‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 2)Chapitre 498 sur 628 · CRE OP · texte numérisé non relu

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dévoraient leur chair avec délices. Cette horrible pratique, que des géographes célèbres nous représentent comme subsislant encore parmi ce peuple extraordinaire, a déjà cessé depuis longtemps ; il faut espérer qu’il renoncera aussi à celle de dévorer les criminels et les prisonniers de guerre. On a calculé que le nombre moyen des personnes mangées en temps de paix était de 60 à 100 par an.

Les Achinais, dans le royaume d’Achem, dans l'ile de Sumatra. Vers la fin du xvi° siècle et jusqu'à la moitié du xvu*, particulièrement sous le long règne du sultan Iscander-Manda ou Paduka- Sri, les Achinais étaient la nation prépondérante dela Malaisie, étant alliés ou amis de toutes les nations commerçantes depuis le Japon jusqu'à l'Arabie. À celte époque brillante, où sa marine comptait près de 600 voiles, l'empire d’Achem comprenait, outre son territoire actuel, lesétats d’Arou, de Dilly , de Siak sur la côte orientale de Sumatra , de Barus, Passaman , Tiku, Sileda et Priaman sur l'occidentale , et ceux de Johor, de Padang, de Keda et de Perak dans la péninsule de Malacca. Quoique les Achinais soient bien déchus de leur ancienne puissance, depuis la fin du xvu® siècle, ils sont encore un des peuples de la Malaisie les plus adonnés au commerce et à la navigation.

Les Bima , qui occupent la plus grande partie de l'ile Sumbava , dont ils sont le peuple dominant. Ils sont aussi la nalion la plus policée de l’archipel de Sumbava-Timor.

Les Bellos etles Wuikenos, qui, selon M. de Freycinet, se partagent la plus grande partie de Pile de Timor.

Les Bouguis (Wugi ou Bugis), qui sont maintenant la nation la plus puissante de l'ile Celèbes et la plus adonnée au commerce et à la navigation de toute l'Océanie; ils forment presque tous les équipages des prahus employés dans le commerce maritime de la Malaisie. Les Bouguis possèdent aussi une littérature. M. de Rienzi les considère comme la souche des Malais et des Javanais.

Les Macassars ou Mangkasara, qui occupent la péninsule sud-ouest de Celèbes et dont le royaume de Macassar est l’état principal. Les Macassars ont été pendant quelque temps, dans le xvu® siècle , la première puissance maritime de la Malaisie : les rois de Goa dominaient nonseulement sur l'état de Boni , mais ils exerçaient la suprématie politique sur presque toute l'ile de Celèbes, et possédaient en outre les îles Boutong , Bongal, Barus, Kute et le groupe de Xulla, Ce peuple possède une littérature nationale, mais moins riche que celle des Bouguis. Les Turajas, qui occupent le centre de l'ile Celèbes, dont ils nous paraissent être les plus anciens habitans. Ce sont les A4/fourous de l'intérieur de cette ile, mentionnés par quelques auteurs. Le teint, les formes et les traits de la physionomie de ce peuple rappelèrent au capitaine d'Urville les figures qu'il avait observées à Tahiti, à Tonga et à la Nouvelle-Zélande. Ces rapports lui parurent si frappans et si complets, qu'il engagea le gouverneur hollandais Merkus

à faire des recherches sur leur langue. Ce savant marin n'hésite pas à regarder ces Alfourous comme la souche de la variété d'Océaniens qu’il nomme Polyneésiens (les insulaires de la Nouvelle-Zélande, de Tonga, de Tahiti, de Sandwich, etc. , etc.) dans le cas où leur idiome présenterait plus de rapports avec le polynésien que le malais lui-mème.

Les Biadjous , nation nombreuse, guerrière et assez industrieuse, mais anthropophage et extrêmement féroce; elle occupe une partie de l'intérieur de l'ile de Bornéo.

Les Dayaks de Bornéo, qui paraissent être iden liques avec les Haraforas et les Idans de l'inté rieur de cette grande île. Leur physionomie.

leurs traits, leurs usages, leurs croyances religieuses offrent d’intimes et incontestables rapports avec les traits physiques et moraux nonseulement des peuples qui habitent l'intérieur des grandes terres des archipels des Philippines et des Moluques, de l'ile Celèbes, mais aussi avec un grand nombre de peuplades de la Polynésie. Cette frappante ressemblance a été aussi remarquée par un observateur habile, par M. de Rienzi, qui dans son tableau de l'Océanie représente les Dayaks comme supérieurs aux Malais. « L'ile de Bornéo, dit M. de Rienzi, renferme le type et l'origine des différentes races australiennes et polynésiennes, » Malheureusement on ne connaît encore presque rien sur leur langue, qui, comparée à celles de ces différentes tribus, pourrait soulever, sinon en tout du moins en partie, le voile épais qui couvre tout ce qui tient à l’origine des habitans de la Polynésie et de la race malaisienne de quelques parties de l'Australie ou 'Océanie-Centrale,

Les Tagales, qui occupent la plus grande partie de l'ile Luçon, savoir : les provinces de Tondo, Cavite, Valangas, Bulacan, Laguna, Batangas, Tayabas et Nueva-Ecija, ainsi que l'ile Marinduque. Ce peuple possède un alphabet particulier; mais sa littérature n’est formée pour la plus grande partie que de traductions d'ouvrages espagnols.

Les Jllocos (Ylocos), qui habitent la province de ce nom dans l'ile de Luçon.

Les Bissayos, qui habitent les iles de Samar, Leyle, Zebu, Calamianes, Mindoro, Masbate Panay, Ticao, Burias et autres terres moins considérables dans l'archipel des Philippines.

Les Soulous, qui occupent l'archipel de ce nom, une subdivision de celui des Philippines. Ce sont, avec les Mindanao et les Illanos, de terribles corsaires.

Les Mindanao, qui sontla nation la plus puissante de l'ile de ce nom dans l'archipel des Philippines.

Les insulaires d’Eap (Yap), Ugoli et autres iles dans la partie occidentale de l'archipel des Carolines, dont ils paraissent être les habitans les plus policés.

Les naturels des groupes de Guliai (Ulie), d’Hogoleu, de Mugmug etautres iles de l'archipel des Carolines, dont ils sont réputés les plus habiles navigateürs.

Les naturels de l’ile d’Oualan, qui vivent dans une assez grande civilisation sous un gouver-

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Sn en nement mouarchique, et ne sont pas navigateurs.

Les naturels de la Tasmanie (Nouv.-Zélande).

Ces féroces insulaires, beaucoup moins avancés dans la civilisation que plusieurs nations de Ja Polynésie, avec lesquelles ils ont tant de ressemblance ct tant de rapports, montrent une grande aptitude pour les arts et les métiers de l’Europe. Doués d’un tempérament plus robuste et d’un caractère plus énergique que les Polynésiens et que presque tous les Malaisiens , ils n'ont appris des Européens que l'art de la guerre, et malgré les efforts des missionnaires et le fréquent contact avec les Anglais, les Anglo-Américains et les Français, ils recuient plutôt qu'ils n'avancent dans la civilisation. « Mais, dit M. d'Urville, tout donne lieu de penser qu'aussitôt qu'ils s’en occuperont sérieusement , ils prendront un essor plus rapide que tous les autres peuples de la Polynésie. Ainsi l'on a vu les habilans de l'Europe-Septentrionale, comme les Français, les Anglais et les Allemands, à-peu-près sauvages il y a vingt siécles, sortir promptement de leur état de barbarie , égaler et dépasser enfin les nations du Midi, qui les avaient si long-temps traités avec dédain pour leur ignorance. » Les Nouveaux- Zélandais conservent le souvenir des hauts faits de leurs ancêtres par des chants, qu'ils accompaguent de leur flûte guerrière.

Les insulaires de l'archipel de Viti (Fidji), féroces ct anthropophages, mais ayant des lois, des arts, et formant parfois un corps de nation. Quoique la langue de ce peuple appartienne, selon M. Mariner, à la grande souche Malaisienne, il a plusieurs des traits qui caractérisent les races négro-océaniennes avec lesquelles on doit le classer, lorsqu'on le considère sous le rapport de ses qualités physiques, telles que la couleur de la peau, les traits, etc. M. le capitaine d'Urville le met au premier rang parmi ces peuples, et vante leur habileté dans la navigation et leurs progrès dans la civilisation , avantages qu'il attribue à leur voisinage du peuple de Tonga et aux fréquentes communications qu'ils doivent avoir eues avec la race qu’ilnomme polynésienne (les insulaires de Tahiti, de Sandwich, de la Nouvelle-Zélande , etc.)

Les insulaires de l’archipet de Tonga (archipel des Amis), ceux de l'archipel de Mendana (Marquises et Washington) et ceux de l'archipel d’Hamoa (des Navigateurs), sont remarquables par. les progrès qu’ils ont faits dans la civilisation, et par leur habileté dans la navigation. Les derniers se distinguent par des formes athlétiques et par leur férocité.

Les insulaires des archipels de Tahiti, de Cook et de Hawaii (Sandwich), qui avaient déjà fait de grands progrès dans la civilisation, ont embrassé le christianisme , etoffrent déjà en grande partie les mœurs et les usages qui l’accompagnent.

Les insulaires des groupes des Marquesas et de Washington, dans l'archipel de Mendana.

Leurs femmes ont la réputation d’être les plus belles de la Polynésie. Selon M. de Roquefeuille ,

les habitans de l'ile Oevahoa ont une espèce de bardes. aui vont dans les iles voisines chanter leurs poèmes sur des airs assez monotones, qui tiennent de notre plain-chant, ce qui leur vaut de nombreux présens.

Peupees Nëcres. Des peuplades d’un noir plus ou moins foncé, presque toutes nues, ou tout au plus couvertes d'une misérable pagne; vivaut quelquefois sur les arbres ou dans le creux des rochers ; n'ayant pour toute subsistance que les produits incertains de leur chasse et de leur pèche , et les productions spontanées de la terre; ignorant les arts les plus indispensables à la vie, et quelques-unes même l'usage de l'arc; formant presque toutes plutôt de petites sociétés que de petits états; toutes plus ou moins féroces, superstitieuses et barbares, et plusieurs même anthropophages, tels sont à quelques exceptions près les peuples compris dans cette classe. Ces nations abruties, qui paraissent avoir jadis occupé tout l'intérieur des grandes iles de la Malaisie, y occupent encore une grande partie de Bornéo, de Luçon, de Mindanao, de Timor el d’autres iles, et paraissent se conserver encore dans quelques cantons de Sumatra et peutêtre de Celèbes. Ce sont ces Nègres qui peuplent toute l'Australie ou l'Océanie-Centrale, à l'exception de la Nouvelle-Zélande et de quelques Îles de beaucoup moindre étendue. On peut dire sans crainte de se tromper qu'on ne connaît pas la centième partie des jargons que parlent les peuplades de la race Noire-Océanienne, On n'a donc aucun moyen pour les classer d’après les langues. Nous nous bornerons à mentionner quelques-unes des 38 nations, dont nous avons essayé de classer les idiomes dans l'Atlas Ethnographique. Ce sont les seules que notre cadre nous permette de citer.

Les naturels des environs de Sydney, dans le Continent-Austral, Ces sauvages sont très abrutis et montrent moins d’aptitude à s'instruire que les autres Nègres connus de l'Océanie.

Les nalurels des environs de Port-Western, dans le Continent-Austral. Ils sont assez nombreux, moins abrutis que ceux de Sydney, mais d’un caractère féroce et inhospitalier.

Les Arfakis ou Endamènes de la parie orientale et de tout l'intérieur de la Papouasie (Nouvelle-Guinée), nommés aussi 4/fourous.

Les Papouas proprement dits, qui occupent une partie de la Papouasie et qu'il ne faut pas confondre avec les Negr'o- Malais ou Papouas.

Les Papouas ou Negro-Malais, établis sur le littoral desiles Waigiou, Salwati, Gammen el Batenta , et le long de la côte de la Papouasie (Nouvelle-Guinée) depuis la pointe Sabelo jusqu'au cap de Vory. Selon MM. Quey et Gaimard qui les premiers les ont parfaitement décrits, ces nègres constituent une espèce hybride provenant, sans aucun doute, des Papouas et des Malais. Ces Négro-Malais, dit M. Lesson, ont emprunté à ces deux races les habitudes qui les distinguent ; c'est ainsi que plusieurs ont embrassé le mahomélisme, et que d'autres ont conservé des Papouas le fétichisme el la manière de vivre; ces insulaires, continue ce savant na-

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