‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 2)Chapitre 41 sur 628 · partie d · texte numérisé non relu

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trois savans géographes, nous trouvons qu'on peut tracer le tableau suivant de la surface de la planète que nous habitons :

Ancien Monde ou Continent Ancien, subdivisé en Europe , Asie et Afrique.

Nouveau Monde ou Continent Nouveau, qui comprend l'émerique.

Monde Maritime ou Continent Austral, qui, avec ses dépendances, forme l'Océanie.

La dénomination de Continent Austral, que nous proposons à-la-foiscommesynonyme de celle d'Australie proprement dite, et pour compléter le tableau de la plus grande division du globe qu'on puisse tracer, nous parait convenir parfaitement à la grandeile que l'on nomme communément et très improprement Nouvelle-Hollande. Qu'on examineune mappemonde, etl'on verra qu'aucune partie du globe ne se trouve entièrement placée au sud de l'équateur, et que ce n’est qu'une petite partie de l'Ancien-Continent, et la moindre du Nouveau qui se trouve dans l'hémisphère austral. On peut donc, avec justesse , donner la dénomination de Continent-Austral à cette terre qui est trop grande pour être classée parmi les iles, et qui se trouve entièrement au sud de la ligne équinoxiale.

Si l'on objectait que le Continent-Austral, relativement aux autres parties du MondeMaritime , est troppetit ettrop peu important sous le double rapport de sa population et de ses produits, nous répondrions, pour justifier l'expression de Continent Austral dont nous nous servons : que les grandes divisions du globe devant être fondées sur leur caractère physique plutôt que sur toute autre considération , nous trouvons, parle calcul, que l'Australie ou le Continent-Austral, ayant une surface qu'on peut évaluer d’après les meilleures cartes à 2,204,000 milles carrés, et que tout le reste de l'Océanie pouvant être estimé à environ 896,000 milles carrés, le continent est, aux Îles qu'on regarde comme ses dépendances géographiques, dans la proportion de 2,204,000 à 896,000 , ou approximativement comme 551 à 224, ou comme 22 à 9. La partie principale surpasse donc de beaucoup la partie accessoire ; et quoique cette proportion soit dans un rapport moindre que celui qu'on abserve entre le Continent Ancien et le Continent Nouveau, relativement à leurs Îles respectives , ce rapport cependant est toujours assez grand pour qu’on n’abandonne pas une division qui est en harmonie avec les autres, et qui complète le tableau de la principale classification de toutes les terres du globe. :

Quant à ce qui concerne les limites occidentales de l'Océanie qui forment le point discuté entre les géographes français et ceux des autres nations, aous ne ferons que répéter les raisonnemens de notre célèbre ami, qui, dans son Précis, s'exprime dela manière suivante : « En effet, il faut se décider ou à ne voir même dans la Nouvelle-Hollande et la Nouvelle-Zélande qu'un appendice del’Asie, ou il faut créer une nouvelle division qui renfermera ces vastesterres. Une fois la nécessité de cette nouvelle classe admise, on a eu tort de ne pas en déterminerla circonscription d’après des principes purement scientifiques. Pourquoi couper en deux

ce grand archipel qui, sur le globe terrestre, présente un ensemble si frappant? Pourquoi chercher entre lesiles Moluques et les iles des Papous une ligne de démareation que la nature n'y a point tracée? Le nom d'#sie n'a été donné, parles anciens, qu’au continent qui le porte; les Îles de Sumatra , de Java , de Bornéo, découvertes par les modernes, n’ont été attribuées à l'Asie que parce qu'on ignorait l'étendue de l'archipel dont elles font partie. Pourquoi ne restreindrions-nous pas cette exception dans les limites marquées par la nature? D'ailleurs la mer de la Chine ne sépare-t-elle pas l'Asie des terres du Grand-Océan, comme la Méditerranée sépare l'Afrique de l'Europe? »

Mais il est d'autres parties du monde dont les limites sont encore le sujet de beaucoup de dissentimens entre les savans, et à l'égard desquelles les géographes les plus distingués sont bien loin d’être d'accord entre eux. Nous voulonsparler des limites orientales de l'Europe. Malte-Brun , dès le commencement du siècle actuel, et plus tard dans son Précis, a fait voir combien ilétait important et convenable de donner à l'Europe la limite naturelle tracée par l’Oural et par la mer Caspienne. C'est cette limite qui a été depuis adoptée avec quelques légères modifications par presque tous les géographes français, et c’est aussi celle que nous avons admise dans notre Compendio, en 1816 et en 1819. Nous avons médité depuis sur ce sujet; etaprèsnouscnétrelonguement entretenu avec Malte-Brun, nous avons cru devoir reculer la frontière de l'Europe jusqu'à la chaîne principale du Caucase. Plusieurs raisons, qu'il serait trop long d'exposer ici, nous ont engagé à faire cette modification, que Malte-Brun lui-mème se proposait d'introduire dans l’4brégé de géographie auquel il travaillait au moment mème où la mort l’a frappé. Nous avons eu la satisfaction de voir que des géographes très distingués, MM. Walckenaer et Eyriès, dans l’4brégé de géographie moderne de Pinkerton, et M. Denaix, dans ses Essais de géographie méthodique et comparative, ont eu la mème idée, et ont modifié de la sorte les limites orientales de l’Europe. Ces mêmes limites ont été adoptées par M. Hornschuch dans son Traité de géographie élémentaire. Nous laissons aux géographes routiniers le plaisir de conserver des divisions imaginaires, car le gouvernement russe, sur le territoire duquel ces savans s'amusent à tracer de semblables démarcations, ne reconaalt aucune division entre la Russie d'Europe et celle d’Asie. Cette dernière observation doit s'appliquer aussi à l'etalet turk du Djesair ou des {les, dépendant du capitan-pacha; car il s'étend sur une partie du continent en Europe et en Asie et sur les iles de l’Archipel qui appartiennent à ces deux grandes divisions du globe.

Ilen est de la classification des iles comme des limites orientales de l’Europe, deslimtes occidentales de l'Océanie, de la classification des montagnes et de plusieurs autres questions sur lesquelles les géographes diffèrent entièrement. Quant à nous, il nous semble que la classification destlesne doit avoir d’autre point de départ que leur plus ou moins grande proximité du continent. Toute autre

éegle qu'o irait suivre offriraitles plus grands inconvénieu 5 sou application. C'est par suite

de ce système que nous avons classé, dans notre Compendio, parmi lesiles américaines l'Islande , que presque lous les géographes s'accordent à meltre en Europe à la suite du Danemark. C’est aussice mème principe de la plusgrande proximité du continent européen qui nous a fait classer dans ce mème ouvrage avec les iles de l’Europe l'archipe des Açores, que tous les géographes s'obstinent

regarder comme une dépendance géographique de l'Afrique. La dépendance politique de l'Islande du Danemark, son gouvernement analogue à celui de cette monarchie, la langue et la religion de ses habitans, ne sont pas des molifs assez puissans pour autoriser le géographe à considérer cette ile comme une dépendance géographique de l'Europe. L'ile de Terre-Neuve, celles de Saint-Jean et du cap Breton , les archipels des Antilles et des Lucayes, etc., etc., devraientètre aussi classés parmi lesiles européennes, sices considérations étaient de quelque valeur pour l'isiande. Un tel système de classification est évidemment trop vicieux pour que nous insistions ? 11 pouvait être bon avant la découverte du Nouveau-Monde; car, comme on ne connaissait pas d'autre grande terre de ce côté, il fallait nécessairement rattacher à l'Europe l'Islande et le Groënland , découverts dans le moyen âge. Mais il serait absurde de conserver une classification aussi imparfaite maintenant que l'on connait le vaste continent dont ces grandes Îles sont incontestablement des dépendances géographiques. Convaincu de la vérité de ce principe et de l'utilité de son application dans la classification des iles, nous l'avons toujours eu présent danstous les calculs que nous avons faits sur !1 superficie et sur la population des cinq parties du monde, C'est à cette manière toute différente de classer les iles que l'on doit en partie attribuer la différence, parfois très grande, que l'on trouvera entre nos évaluations et celles des plus savans statisticiens de l'Allemagne, surtoutrelativement à la monarchie Danoise et à l'Océanie. En effet, eu ajoutant avec ces derniers toute l'Islande au petit royaume de Danemark, on triple presque la surface de la partie européenne de cette monarchie, que, d'après les meilleures cartes etles plus imposantes autorités, nous n'avons évaluée qu'à 16,600 milles carrés posais

Mais avant d'offrir le tableau de la statistique générale des grandes divisions du globe que nous venons de tracer, il faut en examiner les bases principales : la superficie et la population.

Nousavonsvu'à la page 6 que la superficie du giobe

est de 148,521,600 milles carrés. Nos recherches et nos calculs sur la superficie de toutes les terres connues nous ont donné la somme de 37,673,000 milles carrés pour la superficie des cinq parties du monde et des iles regardées comme lurs dégendances géographiques; le reste, ou 110,319,000 milles carrés indiquent la superficie de toutes les mers du globe. Les terres sont donc aux mers comme 87,073,000 à 110,849,000, ou approximativement comme 1 à 3.

Les géographes modernes, qui sontau niveau des progrès de la science qu'ils cullivent, s'accordent assez sur celte proportion entre la superficie des terres et celle des eaux du globe ; mais ils diffèrent beaucoup dans la détermination de la superficie des différentes parties du monde et de leurs principaux états. Les bornes de cet ouvrage ne nous permettent pas d'analyser les causes qui nous paraissent avoir contribué le plus à produire l’étonuante disparité d'opinions que nous avons rencontrée dans les géograph es et dans tous les ouvrages où jusqu'à présent l’on a eu occasion (1e traiter ce sujet. Nos lecteurs lestrouveront indi

uées dans le Mémoire que nous avons inséré

ans le xxin° volume du Bulletin Universel, Ns verront quelle confiance on doitaccorder aux évaluations faites à, chaque instant, ct reproduites dans une foule d'ouvrages élémentaires et même spéciaux de géographie et de statistique par des juges non compétens, Nous nous bornerons à présenter dans le tableau ci-dessous l'étonnanie disparité d'opinions émises relativement à la superficie de quelques contrées, dont la mesure depuis long-temps paraît ne devoir offrir que de très petites différences , parce que leur contour est bien ou du moinssuffisamment Lonnu. On doit d'autant plus s'étonner de trouver ces évaluations erronées reproduites dans des ouvrages modernes, qu'il suffit que deux auteurs connaissent les premiers élémens de la géométrie, et qu'ils établissent leurs calculs sur les meilleures cartes, pour obtenir des résultats très rapprochés entre eux. Plus d'une fois nous ayonspu nous en convaincre par nousmème , car les résultats de nos calculs ont été presque toujours identiques avec ceux qui ont été faits depuis par MM. de Humboldt, Freycinet, Brué, Hoffmann, ainsi que par plusieurs autres géographesetsavanstrès distingués. Nous citerons, entre autres,nos évaluations sur lasuperficie de l'empire du Brésil, de l'archipel de Sandwich, de la Sicile et celle de l'Afrique, Les “valuations de la dernière colonne sont le résu!tit de nos celruls et les estimations des divers auteur: ac nous avons ador:. tées comme les plus #x:rle

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