‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 3)Chapitre 187 sur 457 · ARABIE · texte numérisé non relu

ARABIE

POSITION ASTRONOMIQUE:. Longitude orientale , entre 30° et 57°. Latitude , entre 1a° ct 34°.

comrims. Au nord, la partie de l'isthme de Suez qui dépend du viceroi d'Egypte et l'Asie Ottomane. A l'est le goife Persique et le golfe d’Oman. Au sud, ce dernier golfe et l'Océan-Indien. A l’ouest, la mer Rouge.

FLEUVES. Peu de contrées sur le globe sont aussi privées d’eau que

l'Arabie. Elle n’a aucun fleuve considérable, à l’exception du Meïpau et du Cuass, qui descendent du plateau de l’Yemen pour se rendre dans la mer des Indes; ce sont les seuls fleuves connus qui paraissent avoir un cours permanent; tous les autres couraus de cette vaste contrée ne sont à proprement parler que des torrens nommés ouadi ou vallons. Ils descendent des montagnes et se dessèchent quelque temps après la saison des pluies, avant d'arriver à la mer. L'EupuraTe ne saurait être regardé comme un fleuve appartenant à l'Arabie, parce que les tribus nomades qui errent sur ses bords peuvent être rattachées à cette contrée, ou comprises dans l’Asie Ottomane, selon qu’elles sont vassales de l'empire Ottoman, ou qu'elles parviennent à recouvrer leur indépendar :e. L’AFTAN, ou la RIVIÈRE DE LausA, qui joue un si grand rôle sur nos cartes, a été reconnue par M. le capitaine Sadlier en 1819 comme un torrent qui se dessèche en été.

RELIGION. L'IsLAMISME, qui a pris naissance dans cette contrée, est la religion professée par la grande majorité de ses habitans, quoique partagée en plusieurs sectes. Les Zeites sont assez nombreux dans l’Yemen, les Abadites , dans l'Oman; les Schëütes, sur la côte du golfe Persique, et les Messekhilites dans l'Hedjaz. Les Wahhabites, secte nouvelle dont nous avons indiqué les doctrines à la page 70, après s'être répandus sur presque toute la péninsule, sont aujourd’hui renfermés dans les pays où ils prirent naissance; on en trouve cependant encore parmi quelques tribus nomades. La ReniGion DE Moïse est professée par un nombre assez considérable de Juifs, dont les Rechabites sont les plus remarquables par leur antiquité et par l'indépendance qu'ils ont su conserver, GOUVERNEMENT. Tous les états de l'Arabie offrent les formes d’un gouvernement modéré, comme dans les imamats d’Yemen et de Mascate et dans le grand -cherifat de la Mecque. Plusieurs des innombrables tribus nomades présentent même les formes d’un gouvernement tout-à-fait patriarcal , et quelques-unes sont de véritables républiques, tantôt démocratiques, tantôt aristocratiques. Nulle part le despotisme ne pèse sur les habitans de cette contrée. L'empire des Wahhabites offrait naguère un singulier mélange de théocratie , de monarchie, d’aristocratie et de démocratie. INDUSTRIE. Les fabriques et les manufactures de l'Arabie sont presque nulles. Ce n’est que depuis peu que les Banianes, c’est ainsi qu’on appelle les Indiens établis dans cette contrée, ont fondé quelques manufactures de coton.

COMMERCE. Quoique le commerce üe l’Arabie ait beaucoup diminué en comparaison de ce -qu’il était avant la découverte du cap de Bonne- Espérance, il est encore assez considérable. Les caravanes qui se rendent à la Mecque, les ports de Fambo, Djiddah, de Kamfidia, de Moka, d'Aden , de Mascate , d'El-Katif et de Gran sont les places les plus considérables. On peut dire que presque tous les objets d’habillement sont fournis par l’Inde, ceux de luxe par l’Europe, et les armes par la Perse et par l’Asie Ottomane. Les principaux ARTICLES EXPORTÉS sont : le café, qui est le plus important de tous; viennent ensuite les perles, les dattes sèches, les peaux, les chevaux, les feuilles de sené, l’indigo, la gomme, en outre une grande quantité de benjoin, d’encens et de myrrhe qui viennent de l'Afrique, quoique dans le commerce ces articles passent pour des produits de la péninsule, Les principaux ARTICLES D'IMPORTATION SOnt ,

rement déserte, mais une tzen , visités par MM. Irby mazures et Champmartin, us belle époque de l’archipar une riviere, elle paraît tre, à angles droits, et que et les autres d'ordre corinre de celles qui sont renverétat , avec des trottoirs pour es roues des anciens chars, d'anciennes murailles inspie entièrement abandonnée sidérable, un amphithéätre nombre de colonnes encore nde, dont les colonnes sont

rouT, Bazsecx, CANNOBIN lie aux pages 653 et 655 ; et ’Oronte, importante par les s nombreuses manufactures gré sa haute antiquité et les ale du petit royaume de son mentionné dans cet Abrégé; tre d’une oasis extrèmement tie par Salomon sous le nom

ses habitans actuels. Située lus haute antiquité l'entrepôt ent et de l'Occident, Ce riche pulentes de l'Asie ; mais c'est ue cette ville magnifique, qui prospérité. Prise et saccagée t reprise dans les différentes à misérable village habité par posantes ruines sont là pour mifique temple du Soleil cont d'une vaste enceinte carrée tre énormes colonnes de gratte même avenue, qui offrent de triomphe; ceux des sépul- , sans ornement dans la partie colonnes dans l'intérieur. Ces eck et de Thèbes sous le raptruction, doivent être 7:7gÉes

orientale , entre 30° et

Suez qui dépend du vice- Persique et le golfe d'O- , A l'ouest, la mer Rouge.

it aussi privées d’eau que

outre les trois que nous venons de nommer, les étoffes, le sucre et autres productions de l'Inde, acier , fer, canons, plomb, étain, cochenille, toiles, perles fausses, armes blanches et à feu, et une foule d'objets provenant des fabriques et des manufactures de l'Europe.

DIVISION et TOPOGRAPHIE. Depuis la chute de l'empire éphémère fondé par les Wahhabites, on peut regarder toute la péninsule comme partagée en un grand nombre paie états indépendans les uns des autres. Les Arabes modernes ne connaissent pas les dénominations inexactes d'A#rabie-Pétrée , d’Arabie-Heureuse et d’4rabie-Déserte. Leurs écrivains ne s'accordent pas non plus dans la division de leur pays, et les divisions données par le célèbre Niebuhr diffèrent de celles qu'ont proposées d’autres savans, Nous croyons qu'on pourrait partager de la sorte cette vaste contrée, en combinant les grandes divisions géographiques en usage chez les naturels avec ses divisions politiques actuelles, dont nous ne donnerons cependant que les principales. Nous ferons aussi observer que les Ottomans ont depuis quelque, années recouvré la puissanee qu'ils exerçaient en Arabie, depuis les vastes conquêtes du sultan Sélim. Voyez aux pages 510, 551-614 et l'Afrique Ottomane.

HEDJAZ. Cette division comprend PArabie-Pétrée de nos cartes, et toute la côte orientale de la mer Rouge jusqu'aux frontières de l’Yemen. Ses principaux états sont :

Le Graud-Cherifat de la Mecque, qui comprend la partie que les Arabes nomment Bezxn-x1-Haram où le Pays Sacaé, Depuis l'expulsion des Wahhabites et du cheïkh d’Abou Arich, cet état peut être regardé comme une dépendance politique du pacha d'Égypte, dont les troupes occupent toutes les places fortifiées et les ports. Ses villes principales sont :

La Mecque, située dans un vallon stérile, au milieu des montagnes, et à deux journées de marche de Djiddah, C’est la capitale du grand-cherifat. Ses rues sont assez régulières, et ses maisons sout bâties en pierre. La ville est ouverte, mais elle est défendue par trois citadelles, La Mecque a beaucoup perdu dans ces dernières années par le pillage auquel elle a été exposée pendant l'occupation des Wahhabites, et par la diminution du nombre de pélerins qui annuellement la visitaient, et qui la rendaient le centre du commerce de l'Arabie avec l'Europe , l'Asie et l'Afrique. Depuis quelques années elle a comiuencé à réparer ses pertes. Sa population, qui de 100,000 avait été réduite à 18,000 âmes à l'époque ou Ali-Bey la visita, s'élève peut-être aujourd’hui à 60,000. La Mecque est célèbre pour avoir donné le jour à Mahomet , et pour avoir été, suivant la remarque de M. Reinaud, le principal berceau des traditions musulmanes. À en croire les mahométans, c'est à la Mecque qu’Adam et Eve, après leur péché et leur pénitence, obtinrent leur pardon de Dieu. C'est également à la Mecque qu'Ismaël , fils d'Abraham , fuyant avec sa mère Agar, la jalousie de Sara, vint s'établir, et douna naissance à l’illustre tribu des Koraischites à laquelle appartenait Mahomet. Abraham , ajoutent les musulmans, ÿ visita plusieurs fois son fils chéri, et y éleva ie temple de la Caaba, qui depuis ce mament n'a pas cessé d’être l’objet de la vénération de fidèles. La Caaba, ainsi appelée à cause de sa forme presque carrée, est un édilice de 34 pieds de haut sur 27 de large, et couvert d’une immense étoffe de soie noire sur laquelle se trouve brodée en caractères d'or la profession de foi musulmane, consistant dans ces mots : Z/ n’y a pas d'autre Dieu que Dieu; Mahomet est l'envoyé de Dieu. C'est le graud-seigueur qui depuis la chute des califes de Bagdad et des sultans mamelouks d'Égypte, fait présent de cette étoffe au temple; il l'envoie par la caravane du Caire, Les portes de la Caaba ne s'ouvrent que trois fois par an, une pour les hommes, une pour les femmes et la troisième pour la nettoyer. A l'extérieur, vers un des angles, est encastrée la fâmeuse pierre noire; tout autour sont le puits de Zemzem où les pélerins viennent se purifier, et diverses coupoles , chaires et autres lieux de station où les pélerins s'acquittent de leurs cérémonies. Le tout est enfermé dans une vaste galerie carrée appelée du nom général de atmesdiid-alharam ou de mosquée sacrée,

LA

DESGRIPTION DE L'ASIE. 662

fes, le sucre et autres ain, cochenille, toiles, le d'objets provenant

et dans laquelle on entre par la porte nommée Yab-alsalam ou porte du salut. La Mecque n'a d'autre industrie que celle d'une quantité d'ouvriers qui font des chapelets, Le célèbre baume de la Mecque ne vient pas dans le voisinage de eette ville, mais dans l'intérieur de la péninsule, Purckhardt qui visita cette ville il y a quelques années, y trouva les sciences dans un grand déclin, Les collèges et autres établissemens, jadis consacrés à l'enseignement public, avaient été convertis en hôtelleries pour les pélerins ; les habitans, livrés au luxe et à une grande corruption de mœurs, ne s'occupaient que de leurs plaisirs, ils n'avaient d'ailleurs presque plus de rapport d'origine avec les anciens maîtres du pays. Burckhardt assure qu’il restait à peine dans la ville quelques hommes de la tribu des Koraischites, et'que tout le reste avait péri à la suite des guerres intestines et des disettes, ou s'était transporté ailleurs.

Dans les environs de la Mecque an doit citer d’abord les lieux qui sont à une légère distance de la ville, et qui ont été consacrés par la religion. Tels sont le monT Anarar et 14 VALLÉE DE Mina, où les pélerins sont obligés de faire des stations et de réciter des prières. T'elle est encore la monracne De Hina, où se trouve une caverne dans laquelle le prophète, quelque temps avant sa prétendue mission , avait coutume de se retirer pour méditer sur les choses célestes, et où l'ange Gabriel lui apparut pour la première fois. Plus loin, dans un rayon de 55 milles et sur les bords de la mer Rouge, se trouve Duooau, que M. Rüppell regarde camme la ville la plus belle et la plus riche de toute la mer Rouge, et à laquelle il acevrde 40,000 habitans, nombre huit fois plus grand que celui que les voyageurs précédens lui assignaieut : c’est comme le port de la Mecque. Elle «st fortifiée et a une nombreuse garnison de troupes égyptiennes, commandées par un pacha, qui maintenant relève directement du vice-roi d'Égypte. Dans l'intérieur des terres est la ville de T'aïxr, célèbre par son territoire arrosé d'eaux enurantes et planté de palmiers, de vignes et d’herbages; elle fournit des légumes et des fruits à la Mecque. Menime, située dans un lieu creux, entre des montagnes arides, et arrosée par un ruisseau appelé 4ioun-Zarkeh ou sources bleues. Cette ville se nommait originairement Yarnes, Son nom de Médine est arabe et signifie ville; il est pour Medinet-Alnébi ou ville du prophète, à cause du refuge qu'y chercha Mahomet lorsqu'il fut obligé d'abandonner la Mecque, sa patrie, et du séjour qu’il y fit jusqu’à sa mort. La principale de ses mosquées est celle qui fut originairement construite sur l'emplacement de la maison où le prophète était mort, et où l’on remarque encore son tombeau, ainsi que ceux des deux premiers califes Abou-bekr et Onmtar. Les musulmans vénèrent de plus la mosquée que Mahomet construisit à sa première arrivée à Medine, et qui, à ses diverses reconstructions près, peut passer pour le plus ancien temple musulman. Trente collèges ou écoles sont vuverts dans Medine pour l'instruction. Les habitans de cette ville, trop nombreux pour les denrées que produit son territoire, subsistent surtout des dons envoyés par les musulmans des autres pays, qui demandent des prières faites en leur nom. Les pélerins font aussi des présens, et le grand-seigneur envoie tous les ans une somme considérable; en un mot tout l’Islamisme contribue à l’entretien des habitans, et enrichit par ses aumônes 8,000 mendians fainéans, qui vivent, dit M. Sadlier, splendidement, traiteut avec arrogance les voyageurs et leur vendent cher jusqu'à l’eau de leurs puits. Dans le voisinage de Medine on doit citer le onr Ono», où le prophète essuya une sanglante défaite de la part des Mecquois ses ennemis; le rurrs px Bena, où Mahomet avait d’abord remporté sur ces mêmes Mecquois une brillante victoire, et qui aujourd'hui, suivant Burckhardt, forme un bourg de 50 maisons; enfin Yamso , petite ville , située sur les bords de la mer et regardée enmme le port de Medinc. M. Rüppell lui attribue 5,000 habitans.

Plus au nord , le long de la mer Rouge, on trouve : Woucur, petite ville, dont le port, selon M. Rüppell, est le plus important de toute la côte, quoiqu'ou le cherche en vain sur les meilleures cartes. Axkaua (Aile ou Ælath des anciens Orientaux, nommée aussi Akaba-el.Masri où Akaba d'Egypte pour la distinguer d'un autre Akaba qui est dans l'intérieur), misérable petite ville, près de laquelle était située la célèbre Asroncasen ; c'est de son port que les vaisseaux de Salomon partaient pour aller à Ophir; c'est aussi par cette ville que les Phéniciens faisaient le commerce avec l’Inde et l'Arabie. Le petit port d’Akaba est le rendez vous d'une partie des pélerins musulmans d'Egypte et de Bar-

ute de l'empire éphéler toute la péninsule indépendans les uns pas les dénominations ’ Arabie-Déserte, Leurs on de leur pays, et les e celles qu'ont propot partager de [a sorte sions géographiques en s actuelles, dont nous s ferons aussi observer ivré la puissance qu'ils du sultan Sélim. Voyez

nos cartes, et toute la côte Ses principaux états sont :

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montagnes, et à deux jourat. Ses rues sont assez réguerte, mais elle est défendue eruières années par le pillage ites, et par la diminution du reudaient le centre du comquelques années elle a com- » avait été réduite à 18,000 rd'hui à 60,000, La Mecque oir été, suivant la remarque sanes. À en croire les maho- : et leur pratepees obtinrent , fils d'Abraham , fuyant avec aissance à l’illustre tribu des utent les musulmans, ÿ visita , qui depuis ce moment n'a a, ainsi appelée à cause de sur 27 de large, et couvert brodée en caractères d’or la a pas d'autre Dieu que Dieu; lepuis la chute des califes de te étoffe au temple; il l'envoie nt que trois fois par an, une ir la nettoyer. A l'extérieur, lout autour sont le puits de ipoles, chaires et autres lieux Le tout est enfermé dans une karam ou de mosquée sacrée,

barie qui se rendent à la Mecque. Vers l’ouest et sur la péninsule formée par la Méditer. ranée, le golfe de Suez et celui d'Akaba, s'élèvent les deux célèbres montagnes Hones et Suxaï. C’est sur la première que Dieu apparut à Moïse et lui commanda d'aller délivrer les Juifs de la servitude d'Egypte; c'est sur le Sinaï que Dieu donna à Moïse les tables de la loi; c'est aussi au pied de cette montagne qu'est situé le couvent de Sainte-Catherine, semblable à une petite citadelle, et un des plus célèbres de l'Eglise grecque. Sa partie principale est la grande église bâtie, ainsi que tout le reste par l'empereur Justinien ; réparée plusieurs fois, elle conserve encore l'autel et la coupole primitifs; on distingue encore sur cette dernière le portrait de Justinien, celui de sa femme Théodora et le ta. bleau de la Transfiguratiou. Ua voyageur récent réduit à 60 ou 80 les milliers de péle. rins qui autrefois visitaient ce sanctuaire, et à une trentaine le nombre de moines qu'il renferme, On ÿ monte et on en descend par le moyen d’un panier et d'un cabestan, Les moines possèdent deux petites pièces de canons et sont bien fournis d'armes pour se défendre contre les Arabes. Leur bibliothèque, relativement à ces contrées, est une des meilleures et des plus riches. On doit ajouter que dans ses environs se trouvent plusieurs emplacemens que la tradition vulgaire a rendus célèbres, et qui sont visités par de pieux chrétiens, juifs et mahométans; tels que le lieu où fut érigé le serpent de bronze, les tombeaux de Moïse et d'Aaron , la grotte où vécut saint Athanase, la chaire de Moïse et l'empreinte du pied de la jumént de Mahomet dans son ascension au ciel. Les montagnes d'Horeb et de Sinaï offrent de plus un grand intérêt pour les physiciens ; M. Gray et l'infortuné Seetzen, quand ils visitérent ces lieux , entendirent par intervalle, sous leurs pieds, un murmure prolongé qui ressemblait aux battemens d'une pendule et qui soulevaient le sable. Déjà du temps de Justinien, l'historien Procope faisait remarquer que le point le plus élevé du Sinaï était inhabité, à cause du bruit terrible qu'on yÿ entendait toutes les nuits. Toute la partie septentrionale de l’Arabie-Pétrée , qui faisait l'effroi des voyageurs, et sur laquelle on n'avait jusqu’à ces derniers temps que des notions vagues , vient d'être explorée, d’abord par Burckardt, Mangles, Irby et autres voyageurs , et tout récemment par MM. Delaborde et Linant. M. Delaborde publie en ce moment un ouvrage remarquable qui donne une idée complète des restes des monumens élevés dans le pays par les Egyptiens, les Grecs, les Romains et les Arabes.

Dans l'intérieur de l'Hedjaz on doit remarquer surtout certaines tribus de Juifs indépendans, mentionnés dans le xr1° siècle par Benjamin de Tudela, sous le nom de Rechabites, et que M. Wolf vient de retrouver dans les environs de la Mecque. Selon ce dernier voyageur, les enfans de Rechab sont au nombre de 60,000 , vivent sous des tentes comme leurs ancètres et dédaïgnent la culture des champs. Ils sont circoncis, professent le judaïsme pur, et ne possèdent que la Pentateuque, les livres de Samuel, des Rois, d'Isaïie, de Jérémie’et des prophètes du second ordre. Ils furent vaincus , mais non domptés par Mahomet. Ces Juifs montrent quelquefois la plus grande hardiesse, A l'exemple des autres tribus de l'Arabie, ils lancent à la rencontre des caravanes un des leurs, qui vient exiger le tribut accoutumé; si elles refusent, il part comme un trait, et bientôt après, une nuée de cavaliers vient fondre comme la foudre sur les voyageurs.

Plus au nord et vers le sud de la mer Morte on trouve : Er-Dsx, village principui du Ouanr-Mousa, auquel des voyageurs modernes n'accordent que 2 ou 300 maisons, mais très remarquable à cause des restes imposans encore très bien conservés de l’ancienne Petra, situés dans ses environs, visités-en 1818 par MM. Irby et Mangles, et dernièrement par MM. Delaborde fils et Linant; la superbe avenue de tombeaux, de plus de 2 milles de long, taillés dans le roc; le grand temple auquel elle aboutit, le théatre, les colonnes et les immenses débris de sculptures de tout genre, ainsi que la situation romantique de ces imposantes ruines doivent -les faire placer à côté de celles de Balbeck, de Djerrach et de Palmyre.

À quelques milles de Petra sont : Carnac ou Kaner et MonT-R&az où CHAUBEK, qui jouèrent un grand rôle dans les guerres des Croisades. Karek est encore une petite ville assez considérable pour ces pays ; Burckhardt Jui accorde 5 50 familles.

‘ L’YEMEN comprend tout le sud-ouest de la péninsule. La partie le long de la mer Rouge se nomme Tehama, Cette grande division se subdivise en Yemen proprement dit eten Hadramaut. Tous les deux comprennent un grand nombre d'états indépendans.

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Dennévén où Dentan, située à l'entrée d'une profonde et étroite vallée , resserréë par des montagnes arides. C'était la capitale de l'empire des Wabhabites, Elle comptait 28 mosquées, 30 collèges et a,500 maisons clair.semées, bâties moitié eu briques et moitié en pierres; on portait sa population au-delà de 15,000 âmes. Les forts, les murs et les tours de cette ville, ainsi que ses établissemens publics ont été détruits par Ibrahim-Pacha, après un siège de 7 mois, En 1819 Derréyéh était déserte, quoique les géographes continuent à nous la représenter comme étant dans son premier état; rien n'indique qu'elle se soit relevée depuis-lurs, Mouxrouuau , dont les murs ont été rasés par les Turks en 1818, pouvait contenir 2,000 familles, selon M. Sadlier, Antzeu ou Anevten, ville commerçante, située presque à égale distance de la mer Rouge et du golfe Persique; elle a éprouvé le sort de Mounfouhah,

Les principales tribus du Désert sont : les Anaseh, qui paraissent ètre les plus nombreux ; ils erreut daus les vastes solitudes qui s'étendent entre Alep, Damas, Bagdad et le Nedjed. Les tribus Would-Alÿ, Szamar, Doukhy et Mehennh reçoivent une rétribution du pacha de Damas pour laisser passer la caravane de la Mecque sans l'inquiéter, et une autre des gouverneurs des provinces oltomanes limitrophes pour ne pas en molester les paisibles habitans, Les Anaseh sont régis par plusieurs cheïks, dont quelquesuns sont très puissans, Quelques-unes de leurs branches se sunt établies dans le Nedjed el entre autres à Khaïbar, où les Juifs exercérent long-temps une grande puissance.

Les Chararat sont très misérables, mais nombreux; ils sont gouvernés par 3o à 4v cheiks. Les Heni-Szahher, qui avec d'autres Arabes sont connus sous le nom collectif de {hil-el.Chemoul; ils errent pendant l'été duns les déserts qui s'étendent au sud de Damas ; ils sont soumis à deux cheïks principaux et à 20 ou 30 petits chefs, et reçoivent une rétribation du pacha de Damas, Les Maoualy, qui errent dans la partie septentrionale du désert et s'approchent souvent des environs d'Anah sur l'Euphrate; ils sont gouvernés par un cheïk suprème , et reçoivent une rétribution des hubitans des villes frontières,

: l'Inde sont amentes dans s perles qu'on pêche dans o habitaus est estimée par Rosrax, dans l'intérieur, ite un beau palais. Sonan hantiers.

| roi de Perse, une partie prince possède en Afrique artie du monde, Mascate, dont autrefois il tale du golfe Persique, Ses du cheïk était il y a quelembouchure du torrent de est le siège du cheïk et la

d-ouest de l'Oman, le lony e. 11 est divisé en plusieurs che et encore plus de pira

sidence du cheïk des terriottille composée de 63 gros ous ces bâtimens , ainsi que nt détruits par les Anglais sur une baie, ville fortifiée corde que 6,000 habitans; ie, Four, chef-lieu du pays w'entourent des champs et 15,000 habitans. Gaarx où ues accordent 10,000 .

i e petite ville n dit que cette pe dodo régi par uu cheïk, qui paces derniers avaient occupé dre part aux pirateries des le ces iles et d'autres plus à : globe. Bannars, qui est la * fortifiée, avec un bou port

Cette vaste région, qui embrasse les contrées élevées situées entre le bassin du Tigre et celui de l’Indus, forma à différentes époques et sous différentes dynasties l'empire de Perse. L'usage lui conserve encore cette dernière dénomination , quoique depuis long-temps elle ne soit plus soumise à un même souverain, et que les rois actuels de Perse n’étendent leur domination que sur la moitié occidentale de sa vaste surface. Le partage de la Perse eut lieu à la mort de Tamas Kouli-khan en 1747. Molueet elle compte quatre états indépendans, ce sont : le royaume d'Iran ou de la Perse proprement dite ; le royaume de Kaboul ou des Afghans; le royaume de Herat où du Xhorassan Oriental ; et la confédération des Beloutchi, Chacun de ces états va former un article à part dans cet ouvrage : mais d’abord nous devons rendre compte de la dénomination d’Zran que porte aujourd’hui l'empire du Chah. Ce mot Zran désignait sous les Da rius et les Sapor toutes les contrées situées entre la Mésopotamie et l'Inde, par opposition au mot Touran par lequel on indiquait le pays des Scythes, et les contrées situées au nord de l'Oxus avec lesquels ces rois étaient souvent en guerre, C'est par un sentiment d’orgueil et un orgueil ridicule que le faible monarque de la Perse actuelle a remis en usage un nom si imposant. Pour éviter les répétitions nous réunirons ici tout ce se rapporte à la religion, au gouvernement , à l'industrie et au commerce des états qui se sont formés du partage de la Perse.

eur). Ce vaste espace de l'Aoccupé par les Walihabites, tières ottomanes de la Syrie arcourus dans tous les sens ver le uom de Nedjed pour space immense que parcuud'indiquer.

et est le berceau du wahhanaça la religion musulmane n du monde politique. Les putes les tribus nomades de rtie de l'imamat de l’Yemen, uaux portes de Damas el de mort de leur chef Abdallah, Sonstentinople, ces sectaires an, Maintenant ils viennent roi d'Egypte stationnées dans itrée sont :

mn

RELIGION. L'Iscamisms estl a religion professée par la grande masse de la population. Les Tadjiks ou Persans, les Ghelaki, les Louri ou Loures, les Hazares et les Beloutchi du district de Nourmanchir appartiennent à la secte des chütes ; les Afghans, les Beloutchi du Beloutchistan, les Turks, les Arabes et la plus grande partie des Kurdes sont sunnites. Les Hindous des provinces autrefois dépendantes de l'Inde professent la w#L1G10N pr Bnauma. Celle de Zonoasras ou le Macisme est suivie encore par un petit nombre de Guèbres ou Parses. Le Cunisrranisme est professé par les Arméniens divisés en arméniens proprement dits et en catholiques romains; leur nombre a beaucoup diminué depuis la cession de l'Arménie Persane à la Russie; quelques milliers d'individus professent les dogmes de l'église Nestorienne. Les Juifs, qu'on rencontre toujours dans les plus grandes villes, professent le Junaïism#, et les Sabéens, le Sankiswr, devenu un mélange monstrieux de christianisme, de mahométisme et de magisme; ces derniers, ainsi que les Juifs et les Guèbres, sont très peu nombreux. Dans les montagnes de la province de Lagman dans le royaume de Kaboul domine encore l'Ipocarars.

GOUVERNEMENT. Celui du royaume de Perse est le despotisme militaire le + effréné ; le pays et les habitans sont considérés comme la propriété du souverain, qui les gouverne d'après sa volonté absolue. Tout cela ne s'applique cependant qu'aux habitans sédentaires qui forment presque les huit neuvièmes de la population du royaume, et parmi les-

uels on compte les Tadjiks ou Persans , les Ghelaki et quelques milliers

‘Arméniens, d'Arabes, de Guèbres et autres peuples. Les Turks, les Kurdes, les Loures, les Arabes et les Beloutchi dans le royaume de Perse, les Afghans et d'autres tribus turques dans ceux de Kaboul et de Hérat, ainsi que les Beloutchi du Beloutchistan sont encore nomades et ne sont régis que par leurs khans respectifs, dont l'autorité est parfois très limitée ; ils fournissent la presque totalité des soldats aux armées de ces états, et depuis lung-temps ont été lu cause principale des bouleversemens qu’ils ont subis. Les Turks sont la nation dominante du royaume de Perse; les Afghans, de ceux de Kaboul et de Hérat. Fath-Aly, le roi de Perse actuel, appartient aux Katchars, tribu turke. Plusieurs de ces tribus nomades ne sont que tributaires ou vassales ; quelques-unes sont même tout-à-fait indépendantes. Le gouvernement du Beloutchistan peut être D ce comme une monarchie représentative , puisque toutes les tribus des Beloutchi jouissent du droit d'élire leurs chefs ou serdars ; mais i! pau que très souvent cette charge, une fois confiée à quelqu'un, devient

éréditaire. Le gouvernement du royaume de Kaboul était une monarchie

limitée héréditaire, dans laquelle le pouvoir des grands, l'organisation des tribus nomades, les usages et les coutumes des villes et des villages mettaient des bornes à l'autorité du souverain. Mais, désolé par la guerre ivile et les invasions des Seïkhs , le royaume depuis le commencement de ce siècle n’a pas de gouvernement régulier ; c’est une véritable anarchie. On doit en dire actuellement autant du royaume de Hérat.

INDUSTRIE. La grande masse des Tadjiks, des Indiens, des Arméniens, des Guëbres et des Ghelaki s’adonne à l’agriculture et à l’industrie manufacturière. La plupart des Arabes et presque toutes les tribus des Turks, des Afghans, des Beloutchi et d’autres peuplesnomades ne sont que pasteurs. Tous les Juifs, un grand nombre d’Arméniens et plusieurs Arabes s’adon-

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e Le la grande masse sique par leurs pirateries. L'agriculture, qui depuis long-temps se tr

i, les Louri ou Loures, dans la plus grande décadence , est cependant exercée en p mé she nchir appartiennent à droits avec beaucoup d'activité et d'intelligence, malgré les obsta le

outchistan, les Turks, qu'opposent, surtout dans le royaume de Perse, la nature du par dis. sunnites. Les Hindous posé à se couvrir d’une couche tue, le manque de rivières et ere rs essent la KELIGION px des canaux souterrains, et, dans tous ces états, les mauvais chemins les ie encore par un petit guerres civiles et étrangères et les oppressions de tout genre auxquelles les st professé par les Ar- laboureurs et les propriétaires sont exposés de la part "2h ie do n catholiques romains; presque toujours tyrannique, Les Persans ont beaucoup de dispositions le l'Arménie Persane à naturelles pour les arts mécaniques , et ils en ont porté le din on à un les dogmes de l'église grand degré de perfection. Ils excellent surtout dans la fabrication des dans les plus grandes sabres, dans la chaudronnerie, la parfumerie, la préparation des cuirs

Sankisur , devenu un dans la poterie, dans les manufactures de soies unies et brodées, des tapis : itisme et de magisme; des feutres, des toiles peintes et des châles. di Lu nt très peu nombreux. COMMERCE. Ces états, n'ayant aucune marine militaire, ni marchande

ns le royaume de Ka- font tout leur trafic par terre ; le commerce maritime, qui n'a quelque im 2%

rse est le despotisme t considérés comme la s sa volonté absolue.

édentaires qui forment >yaume, et parmi leski et quelques milliers uples. Les Turks, les dans le royaume de ceux de Kaboul et de ont encore nomades et t l’autorité est parfois soldats aux armées de principale des bouledominante du royaume [érat. Fath-Aly, le roi urke. Plusieurs de ces 5 ; quelques-unes sont du Beloutchistan peut uisque toutes les tribus fs ou serdars ; mais :!

ée à quelqu'un, devient ul était une monarchie grands, l'organisation

des villes et des vilrain. Mais, désolé par yaume depuis le comrégulier ; c’est une vérit du royaume de Hérat.

Indiens, des Arméniens, e et à l’industrie manues les tribus des Turks, des ne sont que pasteurs.

lusieurs Arabes s’adon-

intérieur n’est pas aussi actif et aussi important qu'il pourrait être, à cause du mauvais état des grands chemins et de leur peu de shreté, Les principaux ports sur le golfe Persique svat : Abouchehr et Bender- Abbassi ; ce dernier st bien déchu; Enzili et Balfrouch sont les ports les plus marchands sur la mer Caspienne. Le commerce terrestre se fait, par des caravanes, avec le Turkestan, la Turquie Asiatique, et, à travers le Turkestan et l'Afghanistan, avec la Russie, l'Inde et la Chine. Les villes qui y participent le plus sont : Tauriz, Kirmanchah, Hamadan, Kachan, Jspahan, Chiraz

Balfrouch, Mechhed et Nichabour dans le royaume de Perse; Aaboul , Kandahar et Ghazna , dans celui de Ka: oul; Hérat dans celui de ce nom Les principaux articles d’ExPoRTATION sont : perles, soie, chevaux chameaux, poil de chèvre et de chameaux, peaux d'agneaux, ammoniaque

y re ambre et turquoises, cuivre, soufre, riz, garance , noix de galle 4 safran, raisin sec, dattes, pistaches, opium, noix, amandes, tragant, salep, coton, tabac, étoffes de soie et de coton, châles, draps grossiers, ta is, feutres, maroquins et autres peaux préparées, eau-de-rose , assa-fotida, henneh, ouvrages en cuivre et en acier , tuyaux de pipes à tabac, etc. Les principales IMPORTATIONS consistent en indigo, cochenille, café, sucre

rhubarbe, drogues, fourrures, étain, plomb, fer, porcelaine et thé de la Chine, diamans, rubis et autres pierres précienses, ivoire, eunuques

draps fins et toutes espèces de marchandises d'Europe. \

Royaume de Perse ou d’J:an.

POSITION ASTRONOMIQUE. Longitude orientale, entre 42° Latitude , entre 26° et 39°. " : ras à ConFiMs. Au nord, l'empire Russe (l'Arménie et le Chirvan ); ensuite la mer Caspienne et le Turkestan (les khanats de Khiva et de Boukhara). A l'est, les royaumes de Hérat, de Kaboul et le Beloutchistan. Au sud , les golfes d'Oman et Persique. À l’ouest, l'Asie Ottomane ou la Turquie Asiatique.

FLEUVES. Aucun fleuve de l'Iran ne figure parmi les grands fleuves

de l'Asie; son sol n'est arrosé que par quelques-uns de leurs af{uens.

Mais le vaste plateau qui occupe la plus grande partie de ce royaume,

donne naissance à plusieurs courans assez considérables , dont aucun n’ar- . . , LU

rive aux deux mers qui le baignent. Ces fleuves s’écoulent dans des lacs

sans issue ou se perdent dans des sables.

Dans le GOLFE PERSIQUE se rendent : ; Le Tienz, dont le cours principal ne touche pas seulement le territoire de l'Iran,

Ses principaux affluens à la gauche sont : le Kerakh qui passe par Kirmauchah et Hawisa ; le Karoun qui passe par Chouster; ce dernier reçoit l'Abzal, qui passe par

Dizfoul, et le Djerhai qui passe par Goban.

Le SrranoGax, qui prend sa source dans le Farsistan sous le nom de Roudbäl, passe

par Darabgherd et se jette dans le golfe Persique à l'ouest de Bander-Koukan.

Le Div Roup, dont le bassin appartient au Laristan et au Mogoslan , passe par Ve-

lazgherd et entre dans le golfe Persique vis-à-vis l'ile Kichm. La MER CASPIENNE reçoit :

Le Kour, qui, depuis le dernier traité de paix avec la Russie, ne touche plus le ter. ritoire de ce royaume. Son principal affluent du côté de la Perse est l'Aras; celui-ci reçoit à là droite l'Otrar qui passe par Khoï, et l'Ahar qui passe par Ahar.

Le Serm-Roup ou Kazrc-Ozex ; il traverse l'Irak Adjemi, passe par Roudbâr dans le Ghilan et eusuite se rend dans la mer Caspienne.

Le Tensex, qui vient du royaume de Herat, passe par Serakbs et Nesa et entre dans le khanat de Khiva, où il se jette dans le golfe de Balkan. C’est au bassin de ce fleuve qu'appartiennent les villes de Mechhed et de Kabouchan.

Parmi les fleuves qui n'arrivent à aucune des deux mers, nous nommerons les suivans

comme les plus importans : & Le Benp-Emie et le Kurer, qui traversent le Farsistan et aboutissent au lac Bakk-

teghaän qui est le plus grand lac du royaume après celui d'Ourmiah ou Maragha. C'est à

ce petit bassin qu'appartiennent les importantes ruines de Persepolis. Le Zenveu-Roun, qui passe par Ispahan et se perd dans les sables. Le Cuours-Roup, qui passe par Nichabour dans le Khorassan ; on dit qu'il se perd

dans les sables. Le MoureuÂs, qui passe par Merou-Roud , entre daus le khanat de Roukhara , où,

après avoir passé par Merou-Chahdjän, il paraît se perdre dans le Radakamdir.

DIVISIONS ADMINISTRATIVES et TOPOGRAPHIE. Selon les relations les plus récentes, le royaume de Perse est divisé en 11 provinces d’une étendue très différente, puisque le Farsistan est 24 fois plus grand que le Ghilan. Leurs limites ne paraissent pas être constantes ; le roi réynant ayant souvent déclaré plusieurs districts de l'Irak et d'autres grandes provinces entièrement indépendans de leurs gouvernemens respectifs. Un beylerber (bey des beys) est à la tête du gouvernement de chaque grande division administrative, et a sous lui différens Lakëms ou gouverneurs des districts. Il faut ajouter que le val du Kurdistan, qui réside à Senneh, n'est que tributaire et gouverne immédiatement la province d’Ardelan, partie de cette vaste contrée ; que les Kurdes des tribus Mekris, Bilbas et Giaf, et les Loures de la tribu des Feili sont entièrement indépendans ; et que Mir-kounak-khan, chef de plusieurs tribus turkomanes dans le Khorassan Septentrional, ainsi que plusieurs autres chefs d’autres districts paraissent l'être également. Voici les onze provinces dans lesquelles ce royaume paraît être actuellement partagé ; ce sont plutôt des divisions géographiques que des divisions administratives proprement dites. Quelques efforts que nous ayons faits pour connaître ces dernières, nous avons trouvé tant de contradictions dans les géographes et dans les voyageurs , que nous

uns de leurs offluens.

artie de ce royaume, bles, dont aucun n'arécoulent dans des lacs

ment le territoire de l'Iran, passe par Kirmauchah et cuit l'ABzal, qui passe par

s le nom de Roudbäl, passe » Bander-Koukan.

u Mogostan, passe par Ve-

ussie, ne touche plus le ter- Perse est l'Aras; celui-ci passe par Ahar.

ni, passe par Roudbâr dans

akhs et Nesa et entre dans C'est au bassin de ce fleuve

nous nommerons les suivans

et aboutissent au lac Bakkurmiah ou Maragha. C'est à rsepolis.

s les sables.

orassan ; on dit qu’il se perd

le khanat de Roukhara, où, ns le Radakamdir.

JGRAPHIE. Selon les t divisé en 11 provinces n est 24 fois plus grand e constantes ; le roi ré- Irak et d'autres grandes ernemens respectifs. Un ment de chaque grande ims ou gouverneurs des 1, qui réside à Senneh, la province d’Ardelan, s tribus Mekris, Bilbas tièrement indépendans ; komanes dans le Khorasd’autres districts paraisxs lesquelles ce royaume les divisions géographit dites. Quelques efforts , nous avons trouvé tant es voyageurs , que nous

al-rachid, une des plus grandes villes de l'Asie; on ÿ voit encore d'immenses débris, et

DESCRIPTION DE L'ASIE. 67t

avous préféré donner les premières, qui sont les plus connues, plutôt que de nous exposer à présenter un tableau erroné qui ne serait d'aucune utilité, parce qu’il n'offrirait exactement ni les divisions administratives actuelles , ni les divisions géographiques.

DIVISIONS ADMINISTRATIVES. CHers-LiEUX, Vivres ET LIEUX LES PLUS REMARQUAGLRS. InAK-ADIEML . ........ Téhran; Zspahan ou Isfahan; Kachan; Koum ; Hamadan ; |

Kazbin; Zendjan; Sultanieh. \ THABARISTAN, 4 4. . . +... Damavend; Damegan. MAZANDERAN. Sari; Farhabad; Achraf; Balfrouch; Astrabad. CHIDA Me 00 0 € 60 66.0 Recht; Enzili; Roudbar ou Dilem. ADZERBAÏDIAN. Tebriz ou Tauris; Oudjin; Maragha; Ahar; Ardebil ;

Khoï; Selmas; Ourmiah; Sabalag.

KURDISTAN. « . . . . . .. . . Kirmanchah; Senney ou Sennek.

KHOUZISTAN. Chouster; Dizfoul; Khourremäbad; Haviza; Goban.

DD EN ET TEE AT PRES Chiraz; Istakhär; Mourgäb; Fesa où Bessa; Dérdbgherd; Firouzäbäd; Kazeroun; Sourma; Yezdkast: Yezd; Ardjan;

Baft; Djaroun; Abouchehr ou Bender-Bouchehr; Lar, chef.

lieu du Laristau; les îles Karak; Kichm ou Djeziré- Diraz;

Hormouz ou Ormuz

KERMAN, os ++. Sirdjan ou Kerman; Minam; Velskerd; Krouk; Khoubis ou Kebis ; Minab; Gomroun ou Bender-Abbassi; Kichm; Djask.

KOUMISTAN. so Cheheristan ou Rabat-Cheheristan; Toun; Tabs

ou Tebbes. Kuonassan Occtbenraz. . . Mechhced; Nichabour; Kabouchan.

Dans l’Zrak-Adjemé on trouve : TÉHRAN, au milieu d’une plaine bien cultivée, couverte de villages mais dépourvue d'arbres, Depuis qu’elle est devenue la résidence ordinaire du souverain, cette ville acquiert tous les jours en étendue et en population; cette dernière ne saurait ètre évalue actuellement au-dessous de 130,000 âmes pendant l'hiver; en été elle est beaucoup moindre, parce que la cour et une grande partie des habitans l’abandonnent à cause de l’excessive chaleur et du mauvais air qui y règnent. Les maisons sont en terre comme dans les autres villes de la Perse, Téhran est entourée d’une forte muraille, et dans son enceinte une autre muraille encore plus forte forme l’4rag, espèce de citadelle où se trouve le palais du roi. Ce palais, sans être remarquable par la beautc de l’architecture, se distingue par son immense étendue, par ses jardins et par plusieurs corps de bâtiment qui portent es noms particuliers; quelques-uns sont meublés avec tout le luxe de l'Orient; dans le sazdouk-kKhaneh (\a maison de la caisse ou le trésor ) le roi garde des sommes énormes en argent monnayé, mais surtout en lingots d'or et d’arsent et en pierreries; on y voit plusieurs trônes, parmi lesquels se trouve le fameux trône du paon enlevé par Nadir-chah au Grand-Mogol. Les | fabriques de tapis et de quelques ouvrages de fer sont les seules branches de l’industrie de ses habitans.

Dans ses environs on remarque : Nicarisran, beau château, où réside pendant une partie de l’année l'héritier du irône, et où le roi passe le commencement de l'été, Tarxur- -KaTcHaR , maison royale de plaisance qui s’élève en amphithéâtre sur une pente de la chaine de l'Elbourz. Cuau-AnvouLaztm, gros village de 3 à 400 familles, bâti sur les ruiues de Rei, l’ancienne Rhagès de la Bible, où se passa lu scène de Tobie, et l'Arsacia des rois Parthes; c'était au vrir* siècle, du temps du fameux calife Haroun-

trois tours énormes sont encore debout; dans le village se trouve une belle mosquée et le lowbeau du saint mahométan dont il porte le nom, A environ 30 milles au nord-nord-

est de Téhran s'élève le Pic vozcanique De DemavenD, une des plus hautes montagnes de cette partie de l'Asie; à ses pieds passe la route qui de Téhran mène à Balfrouch et à quelques autres villes sur la mer Caspienne,

IsPaman, sur le Zendeh-roud, jadis capitale du royaume. Elle n’a plus que l'ombre de sa splendeur passée. Les 700,000 habitans qu'elle pouvait compter lorsque Abbas-le-Grand y résidait, sont réduits à environ 200,000; : encore n'est-ce que dans ces dernières années qu’elle a atteint ce nombre. Il paraît qu’elle commence à se relever de ses ruines. Ispahan possède encore d'importantes manufactures d’étoffes de coton, de soie, de velours, de draps, de verre colorié pour les fenêtres, de teintureries, de sucre, de cuir, de poterie, de fusils et de pistolets. Son commerce est très étendu et florissant. Parmi les nombreux et beaux édifices qui formaient jadis l'ornement de cette métropole, on admire encore le vaste palais royal, renfermant dans son enceinte divers palais et pavillons, tels que l'édifice nommé Tchihil-soutoun (palais des 40 colonnes), 4inekhané (palais de glace) et Z'alaritavile (pavillon de l'écurie); la salle d'audience, les peintures, les belles sculptures et les jardins du premier sont vraiment remarquables. Viennent ensuite plusieurs autres palais parmi lesquels nous nommerons celui de Seadetabad (le séjour du ÉGnheur) destiné aux ambassadeurs. Le palais de Feth-Aly-chah où Amaret-Nou (nouveau palais), bâti en 1816 aux dépens du gouverneur d’Ispahan , est, selon M. Buckingham, le mieux construit et supérieur à ceux de Téhran, Tauris, Kirmanchah et Chiraz. Parmi les mosquées on : ‘marque la grande mosquée royale qui s'élève sur un des côtés du Meïdan; elle est assez bien conservée , ainsi que celle de ZLutfallah. Maïs le Meidan, regardé par plusieurs voyageurs comme /a plus grande place du monde, reste désert, et le marché, dont les tentes remplissaient toute sa vaste enceinte, ne se tient plus qu’à une de ses extrémités. L'immense bazar d’ Abbas, qui offre un chemin couvert de presque deux milles de long, éclairé par des dômes et bordé de boutiques, subsiste encore, mais on n’y voit plus le mouvement qu’il présentait, lorsque le grand prince qui le construisit avait rendu cette ville une des plus florissantes de l'Asie; le Zcharbag, superbe avenue, qui ressemble assez à celle de Versailles, et qui se prolonge depuis le Meïdan jusqu’au pied des hauteurs à l’est d’Ispahan, ne présente plus les magnifiques maisons et les palais qui en faisaient le plus grand ornement. A cause de leurs dimensions, on ne doit pas oublier les deux ponts en briques et en pierres de taille construits sur le Zendeh-roud. Ispahan possède plusieurs collèges ou médressés, parmi lesquels se distingue, par le grand nombre de professeurs, celui près de la mosquée royale, qu'on peut regarder comme une université mahométane. Les Juifs y sont nombreux

ainsi que les Arméniens; les premiers habitent le faubourg nommé Zahoudia, les seconds celui de Djoulfa, où réside aussi un archevêque arménien. Les environs d’Ispahan sont des plus beaux et des mieux cultivés de tout le royaume.

Les autres villes les plus remarquables de cette province sont : Kacaaw, ville dont la population parait dépasser 30,000 âmes, renommée par ses fabriques d'ustensiles de cuivre et ses manufactures de soie et de coton, avec un palais royal et un col/ège (medressé) magnifique , bâti par le roi régnant. Koum, ville en graude partie ruinée, mais célèbre par les nombreux tombeaux de plusieurs saints musulmans qu’elle renferme, parini lesquels se distingue par son architecture, par la richesse des ornemens et par les trésors qu’il renterme celui de Fatime; il est visité annuellement par plusieurs milliers

de pélerins qui y accourent de tous les points de l'Irau. Le roi régnant, d'après uu vœu qu'il a fait à son avènement au trône, dépense annuellement de grandes sommes pour la réparation et l’embellissement de ce sanctuaire que les Persans mettent à côté de ceux de Mechhed et de Kerbela. Hamapax, ville encore assez grande et florissante par ses fabriques de tapis et autres étoffes, et surtout par ses tanneries; mais dont nous n’osons déterminer la population estimée si différemment par deux voyageurs récens; M. Ker- Porter lui accorde uue population de 45 à 50,000 âmes , réduite à 25,000 par M. Alexander. Dans ses environs immédiats, au milieu des ruines qui l'entourent et au pied de l’Elveud, s'élevait jadis la superbe Ecbatane, capitale de la Medie, dont Hérodote et Polÿbe nous ont laissé une si brillante description. MM. Morier ei Ker-Porter ont reconnu l'emplacement du palais où les monarques Persans venaient passer l'été. Sa magnificence ne le cédait pas en éclat à ceux de Suse et de Babylone. Il était placé au-dessus de la citadelle, regardée comme une des plus fortes places de l'Asie, et avait sept stades de circonférence. Toute la boiserie était de bois de cèdre ou de cyprès; les solives, les plafonds, les colonnes dans les péristyles et dans les cours , étaient garnis de plaques d'argent et d'or; toutes les tuiles étaient en argent. Ces plaques furent enlevées par Alexandre, Aatiochus et Seleucus Nicanor; néanmoins Antiochus-le-Grand y trouva encore assez d'argent pour en faire monnayer pour près de 4,000 talens. M. Ker-Porter a reconnu sur la plate-forme , sur laquelle s'élevait ce magnifique édifice, les trous où tournaient les pivots de la porte principale. Des fragmens de colonnes et des vestiges d'inscriptions cunéiformes sont tout ce qui reste de cette ville jadis si brillante et une des plus riches de l'Asie, Des fouilles bien dirigées ne pourraient mauquer de produire d’importaus résultats archéologiques. Hamadan est encore, comme le dit si judicieusement M. Alexander, le grand entrepôt des médailles et des pierres gravées antiques, comme Bagdad l'est des ‘que la grande mosquée fameux cylindres, C’est de là que sont venues en partie les nombreuses pierres gravées le est assez bien con- et autres objets du même genre, qui se rapportent au culte de Mithra, et qui ont donné an, regardé par plu- lieu aux savantes et laborieuses recherches de MM. de Hammer et Lajard. Nous ajouterons sonde, veste désert, et qu'on y montre encore le prétendu tombeau de Mardochée et d'Esther, en grande véné- Éjhe ; ration parmi les Juifs ; on le croit élevé sur l'emplacement du véritable tombeau détruit te enceinte; ne se Lent lors du pillage qu'éprouva cette ville prise par Tamerlan. d'Abbas, qui offre un Kazsin, plus grande que Téhran, encore assez florissante par son industrie et son lairé par des dômes et commerce, mais beaucoup moins peuplée; on y remarque ses immenses Éazars, et on porte oit plus le mouvement jusqu’à 60,000 le nombre de ses habitans. Suzrmanien, ville déserte, dont on admire enruisit avait rendu cette core les immenses ruines et où sont les restes du mausolée de Mohammed Khodabendehbag, superbe avenue, Algiaptou, un des plus beaux monumens que la Perse possède en ce genre; elle fut un mose prolonge depuis le ment la capitale de la Perse sous les princes tartares de la race de Gengis-khan. Tout près in, ne présente plus les se trouve le principal palais d'été du roi, autour duquel s'élève la ville et la citadelle de H l P d Sulthanabad, que le monarque régnant a fait bâtir. Zenpsan, ville assez considé- 6 plus grand oraement. rable, à laquelle on donne près de 15,000 habitans. les deux ponts en bri- -roud. Ispahan possède

distingue, par le grand royale, qu'on peut re- Juifs y sont nombreux : faubourg nommé Zade aussi un archevêque eaux et des mieux cul-

des plus hautes montagnes hran mène à Balfrouch et

royaume. Elle n’a plus ibitans qu'elle pouvait aits à environ 200,000; e a atteint ce nombre.

nes. Ispahan possède ton, de soie, de ves, de teintureries, de ts. Son commerce est eaux édifices qui fordmire encore le vaste alais et pavillons, tels colonnes), Ainekhané e); la salle d’audience, lu premier sont vraiatres palais parmi lesir du Éonhaut) destiné ou 4maret-Nou (nour d’'Ispahan , est, selon ux de Téhran, Tauris,

Dans le Mazanderan et le Ghilan on trouve : Barraouc, que M. Fraser dit être aussi grande qu’Ispahan, et peuplée presque entièrement d’artisans et des marchands. C’est la troisième ville du royaume. Sa population ne saurait être estimée au-dessous de 100,900 âmes. Elle a d'immenses bazars, et, à une petite distance, sur la mer Caspienne, une mauvaise rade fréquentée par les Russes.

Les autres villes les plus remarquables sont : AsrérirÂn, près d’une baie de la mer Caspienne, ville importante par son commerce ; on lui accorde 40,000 habitans. Saur, résidence de Mohameü-kouli-mirza, troisième fils du roi régnant ; on porte à 30,000 âmes sa population, FarmÂsÂn, regardée généralement par les géographes comme la capitale du Mazanderan. Non loin est situé le village d’4 c # r af, où l'on voit les restes du magnifique palais bâti par Abbas-le-Grand, qui voulait y établir sa résidence et les chantiers de sa marine militaire. Recur, regardée comme la capitale du Ghilan; elle possède plusienrs manufactures d’étoftes de soie; des relations récentes lui accordent 60,000 habitaus.

sont : Kacaan, ville dont la es fabriques d'ustensiles de ais royal et un collège (megrande partie ruinée, mais usulmans qu’elle renferme, chesse des ornemens et par

ement par plusieurs millier Dans l’4dzerbaïdjan on trouve : Taunis ou Tesriz, grande ville,

qi encore florissante par ses nombreuses fabriques de soie et de coton, quoiqu'elle soit bien déchue de ce qu'elle était lorsque Chardin portait sa population à 550,000 âmes, nombre que les plus récens voyaeurs réduisent à 100 et même à 80,000. Presque tous les édifices qui en aisaient l’ornement ont été détruits par les guerres et surtout par les tremblemens de terre. On voit encore les vestiges de sa grande piacc (meïdan), rivale pour l'étendue de celle d'Ispahan; un toit de bois recouvre le fameux Xaiserieh, regardé par quelques voyageurs comme le plus beau bazar de la Perse. L’4rk-Ali-chah ou la citadelle d’Ali-chah, est ce que Tauris offre aujourd'hui de plus remarquable. Abbas-Mirza, l'héritier présomptif de la couronne, y à établi un arsenal organisé à la manière européenne, où les travaux les plus importans sont dirigés par des Francs et surtout par des Anglais : c'est le plus grand établissement militaire de la Perse. Ce prince, qui depuis plusieurs années réside dans cette ville, a essayé de donner la forme de bastions à plusieurs des tours ui l’environnent; mais l’irrégularité de ses murailles rendra ces travaux ’une utilité bien douteuse pour sa défense.

Les autres villes les plus remarquables sont : Ouvsax, petite ville regardée comme le lieu le plus froid de la Perse , ce qui a engagé le roi à y faire construire un Palais, où il passe une partie de l'été. Anpeerz, importante par ses fortifications et son commerce; son édifice le plus remarquable est le vaste et beau mausolée de Sefi, fondateur de la dynastie des Sefewis ou des Sophis; on y voit aussi celui de Chak Abbas et quelque autres encore. C'est dans une des salles de la mosquée annexée à cet édifice qu'on conservait la célèbre Pibliothèque regardée comme une des plus riches de l'islamisme; ses plus précieux manuscrits sont allé augmenter la coilection de la bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg. Kæoï, importante par ses fortifications, ses fabriques et sa population estimée à 20,000 âmes. Sermas , au uord du lac d'Ourmiah , si remarquable par son étendue et la grande salure de ses eaux, et par les variations considérables que subit leur niveau; on dit cette ville aussi peuplée que la précédente ; elle possède des eaux sulfureuses. M. Ker-Porter a récemment découvert dans son voisinage des bas-reliefs du temps des Sassanides, analogues à ceux de Kirmanchah. MaraGua , remarquable par ses souter rains taillés daus le roc et par les restes du superbe observatoire qu'y éleva jadis Houlagou; on lui accorde 15,000 habitans,

Dans le Xurdistan Pers: on trouve : Kinmancuag, sur le Kerah, ville assez grande, entourée de fortes murailles en briques, avec une citadelle où réside le beylerbey. Selon M. Buckingham qui l’a visitée dernièrement , cette ville est très florissante et compte environ 40,000 habitans ; elle doit sa prospérité à ses fabriques , à son commerce, et surtout à la circonstance favorable d’être le siège du gouverneur Lt des de cette province, ainsi que de celle de Chouster et d’autres

1stricts. :

Les campagnes qui avoisinent Kirmanchah paraissent avoir de tout temps attiré les rois de Perse, par la fraicheur des eaux et la beauté des points de vue, Le mont Bisouroux , situé à quelques milles de Kirmanchah et qui s'élève jusqu’à la hauteur de r,500

ieds , offre à sa base ainsi que celui de Tchihlminar, une plate-forme, où sans doute s'élevait jadis quelque somptueux édifice. Sur le flanc sont sculptés un grand nombre de bas-reliefs e1 des inscriptions cunéiformes. Il faudrait , suivant M. Ker-Porter , deux mois pour copier en entier les figures et les inscriptions. Le principal bas-relief représente un roi faisant conduire devant lui quelques prisonniers qui ont les mains liées derrière le dos, et en foulant un autre sous les pieds. Serait-ce ici le grand Cyrus qui fait sentir sa puissance au roi de Lydie Crésus? Sur une autre face du mont Bisoutoun se trouve une classe de monumens d’une date moins ancienne et qui appartiennent aux princes Sassanides.

de soie et de coton, lorsque Chardin porles plus récens voyatous les édifices qui en res et surtout par les xs de sa grande piace n; un toit de bois res voyageurs comme le \ citadelle d’Ali-chah, rquable. Abbas-Mirza, arsenal organisé à la rtans sont dirigés par s grand établissement urs années réside dans s à plusieurs des tours Iles rendra ces travaux

nr annereni ire tenté Le principal groupe porte chez les Persans de nos jours le nom de #hakht-i-bostan ou voûte du jardin. En effet il cst placé dans deux grandes excavations taillées dans le roc, et comme dans le fond des excavations l'artiste a représenté entre autres sujets, des chasses au sanglier et au cerf, tout porte à croire que la plaine située au pied de la montagne formait un vaste jardin, ou plutôt comme disaient les anciens Persans, un immense paradis, où les rois venaient prendre le plaisir de la chasse. Ces sculptures paraissent se rapporter au temps de Kosroës Parviz et de son épouse Chirin , qui, au rapport de l'histoire orieutale, moutrèrent une grande prédilection pour le séjour de Kirmanchah, et qui y firent exécuter de grands travaux. A côté des excavations se trouve un autre basrelief représentant deux hommes portant chacun la main à un anneau ou diadème et ayant derrière eux un personnage tenant une épée élevée et ayant la tête entourée d’une auréole. Celui-ci est sans doute Ozmuzd ou un des êtres vénérés par les Mages, qui préside à l'inauguration d’un roi son serviteur,

Les autres villes les plus remarquables sont : Sexnev, ville médiocre, qu’on dit avoir 15,000 habitans; c'est la résidence du val du Kurdistan, qui régit immédiatement une grande partie de cette contrée pour laquelle il paie un tribut au roi de Perse. Kowxcvan, misérable petite ville que nous ne nommons que pour faire mention des ruines d’un grand temple de Diane, reconnues il y a quelques années,

Dans le AAouzistan on trouve : Cnousrer, ville de médiocre étendue, bâtie au pied des monts Bakhtiary, sur le Keroun, chef-lieu de cette province et résidence d’un prince du sang, Elle fait quelque commerce, et ses habitans, qu’on estime à 20,000, entretiennent des manufactures d'étoffes de soie et de laine. On y remarque le fameux aqueduc bâti par Sapor.

ite ville regardée comme le construire un palais, où il ifications et son commerce; e de Sefi, fondateur de la de Chah Abbas et quelques xée à cet édifice qu'on cons riches de l’islamisme; ses le la bibliothèque impériale , ses fabriques et sa populaah, si remarquable par son considérables que subit leur elle possède des eaux sulfusage des as-reliefs du temps remarquable par ses soutere qu'y éleva jadis Houlagou;

Dans ses environs immédiats on voit encore quelques ruines qui marquent l'emplacement de la célèbre Susz, où les monarques persans, antérieurs à Alexandre, résidaient pendant l'hiver dans un palais d’une grande magnificence, où ils gardaient une partie considérable de leurs trésors, et dans lequel le conquérant grec trouva, selon Diodore de Sicile, 9,000 talens d’or monnayé et 40,000 autres d'or et d'argent en lingots. Bâtie comme Babylone en briques, tout a disparu ; il ne reste plus de cette vaste capitale, dont les murs avaient 120 stades de circonférence, que des vestiges de terrasses d'un ou deux milles de circuit et quelques inscriptions à téte de clou. C'est au milieu de ces tristes s0litudes, qui ne retentissent que du cri de la hyène et du rugissement du lion, que se trouve le tombeau du prophète Daniel, sur lequel les rabbins ont débité beaucoup de prodiges, et où les Juifs vont encore en pélerinage, Nous rappellerons au lecteur que c'est dans cette ville que ce grand prophète eut ses visions sur les quatre grandes monarchies des Babylouitns, des Perses, des Grecs et des Romains, et sur l'empire spirituel du Messie, dont le temps précis lui fut révélé; et que c’est aussi à Suse qu'arriva l'histoire d’Esther et de Marduchée, et que Néhémie obtint d’Artaxerce Longuemain la permission de retourner en Judée pour y relever les murs de Jérusaiem.

Les autres villes et lieux les plus remarquables du Khouzistan sont : Drzrouz., florissante par son commerce et son industrie; on y voit un des plus beaux ponts de la Perse, et on lui attribue 15,000 habitans; elle est la résidence d’un prince du sang. Non loin se trouvent les ruines de Chouchk, que M. de Hammer croit être l’ancienne E / ymais, ville renommée dans tout l'Orient par les grands trésors que la crédulité des peuples et des princes de l'antiquité avait rassemblés dans son temple de Diane ; Autiochus-le-Grand qui voulut s'en emparer, perdit son armée , battue par les habitans que sa cupidité avait mis'en insurrection, Ksounremâsân, résidence du khan des Feili, tribu qui paraît être entièrement indépendante. Haviza , où réside le cheikh des Haviza, qui ne sont que tributaires du roi de Perse; son territoire offre d'importantes ruines. Gopan , résidence du cheïkh des Beni-kiâb tributaires du roi de Perse.

Kinmancuam, sur le murailles en briques, n M. Buckingham qui sante et compte envifabriques , à son com- : le siège du gouverneur e Chouster et d’autres

oir de tout temps attiré les nts de vue, Le monr Bisoujusqu’à la hauteur de r,500 plate-forme, où sans doute ulptés un grand nombre de t M. Ker-Porter , deux mois pal bas-relief représente un s mains liées derrière le dos, yrus qui fait sentir sa puissoutoun se trouve une classe ent'aux princes Sassanides.

Dans le Fars on trouve : Cuiraz, sur le Roknâbäd, dans une vallée aussi fertile que délicieuse , mais dont on a exagéré extraordinairement la beauté du climat. Ses rues sont étroites et mal pavées comme dans presque

toutes les villes de l'Orient. Le palais du gouverneur avec des jardins maynifiques ; la mosquée principale ou d’Atabeg-chah ; celle du Fakil ou du Régent, bâtie par Kerim-khan ; les magnifiques bains qui en sont voisins, et le bazar-i-vakil, regardé comme un des plus beaux de l'Orient, étaient les plus remarquables édifices de cette ville, ävant le terrible tremblement de terre qui en 1824 y exerça de tels ravages, que, suivant M. Alexander, pas un de ses dômes et de ses minarets ne resta debout. Chiraz, résidence d’un prince du sang, est encore très industrieuse et assez commercçante; elle possède onze collèges et paraît avoir environ 30,000 habitans. Les Persans, faisant allusion au goût que ses habitaus ont toujours montré pour les lettres, appellent cette ville le séjour de la science.

Dans ses environs immédiats, qui sont assez bien cultivés et où l'on récolte le meilleur vin de la Perse, se trouvent les tombeaux des Sadi et de Hafiz, auteurs dont les écrits font encore les délices de l'Orient, Ces deux monumens , restaurés par Kerim-khan , sont environnés de beaux jardins; celui de Sadi, qui est le plus voisin, est le rendez-vous ordinaire des promeneurs de Chiraz. On admire aussi les fameux jardins construits par ce grand prince, si remarquabies par leur btlle verdure, leurs canaux, leurs cascades artificielles et leurs maisons de plaisance ornées de belles et riches peintures, de marbres et de meubles superbes; mais ces beaux lieux , presque abandounés à eux-mêmes , dépérissent tous les jours. On duit aussi mentionner le fameux puits, taillé dans une roche très dure et remarquable par sa grande profondeur , qui a été extraordinairement exagérée par Ghardin,

Plus loin et dars un rayon d'environ 60 milles on trouve des restes de monumens antiques trop importans pour ne pas nous engager à sortir de notre cadre pour les faire connaitre au lecteur. Ces monumens , à la différence de ceux de Ninive, de Babylone et de Seleucie, dont nous avons parlé aux pages 649 et 650, ayant été construits en marbre fort dur ou taillés sur le roc, portent encore la trace de leur destination primitive. On peut dire sous ce rapport que le Farsistan est la ‘erre classique de la Perse. I parait que ce pays, berceau de la famille de Cyrus, devint sous les rois ses successeurs une espèce de territoire sacré, où ces princes venaient se faire investir de la souveraine puissance , et où était leur sépulture. Après la conquête de la Perse par Alexandre, d’autres goûts et d’autres souvenirs travsportèrent ailleurs l'attention des monarques persans. Mais en 227 de notre ère, Artaxercés ou Ardechir, qui se disait issu du sang de Cyrus, s'étant rendu maître du trône affecta une espèce de prédilection pour le Farsistan ; et ses successeurs, jusqu’à la conquête du pays par les musulmans, tinrent à honneur d'y laisser une marque de leur souvenir. On retrouve encore sur les lieux les restes des monumens élevés à ces diverses époques. Guidé par M. Reinaud , nous commencerons par les ruines appelées du nom générique de Persepolis; ces ruines sont situées à quelque distance au nord-est de Chiraz et s'étendent jusqu’à plus de 20 milles vers le nord. Sur leur emplacement se trou-

vent des campagnes fertiles et plusieurs villages, dont les principaux sout Manpacur et MourGuas.

Près de Merdacht, au pied d’une haute montagne de marbre gris, on remarque une espèce de plate-forme taillée dans le roc et dont les quatre eôtés répondent aux quatre points cardinaux. Ce lieu est appelé par les Persans modernes Tchihl minar ou les quarante colonnes, et parait répondre au palais qui en partie fut brûlé par Alexandre, lorsque ce prince égaré par l'ivresse, voulut signaler à jamais la chute de l'empire de Cyrus. L'ensemble présente la forme d'un amphithéâtre et de plusieurs terrasses élevées les unes au-dessus des autres. On monte d’une terrasse à l’autre par des escaliers si commodes que dix cavaliers pourraient y passer de front. Au haut de chaque terrasse sont des restes de portiques et des débris d'édifices avec des chambres qui paraissent avoir été habitées. Enfiu, vers le fond, contre le rocher auquel cet immense édifice ‘tait adossé se trouvent deux tombeaux taillés dans le roc, dont il a jusqu'ici été impossible de découvrir l’eutrée, Les escaliers, les portiques et les appartemens sont construits en marbre, sans chaux ni mortier ; et cependant les pierres sout si bien liées, qu'il faut

une extrème attention pour en distinguer la joiuture. Ce qui rehausse infiniment l'intérêt de ces constructions, c'est que les murs sont couverts de bas-reliefs et d'inscriptions, el que la sagacité de nos savans est parvenue à soulever un coin du voile qui en faisait jusqu'ici un mystère pour la docte Europe, Parmi les voyageurs qui ont décrit ces monumens et ceux du même genre dont il est question dans cet ouvrage, il est juste de citer Chardin, Niebuhr, MM. Ker-Porter et Alexander, et parmi les savaus qui ont fait de ces débris l'objet de leurs investigations, nous nommerons MM. Silvestre de Sacy, Grotefend, Saint- Martin, de Hammer, etc, Quelques bas-reliefs représentent le souverain donnant audience aux grands de sa cour, ou s’acquittant de quelque cérémonie envers la divinité ; plus loin sunt des espèces de processions. En d’autres endroits on voit des combats d’animaux , suit entre eux , soit contre des hommes; et ces animaux sont en général fabuleux , étant un composé de divers animaux réels dont la patrie oviginaire est le pays situé vers les sources de l'Oxus, entre la Boukharie et le Tibet; tels sont le griffon, la martichore, la licorne, etc. Pour les inscriptions, elles sont en forme de clous et quelques-unes sont répétées trois fois, mais d'une manière différente, apparemment parce qu’elles appartenaient à des langues diverses. Sur la moins compliquée de toutes et où les m'its sant séparés entre eux par un coin ou clou posé obliquement, M. Grotefend a lu les noms de Darius fils d'Hystaspe et de son fils Xerxès. Il paraît évident que ces imposans monumens furent élevés sous les premiers successeurs de Cyrus; les figures d'animaux ainsi que les cérémonies du culte rappellent la doctrine de Zoroastre qui , comme on sait, prit naissance dans la Bactriane et qui sous cette puissante race avait furce de loi.

A quelques milles au nord de Tchibl-miuar est une autre montagne, dans laquelle on a pratiqué quatre tombeaux presque en tout semblables aux deux premiers. M. Ker-Porter qui a pénétré dans l’un d’entre eux, y a reconnu les traces de la violence qu'il avait fallu faire pour en forcer l'entrée. Mais dans le voisinage sont six #as-reliefs plus modernes qui appartiennent à la dynastie des Sassanides, à partir du rtr° siècle de notre ère. Sur l'un on aperçoit Ormuzd, le génie du bien dans la religion des Mages, qui présente à Artaxercès fondateur de la dynastie des Sassanides, un anneau duquel pendent des bandelettes et qui doit ètre l'emblème de l'autorité royale. Deux inscriptions en pehlvi et une en grec, qui en est la traduction, ne laissent aucun doute sur l'objet de cette précieuse sculpture. Un second bas-relief représente une princesse recevant ce même anneau d'un personnage qui parait être le roi son mari. On voit sur un autre un monarque à cheval, saisissant les mains d'un personnage qui est à pied. Auprès de celui-ci est un homme à genoux en posture de suppliant. Comme ce même sujet est représenté sur les monumens de Chapour, et que là l’homme à pied et l’homme à genoux portent le costume romain , il est à croire qu'il est question, sur l’un et sur l’autre de l'infortuné empereur Valérien qui tomba au pouvoir de Sapor 1‘". Nous regrettons que notre cadre ne nous permette pas de nous étendre sur des monumeus aussi curieux et aussi peu connus jusqu'à ces dernières aunées. La montagne où sont sculptés les quatre tombeaux et les six bas-reliefs, porte dans le pays le nom de Wkchi Rostam ou figure de Rostam, parce que le peuple a cru y reconnaitre l'image de cet ancien héros de la Perse. Un troisième endroit , peu éloigné de Nakchi-Rostam, et qui est appelé Wakchi-Redjeb, porte trois bas-reliels également taillés dans le roc et représentant l'un un roi à cheval , suivi de neuf personnes, dont plus tard les musulmans , par un fanatisme religieux , ont mutilé la tête; les deux autres, deux personnages qui ont l'air de vouloir s'arracher un diadème. Une inscription en pehlvi et en grec, nous apprend que la figure du personnage à cheval est Sapor I°".

Enfin au nord de Nakchi-Rostam et de Nakchi-Redjeb, dans la plaine qui porte le nom de Murghab, on rencontre un petit édifice carré avec un piédestal de mêrbre blanc d'une grandeur énorme. Le peuple appelle cet édifice Meckhed mader-i-Soleyman ou le tombeau de la mère de Salomon, par une suite de l'habitude où sont les Orientaux d’attribuer au grand Salomon les monumens dont ils ignorent l'origine. Comme cet édifice répond par sa forme à la description que Diodore de Sicile a faite du tombeau de Cyrus, M. K2r-Porter n'a pas hésité à voir ici le mausolée de ce grandprince, et la plaine où il est placé lui a paru être Passargade.

Tel est le court tableau des merveilles qu'offre le sol de Persepolis, et qui ne peuvent qu'augmenter d'intérêt par les nouvelles recherches auxquelles elles donneront lieu. On

avec des jardins macelle du Fakil ou du qui en sont voisins, et e l'Orient, étaient les rible tremblement de nt M. Alexander, pas Chiraz, résidence d’un ez commerçante; elle habitans. Les Persans, purs montré pour les

où l'on récolte le meitleur Mz, auteurs dont les écrits rés par Kerim-khan , sont voisin, est le rendez-vous eux jardins construits par rs canaux, leurs cascades ches peiutures, de marbres punés à eux-mêmes , dépéts, taillé dans une roche extraordinairement exagé-

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678 ABRÉGÉ DE GÉOGRAPH:ÿ.

doit ajouter qu'une partie de ces monumens, par leur situaiion au pied des montagnes, est encore ensevelie sous les décombres, et que dans les plaines et les vallées on rencontre çà et là des fragmens de colonnes, des débris d'inscriptions, des vestiges de bas-reliets, Nous devons dire également qu'à côté de ces magnifiques débris de la vénérable anti.

uité, se trouvent quelques iuscriptious arabes; elles appartiennent les unes au règne des princes Bouides qui jetèrent pendant quelque temps un grand éclat en Perse, d’autres à un petit-fils du grand Tamerlan; et comme si le spectacle de tant de grandeur déchue ne suffisait pas pour faire faire à l'homme un retour sur sa propre faiblesse, ces inscriptions insistent principalement sur l’inistabilité des choses humaines.

D'uu autre côté vers le golfe Persique est situé Kaznoux, petite ville, naguère encore assez florissante, mais que M. Alexander trouva presque entièrement ruinée par les tremblemens de terre, Elle est importante par les ruines de Chapour, situées dans son voisinage. M. Morier qui le premier 4 examiné avec quelque attention cette ville bâtie par Sapur 1°", et qui se maintint avec éclat dans les premiers temps de la domination musulmane, y a reconnu les restes d'une ciradelle, plusieurs 6as-reliefs sculptés sur le roc et offrant des sujets très variés; quelques figures lui ont paru supérieures sous le rapport de l'art à celles de Persepolis. M. Alexander en porte le même jugement. Dans les environs de Chapour on trouve un souterrain qui donne entrée à des grottes et à des excavations immenses, qu'aucun voyageur européen n'a encore explorées. M. Johnson vit dans le souterrain une statue colossale renversée et brisée, qu'un savant célèbre regardait en 1818 comme la seule statue en ronde-bosse que l'on eût jusqu'alors trouvée en Perse.

Hors du rayon de Chiraz nous nommerons aussi les villes suivantes en commençant par celles qui sont situées dans l’intérieur du Farsistan, dont les limites sont déterminées très différemment par les géographes européens et nationaux : 1ezo où Yzzo, importante par sa population qu'on porte à 60,000 âmes, par ses florissantes manufactures de soie; de draps, et par son commerce qui est très étendu à cause de sa position centrale et des grandes routes qui y aboutissent; on y trouve encore quelques Guèbres. Izzpiknasr, petite, mais remarquable par ses fortifications naturelles, par les nombreuses grottes taillées dans le roc qui servent de demeure à une partie de ses habitans, et renommée dans toute la Perse par la blancheur et la bonté de son pain. Sourma, Fessa et DÂnÂvouænp, petites villes, presque entièrement ruinées, selon M. Alexander et autres voyageurs récens; nous les nommons pour redresser l’opinion erronée répandue par les géogra-

< phes qui les représentent encore comme des villes florissantes et considérables, A Fessa on voit encore le cyprès auquel du temps de Pietro della Valle on accordait 1,000 ans d'existence et la mine d'argent qui depuis long-temps n'est plus exploitée; près de Dâräbgherd se trouve la fameuse source de moum ou naphte, qui appartient au roi, et on voit sur une montagne des sculptures représentant le roi Sapor à cheval avec des Romains à ses pieds. FrnouzÂpin, qu'on dit être aussi grande que Schiraz, mais très dépeuplée; on ÿ fabrique la meilleure eau de rose de toute la Perse; on y voit une immense colonne de 150 pieds de haut et les ruines d’un fameux temple de Guèbres. Lan, chef-lieu du Laristan, regardé par plusieurs géographes comme une province séparée ; quoique très déchue de son ancienne splendenr, elle possède encore plusieurs manufactures et contient à ce qu'on dit plus de 15,000 habitans.

Le long de la côte on trouve : Asoucreur ou Benpen-Boucnesn, ville de médiocre étendue, bâtie à l'extrémité d'une péninsule : c'est maintenant le premier port marchand du royaume sur le golfe Persique; la Compagnie anglaise des Indes-Orientales ÿ a une factorerie. M. Morier y vit la carcasse du seul vaisseau de guerre que Nadir-chah fit construire avec le bois du Mazanderan transporté à grands frais à travers la Perse dans ce port. On porte jusqu'à ra ou 15,000 âmes la population de cette ville. Nous nommerons

. encore les iles suivantes : Kanex, remarquable par la péche de perles, que M. Morier dit être aujourd’hui plus riche que celles qu’on fait dans les parages du groupe de Bahrain sur les côtes de l'Arabie; Kicum ou Dsxzrné Drraz, régie par un cheikh dépendant de l’imam de Mascate en Arabie, mais aussi tributaire du roi de Perse; Honmouz ou Onmuz, avec environ 100 habitans et un fort gardé par 200 soldats de l’imam de Mascate; c'est sur ce rocher couvert de pierres salines, sans eau potable et presque sans végétation,

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Parmi les fleuves qui n’aboutissent à aucune mer nous nommerans : L'Hermenxo où Hinmanv, qui est le plus grand courant de tout le royaume, Il prend sa source dans le royaume de Herat, traverse l'Afghanistan proprement dit et le Sedjistan où il se jette dans le lac Zerrah, nommé aussi Lukh par les naturels. Ses principaux affluens à la gauche sont : l'Urghenddb qui reçoit le Tarnak (Turnuk) grossi par l'Urghessan et le Chorudan , et le Zora qui ne lui apporte le tribut de ses eaux que pendant l'hiver; en été cette rivière se perd dans les sables, Le Æ a c h r ou d est le principal affluent à la droite.

Le Fannaunou», qui traverse la province de Farrah et se jette dans le lac Zerrah,

DIVISIONS ADMINISTRATIVES ct TOPOGRAPHIS. Depuis 1800, époque où Zeman-chah a été détrôné par son frère Mahmoud, ce royaume est livré à la guerre civile et à toutes les horreurs de l'anarchie. Le belli-

ueux ct habile Randjit- Singh, chef de Lahor dans la confédération des Seikhs, profitant de la faiblesse des souverains du Kaboul , s’empara à différentes époques de ses plus riches provinces; le Kachemir, le Pichaver, le Tchotch, l'Hazareh, le Chikarpour et le Moultan avec ses dépendances, les provinces de Leïa, de Dera-Ismaïl-khan et Chikarpour en furent détachés. Les khans du pays de Balkh, et celui du Beloutchistan ainsi que les princes du Sindh se sont soustraits au vasselage du Kaboul et devinrent entièrement indépendans. Selon M. Hamilton , l’Afghanistan proprement dit avec les autres provinces qui forment le royaume actuel de Kaboul, étaient devenus en 1826 le partage des fils du dernier vizir Fattih-khan. Celui d’entre eux qui était gouverneur du Kachemir paraissait en être le véritable souverain , tandis que le chah Mahmoud, détrôné pour la seconde fois, s'étant enfui chez son fils Kamran gouverneur de Herat, paraît y avoir fondé un petit royaume , misérable reste du superbe héritage laissé en 1773 à ses successeurs par Ahmed-chah, fondateur de cette monarchie. On ne sait rien sur l’état politique actuel du Sedjistan ; il est probable que les deux princes tributaires du roi de Kaboul ont profité de la faiblesse de ce royaume pour devenir entièrement indépendans. Eu égurd à toutes ces pertes et aux dernières nouvelles, le royaume de Kaboul actuel paraît ne plus comprendre que l'Afghanistan proprement dit et le Sistan; ce dernier n'est tout au plus que tributaire. L’Alghanistan est subdivisé en provinces, régies par des gouverneurs ou Aaksms ; plusieurs districts relèvent immédiatement de leurs chefs, qui sont :vs khans des tribus à demi ou entièrement nomades. Nous indiquerons dans le tableau ci-dessous les tribus les plus nombreuses : elles forment une partie trop importante de la population de ce royaume pour pouvoir être entièrement négligées.

Réçrons er Provinces. Cuers-Liaux pes Paoviners, Vixces er Tainus Les prus

REMARQUABLES

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