‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 2)Chapitre 410 sur 628 · Partie Insulaire · texte numérisé non relu

Partie Insulaire

Nous proposons de partager cette section en deux parties très inégales : l'archipel de Madagascar, ainsi nommé à cause de la grande ile qui en occupe le centre, et les é/es éparses le long de la Côte-Orientale, et nommées à la page 826. lci nous ne décrirons que l'ile de Madagascar et le groupe des Comores, en réservant la description des autres pour le chapitre suivant.

Dans l'ARCHIPEL DE MADAGASCAR nous décrirons les iles suivantes :

ILE DE MADAGASCAR. Jusqu'au commencement du xix® siècle cette grande ile était partagée entre un grand nombre de peuplades indépendantes, depuis quelques années elle est inégalement partagée entre le royaume de Madagascar, qui en possède la plus grande partie, et plusieurs chefs qui dominent sur le reste.

Le Royaume de Madagascar est une création politique de nos jours. Le jeune Radama,

chef des Ovas, est parvenu dans le cours de quel ques années à soumettre la meilleure et la plus grande partie de l'ile. Les chefs de Bombetoc, des Seclaves, des Antavares (Antavarts), des Betimsaras (Beslimessaras), des Betanimènes , le long des côtes et ceux de l’intérieur de Madagascar sont devenus ses vassaux. Digne émule de Mohamme’:-Alien Egypte, de Tamehameha à Sandwich et de Finow I à Tongatabou, ce jeune conquérant a commencé l’entreprise aussi gloricuse que difficiie de la civilisation de ses nombreux sujels ; il a fondé des écoles pour l’instruction de la jeunesse ; ila embelli sa capitale de plusieurs édifices, et a envoyé à l'ile Maurice , à Londres et à Paris quelques-uns de ses sujets pour apprendre nos arts et nos sciences. Peu d'années lui ont suffi pour créer une armée avec laquelle il projetait de soumettre l’île entière. Ses généraux et autres chefs supérieurs sont montés sur des

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chevaux veaus du dehurs; il s'est lormé uue artillere, Ses troupes sont en grande partie armées de fusils, exercées à l'européenne et soumises à ia plus sévère discipline. On en porte le uombre à 30,000 hommes; quoique exagéré, ce nombre est cependant peu éloigné de la vérité ; et on pourrait, saas craindre aucune exagération, porter à 60,000 hommes la totalité de ses forces en y comprenant les soldats armés de lances et de sagaies, Le gouverneur anglais de l'ile-de- France s'était engagé à lui payer auauellement 40,000 piastres ou 200,000 francs, pour qu'il abolit la traite des esclaves. Le jeune conquérant élait sur le point de voir couronner du plus brillant succès ses vastes projets, lorsqu'une nouvelle Ciylemnestre, la reine Ranavula-Manjoka, le ft périr empoisonné le 27 juillet 1828. Cette méchanie femme lui a succédé au détriment des plus proches parens de Radama, qu'elle a fait mettre à mort, pour se livrer plus facilement à son infâme complice, jeune Africain d'une rare beauté, Déjà les Maigaches de Bambetoc (Bambatouka?) et les Arabes fixés parmi eux, ont pris les armes coatre elle. Leur exemple sera probablemeat imité par d'autres peuples ennemis uaturels des Ovas, et le grand royaume fondé par la bravoureet la politique de Radama est menacé d'une dissolution romplète. Cette considération nous engage à décrire les lieux les plus considérables de l'ile, en indiquant les territoires des priacipaux peuples dont se coinposait le royaume de Madagascar à l'époque de la mort de ce prince.

Le Pays des Ovas forme le noyau du royaume ; il comprend tout l'intérieur de l'ile eatre le 16° et le 19° parallèle environ. C'est un plateau élevé et très bien peuplé; ses habitans sont les plus industrieux des peuples Madécasses ; ils doivent à Radama d'être actuellement la na: tion la plus puissante de toute l'ile et le peuple duminant du royaume de Madagascar, C'est au milieu de cette haute plaine que s'élève Tananamiv& (Tananearrivou, ou Emirne), capitale du royaume et résidence ordinaire de Raëama à l'époque de sa mort. C'est un assemblage de petites bourgades; les cases qui les composent sont disséminées sous les arbreset forment mille paysages variés et délicieux. Les proportions gigantesques dela végétation, dit M. de Fontmichel, offrent un singulier contraste avec l'exiguitée chétive des habitations humaines, qui ne se recommandent à l'attention des voyageurs que par l'attrait de de la nouveauté. Radama, qui avait le goût des constructions durables, et qui, proportivnnellement à ses moyens d'exéculion en toutgenre, a déployé en cela autant de génie à Madagascar que Pierre l‘"en Russie, Radama fit élever 1 Tananariveun temple à Jankar:; les murailles et les voûtes sont l'ouvrage d'un maçon qu'il avait fait venirprécédemment de l'Ile-de-France. L'intérieur de cet édifice est presque vide ; une espèce d’autel apparait dans le fond : oa y brûle des parfums en l'honneur du bon génie. Sur l’une des murailles on a représenté dans une peinture à fresque , informe et grossière, mais originale, Jankar, le bon génie, luttant contre Agathic, le mauvais génie. Le palais de Tranouvala et celui de Bes-

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sakanc plusspacieux que le prermicr , ainsi que le imagaitique mausolée de Radama, sont les autres édifices les plus remarquables; ilsvut été coustruits d'après les règles de l'architecture eurupéenne,par le mème artiste français qui a construit le temple de Jankar; les appartemens de ces palais sout décorés avec luxe et avec élégance. On doit citer aussi le collège établi parles missionnaires auglais Joneset Grifliths, d'où sont sortis plusieurs maitres, que Radama a répartis dans les principales villes de ses élats, pour y répandre l'instruction ; on y enseigne l'arithmétique, la géographie, lemalgache, l'anglais, etc. il y a d'autres écoles inférieures el des écoles particulières pour les jeunes filles, où on leur enseigne la couture ainsi qu'à lire et à écrire. Les missionaaires y ont établi une presse pour imprimer une traduction de la Bible en langue mauécasse; quatre naturels sont déjà assez versés daus les connaissances typographiques pour faire la composition; deux autres font marcher la presse. On prélend que Tananarive contient 60,000 habitans, y compris ceux des bourgades qui sont censées en faire partie.

Les autres territoires les plus importans le long des côtes, en faisaat le tour depuis le cap Saint-André, sur la côte occidentale, jusqu'au Pays d’Anussy dans la partie méridionale de l'ile, aous paraissent être les suivans : le Pays des Sectaves, dont une grande partie a été régie pendant long-temps par une reine puissante, qui résidait à Bowseroc, ville commercante, avec uu port assez fréquenté par les peuples des côtes de Mozambique et de Zanguebar ; le chef qui lui a succédé a déjà secoué le joug des Ovas; dans ce mème pays, mais plus au uord, se trouve:

Mouzancaye, ville bien policée , à laquelle on accorde 30,000 âmes ; elle est la plus commerçante de toute la côte occidentale, et son port est fréqueaté par les mêmes nations qui visitent Bombetoc; les Arabes forment une partie très considérable de sa population. 11 parait que c'est aussi sur le territoire de ce peuple que se trouve le beau port ZLouquez, où, d'après de réceutes notices, un territoire de 100 milles carrés a élé cédé aux Anglais pour y former un établissement. Le Pays des Antavarts, qui s'étend le long de la côte orientale et au sud du port Louquez, jusqu'aux confins du pays des Betimsaras; sa partie septentrionale seulement appartient au royaume de Madagascar ; on y trouve la baie Wormar, où les Français et d’autres nations font la traite du riz et surtout des viandes salées ; la partie méridionale conserve encore son indépendance ; on y voit la superbe baie AnrTonaiL avec le port Cnoiseuz, où les Français ont eu un établissement ; TINTINGUE (Teinting), autrefois résidence de Tsiphana, ancien chef très âgé, et grand-père du jeune Mandi-Tsara, qui a été élevé en France ,etquirègne sur le territoire de Pointe-à-Larrée. Vis-à-vis est l'établissement français de l'ile de Ste-Mar'ie, avec le fort St-Louis. Ces deux princes madécasses avant les derniers évènemens pouvaient être regardés comme vassaux, ou du moins comme alliés de la France. Tintingue a été pris

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POSSESSIONS DES PUISSANCES ETRANGERES. vit

et occupé par les troupes françaises en 1829. Le Pays des Betimsaras (Bestim2ssaras) qui s'étend depuis le territoire de Pointe-à-Larrée jusqu'à celui de Tamatave, FouLrointe peut en ètre regardé comme le chef-lieu ; c'est une petite ville très commerçante. Le Pays des Bétanimènes; c'est le plus peuplé et le plus fertile de tous les territoires maritimes de l'ile; il embrasse toute la côte depuis les limites des Betimsaras jusque vers le port Manourou, à l'embouchure du Tantamane. Tamaravé était naguère la résidence du chef ou roi Jean Réné, mulätre français, originaire de l'Ile-de-France et vassal du royaume de Madagascar; il régnait aussi comme tuteur de son neveu le jeune Berora, sur le territoire d'Yvondrou, situé au sud de celui de Tamatave; Berora, qui ainsi que Mandi- Tsara a été élevé à Paris dans le pensionnat de M. Morin, était l'héritier de ces deux petits royaumes. Tamatave parait étre aujourd'hui la place la plus commerçante de toute l'ile; elle était aussi son plus grand marché d'esclaves avant que Radama en eût sévèrement détendu la traite.

Dans la partie de la ville nommée la Batterie, qui lui sert en mème temps de défense , se trouvent plusieurs bâtimens isolés; le plus grand servait d'habitation à Ratafe, beau-frère de Radama ct gouverneur du fort de Tamatave, et était aussi la résidence ordinaire de ce prince torsqu'il séjournait dans cette ville. Les apparte- :nens, sans ètre vastes et dignes d'un souverain, sont propres, commodes, et la saile de réception est décorée avec luxe. Nous ajoulerons avec M. de Fontmichel, que Tamatave, qui a été pris par Îles troupes françaises en 1829, est le point le plus important de l'ile par la sûreté de sa rade , par.la modicité de la dépense qu'il exigerait pour être mis sur un pied respectable de défense , et par l’heureuse disposition du terrain sur lequel on peut asseoir avec facilité des fortifications formidables. Le Pays des Antacimes, au sud de celui des Bélaniménes. On y trouve Mananzans et MALATANE, ports commerçans, où s'étaient établis des trailans fran-

çais pour les achats de riz, ANDEVOURANTE passut, il y a quelques années, pour être le plus graud village de toute l'ile,

Parmi les pays qui paraissent être entièrement indépendans du royaume de Madagascar , nous nommerons les suivans : le Pays d'Anossÿ, partagé entre plusieurs petits chefs, et où se trouvent le Pont DE Sre-Lucie et les ruines du ronr Dauruix, où les Français fondérent leurs premiers établissemens dans celle île, etuù ils fontencore le commerce. Rabé-Fagnian, chef de l'Anossy proprement dit, Raava, fille du vieux Ramalifois, mortil y a quelques années , et Bédouk, chef des montaguards, paraissent être les principaux princesde cette partie de Madagiscar ; ilsont résisté à toute la puissance de Radamo etsontamis desFrançais. Toute la côte sud-ouest, qui s'étend depus le cap Ste-Marie jusqu'au cap St-André, est peu connue sous le rapport de ses divisions politiques; on représente ses habitans comme inhospitaliers, cruels et peu portés au commerce, du moins avec les Européens.

GROUPE DES ILES COMORES, Ce petit groupe, situé à l'entrée septentrionale du canal de Mozambique comprend lesiles Comore, Anjouan (Johanna), Mayotta et Mehilla. Autrefois très peuplées et florissantes ces iles sont depuis quelque temps ruinées et presque désertes à cause des dévastations commises annuellement par les Seclaves, les Antavares, les Betimsarus et les Bétanimènes, peuples maritimes de l'ile de Madagascar; ces pirates cruels en ont enlevé un grand nombre d'habitans pour les vendre comme esclaves. Le groupe des Comores purait aujourd'hui être partagé entre quatre chefs principaux. 4njouan, quoique très déchue, semble être encore l'ilela plus peuplée et la plus importante ; son chef, qui prendle titre de sultan, réside à Macuavou, petite ville fortifiée, avec une baie et environ 3000 habilans; ce prince dominait autrefois sur tout ce groupe. Comore, dit aussi Grande-Comore, estla plusgrande; elle a un pic très élevé. Mehilla est la plus petite.

POSSESSLONS DES PULIIANOSS ÉTRANGÈRES.

Les possessions des puissances étrangères en Afrique ne forment pas une région géographiqne, mais plusieurs divisions politiques très inégales entre elles et très morcelées. Plusieurs des établissemnens qui appartiennent aux Européens, surtout ceux de la côte de Guinée, ont beaucoup perdu de leur importance, depuis que la traite des nègres est défendue.

ILest même question en Angleterre de les abandonner presque tous. Nous réunirons sous les dénominations d’4/r1que-Ottomane, d’Afrique-Portugaise, d’Afrique-Anglaise, d'Afrique-Frangaise, etc., tout ce que l'empire Ottoman, le Portugal, l'Angleterre, la France, etc., possèdent dans cette partie du monde.

Afrique-Oliomane.

Voyez à la page 863 le tableau de tous les pays soumis au vice-roi d'Egypte et

aux pages indiquées la description des autres contrées qui en dépendent dans la

Région du Nil; leur ensemble forme ce régence de Tripoli,

que nous gate l’'Afrique-Olttomane Vassale. Nous proposons de nommer Afrique-Otiomane Sujelte la ci-devant

ui vient d’être inag à l'empire Ottoman. Voyez-en la description anx pages 878 el 870.

Afrique- Portugaise.

La monarchie Portugaise est la seconde puissance étrangère par l'étendue et le nombre des habitans de ses possessions dans cette partie du monde. Elles forment les cinq gouvernemens suivans, indépendans les uns des autres et très inépos pour la surface et pour la popuation.

Le GouvEnNEMENT DE Mapfne, 11 ne comprend que le groupe de Madère, situé dans l'Océan-Atlantique. 11 comprend l'ile de Madère quiest de beaucoup la plus grande et renammée par son vin; la petite Île de Porto-Santo et d'autresilots encore moins importans et presque tous déserts. Funcuaz, dans l'ile de Madère , ville trèsagréablement située sur la côte méridionale, au pied de hautes montagnes et défendue par plusieurs forts. C'est la résidence du gouverneur et d'un évêque; on lui accorde 20,000 habitans, dont la plupart font un commerce étendu. Malheureusement Funchal n'a pas de port, et sa rade n'est pas tenable en hiver,

Le Gouvenxeuent pu Car-VEnT. Îl se compose de deux parties distinctes : l'archipel du Cap- Vert, situé dans l'Océan-Atlantique, et la Partie Continentale.

La Partie Continentale ne comprend que les petites places ou postes de Cacheu, Bissao (Bissago), Zinghicor (Zinghichor), Farim et Geba le long de la Casamanza, du Geba et du Rio-Grande dans la Nigrilie Occidentale (Sénégambie). Cacueu, sur le S$an-Nomingo, petite ville , avec un fort, un port et 500 habitans, est la résidence du gouverneur de bous ces postes et le lieu le plus important.

L'archipel du Cap-Vert se compose de 10 iles principales, savoir : San-Thiago, qui est la plus grande ; ViLLA DE Phawa, avec 1260 habitans et une rade, est la résidence du gouverneur général de l'archipel et des possessions

dans la Sénégambie ; l'évêque réside à Rinena GaanDE, misérable endroit qui ne compte que 200 habitans, San-A4n tao est l'ile la plus peuplée de tout l'archipel; elle est aussi remarquable par son pic élevé; Visa pe Nossa-SENHORApo-Rosano, avec environ 6000 habilans, en est le chef-lieu, Fogo, remarquable par son volcan; c'est la troisième île pour la population. San -Nicolao est très dépeuplée; Rinena- Bnava, avec un port et 3600 habilans, en est le chef-lieu. Les autres Îles principales sont : Bo« - Vista et Maio, importantes par leurs salines, et San-Vicente (Saint-Vincent), remarquable par son beau port ; Saz ou Se!, avec de riches salines , et Santa-Lusia, sout désertes; Brava (Saint-Jean) n'a rien de remarquable.

Le GOUVERNEMENT DE San-Tnomé et DO Pmncire, Celle province ne comprend que les deux iles de ce nom, situées dans le golfe de Guinée et dans le groupe des iles Fernando-Po-et-Annobon, San-Tnomé, qui parait être la plus grande de tout le groupe, est aussi remarquable par son pic élevé. San-Tuoué (Panoasan), ville d'environ 3000 habitans, est la résidence du gouverneur, L'éle do Principe (du Prince) est beaucoup plus petite ; SAN-ANTAO, avec environ 1000 habitans et un port, en est le chef-licu; c'était il y a quelque temps le rendez-vous ordinaire des vaisseaux négriers,

Le GOUVERNEMENT D'ANGOLA comprend une grande partie du Congo dans la Nigritie. Nous l'avons décrit aux pages 903 et 904.

Le GOUVERNEMENT DE MOZAMBIQUE comprend une partie considérable de la Région de l’Afvique- Orientale. Nous l'avons décrit à la page 908.

Nous ajouterons que le gouvernement portugais n’a pas encore renoncé aux droits qu'il prétenil avoir sur les territoires de Cabinda et Malimba dans le Congo, et que les Portugais possèdent encore une loge à Whidah dans le royaume de Dahomey.

Afrique- Anjiuise.

Toutes les possessions des Anglais dans cette partie du monde peuvent être partagées dans les trois divisions suivantes,

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ivisions administratives actuelles.

ETABLISSEMENS DANS LA NIGRITIE ET SUR LES ÎLES DE L'OCÉAN-ATLANTIQUE. Cette division comprend les Colonies de la Sénégambie ,oùlon trouve Zathurst, sur l'ile Ste-Marie , à l'embouchure de la Gambie, petite ville, où se fait le vlus grand commerce de la Gambie ; les postes

ou comptoirs de Finglain, Jonkakonda et Pisania en dépendent,

Les Etablissemens de Sierra - Leone (Nigritie ou Guinée-Occidentale), On y trouve la colonie deSierra-Leone, fondée en1787 dansle but philantropique de supprimer la traite des nègres et de propager la civilisation en Afrique par le moyen d’Africains libres. Les derniers rapports ont démontré combien l'on était dans l'erreur relativement à la prétendue prospérité de cette colonie, que son climat délétère a fait justement nommer un charnier infect. Depuis sa fondation jusqu'en 1826 celle à

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dévoré presque la moitié des rrsonnes qui s'y sontétablies, L'épreuve qu'on y a faite de l'instruction et du travail des Nègres libres est restée bien loin de ce qu'on en espérait. !l est maintenant démontré que cet établissement, qui a coûté à l'Angleterre près de 400 millions de francs, est aussi inulile comme station navale que comme entrepôt de commerce; on a le projet de l'abandonner pour le transférer dans l'ile de Feruando-Po, Il faut cependant avouer que depuis trois ans et surtout depuis les améliorations introduites dans l'administration par le célèbre voyageur Denham, qui en a été gouverneur et qui y est mort comme ses prédécesseurs, de grandes améliorations ont eu lieu; celte colonie parait marcher vers un état florissant, qui pourrait avoir des conséquences immenses pour la civilisation de l'intérieur de l’Atrique et des pays côtiers qui l’environnent. l faudrait cependant renoncer tout-à-fait à y envoyer des soldats et des colons blancs; le climat est si éminemment délétère pour la race blanche, en même tempsqu'il parait être favorable aux nègres, qu'un séjour de quelques mois dans cet établissement équivaut pour des Européens, à une sentence de mort. Freetown, sur la rive méridionale de la Sierra-Leone, petite ville bien bâtie, avec un port et 4400 habitans. Elle possède cinq écoles, un théâtre, de belles casernes, et est la résidence du gouverneur général, dont l'autorité s'étend sur tous les établissemens de la Sénégambie et de la Guinée-Occidentale ; depuis 1817 on y publie un journal politique. Regentstown est l'autre ville la plus importante. Viennent ensuite Gloucester, Wellington, Kingstown et autres gros villages, qui gagnent tous lesjoursen population et en em- Lellissement.

Les Etablissemens de la Côle-d’Or et de la Côte-des-Esclaves (Nigritie ou Guinée-Orientale). Tous ces établissemens, à l'exception dun seul , sont situés dans la partie maritime de l'empire d’Achanti et ne consistent presque tous qu’en de petits forts insignifians situés près des villes, dont presque tous prennent leue mom. Nous les mentionnons dans l’ordre de leur position de l'ouest à l'est et en indiquant les différens royaumes où ils sont placés. Ces forts sont : le fort d’Apollonia et celui d'4manahea, dans le royaume d’'Amanahea; le fort près de Dixcove et le comptoir à Suconda , dans je royaume d'Ahanta; le fort abandonné de Commenda;le Cap-Corse (Cape-Coast); 4nimaboe, qui est le meilleur fort que les Anglais possèdent sur cette côte; Cormantin; le fort de Tanlumquerry et le fort de Winebakh ou Simpah, dans la république de Fantie; le fort James, dans le royaume d'Accra ou Incran, et le fort #illiam, à Whydah ou Juda dans le royaume de Dahomey. Le Cap-Corse, avec la ville de ce nom, est la résidence du gouverneur général, dont la juridiction s'étend sur tous les établissemens de la Guinée ; on lui accorde 8000 habitans. Cap- Corse fait aussi un commerce important ; on y a fondé des écoles pour les nègres, ainsi qu'à 4nimaboe ; on porte à 4900 àmes la population de celte dernière ville,

Les Ælablissemens dans les [les de l'Atlantique. Ces colonies sont encore très peu considérables, parce qu'ellesne comptent que quelques années d'existence. Une des plus importantes est celle de Fernando-Po, lle située au fond du golfe de Guinée. Le continuateur du précis de Malte-Brun , la rangeait encore en 1834 parmi les colonies espaguoles, bien que dès l'année 1828 , les Anglais en aient pris possession et s'y soient établis. Le fort Cia: rence que les Anglais y ont construit sur un terriloire acheté aux indigènes de cette ile, compte déjà près d'un millier d'habitans et plusieurs habitations destinées à recevoir les agens de la s0ciété africaine de Sierra-Leone, établissement qu'on a le projet d'abandonner, La fertilité de cette Île, ses superbes forêts , sa position importante sous le double rapport militaire et commercial, et la salubrité qu'à tort on attribuait à son climat, ont rendu pendant une couple d'années Fernando-Po le centre des forces britanniques dans les parages de la Nigritie, et l'entrepôt du commerce anglais avec l'intérieur de l'Afrique. La marine anglaise y a déjà établi le centre de ses croisières pour empêcher la traite des nègres, Mais la grande mortalité que subissent les Européens qui y séjournent , l'a déjà privée en partie de ces avantages ; il est question maintenant de l’abandonner, ou du moinsde n'y laisser qu'un petit établissement et une petite croisière pour surveiller les navires qui font encore l'infâme commerce desesclaves, Le Ascension, naguère déserte, et depuis peu occupée par un poste de soldats anglais avec leurs familles et quelques nègres; ce rocher aride et volcanique sert de relâche aux vaisseaux anglais qui croisent dans l'Atlantique et, par ses récensétablissemens, est devenu très important. L'{/e Ste-Hélène, autre petit rocher perdu dans l’immensité de l’Océan, mais de nos jours devenu si célèbre par le séjour et la mort de Napoléon: il appartenait à la Compagnie Anglaise des Indes- Orientales qui l’a cédé au gouvernement anglais; c'est un des points les plus importans de l'empire Britannique par les avantages qu'offre sa position pour établir des croisières, et par ses fortifications qui l'ont fait appeler le Gibratlar des mers des Indes. Nous nommerons à cause de leur célébrité : James-Walley, petite bourgade , bien bâtie, avec un hôpital militaire ét un Jardin botanique ; c'esk la résidence da gouverneur ; et Longwood, sur un petit plateau, non loin du lieu où, sous quelques pierres qne woilent de grands saules, reposent les restes de Napoléon. « La maison de Bonaparte, dit ua voyageur, est aujourd'hui dégradée et tombe en ruines ; les chambres basses sont métamorphosées en écuries, et la chambre où il rendit le dernier soupir sert de grenier à paille; un hideux palefrenier chinois commande en maitre daus cette fameuse demeure.» L'éle TFristand’ACunha, la plus grande du groupe de ce nom, etremarquable par son pic élevé. Depuis plusieurs années, quelques Anglais s’y sont établis; sa position et son climat salubre la rendraient ua point important pour les navigateurs qui vont

dans l'Australie (la Nouvelle- Hollande ), si elle avait un port.

ETABLISSEMENS DANS L'AFRIQUE-AUSTRALE. Voyez l'afrique-Australe Anglaise décrite à la page 905 et suivante.

TABLISSEMENS SUR LES ÎLES DANS L'OCÉAN-IN- DIEN. Ces colonies cédées en 1814 par la France à l'Angleterre comprennent l'importante ie Maurice et un grand nombre d'ilots compris géographiquement dans l'archipel de Madagascar. L'’£le Maurice ou de France est de beaucoup la plus grande; on y trouve Port-Louis, dit aussi Port-Nord-Ouest. Cette petite ville, bien bâtie, avec un port, est la résidence du gouverneur géuéral de tous les établissemens anglais dans l'Océan-Indien. On y publie deux journaux, et l’on nous assure qu'elle compte 20,000 habitans avec sa banlieue. À quelques milles de distance se trouve le célèbre jardin de l’État, où fleurissent les richesses botaniques de tout l'Orient. Parmi les dépendances les plus importantes de Maurice ‘nous nommerons : l’{/e Rodriguez, quine compte que 123 habitans , mais quia un bon port; ‘Diego-Garcua, ilot peuplé par 276 habitans ; Agalega, autre ilot, avec 199 âmes; le groupe des iles Seychelles, composé de 30 ilots, dont seux de Mahé et de Praslin

sont les plus grands; le groupe des iles

Amirantes, composé de 11 flots inhabites et fréquentés seulement dans la saison de la pè-

che des tortues par un petit nombre d'habitans des Seychelles. Depuis quelques années les Anglais paraissent posséder le beau port Louguez dans le Pays des Seclaves dans l'ile Madagascar. On doit ajouter que la Compagnie- Anglaise des Indes-Orientales , vient de faire occuper par un petit détachement l'ile de Socortora, afin d'avoir une relàche sûre et commode pour les paquebots à vapeur qu'elle vient d'établir entre Calcutta et Suez. Socotora est la plus grande des îles africaines dans l’Océan-Indie ., après celle de Madagascar. Elle est censée a, ;a"'enir à l’imam de Mascate, dont relevait sor. cheïkh principal, C’est une Île aride, pierreuse et presque entièrement dépourvue d'eau et de végétation : cependant le meilleur aloès croit dans ses vallées abritées ; on y recueille aussi une grande quantité de dattes excellentes. Sa position et ses deux rades l'on fait servir de station aux négocians de l'antiquité ; on croit même qu'Alexandre-le-Grand y avait envoyé une colonie. Il parait qu’une partie des habitans de l’intérieur est altachée aux dogmes de l’église jacobite et qu’unetribu sauvage vit encore indépendante dans les buis.

Afrique-Française.

Les possessions françaises dans cette partie du monde peuvent être partagées de la sorte :

ETABLISSEMENS DANS LA SÉNÉGAMBIE. Ils sont divisés en deux arrondissemens : celui deS{-ZLouis, qui comprend l'éle de St-Louis et celles de Babagué, Safal et Ghimbar (Ghéber) formées par le Sénégal ; les divers élablissemens sur ce fleuve, telsque Kamou, Makana ou Sl-Charies, Bakel, Dagana el Faf; les escales ou lieux de ‘marchés le long du Sénégal où se traite 11 gom- Mme, telles que l'escale du Coq près de Podor, l'escale des Darman%*ours au-dessous de St- ‘Louis et celle des Trarzas au-dessus de Dagana ; entin la partie de la côte qui s'étend depuis le cap Blanc jusqu'à la baie d'lof. L’arrondissement de Gorée, qui comprend avec l'ile de Gorée toute la côte depuis la baie d’lof jusqu’à la Gambie, et notamment le comptoir d'#/breda. Nous devons faire observer que le territoire le long de la côte depuis le cap Blanc jusqu'à la Gambie n'est pas une possession de fait, mais seulement de nom, puisqu'il appartient à des peuples entièrement indépendans. Une grande partie de l'arrondissement de St-Louis appartenait au royaume de Oualo ou Hoval, ruiné et presque entièrement dépeuplé par la guerre civile et par les Maures ses vüisins ; il reconnait depuis quelque temps la suzeraineté de la France. Voyez à la page 898.

Les lieux les plus remarquables de cette partie de l’Afrique-Française sont : Saint-Louis, dans l’île de ce non , petite ville assez bien bâtie, el qui s’est considérablement augmentée depuis tiques années; c’est la résidence du gouver-

neur général de tous ces établissemens, et l'entrepôt du commerce qu'on fait sur le Sénégal, et surtout de celui de la gomme. Elle a une s0ciété d'agriculture et compte près de 6000 habitaus. Lans ses environs, à Aichard-Tol, flurissait un beau jardin de naturalisation foudé en 1822; le défaut de ressources l'a presque fait abandonner. Gorée, sur l'ilot de ce nom , avec un port et deux forts ; sa population s'élève à environ 3000 âmes. C'est un lieu de reläche très important pour les vaisseaux français qui vont dans l'Inde. Bakel, sur le Sénégal, n'a que 400 habitans, mais on y entretient un poste de 100 soldats. Dagan a, village de nègres dans le royaume de Oualo , avec environ 1200 habitans. Le village de Makana, ancien emplacement du fort Saint-Joseph ; c'est un établissement assez important ; en 1825 on y a construit un comptoir auquel on a donné le nom de Saint-Charles. Portendick, dans le pays des Maures Aulad- Alimed-Dahman , n’a d’habitans qu'au moment de la vente de la gomme aux bâlimens européens. C'est surtout depuis la décadence de la colonie anglaise de Sierra-Leone et le nouvel établissement que les Anglais ont formé à Fernando-Po, que l’on peut prévoir l'importance qu’aura pour la France la possession de Saint-Louis et de Gorée , surtout si les stations du Haut-Sénégal peuvent se maintenir. De là au bassin du Djoliba on peut communiquer en peu de jours. De faibles osbtacles séparent les deux cours d’eau, et une fois arrivé à Sego on pourra aisément descendre à Djénny et à Tombouctou, ou remonter à Bouré, le pays de l’or, ainsi que l'a démontré limportante exploration de M. Caillié.

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