‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 2)Chapitre 501 sur 628 · PROVINCES · texte numérisé non relu

PROVINCES

Très loin, et presque à égale distance de Sumatra et de Java, se trouve le petit groupe de Keeling (iles de Corail, de Cocus) vers le 12° latitude australe, où dans la plus grande, nommée New-Selma, le capitaine anglais J. C. Ross a fondé un petit établissement nommé Porr-Azpion. Cette colonie ne peut manquer de prospérer à cause de sa position et de son mouillage.

de Java.

mise à leur domination. Aussi la trou, ;ns-nous partagée en 20 régences dans le tableau statistique que nous avons sous les yeux, qui a élé rédigé en 1825 à Batavia même, par un de nos correspondans les plus distingués et que nous offrons au lecteur. Nous devons cependant k prévenir que depuis lors quelques changemens ont lieu, par lesquels les résidences de Builenzoorg et de Krawang ont été réunies à celle de Batavia, et celle de Grissé à la résidence de Sourabaya.Mais comme ces changemens ont subi plus tard d’autres importantes modifications, nous avons cru convenable de laisser subsister le tableau tel que nous l'avons reçu, en attendant que nous puissions connaitre l’organisation définitive qu’on aura donnée à cette superbe colonie.

ViLLES ET LIEUX LES PLUS REMARQUABLES.

Batavia,.......... BATAVIA ; l'ile Onrust (Poul ou Kappal); Noordwyrk; Ryswyk; Wel-

tevreden.

Bantam..........Ceram (Sirang): les ruines de Bantam; l'ile du Prince; le Pays des

! Lampongs, Buitenzoorg.

Préangers..,

(Preangan).

&krawang Cheribon....

Ta .

Limbangan.

+... Tagal, Brebes, Pe

C ans l'ile de Sumatra, s Buitenzoorg; Parong, Jassinga, Tji-binong, Tji-baroussa. Tjanjor, Bandong, le volcan Gounong-Gountour, Soumadang,

. Wanaijassa, Krawang, Touban. :

...+: Cheribon (Ti-riboun); Indramayÿo, Madja, Galo, Bengawan- . Wellan sonhaun.

amalang.

Pe kalongang: NS kalongang, Batang, Karang-Kobar.

Ækadou..

Samarang Japara......

Rembang.....

Grissé

Madjapahit.

... Maguelan, Minoreh, Prapag:; les ruines de Boro-bodo Samarang; Damak, Kendal, Banyukuning.

.... lapara; Xoudous, Pa f : , ...Rembang; Touban (Tubang), Ban(jar, Radjakwessie, Blora. Grissé (Grissie); Sidayo. :

Sourabaya, Djapan, Lamongang, Fort-Orange, les ruines de

ttie, Joanna.

Passarouang. ..... Passarouan 8; Bangil, Malang: les ruines de Singasary.

Besukie..,....... Besukie; Praboli Banyouwangui....Banyouwangui.

tièrement couverte de forêts, où l'on trouve un grand nombre de -

: tigres.

Souracarta..

Djocjocarta

ococarta, Youdgia-

0; Panaroukan.

ette province est presque déserte et presque en-

..... Souracarta (Soura-Kirla; Solo); Cartasura, ville abandonnée deuis 1742; Banyoumal; Brambanan?

Dlociocarta You gare , Dschiockjakarta, Dschukschukarta,

irta); Panaraga; Kadiri.

Madura et Sumanap. Sumanap, Pamakassanet Bangkalan, chefs-lieux des trois princes indigènes vassaux et tributaires des Hollandais, el qui se partagent le territoire de l'ile de Madura.

Voici les villes et les lieux les plus remarquables de cette florissante colonie :

Dans la résidence de Batavia, on lrouve : BarTavia, bâtie sur "emplacement de

l'ancienne ville de Jaccatra, sur les bords de la rivière Tjiliwong. Quoique très déchue de son ancienne splendeur, cette ville est encore très importante comme capitale de toutes les pos-

gautes térieur lui-mé tiné a europé du gou cuper d nable :

Moole tevre du vast Meeste les nous fixe ou se trouv lieu des La ville ; décaden lis les :

n'était } Portuga primitifs dais., Ca gouverne marchan ment per Pendant gouverne ville reco réparer q bile admi lance’ de tout en vi cipales qu ment mal quelques « tres, par | ries, par il parvint mauvais a ces derniè autres vill

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OCEANIE-OCCIDENTALE ou MALAISIE.

sessions hollandaises dans l'Océanie, et la première ville commerçante de ccite partie dr:

monde , car elle est incontestablement le centre du commerce que les Hollandais font avec la Chine, le Japon, l'Inde et les autres les de la Malaisie. On peut dire qué la ville actuelle a été bâtie de nos jours, puisque la plupart des édifices qui ornaient Batavia ont été démolis sous l'administration du gouverneur-général Daendels qui avait cu l’idée de l’abandonner entièrement à cause de son insalubrité, et de faire de Sourabaya la capitale des possessions orientales de la monarchie Hollandaise. En effet, Ja ruine et l’abandou de la ville proprement dite datent du temps de ce gouverneur; le château, les remparts et tous les ouvrages extérieurs furent rasés par son ordre ; les murs seuls du fort de Meester Cornelis furent épargnés pour servir d'enceinte à la prison, que l'on y trouve encore maintenant.

Contrarié dans son plan favori de transporter à Sourabaya le siège du gouvernement ,le général Daendels n'en continua pas moins la destruction de l’ancienne ville, et il fit bâtir de superbes casernes avec des habitalions commodes et élégautes pour les officiers de la garuison , dans l'intérieur à la hauteur de Weltevreden. Il s’y fixa lui-même , et y fit élever un palais spacieux destiné aux gouverneurs généraux. Les habitans européens un peu fortunés suivirent l'exemple du gouverneur; ils désertèrent la ville pour occuper des maisons bâties sur un plan plus convenable au climat de ces contrées, le long du Moolenviiet, du canal de Rijswiÿk età Weltevredèn , et quelques années plus tard le long du vaste Xonings Plein et sur le chemin de Meester Cornelis. Pendantl'occupation anglaise les nouvelles bâtisses s'élevèrent sans aucun plan fixe ou régulier, et les maisons des Européens se trouvèrent disséminées dans l’intérieur au milieu des villages ou des campagnes des indigènes, La ville proprement dite t5mba de plus en plusen décadence : les plus beaux quartiers furent démolis les uns après les aulres, et en 1816 elle n'était plus habitée que par !°s Chinois, les Portugais descendans des colons européens primitifs et par quelques vieux colons hollandais. Ca y voyait en outre quelques bureaux du gouvernement , les comptoirs et magasins des marchands, les uns et les autres occupés seulement pendant sept à huit heures de la journée. Pendant l'administration à jamais mémorable du gouverneur-général Van der Capcten, l’ancienne ville recouvra une partie de ses habitans et vit réparer quelques-uns de ses édifices ; car cet habile administrateur sut apprécier tuute l’importance de sa situation favorable au commerce, tout en visant à faire disparaitre les causes principales qui en rendaient le séjour si éminenment malsain. En effet par le dessèchement de quelques canaux, par le curage de quelques autres, par l'éloignement des cimetières et des voiries, par l'élargissement et la propreté des rues il parvint à diminuer tellement l'influence du mauvais air, que les tableaux de la mortalité de ces dernières annécs placent Batavia à côté des autres villes de Pile de Java. Cependant avani

toutes ces améliorations le séjour de cette ville était justement réputé un des plus malsains u monde entier, comme le prouvent les faits incontestables que nous avons cités à 1a AS , Mais afin que le lecteur puisse se former une idée de cette ville dont la nteueins générale diffère tant de celles de notre Europe, nous allons lui tracer l'itinéraire dans les quartiers européens donné par M. le comte de Hogendorp.

« En débarquant au port, dit cet habile et savant administrateur, ou comme on l'appelle sur les lieux, au Boom , on a devant soi l'ancienne ville, on la traverse en prenant par trois ou quatre rues assez fréquentées pendant la matinée, mais tout-à-fait désertes pendant le reste du temps. Au bout de l’ancien faubourg ou Buiten Neuw-poort-straat > Un peu plus habité que le reste , On arrive aux quartiers modernes, c’est-àdire, à une file de jolies habitations entourées de jardins plus ou moins grands , sur les bords du canal de Moolenvliet et de RidjswÿR , sur une longueur d'environ trois quarts de lieue. A l'issue de ce canal on a devant soi une grande plaine

carrée parcillement entourée de maisons euro-

péennes; c'est Wellevreden, ou le quartier militaire ; en prenant à la droite, on voit une au tre plaine à-peu-près carrée, nommée le Konings- Plein aussi entourée de charmantes habitations particulières. En traversant Weltevreden on se retrouve sur la grande route menant à Buitenzoorg , le long de laquelle les habitations d’une architecture moderne se succèdent de nouveau, pendant une bonne lieue et demie , jusqu'au-delà du fort de Meester Cornelis, Ajoutez à cela quelques allées latérales aboutissant au canal ou aux carrés dont nous venons de parler, comme le Prinsen-Laan, le chemin de Gonnong Saharie, le chemin de Tanaabon, etc. et l’on pourra se faire une idée de la capitale de nos possessions orientales telle qu'elle est aujourd’hui. Entfe et derrière ces diférens quartiers européens se trouvent les quartiers des habitans Asiatiques et des Chinois ; le quarticr principal de ces derniers, ou camp chinois est hors de l'enceinte et à l'ouest de l’ancienne ville, dont il formait comme un vaste faubourg ; mais, à la longue, ils se sont glissés partout, et on les voit maintenant établis de tous côtés, surtout dans les bazars situés entre les quartiers que je viens de citer. »

La rade de Batavia est aussi sûre que belle et parsemée d’une quantité de petites Îles ; la plupart sont inhabitées maintenant, mais presque toutes avaient été utilisées autrefois par l’ancienne Compagaie des Indes, pour y placer des chantiers, des magasins, des hôpitaux ou des ateliers. La principale de ces iles est Onrust (Poul ou Kappal des Malais) sur laquelle la Compagnie avait de magnifiques chantiers , où les plus grands vaisseaux pouvaient être réparés et mème carénés ; des magasins complets de munitions et autres choses nécessaires à l'équipement des vaisseaux; un grenier de réserve, pouvant contenir 2000 coyans ou près de 1750 tonneaux de riz; de fort belles habitations pour les employés; enfin,

deux moulins à vent et une église ; plus de 600 ouvriers européens , outre les koulis (hommes de peine indigènes) y étaient constamment employés. En 1823, M. Van der Capellen fit renaître en partie ce bel établissement ruiné pendant la guerre et l'occupation anglaise ; mais après sun départ, les ateliers nouvellement établis paraissent avoir été abandonnés ; à la fin de 1826, on fit même une tentative inutile de le donner en ferme à des Chinois. ,

Lesbâtimens anciens et nouveaux les plus rewmarquables qu'offre Batavia sont : les magasins de la marine avec les bureaux du commissaire du port; ce sont de beaux bâtimens anciens, eucore en très hon état; les vastes lombongs ou magasins construits en bois et élevés de quelques pieds au-dessus du uiveau de la mer, destinés à contenir les récoltes de. café; l'Adtel-de-ville ; l'église luthérienne , regardée comme le plus beau temple de la ville; l’église callolique ; le grand hôpilal militaire de Weltevreden , qu'on peut comparer à ce qu'il y a de mieux en çe genre en Europe; la rnaison où l'on a établi les bureaux et les magasins de la factorerie de la sociélé de commerce des Pays-Bas ; c'est un ancien bâtiment restauré en 1825; le grand et superbe bâtiment nommé Harmonie, érigé “ous l'administration du général Daendels, sur le coin du canal de Rijswijk et de Moolenvliet ; ilest composé de quatre grandes et belles salles contiguës , dont chacune peut contenir 350 personnes. On y donne les grandes fêtes publiques, ainsi que les bals et les concerts de souscription ; une salle y est ouverte tous les jours aux abonnés pour y faire la partie et pour la lecture des journaux , etc.; l’AÔtel de la sociélé des arts et des sciences bâti à côté du précédent ; le théätre, dont l'intérieur offre une salle élégante etdu meilleur goût; des amateurs y donnent de temps en temps des représentations; l’Aôtel du gouverneur général, qui n’est qu'une grande et belle maison , située à Rijswijk, dans la partie ka plus salubre et la plus recherchée de Batavia; enfin le nouveau palais de Weltevreden, bàliment immense qui forme un grand corps-delogis à trois étages, avec deux ailes sur le mème alignement ; destiné primitivement pour loger le gouverneur général, cet édifice est resté longtemps inachevé, à cause des frais énormes qu'exigeait sa construction; ce n'est qu’en 1827 qu'il fut terminé d'après un plan plus simple et moins dispendieùx ; on y a établi tous les bureaux ciils et militaires de Balavia.

La capitale de l'Océanie - Hollandaise n'offre pas beaucoup d'établissemens littéraires, mais elle possède en revanche la société des arts et des sciences, qui est le premier corps savant établi par les Européens dans l'Orient, ses savans mémoires lui ont mérité une juste célébrité ; une bibliothèque assez riche est placée dans le bel édifice où elle tient ses séances. Parnu les écoles nous ne citerons que l'école primaire du gouvernement fondée à Weltevreden en 1817; c'est le principal établissement de ce genre, auquel la plupart des familles quropéennes envoient leurs eñfans. La popu-

OCEANIE.

latiou de Batavia, ne s'élevait en 1824, d'apres un recensement exécuté avec la plus graude précision qu’à 63,861 âmes, non compris les officiers de tout grade, leurs familles, les militaires et tout ce qui appartient à la garnison de Weltevreden; dans ce nombre 23,108 étaient, Javanais ou Malais, 14,708 Chinois, 12,419 esclaves, 3025 Européens et 691 Arabes. Quarantetrois uavires, dont 7 du port de plus de 400 tonneaux, et un bâtiment à vapeur sont la propriété des armateurs et des maisons de commerce de cette ville, qui tient aussi un rang distingué par son industrie, dont les branches principales sont les distilleries d’arak, les briqueteries , les chaufourneries, .les tanneries, les teintureries, les fabriques de chandelle, de poteries et de cartes à jouer.

Dans la résidence de Bantam, où la civilisation et l’agriculture ont fait depuis vingt-cinq ans des progrès étonnans, grâce à la déposition du sultan qui, par sa lyrannique administration, entravait la prospérité de l'industrie manufaclurière et agricole, nous ne citerons que CERAN, assez jolie petite ville, où réside le gouverneur de la province, mais qu'on cherche en vain sur des cartes modernes assez détaillées, et qu'on représente comme les meilleures, landis que ces mêmes cartes offrent, écrit en gros caractères, le nom de celle de BantTaM, ville, à la vérité, jadis grande et fort peuplée, capitale du royaume de ce nom et célèbre dans l’histoire de Java, mais qui, depuis long-temps, est presque entièrement abandonnée à cause des miasines putrides qui y règnent, et à cause du commerce qui s’est transporté à Batavia; mais ce qui étonnera encore plus nos lecteurs, c’est d'apprendre que cet amas de maisons tombant en ruines et presque désertes, est décrit, dans des ouvrages récens, comme la résidence actuelle du sultan de Bantam, environné encore de toule la splendeur de sa cour et de sa garde composée de femmes, lorsqu'il est notoire que depuis plusieurs années ce potentat de l'Orient a cessé de régner et n’est plus qu’un simple particulier pensionné des Hollandais !

Dans la résidence de Builenzoorg:

BuirenzoonG , beau château ; reconstruit en gran de partie en 1816 avec beaucoup de goût et une noble élégance, ce lieu est devenu un des plus beaux séjours de la zone lorride. Les jardins antiques et raides ont été changés en plantations anglaises; etle baron Van der Capcllen, voulant joindre l’utile à l’agréable , en destina une partie aux sciences, en y établissant un jardin bolanique, confié d'abord à la direction du savant professeur Reinwardt, et plus tard au docteu: Blume. On y trouve rassemblés, non-seulement tous les végétaux que produit le sol fertile de Java, mais encore une multitude de plantes des Moluques, du Bengale, du Brésil, de la Chine, du Japon et de l'Australie,

Dans la résidence des Préangers, qui occupe à elle seule près des deux neuvièmes de la superficie de Java , et qui est partagée entre plusieurs princes indigènes très soumis aux Hollandais : Tsanson, joli et gros bourg habité par

ganc( mens être g bazar établi digèn cultur pays, ans d les tra blisser et à ré des mc Dans l’une d bourg | famille grand vingtai ‘Dans RIBON, | le comr surtout encore un anci environ Mo ul l'islamis vince, q de l'ile, de cinqi à l’oues princes mais dis sont des lal; les joignent teur, et épaisses du soleil est obligé voyageu forêt sans breuse. « et plus s ravins pr ces roche rés par u avec rapi rayons d ches et re flambeau x la plus ha qu'aucun

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des Javauaiscet que nous décrironsen détail d'après M. le comte de Hogendorp pour que le lecteur puisse se former une idée de cette classe de pelites villes de l'Orient. « Les rues sont de larges allées tirées au cordeau , bordées de charmilles et de barrières de bambous arrangées avec simplicité, mais avec beaucoup de goùt. Par-dessus ces barrières s'élèvent des arbres fruitiers et. à fleurs odoriférantes, qui entourent, là comme ailleurs, les maisons des Javanais. Les ruelles sout des sentiers également propres et ombragés. Les moindres habitations sont aussi soignées et d’une élégance aussi simple que celles d’une plus grande dimension : tout y respire l'abondance et le bienêtre général. Au centre du bourg, on trouve un joli bazar. Le résident baron Van der Capellen y avait établi des ateliers, où ne travaillaient que les indigènes ; on y faisait des ustensiles pour l’agriculture, sur des modèles encore ignorés dans le pays, afin d’en faire connaitre l’usage aux habitans de l’intérieur, des charrettes pour faciliter les transports, etc. En mème temps cet ulile établissement servait à former des artisans adroits, et à répandre parmi les naturels du pays le goût des méliers et des arts utiles. »

Dans la résidence de Pekkalongan, l’une des plus peuplées de l'ile : PEKKALONGAN, joli bourg indigène, où se trouvent établies quelques familles arabes et chinoises fort riches; il fait un grand commerce avec Balavia, et possède une vingtaine de petits navires caboteurs.

‘ Dans la résidencede Cheribon:Cne- RuBoN , petite ville, jadis assez considérable, dont le commerce a enrichi plusieurs de ses habitans, surtout des Arabes et des Chinois; elle possède encore quelques familles curopéennes; on y trouve un ancien fort de peu d'importance , et dans les environs le tombeau du célèbre Cheikh Moulana, qui fut le premier propagateur de l'islamisme à Java. Sur les limites de cette province, qui est une des parties les plus peuplées de l'ile , s'étend la vaste FoRÊT DE Davou-Lounour de cinquante milles anglais de long; elle sépare

à l’ouest les possessions hollandaises de celles des princes vassaux. Les bois n’y sont pas continus, inais disposés par groupes; dans les intervalles sont des landes sans cullure et sans aucun végétal; les parties boisées se composent d'arbres qui joignent leurs branches à une assez grande hauteur, et forment des voûtes de verdure tellement épaisses qu'elles sont impénétrables à la lumière du soleil; de sorte que dans le milieu du jour on est obligé de s'éclairer par des torches. Selon un voyageur moderne, on ne traverse jamais cette forêt sans se faire accompagner d'une suite nom: breuse. «1 n'existe point de spectacle plus étrange et plus sublime que ces précipices affreux, ces ravins profonds, ces rivières limpides, ces monts, ces rochers, etces masses de verdure ainsi éclairés par une mullitude de torches qui se meuvent avec rapidité le long de la route, Lorsque les rayons du soleil percent à travers quelques branches et rencontrent la lumière rougeâtre de ces flambeaux , il en résulla des effets que la plume la plus habile s'efforcerait en vain de décrire, et qu'aucun pinceau ne saurait reudre, Quand on

OCEANIE-OCCIDENTALE ou MALAISIE.

sort de ces voûtes obscures sous lesquelles on a marché pendant plusieurs heures, qu'on revoit tout-à-coup le bleu azuré du ciel, les monts agrestes, les champs c Itivés et la nature entière partout resplendissante des brillantes éma= nations du soleil, l'étonnement et l'admiration font aaitre des sensations ineffables et tellement subites qu'on en est comme accablé. Le voyageur s'arrête malgré lui: pour aceçat mer ses yeux à cet éclat inattendu et pour contempler à loisir le spectacle magnitique et varié qui se présente à ses regards. »

Dans la résidence de Kadou, si imporlaute par sa population très vondensée, par la She de son sol et pas sa florissante agricul-

ure : MAGUELAN, grand et joli bour. Î des savane 8 ; ghemelon

ans les limites de cette province, mais de la froutière du côté des états de Ps te de Djocjosarla, se trouvent les ruines célèbres de Boro-bodo. « On y voit, dit M. Walckenaer, les débris d'un temple qui couronnait une petite colline, et qu'on croit avoir élé construit dans le commencement du vu* ou du xt siècle, Ce temple forme un carré long, qui a sept murs vu sept enceintes, décroissant à mesure que l'on gravit la colline, et qui est surmonté par un. dôme qui recouvre le sommet de l'édifice : ce dôme a environ 50 pieds de diamètre ; chaque côlé du carré extérieur est d'environ 620 pieds,

et un triple rang de tours, au nombre de 72, accompagne les murs de celte dernière enceinte, Ces tours et ces murs ont des niches pratiquées dans leurs parvis, où l’on voit des figures sculptées, plus grandes que nature; elles représentent des personnes assises avec les jambes croisées; il y en a près de 400. On a lrouvé dans ces ruines une statue mutilée, que M. Ratfles a cru, à tort, être celle de Brahma; on a découvert. encore une statue de harpie et diverses autres antiquités curieuses. Le temple ressemble beaucoup à celui de Boudh, qui est à Gay-ia, dans l'Hiadoustan ; et les noms de Zoro-bodo sont peut-être dérivés de ceux de Bara-boudah, le grand Boudah. »

Dans la résidence de Samarang: Sa- MARANG, assez grande ville, bälie plus ou moins à l'Européenne dans le genre de l’ancienne Batavia avec des rues régulières et un port formé par l'embouchure de k rivière de Samarang, mais obstrué en partie par un banc de vase, L'école militaire qu'on y avait établie en 1818, a été supprimée à cause des mesures d’écunomie devenues nécessaires dans les derniers temps Samarang possède une bonne écote pr'imaire, esi le siège d’un conseil de justice, dont relèvent les résidences de Tagal, Pekalongan, Samarang, Kadou, Djocjocarta, Souracarta, lapara et Rembang, et est le chef-lieu de la division militaire qui embrasse les mèmes résidences. Son commerce est assez florissant ; on porte sa population à 36 ou 38,000 àmes. BaNvuruniNG , village remarquable parles {chandis ou temples antiques situés dans son voisinage ; ils ont élé bâtis sur des terrasses coupées dans la montagne et qui s’élèvent successivement les unes au-dessus des autres,

1176 OCEANIE.

ES

Mais avant de quitter cette résidence, qu'ilnous soit permis de dire un mot sur le cho/éra-rnorbus, qui a donné à Samarang une bien triste célébrité dans toute la Malaisie. C'est de cette ville où, à ce qu'on assure, il fut importé de V1 ::-Transgangétique en 1819, qu'il se rropagea d':uord le long de toute la côte sestentrionale de Java, ensuite dans l'intérieur de l'ile, emportant sur son passage plu: de cent mille habitans, Samarang le revit en 1821; c'est dans ce port et à Batavia qu'il a frappé le plus de victimes. Ici, nous remarquerons que depuis la terrible peste noire qui, au milieu du xiv° siècle , enleva , d'après les chroniques contemporaines, plus de la moitié de la population de l’Ancien-Continent, jamais épidémie aussi dévorante ne s’étendit sur une aussi vaste surface de terres en frappant un égal nombre de têtes, Du delta du Gange, où le choléra estendémique, ce fléau exterminateur étendit sa maligne influence sur toute l'Asie méridionale et orientaie, sur une grande partie de l'Asie moyenne et de la Malaisie ; dans celte dernière, il moissonna de nombreuses victimes jusqu'aux extrémités orientales de l'archipel des Moluques. Après avoir ravagé les iles de Ceylan, Maurice ct Bourbon, le choléra envahit l'Arabie, pénétra er Perse, en Syrie et en Egypte. De la Perse, il passa en Russie pour désoler dans toutes les directions cet empire immense, en remontant le Volga comme en descendant le Don. De Moscou et de Pétersbourg, frappant dans sa marche rapide d'innombrables victimes , le choléra suit en Pologne les mouvemens des armées belligérantes, fléau guiüé par un autre fléau. De là, il s'étend d’un côté dans la Gallicie, pour se pfopager bientôt dans la Hongrie, l'Autriche, la Moravie et la Bohême ; de l’autre , dans la Pologne prussienne , pour envahir la Prusse, le Brandebourg, la Silésie et la Saxe; pendant ces deux invasions, il enlève beaucoup de monde dans l'Esthonie, dans la Livonie, dans la Finlande et iusque dans les solitudes glaciales du gouvernement d’Arkhangel. De Hambourg, l'épidémie s'élance brusquement à Sunderland, dans l’Archipel Britannique : Londres, Liverpool, Edimbourg, Giascuw, Dublin et Cork sont les principaux théâtres de ses ravages. Du royaume-Uni, l'inexplicable fléau vient subitement éclater dans la capitale de la France, d’où il se propage à travers ies départemens, en suivant le cours des fleuves, et francaissant l'Atlantique il annonce ses ravages dans le Nonveau-Monde rar les nombreuses victimes qu’il frappe dans la capitale du Bas-Canada, Au moyen âge, uae épidémie aussi épouvantable eût suspendu toutes les relations de peuple à peuple, toutes les affections de famille; mais dans l'état actuel de la civilisation et de la médecine, les nations de l’Europe n’ont connu qu'une partie des horreurs de la peste noire; et si ucs populations ont été décimées, au moins l'humanité n’a point à rougir; les secours et les consolalions n'ont pas manqué aux mourans. L'Europe doit ecs avantages inappréciables à d'illusires médeans. Nous nous bornerons à nommer les Markus, les Rauch, les Dyrsen, les Lungh, etc.

En fussie ; les S4//ÿt, les Gunthner, les Czer-

mak , les Vivenot, etc., etc., en Autriche; les Dieffenbach, es Olto, etc., etc., en Prusse ;en France, nous ne nommerons personne, car il faudrait nommer toute la Faculté. Eclairés par ces savans, les gouvernemens et les peuples ont repoussé toute crainte de contagion ; les nations n'ont pas élevé entre elles d'infranchissables barrières; les mères n'ont point abandonné leurs enfans, les épouses leurs maris; ct les citoyens épargnés par ce terrible fléau, en vaquant comme à l'ordinaire à leurs occupations, et prenant part aux plaisirs innocens d'une civilisation avancée, trouvèrent dans les unes et dans les autres de puissantes ressources et ces diversions, dont le manque absolu aggrava si cruellement la triste condition de nos ancètres. :

Dans la résidence de Rembang, siimporlante par ses belles et vastes forêts de jattie et par ses nombreux chantiers, nous nommerons : ReupanG, petite ville commerçante, avec une des meilleures rades de l'ile et de beaux ckantiers ; elle possède 17 navires, dont 5 mesurent plus de 360 tonneaux.

Dans la résidence de Grissé : Guissé, assez jolie netite ville commerçante; 26 navires caboteurs, la plupart d’une assez grande capacité, y sont la propriété de plusieurs maisons arabes fort rithes. Elle possède une bonne écofe pri maire et est la retraile que choisissent de préférence les familles européennes, dont ies chefs se sont retirés du service ou du commerce,

Dans la résidence de Nourabaya, qui est une des plus peuplées et des plus florissantes par l'activité agricole et commerçante de ses habitans : SounABayA , située à embouchure du Kediri dit &1ssi Sourabaya; c’est après Batavia la ville la plus peuplée, la plus commerçante et la plus florissante de Java. Sa rade est aussi belle que sûre, On y remävque un bel arsenal maritime, de beaux chantiers, la monnaie pour frapper le cuivre , une fonderie de boulets, une école pr'imaire comparable à celles de Weltevreden ct de Sanarang. Elle est le siège d’un conseil de justice, dont le ressort embrasse toutes les résidences orientales de Java, et le chef-lieu dè la division militaire qui comprend res mêmes provinces.

On estime à 50,000 Je nomh:e de ses habitans.

C'est au milieu des immenses forêts de‘tek, qui couvrent la partie cecidentale de celte province , qu'était située Mansapanir, l'antique capitale des Javanais, dans les Lemps florissans de leur empire. Ses ruines sont éparses sur un cspace de plusieurs milles le long du Kediri; plusieurs temples en briques ci les débris des portes subsistent encore, Depuis l'emplacement de cette ville célèbre, dit M. Walckenaer, jusqu'à Pobo-

lingo vers l'est, on aperçoit à chaque pas diverses constructions anciennes en briques. Il est difficile de bien déterminer l'étendue de

Madjapahit, parce que le sol est actuellement recouvert d'arbres de tek d'une baricur prodigieuse; mais les murs de son étang, bâtis en

briques cuites, subsistent encore; ils ont 1000

pieds de long sur 12 de hauteur. Dans un village

adjacent, nommé Trangwoulan, en voit le magnifique mausolée d'un prince mahomé-

lan, ave.

et de sa!

tée en ri tans; tot chefs. T( gardés p:

etdans u immense MENDANG les annal Passarou taient au péennes, core et < . assez anir ve, dit M.

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OCEANIE-OCCIDENTALE ou MALAISIE.

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tan , avec les tombeaux de la princesse sa femme et de sa nourrice ; il porte la date de 1320 sculptée en relief et en anciens caractères mahométans; tout à côté sont les tombes de neuf autres chefs, Tous ces monumens sont religieusement gardés par des prêtres. Dans le district de Djapan et dans une des partiesles moins accessibles d'une immense forêt de tek, on voit les ruines de MENDANG-KaMouLan, ville ancienne, célèbre dans les annales de Java. ” ,

Lans la résidence de Passarouang:

PASSAROUANG, gros bourg de Javanais, où s'étaient autrefois établies plusieurs familles européennes, dont les descendans y demeurent encore et contribuent à rendre ce lieu un séjour

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ve, dit M. le comte de Hogendorp, le Lac RANov, remarquable par la douceur des crocodiles qui l'habitent et qui vivent, à ce que l'on assure, pacifiquement avec les Javanais demeurant dans le voisinage. Ces derniers ne craignent point de s’y baigner habituellement, tanuis que des indigènes étrangers au canton, en s'y baignant, ont souvent payé de leur vie celle témérité. Les étrangers qui visitent cette partie de Java, ajoute cet estimable auteur, ne manquent pas d'aller voir ce lac, et les habitans de Gratté s'empressent de leur procurer un genre de spectacle assez extraordinaire ct dont on peut jouir sans danger, en se rendant dans ün petit pavillon placé audessus de l’eau à uñe cinquantaine de pieds du rivage. Les acteurs se jettent en foule dans le lac,en poussant devant eux un petit radeau sur lequel ils ont attaché quelques poules : is appellent à grands cris les crocodiles, que l'on voit s'avancer vers le déjeuner qui leur est offert, sans paraître tentés d'attaquer les nageurs, qui retournent paisiblement à terre. »

Dans le district de Malang sont les céiébres ruines de SiNGa-sany. On y voit, dit M. Walckenaer, un {chandi ou temple, dont la principale entrée à l’ouest a 30 pieds de hauteur , etau-dessus de laquelle est sculptée une tête énorme de Gorgone; il y a d'autres sculptures à l’entour de l'édifice ; elles ont été mutilées; on en a trouvé d'intactes en s'avançant dans la forêt, entre autres une d’un taureau nandi. Cette statue a 5 pieds de long. On a vu aussi contre un arbre une magnifique statue avec quatre têtes; une autre de Mahadewa, avec son trident, accompagnée d'une inscription en caractères devanagari; un souria ou char du s0,eil avec ses sept chevaux, qui ont leurs queues rejetées en arrière, et dans l'attitude d’une course rapide. À 60 toises de là estune superbe statue colossale de Ganesa, avec sa trompe d'éléphant , ses gros bras et ses jambes énormes. Cette figure parait avoir été primitivement placée sur une plate-forme ou dans un temple, car tout à l’entour on voit une quantité considérable de pierres; enfin, en s'avançant encore un peu plus dans le bois. on trouve deux de ces stalues colossales , qui représentent des gardiens ou porliers placés ordinairement à l’entrée des temples; ces figures, taillées dans un seul bloc de pierre, avaient 12 pieds de haut quoiqu'elles fussent assises. En se dirigeant au sud

par Malang, on arrive aux ruines de Soupir- OURANG, COnnues sous le nom de Xotah-Bedah ou le Fort démoli; c'est là que se retirérent les habitans de Madjapahit après la ruine de leur ville, À sept milles anglais au sud-est de Malang on trouve encore d’autres ruines. À Kevaz sont les resles d’un magnifique temple en pierres; il est sur la limite de la forêt; quatre lions sculptés soutiennent la corniche , t'ilyena deux autres à l'entrée. À Dsacox, et dans l'intérieur de la forêt, sont d'autres ruines plus considérables ; l'édifice principal est un des plus grands de tous ceux dont les ruines sont éparses dans cette partie de lle; on y a trouvé unc statue de divinité hindoue, dont la tête avait été enlevée par un résident hollandais; au dos de cette statue est une inscription antique en caractères devanagari. L'édifice a trois étages, ct les intervalles‘ de chacun sont ornés de basreliefs représentant des batailles, entremélés de figures d'oiseaux et d'autres animaux. Toutes ces ruines, dit M. Walckenaer en citant Raffles, sont les restes de l'antique ville de DcecELanD, dont il est souvent fait mention dans l'histoire des Javanais, Lesrésidences de Djocjocarta etde Souracarla sont régies imméiatement par des princes javanais, qui sont les descendans des empereurs de Mataram , si puissans vers la fin du xv° siècle , lorsqu'ils dominaient sur presque loute l'ile de Java; mais leurs possessions sont tellement enclavéës les unes dans les autres qu'on ne saurait indiquer avec précision les pays qui appartiennent à chacun d’eux. C’est vers le milieu du siècle passé , à la suite de la guerre terminée en 1765, que la Compagnie Hollandaise des Indes- Orientales partagea l'EMPIRE DE MATAnAM (Mataren) entre l'empereur de Mataram ou sousounan, et le sultan de Djocjocarta. Dans cette circonstance, la Compagnie, pour se ménager des partisans, établit à chacune de ces deux cours une branche de princes apanagés, avec le titre de pangerang:; et en les dotant richement, elle les plaça dans une position indépendante du prince régnant. Les évènemens prouvèrent l’habileté de cette manœuvre ; car, dans les derniers troubles qui ont agilé et agitent encore cette pare tie de l'ile, ce sont les pangerangs Manko-Nogoro, connus auparavant sous le nom de Prang Wedono, à Souracarta, et Pakou-Alam, à Djocjocarta, qui se sont signalés par leur dévoüment au gouvernement hollandais. Selon Raffles, la surface réunie de ces deux états vissaux et actuellement dépendans du gouverneur-général , est de 11,300 milles carrés anglais, et leur population de 1,657,934 âmes, dont 972,727 vivaient dans les états du sousounan ou empereur de Souracarta, et 685,207 dans ceux du sultan de Djocjocarta, Cette partic de Java , où s'élèvent le Merbabou, le Sindoro, et le Soumbing, regardés comme les plus hautes “zonagnes de l'ile, et où l'on trouve ses plaines les plus belles et les plus fertiles, est aussi celle qui doit inspirer le plus d'intérêt par les ruines d'anciennes villes, par les débris d’une foule de monumens de tous gen res, qui nous révèlent la gloire et la puissance

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d’un peuple, dont l'histoire nous a été jusqu'ici iuconnue, et dontles mœurs et les usages, ici plus qu'ailleurs, ont conservé leur caractère national., Malheureusement pour le géographe, la topographie en est encore très peu connue; mais le savant ouvrage de Raffles, si bien analysé par M. le baron de Walckenser, dans son Monde- Maritime, a jeté tant de lumières sur les importantes antiquités qui attestent son ancienne splendeur, que nous croyons devoir sortir un peu de notre cadre, pour faire connaitre au lecteur ces merveilles, après lui avoir indiqué ses deux capitales modernes qui, malgré leur forte population, n’offrentrien de remarquable, Quant aux antiquités, notre tâche sera de résumer le beau et savant travail de M. de Walckenacr.

SounacanrTA, grande ville, assez bien bâtie à la manière des Javanais; le crallan ou palais impérial, où réside le sousounan , est très grand etse compose d’une foule de bâtimens différens, Le quartier habité par les Européens est bien construit et défendu par un fort, où il y a toujours une garnison hollandaise. En 1815 on estimait vaguement à 105,000 âmes la population de cette ville, qui est plutôt un assemblage de nombreux villages qu’une ville proprement dite dans le sens que l’on donne à ce moten Europe.

Dsocsocarra, autre grande ville, située au sudouest de la précédente, à environ 15, milles anglais de l'Océan. C’est la résidence du sultan de Djocjocarta, descendant du rebelle Mancobumi, reconnu comme prince indépendant de l’empereur par les Hollandais en 1758. M. Hamilton estime à 100,000 âmes sa population pour j'année 1815. Sa construction ressemble à celle de Souracarta.

Voici les monumens les plus remarquables qu'on a découverts depuis le commencement du xix® siècle : À BRAMBANAN, village dans la province de Matarem, entre Souracarta et Djocjogarta, on voit plusieurs temples ruinés, dont il reste encore debout une partie des murailles et plusieurs colounes. Dans les ruines du £emple de Koboudalam, on voit deux statues colossales, renversées et en partie rompues, représentant les deux gardiens du {chandi ou temple. Les {chandis de Loro-Djongrang se composaient de vingt édifices différens, tous avec des enceintes et des entrées particulières ; le plus grand avait 90 pieds anglais de hauteur. Sur le frontispice de la porte d'entrée on a trouvé la. s{alue de ZLoro-Djongrang, de 6 pieds de haut; selon Raffles c’est la même dividilé que Bahawani, la même que Devi ou Dourga de l'Hindoustan ; elle a sous ses pieds un buifle et est pourvue de huit ou dix bras; elle saisit Je vice par les cheveux et le terrasse ; les autres parties du temple renferment des s{atues de Ganesa, de Chiva et d'autres divinités hindoues. Toutes ces immenses constructions sont en pierre de taille, sans mortier ni ciment ; et les plantes qui ont poussé au milieu de leurs débris les couronnent de verdure, les couvrent de leur ombrage et leur prétent des beautés pittoresques, qui ajoutent à leur aspect véaérable, À 420 Loises au nord-cst dû temple de Loro-

BRENT RARE SE RSS MESSE Djongrang on trouve les Tchandi-Siwou (Mille-Temples). 11 est impossible de contempler un pius grand nombre de colonnes, de statues, de bas-reliefs entassés sur un même terrain ; tout est terminé et poli avee une perfection extraordincire, et tous ces monumens prouvent paqurd d'art, d'invention, un goût pur et très exercé, Îci les s/alues des gardiens ou portiers du temple ont 9 pieds de hautcur, quoique agenouillées; iedrs grosses faces ont une expression. de gaité qu'on ne retrouve pas dans les autres monumens de l'ile, ni dans ceux de l'Hindoustan. Chacun de ces lemples forme un parallélogramme qui a environ 540 pieds anglfis de long sur 6510 de large ; ils sont à-peu-près tous construits sur le mème plan, et le style de l'architecture , les costumes et les emblèmes des statues et des bas-reliefs qui les ornent, sont en tout semblables à ceux des temples hindous ; tous sont exactement orientés. et leurs plus grands côtés font face à lorient et à l'occident. La distribution intérieure, comme dans les temples de Loro-Djongrang, est en forme de croix, et la plus grande de toutes les salles se trouve de même placée au centre. À KaLi-BENING, village silué sur le chemin de Brambanan à Djocjocarta, on rencontre les restes d'un temple semblable à ceux de Tchandi-Siwou et de Loro-Djongraug ; mais les ornemens y sont exécutés encore avec plus d'art et d'habileté.

La MONTAGNE DE GOUNONG-DIENG (Gounong- Prahou), située au nord-ouest du mont Sindoro sur la limite des possessions javanaises et de la résidence de Pekkalongan , offre des antiquilés très remarquables. Cette contrée, selon les antiques traditions des Javanais, a été le séjour des dieux ; c'est l’ancien Pays d’Astina ; c'est là que demeuraient 4rdjouna, Gatoulkatcha, Bima et tant d'autres dont les aventures son! racontées dans le Zrata-Youdha ou le poème de la guer:c des Pandous; c'est là, en un mot, qu'est la Térre-Sainte des Javañais. Sur uu plateau élevé de 600 pieds au-dessus du niveau des plaines environnantes et de 1000 pieds audessus de la surface de la mer, on tiouve les débris de plusieurs temples, des stalues d'idoles et d’autres sculptures; l’espace nous manque pour pouvoir les décrire. Gn gravit surce plateau à l’aide de marches en pierre, entièrement bouleversées et presque ensevelies sous des amas de laves et de produits volcaniques , témoignages certains des éruptions volcaniques qui ont eu lieu depuis la construction de ces antiques édifices. Au milieu de cette plainc élevée, on voit encore quatre lemples mieux conservés que les autres, et dont l'architecture est très élégante, On y a découvert plus tard jes ruines de 400 temples différens, rangés de manière à former entre eux des rues ou des routes fort larges, qui se coupaient à angles droits.

A l’autre extrémité des possessions de ces princes vassaux, à l’est de la rivière Solo, on trouve une foule de ruines monumentales, particulicrement dans les districts de MaDyon, KiIRTASANA. Kepint ctSTRenc'aT. À Kediri on voit un temple malhomélan, nommé Astana - Dgedong, qu

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montre, d'après la régularité de sa structure, le poli et l'élégance des matériaux dont il se compose, qu'ila évidemment été construit avec les débris d'anciens tchandis javanais. Les fondemens des maisons, les restes de murs et d’édifices qu'on trouve encore dans cette ville, prouvent que tous les anciens monumens ont été détruits et abakius exprès, et mê.1e avec beaucoup de travail et de peine, lors de l'introduction de l'islamisme. Toutes ces ruines sont des restes de l'antique ville de Dana, dont il est souvent fait mention dans les annales javanuises, Au picd de la colline de Xlotock, qui est une prolongation du mont Willis, à 2 milles anglais à l’ouest de Kediri, sont des chambres creusées dans le roc vif, ornées de statues, de bas-reliefs et de sculptures. À Sentoul, à l'est de Kediri, on voitau milieu d'une antique forêt un pelit édifice construit avec une rare élégance; les entablurés des murs qui l'environnent sont ornées dans l'intérieur par des sculptures finies avec le plus grand soin; au sommet de l'édifice est un réservoir d’eau d’une assez grande dimension, et sous ses fondations on a creusé une chapelle souterraine; il parait avoir été un tombeau. Aux environs de Gidah, village peu floigné de celui de Blitar, est un temple en brique dont les ornemens sont en pierre; la construction et les sculptures sont exécutées avec une surprenante habileté. En s'avançant versie nord-est on contemple les antiquités de Penataran, rangées parmi les plus considérables et les plus curieuses de Java. Le plan de ces édifices démontre qu'ils étaient destinés à des usages pieux et à l’habitation d’un assez grand nombre d'individus ; ils cicvrert 27 espace de forine oblongue, qui se trouvait partagé en trois parties distinc! t entouré d’un mur extérieur; l'entrée prin. pale est gardée par deux stalues colossales. Une figure de A.:..:4 , à quatre visages, supérieurement finie, est placée dans un petit temple qui, par la grâce , la multitude el le pali des ornemens, parait surpasser encore tous ceux dont nous avons parlé.

À environ 29 milles géographiques à l'est de Souracarta, et dans le voisinage du village de Souxou , on voit d'intéressantes ruines sur une des collines qui entourent la bise du majestueux mont Lawou. Une des constructions principales consiste en une pyramide tronquée, qui s'élève surle sommet de trois terrasses superposées les unes au-dessus des autres ; il y a des obélisques, des colonnes et des sculptures en partie renversées, près de cette pyramide. La longueur des terrasses est d'environ 157 pieds ; la première a 80 pieds de hauteur, la seconde 30 et la troisième 150 pieds; la porte d’entrée de ce temple est aussi en pyramide; enfin les figures sculptées et les bas-reliefs que l’on y voit, ressemblent à ceux qu'on a trouvés en Egypte. C'esi un monstre qi dévore un enfant et qui nous rappelle le

cruel Typhon ; c’est un chien qui nous fait ressouvenir du dieu Anubis; c’est une grue qui ressemble beaucoup à l'ibis sculpté si fréqueminent sur les monumens égyptiens; c'est le palmier, le pigeon, l'épervier, le serpent, symboles communs de l'antique Egypte. 11 est remarquable aussi que ce temple est parfaitement orienté. On voit parmi ces ruines une statue gigantesque d'homme, avec des bras ailés comme les chauves-souris, et souvent la même figure se trouve sculptée en bas-relief avec quelques variations. Dans d'autres endroits sont des statues avec un trident à chaque main; d'autres avec des massues; une autre avec un phallus de six pieds de longueur, sur lequel se trouve une longue inscription. Toutes ces sculptures sont travaillées avec moins d'art, et moins bien exécutées que celles de Boro-bodu, de Malang ou de Branbanan, décrites aux pages 1175, 1177 et 1178; elles appartiennent évidemment à une autre époque. 11 n'existe à cet égard aucune tradition dans le pays, mais deux inscriptions découvertes parmi ces ruines portent les dates de 1361 et de 1362. ÎLES qui dépendent géographiquement de JAVA.

En négligeant une foule d’ilots peu importans, ces Îles se réduisent aux suivantes : Madura, qui forme une des vingt régences de Java; son territoire est partagé entre trois princes indigènes, qui gouvernent, sous la suzeraineté des Hollandais , les trois districts de Bangkalan, de Pamakassan et de Sumanap. Le panumbahan, ou prince de Sumanap, a élé élevé à la dignité de sultan, en 1825, par le gouverneurgénéral Van der Capellen, en récompense des services éminens qu’il avait rendus au gouvernement hollandais, BANGKALAN, Pauaxassan et Su- ManaP, trois pelites villes, sont les résidences de ces trois princes indigènes,

L'ile de Bali, dite aussi Petile-Java, divisée en huit petits royaumes indépendans, dunt les principaux sont les suivans : Carrangassem (Karang-Assem), qui estle plus puissant, et dont dépend l'ile de Lombock; Giangur, qui vient après lui pour la puissance; T'abanan, Blelling (Bliling) et Kloug-kloug; ce dernier dominait jadis sur toute l'ile; leurs chefs-lieux respectifs portent le mème nom. Il y a sur la côte sud, à Bali-Badong, une baie ouverte, où mouillent les navires hollandais. Bali est une des parties les plus peuplées et les plus intéressantes de l'Océanie, par la belle race d'hommes qui l'habite, dont la religion et les institutions furent autrefois celles de la plus grande partie de la Malaisie civilisée.

L'ile de Zombock, régie par un radjah tributaire de celui de Carrang-Assem ; ses habitans sont très civilisés et bons agriculteurs; le prince réside dans la pelile ville de Maranan , située sur le détroit de Lombock. Enfin l'IE pu Prince et autres îles moins étendues dans le détroit de la Sonde.

OCEANIE,

Archipel de Sumbava- Timor. .

Nous proposons de réunir sous cette dénomination plusieurs îles, dont les suivantes sont les principales :

SUMBA VA (Sumbauwa, Sumbhawa) divisée en plusieurs petits royaumes dont les principaux sont : BimaA, Doro, Sumnava, TOmBOnO, PEKAT et Sancar. Celui de Bima, qui occupe son extrémité orientale, est de beaucoup le plus puissant, eLexerce une espèce de suzeraineté , non-seulement sur presque toutes les autres, mais il domine aussi sur l'ile de Manggaray et sur la partie occidentale de celle de Flores. BimA, petite ville avec un beau port, est la résidence du sultan, qui est vase \l lui-même des Hollandais. Le volcan Tombors, dans le pelit royaume üe ce nom, jouit d'une funeste célébrité , surtout depuis la terrible éruption de 1815 qui fit périr un cinquième de la population de ce canton. MANGGARAY (Magary, Comodo), petite ile dépendante du sultan de Bima ; elle est placée entre Bima et Flores.

FLORES (Ende, OEnde, r'loresfica, Floris, Grand- Solor ou Manggaray). La partie occidentale dépend du sultan de Bima: tout le reste de l'ile parait divisé entre plusieurs petits souverains indépendans. Quelques-uns de ces derniers étaient naguère vassaux du gouverneur portugais résidant à Lanenrouxa (Larantuca), dans l'extrémité orientale; mais on peut regarder aujourd'hui cet établissement comme abandonné par cette nation. Un beau port sur la côte méridionale de cette Île, appartient à une colonie de Bouguis/ qui refusent de reconnaitre la suzeraineté des Hollandais.

Viennent ensuite les iles SOLOR (Petit-Solor), divisée entre plusieurs radjahs qui paraissent indépendans, mais que les Portugais regardent comme leurs vassaux, ainsi que celui d’Adinara, SABRAO (Adenara, Adinara), régie par un radjah qui réside à AniNara. LOMBLEM , divisée entre plusieurs radjahs qui semblent être tout-à-fait indépendans. PANTER et OMBAY , habitées par des peuplades guerrières, barbares et mème anthropophages:

TIMOR. C'est la plus grande de tout ce groupe : elle est partagée entre 63 petits royaumes presque tous vassaux des Portugais ou des Hollandais,

Ceux que possèdent les tribus des Bellos sont vassaux des premiers; ceux qui sont peuplés par les tribus des Waïkenos reconnaissent là suprématie des Hollandais.

Diuué (Diely), petite ville d'environ 2000 habitans, avec un port surla côte nord-est, est la résidence du gouverneur portugais. Luxa, sur la côte méridionale du pays des Bellos, et Samoro, dans le centre, sont les deux chefs-lieux des royaumes de ce nom , regardés comme les plus puissans de cette division.

Coupanc , dans la partie méridionale de la superbe baie de ce nom, avec un port que les Hollandais ont déclaré franc pour faire tort à la colonie apglaise du Port-Raffles dans l'Australie, C'est dans le fort Concordia que demeure le résident hollandais, dont relèvent les postes de Solor, Savou, Rotti, Simao, et les petits royaumes des Vaïkcnos vassaux.

Nous citerons parmi les états des Vaïkenos, le ROYAUME DE VEALÉ, qui, selon M. de Freycinet, est le plus puissant; celui de Couranc, sur le territoire duquel se trouve la ville de cenom; le roi ré. side sur l'ile Simao dont il est le souverain; le ROYAUME L’AMANOUBANG , dont le roitelet prend le litre pompeux d’empereur : en 1820, à la têle de 2000 cavaliers, il osa combattre les Hollandais pour soutenir son indépendance. Dans l'intérieur de l’île, il y a quelques chefs qui sont entièrement indépendans.

On doit aussi nommer les îles suivantes d’une petite étendue et situées dans le voisinage de Timor, savoir : SIMAO , dépendante du radjah ou roi de Coupang ; on y admire un arbre d'une grandeur extraordinaire ; ROTTI (Rottie), divisée entre 15 radjahs vassaux des Hollandais: celui de Termano est le plus puissant ; DAO, très petite Île, renommée dans tout ce groupe pour les Leaux bijoux en or et pierres précieuses travail!/és par ses orfèvres; SAVOU, partagée entre 4 zadjahs vassaux des Hollandais.

Enfin l'ile de SUMBA (Tchindana, Sandelbosch, Sandalwood, etc., etc.), une des plus grandes de ce groupe ; elle est partagée entre plusieurs chefs, qui depuis une trentaine d'années ont se. coué le joug des Hollandais.

Archipel des Moluques.

Ce vaste Archipel se compose d’un grand nombre d’iles qui presque toutes dépendent soit médiatéement soit immédiatement des Hollandais. Nous proposons de réunir toutes ces Îles dans les trois groupes suivans :

GROUPE D’AMBOINE. C'est le principal sous le rapport politique et administratif, puisqu'il comprend l'ile de ce nom, où réside le gouverneur général dont relèvent non-seu'ement toutes les Îles de ce groupe soumises a’,x Hollandais, mais même l'extrémité orientale ue la péninsule sep- (entrionale de Celèbes, où se trouvent les élablissemens de Manado et de Gorontalo.

Le groupe d'Amboine se compose de onze iles, dont voici les principales : 4mboine (Amboyna ou Amboun), petite, mais très importante sous le rapport politique. C'est le centre de la précieuse culture des girofliers. Ce précieux végétal est actuellement cullivé dans les districts d'4 1 boine, de Harouko, de Larique, de Saparoua et de Hila. Hs sont subdivisés en cantons placés sous la surveillance de chefs natifs, ayant le titre de radjahs ou pallis, mais plus généralement connus sous celui d'Orang Kaija. Dans ces cantons, les parcs ou jardins, nommés en malais {anah dati, contenant un certain nombre de girofliers, se trouvent sous la garde des chefs suballernes, nommés o7'ang

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