‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 2)Chapitre 441 sur 628 · partie se jusin, en · texte numérisé non relu

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luca; «Chilpanzingo; Tula; Aclopan; Tulanzingo; Mezxtillan; Tixtian; Acapulco; Zimapan; Pachucas: Real det Monte; Tascoj Cuernavaca.

ETAT DE QUERETARO. . .. -. Querelaro; Cadereilu; El-Doctor; Maconi; Amealco; ,San-Juan-del-Rio; San-Pedro-Toliman; Xalpan. ETAT DB GUANAXUATO . ....,.. Guanaxuato; Allende (jadis San-Miguel-el-Grande); Leon;

Zelaya; Hidalgo (jadis Dolores); Salamanca; 1rapuato: El-Jaral, Les ruines des forts du Sombrero et de los Lemedios.

Érar ve Micuoacax . ......... Valladolid; Pascuaro; Zintzunzant (Tzintzontzan, le Huilzitzilla des Mexicains); San-Pedro-y-San-Pablo-Tlalpuxahua; Zamora; Ario, Le volcan de Jurullo.

État DE XALISCO, , Guadalaxara; Jecolotlan, Tepic; San-Hlas; San-Juan de los Lagos où Lagos; Kokula; Totonilsco; Chapala, Mescala; Aranda; Bolaños; Barca; Sayula; Elsallan;

. Aullan; Colotian. .

ÉratT DE ZACATECAS , . ... .. . . . Zacatecas; Aguas-Calientes; Fresnillo; Sombrerete; Jeres; Pino; Nochistian.

ETAT DE SONORA-ET-CINALOA , . . .. Villa del Fuerte; Culiacan; Alamos; Guaymas; Cinaloa; Arispe; Sonora; Pilit; El-Rosarioy Cosala; Hosti-

muri; ARE em Ad AA ETAT DE CHIMUAMLA Chihuahua; Santa-Rosa de Cosiquiraqui. Etat D£ Dunaxco Durango; Guarisamey el San-Dimas; Nombre-de-Dios:

Parras; San-Pedro-de-Batopilas; San-Juan-del-Rio ; $San-Jose-del-Parral; Papasquiaro; Mapimi.

T Dé CnouantiLA-ET-TEXAS. . . : Monclova; Sa/tillo; Sanla-Rosa; Bexar (San-Antonio de Bexar); San-Felippe de Auslin; Nacodoches.

Erar 96 NUEVO-LEON, , 0, , Monterey; Linares; Pilon; Cadereila. Er\ & TAMAULIPAS. Aguayo; Tampico de Tamaulipas (Pueblo-Nuevo de Tam-

pico); Sotlo-la-Marina; Nuevo-Santander; Altamira* $an-Carlos; El-Refugio; Padilla.

Erar pe Sax-Luis Porosr. ....,.. San-Luis-Potosi; Mineral de Catorce; Charcas; Ramos; Guadalcazar; Valle-del-Mais; Rio-Verde.

ETar DE VERA-Ciiz, Vera-Cruz; 4/varado; Pueblo-Viejo de Tampico; Tam-

pico-Allo; PanucCo; Papantlia; Xalapa; le volcan d'ort-

zaba; Crizaba; Perote; Cordova; Acayucan; Tuxtla (Santiago de Tuxtla); Guasacualco (Huasacualco).

ETAT DB PuEBLa . ........... Puebla (Puebla de los Angeles), Cholula; Huajocingo ‘Huexotzingo); Tehuacan; Allixco; Tepeaca; TLlapu; Acallan.

ETAT D'OAXACA, ............ Oaxaca (jadis Antequera), Métla; Tepozcol:it; Tehuantepec; Villalta; Xamiltepec; Yanguillan; Tixpa

ETAT DE CHiApa Ciudad-Real; Ocosingo; les ruines de Tuéher; Tuxtla; Chiapa de los Indios; San Bartolomeo de las hemedios ; San-Darenge( ‘omillar ; San-Juan-Chamula ; $San-Domingo de Palenqué; les ruines de Culhuacan.

Etat ne Tanasco ........... Santiago de Tabasco (jadis Villa Hermosa de Tabasco); Nuestra-Señora de la Villoria; Usumeinla; Nacajuca; Apat Tucolaipa; Jalapa; Macuspana; Canduacan; alpa. |

ETAT DE YUCATAN. .......,. . Merida; conte Valladolid; Bacalar (Salamanca-de- Bacalar); Ichmul; isla del Carmen; Lerma; Mama.

TERRITOIRE DES CALIFORNIES . . . ,. San-Carlos de Monterey; San-Anlonio ; San-Francisco; San-José; Santa-Barbara; San-Fernando; San- Diego; les Îles Santa-Barbara, Santa-Cruz, Santa-Catalina; San-Luis-Rey; Lorelo; les iles San-Jose, Santa Cruz, El-Carmin, ete; Sanla-Gerlrudia; les iles de los Cedros, Nalividad, «\t.; San-Pedro-Martir; San-José del Cabo de todos-Santos.

TERRITOIRE DU NOUVEAU-MEXIQUE , . Santa-Fe; Taos; Albuquerque; Passo-del-Norte.

TERRITOIRE DE TLASCALA, Tlascala; Huamantlola.

TERRITOIRE DE COLIMA. . . . . .. . Colima.

Mekico , dans le district fédéral , sur l'emplacement de l’ancienne Tenochtit lan, une des villes les plus régulières et les plus belles du monde. Mexico est située près de la rive occidentale du lac de Tezcuco et au milieu d’une assez grande plaine de l'aspect le plus triste, ayant d’un côté un marais fangeux et de l'autre un terrain aride et couvert d’algues en putréfaction. Le plan de la ville est carré et l’intérieur en est vraiment magnifique. Les rues sont spacieuses et tirées au cordeau, ornées de grands et beaux bâtimens. Les principales partent des quatre points cardinaux et viennent aboutir à la grande place; plusieurs ont deux milles de longueur. Rien n’y borne la vue ou ne l’affecte désagréablement ; l’uniformité des façades , celle des toits en terrasses , présentent , au contraire, une perspective dont le regard se détache avec peine. Au milieu des principales rues, très solidement pavées en petites pierres rondes et polies, on a pratiqué des conduits souterrains , et de chaque côté de larges et beaux trottoirs ; la nuit elles sont éclairées par de nombreux réverbères. Les maisons sont en général d’une architecture simple, mais élégante, bàties en pierre de taille et à deux ou trois étages. On entre au rez-de-chaussée par des portes à deux battans, ornées de bronze, dont quelques-unes sont remarquables par leur grande hauteur. Ces portes conduisent à la cour environnée par les bâtimens qui offrent une galerie à chaque étage ; cette cour est remplie d’arbres et de fleurs qui sont de l’effet le plus agréable. La façade des maisons est ordinairement peinte en détrempe en blanc, en rouge ou en vert clair ce qui lui donne un aspect gai. Sur quelques-unes sont inscrits des passages de l’Ecriture ou des stances adressées au Christ et à la Vierge ; quelques autres sont entièrement couvertes de carreaux de porcelaine, qui forment des dessins élégans ou représentent des sujets de la Bible. Cette sorte de décoration, qu’on rencontre aussi à La Puebla , rappelle les palais moresques et les mosquées qui existaient en Espagne à l’époque de la conquête du Mexique. Les murs de quelques églises sont également couverts de porcelaine.

Les toits presque plats , carrelés en briques et la plupart couverts d’arbustes et de fleurs, offrent le soir une promenade

délicieuse , d’où l’on jouit d’une vue superbe et où l’on respire un air rafraichissant. Grâces à celte espèce de décoration, la ville, vue d’une élévation voisine, parait plus belle qu'aucune des cités d'Europe, où des toits irréguliers et des groupes de cheminées informes sont les objets les plus frappans.

La flaza-Mayor (Granue-Place) est une des plus belles qui existent; la maguifique cathédrale, le ci-devant palais du vice-roi, l'hôtel bati par Cortez (Casa d’Estado) et une rangée de bâtimens avec des portiques en forment le contour ; au milieu s'élève une belle s/atue équestre de Charles IV, exécutée à Mexico par un Espagnol ; c’est sans doute le plus bel ouvrage de ce genre qu’ait produit le Nouveau-Monde. Parmi les bâtimens publics qui décorent cette 13FO0SE) nous mentionnerons les suivans : la cathedrale, qui est le plus grand et le plus beau temple de l'Amérique; deux belles tours s'élèvent sur les côtés de la façade, à laquelle il ne manque que d’être plus élevée au-dessus du sol pour être vraiment imposante. L'intérieur en est léger et magnifique ; c'est une belle et vaste croix latine surmontée à son centre par un grand dôme, reposant sur quatre piliers aussi hardis qu’élégans ; cinq nefs en partagent la largeur. L'église jointe à la cathédrale (e/ Sagrario) et qui sert aux cérémonies paroissiales, est un grand carré du plus bel effet. Pour la richesse des ornemens en métaux précieux, ce temple, ainsi que celui de Puebla, n’a pas d’égal dans le monde. Le palais du gouvernement (jadis palais du vice-roi), vis-à-vis de la cathédrale ; c’est un grand carré isolé , qui a presque un mille de circuit ; des cours spacieuses et de beaux prete en relèvent, à l’intérieur, la grandeur et la magnificence. C’est la résidence du président ; il contient en outre plusieurs administrations publiques , la prison, la monnaie, le jardin botanique, la bibliothèque , l'imprimerie du gouvernement , etc. La Monnaie de Mexico, malgré l’imperfection des machines employées pour la fabrication des!

pie doit étre regardée comme l’éta-

lissement de ce genre le plus remarquable qui ait jamais existé, par la prodigieuse quantité de piastres qu’on y a frappées et qui circulent par tout le globe;

quand les mines étaient en pleine activité:

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20 balanciers, servis par 400 ouvriers, y frappaient 80,000 piastres par jour. Voici quelques faits empruntés à notre tableau the World compared with the British Empire ; ils donneront au lecteur le moyen d'apprécier l’immense activité de la monnaie de Mexico, comparée à celle des établissemens semblables d’Angleterre et de France, regardés comme les plus actifs de l’Ancien- Continent. De 1733 à 1826 on a frappé , dans la monnaie de Mexico, pour la valeur de 205,704,760 livres sterling; à la monnaïe de Londres, la seule du Royaume- Uni pour les pièces d'or et d’argent, depuis 1727 jusques en 1826 , on frappa pour la valeur de 126,592,342 liv. sterl.; dans toutes les monnaies de lu France, on frappa pendant la même période pour 257,303,300 liv. sterl. La refonte est comprise dans tous ces calculs. Le jardin botanique, malgré ses petites dimensions , offre un lieu enchanteur par la beauté des plantes qui y fleurissent en plein air et par le nombre de jolis oiseaux qui l’habitent. La Mineria ou l’école des mines ; cet édifice dont la construction a coûté plusieurs millions de francs , n’est surpassé en grandeur ni en beauté d’architecture par aucun autre de ce geure que possède l’Europe ; malheureusement ses fondations, placées sur un sol humide, ont déjà fléchi, ses élégantes colonnes sont visiblement inclinées et laissent des séparations effrayantes entre les architraves et les entablemens ; une partie de ce beau monument , avant même qu’il soit entièrement achevé, est déjà tumbée, et le reste ne tardera pas à avoir le même sort. C’est dans ce bâtiment que se trouve l’observatoire, où le baron de Humboldt a fait les observations qui ont servi à rectifier tant d'erreurs propagées par les savans et les voyageurs qui l’avaient précédé dans la description de l'Amérique.

On ponrrait appeler Mexico la Ville- Sainte du Nouveau-Monde , tant est grand le nombre de ses églises, de ses chapelles et de ses couvens. Plusieurs de ces derniers édifices sont pour ainsi dire de petites villes, renfermant dans leur vaste enceinte d’autres églises et des confréries , outre l’église et le couvent principal. Malgré le cadre borné de cet onvrage, nous ne pouvons nous dispenser de mentionner quelques-uns de ces édi-

fices, qui méritent l'attention même du voyageur qui arriverait directement de Rome ; ils réunissent la grandeur à la magnificence, la majesté à la richesse ; les beaux-arts y ont tout prodigné et en ont fait pour ainsi dire de superbes musées ; la peinture surtout y domine d’une manière très remarquable. Ce sont principalement les églises et les couvens de St-Augustin, de St-François, de St- Ferdinand , de St-Dominique , de la Professa, de la Conception et de l’Incarnalion. Ce dernier, ainsi que celui de la Conception, sont surtout remarquables par leur immense étendue; dans l’église de celui de l’incarnation on voit une statue de Notre-Dame en argent massif très bien travaillée et un grand lustre tout en argent d’un travail exquis. M. Beltrami regarde le chœur du couvent de St-Ferdinand comme un des plus beaux chefsd'œuvre qui existent en ciselure et en mosaique. Le couvent des Franciscains est un immense établissement; sa belle église ainsi que les cloitres et les cours sont ornés avec profusion de tableaux d’un grand mérite; celui des Dominicains et son église offrentaussi un grand nombre de tableaux, de statues et autres décorations vraiment remarquables. Depuis lindépendance, le gouvernement a quelquefois employé cet immense et solide bâtiment comme prison d'état ; il peut contenir des milliers de personnes. Le monastère de la Professa est digne surtout de l’attention des étrangers, par l'élégance et la richesse des ornemens de son église. On doit aussi nommer le ci-devant palais de l’inquisition , remarquable par son élégance ; lors du voyage de M. Beulloch il était occupé par l’école polytechnique; le bâtiment de l'universilé ; ceux du collège de San-Idelphonse et du Montde-piété ; la Députation où hôtel-deville ; V'Accordada, prison spacieuse et bien aérée ; l’hôpital de Jesus de los Naturales, fondé par Cortez; dans la belle église qui en dépend, les cendres de ce conquérant reposent dans un beau monument; le batiment de l'académie des beaux-arts. Parmi le grand nombre de magnitiques édifices appartenant à des particuliers, nous nous bornerons à citer les hôtels Yzitas et Pinillos. Outre la grande place et le jardin botanique dont nous avons par!é , Mexico possède deux belles promenades publiques, le

Paseo planté d’un double rang d’arbres et l’Alameda. A l’aspect de ce dernier , on se croit, dit M. Beltrami , dans une ces plus grandes capitales du monde, à ne considérer que la magnificence de ses fontaines et d’autres accessoires ; mais son étendue est trop bornée.

Mexico nous paraît être la seconde ville del’ Amérique pour lapopulation, puisqu'on lestimait il y a quelques années à environ 180,000 âmes. Elle se distingue aussi par plusieurs établissemens scientifiques et littéraires ; sans les troubles qui ont agité et quiagitent encore ces pays, ils auraient aie reçu de grands perfectionnemens. A la tête de tous il faut mettre l’université , l'école des mines et l'académie des beaux-arts ; viennent ensuite les collèges de St-Idelphonse et de St-Grégoire et le séminaire , l’école modéle lancastérienne et plusieurs autres établissemens d'instruction publique élémentaire pour les enfans des deux sexes. On y a formé une s0cielé pour les progres des arts industriels et de l'agriculture ; on s’occupe aussi de fonder une école de médecine et de rétablir sur une plus grande échelle le jardin botanique , que par manque de fonds on a beaucoup négligé dans ces dernières années. La b1bliothèque de l'université et celle de la cathédrale ; le musée d'antiquités mexicaines , riche déjà de plusieurs morceaux précieux ; le cavinet de minéralogie attaché à l’école des mines, et les collections de l’acadèmie des beaux-arts méritent aussi d’être mentionnés. On a le projet de réunir au musée mexicain les beaux dessins de la plupart des antiquités existantes conservés à l’école des mines; ils représentent les restes des pyramides, des châteaux , des fortificat*: as, des temples, des ponts, des ., des statues, des bas-reliefs et as idoles : dans ces dessins quelques tours sont représentées hautes de sept étages. En 1828 on publiait à Mexico cinq journaux.

Nous avons signalé ailleurs l’industrie

siège du président et du congrès de la Confédération Mexicaine, d’un archevéque et de la cour de justice, dont le ressort s’étend sur le district Fédéral, sur l’état de Mexico et sur le territoire de Tlascala. Cette ville, depuis les temps les plus anciens , est sujette à de terribles inondations causées par la différence de niveau entre la surface du lac de Tezcuco (presque égal à celui du sol de Mexico) , et le niveau de la surface des lacs de San-Christobal, de Zumpango, de Chalco et de Xochimilco. Ces derniers étant tous plus élevés que le lac de Tezcuco, débordent dans celui-ci , font monter ses eaux et couvrent de plusieurs pieds d’eau toutes les rues de Mexico.

Malgré la dépense énorme de 31 millions de livres tournois, faite depuis 1607 jusqu’en 1804 pour la garantir de ce fléau par la construction des digues et par l'ouverture du fameux desague , Mexico reste encore très exposée. L’exécution du grand canal qui, partant du lac Tezeuco, devait porter ses eaux à travers les lacs de San-Christoba! et de Zumpango jusqu’à la fameuse tranchée de Huchuetvea, a été non-seulement suspendue par les révolutions politiques, mais même par manque d’entretien , les anciens travaux du desague ont été réduits à l’état le plus déplorable et menacent la ville des plus grands malheurs. Les inondations ont été tellement considérables et prolongées, qu’il a été plusieurs fois question d’abandonner la ville ; deux fois la cour de Madrid avait déjà donné l’ordre positif de la transférer dans unc position moins défavorable.

Avant de parler des environs de Mexico, nous devras nous arrèter un moment à considérer la splendeur et l'étendue de la viile ancienne , sur les ruines de laquelle s'est élevée la moderne capitale du Mexique. «Animés , dit M. de Humboldt, de ce même esprit de destruction que les Romains montrèrent à Syracuse, à Carthage ct en Grèce, les conquérans espagnols ne crurent avoir achevé le siège de Tenochtitlan qu'après en avoir rasé les bâtimens.» On ue doit donc pas être surpris

de ne trouver presque aucun vestige des anciens

édifices mexicains.

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ou du delta inondé de la Basse-Egypte. Trois chaussées principales de la largeur de deux lances l’unissaient au continent ; ces chaussées existent en partie : ce sont aujourd'hui #° grands chemins pavés qui traversent desterrains marécageux.» De beaux aqueducs amenaieni l’eau douce à la ville; on reconnait encore les restes de celui à double tuyau qui passait près de Churubusco. Cortez compa- !rait l'étendue de Tenochtit!an à celle de Séville ou de Cordoue. Les rues principales étaient larges et \alignées; guclques-unes, comme à Venise, étaient moitié à sec et moitié occupées par des canaux navigables garnis de ponts de boistrès bien faits et si larges que dix hommes à cheval y pouvaient passer à-la-fois. Les maisons basses, comme celles de Péking et autres grandes villes de l'Asie, étaient construites partie en bois, partie en tetzontli, pierre spongieuse, légère et facile à hriser, D’après un fragment du plan de Tenochtillan que Montezuma a fait lever pour Cortez , etque M. Beulloch a retrouvé de nos jours, on voit que cette ville était divisée en carrés réguliers formés par les rues principales et r:r les canaux. Dans chaque carré s'élevait un temple ou teocalli.

Le temple principal était dédié à Tezcatlipoca, la première des divinités aztèques apres Téoul, qui est l’être suprême et invisible, età Huilzilopochtli, le dieu de la guerre. Il avait été érigé seulement six ans avant la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb. Il occupait le centre üe la ville et couvrait , avec les autres temples et bâtimens qui lui étaient annexés, tout l’espace sur lequel sont actuellement la cathédrale, la plus grande partie de la place du marché et des rues et des édificesenvironnans. Cortez affirme que dans l’enclos de murailles qui l'entourait en formant un carré, une ville de 500 feux aurait pu étr élevée. Les murs de chaux et de pierres étaient jort épais, hauts de 8 pieds et ornés de créneaux en forme de niches et de quantité de figures en pierres, qui représentaient des serpens, ce qui lui avait fait donner le nom de coatepautli ou muraille des : serpens. Ce temple avait quatre portes, qui répondaient aux quatre points cardinaux. Au centre de l'enceinte s'élevait une pyramide tronquée semblable à celles de Téotihuacan , haute de 54 mètres et large de 97 à sa base , selon M. de Humboldt. Un escalier conduisait au sommet, qui avait 7 à 3 toises en carré; il renfermait deux chapelles magnifiques, ouvertes par devant et surmontées d’une belle construction en bois très éievée. Les deux idoles contenues dans les chapelles étaient de pierre, d’une stature colossale et d'une difformité affreuse. Le centre de cet espace contenait une pierre verte pyramidale, haute de 5 paumes , sur laquelle on immolait la victime. Cinq mille personnes étaient attachées au service du temple et y avaient leur logement. Parmi les temples au nombre de 39 qui environnaient le temple principal, etque Cortez a cru en être des parties, on distinguait celui de Quezaicoalt, le dieu qui présidait àrair, il était de forme ronde , et sa porte représemait la gueule ouverte d'un serpent. Devant la première entrée du temple principal on voyait un vaste édifice tout revêtu des têtes desindividus oui

avaient élé sacrifiés. Gomara affirme, d'après deux témoins qu'il cite, que ceux-ci avaient calculé que le nombre des têtes s'élevaient à 130,000, sans compter celles des tours qui accompagnaient le corps de l'édifice. Sans adopter les estimations évidemment exagérées des auteurs espagnols, qui prétendent qu'à la fète de l'inauguration de ce temple, 60,000 prisonniers furent sacrifiés, etque plusieurs milliers subissaient le même sort tous les ans, nous n’hésitons pas à aflirmer, que c’est peut-être l'endroit du globe où ces horribles sacrifices étaient pratiqués le plus souvent eten plus grand nombre. Nous rappellerons à ce sujet que le grand-sacrificateur élait le seul autorisé à frapper les victimes : il leur arrachait le cœur encore palpitant et l'offrait aux dieux ; les membres de la victime étaient alors divisés entre les assislans, conune un festin digne de ces infernales divinités.

Le palais principal, résidence ordinaire de Montezuma, était situé dans le lieu même où se trouve aujourd’hui l'hôtel du duc de Monteleone , vulgairemeut appelé Casa del Estado; il était construit en pierre et en chaux et, comme ceux de l'empereur de la Chine, composé d'un grand nombre de maisons spacieuses mais peu élevées. Il avait cinq grandes portes à chacune des quatre façades qui le décoraient ; trois vastes cours le divisaient intérieurement; celle du milieu était ornée d’une belle fontaine. On y trouvait de grandes salles et plus de mille chambres. Quelquesunes de ces pièces étaient incrustées de marbres les plus fins, d’autres de pierres rares ; les poutres et les parquetsétaient de cèdre, de cyprès et d’autres bois parfaitement travaillés et sculptés. Suivant un témoin oculaire digne de foi, il y avait une salle assez grande pour pouvoir contenir trois mille personnes. Outre ce palais, Montezuma en avait d’autres dans l’intérieur de la capitale ou en dehors. À Mexico, dit M. Beulloch, il avait non-seulement un sérail pour ses femmes, mais des /ogemens pour tous ses ministres et conseillers et pour tous les officiers de sa maison et de sa cour aussi aombreuse que brillante ; de plus des sxaisons pour recevoir les seigneurs étrangers qui le visitaient et particulièrement les deux rois alliés. Deux vastes bätimens étaient en outre destinés, l’un aux oiseaux paisibles, l'autre à ceux de proie, aux guadrupèdes, et aux reptiles. Ces deux ménageries paraissent avoir été les plus magnifiques du monde. La première contenait plusieurs chambres et des galeries soutenues par des colonnes de marbre d'une seule pièce. Les galeries donnaient sur un jardin dans lequel, au milieu de massifs d'arbustes , dix viviers, les uns d’eau douce, les autre5 d’eau salée, recevaient les oiseaux aquatiques de rivière et de mer. Dans les autres parties du bâtiment, on noutrissait un nombre prodigieux d'oiseaux de toute espèce. Cortez dit que 300 hommes $taient employés à les soigner et à recueillir leurs plumes en certaines saisons; c’est avec leur plumage qu'on faisait ces fameuses mosaïques qui firent justement l'admiration des Espagnols. Des médecins étaient chargés d'observer les maladies de ces animaux et d'y appliquer de prompts re-

mèdes, Les salles et les chambres de cette maison singulière étaient en nombre si prodigieux , que ce conquérant atteste que deux grands monarques avec toute leur suile auraient pu y loger. Ce fameux édifice était silué sur la place où est actuellement le couvent de St-François. L'autre bàtiment destiné aux bètes féroces avait de vastes cours pavées en carreaux de dalles et divisées en appartemens. Dans l’une , on nourrissait tous les oiseaux de proie, depuis l'aigle royal jusqu’à la crescerelle : plusieurs individus de chaque espèce. Ces oiseaux étaient distribués suivant leur famille dans des chambres souterraines de plus de 6 pieds de profondeur et de plus de16 en targeur eten longueur. Près de 500 dindons étaient tués tous les jours pour la nourriture de ces oiseaux. Le même édifice renfermait un grand nombre de salles basses dans lesquelles de fortes cages de bois contenaient des loups, des chats sauvages, les espèces que les premiers Espagnols ont nommées lions et tigres et une foule d’autres bêtes féroces , que l’on nourrissait avec d’autres animaux et avec les entrailles des victimes des sacrifices humains. On y voyait aussi des crocodiles et des serpens ; ces derniers étaient gardés dans de grandestonnes ou vaisseaux , et les crocodiles dans des étangs fermés de murailles. 11 y avait en outre plusieurs viviers pour les poissons, dont deux forts beaux existent encore. M. Beulloch dit qu'on peut les voir au palais de Chapoltepec dans les environs immédiats de la moderne Mexico.

Tous ces palais étaient entourés de beaux jardins, où l’on cultivait toute espèce de fleurs, d'herbes odoriférantes et de plantes médicinales. 11 y avait de plus des bois clos de murs pour les chasses de l'empereur, qui les visitait souvent. L'un de ces bois occupait une ile sur le lac, connue à présent sous le nom de Peñon.

L'arsenal était un vaste bâtiment rempli de toutes sortes d'armes offensives et défensives, dont ces peuples faisaient usage, ainsi que des ornemens et des enseignes militaires. Un nombre surprenant d'ouvriers y étaient employés à fabriquer ces armes et d’autres objets. Des artistes tels que sculpteurs, peintres, orfèvres, ouvriersen mosaïque et autres, travaillaient constamment pour la cour. Un district entier n’était peuplé que de danseurs, que l’on élevait pour le plaisir de l'empereur. Le marché, deux fois grand comme celui de Séville, était entouré d'un portique immense sous lequel on exposait toutes sortes de marchandises, des comestibles, des ornemens en or, en argent , en pierres fines, en os,en coquilles et en plumes, de la faïence, des cuirs et du coton filé. Gn y trouvait des pierres laillées , des tuiles, des bois de charpente. Il y avait des ruelles pour le gibier, d’autres pour les légumes et les objets de jardinage; on voyait des maisons, où des barbiers rasaient la tête avec des rasoirs faits en obsidienne. D’autres maisons ressemblaient à nos boutiques de pharmaciens; on y vendait des médecines toutes préparées , des onguens et des emplâtres. 31 y a ait aussi des maisons où l’on trouvait à manger et à boire en payant. Pour éviter la confusion, chaque genre de marchandises se vendait dahs un lieu séparé;

tout s’y vendait à la mesure d’étendue ou de capacité, jamais au poids. Au milieu de la grande place était une maison qu’on pourrait appeler le palais de justice : dix ou douze personnes y sié-

geaient en permanence et jugeaient les disputes

suscitées par la vente des marchandises. D’autres personnes se tenaient continuellement dans la foule pour voir si l'on vendait à juste prix ; les Espagnols ont vu briser de fausses mesures saisies aux marchands. On doit ajouter que la plus grande propreté régnait non-seulement dans le marché, dans les palais impériaux, mais aussi dans tout le reste de la ville. Chaque matin, s’il faut en croire les récits de quelques historiens, mille hommes étaient employés à balayer et à laver les rues de la ville.

Les opinions les plus absurdes ont été émises par les auteurs espagnols sur la population de cette ancienne capitale. L'abbé Clavigero, qui a eu soin de les recueillir, a démontré qu’elles vont de 60,000 jusqu’à 1,500,000 âmes! Sur les traces de M. le baron de Humboldt nous croyons que l'on ne-s’éloignerait pas beaucoup de la vérité en portant à 300,000 le nombre d’hapitans que contenait Tenochtitlan lors de l’arrivée de Cortez. En adoptant ce nombre, elle aurait été non-seulement la ville la plus peuplée de tout le Nouveau- Monde, où la population dans aucune ville ne s'est encore élevée aussi haut, mais elle aurait été une des cités les plus populeuses du globe , puisque, à l'exception de quelques-unes des grandes villes de l'Asie et de l’Afrique-Musulmane , sa population aurait dépassé à cette époque celles de toutes les métropoles de l'Europe, Londres , Paris, Constantinople et peut-être Séville seulesexceptées,

Tel était l’état de Tenochtitlan, l’année 1520, d’après la description de Cortez et de Bernal-Diaz, dont la véracité a été confirmée par les vestiges qui à Tezcuco et en d’autres lieux montrent par analogie quelle était sa magnificence. M. de Humboldt et d’autres savans voyageurs qui ont médité sur ce sujet n’en doutent plus; c’est ce qui nous a engagé à entrer dans ces détails qui ont pour bui de donner au lecteur une idée de la civilisation à laquelle s'étaient élevés les Américains avant l’arrivée des Espagnols. Maintenant nous allons indiquer ie peu de vestiges de tant de splendeur , qui ont survécu à la rage destructive des soldats de Cortez, à la stupide superstition des ecclésiastiques qui l'accompagnèrent et à la barhare vengeance de ses alliés, accourus des provinces les plus éloignées pour travailler à la destruction de la capitale de leurs rivaux. Nous avons déjà indiqué à la page 959 tout ce qui se rapporte aux manuscrits et à la liltératnre des Mexicains. Voici les monumens les plus remarquables de l'ancienne Mexico.

Nous nommerons d’abord le grand Calendrier Mexicain, déterré en 1790 dans les fondations du grand temple de Mexitli à la Grande-Place, il est posé maintenant contre le mur nord-est de la cathédrale, et on le nomme vulgairement l'Aorloge de Montesuma. C'est une pierre énorme de porphyre trappéen gris-noirâtre à base de wacke basallique, dont le diamètre, selon M. de

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Humboldt, est de près de 12 pieds et le poids de 24,400 kilogrammes. La sculpture en relief, dit ce savant, a le fini que l’on trouve dans tous les ouvrages mexicains : les cercles concentriques, les divisions et les subdivisions sans nombre sont tracés avec une exactitude mathématique; plus on examine le détail de cette sculpture, plus on y découvre ce goût pour la répétition des mêmes formes, cet esprit d'ordre, ce sentiment de la symétrie qui, chez des peuples à demi civilisés , remplace le sentiment du beau. L'année civile des Aztèques était une année solaire de 365 jours; elle était divisée en 18 mois, dont chacun avait 20 jours : après ces 18 mois ou 360 jours , on ajoutait 6 jours complémentaires, et l'on commençait une nouvelle année. Le commincement dujour civil des Aztèquesétait compté comme celui des Persans , des Egyptiens, des Babylonieus et de la plupart des peuples de l'Asie , à l'exception des Chinois, depuis le lever du soleil. Il était divisé en huit intervalles, division que l’on retrouve chez les Hindous etles Romains. De ces huit intervalles, quatre étaient déterminés par le lever, le coucher et les deux passages du soleil par le méridien. Nous ajouterons que leur semaine était de cinq jours comine chez les peuples du Benin et les anciens Javanais, et que ces peuples avaient des indiclions de 13 ans, des demisiècles de 52 ans et des siècles ou vieillesses de 104 ans. Nous nommerons ensuite la prétendue pierre des sacrifices, enterrée dans la place devant la cathédrale à 100 verges du calendrier; on peut en voir la surface; elle à 25 pieds de circonférence; ses côtés sont couverts de sculptures historiques, partagées er quinze groupes qu, représentent les victoires des guerriers mexicains sur différentes villes, dont les noms y sont inscrits. La statue colossale de la déesse Teoyaotimiqui , enterrée sous la galerie de l’université; il y a quelques années qu’on l’a exhumée pendant une semaine, afin que M. Beulloch püt en faire prendre le moule en plätre. Il serait impossible, dit ce voyageur, à l'artiste le plus ingénieux d'inventer une figure mieux adaptée à l'objet abominable auquel cette divinité était destinée. Des milliers d'hommes ont été sacrifiés devant cette idole affreuse pour lui en offrir lecœur encore palpitant. C’est un monstre colossal, taillé dans un bloc de basalte de 9 pieds de haut, à figure humaine difforme , unie à tout ce que la structure du tigre et du serpent à sonnettes offre de plus horrible. Deux grands serpens lui tiennent lieu de

bras, et sa draperie est composée de vipères en-

tortillées en nombreux anneaux de la manière la

plus dégoûtante. Deux ailes de vautours termi-

nent ses côtés; ses pieds sont ceux d’un tigre

avec les griffes étendues comme pour saisir sa

proie ; et au milieu d'eux parait ka tête d’un autre

serpent à sonnettes, qui semble descendre du

corps de l’idole. Ses ornemens s'accordent avec

sa forme hideuse : c'est un large collier de cœurs

humains, de crânes et de mains enfilées par des

entrailles eb couvrant entièrement la poitrine

à l'exception des seins difformes de la statue.

Elle a évidemment été peinte de couleurs natu-

relles, qui devaient beaucoup ajouter au terrible

nn

effet qu'elle était destinée à produire sur ses adorateurs. Mexico possède encore quantité d’autres objets intéressans pour les antiquaires. Selon M. Beulloch on peut trouver des idoles sculptées dans presque toutes les parties de la ville. La pierre du coin du bâtiment occupé par l’administration de la loterie , est la téte d’un serpent, d’une grandeur démesurée , que ce voyageur estime n’avoir pas moins de 70 pieds de long. Dans les cloitres, derrière le couvent des Dominicains. on voit un serpent idole, presque entier et d’un bon travail; cette monstrueuse déité est représentée dévorant une victime humaine, que l’on voit se débattre dans ses horribles machoires, A ces objets on doit ajouter les idotes et les peinlures aztèques conservées à l'université, au musée mexicain et dans la superbe collection qui appartient à don Jose-Antonio Pichardo, qui est la plus riche et la plus belle, et à laquelle se trou-

vent réunis les précieux morceaux recueillis par le savant Gama.

Les faubourgs de Mexico sont lon de répondre à la magnificence de la ville proprement dite; ils sont encombrés de masures, de plâtras et d’immondices, et souvent on rencontre la misère et la plus dégüûtante malpropreté dans l’intérieur d’une construction élégante ; ils sont le séjour ordinaire d’environ 20,000 mendians, qui étalent tous les signes de la misère la plus hideuse. Voici les lieux les plus remarquables situés dans les environs immédiats de Mexico et dans un rayon de 40 milles. Mais avant tout, nous devons nous arrêter un instant pour faire connaitre au lecteur le beau bassin dans lequel est située Mexico.

Le bassin de Tenochlillan est assis sur le dos même de la cordillère, quoiqu'il offre un enfoncement assez considérable, la surface de son sot se trouve encore à 2277 mètres au-dessus du niveau de la mer. Une série de cinq lacs traverse ce bassin du nord au sud; ce sont les lacs de Zupango, de San-Christobal, de Tezcuco, de Xochimilco et de Chalco, qui prennent ieurs noms des petites bourgades siluées sur leurs bords. M. de Humboldt évalue la surface totale de ces lacs à 22 lieues carrées; celle du lac de Tezcuco, qui est le plus grand, est de 10 lieues 1/10 carrées ; celle des lacs de Chalco et de Xochimilco réunis est de 6 lieues 1/2 carrées, Ces lacs sont renommés par leurs Jurdins floitans connus sous la dénominalion de chinampas. Cette ingé« nieuse invention des Aztèques remonte, selon M. le baron de Humboldt, à la fin du xiv° siècle, Ces jardins extraordinaires élaient très nombreux sur tous ces lacs à l'époque de l’arrivée des Espagnols; c'élaient des radeaux formés de roseaux (totora), de jones, de racines et de branches de broussailles, couverts de terreau noir. Les chi uamnpas renferment quelquefois même la cabane de l'indien qui sert de garde pour un groupe de

ces jardins flottans. On les toue et on les pousse avec de longues perches pour les transporter à volonté d'un rivage à l'autre. Leur nombre a beaucoup diminué , et maintenant on n'en trouve que dans ie lac de Chalco ; mais en revanche il y y a ungrand nombre de chinampus fixes. On en voit beaucoup tout le long du canal de la Viga dans le terrain marécageux contenu entre le lac de Chalco et celui de Tezcuco. C'est sur ces chinampas que se cullivent les fèves, les pelits pois, le piment, les pommes de terre, les artichauts et autres légumes consommés à Mexico. La promenade que l'on fait en bateaux autour des chinampas d'Istacalco est une des plus agréables dont ui puisse jouir dans les environs de cette capiale.

CHAPOLTEPEC, rocher isolé au sommet duquel s'élevail un des palais de Montezuma , et sur lequel le vice-roi Galvez fit construire un superbe château de plaisance pour lui et ses successeurs. Quoique cette construction eût coûté au roi d’Espagne 1,500,000 francs, on l’a laissé dépérir par ordre de la cour avant d'avoir été meublée, elle ne présente déjà que des ruines, mais ses jardins offrent des arbres inagnifiques. M. de Humboldt, fondé sur le grand âge de ces énormes cyprès, dont les troncs ont plus de 16 mètres de circonférence, croit que ces arbres ont été plantés par les rois de la dynastie aztèque. TacuBasA , gros village avec environ 2000 habitans et le palais de lParchevéque : presque toutes ses maisons sont de belles villas avec de superbes jardins appartenant à la noblesse et à d’autres riches citoyens de la capitale. TLaLpan, capitale de l’état de Mexico. Avant la révolution, ce n’était qu’un misérable village d'environ 300 habitans, connu sous le nom de San- Agoslino de lqs Cuevas; il est déjà devenu une petite ville florissante, qui possède un Aôlel des monnaies ct compte environ 6000 âmes. Un grand nombre des plus riches habilans de Mexico y passe la belle saison , et ceux des environs s’y rendent par milliers pour la Pentecôte. Tacusa , gros viilage, avec environ 2500 habitanset plusieurs maisons de campagne où les riches habitens de Mexico vrot passer la belle saison ; on y voit encore la belle chaussée en merre, par laquelle Cortez fit son entrée dans Tenochtitlan. GuADELuPE, gros village, d’environ 2000 habitans, remarquable par le riche et célèbre sanctuaire de Notre-Dame-de-Guadedupe, bâti sur la colline de Tepejacac, sur laquelle s'élevait jadis le {emple de ::: érès nexicaine (Cen-teoll, la déesse du msis). Ce sanctuaire est partagé èn trois temples, dont le principal est vaste et inajestueux; un y voit l’image de la Vierge, que la tradition populiire croit avoir été peiute par la Vierge elle-même. Les ornemens en or, en argent et en pierreries y abondent; un grand palais, réuni au temple, offre des habitations magnifiques à des chanoines. Plusieurs milliers de pélerins s’y rendent annuellement en grandes caravanes, des parties les plus éloignées le la capitale; c'est sans contredit le sanctuaire le plus révéré de tout le Nouveau-Monde.

Plus loin au nord on trouve: SAN-CHRISTODAL,

joli village, près du lac de ce nom; on y admire la grande digue de quatre milles de long , construite par les Mezicains, renforcée et agrandie ensuite par les Espagnols en 1634, pour empècher le débordement des eaux de ce lac dans celui de Tezecuco. HuE=HUETOCA, village :=marquable par le célèbre desague (canal d’écouicruent) qui y aboutit , et que M. de Humboldt range narmi les ouvrages hydrauliques les plus gigi'ntesques que les hommes aient exécutés. On le regarde avec une sorte d’admiration, surtout en considérant la nature du terrain , l'énorme largeur, la profondeur et la longueur de la fosse. Si cette fosse était remplie d’eau, À une profondeur de 30 pieds , les plus grands vaisseaux de guerre passeraient à tivers la rangée de montagues qui bordent le plateau de Mexico au nordest. Dans l’état où il se trouvait en 1803, ce canal d'écoulement , construit pour préserver Mexico des débordemens des lacs situés dans son voisinage, a depuis l’écluse de Vertideros, près de Huehuetoca, jusqu'au Salto du Rio Tula, 24,530 vares Mexicaines ou 20,585 mètres. Dans celte longueur il y en a un quart sur lequel la chaine des collines de Nochistongo a été coupée à une profondeur extraordinaire. Plus loin et hors du bassin de Mexico on voit: Tua, petite ville bien peuplée ; on y a trouvé, selon M. Beltrami, un calendrier sculpté comme celui de Mexico sur une pierre énorme, mais qui offre , selon ce voyageur , de grandes différences avec celui des Mexicains ; il l’attribue aux Toulthèques ou Toltèques. M. Beltrami dit avoir reconnu parmi ses signes le ferseau, les Gémeaux, la Vierge etautres emblèmes du nôtre; la lune y est peinte sous l'image d’une laide figure , telle qu'il l’a vue chez les sauvages du Haut-Mississipi et telle qu’on la représentait chez les peuples européens , avant que Moria et Bianchini ne vinssent nous dire que la lune étail aussi un monde.

Au nord-est nous nommerons : Orumpa, misérable petite ville, jadis grande et très peuplée, remarquabie par son magnifique aqgueduc, par deux anciennes colonnes très curieuses et richement sculptées, et surtout par le voisinage des fameuses pyramides dite de San-Juan de Téotihuacan, du nom du village près duquel elles

sont situées. La tradition populaire attribue la.

construction de ces monumens aux Toultèques, ce qui parait la faire remonter au vin ou auix° siècle de notre ère. Ce sont deux teocallis outeniples consacrés l’un au soleil et l’autre à la lune appelés par les indigènes Tratiuh-#tzaqual (maison du soleil) et Meztli-' tzaqual (maison de la lune), La première, qui est la plus élevée, a 171 pieds de haut et 645 pieds de long à la base, d'après les mesures prises en 1803 par le docteur Oteyza et adoptées par M. de Humboldt, M. Beulloch estimait son élévalion approximativement au-dessus de 300 pieds anglais, tandis que le lieutenant Glennie ne porte qu'à 221 pieds anglais ou 207 pieds français sa plus grande hauieur. En admettant cette dernière évaluation, ce monument serait la plus haute construction de tout le Nouveau - Monde. Nous avons vu à la page 865 que la pyramide de Chéops,

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A l'est de Mexico lhuacan) assemi haumières décor 5,000 habilans; m:

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qui estle plus haut monument de ce genre qui existe sur le globe, a, d'après des mesures exactes, 428 pieds d'élévation. La hauteur du teocalli de la lune est de 34 pieds moindre que celle du teocalli du soleil Cette pyramide est plus dégradée que la précédente. M. Beulloch trouva sur son sommet les ruines d’un ancien monument de 47 pieds anglais de long sur 14 de large ; les murs sont construits en picrres non taillées, hautes de 8 pieds et épaisses de 3. Les faces de ces édifices sont exactement orientées selon les points cardinaux, comme toutes les pyramides égypliennes, asiatiques, et mexicaines. Leur intérieur est d'argile mêlée de petites pierres; ce noyau est revêtu d’un mur épais d'amygdaloïde poreuse. On y reconuait en outre des traces d'une couche de chaux, qui enduit les pierres en dehor-. Un escalier, construit en grandes pierres de taille, conduisait jadis à leur cime; c'était là que , d’après le récit des premiers voyageurs, s'élevaient de pelits autels avec des coupoles construites en bois, et que se trouvaient des statues couvertes de lames d’or très minces. Chacune des quatre assises principales était subdivisée en pelils gradins de 3 pieds de haut , dont on distingue encore les arrêles. Ces deux teocailis sont euvironnés d’un grand nombre de petites pyramides qui ont à peine 27 à 30 pieds d'élévation. Ces monumens forment des espèces de rueë très larges qui suivent exactement la direction des parallèles et des méridiens, et qui aboutissent aux quatre faces des deux grandes pyramides. Sur la plupart des pelites pyramides , on remarque, dit M. Glennie , des hiéroglyphes ex des débris de poterie ornés de diverses figures *n bas-reliefs ou en creux. il parait assez certain qu’elles servaient de sépulture aux chefs des tribus. «On voit pa’ ces détails, dit M. de Humboldt, que ce teocalli avait ui: grande analogie de forme avec le monument antique de Babylone que Slrabon nomme mausolée de Bélus, et qui n’était qu'une pyramide dédiée à Jrpiter Eelus. fi le teocalli,

ui l'édifice babylonien n'étaient d£s temples dans le sens que nous attachons à ce mot, d'après les

idées que les Grecs et les Romains nous onttrans-

mises. Tous les édifices consacrés aux divinités

mexicaines formaient des pyramides tronquées;

‘es deux grands teocallis, ainsi que ceux de Cho-

lula et de Papantla, confirment cette idée : ils in-

diquent ce qu'ont été les temples moins cousidé-

cables construits dans les villes de Tenochtitlan

et de Tezeuco. Des autels couverts étaient placés

au sommet des teocallis ; ces édifices rentrent par

là dans une même classe avec les monumens py-

ramidaux de l'Asie, dont anciennement on trouvait des traces jusqu’en Arcadie ; car le mausolée conique de Callistus, qui était un vrai {tumulus couvert d'arbres fruitiers, servait de base à un petit temple consacré à Diane. »

A l'est de Mexico ou trouve Tizcoco (jadis 4Colhuacan) assemblage de petites maisons et de chaumières décoré dutitre de ville; on lui accorde 5,000 habitans; mais les importantes ruines qu'on voitdans sa banlieue altestent la grande étendue de la capitale des Acolhuacans ou Acolhues, qui furent, avant les Aztèques, les dominateurs de

toutes les contrées environnantes, Avant l'invasion des Espagnols , quoique iributaire de Montezuma, elle était recardée comme la ville la plus savante de l'empire ; 'était pour ainsi dire l’4thènes de l'Amérique, étant la résidence des historiens , des orateurs, u*s poètes, des arlistes et des hommes célèbres da:s toutes les sciences cullivées parles peuples Aztèques; elle a été aussi le siège de plusieurs rois et entre autres du sage Nezahualcojoti, qu’on pourrait nommer le Solon américain par la sagesse de ses lois et par son vaste savoir. 11 fut poète distingué, et quelquesunes de ses poésies se sont conservées. Il avait aussi acquis quelques connaissance: en astronomie en observant fréquemment les astres , et s’était appliqué à conniitre les plantes ct les animaux, et tous ceux qu? 'e climat de son royaume ne lui permettait pas de posséder vivans , il les avait peints. 11 rechercha les causes de plusieurs phénomènes, ce qui le conduisit à la connaissance de l’être suprême et à l'horreur de l’idolàtrie et des sacrifices humains; mais les préjugés religieux de ses sujets l’obligèrent à les rétablir, à condition cependant qu'on ne sacrifierait plus que des prisonniers de guerre. Il mourut en 1470, après 34 ans d’un règne qui, en admettant la vérilé de Lout ce que Hernandez et autres savans ont raconté de ce prince, nous parait être le plus remarquable de toutes les Anuaies du Nouveau-Monde, C'est ici que , pour affaiblir l'incrédulité du lecteur, nous rappellerons que dans le Mexique et ie Pérou, comme au Chili et dans d’autres pays peu civilisés, il se trouvait dans chaque village des hommes doués d'une mémoire étonnante, des archives pour ainsi dire vivantes, par lesquels les traditions des faits , ainsi que les traditions de harangues, renfermant les traits principaux de la religion et de la politique, se transmettaient de génération en génération dans toute leur pureté. Les fondations, dit M. Beulloch, et les restes des temples, des frteresses, des palais et autres édifices de grande étendue suffisent pour attesier l'ancienne splendeur de Tezcuco. On y voit encore les ruines du palais bâti par les Espagnols après la conquête, et les casernes construites pour Cortez par le jeune cacique de Tezcuco son allié; ce bâtiment est encore entier, entouré d’une muraille de 20 pieds de haut, sur le sommet de laquelle les traces des pas des sentinelles espagnoles sont encore vi- sibles. Le palais des anciens caciques ou rois tributaires de Tezcuco, avait 300 pieds de long, et formait un des côtés de la grandé place ; il était construit sur des terrasses en pente élevées les unes au-dessus des autres ; quelques-unes de ces terrasses sont encore entières et sont recouvertes ‘un ciment très dur, aussi beau que celui des édifices romains. D’après ce qu’on connait des anciennes fondations, ce palais devait occuper plusieurs acres de terrain. H était bâti en gros blocs de pierre basallique de 4 ou 5 pieds de iong et de 2 ou 3 pieds de large, taillées et polies avec la plus grande pureté. Une vaste église, érigée auprès de ces ruines, à été presque entièrement batie avec les matériaux qui en ont élé Lirés. M. Beulloch pense que la plupart des bàätimens de Tezcuce

sont peu différens de ce qu'ils étaient avant l’arrivée des Européens, circonstance qui ajoute à l'intérêt qu'inspire la vue de cette petite ville. On doit aussi mentionner le bel agueduc de construction indienne, plusieurs twmuli ou pyramides de briques, ainsi que le palais de la ville, où Corlez et loute sa pelite armée furent logés. C’est sur la place du marché de Tezcuco que le premier évêque de Mexico, Summarica, nu par un zèle excessif et mal entendu, rassembla tous les documens concernant l'hisloire du Mexique , la littérature et les arts, entin toules les peintures, manuscrits et hiéroglyvhes azteques , en forma une pyramide et les li- «a aux flammes.

A deux milles de Tezcuco est situé le village indien de Huexotla; v'élait autrefois une place de grande importance, comme l'attestent ses murailles et ses ruines. M. Beulloch y a vu les fondations d'un palais, dans lequel deux grands réservoirs d’eau étaient encore assez bien conservés. L'ancienne auraille, haute de près de 80 pieds et très épaisse, s'étend à une grande

“tance, et sa construction extra rdinaire mé-

site quelques détails : elle est divisé: en cinq par-

ties inégales superposées. La plus considérable

est bâtie en pierres ovales fort larges, dont les

extrémités dépassent et donnent à la bâtisse

l'apparence d'avoir été faite de crânes humains ;

uuc corniche eu saillie stpare cette partie des au-

tres. Plus loin on trouve , au pied de la monta-

gne conique nommée Tescosingo, un lieu que les

indigènes appellent Baño de Montezuma,

parce qu'il a servi de bain à ce monarque. C’est un beau bassin de 12 pieds de long sur 8 delarge ;

au milieuest un puits de 4 à 5 pieds de profondeur, avec un parapet de 2 pieds et demi tout autour. On y voit aussi un trône ou siège , tel que les anciennes peintures représentent ceux qui servaient au roi. 11 y a des escaliers pour descendre dans le bassin , et le tout est coupé dans un rocher de porphyre avec une précision toute mathématique et un poli parfait. Selon M. Trinidad-Rosalia , qui a visilé ces monumens, on voit des vestiges de constructions très distincis jusque sur la cime de la montagne de Tescosingo, qui est perforée par des excavations artificielles ;yn’ escalier conduit à unc d'elles près du sommet. On trouve, dit M. Beulloch, daus les environs des terrasses avec des parapets, bâties en picrres et en ciment, où il reste encore des vestiges d'un stuc plus dur et plus beau que celui de Portici et d'Herculanum ; quelques-unes de ces terrasses sont construites sur des précipices; d’autres sont coupées dans le voc. Ce voyageur pense que ces restes étaient des antiquités avant la découverte de l'Amérique, et que les monumens auxquels ils ont appartenu avaient élé érigés par un peuple dont l'histoire était perdue avant la fondation de Mexico.

Au sud et au sud-est de Mexico on trouve : Xo- CHIMILCO, près du lac de ce nom, petite ville importante par sa population industrieuse et par quelques restes de sa grandeur passée. Toujours dans le même rayon, mais beaucoup plus loin, on voit le voLcan PoPocayEPETL, #1i est la plus Laute cime des cordillères mexicaines, etle moxr

IZraccinuaTL (la Femme Blanche), qu'on doit aussi ranger parmi ses plus hautes montagnes. CuaLco, sur les bords du lac de ce nom, petite ville renommée par le grand marché qui s’y tient tous les vendredis, par ses chinampas, ou iles flottantes mentionnées à la page 1023, et par la magnifique digue construite par le vice-roi Velasca après l'inondation qu'éprouva Mexico en 1555, dans le but d'empècher l'irruption des eaux du lac Chalco dans celui de Tezcuco.

Enfin, au sud-ouest, on trouve d’abord LERMA, petite ville assez bien bâtie, remarquable surtout par sa magnifique chaussée , et plus loin Tozuca, importante par sa population, par la haute »70onlagne à laquelle elle donne son nom, et par ses manufactures de savon et de chandelle: on y prépare les meilleurs jambons et les meilleurs saucissons de toule la confédération.

PuegLa (Puebla de los Angeles), grande et belle ville, capitale de l’éiat de ce nom, située sur une des plaines les plus élevées du plateau d’Anahuac, au milien d’un territoire bien cultivé et renommé par sa fertilité ei. par la bonté du climat.

Des rues larges ettirées au cordeau; de belles églises, dont les richesses et les décors intérieurs rivalisent avec celles de la cathédrale de Mexico et surpassent celles de tous les autres temples du christianisme; de belles places; une population qui, malgré ses pertes, s’élève encore à 70,900 âmes ; un >ommerce très élendu et de nombreuses masufactures, quoique depuis quelque temps en décadence, assignent à Puebla le second rang parmi les grandes villes de la confédération Mexicaine. Elle est aussi le siège de l’évéché le plus riche après le diocèse de Mexico, et de la cour de justice qui comprend dans son ressort les états de Puebla, Vera-Cruz ei Oaxaca. Les maisons de cette ville sont vastes, la plupart élevées de trois étages, avec des toits plats, dont quelques-uns sont couverts en tuiles vernies de diverses couleurs, arrangées en mosaique et formant des peintures qu représentent généralement des sujets

e la Bible; ce qui produit un bel effet, entièrement diffé ent de tout ce qu’on voit en ce genre en Europe. Quelques maisons sont peintes à fresque comme celles de Gènes. Notre cadre ne nous permet pas même de nommer tous les nombreux édifices qui décorent Puebla; nous nous bornerons à signaler les suivans : la cathédrale, vaste édifice qui forme un des côtés de la grande place; on doit la ranger parmi les plus beaux temples du monde, et surtout parmi les plus riches ;

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on y admire le grand autel, qui forme à lui seul un temple superbe. Ses nombreuses et élégantes colonnes, avec des plinthes et des chapiteaux d’or bruni, son magnifique autel en argent, couvert de statues, de vases, etc., etc., sont d’un effet admirable et peuvent soutenir la comparaison avec la fameuse confession de Saint-Picrre-de-Rome ; cetle partie de ia cathédrale, exécutée par un artiste italien d’après des dessins faits à Rome, ‘à coûté presque un demi-million de piasltres. Viennent ensuite l’église de Saint- * Philippe-de-Neri, la plus grande après la cathédrale ; celle du Saint-Esprit, grand et beau bâtiment; le vaste et bel édifice de l’ancien collège des jésuites y est annexé; les églises et monastères de St-Augustin ei de St-Dominique , remarquables par leurs grandes dimensions et par la richesse extraordinaire de leurs maitres-autels ; celui de St-Dominique, élevé de plusieurs degrés , dit M.

Beulloch , est en argent ainsi que tous ses ornemens ; enfin la petite église de Ste-Monique, qui mérite d’être citée pour la richesse de sa voûte, de ses murs couverts de sculptures du travail le plus précieux, et pour ses tableaux, ses statues et ses ornemens d'argent. Mais nous ne devons pas oublier la maison de retraite spiriluelle ; c’est un bâtiment magauifique, plus éteudu, dit M. Beulloch, que le plus vaste des palais d'Angleterre, et qui a des revenus plus considérables qu'aucune des grandes institutions de charité en Europe, 11 a été fondé pour servir de refuge aux personnes des deux sexes qui desirent se soustraire aux soins et aux distractions du monde afin de se préparer dans le silence, la méditation et la prière, à recevoir les sacremens el à remplir les autres devoirs imposés par Péglise catholique. Tout individu peut s’y retirer sans aucun frais pendant une semaine, Les pénitens y passent tout ce temps chacun dans sa chambre, excepté les heures des repas, qu’ils preunent en commun, et les heures des dévotions publiques qu’ils passent dans la chapelle. Les longues galeries dans lesquelles ils peuvent se promener sont très richement ornées de crucifix d’or et d'argent , et leur magnificence forme un contraste frappant avee la simplicité des sombres cellules , où le solitaire est renfermé pendant la plus grande partie de la journée. Plus de mille

personnes profitent annuellement de cette

pieuse fondation. Le célèbre séminaire

Palafoxien, un des principaux établis-

semens d'instruction publique du Mexi-

que , et sa riche bibliothèque ouverte au .

public, doivent aussi être mentionnés ; cette dernière passe même pour être la

meilleure de toute la confédération pour

tout ce qui concerne les matières ecclé-

siastiques. En 1826 , on publiait à Puebla

deux journaux. Nuus ferons remar-

quer avec M. Beulloch qu’un antiquaire,

en visitant cette ville, pourrait se croire

reporlé au moyen âge, tant par la forme

des bâtimens que par des usages et des

mœurs semblables à ceux de ce temps.

Les mêmes jours de fêtes, les mêmes di-

vertissemens usités en Europe aux x1v°

et xve siècles s’y retrouvent encore.

Dans les environs et dans un rayon de 20 milles on trouve : CnouuLa (Churultecal de Cortez), jolie ville assez bien bâtie, environnée de belles plantations d’agavé; on lui accorde 16,000 habitans. C'était, au temps de la conquête, une grande ville, capitale d’une espèce de république oligarchico-théocratique, une des puissances tempurelles les plus considérables de cette partie de l'Amérique et sa première puissance spirituelle. « Elle était, dit M. Beltrami, la Jérusalem, la Rome, la Mecque de l’Anahuac, l'endroit où tous les peuples de ces vastes régions se rendaient en pélerinage pour visiter les Zeux saints; où les dieux et les prêtres faisaient plus de miracles qu'ailleurs et dictaient les plus pures doctrines de la foi. De même que d’autres villes saintes de l’Ancien-Continent, elle regorgeait de pauvres, tandis qu'on n'en trouvait pas daus toutes les autres villes du Mexique. » Outre le grand teocalli , il y avait, dit-on, autant de temples que de jours dans l’année. La grande pyramide tronquée ou le grand teocalli, consiste, dit M, de Humboidt , en quatre assises ; dans son état actuel elle n’a que 172 pieds d’élévation, mais elle en a 1355 de largeur horizontale à sa base ; elle est construite de couches de briques qui alternent avec des couches d'argile. Au milieu de la plate-forme , dont la surface est de 4200 mètres carrés , s'élève une église dédiée à Notre-Dame de los Remedios, qui est entourée de cyprès et dans laquelle la messe est célébrée tous les matins par un ecclésiastique de race indienne, dont le séjour habituel est la cime de ce monument.

TLascaLa (Tlasca!lan), misérable petite ville, chef-lieu du territoir: de ce nom; elle n’a d’autres souvenirs de son ancienne splendeur que les vestiges de son grand temple et ceux destranchées, des fossés et de la grande muraille de 6 milles de long qui servaient à la défendre , lorsqu'elle élait la capilale de l'état le plus puissant de l'Anahuac apres l'empire de Mexico , et qu’elle rene fermait une population qui parut à Cortez plus

considérable que, celle de Grenade, Tlascala était alors le siège d’un grand marché, où affluaient tous les peuples voisins pour échanger leur superflu contre les denrées, le coton, les toiles de inaguey et la cochenille qui y abondaient. Son gouvernement, qui était républicain, offrait des conformités avec plusieurs des gouvernemens de antiquité, du moyen âge et des temps modernes, on territoire, tres fertile ettrès peuplé, renfernait, d’après la carte faite par les indigènes et conservée à la municipalité (cabildo), ireize villes, qui formaient, pour ainsi dire, autant de baronies, Les barons qui les gouvernaient relevaient des quatre chefs, et tous ensemble formaient le grand conseil qui choisissait celui des chefs préposé au commandement des armées ; ils opinaient sur les questions importantes de la république, et, comme les barons sous l'empire du moyen âge, contribuaient de leur contingent respectifen hommes d'armes, en provisions, etc. C'étaient eux qui administraient la justice jusqu’à un certain degré de juridiction , chacun dans son district; mais on se pourvoyait devant la diète, c'est-à-dire, devant les quatre chefs réunis, qui étaient à-la-fois investis du pouvoir judiciaire suprême et du pouvoir exécutif pour les affaires de haute importance, et principalement pour l'inobservation des formes. Les quatre chefs se rendaient chacun dans son district à une certaine époque de l'année, pour y administrer la justice , comme le préteur pellegrinus et les proconsuls des Romains, comme les chefs de justice de l'Angleterre et des Etats-Unis, commeles juges des cours royales de France. Chose singulière, s'écrie M. Beltrami, les sessions anglaises, les assises francaises étaient pratiquées par ces peuples que l’on a peints et traités comme des brutes! Les Tlascalthecas (Tlascaltèques), les Cempoalthecas et les Xocoalthecas alliés des Espagnols, aidèrent ces étrangers à prendre Tenochtitlan et contribuèrent à sa ruine. Après la conquête, Tlascala continua à se régir par ses propres caciques, sous la suzeraineté de l'Espagne et sous la surveillance d’un surintendant espagnol ; elle ne devait qu'un tribut annuel à l'Espagne. A l'époque de la révolution elle essaya en vain de devenir un état; mais le congrès géuéral n’en à fait qu’un territoire, qui est presque entièrement enclavé dans les limites de l'état de Puebla.

TErEACA (Tepeyacac), petite ville, jadis capitale d'un état indépendant de Mexico, quicomme Tlascala contribua puissamment à sa ruine. On ne doit pas quitter les environs de Puebla sans signaler la grande carrière de bel albätre qu’on exploite près de cette ville; on en tire des lames immenses employées comme vitres aux fenètres des monastères et des églises : on en fait aussi les fonds baplismaux et autres vases sacrés, des blocs énormes dit M. Beulloch sont transportés à peu de frais à Vera-Cruz; de là il serait facile d'en faire passer en Europe, où ce serait une marchandise d'une valeur considérable.

Voici les autres villes les plus remarquables de la confédération ; novs les

indiquerons d’après les états et territoires où elles sont situées, en suivant l’ordre du tableau des divisions administratives donné à la page 1017.

Dans l'ETAT DE MEXICO: TLasran, TuLa, Tezcuco et Tozuca, que nous avons décrites dans les environs de Mexico, aux pages 1023, 1024, 1026 et 1026. CuERNAVAGA , importante par sa population, mais encore plus par le monument ancien, connu sous le nom de retranchement militaire de Xochicalco qui se trouve dans son voisinage. C’est, dit M, de Humboldt, une colline isolée , de 117 mètres d'élévation , entourée de fossés et divisée à main d'hommes en cinq assises ou terrasses, qui sont revêtues de maconnerie. Le tout forme une pyramide tronquée, dont les quatre faces sont exactement orien tées selon les quatre points cardinaux. Les pierres de porphyre à base basaltique sont d'une coupe très régulière et ornées de figures hiéroglyphiques, parmi lesquelles on distingue des crocodiles jetant de l'eau, et ce qui est très curieux, des hommes assis les jambes croisées à la manière asiatique. La plate-forme de ce monument extraordinaire a près de 9000 mètres carrés, et présente les ruines d’un petit édifice carré, qui servit sans doute de dernière retraite aux assiégés. AcaruLco, petite ville adossée à une chaîne de montagnes dont la réverbéralion augmente la chaleur étouffante de l'été, Son port passe pour être le plus beau du Mexique, mais son air est pestilentiel pendant les grandes chaleurs; c’est ce qui s’estopposé à l'accroissement de la population , quimalgré les progrès qu’elle a faits depuis quelque temps ne dépasse pas encore 4000 âmes. Sousla domination espagnole, Acapulco offrait une foire brillante lorsque, à l’arrivée du galion de Manille, un grand nombre d'habitans des villes environnantes accouraient dans cette ville pour y acheter les marchandises dont ils avaient besoin, et vendre celles dont ils voulaient se défaire. TIxTLAN, petite ville, résidence du gouverneur d’Acapulco pendant la mauvaisesaisun. ZIMAPAN, REAL DEL Monre, près de Pachuca, THEMASCALPEC et Tasco, célèbres par /eurs mines d'argent; Tasco est aussi remarquable par son église paroissiale rangée parmi les plus beaux temples du Mexique.

Dans l'ETAT DE QUERETARO : Quereraro, une des plus belles villes du Mexique par la maguificence de ses bätimens et le charme de sa situation ; elle est aussi une des plus riches, des plus industrieuses et des plus peuplées. Toutes les rues se croisent à angles droits et aboutissent à sestrois places principales. L’aqueduc formé d'une rangée d’arches très élevées, ouvrage digne des Romains, et le couvent des religieuses de Santa-Clara, le plus grand peut-être qui existe , puisqu'il a plus de deux milles de tour, sont les monumens les plus remarquables, Quevetaro possède un assez beau collège et une bibliothèque assez riche dansle couvent de San- Francisco. Sa pooulation qui s’est élevée avant la révolution iusqu'à près de 50,000 âmes, n'est esti-

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