‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 3)Chapitre 186 sur 457 · DL · texte numérisé non relu

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Brousse (Prusa), au pied du mont Olympe et non loin du Nilufer, que l'on passe sur plusieurs ponts; ville grande, assez bien bâtie et une des plus florissantes de l'empire par son industrie et par son commerce. Un vieux château environné de murailles, sur lesquelles on remarque encore des sculptures romaines, la domine et de vastes faubourgs l’entourent. Ses bâtimens les plus remarquables sont : la mosquée cathédrale (Ouloudjami), vaste édifice qui date de l’époque de la conquête de cette ville; les mosquées de sultan Orkhan, avec son tombeau et un collège très fréquenté, et celles des sultans Othman, Murad et Bayazid. On doit mentionner aussi ses nombreux et beaux caravanseraïs construits en pierre, et les magnifiques thermes récemment décrits par un savant orientaliste, M. Jouannin , ainsi que les belles et nombreuses fontaines qui ajoutent à l’agrément de cette ville. Jadis résidence des rois de Bithynie, Brousse a été dans le moyen âge la capitale de tout l'empire Ottoman jusqu’à la prise d'Andrinople ; aujourd’hui elle est le siège d’un molla de première classe,

Sour où Tyr; Nasareth ou out le chef-lieu est Baalbeck, ses où se trouve Dairel-Kaé tributaire, rs des Nosaïris qui comprend u Pays des Druzes; ils sont re regardé comme leur chef.

» plus puissant. Le Pays des entre le petit émir qui réside side à Canobin. Le Pays des | Masiat ; ils sont tributaires.

d'un pacha, d'un métropolitain grec et d'un archevèque arménien. C'est avec M. de Hammer que nous porterons jusqu’à 100,000 le nombre de ses habitans,

Daus un rayon de 45 milles on trouve : Moupaxra , sur le gol.. le son nom, avec un port qui sert de débouché aux marchandises de Brousse, et par lequel cette ville recoit toutes les expéditions de Constantinople et de l'Europe; les fièvres y sont endémiques. lxix (Nicée), misérable amas de huttes qui s'élèvent sur l'emplacement de la métropole de l'ancienne Bithynie, si renommée par le premier concile général que les chrétiens y tinrent en 325. Ses épaisses murailles, ses tours et ses portes sont encore assez bien conservées, On y voit encore une église assez remarquable, un agueduc et un vaste édifice avec des souterrains immenses , nommé par les Grecs le palais de Théodore ; selon M. Kinneir ce serait un amphithéâtre. 1zxik-min ou Nix-min (Wicomédie), jadis une des plus grandes villes de l'empire Romain; elle conserve encore quelque commerce, M. Fontanier lui accorde 5,300 maisons, nombre cinq fois plus grand que celui que lui assignent d'autres voyageurs modernes, Asouzioux (Apollonie), sur un ilot du lac auquel elle donne son noin ; ses 2,000 habitans sont presque tous pêcheurs et vivent presque exclusivement du produit de la riche pêche qu'ils font sur ce lac, et que les cartes représentent beaucoup trop petit.

Suyane (Zzmir des Turks), au fond du golfe du même nom, bâtie cu forme d’amphithéâtre autour d’une montagne au sommet de laquelle est un château en ruine; deux autres la défendent du côté de la terre et du côté de la mer. Sans être belle, Smyrne présente un aspect agréable, Quelques maisons bien bâties appartiennent la plupart aux Européens et forment un assez joli quartier. Le grand bazar (bezesten) et le vizér-khan, construits avec le marbre blanc de l’ancien théâtre, sont les deux constructions qui se distinguent le plus. Ses rues sont étroites et sales, à l'exception de celles qui sont couvertes. Quoique Smyrne n'offre aucune antiquité remarquable , on peut dire qu'elle a contribué peut-être plus que toute autre ville de l'Asie à enrichir les collections et les cabinets des antiquaires de l’Europe. Smyrne doit aux avantages de sa position le rang qu’elle occupe parmi les places commercçantes les plus importantes du monde. L'étendue et la sûreté de sa rade, la facilité de ses communications avec les parties les plus éloignées de l'intérieur, en ont fait l'entrepôt général des produits du Levant, ainsi que des marchandises européennes et des denrées coloniales importées en échange. Depuis quelques années cependant le commerce de la soie y est beaucoup diminué, et celui du cuivre est presque nul, s'étant concentré à Tarsous; mais celui des fruits secs y est immense. Elle a été long-temps régie par un moussellim ou gouverneur civil nommé pour un an , et par un conseil municipal composé de huit ayans ou notables. Maintenant elle forme un petit gouvernement ou eyalet régi par un pacha à trois queues. Elle est le siège d’un molla de première classe , d’un archevêque grec et d’un autre arménien, et malgré les ravages produits souvent par les incendies et par la peste, on porte sa population actuelle au-dessus de 130,000 âmes. Nous rappellerons avec un voyageur récent que Smyrne, comme toutes les autres villes principales de l'empire, mais sur une plus grande échelle, offre le phénomène d’une république fédérative dans le quartier des Francs, habité principalement par des Anglais , des Français, des Hollandais et des Italiens. Leurs personnes et leurs propriétés sont affranchies de la domination turque; en matière civile, commerciale ou criminelle, les Francs ne reconnaissent d’autres juges que les consuls des diverses nations auxquelles ils appartiennent, Le fran-

is une situation pittoée par la Poursak. C'est ge ou molla. Parmi ses emarquable par sa sine de ses habitans.

h a Li, avec des bains chauds + Seinr-Gazr, village ruiné, nent phrygien situé dans son s mots au r'oi Midas sculptés ouvert de sculptures dans le rois phrygiens de la dynastie onumens les plus anciens de ‘40 ans avant Jésus-Christ, dont on voit encore les restes t village, où l’on commence epuis long-temps on a établi ageurs égarés dans la neige ; , misérable village qui méun ‘héätre et d’uu temple de re dernier égale les ouvrages rouve plusieurs inscriptions (la forteresse Noire de l'Oj'oh y recueille et à laquelle, on état florissant. Kara-hissar

M. Kinneir lui accorde jus

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çais est la langue universellement adoptée dans cette petite république, où du reste on voit régner au milieu des mœurs et des usages de l'Orient la civilisation de l’Europe et tous les usages, les amusemens et les occupa tions qui l'accompagnent. Dans le magnilique casino, fondé par souscrip. tion, on trouve tous les principaux écrits périodiques de l'Europe et dans le théâtre, qui est très fréquenté, une compagnie d'amateurs joue des comédies italiennes. Smyrne possède en outre un collège grec où l'on enseigne les sciences et la littérature, et une gazette que l'on publie en français.

Dans ses environs immédiats on trouve : le beau village de Bouawasar , où la plupart des Francs ont leurs maisons de campagne ; elles sont divisées à-peu-près comme les /astides de Marseille; et les villages de Bounsa et de Supr-xeui, remarquables par leurs belles campagnes et leur nombreuse population, Plus loin on voit Manissa (Magnesia), assez jolie ville , florissante par son commerce et par ses grandes plantations de safran ; on y voit ane forteresse ruinée, de construction romaine, et les tombeaux de sultan Murad If et sa famille; M. Fontanier estime à 40,000 âmes sa population, Fonta, petite ville encore assez florissante par son port , bâtie sur l'eniplacement de l’ancienne Phucée , si renommée par ses nombreuses colonies fondées en Espagne et dans les Gaules, parmi lesquelles figure surtout Massilia (Marseille), Vounra , petite ville, bâtie sur l'emplacement de l'ancienne Clazomène ; c'est la résidence temporaire de l'archevêque grec d'Ephèse; on y voit encore les vestiges de la chaussée construite par Alexandre-le.Grand,

Plus loin et dans un rayon de 55 milles on trouve au sud et au sud-est de Smyrne: Axasazour , misérable village turk, où l'on voit encore une mosquée , un aquedue et un château construit avec les matériaux enlevés aux ruines d'Ephèse, situées à une petite distance. C’est parmi ces dernières qu'on a reconnu les restes du stadium , les vestiges du thédtre, les débris d'un ‘emple magnifique et les voûtes immenses qui soutenaient le second temple de Diane, xegardé par les anciens comme pour le moins aussi magnifique que le premier, compté justement parmi les merveilles du monde, On regardait celui-ci comme le plus grand temple construit par les Grecs ; il avait 425 pieds de long sur 220 de large; on y voyait 127 colonnes de marbre hautes de 6o pieds, et sculptées par les plus habiles artistes de ce temps-là; selon Xénophon la statue de la déesse était en or. Scazaxova (Kouch-adasi), ville florissante par son port et son commerce, qui avant la révolution grecque y avaient rassemblé une population qu'on portait à 20,000 âmes. PALATSuA , as semblage de quelques misérables huttes habitées par des Turks, paraît correspondre à Milet, si puissante dans l'antiquité lorsque ses vaisseaux couvraient tout le Pont-Euxin ott elle fonda tant de colonies ; on a reconnu les ruines de son vaste thédtre, Guzet-urssan (Tralles) , ville florissante par ses manufactures de coton et par son commerce; on lui accorde 30,000 habitans. Tiana, ville moderne, qu'on dit être presque aussi grande que Smyrne , quoique beaucoup moins peuplée.

A l'est et au nord de Sinÿrne on trouve : Cassana où DurGurazt, assez grande ville, à laquelle des voyageurs modernes accordent 6,000 maisons. Sanr (Sardes), la magnifique résidence des opulens rois Lydiens, la plus riche des villes de l’Asie-Mineure, que Florus appelait la seconde Rome, et un des sept premiers diocèses fondés par S, Jean , n’est plus qu'un misérable village habité par quelques Turks. Plusieurs ruines, les restes d’une grande église, peut-être ceux de son antique cathédrale, les débris du magnifique temple de Cybèle, et dans ses environs le tumulus colossal d'Alyattes le père de Crésus, rappellent encore son ancienne splendeur, M. Cockerell en 1812, vit encore debout trois co- Jonues du temple que M. Leale croit avoir été construit entre 915 et 545 ans avant Jésus Christ. Le monument d'Alyattes, que ce dernier voyageur a visité, remonte à la même époque. C’est un cône en terre de 200 pieds de haut, dont la base formée selon Hérodote, de grandes pierres de taille, a six stades de circonférence, M. Leake le regarde comme une des antiquités les plus remarquables de l'Asie, et l'historien grec qui nous en a conservé la description, le regardait de son temps comme le plus grand de la Lydie, et seulement inférieur aux pyramides d'Egypte et aux monumens de Babylone, Le temps et l'exhaussement du sol ont entièrement recouvert la base de ce tombeau extraordinaire qui: a l'apparence d’une colline. D'autres monumens semblables, mais moins grands se

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orme

u'on trouve le vaste raG salé à ceux d’autres lacs situés on en retire uue grande

sont des édifices remarquables. C’est dans ce même rayon q de Touzca ; ses débordemens pendant la saison des pluies, joints sur celte vaste plaine élevée, y forment un marais immense;

quantité de sel.

Toxar, sur une branche de Kizyl-Irmak, gr étroites mais bien pavées , et dont l'apparence ; selon M. Fontanier, est tout-à-fait européenne. Elle a un archevéché arménien, plusieurs fabriques de toiles, d’étoffes de soie, de coton, de tapis et surtout de vaisselle de cuivre. Tokat est le point centra! de beaucoup de caravanes et un entrepôt de marchandises de Smyrne. En admettant les 18,500 maisons que lui accorde M. Fontanier qui l’a visitée dernièrement, nous croyons

won ne s'éloignerait pas beaucoup de la vérité en portant à environ

100,000 âmes Sa population actuelle.

Dans un rayon de 42 milles on trouve : SIvAS

l'eyalet de ce nom, à laquelle M. Gardanne accorde 4 zel réduit à 1,000! Dans ses environs on exploite de vastes mines de cuivre. Amaste (Amasea). grande ville, qui selon M. Fontanier ne, mpte pas moins de 10,000 inaisons, siège d'un irchevèché auménien, et importante Par son commerce et par les antiquités qu'elle renferme , mais qui n’ont pas encore été assez explorées et parmi lesquelles on . doit compter une partie des murs de son ancienne citadelle et les restes d’un temple antque. La mosquée de sultan Bayazid est un édifice moderne qui doit aussi être cité, ainsi que les cavernes taillées dans le roc si la plus remarquable est

connue sous le nom de pi Hors du rayon et vers l’ouest est situé Jeuzoarr, ville qui doit son grand accroisse-

ment à Tchapan-Ouglou, qui l'avait choisie pour sa résidence; elle paraît avoir beaucoup perdu depuis la mort de ce chef célèbre, dont la domination s’étendait sur presque toute la partie orientale de l’Asie-Mineure. Vers le sud-ouest un voit KAÏSARIEH (Cesarée, ca

pitale de la Cappadoce), ville assez grande , florissante par son commerce et à laquelle on accorde 25,000 habitans, nombre bien faible comparé aux 400,000 que lui assignent les llée par Sapor, roi de Perse, sous le règne de

historiens à l’époque où elle fut prise et pi les environs d'Yrkoup, non loin de cette ville,

Yalérien. Paul Lucas prétend avoir vu dans portes et des fenêtres! Mais des renseigne

20,000 petites pyramides ayant chacune des mens récens et bien autrement exacts nous représentent Ce pays comme rempli de dé"ris

de monumens semblables à ceux de Babylone, de Van et d'autres villes d'aussi ancienne

origine: des briques couvertes d'inscriptions cunéiformes ont été retrouvées dans des fouilles, ainsi que des objets qui rapp

ellent l'ancien culte de Mithra.

Taimzonne (Trapezus) ; ville très déchue de ce qu'elle était lorsque une branche des Comnènes de Constantinopl

e l'avait choisie pour ca-

italc de leur nouvel empire. C'est le chef-lieu de l'eyalet de son nom, et le siège du pacha dont relèvent les chefs héréditaires, turbulens et peu soumis qui dominent tout le pays situé le long de la mer Noire

depuis Tré- = bizonde jusqu'à Batoum à l'embouchure du Tchorok. Cette ville est encore importante par sa rade assez fréquentée, par son 1

industrie, par son COmMmerce et par sa population. Trébizonde est fortifiée; elle possède quelques édifices considérables , entre auires Un grand buzar et des bains en marbre remarquables par leur élégante architecture.

Parmi ses antiquités il faut nommer le temple d' Apollon changé en une chapelle de forme octogonc. Le cuivre et les esclaves sont les articles les plus importans du commerct d'exportation de cette ville, dont la population nous paraît pouvoir être estimée à 50,000 âmes, et dont le territoire est très remarquable par sa belle position, la douceur de son climat, par sa fertilité, et par l’abon-

dance et la variété de ses productions.

ande ville, avec des rues

(Sebaste) , assez grande ville, chef-lieu de ,010 maisons ; nombre que M. Tre-

tuées dans ses environs ; erre du miroir.

ns nt ri a trouve le vaste rac sale s à ceux d’autres lacs situés on en retire une grande

Dans un rayon d'environ 5o milles on trouve : Intzen où R1zA (Rhizaum), petite bourgade, siège d'un chef héréditaire, peu soumis au pacha de Trébizonde: en dépit des géographes qui la représentent comme une ville florissante, peuplée de 30,000 habitans, aous ne lui en accorderons que 4,000, sur l'autorité de M. Jouannin et de M. Fontanier qui l'a visitée dernièrement, Gumuou-Knané, petite ville du pachalik d'Erzeroum, dans l'Arménie, importante par les riches mines de plomb argentifère et de cuivre exploitées dans son voisinage.

L’Asie Mineure offre uh grand nombre d’autres villes remarquables sous plus d’un rapport, soit dans l’intérieur, soit le long de ses côtes. Voici celles que notre cadre nous permet de citer; elles nous fourniront l'occasion d'indiquer une foule de monumens antiques qui rappellent la richesse, la puissance et la grande prospérité de cette contrée maintenant si misérable, si faible et si déchue.

Sur la côte Septentrionale et à une distance plus où moins considérable dans l'intérieur, en allant de l’ést à l'ouest, on trouve : Manctvan (Merzifoun), ville de médiocre étendue, à laquelle M: f'ontanier accorde 4,000 maisons et importante par ses riches mines de cuivre. SiNore (Sinab des Turks), ville très déchue depuis plusieurs années , mais à laquelle sou port, ses chantiers de construction et son commerce domnent encure uné certaine impottace ; on lui accorde près de 10,000 habitans. KASTAMOUNI, autre ville déchue, à laquelle nous ne donnerons, avec M. Kinneir, qu'environ 13,000 habitans au lieu des 50,d00 que lui assigne Malte-Brun en citant Hadji-Khalfah, mort en 1658. Bour, assez jolie ville, chef-lieu du liva de ce nom, et florissante par ses fabriques de cuirs et d’étoffes de coton; c’est le passage ordinaire des caravanes qui vont à Constantinople, ce qui, avec sou industrie, contribua beaucoup à augmenter sà population qu'on porte jusqu’à 30,000 Âmes. Ancona(4ncyra), située à environ 60 milles au sud-est de Boli , dans l'intérieur, et célèbre par la grande victoire que Tamerlan remportasur Bayazid ; quoique bien déthué, elle est encore importante par ses nombreuses fabriques de camelots faits avec le poil des chèvres particulières à son district et dunt la finesse égale celle de la soie. Nous remarquerons à ce sujet que dans les environs d’Angora les chèvres, les chats ct les lapins ont ce poil loug et soyeux qui les fait distinguer des autres animaux de leur espèce. Les deux lions de grandeur naturelle, près de la porte de Smyrnè, et l'inscription en l'honneur d’Auguste, sculptée sur ‘ix colonnes, restes du temple d'Auguste, et connue sous la dénomination de monument d'Ancyre, sont les antiquités connues les plus remarquables de cette ville, dont les portes, les mürailles et presque tous les édifices sont contruits avec les débris de ces arrciens monuiñens. Nous croyons qu'on pourrait réduire à 35,000 ou 40,000 âmes les 80,000 que lui accorde Malte-Brun.

Sctrrant a déjà été décrit à la page 522 avec les environs de Constantinople. Demowxest ou tes pu Parce , groupe d'ilots, situé à l'entrée du Bosphore, fréquenté par les habitans de la métrapole qui ÿ vont faire des parties de plaisir ou vont ÿ séjourner pour rétablir leur santé, La côte méridionale de la mer de Marmara (Propontide) est parsemée de ruines célèbres parmi lesquelles on doit surtout mentiouner celles de Cyzique, une des villes les plus florissantes et les plus belles de l'Asie, si renommée par la beauté de ses temples, par son prytanée réputé le plus magnifique de la Grèce après celui d'Athènes, par ses gymnases, par ses théâtres, ses stades, ses ports, ses arsenaux et par ses importantes fortifications ; on voit encore les débris de ses murs non loin de Penamo, misérable endroit sur la côte orientale de la péninsule qui s'est formée par les attérissemens qui ont réuni l'ile de Cyzique au Continent. Marmara, la plus grande des îles répandues sur la met de ce nom; elle est surtout importante par ses carrières de marbre.

Le long de la côte Occidentale on trouve : Pouxcar-Bacur ou BourNAR-BAcut, village que nous nommons pour indiquer l'emplacement présumé de Trore, l’ans. Le être cienne Ictun, dont le siège a été chanté par Homère et qu’il ne faut pas confondre avee n nous parait pouvoir lurum RecENS, qui se trouve à quelques milles de distance. Il ne reste aueun vestige de st très remarquable par Eu première ville; mais sur un rocher voisin et qu'on croit être le PznGawa, on trouve

sa fertilité, et par l'abon- À des débris de constructions en polygones irréguliers, une citerne taillée dans le roc et trois tombeaux héroïques; quelques colonnes en marbre et d'autres débris indiquent près de

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64 ABRÉGÉ DE GÉOGRAMHIE.

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ardoise .

Tentozan, la position de la nouvelle ville bâtie par Alexandre, ruinée par Sylla et reconstruite par Jules-César. CHEMArE , autre village important par les antiquités qui se trouvent dans ses euvirons, parmi lesquelles le docteur Clarke vit une immense colonne de granit dont le fût, quoique d'une seule pièce, a 37 pieds et 8 pouces anglais de long, et encore plus par le voisinage d'Azexanpaia Troas, ville entièrement ruinée et déserte, mais dont les magnifiques ruines attestent son ancienne magnificence; on y voit encore uue partie de ses murailles et l'aqueduc construits avec d'énormes pierres de taille, une partie de la porte du côté de l'est, et surtout le prétendu palais de Priam, aste édifice, dont les débris sont visibles à une grande distance en mer et qui paraît avoir été le gymnase de cette ville; ces ruines ont servi à la construction d'une foule de bâtimens à Constantinople.

Sur cette mème côte, mais au sud du rayon de Smyrne, on trouve : Bouproux (Halycarnasse), petite ville, dans une situation romantique, défendue par une assez bonne citadelle, avec un port et des chantiers où l'on coustruit des frégates et des bâtimens inférieurs pour la marine ottomane. Plusieurs sculptures d’un travail exquis représentant des processions funéraires et des combats entre des figures habillées et d’autres nues et encastrées dans les murailles de la citadelle, ont fait supposer à M. Beaufort que ectte dernière a été construite en partie avec les matériaux du fameux mausolée, ou tombeau que la reine Artémise fit ériger à Mausole son époux. Ce magnifique monument exisla jusqu'au moyen âge et fut mis au nombre des sept merveilles du monde par ses dimensions, par la noblesse de son architecture el surtout par l'excellence des sculptures dont il était orné, travail dû aux plus célèbres artistes de ces temps. L'ile de Srancuo (Cos des Grecs, Zstankioi des Turks), importante par sa fertilité; on ÿ trouve la petite ville de Cos, qui est encore assez florissante quoïqu’elle soit bien déchue de ce qu'elle était lorsque son fameux temple d'Esculape et le grand nom d'Hyppocrate y attiraient des étrangers de toutes les parties de la terre connue. Crro, misérable village, près du cap de ce nom, remarquable par les ruines de l'ancienne Gnipe ou Gninus, une des villes principales de la Doride, où Vénus avait plusieurs temples dans l'un desquels était la fameuse statue de Vénus Gnidienne, chef-d'œuvre de Praxitèle qui y attirait une foule de curieux. On y a reconnu les traces de trois théâtres, dont un de 400 pieds de diamètre, de plusieurs temples et d'autres édifices publics et privés.

Sur la côte Méridionale on trouve l’île de RuoDEs (Rhodus des Grecs, Rodos des Turks), si renommée dans l'antiquité par les grandes richesses et la civilisation de ses habitans, et par la sagesse des lois qui la régissaient et auxquelles elle dut la longue durée de son indépendance; elle jeta encore quelque éclat dans le moyen âge, lors qu'après la chute des colonies chrétiennes de Palestine , elle devint la résidence des chevaliers de Saint-Jean. Aujourd'hui presque déserte et inculte en comparaison de ce qu'elle était aux beaux temps de la Grèce et de Rome, cette île est encore importante par les fortifications et par les chantiers de construction de son chef-lieu actuel, qui porte le même nom ét qui paraît être bâti tout près de l'emplacement de l’ancienne Rhodes, une des villes les plus florissantes et les plus magnifiques de la Grèce ; on y adinirait le fameux colosse représentant Apollon. Gette statue, qui nous paraît tre la plus haute dont l'histoire fasse mention, était l'ouvrage de Charès, élève de Lysippe; on la regardait comme une des sept merveilles du monde ; ses dimensions étaient tellement énormes, que, quoi-

que creuse dans l'intérieur, l'airain qu’on retira de ses débris forma la charge de go0 chameaux , malgré le déchet que le métal dut éprouver pendant les 874 ans qui s'étaient écoulés depuis qu'un tremblement de terre avait renversé cette statue admirable l’an 222 avant Jésus-Christ, Marmonrrza où Marmara, misérable petite ville, près de l’emplacement de l'ancienne Physcus, mais importante par son port, un des plus beaux de la Méditerranée, Macnr, petit endroit près d’un des plus beaux ports de la Méditerranée ét non loin des magnifiques ruines de l'ancien Telmessus, où l’on admire encore les restes du théâtre, des portiques et surtout les tombeaux ; une partie de ces derniers sont taillés dans le roc avec un art admirable, et ressemblent aux étonnantes excavations de Ia Perseét de l'Inde; les autres sont des sarcophages remarquables par leurs dimensions énormes et leur situation d'un accès très difficile ; ce sont probablement des restes de la domination perse dans cette contrée, ParARa; jadis si florissante lorsque son célèbre oracle

DESCRIPTION DE L'ASIE. 65à

d'Apollon y attivar. d'étrangers, n'offre plus que quelques pâtres qui de temps en temps parcourent i: ruises de ses temples, et les restes de son théâtre assez bien conservé, ainsi qu'une partie de ses murailles et une de ses portes. L'ilot de Casrer-nosso (Hegiste des anciens Grecs), remarquable par ses tombeaux taillés dans le roc, son théâtre et d'autres anciens monumens assez bien conservés. Mina, petit village, près des ruines de l'ancienne ville de ce nom, où l'on voit encore un théâtre de 358 pieds anglais de diamètre très bien conservé et quelques autres anciens édifices , ainsi que de nombreux tombeaux; dans plusieurs de ces derniers on trouve des inscriptions en caractères lyciens, de même qu'à Telmessus, Limyra et Cyana.

ApaLta ou Sarante, ville assez grande, florissante par son commerce et à laquelle M. Coraucez donne 30,000 habitans, nombre qui nous parait exagéré, quoique nous trouvions trop faible celui de 8,00 que lui accorde M. Beaufort, Ou y voit encore uu magnifique arc de triomphe érigé à l'honneur d'Adrien. Dans un rayou de 4o milles on trouve au sud les magnifiques restes de PLaselis, dont les anciens habitaus accumulèrent des richesses immenses par la piraterie qu'ils exerçaient, associés aux terribles corsaires de la Gilicie; c’est aux Phasélites que les Romains empruntèrent une sorte de bâtiment à voiles el à rames qu'ils nommèrent phaselus; un théâtre taillé dans le roc, des mausolées, une longue colonnade sont les antiquités les plus remarquables de cette ville aujourd'hui entièrement déserte, D'un autre côté vers l'est on voit £ski- A dalia (Adalia l’ancienne , dénomination donnée par les Turks aux magnifiques restes de l'ancienne Sd, si renommée dans l'antiquité par l'adresse de ses marins; M. Beaufort y vit le /hédtre le plus vaste et le mieux conservé de toute cette côte et d’autres antiquités remarquables; et plus loin vers le nord on trouve 4ylason, village bâti sur l'emplacement de Sagalassus; on ÿ voit un beau déatre, qui semble, dit M. Arundell, avoir servi la veille; les restes d’un vaste portique, d'un gymnase et d'autres antiquités, Anamour, misérable château près duquel se trouvent les ruines d'Aremurium, remarquables surtout par ieurs nombreux tombeaux qui offrent réunis les trois genres difiérens que les archéologues distinguent dans cette espèce de monument, Secerxeu , petite ville, avec un port, remarquable par les ruines de l'ancienne Se /eu ci a, parmi lesquelles on distingue d'immenses citernes, des catacombes, un théâtre et autres anciens édifiecs. Mezeru, misérable village, près des ruines de So li ou Pompéiopolis, qui ressemblent à celles d’Antinoé en Egypte et de Djerach en Syrie; la magnifique colonnade à l'entrée de son port artificiel offre encore 44 colonnes debout.

Tansous (Tarsus), jadis la ville la plus puissante, la plus belle et la plus peuplée de la Cilicie, la docte rivale d'Athènes et d'Alexandrie, dont l'académie était, de l'avis de Strabon, la première du monde, est encore une assez grande villes son commerce est assez florissaut, et sa population est estimée par M. Castellane à 30,000 âmes; depuis quelques années elle est devenue le plus grand débouché des mines de cuivre de l’Asie-Mineure. Dans un rayon d'environ 10 milles au nord-est se trouve : 4da#a, remarquable par sa population , que M. Kinneir croit être égale à celle de Tarsous, quoiqu’elle soit presque déserte pendant l'été ; on y voit les restes d'un beau pont en pierre et un acqueduc bien cutretenu ; et hors du rayon à 4o milles de Tarsous est située Sés, siège d’un patriarche arménien; c'est une ville ruinée, qui dans le moyen âge, comme capitale de la Petite- Arménie, joua un rôle assez important, On sait que la Petite-Arménie répond à-peuprès à la Cilicie des anciens, et qu'elle fut ainsi appelée parce que, dans les x£° siècle, elle servit de refuge à une partie des Arméniens que l'invasion des Turks forçait à s'expatrier. Payas ou Bayas, petite ville, sur le golfe d'Alexandrette, que les pillages sur terre et sur mer du rebelle Kutchuk-Ali avait rendu riche et populeuse il ÿ a quélques années, mais que le châtiment de ce brigand a réduit à un amas de ruines. M. Kinneir la croit bâtie sur l'emplacement de l’ancienne Issus, qui joue un si grand rôle dans l’histoire et la géographie anciennes. Meracu où Manacu, dans l’intérieur, ville de médiocre étendue, chef-lieu du gouvernement de ce nom.

L'ile de Cuyrne (Cyprus des Grecs, Xybris des Turks), une des plus grandes et des plus ivrtiles de la Méditerranée, jadis très riche, florissante et peuplée, maintenant presque déserte et remplie de villes ruinées, mais encore renommée par ses vins excellens, ses cotons el plusieurs autres productions. Vicosie (Lefkoscha des Turks), ville de médivcre éteu-

, rüinée par Sylla et rear les antiquités qui se it une immense co/onne 8 pouces anglais de long, htiérement ruinée et déagnificence ; on y voit en- Énormes pierres de taille, lais de Priam, vaste édiet qui paraît avoir été le ‘une foule de bâtimens à

rouve : Bounroux (Halyue par une assez bonne frégates et des bâtimens ravail exquis représentant billées et d’autres nues et à M. Beaufort que cctte ux mausolée, où tombeau nifique monument exista du monde par ses dimen- Ilence des sculptures dont s. L'ile de Srancuo (Cos té; on y trouve la petite bien déchue de ce qu'elle d'Hyppocrate y attiraient isérable village, près du Nine où Gnipus, une des mples dans l'un desquels Praxitèle qui y attirait une , dont un de 400 pieds de privés.

(Rhodus des Grecs, Rodos esses el la civilisation de ses quelles elle dut la longue dans le moyen âge, lorslevint la résidence des cheilte en comparaison de ce > est encore importante par ef-lieu actuel, qui porte le nt de l’ancienne Rhodes, la Grèce ; on y adinirait le ait être la plus haute dont ppe ; on la regardait comme ement énormes, que, quois forma la charge de 900 ant les 854 ans qui s'étaient e statue admirable l’an 222 tite ville, près de l’emplacet, un des plus beaux de la x ports de la Méditerranée , où l’on admire encore les partie de ces derniers sont « étonnantes excayations de ables par leurs dimensions >bablement des restes de la te lorsque son célèbre oracle

orné mérésériéniemnetsare ie nttiininentehf{ehatiétitenther entier RARE PRO RERO ee due, chef-lieu de l'ile; on ÿ voit encure quelques édifices assez remarquables ; on porte sa population de r2 à 16,000 âmes. Larnak a, petite ville, d'environ 5,000 habitans, importante par son port, son commerce et ses salinesy M. Dubois nous fait observer que ses environs contiennent des tombeaux portant des inscriptions phéuiciennes. 4 affa (Paphos), remarquable par les ruines de Paphos, où Pénus avait un temple de la plus grande magnificence, et par ses groftes sépulcrales; Limasal, par ses vastes salines.

Dans l'ARMÉNIE on trouve :

Enzænoum, dans une vaste plaine, très élevée, et au pied d'une haute montagne , non loin du bras septentrional de l’'Euphrate. C’est une grande ville très florissante par son industrie et par son commerce, surtout d'expédition et de transit, et à laquelle les voyageurs modernes s'accordent à donner 100,090 âmes. Ses armuriers ont la réputation de fabriquer les mcilleurs sabres de l'empire. Parmi ses nombreuses mosquées on doit citer l'Ouloudjami, qu'on dit pouvoir contenir 8,000 personnes. La douane , quelques-uns de ses marchés, de ses bazars et de ses caravansérails sont les édifices les plus remarquables. Dans l'ancien couvent qui servait d'arsenal aux Turks, et qui remonte à la plus haute antiquité, les Russes ont découvert, pendant l'occupation de cette ville, des boucliers, des casques, des arcs, des hallebardes et autres armures du plus beau travail, qui paraissent avoir appartenu aux Arabes du temps des califes. Erzeroum est un des boulevards de l'empire du côté de la Russie et de la Perse, et le chef-lieu du pachalik de ce nom; son pacha, en sa qualité de général en chef permanent de l’armée de Perse ( Zran-Seraskeri) étend sa juridiction sur les territoires soumis aux pachas de Kars, de Bayazid, de Van, de Mouch, de Moussoul, de Trébizonde et sur la partie du territoire du pachalik d’Akhal-tsikhé ( Zchildir) qui est restée au pouvoir des Turks. Nous ferons observer avec M. Fontanier que son autorité est très bornée , surtout à l'égard des pachas héréditaires de Yan, de Mouch, de Bitlis et de Bayazid, qui sont pour ainsi dire des princes indépendans.

Les autres villes principales de l'Arménie sont : MaDEw, petite ville, très importante par les riches mines de cuivre qu'on exploite dans son voisinage. ErzINGAN , sur l'Euphrate, importante par la richesse et la fécondité de son territoire, par son commerce et par sa population que les auteurs nationaux portent jusqu'à 30,000 âmes. Kans, importanlte par ses fortifications et son commerce ; Bayazin, par sa force, son commerce et sa population, qu'on porte au-dessus de 15,600 habitans; elle est le siège d’un pacha héréditaire; Moucu , assez considérable et résidence d'un pacha héréditaire. Van, sur le lac de ce nom, ville forte et commerçante, à laquelle les auteurs arméniens accordent plus de 40,000 habitans; elle est la résidence d’un autre pacha héréditaire, La ville de Van paraît avoir tenu une place encure plus importante dans l'antiquité. Moyse de Khorène, écrivain arménien du v° siècle de notre ère, nous apprend que la fameuse Sémiramis, après avoir joint l'Arménie à ses autres conquêtes, attirée par la belle situation de Van, voulut y fonder une résidence royale, et y exécuta des travaux dignes d'une reine d'Assyrie. Cet historien parle avec admiration d’une montagne artificielle que Sémiramis éleva au nord de la ville actuelle, et sur laquelle était placé le palais royal. Il cite encore des châteaux, des pavillons et des jardins qui s'élevèrent comme par enchantement dans le voisinage, et qui faisaient de ce pays un séjour délicieux. La vérité est que Van a de tont temps été appelée par les Arméniens Schamiramakert, c'est-à-dire ville de Sémiramis, et que la plus grande partie des monumens dont parle Moyse de Khorène subsistent encore. M. Schulz, qui, par ordre du gouvernement français, visitait en 1827 cette contrée, a retrouvé la colline formée d'énormes quartiers de rocher et qui supporte la citadelle actuelle. Cette colline s'étend de l'ouest à l’est l'espace d’une heure de chemin ; daus l'intérieur sont d'immenses cavernes et des appartemens voñtés où

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sans doute Sémiramis allait l'été prendre le frais. 11 n’est pas rare de rencontrer sous ces votes des débris de statues et de monumens antiques. Ce qu'il y a de plus intéressant, ce sont les inscriptions à tête de clou qui couvrent l'entrée et les flancs de la montagne, et qui ont été copiées pour la première fois par M. Schulz. 11 paraît que les rois de Perse qui vinrent après Cyrus partagèrent le goût des antiques monarques de l'Assyrie, pour le séjour de Van. Parmi les différentes inscriptions cuuéiformes, la seule qu’on a pu lire porte, suivant M. Saint-Martin, le nom de Xerxès fils de Darius. On rapporte que Tamerlan, dans le cours de ses expéditions guerrières, voulut achever de détruire ces vénérables restes de l'antiquité; mais la patience de ses soldats fut lassée par l'étendue et la solidité de ces constructions. On trouve au reste des ruines du genre de celles de Van, non-seulement sur le territoire de cette ville, mais dans toute la contrée voisine.

Ant, une des anciennes capitales de l'Arménie, dont M. Saint-Martin, dans ses savantes recherches a décrit l’histoire et les malheurs, a été visitée il y a quelques années par M. Ker-Porter, Ses ruines sont trop importantes pour que nous n'en donnions pas quelques notions. Cette ville est située sur l'Arpatchaï; au nord et à l’est elle est fermée par un double rang de hautes murailles et de tours , dont la construction étonne. Toute la surface du terrein ne présente que chapiteaux brisés, colonnes, frises d’un travail exquis. Plusieurs églises et diverses parties de la ville conservent encore plus que des ruines de leur ancienne magnificence, A son extrémité occidentale on voit le palais des anciens rois d'Arménie ; on le prendrait pour une ville à son étendue ; il est si magnifiquement décoré au dedans et au dehors qu'aucune description, dit M. Ker-Port+r, ne saurait donner une idée de la variété et de la richesse des sculptures qui en couvrent toutes les parties, ni des dessins en mosaïque qui ornent le sol de ses salles innombrables. Tous les restes d'édifices que renferme cette ville excitent l'admiration par la solidité de la bâtisse et l'excellence du travail.

Le KURDISTAN proprement dit, ou le Kurdistan des géographes européens n'offre que des villes petites ou d'une médiocre étendue; les plus importantes paraissent être les suivantes :

emarquables ; on porte sa environ 5,000 habitans, Jois nous fait observer que ns phéniciennes. affa avait un temple de la plus al, par ses vastes salines.

t au pied d'une haute rate. C’est une grande a commerce, surtout modernes s'accordent ation de fabriquer les ses mosquées on doit 8,000 personnes. La s et de ses caravansés l’ancien couvent qui us haute antiquité, les e ville, des boucliers, ures du plus beau iradu temps des califes.

ôté de la Russie et de n pacha, en sa qualité ( Zran-Seraskeri) étend s de Kars, de Bayazid, et sur la partie du tert restée au pouvoir des se son autorité est très de Yan, de Mouch, de princes indépendans.

Buts, ville forte, résidence d'un pacha; on lui accorde 20,000 habitans. Dsezrren, Amania, Dsuramerx et KaraDJOLAN, sièges d'autant de princes kurdes, plutôt vassaux que sujets de la Porte; ce sont toutes de petites villes , à l'exception de Djezireh, située sur le Tigre ; quoique beaucoup déchue , on prétend qu'elle a encore près de 20,000 habitans.

Dans la MÉSOPOTAMIE ou AL-DJEZYREH on trouve :

Dransexir (4mida), sur la rive droite du Tigre, qu'on y passe sur un pont en pierr:, ville grande et bien bâtie, au milieu d'un territoire très fertile, qui produit «les pastèques qu'on dit peser cent livres. La grande mosquée , la cathédrale arménienne , et quelques-uns des caravansérails et des bazars sont, avec le palais du pacha, les bâtimens les plus remarquables. Diarbekir est le siège d’un patriarche chaldéen catholique, d’un évêque de cette religion et d’un patriarche jacobite. Ses fabriques de maroquins , de poterie st objets en cuivre, d’étoffes de soie et de coton, et son commerce d'expédition et de transit la rendent florissante. On croit que sa population s'élève au-delà de 60,000 habitans.

petite ville, très importante inage. ErzINGAN , sur l'Eutoire, par son commerce et ’à 30,000 âmes. Kans, impar sa force, son commerce “elle est le siège d’un pacha cha héréditaire. Vax, sur le auteurs arméniens accordent acha héréditaire. La ville de s l'antiquité. Moyse de Khoprend que la fameuse Sémiattirée par la belle situation ita des travaux dignes d’une e montagne artificielle que le était placé le palais royal.

ui s’élevèrent comme par enséjour délicieux. La vérité est Schamiramakert, c'est-à-dire umens dont parle Moyse de | gouvernement français, vil'énormes quartiers de rocher le l'ouest à l’est l'espace d'une et des appartemens voûtés où

Dans un rayon d'environ 80 milles on trouve au nord-ouest : Manew, petite ville, importante par ses mines de cuivre, regardées conime les plus riches de toute l'Asie Ottomane ; on y exploite aussi des mines de fer, Au sud s: trouvent : d'un côté Marois, assez grande ville, bâtie sur une montagne et défendue par une citadelle ; on lui accorde environ 20,000 habitans ; du côté opposé, Onxa (Edsse), bâtie, selon M. Buckingham, sur les ruines d'Ur, villechaldéenne que le patriarche Abraham quitta pour aller habiter Haran ; ce savant voyageur , qui l'a visitée dernièrement, la trouva bien bâtie, industrieuse et commerçante. et porte jusqu’à 50,000 le nombre de ses habitans ; elle est le siège d’un patriarche jacobite, Edesse joua un grand rôle pendant les croisades. Nissinin , ville de

RES RP EEE médivcre étendue, mais remarquable par le voisinage des ruines de l’ancienne Wisibis, dont on voit encore une partie des murailles et plusieurs autres antiquités; c'était la place la plus importaute de la Mésopotamie; elle joue un grand rôle dans l’histoire des guerres des Romains avec les peuples asiatiques. Hanaw ou CuaRRes, si célèbre par la défaite de Crassus , mais aujourd'hui en grande partie ruinée, est une ville très ancienne. C'est là que les Sahéens avaient leur oratoire principal, et que de tout temps les adorateurs des astres se sont réunis de préférence.”

Moussez où Mossour, située dans une plaine sur le Tigre, qu'on y passe sur un pont-moitié de bateaux et moitié eu p'erre. Cette ville, dont l'intérieur est mal bâti, et les rues étroites et mai pavées, a plusieurs mosquées, parmi lesquelles on en remarque une dont une des tours est inclinée comme celle de Pise. Les manufactures de coton qui l'ont rendue si célèbre et ont donné le nom à la mousseline, ont beaucoup décliné; cependant elles sont encore importantes surtout pour les toiles de coton, dont elles fournissent toutes les provinces voisines. Mossoul est le centre d’un commerce assez étendu , de plusieurs manufactures et fabriques florissantes et le siège ordinaire du patriarche chaldéen catholique d'Elkoch. Il paraît que sa population dépasse. 60,000 âmes.

Dans ses environs on trouve : Nounra, village sur la rive gauche du Tigre, vis-à-vis Mossoul , remarquable comme étant bâti, selon l'opinion commune , sur l'emplacement de Nrxive, dont il ne reste plus que des vestiges informes. On sait que Ninive, pendant long-temps capitale de l'empire d’Assyrie, était alors la plus grande ville de PAsie. Détruite par les Mèdes et les Chaldéens, il se forma plus tard une nouvelle ville de ses ruines. 1 est maintenant impossible de faire la part de l'ancienne et de la nouvelle cité. Il est seulement certain qu'on trouve de temps en temps au milieu des décombres, ‘es statues , des bas-reliefs et des inscriptions. Ezkocn, montagne sur laquelle s'élève le monastère de Saint-Mathieu, siège apostolique du patriarche chaldéen catholique qui réside à Mossoul et dont dépendent 300 villages. Elkoch possède un mausolée qu'on dit être celui du prophète Nahum. C'est beaucoup plus loin et vers l’ouest de Mossoul que dans les montagnes de Sindjar , vivent ces féroces Fezidis la terreur de tous les pays environnans qui sout tour-à-tonr pillés ou mis à contribution par ces brigands indomptables.

Nous citerons encore dans cette contrée, mais hors du rayon de Mossoul : Rank , sur la rive gauche de l'Euphrate, ville assez considérable, chef-lieu du pachalik de ce nom; on y voit les ruines du palais du fameux calife Haroun-al-Rachid. Axa, petite ville, sur la rive droite de l'Euphrate, résidence d'un émir arabe, et rendez-vous ordinaire des caravanes qui vont à Damas.

Dans l’'IRAK-ARABY on trouve :

Bac»an, sur les bords du Tigre, mais principalement sur la rive gauche de ce fleuve. Ornée de très beaux bazars et de quelques maisons assez bien bâties, Bagdad a l'aspect d’une ville persane plutôt que turque. Ses rues sont très étroites et malpropres. Une forte ct haute muraille, en: tourée de fossés larges et profonds et une citadelle bien fournie d’artillerie la défendent. Cette cité si vantée et jadis si magnifique lorsqu'elle était la résidence des califes, paraît ne renfermer qu'environ 100,000 habitans. Elle est cependant toujours une des plus industrienses et des plus commerçantes de l'Asie Ottomane, et le centre du commerce de cette région avec la Perse, le Turkestan, l’Arabie et l'Inde. L’arsenal, le palais du pacha, \a douane , \e tombeau de Zobeïde épouse d'Haroun-al-Rachid et celui du cheikh Abdout-Kadir-Ghilani sont , avec ses beaux bazars, les édifices les plus remarquables. Un pont de bateaux de 620 pieds de long réunit le faubourg situé à l'ouest du Tigre à la ville proprement dite.

DESCRIPTION DE L'ASIE. 619 mm Les environs de Bagdad sont jonchés de débris de villes grecques, romaines, persancs et arabes, confondues ensemble dans le même néant. On ÿ voit encore les traces d'anciens Canaux, où y rencontre des idoles , des ustensiles , des pierres gravées et même on y voit les ruines d'anciens édifices. Ces vieux débris rappellent des souvenirs si imposans que nous ne pouvous nous dispenser de sortir un moment des limites de notre cadre : pour les signaler à l'attention du lecteur. C'est encore notre savant ami M. Reinaud qui nous servira de guide dans leur description.

La contrée qui avoisine Bagdad, arrosée par le Tigre et l'Euphrate, est représentée dans nos livres saints comme le berceau du genre humain. Là s'élevèrent les célèbres villes de BanyLone, de Séceuctæ, de Créstrnon, de Bacpan, qui furent successivement les capitales des empires de Babylone, d’Assyrie, de Syrie, des Parthes, des Arabes. Situées en quelque sorte au centre de l’Ancien-Continent, elles devinrent , soit par mer au moyen du l'igre et de l’Euphrate, soit par terre à l'aide des caravanes, l'entrepôt des marchandises de la Perse , de l'Inde et de la Chine , ainsi que de l'Asie Occidentale, de l'Afrique et de l'Europe. C'est là ce qui explique l'importance que présentent successivement Ninive, Babylone , Séleucie , Ctésiphon et Bagdad; et cette importance durerait encore si le commerce du monde n'avait pas pris d'autres voies. Malheureusement la nature du sol ne permettait pas de construire les édifices en pierres ou en marbre, On n'avait à sa disposition que l argile qui, séchée au soleil ou cuite au feu, servait à faire des briques , et le bitume ainsi que la chaux, qui se convertissaient en mortier, Ces masses de briques , d'après le témoignage unanime des écrivains de l'antiquité, étaient susceptibles de produire l'effet le plus imposant; mais elles ne comportaient pas les détails délicats de La sculpture, et sans doute on n’y vit jamais briller ces bas-reliefs et ces sujets figurés qui font encore le principal intérêt des monumens grecs, romains, égyptiens et persans. D'ailleurs par la facilité du transport et du travail, quand une ville tombait, ses matériaux servaient à celle qui la remplaçait, et quelquefois un-: immense cité laissait à peine quelque trace de sou existence.

Commençons par les ruines de la grande Babylone. BaByrone qu par ses superbes quais, ses portes de bronze, ses jardins suspendus, son temple de Bélus, sa fornidable et vaste enceinte et ses nombreux palais, était regardée par Hérodote, qui cependant avait vu l'Egypte, comme la première ville de l'univers, n’ofîre plus que d'informes débris; ses ruines même n'ont commencé à être bien étudiées que dans ces dernières années. Elle était située sur les deux rives de l’Euphrate et avait 480 stades de circonférence. Sur la rive orientale on distingue parmi des monceaux de décombres une colline appelée par les Arabes du pays a/casr ou le palais, et qui parait répondré au palais bâti par Nabuchodonosor el où Alexandre-le-Graud rendit le dernier soupir. A côté l'on remarque des pans d’un mur qui semblent avoir servi de fondement aux jardins suspendus, et où subsiste encore un arbre euté sur un vieux tronc. Ces divers débris offrent de longs corridors et des chambres qui servent de retraite aux lions et autres bêtes féroces. Pour la colline, elle forme un carré dont le côté est d'environ 2,000 pieds , et elle diminue chaque jour par les briques qu’on ne cesse pas d’en retirer, Les briques sont de la plus belle sspèce. Cuites au feu et parfaitement moulées, elles offrent une iuscription sur la face qui est au-dessous. Quoique le ciment n'ait pas une ligne d'épaisseur, les couches en sont si bien liées qu'on a une peine extrême à en détacher quelque chose. A côté des monceaux de briques se trouvent mêlés des fragmens de vases d'albâtre, de pots de terre, de tables de marbre ét de tuiles vernies.

Le débris le plus imposant qui se soit conservé sur la rive occidentale, est une espèce de colline située à plusieurs milles du fleuve, et que les habitans appellent Bérs-Wembrod, du nom de Nembrod dont il est parlé dans la Bible, Ce débris, selon M. Ker-Porter qui le premier l’a examiné avec attention , a 2,000 pieds de tour , et 200 pieds de haut; audessus est une tour tronquée qui est haute de 35 pieds. On distingué encore trois des huit terrasses qui probablement en couronnaient jadis le sommet. Tout porte à croire que c’est ici la tour de Babel, le premier édifice imposant dont les hommes aient conservé le souvenr, et qui sous le nom de temple de Bélus, occupait encore une place immense au temps d'Alexandre. Les parties qui sont encore debout n’ont pour habitans que les bêtes sauvages. Ainsi a été accomplie la parole du prophète Isaïe : « Cette grande Babylone, cette reine

de l’ancienne Wisibis, antiquités; c'était la place dans l’histoire des guerres | célèbre par la défaite de le très ancienne. C'est là | temps les adorateurs des

ur le Tigre, qu'on y rre. Cette ville, dont | pavées, a plusieurs ont une des tours est joton qui l'ont rendue nt beaucoup décliné; ar les toiles de coton, Mossoul est le centre res et fabriques floriscatholique d’Elkoch.

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entre les royaumes du monde, qui faisait l'orgucil des Chaldéens, sera détruite et ne sera plus rebâtie dans la suite des siècles. Les Arabes n'y dresseront pas même leurs tentes, et les pete n’y viendront point faire reposer leurs troupeaux. Les bêtes s’y retireront, Les hibous hurleront à l'envi l’un de l’autre dans ses maisons superbes et les dragons habiteront dans ses palai: de délices. »

Lesinscriptions impriniées sur les briques se composent de caractères cunéiformes, c'est. à-dire en forme de clous ou de coins ; mais ces caractères ne paraissent pas ètre les mêmes que ceux qu'on rencontre à Persépolis, à Van, à Kirmanchah, quoique le trait en forme de clou se rencontre dans toutes les inscriptiuns des monumens qui furent élevés par les Assyriens, les Chaldéens, les Mèdes et les Perses, 11 paraît que c'était l'écriture primitive de ces peuples; seulement, comme elle était d'un usage peu commode, l’on en avait imaginé une autre pour les besoins courans de la vie, et celle-là ne servait que pour les monumens publics, Les principaux cabinets d'Europe, par exemple celui du roi à Paris, renferment des briques et autres débris babyloniens. Ces briques portent ordinairement les inscriptions, et quelquefois des figures d'animaux réels ou fantastiques. k

Babylone , étant la capitale de la Chaldée , perdit sa plus grande importance, lorsque la Chaldée devint une des provinces de l'empire Perse. Alexandre annonça l'intention d'en faire la capitale de ses imc::.e8 conquêtes et de la rendre plus brillante qu'elle ne l'avait jamais été. Mais il mourut , et Séleucus , un de ses lieutenans , étant devenu maitre de la Mésopotamie , fonda , dans le voisinage, sur le bord occidental du Tigre , la ville de SéLaucie qui s'éleva aux dépens de Babylone. Plus tard les rois Parthes bâtirent en face de Séleucie, sur la rive orientale du Tigre, la ville de Crésirmox qui porta un nouveau coup à Babylone. Cependant , lorsque Trajau parcourut en vainqueur l'Orient, Babylone était encore debout, et ce prince put contempler la chambre où Alexandre était mort, Mais bientôt la ville se dépeupla entièrement , et les bêtes féroces y accourant de toutes parts, elle devint comme un vaste parc, où les monarques persans allaient de temps en temps prendre le plaisir de la chasse. ‘

Quant aux villes de Séleucie et de Gtésiphon, elles se maintinrent jusqu'au vu® siècle, au commencement de l'Islamisme. À cause de leur voisinage, les Arabes les appelaient du nom commun de Manaïn ou les deux villes par excellence; les Arabes, sous le calife Omar, étant sortis de leur désert, l'une et l’autre tombèrent en leur pouvoir , et par la fondation de Bagdad et d’autres villes dans le voisinage, elles se réduisirent à rien. 1l reste encore à Ctésiphon un des côtés du palais des Cosroës; c'est une espèce de mur en briques, percé de fenêtres et de niches, et ayant au milieu un grand portique haut de 85 pieds, large de 76 et profond de 148. C'est pour cela que les Arabes appellent cet édifice du nom de Takht-i-Kosrou ou voûte de Cosroëès, C’est probablement le même que leurs anciens auteur: nomment Eivan-Kesra ou portique des Cosroës, et qui, à les en croire, se fendit la nuit où Mahomet vint au monde. Aux environs le voyageur français Michaux découvrit en 1783 une espèce de caillou de plus d’un pied de haut et en forme d'œuf, qui se conserve mainteuant au cabinet du roi ; cette pierre, couverte de figures et de caractères à têtes de clou, paraît se rapporter aux anciens dogmes religieux des peuples du pays. Millin en a publié les dessins, Hager et Munter en ont examiné les sujets. Espérons que quelque savant en donnera une explication satisfaisante.

A côté des grands noms de Babylone, de Séleucie et dé Ctésiphon , le géographe n'a plus à citer, si l’on excepte Bagdad que nous avons déjà décrite, que les noms vulgaires de Hizes on Heuca , sur la rive droite de l'Euphrate, petite ville d'environ 7,000 âmes, remarquable par son industrie, mais surtout par le voisinage des ruines de Babylone, Mzcuuen-Hosserx, ou lieu du martyre de Hossein, ville ainsi appelée parce qu'elle a été bâtie à l'endroit où l'imam Hossein , fils du calife Ali et petit-fils de Mahomet, fut tué; cet endroit s'appelait originairement Ksnazra. La ville actuelle est arrosée par un bras de l'Euphrate, et entourée de jardins et de eampagnes assez bien cultivées. La mosquée de Hossein est visitée annuellement par un grand nombre de pélerins; les trésors immenses que la piété des musulmans y avait assemblés, furent enlevés par les Wahhabites en 18or. On estime à près de 10,000 âmes sa population permanente,

Quelques milles plus loin et au sud de Hella on doit citer : Mecamen-Arct, petite ville, remarquable par la superbe mosquée où se trouve le tombeau du calife Ali, visité an-

up n'en de con de

msn RER mière classe, d'un patriarche grec, d'un évêque arménien, et de deux autres, un maronite et l’autre jacobite. Toutes les principales nations de l'Europe y tiennent des consuls.

Voici les lieux et les villes les plus remarquables qu'on trouve dans un rayon de :4 milles : Dsisouz, petit endroit dans la vallée de Sel, ainsi nommée d'un vaste marais salé où l'on en recueille tous les ans une quantité considérable, Senmen, autre petit endroit que nous citons à cause de ses nombreuses citernes taillées dans le roc et de plusieurs excavations habitées aujourd'hui par des paysans. Eputr, petite ville, environ. née d'oliviers, à laquelle Burckhardt accorde 1,000 maisons. Ruima, beaucoup plus petite, mais remarquable par les ruines de l'ancienne Reiha ou Aouia et celles de Benin, situées à quelques milles de distance. Famimu, sur l'Oronte, pelite ville, qui remplace la célèbre Aramra, où les rois de Syrie avaient établi leur haras principal et où ils entretenaient 500 éléphans ; ses riches pâturages y attirent encore beaucoup de Hédouins, et l'abondante péche qu'on fait dans le lac d'Él-Taka, qui communique avee l'Oronte et qui, selon Burckhardt, produit an gouverneur près de 3,o00 livres sterling, Jui donnent encore une certaine importance. Hamau, sur l'Oronte, grande ville, florissante par son industrie et par le commerce alimenté par les riches produits de ses belles campagnes, regardées comme le grenier de la Syrie. C'est le séjour de plusieurs grands seigneurs turks qui y vivent retirés des affaires ou disgraciés. On y voit une machine hydraulique, dont la plus grande roue n'a pas moins de 70 pieds de diamètre. Sans adopter l'estimation exagérée d'Ali-Bey qui lui donne 100,000 âmes, ni celle trop faible de Burekhardt qui les réduit à 30,000, nous croyons qu’on pourrait lui accorder de 4 à 50,000 hahitans.

Daus une autre direction on trouve : AnTanteu, la vaste, la magnifique Anriocur (Antiochia Magna), où les rois Séleucides faisaient leur résidence ordinaire, où plusieurs empereurs romains fixèrent leur séjour, si riche, si florissante lorsque saint Pierre ( était le premier évêque avant de transfére: son siège à Rome, n'est plus qu'une ville presque déserte. Les différens sièges qu'elle a soutenus contre les Sarrasins, les Perses el autres nations, les fréquens tremblemens de terre qu'elle a éprouvés, et surtout les ravages qu'y fit pendant les croisades le sultan Bibars, lorsqu'il l’euleva aux chrétiens, out ruiné les beaux édifices qui la rendaient la rivale de Rome; une partie de ses vastes et solides murailles et ses agueducs ont seuls survécu à tant de désastres. Ses 6 à 700,000 habitans nous paraissent pouvoir être réduits à environ 10,000, malgré l'estimation exagérée d'Ali- Bey qui lui en accorde 18,150. Antioche conserve encure ses célèbres sources thermales; elle fait quelque commerce et est le siège titulaire de plusieurs patriarches qui résident en d'autres villes; celui des Grecs vit à Damas, celui des Grecs-Unis dans un couvent du mont Liban, le patriarche catholique à Rome et celüi des Nestoriens à Mardin. Kuærse, village remarquable par le voisinage des ruines de l'ancienne Seleucia Pieria; où admire encore les débris de ses fortifications et ses excavations extraordinaires. BæiLan, si importante daus l'antiquité sous le nom de Poare pe La Syrie, est bien déchue depuis quelques aunées; c'était le séjour d'été d'un grand nombre d'Européens établis dans le Levant. AcexanpaerTe (/scanderoun des Turks), petite ville, bâtie au milieu de marais pestilentiels; son port est le débouché principal des marchandises qu'Alep expédie dans l'Occident; sa célèbre poste aux pigeons, à limitation de laquelle on en a établi récemment dans les Pays-Bas et entre Paris et Londres, n'est plus en activité depuis long: temps. Ezuis, ville d'environ 12,000 habitans, florissante par ses nombreuses manufactures et son commerce; Ainras, daus le pachalik de Merach dans l'Asie-Mineure, également florissante et mieux bâtie, à laquelle on accorde 20,000 habitans; Bin , petite, mais importante parce qu'elle est le passage ordinaire de l'Euphrate, et par le voisinage de Membig, dont les murs encore debout attestent l'ancienne graudeur de Ma bo 4 où Hierapolis, ville consacrée au culte d’Astarte; cette déesse, qu'on représentait sous une image montruetse, moitié femme et moitié poisson, ÿ avait un temple magnifique, desserni par 300 prètres et rempli de riches offrandes; son pillage rapporta des sommes énormes à Marcus Licinius Crassus.

Tarvori { Tripolis ; Tarabolos des Orientaux), ville de médiocre étendue,

us mais selon MM. Irby et Mangles la mieux bâtie de la Syrie, environnée arménien, et de deux de jardins et de campagnes bien cultivés, non loin de l'embouchure du es principales nations

Nahr-el-Kadich. Une citadelle, qui dernièrement a été réparée, la défend, Son port, son industrie et son commerce assez actif ajoutent à l’importance que lui donnent une popurasion d'environ 16,000 âmes et la résidence du pacha qui gouverne l'eyalet de ce nom; depuis 1828 ce dernier relève de celui d’Acre. Tripoli est aussi le siège d’un évéché grec.

rouve dans un rayon de 74 nommée d'un vaste marais rable, Sanmesn, autre petit ss taillées dans le roc et de pute, petite ville, envirotons. Ruima, beaucoup plus ha où Rouia et celles de l'Oronte, petite ville, qui abli leur haras principal et tirent encore beaucoup de l'aka, qui communique avee rès de 3,000 livres sterling, Jonte, grande ville, florisriches produits de ses belles e séjour de plusieurs grands ciés. On y voit une machine 710 pieds de diamètre. Sans oo âmes, ni celle trop faible pourrait lui accorder de 4

Dans un rayon de 48 milles on trouve : Barnoux, petite ville, sur le territoire des Maronites, importaute par sa rade et son commerce. Kawon:x, très petite ville, remarquable par sa position romantique et parce qu’elle est regardée comme la capitale des Maronites, montagnards régis par leurs propres lois et seulement tributaires des Turks; leur patriarche réside dans un vaste couvent, dont l'église a été bâtie par Théodose-le- Grand, Non loin, sur la pente du Liban, on voit quelques cèdres remarquables par leur antiquité, que les naturels font remonter jusqu'au temps de Salomon, Baarvex , très pelite ville, ruinée par tes guerres et par les révolutions de la nature; on peut la regarder comme le chef-lieu des Moutoualis, montagnards féroces, tributaires, mais non sujets de la Porte; elle occupe une partie de l’emplacement de l'ancienne Hertororts, dont on voit encore au milieu d’une foule de débris le chdteau et le temple du Soleil; ce dernier est inieux conservé que le premier; on y admire ses colonnes colussales, son portique , les belles sculptures de son immense portail, mais surtout la muraille qui environnait toutes ces constructions, à cause de la grandeur prodigieuse des blocs dont elle est composée. Burckhardt qui en mesura plusieurs trouva que le plus graud avait 61 yards de long, ; d'épaisseur et autant de largeur; le docteur Richardson les regarde comme les masses les plus pesantes que la main de l'homme ou les machines aient encore mues.

Zauvx, petite ville, dont la population croissait rapidement du temps de Burckhardt, époque où elle dépendait de Bechir, émir des Druzes ; non loin est situé Bezommar, le plus beau et le plus riche couvent du Kesrouan, bâti sur une haute montagne; Burckhardt ÿ trouva le vieux patriarche Youssouf, quatre évêques, plusieurs moines et un collège où étaient élevés plusieurs jeunes gens de différentes villes du Levant. Baïnour (Berytus), une des anciennes villes de la Phénicie, où Justinien fonda une école de droit, et qui conservait encore une grande importance au temps des croisades, Le capitaine Mangles lui accorde encore 10,000 habitans, quoique son port ait été détruit par Facardin. Massvan où Massrare, très petite ville, qu'on peut regarder comme le chef-lieu des. célèbres Assassins (les Ansariéh vu 1smaéliens des Orientaux), montagnards, dont la guerre a beaucoup diminué le nombre; ils ne sont que tr'ibutaires des Turks, Le long de la côte on trouve : Tonrosa (Orthosia des anciens, Tartous des Orientaux}, misérable petite ville, importante par ses antiquités et surtout par le voisinage des excavations extraordinaires qui ont appartenu à l'ancienne république d'Aradus; c'est sur l'ilot désert de Ru ad, vis-à-vis Tortosa, que s'élevait la ville d’#radus, dout les maisons avaient 5 à 6 étages et où le commerce et la liberté avaient rassemblé une immense: population. Hors du rayon et toujours le loug de la côte, nous mentionnerons encore deux petites villes : Genre (Zy6los ou Gabala), par ses antiquités, ses tomheaux taillés dans leroc et par sa mosquée de sultan Ibrahim, venversée par le dernier tremblement de terre; Laraxta (Laodicea), par son arc de triomphe encore presque entier, et surtout par son port, qui dans ces derniers temps est devenu un des débouchés d’Alep.

te, la magnifique Anriocur dence ordinaire, où pos sante lorsque saint Pierre en ome, n’est plus qu'une ville re les Sarrasins, les Perses el ouvés, et surtout les ravages leva aux chrétiens, out ruinc partie de ses vastes et solides es. Ses 6 à 700,000 habitans ré l'estimation exagérée d'Aliss célèbres sources thermales; rs patriarches qui résident en ecs-Unis dans un couvent du Nestoriens à Mardin. Kurse, ne Seleucia Pieria; où ions extraordinaires. ReiLan, Synre, est bien déchue depuis e d'Européens établis dans le lle, bâtie au milieu de marais handises qu'Alep expédie dans e laquelle on en a établi réplus en activité depuis longpar ses nombreuses manufacch dans l'Asie-Mineure, éga- 20,000 habitans; Br, petite, l'Euphrate, et par le voisinage enne graudeur de Aa boy ou se, qu'on représentait suus une un temple magnifique, dessert!

| rapporta des sommes normes

Acne (4co et plus tard Ptolemais ; Akka des Orientaux), ville fortifiée. et de médiocre étendue, située sur une baie. Après avoir joué un grand rôle dans l’histoire des croisades, elle était tellement déchue vers le milieu du xv® siècle, qu’elle était presque déserte, Le cheïkh Daher, émir arabe qui s'en empara par surprise, y ramena le commerce et la navigation, Ce chef habile, qui dominait sur toute l’ancienne Galilée, eut pour successeur le fameux tyran Djezzar-Pacha, qui l’'embellit et la fortilia, surtout depuis la résistance qu'il y opposa au général Bonaparte. Parmi

ille de médiocre étendue,

ses monumens dont aucun n'est ancien, mais qui tous sont construits avec les débris d'édifices antiques, on remarque le palais du pacha : \a mosquée, bâtie par Djezzar, enrichie de superbes colonnes de marbre recueillies dans toutes les villes voisines, surmontée d'une superbe coupole et ornée de belles arabesques ; deux busars avec de grandes voûtes; des bains publics, réputés des plus beaux de l'empire Ottoman, et la superbe /ontaine en marbre blanc près du palais du pacha. Acre est le chef-lieu de l'eyalet de ce nom et l'entrepôt du commerce de coton de la Syrie ; les principales nations commerçantes de l'Europe y entretiennent des consuls, Sa population paraît s'élever à près de 20,000 âmes.

Dans les environs immédiats de cette ville s'élève le monr Cane, fameux dans les annales de la religion par le séjour qu'y ont fait les prophètes Elie et Elisée, et par celui des nombreux religieux chrétiens qui dans le moyen âge vivaient dans les grotles dont il est percé ; l'ancienne église qui s'élevait sur son sommet a été démolie , à cause de l'insurrection grecque, en 1821; mais , d'après ln réclamation de Charles X , elle a été rebâtie avec les matériaux de l'ancienne et avec les secours envoyés par ce prince et par les fidèles de la chrétienté, Plus loin et dans un rayon de 54 milles on trouve le long de la côte : Txn (Thordes Syriens, Tsour des Juifs, Sour des Orientaux), la reine des mers dans l'antiquité, le berceau du commerce, la capitale de la riche et florissante Phénicie, ne comptait dans la seconde moitié du xvr1° siècle qu'une dizaine de chétives cabanes, asile de quelques misérables pêcheurs. Agrandie dans ces dernières années aux dépens de Seyde, M. Buckingham la trouva, en 1816, changée en une petite ville , bien bâtie, comptant déjà 800 maisons en pierre, une mosquée, trois églises, des bains publics et trois bazars; il estime sa population pour le moins à 8,000 Âmes; M, Connor qui la visita en 1820 réduit ce nombre à environ 1,500! L'immense digue construite par Alexandre pendant le mémorable siège de la seconde Tyr qui était au milieu de la mer , et changée par les attérissemens en un isthme, nous parait être la seule antiquité que cette ville célèbre peut encore offrir à l'attention du voyageur. Sexpe (Sidon), la mère de toutes les nilles Phéniciennes, est encore une ville assez considérable, bien qu'elle ait beaucoup déchu depuis quelques annéés; le beau palais, bâti dans le goût italien par l'émir Facardin (Fakhreddin), tombe en ruine, son port est comblé et ses monuinens ont disparu; mais dans ses environs subsistent encore les tombeaux creusés dans le roc, que Hasselquist appelle des anciens rois de Syrie; la plupart sont ouverts et servent d'asile aux bergers. Nous rappelleruns que c’est près du mont Mar-Elias-Alza, tout près de Seyde, que demeure la célébre lady Esther Stanhope, qui depuis quelques années exerce une grande influence sur les pachas de la Syrié et suttout sur plusieurs tribus arabes. Kaïsantue (Césarée de Palestine), fondée par Hérode-le-Grand en l'honneur d'Auguste, et devenue en quelques années une des plus belles et des plus magnifiques villes de l'Orient, si célèbre dans les premiers temps du christianisme et si importante pendant les cruisades, n'a pas un seul habitant ; mais la conservation de ses remparts, de son port et de ses monumens, dit M. le comte de Forbin, inspire une surprise indéfinissable; on y trouve dès rues, des places, et en rétablissant les portes de ses hautes et terribles murailles, il serait facile de l'habiter et de la défendre. Nous rappellerons que c'est dans cette ville que s'élevait le magnifique temple que son fondateur avait dédié à Auguste, et orné de la statue culossale de ce prince, imitation de celle de Jupiter Olympien, et que l'on admirait dans son moe superbe, un des plus grands ouvrages hydrauliques de l'antiquité; la plupart des pierres employées à sa construction avaient jusqu'à 50 pieds de long, 18 de large et 9 d'épaisseur, et l'endroit où se firent plusieurs jetées avait jusqu'à 10 brasses de profondeur. Jarra (Joppé), petite ville de 4 à 5,000 habitans, remarquable par son port où débarquent les pélerins qui vent à Jérusalem; quoique mauvais, c'est un des plus remarquables, étant le plus voisin de Jérusalem, et un des plus anciens du monde; la tradition populaire y fait construire l'arche de Noé, et la Bible nous informe que le prophète Jonas s’y embarqua pour aller à Tarchich, et que c’est par ce port que Salomon recevait les matériaux employés à la construction du temple.

us sont construits avec du pacha ; a mosquée, de marbre recueillies serbe coupole et ornée voûtes; des bains puan, et la superbe /oncre est le chef-lica de coton de la Syrie ; les retiennent des consuls, 8,

r Canmez, fameux dans les Elie et Elisée, et par celui aient dans les grottes dont té démolie , à cause de l'ine Charles X , elle a été re- Dyés par ce prince et par les illes on trouve le long de la aux), la reiue des mers dans et florissante Phénicie, ne e de chétives cabanes, asile res années aux dépens de ne petite ville , bien bâtie, es, des bains publics et trois ; M. Connor qui la visita en astruite par Alexandre penu de la mer , et changée par quité que cette ville célèbre la mère de toutes les villes qu'elle ait beaucoup déchu it italien par l'émir Facarses monuinens ont disparu; és dans le roc, que Hasselts et servent d'asile aux bera, tout près de Seyde, que s années exerce une grande sus arabes. Kaïsantma (Césa- Auguste, et devenue en quele l'Orient, si célèbre dans les s croisades, n'a pas un seul de ses monumens, dit M. le ouve des rues, des places, et , il serait facile de l’habiter e que s'élevait le magnifique tatue culossale de ce prince, dans son 0e superbe, un part des pierres employées à et 9 d'épaisseur, et l'endroit ideur, Jarra (Joppé), petite arquent les pélerins qui vent bles, étant le plus voisin de laire ÿ fait construire l'arche embarqua pour aller à Tarriaux employés à la construc-

D'un autre côté, dans l'intérieur, on trouve : Sarzn ou Savran, petite ville, bien bâtie et assez florissante, à laquelle Burckhi@rdt accorde 600 maisons, C'est une des quatre villes que les Juifs regardent comme sacrées, et d'où ils envoient des missiounaires quèter pour leur co-religionnaires pauvres; ils y ont une espéce d'université et une typographies tout près se trouvent : la prétendue maison de Jacob ; ce sont de magnifiques toinbeaux taillés dans le roc, que les Turks regardent comme l'ancienne demeure de ce patriarche ; et la citadelle qui parait étre une des plus anciennes constructions de la Palestine; ses murailles sont d'une force et d'une épaisseur extraordinaires; il en est souvent question dans l’histoire des guerres des Croisades, Durn-x1-Kaman, petite ville, regardée comme la capitale du pays des Druzes, montagnards qui n'ont jamais été entièrement soumis aux Turks, dont ils ne sont que tributaires; elle parait s'être beaucoup agrandie depuis que Volney l'a visitée, puisque Burckhardt lui accorde 1,200 familles et le capitaine Lelght 5,000 habitans, Tout près se trouve Zettedin, où l'émir Bechir habite un beau Palais construit dans le goût italien ; ce prince par son adresse et par sa politique jouit d'un grand ascendant sur tous les montagnards du Liban, Beaucoup plus loin se trouve le co” veut de Mar-Hanna-Chouair, duquel dépendent cinq couvens de religieuses; ib est célèbre dans tout l'Orient par sa typographie arabe, où furent imprimés plusieurs ouvrages.

Du côté opposé, mais toujours dans le rayon , est située la fameuse r2.a1x8 D'Esonazon,

qui était la partie la plus fertile de la Terre de Chanaan, et eouverte des plus riches pâturages, C'est là que Barac défit Sisara, que Josias, roi de Juda , combattit contre Neea roi d'Egypte et tomba percé de flèches ; en général dans toutes les guerres qui ont eu lieu dans cette contrée depuis Nabuchodonosor roi d’Assyrie, jusqu'à l'expédition des Français en Égypte, la plaine d'Esdrelou a servi de campement aux armées ; Juifs, Geutils, Sarrasins, Croisés, Egyptiens, Persans, Druzes, Turks, Arabes, Français , tous y ont déployé leurs tentes et y ont fait flotter leurs étendards. Nazanera où Nassana, pelité ville, à laquelle des voyageurs modernes accordent 3,o00 habitans; le couvent latin est un vaste bâtiment , et l'église de l'Annonciation est la plus belle de la Palestine rnrès celles du Saiut-Sépulcre à Jérusalem et de Bethléem; une autre église au-dessous de le première renferme plusieurs grottes chaugées en chapelles, où la eroyance populaire place Ta cuisine , la doubs à coucher et autres parties de la demeure de la Sainte-Vierge; non loin on montre l'emplacement où, d'après d'autres traditions l'ange Gabriel lui apparut, ainsi qu’une partie de l'atelier de saint Joseph, et l'école où Notre-Seigneur venait avec les enfaris de son äge humilier sa divine sagesse. Dans ses environs on trouve Cana, joli petit village d'environ 300 habitans, remarquable par le miracle qu'y opéra Jésus: Christile mont Thabor, par la brillante victoire qu'une poignée à Français remnporta sur les Arabes, et plus encore par la tradition qui place sur son sominet la scène de la transfiguration de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; on y voit une grotte où l'on a construit trois autels en mémoire des trois tabernacles que saint Pierre proposa d'y élever ; des pères latins tous les ans y célèbrent la messe le jour de la Transfiguration, C'est encore dans les environs de Nazareth qu'on rencontre plusieurs lieux où Jésus-Christ opéra des miracles ; le champ des épis, l'endroit de [a multiplication du pain et des poissons, le mont des béatitudes sont les plus remarquables; tous les ans tes moines ÿ vont en procession chanter l’évangile, le jour de leur commémoration.

T'asanteu (Tiberias), petite ville d'environ 4,000 âmes, une des quatre regardées comme saintes par le Talmud, remarquable par ka beauté de sa situation sur le bord occidental du lac de son nom, dit aussi de Galilée et de Genesareth, par la résidence qu'y firent pendant 350 ans les principaux docteurs juifs après la ruine de Jérusalem, par l'école qu'ils y foudèrent , devenue si célèbre pendant le moyen âge et remplacée depuis long-temps par un collège qui subsiste encore; enfin par le voisinage des bains d'£E mm aus, si fréquentés aux temps des Romains; on en voit encore les restes ; ils n'ont rien perdu de leur efficacité et attirent encore bien des étrangers à Tabarieh. Un peu plus loin, vers le nord-est, était Capharnaum, ville entièrement ruinée, mais dont l'emplacement ne saurait être passe sous silence, ayant été fa demeure la plus ordinaire de Jésus-Christ pendant les trois dernières années de sa vie mortelle, et le lieu où il guérit la belle-mère de saiut Pierre, la paralytique, le fils du Centenier, celui où il ressuscita la fille de Jaïre, etc.

Bisax, misérable village d'euviron 200 habitans , qui remplace la ville de Bernsan de la Bible, la Scyrmorouis des Grecs et des Romains; c'était la plus grande de la Deca. polis; on y a reconnu un théâtre, plusieurs tombeaux dans les environs, et sur la colline les traces de son acropolis.

Srsasra, pauvre pelit village, qui remplace Samarie, la capitale des rois d'Israël, détruite entièrement par Salmanasar , et la magnifique Sepasre, rebâtie par Hérode-le-Grand en l'honneur d’Auguste, où l'on admirait une place de trois stades et demi de tour au inilieu de laquells s'élevait le grand temple d'Auguste, aussi remarquable par ses dimensions que par la beauté de son architecture; il ne reste plus rien de ses vastes murailles, mais une colonnade encore debout, un grand nombre de colonnes renversées et plusieurs autres débris’ attestent la magnificenre de cette ville, où ies prophètes Elie et Elisée menacèrent en vain les rois d’fsraël de la colère de Dieu et opérèrent leurs miracles en la présence de tout le peuple. Narrouse (le Sichem de l'Ancien-Testament , le Sythar du Nouveau, la Veapolis des anciens Grecs et Romains, le Nabolos des Arabes et autres Orientaux), à différentes reprises capitale de l’ancien royaume de Samarie , et encore la métropole de la secte des Samaritains, rappelle des souvenirs historiques de 3,000 ans, Elle est dans une vallée fertile et agréable , formée par le mont Ebal au nord, et le mont Garizim au sud; c'est encore une ville considérable par son industrie, son commerce et par sa population qu'on porte à 10,000 âmes. Une tradition populaire y place les grottes sépulcrales de Joseph, de Jacob et de Josué, ainsi que le fameux puit creusé par ce dernier; tous ces monumens existent encore, C'est sur le mont Garizim qu'était bâti le temple fré. quenté par les anciens Samaritains et rival de celui de Jérusalem ; et c'est sur cette même

montagne que les Samaritains adorent encore Jehovah.

Jérusacem ( Jeruschalaïm des Hébreux ; Hyerosolima des anciens Grecs et Romains; É/kods des Arabes; AKoudsi-Cherif des Turks, c'est-à-dire la Sainte par excellence ) est peut-être la plus célèbre ville du monde, puisqu'elle est le berceau du judaïsme et du christianisme, le second sanctuaire de la religion mahométane et qu’elle fut le but de ces guerres religieuses , qui, sous le nom de Croisades ont exercé une si grande influence sur les destinées de l'Europe. Cette ville occupe aujourd’hui le bas du mont Sion, le mont d’Acra, celui de Moria et le Calvaire. Elle est entourée de murs très élevés en pierre de taille, et flanqués de tours, et le torrent El Kedron coule tout près. Les maisons des habitans n’offrent rien de remarquable, mais quelques-uns de ses édifices publics sont trop importans pour être passés sous silence. Nous nommerons d’abord la mosquée d'Omar, appelée Et Haram ou la Sacrée, assemblage de plusieurs mosquées et chapelles qui s'élèvent au milieu d’une vaste enceinte fermée ct dont les deux principales sont : celle que l’on nomme Æ/-A4hsa ou la reculée, par opposition aux mosquées de la Mecque et de Mediue, qui pour les Arabes sont plus rapprochées; elle est divisée en sept nefs soutenues par des piliers et des colonnes; la nef centrale, surmontée d’une coupole, a 160 pieds de long sur 32 de large ; l’autre, nommée Æ/-Sakhra ou la roche , est de forme octogone de 160 pieds de diamètre, s'élève sur une

late-forme d'environ 46a pieds de long sur 339 de large, pavée de marbre

lanc et exhaussée de 16 pieds ; elle est terminée par un dôme de 47 pieds de diamètre , de 93 de haut , et soutenu par 4 piliers et 12 colonnes magnifiques ; la porte principale est ornée d’un superbe portique supporté par 8 colonnes d'ordre corinthien; son intérieur est décoré avec un goût exquis et la plus grande richesse, et est constamment éclairé par plusieurs milliers de lampes. Au milieu se trouve une roche en forme de segment de sphère d'environ 33 pieds dans sa plus grande dimension; c'est la sakhra-halal ‘la roche sacrée) qui est l’objet de cet édifice, sur laquelle on dit que le

DESCRIPTION DE L'ASIE. 657 hi imp patriarche Jacob reposa sa tête; la tradition populaire prétend méme y reconnaître l'empreinte du pied de Mahomet qui , disent les musulmans fa de là au ciel, et fait garder la pierre par 70,000 anges qui se relèvent tous les jours. Vient ensuite la mosquée qu'on dit être bâtie au-dessus du tombe: de David. Parmi les édifices consacrés au christianisme, nous on surtout l'église du Saint-Sépulcre , que l'impératrice Hélène fit construire sur l'emplacement qu’on lui désigna comme le lieu où fut élevée la croix de Jésus-Christ, et celui où son enveloppe visible fut déposée; un incendie en 1811 a réduit en un monceau de ruines ce temple magnifique où se trouvaient aussi les tombeaux très simples de Godefroi de Bouillon et de Baudouin, les héros de cette immortelle épopée, l’une des gloires littéraires de l'Italie ; les flammes ont épargné le tombeau de Jésus-Christ et le couvent catholique qui est auprès, ainsi que les chapelles des huit nations ou branches du christianisme ; ce temple a été rebâti en 1812 aux frais des moines grecs soupçonnés d’avoir été les auteurs de ce désastre Nous rappellerons que le couvent catholique du Saint-Sauveur est la résidence d'un évêque éx partibus et le chef-lieu de 17 hospices répandus dans la Palestine, la Syrie, l'Égypte et l’île de Chypre; ils tohrbéi ce que l’on nomme la Mission de Terre-Sainte ; son église possède des orne- Inens sacrés d’une richesse extraordinaire, des candelabres et autres objets précieux envoyés en don par les rois de France, d’Espagne, de Porrtpal de Naples, etc. ; on nous assure que leur valeur monte au-dessus de huit millions de francs. Un nombre encere assez considérable de pélerins viennent tous les ans visiter ces lieux saints et forment la plus grande ressource des religieux grecs, arméniens et catholiques qui viveut dans des couvens séparés. Celui des Arméniens est si vaste, qu’on dit qu'il a de 800 à 1,000 cellules pour loger autant de pélerins. Le plus grand article de nes de Lis rs as a en fabriques de reliques, rosaires et autres objets ornés de nacre de perle. Il paraî 1 :

RE a P parait que la population de Jérusalem

Les environs immédiats de Jérusalem offrent plusieurs localités trop remarquabl pour être passées sous silence. Nous nommerons : le Monr Ociver, ainsi nommé ds ol: viers dont il était couvert et qui le couvrent encore en partie; c'est du haut de cette « L line que le Rédempteur prédit à Jérusalem sa destruction; c'est de là aussi qu'il sidiita au ciel en présence de ses disciples. La tradition vulgaire y reconnaît encore l’em Pi laissée par le pied gauche du Seigneur; c'est sur cet emplacement remarquable de l’im pératrice Hélène avait fait bâtir une église et un couvent, dont on voit les ruines : “is rat d nombre de pélerins, dit M. Richardson , y accourent encore pour en prendre l'em Nils avec de la cire ou du plâtre et l'emporter chez eux. Au pied de cette colline était Get hksem ani, où il ÿ avait un jardin dans lequel Jésus-Christ se retirait quelquefois où il fit sa prière la nuit de la Passion et où il fut livré par Judas à ses ennemis Un eu plus loin, vers l’est, est situé Bethan), petit village, où la tradition commune rs n encore reconnaître la maison de Lazare, son tombeau, la maison de Simon le lé Dee celles de Marie-Madeleine et de Marthe, et le figuier qui fut maudit par Jésus-Christ La VauLée De JosarnaT, située entre le mont Olivet et une des collines sur lesquell ; : kil ets sert encore de cimetière aux Juifs actuels comme à leurs ii ne tradition vulgaire veut que cette vallé i L i + D ide q ée reguive tout le genre humain au moment du Dans un rayon de 45 milles on trouve : Berceux, petite ville ou pour mieux di gros village ; c'est le lieu où le Sauveur vint au monde; on y voit une belle & le bâtie par l'impératrice Hélène, ornée avec les dons de toute l'Europe, et où se faite la fameuse chapelle de la Nativité, vaste grotte creusée dans le roc et pavée en marbre,

e la ville de Bernsan de la à plus grande de la Decaenvirons, et sur la colline

ipitale des rois d'Israël , déebâtie par Hérode-le-Grand s stades et demi de tour au emarquable par ses dimenrien de ses vastes murailles, nues renversées et plusieurs rs prophètes Elie et Eliste érérent leurs miracles en la m-Testament , le Sythar du s des Arabes et autres Orienamarie , et encore la métroiques de 3,000 ans. Elle est u nord, et le mont Garizim son commerce et par sa poe y place les grottes sépulpuit creusé par ce dernier; n qu'était bâti le temple fré.

em ; et c’est sur cette même

lima des anciens Grecs s Turks, c'est-à-dire la : ville du monde, puisnisme, le second sancbut de ces guerres reune si grande influence aujourd’hui le bas du lvaire. Elle est entourée s de tours, et le torrent itans n’offrent rien de s publics sont trop imrons d’abord la mosquée lage de plusieurs mosvaste enceinte fermée ct mme Æ£l-Aksa ou la reet de Medine, qui pour en sept nefs soutenues montée d’une coupole, ommée £E/-Sakhra ou la amètre, s'élève sur une large, pavée de marbre ar un dôme de 47 pieds iers et 12 colonnes mae portique supporté par coré avec un goût exquis iré par plusieurs milliers e de segment de sphère nm; c’est la sakhra-halali r laquelle on dit que le

D'après la tradition populaire ses trois autels, constamment éclairés par de superbes lampes d'argent, indiquent, l'un , le lieu où naquit le Sauveur; le deuxième, la place de la crèche, et le troisième, l'endroit où Marie offrit le nouveau-né à l’aduration des Mages. Les habitans, qui peuvent s'élever à 7 ou 800 , dessinent sur les coquilles de nacre apportées de la mer Rouge les diverses scènes de la Passion, ou bien façonnent ces coquillages en forme de croix et les vendent anx pélerins; c'est avec les chapelets et autres objets semblables l’article le plus important de leur commerce. Peu loin de Betlehm, vers le sud, on voit encore les fameux étangs de Salomon; ce sont trois réservoirs remarquables par leur étendue et par la solidité de leur construction qu'on attribue à ce monarque; ils fournissent l'eau à l'aqueduc de Jérusalem, Sanra S48a, monastère remarquable par sa situation romantique sur une hauteur, non loin du torrent Kedron; on voit dans ses environs un grand nombre de grottes qu'on dit avoir été habitées par plus de 10,000 moines à l'époque à laquelle saint Saba introduisit la vie monastique en Palestine, À quelques milles, vers l'est, et non loin de la mer Morte était Massane (Massada), la plus forte place de la Judée, remarquable par les immenses travaux qu'Hérode-le-Grand y avait fait exécuter pour augmenter ses fortifications naturelles; ce monarque y avait fait aussi construire uu palais de la plus grande magnificence vt d'une solidité extraurdinaire. Nous rappellerons à propos de la mer Morte, que les observations faites récemment par des voyageurs intelligens ont mis hors de doute ce que les auteurs anciens et modernes rapportaient de la gravité spécifique de ses eaux qui est tel le, que des personnes qui ue savent pas nager flottent sur sa surface, que ses rivages sont affreusement stériles et entièrement dépourvus de végétation, et que ses eaux paraissent ne nourrir aucun poisson. Rinau ou Rays, misérable village d'environ 50 cabanes, remarquable par le voisinage de l’ancienne Jericho, si souvent nommée dans l'Ancien et le Nouveau-T'estament à l’occasion des faits importans qui s'y passèrent ; Hérode-le-Grand y mourut dans un beau palais qu'il y avait fait bâtir. La vallée de Jéricho, si vantée par les anciens pour l'abondance de ses eaux et sa prodigieuse fertilité, est aujourd'hui d'une aridité affreuse ; les dattes exquises si recherchées des Grecs et des Romains , les roses rouges d'un parfum si suave, le #aume si précieux qu'elle produisait en si grande quantité dans une étendue de 50 stades de long sur 20 de large, ont absolument disparu.

Narcouse, Senasra et JarFA, comprises également dans le rayon d’Acre, ont déjà été décrites aux pages 656 et 654. D'un autre côté on trouve : RamrA (Rama ou Arimathia), jolie petite ville, à laquelle Ali-Bey accorde 2,900 familles, nombre réduit dernièrement à 2,000 habitans par M. Bergsren; le couvent des Latins est regardé comme V’hôtel de tous les voyageurs chrétiens qui passent par cette ville en allant à Jérusalem ou en en revenant, AscaLon, si importante au temps des Croisades, est aujourd’hui entièrement déserte malgré ses débris imposans; ses remparts avec leurs portes sont encore debout dit M. le comte de Forbin ; des rues vous conduisent à des places ; on y voit de toutes parts des débris de palais, de grandes églises et ceux d'un vaste temple de Vénus orné de 40 colonnes de granit rose de la plus haute proportion. Razze ou Gazza, petite ville, encore assez florissante , à laquelle on accorde de 2 à 5,000 habitans. Er-Knazre où Kazir, (Cariath-Arbe et plus tard Hebron); cette ville qui a été pendant quelques années la capitale du royaume de

David et qui figure parmi les plus anciennes du monde, est devenue , selon M. Berggren. qui l’a visitée dernièrement, un repaire aftreux de malfaiteurs, composé de 4 à 5,000 Turks et de quelques Juifs originaires de la Russie; la magnifique église bâtie par l'impératrice Hélène sur l'emplacement que la tradition populaire désignait comme l'endroit où fut enseveli Abraham, a été changée en une mosquée, desservie avec une grande magnificence; son entrée n'est permise qu'aux seuls musulmans; on y voit les prétendus tombeaux de ce patriarche et de plusieurs membres de sa famille recouverts avec des étoffes de soie verte richement brodées en or et renouvelées de temps en temps par le grand-seigneur. Hebron possède de petites verreries, où l'on fabrique ces anneaux dont les Bédouins ornent leurs bras et leurs jambes.

Damas (Damascus ; Demechk où Dimichk-al- Cham des Orientaux), une des plus anciennes villes du monde , puisqu'elle est mentionnée dans l'histoire d'Abraham. Plus fortune que ses contemporaines, Ninive, Ba-

bylone, Memphis et autres vastes cités, Damas, sans avoir jamais atteint ni la célébrité ni l'étendue de ces anciennes capitales , non-seulement leur a survécu , mais elle est encore restée une des villes les plus belles et les plus florissantes de l'Orient. Elle est bâtie au milieu d’une vallée arrosée par le Barrady et ses branches ; elle est fameuse par l'abondance de ses vergers et des fruits exquis qu'ils produisent, ce qui l’a fait regarder par les Arabes comme un de leurs quatre paradis terrestres. Damas avec ses vastes faubourgs occupe une grande étendue et offre une population qui s'élève probablement au-dessus de 140,000 âmes. Ses rues sont bien pavées et yarnies de trottoirs de chaque côté; ses maisons, bâties en terre et en briques, simples à l'extérieur, mais d’une grande magnificence au dedans, ont presque toutes des jets d’eau ou des fontaines dans l’intérieur. Malgré sa haute antiquité, elle n'offre aucun monument ancien remarquable. Parmi ses édifices publics dignes de fixer l’attention, on doit citer surtout la mosquée principale , qui est l’ancienne cathédrale dédiée à Saint Jean ; c'est un des plus beaux temples que les premiers chrétiens aient élevés ; on admire surtout ses grandes dimensions, son beau dôme et ses minarets, Les grandes réparations faites par le calife Valid ont fait croire qu'elle a été bâtie par les Arabes. Viennent ensuite le bazar destiné à recevoir les caravanes; c’est une vaste rotonde à colonnes , surmontée d’une élégante coupole; le milieu est orné et rafraîchi par une belle fontaine ; le seraï ou palais du pacha; le Khan d'Asad-pacha et celui de Solimanpacha. Damas se distingue surtout par le luxe et la beauté de ses cafés, dont plusieurs , bâtis sur pilotis dans la rivière, sont une curiosité du Levant ; un art ingénieux en exhaussant le lit du Barrady à quelques toises en amont, a fait les frais d’une petite cascade, dont le bruit et la fraicheur procurent pendant la chaleur du jour des sensations délicieuses aux consommateurs qui se reposent sur des sièges garnis de riches coussins. Damas est le rendez-vous général de 30 à 5o,000 pélerins qui s’y rassemblent de tous les points de l’Europe et de l’Asie Ottomane, et mème de la Perse ct du Turkestan pour aller en caravane à la Mecque. Le séjour plus ou moins long qu'y font plusieurs milliers d’entre eux , a donné un grand essor à son commerce et l’a rendue une des villes les plus commercçantes de l’Asie. Ontre cette grande caravane qui part à la fin du mois de Ramadan, il y a trois autres caravanes qui vont trois fois par an à Bagdad; celle d’Alep part deux ou trois fois par mois. Si sa célèbre fabrique de sabres a justement perdu sa renommée depuis que Tamerlan a transporté en Boukharie ses labricans , cette ville se distingue encore par un grand nombre d’autres fabriques , parmi lesquelles on doit citer surtout celles d'ouvrages en nacre, véritables chefs-d’œuvre en ce genre. Burckhardt regarde Damas comme la ville de l'Orient où l’on fait le plus grand commerce de livres manuscrits. Damas est le chef-lieu de l’eyalet de ce nom, la résidence d’un molla de première classe et du patriarche grec d’Antioche , dont relèvent 42 archevèques et évêques de cette communion.

irés par de superbes lampes ième, la place de la crèche, ration des Mages. Les hauilles de nacre apportées de çonnent ces coquillages en apelets et autres objets sem- | de Betlehm, vers le sud, trois réservoirs remarquaon attribue à ce monarque; monastère remarquable par t Kedron ; on voit dans ses bitées par plus de 10,000 monastique en Palestine, À Massane (Wassada), la plus qu'Hérode-le-Grand y avait monarque y avait fait aussi solidité extravrdinaire. Nous ns faites récemment par des rs anciens et modernes rap- : des personnes qui ue savent ement stériles et entièrement rir aucun poisson. Rinau ou jar le voisinage de l'ancienne estament à l’occasion des faits un beau palais qu'il ÿ avait ir l'abondance de ses eaux et e; les dattes exquises si rearfum sisuave, le baume si étendue de 70 stades de long

le rayon d’Acre, ont déjà été tamM£A (Rama ou Arimathia), nombre réduit dernièrement st regardé comme l'hôtel de nt à Jérusalem ou en en reve:

jourd'hui entièrement déserte sont encore debout , dit M. le voit de toutes parts des débris aus orné de 4o colonnes de tite ville, encore assez floris- 1 où Kazir (Cariath-Arbe et nées la capitale du royaume de devenue , selon M. Berggren, teurs, composé de 4 à 5,000 ifique église bâtie par l'impéire désignait comme l'endroit , desservie avec une grande mans; on y voit les prétendus à famille recouverts avec des es de temps en temps par le fabrique ces auneaux , dont les En traçant un rayon de 68 milles autour de Damas on n'embrasse que des villes absolument désertes, d’autres peu remarquables, ou bien celles que nous avons déjà décrites. C'est ainsi que d'un côté on trouve :Sevne, Tvr, Saren, Tavanteu ct autres comprises dans . le rayon d’Acre et décrites aux pages 654 et 655 ; vient ensuite Bosraa, petite ville, capitale du Hauran, remarquable par les antiquités, qui rappellent son importance et sa splendeur, lorsque embellie et fortifiée par Trajan et Alexandre Sévère, elle était la métropole de la

- Cham des Orientaux), elle est mentionnée dans emporaines, Ninive, Ba-

——— Drennacu (Gerasa), ville entièrement déserte, mais une des plus remarquables par ses restes imposans découverts par Seetzen , visités par MM. Irby et Mangles en 1818, et dernièrement encore par MM. Desmazures et Champmartin, Les monumens de cette ville magnifique appartiennent à la plus belle époque de l'architecture romaine, Bâtie sur les deux côtés d'une vallée, traversée par une rivière, elle paraît avoir été composée de deux grandes rues qui se croisaient au centre, à angles droits, et que décorait un double rang de colonnes, les unes d'ordre ionique et les autres d'ordre corinthien. Plus de 200 colannes sont encore debout, mais le nombre de celles qui sont renversées est bien plus considérable, Le pavé est encore en très bon état, avec des trottoirs pour les promeneurs, On découvre aussi sur le pavé des marques des roues des anciens chars, Les temples , les théâtres, les bains , les tombeaux et les restes d'anciennes murailles inspirent l'admiration. RABAT AMMAN (Philadelphie), autre ville entièrement abandonnée depuis plusieurs siècles ; on y voit les ruines d'un palais considérable, un amphithéätre magnifique, vaste et bien conservé, un temple avec un grand nombre de colonnes encore debout, et sur le sommet de la colline un autre temple en rotonde, dont les colonnes sont d’une grandeur extraordinaire.

Dans une autre direction on trouve : Detn-et-Kaman, BaÏROUT, BALBECE , CANNOBIN

et Tarrozt déjà décrites dans le rayon de cette dernière ville aux pages 653 et 655 ; et vers le nord-nord-est HEMS (Emesa), assez grande ville, sur l'Oronte, importante par les produits de son agriculture, assez florissante par ceux de ses nombreuses manufactures et par sa population, qui parait dépasser 20,000 âmes. Malgré sa haute antiquité et les nombreux édifices qui l'embellissaient lorsqu'elle était la capitale du petit royaume de son nom, Hems n'offre aucun monument assez important pour être mentionné dans cet Abrégé; mais hors du rayon, vers l'est , au milieu du désert , et au centre d’une oasis extrèmement fertile et abondante en eaux excellentes, s'élève Pazmvre, bâtie par Salomon sous le nom de Taomor , dénomination par laquelle la désignent encore ses habitans actuels. Située entre l'Eupbrate et la Méditerranée, Palmyre devint dès la plus haute antiquité l'entrepôt principal où se rendaient par terre les marchandises de l'Orient et de l'Occident. Ce riche

faire une des villes les plus opulentes de l'Asie ; mais c'est

commerce ne tarda pas à en sous les règnes brillans d’Odénat et de la célèbre Zénobie que cette ville magnifique, qui

osa se croire la rivale de Rome, parvint à sa plus grande prospérité. Prise et saccagée par Aurélien, restaurée et fortifiée par Justinien, prise et reprise dans les différentes guerres qui ont désolé cette région, Palmyre n'est plus qu’un misérable village habité par quelques centaines de familles arabes; mais ses vastes et imposantes ruines sont là pour attester son ancienne splendeur. On ÿ admire surtout le magnifique temple du Soleil converti en mosquée ; il est environné de colonnes colossales et d’une vaste enceinte carrée formant une immense double colonnade intérieure; les quatre énormes colonnes de granit situées en obélisque au centre de l'avenue; les débris de cette mème avenue, qui offrent une colonnade d’un mille de longueur ; les restes d’un arc de triomphe; ceux des sépulcres, espèce de tours carrées en marbre à plusieurs étages, sans ornement dans la partie extérieure, mais couvertes de scupltures et embellies de colonnes dans l'intérieur. Ces magnifiques ruines , inférieu

res seulement à celles de Balbeck et de Thèbes sous le rapport des dimensions des matériaux employés dans leur construction, doivent être rangées parmi les plus imposantes que V

province de l'Arabie romaine,

antiquité nous ait léguées.

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