‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 2)Chapitre 505 sur 628 · GROUPE · texte numérisé non relu

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putation d’être de mauvais navigateurs et sont de cruels anfhropophages, qui font souvent la guerre pour avoir des ennemis à manger. Îls sont soumis à plusieurs chefs indépendans les uns des autres ; l'ile de Noukahiva est partagée entre six pelits rois. Eu égard aux époee différentes de la découverte des îles

e cet archipel, on le subdivise dans les deux groupes suivans:

GROUPE DES MARQUISES (Marquesas de Mendana). Il comprend les iles découvertes par Mendana , dont les principales sont :

POLYNESIE ou OCEANIE ORIENTALE.

(Santa-Christina) ; c’est la plus fréquentée par ir SLTAUR (Santa-Dominica ÿ ner :* la plus grande du groupe ; e en ver do groupe ; elle a des monta .G PE DE WASHINGTON,. Il com Îles décou"ertes dans la même année cit rh ham et Ma:chand ; ses iles principales sont : OuaroA (Adams d'Ingraham, Travenion de Marchand). OuAnouca (Washington); assez grande.

Noukauiva (Federal-island d'Ingraham , tle Beaux de Marchand). C’est la plus grande et la plus peuplée de tout le groupe. Elle a de hautes montagnes et de bons ports. On prétend qu'une de ses cascades ton: de la hauteur de 2000 pités. Se: habitans sont divisés en deux tribus enne-

Tarouiva (Magdalena); c’est la plus méridio-\ mie.

nale du groupe et de tou: ‘’archirel. TAHOUATA

Archipel de Hawaii.

Situé près du tropique du Cancer et à une grande distance au nord-ouest du récédent , cet archipel , connu depuis oug-temps sous le nom de Sandioich, parait être destiné à jouer un grand rôle par la bonté de ses ports, par le caractère entreprenant de ses habitans et par la position qu’il occupe sur le grand chemin maritime qui unit les trois mondes. Les Hawaiïiens possèdent une flottille assez bien montée et une petite marine marchande ; ils font des voyages à la côte Nord-Ouest d'Amérique, au Kamtchatka, à Canton, et visitent quelques ports de l'Océanie. On doit même ajouter que depuis pu de trente années le gouvernement d'Hawaii a fait, par l'intermédiaire des Anglo-Américains et des Anglais, e commerce du bois de sandal avec la Chine. C’est même à cet arbre précieux qu’il faut rapporter la civilisation actuelle de ces îles; maïs cette source de prospérité paraît s’épuiser rapidement et rien ne semble devoir la remplacer. Les 200 Européens établis parmi ces insulaires y ont wütroduit les arts les plus indispensables à l’état social ; les maisons du roi et des principaux chefs sont meublées à l’européenne, et quelques-unes même avec luxe. Le por: de Hanarourou dans lie Woahou , station deleurs bâtimens de guerre, est défendu jar un fort garni de 30 canons. Les missonnaires Angio-Américains, arrivés à Hawaii (Owhyhee) en 1820, ont converli tn grand nombre de ses habitans; ils ut ouvert des écoles qui, en 1826, étaient lréquentées par plus de 1090 enfans, et vont établi une éypographie où l’on a primé des livrés ascéliques et d’in-

struction élémentaire écrits dans l'idiome de Hawaï. Le nombre des écoliers monte actuellement à plusieurs milliers.

Il ÿ a eu aussi dans ces iles des mission naires catholiques français, qui où été obligés de se retirer. Depuis 1784 jusqu'en 1819, tout cet archipel fut soumis au célèbre Tamehameha Ie" (Tam: hamabh), que les navigateurs anglais romment l’A/fred et le Pierre ji: de l'Océanie. À sa mort, son pouvoir passa entre les mains de son fils Riho-Riho ou Tamekameha I; c’est Ini qui détruisit l'idolätrie et le terrible £abou. Krimakou, son favori et son premier ministre, réussit à s'emparer du fort bâti par les Russesdans l'ile d’Atoui, dont le roitributaire, comptant sur le protection de ces derniers , s'était révolté; il fit prisonnier

Fimouri et le fit noyer. Riho-Kiho ayant entrepris le voyage de Londres, pour implorer la protection du roi, dont il reconnaissait que son royaume était vassal depuis la déclaration faite par son prédécesseur à Vancouver, y mourut avec-sx femme en 1824, Kauikéouli lui succéda sous le nom de Tamehameha III; il sait lire et écrire sa langue , parle un peu l'anglais et sait quelques mots d’espagnol.

Depuis la mort de Tamehameha 1°", le siège du gouvernement a toujours été à Hañarourou, dans Pile de Woahou. La marine du gouvérnement se compose de 4 bricks de 120 à 160 tonneaux et de 7 petites goëlettes : aucun de ces bâtimens west armé. Les bricks, dit M. Morineau, sont comimandés par des Anglo-Américains, et font ordinairement (le plus souvent pour leur compte) la navigation de

225 OCEANIE.

la côte. Mord-Ouest et des Californies.

Les goëlettes, montées par des naturels du pays, font le cabotage d’une ile à l’autre sans donner de bénéfices, souvent même sans aucun but d'utilité. Les marins n’ont point de solde; seulement on leur distribue de temps à autre quelques pièces de nankin. A la page 1295, nous avons déjà parlé de l’expédition malheureuse, conduite par Manuia à Erromango, une des iles de l'archipel de Quiros. Le roi, continue ce marin, dans les cas ordinaires , n’a d’autres troupes actives que sa garde ; elle se compose d’une vingtaine d'hommes, pris dans les dernières classes ; leur service est gratuit et volontaire. Quelques-uns ont encore des portions d’uniforme, d’autres sont enlièrement nus; mais tous portent des fusils, quoique en mauvais état. Il y a une espèce d’arsenal; c’est un magäsin rempli de fusils et d’autres armes en assez grange quantité. Les Etats-Unis d’Amérique, depuis 1821, et l’Angleterre , depuis 1824, ont des consuls auprès du gcuvernement de Hawaii. Voici les îles a qui composent cet archipel :

HAWAII (Owhyhee, Ovaihi, Oaihé). C’est la plus grande non-seulement de l'archipel, mais aussi de toute la Polynésie. On y trouve : KARAKAKOUA , gros village sur la baie de ce nom, avec une maison royale etenviron 3000 habitans. Tian-TaTouA, autre gros village, avec une autre maison royale et un fort. C'est dans celte ile que les Anglais ont établi un consul. Le bon port de WuyTEa a été découvert il y a quelques années sur la côte orientale; cette Île est aussi remarquable par ses hautes montagnes Mouna-Koah, Mouna-Roaet Mouna-Vororay. Nous ne pouvons nousdispenser de dire un mot des heiaus ou lieux de sacrifice qu'on trouve dans cette ile, parce qu'ils paraissent être les constructions les plus remarquables de toute la Polynésie ; ils sont bâtis en lave. Voici la description de celui de Bu ko ho la situé sur une éminence dans le district de Towaihae : il ressemble à une forteresse démantelée. Sa forme, dit M. Ellis, est celle d'un parallélogramme irrégulier, et il a 224 pieds de longueur sur 100 de large. Les murailles, toutes construites en pierre, nt vingt pieds d’élévation sur six de largeur à leur sommet, et près du double à leur base; du cèté de la mer elles n’ont que sept à huit pieds de haut, et sont épaisses en proportion; la lerrasse supérieure est pavée de pierres plates et uuies. Dans une petite cour de la partie méridionale de l'édifice, se trouvait l'idole principale au milieu de plusieurs divinités d’un ordre inférieur. Le prêtre, son organe, se plaçait dans un arus ou espèce de cage en forme d'obélisque, A l'extérieur et: à l'entrée de cette cour, on voyait le rore ou autel

sur lequel s’oûraient les sacrifices. Vers le milieu de la terrasse s'éievaitla maison sacrée du roi, dans laquelle il se tenait pendant la saison de la stricte observance du tabou; et à l'extrémité septentrionale il y avait des maisons pour les prètres. On avait pratiqué, dans les murs de cette terrasse et dans ceux des terrasses inférieures, des niches pour les idoles en bois. Ce temple fut érigé par Tamehameba, il y a environtrente cinq ans. Onze victimes humaines furent sacrifiées le jour de son inauguration à Tairi ou le dieu de la guerre. À Buarua on voyait aussi un autre heiau appelé Kauaikahaora;ilavait 150 pieds de long sur 70 de large. Le missionnaire M. Ellis et ses confrères ont vu d’autres keiaus non moins remarquables et plus ou moinsbien conservés.

Dans cette même ile il y avait deux pohounas ou lieux de refuge, qui rappellent uue institution semblable chez les Hébreux et chez plusicurs autres peuples de l'Asie. Le Pohouna, nommé Honau-N«v, aux environs de Hane-KEAVE près du bord de la iner, a 716 pieds de long sur 494 de large, et est entouré de murs de 12 pieds de haut sur 16 de large, excepté du côté du rivage où il ny a qu'une palissade fort basse. Ces endroits de refuge étaient des asiles inviolables pour le criminel fugitif, pour l'ennemi vaincu, et pour les vieil lards, les femmes et les enfans, pendant l'absence des guerriers. Les prêtres qui y résidaient faisaient périr tous ceux qui avaient le malheur d’offenser l'esprit de Keave.

MAOUVI (Mowi), où se trouvent les baies de MacxnerRay et de RAHEINA. C'est la plus grande après Hawaii et une des plus peuplées. MOROTAI (‘orotay), petite, peu peuplée et sans port.

WOAHOU (0ahu, Ovahou ); c'est la quatrième pour l'étendue et la plus importante de tout l'archipel sous le rapport politique et administratif, L'aspect de cette lle est vraiment magnifique ; on l'appelle le jardin des tles Sandwich, parce que tous les fruits des tropiques y sont naluralisés. Hananourovu (Honolulu), petite ville située dans une belle plaine près de la baie de ce nom, avec le meilleur port de l'archipel, est la capitale de ce petit royaume. Deux forts la protègent, L'un, dit M. Morineau, est placé sur un petit plateau de la montagne qui fait face au port, est très élevé et peut battre à - la - fois la ville et la rade; il n’est point muré; aucun blanc ne peut en approcher; c’est là qu'on garde le trésor qui consiste à ce qu'on dit en 200,000 piastres provenant des économies de Tamehaineha Il et de 400,000 francs appartenant à la reine son épouse; il contient 32 pièces de 12 etde18. Le grand fort, construit par Tamehameha, est placé sur le bord de la mer, à l'extrémité sud-est de la ville; il est muré en terre et a peu de solidité; la batterie est de 50 canons de tout calibre, depuis 4 jusqu’à 32, tous montés sur des afüts de marine. Les rues, sans être alignées, sont régulières et propres ; les cases sont construites avec

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POLYNESIE ou OCEANIE ORIENTALE 1207

deurées destinées à l'approvisionnement des navires. Un petit chef est chargé de prélever pour le roi le dixième du prix de chacun des objets vendus, Il n'y a point de douane à Hanarourou ; les bâtimens étrangers paient pour tous droits dans le port, 50 centimes par tonneau et une piastre bar pied de leur tirant d'eau. Le produit de ces droits forme , avec la vente du bois de sandal , la presque totalité des revenus du royaume. Cette petite ville compte environ 5000 habitans ; dans ce nombre sont compris, selon M. Morineau, 160 à 170 étrangers , dont 8 Français, 40 Anglais, 50 Angio-Américains, 2 Allemands et 1 Espagnol; le surplus se compose de Nègres et de Mulâtres. On compte à peine 100 enfans métis,

Le roi, la reine et les principaux chefs, dit M. Morineau , ont, dans l'intérieur «de l'ile , des Maisons de plaisance , où ils vont se délasser des tracas de la ville. Le roi voyage à cheval, accompagné dé ses courtisans; outre ses gardes, il est toujours suivi d’une foule de curieux , qui vont à pied aussi vite que les chevaux. La reine va en voiture également suivie de sa cour et d’une centaine de serviteurs. Lorsqu'il faut gravir une montagne , on démonte la voiture , et les naturels la portent par pièces. De cette façon, Tamanou voyage commodément par des chemins, où souvent l’on aurait de la peine à passer à cheval.

ATOUI (Atowai, Atooi); c’est la troisième pour l'étendue. Elle a été régie pendant quelque temps par Timouri, qui dominait aussi sur l’ile Onihau, lorsqu'elle formait un petit royaume séparé et indépendant. Elle n’a pas de bons ports et est très montueuse, ONIHAU (Oneehow) est petite, basse et bien peuplée et renommée par ses ignames, ses fruits et ses nattes, Le capitaine Becchey dit que c’est une,propriété du roi.

Les îles MOROKINNE, TAHOUROWA, RANAI, ORIHOUA , TAHOURA sont sans importance et désertes. RANAIÏ seule a des cultures.

On pourrait rattacher à cet archipel comme une DEPENDANCE géographique les bancs etles ttots dangereux que l'on découvre journellement dans l'ouest- nord-ouest de ses îles principales. Nous citerons : l’ÎLE Aux Oiseaux (Birds-Island); le Banc DES FRÉGATES-FRANÇAISES ; l’ILE GanDNer , les Îles Pearz , Henues et NECRER

Sporades.

Nous comprenons sous celte dénominaticn empruntée aux mers de la Grèce, cu Îles et ces petits groupes de la Polynisie, qui, dans l’état actuel de la géographie, ne se laissent pas rattacher aux divisions principales de cette partie du Monde-Maritime, à cause des grands intervalles de mer qui les en séparent. La gographie de presque touses ces Îles est fort arriérée ; la plupart sont mal déterminées etoffrent, sans aucun doute, beaucoup de doubles emplois. Plusieurs manquent d’habitans: celles qui en ont sont peuplées par des tribus qui appartiennent

à la race malaisienne et en offrent les mœurs et les usages. Notre cadre ne nous permettant pas de les nommer toutes, nous nous bornerons à citer les principales que nous partagerons dans les deux séries suivantes :

SPORADES - BÔREALES, ainsi nommées parce qu'elles sont situées au nord de l'équateur, Les principales sont : Roca DE PLATA, qu’on peut regarder comme la terre la plus septentrionale du Moende-Maritime ; SEBASTIAN- LOPEZ ; SAN- BarTHOLOMEO, remarquable par son étendue ; San-Penro ; Royez; Bassos ; BanBanos ; CAMisARES (Smith, Cornwallis); PALMyRA; FANNING, autrefais habitée; WasmiNaron; Noez (Christmas.Y

1208 | OCEANIÉ.

SPORADES-AUSTRALES, ainsi nommées parce qu'elles sont situées au sud de l'équateur, Les principales sont : Océan, PLEASANT et ScHANRs , presque sous l'équateur; Anraun; Duc D'Yonk, déserte, mais remarquable par son temple rustique ; SAN-BERNARDO , qui est peut-être identique avec les ILks pu Dancer, dont les habitans sont presque blancs ; SouvAROrF ; PEREGRINO; PENxHYN, très peuplée: ses habitans ressemblent à ceux de l'archipel de Mendana et offrent la singularité de n'être pas tatc ués,

Pâques ou Vaïnou, pelite, mais remarquable en ce qu'elle est la terre habilée la plus orientale de l'Océanie, et par la civilisation à laquelle devaient être parvenus ses anciens habitans, pour pouvoir tailler et mettre sur des piédestaux les statues colossales vues par Roggewein, Cook et La Pérouse ; ces monumens grossiers , autrefois répandus sur plusieurs points de l'ile, n'existent plus ; le capitaine Kotzcbue ne vit plus que le piédestal d’une des deux qui restaient du temps de Cook; et le capitaine Beechey ne trouva plus à sa place qu'un tas de ruines, SALA, à l'est de la précédente ; elle est déserte, mais importante parce qu'on la regarde comme l'extrémité du Monde- Maritime du côté de l'Amérique.

Le GROUPE DE GAMBIER, que nous séparons de l'archipel de Paumotou ou des Iles-Basses, avec lequel des géographies modernes le rangent à tort, puisque , selon le capitaine Becchey, il se compose de cinqiles hautes ct de plusieurs autres beaucoup plus petites ; une chane d'écueils de corail ceint ces dernières. Dans l'ile Peard, qui est la plus grande , s'élève le mont Duff, Ses habitans offrent une des tribus les plus mélangées dela Polynésie ; ils sont d'une haute taille, mais très inhospitaliers. Ce groupe est d’une haute importance pour les marins à cause de son pec qui sert àles dirigér dans la navigation de ces parages difficiles, par son port qui leur offre un abri et

sürtout par l'eau d'excellente qualité qu'il peut leur offrir , et que selon M. Beechey on ne trouve nulle part pure depuis la côte du Chili jusqu'à l'ile de Tahiti.

L'ILe Pircamn, élevée et sans port. En décembre 1825 elle était habitée par 64 individus descendans de neuf matelots révoltés du navire anglais le Bounty, et de 19 indigènes des deux sexes de Tahiti et de Toubouai qu'ils amenèrent avec eux. Ils reconnaissaient pour chef le vieux Smith ou John Adams, le seul des fondateurs de la colonie qui futencore existant : ils souffraient beaucoup parsuite des diselles imprévues. Transportés il y a quelques années, d'après leur demande, à Tahiti sur deux navires anglais, celte petite colonie après avoir perduplusieurs individus par une épidémie, retourna dans son Île, où en 1833, lorsqu'elle fut visitée par le capitaine Freemantle , elle comptait 79 membres. L'ile Pitcairn paraît avoir eu des habilans à une époque reculée.

Le Gnoure pe Bass, composé des 7/es Coronados qui sont désertes, et de l’êéle Rapa (Oparo), qui est habitée par des insulaires semblables à ceux de Tahiti, mais qui ne sont pas tatoués; ils ont des missionnaires chrétiens. Cette Île a un bon portnommé 4urai, situé sur sa côle est.

PazxEnsTon , entre l'archipel de Cook et celui des Navigateurs; elle n’a pas d'’habitans; Pomaré II voulait y déporter les condamnés de son ile. Sa. vacE (Savage), habitée par des insulaires féroces, dont le physique ressemble beaucoup à celui des insulaires de Tonga ; RorousA (Greuville), au nord de l'archipel de Viti (Fidji): c’est Ja plus importante et la plus peuplée de toutes les Sporades; elle est gouvernée par-un chef éleclif qui réside dans le village d'£pipigi; elle offre des mouillages. OnacusE (Hunter), à l'ouest de l'archipel de Viti. 1 paraît qu'ilexiste dans le sud-est de l'ile Rapa (Oparo) uneile plus grande appelée Maxca- NEvA.

POSS2SSLONS DES SUROPÉBUS DANS L'OBÉANTE.

Quatre nations de l’Europe ont seules fait des établissemens dans cette partie du monde : les Portugais, les Hollandais, les Espagnols et les Anglais.

Aujourd'hui, ce sont les Hollandais qui possèdent les contrées les plus riches et les pluspeuplées; c’est la nation prépondérante de l'Océanie. Les Anglais dominent surles parties les plus étendues, mais les moins peuplées. Les Espagnols régissent la plus grande partie du superbe archipel des Philippines et celui des Mariannes; la population de leurs possessions n’est inférieure qu’à celle des possessions Hollandaises. Les Portugais ne possèdent

plus que les débris du vaste empire fondé dans l’Inde et la Malaisie par Albuquerque et ses vaillans successeurs pendant le xvr: siècle.

OCEANIE-HOLLANDAISE. Cette partie de la monarchie Hollandaise comprend les plus belles et les plus importantes contrées de la Malaisie, savoir : l’ILE DE Java, avec l’éle de Madura décrite aux pages 1172-1179; la plus grande partie de l'ile de Sumatra (pages 1669-1172) et de CELEBES (pages 1183-1184), une grande partie de celle de Bornéo (pages 1184-1186) et de l'ARCHIPEL DE SU- BAVA-TIMOR (page 1180); enfin presque tout l'Ancnivez DES MOLUQUES (pages 1180-1183) el une fraclion de la PAPOUASIE (page 1192). Comme suzcrains du sultan de Tidor, les Hollandais possèdent

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OCEANIE-ESP À NOLE. Cette portion de la monarchie espagnole comprend la plus grande partie de l'AncmPEL DES PHILIPPINES proprement dites (pages 1186-5188); ne pelite partie de Mixpanao (page 1188) et uue fraction de celle de Paracoa (page 1189). Tous ces pays appartiennent à l’archipel des Philippines. Dans la Polynésie les Espagnols ne possèdent que le petit AncHIPEL DES MA- RIANNES (pages 1198-1199). Manille, dans l'ile de Luçon est la capitale de toutes leurs possessions.

OCEANIE-ANGLAISE, Cette vaste partie dè la monarchie anglaise comprend la moitié orientale du ConriNENT-AusTRAL et de petits territaires le long de ses côtes occidentale, australe et septen-

STATISTIQUE DE L'OCEANIE. 1209 oo

trionale (pages 1189-1191); la Dieuentr (pages 1196- 1197), le groupe de Norfolk (page 1195). Les An- 8lais, ainsi que les Anglo-Américains , entretiennent des relations commerciales avec lesinsulaires de Hawaii (Sandwich), de Tahiti (les de la Société), de Viti (Fidji), de la Tasmanie (Nouvelle-Zélande), de Mendana (Marquises) et d'autres parties de l'Océanie, Sydney, dans la Nouvelle-Gallesdu-Sud, est la capilade de toutes leurs possessions,

OCEANIE-PORTUGAISE, Cette partie de la monarchie portugaise ne comprend actuellement que la partie nord-est de l'ile de Timor et les deux petiles Îles de Sannao (Adinara) et Souon. Nous som- ‘mes assuré que l'établissement de Larantuca dens la grande ile de Flores, est abandonné depuis plusieurs années. Dillé (Diely), sur la côte septentrionale de Timor est la capitale des possessions portugaises. Voyez à la page 1180,

LABLEAU STAULSUIQUE DE L'OGÉAUNLE,

Ce que nous avons dit dans l’introduc-

tion au tableau statistique de l’Afrique doit être appliqué à celui que nous allons offrir de l'Océanie. lei, nous n’avons même rien à dire sur les revenus ni sur les armées, car, nous n’hésitons pas à l’avouer, nous ne savons rien. Nous avons déjà dit dans l'introduction au tableau statistique de l’Asie, ce qui concerne les forces navales des principales :aissances Océaniennes, et à la page 1°, nous avons cité d’autres estimations .ait°s par M. Morineau, qui diffèrent peu de celles du capitaine Beechey. Mais le; centaines de nulliers et les millious d’habitans que quelques géographes et des personnes élrangères à la géographie et à la statistique, continuent encore d’assigner à plusieurs porties de l'Océanie, nous engagent à extraire quelques fraginens du mémoire sur la population du globe .

destiné à paraltre avec notre fableau physique, moralet politique des ciiq parties du monde. 11s indiqueront au lecteur le degré de confiance que méritent des calculs aussi étrangement ex. gérés.

Deux causes principales produisent les contradictions si fréquentes que l’on rencontre dans les traités de géographie sur la population de l'Océanie. La première provient de la manière dont on détermine ses limites ; la secu de, dela x 4 Sont on cstime sa population.

Les variations produites par la première cause sont prodigieuses. En admettant même les évaluations de Hassel, la popuktion de l’Océanic surpasserait de 20,304,000 celle que ce statisticien lui assignait en 1828 ; car, d’après les limites qu’il lui donne, elle n'aurait dû avoir que 2,688,000 habitans, tandis que, d’après celles que nous lui assignons avec Malte.

Brun, Walckenaer, Brué et tous les géo+ graphes français, elle en aurait 22,992,000.

Voyez aux pages 30 et 31.

Nous manquons d'espace pour signaler à l'attention du lecteur toutes les diffé.

rences qui existent entre nous et lesautres géographes. Nous nous bornerons à quelques-unes qui sont les plus frappantes.

Hassel, et un grand nombre de géographes qui le copient sans jamais le citer, ont extraordinairement exagéré la population desiles de Bornéo, Sumatra et Celèbes. Des renseigremens positifs que nous devons à l’obligeance de M. le Baron Van der Capellen, avant-dernier gouverneut-général de l’Océanie-Hollandaise, nous ont démontré combien on se trompe en portant au-delà de 7,000,000 la population de Sumatra, au-delà de 4,000,000 celle de Bor 100, et at-dessus de 3,n00,000 ceile de Celèbes, D'un autre côté , le recensement fait pendant l'administration de Raffles, et celui qui eut lieu pendant celle de M. Van der FODEUEE prouvent sans réplique combien élait dans l’erreur

1210 OCEANIE,

Bertuch, qui, en adoptant l'opinion généralement suivie par les g raphes, n'accordait que 2,100,000 habitans à l’ile de Java, y compris celle de Madura. Cependant, dès l’année 1816, lorsque, nous trouvant à Venise, nous ne pouvions pas avoir connaissance des recensemens exécutés par Raffles en 1816, nous avons prouvé qu’il fallait augmenter de beaucoup la population de Java, à laquelle nous accordions 6,000,000 d’habitans.

Les communications obligeantes de M. le capitaine de Freycinet, ainsi qu’un mémoire manuscrit, rédigé par un des deruiers gouverneurs de l’Océanie-Portugaise, et que nous avons eu entre les mains durant notre séjour à Lisbonne, nous ont mis également en état de rectifier l'idée erronée que l’on avait généralement sur la population de l’île de Timor. Nous ne quitterons pas la Malaisie (Archipelindien), sans faire observer que nous avons dû accorder en 1826 à la portion des Philippines qui est soumise aux Espagnols une population supérieure à celle qui lui a été assignée par M. Morquer des Campes.

La ÿopulation de l’Australie est plus difficiie à déterminer que celle des deux au- Lvco grandes divisions de l'Océanie. Nous u& connaissons encore qu’une lisière le iong «es côtes du Continent - Austral (Nouvelie-Hollande), et une très petite partie de son intérieur. Hassel conjecturait, il y a quelques années, que, malgré sa grande étendue, on ne pouvait lui accorder une population indigène que d’environ 100,000 àmes. Plus tard, en 1928, il attribuait au continent et aux les qui en sont le plus près, 200,000 habitans.

Comme il n’est question que d’une très petite somme répartie sur la totalité de l'Océanie, nous croyons ga peut admettre sans grand inconvénient cette faible population. Tout ce que l’on en connaît jusqu’à présent paraît venir à l’appui de l’évaluation du savant statisticien allemand. Aussi, c’est en évaluant si bas le nombre des indigènes indépendans perdus dans les vastes solitudes de l’Australie et de la Diemenie (Van-Diemen), que nous ayons estimé à 100,000 la population de l’Océanie-Anglaise. Les ren- Seignemens que nous avons recueillis sur les peuplzdes indigènes, nous font regarder crie somme comme le maxiaum ; ar, à la fin de 1896 , le nombre

de la population civilisée ne s’élevant qu’à 45,090, le reste présenterait celui de la poyulaton sauvage , ce qui , quelque

rande que soit l'étendue de l’espace sur equel on la suppose errante , nous parait encore trop grand. M. James Bischoff, dans son Ske{ch of the History of Van Diemen's Land, qu'il a publié il y a quelques années à Londres , n’estime pue 600 le nombre des indigènes errant dans les solitudes de la Diemenie. Actuellement cette partie de la population de l’Australie- Anglaise s'élève sûrement à 60,000 âmes, Le lecteur connaît déjà les motifs qui nous obligent à n:: jamais dépasser dans les tableaux l’époque normale de 1826, Nous ferons seulement la remarque que dans ce nombre les femmes ne figurent que dans la proportion d’un cinquième, singularité qui n'a rien d’extraordinaire lorsqu'on pense à la manière avec laquelle cette colonie a été peuplée.

Les renseignemens que nous devons À a ues-uns des officiers des expéditions

e MM. les capitaines Dupcrrey et d’Urville nous ont engagé aussi à diminuer de beaucoup les populations excessives que les gréographes, sur les traces de Hassel, accordaient à la Papouasie (Nouvelle- Guinée).

Dès l’année 1816, nous avons signalé les exagérations relatives aux populations des principaux archipels de la Polynésie, Le missionnaires añglais ayant compté en 1797, les habitans de Tahiti, n’en trouvèrent que 16,050, au lieu des 160,000 que Forster avait assignés à cette ile, D’aprèsles rappor!s de ces mèmes missionnaires , tout l’archipel de Tahiti (de la Société) proprement dit ne renfermait, en 1818, que 13,900 habitans, dont 8000 à Tahiti. Hassel, en s'appuyant sur les calculs exagérés faits par Kingen 1779, et depuis par Johnson, assignait ,dans ces dernières années, à l'archipel de Sandwich ou de Hawaii, tantôt 400,000 habitans , tantôt 740,000, évaluations qui étaient aveuglément adoptées par presque tous les géographes allemands, français, anglais et des autres nations. Selon M. le capitaine de Freycinet, cet archipel renfermerait 264,000 habitans.

M. Gilbert Farquhar Mathison , qui à visité ces Îles en 1822, ne porte leur popure totale tout au plus qu’à 150,000

mes ; et M. Ellis, le savant auteur des

Polynesian Researches, qui par sa po-

CANNAR REIGHA STEIN, CUARLE Hassez, DENAIX , Hassez,

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, qui à leur po- 140,000 teux des ar sa PO-

sition, peut asseoir son jugement mieux que tout autre voyageur , réduisait il y a quelques années ce nombre à 130,000 :

c'est celui que nous avons adopté dans l:

Balance politique du Globe, et que nous reproduirons sans hésiter dans cet ouvrage, malgré les estimations exagérées de quelques auteurs aussi étrencers à la géographie qu’à la statistique s ne quitterons pas ce sujetsans aj:

savant marin , M. le capitaine B

réduit à quelques centainc

d’habitans que les géograph

tisticiens se plaisent à donner :

unes des îles de l'archipel de Pau

dont ils portent la population tota.e jusqu'à 100,000 âmes! nombre qui selon nous est La que décuple de la population réelle de ces ilots.

STATISTIQUE DE L'OCEANIF,

it

Toutes les recherches que nous avons faites sur le nombre des habitans de Océanie el l'examen des faits rassemblés Jusqu'à présent, paraissent pouvoir nous autoriser à lui attribuer 20,800,000 âmes. Le tableau suivant offre les principales Opinions émises par les géographes et les *oyageurs. Afin de se rendre cette comparaison plus facile, nous en excluons toute la Malaisie (Archipel-Indien), et nous nous bornerons à ce que les Allemands bpellent Australie , et les Anglais , ainsi ue les géogra hes d’autres nations, nomment Australie ou Terres-Australes, Ce tableau contient des disparates non moins remarquables qne ceux que nous

avons signalés pour les autres parties du monde,

TABLEAU COMPARATIF DES PRINCIPALES OPINIONS ÉMISES SUR LE NOMBRE DES HABITANS DE L'AUSTRALIE,

pau , en 1828, en ns Paianes Politique du Globe. .....,..,.,,,,,,,.., ru | *ANNABICH, en € et Canpani, eu 1827 (ntroduzione alla Geographia). : : : 1,600! ReicnanD , dans l'édition de la Géographie de Galelli, en 1822, de 1,500,000 à. 7. ri 2.000000 STE, en 1811, et GaLeTTi, dans son Dictionnaire, en 1822......,..... .,.. 2,000,000 CuanLEs JuLius BERGIUS, EM 1828... . .....,........444..........., 2:500,400 Hassez, dans le Pollstaendiges Handbuch , eu 18%:::..:::: 1111111: 2,628,000 DENAIX, en 1828....,....,..,. OR SP I TE DEP 2075 400 Hassez, dans l'#imanach de 1828. Dior, son successeur, dans celui de 1832, et l' 4/2 | manach de Golha de 1829............,,.,,.,,,.........,,... 2,688,000 ScHNABEL , en 1831, dans la 7° édition de Galetti . .,.,.,,.,,.,,.,,,.,.,,.,., 2,700,000 Bauni, en 1819, dans la 2° édition du Compendio di Geographia ........,.., 2.800,00 Le Conversations Lexicon, en 1827 ..,..,,... RO LIT 8,700,000 ST BIO ire nan ace 0 Ue Be ui DE DONS Re LS 3,712,800 Vornev, en 1804, .., 0.4 soso S'00 006 L'Oriental Herald, en 1829. .........,,,,.,..,...,..,.,,....... 8,000,400

Nous ajouterons quelques observations sur les évaluations admises dans le tableau suivant et sur les différences

w’elles offrent avec les nombres adoptés dans la Balance Politique du Globe.

D’après les relations les plus récentes , il parait que les possessions du sultan de Bornéo sont beaucoup plus considérables qu’on ne les évalue communément, et que la partie de cette grande Île dépendante du sultan de Soulou a été beaucoup diminuée depuis plusieurs années. C'est ce qui nous a engagé à modifier en conséquence la superficie et la population de ces deux états.

Si l’on voulait appliquer avec rigueur aux possessions des Européens dans l’Océanie le principe employé pour délerminer les limites de leurs possessions en Amérique , on devrait donner presque toute la grande île de Bornéo et une grande partie de la Papouasie (Nouvelle-

Guinée) à la monarchie Hollandaise, et tout le Continent-Austral (Nouvelle-Hollande) à la monarchie Anglaise. Mais nous avons cru pouvoir sans inconvénient reproduire encore les estimations que nous avons données dans la Balance. Nous avons cependant augmenté la population de l’Océanie-Auglaise, parce que nous avons tenu compte des faibles tribus indépendantes qui errent dans les vastes solitudes que les Anglais regardent comme comprises dans les limites de leur territoire. Dans les chapitres précédens, nous avons déjà exposé nos doutes et notre:

manière de voir sur ce sujet. Nous croyons.

inutile de rappeler au lecteur que tous.

les chiffres que nous lui offrons dans le tableau suivant ne sont et ne peuvent être que de simples approximations. Malgré leur imperfection, elles sont toujours préférables aux calculs hasardés et aux exagérations en plusou en moins faites par

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