‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 2)Chapitre 40 sur 628 · Les postes et messageries · texte numérisé non relu

Les postes et messageries

C. La régale des eaux, qui s'étend surles fleuves, lacs ou détroits compris dans le territoire de l’état, a'ns' que sur une étendue de mers voisines encore indéterminée. Cette régale comprend : les droits de douane , de port, d'ancrage , ainsi que les redevances pour l'entretien des phares, des pilotes, etc., cte. Les droits de passe dans les détroits et canaux par les écluses ct sur les ponts. Les droits de jlotlage de bois, sur les radeaux, les gares, etc., etc. Les droits sur da péche (les pêcheries de perles sont ordinairement réservées), sur les moulins, sur l'orpaiilage et le lavage ; les nouvelles tles et attérissemens.

D. La régale des forèts : elle consiste dans la faculté qu’a le souverain de disposer de foréts appa:tenant à l’état; dans le droit qu’il a de fixer des règles économiques pour l’administration des foréts particulières , afin d’empècher leur dégradation.

E. La régale de chasse, le droit de portd'armes de chasse.

F. Les mines et les salines : cette régale est extrêtnement importante. Le souverain a ordinairement seul le droit de faire exploiter toutes les mines de ses états pour son compte, ou d'en permettre l'exploitation aux particuliers à certaines conditions, comme de lui payer la dime du produit et deluilivrer les métaux à un prix au-dessous de celui de leur valeur ordinaire.

G. La régale de battre monnaie.

H.1Le monopole du tabac et de l’eau-de vie, de l'opium , du sel, des poudres et salpétres , des cartes à jouer.

3° Les conrripurions : elles sont de deux sortes.

A. Contributions directes, qui se Jèvent directement sur les possessions , les revenus etlespersonnes des sujets. On y distingue la contribution personnelle ou capitation, la contribution foncière sur toute possession immobilière, sur les terres, les maisons , les chemiutes; la contribution des portes et fenétres,

etc. ; la contribution mobilière ; les impôts sur de luxe, soit en habits , soit'en équipages et dumestiques. La contribution industrielle, suries nt ,» sur les revenus, le droit de patentes, et:., etc.

B. Contributions indirectes, qui selèvent à l’occasion de quelques actes civils, que les contribuables peuvent faire ou ne pas faire à leur gré. Ces‘contributions varient à l'infini; voiciles genres les plus ordinaires : les émpôts sur les consommations , autrefois nommés accise ou aides et gabelles ; \e papier timbré; les pourcents sur les achats el ventes, les loteries, la ferme des jeux, etc., etc.

4° LES REVENUS -CASUELS sont rarement d'une grande importance , du moins dans les états bion policés.

« Les sources principales sont :

A. Les droits de vasselage ou féodaux ‘qui se divisent en plusieurs branches, savoir : les services de cour el de guerre que les seigneurs rachètent aujourd’hui avec de l'argent; les droits d’investilure, etc.; l'octroi de différentes concessions demandées par les seigneurs vassaux ; la réunion des fiefs à la couronne, eu cas de vacance.

B.Le droit d’aubaine, qui rend l’état héritier des étrangers morts sur son territoire; ce droit a été dernièrement aboli dans un grand nombre d'états; de plusles successions vacantes

C. Les amendes, les confiscations, les sportules, lesconcessions de privilèges, titres et dignités , les brevets d'invention.

Toutes ces branches différentes des revenus d'un état sont ordinairement détaillées dans sa statistique, mais dans une géographie générale abrégée où se contente d'indiquer les résultats sous le titre général de revenus d’état. Le tableau des finances soumis tous les ans à l’approbation des corps législatifs (aristocratiques ou démocratiques) de certains états, qui participent à l'exercice du suprème pouvoir, comme en Angleterre, en France, etc., s'appelle budget. :

Tousles états européens et les nouveaux états de l'Amérique, ainsi que quelques états de l'Asie, se sont vus successivement, par plusieurs causes, obligés à emprunter des sommes plus ou moins considérables. C’est ce qu’on appelle dette d'état ou dette publique. Ces dettes sont d’une double nature : les unes proviennent de véritables e/nprunts que l’état a faits aux particuliers, ou aux divers gouvernemens avec lesquels il est en rapport; les autres ont été formées par l'émission du papier-monnaie. Les empruntssont souvent hypothéquéssur certains revenus, certains territoires : plussouvent les prêteurs ne demandent pour sûreté que la foi publique. Le degré d'estime qu’on a pour la foi d’un état s'appelle le crédit public. Les obligations que l’état donne pour les sommes empruntées s'appellent fonds ou effets publics. Hshaussent etbaissenteh raison du crédit de l’état,

Dans l'évaluation de la dette des divers états, nous avons toujours compris la somme représentée par les inscriptions en circulation, et non celles qui appartiennent aux caisses d’amortisse-

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ment. On appelle amortissement la somme consacrée chaque année à l'extinction de la dette de l'état ou au retrait des inscriptions.

Les puissances européennes ont, depuis plus d'un siècle et demi, des troupes toujours sur pied prètes à marcher au prennier signal. Ellcs forment ce qu’on appelle le: forces de terre ou l'armée permanente de l'état. Leur entretien absorbe aujourd'hui le tiers et souvent la moitié de tous les revenus publics. L'armée se compose de quatre parties ou armes différentes, non compris leurs subdivisions, savoir : l'énfanterie ou lescombattans à pied, la cavalerie ou les combattans à cheval, l'artillerie qui dirige l'emploi de ces machines meurtrières d'où dépend le sort des batailles, etlegénie , qui calcule la défense ou l’attaque des places fortifiées. 11 ne suffit pas d'indiquer, dans la description détaillée d’un royaume, le nombre et l'emplacement des forteresses, les passes ou défilés les plus importans, ainsi que le nombre de troupes qu’il a sur pied ; il faut encore dire si ce sont des froupes régulières, ou des bandes sans discipline et sans science, dont le nombre'est peu redoutable sur un champ de bataille; il faut enfin indiquer les avantages et les désavantages physiques de ses frontières. Quelques états comptent aussi des réstrvexsous lenom de landwkhers, landsturn, gar::-côles , jeunes soldats en disponibilité, milices ou gardes nationales. Lesempires de Russie et d’Autriche ont dans leurs colonies militaires des réserves importantes.

On appelle place forte ou forteresse une ville fortifiée qui est capable de résister à l'invasion d’une armée ennemie. C'est ordinairement dans ces villes que se trouvent les arsenaux , où l'on fabrique les instrumens et les armes nécessaires à la guerre et où l’on conserve les provisions d’armes et de munitions.

Les nations voisines de la mer ont été naturellement portées à équiper quelques vaisseaux de guerre ; leur propre sûreté, el l'agrandissement de leur commerce les ont ensuite obligées à avoir des flottes. Un vaisseau de guerre estun bâtiment de mer pourvu de troupes, de canons ct d'ouvriers. Un certain nombre de ces vaisseaux composent une fofte ; un nombre moindre forme une escadre. On divise les batimens de guerre en différentes classes, que l’on appelle range. Notre cadre ne nous permettant pas d'entrer dans les détails qu'exigerait ce sujet, nous dirons sceulement que la détermination des rangs diffère chez les divers peuples, et se fait principalement d’après le nombre de ponts ct de canons. On distingue aussi les vaisseaux de guerre en vaisseaux de digne, en fr'égates , en corveltes , et en bâtimens légers ou avisos : à la première classe appartiennent ceux qui sont assez grands et assez bien armés pour être rangés en ligne dans uncombat naval; et par fr'égates on entend desbàtimens qui, n'ayant qu'une seule batterie couverte, ne sauraient tenir ligne avec les autres.Les premiers portentau moins 50 canons, mais le plus souventils enont bien davantage; ils peuvent en porter jusqu’à 140. Les frégales n’en avaicut autrefoisjamais

plusde 41; depuis quelque temps, ct surtout chez

les Anglo-Américains, elles en ont jusqu’à 64. Les corvettes sont les plus forts bâtimens d’un ordre ioférieur; viennent après les bricks, les goëlettes, lescutlters , etc., etc. Dansla mer Méditerranée ct ses branches, ainsi que dans la Baltique on se sert depuis plusieurs siècles de certains vaisseaux à voiles et à rames nommés galères. Ces bâtimens avec les chaloupes canonnières, en usage chez toutes les nations maritimes de l'Europe , et dans quelques autres parties du monde, composent ce qu'on appelle une floftille. Nous citérons aussi les navires à vapeur, qui, déjà si utiles pour la navigation des fleuves et les communications régulières, changeront peut-être un jour le système des marines militaires.

On appelle ports mililaires les ports où stationnent ordinairement les bâtimens de guerre d'un état quelconque ; et arsenal maritime oucliantier militaire les endroits où l'on construit ces vaisseaux.

On appelle généralement manufactures et fabriques ces établissemens plus ou moins importans où l'on prépare, pour certains usages, les matières premières tirées des trois règnes dela nature. Une partie de ces établissemens est d’une nécessité absolue pour satisfaire nos besoins; l’autre contribue à augmenter notre bien-être et nos commodités; mais tous sont plusou moins nécessaires à nos sociétés modernes dont la force consiste principalement dans le nombre de leurs membres, dans leur indépendance, dans l’utile activité de tous et dans l'accroissement de la richesse géntrale. La plupart des fabriques et des manufactures se trouvent dans les villes et dans lesbourgs ; lorsqu’elles y sont en grand nombre, ces lieux recoivent l'épithète de manufacturiers ou industriels. 1 est bon cependant de faire observer que les mots manufacture et fabrique sont indifféremment employés l’un pour l'atitre, quoiqu'il exisle une légère nuance entre eux ; mais l'usage a prévalu, et on les confond presque toujours. Ainsi l'on dit alternativement ces/abriques ou des manufactures de drup ; mais on ne dira pasune manufacture de verres à vilres. Ce seraittrop nous écarter de notre plan que d’insister davantage sur la valeur de ces deux mots.

Le commerce est l'échange, la vente ou l'achat des marchandises ou denrées. On vend, on achète ou on échange #es denrées de consommation , ou des matériaux de construction, ou des matières premières, destinées à être travaillées dans les manufactures, ou, enfin, des produits manufacturés. On peut diviser le commerce en sept branches principales, savoir: l'agriculture, les manufactures et les fabriques, les arts libéraux et mécaniques, la péche , la navigation, les colonies et le change.

On distingue plusicurs sortes de commerce, dont ilfaut connaître les définitions pour bien entendre la description des différens pays et les indications contenues dansles journaux.

Le commerce intérieur, qui est le plus important, consiste à transporter, d’un point à l’autre du même état, les objets nécessaires à sa consommation. Il sert ainsi à établir l'équilibre entre les différentes espèces de productiun.

Le commerce extérieur où d'exportation et d'importation consiste à vendre aux étrangersles productions du pays, ou mème celles d'un autre pays qui y ont été apportées, et à prendre en échange les produits de leur sol ou de leur industrie, Le commerce est actif lorsque l'état vend à l'étranger beaucoup plus de marchandises et de denrées qu'il ne lui en achète; il est passif si l'état achète plus qu'il ne vend. La comparaison du montant de la vente ou des exportations, avec celui de l’achat ou des importations , est cequ'on appelle balance. Long-temps on a cru qu'un pays ne pouvait prospérer qu'autant que la balance lu était favorable ; c'est-à-dire que l'excédant des valeurs de l'exportation sur celles de l'importation était à son profit : mais enfin on est revenu de cette erreur, et dans notre tableau de la Monarchie française comparée aux principaux états du monde, nous, avons démontré combien tous ces calculsétaient faux et illusoires. On appelle, dans certains états, comme en Suède, par exemple, ville d’élape , certaines villes qui ont le privilège de recevoir les denrées et d’en faire la distribution au reste de la province, etaux villes de l'intérieur qui n'ont pas ce droit.

Le commerce intermédiaire offre trois subdivisions principales dont il est essentiel d'avoir une idée exacte. Le commerce intermédiaire de spéculation, qui consiste à faire venir pour son propre compte des marchandises d’un pays étranger, afindeles vendre avec avantage dans un autre pays étranger. C'est ce genre de commerce qui, dans le moyen âge, accumulait des richesses immenses dans les villes de Venise, de Gènes, de Pise et autres cités très commercantes de cette époque. C'est aussi ce genre de commerce qui, plus tard, a élevé Amsterdam, Londres et Hambourg au-dessus des autres places commerçantes de l'Europe. Le commerce de commission, qui se fait en achetant ou revendant des marchandises par ordre d'un négociant étranger, comme par exemple, les cafés anglais à Hambourg. Le commerce d'expédition, genre subordonné et qui se borne à l'expédition, c’est-à-dire à l'envoi vers une destination ultérieure des marchandises arrivant de l'étranger et pour le compte des étrangers.

Le commerce des colonies participe des divers genres que nous venons d'indiquer, mais on en fait une classe à part à cause de sa grande importance. Avant l'indépendance de l'Amérique, ce commerce faisait plus de la moitié de la totalité du commerce européen, La situation politique actuelle des pays avec lesquels avait lieu ce commerce en faitentrer la plus grande partie dans la classe que nous avons nommée commerce extérieur.

Lecommerce du change comprend toutes les négociations qui ont pour objet la vente ou l’échange des matières d’or et d'argent monnayées, ou enlingots, ainsi que de toute sorte de papiers représentant une valeur métallique. Ceux qui s’en occupent sont nommés banquiers, cambistes, changeurs, etc. Le cours du change pour les effets de commerce et les papiers monnaies, c'estd-dire la différence entre la valeur que ces papicrs

doivent représenter et celle pour laquelle on les reçoit dans le commerce, varie selon le degré de confiance dont jouissent le gouvernement, ou les négocians qui ont émis ces papiers. Les. villes qui par l'étendue de leurs relations ont acquis une grande influence sur le reste du monde commercial, ou qui par leur situation sont devenues les intermédiaires entre tel pays et tel autre, s'appellent places de change. Hambourg, par exemple , est une place de change, principalement entre l'Angleterre et le continent, entre la France et le Nord; c'est-à-dire que lorsqu'un négociant français doit acquitter telle somme à Stockholm, en Suède, il trouve ordinairement plus commode de payer par une lettre de change sur Hambourg, et vice versd.

Les compagnies de commerce sont des asso ciations de plusieurs négocians pour certaines opérations, dont ils partagent entre eux les risques et les gains. Elles peuvent être publiques, autorisées et protégées par le gouvernement ou avoir lieu entre des particuliers sans autorisation de l'état; alors on les appelle plutôt sociétés. Souvent on donne à telle compagnie le droit exclusif de commercer avec tel ou tel pays ; quelquefois on se borne à lui accorder quelques prérogatives. Aucune de ces associations n'a atteint la splendeur et la puissance de la Compagnie Anglaise des Indes-Orientales, qui de nos jours est devenue la puissance prépondérante de l'Asie, et de laquelle aujourd'hui dépendent, soit immédiatement, soit médiatement, presque toute l'Inde et plusieurs contrées de l’Indo-Chine ; mais sa charte quicxpirait en 1834 n'ayant pas été renouvelée par le parlement, cette compagnie ne fonctionne plus aujourd'hui que comme corps politique ; et le commerce de l'Inde et de la Chine est devenu libre pour tous les habitans de la Grande-Bretagne.

Les banques sont des établissemens où l'argent destiné à la circulation est déposé ou censé être déposé, etqui mettent à sa place, dans la circulation, des billets de crédit ou promesses de paiement, dont l’objet est de rendre le porteur propriétaire de la somme exprimée sur le billet qu'il reçoit. On distingue plusieurs sortes de banques : 1° les banques de dépôt; 2 les banques de circulalion; 3° les banques d’escomptle ; 4 les banques prélantes. Les banques de dépôt reçoivent l'argent des particuliers, et en facilitent la transmission par le virement des parties, ou en donnent des récépissés qui entrent dans la circulation. Les banques de circulation ne se contentent pas de faire circuler les capitaux qu'on leur confie, elles émettent en outre , des billets payables au porteur. La principale opération des banques d’escompte consiste à escompter des lettres de change ; c’est-à-dire à en payer le montant par anticipation, en retenant un escompte ou intérêt proportionné à l'éloignement de leur échéance. Les banques prétantes sont aussi appelées mont-de-piélé lorsqu'elles ne sont pas instituées pour prendre au-delà d’un intérétcompensatoire, et lombards lorsqu'elles le sont à titre lucratif. C'est aux Etats-Unis et dans la Grande-Bretagne que le système des banques est le plus développé.

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Lesfoires*: : :es réunions de vendeurs et d’acheteurs 4 .ïeu dans certaines villes, dans certains bou: : «t même dans certains villages, à des époques déferininées. Ces institutions ne sont

Le d’une utiiité aussi grande que dansle moyen

e , où l'on n'avait ni poste aux lettres ni messageries. Les foires de ZLeipsick, de Francfort, de Nÿnel-Novogorod, de Beaucaire , peuvent être regardées comme les plus importantes de celles qui se tiennent de nos jours.

Sous le nom de bourse , on désigne dansles villes commerçantes de l'Europe et del’Amériquele lieu oùles marchands et les banquierstraitent de leurs affaires. Ces réunions se tiennent ordinairement dans un'bâtiment remarquable par son étendue et par son architecture. Paris, Londres, Amsterdam, Rotterdam, Anvers possèdent peut-être les bourses les plus belles du monde ; celle de Venise doitètre aussi classée parmi ces dernières, depuis qu’elle a été établie dans le superbe palais qui pendant tant de siècles a servi de résidence aux doges de cette république.

On donne le nom de caravane (mot qui parait d’origine persane) à une réunion de marchands, ou de pélerins, qui, sous la conduite et le commandement d’un chef, voyagentensemble pour se prêter un mutuel secours, soit contre les périls de la route, soit pour repousser les attaques des voleurs ou tout autre acte d'hostilité. Ce chef est ordinairement propriétaire d'une grande partie des chameaux ou bêtes de somme composant la caravane , et destinés à porter les hommes, les vivres etles marchandises. Dans les déserts de l’Afrique, ces chefs sont de véritables entrepreneurs de transports par terre. La discipline et l’ordre de la caravane leur appartiennent; ils commandent les haltes et le départ, et en cas d'attaque ils veillent à l’organisation des moyens de défense, tout en partageant ce soin avec les voyageurs qui paraissentles plus praves. Le commerce de toute l’Afrique musulmane etidolâtre, et de l’intérieur de l'Asie occidentale et moyenne, se fait par caravanes. Les relations de la Russie avec le Turkestan- Indépendant, ainsi qu'avec la Chine, ont lieu par caravanes. Cette manière de voyager remonte à la plus haute antiquité, puisque neus savons par la Bible que les fils de Jacob vendirent leur frère Joseph à une troupe de marchands d'esclaves qui allait en Egypte. Nous remarquerons aussi que les marins donnent le nom de caravane à plusieurs vaisseaux marchands qui vont de conserve.

On entend par échelles, dans le Levant, des ports ou des villages d'étape, où les marchands d'Europe ont des magasins, envoient des vaisseaux , ettiennent des comptoirs, et où les princes européens, dont les sujets sont en rapport avec ces contrées, ontdes consuls. Dans l'Inde, en Perseeten d’autres contrées, ces lieux sont appelés doges , sur la côte d'Afrique, comptoirs, okelle en Egypte, palissade à Madagascar, etc., etc. Le plus souvent ces stations sont accompagnées d'un petit fort garni de canons et défendu par une garnison d’un nombre de soldats proportionné à leur importance.

Un grand commerce demande nécessairement une »narine, ct une marine suppose des ports,

des matelots et des vaisseaux. Les navires que le commerce emploie sontappelés vaisseaux marchands. Leur grandeur est estimée par le nombre detonneaux qu’ils peuvent charger, ct l’on entend par tonneau un poids de 2000 livres pesant ; le laste est de deux tonneaux. On appelle frét ou nolis le prix du transport. L'assurance est le contratpassé entre un assureur et un homme qui fait une entreprise maritime : par ce contrat le premier se charge de tous les risques, prometen cas de perte de restituer ce qui est perdu, et recoit pour les risques qu'il court un intérêt qui ordinairement varie de 3 à 10 pour cent de la valeur qu'il assure, On appelle ports francs ceux où les vaisseaux de toutes les nations peuvent entrer chargés de toutes sortes de marchandises sans payer aucun droit. On entend par phare ces feux dont on se sert pour éclairer pendant la nuit les passages très fréquentés ou dangereux, où les vaisseaux pourraient aborder et s'échouer. L'architecture navale, ou l’art de construire les navires, diffère dans tous les pays de la terre ; les Européens peuvent seuls entreprendre les plus grandes navigations.

Les colonies proprement dites sont des établissemens de culture et de commerce dans des parties plus ou moins éloignées de l’Europe; elles dépendent absolument de leur métropole , et celles qui subsistent encore sont ordinairement soumises à des lois restrictives plus ou moins sévères. Les colonies espagnoles et portugaises, ainsi qu'une partie des colonies anglaises et françaises du Nouveau- Monde, en secouant le joug de la mère-patrie, ont donné naissance à plusieurs états indépendans, qui ont changé entièrement les relations politiques et commerciales de l’Europe avec l'Amérique. Les colonies modernes diffèrent entièrement de celles de l’ancienne Grèce qui ont répandu les arts et la civilisation dans une sigrande partie des contrées baignées par la Méditerranée et ses branches; elles étaient les enfanset non pas les vassales de leurs métropoles.

Les premières colonies modernes ont cu pour but l'exploitation des mines, l’accaparement d’un commerce trèsriche etla culture des productions précieuses, étrangères à l’Europe et devenues nécessaires à son luxe. Plus tard quelques-unes d'entre elles devinrent un asile où les victimes de la politique, du fanatisme et de la misère portèrent leur industrie et l'amour de l'indépendance : telle fut l’origine des Etats-Unis. La nécessité de se débarrasser de l'écume de la s0ciété donna naissance au système de déportation d'abord infructueux, mais auquel on a dû des établissemens florissans, lorsqu'on a enfin jeté les yeux sur des climats tempérés et sains, tels que certains états d'Amérique et les rivages de l'Australie, où la civilisation et la richesse semblent avoir été improvisées.

De nos jours le nom de colonie a été appliqué à des réunions d'hommes dans des parties jusqu'alors négligées de leur propre pays, où le gouvernement leur a procuré des ressources contre la misère , comme dans les Pays-Bas et le Hoïstein; dans d’autres contrées on a donné ce nom au

territoire assigné à une population toute militaire, comme dans certains gouvernemens de l'empire Russe, et dansla longue lisière qui, sous la dénomination de Confins Militaires, longe la frontière de l'empire d'Autriche du côté de la Turquie. Enfin certains états, en invitant des étrangers à s'établir sur des parties incultes de leur territoire, ont donné naissance à un autre genre de colonies, comme les colonies allemandes de da Sierra Morena en Espagne, du gouvernement de Saratov dansl’empire Russe, des Suisses, dans la province de Rio de Janeiro au Brésil, etc., etc. ,

Les géograples appellent Missions ou Pays des Missions, des établissemens permanens, des villages, et mème des bourgs et des villes, où les missionnaires catholiques ont réussi à réunir les sauvageserrans , en les engageant par la douceur à adopter quelques-uns des usages de la vie civilisée, et surtout à cultiver la terre et à avoir des demeures fixes. C’est en leur inculquant lésprincipes de la religion et de la morale évangélique, et en leur donnant l'exemple des vertus chrétiennes que les missionnaires sont parvenus à s'attacher de nombreuses peuplades autrefois nomades et féreces, et dont quelques-unes étaient même anthropophages. L'exemple des catholiques a été plus tard suivi par les protestans, soit dans l'Amérique et dans l'Inde, soit dans l'Océanie et l'Afrique. Quoique les missionnaires protestans aientobtent quelque succès dans les iles de la mer du Sud, cependant il faut convenir que jusqu’à présent les plus grands résultats el les plus durables ontété obtenus par les missionnaires catholiques. Les voyages de ces nouveaux apôtres tiennent une place éminente dans les annales des découvertes. Ces pieux religieux, en bravant tous les dangers, en se soumettant aux privations les plus pénibles pour convertir les peuples idolâtres, ont rendu les plus grands services à la géographie ct à l'histoire, de mème qu'ils ont beaucoup contribué à étendre Îes bienfaits de la civilisation parmi les peuples les plus barbares. Ils ont donc bien mérité de l'humanité et de la science, comme l'a récemment prouvé un géographe très distingué, le cardinal Zurla. Les plus célèbres de toutesles missions sont celles que les jésuites fondèrent dans lé Paraguay, et dont les débris forment actuellement une grande partie de l’état régi par le docteur Francia, et une fraction de l'empire du Brésil. La Californie, dans la confédération mexicaine, et d'immenses espaces le long de l’Amazone , de l'Orénoque et de leurs affluens, dans les républiques de Colombie, du Pérou et de Bolivia, sont encore régis par des missionnaires catholiques.

Les Bouddhistes et les Musulmans ont également et depuis long-temps employé de nombreux missionnaires, autant pour convertir les peuples à leur foi; que pour les engager à abandonner des usages abominables et d’horribles superstitions. On doit dire à la louange des Mahométans o:te c’est à l'introduction de leur croyance et à l'esprit de prosélytisme de leurs prêtres qu'est due, à quelques exceptions près, le peu de civilisation qui existe aujourd'hui dans l'intérieur de l'Afrique.

PRINCIPES GENÉRAU). CH. Vil.

Nous ajouteronsque les missions ontété pourl'Espagne et le Portugal de puissans auxiliaires qui ont contribué à établir leur domination sur ds. peuples farouches el ennemis de la vie sociale.

Le territoire de chaque état peut être partagé de différentes ma.ières selon les points de vue divers. souslesquelsen l'envisage, Les principales sont les. suivantes : la division géographique ou naturelle ; la situation des montagnes et la directioir des fleuves en font la base, La division politique comprend les provinces, les cercles, les départemens, etc., etc., qui forment les différentes circonscriptions des états; c'est de toutes les divisions la plus importante; c'est aussi celle que nous donnons dans la description de chaque état mentionné dans cet Abrégé,où le manque d'espace nous défend souvent d'admettre les autres divisions. La division judiciaire se fonde sur l’étendue des juridictions des tribunaux ; la division financière est relative Aux impositions, à la rentrée des deniers publics; la division ecclésiastique par. tage le territoire d’après les juridictions des ministres du culte; dans les pays catholiques ces districts sont appelés patriarchats, archevéchés, évéchés, diocèses, archidiaconats, diaconats , paroisses, etc. etc.; danslespays protestans on les appelle sy nodes, consisloires, congrégalions, intendances générales, inspections , etc., ou même aussi archevéches et évéchés, dans les contrées où l’ancienne hiérarchie a été conservée, comme en Angleterre, en Suède, etc., etc.

Le nom de ville , à parler rigoureusement, n’est pas donné arbitrairement à une réunion quelconque de maisons, en raison de l’éteridue ou de Ja population , maisbien en vertu des privilèges dont l'endroit jouit. Le droit d'exercer le commerce, lesarts et les métiers, voilà ce qui distingue, dans la plupart des paysles villes des villages. Les villages sont quelquefois plus grands que plusieurs villes, parexemple en Silésie et en Hongrie ; mais ils n'ont ordinairement aucun privilège qui les distingue du reste des campagnes. Les bourgs sont des endroits qui jouissent d’une partie des droits accordés aux villes. Au reste, ces mots prennent différens sens, selon les lois et les usages des divers pays.

Autrefois les villes étaient la plupart environnées de murailles, de tours, de fossés, de remparts : aujourd’hui, en dépit des titres de place forte, ville forte, ville très forte, que leur donnent certains géographes et les auteurs des dictionnaires, la plus grande partie des villes sont des places ouvertes.

Une ville est grande, ou relativement à son étendue, ou relativement au nombre de ses habitans. Nous avons déjà signalé les méprises ridicules dont fourmillent les méthodes et les dictionnaires géographiques dans l’emploi de cette qualification. Des rues larges, droites, bien pavées, bien nettoyées et éclairées pendant la nuit; des maisons assez grandes , commodes, d’un bon goût d'architecture, bien alignées, et bien disposées relativement les unes aux autres; des places d’une figure régulière, ornées de beaux ouvrages d'architcecture ou de sculpture, situées au milieu de la

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Ce système d'appréciation n’estapplicable qu'aux villes d'Europe et jusqu'à un certain point aux établissemens formés dans les autres parties du monde par les Européens dans les temps modernes; il est susceptible de beaucoup de moditicacions lorsqu'on l'étend à d’autres contrées où le climat, les mœurs et le goût des peuples sont «oul-à-fait opposés aux nôtres. Ainsi la chaleur aabituelle dans les pays qui avoisinent les tro”.ques fait que l'ombre et la fraicheur sont touc ce qu'il y a de plus délicieux au monde. De grandes places, comme celles de Londres, des maisons sans portiques, et des rues fort larges seraient très incommodes et‘tout-à-fait déplacées. Le goût architectonique diffère en outre chez chaque peuple suivant son caractère, sa religion ou le pays qu'il habité ; en sorte que l’on regarde commetres beau.en Orient ce qui nous semblerait bizarre, lourd ou mesquin. En général on doit appeler belle la ville dont l'emplacement, la distribution, lescominunicationset les édificessonten harmonie avecleclimat-etles besoins de ses habitans.Dansles villes où les principales transactions commerciales s'effectuent au moyen des foires, les bazars fixent toute l'attention des constructeurs ou des ingénieurs. Dans l'antique Egypte, les beaux prrtiques, les longues galeries et les cours couvertes,

‘où les habitans se mettaient à l'abri d’un soleil ar-

dent, étaient avec les temples, les obélisques et les palais desrois, les plus beaux monumens des villes. Les différentes religions nécessitent aussi chez chaquepeuple desédifices de formesdissemblables. Enñn, les progrès de la civilisation, l'usage chaque jour plus répandu des voitures, le goût des spectacles nocturnes nous rendent bien plus exigeans que nes ancêtres ct les peuples de l'Orient sur la largeur des rues, l'élendue des places ct sur mille autres objets devenus indispensables à nos mœurs.

L'Amérique, civilisée par les peuples européens, offre nécessairement un reflet de l’Europe sous tousles rapports, avec de légères modificationssollicitées par leclimat et les habitudesuouvelles qui en dérivent. Nous devons cependant faire remarquer qu'en général toutes les villes de cette partie du monde sont construites, plus ou moins, sur un plan régulier, avantage qu'elles doivent à ce que leur fondation a été arrêtée etcombinée d'avance ; tandis que la plupart des villes d'Europe ne se sont formées que par l'addition successive de nouveaux édifices élevés autour des anciens. Toutes les villes de l'Amérique ci-devant espagnole affectent le même système, le mème plan. Presque partout, tes fondateurs ont tracé une croix, dont la principale place et l’église forment le centre. Dans l'Amérique anglaise et aux États-Unis, ce sont les villes anglaises et hollandaises qui nnt servi de modèle, soit pour les édifices, soit ] x: l’alignement des rues, soit enfin pour les tro..oirs et les mursd’enceinte ; quant aux villes du littoral, tout

a été subordonné aux besvins du commerce, et la population s'est rangée le plus près possible des ports. Le plan géométriquement régulier de Philadelphie est devenu en quelque sorte un modèle pour les villes nouvelles de cette grande confédération. Au Brésil, on a suivi l'irrégularité des ancicanes villes portugaises; ce n'est guère qu'à Riode-Janeiro qu’on a depuis quelques années ouvert desruesbien alignées et construit de beaux édifices publicset de belles maisons particulières. Dans les autres villes maritimes on a moins visé à la régularité qu'à protiter de tous les avantages que présente le voisinage de la mer.

Les villes de la Cline et du Japon sont presque toutes construites sur le même plan; elles ont généralement la forme d'un quadrilatère et sont entourées de hautes murailles flanquées de tours d'espace en espace; elles ont quelquefois des fossés ou secs ou remplis d’eau, On y voit des arcs de triomphe, des tours à plusieurs étages, faisant partie des monastères, destemples, des monumens antiques. Les ruess’y coupent à angles droits. Les villes du Japon sont souvent accompagnées d'un vaste etsuperbe château, ou d'unc forteresse, avec une tour carrée à plusieurs élages, où résident les grands feudataires de cet empire. Les villes de l'Inde, d'une partie de l'Indo-Chine et celles de la Perse, dont la plupart sout entourées de murailles, ont leurs rucs principales droites et longues; le reste ne présente aucune régularité. 4 en est de mème dansles principales villes de l'Afrique. Dans les climats très chauds les rues sont souvent tortucuses ct étroites pour que les habitans soient protégés contre l’ardeur du soleil. Plusieurs grandes villes de l’Afrique centrale renferment de vastes espaces sans aucune maison , ce qui leur donne une physionomie toute particulière, Enfin en Asie, en Afrique, dans l'Océanie et même en Amérique on trouve des villes qui ont une grande partie de leurs maisons tellement éparses, qu'il arrive souvent au voyageur de se trouver dans la ville sans le savoir; c’est ce qui rend si dificile l'appréciation même approximative du nombre de leurs habitans.

‘ On nomme capitale la ville où résident les ad-

ministrations générales d’un état. L'usage accorde aussi ce nom aux vil'es où réside le gouverneur d'une province; mais nous aimerions mieux restreindre cette qualification aux premières, et désigner les autres par la dénemination de chef-lieu. La résidence est l'endroit où siège le souverain. Ordinairement la ville de résidence est aussi la ville capitale; mais il y à des états où le souverain réside ailleurs que dans la capitale; ainsi, dans le duché de Nassau, #iesbaden est la capitale, et Biberick la résidence du duc, Avant la révolution de 1789, Paris était la capitale de la France, et Fersailles la résidence du roi. Il y a des pays où il n’y a pas de capitale permanente; c’est ainsi que dansla Confédération Suisse la diète se rassemble alternativement tous les deux ans dans les villes de Zurich, Berne et Lucerne, qui deviennent alternativement capitales de toute la confédération en devenant le siège du voror$,

A ———p— rare teeermetneeentmgtenenétenaéennpenges CHAPITRE VIil.

Des grandes divisions du globe, de leur superficie et du nombre de leurs habitans.

Les anciens, qui n'avaient exploré que la plus petite portion de la terre, l'avaient partagée en trois parties, dont aucune ne leur était connue intégralement, et qu'ils nommèrent Europe, Asie et Afrique. Aprèsla découverte du Nouveau- Monde, les géographes en ajoutèrent une quatrième qu'ils aommèrent 4mnérique.

Dès le seizième siècle, Ortelius et Mercator avaient eu l'idée de partager toutes les terres connues en trois mondes, savoir: Monde ancien (orbis vetus), qui embrassait l'Europe, l'Asie et l'Afrique; Monde nouveau (orbis novus), qui comprenait l'Amérique; et Terre australe ou magellanique (terra australis ou magellanica). Varenius fit une autre division, et classa toutes les terres connues en quatre conlinens : Monde ancien (orbis vetus); Monde ouveau (orbis novus); Terre polaire arctique ou Monde arctique (terra poire arlica ou orbis articus) ; et Terre australe ou magellanique (terra australis ou magellanica).

Plus tard, et bien long-temps avant que l'on eût exploré le contour de la Nouvelle-Hollande et que l'on regardàt cette grande île comme un continent, le savant de Brosses avait proposé lestrois dénominations suivantes pour la classification des terres australes : Australie, pour la Nouvelle- Hollande etlesiles voisines; Polynésie, pourles archipels répandus dans le Grand-Océan; cette dénomination avait été donnée deux siècles auparavant par les Portugais Jean de Barros et Diego Coûto aux iles Moluques, Philippines et autres situées à l'est de Java; enfin, Magellanie pour le prétendu Continent-Austral, dont ce savant, avec tous les géographes ses contem”::ains, admettait l'existence ; rêve géographique, qui ne disparut entièrement que plusieurs années après, lorsque les voyages de Cook et des navigateurs qui le suivirent en démontrèrent la fausseté.

Les géographes modernes français, allemands, anglais, suédois, et, parmi eux, Mentelle , Malte- Brun, Gaspari, Fabri, Pinkerton , Djurberg, Graberg et autres, sentirent la nécessité de classer d'une manière qui fût en harmonie avecles progrès faits par la géographie, toutes les terres éparses surle Grand-Océan entre l'Asie et l'Amérique, et de regarder leur ensemble comme formant une cinquième partie du monde. Maisils ne s’accordèrent ni sur les limites qu'il fallait lui assigner, ni sur la dénomination générale qu'il fallait lui imposer. Ces deux points essentiels ont été savamment discutés par MM. Malte-Brun , Brué et Walckenaer en France, ct plus tard par Hassel et quelques autres géographes de l'Allemagne et de divers pays. Les trois premiers sont entièrement d'accordquant à ce qui concerne leslimites à assi-

gnerà celte partie du monde, mais ils diffèrent quant à la dénomination : le premier l'a nommée Océanique et les deux autres Océanie. Dès l'année 1780, le Suédois Djurberg, à pr en donna le premier une description méthodique et systématique, accompagnée d'une grande carte. M. Graberg depuis long-temps l'appelle Po{ynésie, dénomination composée de deux mots qui veulent dire ullitude d’iles, ét qui, par conséquent, est très convenable à la nature et à là My jeu de celte partie du monde. Ce noma été adopté par d’autres géographies. MM. Gaspari, Hassel et tous les géographes allemands la nomment Australie ; les Anglais, les Anglo-Américains et quelques autres géographes paraissent s’accorder à l'appeler dustralasie. Ces deux dénominations sont en partie inexactes, parce que plusieurs terres importantes de l'Océanie sont situées à l’est et non au sud de l’Asie, A l'exception

‘de M. Grabcrg et de quelques autres géographes,

les uns et les autres diffèrent des géographes français dans la détermination des limites, puis-, qu'ils en retranchent toutes les iles du grand archipel Indien , qui forme notre Mälaisie oul'Océanie occidentale des géographes français.

Comme les innombrables terres dont se compose cette cinquième division du globe'sont toutes environnées par le Grand-Océan ou l'Océan par excellence, ce qu'on ne saurait dire des autres parties du monde, qui ont toutes un ou plasieurs de leurs côtés baignés par des océans incomparablement plus petits, etqu'il est d’ailleurs utile et même nécessaire d’avoir pour les habitans de cette cinquième partie une dénomination générale équivalente à celle d'Européens, d’Asiatiques, d'Africains et d'Américains, nous pensoris qu'il faut absolument conserver la désignation d'Océanie, proposée dès l’année 1814 par M. Brué dansl’analyse de sa carte de cette partie du monde, etadoptée depuis par M. Walckenaer dans sa Cotmologie en 1815, ct par Malte-Brun dans los Nouvelles Annales de Géographie , et mème dans les derniers volunres de son Précis. Cette dénomination, au reste, nous parait convenir parfaitement à la position des contrées qu'elle désigne. Mais, comme la division du globe par mondes, proposée par M. Walckenaer, réunit à l'avantage d’être aussi exacte que la précédente, celui d'offrir des oppositions et des contrastes entreles traits caractéristiques des troisplusgrandes divisions de la terre, qui sont encore plus prononcés que ne le sont ceux qu'offrent ses cinq parties , il nous semble que ce serait faire reculer la science, si, imitant l'exemple des géographes routiniers, on refusait de l’adopter. Combinant donc les deux divisions du globe proposées parces

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