‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 2)Chapitre 500 sur 628 · EE SÉRIE CE · texte numérisé non relu

EE SÉRIE CE

turaliste, forment donc une sorte de peuple métis, placé naturellement sur les frontières de la Malaisie et de l'Australie.

Les insulaires de l'archipel de la Nouvelle- Bretagne (Birara), ceux de la Nouvelle-1rlande (Tombara), les naturels de l'archipel de Quiros (Santa-Cruz) et ceux de quelques-unes des iles de l'archipel de Salomon doivent ètre rangés parmi les peuples de cette race, qui ont fait le plus de progrès dans la civilisation.

Les habitans de l'ile élevée de Poulo-Pa (Seniavin, Quirosa, Poulou-Pet ou Pouni-Pet), dans les Carolines; ils sont féroces et bons navigateurs.

Les insulaires de la Diemenie (Terre de Diemen). On doit les classer avec les tribus les plus sauvages de l'Australie parmi les peuples nègres les plus abrutis. « Ce sont probablement, dit un savant marin, les êtres les plus bornés, les plus stupides et les plus essenliellement rapprochés de la brute sans raisonnement, »

PeuPLEs ÉTRANGERS. Toutes les nations comprises

R8LIGI0NS, En considérant les Océaniens sous le rapport des différentes religions qu’ils professent , on peut en traccr le tableau suivant : l’IsLAMISME est professé par le plus grand nombre d’habitans du Monde - Maritime, puisque les dogmes de Mahomet , plus ou moins purs, sont suivis par presque tous les Javanais, les Malais proprement dits de Sumatra, de Bornéo, des Moluques, etc..ete., les Achinais, les Siaks, les Bouguis , les Macassars, les Soulous ; par le plus grand nonbre des habitans de l’Archipel des Moluques proprement dites ; par les Mindanao et les Jilanos de l’île de Mindanao; par le plus grand nombre des habitans de Samar et par une grande partie de ceux de Leyte ; enfin par quelques tribus des Lampongs et des Redjangs dans Sumatra, des Haraforas de Bornéo et de l’Archipel des Moluques ; dans ce dernier se trouve l'ile de Goram , remarquable en ce qu’on peut la regarder comme le lieu du globe le plus oriental dans lequel le culte de Mahomet soit dominant. On trouve cependant des mahométans encore plus à l'Orient, parmi les Papouas de la partie occidentale de la Papouasie , qui sont les habitans les moins sauvages decette grande terre; mais un plus grand nombre d’individus parmi ce peuple réunissent le paganisme à quelques rites du culte de Mahomet. Nous ajouterons que les Javanais, les mahométans les plus éclairés et les plus zélés de l'Océanie , font le pélerinage de la Mecque, transportés par des navires de PArabie.

dans cette classe peu nombreuse appartienner. à l'Europe ou à l'Asie. Celle-ci a fourni les Chirois, qui sont de beaucoup les plus nombreux et qui sont répandus sur toute la Malaisie ct même sur l'extrémité nord-ouest de l'Australie ou de l'Océanie-Centrale, Viennent ensuite les Tl'elinga et quelques autres peuples de l'inde- Méridionale ; les 4rabes et les Japonais. Ces derniers , jadis assez répandus dans la Malaisie, ne se lrouvent plus aujourd'hui que dans le groupe de Mounin-Sima? une subdivision de l'archipel Volcanique. L'Europe a fourni à l'Océanie un pelit nombre de ses habitans; ce sont des Hollandais et des Portugais, établis depuis long-temps dans la Malaisie; des £spagnols, qui se trouvent dans le nord de cette division comme dominateurs de l'archipel des Philippines ; enfin des Anglais, que l’on rencontre dans les trois grandes divisions du Monde-Maritime et dont les établissemens renferment des familles de presque toutes les nations de l’Europe.

LE CHRISTIANISME compte aussi un grand nombre de croyans dans l'Océanie, mais ils y sont partagés entre les églises suivantes : L'église catholique, à laquelle appartiennent les insulaires des Mariannes et presque tous les naturels des Philippines soumis aux Espagnols, ainsi que les Timoriens dépendant des Portugais, et quelques milliers d’individus dans les îles Sabrao, Flores et autres de archipel de Sumbava-Timor, et dans les établissemens anglais de l'Australie ( Nouvelle-Hollande) et de la Diemenie (Terre de Diemen), où l’on a déporté beaucoup d’Irlandais. Un grand nombre d’habitans de l’Archipel des Moluques , particulièrement dans le groupe d’Amboyne , et quelques milliers d'individus dans les différens établissemens hollandais, suivent la croyance de l’église calviniste. La majorité des habitans des colonies anglaises dans l’Océanie- Centrale, et quelques autres individus dans les ci-devant établissemens anglais de la Malaisie appartiennent à l’église anglicane, ou suivent les dogmes d’autres nuances du christianisme. Des missionnaires proteslans américains et anglais ont converti au christianisme le ju grand nombre des habitans des archipels de Tahiti, de Hawaii (Sandwich, et de Cook; mais leurs pieux efforts n’ont pas été couronnés du même succès dans la Tasmanie (Nouvelle-Zélande) et dans l’archipel de Tonga (des Amis), Bien différens des missionnaires catholiques et surtout des jésuites, les

missionnaires protestans défendent à Sandwich, le jour de dimanche, d'allumer du feu, de se baigner, d’aller à la chasse, de se divertir; selon lord Byron, ils ont arraché à la culture des terres les indigènes, habitant les cantons les plus éloignés, pour les faire bivouaquer dans la capitale, où on leur apprend à lire. Les missionnaires n’ont pas été plus tolérans à Tahiti , et il est à craindre que leurs néophytes , dégoûtés de tant de rigueurs, ne renoncent à une religion dont ils ne peuvent apprécier la morale sublime et qui, jusqu’à présent, paraît ne leur avoir rien appris de bien utile dans les usages de la vie sociale, à l’exception de tout ce qui tient à la morale. Quelques voyageurs ont déjà remarqué la perte de plusieurs branches de leur industrie, sans avoir observé la substitution ou la pratique d’autres aïts plus utiles. Le capitaine Beechey a déjà trouvé , dans sa seconde visite à Sandwich, que les chefs s’étaient émancipés de la discipline sévère que les missionnaires leur avaient imposée.

Le BOUDDHISME, qui fleurit à Java depuis le milieu du xm1° siècle jusqu’au milieu du x1ve, n’y est plus professé que par des étrangers. Ce sont les Chinois qui , partout fidèles à leurs mœurs comme à leur croyance, suivent la religion de Bouddah dans toutes les îles de la Malaisie où ils se sont établis. Parmi les indigènes, cette religion n’est plus professée que par une partie des habitans de l’ile de Bali.

LE BRAHMANISME, qui jadis a dominé à Java, depuis la moitié du xrv° siècle jusqu'à l’époque de sa destruction par les missionnaires mahométans , n’y est plus professé que par les Kelang , petite peuplade qui vit disséminée dans les districts de Kendal, Kalisoungu et Demak, par les Beduis, autre tribu peu nombreuse , et par plusieurs habitans des monts Tengger ; la plus grande partie des insulaires de Bali et de Madura professe aussi le brahmanisme , mais sans la choquante distinction des castes.

LE POLYTHÉISME le plus grossier, une espèce de SABÉISME et plusieurs espèces de PANTHÉISME mélés de quelques dogmes qui paraissent avoir pris leur origine dans les antiques religions de l'Asie , se partagent toutes les autres tribus-océaniennes. Quelques-unes même, telles que quelques peuplades des Haraforas de l’intéricur de Bornéo, des ‘Actas on Negrillos

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di Monte de l’intérieur de Luçon et plusieurs tribus du gr ae pra A ouvelle-Hollande) et de la Diemenie (Terre de Diemen), paraissent vivre sans aucune religion. On peut dire qu’en général les races nègres les plus abruties n’offreht d’autres traces d'idées religieuses que des notions vagues touchant l'existence de malins génies toujours prêts à les tour menter, et le sentiment confus d’une vie nouvelle qui les attend‘après leur mort.

Parmi les différentes croyances appartenant à cette division, il faut remarquer la religion des Battas de Sumatra, qui admet une sortie de triuité, un paradis et un enfer , et dont plusieurs dogmes et quelques-uns des noms de ses dieux subalternes semblent d’origine indienne.

La pratique des guruhs ou prétres de cette religion singulière , d’égorger des animaux pour connaitre l’avenir par l’inspection des entrailles, nous rappelle ce qui se pratiquait en Grèce , à Rome et chez d’autres peuples idolâtres de l’antiquité, Cet usage se retrouve aussi parmi les naturels de Timor, des Îles Poggi ou Nassau et de Tonga (archipel des Amis).

Ou ne connaît pas les dogmes de la religion des Haraforas de Mindanao, mais on sait qu’elle a des temples et des préipes, et que ces derniers observent aussi e vol des oiseaux pour découvrir l’avenir.

Les Redjangs de Sumatra, qui n’ont aucun culte, admettent la métempsycose. La religion de plusieurs tribus indépendantes de Luçon et des autres îles de l'archipel des Philippines proprement dites, consiste dans l’adoration des bons el des mauvais esprits ; et, quoiqu’elle n'ait ni temples, ni autels, ni idoles, elle a cependant des sacrifices, des prétresses et des sorciers. Les habitans de Waigiou et de la Nouvelle-frlande (Tombara) ont des temples remplis d’idoles grossières auxquelles ils font des offrandes. Les Papouas de Dory portent au col des fétiches auxquels ils attribuent un grand pouvoir de protection. La croyance des Biadjous de Celèbes parait être une sorte de Sabéisme.

Quelques tribus des Carolines adorent une espèce de trinité dont les personnages s'appellent A/uelap, Lageleng et Olifat, et ceux de la trinilé adorée autrefois par les Tahitiens étaient Tane ou Te medoua (le père, l’homme), Oro ou Mattiou (dieu le fils, le dieu sanguinaire ou

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cruel), Taroa ou manou te hooa (l'oiseau , l'esprit, le dieu créateur), Notre ami M. Lesson, qui a groupé avec un talent remarquable tout ce qui concerne l'état physique et moral des peuples du Monde- Maritime , s’exprime de la sorte en parlant de la religion des peuplades qui forment la variété qu’il ap-

lle Océanienne , et dans laquelle il comprend tous les peuples dont beaucoup plus tard M. le capitaine d’Urville a faitla variété qu'il nomme Po/ynésienne, et qui embrasse les habitans des archipels de Tonga , de Tahiti, de Sandwich , de Mendana, ceux de la Nouvelle-Zélande, etc., etc. « Les Nouveaux- Zélandais, dit ce savant, comme tous les Océaniens, quelles que soient les variations qu’ait éprouvées leur théogonie, reconnaissent une trinité. Ils nomment leurs dieux Afoua, Akoua, pensent que les âmes des justes sont les bons génies (Eatouas), que les méchans ne deviennent point meilleurs dans un autre monde , et que, sous l’attribut de fé, ils sont investis du pouvoir de pousser l’homme au mal. Malgré des nuances légères, ne retrouvons-nous pas cet ensemble de faits dans ce que l’on sait du cuite des autres penpiares ? Et, soit que Taroa, brisant la coquille qui le tenait emprisonné, s’en servit pour jeter les bases de la grande terre (Fenoa nui) ou l'ile de Tahiti, et en compost , avec les parcelles qui se détachèrent , les autres les qui l'entourent ; soit que Tangaloa tirât le monde (ies iles de Tonga) de la mer, en pèchant à la ligne, partout chez les Océaniens nous voyons établie une identité de croyance frappante , la divinisation des àmes, l’adoration de plusieurs sortes d’animaux et de certaines plantes, la puissance intellectuelle des prêtres et des augures , les sacrifices humains, les m0raîïs (maraes), les idoles et l’anthropophagie , qui naquit de leurs préjugés religieux, mais qui s’est effacée de plusieurs îles abondantes en subsistances alimentaires, et qui s’est conservée intacte chez celles où la rigueur du climat et la pauvreté du sol ont fait sentir le besoin d’une nourriture substantielle. Les Îles de la Société avaient leur paradis où se rendaient les âmes heureuses des /avanas, que le dieu esprit ailé emportait et purifiait; celles de malaboles des \les des Amis habitaient te délicieux séjour de Bolotou , d’où

étaient bannies les Ames du vulgaire, qui imouraient en entier, Les Nouveaux-Zélandais, après leur mort, ont la ferme croyance que les esprits de leurs pères

lanent sur l’hippah, qui leur donna le Jour, et se rendent à l'Élysée, qu’ils nomment Afa-Mira, en plongeant dans la mer 4 au lieu nommé Reixga, vers le cap.

Nord. Ces âmes, au contraire, errent autour du Pouke-Tapou, ou montagne sacrée, et sont éternellement malheureuses lorsque les corps qui les renfermaient ont êté mangés sur le champ de carnage , que leurs têtes sont restées au pouvoir des ennemis , et EL les cadavres sont ainsi privés de l'oudoupa ou sépulture de lenrs pères. À ces principes d’une religion corrompue, mais dont l’ensemble ne nous est malheureusement que peu connu; à ces restes d’un fanatisme barbare, sont liées des idées de sabéisme ; et dansleur croyance, ils placent au ciel quelques-uns de leurs organes , qu’ils transforment en météores célestes. Arracher les yeux d’un ennemi, boire son sang, dévorer ses chairs palpitantes, c’est hériter de son courage, de sa valeur , commander à son dieu, et enfin, accroître ainsi la puissance que chaque guerrier ambitionne. »

Avant l'introduction du christianisme dans les archipels de Sandwich et de Tahiti, et encore à présent dans plusieurs archipels de la Polynésie, le sacerdoce est exercé par des hommes influens, dont les fonctions mystérieuses ont une puissance extraordinaire sur lesprit des insulaires.

Le roi ou chef suprême chez ces peuples est considéré dans chaque état, comme le premier pontife, et, après lui, les dignités les plus élevées sont distribuées aux diverses classes de la société suivant l’importance des fonctions. Les prêtres, dans l'opinion de ces insulaires, jouissent de la science la plus surnaturelle : lire dans l’avenir, annoncer les volontés des dieux, interpréter les songes, guérir les maladies les plus invétérées, demander des offrandes, sont leurs attributions les plus ordinaires et leurs occupations journalières.

Honorés, respectés , leur personne est genéralement sacrée dans les combats ; car ces Calchas , à l’exemple des anciens prètres de Mars, unissent l’encensoir au glaive , et , après s'être battus sur uu champ de carnage , ils adressent aux dieux les prières de la tribu victorieuise.

La religion des habitans de l'archipel de Tongu (des Amis) a un culte et une foule de divinités, et leurs Tuoitonga et leurs Veachi sont une espèce de grandspontifes qui rendent des oracles. La reli-

ton des îles Mogemug, Bap et Ngali,

ans l'archipel des Carolines , a aussi un culte public avec des temples et des sacrifices, circonstance remarquable dans cette partie de la Polynésie-Occidentale , où la religion des naturels n’a aucun culte public. Les habitans des Iles Muigrave (Radack) se contentent d'offrir à la divinité des fruits qu’ils suspendent aux arbres. Dans l'ile d’Oualan , qui est cependant très civilisée, on n’a aperçu encore aucune trace de cuite on de superstition. Dans la plupart des religions de la Polynésie et dans plusieurs autres de l’O-

céanie-Occidentale , on trouve la prati-

am affreuse des sacrifices humains, et e barbares mutilations sont pratiquées d’un bout à l’autre du Monde-Maritime.

C’est encore à M. Lesson que nous empruntons ce qui regarde les sacrifices humains qu’on faisait autrefois à Tahiti ; ce que ce savant en dit s'applique, avec quelques petites modifications, à presque toutes les autres iles de la Polynésie et à la Tasmanie (Nouvelle-Zélande), où cette pratique affreuse a été observée, et est malheureusement encore en usage. « Ces offrandes humaines étaient presque toujours prises dans la classe du peuple ; ce n’était que dans des circonstances rares qu'on sacrifiait des femmes enceintes ; et l’on dit même que les chefs ou le rai avaient soin de choisir des individus qui, sans amis où sans parens, n’excitaient les regrets de personne, et dont la mort ne pouvait occasioner

de troubles. Souvent aussi on réservait cette sorte de vengeance publique pour ceux qui s'étaient fait re-

marquer par leur turbulence ou par des actes criminels, C’est au milieu des ombres de la nuit qu’on entourait la maison de la victime : on l’appelait, et à peine mettait-elle le pied sur le seuil de la cabane qu’elle était mise à mort. D’autres fois des hommes vigoureux s’élançaient sur elle, et alors le patient, résigné à son sort, et encorereligieux adorateur du dieu qui ordonnait sa mort , faisait ce que les Tahiliens appelaient Apapa, c'est-àdire, qu’il se couchait et attendait avec calme le coup de casse-tête qui devait lui briser le crâne. Mais les odieuses divini-

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ee eme 24

tés qui inspirèrent aux Tahitiens, doux par caractère, des superstitions aussi barres, ne se bornaient point à voir arroser les üarches des morats avec le sang humain ; elles leur inspirèrent la pensée, tant leur aveuglement sacrilège les asservissait au culte affreux d’Oro, que le plus pur encens, que les offrandes les plus chères aux dieux, étaient les angoises de la douleur, les tortures d’un être souffrant et la longue agonie d’un malheureux se débattant contre des tourmens sans cesse renaissans jusqu’à ce qu’un trépas vivement attendu vint l'y soustraire.

Ainsi les victimes étaient souvent attachées aux arbres des moraïs , et là, elles étaient ae avec des bâtons pointus, couvertes de blussures mortelles, et expiraient dans nne lente agonie en adressant aux cieux des cris de douleur et de rage. »

couvaansmanr. Le Monde-Maritime, comme l'Ancien et le Nouveau-Monde, offre toutes les nuances de gouvernement, depuis les peuplades nègres les plus abruties de l'Australie et des grandes terres de la Malaisie et les tribus sauvages des Haraforas de Bornéo et de l’archipei des Moluques, parmi lesquelles chaque famille isolée forme une petite société don!

le chefne reconnait aucun supérieur, jusw’aux confédérations aristocratiques des guis, aux monarchies limitées de Son-

lou , de Mindanao, de Bornéo, et aux em.

pres despotiques de Souracarta et de jogjocarta , dans l'ile de Java, où le pouvoir suprême et les institutions politiues se présentent sous mille formes diférentes. Mais un trait caractéristique de cette grande division du globe, c’est d’étre régie d’un bout à l’autre par un gouvernement qui est toujours plus ou moins féodal , gouvernement que l’on voit adopté par presque toutes les nombreuses tribus de race Malaisienne, dans l'Océanie, et qu’elles ont porté avec elles en Asie (presqu’ile de Malacca) et en Afrique (Île de Madagascar). Dans la Malaisie (Archipel Indien), cette espèce de gouvernement prend les formes des monarchies électives dont le chef est choisi par une aristocratie héréditaire, qui en restreint beaucoup l'autorité ; elle ressemble singulièrement au feudclisme qui régnait autrefois dans la plus grande partie de J’Europe. Dans la Polynésie, on retrouve ce même gouvernement , mais avec de plus grandes nuances , et la noblesse qui y forme une caste

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à part , y cst d’une fierté incroyable, et tient le peuple dans un abaissement dont on ne saurait se former une idée. La pluart des habitans policés des iles Celèbes, matra, Bornéo et Mindanao, sont gouvernés par des rois électifs, qui ont très peu d'autorité, de même que les chefs des Passummahs et des Redjangs, à Sumatra, ceux des insulaires de Timor, et ceux des labitans de Rotuma, des tles Mendana (Marquesas) et d’autres parties de la Polynésie, tandis que les souverains des archipels de Radack (Mulgrave), des Carolines , de Pelew, de Sandwich, de Tonga (des Amis), de La Pérouse (Santa- Cruz), de Salomon, de la Société, et autres Îles, jouissent du plus grand pouvoir, et sont traités avec les plus grands égards. À Oualan , le peuple ne les aprot qu’en s’agenouillant, et on dit que es barques qui passent à la vue de l'ile Mogemug, siège du chef suprême du groupe de ce nom dans l'archipel des Carolines, doivent plier leurs voiles en signe de respect. Le gouvernement des Achinais, essentiellement féodal, flotte sans cesse entre le despotisme et l’anarchie. Celui du sousounan ou de empereur de Souracarta, ainsi que celui du sultan de Djocjocarta, était, iln'y a pas long-temps, despotique, et la puissance de ces deux moharques n’était limitée que par certains usages auxquels le peuple est si attaché ue le prince n’osait pas y déroger. A ava, de même que dans l’Hindoustan, chaque village, avec son district, forme pour ainsi dire, un que état à part , régi par un chef élu par le peuple. Le trône de Soulou est héréditaire , mais l’autorité du sultan est bornée par celle des datus ou nobles héréditaires, qui composent le conseil d'état, par le Maha-Radja-Lela, qui est une espèce de censeur chargé de surveiller la conduite du sultan et des datus, et par le Orang-Kaï-Mallik, qui est une espèce de représentant du peuple, dont le devoir est de défendre ses droits. On peut regarder tous les états de Celèbes comme autant de républiques aristocratiques, dont le pouvoir suprême réside dans une noblesse héréditaire qui choisit le roi, auquel elle n’accorde que très peu d’autorité, et qu’elle a même le droit de déposer. On pourrait comparer le souverain de Louhou à l’ancien doge de Venise, w’environnait une grande pompe, mais ont l’autorité était presque nulle. Les

huit petits rois de Bali , ainsi que les chefs qui dominent dans l'archipel de Salomon, règnent au contraire despotiquement sur leurs sujets. On doit encore ajouter que quelques peuplades de la race nègre dans l'Australie et dans la Malaisie (Archipel Indien), et quelques tribus des Haraloras, dans cette dernière division, sont ré- Sies par des chefs qui jouissent d’une assez grande autorité ; et qu’une tribu des environs de Botany-Bay, plus nombreuse et plus robuste que les autres, parait avoir été en possession du privilège singulier d’arracher une dent aux jeunes gens des tribus limitrophes.

Pendant le premier siècle du mahométisme dans l’ile de Java, les prêtres musulmans y formaient une véritable hiérarchie qui avait la prérogative de choisir le souverain, et qui ne fut détruite que lorsque la puissante famille de Mataran Parvint à rendre le trône héréditaire en elle. Les prêtres, parmi les Nouveaux- Zélandais, jouissent d’une autorité presque aussi grande que celle des chels ; et le Schaou, ou le chef suprême élu à cha-

ue 21° lune par les chefs héréditaires

es 24 districts de Rotouma, la plus importante des Sporades , joint le sacerdoce au faible pouvoir qu’on lui accorde. Le Tooitonga semble avoir été jadis dans l'archipel des Amis ce qu'était autrefois au Japon le Dairi, et de même que le souverain pontife japonais, à la fin dun xvi® siècle, a été privé de ses prérogatives politiques par un général adroit, de même le pontife océanien, après avoir vu diminuer peu-à-peu son autorité, la vit entièrement annulée par le sage successeur de l’adroit et habile Finow 1°".

À la page 1163, naus avons signalé la grande puissance dont jouissent encore les prêtres dans la Polynésie , et le pouvoir immense dont ils étaient investis dans les archipels de Sandwich et de Tahiti, avant l'introduction du christianisme.

Dans les iles soumises aux nations de l'Europe, le gouvernement a pris les formes régulières et modérées qui régissent les j'euples de cette partie du monde , et il a subi des modifications plus on moins grandes, selon les rapports plus où moins fréquens et les liaisons plus ou moins intimes qui se sont établies dans les autres îles où quelques Européens se sont fixés ou sont parvenus à introduire leur

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religion et leurs usages. Les deux archipels de Sandwich et Tahiti offrent parmi ces pays les changemens les plus grands.

Les missionnaires, en mettant sur le trône le fils de Pommarell , âgé de quatre ans, ont organisé un gouvernement complet. D'après leur constitution, les 27 districts dont se composent Tahiti et l'ile voisine d’Eiméo, ont chacun leur gouverneur et leur juge , l’un choisi par le rlement, l’autre élu par le peuple; les pouvoirs législatif et exécutif sont, en Le et séparés entre le roi et les députés, et, en réalité, réunis dans les mains des missionnaires : ni roi, ni député, dit un voyageur, ne conserverait sa place s'il encourait leur dépe On pourrait croire, dit M. de orineau, que le gouvernement des Sandwich est despotique : tout NS Arr au roi, il hérite de tont, dispose de tout ; cepue son pouvoir cest limité, et des ois conservées par tradition représentent la constitution de ces iles, où l'influence européenne dans l’adiniuistration a jusu’à présent produit beaucoup moins de F pers que dans l'archipel de Tahiti.

smousrais, Sous le rapport-de l’industrie, le Monde-Maritime présente dans les deux variétés rincipales de ses habitans et leurs subdivisions, les différences les plus marquées. Tandis que la race nègre vit presque partout dans les bois à côté des orang-outangs, dont elle ne diffère pour ainsi dire ge par l’usage de la parole, et que ses tribus même les moins abruties, à un très petit nombre ane tions prés, ignorent encore les artset les métiers les plus indispensables à l’état social, les nombreux peuples de la souche nalaisienne ont presque tous atteint une certaine civilisation, et les plus policés s’adonnent même avec succès à l’agriculture, à la navi ation, à la pêche, et, en quelques endroits même, à l’exploitation des mines. Cependant l’art du potier, inconnu des Polynésiens les plus civilisés, est pratiqué par les Papouas de Dory. Les Celébiens, les Bouguis , les Redjangs, les Javanais, les Ylocos, les Camarinas et les Malais proprement dits, sont les tisserands les plus habiles de la Malaisie (Archipel Indien). Dans la Polynésie, les Sandwichiens font les étoffes les plus remarquables avec l'écorce du mûrier. Les Nouveaux - Zélandais confectionnent de

beaux manteaux avec leur fameux pAurmium tenax. Les Carolins sont les seuls Polynésiens qui fabriquent de vrais tissus. Les habitans de Rotouma font de très jolies nattes. Dans cette dernière division du Monde-Maritime, la Polynésie, les habitans des archipels de Viti (Fidji, de Tonga (des Amis), de Tahiti (de la Société) et de l'ile Rouroutou (Ohiteroa), dans le groupe de Toubouai, se distinguent aussi par leur industrie.

Plusieurs nations civilisées de l’Océanie- Occidentale, comme les tribus policées de l'Asie et de l’intérieur de l’Afrique, montrent une grande habileté à travailler des bijoux, des ornemens en or et en argent, et surtout les ouvrages en filigrane. Les naturels de Manado, les Achinais, les Menangkabous , les Rediangs et les habitans de Padang, dans l'ile de Sumatra, surpassent tous les autres dans la confection de ces derniers ouvrages. Les naturels de la petite ile de Dao, dans l’archipel de Sumisva-Timor, se distinguent aussi dans cette branche d’industrie, ct sont les orfèvres et les bijoutiers de toutes les tles voisines. Les Malais de Bornéo et les Javanais savent tailler et polir le diamant et autres pierres précietises, et les seconds, qui travaillent le bois avec une habileté remar uable, fournissent à tous les Européens de l’Archipel des Indes tous les meubles dont ils ont besoin.

Nous ne saurions quitter ce sujet sans signaler à nos lecteurs le goût et les dispositions pour la sculpture que montrent dans les ornemens de leurs pirogues, de leurs pagayes, de leurstambours, etméme chez quelques tribus, dans ceux de leurs cabanes, non-seulement les Nouveaux- Zélandais,les Tahitiens, les Sandwichiens, les naturels destles Pelew, des Carolines et d’autres iles de la Polynésie, mais même quelques-unes des tribus nègres de l’Australie , particulièrement les habitans des archipels de la Nouvelle-Bretagne et de Salomon , dont les sculptures sont parfois des chefs-d’œuvre d'élégance; nous avons eu occasion de remarquer cette singularité, en parlant des tribus sauvages qui habitent la côte occidentale de l’Amérique du Nord.

cormmsncs, Le véritable siège du commerce du Monde-Maritime est dans la Malaisie (Archipel Indien) ; c’est ici qu’avant les temps historiques, les Javanais, les Malais, les Bouguis et les Macassars

retrouve chez tous les peuples nègres, épars depuis le nordde la Papouasie (Nouvelle-Guinée), sur ces chaines de grandes iles, une forme assez générale de pirogues.

Ceux du Port-Praslin (Nouvelle--lrlande , de la Nouvelle-Bretagne, de l'ile d’York, de Bouka et autres ont des embarcations sveltes , légères, formées de bordages assembles et cousus, dont les joints sont bouchés par un mastic tenace, et dont les deux extrémités se relèventet sont le plus souvent surmontées de quelque attribut. Mais toutes ces pirogues, dit M. Lesson , n’ont point de balanwer., tandis que celles qu’on retrouve sur le pour-tour boréal des iles dites des Papouas , et qui sont destinées aux besoins ordinaires, sont , sans exception, à deux balanciers ; celles de guerre, toutefois , ressemblent aux précédentes. Nous AUAINTE aussi par opposition à ces insulaires si habites dans la construction et la direction de leurs embarcations, que les pipe des

Australiens desenvirons du PortJackson, ne sont faites qu'avec une longue écorce d’eucalyptus solidement liée auxextrémités ; que dans la région intertropicale du Continent Austral, un tronc d'arbre creusé en tient lieu; que plus à l’ouest, dit M. King, à la baie de Hanovre , e’est un radeau formé de tiges vieilles et légères de manglier ; qu’enfin , dans l’archipel de Dambpier et autres parties de l’Australie (Nouvelle-Hollande), l'intelligence des Australiens n’a pu s’élever pour passer les rivières ou traverser les baies et les golfes, au-dessus d’un simple tronc d’arbre flottant!

Qu'il nous soit permis de dire encore un mot sur ces embarcations des Océaniens, qui ont excité l’admiration de tous les navigateurs européens qui ont eu l’occasion de les observer, et qui ont été jusqu’à ces derniers temps l’objet sur lequel ces insulaires déployaient toutes les ressources de leur industrie. « Les pirogues simples, dit M. Lesson, creusées dans un tronc d’arbre , peuvent se reproduire ailleurs; mais il n’en est pas de mème des pirogues doubles ou accolées deux à deux, qu’on ne rencontre nulle part chez les peuples d’une descendance étrangère aux Océaniens. Nous vimes à Tahiti des pirogues doubles qui arrivaient des îles Paumotou.: c’étaient de vrais petits navires propres à faire de longues tratersecs el capables de contenir des vivres en

OCEANIE.

proportion déterminée pour l'équipage ,

ui est logé dansune bante en bois s0-

lidement tissée et disposée sur le tillac.

La coque de chacune des deux pirogues

est calfatée avec soin; enduite de mastic ;

et de forts madriers solidement liés les

unissent. Leur gouvernail est remarquable par un mécanisme ingénieux que nous ne pouvons point indiquer ici. Ces pirogues étaient anciennement, chez les Tahitiens , décorées de sculptures qu'on retrouve encore aujourd’hui.sur les embarcations sveltes des Nouveaux-Zélandais. Ces reliefs, débris des arts traditionnels que ces peuples ont conservés,

et dont le fini étonne lorsqu'on examine Pimperfection des instrumens qu'ils employaient, sont toujours identiques par leurs représentations. Ils les négligent depuis que les Européens leur ont porté le fer. Les idées nouvelles qu'ils ont reçues feront bientôt disparaître les traces de ces ingénieux travaux, qui s’effaceront avec le sens mythologique qu'on y attachait et que remplace déjà chez plusieurs une imitation plus ou moins gros-

sière de nos arts et de nos procédés. Les

pirogues doubles sont usitées à Tahiti et dans les archipels voisins, aux Sandwich,

aux iles Marquises et jusqu’à Rotuma.

Nous ne les avons pas vues à la Nouvelle-

Zélande, mais la nature des baies néces-

site des embarcations plus légères ; il

parait cependant qu’ils s’en sont parfois

servis. Toutes les pirogues zélandaises

ont leur avant surmonté d’une tête hi-

deuse tirant la langue, ce qui estchez eux

le signe de guerre et de gloire; et

l'arrière est terminé par une pièce

sculptée, hante de qnatre pieds, repré-

sentant un dieu et des cercles sans fin,

dont la signification est entièrement

symbolique. » ME) à

À. l’égard des Océaniens qui doivent en

tout où en partie leur civilisation aux

Européens , nous ferons observer que les

Tagales et autres peuples de la souche

walaisienne de Luçon où Manille, sont

employés presque universellement dans

la Malaisie comme canonniers on timonniers, qualités qu’ils possèdent à un

degré éminent. Nous remarquerons aussi

que les habitans des iles Sandwich et de la Nouvelle-Zélande prennent quelquefois service comme matelots sur les bâ-

timens anglais et anglo-américains qui

vont à Canton et à la côte nord-ouest

uipage , Vois 80-

x-Zélants tradionsel' vés, examine w’ils emques par négligent ont porté s ont rees traces s’efface- > qu'on y chez pluins grosédés. Les Tahiti et andwich, Rotuma.

Nouvellees nécesrères ; il t parfois landaises tête hichez eux pire; et e pièce , représans fin, ièrement

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te

d'Amérique, ou qui font la pêche de la baleine dans le Grand- Océan.

Au milieu de tous ces peuples navigateurs , l'Océanie offre peut-être un plus grand nombre de corsaires que toutes les autres parties du monde. Les peuplades les plus renommées par leurs pirateries sont les Achinais et les Siaks de Pile Sumatra , les insulaires de Lingen, les habitans de Kali et Tuli-Tuli sur la côte nord-ouest de Celèbes, les Tedongs, tribu des Dayaks, et les habitans du royaume de Sambas dans Bornéo, les Mindanao, les Illanus et les Soulous dans l'archipel dés Philippines. On doit cependant avouer que depuis quelques années le nombre de ces forbans a beaucoup di-

minué, grâces aux croisières anglaises et f

hollandaises. Il n’y a que les côtes des Philippines qui soient encore ravagées pue tous les ans par les corsaires de

oulou, de Mindanao et de Bornéo, malgré les bateaux armés et les canonnières que les Espagnols entretiennent dans ces parages. Les colonies anglaises de déportation ont répandu dans l’Australie et même dans la Malaisie quelques déserteurs, tant des établissemens coloniaux que des navires du commerce; jusqu’à présent il n’en est pas résulté d’associations de pirates européens dans ces deux sections de l'Océan mais quelques points du Continent, ou, iles et surtout les petites l!2s du détroit de Bass ont reçu un grand nombre de matelots révoltés et de convtcts évadés, qui menacent de renouveler les régences barbaresques. Des croisières habilement dirigées peuvent encore détournér le péril,

L’esclavage que les lois reconnaissent et sanctionrient dans toute la Malaisie, à l'exception de l’Ale de Java et peut-être de quelques autres, la féracité de certaines tribus et la faiblesse et l’abrutissement de plusieurs autres , donnent naissance, dans cette partie de l'Océanie, à tous les abus, à toiles les violences et à ces atrocités que le commerce d’esclaves produit encore en Afrique. Toutes les nations que nous avons signalées ailleurs comme adonnées plus que les autres à la piraterie, font cet abominable commerce, qui ici, comme en Afrique, reçüt une grande augmentation par les demandes des Européens, et surtout par celles des Hollandais. Les féroces Mindanao sortent régulièrement tous les ans de leurs ports pour aller à

la traite des esclaves dans l'archipel des pl en Lestiles de Celèbes, Poulo- Nias, Bali et quelques autres sont les contrées de l’Océanie qui fournissent le plus grand nombre de victimes à la cruelle avidité des marchands chinois , bouguis et achinais, avec lesquels rivalisent même quelques marchands européens.

Les principaux articles d’e.

tion du Monde - Maritime sont : noix muscades, clous de girofle, cannelle, poivre, café, riz, étain, or, diamans, perles, ivoire, nids d'oiseaux, bois de sandal, bois de mar ueterie , indigo , sucre, coton; tabac , bois de construction surtout de:

tek; camphre, térébenthine, betel, ambre:

gris, charbon de terre , blé, chevaux, ourrures , lin et laine de la plus belle qualité, huilé et fanons de baleine, écailles de tortue, holothuries, oiseaux de paradis, cocos , gingembre, sagou, jones, roltins, noix d’arec, bambous, arbre à pain, Les principaux ariicles d'importation sont : opium, sel, toiles ordinaires , soicries, objets de mode, porcelaine, cuivre, huile, savon, vins, liqueurs, armes blanches et à feu, poudre et un:

grand nombre d'articles provenant des fabriques et des manufactures de l’Europe.

Les principales places commerçantes de:

l'Océanie sont : Bataria, Samarang , Sourabaya , Riot (Rhio), Amboine, Coupang et Macassar dans l'Océanie Hollandaise ; Manille dans l’Océanie-Espagnole ; Sydney, Hobart-Fown et Swan-River dans l’Océanie-Anglaise; Bornéo, Achem, Bevan dans la Malaisie-Indépendante, Dans Ja Polynésie nous nommerons : la Baie des Iles et Houkianga dans la Nouvelle-Zélande; Malavae et Papéiti dans Tahiti, Hanarourou dans les iles Sandwich ; les les Viti et les les Mendana pour le bois de sandal ; les {les Paumotou pourles perles et les trepangs. En outre, nous férons observer que toutes ces mers sont fréquentées pour la pêche des cachalots et toutes les îles australes pour la chasse des phoques.

ÉTAT SOCIAL DES OGÉANIENS. Depuis Forster , qui le premier traça d’une main habile le vaste cadre des productions et des habitans de la Polynésie et de l’Australie , de nombreux voyageurs parcoururent dans toutes les directions le Grand- Océan etla mer des Indes, et publièrent une foule de faits qui servirent à la clas-

sification des peuplades éparses sur le

Continent-Austral et sur les tles innombrables qui en dépendent. Nos lecteurs connaissent déjà les voyageurs célèbres qui, depuis les mémorables circumnavigations de Cook, ont décritles Océaniens sous le doublerapport physique et moral.

Ici, nous nous bornerons à citer quelques auteurs, dont les savantes recherches ont été notre guide principal, dans la détermination des différens foyers de eivilisation indigène du Monde-Maritime. Citer les noms de Marsden, de Raîfles, de Leyden, de Wenthworth, de King, de Nicholas, de Dillon, de Chamisso, de Collins, de Cuningham, de Kendal, de Kotzebue, de Krusenstern, de Langsdorf, de Péron, de Freycinet, de Duperrey , et les doutes auteurs des Polynesian Researches , c’est rappeler au lecteur des hommes, dont les travaux aussi savans que consciencieux ont mérité une juste célébrité.

Mais notre franchise nous impose le devoir de lui signaler surtout deux ouvrages classiques , que quelques littérateurs exloitent , en y puisant, à peu de frais, une vaste érudition qui ne leur appartient pas , et nous nous faisons un plaisir et un devoir d’avouer les nombreux emprunts que nous leur avons faits ; ces ouvrages sont : the History of the Indian Archi.

pelago, par M. Crawfurd, et l’Aistoire Naturelle de l’homme, par M. Lesson.

C’est dans le premier que nous avons puisé presque tout ce qui concerne la civilisation indigène de la Malaisie ; c’est le second qui nous a fourni les faits curieux etintéressans à l’aide desquels nous avons pu compléter la classification de tous les autres peuples de l’Océanie. Nous devons aussi déclarer que plusieurs communications importantes nous ont été faites par nos savans amis MM. Garnot et Gaimard, MM. Ernest et Jules de Blosseville, ainsi que par un voyageur célèbre, M. de Kienzi.

Maintenant que le lecteur connaît les sources auxquelles nous avons puisé ei quels sont nos guides principaux , nous allons essayer de classer les principales nations du Monde-Maritir: , d’après les foyers de civilisation qui nous paraissent pouvoir étre regardés comme indigènes , en signalant ensuite la part de civilisation qui paraît devoir étre attribuée aux peuples de l’Asie et à ceux de l’Europe. :

OCEANIE.

En comparant l'état social, où furent trouvées les innombrables tribus de l'Océanie, on voit d'abord qu'elles présentent pour aiusi dire deux branches principales de civilisation indigène tres différentes entre elles. La première, qui comprend les grandes nations de la Malaisie (Archipel-Indien), parait devoir son origine à an peuple inconau, qui, selon M. Crawfurd, parlait le grand-polynésien ; c'est le /oyer.que nous proposons. de nommer Javano-malaisien, à cause des deux nations qui peuvent élre regardées comme ses branches principales; car les Javanais: et les Malais sont incontestablement les deux nations indigènes qui, indépendamment de tonte influence étrangère , se sonk élevées le plus haut dans l'échelle des peuples civilisés de celle partie du monde. La seconde branche, qui comprend tous les autres peuples de l'Océanie, offre une.civilisation incomparablemeut inférieure à ta t-emiére, On peut y distinguer lroisnuances principales , qui nous paraissent pouvoir ètre regardées comme autant de foyers distincts, que nous propusous de nommer /0yer australien, foyer carolinien et foyer polrnésien, dénominations qui désiguent les pays où vil le plus grand nombre de tribus civilisées que chacun d'eux embrasse.

Les ingénieuses et savantes recherches de M. Crawfurd,.sur le foyer javano-malaisien, ont démontré que celte civilisaliou s'est développée dans la Malaisie, indépendamment des nations de l'Ancien et du Nouveau-Moude. Cetle civilisation semble avoir suivi, dans sun développement pendant une longue série de siecles, une marche toute particulière, et avoir même étendu son influence depuis Madagascar, sur les côtes orientales de l'Afrique , jusqu'à l'ile de Pâques, vers les rivages de l'Amérique, Ici, comme dans l'Ancien-Coutiuent, on retrouve parlout les traces d'une nation antique, qui a influé puissamment sur la formation de la langue, sur les institutions sociales , politiques el religieuses, sur lesmœurs et les usages d'un grand nombre de peuples, mais dout on ne saurait déterminer l'épog'ie précise de l'existence, niindiquer exactement le lieu de la demeure primitive. La langue que les savans philulogues Marsden et Crawturd appellent le &r'und-polynésien, est pour les nalivns de l’Océanie ce que le samscrit est pour les nalions Indo-Germaniques de l’Ancien-Continent. C'estau peuple qui la parlait qu'il faut attribuer cette civilisation autochtone, qui estla souche de l'état s0cial dans lequel on a trouvé les innombrables tribus de la Malaisie, et donton reconnait quelques vestiges chez les peuplades répandues sur les deux tiers environ de la circonférence du globe, phénomène unique dans l’histoire de l’honime, surtout lorsqu'on pense au peu de moyens que ce peuple devait avoir pour étendre ses colonies à d'aussi immenses distances, La comparaison et l'analyse des langues parlées dans ce vaste espace par les nombreuses tribus de race malaisienne; la comparaison et l'analyse de leurs mœurs, de leurs usages, de leurs institutions politiques et religieuses, de leurs histoires nationales et de leurs traditions populaires, tout nous montre de

foyer et les autr tiplicite en usag constan l'inventi tas, les

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la manière la plus évidente, un foyer de. civilisation indigène, sur laquelle s’est pour ainsi dire entée la civilisation étrangère, apportée ensuite à des époques très différentes par les Hindous, les Arabes, les Chinois, et plus tard par les Européens. Ces mèmes considérations portent à conclure que ce peupleinconnu , mais dont l'existence ne peut être raisonnablement révoquée en doute, après les faits réunis avec tant de sagacité par M. Crawfurd , avait, de temps immémorial et indépendamment de toute influence étrangère, fait des progrès dans l’agriculture ; qu'il connaissait l’usage du fer, de l'or et de l’étain; qu'il savait travailler ces métaux ; qu’il possédait l'art de tisser des étoffes faites de la partie tbreuse d’une plante indigène; qu’il avait apprivoisé le buffle et la vache et les employait dans l'agriculture et «lans les transports, ainsi que la poule, le canard et le cochon, qui servaient à augmenter ses moyens de subsistance ; qu'il s'était donné un gouvernement régulier; qu'il avait établi des foires et des marchés, qui se tenaient à des époques déterminées; qu'il avait un calendrier civil et un calendrier agricole ; qu'il possédait déjà un système d’arilhmétique assez étendu ; et qu'il s'était mème élevé jusqu’à l'invention d'un véritable alphabet. Ces mèmes considérations rendent aussi extrêmement probable l'hypothèse proposée par M. Crawfurd, que c'est à Java, qu'il faut placer l'existence de ce peuple inconnu, et que c'est dans cette Île par conséquent qu'il faut placer le noyau principal et primitif de toute la civilisation indigène de l’Océanie ou du Monde-Maritime.

Les principaux peuples qui appartiennent au foyer javano-malaisien sont : les Javanais et les Malais proprement dits, dont nous avons indiqué la demeure aux pages1147 et 1148 ; les montagoards de Java qui habitent la partie de cetle Île nommée Sunda , les Battas, les Achinais, les insulaires de Bali, lcs Bima de Sumbava , les Bouguis et les Macassars de Celèbes, les Tagales, les Bissayos, les Soulous et les Mindanao de l’archipel des Philippines.

Un trait qui caractérise la civilisation de ce foyer et qui la distingue le plus de celle de tous les autres peuples policés du globe, c'est la mu/tiplicité des alphabets différens qu'on y trouve en usage parmi des peuples placés dans les circonstances lés moins favorables pour en rendre l'invention facile ou même nécessaire. Les Battas, les Redjangs et les Lampongs, nations qui parlent des langues moins différentes entre elles que ne le sont entre eux le français, l'espagnol et l'ilalien, et vivant toutes les trois dans la mème ile, emploient, pour exprimer leurs idées, des caractères aussi différens les uns des autres que leurs idiomes diffèrent de ceux des peuples les plus éloignés. Ce mème phénomène, unique dans l'histoire de l'homme, se répète encore dans d’autres parties de l'Océanie-Occidentale , lorsqu'on compare entre elles les langues des Sunda, des Tagales, des Bouguis et des Javanais, qui appartiennent à une même souche, celle dont dérivent les trois nations précédentes, et dont les alphabets respectifs diffèrent aussi entièrement

de ceux des Battas, des Redjangset des Lampongs. C’est peut-être ici le lieu de faire observer queles Redjangs, comme autrefois les Chinois et autres peuples, se servent encore de cordelettes auxquelles ils font des nœuds, lorsqu'ils ont besoin de se ressouvenir de quelque chose.

Les foyers australien, carolinien et polynésien offrent ; dans leur développement, une marche bien plus lente que le foyer javano-malaisien; on peut dire même que depuis long-temps elle est slationnaire. Mais, tout inférieure qu'est celle civilisation comparée à celle de la Malaisie À elle ne laisse pas de nous étonner, surtout lorsqu'on pense aux circonstances peu favorables où l'homme s'est trouvé dans cette partie du globe, pour sortir de l’état sauvage. Privé du secours des animaux domesliques, ignorant l'usage des métaux les plus uliles, disséminé sur une mer immense , On ne le voit pas moins exercer une sorte . d'agriculture ; se réunir sous un gouvernement régulier ; se diviser en castes, jouissant chacune de certains privilèges; avoir une religion avec des rits, des prètres et des sacrifices ; observer, à l'égard des chefs héréditaires, une étiquette qui, pour la rigueur et les détails, peut être comparée à celle en vogue dans le sud-est de l'Asie; se bâtir des cabanes commodes adaptées aux circonstances locales ; se couvrir de véritables étoffes ou bien de nattesartistement travaillées; élever quelques monumens grossiers ; construire enfin, avec une intelligence étonnante, des pirogues qui ont mérité les éloges des plus grands marins , et sur lesquelles, guidé par les étoiles ct la connaissance des vents, on le voit croiser dans toutes les directions le plus vaste des océans.

Si lon voulait mettre ensemble les traits principaux qui nous ont servi à tracer la ligne de démarcation entre ces trois foyers de civilisation indigène , et assigner à chacun les peuples qui lui appartiennent, on pourait les résumer de la sorte : €

Le foyer australien embi::.:vait les peuples nègres ies moins abrutis. On ne connait jusqu’à présent qu’un petit nombre de peuplades qui puissent lui être assignées. À la tète de toutes, il semble qu'on doit placer ici les insulaires de la Nouvelle-Irlande, de la Nouvelle-Bretagne, de Santa-Cruz, de quelques-unes des iles de l’archipel de Salomon, et quelques-unes des peuplades du groupe de la Papouasie (Nouvelle-Guinée) ct des iles qui en dépendent. Ces peuplesconnaissent l'usage de l'arc et des flèches, ignoré des peuples des branches carolinienne et polynésienne ; quelques-uns savent même fabriquer de la poterie, et tous ont un goût prononcé et une grande adresse pour les sculptures, dont ils ornent leurs pirogues et les portes de leurs maisons. Maisici, nous devons signaler deux particularités remarquables propres à ces peuples , et dont la connaissance est due à M Lesson. À Waïgiou, à Dory, ce naturaliste trouva chez les naturels l'usage d’oreillers en bois travaillés et représentant le plus constamment et avec plus ou moins de perfection deux têtes de sphinx, attribut égyptien; plusieurs de ces objets, comparés en France avec ceux qu’on a trouvés sous la tête tes momies d’E-

1102 OCEANIE,

gynte découvertes dans les tombeaux ; n’ont offert aucune différence sensible, Au port Praslin ce mème savant trouva, chez les naturels, l’usage de l'épinelte divisée eu trois lamelles eftilées, qui se placent dans la bouche comme la nôtre, et, ce qui est encore plus singulier, là flüte à Pan ou lé syrinx, composé de huit notes dontcinq appartiennent à la gamme ettrois sont répétées à l'octave en dessous; ce qui porta un musicien distingué à faire remonter aux temps les plus reculés l'invention de cet instrument.

Le foyer carolinien embrasserait non-seulement tous les peuples de race malaisienne de l’archipel des Carolines, mais aussi les anciens habitans de celui des Marisanes , les insuiaires de l'archipel de Palaos et ceux qui forment le groupe que uous avons nommé Archipel:Central. Tous cvs peuples forment la.branche que M. Lesson a nommée rameau Mongol-Pélagien. Plusieurs traits particuliers à ces peuples les isolent des autres Océaniens. D'abord le manque de toute sorte de culte ; quoiqu'ils possèdent le dogme consolant d’une autre vie, ils n’ont aucune cabane servant de temple , ni aucune idole. Ces peuples, à quelques exceptions près, ne suivent pas l'usage infàme des Polynésiens , de prostituer leurs filles ou les esclaves enlevées à leurs familles. Jaloux au contraire de leurs épouses, ils paraissent scrupuleux de conserver intacte la fidélité conjugale, ct redoutent le commerce de leurs femmes avec les étrangers, « La construction de leurs pirogues, dit M. Lesson , est depuis longtemps célèbre; elle ne ressemble en rien à celle des Polynésiens. Ici, on ne peulse dispenser de reconnaître des insulaires essentiellement navigateurs, observateurs exacts du cours des as-

tres, possédant une sorte de boussole, instru-

ment que l’on sait exister depuis long-temps en Chine ct au Japon, quoique les habitans de ces pays soient loin d’être aujourd’hui d'habiles marins. La marche de leurs pros peints en rouge et frottés avec quelques substances qui leur donnent l'aspect d'un ouvrage vernissé , est vraiment

ples, c'est ta confection des ctoffés. Les Austra: liens et les Polÿnésiens les plus civilisés emploient, pour leur fabrication, des écorces batlues et amincies sous forme de papier ; les Carulins au contraire se servent d'un petit mélier, seul débris, dit M. Lesson, des arts de leurs pères , pour assembler 1es fils el compoter une toile par un procédé et par des instrumens parfaitement analogues à ceux dont se servent les Européens.

« On ne peut, dit ce naturaliste, en voyant ces tissus formés de Als soyeux de bananier teints en jaune, en noir , ou en rouge, entrelacés sur un métier élégant, ornés dé dessins qui annoncent du goût, que faire remonter la source d’un art ainsi pérfectionné à une race plus anciennement civiisée ét depuis long-temps établie en corps de nation. Pourquoi, d'ailleurs , les Carolins n'ont-ils jamais eu recours à l'écorce de l'arbre à pain si commun sur la plupart de leurs Îles, et qu'ils n'avaient qu'à batire avec un maillet pour la convertir en étoffe ? Cela tient à ce qu'ils ont retenu par la tradition les principes d'un art très perfectionné dans leur patrie primitive, et que leur industrie a su en conserver l’usage pour confectionner les seuls ajustemens réclämés par le climat qu'ils habitent. » Ce véritable phénomène dans la civilisation, encore si arriérée de ces peuplades de l'Océanie , est trop important pour que nous ne nous arrétions pas encore uninstant. Voici de quelle manière s'exprime sur ce sujet un observateur habile, qui le premier établit des relations amicales entre l'équipage dé /a Coquille et les insulaires d'Oualan. « Un certain intérêt, dit M. Jules de Blosseville, s’attachera peut-être à la description minutieuse et imème technique de l'art du tisserand, chez unñ peuple de l'Océanie qui, abandonné à ses seuls moyens, uous a presque fait oublier les belles dräperiés d'écorce des Hawaïens et des Tahitiens, les natles fines et jolies de Rotouma, les manteaux soyeux de la Nouvelle-Zélande et les pagnes renommées de Madagascar, Cet intérêt s’äccroit si l'on réfléchit que dans l’Ancien-Monde là fabri-

daus péens cette l'écor des à pai quad les fa etinvis trouve que l'a cliouc Certes sullat tiquésj Poiyné dans d chaud pour lé fruit à £ tous Lo qui les Europé claves leur i coûté le loi barb, vie, den cos, de mes, et Le préde telleme pendant ment à ne lüt-ce estun d lynésien:

quelques article p tabou en ne diffèr de celui ( de cette} Sans a

remarquable, quoiqu'elle soit loin de légitimer cation des tissus remonte à la plus haute anti- primitif ce qu’en ont dit quelques navigateurs, et surtout quité, mais que dans l'Amérique entière et dans nité et de Anson ; esle est de cinq à six milles par heure au toutes les iles de la Polynésie, l'invention d’un privation plus, Mais avec quelle adresse on fait changer métier était au-dessus de la portée des esprits. de l’offen indistinctement à ces pirogues l'avant en arrière, Certes, il y a loin du caribari ou navette vo- conque par un simple renversement de voile! et cesfra- lante et des méliers à tisser mécaniques au Aa{ap po à &iles embarcations conservent toutes un gente de ou navette simple, et au paoust des Catolins; roux del construction qui ne varie daris aucune Île, etque mais les merveilles de notre industrie paraissent l'en puni nous eùmes occasion de voir sur la plupart de moins surprenantes pour celui qui voit à quel même: ces longues chaînes d’archipels. Adonnés à la degré de perfection, à quelle élégance de travail établi le t guerre, poursuit ce savant, parce que l'homme étaient parvenus, sans modèle et avec une grande institué ÿ est naturellement porté, les Carolins ont aussi simplicité de moyens, des insulaires industrieux pressent conservé ou su faire un grand nombre d'instru- ‘ ignorés du reste du globe. » en puniss mens de destruction. Cependant nousnclestrou- Le foyer polynésien embrasserait non-seule- tient à ur vons pas en possession de l'arc et des flèches, ment les habilans des archipels de Tonga (des pouillé de réservés à la race nègre, ni du casse-tête , ni des Amis), de Hamoa (des Navigateurs), de Couk , de rang , pol longues javelines, plus particulièrement usitées Tahiii (de la Société), de Mendana (Marquises), de de la soci chez les Océaniens (Polynésiens). Des Yrondes, Hawaïi (Sandwich) et ceux des Sporades qui ap- esclave, il des pierres, des bâtons pointus et garnis d'os et partiennent à la race malaisienne, mais aussi les expier s0 d'épines de poissons, des hackes de coquillés, insulaires de la Tasmanie (Nouv.-Zélande), et où quelqu voilà les armes les plus habituelles et celles dont 1°s peuplades nègres qui habitent l'archipel de Vih , à penser ils se servent plus généralement. » Mais uue in< (Fidji). Parmi ces peuples, ceux de Tahiti, de soudain i dustrie qui est essentiellement propre à ces peu- Tonga et de Hawaii avaient fait le plus de progrès

Austra:

iploient, tues et olins au seul dées, pour par un ent anaropéens.

)yant ces eints en és sur un nnoncent d'un art snnement en corps Carolins de l'arbre eurs Îles, n maillet nce qu'ils s d'un art mitive, et sâge pour lamés par le phénoirriérée de important coreuninsme sur ce nier établit e de {ad Co- Un certain s'attachera et même uñ peuple ls moyens, s draperiés bitiens, les manteaux pôgnes res'äccroit si e là fabriaute antibre et dans tion d'un les esprits.

avette vosau kalap s Carolins; paraissent oit à quel e de travail ne grande ndustrieux

non-seuleonga (des e Couk , de quises), de des qui apis aussi les lande), et ipel de Vit Tahiti, de de progrès

daus la civilisalion avant l'arrivée. des Européens. Toutes lestribus policées comprises dans cette division fabriquent des étoffes fines avec l'écorce de l'aoûté (br'oussonetia paprrifera)et des toiles plus grossières avec le liber de l'arbre à pain (artocær'pus incisa); C'est avec un maillet quadrilatère et strié sur ses quatre faces, qu'elles les façonnent en.frappant sur les écorcesramollirs etinvisquées avec un gluten. Chez toutes on retrouve les memes procédés de fabrication, aiusi que l'ait de les enduire d'une ;surte, de caoutcliouc pour les rendre imperméables à la pluie. Certes de tels rapprochiemens ne sont point le résultat du hasard ;'ils doivent dériver des arts pratiqués jadis par la souche de ces peuples. Tousles Poiynésiens préparent etfont cuire Icurs alimens dans des fours soulerrains, à l’aide de pierres chaudes; ils se servent de feuilles de végétaux pour leurs besoins divers; ils converlissent. le fruit à pain, la chair du coco, le taro, en bouillies; tous boiveut le kava ou l'ava, suc d’un poivrier qui les enivre et les délecte. Avant l'arrivée des Européens dans leurs Îles, ces peuples étaient esclaves de la terrible superstition du {abou, qui leur imposait une foule de privations et qui a coûté la vie à tant de malheureux innocens. Cette loi barbare défendait aux femmes, sous peine de la vie, de manger du cochon , dés bananes et des cocos, de faire usage du feu allumé par des hommes, et d'entrer dans l'endroit où ils mangent. Le prédécesseur du fameux Tamehameha L était tellement tabou, qu'on ne devait jamais le voir pendant le jour, et que l’on mettait impitoyablement à mort quiconque l'aurait vu un instant, ne fût-ce que par hasard. Cette institution, qui estun des traits principaux qui distingue les Polynésiens des autres nations de l'Océanie, mérite quelques détails que nous emprunterons à un article publié par M. le capitaine d'Urville, sur le tabou en usage chez les Nouveaux-Zélandais; il ne diffère que par quelques petites modifications de celui qui est pratiqué chez les autres peuplades de cette partie du monde.

Sans aul doute, dit ce savant marin, le but primitif du tabou fut d’apaiser la colère de la divinité et de se la rendre favorable, en s'imposantune privation volontaire proportionnée à la grandeur de l’offense ou à la colère présumée du dieu. Quiconque porlerait une main sacrilège sur un objet soumis à un pareil interdit, provoquerait le courroux de l’#{oua (Dieu) , qui ne manquerait pas de l'en punir en le faisant périr, non-seulement luimème, mais encore celui ou ceux qui auraient établi letabou, ou en faveur desquels il aurait été institué, Mais le plus soùüvent les naturels s'empressent de prévenir les effets du courroux céleste en punissant sévèrement le coupable. S'il apparticnt à une classe élevée, il est exposé à être dépouillé de toutes ses propriétés et même de son rang, pour être rélégué dans les dernières classes de la société. Si c’est un homme du peuple ou un esclave, il peut arriver que la mort seule puisse expier son offense. Un mot du prètre, un songe ou quelque pressentiment involontaire donne-t-il à penser à un naturel que son dieu est irrité, soudain il impose le tabou sur sa maison, sur ses

champs, sur sa pirogue , etc. ; etc., c'est-à-dire qu'il se prive de l'usage de tous ces objets, malgré la gène et la détresse auxquelles cette privation le réduit. Tantôt le tabou est absolu et s'applique à tout le monde; alors personne ne peut approcher de l'objet taboué sans encourir les peines les plus sévères. Tantôt le tabou n'est que relatif et

.N'affecte qu'une ou plusieurs personnes détermi-

nées. L'individu soumis personnellement à l’action du tabouest exclu-de toute communication avec ses compatriotes; il ne peut se servir de ses mains pour prendre:ses alimens, Apparlient-il à la classe noble, un ou plusieurs serviteurs sont assignés à-son service ct participent à son état d'interdiction ; n'est-il qu'un homme du peuple, il cstobligé de rainasser ses alimens avec la bouche, à la manière des animaux.

u On ‘sent bien, dit M; d'Urville, que le tabou sera d'autant plus solennel: et plus respectable, qu'il émanera d'un personnage plus important. L'homme du peuple, sujet à tous les tabous des divers chefs de la tribu, n’a guère d'autre pouvoir que de se l'imposer à lui-mème. Le rangolira (chef), selon son rang, peut assujétir à son labou ceux qui dépendent de son autorité directe, Enfin la tribu tout entière respecte aveu- &lément les tabous imposés par le chef principal. D’après cela, il est facile de prévoir quelle ressource les chefs peuvent tirer de cette instilution pour assurer leurs droits et faire respecter leurs volontés. C'est une sorte de veto d'une extension indéfinie, dont le pouvoir est consacré par un préjugé religieux de la nature la plus intime. Aux siècles d’ignorance , les foudres spirituelles du Vatican n’eurent pas des effets plus rapides, plus absolus sur les consciences des chrétiens timorés, et leurs décrets n'abtenaient pas une obéissance plus explicite que ceux du labou à la Nouvelle-Zélande. A défaut de lois positives pour sceller leur puissance et de moyens directs ponr appuyer leurs ordres, les chefs n’ont d’autres garanties que le tabou, Ainsi qu'un chef craigne de voir les cochons, le poisson, les coquillages, ctc., manquer à sa tribu par une consommation imprévoyante et prématurée de la part de ses sujets, il imposcra le tabou sur ces divers objèts, et cela pour tel espace de temps qu'il jugera convenable. Veut-il écarter de sa maison, de ses champs, des voisins importuns, il taboue sa maison, ses champs. Desire-t-il s’assurer le monopole d’un navire européen mouillé sur son territoire, un tabou particl écârtera tous ceux avec qui il ne veut point partager un commerce aussi lucratif, Est-il mécontent du capitaine , et a-til résolu de le priver de toute espèce de rafralchissemens, un tabou absolu interdira l'accès du navire à tous les hommes de sa tribu. Au moyen de cette arme mystique et redoutable, et en ménageant adroitement son emploi, un chef peut amener ses sujets à une obéissance passive. l'est bien entendu que les chefs etles arikis ou prètres savent toujours se concerter ensemble pour assurer anx tabor:s Loute leur inviolabilité. D'ailleurs les chefs sont le plus souvent arikis eux-mêmes, ou du moins les arikis tiennent de très près aux chefs par les liens du sang où des

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alliances. Ils ont donc un intérêt tout naturel à se soutenir réciproquement, »

Rien ou presque rien. dans l'Océanie ne nous rappelle l'Amérique, tandis que. quelques auimaux et quelques plantes utiles à l'homme, des idées religieuses et des traditions, des jeux et des

“amusemenus, plusieurs usages et quelques arts, et jusqu'à une certaine analogie dans les formes grammaticales des langues que parlent ses nalions les plus policées, décèlent de loin en loin une origine asiatique et les communications qu’à des époques différentes les peuples océaniens durent avoir eues avec ceux de l’Asie.

Les Hindous, et particulièrement les Telinga, les Arabes et les Chinois sont les trois nations asiatiques qui contribuërent à la civilisation de la Malaisie où de l’Océanie-Occidentale (Archipel ludien); les deux premiers guidés par le fanatisme religieux; les Chinois, poussés par leur infatigable industrie. Les ruines imposantes dont la partie orientale de Java est pour ainsi dire parsemée ; le kawi, ou l’ancienne langue littéraire des Javanais, encore en usage dans l’He de Bali; les religions de Brahina et de Bouddah encore dominantes daus cette dernière île et dans quelques cantons montueux de celles de Java et de Madura; les noms que portent le cuivre, l'argent et autres objets utiles et ceux de tous les nombres supérieurs, sont des traces évidentes des relations qui existèrent de bonne heure entre les nations malaisiennes et celles de l’inde, Le mahométisme professé par presque tous les peuples policés de la Malaisie, plusieurs lois civiles et criminelles, l'alphabet en usage parmi les Malais proprement dits, une grande partie de la littéralure nationale et un grand nombre de termes abstraits répandus dans leurs idiomes, aîtestent visiblement l'influence qu'exercèrent les Arabes sur la civilisation de ceite partie de l'Océanie, Quelques usages et le grand nombre de Chinois répandus et établis dans presque toutes les des principales de ce grand archipel, sont une preuve incontestable des antiques relations commerciales qui eurent lieu de bonne heure et continuent encore entre ses habitans et ceux de la Chine.

Si l’on considère l'influence qu'ont eue les Européens sur la civilisation des Océaniens, on est furcé de convenir que ces étrangers, au lieu d’améliorer le sort de ces peuples par l'introduction de nouveaux arts ou par le perfectionnement de ceux qui étaient déjà connus, n’ont contribué au contraire, du moins jusqu’au commeuceinent du

xix siècle, qu'à les faire reculer sous le triple :

rapport de la richesse, du pouvoir et de la civilisation. Les Anglais, dit M. Crawfurd, semblent avoir exercé moins d'influence que les autres Européens sur les mœurs des peuples malaisiens au milieu desquels ils se sont établis; car dans toutes les contrées de cette parlie du globe où les Portugais, les Espagnols et les Hollandais vnt fondé des établissemens, on remarque plusieurs coutumes et usages que les indigènes leur ont empruntés. Ici nous devons mème remarquer que ces modifications n’ont été nulle part plus grandes que dans l'archipel des Philippines. Ce groupe d'îles est même la seule exception favo-

rable qu'on puisse citer de l'influence de la civilisatiou européenne sur l'état social des indigènes. En effet, uné grande partie de ses nombreux habitans, presque tous sauvages lors du premier établissement des Espagnols parmi eux, nonseulement sont deveaus par la suite policés et assez industrieux sous leur domination, mais de l'aveu mème de M. Crawfurd, la civilisatron à laquelle ils se sont élevés est supérieure à celle de tous les autres Octaniens. Ce phénomène est dû en grande parlie aux soins paternels et à la pieuse industrie des missionnaires catholiques, qui ont apporté à ces peuplesles vérités du christianisme avec les-arts qui suivent partout ceux qui le professent. D’autres missionnaires, depuis quelques années, travailtent avec le plus grand succès dans la Polynésie, et déjà les archipels de Hawaii, de Tahiti et de Cook offrent dans plusieurs de leurs. iles une partie des mœurs et de la civilisation de l’Europe, tandis que les colonies pénales fondées par les Anglais dans le Continent-Austral et dans la Diemenie présentent, au milieu des peuplades abrulies de l'Australie, tous les prodiges de la civilisation européenne et la propagent dans le reste de l'Océanie.

« L'établissement des Anglaisaux Terres-Australes, dit l’éloquent auteur de l'histoire de ces colonies, M. Ernest de Blosseville, a entrainé pour la cinquième partie du monde des résultats bien imprévus. Aucune terre aujourd'hui ne peut rester étrangère à la grande famille européenne. Des. brigs, Anglo-ainéricains pour la plupart, montés par des équipages de toutes les nations, sillonnent dans tous les sens les mers de l'Océanie. Les

oints les plus ignorés de la Malaisie, lesiles de a Polynésie les plus éloignées de la route des vaisseaux ont reçu de bizarres missionnaires de

la civilisation : ici un déserteur prussien ou sué--

dois, là un malheureux Lascar, plus loin ur Américain de demi-sang abandonné par ses compagnons de pèche, ou un convict échappé du port Jackson dans une fragile nacelle, tour-àtour recueillis et abandonnés par les navires qui traversent ces rians. archipels, tantôt inteprètes utiles, tantôt matelots turbulens, pr'omènent d'He en ile leur vagabonde insouciance. Souvent le mème équipage, recrulé par le hasard le plus capricieux, réunit le catholique et le presbytérien, le mahométan et l'idolàtre ; les peuples même de l’Océanie concourent à ce mélange de nations, et l’on voit des Tahiliens et des Nouveaux-Zélandais , des naturels des îles Sandwich et des Marquises, chercher des rivages nouveaux. La plupart de ces fugitifs ou de ces marins oubliés périsseut dans leurs tentatives; mais quelquesuns , guidés peut-être par la Providence , échappent à tous les dangers, et s'arrêtent dans desiles charmantes. Du dernier rang du monde civilisé, ces hommes illettrés , ces ennemis du travail, montent, par le seül ascendant de Pintelligence et de l'industrie, ou plus souvent par la supériorité de nos arts destructeurs, au premier rang dans le monde de la nature. De uaïfs insulares admnirent en eux des puissances surnaturelles; et des coupables , bannis de leur foyer natal, sont accucillis comme des divinités bienfaisantes : les

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filles des rois et des chefs briguent leur alliance; des sérails sont formés pour eux ; des nations se font la guerre pour se les enlever, et leur prééminence réelle est encore accrue dans l'opinion des peuples par les récits merveilleux d'ignorans admirateurs. Si l'activité européenne pouvait suspendre pendant un siècle son mouvement progressif; si nos navires cessaient de sil. lonner les mers de l'Océanie, bientôt la riante mythologie de ses peuples aurait créé des êtres fantastiques dans le rebut de notre monde ; des fables ingénieuses feraient descendre du ciel des bannis de l'Angleterre, et les enfans d’une race mélangée ::viendraient le pur sang des dieux. »

En faisant ‘ s rapprochemens sur l'état social dons lequel on a trouvé les nations policées des différentes parties du Monde-Maritime, on ne peut s'empècher d’éprouver un sentiment de surprise en voyant les peuples de la Malaisie, qui avaient fait d'aussi grands progrès en civilisation, et qui s'étaient mème élevés jusqu'à l'invention de plusieurs alphabets, manquer presque entièrement de goût pour l'architecture. D'un bout à l'autre de la vaste Océanie rien ne décèle le goût pour les monumens, dont toute l’Asie-Méridionale et la longue vallée du Nil en Afrique sont parsemées, goût qui parait avoir été dominant chez les nations du Mexique, du Guatemala et du Pérou, inférieures sous certains rapports à celles de l'Océanie-Occidentale, car aucune ne possédait un véritable alphabet. Quel espace immense n’y a-t-il pas entre les grossiers monumens de Tinian et de Saypan, les statues colossales et informes de l'ile de Pâques, les hideuses idoles qu'on trouve dans les moraïs de la Polynésie et les sculptures tinies de Prudung, de Kali-Bening, de Brambanan, les belles statues colossales de Singhasari, de Kobudalam, de Chand-Sewu, de Panatava, et les temples magnifiques de Brambanan , de Boro-Bodo, de Singhasari, de Prudung et autres 1 Cependant on ne peut raisonnablement attribuer aux Océaniens que les premicrs monumens , puisque les costumes, les physionomies, les emblèmes, les végétaux et les animaux représentés dans les seconds, si supérieurs aux autres pour l'exécution du travail, par leur nombre et par leurs dimensions, démontrent une origine évidemment étrangère. Sous ce point de vue , l'ile de Java, et particulièrement sa partie orientale , est pour l'Océanie ce que les régions du Nil et de l'Atlas sont pour l'Afrique; mais avec la différence, qu’une grande partie des superbes monumens de la région du Nil sont incontestablement dus à des nations indigènes, tandis que ceux de Java portent les traces évidentes d’une origine asiati-

ue.

‘Un genre d'ornement généralement pratiqué par tous les Polynésiens et par les Nouveaux-Zélandais , le falouage, mérile de nous arrêter quelques instans. Ces dessins, dit M. Lesson, que l'art grave sur la peau d’une manière indélébile, LL la revêtent, et voilent en quelque sorte sa nu-

ité, paraissent étrangers à la race nègre, qui ne les pratique que rarement, toujours d'une manière imparfaite et grossière, et qui les remplace

os

par les tubercules douloureux et de forme conique que des incisions y font élever. Cette opération, dont le nom varie chez les divers peuples , est employée non-seulement comme un ornement de fantaisie ou hiéroglyphique , mais parait avoir pour objet la désignation des classes ou des rangs. Le soin et la fidélité que ces insulaires apportent à reproduire ces dessins, sont une forte présomption pour croire que des motifs qui nous sont inconnus, ou des idées dont la tradition s'est effacée, y attachaient un sens. Les insulaires des Paumotous (Iles Basses) se couvrent le corps de figures tatouées ; leurs voisins ; les'l'ahitiens, en ont beaucoup moins, et surtout n’en placent jamais sur le visage, et se bornent avec ceux de Tonga à y dessiner quelques traits légers, tels que des ‘cercles ou des étoiles ; tandis que plusicurs des naturels de l'archipel de Sandwich , et la masse des peuplades de celui de Mendana et du groupe de la Nouvelle-Zélande ont le visage entièrement recouvert de traits toujours disposés d’après des principes reçus et significatifs. Les mères, dans l'archipel de Sandwich, dit M. Morineau, se chargent de tatouer leurs enfans. Le tatouage du bas âge a pour but d'indiquer l'extraction de l'individu. Ces marques, qui nous semblent si bizarres, font d'abord connaitre à quelle tribu , à quelle famille il appartient; plus tard d’autres dessins servent à perpétuer un fait glorieux ou tout autre évènement. Les marques les plus ordinaires sont des raies en zigzag sur les bras et les jambes. Beaucoup d'hommes de moyen âge portent à la poitrine ou sur un bras le nom de Tamehameha. Les femmes ont toutes un damier autour de la jambe droite, et très souvent l'intérieur d'une main garni d'étoiles, d'anneaux, de croissans et d'autres figures; plusieurs mème ont la langue tatouée. Les chèvres jouent un grand rôle dans le tatouage moderne; beaucoup d'indiens en ont de dessinées sur toutes les parties du corps et inème sur le front, les joues el le nez. Du reste, continue ce marin, cet usage commence à s’affaiblir dans cet archipel; le roi n’est point taloué, et les jeunes gens de sa suite ne le sont que fort légèrement. On conçoit, dit M. Lesson, que leur aspect doit acquérir un caractère de férocité remarquable , et que cet usage, né du desir d’inspirer une grande terreur à l’ennemi ou de blasonner des titres de gloire, s'est conservé par la suite comme le témoignage de la patience du guerrier à endurer la douleur qui accompagne toujours une pratique qui blesse les organes les plus sensibles de la périphérie du corps. Les femmes de la Nouvelle-Zélande,comme dans l'archipel de Mendana, se font piquer des dessins à l’angle interne des sourcils et aux commissures des lèvres et souvent sur le menton. À Tahiti, dit M. Jules de Blosseville, le tatouage (tatau) offrait des dessins particulicrs pour les sept classes d’Arreoys. 11 rappelait quelquefois le deuil ou des souvenirs historiques, lorsqu'il n’était pas un simple ornement. Souvent un corolier était représenté sur les jambes, tandis qu'on voyait sur la poitrine des combats, des exercices, des récoltes de fruits, des armes, des animaux, un sacrifice humain porté au moraï. En général,

ir& ee — ré A D nr SR Ra

dit M. Lesson , le tatouage des peuples appartenant au foyer de civilisation polynésienne se compose de cercles ou demi-cercles, opposés ou bordés de dentelures, qui se rapportent au cercle sans fin du monde de la mythologie indienne. Cependant celui des naturels de Rotouma diffère assez essenticilement, puisque le haut du corps est recouvert de dessins délicats, de traits légers de poissons ou autres objels, tandis que celui qui revêt l'abdomen, le dos et les cuisses, est disposé par masses confuses et éparses. Le tatouage des peuplades comprises dans le foyer de civilisation carolinienne diffère de celui en usage chez les autres Polynésiens , en ce qu'il est placé généralement par larges masses sur le corps, et que chez divers de ces insulaires il

couvre le tronc en entier en formant ainsi une

sorte de vêtement indélébile, mais arbitraire par les détails.

L'absence des grandes plaines couvertes de végétaux exclut, dans l'Océanie, l'existence de la vie pastorale, qui forme un trait caractéristique d’une grande partie de l'Ancien Continent. Les tribus les moins policées du Monde-Maritime sont toutes de chasseurs ou de pécheurs. Leur position insulaire en fait nécessairement des navigateurs intrépides et les nageurs les plus adroits du monde, Le manque de contiguité et les vastes intervalles de mer qui séparent un peuple de l’autre rendent très difficiles ces grandes révolutions qui ont changé tant de fois la face de l'Asie. Comparés aux colossales monarchies del’Ancien-Continent, les plus grands empires du Monde-Maritime , ses états les plus considérables, ue sont que de pedits royaumes ou des provinces d'une médiocre étendue. Les prohas et les pirogues sont ici ce que le cheval et le chameau sont pour les nomades de l'Ancien-Monde ; et les féroces pirates de Sumatra, de Celèbes, de Bornéo, de Soulou et de Mindanao jouent, dans la Malaisie (Archipel-Indien), le rôle que les Arabes Rédouins, les Maures, les Kalmoucks, les Mongols et les Kurdes jouent dans les déserts et les vastes solitudes de l'Asie et de l'Afrique.

Les nations de la variété Malaisienne offrent, dans le Monde-Maritime, à l'égard de la variété Noire-Océanienne , le mème phénomène que les nations de la’ variété Blanche présentent dans l'Ancien et le Nouveau-Monde à l'égard des peuples des variétés Noire-Africaine et Cuivrée. Partout la civilisation accompagne les Blancs. Partout ils ont gagné un ascendant extraordinaire sur les races Noire et Cuivrée, de tous côtés subjuguées ou refoulées par eux dansles forèts ctles montagnes. De même partout où ils se sont établis, les peuples Malais, qui sontles Blancs du Monde-Maritime, ont fini par détruire ou soumettre les peuplades nègres, ou les chasser dans les bois et les positions les plus inaccessibles. Ces peuples noirs ont déjà disparu entièrement de Java, et sont réduits à un très petit nombre à Sumatra et à Celèbes. À Bornéo, à Mindanao, à Luçonetautres Îles, ils se sont retirés dans l'intérieur cédant les côtes à ces nouveau-venus. L'Océanie- Centrale est encore la seule partie qu'on puisse regarder comme possédée par cstte race, que

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nous avons vuo avoir été retrouvée presque partout dans le dernier état de dégradation morale et d'affaiblissement physique, et dont l'état s0cial contraste singulièrement, à quelques exceptions près, avec celui de toutes les nations malaisiennes.

L'usage affreux de manger la chair humaine ne se trouve nulle part plus répandu que dans le Monde-Marilime; Non-seulement on peut dire que presque tous les peuples de la Polynésie sont canhibales, ainsi que plusieurs tribus malaisiennes et nègres.de l'Océanie-Occidentale (Archipel-Indien), et de l'Océanie-Centrale (Nouvelle-Hollande , Nouvelle-Zélande, etc.), mais on doil mème faire observer que l'anthropophagie y est établie chez des peuples qui sont déjà assez avancés dans la civilisation, et qu'elle y est exercée par d’autres avec des circonstances qui la rendent encore plus horrible, Parmi les nations qu'on peut regarder comme an{hropophages,nousnommerons, dans la Malaisie : les naturels de l'ile d'Ombay, les tribus nègres de Timor , les Dayaks de Bornéo, les Haraforas de Mindanao et les Battas de Sumatra. Aux pages 1148 el 1149, nous. avons donné les détails de cette horrible pratique chez ces derniers. Les habitans de Noussa-Laut, dans le groupe d’Amboine, étaient encore anthropophages au commencement du siècle dernier. Selon M. Crawfurd, il n'est pas rare de voir les Celébiens et mème les Javanais manger le cœur de leurs ennemis ; il ajoute même qu'on trouve à peine, parmi les premiers , un guerrier fameux qui n'ait goûté de cet horrible mets dans quelque circonstance de sa vie. Dans l'Océanie-Centrale , on retrouve l'anthropophagie parmi les naturels les plus abrutis des euvirons du Port-Western, parmi ceux qui vivent dans le voisinage des montagnes Bleues et autres lieux du Continent-Austral, ensuite parmi les nombreuses peuplades de la Tasmanie (Nouv.-Zélande) et parmi les tribus noires de la Nouvelle-Calédonie et des archipels de Salomon et de Quiros (Nvuvelles-Hébrides) et à la Louisiade. Dans la Polynésie, ies cannibales les plus féroces sont les naîurels de l'archipel de Viti tFidji), surtout ceux de l'ile Navihi-Levou, et les naturels des archipels de Hamoa (Navigateurs), et de Mendana (Marquesas). Dans ce dernier, none seulement les habitans de Noukahiwa dévorent leurs prisonniers, mais, ce qui les distingue de presque tous les anthropophages connus, c'est qu'en temps de disette, ils dévorent leurs parens âgés, leurs enfans et jusquà leurs propres femmes! Les naturels de Malilegotot, dans le groupe oriental de l'archipel des Carolines, et ceux des groupes de Repith-Urur et de Palliser, compris dans les archipels Central et de Pauinotou, sont ânthropophages, ainsi que paraissent l'être les habilans des archipels de Tonga (des Amis) et de Pelew (Palaos), malgré les beaux tableaux que les capitaines Cook et Wilson ont tracés de leur caractère. M. Jules de Blosseville nous fait observer que les Îles mêmes de la Société ont offert il y a de longues années des exemples bien constatés d’anthropophagie.

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Nulle part peut-être les hommes n'offrent un mélange si extraordinaire de civilisalion et d'usages bizarres, de mœurs douces et d’atrocité. À la page 1163, nous avons déjà fait connaître les lois barbares du {abou, qui règnent encore chez un si grand nombre de peuples de l'Océanie. D'après un autre usage, non moins barbare, qui, par bonheur, a cessé dans l’archipel de Hawaii, et qui malheureusement subsiste encore dans d'autres parties du Monde-Maritime, il y a des familles du peuple, dont quelques individus ont l'obligation singulière de se tuer lorsque tel ou tel individu de la famille royale et quelquefois mème dgcelles des principaux nobles vient à mourir. Un des chefs des iles Salomou punit inexorablement de mort le sujet qui marche sur son ombre. Dans l'infâme société des arreoys de l'archipel de la Société, lorsque les femmes devenaient enceintes, elles étouffaient l'enfant au moment de sa naissance, pour ne pas être interrompues dans leurs débauches.

Cette société abominahle , et les sacrifices hu= mains , ont été abolis par l'introduction du christianisme. L’infanticide se trouve établi chez un grand nombre de tribus. La mère , chez les doux habitans de la chaîne de Radack , tuc sans

pitié tous les enfans qu'e'te met au miunde quand elle en à déjà trois; elle se défait ge Log lous ceux qui naissent faibles ou mal conformés, oui usage cruel, dû à la disetle qu'éprouvent ces

es, est inconnu dans la chaine de Ralick , Où la fertilité du sol le rend inutile, Les habitans de

licopia qui, selon le capitaine Dillon, se dislinguent par la douceur de leurs mœurs et par leur sociabilité, étranglent dès leur naissance tous les enfans mâles , à l'exception des deux ainés, Ils donnent pour raison de cette atrocité que la population de leur petite Île est si grande que sans celte mesure ses produits seraient in suffisans pour nourrir ses habitans. Les tribus abruties des environs de Bolany-Bay enterrent Vivant, dans la tombe de la mère, l'enfant qu'elle allaitait encore. Le sage Tamehameha 1* étran- 8la de ses propres mains deux de ses fils devenus amoureux de Kalomanou sa favorite, Plusieurs tribus de la Malaisie, et entre autres les Bissayos des Philippines et les Papouas ou Igolotes de la Province de Pangasinan dans l'ile Luçon, vendent assez souvent leurs fils. Les Timoriens les vendent même quelquefois pour se mettre en état d'augmenter le nombre de leurs femmes.

Les jeunes gens, parmi les Biadjous ou Dayaks, les Haraforas et les Idaans de Bornéo. ne peuvent se marier avant d'avoir coupé soit une tète, soit les parties viriles d’un ennemi. La faveur des jeunes tilles coùle, parmi les Alforèses de Ceram, cinq ou six têtes d'ennemis, que l'amant doit apporter aux pieds de sa belle; cette horrible coutume règne aussi parmi les Haraforas ou Alforèses d'autres iles des Moluques, et les Haraforas de Mindanao, qui sont cependant les moins abrulis de toute cette race.

On peut dire que la polygamie règne ou est tolérée dans toute l'Océanie, quoiqu'il n'y ait réellement que les gens riches et les nobles qui la pratiquent, Le peuple, à Java, à Sumatra, à Celèbes et autres iles, ainsi que dans toute la Polynésie, est monogame. Il y a même des nations entières qui n'admeltent pas du tout la polygamie, comme les naturels des Îles Nassau ou Poggy et de Sawou, les Harafdras de l’intérieur de Mindanao, les cruels Alforèses de Ceram, etplusieurs peuples de la partie des Philippines indépendante du joug espagnol. Dans l'archipel de Mendana (Îles Marquesas), une sorte de polyandrie se trouve eu usage dans toutes les familles riches, puisque dans ces familles chaque femme a deux maris, dont l’un remplace l’autre en cas «’2osence; mais ce substitut n’est en réalité qu’un premier serviteur. Selon d'anciennes relations, dans la société des Arreoys dans l'archipel de Tahiti (de la Société), et dans celle des Uriloys dans celui des Carolines, sociétés composées toutes les deux d’un grand nombre de nobles des deux sexes, les femmes étaient communes à tous les hommes et étaient forcées de tuer tous leurs enfans dès leur naissance.

L'Océanie, plus que toute autre partie du monde, présente une grande variété d’usages bizarres relativement au mariage et au traitement des femmes. les Sumatriens et surtout les Redjangs, paraissent avoir épuisé toutes les manières dont

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ce lien peut être contracté, Ce dernier peuple a trois modes différens de mariage, Par le premier , nommé jourjour, le mari achète sa femme en donnant une somme convenable ; alors elle devient sa propriété ou son esclave; il peut la vendre et en disposer. Par le second, nommé ambelanack , le mariest adopté parle père de sa femme; iltravaillé pour lui , reste, ainsi que sa moilié, sous la puissance de sun beau-père, et devient, comme ses enfans, la propriété du chef de famille, Par le lroisième, appe’? le simando, le mari donne et reçoit ; la femme est sur le pied d'égalité avec l'époux, et cette sorte d'union ressemble beaucoup à celle qui a lieu chez les peuples d'Europe, mais malheureusement elle cs très rare, L'usage de servir pendant quelque temps, ou de faire de riches présens au père de la future, qu'on rencontre chez les naturels des Philippines et autres peuples de race malaisienne, subsiste encore chez les Tagales et les Bissayos qui ont embrassé le christianisme , et rappelle ce qui se pratiquait jadis chez les Juifs. Les mariages, chez plusieurs tribus Australiennes, se font par rapt; chez les peuplades abruties de la Nouvelle-Galles- Méridionale , lorsque les garçons veulent obtenir la main d'une femme , {ls épient son passage, et, la jetant par terre à coups de bâton, ils la conduisent baignée de sang à leur tribu, où ils achèvent la céréinonie nuptiale. Ces peuples sauvages, de mème que les hordes les plus abruties des autres parties du monde , dédaignent leurs femmes, auxquelles les travaux les nlus rudes sont dévolus, tels que ceux de préparer la nourriture dont elles et leur famille ne reçoivent ‘que les débris rejetés par leurs époux, ou de porter les ustensiles de leur ménage et leurs enfans sur le dos, tanais que homme chemine n'ayant qu'une légère javeline à la main. Bien que chez presque tous les peuples compris dans le foyer de civilisation polynésienne les femmes soient considérées comme des êtres impurs et que conwme tels il leur soit défendu de manger en présence des hommes, elles jouissent toujours de beaucoup de considération ; elles succèdent parfois à leurs maris, et les enfans héritent d’une considération d'autant plus grande que le rang ou la noblesse du côté de la mère, est plus pur ou plus ancien. Les beaux hornmes du groupe nommé Lagoun, dans l'archipel de Paumotou , traitent très bien leurs femmes; ceux de Oualan et d'autres iles de l'archipel des Carolines en font autant.

Chez aucune nation, les Européennes civilisées seules exceptées, les femmes ne jouissent d'aussi grandes prérogatives que celles que les lois et les usages leur accordent parmi plüsieurs tribus malaisiennes de l'Océanie, particulièrement chez les Bouguis et les Macassars. Dans l'état de Wadjo à Celèbes, elles prennent une part très active aux affaires publiques, et jouissent de droits entièrement égaux à ceux des hommes. Lesétats de Lawu et de Lipukosi, dans la même ile, sont régis par deux femmes. Dans quelques royaumes de Timor, et particulièrement dans celui d’Amakong, les femmes, au défaut d'héritiers mâles, peuvent monter sur le trône. La célèbre Batara-Toja, nommée reine de Boni à Celèbes en 1714, céda /a

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couronne à son frère; celui-ci ayant été dépussédé et Batara élue de nouveau, elle la céda pour la seconde fois à un autre de ses frères. EN 1628 , la célèbre Wandan-Sari , fille du sultan de Mattaram, habillée en guerrier, harangua les troupes, et marchant à leur tête, contribua beaucoup par sa valeur et par son exemple à la prise de Giri, devant laquelle sun mari avait été défait. Les femmes à Bali, à Java et dans d'autres iles, sont presque égales en tout aux hommes et jouissent d'un degré de considération qui étonne dans des contrées où la polygamie est en vigueur ; elles y jouissent d'une grande liberté, el les princes mahométans de l'archipel Indien , bien différens sur ce p‘int de leurs coréligionnaires d'Asie, d'A frique et d'Europe, permettent aux étrangers de distinction de présenter leurs respects à leurs femmes dans leurs barems. Les cruels Dayaks de Bornéo et les Alforèses de Ceram, les féroces pirates de Soulou et de Mindanao , et les belli: queux habitans de l'archipel de Tonga (des Amis), traitent avec douceur leurs femmes, tandis que chez les Battas, les Tagalcs et Bissayos des Philip. pines, les naturels des archipels de Hawaii (Sandwich), de Mendana (Marquesas), de Hamoa (des Navigateurs), de Viti (Fidji), et autres parties de l'Océanie, elles sont surchargées de travaux et traitées par leurs maris comme des esclaves. Les femmes des naturels de la chaine de Radack, dans l'archipel Central (iles Mulgrave), suivent leurs maris et leurs amans à la guerre, et se tenant derrière eux, elles lancent des pierres aux ennemis,

Division, Dans le chapitre vin, nous

avons exposé quelles sont les bases sur lesquelles le géographe Là la hauteur de

la science, peut et doit baser les grandes divisions du globe et la classification des Îles qui en dépendent, considérées sous le rapport géographique. Nous avons signalé, daus un autre endroit de cet ouvrage, les inconvéniens qui découlent des classifications proposées par des savans estimables, d’après les langues ou d’après les différences observées dans la couleur, les traits et la constitution physique des uations. Partant du principe inaltérable et qui, jusqu’à présent, n’a encore été contesté par aucun géographe célèbre , que la configuration et la position des grandes terres doivent être la base de toute classification géographique, nous trouvons qu n'y a aucuu moiif qui puisse justi-

er les innovations que l’on a proposées pour la classification des terres de l’Océanie, Les trois grandes divisions du Monde - Maritime , tracées d’une main habile par Maite-Brun , retouchées et legèrement modifiées depuis par M. Walckenaer et par nous, sont trop (ortement tracées par la nature elle-même,

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pour n'être pas suivies par le géographe, C'est ce qui nous engage à ls con.

server, en y intercalant toutes les petites terres dont les explorations faites dans ces dernières années ont enrichi la géo-

raphie. Ces trois divisions sont : la

* MaLaisie, l'AUSTRALIE et la POLY NÉSIE,

La première est connue depuis longtemps sous le nom d’Archipel-Indien , et depuis quelques années sous les dénominations impropres d’Archipel d'Orient et de Grand AroAe, Asialique.

C'est notre savant ami , M. Lesson, qui, voyant des nations de race malaisienne occuper presque sans exception toutes les côtes des grandes terres de cette partie de l'Océanie, a eu l’ingénieuse idée de proposer le nom de Malaiaie; on pourrait aussi l'appeler OCÉANIE-OCCIDENTALE , eu égard à sa position, relativement aux deux autres subdivisions du Monde- Maritime. L’AUSTRALIE ou le Conri- NENT-AUSTRAL, avee ses dépendances ; c’est la partie appelée Nofasie par plusieurs géographes ; ce dernier nom nous parait moins propre que le premier , que nous adoptons, en lui donnant pour sy-

POSITION ASTRONOMIQUE. Longitude orientale, entre 03° et 132° (précisément 131° 30‘). Latitude, entre 12° (précisément 12° 30') ausfrale et 21" boréale.

pivissow. Nous avons vu ci- dessus que cette grande section de l'Océanie

OCEANIE-OCCIDENTALE ou MALAISIE.

OVÈANLH-OBGLDBAITALS ou MABANINS,

nonyme celui d'OcÉANIE-CENTRALE. Enfin la POLyNÉSIE où l'OCÉANIE-ORIEN- TALE, qui comprend tous les archipels et les Sporades disséminés sur l'immense surface du Grand - Océan, à l’est de l'Australie ou de l’Océanie-Centrale, Nous avons rangé sous ces trois grandes divisions toutes les terres connues de cette partie du monde, en combinant autant qu'il était possible les divisions géographiques avec les divisions politiques actuelles, et en offrant dans le tableau statistique qui complète leur description les principaux états du Monde - Maritime.

ous avons cru devoir y ajouter, sous les noms d’Océanie-Hollandaise, d'Océanie-Espagnole , d'Océanie - Anglaise et d’Océanie - Portugaise , tous les pays occupés par des Européens , ou formant partie des monarchies Hollandaise, Espagnole, Anglaise et Portugaise. De cette manière les nombreuses fractions de pays, dont se composent les possessions de ces quatre puissances, forment un ensemble qui per met de paire en mesurer l'étendue et l’imporance

comprend les belles contrées connues sous le nom de Grand- Archipel Asiatique et d’Archipel Indien. 11 nous semble

qu’on pourrait la partager de la manière suivante :

Groupe de Sumatra.

Nous proposons de réunir sous cette dénomination la grande Île Sumatra et plusieurs autres beaucoup moins étendues , qu'on peut regarder comme ses dépendances géographiques. Partant de ce principe, nous distinguons dans le groupe de Sumatra deux divisions principales, savoir :

L'ILE SUMATRA , où il faut distinguer la Par-tie Indépendante etla Partie Hollandaise.

La PARTIE INDÉPENDANTE est partagée en plusieurs états, dont les principaux sont actuellement :

Le Royaume d’Achem (Achin), qui

n’embrasse aujourd'hui que l'extrémité septentrionale de l'île. Vers la fn du xvi* siècle et jusqu'à la moitié du xvu*,les Achinais ont été la nation prépondérante de la Malaisie, étant les alliés de tous les peuples commerçans depuis le Jäpon jusqu'à l'Arabie. À cette époque brillante leur marine comptait près de 6ov voiles, et l’empire d’Achem s’étendait sur presque la moitié de l'ile Sumatra et sur une grande partie de la péninsule de Malacca.. Depuis quelques années ce royauine est en proie à l'anarchie, et l'autorité du sultan paraît ne s'étendre actuellement qu'à la ville capitale et à ses environs immédiats, tous les chefs de districts étant de fait indépendans. Acueu (Achin), assez grande ville est regardée comme la capitale du royaume. u Située, dit M. Walc-

1170 OCEANIE.

kenaer, en cilaut Marsdenu, à la pointe nordouest de l'ile, à une lieue de la mer, cette ville se trouve en quelque sorte enveloppée d'une forêt de cocotiers, de bambous , d'ananas, de bananiers, au milieu de laquelle passe une rivière couverte de bateaux, qui en sortent lorsque le soleil se lève et y rentrent quand il se couche, et qui sont dans une activité continuelle, Huit mille maisons, la plupart bâties en bambous, élevées sur pilotis, pour se préserver de l'inondation, sont éparses dans cette forêt et y forment tantôt ues rues, tantôt des quartiers séparés entre eux par des prairies on des bois, Tout cela se trouve caché par de grands arbres qui bordent lerivage, de sorte que quand on est dans la radeon n'y aperçoit aucune apparence de ville ; mais les hauteurs qui entourent la vaste plaine où Achin est située , forment un vaste amphithéâtre qui étale aux yeux des champs cultivés, des plantations régulières, des groupes de deux ou trois maisons propres et élégantes, de petits villages avec de blanches mosquées construites sans magnificente, mais avec goût. » Le palais où réside le sultan est une espèce de forteresse grossièrement bâtie et détendue par plusieurs canons d'une dimension extraordinaire ; un fossé large et profond l’environne. L'anarchie qui désole ce pays a anéanti presque entièrement le commerce florissant qu'on y faisait, et a sans doute diminué sa population qu’on s'accorde assez généralement à porter à 40,000 âmes, nombre qui nous parait exagéré de plus de la moilié.

Les autres villes les plus remarquables sont : TeLosancaouay, pelite ville sur la côte nord-est de l'ile; on la regardait il y a quelques années comme la résidence ordinaire du sultan, Penn, petite ville; c'est le second port du royaume et le ventre d'un cémmerce assez considérable. Mouxwt, bourgade remarquable par la riche mine de cuivre exploitée dans son voisinage.

Le Royaume de Siak. Cet état occupe la partie moyenne de la côte orientale et est traversé par le fleuve de ce nom. Depuis quelques années, ilest en proie à l'anarchie. Presque tous les chefs de districts sont indépendans. Ceux dont le territoire longe la mer exercent la piraterie. H n’y à pas long-lemps que ce royaume possédait la marine indigène la plus nombreuse de la Malaisie. Siax, petite ville située sur le fleuve de ce nom, est la résidence du suîtan dont l'autorité est très bornée; son commerce est beaucoup déchu depuis les troubles qui agitent le pays. CAmpar est le port principal pour le commerce. Les îles Aoupat, Pantiour et autres sont censées faire partie de &° royaume, dont en 1823 les radjahs de Zangkat ‘vi de Batu-Baru se disaient vassaux. Le prir.ce du premier réside à Lanckar , petite ville, importante par son commerce etpar les 200 prows ou pelits navires marchands qu'elle possédait à cette époque; Baru-Bara, autre petite ville, est le siège du radjah de la seconde principauté; elle possède aussi une nombreuse marine marchande.

Le Pays des Battas ou Batak, le long de la côte occidentale et dans l'intérieur, Cet état confine avec le royaume d'Achem, le ci-devant cupire de Menangkabou et le gouvernement hol-

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landais de Padang. C'est une espèce de contédiration formée par un grand nombre de chefs de districts. Celui qui réside à l'extrémité nord-ouest du grand lac Toba parait être le principal. Banous (Varus), sur la côte occidentale peu loin de la mer; c'est le marché principal du camphre, ce qui lui a valu dans tout l'Orient le nom de Kafour-Barous, TAvrAndLt, gros village remarquable par la magnifique baie à laquelle il doune le nom , et qu'on regarde comme une des plus belles qui existent sur le globe; c'est la seconde place commerçante du Pays des Battas.

Aux pages 1148 el 1149, nous avons signalé les sin

guliers usages de ce peuple extraordinaire.

La PanrTik HOLLANDAISE comprend les pays suivans :

Le Gouvernement de Padang, formé d'un vaste territoire autour de Padang et de plusieurs postes le long de la côte occidentale, dont les principaux sont Naraz et PonTenanc- Caron, dit communément Tarranoust, parce qu'il est situé sur une petite île uans la baie de Tappanouli. Ces deux derniers, ainsi que Bencoulen, ont été cédés par les Anglais en 1824 en échange de Malacca et de quelques établissemens peu importans que les Hollandais possédaient dans l'Inde, Pananc est une ville de médiocre étendue, mais importante par son commerce; quelques maisons de négoce hollandaises s'y sont établies depuis 1816 et ont donné une grande aclivilé aux affaires. D'ailleurs c'est la résidence du gouverneur, dont relèvent tous les établissemens cédés par les Anglais. On croit que sa population y compris ses environs immédials peut s'élever à 10,000 âmes. Le Font ManLnorou‘“u, naguëre chel-lieu de toutes les colonies anglaises dans Sumatra. La ville de BENCOULEN , qui est dans son voisinage, est un séjour malsain; on estime à environ 10,000 âmes sa population; elle est fortifiée, mais son commerce est beaucoup déchu.

On peut regarder comme des dépendances de ce gouvernement les pays suivans, occupés par les troupes hollandaises :

Le ci-devant£ mpire deMenangkabou (Menacabow , Menancabau), situé presque au centre de l'ile; dans le temps de sa splendeur il étendait sa domination sur presque loute la surface de Sumatra. Depuis 1780, cet état, dont les frontières avaient été beaucoup rétrécies, élait gouverné par un triumvirat de sultans. Les trou- Bies excités dans le pays par la secte mahométane des Padr'i, dont le chef, qui était en même tempsle radjah de Passaman , résidait à Bancsa, y ont attiré les Hollandais. Ceux-ci, après avoir battu ces fanatiques, ont conservé la suzerainelé sur cette contrée. PANDIARRASCHUNG et MENANG- «anou sont les villes principales. Cette dernicre a été pendant long-temps !a capitale de l'empire etest encore regardée par tous les mahométans de Sumatra comme un des principaux sanctuaires de l’islamisme. On doit aussi nommer PRIANGAN à cause du voisinage des eaux thermales nommées Pantchouran-Toudjouh , fréquentées par les naturels qui vont s’y baigner depuis un temps immémorial,

Le Royaume de Palembang, sur li

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côte orientale dans la parti: méridionale de l'ile , était naguère un des priruipaux états indépendans, Vaincu par les Hollandais à la suite des disputes occasionées lors de la rétrocession de ces pays faite par les Anglais, le sultan de, Palembang a été déposé, et depuis 1821 ses états forment la résidence de Palembang. PauEmnanc, sur le Mousi, nonlôin de son émbhouchure, ville bâtie sur pilotis, est la capitale du royaume, Le Dalan ou palais du sultan et la mosquée principale bâtis en pierre, sont les édifices les plus remarquables. Le commerce y est considérable.

surtout avec Java, Bornéo, la Chine, Riouw, Singapour et Malacca ; on estime à 26,000 le nombre de ses habitans. L'intéressant district montueux de Passoumma h, habité par une race d'hommes à formes athlétiques, et le Pays désRedjangs, sont divisés entre plusieurs chefs, qui reconnaissaient la suprématie du sultan de Palembang et se disent maintenant vassaux des Hollandais,

Le Pays des Lampongs , jadis vassal du sultan javanais de Bantam, reconnait aujourd'hui la suzcraineté du résident hollandais de Bantam. C'est une des parties les plus dépeuplées de la Malaisie, ne consistant presque entièrement qu'en marais couverts d'immenses forêts, TouLanG-Bauwanc, sur la rivière du même nom, en est le chef-lieu; un fort le défend. TeLok- Beroxc est l’autre lieu le plus remarquable,

Avant de quitter cette grande terre de l'Océanie, nous rappellerons au lecteur que la haute montagne nommée Guxoxc PAsAMAN par les Malais, et Mont Opuin par les Européens, étant placée iustement sous l'équateur , est prour l'Océanie ce que, à la page 1049, Roms avons vu étre le Cayambé pour l’'Amémque , e*est-à-dire un de ces monumens élewmets par lesquels la nature a marqué les grandes divisions du globe. C'est encore dans celte ile que M, Arnold a découvert le rufflesia; sa fleur immense, quien bouton a beaucoup de ressemblance avec un chou, présente lorsqu'elle est épanowie un développement dont le diamètre est de trois pieds; elle pèse 15 livres et son tube contiendrait 12 pintes; c’est sans doute la plus grande fleur que l’on connaisse, puisque l'aristolochia cordiflora, qui passait naguère pour la plus grande, n’a, selon M. de Humboldt, qu'un diamètre de 16 pouces. Nous ajouterons enfin que M. de Rienzi assure avoir vu lui-même, près de la baie des Lampongs, des hommes à très petite taille qui appartiennent à la variété qu'il nomme pygmées , dans son travail sur la clas-

sitication des différentes races qui habitent l'Océanie, Voilà donc, sur les plages brülantes que traverse l'équateur, une peuplade dont la taille peut être opposée à celle qu'on attribue aux Lapons, aux Samoyèdes, aux Esquimaux et autres peuples qui vivent au milieu des glaces et des frimats de la zone boréale. Cet infatigable voyageur «a vu à la partie orientale de cette Île (côte d'Andragiré), quelques individus appelés gougongs ; ils venaient , dit-il, de l'état de Menangkabou. Ces hommes appartiennent à la race qu'il propose de nommer prthéomorphes où à formes de singes, parce qu'ils offrent quelques ressem-

OCEANIE-OCCIDENTALE ou MALAISIE.

blances avec les mandrils par leur corps couvert de longs poits, l'os frontal très étroit et comprimé en arrière, la conformation de leur glotte et leur peu de conception, » À ce sujet M, de Rienzi ajoute : « ls ne surpassent guère es sin- &esen intelligence, mais entin ils sont hommes el, comme l'observe profondément Pascal, l'homme n'est nulle part ni ange ni brute,»

Les ILES qui dépendent géographiquement de SUMATRA, Elles sont presque toutes régies par un où plusieurs chefs ou radjahs indépendans; quelques-uns se reconnaissent vassaux des Hollandais, Les iles principales le long de la côte occidentale sont : Engano; le groupe de Poggi(Pagi, Poggy ou Nassau); les iles Po rah (Si-Pora) ; Si- Birou (Montawal, Beeroo, Bira); Batu (Mintaon), dépendante du radjah de Buluaro qui réside dans celle de Nias; Nias, régie par 60 radjahs, dont le plus puissant parait être celui de Buluaro slegroupe de Ba niak, dont les Îles principales sont Baniak et Bab: (He des Cochons, Hog, etc.)

Les Îles les plus remarquables le long de la côle orientale sont: Hupat, Pandjour et autres qui dépendent du royaume de Srak; ZLingan (Lingin ou Lingn), Hintang et autres iles beaucoup plus pelites forment le royaume de Lingan, dont le sultan réside dans l'ile de ce nom el reconnait la suzeraineté des Hollandais. Ce souverain a cédé il y a quelques années à un prince desa famille les territoires de Djohor et Pahangsur la péninsule de Malacea , et aux Hollandais l'ilot de Tanjong-Pinang , moyennant une rétribution annuelle de 60,000 florins hollandais, T'a nj o ng- Pinang, Mot qu'un canal étroit sépare de l'ile de Bintang , el remarquable parce qu'on y trouve: Kiouw (Rhio), petite ville, dont la population est eslimée à 6000 âmes. C’est.le chef-lieu de la résidence de ce nom, Son por't déclaré libre, dit M. le comte de Hogendorp, est très avantageusement situé pour devenir un grand entrepôt de tous les produits propres à alimenter le com- Meree hollandais dans la Malaisie, et celui qui s’y fait avec la Chine etle continent d'Asie. Riouw n'est devenu de quelque importance qu'après la cession de Malacca; et quoique peu éloigné de Singapour, dont à la page 768 nous avons signalé l’étonnante prospérité, cet établissement à éprouvé un grand développement. Zanca, la plus grande de toutes les Îles qui dépendent géographiquement de Sumatra, est mal peuplée, mais très importante par ses riches mines de: tain, dont les produits sont très estimés dans toute l'Asie et surtout à la Chine; elle forme, avec celle de Billiton, la résidence hollandaise de Banca. Muxrou (Mintao), pelite ville de 2500 habilans, avec un fort bâti dans le voisinage et sur un terrain élevé, en est le chef-lieu; seize ou dix-sept cents mineurs sont constamment eme ployés à l'exploitation des mines. Billiton, importante par ses mines de fer; les Hollandais y tiennent quelques employés ct une petite garnison pour empêcher les habitans, qui sont de hardis marins, de se livrer à la piraterie. M. le baron Van der Capellen a eu le bon esprit, lorsqu'ilélait gou:crneur général de tous les établis-

1172 OCEANIE.

semens hollandais dans cette partie du monde, de tirer partic de l'habileté de ces insulaires pour la construction des navires, en faisant construire chez eux les Aruispraauwen ou petits bâtimens croiseurs, qui, sousson administration à jamais mémorable dans ces contrées, ont rendu de si grands services aux marins de toutes les nations qui naviguent dans ces mers peuplées de corsai- - res. Lesiles de Banca et de Billiton jusqu'en 1812 formaient partie du royauine de Palembang.

Groupe

Nous proposons de réunir sous cette dénomination la grande et florissante île de Java et plusieurs autres d’une beaucoup moindre étendue , qu’on peut regarder comme des dépendances géographiques de cette grandeterre. Nous distinguons, dans ce groupe . deux divisions principales, savoir :

L'ILE DE JAVA. Cette grande île forme le noyau des possessions hollandaises dans l'Océanie, en même temps qu'elle est la contrée la plus peuplée et la plus florissante de cette partie du monde. Depuis les derniers arrangemens pris par les Hollandais à l'égard des princes indigènes, on pourrait regarder Java comme entièrement sou-

Nous Des RÉSIDENCES OÙ Caegrs-Lieux,

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