont l’eau n’a pas envahi la surface se couvre ordinairement d'arbres majestueux qui, réunis en grandes masses , forment ce que l'on appelle foréts, séjour ordinaire des bêtes féroces. Ces forêts naturelles, épaisses el sombres, ne ressemblent point à celles que l’homme civilisé plante et exploite ; la végétation, plus riche chaque jour de ses propres produits, s’y développe sans obstacle et offre aux regards étonnés des prodiges de végétation. C’est en détruisant par le fer et le feu cesimmenses forêts que le colon européen est parvenu à défricher quelques portions déjà considérables du Nouveau-Monde. Lorsque les arbres ne couvrent point une grande étendue de pays, ils ne forment point des forêts, mais des bots ; et quand ils sont réunis en masses encore moins considérables, ils composent ce qu’on appelle bocages.,

Dans le voisinage des mers, des rivières et des sources, on trouve souvent plusieurs sortes de terrains qui tiennent le milieu entre le sol des marais et celui de la terre ferme ; tels sont ces potders de Hollande, ces kogs de Danemark, terrains cultivés , enlevés à l'Océan qui les couvrait, et enfermés par des digues et par des canaux de desséchement ; telles sont encore ces lavines, où

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DFFINITIONS GÉOGRAPHIQUES. 17

cesterreins amollis par les pluies ct par les eaux

souterraines qui coulent dans les sinuosités des

montagnes et dans le fond de certaines vallées, et

qui, délayés, produisent les troubles des fleuves : tels sont enfin ces cores ou terreins errans

nr mileu des eaux , qui forment les é/es flotlanes.

Il n’y a sur notre g.obe, à proprement parler, qu'une seule mer, un seul fluide continu révandu autour des terres, et qui parait s'étendre d'un pôle à l'autre, en couvrant à-peu-près les trois quarts de sa surface. Tous les golfes , toutes fes méditerranées ne sont que des parties détachées, mais non pas séparées, de cette mer universelle que nous proposons de nommer Océan général. Pour plus de commodité, on a subdivisé, dans l'usage ordinaire , l'Océan en plusieurs sections, auxquelles on a donné des nomsdifférens; mais ces divisions et leurs dénominations +oût incomplètes et offrent encore beaucoup d'incertitude, parce que les géographes et les auteurs de systèmes ne sont pas d'accord entre eux. Considérant comme une peine inutile le soin de les inettre d'accord, nous fcrons observer qu'à la simple inspection d'un globe terrestre on voitque l'Océan n'offre que cinq srctions qu'on puisse regarder comme principales, et auxquelles nous proposons de donnner la qualification d'Océan particulier. Ces divisionssont : le Grand-Océan, ainsi nommé à cause de son immense étendue ; il a pour bornes l'Asie, la Malaisie (l’Archipel-indien), l’Australie (Nouvelle-Hollande) et l'Amérique; l’Océan-Atiantique, qui sépare l'Europe etl’Afrique de l'Amérique ; l'Océan-Indien, qui s'étend entre l'Afrique, l’Asie-Méridionale , la Malaisie et l'Australie; l'Océan-Arctique glacial, renfermé par les extrémités boréales de l'Ancien et du Nouveau-Continent ; et l'Océan- Antarctique glacial, qui n'est à proprement parler que la continuation du Grand-Océan, de l'Océan-Indien et de l'Atlantique, et qu'on pourrait faire commencer au cercle polaire antarctique, pour l’étendre jusqu'au pôle de cette dénomination. Quelques géographes subdivisent l'O céan-Atlantique et le Grand-Océan, en trois parties, en désignant par le surnom d'équinoxiale celle quiést comprise entre les tropiques, et en appliquant aux deux autres les surnoms de boreale ct d'australe, d'après leurs positions astronomiques.

L'Océan général, en pénétrant dans l'intérieur desterres, forme des mers méditerranées , des golfes, des manches, des detroits, des ports, des havres, etc., que nous allons définir, en suivant, pour les méditerranées et pour les golfes, les distinctions aussi ingénieuses que nouvelles proposées par M. Walckenaer.

Il ya trois espèces de mers médilerranées : les unes sont presque entièrement entourées par les terres des continens, et ne communiquent avec l'Océan que par une ouverture peu large, nommée détroit ; celles-ci peuventétre considérées comme des mers méditerranées proprement diles.La plus célèbre est celle qui communique avec l'Océan parle détroit de Gibraltar et qu'on nomme exclusivement la mer Méditerranée. La mer

Baltique , malgré sa triple ouverture , est aussi

une autre Méditerranée proprement dite. en est

d’autres dont l'enceinte est formée par des conti-

renset desiles, ou par plusieurs rangées d'iles,

etqui par conséquent communiquent avec l'Océan

par plusieurs détroits; M. Walckenaer propose de

les appeler mers méditerranées percées.

nous semble qu'il sercit préférable de les désigner sous le nom de mers méditerranées à plusieurs issues. Nous nommerons les deux qui se font remarquer par leur immense étendue, et que dès l’année 1815 nous avons proposé d'appeler meéditerranée Asiatico-Orientale et méditerranée Colombienne. Cette dernière est formée par la côte de l'Amérique, depuis la Floride, dans les Etats-Unis, jusqu'au golfe de Paria, dans la Colombie, et par l’Archipel des Antilles; l’autre est formée par le continent Asiatique et les îles qui s'étendent depuis le cap Lopatka, dans le Kamtchatka , jusqu'au cap Romania , dans la péninsule de Malacca. Enfin , plusieurs mers ne sont que des eufoncemens très larges del’Océan, ent :e des côtes très écartées , ct pourraient étre désignées par le nom de »ers medilerranées ouvertes ; la mer de Guinée, sur la côte d'Afrique, celle de Panama, entre l'Amérique du Nord etl’Amérique du Sud; la ner d’Oman ou d’ Arabie et celle du Bengale au sud de l'Asie, sont les mers de ce genre les plus remarquables.

Lorsque l'Océan ou les mers pénètrent dans les terres et forment des enfoncemens trop peu considérables pour mériter le nom de mers, ces enfoncemens ou ces avances se nomment go/fes ; etcomme les golfes ne sont à proprement parler que de peliles méditerranées , on devrait mème les diviser en golfes proprement dits, en golfes à plusieurs issues et en golfes ouverts. Parmi les premiers, toujours resserrés à leur entrée, les plus célèbres sont : le golfe 4rabique , nommé de temps immémorial »#er Rouge ; le golfe Persique , le golfe de l'enise, dit communément mer Adriatique ; le golfe d'Asof et le golfe de Zuiderzsée, auxquels l'usage, par un élrange abus de mots, a donné le titre de mers ; les go/fes de Bothnie &\de Finlande, etc. , etc. Parmi les golfes à plusieurs issues, on peut citer en Europe ceux de l'#rchipel ct de Marmara, qualifiés improprement du titre de mers ; le go/fe de Tonquin, en Asie, seulementen partie fermé par l'ile de Haïran; celui de Saint-Laurent, en Amérique, que cernent les côtes du continent et celles de l'ile de Terre-Neuve et de l'ile Royale. Les &olfes ouverts les plus remarquables sont : le golfe de Gascogne , entre la France et l'Espagne, en Europe; les go/fes de Cambare et de Siam, en Asie, et celnide Carpentarie, dans le Continent-Au (Nouvelle-Hollagde).

Lorsqu'un golfe Pplusieurs issues gsd' Féorme très allongée, que ses sorties rgeg el non resserrées par des détroits, il prènd le nom de bras de mer, ou de manche ou de canai ; ainsi l'espace de mer compris entre Madagascar et la côte de Mozambique, en Afrique, se nomme canal de Mozambique ; entre la France etl'Angleterre, la Manche ou canal de la Manche; enlre la péninsule de Malacca et l'ile de Sumaÿya C4

canal de Malacca. Un passage étroit, tortueux entre des terres’, entre des écueils ou des bancs de sable, se nomme cAenal. Lorsque dans un canal les terres se rapprochent beaucoup entre elles , l'étroit passage de mer qu'elles forment se nomme détroit ; mais quand en se rapprochant elles restent encore écartées, l'endroit le moins large ou le plus resserré du canal prend le nom de pas ; telest le pas de Calais, ou le plus court passage de France en Angleterre. Parmi les détroits les plus remarquables on doit citer celui de

Gibraltar, entre l'Europe et l'Afrique , et celui

de Bering, entrel’Amérique etl'Asie.

Les plus petites portions d’eau environnées de terres, et qui offrent un abri aux navires contre les vents ou contre lescourans, s'appellent : port, anse, havre ou rade ; le premier terme indique un asile très sûr ; le second s'applique à des ports d'une petite dimension; on nomme havre ceux d'une grande étendue qui sont quelquefois l'ouvrage de l’art; enfin la rade ne présente qu'un mouillage temporaire ou un abri contre certains vents; elle précède souvent un portcommela rade de Brest. 11 y a aussi des ports qui sont situés sur des fleuves, le plus souvent versieurembouchure, mais quelquefois aussi à de grandes distances dans les terres, comme les ports de Quebec, dans le

Canada, de Washington, dans les Etats-Unis, etc.,etc. On pourraitlesnommer ports intérieurs pour les distinguer des autres, qui sont les ports proprement dits, et qu'on pourrait qualifier de ports maritimes , tels que les ports de Toulon, de Cadix , etc. On dit qu’un port est beau lorsque l'eau y est assez profonde pour permettre aux plus gros vaisseaux d'y mouiller, et lorsque son bassin est assez grand pour contenir à-la-fois un nembre considérable de navires. Les marins distinguent plusieurs espèces de ports : ceux, par exemple, où les marées sonttrès hautes ; ceux où elles sont très faibles et ceux où elles ne sont aucunement sensibles; les ports ouverts toute l'année , et ceux qui

endant l'hiver sont fermés par les glaces, et que

a débâcle annuelle ouvre de nouveau; les ports dont l'entrée et la sortie sont également faciles dans toutes les saisons; enfin ceux dont l'accès et la sortie exposent à de grands dangers, ou dont l'entrée est toujours facile et la sortie diffcile ou vice versd.

Dans quelques endroits, non-seulement la mer n’a pas une grande profondeur, mais encore par intervalle son lit se rapproche de la surface en formant des bas-fonds, ou des écueils, ou des bancs de sable, ou des bancs de coquillages : ces derniers sont quelquefois d’une très grande %importance, car c’est là qu’on trouve ces mollus-

ques qui nous fournissent les perles : les bancs du golfe ouvert de Manaar à l'egtrémité méridio-

nale de J'Inde,eceux des {les Barhein, dans le golfe Persique , jouissent depuis long-temps d’une grande célébrité. C'est ordinairement sur ces grands bancs de sable que les cétacées et des myriades d’autres poissons viennent déposer leur frai, aussi les bancs de Terre-Neuve, de Dogger, de Wellet de Cromer, dans l'Océan-Atlan- Mique, sont depuis long-temps fréquentés par des

PA de pêcheurs qui s’y renderit tous les ans,

eten rapportent d'immenses quantités de morues etdeharengs. D'autresbas-fonds offrent des forèts de coraux que l'homme est parvenu à détacher du fond de la mer; les côtes de la Barbarie et celles de la Sardaigne fournissent les produits de ce genre les plus estimés.

Parmi les différens mouvemens qu'on observe dans l'Océan et dans ses branches, il en est deux qui intéressent particulièrement le géographe et le navigateur, et qui doivent être mentionnés; nous voulons parler des courans et des marées.

Les marées sont des oscillations régulières et périodiques, que les mers subissent par l'attraction des corps célestes, principalement par celle de la lune et du soleil. Dans les parties de l'Océan sujettes aux marées, on remarque chaque jour deux oscillations régulières plus ou moins fortes, et d'une durée généralement inégale. Sur les côtes de France, la première de ces oscillations fait monter la mer pendant environ 6 heures. Parvenue à sa plus haute élévation, elle reste stationnaire à-peu-près un quart d'heure. C'est le moment de la Aaute mer ou de la pleine mer : on nomme flux ou flot le mouvement qui l’a produite; bientôt la mer commence à baisser : elle met environ 6 heures pour se retirer, et demeure basse àpeu-près une demi-heure. Le courant produit par cet abaissement prend le nom de reflux, de jusant ou d'ébé. Après quelques instans de repos, la mer recommence à monter, et présente de nouveau lesmèmes phénomènes ; ainsi, dans 24heures 48’ il y a deux marées.

Les courans se subdivisent en courans généraux eten courans particuliers ; on les appelle aussi : mnouvemens propres de la mer, parce que la plupart ont leurs causes dan3 l'élément même qui en est agité. Nous nous lornerons à parler des trois qu'on regarde comiie les plus considérables.

On remarque, surtout entre les tropiques et jusqu'à 30° de latitude nord et sud, un mouvement continu dans les eaux du Grand- Océan et de l’Océan-Atlantique, qui les porte d’orient en occidentdansune direction semblable à celle desvents alizés, mais contraire à celle de la rotation du globe. Les navigateurs, pour aller d'Europe en Amérique, sont obligés de descendre à la latitude des Canaries pour prendre le courant qui les porte avec rapidité à l'occident. Ils observent la même règle pour aller d'Amérique en Asie par le Grand- Océan. Un second mouvement porte les mers des pôles vers l'équateur. Il a aussi son mouvement correspondant dans l'atmosphère. La preuve la plus décisive de la réalité de ce mouvement est celle qu’on tire de la direction des glaçons flottans, qui se portent constamment des pôles vers l’équateur.

Le plus remarquable de tous les courans connus esi sans contreditle Gulf Stream. Grâces à ce courant , que M. de Humboldt compare à un immense fleuve , la navigation de l’Océau-Atlantique, à partir des côtes d'Espagne aux Canaries, et de là aux côtes orientales de l'Amérique , présente moins de dangers que la traversée des grands lacs de la Suisse , ou le voyage de Rouen au Havre, ou celui de Bordeaux à l'embouchure de la Gironde. II par-

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courten 35 mois un cercle irrégulier, immense de 8,800 lieues; 13 moïs pour aller des Canaries aux côtes de Caracas, 10 pour faire le tour du golfe du Mexique, 2 pour parvenir au grand banc de Terre- Neuve, et 10 à 11 pour aller de ce banc à la côte d'Afrique, ea passant près des Açores et se dirigeant vers le détroit de Gibraltar,

On appelle /acs des amas d’eau entourés de terre de tous côtés, et qui n'ont aucune communication immédiate avec l'Océan ou avec toute autre mer. On peut distinguer quatre espèces de lacs :

La première classe comprend ceux qui n'ont point d'écoulement et qui ne reçoivent pas d'eaux courantes. Ils sont ordinairement très petits et ne méritent généralement que peu d'attention. On peut citer comme des exemples celui d'4rendt dansla monarchie Prussienne , et celui d’Æ#/bano près de Rome.

La deuxième classe renferme leslacsquiont un écoulement, mais qui ne reçoivent aucune eau courante, Quelques grands fleuves ont de semblableslacs pour sources. Ces lacs sont naturellement situés à de grandes élévations; il y en a un sur le Monte-Rotondo, en Corse, qui se trouve à 9,294 pieds au-dessus de la mer.

Daas la troisième classe, qui est très considérable, nous rangerons ceux qui reçoivent et qui émettent des eaux courantes. Chaque lac peut être regardé comme, un bassin qui reçoit les eaux voisines; il n’a ordinairement qu'un seul débouché, et celui-ci porte presque toujours le nom de la plus grande des rivières qui s’y jettent. Mais on ne saurait pas dire proprement que les rivières traversent les lacs; leurs eaux se mêlent avec celles du bassin où elles se répandent. Ces lacs ont souvent des sources propres, soit près des bords, soit dans leurfond. Les grands lacs du Canada sont les plus vastes de cette division, à laquelle appartiennent

aussi ceux de Zadoga, d'Onega, de Constance, en Europe; de Baïkal, en Asie, etc., etc. Ce dernier, que quelques naturalistes placent à tort parmi les lacs de la classe suivante , est remarquable parce qu'il recoit la Selinga , que nous proposons de regarder comme la source du Jenisseï, et parce qu'il donne naissance à l'Angara, que l'usage fait regarder à tort comme un affluent de ce fleuve. En admettant cette différente manière d'envisager le cours du Jenisset, ce lac serait traversé par le fleuve, dont le parcours surpasse celui de tous les autres fleuves de l’Ancien-Continent.

La quatrième classe comprend les lacs qui recoivent des rivières, souvent même de grands fleuves, sans avoir aucun écoulement visible. Le

plus célèbre etle plus grand parmi ces lacs est la prétendue mer Caspienne ; on en trouve encore beaucoup d’autres en Asie; nous citerons le Zac d'Aral (mer d’Aral); le Zac Asphallite (mer

Morte); les lacs de Van, d'Ourmiah, de Dour-

rah. Le Tsad, dans le Bornou, visité dernière-

ment par MM. Clapperton et Denham, parait aussi devoir être rangé dans cette classe, L'Amérique-

Méridionale offre le lac Titicaca, qu'on doit

compter parmi cette espèce de lacs, quoique, par

le Desaguadero, il envoie ses eaux à un autre lac beaucoup moins considérable.

Quelquefois, dit M. Walckenaer, les eaux d'un

oudeplusieursfleuvesourivières, avant de s'écouler dans la mer, s'épanchent sur un rivage plat, peu profond, ct offrent à leurs embouclures des espèces de golfes, qu'à tort on a nommés lacs, et qu'il faut désigner par le nom de lagunes, dénomination que nous n'hésiteruns pas à adopter, d'autant plus que, depuis le commencement du’ moyen âge, elle a été employée pour désigner le lieu où s'élève une ville célèbre, qui, pendanttant de siècles, a été la reine des mers. Nous vouluns parier des lagunes de Venise, situées près des embouchures de la Brenta, du Bacchiglione et autres fleuves. C'est aussi parmi les lagunes. les plus remarquables de l'Europe que l'on doit ranger celles bien plus considérables qui sous le nom de haffs'étendentaux enbouchures de l'Oder, du Niémen et de la Vistule ; c'est encore parmi les lagunes que l'on doit classer les prétendus lacs de Menzaleh et de Bourlos dans le Delta du Nil, ainsi que cette longue série de bras de mer, qui, sous les noms de sounds, de lacs et autres, longent les côtes orientale et méridionale des Etats- Unis, car ils ont tous le caractère de véritables lagunes, parmi lesquelles on distingue les vastes sounds de Pamplico et d'Albemarle dans la Caroline-du-Nord, et les grands lacs Borgne, Mermentau, Calcasui et Sabine dans la Louisiane. Les côtes de la Confédération Mexicaine, sur le golfe du Mexique, en offrent d’une grande étendue; nous citerons celles qui sont connues sousles noms de baie de San-Bernardo, laguna de Madre, laguna de Temjagua et laguna de Terminos.

Les étangs, dit M. Walckenaer, diffèrent des lacs en ce qu'ils sont moins grands, souvent marécageux, peu profonds, et que généralement ils n’ont point d'écoulement et ne reçoivent point d'eau courante. Cependant nous ajouterons que, dans l'usage ordinaire , un é{ang est un lac artificiel, un amas d’eau retenu par une chaussée, où l'on nourrit du poisson, et que le réservoir differe de l'étang en ce qu'il est employé, soit à fournir de l’eau à des canaux de navigation , soit à alimenter des canaux d'irrigstion. Tel est, par exemple, le fameux réservr'ir de Saragambra dans le Bas- Carnatic, qui n’a ;:::; :n0ins de 8 milles anglais de longueur sur 3 de la:3e, et qui fournit pendant 18 mois l’eau nécessaire aux cultures de 32 villages.

Souvent l'abondance des pluies produit des amas d’eau que l’évaporation fait disparaitre. Dans les contrées tempérées, ces amas d'eau sont de simples mares, qui ne méritent pas d’être remarquées; mais entre les tropiques, où les pluies tombent par torrens, elles forment de vastes lacs intérieurs périodiques ettemporaires, qui ont quelquefois plusieurs centaines de milles carrés : tel est dans l’'Amérique-Méridionale le Zac des

Xarayes. Ces lacs périodiques ou temporaires,

lorsqu'ils commencent à se dessécher, forment de

vastes marais qui sont des amas d’eau peu profonds, parsemés de plantes qui s'élèvent au-dessus de leur surface, ou des terreins humectés, mais

non submergés. à

Comme la nature semble vouloir toujours échapper à nos définitions, il y a des amas d’eau qui participent à-la-fois des lacs, des lagunés et des

me

marais; tel est le {ac d’Ybera, dans l'Amé-

rique-Méridionale, dont on a beaucoup exagéré

l'étendue; il ne reçoit ni rivières ni ruisseaux ; il est en grande partie rempli de plantes aquatiques, et renferme mème quelques arbres. Dans certains endroitsil ressemble à un véritable lac, dans d'autres à une lagune , et ailleurs à un marais,

Les divers cours d'eau qui ornent, rafraichissent et fertilisent la surface du globe, se nomment sources immédiatement à leur sortie du sol à travers lequel ils filtrent : ces sources produisent des ruisseaux, qui prennent le nom de torrens lorsqu'ils coulent avec une grande rapidité; on dnañe.aussi ce dernier nom à un cours d'eau passagcr qu'aucune source n'alimente, mais que

roduisent temporairement de grandes pluies ou

a fonte des neiges. Les ruisseaux et leslorrens, ense réunissant dans un terrein plus bas, donnent naissance aux rivières ; et les rivières, par leur réunion dans le fond d'un mème bassin hydrographique, forment les fleuves. Le mot fleuve, dit M. Walckenaer, semble désigner une grande rivière; mais l'usage n'a pas pu établir, malgré les définitions des géographes, une distinction bienprécise entre ces deux mots, cton dit encore darivière des Amazones, quoique cette rivière soit le plus grand fleuve du monde. Quelques géogranhesont proposé de ne donnerle nom de fleuve qu'a tous les cours d’eau qui aboutissent directement à la mer; M. Walckenaer propose de le restreindre à tous ceux dont la source ct l'embouchure se trouvent cn ligne droite à plus de 100 lieues marines de distance, et M. Huot, dans l’Encyclopédie méthodique, a fait dernièrement des distinctions entre le ruisseau, la rivière et 'e fleuve, qui nous paraissent très justes. M. Ritter remarque aussi que pour les petits courans d’eau ilexiste déjà plusieurs noms caractéristiques imaginés par plusieurs nations, tels que les wadis dans l'Arabie, les oulastous dans les steppes des Kalmouques, les wed dans la Barbarie ; les barrancos danstoutesles possessions portugaises, les creek dans l'Amérique-du-Nuïd, les e/fen dans la Suède, les gangas dansl'Hindoustan. Quant à nous, nous avons toujours qualifié de fleuve tout courant, grand ou petit, qui se rend directement dans la mer, ct nous avons retenu la dénomination de rivière pour tous les courans d'eau qui entrent dans un fleuve, quelle que soit la longueur deson cours.

On donne en Afrique le nom de marigot à une sorte de canal naturel ou de ruisseau sans pente sensible, dont le courant est tantôt dirigé vers le fleuve ou bras principal, tantôt dans le sens opposé, suivant que la saison fait grossir ou diminuer le volume des eaux; ainsi, dans la saison des basses eaux, le marigol'de Gounian afflue au Sénégal, et le Nerico à la Gambie ; dans celle des haules eaux, l’un et l’autre ef/luent vers un point commun marqué par l'étang, ou ghia/y de Dendoudy, etparleur jonction en cet endroit réalisent Ja communication tant contestée du Sénégal et de la Gambie. Les Anglais confondent les marigots avec tous les autres courans peu considérables sous le nom de cree. Les autres parties du monce, et surtout l’Amérique offrent plusieurs ezem-

ples de ces canaux naturels, dont on cherche en vain la définition dans tous les traités de géographie. Nous ajouterons que l'Amérique-Méridionale présente dans le Cassiquiari, qui forme la bi-

on de l’Orénoque, le plus grand canal naturel connu, par lequel le bassin de ce fleuve immense communique avec le bassin bien plus grand de l'Amazone; M. de Humboldt remarque qu’il a près de 200 milles de long, et qu'il est aussi large que le Rhin.

La cavité qu'occupe un fleuve ou une rivière est ce qu'on appelle le /é£, etla ligne formée par la partie la plus profonde est ce qu'on nomme fha/wegchez les Allemands, dénomination qui est souvent employée par les géographes des autres nalions de 'Europe. Les bords d'un cours d'eau s'appellent rives quand ils sont peu élevés et que le cours d'eau n'est pas encaissé; dans ce dernier cas, ces Lords prennent le nom de berges. La rive d'un cours d'eau qui se trouve à la droite de celui qui le descend est la rêve droite, el la rive opposée est la rive gauche.

L'endroit où un cours d'eau se décharge dans un autre, dans un lac, ou dans la mer, se nomme embouchure ; etle lieu de jonction de deux cours d’eau se nomme confluent. Le cours d’eau secondaire, ou celui qui porte le tribut de ses eaux au courant principal, est ce qu’on appelle un af fluent; dénomination que, d’après ce que nous venons de dire en donnant la définition du mot fleuve, nous avons toujours regardée comme synonyme de rivière.

Les fleuves se déchargent souvent dans la mer par plusieurs bras ou embouchures; ils forment alors un delta, comme celui du Vé/, et ceux du Gange, de l'Indus, de l'Euphrate, du Rhin et de plusieurs autres grands fleuves. M. Ritter propose d'appeler dellas négatifs Y'embouchure de ces fleuves qui, au lieu d'offrir des prolongemens de terres produits par leur attérissement successif comme ceux que nous venons de nommer, présententune vaste embouchure ou une espèce de golfe. L'AmMmasone, le Rio de la Plata, Y'Oby, le Jenisset, le Saint-Laurent, la Colombia et autres fleuves, en offrent des exemples remarquables. Ces deltas négatifs du géographe allemand correspondent aux esluair'es de M. Walckenaer.

Quand le lit d'un cours d’eau , dit M. Walckenaer, change brusquement de niveau, il forme une chute ou un saut. Si ses ondes se précipitent d’une grande hauteur, se brisent sur des rochers, écument et rcjaillissent, ce saut se nomme cascade. Si un fleuve ou une grande rivière tombe en formant plusieurs cascades de suite, et fait entendre au loin le fracas de ses flots bondissans, cette suite de chutes ou de cascades se nomme cat{aractes. La chute du l’elino, près de Terni en Italie; Ja cascade de Niagara, produite par le Saint- Laurent entre les Etats-Unis et l’Amérique-Anglaise; le saut de Tequendama près de Santa Fé-de-Bogota dans la Colombie, sont connus de tout le monde, et malgré les différentes manières de les qualifier, ce sont autant de cataractes. Quelquefois un cours d’eau, sans changer beaucoup de niveau, se trouve obstrué ou barré par des rochers au travers desquels ses flots sont obli-

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gts de se faire jour ; ces rochers se nomment brisans ou ba 8, Souvent aussi une rivière, sans changer très brusquement de niveau, précipite son cours en tombant par une pente. unie ct fortement inclinée, ou par une séric de chutes, peu élevées, qui se succèdent comme les degrés d'un escalier. Les Anglais et les Français nomment l'apides ces sortes de sauts, Dans les hautes eaux les bateaux peuvent quelquefois franchir les brisans ctles rapides, mais jamais les cascades ni les cataractes, Les célèbres cataractes du Nil, près d'Assouan, ne sont que des brisans, et les cataractes de Maypurés, formées par l'Orénoque, sont de véritables rapides, malgré les dénominafions diverses sous lesquelles l'usage les désigne.

Les sauts, les cascades, les chutes, les disparitions sous terre, les inondations et les crues périodiques ou irrégulières apportent souvent des obstacles insurmoutables à la navigation des fleuves et des rivières, dont les cours, soit par leurs sinuosités, soit par leurs directions, ne sont pas toujours propres à établir de faciles et promptes communications entre les diverses parties d'un même pays; mais lorsqu'ils le sont, il est très utile delesréunir par des coupurestransversales, Aussi, dans les pays civilisés, l'humme s'est-il empressé de creuser des canaux navigables, sortes de rivières artificielles, au moyen desquelles on obvie à la différence des niveaux, à l'inégalité ou à la rapidité des rivières naturelles , par des bassins et des écluses, par des ponts jetés sur les vallées, et par des souterrains creusés dans les montagnes. Le canal impérial, qui du nord au sud traverse une grande partie de la Chine, etcelui de New-York, qui traverse cet état de l'est à l'ouest, sontles canaux les plus longs qui existent. La France, l'Angleterre, l'Autriche, les Pays- Bas, etc., etc., en ont plusieurs qui, quoique moins longs, ne sont pas moins remarquables par leur beauté et l'importance de leurs constructions hydrauliques.

Les rivières et les lacs, dit M, Walckenaer, ont leurs iles, leurs presqu'iles, leurs pr'omontoires, leurs caps, leurs anses et leurs ports, qui ne diffèrent de ceux des mers que parce qu'ils sont beaucoup plus petits et que leur exiguïté ne permet pas aux géographes de les signaler, malgré l'impor tance qu'ils peuvenc avoir quelquefois pour la n1 vigation intérieure. Mais 1»; grands fleuves en se réunissant, lorsqu'ils formententre eux desangles très aigus, dont les côtés sont très allongés, ou qu'ils circonscrivent de grands espaces de terre, donnent lieu à un genre de classification que les Grecs ont désignée sousle nom de Mésopotamie ; les Hindoux par celui de Douab , et les Arabes par celui de Djezyreh ou presqu'ile; telle estla Mesopolamie, proprement dite, formée par l’Euphrate et le Tigre; la contrée comprise entre le Gange et la Djumnah dans l'Hindoustan, qu’on nomme Douab par excellence, Nous proposons, avec M. Walckenaer, d'employer la dénomination de Mésopolamie pour désigner tous les espaces de la surface terrestre qui offrent le caractère des régions mésopolamiques. Ces espaces si bien caractérisés ont été négligés par les géographes, quoique, par leur nombre et par leur importance

dans la géographie physique et politique, ils metitassent une mention spéciale.

L'ensemble des pentes d'où découlent Ics ruisseaux etles rivières qui sejettent dans ua fleuve, M ve le bassin de ce fleuve, ou sa région hydrographique. Les plus grands bassins du

lobe sont : le bassin de l’Amazone et ceux de

a Plata, du Saint-Laurent, de V'Oby, du Misslssipi, du Jenissel, du Lena et du Alang ou Fleuve-Bleu.

En partageant la surface terrestre en parties <arrespondantes aux bassins de ses fleuves et de semers, on obtient ses divisions naturelles principales, dont l'ensemble forme ce qu'on appelle le: As Au dpt par bassins, addition importaate faite de nosjours à la science dont le but est la description du globe.

La surface du globe offre un grand nombre ge sources d'eaux minérales, ainsi nommées parce + 'rr sont combinées avec quelques substances

u règne minéral en quantité assez considérable pour avoir une action marquée sur l’économie animale , et pour leur donner le goût et la couleur, dont l'absence est le caractère de l’eau douce. Les boues thermales qu'on trouve souvent auprès des eaux minérales ne sont pas moins eflicaces

u’elles pour la santé. Les secours précieux qu’en tire l'art de guérir donnent une grande importance à ces sources et à ces boues; les lieux qui en possédent sont te rendez-vous d’un nombre considérable d'étrangers, et deviennent par Jà des endroits remarquables qui ne doivent pas être omis dans la description d’un pays.

Nousrenvoyons nos lecteurs aux traités spéciaux de géographie physique pour tout ce qui concerne l'explication des phénomènes principaux qu'offre atmosphère; quant aux définitions des termes qui les regardent, nous nous bornerons à parler des venis qui sont d’une si grande importance pour le géographe.

Nous avons déjà vu à la page 4 comment on les désigne suivant leur direction, désignation qui est toute différente de celle des courans maritimes. Ceux-ci prennent léur tom du point du compas où ils tendent, tandis que les courans atmosphériques prennent leur désignation du point d'où ils viennent; ainsi un vent de nord est directement opposé à un courant nord.

Ondistingue, sous Te rapport de la durée, les vents conslans des vents variables ; et, sous le rapport de l'étendue , les vents généraux des veuts partiels.

Il y a deux mouvemens généraux etconstans dans l'atmosphère : l’un règne dans la zone torride, et porte l'air, relativement à la terre, à l'occident, dans un sens conforme à celui du mouvement général des mers; l’autre, qui se fait surtout sentir dansleszoncstempérées, et quiamène l'air polaire vers l'équateur. Ce dernier mouvement produit donc deux couransou effluves polaires, semblables à ceux que nous avons déjà observés dans les mers. Le mouvement équatorial de l'atmosphère produit les vents alisés ou le vent constant d’est, qui souffle de chaque côté de l'équateur jusqu’à environ 28° ou 30° de latitude, pendant toute l'année du nord-est et du sud-est daus la zonc boréale

ct dans la zone australe avec de petites variations assujéties à la déclinaison du soleil, tant dans le Grand-Océan que dansl'Océan-Atlantique. Ce mème vent alizé domine aussi dans Ja partie méridionale de l'Océan-Indien, jusqu'au dixième degré de latitude sud, C'est dans ce meme océan, el daus la partie du Grand-Océau qui baigne la Malaisie (archipel Indien) et le sud-est de l'Asie, que l'on observe les vents périodiques appelés vulgairement moussons pe les navigateurs, Lorsque le soleil est au nord de l'équateur, il attire vers lui et vers lesterres, qu'il échauffe immédiatement, les courans atmosphériques; c'est LM jai de la mousson du sud qui souffle du sud-ouest dans les golfes de Bengale et d'Oman , ainsi que dans la mer de la Chine, et du sud-est dans la partie méridionale de la Malaisie (archipel Indien), depuis le gi d'avril jusqu’au mois d'octobre. Le contraire ieu depuis octobre jusqu’en avril. Le soleil dardant alors ses rayons sur des points opposés, la mousson prendune direction diamétralement contraire à celle que nous venons d'indiquer. En général, dans chaque hémisphère, ce sont les vents de l'autre hémisphère qui amènent la mauvaise scison; elle concorde ainsi avec le voisinage du soleil, Les vents qui soufllent du sud-ouest aménent le mauvais temps dans la mer de la Chine et surles rivages qu'ils frappentimmédiatement, tels que les côtes de Malabar, d’Aracan et du Pegou, tandis que la côte de Coromandel jouit d’un ciel serein, Dans le sud, au contraire, les vents du nord sont accompagnés de mauvais temps. La succession de ces vents s'opère par un mois de calme et de brises variables; l'instant critique, surtout le passage d'une bonne mousson à une mauvaise, estsignalé par des déluges de pluie et des ouragans, parmi lesquels on remarque les

Wplons de la Chine et les coups de vent du golfe de Bengale, appelés autrefois éléphans, qui signalent l’arrivée de la mousson du nord-est.

Nous réunirons à ces mouvemens périodiques de l'atmosphère ces brises de terre et de mer, du malin et du soir, qui soufflent avec tant de constance et de régularité sur les rivages des iles etdes continens des régions équatoriales, et que l'on observe quelquefois pendant l'été jusque sur les côtes glacées de la Norwège.

Les vents variables souffient dans toutes les directions et à toutes les époques de l'année ; leur durée varie autant que leur vitesse. Aucun phénomène particulier ne les précède; aucune circonstance ne les accompagne; souvent quelques heures, quelques minutes suffisent pour qu'ils parcourent tous les rayons de la rose des vents, sans se fixer sur aucun point; ils cessent subitement, et le plus grand calme succède à une tempête très forte.

Le semoun du désert de Sahara, le samiel des déserts de l'Arabie, le Ækamsin de l'Egypte, l'harmattan de la Guinée, le nord-ouest de la Nouvelle-Galles du sud, le so/ano d'Espagne et le scirocco d'Italie, sont, avec plusicursautres vents chauds et brülans des courans atmosphériques, remarquables par leurs propriétés etleurinfluence éminemment sensible surla vie desétresorganisés, Nous lerminerons ici la nomenclature des défi-

nitions qui appartiennent à la géographie physique, pour nous occuper de celles qui se rattachent

à la géographie politique. C'est par le mot dtat

que nousallons commencer, définition que nous

regardons comme la base de celle section de la géngraphie , quoiqu'on la cherche en vain dans sépubla 8 reVaigemés de cette science.

On appelle d'lat cet espace plus ou moins grand de la surface terrestre dont les habitans sont réunis ensemble par les mêmes liens sociaux et viveut soumis à un pouvoir suprême commun. Nous avons déjà signalé le sens vague et bien souvent erroné que l'on donne au mot éfat, et toutes es erreurs géographiques qui en sont la suite.

L'étendue d’un élat est la quantité de l’espace

u'il occupe sur le globe. Les dimensions de

ongueuret de largeur, qu'offrentexclusivement es anciennes gébgraphies ;'et auxquelles se bor-

nent encore la plupart du temps les | da -tui es modernes, ne suflisent point pour donner une juste idée de la grandeur d’un état. On ne peut connaître cette dernière avec précision que par la détermination exacte de sa superficie, que l'on mesure eu lieues, en milles, en kilomètres, etc., etc., carrés, Dans le cours de cet Abrégé, ainsi que dans tous nos ouvrages, nous nous sommes servi du mille carré géographique de 60 au degré équatorial. Nous avons exposé ailleurs les motifs

qui nous ont engagé à préférer celte mesure à

toutesles autres.

Lt3 dimensions de longueur et de largeur sont absolues ou relatives. La longueur absolue d'un état est la plus grande ligne droite que l'on puisse tracer sur une carte, dans ses confins , sans faire atlention aux bras de mer et aux parties de territoire qui appartiennent à d'autres états. La dargeur absolue es la plus grande ligne droite quel'on pourratracer dans une direction sensiblement opposée à celle de la longueur absolue, mais sous un angle non déterminé. La longueur r'elative est la plus grande ligne que l'on puisse tracer dans les confins d’un état donné, en évitant tous les bras d’eau et toutes les parties de territoire qui appartiennent à d’autres états. La largeur relalive est la plus grande ligne que l’on peut tracer dansunc direction diamétralement opposée à celle dela longueur relative , en évitantégalement tous les bras de mer et toutes les parties de territoire qui n’appartiennent point à l'état donné, et tou-

jourssousunangledroit.Danscet Abrégé iln'est jamais question que des longueurs et des largeurs relalives, à moins qu’il ne soit dit autrement.

Les confins ou les limites d’un élat sont les lignes qui en tracent les contours et au-delà desquelles s'étend la mer, ou bien où commence le territoire des états limitrophes. Il y a des /inites artificielles et des limites naturelles ; celles-ci, qui sontles meilleures, sont la mer, les fleuves et les chaines de montagnes.

La population d’un état est le nombre de ses habitans. Le géographe et le politique distinguent la population absolue de la population relalive. La première est le nombre des habitans d’un état. sans égard à l'étendue du sol sur lequel ils vivent; la population relative est le nombre des habitans de ce même état qui vivent sur chaque

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mille carré. On l’obtient en divisant ia population absolue par le nombre de milles rarrés qui expriment |a surface de l'état auquel elle appartient, Ainsi,ls population absolue de la France à la fin de 1826 étant d'environ 32,000,000, ce nombre divisé par sa rficie, qui est de 154,000 carrés, donne 208 habitans par mille carré; ces derniers chiffres expriment sa population relative,

Le gouvernement est l'unité des forces physiques et morales de la société civile pour maintenir les lois et la constitution. La force du gouvernement régularisée par les lois constitutives s'appelle le pouvoir supréme, Celui-ci peut être subdivisé en différentes branches, comme, par exemple, le ho Las Lee rrota proies 'oposant, délibérantetdécrétant ; le pouvoir exécutif,subdivisibleenpouvoir administratif judiciaire, militaire et de.suprémainspection. Ces divisions sont , en partie , arbitraires. La manière dont le suprème pouvoir est organisé, subdivisé, concentré, s'appelle forme de gouvernement.

Il y a un grand nombre de formes de gouvernement; elles varient depuis la plus grande dissémination du pouvoir entre les membres du corps social, jusqu’à sa plus grande concentration dans les mains d’un seul. Chaque peuple en a une qu lui est particulière. Nous les ferons connaître successivement dans la description de chaque pays; nous nousbornerons ici à indiquerles suivantes,comme offrantles nuances principales des différentes sortes de gouvernement,

On appelle gouvernement monarchique celui où le pouvoir suprème estconfié àäun seulindividu, quelle que soit la dignité dontil est revêtu. Lorsque cet individu n'est retenu par aucune loi, et peut disposer à son gré des propriétés, de la liberté et de la vie de ses sujets, alors son gouvernement se nomme despolique. On appelle monarchique absolu tout gouvernement dont le chef a le droit de faire des lois à son gré. On dit qu’un gouvernement est monarchique linmilé ou constliltulionnel,lorsquele chefest privé de ce droit, et ne peut l'exercer qu'avec le concours des principaux représentans de la nation. Ces personnes privilégiées forment ces corps qu’on appelle parlement en Angleterre, chambres des pairs et des députés en France, élats du royaume en Suède, etc., etc. Un gouvernement républicain est celui où le peuple en corps ou seulement une partie du peuple a la souveraine puissance, Lorsquele pouvoir suprême est confié seulement aux principaux citoyens, on le nomme gouvernement républicain aristocratique ; lorsqu'il est confié à l’assemblée du peuple, où bien à ses représentans,on l'appelle gouvernement républicain démocratique. Souvent il existe une subordination de pouvoirs et une gradation dans la dépendance que produisent le droit même de propriété et les circonstances qui l'ont fait naître; une suprématie héréditaire s'établit entre les propriétaires des biens concédés à de certaines conditions; l'autorité du seigneur sur celui qui tient ses biens de lui ou de ses ancêtres est souvent supérieure à celle du chef de l'état ; c'est là ce qu'on appelle un gouvernement féodal ; pendant le moyen âge, c'était le gouvernement de presque toute l'Europe; et on

en aperçoit encore aujourd'hui des traces en quelques parties; c'est aussi celui qui régit presque tous les peuples civilisés et les peuples barbares de l'Océanie, ainsi que plusieurs nations de l'Asie et de l'Afrique.

Les états considérés sous le rapport de leur étendue, de la forme de leur gouvernement et du titre de leurs chefs, reçoivent les dénominations de monarchie , d'empire, de royaume , de grandduché, de duché, deprincipauté, de comté , de sg abs de khannat, d'imanat, de schérifat, de république, de confédération , etc., etc, L'application de tous ces termes s’apprendra successivement dans la partie descriptive de cet ouvrage, Nous avons présenté ailleurs quelques observations sur les titres que prennent les chefs de certains états, Nous ajouterons seulement, pour

plus de clarté, ce que l'on doitentendre par confé-

dération, qualification que bien des géographes et des voyageurs donnent à tort à de simples r'éqd a ur Ê tandis qu'ils appellent républiques de véritables confédérations.

Un système fédératif,ou une confédération, estlaréunion de plusieurs étatsindépendans sous une autorité supérieure choisie par eux, qui a des pouvoirs plus ou moins étendus, pour maintenir l'ordre public et pour les défendre eontre les ennemis extérieurs. Les systèmes fédératifs sont de deux sortes: ou des réuhiohs de républiques, comme la confédération Anglo- Américaine , les Etats-Unis proprement dits; la confédération Mexicaine, etc., etc.; ou des réunions d'états gouvernés différemment, comme la confédération Germanique, qui offre dans les états dont elle se compose, des monarchies, des royaumes absolus, d’autres qui sont constitutionnels, des républiques, etc. La confédération Suisse, avant les dernierstroubles dont elle a été le théâtre, offrait des républiques oligarchiques, aristocratiques, démocratiques, et un gouvernement monarchique constitutionnel.

Les chefs des peuples sauvages ou barbares se font donner en nature les objets de nourriture , de luxe et d'ornement dont ils ont besoin ; ces prestations forment leurs revenus. Cette méthode est aussijusqu’à un certain point plus ou moins suivie chez plusieurs peuples civilisés de l’Asie, de l’Océanie et de l'Afrique ; mais elle a été restreinte en Europe par les progrès de la civilisation. Le système desfinances européen, quiest commun aussi aux états du Nouveau-Moude, estdevenu une machine très compliquée, liée intimement avec le commerce et le cours du change. Voici cependant un tableau général des sources d’où les étatstirent ordinairement leurs revenus en temps de paix. Nousl’empruntons à la grande géographie publiée par Mentelle et Malte-Brun; mais avec plusieurs correctionset additions importantes qui nous ont été suggérées par un employé supérieur de l'administration.

1° Les DowAINEs : ce sont des terres possédées parl'état et souvent inaliénables, autrefois seule source des revenus publics et spécialement affectés à l'entretien du souverain. On distingue, dans quelques états monarchiques.:

tt mm

A. Lesterres de l’état, appelées dans certainspays{erres de lacouronne , dont les reveausentrent dansle trésorpublic, ou la chambre des rentes.

B. Lesterres patrimoniales, ou biens de da cassetle, où domaines de la couronne, dont les 1evenus alimentent la Caisse particudière du prince.

C. Lesterres d’apanage sont les domaines affectés à l'entretien d'ün prince non.régnant, membre ou allié de la famille régnante.

2° LES DnoOITS RÉGALIENS : ce sont des droits que l'état s'est réservés sur certains objets que l’on ne peut exploiter, ou dont on ne peut se servir sans sa permission. Le nombre etla nature de ces ob-

jets varient dans les différens pays, et mème de province à province: Les plus remarquables sont :

A. Lespéages : sous ce nom sont comprisles droits sur l’entrée et la sortie des marchandises ; les droits de passe pourles voitureset les chevaux; les droits de barrières, les hautsconduits, etc., etc.; les droits sur les passeports, et en quelques pays le péage des Juifs.

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