‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 3)Chapitre 166 sur 457 · PÉNINSULE ORIENTALE · texte numérisé non relu

PÉNINSULE ORIENTALE

Nous proposons de réunir sous cette dénomination püreriiént géographique toutes les contrées que les géographes routiniers continuent encore à désigner sous le nom impropre de Turquie d'Europe. Les Turks, nation d'origine asiatique, sont étrangers à ces ys qu'ils n'ont jamais entièrement soumis à leur domination, et où, epuis seulement quatre siècles environ, ils sont campés plutôt qu'établis; leur nombre est de beaucoup inférieur, non-seulement à la totalité de tous les aütrés habitans , mais il l’est même à celui des peuples compris dans la souche grécolatine, D'ailleurs , une assez grande partie de ces pays vient de se soustraire tout-à-fait à leur domination, une autre encore plus considérable n'est

nt la fait commu.

ie. Des rues irréa beauté de pluhédrale, regardée les de la Pologne; les monumens fuepuis Boleslas-leet Thadée Kos- Vladimir Potocki plus grosses clole style gothique,

toute la Pologne;

, remarquable en Krakovie, rebâti us la domination ciété de bienfai- 1794 le trésor et éques, qui, après iment moderne le nse édifice appelé uables, surtout le ablissemens littée l'Europe ct dont Prague, Vienne, autres; elle 4 ue remarquable ; fé savante et la 5on commerce assez 0,000 âmes ; après de 18,o60 âmes;

it territoire de la ymnase et près de ux, des mines de

üréthént géogra- S continuent én-

e. Les Turks, ils n'ont jamais eulement quatre ‘ nombre est de les autrés habila souche grécot de se soustraire onsidérable n'est

plus que vassale du sultan , et il est défendu aux Turks de s'établir … son territoire. Tous ces motifs nous ont engagé à réunir ces pays sous os dénomination qui, prise dans la nature mème, n'offre aucun ki véniens qu'on À ok reprocher aux autres, Nous avons Er à sage dépendance géographique de cette grande péninsule eu ( me page 17) les trois groupes d'îles qui forment la répu = gro loniennes, malgré son entière indépendance de l'empire " none liens étroits qui l'attachent à la monarchie Anglaise. Nous " ( soi vd la joindre à la description de cette dernière comme ao P sr pr géographes célèbres , et il n’était pas convenable non p st le ge té 4 ce petit état, qui, par sa position, par la langue etla re igion — bitans, tient si étroitement à la Grèce. Alin d'éviter les répétitions, et po ménager l'espace, nous réuniruns dans quelques articles généraux ; een nous l'avons fait pour l'Italie et d’autres régions , tout ce que la physique .* p" 1e de l'empire Ottoman, du nouvel État ré a sd des prés «res cales de Servie, de Fe... °t de Moldavie, € la république des ; . Zoniennes offre de plus :.…. portant. ps ; POSITION ASTRONOMIQUE. Longitude orientale ; entre 1 3° et 27°. Latitude, entre 35° et 48°. Dans ces calculs on a campris les îles reyardées comme dépendances du Continent Européen. Dub DIMENSIONS. Plus grande longueur : depuis Constantimop e nb l'extrémité nord-ouest de la Croatie Ottomane, 622 milles. Plus Lie le largeur : depuis le PUR à l'est de Jassi, jusqu'à Dragomestre vis-à-vis l'île de Teaki, 600 milles. : :

CONFINS. Au nord, les Confins Militaires de Croatie, de sms] de Hongrie et de Transylvanie, et la Bukovine, contrées al pt ( us l'empire d'Autriche, ensuite la Bessarabie appartenant à der ess A l'est, la Bessarabie, la mer Noire, le détroit de Constantinop 4 . des Dardanelles et l'Archipel. Au sud, la mer de Marmara, l'Arc pus la Méditerranée. A l'ouest, la mer Ionienne, le canal dore, He Adriatique et l'empire d’Autriche, c’est-à-dire le royaume de Da ilitaires Croates. 4 % 0 gi peut ranger toutes les montagnes de cette À 4 de l’Europe dans deux systèmes principaux : Le systéme me te pe thien, auquel appartiennent toutes les hauteurs qui s étenden ris Danube us la Valachie et la Moldavie ; elles se trouvent prones sur la frontière du côté de l'empire d’Autriche. Le système Slavo- " ji us ou des {pes Orientales qui embrasse toutes les autres; le point cu Lis de la chaîne principale ex ce dernier est le Tchar-dagh , due cer a l'élévation à 1,600 toises; air ur le plus a 4 pers j PA égion. Voyez pour les détails aux pages 59, 90; p2- s be Fe on ha font aucune distinction entre les îles qui re nent à l’Europe et celles que nos géographes placent en . dr se les répétitions, nous-renvoyons aux articles Divisions admin DS Topographie des états compris dans cette division; ici nous de À ces à nommer les Zles Zoniennes, dont l’ensemble forme la répu na st nom; l’île de Candie , qui est la plus grande; celle de ht à qu koh après, et les nombreuses îles qui, en différens groupes, forme q D ion Le plus grand de tous est le Raselm ou Ras-

sein dans le pays des Turks Doubroudjis, au sud des embouchures du Danube: ce n'est à proprement parler qu'une vaste lagune. Viennent ensuite les lacs de Scurari ou Zente, d'Ochrida et de Janina dans l'Albanie ; ceux de Xadaka, de Yenidje et de Betchik dans la Macédoine; de Tapolias dans la Grèce Orientale. On pourrait ranger parmi les lagunes celles de Missolonghi dans la Grèce Occidentale, qui ont fait donner à cette ville l'épithète de Petite. Venise , à cause de leur ressemblance aux lagunes qui environnent la magnifique capitale de la ci-devant ré ublique de Venise.

‘FLEUVES. À l'exception du Danube et de la Maritza , tous les fleuves de cette région ont un cours peu étendu. Nous nous bornerons donc à tracer le cours des plis grands, en les classant d'après les cinq mers auxquelles ils aboutissent, et en négligeant entièrement les courans très petits quelle que soit d'ailleurs leur grande célébrité. C’est dans la géographie ancienne comparée à la moderne, qu'il faut chercher la description de l'Achéron, de l'Inachus, du Céphise qui franchissait les murs de Pirée, de l’autre Céphise qui arrosait la Phocide et la Béotie, et d’une foule de petits courans dont les noms retentissent dans l'antiquité. Cette remarque doit s'éteudre aux Lacs et marais si remarquables dans la mythologie et l'histoire de ces pays classiques.

La MER NOIRE recvit :

Le Daxuse, qui est le second fleuve de l'Europe. Il vient de l'empire d'Autriche, et ave

la Sava et l'Unna il trace la frontière de l'empire Ottoman :t des Etats qui en sont vassaux, le long des limites des empires d'Autriche et de Russie, Le Danube passe par Belgrade et Semendria dans la principauté de Servie; par Vidin, Nicopoli, Sistow, Roustchouk, Silistrie, Rasova, Hirsova, Matchin, Isachi et Tultcha dans l'empire Ottoman; Turna visà-vis Nieopoli, Ghiurgevo vis-à-vis Roustchouk et Brahilov dans la principauté de Valachie, et Galata dans la Moldavie; après avoir formé un vaste delta nommé Bogasi, ce grand fleuve entre par plusieurs branches dans la mer Noire. Par le traité d'Andrinople ve u’est plus la branche nommée Souzixe, regardée comme la principale, qui forme la limit: du côté de l'empire Russe, mais celle plus méridionale nommée de Sanrr-Gzonce. Les principaux affluens du Danube à Ja droite sont: la Sav a, qui vient de l'empire d'Autriche * passe par Gradisca ou Bebir et Brod dans l’empire Ottoman, par Schabatz dans la principauté de Servie, où à Belgrade elle entre dans le Danube; la Sava reçoit à la droite l'Unne, qui baigne Bihach, Novi et Dubitza dans la Croatie Ottomane; la Perbas où Perbitza, qui passe par Jaitze et Banialouka dans la Bosnie; la Bosna, à laquelle appartiennent la Aligliatsa où Melaska qui passe par Bosna-Seraï et un autre courant qui arrose Trawnik; enfin la Drina, qui passe par Foczia en Servie, Visegrad et Zwornik en Bosnie; la Morawa, formée par deux branches principales : l'Occidentale qui traverse la Servie, passe par Kruchewatz et est grossie par plusieurs courans qui descendent des monts Glubotin; et l'Orientale qui passe par Nova-Berda et reçoit la Missava qui vient de la Bulgarie et arrose Nissa; l'Zs£er, qui passe près de Samakov, si importante par ses mines de fer, et à quelques milles de Sophia ou Triaditza, dans la Bulgarie. Les principaux affluens du Danube à la gauche sont : le S3:// où Sch y 4, qui traverse la Petite-Valachie ou la Valachie-Occidentale, en passant par Krajova; l'O/t ou A/outa, qui vient de la Transylvanie dans l'empire d'Autriche, traverse la’ Valachie, arrose Rimnik ; c'est à son bassin qu'appartient la riche mine de sel d'Oknamare; l'Ærdjs, qui est grossi à la gauche par la Dumbrovitza, qui traverse Bukarest ; la Ja/onitza, qui passe par Tergovist; le Seret, qui vient de la Galicie dans l'empire d'Autriche, traverse la principauté de Moldavie, en passant par Bakou; c’est à son bassin qu'appartienuent les riches mines de sel exploitées à Okna dans cette principauté; enfin le P ru th, qui vient également de la Galicie, sépare la principauté de Moldavie de la province russe de Bessarabie, et baigne Faltsi; cet affluent est grossi à la droite par le Baglui, qui passe par Jassi. Voyez aux pages 215 et 460,

s embouchures du une. Viennent enina dans l’Albanie ; idoine; de Tapolias s lagunes celles de onner à cette ville ce aux lagunes qui ublique de Venise.

za , tous les fleuves bornerons donc à près les cinq mers nt les courans très est dans la géograher la description

les murs de Pirée, e, et d’une foule de té. Cette remarque s la mythologie et

pire d'Autriche, et avec

ts qui en sont vassaux, N passe par Belgrade et , Sistow, Roustchouk, re Ottoman; Turna visla principauté de Valadelta nommé Hogasi, r le traité d'Andrinople rincipale, qui forme la e de Samr-Gzoncsz. Les de l'empire d'Autriche, Schabatz dans la princieçoit à la droitel'Unnc, la Ferbas où Verbitza, quelle appartiennent la nt qui arrose Trawnik; {wornik en Bosnie; la qui traverse la Servie, endent des monts Glua qui vient de la Bulportaute par ses mines ulgarie. Les principaux verse la Petite-Valachie louta, qui vient de arrose Rimnik; c'est à djs, qui est grossi à la za, qui passe par Ter- , traverse la principauté nuent les riches mines qui vient également de russe de Bessarabie, et i passe par Jassi, Voyez

DESCRIPTION DE L'IUROPE. 505

à ture cmt — ES

L'ARCHIPEL reçoit :

La Manirza, qui est le fleuve le plus considérable; elle prod sa source dans le mont Egrisau, Ce fleuve traverse la Romélie proprement dite, arrose Tatar-Bazardjik , Philippopoli et Adrianople, et se partageant en deux branches vers l'extrémité de son cours, il se rend dans l'Archipel ; sa branche orientale débouche dans le petit golfe d'Enos. L'Ærd a est son principal afiluent à la droite ; ses principaux aflluens à la gauche sont : la T'uu dj a, qui baigue Kasanlik et reçoit elle-même un autre courant qui passe par l'importante ville de Selimno; l'Erkené ou Ergené, qui arrose Djesr Erkené.

Le Kanasou ou Srnouma , dit aussi Manmana ; ce fleuve descend du mont Argentaro et traverse la Macédoine Orientale; c’est à son bassin, encure très mal connu des géographes, qu’appartiennent Dupindja, Guisteudil et Seres; ce fleuve débouche dans le golfe d'Orphauo ou de Contessa, après avoir traversé le lac Kadaka. Pour éviter les répétitiuns et les méprises nous ferons observer qu'il y a un grand nombre de courans d'eau désignés par le nom de Æarasou, composé de deux mots turks qui sigaifient eau noire, parce que les Turks ont donné cette dénomination à toutes les rivières’dont le lit est profond ou dont l’eau est trouble , par opposition aux rivières qui n'ont que peu de profondeur ou dont l'eau est limpide; ils appellent ces dernières Æ4k-sou, c'est-à-dire euu blanche.

Le Vanpan, descend du Tchardagh, traverse la Macédoine, passe par Uscup, Gradisca et entre dans le golfe de Salonique à quelques milles à l'ouest de cette ville,

L'Invsx-Kanasou, parcourt l'extrémité méridionale de la Macédoine, et remontant au nord, vient presque confondre sont petit delta avec celui du Vardar. Le beau lac de Kastoria et la florissante ville de ce nom, aiusi que Kara-Veria, peuvent être regardés comme des dépendances du bassin de ce fleuve.

La Sazamsnia, qui descend du Pindus ou Mezzovo, traverse et fertilise la maguifique vallée qui forme la plus belle partie de la ‘T'hessalie, peu loin de Tricala, arrose Larisse, et, s'ouvrant un passage entre l'Olympe (Lakha) et l'Ossa, se jette dans le golfe de Salonique.

L'Hazvaoa , qui traverse la partie méridionale de la Thessalie, passe près de Patratchik , et laissant Isdin ou Zeitoun au nord et la fameuse gorge des Thermopyles au sud, entre dans le golfe de Zeitoun.

La MER MÉDITERRANÉE reçoit :

L'Iaïs, nommé Rivisax D'Hezos au-dessous de Scala; il descend du plateau central de la Morée, traverse l’ancienne Arcadie et la Laconie, et débouche dans le golfe que nos cartes nomment de Kolochina. Ce petit fleuve est le célèbre Eurotas, qui, selon la remarque de Villoison, porta dans le moyen âge le nom de Fasili-Potamos ou de fleuve royal, à cause du séjour des despotes de Morée à Misitra,

La MER IONIENNE et ses GOLFES reçoivent :

Le Roria (Alpheus), qui descend du plateau central de la Morée, où il traverse l'Arcadie et l'Elide, Malgré la petitesse de son cours, c’est le plus grand courant de la Morée.

L'Asrro Poramo descend du Mezzovo ou Pinde, traverse du nord au sud l'extrémité occidentale de la Thessalie, arrose l’Etolie à la gauche et l'Acarnanie à la drüite, et après avoir reçu le tribut des eaux du lac de Soudi ou de Vrachori et avoir servi dans la partie extrème de sou cours de fruntière entre l'empire Ottoman et le nouvel État de la Grèce, il entre dans un des golfes formés par la mer Ionienne,

L'Anra, descend du Pinde, traverse l'Epire Oriental, baigne Arta et entre dans le golfe ou la lagune de ce nom.

Le Cazamas, paraît descendre des montagnes qui s'élèvent au nord-ouest du bassin de Janina , traverse les campagnes naguère si florissantes de l'Epire ou de la Basse-Albanie, cultivées par les Philates, tribu grecque, et va aboutir dans le canal de Corfou. On pourrait regarder le beau bassin de Jauina, si florissant avant les troubles qui ont désolé cette contrée, comme une dépendance hydrographique de ce bassin. ;

La MER ADRIATIQUE reçoit :

Le Voïussa ou Vanis, qui descend du Pinde, traverse la Basse-Albanie en passant

par Conitza, Premiti et Tebelen, et se rend dans l'Adriatique. Parmi ses aflluens nous

nommerons au maine ! Ærgyrocastron à la gauche, qui passe par la ville de ce nom.

mr

L'Encawr, dit aussi Benareno et Kaavasra ; il descend des montagnes qui s'élèvent la M au nord-ouest de Kastoria, traverse l'Albanie-Moyenne, passe par Berat et débouche prin dans l’Adriatique, Ser

Le Scomss où Tost qui prend sa source dans la même chaine où naît l'Ergent , tra- Serv verse la même contrée, passe peu luin d'Elbassan , et, après avoit baigné Pekim , entre men! dans l’Adriatique. gris

Le Mars, dont le cours est beaucoup plus petit que celui des précédens, mais que nous nommons, parce qu'il parcourt la contrée montagneuse habitée par les Mirdites, peuplade aibanaise catholique, qui conserve une sorte d'indépendance. Ce fleuve nait dans la chaiue qui s'élève à l'ouest du Drin-Noir, passe peu loin d'fschmid et entre dans gneu l'Adriatique. Croia ou Akseraï et Orocher appartiennent à sou bassin. Otto

Le Dasx, qui est formé par la réunion des deux branches nommées Daix Noin, par | qui sort du lac d'Ochrida, passe près de Haute-Dibre, Basse-Dibre et Ibali, et Daix ayan Banc qui vient du côté opposé ; Prisrend et Iacovo pores au bassin de ce der cètre uier, Le Driu passe ensuite par Dagno, Alessio et entre dans l'Adriatique. Ce fleuve qui sont parait être le plus grand de cette contrée, traverse la partie nommée Haute-Albanie.

temp anné

La Bosaxa, nommée Monacca dans la partie supérieure de son cours , traverse la La Haute-Albanie eu passant par Podgoritza, entre dans le lac de Scutari, d'où elle sort sous 0: le nom de Bojans, arrose la ville de Seutari, et au-dessous de Saint-George elle entre moiri dans l'Adriatique. Presque tout l'intéressant canton du Montenegro appartient au bassin les de ce fleuve, comr

La Nansxra, dont le cours supérieur forme un coude immense , arrose l'Hertze- ou I govine ou Dalmatie Ottomane, passe par Mostar et entre dans la Dalmatie Antrichienne Euro où elle aboutit à l'Adriatique. c'est

ETHNOGRAPHIE. Un grand nombre de peuples différens. que lethno- gran graphie classe en six Bo principales, vivent dans cette partie de A

miaa quen du D bana rituel

l’Europe; la souche slave et la souche gréco-latine sont les deux familles ethnographiques auxquelles appartient le plus grand nombre de ses habitans. La soucæe Gaéco-Larine comprend : les Grecs, qui occupent maintenant presque sans mélange tout le territoire du nouvel État de la Grèce; ils sont aussi très nombreux dans la Thessalie, dans la Basse-

Albanie, dans une partie de la Macédoine, de la Romélie ou Thrace, 'egar dans l'ile de Candie; on en trouve aussi quelques milliers dans les princi- profe pautés de Valachie et Moldavie, où ils se sont établis à lu suite des hos- disci]

Ser vi à l'é Cons niens lonie

podars qui étaient choisis dans des familles grecques. Les Grecs forment aussi la nation dominante et la très grande majorité de la population de la république des Ilés Ioniennes. Parmi les nombreuses peuplades grecques connues sous des noms particuliers, nous ne nommerons que les Mainotes comme les plus célèbres. Les Roumnaje où Roumouni, plus connus sous

le nom de Valaques; ils forment presque exclusivement la population l'égl des principautés de Valachie et de Moldavie , et une fraction de la popu- dogm \ lation des provinces intérieures de l'empire Ottoman; ils sont surtout nom- les Ju : breux dans les vallées du Pinde. Les Ztaliens, qui forment presque un Im vingtième de la population de la république de Iles Ioniennes, et qu'on arrêt rencontre en assez grand nombre dans les principales villes commerçantes prem ’ de l'empire Ottoman. Les Skipetars, uommés 4rnaut par les Turks et cette Albanais par les Européens ; ils forment la population principale de l'Al- comm banie, et sont répandus en assez grand nombre dans la Romélie, la Bul- leur i garie et la Macédoine, provinces LA l'empire Ottoman ; on les tronve aussi Routs

dans le nouvel État de la Grèce, par exemple à Hydra, Spetzia , dans l’Ar- le rap golide et autres cantons; leurs tribus principales paraissent être les Gue- cuir à gues, dans la Haute Albanie; les Mérerees et les Toskes ou Torides dans adroil

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ee ae memes eme mom

Seres, Constantinople , Silistria et à Turnavos en Thessalie. On fait d'assez bonnes ctoffes de soie à Constantinople et à Salonique. Les chaudronniers et les ferblantiers de Choumla ont porté leur art à une très grande perfection. On travaille bien l'acier à Bosna-Serai, à Scutari , à Caratova et à Constantinople, On fabrique des armes à feu à Semendria, à Grabora, etc. Enfin, l'émprimerie orientale établie à Constantinople fournit, concurremment avec l'imprimerie du Caire, des livres arabes, persans et turks à tout l'empire. On ne peut rien dire de l'industrie du nouvel État de la Grèce et des principautés de Valachie et de Moldavie ; désolés par la guerre, ces pays n’offrent sous ce rapport rien qui mérite d’être mentionné. Les Iles Ioniennes, malgré les progrès faits par certains arts depuis une trentaine d'années, sont encore très arriérées sous le rapport de l’industrie. Cependant les habitans de ces îles ainsi que ceux du nouvel État de la Grèce se «listinguent par leur habileté dans la construction des nombreux bâtimens marchands qui naviguent dans les parages de cette partie de l’Europe, et qui pendant la longue guerre de la révolution française poussaient leurs courses jusqu'en France, en Espagne et même en Amérique.

COMMEROL. Le commerce maritime et terrestre de l'empire Ottoman est très important ; mais la plupart des affaires sont faites par les Grecs, les Arméniens, les Juifs et les Albanais , ainsi que par le grand nombre d'étrangers Autrichiens, Russes , Anglais, Français, Hollandais et autres Européens qui y sont établis. Le commerce du nouvel État de la Grèce, si florissant avant la guerre de l'insurrection , est presque entièrement anéanti: nous signalerons dans la topographie les villes qui offrent encore quelque importance sous ce rapport. Les Iles Ioniennes, grâce à la paix dont elles jouissent depuis plusieurs années, présentent un commerce florissant et une navigation assez étendue; les franchises accordées d'abord à Corfou ét récemment aux autres ports, en sont en grande partie la cause. Les papas EXPORTATIONS des états compris dans cette région consistent en

étails, surtout chevaux, bœufs et cochons; en peaux tannées et brutes; laine, vins, tabac, coton, raisin de Corinthe, amandes, figues sèches, dattes et autres fruits ; huile d'olive, cire, miel, soie crue et filée, camelot, tapis, maroquin , nuix de galle, garance, gomme dragant, éponges, cuivre , alun, terre sigilée, etc., etc. Les principaux articles d'ImPOnTATION sont : toile , étoffes de soie, draps, bonnets, fourrures, iniroirs, verres et autres objets de cristal et de verre; montres et pendules, porcelaine, papier, aiguilles, plusieurs articles en métal et en bois, sucre, café et autres denrées coloniales, et des sommes assez considérables d'argent comptant, surtout de sequins de Venise. On doit ajouter que l’on importe une grande quantité de blé, de gros et menu bétail et de bois dans les Iles Joniennes, qu exportent en revanche une grande quantité d'huile, de vin , de liqueurs,

e raisin de Corinthe et de sel.

Les villes maritimes les plus commerçantes sont : Constantinople, Salonique, Gallipoli, Enos et Varna dans l'empire Ottoman; Syra, Hydra, Nauplia et Patras dans le nouvel État de la Grèce; Zante, Corfou et 4rgostoli dans la république des Iles Janiennes. Parmi les places les plus commerçantes de l’intérieur de l'empire Ottoman, on doit nommer Ændrinople, Bosna-Scrat et Janina ; et dans les principautés Belgrade en Servie, Bu- Karest en Valachie et Galacz en Moldavie.

PLACES FORTES ct PORTS MILITAIRES. Les principales for-

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Constantinople, Saloman; Syra, Hydra, Lante, Corfou et 4r- ; places les plus comnommer Andrinople, rade en Servie, Bu-

Les principales for-

teresses de cette région sont : Widin, Silistrie, Routschouk, Choumla, Varna, Scutari, Zwornik, Bihacz, Banialouka et Candie dans l'empire Ottoman. On peut ranger dans la même catégorie les fortifications qui défendent le passage de l'Hellespont ou détroit des Dardanelles et celui du Bosphore où détroit de Constantinople, ainsi que la chaîne du Balkan ; on peut mème dire que cette dernière est le principal boulevard de l'empire contre les ennemis du Nord. Par son développement de l'occident à l'orient et parallèlement au cours du Danube, elle servit long-temps de barrière contre les incursions des Daces, des Goths et des Bulgares, et elle avait jusqu'à ces derniers temps arrété tous les efforts des Russes, C'est ce qui fait que les Turks l'ont aussi nommée Emineh-dagh, c'est-àdire montagne qui sert d'abri. Les Turks ont de plus le droit de tenir garnison dans l'importante place de Be/grade dans la principauté de Servie. Nauplia, Negrepont, Missolonghi, les citadelles de Corinthe , d'Athènes, le chdteau de Morée , celui de Lepante, Modon et Coron sont les principales forteresses de la Grèce, Corfou, dans la république des Iles Ioniennes, passe justement pour une des plus fortes places de l'Europe. Les forteresses le long de la rive gauche du Danube, qui appartiennent à la principauté de Valachie devant être démolies, cet ét:t n'en offrira alors :ucune qui mérite d’être citée pour sa force. L

Les principaux ports militaires de cette partie de l'empire Ottoman sont : Constantinople, Varna, Gallipoli. Le nouvel Étot de l1 Grèce offre Navarin, Poros et Lepante. Dans la république des iles Ioniennes Corfou est la station ordinaire d’une partie de la flotte anglaise ans la M. diterranée. ù ji

DIVISIONS FPOLITIQUAS. Nous avons déjà vu les différen: euats dans lesquels cette région est actuellement partagée. Ici nous les répèterons pour indiquer l'ordre que l'on suivra dans leur des. .'ntion. Ces états sont : l'empire Ottoman, dont nous décrirons la seule partie qu’on peut regarder comme appartenant à l'Europe; le nouvel Et { de la Grèce ; les principautés de Servie, de Valachie et de Moldavie, tributaires de l’empire Ottoman; la république des les Ioniennes.

Mais avant de passer à la description de ces différens états, u'il nous soit permis de faire quelques observations sur leurs divisions a ministratives et leur topographie. Malgré tous les soins « ue nous avons mis à offrir l’état actuel & ces contrées, nous sommes bien lin de nous flatter d'avoir atteint le but de tant de recherches. L'anarchie, les guerres intérieures et extérieures, la famine, la peste et autres fléaux qui ont désolé ces contrées , les réformes qu’elles subissent depuis quelque temps de la part de leurs gouvernemens respectifs qui sont encore mal affermis, l'occupation des principautés de Valachie et de Moldavie par les Russes, laissent encore de grandes lacunes et bien des doutes dans tout ce qui concerne les divisions administratives de ces états. D'ailleurs les Turks n’ont pas encore remis :::: Serviens les six districts qui doivent étre réunis à la principauté de Serie; la grande île de Negrepont vient à peine d'être rendue aux Grecs, et Athènes ne l’a pas encore été. Il est donc impossible d'offrir un tahleau exact et complet des divisions administratives de tous ces états. ‘dé par notre savant ami M. Reinaud, nous avons essayé de tracer les divisions actuelles de l'empire Ottoman, autant que ces différens ol:sticles le permettaient. À l'égard de la Grèce

nous offrons le tableau que nous devons à l’obligeance et à l'amitié de M. Michel Schinas, de Constantinople, membre de la commission française en Morée; quoique ses divisions diffèrent considérablement de celles qu'ont publiées plusieurs journaux d'après des documens qui paraissent officiels, nous avions trop de motifs pour leur préférer c£iles de M. Schinas. A l'égard des divisions administratives des principautés de Valachie, de Moldavie et de Servie, nous aimons encore mieux n’en donner aucune que de nous exposer à rédiger un tableau erroné. La seule république des Iles Ioniennes est exempte de ces incertitudes , grâce à 4a sta. bilité de son gouvernement et à la paix dont elle a joui. Ce que nous venons de dire sur les divisions administratives doit nous servir de justification pour la marche que nous avons suivie dans l’article topographie. Imitant notre célèbre ami, nous décrirons, comme l'auteur du Précis, les principales villes de l'empire Ottoman d’après les cinq grandes régions que l’usage appelle Romélie, Macédoine, Albanie, Bosnie et Bulgarie. Nous avons ajoute à la Macédoine la Livadie Septentrionale, qui correspond à l’ancienne Thessalie, et nous avons joint à la Bosnie la Dalmatie et la Croatie Ottomanes. Fidèle au plan adopté dans cet Abrégé, nous avons groupé autour des villes principales de ces grandes divisions toutes les autres villes qui méritaient d’être mentionnées. La topographie de la Grèce n’offrirait aujourd’hui presque aucune ville remarquable sous le rapport du commerce, de l’industrie , de la population et des établissemens littéraires. Mais ses villes classiques offrent tant d'intérêt sous le rapport historique et archéologique, que nous avons cru devoir entrer dans quelques détails pour présenter le tableau de ses imposantes ruines et de ses vénérables souvenirs. Ce sont les conseils et les lumières de M. Dubois, directeur de la section archéologique de l'expédition française

en Morée, qui nous ont guidé dans cette tâche difficile. ni

Empire Otioman. vain

COMFENS. Au nord, les Confins Militaires dans l'empire d'Autriche, les principautés de Servie, de Valachie et de Moldavie et la province russe de Bessarabie. À l’est, la mer Noire, le Bosphore ou le détroit de Constantinople; l’Hellespont ou le détroit.ces Dardanclles et l'Archipel. Au sud ;:la mer de: Marmara, l’Archipel et la mer Méditerranée, le nouvel État de la Grèce. A l’ouest, la mer Ionienne, la mer Adriatique, la Dälmatie et les Confins Militaires dans l'empire d’Autiiche,

PAYS. Toute la ci-devant Turquie Européenne, moins la Bessarabie et la partie dela Moldavie, cédées à la Russie , ainsi que.les pays qui forment les principautés deiServie , de Valachie et-de Moldavie, et le nouvel État dela: Grèce. Tant de pertes n’ont.été compensées. que par l'acquisition des petits territoires de Butrinto, Parga, Prevesa et Vonitza qui appartenaient à: la ci-devant:républiqne de Venise.

FLŒUVES. Le Danube, la Muritza, le Karasau, le Vardar, l'Indje- Karasou , la Salambria , V'Hellada , \' Aspropotamo, Arta ,.le Voioussa , le Drin , la Bojana et la Narenta. Voyez aux pages 5o4, 505 et 506.

GOWTAANEMENT. 1l est absolu, et le souverain , réunissant dans sa personne la puissance temporelle et spirituelle, ne reconnaît pas de frein à ses volontés. Néanmoins, dans la pratique, le souverain n'ose pas se mettre ouvertement au-dessus des volontés de la nation. Les-circon-

ice et à l'amitié de la commission franonsidérablement de documens qui par préférer c£iles de principautés de Va- > mieux n’en donner oné. La seule répudes, grâce à ‘ia staa joui. Ce que nous loit nous servir de dans l’article topv- 1s, comme l’auteur an d’après les cinq ne, Albanie, Bosnie adie Septentrionale, joint à la Bosnie la té dans cet Abrégé, es grandes divisions ées. La topographie le remarquable sous ation et des établisant d'intérêt sous le 1s cru devoir entrer es imposantes ruines et les lumières de NS française le.

l'empire d'Autriche, lavie et la province ore ou ile détroit de nclles et l’Archipel.

literranée, le nouvel Adriatique, ila Dalche,

moins la Bessarabie jue.les pays qui foroldavie, et le nouvel que par l'acquisition Vonitza qui appar-

le Fardar,l'Indje- 4rta ,.\e Voioussa, le , bob et b06.

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stances d'ailleurs ont été depuis près de deux siècles tellement défavorables, que si le sultan fait trembler le peuple, ïe peuple n'inspire pas moins d'effroi au sultan. Nous allons tracer un tableau rapide de l'état actuel du gouvernement Ottoman, que nous devons à l’obligeance de M. Reinaud. Ce tableau est ici d'autant plus nécessaire, qu’il nous dispensera d’y revenir de nouveau, lorsqu'il sera question des provinces Ottomanes d’Asie et d'Afrique.

Le Coran, livre sacré des musulmans, servant à-la-fois de code religieux, civil et politique, et le sultan étant regardé comme le successeur des anciens califes , il en résulte que le prince est investi de tous les pouvoirs à-la-fois. Mais le sultan, du moins depuis plus de deux siècles, n'exerce pas l'autorité par lui-même et, il a deux lieutenans qui sont censés le représenter. Le premier, sous le nom de mu/ti est à la tête des ministres de la religion et de la loi décorés du uom d'oulemas ou savane ; le second, appelé grandvizsir, dirige le gouvernement civil et militaire.

Sous les ordres de ces deux grands dignitaires se trouvent tous les fonctionnaires de l'empire. Ceux dont il est le plus souvent question dans nos relations sont les pachas. Le mot pacha, qu'on prononce aussi backa, est d'origine turque et signifie chef. Il sert de titre au grand-vizir et au capitan-pacha qui est le commandant en chef des forces navales de l'empire, Mais il désigne d’une manière plus générale les gouverneurs des provinces. On en distingue trois classes, suivant l'étendue des pays soumis à leur juridiction, et ils recoivent pour emblème de leur autorité une queue de cheval suspendue au bout d'une pique, terminée par un pommeau doré. Les pachas du premier rang reçoivent trois de ces queucs; ceux du second rang, deux; et ceux du troisième une. L'usage des queues de cheval vient de la Tartarie, pays d’où les Turks tireut leur origine,

La réunion du grand-vizir, du muiti, du capitan-pacha et de tous les chefs d’administation en conseil, s'appelle divan : ice mot est d'origine arabe et signifie assemblée. Ainsi le divan est proprement le conseil de l'empire, et il traite de toutes les grandes affaires d'état. 11 n'est pas bésoin d'ajouter qu'il ne s'assemble qu'à Constantinople.

Le gouvernement reconnaît au reste deux classes de sujets bien distinctes : les musul mans qui représentent les vainqueurs et constituent l'état proprement dit, et les nonmusulmans, c'est-à-dire les chrétiens, les juifs et les païens, qui représentent le parti vaincu, et qui sont soumis à la capitation. Les sujets non-musulmans sont appelés du nom général de rayas, mot arabe qui signifie ‘roupeau. Jusqu'ici la loi les avait placés fort au-dessous dés musulmans: ils ne laissaient pas cependant de jouir de certains privilèges; par exemple, dans chaque localité, là où ils étaient un peu nombreux, ils formaient une espèce de communauté présidée par un d’entre eux appelé prima.

Il existe encore une classe de sujets, et celle-ci est privée de tout droit politique : c'est celle des esclaves. L'esclavage ést admis dans les pays musulmans, comme il l'a été de tout temps en Orient : seulement il est de principe qu'un musulman né libre ne peut pas être fait esclave; et si étant esclave il embrasse l'islamisme , il reçoit ordinairement la liberté, Cette classe est malheureusément très nombreuse. Les Turks, ainsi que les Asiatiques en général , ont toujours recherché des esclaves des deux sexes, soit pour s8 décharger sur eux de toutes les fonctions pénibles , soit pour satisfaire plus librement leur penchant à la volupté, penchzxi qui est plus fort en Orient qu'ailleurs. Il n'est guère de musufman qui wait une femme esclave pour partager son lit, et quelques-uns en ont vingt et même davantage. Ce goût même a été commun à des chrétiens et à des juifs. Les esclaves sont nés dans üne condition servile, ou ont été pris à la guerre, ou bien encore ils ont été achetés à prix d'argent de parens inbumains. Le nombre tend saus doute à diminuer, D'une part le gouvernement Ottoman commence à user de quelques ménagemens envers les prisonniers de guerre; de l’autre, la Circassie et la Géurgie, où se faisait surtout le commerce de jeunes filles, étant maiutenant au pouvoir des Russes, les parens doivent se porter . plus ‘difficilement à ce sacrifice contre nature. Une chose qui u’a rien de contradictoire avee Île despotisme ; c’est que les esclaves deviennent quelquefois pachas et grands-vizirs.

L'empire Ottoman s'est formé des conquêtes successives faites par les sultans, et quelquesunes de ces conquêtes ont été assujéties à des restrictions. Non -seulement certaines con-

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trées, telles que la Crimée, la Transylvanie, les régences de Tunis, de Tripoli et d'Alger, avaient conservé leur gouvernement particulier, ce qui a fait qu’avec le temps plusieurs d'entre elles ont été détachées de l'empire; mais quelques-unes, tout en recevant un gouverneur nommé par le sultan, jouissaient d'institutions locales fort étendues. C'est ainsi que la Rosnie est encore divisée en capitaineries héréditaires, dont les titulaires réunis en corps représentent le pays. Il y a mème des contrées où il reste des familles seigneuriales dont la puissance remonte à plusieurs siècles, et qui se sont toujours maintenues dans leurs possessions. La famille Ghaurini possède depuis 1427 plusieurs villages en Macédoine ; une partie des campagnes voisines d'Angora en Asie-Mineure appartient à la famille de Tchapan-Oglou , et une partie des campagnes de Pergame à celle de Kara. Osman-Oglon. Quelques villes étaient la propriété de certains dignitaires; par exemple l'illustre Athènes formait un fief attaché à la place de chef des eunuques du sérail.

Anciennement les sultans exerçaient eux-mèmes l'autorité, et marchaient à la tête de leurs armées, C'est ce qui a fait la gloire des Amurat, des Mahomet II, des Selim et des Soliman. Mais depuis plus de deux siècles les princes de la famille impériale ont été tenus par le souverain dans le sérail, saus prendre part aux affaires. Aussi lorsqu'ils arrivaient au pouvoir, ils se trouvaient étrangers aux détails du gouvernement, et tout se faisait par les mains des ministres. Pour eux, ils vivaient confinés dans le sérail, au milieu de femmes et d'eunuques.

Les gouverneurs de province, ceux surtout qui étaient éloignés du siège de l'empire, profitèrent de la négligence du souverain pour étendre leur autorité, Comme les places s’achetaient à prix d'argent, et que les gouverneurs, d’après les lois existantes, étaient revétus de l'autorité civile et militaire, ils profitaient de leur position pour amasser de grandes richesses, et quelquefois se faisaient la guerre entre eux comme entre ennemis; ils parvenaient même à transmettre l’autorité à leurs parens ou à leurs favoris, Lorsque le sultan actuel, Mahmoud IT, monta sur le trône en 1808 , le vaste gouvernement de Bagdad était depuis plus de 50 ans entre les mains de pachas qui se l’étaient légué les uns aux autres. Le fameux Ali, pacha de Janina, non content d’avoir obtenu pour ses fils le gouvernement d'une partie de la Grèce actuelle, avait conquis par la force des armes plusieurs villes d’Albanie qu'il joignit à son pachbalik.

Dans les guerres extérieures, les armées ottomanes étaient constamment battues. La Russie, étendant sans cesse ses conquêtes, s'était avancée jusqu’au Danube, et après avoir subjugué la Crimée, menaçait l'empire du côté du Balkan et du Caucase.

Une des causes principales de la faiblesse du gouvernement et de l'anarchie qui se faisait remarquer daus toutes les parties de l'administration, c'était l'insubordination et l'arrogance des janissaires. Ces troupes, autrefois si braves et si disciplinées, n'opposaient plus de résistance à l'ennemi, et n'étaient redoutables que pour leur souverain.

Les janissaires, créés dans le x1v° siècle, furent ainsi nommés de deux mots turks qui signifient nouvelles troupes. 1ls étaient d'abord choisis parmi les enfans des chrétiens

e Bosnie, d'Albanie et de Bulgarie, hommes robustes et belliqueux. On avait décidé qu’ils ne pourraient pas se marier, et que constamment sous les armes ils seraient er, toute saisou sous Îles ordres du gouvernement, Dans ces temps reculés où l'Europe chrétienne n'avait pas d'armée permanente, les janissaires se présentèrent avec une grande supériorité; mais avec le temps l'institution des janissaires, comme toutes les institutions des hommes, subit de sensibles altérations. Au titre de janissaire étaient attachésde nombreux privilèges et des revenus en terres très considérables; les gens en crédit cherchèrent à faire adméttie leurs créatures dans ce corps privilégié, et on y inscrivit les artisans, les employés de l'administration ; le titre de janissaire devint mème héréditaire, et l’on vit des enfans en bas âge décorés de ce nom jadis si terrible. Sur ces entrefaires l'Europe éclairée avait formé des armées régulières , el créé une tactique qui quadruplait la force des individus; dès-lors les janissaires furent hors d'état de se mesurer avec les armées chrétiennes. Eu vainsles sultans , à diverses reprises , essayèrent de réformer des abus si crians, et de

acer les janissaires par des troupes plus fortes et plus dociles ; les abus avaient eu le temps de s’enraciner, et des individus de toutes les classes y trouvaient leur profit. Aussi les sultans échouèrent; plusieurs même, tels que Selim III, périrent victimes de leurs nobles intentions.

is, de Tripoli et d'Alger, s’avec le temps plusieurs es, tout en recevant un ales fort étendues. C'est ires, dont les titulaires ss où il reste des familles ii se sont toujours mains 1427 plusieurs villages Asie-Mineure appartient Pergame à celle de Kara.

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marchaient à la tête de met 11, des Selim et des le impériale ont été tees. Aussi lorsqu'ils arriuvernement, et tout se dans le sérail, au milieu

Le sultan actuel, homme dégagé de beaucoup de préjugés et doué d'une fermeté inébranlable, a enfin commencé de régénérer l'empire, Les circoustances étaient fort critiques; mais ces mêmes circonstances l'ont puissamment aidé dans ses projets de réforme. Nous avons dit que, lorsqu'il monta sur le trône, plusieurs pachas s'étaient rendus presque indépendans, et que l'esprit de désordre s'était emparé de la plupart des esprits ; effrayé par le malheureux sort de ses prédécesseurs, il usa d'abord de la plus grande circonspection; il ramenait par la douceur ceux qui n'étaient qu'égarés; il confirmait ou opposait les uns aux autres ceux qu’il n’était pas en état de déposséder; à l'égard de ceux qui paraissaient intraitables, il recourait quelquefois à la politique orientale, et les faisait périr par le poignard, le poison ou le cordon. À mesure que les évènemens devinrent plus graves, il redoubla de vigueur. Ali, pacha de Janina , ne dissimulant plus ses projets d'indépendance, fut exterminé avec sa famille, et l’Albanie ramenée sous les luis de l'empire,

Pendant la guerre contre la Grèce, en 1826, les janissaires annonçant de nouveaux projets de révolte, il abolit l'institution tout entière, et fit massacrer tous ceux qu’on soupçonnait de vouloir résister, A Constantinople, seulement, plus de vingt mille hommes fureut tués, brûlés ou noyés. C'est alors qu’à l'imitation de ce qui existait déjà en Egypte, les troupes régülières actuelles furent créées ; el. si, dans la guerre qui eut lieu en 1828 et 1829 contre la Russie, ces troupes opposèrent des efforts impuissans, il faut s'en prendre non pas seulement à la supériorité morale des Russes , mais à l'infériorité numérique des troupes régulières turques, et au peu de temps qu’elles avaient eu pour s'exercer à la tactique européenne. L'empire Ottoman se trouva un moment à deux doigts de sa perte; déjà les Russes s'avançant du côté de l'Europe et de l'Asie étaient maitres à-lafois d'Andrinople et d'Erzeroum, et cernaient la capitale; mais depuis la paix, Mahmoud n'a pas cessé de porter la main à toutes les.branches de l'administration , et avec les évènemens qui se passent aujourd’hui dans les Etats chrétiens d'Europe, évènemens qui doivent absorber l'attention de la Russie, l’ennemie naturelle de la Turquie, il est permis de supposer que le sultan , s’il vit encore quelques années, dounera une nouvelle faceà son empire.

Par le traité de paix du 14 septembre 1829, les Russes ont été reconnus maîtres d'Anapa et de toutes les côtes septentrivnales de la mer Noire, depuis l'embouchure du Danube jusqu’à celle du Batoumi; ils occupent les places fortes de la Valachie et de la Moldavie, et même celle de Silistrie, en attendant que le sultan ait achevé-de payer les contribrtious de guerre auxquelles il s'est obligé. La Valachie, la Moldavie et la Servie ont obtenu une administration particulière; la Grèce a conquis son indépendance, et les chrétiens de la Bulgarie ont été investis du droit de soumettre leurs griefs aux consuls russes. D'un autre côté, Mohammed-ali, pache d'Egypte, qui avait fait accorder à son fils Ibrahim le gouvernement de Gedda et d’une partie de l'Arabie, en récompense du zèle dont il fit preuve contre les Wahhabites, vient de recevoir le gouvernement de l'importante île de Crète, comme dédommagement de ses sacrifices dans la guerre de Grèce; enfin la régence d'Alger qui , à l'exemple de celles de Tripoli et de Tuuis, reconnaissait la suzeraineté du sultan, a passé sous la domination de la France. Il existe d’ailleurs de nombreux germes de mécontentement dans la Bosnie et l'Asie-Mineure : cependant le sultan se montre inébranlable. Une des mesures les plus efficaces qu'il a prises pour réduire l'autorité des pachas à de justes bornes, c'est de séparer l'autorité civile de l'autorité militaire; de plus il a aboli le droit de confiscation, droit barbare qui si souvent faisait imaginer des criminels et des coupables ; enfin, voulant se rattacher les diverses classes de ses sujets chrétiens , il a défini d'une manière plus précise les droits de chaque

és du siège de l'empire, lurité, Comme les places 8 lois existantes, étaient position pour amasser de omme entre ennernis; ils leurs favoris, Lorsque le te gouvernement de Bage l'étaient légué les uns ir obtenu pour ses fils le s par la force des armes

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LA: on vi communion, et a accordé un chef particulier aux Arméniens du rit catholique, qui juspor 0 : éclairée qu'ici étaient en butte aux vexations de leurs compatriotes du rit schismatique : il a même lruplait la “eh “di. cherché à réveiller dans la masse de ses sujets le sentiment du bien public; en invitant ec les armées chrétiennes. pendant la dernière guerre les ayans, ou notables de toutes les provinces , à se rendre à

Constantinople pour y délibérer sur la situation de l'empire. Non-seulement ila fondé à Constantinople un collège de médecine, et des écoles militaires et navales; mas à l'imitation du pacha d'Egypte, il vient d'envoyer à Paris quelques jeunes Turks pour qu'ils y profitent des lumières de l’Europe civilisée. Déjà il existait des traductions turques des réglemens militaires de terre et de mer de la France. Le sultan est si peu accessible aux préjugés de sa nation, que sans cesse il dit à ses courlisans ; « Si vous voulez

des abus si crians, et de ciles ; les abus avaient eu puvaient leur profit. Aussi rirent victimes de leurs

ètre hommes, imitez les Européens, » Lui-mêmese moutre souvent vêtu à l’européeune, et prend plaisir à assister à leurs fêtes et à leurs amusemens. Peut-être celle affectation est poussée trop loin, peut-être elle se manifeste d'une manière trop brusque; du muins elle à contribué d'abord à l'espère d'indifférence avec laquelle, dans plusieurs provinces, les peuples ont vu arriver les soldats russes, et elle continue à entretenir une grande irritation dans une partie du peuple.

Le sultan vient de publier un édit par lequel tous les sujets, de quelque religion qu'ils soient et à quelque classe qu'ils appaitienuent, sont déclarés égaux devant la loi et soumis au mème code; la différence de religion, est-ildit dans le décret, étant une-affaire de conscience qui ne regarde que Dieu. A l'avenir les magistrats ne pourront infliger de chàtiment aux rayas, que du consentement des primats dont iis dépendent, Quant aux îles et autres lieux occupés exclusivement par les chrétieus, et qui se trouveut encore sous l'autorité immédiate du sultan, les gouverneurs turks serunt obligés de soumettre tous leurs actes à l'approbation des primats. Les habitans ne pourront ètre juxés que d’après leurs propres lois, et jamais ils ne seront soustraits à leurs juges naturels. Les habitans de l'ile de Samos u’auront daus leur ile ni cadi ni gouverieur turk, Ils serout libres de demauder quelque Grec, leur compatriote, pour les gouverner. 1l leur est azcordé de porter un pavillon particulier, dans lequel se verra la croix.

Ilne serait pas étonnant que les Grecs des diverses provinces otiomanes , qui, il y a quelques années, s'enfuyaient en Morée et dans les iles indépendantes, pour'se déruber au fanatisme des janissaires et aux avanies des pachas, courussent au contraire se ranger sous le joug du sultan, pour y recouvrer la liberté et le repos. Mais quel ne doit pas ètre le dépit des vieux musulmans, quand ils voient professer des idées si nouvelles pour eux! Jusqu'où ne s'étendrait pas la vengeance, si le sultan venait à suceomber!

Une justice à rendre aux Turks, c'est qu'au milieu de religions et de races si diverses, ce sont eux dont le caractère moral offrirait le plus de garanties. D'un naturel mou et insouciant, imbus de préjugés, ils.ne sont pas sales comme les Juifs, avides et fourbes comme les Grecs. Leur caractère est à-la-fois simple et plein de dignité. I est vrai que les Turks n'ont pas, comme les juifs et les chrétiens, été soumis depuis plusieurs siècles à un despotisme capricieux et barbare, à un joug avilissaut,

DIVISIONS ADMINISTRATIVES. Les Turks ne connaissent pas les divisions adoptées dans nos géographies; celles qui ont été données par les meilleurs géographes allemands, quoique exactes pour l’époque à laquelle écrivaient les géographes turks Hadgi-Khalfa et Hezar-Fenn, ne correspondent plus aux divisions actuelles. Les Turks avaient partagé leurs possessions. d'Europe et d’Asie en deux grandes divisions, dont chacune était mise sous les ordres d’un commandant-général, nommé beylerbey, c'est-àdire, bey des beys. Le premier résidait tantôt à Monastir , tantôt à Sophia; le second, tantôt à Angora, tantôt à Kutahya, Outre cette division génévale, il existait des gouvernemens appelés eyalet ou principautés , lesquels étaient subdivisés en. livas ou sangiaks, c'est-à-dire, bannières, Les gouvernemens. étaient sous les ordres de visirs ou de pachas à trois queues , et les livas sous ceux de mirmirans ou de pachas à deux queues.La délimitation de ces gouvernemens avait d’ailleurs été faite d’une. manière bizarre et sans égard aux divisions qu'indique la géographie; par exemple:on avait placé dans le gouvernement des djazayrs ou des îles, gouvernement qni appartenait au capitan-pacha, non-seulement les îles turques d'Europe et d'Asie, mais la Morée, la province de Gallipoli et les côtes de Smyrne. Le sultan avait cru devoir mettre sous l'autorité immédiate du grandamiral, toutes les contrées qui n'étaient accessibles que du eôté de la mer, ou qui par leur position pouvaient contribuer à l’armement et au bienêtre de la flotte. Au commencement du xvn siècle ; lorsque l'empire Ottoman embrassait dans ses limites la plus grande partie de la Hongrie , la

rip oo SP — ————

vètu à l’européenne, et re cette affectation est brusque; du moins elle lusieurs provinces , les enir uue grande irrita-

Transylvanie, la Circassie, l'Aderbaidjan, on comptait 44 eyalets et à livas; il n'existe pas maintenant beaucoup plus de la moitié de ces div rs gouvernemens ; et d’ailleurs les limites de chaque province ont chan Na changent encore tous les jours. Voici le tableau actuel des eyalets de la Turquie d Europe et des livas qui en dépendent. Nous avons dressé " tableau d'après celui qui se trouve dans le savant ouvrage de Mourad * d'Ohsson sur l'empire Ottoman, nous contentant de réunir ensemble"! * dénominations turques et européennes ; et de passer sous silence les vi soustraits au joug du sultan à la suite des derniers évènemens. Nous ob de plus supprimé l'importante île de Crète qui a été mise sous les oärés du pacha Egypte; mais pour nous conformer au plan suivi dans pr mr ; nous en avons décrit les villes principales à la suite de la to graphie de la partie européenne de l'empire. pti EYALET DE ROUM-ILI, chef-lieu tantôt Sornra tantôt Monasr Les divas qui en dépendent et qui portent le héfieh i Por Cia) Sulmque Tia era): Blonde art. “Okhri OA , ni us le l i j “ (Dukagin), Uskiup (Uscup), Dir (Delino où Dani), False (Veldgte

rin, moius la partie qui doit être rendue à la Servie jee Hi chevacz, moins la partie qui doit être side Sy Fe 27200 Hlerne (Re

EYÂLET DE BOSNIE, chef-lieu Boswa-Sanaï: néanmoins le pacha réside à ui: NS quisn dépendent et leurs chefs-lieux un PE à a Fa LS ” Po sat Lg led pes PR + Zavérnik (Zvornik), Adu-i-Kebir, T'rebigne (chef-lieu de l'Hersck EYALET DE SILISTRIE, chef-lieu Srsssrrie.

Les livas qui en dépendent et leurs chefs-lieux, sont : Nicopoli, Tchermen, Visé, Kirkilissa ; ensuite la forteresse dé Belgrade. EYALET DES DJEZAYRS ou DES ILES, chef-lieu Garuirorr. be sr à C ri be, at 4 leurs chefs-lieux sont : anikmid (Nicomédie en inie), Chdteau des Dardanelles, Ouloukh î Ili ou Acarnanie) à Mezestéré ?,Smyrne, Bigha, Metelin, Rhodes, AP heu rl dans l’île de Chypre), Chio, Samos et autres îles de l'Archipel. vo

s, de quelque religion s'égaux devant la loi et décret, étant uneaffaire pourront infliger de chàndent, Quant aux iles et se trouvent encore sous ligés de soumettre tous t être jujés que d'après aturels. Les habitans de Ils serout libres de deeur est azcordé de porter

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TOPOGRAPRIE. ConsTANTINOPLE est située dans une c mante, eutre la mer Noire et celle de Marmara, sur le pd À l'Europe de l'Asie , et dont l’enfoncement forme un des plus A Li de l’Europe. Cette cité porta d’abord le nom de Byzance, et ce t'est me vers l'an 320 de notre ère, que l'empereur Constantin l'ayant choisie eu la capitale de l'empire Romain, elle reçut , avec sa nouvelle importance, le aom qu elle porte aujourd’hui. Tombée au pouvoir des Turks en 1453 elle devint la capitale des vainqueurs, et est appelée par eux tantôt Costaritinié tantôt Zslamboul ou ville de l’Islamisme. La ville proprement dite forme une espèce de triangle, dont la pointe s'avance dans la mer. Au-delà du bras qui forme le port, sont l'arsenal , l+s chantiers de construction et 1 faubourgs de Pera et de Galata: En face sur la côte d'Asie, se trouve Wrn dé l’ancienne Chalcédoine, Scutari, qui est une assez grande ville, et En peut cependant regarder comme une dépendance de la capitale. Ÿ Peu de villes au monde se présentent extérieurement sous un aspect

plus imposant; mais des rues étroites et fort sales, des maisons A l plupart basses et construites en terre et en bois, détruisent en Aa > Iron impression. Les incendies y sont fréquens et quelquefois terri-

les; celui de 1826 détruisit six millé maisons. Souvent ce sont les mécoii: tens qui y mettent le feu, et c’est pour le peuple une manière de faire

connaître ses griefs. 11 est vrai que les immenses forêts qui bordent les côtes de la mer Noire permettent de reconstruire les maisons brûlées: d’ailleurs ces maisons sont loin d'offrir le luxe de meubles et d’ornemens que présentent les nôtres. Des tapis, des sofas, | pie matelas, voilà tout leur mobilier. Mais comment remplacer les objets de tout genre entassés dans les bazars et qui deviennent trop souvent la proie des flammes! Un autre fléau non moins terrible pour.cette ville , c'est la peste qui presque chaque année y exerce ses ravages. Jusqu'ici l’insouciance des musul. mans et Posprit de fatalisme qui les anime ont fait négliger les ressources de la prudence humaine ; sans doute à une époque où des idées de réforme animent le souverain , on cherchera à imiter ies mesures préventives mises en usage dans l'Europe civilisée,

Constantinople est la résidence du sultan, du mufti, des ministres et de tous les grands dignitaires de l'empire. Les religions chrétienne et juive y ont également un chef particulier qui les représente auprès du gouvernement. Les Grecs du rit schismatique, qui rappellent les anciens maîtres du pays, ont un patriarche qui prend le titre d'œcuménique, c'est-à-dire d'universel ,'et qui est à la tête d'un syrode de douze évéques ; les Armcniens schismatiques ont un archevèque, et la même faveur vient d’être accordée aux Arméniens catholiques; enfin , les Juifs sont gouvernés par un Hakam-baschi.

Les palais impériaux à Constantinople portent le nom de sérai!; c’est une corruplicn du mot turk serct, qui signifie demeure. Le Sérail par excellence est le palais qu’occupe le sultan régnant et qui est construit sur l'emplacement de l'ancienne Byzance. Ce palais, bâti par Mahomet II, se compose d'édifices et de jardins, et peut être considéré comme-une ville à part. On dit qu’il égale par son étendue la ville de Vienne proprement dite; on y distingue l'appartement du prince et celui de ses femmes, qui est appelé harem, la salle du trône, l'hôtel des monnaies, le seul qui existe maintenant dans l'empire, et le trésor, où sont déposées toutes les richesses acquises depuis l’origine de la monarchie. On a long-temps cru que ce trésor renfermait des manuscrits d'ouvrages grecs et latins qui ne nous sont point parvenus, et qui se trouvaient dans les bibliothèques de la ville, lorsque les. musulmans y entrèrent. Ce qu'il y a de certain, c'est que M. le général Sébastiani y découvrit. un fort beau manuscrit de Piolomée, qui depuis a-été vendu en Angleterre, et que ce trésor recèle encore des objets de tout genre, bien dignes d’exciter la curiosité des savans si jamais ces vieux débris étaient rendus à la lumière. Un genre ‘d'objets

ui intéressent beaucoup plus les musulmans, ce sont des espèces de reliques qui se rattachent à la gloire de l'islamisme , et qui y sont déposées. Ilsuffira de citer le sangiak-schérif ou noble drapeau, étendard qu'on dit avoir appartenu au prophète Mahomet; et qui étant déployé dans les circonstances critiques, a plus d’une fois relevé l'empire sur le penchant de sa ruine. La porte principale du sérail a reçu le nom de perte Auguste et de porte Sublime ; et comme jadis en Orient la porte d'unemaison était la

artie principale de l'édifice, parce qu'on y traitait de toutes les affaires importantes, le mot porte a désigné ensuite le palais lui-même et la cour impériale. Nous citerons encore l'Eski-serai ou vieux sérail, palais situé daus l’intérieur de la ville, et qui est habité par les femmes et les esclaves du sultan mort ou déposé.

D 4 1m 2 M 0 vote

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DESCRIPTION DE L'EUROPE, 517 Parmi les plus beaux monumens de Constantinople, il faut placer les mosquées; on en compte 344. Rien de plus pittoresque que cette forêt de coupoles et de minarets qui s'élèvent daus les airs ; la principale mosquée est 4ia Sophia où Sainte-Sophie, église fondée par l'empereur Justinien en 532, et qui fut convertie en mosquée lorsque Mahomet If s'empara de la ville. Suinte-Sophie, eu égard à son ancienneté et à la place qu'"lle occupe dans l'histoire de l'architecture, mérite d’être comparée à Saint- Pierre de Rome. Sa eoupole a servi de modèle à celles qui furent élevées plus tard à Venise, à Pise, à Rome et ailleurs; les autres mosquées qui méritent d'être citées sont celles de Sultan Ahmed, située sur la place de l’Hippodrome, de Sultan Soleyman et de Sultan Osman; cette dernière est moins grande que les autres; mais elle les supasse toutes en élégance et en régutarité. On cite encore la mosquée de la Sultane Validé, c'est-àdire de la: sultane-mère, du nom de la mère de Mahomet IV, parce que la plupart des colonnes qui la supportent ont été tirées des ruines d’#/erandria- Troas. I n’est pas besoin d'ajouter qu'à l'exception de Sainte-Sophie, chaque mosquée est appelée du nom de son fondateur.

Les mosquées forment ordinairement un corps isolé, et sont entourées de parvis où se trouvent des fontaines à l'usage des personnes qui veulent faire les ablutions prescrites par la religion. Plusieurs de ces mosquées sont accompagnées de turbés ou chapelles sépulcrales, où reposent les corps des sultans et des grands personnages de l'empire ; chaque turbé a un gardien particulier, et des vieillards y doivent réciter tous les jours le Coran à l'intention du mort. A la plupart des mosquées sont annexées des écoles ou mekteb, où l’on apprend à lire et à écrire, et des collèges ou medressé, où l'on forme la jeunesse dans la logique, la théologie et la jurisprudence ; on y trouve même des bibliothèques publiques , des hôpitaux pour les malades, des lieux de distribution d’älimens pour les pauvres; plus de 30,000 personnes y reçoivent des secours claque jour. Les mosquées comme les autres établissemens publics, sont en possession de recevoir les legs en argent ou en terres, que les personnes pieuses venlent leur faire : aussi n'est-ce pas-une exagération de dire que ces établissemens jouissent maintenant d'une grande partie des richesses de l'empire. On peut citer à la suite-des mosquées les nombreux couvens de religieux mahométans, qui composent plusieurs ordres différens, et qui, sous le nom de derviches, de sofis, possèdent des biens considérables. Le couvent des Meulevis, à Galata , passe pour le plus beau de tous.

La principale église des Grecs est l’église dite patriarcale ; celle des Arméniens est l’église de Saint-George.

Constantinople offre plusieurs places remarquables. Toutes sont aplées meidan, d'un mot persan qui signilie plaine. La plus célèbre porte e nom d’#t-Meidani ou place aux chevaux, parce que les jeunes Turks s'y exercent encore à monter à cheval; c’est l'ancien Hippodrome, et il est encore orné d’un obélisque égyptien en granit de soixante pieds de haut, ainsi que des débris de la colonne aux trois serpens, qu'on croit avoir jadis supporté le fameux trépied offert au temple de Delphes par les Grecs vainqueurs à Platée; vient ensuite la place de Top-Khana , qui est décorée d’une fontaine superbe.

On compte à Constantinople un grand nombre de bazars ou marchés, remplis de tout ce que l'empire offre de plus précieux. C'est là qu'on

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trouve ordinairement les médailles, les pierres gravées et autres objets curieux qu'enfanta l’ancienne Grèce, et qui, après un oubli de plusieurs siècles, sortent chaque jour du sein de la terre. Telle est la sûreté des bazars en général, qu'on a coutume d'y déposer les biens des mineurs, des orphelins et des voyageurs. Un genre de marché dont on se fait difticilement l'idée dans l'Europe chrétienne, c’est le marché d'esclaves. Là sont exposées les personnes à vendre. Les filles esclaves sontexaminées par des matrones préposées à cet objet. Leur prix dépend de leur âge, de leurs attraits et de leurs talens pour la danse , la musique et la broderie. Des femmes font la spéculation d'en acheter de très jeunes, et de leur donner une éducation soignée pour les revendre. C'est le présent le plus précieux qu'on puisse offrir.

Outre les marchés proprement lits, il y a des #hans, espèces d'hôtels réservés aux banquiers et aux gros commerçans qui y suivent le cours de leurs affaires, et des caravanserais , :‘’est-à-dire séjour des caravanes, espèce de halles où descendent les voyageurs et les marchands avec leurs effets. On sait qu'en Oriert, faute de sûreté suffisante sur les routes, les voyageurs ont coutume de se réunir ensemble, et traînent avec eux leurs bagages et presque tout ce qui leur appartient. Dans toutes les villes musulmanes, particulièrement en Asie, et d'espace en espace sur toutes les routes , le gouvernement ou des personnes charitables font construire de ces édifices, où les voyageurs et leur escorte trouvent un abri assuré.

On conçoit que dans une aussi grande capitale, et avec une situation aussi bien choisie, le commerce soit très considérable. Malheureusement les Turks sont paresseux, et ne tirent pas de leur position le parti convenable; d’ailleurs un très grand nombre de navires qui passent devant Constantinople ne s'y arrêtent pas. On suit que depuis l'essor qu'ont pris dans ces derniers temps l’agriculture et je commerce dans les provinces méridionales de l'empire Russe, le commerce de la France, de l'Italie, et de bien d’autres pays avec ces contrées, est devenu non moins florissant que dans l'antiquité. Jusqu'ici le sultan s'était réservé la faculté de ferwer le Bosphore aux puissances qui lui portaient ombrage. Par le traité de 1829, la Russie a exigé que le passage fût entièrement libre.

Les Orientaux n’ayant pas de linge comme nous , et ayant conservé le goût de leurs ancêtres, font un fréquent usage des bains ; on remarque à Constantinople plus de 300 édifices destinés à cet objet; les femmes surtout recherchent ce genre de plaisir. Privées de la faculté de se promener dans la ville, si ce n’est couvertes d’un voile, et ne pouvant recevoir aucun étranger chez elles , elles trouvent une société choisie dans les bains et y passent les journées entières; quant aux hommes ils ont la faculté de se rendre dans les cafés et les auues lieux publics. On trouve à Constantinople des cabarets ; maïs ces maisons sont ordinairement tenues par des

. chrétiens et des juifs.

On se tromperait beaucoup si on croyait que Constantinople manque

d'établissemens littéraires et de moyens d'instruction. Nous avons dit

là la plupart des mosquées sont attachées des écoles où l'on enseigne à lire.ét à écrire, et des collèges destinés à l’étude de la logique, du droit et de la théologie. Le nombre des éco/es primaires s'élève à 1,553 on compte dans les collèges environ 1,600 jeunes gens qui reçoivent une éducation gratuite. C’est dans les principaux de ces collèges , qu'à l'exemple de

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ce qui se passe dans nos universités , se confèrent les grades aux étudians qui se consacrent à la carrière des emplois civils ou ecclésiastiques. Il existe encore quelques écoles supérieures, telles qu'une école de mathématiques, une école de navigation, une école de médecine et une école militaire fondées par le sultan actuel; la ville possède encore près de 40 bibliothèques publiques où se trouvent les principaux ouvrages orientaux, et qui pourraient fournir d’utiles supplémens aux collections analogues de Paris, de Saint-Pétersbourg , etc. Enfin, Constantinople, outre son ancienne imprimerie rabbinique et arménienne, a une imprimerie arabe, persane et turque, qui, jusqu'à la fondation d’un établissement du même genre en Egypte par le pacha actuel et à Tauris par le prince royal de Perse, était la seule en possession de fournir les musulmans de livres consacrés à leur littérature. Cet établissement, créé en 1727 et interrompu en 1746, à été restauré eu 1784; il a été transféré à Seutari et acquiert tous les jours plus d'importance, On y publie toute sorte de livres, sans excepter les ouvrages qui nécessitent l'emploi de figures, tels que les livres de médecine et d'art militaire; le Coran seul est excepté, et il sert encore à occuper un grand nombre de copistes qui n'auraient pas d'autre moyen d'existence. Il est vrai que la plupart de ces divers A 2 Rae ont été formés sur des bases surannées, ou sont d’une date trop récente pour avoir commencé à porter du fruit; le temps seul pourra féconder des semences d'une nature si différente. Une circonstance qui doit rendre les progrès pluslents, c'est que, malgré la publication d’une gazette arabe et turque qui s’imprime au Caïre, lesultan n'a pas encore songé à établir un journal à Constantinople : il n’y existe d’ailleurs ni observatoire ni cabinet d'histoire naturelle.

Un genre de monnmens qui dans ces derniers temps a excité les recherches des savans, ce sont les ayxeducs qui fournissent de l’eau à Constantinople ; les uns sont sur arcades, les autres forment des canaux souterrains. Les uns, ainsi que la plupart des citernes de l'intérieur de la ville, remontent au règne de Constantin; d'autres datent du bas empire ; quelques-uns appartiennent à la domination ottomane. Les plus connns sont: l'aqueduc de Valens, la citerne des mille et une colonnes , V'aqueduc de lustinien. Le général Andréossi , qui a fait une étude particulière de ce genre de monumens, a cru y reconnaître des procédés qui étaient en usage chez les anciens, et qui sont tombés en désuétude chez nous.

Constantinople étant le centre de l'empire, renferme tout ce qui se rapporte à l’armée, à la marine et au gouvernement civil. On trouve le long du port, les arsemaux, les chantiers de construetion et tout ce qui appartient au matériel de la marine. L'arsenal militaire , situé dans le voisinage et appelé top-khana (dépôt de l'artillerie), contient une manufacnre d'armes qui fournit des fusils, des hombes et des canons. Dans l’intérieur de la ville sont plusieurs casernes qui pourraient rivaliser avec les plus belles casernes de l’Europe civilisée. Les deux qui sont aux environs sont des espèces de camps retranchés pouvant renfermer une armée ; l'une porte le nom de Daoud-pacha, et l'autre de Ramis-Tchifflik. C'est dans celle-ci que, pendant la dernière guerre contre la Russie, le sultan planta son étendard, ne se montrant qu'en habit militaire, et annonçant l'intention de s'ensevelir sous les ruines de l'empire. On peut citer à la même occasion le fameux chdeau des Sept- Tours, situé à l'extrémité méridionale de la ville, sur les bords de la mer, et où l’on enferme les pri-

520 ABRÉGÉ DE GÉOGRAPHIF.

sonuiers d'état. Quant aux remparts qui entourent la ville, ils consistent dans un double mur garanti par des fossés et fortifié de tours , et ils pourraient donner lieu à une défense formidable, Mais quelle armée ne faudrait-il pas pour garnir une si vaste enceinte!

Puisqu'il est ici question de fortifications , nous ne pouvons nous dispenser de parler de l'ouverture que présente le Bosphore, et qui pourrait voir arriver en moins de trois jours une flotte russe des côtes de Crimée, Les fortifications élevées à l'entrée du Bosphore en rendent l'accès fort difficile, et la vôte n'offre point d'endroits favorables pour le débarquement; d'ailleurs, la grande proximité de la capitale permettrait d'envoyer à temps du secours. Quant au passage des Dardanelles qui communique a vec la Méditerranée, et qui en 1807 fut forcé par la flotte anglaise, les châteaux qui le bordent en Europe et en Aue présentent un aspect redoutable ; mais ouverts du côté de terre et entourés de hauteurs, ils seraient facilement tournés par des troupes de débarquement, et ne pourraient résister à une attaque combinée de terre et de mer. La plupart des fortifications des Dardanelles et du Bosphore ont été élevées sous la direction d'officiers français.

Outre Sainte-Sophie, les aqueducs, une portion des remparts et les

monumens de l’Hippodrome, il reste encore à Constantinople des débris de l’ancienne domination des Césars, On peut citer la colonne dite istorique , et représentant les exploits de l'empereur Arcadius; les vestiges du palais des Blaquernes ; la colonne brélée, située près de l’At-Meidani et dont les débris ont encore environ go pieds de Eau ; la colonne corinthienne, érigée en mémoire d’une victoire remportée sur les Goths, et qui est placée dans les jardins du sérail; les bas-reliefs qui ornent l’ancienne ps du chdteau des Sopt- Tours ; mais les Turks, par une suite de leur iorreur pour les figures, ont brisé ou mutilé la plupart des statues et des bas-reliels; d'ailleurs, dès l’aunée 1204, lorsque les croisés de France et d'Italie entrèrent dans la ville, ils y firent des ravages irréparables : les incendies ont porté le dernier coup.

La ville est accompagnée de plusieurs faubourgs considérables : celui d'Ayoub est ainsi appelé du nom d’un compagnon du prophète qui y fut tué, lors du premier siège de Constantinople par les musulmans, l'an 668 de notre ère; les Turks y construisirent plus tard en l’honneur d’Ayoub une mosquée où les sultans en montant sur le trône, sont dans l'usage d’aller ceindre le sabre, cérémonie qui leur tient lieu de couronnement. Ce faubourg est situé à l'ouest de la ville, vers le fond du port. Les autres sont placés de l'autre côté du port; ce sont, outre l'arsenal proprement dit et ses dépendances, Pera et Galata. Galata est le quartier des négocians, Pera celui de la diplomatie. C'est à Pera que les ambassadeurs des puissances chrétiennes ont établi eux et leur suite leur séjour; dans les villes du Levant les chrétiens n'osent pas se méler avec les musulmans, et ils adoptent un quartier particulier, autant pour leur sûreté commune que pour les agrémens de la société. Pera, par son élévation, domine le Bosphore, le sérail, le port et une bonne partie de la ville, Rien de plus frappant que ce mélange de costumes, d’idiomes, de mœurs et d’usages ; cette. diversité se fait remarquer surtout dans les fêtes que donnent les Européens, et auxquelles assistent depuis quelque temps le sultan et les officiers de sa cour.

Derrière Pera et Galata est un autre faubourg appelé Saërt-Demetri et qui est occupé pur les Grecs; ce faubourg ne doit pas être confondu avec le Fanal vu Fanar, quartier habité par les anciennes familles grecques qui depuis long-temps étaient en possession de fournir des hospodars à la Valachie et à la Moldavie, Le Fanal est situé sur le port, dans l’intérieur de la ville.

Les Turks étant naturellement graves et sédentaires , sentent peu le besoin des promenades; aussi en existe-t-il peu dans les environs de Constantinople. On rencontre seulement çà et là des kiosks et des fontaines élevées par la piété des fidèles, et auprès desquelles les musulmans viennent fumer et boire du café; l'heure de la prière arrivée, ils font leur ablution, tendent un tapis à terre et s'acquittent de ce qu'ils regardent comme un devoir sacré, On ne voit guère les musulmans se promener que dans les cimetières, surtout celui qui avoisine le faubourg de Pera. Les cimetières sont plantés d'arbres, particul rement de cyprès, et les tombes sont couvertes de fleurs ; ce mélange d'images tendres et lugubres inspire une mélancolie qui plaît à l'âme. 11 est remarquable que les Turks de la capitale, ayant conservé une espèce de prédilection pour l'Asie, berceau de leur religion et de leur nation, préfèrent se ‘aire enterrer sur les côtes d'Asie; aussi trouve-t-on à Scutari un cimetière qui est regardé comme le plus vaste de l'empire. Un genre de promenade que les musulmans recherchent beaucoup, c'est la promenade en bateau sur le Bosphore et vers les îles des Princes; le soir, dans la belle saison , l’eau est sillonnée dans tous les sens et l’on jouit du plus beuu spectacle qu'offre la nature.

On est loin de connaître d’une manière précise la population de Constantinople; chaque année, suivant la remarque de M. Reinaud, la population des provinces, fatiguée par la tyrannie des agens subalternes, vient y chercher un refuge ; et le gouvernement craignant de ne pouvoir

" visionnement d’une grande multitude, est obligé de renouveler de temps en temps la défense d'agrandir la ville par de nouvelles bätisses. Nous cruyons pouvoir évaluer le nombre des habitans de Constantinople à 600,000.

Autant, dit le général Andreossy, les environs de Constantinople sont incultes, arides et privés d'arbres et d'habitations, autant les coteaux des deux rives du Bosphore sont rians et peuplés de jardins, de villages, de palais, de kiosks, de fontaines, de bouquets de bois. Ils N'offrent pas d'interruption d'une extrémité à l'autre du canal: disposés sans art, ces objets si diversifiés imitent dans leur ensemble la prodigieuse variété de la natnre, Parmi les nombreuses localités qui méritent d’être citées, nous nommerons : Be /grade, dans une situation charmante, autrefois séjour d'été de plusieurs Européens, mais que le mauvais air à engagé à déserter ; c'est encore l'endroit où se retirent les plus riches familles chrétiennes de Pera et de Galata lorsque la peste fait ses ravages à Constantinople. Doulukh-Baktche, avec un palais du grand-seigneur construit d'après le goût chinois, Beck ik ta ch, remarquable par le magnifique palais du grand-seigneur qui se trouve dans son voisinage et dont une grande partie fut brûlée en 1816. Kouroutchesme, où les principales familles grecques se retirent pendant l'été, Ro um i ly- Hissar, le plus fort de tous les châteaux qui défendent le Bosphore, presque au milieu du canal, Therapia, avec un grand nombre de maisons de campagne. Zouiouk- Déré, lieu considérable, orné d’un quai servent de promenade; la plupart des ministres européens y passent tout le témps de la belle saison.

Hus loinet dans un rayon de 40 milles, au milieu des hauteurs du Strandjea , on trouve Invomieuis, petite ville remarquable par ses sources minérales et surtout par ses nombreuses habitations taillées dans le roc vif, formant des étages et de longues suites ; c'est

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