‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 2)Chapitre 458 sur 628 · REPUBLIQUE DE BOLIVIA · texte numérisé non relu

REPUBLIQUE DE BOLIVIA

oo

ques milles à l’est-sud-est de cette ville que s’élève le Nevado-d’Ililimani, qui est la plus haute montagne mesurée de tout le Nouveau- Monde après le pic de Sorata. TIAHUANACU, village situé près du lac de Titicaca ; il est célèbre dansle pays par les ruines dont il est environné; ce sont les restes des gigantesque monumens élevés par un peuple antérieur à la domination des Incas. Voici de quelle manière en parlc Garcilasso en citant Pedro de Cieça de Leon quiles avait visités. « Le plus admirable chef-d'œuvre de tout ce pays est un cofeau, ou si vous voulez un tertre fait de main d'homme, qui est si haut qu’il n'est pas possible de le croire. Les Indiens, qui semblent avoir voulu imiter la nature dans la structure de ce mont, y avaient mis pour fondemens de grandes masses de pierres, fort bien cimentées, pour empêcher que ces prodigieusesterrasses entassées les unes sur les autres ue s'éboulassent; mais on ignore dans quel dessein ils avaient fait ce merveilleux bâtiment. D'un autre côté , assez loin de là, on voyait deux géans taillés en picrre. Ils avaient des habits qui leur trainaient jusqu’à terre, et un bonnet à la tête, le tout usé par le temps , et qui sentait son antiquité. On remarque encore là une »rurailie fort longue , et dont les pierres étaient si grandes qu'on ne pouvait comprendre comment des hommes avaient eu assez de force pour les y transporter, carilest certain que dans celte étenduc de terre il n’y avait bien loin de là ni carrières ni rochers, d'où l'on pût avoir tiré toute cette masse énorme de pierres. On y voyait aussi en d'autres endroits quantilé de bâtimens exlraordinaires entre lesquels étaient remarquables de grandes portes dressées en divers lieux et dont la plupart étaient dans leur enticr, qui n'avaient aux quatre coins qu’une seule pierre dans leur structure ; et ce qu'il y avait de plus merveilleux, c'est qu’elles étaient presque toutes posées sur des pierres d’une grandeur incroyable; caril y en avait de 30 pieds de long , 15 de large et 6 de front. Toutes ces pierres avec les portes étaient d’une seule pièce, mais il n’est pas possible d'imaginer avec quels outils elles pouvaient avoir élé taillées. D'ailleurs , il fallait nécessairement qu'elles fussent incomparablement plus grandes, avant que d'être mises en œuvre. Ce sont ces bâtimens qui servirent de modèles aux Incas pour construire l'étonnante forteresse de Cuzco que nous avons décrite à la page 1058. » Garcilasso ajoute ensuite d'après les mémoires que lui avait fournis Diego d’Alcobaça , ancien vicaire et prédicateur , autre témoin oculaire de ces monumens des environs de Tiahuanacu : « On y voit des édifices fort grands et entre autres une cour de 15 brasses en carré et de deux étages de hauteur. A l’un des côtés de cette place il y a une salle de 45 meds de long sur 22 de large , couverte de chaume , comme sont les appartemens de la maison du soleil à .Cuzco. La place, dont je viens de parler , les murailles, la salle , le plancher, le toit et les portes sont tous d'une seule pièce qu’on a prise et taillée dansle rocher. Les murailles de la cour ont trois aunes d'épaisseur, et bien que le toit de la salle soit de pierre, il semble néanmoins être de chau-

me, ce que les ladiens ont fait exprès, atin de le faire mieux ressembler à leurs logemens, qu'ils ont coutume dé couvrir de paille, Le marécage ou lacjoint un des bords de la muraille, et ceux du pays croient que ces bâtimens sont dédiés au créateur de l'univers. 11 y a là tout contre quanlité d’autres pierres mises en œuvre, qui représentent diverses figures d'hommes et de femmes, failes si au naturel, qu’on les croirait en vie. Les unes tiennent des vases en main, comme si elles voulaient boire , les autres sont assises, les autres debout, et d’autres semblent vouloir passer un ruisseau qui coule à travers ce bâtiment. Outre cela on voit des statues qui représentent des femmes et des enfans qu’elles ont à leur sein ou à leur côté, ouquiles tiennent par le pan de la robe, sans comprendre plusieurs autres de toute façon.»

« Les monumens gigantesques de Tiaguanaco, nous dit M. Pentland qui les a visités, ont souffert de très grandes dégradations depuis le temps de l'inca Garcilasso. On y reconnaissait encore (en 1827) les pierres énormes dont il parle, dont quelques-unes pèsent 80 tonneaux, les grandes portes qui étaient loutes dans un seul bloc de trachyte et les énormes massifs sur lesquels elles étaient posées; les grandes cours, dont parle Garcilasso , existent aussi et sont des quadrilatères placés sur des tertres ou pyramides artificielles en terre (avec des passages soulcrrains à l'intérieur). Ces quadrilatères , qui ont 60 toises de côté, sont formés de blocs énormes de trachyte et de grès rouge. et paraissen avoir été recouverts par un architrave, une frise el autres ornemens. Les sculptures qui resten en très petit nombre sont fort grossières et eu. bas-relicfs peu saillans, représentant l’inca, sa femme, le soleil sous plusieurs formes , et la Léte d'un oiseau de proie, qui n’est pasle condor et dont je n'ai pas pu déterminer l'espèce. Un fait très reimarquable touchant ces restes célèbres , si l'on peut s’en rapporter à la relation de Garcilasso, c'est que les eaux du lac de Titicaca ou de sa partie méridionale, dite d'Unamarca, qui se trouvaienttoucher les murailles de ces monumens il y a 300 ans, en sont aujourd'hui assez éloignées, et à 100 pieds au-dessus du niveau actuel du lac.

Dans ce département nous nommerons encore SoraATA, village remarquable par le voisinage du Nevado de Sorala, quiest la plus haute monlagne connue de tout le Nouveau-Monde:; sa hauteur, mesurée par M. Pentland, n'est dépassée dans tout le reste du globe que par quelques pointes de l'Himälaya. Voici quelques laits à l'appui de ce que nous venons de dire ; vous les puisons aux tableaux des points culminans des cinq parties du monde donnés dans cet ouvrage ; le lecteur pourra les étendre s’il le juge convenable. La hauteur du Nevado de Sorata est de 3948 toises ; celle du Nevado dIllimani, de 3753; du Chimborazo, de 3350; du Tchhamoulari, sur les limites du Boulan , de 4400? du Dhawalagiri, sur les limites du Nepal, de 4390; du Djawalhir, aussi dans l'Himälaya, de 4026; du Mont-Muria, dans le Cambambé, le plus haut point mesuré de l'Afrique, de 2600 ; du Mont-Blanc, la plus haute montagne de l'Eu-

rope, de 2460; du Mauna-Roa, dans l'ile d'Hawahii, point culminant connu de toute l'Océanie, de 2483. Nous ajouteruas aussi l'ilot de Tiricaca , parce qu'il donne le nom au lac que nous avons décrit à la page 929, et parce que ce fut dans cette petile ile que Manco-Capac prétendit avoir reçu sa vocalion divine pour être le législateur du Pérou. Les Péruviens regardèrent Titicaca comme un lieu sacré , et les Incas y bâtirent, en l'honueur du Soleil, un temple qu'on dit avoir été tout recouvert de lames d'or. lis accouraient chaque année de tous les points de l'empire pour y apporter de riches offrandes en or, en argent et en picrreries ; on y célébrait le mème service qu'à celui de Cuzco. Le père Blas-Valera rapporte que, lors de l'arrivée des Espagnols, les habitans jetérent toutes ces immenses richesses dans le lac; on nous assure qu'ou voit encore les ruines de ce temple célèbre.

Daus le DEPARTEMENT D'ORURO : Onuro, pelile ville, non loin du Desaguadero, importante parles nines d’argent de son district; on lui accorde de 4 à 5000 habitans. Cette contrée est ce qu'on pourrait appeler le Tibet de l’Hémisphère-Occidental.

Daus le DEPARTEMENT DE POTOSI : Porosi, graude ville, très déchue , située au pied du Cerro de Polosi, renommé par la prodigieuse masse d'argent, que depuis 1 545 jusqu’à nosjours on a tirée de ses entrailles, Ses rues sont étroites et irrégulières, et les maisons d’une mesquine apparence. Elle possède un collège et un Aôtel des monnaies,où l’on a frappé une énorme quantité de piastres. Potosi est une des villes les plus hautes du monde; sa grande place étant à 4058 mètres au-dessus du niveau de la mer et sa partie la plus haute à 4166, il en résulte que cette ville est à la mème hauteur que le pic de Jung-Frau, une des plus hautes cimes des Alpes. Les mines, auxquelles Potosi doit sa célébrité , se trouvent dans le Cerr'o de Potosi, qui est percé dans toutes les directions. La Descubridora, nommée par la suite Centerio, la mine del Eslaño, la Rica et la Mendiela sont les quatre mines principales. En outre, selon le Guia de forasteros del vireynato de Buenos-A4yres, publié en 1803, il y en avait une multitude d’autres plus petites, où lon avait fait jusqu'à cette époque plus de cinq mille ouvertures, dont un petit nombre seulement fut exploité; dans cette même année , il y avait en tout 97 places où l’on travaillait. D’apres la mesure de M. Pentland le sommet de cette fameuse montagne métallifère serait élevé de 4888 mètres, et le plus haut point où les mines sont exploitées serait à 4850 mètres; par conséquent les mineurs travaillent à une hauteur supérieure à celle du Mont-Blanc! Les exa-

* gérations extraordinaires qu’on trouve dans tous les ouvrages de géographie et dans les livres de voyages sur la masse d'argent tirée de cette montagne, nous engagent à offrir ici le résultat des savantes recherches de M. de Humboldt sur ce sujet ; elles serviront à rectifier les jugemens erronés admis aussi par quelques naturalistes. La montagne de Potosi, dit M. de Humboldt, a fourni àelle seule , eten ne comptaut que l'argent dont

on a payé les droits royaux , depuis sa découverte en 1545 jusqu'à nos jours, une masse d'argent qui équivaut à 6750 millions de livres tournois. Dans ce calcul il a rejeté les exagérations de Sandoval , qui estimait le produit des onze an-

nées de 1646 à 1656, sur lesquelles on n’a pas de

documens officiels, à la somme énorme de 613

millions de piastres ou 72,000,000 de marcs, ce ' qui fait année commune 5665,726,000 piastres, |

équivalant à 6,556,000 marcs. « Ce résultat, ajoute M. de Humboldt, très extraordinaire sans doute, n'offre cependant rien que l’on puisse considérer comme impossible. On pourrait être surpris de voir qu’une seule montagne du Pérou ait pu donner deux à trois fois plus d'argent que toutes les mines réunies du Mexique ; mais les idées de richesses ne sont que des idées relatives. Il serait possible que l'on découvrit un jour, dans le centre de l'Afrique, des montagnes qui, sous le rapport de leur abondance en métaux précieux, seraient aux Cordillères ce que celles-ci sont aux montagnes de l'Europe. La mine de Valenciana fournit annuellement six à sept fois plus d'argent que la Saxe entière; et le seul filon de GuanaxXualo, travaillé dans toute sa longueur, serait en état d'offrir par an plus de deux millions de marc d'argent. Nous avons observé plus haut que l'on a extrait du filon de la Veta-Negra de Some brerete, sur une étendue de trente mètres, en cinq mois, plus de 700,000 marcs. En se roppelant ies masses d'argent natif, rouge et sulluré, découvertes de nosjours à Huantajaya, au Pérou, ainsi qu’à Batopilas et à Real del Monte, au Mexique, on conçoit quelle prodigieuse quantité d'argent peut fournir un gite de minerai dansles Cordillères des Andes, lorsque l’apondance des produits se trouve réunie à la richesse intrinsèque. Ce n’est donc pas l'énorme quantité d'argent que l'on suppose avoir été retirée pendant les onze premières années, qui me fait révoquer en doute le témoignage de Sandoval; c’est la contradiction qui se trouve entre ce témoignage et d’autres faits historiques. » M. de Humboldt, après plusieurs raisonnemens, réduit le produit de ces onze années à 15 millions de marcs. Comme il avait précédemment estimé le produit de 1556 à 1789 à 788 millions de piastres ou à 92,736,294 marcs, il en résulle que ces deux sommes réunies donnent un total de 107,736,294 marcs d'argent. M. Pentland nous fait observer que, d’'après des recherches fondées sur des documens ofliciels, les mines du Haut-Pérou, dont l'argent fut monnayé ou qui a payé les droits régaliens à Potosi, ont produit en argent 1,614,145,538 piastres fortes. Depuis la dernière moitié du xvui* siècle, dit M. de Humboldt, la montagne a gtnéralement fourui 3 à 400,000 marcs, et ce produit est sans doute trop considérable encore, pour qu'on puisse avancer avec Robertson, le célèbre auteur de l'Histoire de l'Amérique, que les mines de Potosi ne valent plus la peine d’être exploitées. À la page 1029 nous avons vu le rang qu'elles occupent encore parmi les plus riches exploitations argentifères du monde. Il est difficile, dit un géographe célèbre , de mettre les auteurs d'accord sur la population de Potosi; les uns ne

lui donn, vant min Plusieurs âmes, No ment du splendeur tion , et qe a réduit, :

ses habita:

Lirez, c Porco » pel mines d'a ble village, est devenue sante, Elle proclamée I nom en c ont été ou commerciale devenue le enCouragem da Bolivia, douce dont i bornera son moins que le ses frais plus réussite en d’ nature à une suite en terrai partie sinon e Dans le DEF CocHABAMBA ; Campagnes fer porte à 30,000 1

POSITION a!

occidentale, prenant l’arc australe, en CONFINS, À

laissent peu d tôle, rend ex de tous les no

Le Sazano, que Parce qu’il forme république de Boli € Cortapo, le lagnent les villes

ut

erte gent 1ois.

s de » an!

is de, e 613 s, ce tres, .

joute oute, idérer ris de u dontes les ; de ri- \ serait le censous le écieux, nt aux enciana d'argent Guanar, serait lions de haut que de Some btres, en se rappet suliuré, au Pérou, jonte, au e quantité ai danses dance des » intrinsèé d'argent Pendant les voquer en st la conoignage et jumboldt, le produit s. Comme it de 1556 92,736,294 mes rêuarcs d'arque, d'adocumens nt l'argent égaliens à 5,538 piasé du xvini* agne à gtet ce pro” e encore, ertson, le ique, que eine d’être vu le rang riches exst difficile, es auteurs les uns ne

Page 1