NE-EGYPTE
u Nil, chef- Échue de ce le est encore CHMOUNEYN, gros village 0 habitans, cet jusqu'à HErmopoLis ère un ma-
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gnifique portique avec une double cotonnade remarquable par la grandeur des colonnes, regardées comme les plus grandes de toute l'E- 8ypte, celles de Thèbes seules exceptées. Ce beau reste a élé détruit ‘! y a quelques années. Dansses environs se trouve a vaste nécropolis d’Hermopolis Magna. Cns\xu Anavé (#ntinoé où Antinopolis), à \a droite du Nil, vis-à-vis d'Achmouneyn, village remarquable par les magnifiques ruines de temples, de théâtres, de thermes, d'arcs de triomphe, etc, , qui ont appartenu à Antinorouis, bâtie par Adrien en l'honneur de son favori Antinoûs, sur les ruines de l’ancienne ville de Besa, renommée dans toute l'Egypte par son oracle, La magnificence de ses édifices la fit appeler la Rome Egyplienne, et lui valurent l'honneur d’être pendant quelque temps la métropole de la Haute-Egypte. La stupide ignorance d'un chef a détruit il y a quelques années la plus grande partie decesrestesimposans pour former une fabrique de nitre au soleil. Tout près on trouve de vastes calacombes. BExI-Hassan (Spéos Artemidos), à la droite du Nil, village presque abandonné, mais remarquable par les Aypogées de son voisinage. u Dans ces catacombes antiques, dit M. Jomard, où les prêtres égyptiens ont tracé une quantité innombrable de hiéroglyphes, dont le secret a péri avec les collèges de Thèbes, de Memphis et d'Héliopolis, nous trouvons des colonnes semblables à celles des plus anciens temples grecs, des temples de Thésée et de Minerve, des temples de Posidonia, de Coré et d'Agrigerte : ce sont des colonnes cannelées , à seize cannelures creuses, hautes de sept diamètres et un cinquième, diminué d’un dixième au sommet; enfin pareilles aux colonnes de l’ordre dorique grec, au chapiteau près, qui a la forme d’un abaque ou tailloir. Ainsi voilà encore uu ordre grec emprunté à l'architecture des bords du Nil, comme l’a été ensuite l'ordre corinthien, puisé dans les colonnes dactyliformes de l'Egypte. » Le célèbre archéologue qui est parvenu à lire les hiéroglyphes, M. Champollion, a confirmé la découverte de M. Jomard , en reconnaissant dans ces colonnes taillées vingt siècles avant Jésus-Christ, le type du vieux ordre dorique. Outre les peintures relatives à la vie civile, aux arts, aux exercices gymnastiques, aux punitions militaires, etc., déjà remarquées par ses prédécesseurs, ce voyageur y a trouvé aussi de véritables gouaches d'une prande beauté, et surtout une série de peintures du plus haut intérêt, relatives aux métiers, et ce qui est neuf, à la caste militaire . dont elle retrace l'éducation, les soldats de toute arme et de lout rang, la pelite guerre , un siège, la tortue et le bélier, un champ de bataille, la fabrication des différentes armes et autres objets semblables, 3 Minveu, à la gauche du Nil, chef-lieu d’une pré- "fecture, assez jolie ville, remarquable par sa grande filature de coton montée en machines européennes, et par ses bardaques ou vases de terre pour conserver l’eau, dont on fait un grand débit. BEUNÉSÉ; misérable village que nous ne nommons que pour signaler l'emplacement de la. ville célèbre qu'il représente, d'Oxvnincnus,
REGION DU NIL. at
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dont les babitans, après avoir été renommi's parmi les anciens Egyptiens par leur extrème dévotion pour leurs faux dieux, étaient presque tous devenus des moines dans leav* siècle du christianisme, Tous ses bâtimens publics et les temples des idoles avait été convertis en monastères ; ces derniers y étaient même plus nombreux que les maisons particulières. On n'y comptait pas moins de 20,000 religieuses et 10,000 moines. La renommée de la piété de tous ces ecclésiastiques engagea une armée de 60,000 Nubiens à venir au secours d'Oxyrinchus, lorsque les Arabes envahirent l'Egypte, Bexv-Sourvr , sur la rive gauche du Nil, chef-lieu de préfecture , une des villes les plus commerçantes, lesplusindustrieuses et les plus peuplées del'kgypte-Moyenne.Arrvn(4plrodilopolis), sur la rive droite du Nil, chef-lieu d'une préfecture, petite ville d'environ 4000 habitans, en face de laquelle on trouve des pyramides.
Meoyner-EL-Fayoum (Crocodipolis où Arsinoë), chef-lieu de la préfecture du Fayoum. C'est une des villes les plus peuplées et les plus florissantes de l'Egypte-Moyenne, pr beaucoup déchue depuis qu'elle a cessé d'être le séjour de plaisance des Mamelouks; leurs vastes maisons tombent déjà en ruines. M. Rifaud parait lui accorder encore de 10 à 12,000 habitans. Elle s'élève presque au milieu du fertile plateau qui forme la province de Fayoum, qu'un grand canal met en communication avec le Nil. Plusieurs antiquités rendent important ce canton de l'Egypte, entre autres le célèbre lac Moeris, dont le nom actuel est Birket-el-Keroun, qu'on prétendait avoir été entièrement creusé parles Pharaons , mais que M. Jomard a prouvé n'avoir élé que modifié par de grands travaux hydrauliques; lé fameux labyrinthe dont l'emplacement présumé a été indiqué par ce savant et par M. Caristie, et que M. Letronne a si bien décrit d’après le témoignage d'Hérodote, de Diodore et de Strabon; les pyramides de Meidoun et d’Haouara constra'tes en briques; les grottes sépulcrales de Banchis, au nord de la seconde chaîne Libyque; lobélisque au viliage d'El-begig; letempie dit de Qeroun, au sud-ouest de l'extrémité du lac Moeris. Mais nous ne pouvons nous dispenser de dire quelques mots sur le /abyrinthe, qui était non-seulement le plus ancien et le plus magnifique de tous les ouvrages de ce genre mentionnés dans l’histoire, mais qui, selon Hérodote était supérieur au temple de Diane à Ephèse , à celui de Junon à Samos et même aux célèbres pyramides. Ce bâtiment contenait 12 grandes salles, qui communiquaient ensemble par un égal nombre de portes placées les unes vis-à-vis des autres ; six de ces salles regardaient le nord et six le sud. Un même mur entourait tout l’édifice, qui était à deux étages, dans lesquels on comptait en tout 3000 chambres, dont 1500 dans la partie supérieure et autant sous terre. Cellesci étaient destinées à la sépulture des douze rois qui avaient fait bâtir le labyrinthe et à celle des crocodiles objet de la vénération spécia’e des s:abitans de Crocodilopolis. Cet historien assure que ce qu'il avait vu dans l'étage supérieur , le
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seul ouvert aux étrangers, lui paraissait surpasser tous les ouvrages des hommes, et qu'il ne pouvait se réprésenter sans une profonde admiration , les tours et les détours qui menaient et ramenaient dans les différentes pièces. Les plafonds etlcs murailles étaient revêtus de marbres et ornés de superbes morceaux de sculptures.
Chaque appartement était entouré de colunnes de pierres blanches bien polices. A l'angle où fiunissait le labyrinthe , il y avait une pyramide de 4 toises de haut, sur laquelle étaient gravées de grandes figures d'animaux et où l’on entrait par un conduit souterrain. Strabon et Pline ajoutent d’autres particularités ; dans l’intérieur on voyait des chapelles consacrées à plusieurs divinités et des galeries où l’on montait par 80 degrés, ornées d'un grand nombre de colonnes de porphyre, d'images des dieux et de statues des rois d'Egypte, le tout de Laille colossale. Le toit formait une plate-forme immense , revètue de quartiers de marbre d’une grandeur prodigieuse. Les passages se croisaient et se multipliaient à l'infini. en sorte qu'il était impossible à un étranger de retrouver le chemin par lequel il était venu. La solidité de ce vaste édifice égalait sa magnificence ; il résista pendant plusieurs siècles aux ravages du temps et mème à la fureur des habitans d’Héracléopolis, qui l'avaient, dit-on, en horreur parce qu’il renfcrmait les crocodiles sacrés, animaux dont l’ichneumon qu'ils adoraient, était l'ennemi mortel. Pline assure que le labyrinthe subsistait encore de son temps. Il parait que sa destruction doit être attribuée aux Arabes.
Dans le BAHARI ou la BASSE-EGYPTE on trouve : ; MATARYEH, Sur un canal qui aboutit à la rive droite de la branche orientale du Nil, dite aussi de Damiette; c’est un petit village, remarquable par plusieurs restes d'édifices appartenant à l'ancienne ON ou Hox, nommée plus tard HEe- LioroLis par les Grecs à cause de son magnifique temple dédié au soleil. C'était une des plus grandes villes de l'ancienne Egypte, célèbre par la beauté de ses temples et par son collège où les prêtres enseignaient les hautes sciences et spécialement la philosophie et l'astronomie; ce fut à leur école qu'Hérodote, Platon et Eudoxe s'instruisirent dans les sciences et les mystères des Egyptiens. C'est dans le temple du soleil que Putiphar, père d’Aseneth, épouse de Joseph, était prêtre ; c’est dans cette ville que, selon Diodore, le grand Sésostris éleva deux obélisques de 120 coudées ou pieds de haut sur 8 de large à la base. C’est encore ici que la tradition populaire place le puits, le jardin et le sycomore trouvés par Joseph et Marie dans leur fuite de la Judée, auprès desquels ils se reposèrent et se désaltérèrent. Déjà du temps de Strabon cette graude ville était presque déserte, et une foule d'objets précieux enlevés à ses magnifiques monumens par Auguste et Constantin, servirent à embellir Rome et Constantinople. Les ruines du fameux {ernple du Soleil, les débris des sphinx mentionnés par Strabon et le superbe obélisque d’un seul bloc de granit de 68 pieds de haut sur 6 et demi à sa base, sont tout ce qui reste de
cette cité célèbre. Sur l’obélisque on voit sculptée une croix, qui a été le sujet de très grandes disputes parmi les auteurs chrétiens; mais cette figure est un signe qu’on rencontre sur plusieurs autres monumens. Bezneys, petite ville, cheflieu de préfecture, située à la jonction de plusieurs canaux dérivés du Nil, et fortifiée par Bonaparte en 1798. À quelques milles de distance était située la ville d'Onion où était le Lemptle juif de ce nom, construit sur le modèle de celui de Jérusalem par Onias, fils du grand-prètre Onias III; des prêtres et des lévites y faisaient le même service et y pratiquaient les mêmes cérémonies que dans le vrai temple. Ptolémée Philométor, protecteur d’Onias, lui avait assigné quantité de terres et de grands revenus en argent pour son entretien et pour celui de ses desservans. Après la prise de Jérusalem, Vespasien le dépouilla de tous ses vrnemens et le fit termer, ce qui le fit tomber en ruines par la suite des temps.
TeLL-BasTAu (Tell-Boustah), sur un canal qui aboutit au Menzaleh, misérable endroit remarquable par le voisinage de l'ancienne Bubastos, dont les nombreuses ruines ont été découvertes par feu Malus. Rubastis, nommée Phi-beseth dans la Bible, était une des plus anciennes villes de l'Egypte, et a élé la résidence des rois de la xxu° dynastie mentionnée par Manethon, qu'on place entre 970 et 850 ans avant Jésus-Christ. On y voyait un temple magaifique dédié à Bubastis, divinité égyptienne correspondant à la Diane des Grecs. Cette déesse y était représentée sous la figure d’une chatte; la fête, qu'on y célébrait tous les ans en son honneur, tenait le premier rang dans le calendrier égyptien ; on prétend qu'elle y attirait 700,000 étrangers. On vantait beaucoup les dimensions du temple, la richesse et la beauté de ses sculptures. Non loin de Tell- Bastah, et sur le même canal, on trouve, Hehydekh, jolie petite ville moderne, presque ignorée des gévographes, quoique florissante par l'industrie de ses habitans ; ses environs sontrangés parmi les parties de Egypte les mieux cultivées et les plus fertiles, Nous mentionnerons aussi Bousir ou Abousyr, misérable endroit qui correspond à l’ancienne Busiris, si renommée par son grand ternple consacré à Isis, et plus encore par la grande fête que les anciens Egyptiens célébraient tous les ans en l'honneur de cette déesse. On y voyait, selon Hérodote , une multitude extraordinaire de personnes des deux sexes qui, après s'élre frappées et lamentées, mangeaient les restes du bœuf qui avait été immolé à la déesse; ce repas sacré avait été précédée d’un long jeûne.
MenazzeT-EL-Kenin (le Grand-Quartier), sur le canal Melig, autrefois chef-lieu de la province EIl-Gharbieh, et aujourd'hui de la préfecture de son nom, assez grande ville, très déchue, mais encore importante par l'industrie et le nombre de ses habitans, qu’on porte au-delà de 17,000. Mehallet-el-Kebir correspond à l'ancienne Xoës ; selon M. Ritter, elle serait la même que CYnopolis. Tanrau, située presque au milieu du Delta, et chef-licu de préfecture. C'est une des
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villes les plus helleset les plus peuplées de la Basse- Eygpte, remarquable par sa belle mosquée, dont ou vante le dôme et la hauteur des minarets, mais surtout par le grand nombre de pélerins qui, trois fois par an, viennent visiter le tombeau de Seyd- Ahmed-el-Bedaouy, ce qui donne lieu à trois riches foires ; celle du mois d’avril est la plus considérable, M. Rifaud dit que les marchands qui la fréquentent sont beaucoup plus nombreux que ceux qui se réunissent à Beaucaire.
Fovau, sur la rive droite de la branche de Rosette , nommée anciennement Bolbitinique , assez grande ville, chef-lieu de préfecture et assez florissante par son commerce et surtout par son industrie, Dans ses environs et daas un rayon de 18 milles on trouve : Rahmanyekh, petite ville importante par le grand canal de Mahmoudy , que le vice-roi a fait creuser, et qui a été mentionné à la page 825. Non loin, à Aourât, était Naucratis, sur la branche Canopique, une des villes les plr; commerçantes de l'ancienne Egypte , à cause de so" port qui, sous les Pharaons, était le seul du royaume où les vaisseaux marchands eussent la permission d’aborder.Les Grecs y avaientélevé un {emple magnitique aux frais communs de neuf villes de l’Asie- Mineure. Sa-el-Hadjar (Sa-de-la-Pierre), misérable village près duquel on voit les ruines présumées de Sais, l’ancienne capitale du Delta, la mère d'Athènes et la ville qui vit naître et mourir le roi Psammétique; son corps fut déposé dans le temple de Minerve, édifice magnifique dont le portique, suivant Hérodote, surpassail de beaucoup tous les autres bâtimens de ce genre , tant par son élévation et son étendue, que par la qualité et la grandeur des pierres qu'on y avait employées ; il était orné de statues colossales (androsphinx), d’une hauteur prodigieuse. Tout près de son entrée principale était une chapelle monolithe ou formée d’une seule pierre, qu'Amasis avait fait transporter de l'ile Eléphantine, éloignée d'environ 600 milles de Saïs; 2000 hommes furent occupés pendant trois ans à ce transport difficile. Cette chapelle avait en dehors 21 coudées de long , 14 de large et 8 de haut dans œuvre; sa longueur était de 18 coudées sur 12 de large et 5 de haut. Ce superbe édifice et tant d’autres monumens magnifiques ont entièrement disparu. Les restes imposans des circonvallations colossales de ses trois zécropoles, visités par M. Champollion, sont tout ce qui subsiste de cette grande cité où l’on célébrait, en l'honneur de Minerve, la fameuse féte des lampes , ainsi nommée par la grande quantité de lampes qu'on allumait autour des maisons ; les Egyptiens qui ne pouvaient se trouver cette nuit-là à Saïs, observaient chez eux la mème cérémonie d'allumer des lampes, Damannour (Hermopolis-Parva), assez grande ville, située près du canal du même nom, chef-licu d’une préfecture et importante surtout par ses plantations de coton. Rosetle ou Rachid (Bolbitine), situe sur la rive gauche de la branche du Nil qui en prend le nom et que les anciens nommaient Bolbitinique. C’est une des plus importantes villes du Delta, à laquelle d'anciennes re-
lations accordent 40,000 habitans, nombre qu'il faut réduire à environ 15,000. On y remarque une grande »20squée dont le toit est supporté par un grand nombre de colonnes; ses deux minarets sont remarquables par la légèreté de leur architecture et par leur élévation. Depuis l’ouverture du grand canal de Mahmoudy, le commerce de Rosette a beaucoup perdu. C'est dans celte ville que M. Bouchard a trouvé en 1799 le célèbre monument dit Pierre de Roselle, consistant en unc inscription gravée en trois caraetères différens : le sacré ou hiéroglyphique ; l’enchorial ou démotique, et le grec. Ce précieux monument, ainsi que l’obélisque de Philæ dont nous avons parlé, sont de la plus haute importance pour tout ce qui concerne l'explication des hiéroglyphes, science dans laquelle M. Young, mais surtout M. Champollion jeune, ont acquis justement de nos jours tant de célébrité. La pierre de Rosette est aujourd’hui conservée à Londres. DaMETTE (Tamniathis), chef-lieu de préfecture, sur la rive droite et à 5 milles de l'embouchure de la branche du Nil quien prend le nom. C'est une des villes les mieux bâties et les mieux situées de l'Egypte; quoique très déchue, elle fait encore un commerce assez étendu, et se distingue par son industrie, par la richesse de sa pèche et par sa population. Les vastes et beaux m74agasins du riz, construits par le vice-roi, et quelques-unes de ses mosquées sont ses édifices les plus remarquables. Sans adopter les exagérations de quelques voyageurs modernes, et sans lui accorder les 70 et même 80,000 habitans que lui assignent quelques géographes, sans doute d'après d'anciennes relations qui paraissent se rapporter au temps des croisades, nous croyons que sa population actuelle ne va pas beaucoup au-delà de 20,000 âmes. Nous ne devons pas manquer de relever une autre erreur des écrivains, qui ont confondu la Damiette actuelle avec la Damiette du temps des croisades, et qui ont cru que la distance considérable qui sépare aujourd’hui Damiette de la mer, provient des alluvions du Nil. M.Reinaud a fait voir qu’en 1250 le gouvernement égyptien, craignant une nouvelle invasion de croisés, fit raser l’ancienne Damiette, et que la ville actuelle s'est formée peu-à peu de maisons bâties dass l'intérieur des terres. Nous rippelle-; rons à ce propos, d'après la remarque judicieuse d’un observateur intelligent, que c’est par une méprise semblable que l’on a prétendu prouver l'abaissement du niveau de la Méditerranée, fondé sur l'embarquement de saint Louis a Aigues- Mortes. M. Vaysse de Villiers a prouvé, à l’aide d’argumens qui nous paraissent sans réplique , que la mer n’a jamais baigné les murs de cette ville, et que saint Louis n'a pu s’y embarquer que dans une chaloupe, comme ses successeurs pourraient le faire encore aujourd'hui. La seule différence consiste dans le peu de profondeur et dans le rétrécissement du canal qui met Aigues- Mortes en communication avec la mer, changes mens dus aux atlérissemens qui se sont formés pour avoir négligé de le nettoyer. Nous pourrions citer plus d’un exemple de ce genre, mais nous les destinons à un autre ouvrage.
Lans ua rayon de'35 inilles on trouve : Me nzaleh, petite ville, près de la vaste lagune à laquelle elle donne son nom; ses environs et les îles sont habités par une race abrutie qu’on pourrait appeler ichthyophage, parce qu'elle vit presque exclusivement des produits de l’abon-
.dante pêche qu'on y fait. C'est sur un de ces flots \qu'étaitsituée l'ancienne ThennesusouTen- Inis, qui dans le 1x° siècle florissait par ses nombreuses manufactures, et qui ne comptait pas moins de 30,000 habitans chrétiens. Sax, village x habité par des pècheurs, dont les cabanes s’éle- , vent au milieu des débris d'une ancienne ville nommée Zoan par les Juifs, et Tanis parles Grecs. C'est de cette ville qu’une des principales branches du Nil prenait le nom de Tanitlique. Taanis était le siège des rois des xx1° et xxu1° dynasties de Manethon, et, selon quelques savans, le lieu où Moïse vint au monde, et le théâtre des prodiges opérés par ce prophète pour délivrer les Juifs de l'esclavage. On y voit encore les débris de sept obélisques, de quelques #onolilhes, et d’autres anciens monumens. Tmay-el- Emdy d, lieu remarquable par son beau {emnple monolithe de granit, décrit par M. Jomard et par lord Valentia, et posé sur un piédestal de la même pierre. Mansourah, sur la rive droite de la branche de Damiette, dans un canton regardé comme le plus fertile et un des mieux cultivés de l'Egypte. C'est une des principales villes du Delta et le chef-lieu d'une préfecture ; M. Michaud y a encore vu le bdtiment où saint Louis fut mis en captivité après la perte de la bataille donnée dans les environs de cette ville. Koum-Zalat, misérable endroit que nous citons pour signaler l'emplacement de Butis ou Buto, une des villes les plus remarquables de l'ancienne Egypte par son immense {emple monolithe dédié « Latone, et par son oracle qui était le plus vénéré de cette contrée; le temple avait, selon les auteurs anciens, 40 coudées de haut sur autant de long; une pierre immense, dont les rebords avaient quatre coudées, lui servait de couverture. Les habitans de ses environs ct ‘le l’espace marécageux compris entre Rosette «t Damiette , parlaient antiennement le dialecte bachmourique , et se distinguaient de leurs voisins par leur rusticité; leurs descendans paraissent étre aussi sauvages que leurs añcètres. Au sud-est de Tennis, mais hors du rayon de Damiette, on trouve Tyneh, autre lieu misérable, mais assez important par la petite forteresse turque qui défend l'entrée du canal bourbeux, autrefois nommé branche Pélusiaque du nom de Pelusium, dont on voit encore dans le voisinage les anciennes z2urailles assez bien conservées. C'était une place forte que les monarques de l'Egypte regardaient comme la clef de leur royaume du côté de la Syrie; pour mieux la défendre , ils avaient même fait construire une épaisse muraille d'environ 90 milles, qui s'étendait depuis cette forteresse jusqu’à Héliopolis. Pelusium n’est pas, comme on l’a cru, Ja patrie du célèbre Ptolémée, dont les ouvrages sur la géographie et l'astronomie sont les plus importans que l'antiquité nous ait légués. Plus au nord,
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et sur les bords de la Méditerranée , on voit E /- Arich, château fort, environné de jardins potagers et de palmiers; il correspond à l’ancienne Rhinocorura, dont le nom, qui signifie 2ez coupé, a donné lieu à plusieurs historiens d'écrire que c'étaibun établissement formé par une troupe de brigands, à qui un certain roi avait fait couper le nez. Du temps des Romains, c’était un grand entrepôt pour les marchandises qui, de l'Arabie, venaient en Europe.
ALEXANDRIE (4lexandriu) dite ISCANDERIÉE par les Arabes et par les Turks, place forte, située sur une langue de terre sablonneuse , fermée par la Méditerranée et le lac Marivut (Maréolis). Elle a deux ports, et on doit y distinguer deux parties entièrement différentes : la Ville-Moderne et la Ville-Ancienne. Les constructions modernes sont irrégulières et les rues qu'elles forment malpropres. Le nouveau palais, la douane, la mosquée des mille et une colonnes, et surtout lesfortifications et l'arsenal de la marine sont les constructions les plus importantes des temps modernes. On ne doit pas oublier le canal de Rahmanyeh, mentionné à la page 825; il fait communiquer cette ville avec Le Caire par la branche du Nil qui débouche à 5 milles au-dessous de Rosette. Alexandrie est encore une place trèsimportante pour le commerce , étant l’entrepôt de celui que l'Egypte fait avec Constantinople, Livourne, Venise, Trieste et Marseille. Toutes les nations maritimes de l’Europe y entretiennent des consuls. Sa population a considérablement augmentée depuis 1800, puisqu'on nous assure qu’elle dépasse 25,000 àmes; au commencement du siècle, elle n’en comptait que 17,000.
Plusieurs ruines et quelques monumens attestent encore la magnificence et la richesse de la résidence des Ptolémées et de la capitale de l'Egypte pendant la longue domination des Romains Cette métropole superbe, bâtie par Alexandre, qui en donna lui-même le plan et le fit exécuter par le célèbre architecte Dinocrates , avait 96 sta.. des de circonférence , et sa population, sous le règne d’Auguste, paraît avoir dépassé 700,000 âmes. Une rue droite de 100 pieds de large la traversait dans toute sa longueur ; elie formait une suite de portiques , de temples et d’autres magnifiques édifices ; une autre rue non moins belle la coupait à angles droits; leur intersection formait une vaste place carrée, du milieu de laquelle on voyait deux ports et les vaisseaux qui à pleines voiles arrivaient de la Méditerranée et du lac Maréotis. Un môle magnifique et artificiel nommé Heptastade, parce qu'il avait 7 stades de long, réunissait l'ile de Phare au continent, et séparait les deux ports qu’Alexandrie possédait sur la Méditerranée. A l'entrée du grand port. et sur un rocher, s'élevait la fameuse tour du Phare, au sommet de laquelle on allumait des feux toutes les nuits pour guider les vaisseaux ; on v avait pratiqué divers étages entourés de galeries soutenues par des colonnes de marbre ; sa hauteur parait avoir dépassé 400 pieds ; on la rangeait parmi les merveilles du monde. Alexandrie était partagée en plusieurs quartiers, dont le Bruchion, nommé aussi le quartier des palais,.
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était le plus magnifique et le plus étendu. Outre le palais bäti par ordre d'4lexandre, on en voyait plusieurs autres construits par les Ptolémées; tous ces bâtimens communiquaient ensemble, C'est dans ce quartier qu'était le {Léddre, le stade et le gymnase. Ce dernier était orné de portiques de 600 pieds de long , soutenus par plusieurs raags de colonnes de marbre , dont cinq subsistent encore. Dans le temple de Soma eu Sema reposait le corps d'Alexandre , que le premier des Ptolémées y avait déposé dans un cercueil d'or massif, Dans ce même quartier on voyait la iameuse bibliothèque et le musée ; la première doit être regardée comme la plus grande collection de livres qui ait été faite par les anciens; avant l'incendie, qui en réduisit en cendres la plus grande partie, du temps de Jules César, elle ne comptait pas moins de 700,000 volumes, ou pour mieux dire rouleaux , qui contenaient bea. coup moins de matière que nos vo-
lumes imprimés. Le musée était une véritable: : académie de savans ; lie différait cependant de.
nos académies, en ce que ses membres vivaient ensemble dans un magnifique édifice aux frais des rois d'Egypte et ensuite à ceux des empereurs romains. C’est à cet élablissement qu’Alexandrie est redevable d’avoir été pendant tant de siècles à la tète de la civilisation des peuples anciens et du moyen âge, et d’avoir produit tant de grands hommes dans les sciences et les belles-lettres. Plus tard elle posséda une célèbre école qui pourrait êlre regardée comme le berceau de la théologie chrétienne ; elle donna à l’église plusieurs pères illustres par teur doctrine. Dans le quartier de Rachotis, ainsi appelé du village de ce nem qui existait avant la fondation de la ville , on voyait le vaste et magnifique {emple de Sérapis, bâti en marbre, au milieu d’une immense cour environnée de galeries et d’appartemens destinés à loger ses nombreux desservans ; la statue du dieu était d'une grandeur énorme ; ce temple a été détruit par ordre de l'empereur Théodose. Les restes de la fameuse bibliothèque déposés dans v: bel édifice annexé au bâtiment principal formérent, avec la riche bibliothèque de Pergame, donnée par Marc-Antoine à Cléopàtre , et par les augmentations successives qui eurent lieu pendant la domination romaine, la seconde bibliothèque, presque aussi considérable que la première ; elle fut détruite par le fahatisme du calife Omar. C’est dans ce mème quartier qu'était la superbe colonne de granit rouge , qu’on uomme communément la colonne de Pompée; sa hauteur totale est de 114 pieds; le fût , quoique d’un seul bloc , n’a pas moins de 90 picds de long sur 9 de diamètre; ce monument subsiste encore ; il domine la ville et sert de signal aux vaisseaux. Un canal navigable, nomme fossa Alexandrina, traversait ce quartier et mettait en communication le lac Maréotis avec le port d’Eunoste sur la Méditerranée; il fournissait aussi l’eau aux citernes de la ville; ces dernières étaient en si grand nombre, que presque toutes les maisons élaient bâties sur des voûtes; ces constructions superbes , dues aux Grecs et aux Romains, subsistent encore presqu'en entier. Alexandrie avait
deux faubourgs très considérables ; l’un nommé Nécropolis (la ville des morts), était remarquable par ses nombreuses grottes sépulrrales, dont plusieurs sont taillées dans le roc et excitent encore l'admiration des voyageurs qui vont les visiter. Davison, en 1763, vit les murailles de quelques-unes couvertes de peintures, dont les voyageurs récens ne font pas mention. L'autre faubourg commençait à la porte de Canope; on y voit encore l’kippodrome, cirque spacieux destiné à la course des chevaux , et les deux obélisques, dits aiguilles de Cléopâtre, dont l'un est debout et a été donné au roi de France par le vice-roi Mohammed-Ali, et l’autre, qui est renversé, appartient aux Anglais, qui ne l'ont pas
, encore enlevé à cause des difficultés du transport;
ces deux blocs superbes sont en granit et chargés de hiéroglyphes ; ils ont environ 60 pieds de haut sur 7 de large à la base. Nous finirons par faire observer qu’Alexandrie a été pendant 600 ans la première place commerçante du monde; que c'est dans cette ville qu'environ 285 ans avant Jésus- Christ l’on a fait en grec la première traduction de la Bible, et que c’est en fouillant dans ses ruines , qui n’ontjamais été bien explorées , qu'on trouvera peut-être desmonumens en deux ou irois langues qui compléteront la mémorable découverte de l'interprétation de l'écriture hiéroglyphique.
Dans les environs d'Alexandrie on trouve : £l- Kheryt, où l’on voit encore les débris de l’ancienne Marea ctde son immense quai, ainsi que les restes d’une espèce de bassin où l'on conservaitles vaisseaux. 4 boukir, village avec une forteresse qui en défend le port; dans son voisinage s'élevait jadis Canopus, si célèbre par son temple de Sérapis, auquel on se rendait en foule pour assister aux fêtes qu'on y célébraitet dans lesquelles la dissolution était portée au dernier excès.