‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 2)Chapitre 400 sur 628 · KORDOFAN ...., ABYSSINIE, ARABIE · texte numérisé non relu

KORDOFAN ...., ABYSSINIE, ARABIE

. La Mecque; Djiddah, etc., dans le grand-chérifat de la cg

. Outre Souez et Qoceyr, dépendant des préfectures du Caire et de Kéné,

les vastes solitudes parcourues par les nomades Arabes et troglodytiques. Bérénice, ancien (A le nont Zabarakh.

« La Grande ou de Thèbes), de Dakhel, de Farafreh, La Petite, et de Syouah; les lacs de Natron. Derr, Ebsambol, Dongolah, Korti, Meraoueh, Damer, Chendy, Sennaar, Souakim, Ouadi-Halfa et autres villes et lieux situés dans les contrées décrites aux pages 855 à 858.

... Obéid, voyez à la page 865.

Malzoua ou Massouah décrite à la page 853. he . a [14H etc., dans l’Arabie-Pétrée; Derréyéh, etc., dans le Nedje Voyez aux

pages 697, 698 et 701.

Voici les villes et, les lieux les plus remarquables de PÉGYPTE proprement di

ite :

Le CARE (El-Kahira), très grande ville, située dans une plaine sablonneuse à 400 toises de la rive droite du Nil, au pied du mont Moqattam. Ses rues sont étroites, tortueuses et non ,pavées ; RARE N

sont si étroites que souvent les balcons de deux maisons opposées se touchent ; plusieurs sont couvertes par le haut, ce qui les garantit des rayons du soleil; cela à lieu surtout dans les rues où sc tiennent

les marchés ; plusieurs ont des embranchemens en zigzag aboutissant à des impasses innombrables. Chacune de ces ramifications a une entrée, que les habitans ferment quand il leur plaît. La description de cette ville par M. Jomard nous apprend que le Caire est divisé en 53 quartiers appelés harah, dont 16 sont les principaux. Plusieurs se distinguent les uns des autres par la population qui leur est

“spéciale, comme celui des Juifs, le

quartier Copte , le quartier des Grecs et celui des Francs ou Européens.

Quatre places se distinguent par leur étendue : celles de Qarameydan, de Roumeyleh, de Birket-el-fil, et d'El- Ezbekyeh ; les deux dernières sont inondées pendant les hautes eaux; la quatrième est la plus grande de la ville; on

ut la comparer pour l’étendue à deux ois celle de Louis XV à Paris. Elle offre un magnifique spectacle lorsqu'un grand nombre de de illuminées la parcourent dans tous les sens au mois de septembre, quand la crue du Nil est au maximum.

Les maisons en terre et en briques, comme toutes celles de l'Egypte en général, sont mal construites ; la plupart ont deux el jusqu’à trois étages. N’étant éclairées que par des fenètres sur des cours intérieures, elles présentent du côté de la rue l’aspect de prisons. Les palais des beys et des kachefs et les maisons des premiers cheëkhs ou chefs de la religion, de l’agé, de l’oualy, du cadi et des autres fonclionnaires , se distinguent, au premier abord, des maisons des simples particuliers par une construction moins vicieuse, un aspect plus orné, une plus grande étendue. Le rez-de-chaussée est en pierre de taille, et chaque assise est ordinairement peinte en rouge ou en vert.

Au-dessus, et à chaque étage , on voit des balcons très saillans en grillage; ou en boiseries travaillées au tour plus ou moins artistement. Presque toutes ont une grande salle ouverte au rez-de-chaussée, nommée mandar où belvedere, où le maître donne ses audiences, et d’où il voit tout ce’ qui entre dans la cour ; une autre grande pièce au rez-de-chaussée, en forme de T, pavéc en marbre, ornée au centre de jets d’eau et garnie de divans ou larges sophas; des salles de bains, des jardins situés au-delà du principal corps de logis , et de vastes écuries bien entretenues. Les magasins sont simples au dehors comme au dedans, et n’attirent nullement par l'artifice des étalages; les femmes n’y ont pas d’emploi et en sont exclues. Les cafés, au nombre d’environ 1200, sont des salles simplement garnies de nattes, avec des banquettes qui règnent tout autour, où l’on ne prend guère que la liqueur dont ils tirent leur nom, et cela, selon M. Rifaut, moyennant 2 paras la portion, ce qui équivaut actuellement à 2 centimes.

Une multitude de mosquées, plus élé-

gantes les unes que les autres , couvertes d’arabesques du meilleur goût el ornées de minarets admirables de richesse et de grâce , donnent à cette capitale un aspect imposant et varié. Quatre se distinguent parmi toutes les autres par leur étendue et leur architecture : celle de Zouloun, vaste édifice du 1x° siècle , qu’on regarde comme le plus beau monument arabe qui reste en Egypte, quoiqu’à moitié ruiné ; on y admire surtout la délicatesse des sculptures et ses beaux portiques en arcades. Viennent ensuite la mosquée d’El- Hakyn, également remarquable par son antiquité, son étendue et ses ornemens ; celle de El-Azhar (Loub-el-Ozab), avec une coupole magnifique ; ses dépendances offrent une grande quantité d’appartemens destinés à loger les pélerins qui vont à la Mecque ; mais, ce qui la rend surtout célèbre, c’est le collège qui y est annexé et qui est le premier du pays. C’est là qu’enseignent les plus célèbres docteurs de l’islamisme ; une bibliothèque établie dans le collège facilite les études des élèves; cette mosquée est aussi la plus fréquentée. Enfin la mosquée de Sultan- Hasan, la plus remarquable par la grandeur et l’élévation de sa coupole, par la hauteur de ses deux minarets, par la variété des marbres qu’on y a prodigués et par ses ornemens en arabesques travaillés en pierre dure, en bois et en bronze.

Parmi les 31 bains principaux, on remarque par leur grandeur ou leur richesse ceux d’'Hammäm-Yezbak, d’El- Soultan, \'El-Moyed, d'El-Tanbaleh, de Margouch, de Soungor, d’'El-Soukkarieh, etc. On doit aussi mentionner les citernes, vastes bâtimens destinés à procurer de l’eau gratuitement à tout le peuple ; les plus remarquables sont ornées de colonnes de marbre et de grilles en bronze , arlistement travaillées. Ordinairement l’étage supérieur est occupé par une école gratuite, où l’on apprend seule ment à lire, à écrire et à compter, entretenue par la mème fondation que la citerne.

Quelques-unes des portes de la ville ; l’'aquedue, qui conduit l'eau du Nil à la citadelle ; quelques-uns des marches ; les jardins, surtout celui dit Gheyt-Qasim Bey, où se réunissaient les membres de l'institut d'Egypte; et les vastes cimetières dans l’intérieur et au-dehors de la ville, méritent d’attirer l’attention du voyageur. Les tombeaux, particulière-

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REGION ment ceux que l’on nomme Towrab-el- Seydeh, El-Qarafeh et Tourab-Qaydbey sont reunarquables par leur étendue et par la profusion des colonnes , des marbres , des sculptures et des ornemens, A l'égard des jardins, il faut remarquer qu’ils diffèrent entièrement de ceux de nos villes; on y cherche en vain des allées, des promenades et du gazon; ce ne sont que des bosquets touffus, des massifs d’orangers et de citronniers et des berceaux de vignes.

‘ La citadelle est située à une des pointes du Moqattam qui la domine et qui rend ‘impossible sa défense , inconvénient auquel le vice-roi a remédié en faisant construire un fort sur une hauteur voisine, C’est la résidence ordinaire du vice-roi, qui y. a un logement magnifique. C’est aussi dans cette partie du Caire qu’on voit encore les ruines du palais royal de Salah-Eddin (le fameux sultan Saladin) dont le salon de Joseph, orné de piliers de granit rouge, est le plus imrtant débris. Selon M. Champollion jeune un incendie a dévoré, il y a quelques années, les toits de ce grand et beau monument , et l’on a démoli ie reste. Non loin on trouve le fameux puits de Joseph, que le grand Saladin a fait creuser près de sa résidence, et dont on admire la profondeur et l'étendue.

Cette ville doit beaucoup d’embellissemens et plusieurs établissemens au viceroi Mohanmed-Ali. Nous citerons entre autres les constructions nouvelles exécutées dans le château du Caire, tant pour le palais du vice-roi que pour les établissemens militaires.

Nous avons signalé ailleurs la grande importance commerciale de cette ville, dunt la population , avant le choléra et la peste qui l’ont désolée, nous parait avoir dù approcher de 330,000 âmes: il est difficile qu’elle monte actuellement au-dessus de 270,000. Ce que nous venons de dire de la population du Caire doit s'appliquer au nombre d’habitans de presque toutes les autres villes de l'Egypte que ces deux terribles fléaux ont décimées.

Dans les environs immédiats et à quelques milles de distance de la moderne capitale de l'Egypte, on trouve plusieurs lieux remarquables ; nous citerons les suivans : BouLao et le Vieux- Caire , sur la rive droite du Nil; on les regarde comme les deux ports du Caire. À Boulaq on remarque la douane, le bazar, les bains, l'im-

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primerie arabe, persane et turque, une école ou collège, des fabriques de soieries et d'indiennes qui occupent plus de 800 ouvriers, et de très beaux jardins; on estime sa population actuelle au-delà de 18,000 habitans, Au Vieux- Caire, qui parait correspondre à l’ancienne B aby lone et qui est le fosthat ou Masrelt Atik des Arabes, on voit les greniers dits vulgairement de Joseph; ce sont sept cours carrées, dont les murs en briques ont 15 pieds de hauteur; ils renferment des tas de blé d'une hauteur prodigieuse ; on croit voir, dit M. Rifaud, des montagnes recouvertes avec des nattes. L'iL& pe Rouvau , où se trouvent de beaux jardins, on y voit aussi le fameux Nilomètre situé à son extrémité méridionale, Choubra, petit village remarquable par la maison de plaisance que le vice-roi y a fait bâtir il y a quelques années ; on y voit un kiosque de 280 mètres de circonférence, dont le milieu est orné d’une superbe fontaine en marbre de Carrare, et de. beaux jardins, au centre desquels est bâti un vaste harem. Mohammed-Ali y passe une partic de l'été. Une partie renferme un jardin d'expérience, où l'on essaie d'acclimater des végétaux étrangers, ABou-ZABEL, lieu important par le grand hôpital où l'on soigne 1200 malades, mais qui peut en recevoir jusqu’à 4800, et par une école de médecine et de chirurgie fréquentée par trois cents élèves; un des Egypliens formés à Paris y a élé nommé professeur pour la langue française et la traduction de nos ouvrages de médecine.

Divzén on Gyzén, sur la rive gauche du Nil, chef-lieu d’une préfecture , petite ville industricuse, que quelques voyageurs regardent comme la plus agréable de toute l'Egypte , et que les Pyramides qui portent son nom et une brillante victoire de Bonaparte ont rendue célèbre. Ces immenses mausolées qui sont les plus grands monumens de ce genre que les hommes aient jamais élevés et dont l’origine remonte beaucoup audelà des temps historiques , ont été depuis la mémorable expédition d'Egypte le sujet de savantes recherches de la part de M. Jomard et d'autres archéologues ; elles ne laissent plus aucun doute sur leur destination. L'intérieur de celles de Chéops et de Chephrènes, qui sont les plus grandes, offre de vastes chambres, don$ les murailles sont formées de blocs immenses, et ont un sarcophage au milieu de la pièce principale. Dans la pyramide de Chephrènes, qu'Hérodote. prétendait n'avoir aucune chambre dans son intérieur, Belzoni, qui y pénétra le premier de nos jours, retrouva dans la grande salle, qui en occupe le centre, l'inscription faite par les Arabes qui l'avaient visitée dans le moyen âge . et un immense sarcophage avec des ossemens qui furent reconnus avoir appartenu à un bœuf. La prramide deChéops est la plus grande de toutes ; sa hauteur, qui d’aprèsles calculs erronés de Gemelli aurait été de 520 pieds et de 480 selon l'estimation de Savary, n’est d'après les mesuresexacies prises par la Commission d'Egypte que de 428 pieds 3 pouces 2 lignes. Un sphinx colossal, le plus grand peutêtre qu'un ait encore sculpté, puisqu'il aurait selou

Pline 143 pieds de loug, s'élève au pied de la pyramide de Chephrènes ; il a été pendant plusieurs siècles presque tout recouvert de sable, jusqu'à ce que l’entreprenant M. Caviglia le mit entierement à découvert dans la partie antérieure ; avant cette longue et difficile opération, il n'en paraissait que le cou et la tète, qui ont ensemble 27 pieds de hauteur. Sur le second doigt de la patte gauche de devant M. Caviglia découvrit une inscription en vers grecs, à laquelle la signature d'Arrien ajoute un nouvel intérèt.

D'autres importantes inscriptions ont été découvertes, ainsi qu’un petit temple bati à côté du sphinx et qui comme lui avait été jusque alors enseveli sous les sables. La troisième pyr'amide qu'on attribue à Mycerinus, est beaucoup moins grande que les précédentes, mais elle les surpassait de beaucoup en beauté, ayant été toute revètue en beau marbre de la Thébaïde arraché par les Arabes afin d'orner d’autres édifices. Non loin se trouve une quatrième pyramide de si petite dimension que sa hauteur est dépassée par beaucoup d'obélisques. Toutes ces pyramides sont construites avec d'immenses blocs de pierre de taille; la masse de la plus grande est évaluée à 6,000,000 de tonneaux, Dans les environs on voit aussi plusieurs {umuli ensevelis sous les sables et visités intérieurement pour la première fois par M. Caviglia; leur intérieur offre de belles sculplures et des peintures remarquables par la vivacité de leurs couleurs ; M. Salt regardait à tort ces tombeaux comme plus anciens que les pyramides. SAQQARAn Ou SAKKARA, Village situé à la gauche du Nil, remarquable par son champ des momies, l'ancienne nécropolis de Memphis, et par ses pyramides qui sont en briques ou en pierre et les plus hautes après celles de Gyzéh ; M. Msara a découvert d'immenses galeries sous la plus grande; et le général Minutoli a pénétré en 1821 dans une autre, dans l’intérieur de laquelle il trouva deux chambres, l’une couverte de hiéroglyphes en relief et l’autre de hiéroglyphes seulement tracés en noir.

BÉORÉCHEIN, MiT-RauINEH et MEMrF, villages entre lesquels se trouvent les débris de l'antique Mempuis , la seconde résidence des Pharaons; les découvertes faites par les savans français, pendant l'occupation de l'Egypte par leurs armées, ont résolu tous les doutes qui restaient encore sur l'emplacement de cette métropole célèbre. On doit à M. Jomard une description complète de ses ruines. Mempuis était bâtie sur la rive gauche du Nil et avait selon Diodore de Sicile 150 stades de circonférence. Le palais des Pharaons s'étendait en longueur d’une extrémité de la ville à l’autre; c'était vraisemblablement un amas de différens logemens, accompagnés de chapelles, de cours, de bosquets, de jardins, etc. Cette ville renfermait plusieurs temples magnifiques : un des plus beaux était celui de Vulcain; on vantait beaucoup la grandeur et la beauté de ses portiques et le colosse de 75 pieds de long couché sur le dos qu'on y voyait du temps d'Hérodote. Vis-à-vis du portique méridional s'élevait un bâliment dans lequel le bœuf Apis était nourri. Un autre temple remarquable

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était celui de Sér'apis; ou y abordait par une avenue de sphinx d'une grandeur prodigieuse ; les sables s'amoncelèrent successivement à l’entour de ces simulacres , au point que du temps de Strabon, les uns étaient ensevelis jusqu'à la moitié du corps, les autres jusqu'à la tête, et qu'aujourd'hui ils ont disparu. Memphis communiquait par des canaux avec le fameux lac Mæris et avec le lac, ou pour parler plus exactement, avec la lagune Maréotis. Cet avantage contribua à la rendre le centre des richesses , du commerce et des beaux-arts. L'ancienne capitale, la magnifique Thèbes fut oubliée et la gloire de Memphis subsista jusqu'au temps où ses plus beaux édifices furent détruits par le féroce Cambyse, quoique cependant elle continuàt à figurer par sa population et son étendue comme la seconde ville de l'Egypte. La fondation d'Alexandrie la fit beaucoup décheoir jusqu’à la conquête des Arabes. Prise d'assaut par ces féroces conquérans en 640, elle fut détruite de fond en comble, Nous ajouterons qu'il parait très probable que c'était daus cette capitale et non pas à Tanis que résidaient les Pharaons du temps de Moïse. Le village de Mausarau, est à la droite du Nil, près de Torrah (Troja); les vastes flancs ce la montagne voisine offrent les carrières d’où l'on a tiré le beau calcaire employé à bâtir Memphis et les pyramides. Ces carrières ont été exploitées sous les Pharaons, les Perses, les Lagides, les Romains et dans les temps modernes, à cause de leur voisinage des capitales successives de l'Egypte, Memphis, Fosthat et Le Caire. Meur, autre village sur la gauche du Nil, important par ses ruines qui ont appartenu à l'ancienne Memphis. M. Caviglia y a exhumé la statue colossale du grand Sésostris, de 34 pieds et demi de haut, Daucnoun (4canthus) et Asousir , petits villages, sur la même rive du Nil, remarquables par leurs pyramides. Près d’Abousir se trouvent les fameuses catacombes d'oiseaux mentionnées par Niebuhr, Davison, l'expédition française, Clarke et les autres voyageurs; ce sont de vastes corridors remplis du haut en bas de petites jarres où sont déposées les momies de ces animaux.

Nous allons maintenant indiquer les autres villes et les lieux les plus remarquables en descendant le Nil, depuis l'extrême frontière de l'Egypte jusqu’aux embouchures de ce fleuve dans la Méditerranée. Nous avons écrit entre parenthèses et en italique les noms anciens des lieux correspondans aux modernes

Dansle SAID ou la HAUTE-EGYPTE on trouve :

Assouan , à la droite du Nil, petite ville remarquable par son commerce, par sa position pittoresque et par les antiquités qu'on trouve dans son voisinage. Tout près, au sud, on voit encore les murailles ét autres ruines de la ville bâtie par les Arabes sur l'emplacement de l'antique SYÈNE, ville encore populeuse et florissante pendant le moyen âge, et si renommée dans l'antiquité par

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le fameux puits au fond duquel, au jour du solstice d'été , l'image du soleil se peignait tout entière, phénomène qu'on a voulu révoquer en doute comme impossible, mais que les gens versés dans l'astronomie ne font aucune difficulté d'admettre. « Syène, dit un géographe célèbre, ‘qui sous tant de maitres divers fut le poste avaucé de l'Egypte, présente plus qu'aucun autre point du globe ce mélange confus de monumens qui, jusque dans les destinées des nations les plus puissantes, rappelle la fragilité humaine. Ici les Pharaons et les Ptolémées ont élevé ces temples et ces palais à moitié cachés sous le sable mobile; ici les Romains et les Arabes ont bâti ces forts, «es murailles; et au-dessus des débris de toutes ces constructions, des inscriptions françaises attestent que les guerriers et les savans de l'Europe moderne sont venus placer ici leurs tentes et leurs observatoires. Mais la puissance éternelle de la nature présente un spectacle encore plus grand. Voilà ces terrasses de granit de couleur rose grisâtre , coupées à pic et à travers lesquelles le Nil roule en écumant ses flots impétueux ; voilà ces carrières d'où l'on a tiré les obélisques et les statues colossales des temples égyptiens ; un obélisque ébauché en partie, attenant à son rocher natal, atteste encore les efforts de l'art et de la patience. Sur la surface lisse de ces roches, des sculptures hiéroglyphiques représentent les divinités égyptiennes, les sacrifices et les offrandes de cette nation qui, plus qu'aucune autre, a su s'identifier avec son pays, et qui, dans le sens le plus littéral , a gravé sur le globe les souvenirs de sa gloire. »

Dans les environs de ce lieu remarquable , dont M. Jomard a donné une description très détaillée, on trouve, à la gauche , les catacombes ou les Aypogées de Syène ; vis-à-vis et au sud, une suite d'iles riantes et fertiles auxquelles leur verdure et leur situation délicieuse ont mérité le nom de Jardins du Tropique. Celle que l'on nomme El-Sag, vis-à-vis d’'Assouan, est la fameuse E/éphantine des anciens; on y voit les restes du nilomètre décrit par Strahon, mais on a démoli entièrement les deux temples de l'époque d’Aménophis JIl°, pour bâtir une caserne et des magasins à Syène! Plus au sud, on trouve l'ile d'E/-Heif, lieu décrit par Michel-Ange Lancret; c'estla Philæ si célèbre par ses {emples, qui y attiraient jadis un si grand nombre de pélerins , et où était cet obédisque, dont l'inscription joue un si grand rôle dans l'interprétation des hiérogiyphes. Nous n'oublierons pas la cataracte, dont on a tant exagéré et dont on exagère encore l'élévation, mais qui, mesurée de nos jours, s’est trouvée n'avoir que 5 à 6 pieds de chute perpendiculaire, Kous-Ousou (Ombos), à la droite du Nil, misérable endroit remarquable par son grand {emple et par un autre beaucoup plus petit, décrits par MM. Chabrol et Jomard. Le grand, d’une très helle architecture , a été commencé par Epiphane et continué par ses successeurs. On y a trouvé, ainsi qu’en d’auires endroits, quelques peintures qui, n'ayant pas été achevées, prouvent, selon la remarque de M. Jomard, que les

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Egyptiens employaient pour le dessiu les mèmes procédés géométriques que les modernes, c'est-àdire, qu'ils divisaient les tableaux par carreaux. Dans les environs, et en descendant le Nil, on trouve à la droite les vastes carrières de Djebel- Selseleh (Silsilis), décrites par M. Rozière et dont on a tiré ces blocs inimenses qui ont servi aux constructions colossales de Thebes et pour les temples d'Edfou et d’Esné. Ces carrières sont très riches en inscriptions de la xvine dynastie, et offrent plusieurs chapelles creusées dans le roc par Aménophis-Memnon, Horus, Rhamsès-le- Grand ou Sésostris, Rhamsès son fils, Rhamsès- Meïamoun et Ménéphtah Ile; elles ont aussi des inscriptions hiératiques. Leur monument le plus important est un grand spéos commencé par le roi Horus et remarquable surtout, dit M. Champollion, par la variété des époques des bas-reliefs qui le décorent , et qui font de cette immense galerie un véritable musée historique. M. Richardson vit, sur la rive droite du fleuve, un sphinx qui n'avait pas été achevé, des pierres à peine dégrossies, et en d’autres endroits des blocs presque détachés et les éclats qui sont encore tout près, comme si l’ouvrier avait quitté le travail la veille ; mais près de vingt siècles se sont déjà écoulés ! Enrou (4pollinopolis-Magna), à la gauche du Nil, petite ville d'environ 2000 habitans, dont la principale industrie consiste à fabriquer des vases de terre auxquels ils donnent les formes qu'on voit encore représentées sur les plus anciennes sculptures des hypogées. On y voit un des plus grands temples de l'Egypte, assez bien conservé et d’une belle architecture, mais dont les bas-reliefs sont de mauvais style et de l’époque des Ptolémées. De misérables cabanes en briques sont bâties sur le toit, dans le périslyle et devant le propylon de ce magnifique édifice. Fdfou renferme un autre temple beaucoup plus petit qui ressemble à ceux de Phylæ, Denderah ct autres.

EsNE (7 :‘polis), à la gauche du Nil, cheflieu de préte:ture, ville assez commerçante; c'est le rendez-vous des caravanes du Dar-Four et du Sennaar; on y tient un grand marché pour les chameaux, renommé dans toute l'Egypte, et on y fabrique des tissus de coton, beaucoup de poterie et une espèce de chàles appelée milayeh. Parmi les ruines de Latopolis on admire le beau portique d'un grand temple, d'assez belle architecture , mais dont les bas-reliefs sont détestables; leur superficie, avec celle des hiéroglyphes, a été estimée à 5000 mètres carrés ou 45,000 pieds. Ce beau monument a été changé en magasin de coton. Il est surtout important par ses sculptures mythologiques et par le Zodiaque de son plafond, dont l'interprétation a fait attribuer à ce temple une immense antiquité.

M.Champollion, fondé sur plusieurs faits, pense que c'est au contraire le plus moderne de tous ceux qui existent encore en Egypte. Le temple de Contra-Lato, sur la rive droite, a été démoli pour renforcer le quai d’'Esné, que le Nil menace et finira par emporter. On estime la population d'Esné à environ 4000 âmes. Dans ses eavirons vers le sud-est, estsitué £/-ÆKab, mi-

sérable v'ilage près duquel on voit les hypogées si intéressans de l'ancienne E lethy ia, découver!s par la Commission d'Egypte et décrits par M. Costaz, les ruines d'un temple périptéral, ainsi que les murailles de la ville, que le docteur Richardson trouve être trop bien conservées pour pouvoir faire remonter leur construction aux anciens Egyptiens. Les hypogées, spl vt4 moins grands et moins décorés que ceux e Thèbes, sont de la plus haute importance pour les archéologues , à cause des nombreux bas-reliefs peints ct assez bien conservés qu'on voit sur leurs murailles; ils retracent , dans une série de tableaux d'une belle exécution et d’une grande précision, les scènes principales de la vie domestique des anciens Egyptiens, tels que lestravaux de l’agriculture et de la moisson, les vendanges, les danses champêtres, les funérailles, etc. En- MENT (Hermontis), à la gauche du Nil, village important par ses débris d'anciens édifices et surtout par les restes imposans d'un grand temple, et du voisinage des magnifiques ruines de Thèbes, Lougson (Luxor), Karnak et MEn-AmouD à la dioite, Menynet-Anov, Gournau et autres misérables villages à la gauche , sont situés sur l’em- Placement de l'ancienne Tunes (appelée Diospolis-Magna par les Grecs), dont MM. Jollois et Devilliers ont donné une description détaillée dans le grand ouvrage sur l'Egypte. Déjà du temps de Strabon elle n'offrait que les débris de sa grandeur répandus le long du Nil sur un espace de 80 stades. L'époque de sa plus grande splendeur connue a été sous les Pharaons des xvin*, x1x° et xx° dynasties, que M. Champoilion place entre 1822 et 1300 avant Jésus-Christ. C'est pendant ces règnes brillans qu'eurent lieu, selon ce savant, l'expulsion des rois pasteurs, la restauration de la monarchie égyptienne , les vastes conquêtes de Sésostris en Afrique et en Asie, la construction de ses plus magnifiques édifices et des temples de la Nubie , la sortie des Juifs sous la conduite de Moïse, et l'établissement des colonies dans la Grèce par Danaüs. C'est aussi à cette époque que Thèbes parait avoir eu plus de 30 milles de circonférence et que ses temples et ses palais offraient des richesses immenses en or, en argent, enivoire et en picrres précieuses. Enlevés plus tard par Cambyse, ces trésors servirent à embellir les palais de Persépolis, de Suze et autres dont nous avons parlé dans la description de la Perse. Diodore de Sicile, témoin oculaire, cile encore un temple qui ‘vait 183 stades de tour et dont les murailles avaient 24 pieds d'épaisseur ct 45 coudées d’élévation. Dévastée plus tard par Ptolémée-Philométor , et détruite l’an 28 avant Jésus-Christ, par Corncelius Gallus, premier préfet de l'Egypte, cetle antique citée ne se releva plus et n’offrit depuis lors qu'un amas de ruines, qu’on peut regarder comme les plus magnifiques et les plus anciennes qui existent sur tout le globe. Voici un tableau rapide des principaux débris épargnés par la barbarie des conquérans et l’action inévitable du temps.

Parmi ces restes imposans, nous citerons à la gauche du Nil : l'immense hippodrome, qui, comme le Circus-Maximus de l'ancienne Rome,

estchangé en un champlivré à l'agriculture, Les ruines de Medynet-Abou, étonnante réunion d'édifices appartenant à des Pharaons, à des Ptolémées et à des empereurs romains, et au milieu desquels s'élève l'énorme et gigantesque palais de Rhamsès-Méiamoun. On ÿ admire un grand nombre de compositions religieuses et historiques qui sont gravées sur le pourtour de la cour; elles représentent diverses fêtes et scènes, telles qu'offrandes, sacrifices, combats , courses en chars, iuitiations, et elles retracent les conquètes de l’un des plus illustres d'entre les Pharaons. Les ruines de l'immense monument connu des Grecs sous le nom de Merrnonium, mais que M. Champollion dit ètrel'4menophion des Egyy/tiens. Ces ruines s'étendent sur un espace d’envirou 1800 pieds de longueur; on y voit des débris de plus de 18 colosses , dont les moindres avaient 20 pieds de haut; on y admire encore, du côté du fleuve, deux colosses qui, quoique assis, n’outpas moins de 61 pieds de haut, celui qui est situé vers le nord jouit d'une grande célébrité, sous le nom de colosse de Memnon. C'estle portrait du troisième Aménophis de la xvii® dynastie, qui régnait vers l'an 1680 avant Jésus-Christ, et la célèbre statue de Memnon, dont les anciens racontaient que la bouche faisait entendre des sons harmonieux aussitôt qu’elle était frappée par les premiers rayons du soleil levant. Plusieurs inscriptions en vers et en prose faites par d'anciens voyageurs grecs et romains, venus pour entendre ces sons, sont encore visibles sur le tronc, les jambes, les cuisses et le corps de ce colosse ; le ducteur Richardson y a reconnu celles de julie Bomilla, Cécile Treboulla, Pulitha Balbina et autres qui accompagnaient l'empereur Adrien et sa femme Sabine. Ni les savans de l'expédition d'Egypte, ni aucun voyageur ne furent assez heureux pour entendre ce son, que plusieurs anciens assurent avoir entendu. La téte colossale dite du jeune Memnon, d'une extraordinaire beauté et du poids de 12 tonneaux, se retrouve maintenant au musée de Londres, auquel Belzoni en a fait présent. Le tombeau d’0Osymandias, dont le véritable nom égyptien est Rhamesseum, du nom de son fondateur Rhamsès-le-Grand. C'est le plus ruiné des grands moaumens de Thèbes. Parmi les parties les moins dégradées, on remarque une salle hypostyle, dont environ 30 colonnes subsistent encore intactes , et les énormes débris de la statue colossale de Rhamsés-le-Grand, qui assis, avait encore 53 pieds de haut, non compris la base, second bloc de 33 pieds de long sur 6 de hauteur. Le petit (emple d’Hathôr, vemarquable par son élégance et par ses ornemens.

La grande Syringe, avec ses longs corridors et ses grandes salles souterraines. Les ruines de Gournah ou Qournah, qui présentent les restes imposans du Ménéphthéum, ou du palais du Pharaon Ménéphtah 1*.

Le long de la rive droite du Nil, on trouve:: à Luxor, les restes d’un palais immense, bâti par Aménophis-Memnon (Aménothph 11) de la xvru* dynastie, et par le grand Sésostris aussi de la xvin*. Il est précédé de deux obélisques de 72 et

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de 76 pieds de haut, chacun d'un seul bloc de grauit rose, d'un travail exquis, accompagnés de quatre colosses de mème matière, dont deux de 44 pieds de haut et deux d'environ 30 pieds, mais enfouis jusqu'à la poitrine ; vient ensuite un immense pylône haut de 60 pieds et un péristyle d'environ 200 colonnes , la plupart encore debout ; les plus grandes ont 10 pieds de diamètre. Ces immenses édifices appartiennent, selon M. Champollion, à Rhamsès-le-Grand, à Ménéphtah 1°, Horus, Aménophis-Memnon et autres rois. Nous ferons remarquer que ces deux obélisques ont déjà été enlevés. Le plus petit se trouve à Paris, où il a été transporté sur le Zougsor, bâtiment construit exprès à Toulon, M. Lebas, ingénieur de la marine , a dirigé toutes les opérations difficiles de l’abatage et du transport de cette masse pesant2650,000 kilogrammes; le lieutenant de vaisseau, M. Verninhac, commanda cette expédition, qui a donné un éclatant lémoignage de la perfection à laquelle ont élé portées de nos jours la statique et la navigation. L'autre obélisque est à Londres, où il doit être élevé au milieu d'une des places de cette capitale. À Kafr-Karnak, onvoit l'allée des Sphinx, longue de 1026 toises; elle s'étend entre Luxoret Karnak; on y a compté jusqu’à 600 sphinx de dimensions colossales, Mais c'est à Karnak qu’'apparait toute la magnificence pharaonique. Dansles débris de ce palais merveilleux, le voyageur est étonné par le grandiose d'édifices qu'on regarde comme supérieurs. à tout ce qui est sorti de la main de l’homine. Il y admire surtout l'avenue des colonnes monolithes de 70 pieds de haut, mais toutes renversées ; la salle hypostyle de 318 pieds de long sur 159 de large ; son toit est soutenu par 134 colonnes encore debout, dont les plus grandes ont70 pieds de hauteur, 11 de diamètre; la circonférence de leurs chapiteaux étant de 64 pieds, cent hommes peuvent se tenir à leur aise sur chacun d'eux ; la cour, où se trouvent deux obélisques hauts de 69 pieds, mais dont un seul est debout ; etenfin une autre salle entièrement détruite, où s'élève encore le plus grand ‘les obélisques existans, haut de 91 pieds. 1 y coutemple les portraits de la plupart des vieux Pharaons, dontles grandes actions sont représentées dans des tableaux de dimension colossale : iei il voit Ménéphtah 1e" combattant les peuples ennemis de l'Egypte et rentrant en triomphateur dans sa patrie; plus loin , les campagnes de Ramsès-le-Grand ; ailleurs Sésonchis trainant aux pieds de la Trinité thébaine, Ammon, Mouth et Khons, les chefs de plus de trente nations vaincues , parmi lesquelles M. Champollion a retrouvé en Loutes lettres, loudahamalek , le royaume des Juifs ou de Juda; découverte de la plus haute importance sous le triple rapport archéologique, historique et religieux,

A l'ouest de Medynet-Abou, on trouve : les tombeaux des rois de la xvin°, x1x° et xx° dypastie. Hs sont taillés dans la roche de calcaire et à des niveaux différens, dans l’aride vallée que les habitans actuels de l'Egypte nomment Bibanel-Molouk, sur la rive gauche du Nil. L'imagiuation s'égare lorsque, au milieu de ces palais

et

souterrains , on réfléchit à la hardiesse d’une telle entreprise, à la constance qu'elle a dû demander et aux difficultés qu'il a fallu vaincre pour l'exécuter, Après avoir passé sous une porte assez simple , on entre dans de grandes galeries ou corridors couverts de sculptures parfaitement soignées, conservant en grande partie l'éclat des plus vives couleurs, et conduisant successivement à des salles soutenues par des piliers encore plus riches de décorations, jusqu'à ce qu'on arrive enfin à la salle principale, celle que les Egyptiens nommaient la salle dorée, plus vaste que toutes les autres et au milieu de laquelle reposait la momie du roi, dans un énorme sarcophage de granit. Le plus grand et le plus magnifique de tous ces tombeaux encore existans est, selon M. Champollion, celui du successeur de Rhamerri, Rhamsès-Méiamoun; il çst orné de sculptures du plus haut intérêt. Une de ses petites salles latérales contient, entre autres choses, la représentation des travaux de la cuisine; une autre, celle des meubles les plus riches et les plus somptueux; une troisième est un arsenal complet où se voient des armes de toute espèce et les insignes militaires des légions égyptiennes: ici on a sculpté les barques et les canges royales avec toutes leurs décorations. Plusieur: de ces tombes royales portent sur leurs parois le témoignage écrit qu'elles étaient, il y a bien des siècles, abandonnées et seulement visitées par beaucoup de curieux, lesquels, comme ceux de nos jours encore, croyaient s'illustrer à jamais en griffonnant leurs noms sur les peintures et les bas-reliefs qu'ils ont ainsi défigurés. Ces énscriptions sont remarquables sous le rapport paléographique, puisqu'elles appartiennent à presque tous les siècles depuis les temps des Pharaons, des Perses, des Grecs, des Romains et des Arabes, jusqu’à ceux des voyageurs du moyen àge et de nos jrurs.

On ne doit pas oublier la nécropole de Thébes ou les tombeaux des grands et les cimelières de cette ancienne capitale. Ws occupent uuc immense étendue sur la rive gauche du Nil, et on y trouve tous les genres de lombeaux en usage chez les anciens Égyptiens. M. Jomard a donné la description de ces monumens souterrains sous le nom d’Aypogées de Thèbes. 1 y en a de si considérables en longueur que, selon M. Passalacqua, les galeries qui les composent pourraient contenir, dans certains hypogées, deux à trois mille hommes avec assez d'espace pour y circuler. Leurs entrées sont ordinairement dans les flancs des montagnes, et leur niveau le plus souvent horizontal. C'est dans cette nécropole qu’on a trouvé les plus belles momies et les plus anciens papyrus qui enrichissent les musées de l'Europe, et que M. Passalacqua a découvert il y a quelques années le tombeau encore intact d’un prêtre d'Ammon, que nous avons décrit à la page 331. Le village de Gournah, dont nous avons parlé plus haut, consiste dans une partie de cette nécropolis, puisque depuis long-temps la plupart des Arabes qui l’habitent n’ont d'autre demeure que ces mêmes tombeaux. Très indisciplinés ct adonnés au vol, vivant sans aucune pratique re-

digieuse, ces troglodytes d'un nouveau genre, dunt le nombre s'élevait, vers la fin du xviu® siècle, à environ 4000 âmes, sont maintenant réduits , selon M. Rifaud, à 400 individus. Le commerce d'antiquités, surtout depuis 1817, est l'unique métier de cette peuplade aussi féroce qu'abrulie,

Qous (4pollinopolis: Parva), petite ville assez commerçante, sur la rive droite du Nil; on y voit tes débris d'un grand femple. Kerr ou Qorr (C'oplos), non loin de la rive droite du Nil, une des villes les plus florissantes de l'Egypte lorsque, du temps de Strabon, elle était le grand entrepôt du commerce de cette contrée avec l'Inde et l'Arabie par le port de Bérénice; sa prospérité dura jusqu'au règne de Dioclétien , qui la prit et la ruina de fond en comble pour la punir de s'être révoltée contre les Romains ; on voitencore les restes du grand bassin qui lui servait de port, et d'autres antiquités. QENE ou Kénéx {Cœnepodis ou Neapolis), près de la rive droite du Nil, chef-lieu de préfecture , villé assez florissante, entrepôt des caravanes qui par Qossetn vont à la Mecque et renommée dans toute l'Egypte par sa fabrique de bardaques. ce sont des vases en terre cuite, qui ont la propriété de rafratchir l'eau; ils ont encore les mèmes formes qu'on voit représentées sur les monumens, On estime à 6000 âmes sa population.

DENDERAN (Tenktyrris), non loin de la rive gauche du Nil et presque vis-à-vis de Kénéh. Ce n’est maintenant qu'un village , important par ses antiquités et surtout par son grand temple, regardé comme un chef-d'œuvre d'architecture égyrtienne; on admire surtout le grand propylon et le portique ; la facade méridionale est ornée de figures colossales et est remarquable par la quadruple ceinture hiéroglyphique qui l’entoure. C'est au plafond d’une des salles supérieures qu'était placé le fameux planisphère, que M. Saulnier a fait transporter en France en 1821 et qui, acheté par le roi, devrait former maintenant un des plus intéressans morceaux du magnitique musée du Louvre. C'estce même planisphère qui a fait naître tant d’hypothèses pour expliquer la prodigieuse antiquité qu'on attribuait à ce monument, mais qui a disparu devant les faits positifs dus aux savantes recherches failes par MM. Champollion jeune, Richardson et autres archéologues. MaADFouNEn (la ville enterrée), sur un canal à la gauche du Nil, misérable endroit qui remplace l’ancienne ABvpos où Asypus, que Strabon dit avoir été la seconde ville après Thèbes, quoique dès son temps réduite à n'être qu'un simple village ; M. Jomard en a donné la première description détaillée. On admire encore dans ses environs de vastes Aypogées et un grand nombre de ruines, entre autres d'un palais magnifique, en grande partie enseveli dans les sables; son intérieur, très bien conservé et couvert de hiéroglyphes très bien sculptés et de peintures dont on admire l'étonnante vivacité des couleurs, quoiqu'elles datent de plus de 22 siècles. On a cru que cet édifice était le Memnonium où, selon’ Strabon, résidait le grand Osymandias ou Ismende, qu'on

D EE ces ———.

suppose avoir régné 2276 ans avant Jésus-Christ ; mais, selon M. Champoilion, il appartient réellement au règne de Ménéphtah 1*, M. Henniker vante aussi la grandeur extraordinaire des blocs employés dans sa construction, C'est parmi ces intéressantes ruines que M. Bankes, en 1818, trouva un bas-relief consistant en plusieurs lignes de cartouches qu'on sait aujourd'hui , d'après l'interprétation qu'en a donnée M. Champollion dans sa deuxième lettre sur le musée de Turin, être une table chronologique des anciens Pharaons désignés par leurs noms royaux ; c'est un des nrorceaux historiques les plus précieux que l'on ait encore découverts. M. Drovetti, aidé du père Ledislao, ft à Madfounéh une riche collection d’antiquités égyptiennes, dont la plupart sont à présent dans le musée du Turin.

Dainosen , sur la gauche du Nil, ville assez considérable par sa population, son commerce et son industrie, Elle était autrefois la capitale de la Haute-Egypte et est encore aujourd'hui chef-lieu d'une préfecture; on lui accorde 7000 habitans. Laus ses environs on voit à Menchyret-el- Nédé les ruines de Plolemats, sur la rive gauche du Nil, fondée par un des premiers Ptolémées et que Strabon disait être la plus grande ville de la Thébaïde ; selon cet ancien géographe, elle ne le cédait pas mème à Memphis pour l'étendue.

Akuuvm (Chemmis ou Panopolis), à la droite du Nil, petite ville, remarquable par sa grande fabrique de toile de coton, par les ruines d’un temple et par les catacombes de ses environs; on porte à 10,000 âmes sa population. Qaou (4nlæopolis), sur la rive droite du Nil, village important par plusieurs antiquités, entre autres par les grandes colonnes de son portique, reste d'un grand temple aujourd'hui renversé et par les immenses kypogées de son voisinage, qui sont couverts d'inscriptions et de hiéroglyphes; plusieurs n'ont pas encore été ouverts ; M. Salt y trouva deux momies d’une rare conservation. SyouT ou Assyour (Zycopolis), à la gauche du Nil, chef-lieu d’une préfecture, ville assez bien bâtie, dont le vaste bazar est construit avec les matériaux d'anciens édifices. On la regarde actuellement comme la capitale de la Haute-Egypte. M. Jomard estime à 12,000 le nombre de ses habitans, que M. Richardson porte à 20,000, Syout est le lieu où s’assemblent les caravanes de la Nubie et du Soudan. Ses environs offrent dans la chaine Libyque ou occidentale de vastes catacombes couvertes de hiéroglyphes ; plusieurs ont servi long-temps de demeures aux chrétiens dans les premiers siècles du christianisme.

Dans l'OUESTANIEH ou MOYENNE-EGYPTE 0 trouve :

Moxracocr, sur la rive gauche du Nil, cheflieu d'une préfecture; quoique déchue de ce qu'elle était au temps de Norden, elle est encore assez importante par son industrie. ACHMOUNEYN, non loin de la rive gauche du Nil, gros village auquel M. Richardson assigne 10,000 habilans, nombre réduit par d’autres à 7, à Get jusqu’à 4000. Parmi les restes de l'antique HERMoOroLIS Macsa, 08 dislinguait encore naguère un ma-

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